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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 14:54

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Regards-citoyens.com recommande à ses lecteurs de découvrir le dernier ouvrage de M. Olivier Giscard d'Estaing intitulé "Espérez ! 150 raisons !" publié chez La Compagnie Littéraire : www.compagnie-littéraire.com

 

Pour en savoir plus :     Esperez--bon_commande-copie-1.jpg

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 14:04

Après le massacre de la Ghouta le 21 août dernier, François Hollande (NDLR Regards-citoyens.com : avec Laurent Fabius, à la suite de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé) était vraiment le seul à vouloir « punir » Bachar el-Assad. Mais malgré le bombage de torse, les menaces et les déclarations belliqueuses de la France, un accord russo-américain fut trouvé à l’initiative de Vladimir Poutine.           

À la surprise générale, cet accord écarta toute frappe « punitive » et fit même du dirigeant syrien un interlocuteur de premier plan dans le processus d’élimination de son propre arsenal chimique.         

Alors que les Etats-Unis cherchent à s’exfiltrer du Moyen-Orient, pour la Russie, cette véritable victoire diplomatique vient couronner sa dynamique et réaliste politique en Méditerranée (1).      

A l’inverse, pour la France, cette affaire syrienne fut le point d’orgue des errements de la diplomatie française en Méditerranée. Pire, elle aura laissé dans le monde arabe et ailleurs, une image de la France malheureusement pathétique pour ne pas dire pitoyable (il suffit de relire la presse internationale et surtout arabe).      

Même si les médias français ont cherché à le minimiser, ce fiasco du président français n’aura malheureusement fait que confirmer que notre pays, depuis 40 ans, s’est souvent donné un rôle bien supérieur à son véritable poids.      

Ainsi, pour paraphraser Michel Audiard, lorsque les pays de plus de 150 millions d’habitants parlent, ceux de 60 millions les écoutent !      

Mais les Russes, comme les Israéliens et les Arabes d’ailleurs, ne nous écoutent plus, non parce que nous sommes « petits » mais parce qu’ils nous reprochent notre aveuglement, notre naïveté, notre angélisme et notre irresponsabilité concernant les conséquences des « printemps » arabes et notamment la poussée de l’islamisme radical qui s’en suivit. En effet, même si ces révoltes ont surpris tous les dirigeants occidentaux et en premier lieu les Français, l’expérience iranienne des années 1970 comme la décennie de guerre civile en Algérie dans les années 1990 ou l’Irak d’aujourd’hui auraient dû pourtant les alerter sur les dangers d’une « démocratisation » trop précipitée de la région.      

Au lieu d’écouter nos services de renseignements (qui sont parmi les meilleurs du monde), nos diplomates ou nos chercheurs de terrain, les responsables français ont préféré prendre leurs conseils auprès de pseudo-philosophes, de journalistes et de « spécialistes » politiquement orientés et appartenant le plus souvent au microcosme parisien.      

D’où les erreurs d’appréciation de ces bouleversements par les différents gouvernements français et surtout, la perte de leurs principaux interlocuteurs ...      

Certes la défense des droits de l’homme et la diffusion de nos valeurs sont des composantes honorables et importantes de la politique de la France. Mais est-il réaliste et surtout judicieux de les substituer à la défense de nos intérêts nationaux dans une région où les populations sont beaucoup plus préoccupées à s’extirper de la misère et à retrouver des autorités tout simplement plus respectables que les anciennes dictatures ?      

Curieusement, la France garde cependant une certaine aura. Mais notre ancienne grandeur et notre passé glorieux et encore moins nos incantations pour la Paix partout, ne lui feront pas retrouver son « rang ». Il est urgent d’arrêter de faire la morale pour faire enfin de la politique ! La France ne pourra de nouveau être écoutée qu’après une véritable révolution copernicienne de sa politique en Méditerranée et au Moyen-Orient. Ainsi, deux conditions étroitement liées s’imposent : revoir nos partenariats et adopter une doctrine claire et définie dans le seul but de préserver nos intérêts.

 
 

1. http://www.jfcconseilmed.fr/files/13-02-17---Lombardi-La-politique-russe-en-Mediterranee-et-au-Moyen-Orient.pdf 

 

Source : http://www.jfcconseilmed.fr/

 

Voir également :

 *  La politique étrangère de François Hollande et Laurent Fabius est-elle vraiment au service de la paix, de la sécurité et des intérêts supérieurs de la Nation française ?

 * http://www.jfcconseilmed.fr/files/13-09-05---Roche--Reflexions-sur-la-procedure-de-decision-en-matiere-de-pol.-internationale.pdf 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 14:00

Franchement, ces tergiversations parisiennes de salons et de plateaux de radio et de TV autour de l'intérêt d'un tel remaniement ministériel devant l'autisme insolent du gouvernement français actuel devant l'expaspération des Français - quand bien même " Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général et rien, en particulier. " (Albert Camus) - sont aussi ridicules que celles qui ont envahi les mêmes plateaux autour de la série de crises systémiques qu'a traversées la zone euro pendant dans ces dernières années avec des économistes et politiques cherchant à se trouver des excuses pour leur incompétence notoire préjudiciable ô combien à la situation économique, financière, morale et sociale de cette même zone !

Les premiers ministres et leurs ministres ne sont que des pions impuissants dont les pouvoirs ne sont pas en rapport avec ceux que leur prêtent volontiers les citoyens. Changer de gouvernement n'est pas une option suffisante ! Loin s'en faut !

Le Premier ministre lui-même se dit déterminé à poursuivre son action et que rien ne l'impressionne !

Peut-être partage-t-il le sentiment de W. Churchill pour qui "Le succès consiste à aller d'échecs en échecs sans perdre son enthousiasme" " 

Le temps des parlotes inopérantes est révolu ! Il est temps de passer aux choses sérieuses !

D'abord, en cessant de' bricoler' les grandes réformes dont l'Etat comme l'économie nationale ont cruellement besoin !

Il ne s'agit de maintenir un cap mais de savoir où l'on veut aller, c'est à dire quelle route suivre malgré les vents et les courants ! Confondre le maintien d'un cap et celui d'une route relève de l'incompétence la plus inacceptable, surtout par gros temps !

Ensuite, en supprimant les primes et indemnités, avec effets rétroactifs pour les plus responsables et coupables d'entre eux, qui gonflent honteusement les revenus de ces hauts fonctionnaires des finances, du Contrôle général de l'économie, de la Cour des comptes, du Conseil d'Etat, j'en passe et des meilleurs, qui ont participé à mettre les finances publiques de l'Etat et des collectivités territoriales dans les situations dramatiques qu'elles connaissent !

Certaines personnalités proposent même davantage : réduire de 1000 Euros par mois les rémunérations des agents publics et élus de la Répubique dont les revenus mensuels dépassent 12 000 euros (cf. à cet égard Philippe Labro)

Et en dissolvant une Assemblée nationale dont la capacité réelle à traiter au niveau qu'exige la situation actuelle du pays est insuffisante, trop de députés n'ayant pas la capacité de faire valoir les véritables prérogatives de cette Assemblée pour opposer aux projets de l'exécutif des projets et amendements alternatifs pertinents ! 

Et en proposant un référendum sur la nécessité d'une réforme profonde de la Constitution nationale ! 

A bons entendeurs salut !

 

Retour sur images : Edgar Morin : "Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra" (Le Monde)  

 

« Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». (Montesquieu)

 

Un homme politique considère la prochaine élection ! Un homme d'état considère la prochaine génération ! (Winston Churchill)

 

"N'attendez pas le jugement dernier - il a lieu tous les jours." Albert Camus

Voir également à cet égard :

 * Irresponsabilité, incompétence, corruption, manipulations, mauvaise gestion... et maintenant, ils voudraient que ce soit VOUS qui payiez ?!? par Simone Wapler

 * Entrée dans l'inconnu : le nouveau visage des ressentiments et des tensions qui bouillonnent au sein de la société française, avec Christophe Noyé Jean Spiri et Michel Wieviorka (Atlantico.fr)

 *  La France dégradée ? Plus important qu'on veut bien le dire, par Mory Doré (La Chronique Agora)

* Comment le cercle des illusionnistes économistes terrasse la cruelle réalité... pour l'instant, par Simone Wapler (La Chronique Agora)   

 * 100 ans après 1914, l'Europe est-elle capable de se protéger d'une nouvelle implosion, économique cette fois-ci ? par Nicolas Goetzmann et Gérard Bossuat (Atlantico.fr)      

 * Quand les socialistes défendaient le peuple… (Entretien réalisé par Nicolas Gauthier - Boulevard Voltaire)

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 13:24

Les huées visant le président de la République lors des commémorations du 11 novembre témoignent de l'exacerbation des tensions sociales. Radiographie des nouvelles fractures françaises.

Atlantico :  Confronté notamment à la fonde des bonnets rouges, François Hollande a été pris à partie par de nombreux manifestants durant les célébrations du 11 novembre. Une première pour un chef d’État français. Dans une interview avec le New York Times, Barack Obama révélait au printemps dernier son inquiétude quand à l'exacerbation des tensions sociales aux Etats-Unis évoquant même "une lutte des classes moyennes".  Quels éléments permettraient de conclure à une montée des tensions entre groupes sociaux en France ?

(NDLR Regards-citoyens.com : voir également Joseph Stiglitz :  http://www.regards-citoyens.com/article-le-prix-de-l-inegalite-de-joseph-stiglitz-110449137.html )

Christophe Noyé : Les périodes de crises économiques sont propices à l’exacerbation des tensions sociales car les fragilités sociales se développent et menacent des groupes jusqu’alors plus protégés. La crise économique que traverse une partie de l’Europe, dont la France, se déroule dans un contexte de volonté des gouvernements de contenir la dette publique. C’est un facteur d’aggravation  des tensions car dans le même temps, la crise provoque une augmentation des besoins sociaux, un recalibrage à la baisse des aides et des publics couverts, et une augmentation de la contribution fiscale des ménages. On peut lire dans certains mécontentements, qui se sont exprimés récemment, la réticence de certaines fractions de la population à poursuivre le financement d’un système dont les bénéfices leurs semblent réservés à une part de plus en plus minoritaire de la population. Il s’agit dans ce cas plus d’une remise en question de la validité du système social dans ses nouvelles modalités que de véritables tensions entre groupes sociaux.

Jean Spiri : Les tensions sociales sont palpables. Vous vous souvenez du récent rapport des préfets sur les angoisses des Français, un constat qui s’amplifie d’année en année depuis que Jean-Paul Delevoye, alors Médiateur de la République, avait tiré la sonnette d’alarme en décrivant une société fracturée et "usée psychologiquement". Je suis élu local, et l'ensemble de mes pairs ressentent les mêmes inquiétudes sur le terrain, quelle que soit d’ailleurs leur terre d’élection : la France est en état de stress et de dépression. La question que nous nous posons avec inquiétude est : qu'est-ce qui peut faire passer le peuple français de la peur de la dégradation et du déclassement, à la colère dans la rue ? Nous voyons des signes inquiétants : les événements du 11 novembre en sont un exemple, le mouvement breton en est un. Quand on rappelle que "la loi est la loi", "la République est intouchable", par exemple sur les réseaux sociaux, les réactions sont de plus en plus violentes, avec comme idée centrale que cette colère doit bien s’exprimer, qu’elle est légitime. Cela veut dire qu’il y a un dysfonctionnement grave dans notre démocratie, une perte de confiance jamais atteinte, et un manque aussi d’autorité. Les responsabilités sont larges : ceux qui feignent de ne pas voir ni entendre, ceux qui oublient que leur rôle est d’appeler au respect de la démocratie et de la République, et non de soutenir des mouvements hors-la-loi. Cependant, je ne crois pas tant qu’il s’agit de tensions entre classes sociales, que de tensions qui parcourt le corps de notre pays, cette classe moyenne majoritaire et de plus en plus fragile. En ce sens oui, c’est plutôt une lutte des classes moyennes, de plus en plus orientée contre un Etat qui est à la fois jugée pas assez protecteur, et en même temps trop étouffant. C’est bien cette demande confuse de nouvelles libertés autant que de nouvelles sécurités que nous sentons monter, et auquel le politique n’apporte pas de réponse. Il est intéressant de voir que l’impôt est devenu le symbole d’une certaine uniformisation des revendications : le ras-le-bol fiscal transcende les clivages sociaux, depuis les entrepreneurs du high-tech jusqu’aux éleveurs bretons, en passant par tous ceux qui payent un peu plus d'impôt sur le revenu, ceux qui ont été aussi soudainement redevables de la taxe d'habitation, ceux enfin qui voient leur épargne menacée rétroactivement de taxes. L’impôt est devenu un symbole non pas seulement par son niveau, mais aussi parce qu’aucune politique qui redonne de l’espoir n’est lisible en face. Alors,  pourquoi respecter cet Etat ? C’est le glissement dangereux qui est en train de s’effectuer.

Michel Wieviorka : Il ne faut pas confondre exacerbation des tensions entre groupes sociaux et exacerbation entre certains groupes sociaux et le pouvoir politique. Ce sont deux questions différentes. L'exacerbation des tensions sociales qui mettent en cause le gouvernement sont indubitables. On le voit notamment en Bretagne ou à travers la fronde des patrons et des artisans. A chaque fois, c'est le pouvoir politique qui en est la cible. Entre les groupes sociaux eux-mêmes, il est plus difficile de parler de tensions vives.

Néanmoins on peut affirmer qu'il y a clairement des distances ce qui affaiblit considérablement la thèse de la convergence des luttes qui pourrait déboucher sur une révolte générale. En Bretagne par exemple, il y a d'un côté les bonnets rouges et de l'autre la CGT et le Front de gauche. Même au niveau d'une région, il n'y a pas d'unité des luttes. Il y a des tensions entre certains groupes sociaux et l’État et par ailleurs dans cette société des questions non réglées qui concernent différentes corporations, mais aussi des minorités ou des enjeux religieux.

Dans leur Atlas des nouvelles fractures sociales en France, Christophe Guilluy et Christophe Noyé présentent une France paupérisée dont la classe moyenne est en train de décliner.  Quelles sont plus précisément ces nouvelles fractures sociales françaises ? Quelles en sont les manifestations les plus concrètes  et comment se sont-elles creusées ces dernières années ?

Christophe Noyé : La classe moyenne est un pur produit des Trente glorieuses. Dans un contexte de fort développement économique, les classes populaires ont connu au cours de cette période une sensible amélioration de leurs conditions de vie avec une augmentation sensibles de leurs niveaux de ressources mais aussi de bénéfices tirés de l’Etat providence : promotion sociale des enfants par l’école, logement social, protection des salariés, … La crise des années 1970 a profondément bouleversé ce système. Les classes populaires ont aujourd’hui des perspectives plus sombres tant considérant leur propre situation que celle de leur enfants ; la situation des salariés s’est fortement dégradée, les opportunités d’évolution positive pour soi ou ses enfants sont menacées par l’évolution de la structure de l’emploi, la mondialisation renforcée de l’économie. Cette fragilisation directement liée à l’évolution économique du pays se double d’une dégradation de certains systèmes de compensation. C’est par exemple le cas du parc social public, autrefois parc de début de parcours résidentiel, tremplin vers l’accession sociale, il se spécialise progressivement dans l’accueil des plus démunis notamment dans certains quartiers qualifiés aujourd’hui de "ghettos". Pour les ménages qui travaillent mais modestes, il faut faire le choix entre accepter de vivre dans un quartier dont l’image est très dégradée ou partir plus loin dans des secteurs financièrement plus accessibles mais qui contraignent à d’importants déplacements car éloignés des pôles d’emploi. Cette population, que l’on pourrait qualifier de "petites classes moyennes", est particulièrement sensible à l’évolution de son environnement, et peut aussi se sentir délaissée par les pouvoirs publics ce qui nourrit l’abstentionnisme et parfois le vote extrême.

Jean Spiri : Oui, la classe moyenne est train de sombrer. Les petites mesures qui lui permettaient de conserver un pouvoir d'achat raisonnable ont été remises en cause : refiscalisation des heures supplémentaires, remise en cause du statut d'auto-entrepreneur, hausse de l'impôt sur le revenu et sur les sociétés. Le chômage ne les épargne pas. On parle des travailleurs pauvres depuis longtemps. Et des zones entières qui sont en périls : les zones rurales les plus isolées et les quartiers en difficulté, mais aussi, comme je le rappelais dans le livre que nous avons écrit avec Elise Vouvet et Alexandre Brugère, la France périurbaine. Cette France est peut-être le symbole de ces nouvelles fractures ; le premier tour de l’élection présidentielle de 2012 avait révélé que cette fracture territoriale était aussi électorale, avec une forte poussée des extrêmes, en particulier du Front national, localisée entre 20 et 80 km autour des villes. Dans une France qui se sent délaissée, qui est passée d’un modèle d’ascension et de réalisation de soi à une peur de voir ses acquis, son patrimoine, ses revenus rognés de jour en jour, dans une France qui, dans beaucoup de régions, comme l’a montré Laurent Davezies, on vit de plus en plus des transferts et de moins en moins de son système productif propre, le malaise est grandissant. Cette fragilité de la société ne peut être séparée de ses causes : nos difficultés économiques, nos faillites éducatives, notre modèle social qui n’est plus adapté. Elle est de plus en plus visible dans ses conséquences qui, en sapant ce qui fait notre unité, menace notre capacité commune à imaginer un redressement, par une méfiance croissante envers une démocratie jugée inefficace, et une République jugée faible, ou à géométrie variable. Les élus locaux étaient encore épargnés par cette méfiance. Ils en sont de plus en plus victimes. J’ai été très touché par le témoignage juste et fort de Bernard Reynes, agressé le 11 novembre, et qui disait en substance que les élus faisaient de leur mieux, qu’ils pouvaient se tromper, mais que personne ne pouvait leur retirer cet engagement à essayer de changer encore et encore la vie de nos concitoyens. Même cette évidence, valable pour la très grande majorité des élus locaux, est aujourd’hui la cible de la méfiance voire de la colère. C’est inquiétant.

 

.../...

 

Pour lire la suite de cet article : http://www.atlantico.fr/decryptage/entree-dans-inconnu-nouveau-visage-ressentiments-et-tensions-qui-bouillonnent-au-sein-societe-francaise-christophe-noye-jean-spi-897217.html

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 20:03

En bloquant un accord mal ficelé sur le nucléaire avec l'Iran, Laurent Fabius a confirmé une détermination qui a pris les Américains de court.

L'accord était tellement attendu avec le nouveau ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, que John Kerry, secrétaire d'État américain, était arrivé à Genève, en suspendant sa tournée au Proche-Orient, pour le signer. Après pratiquement dix ans d'une négociation qui, du temps de Mahmoud Ahmadinejad avait souvent tourné au dialogue de sourds, le groupe onusien des six (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Chine) paraissait avoir trouvé un accord pour encadrer le développement du nucléaire iranien et se prémunir contre ses tentations de se doter de l'arme atomique.

Les intérêts de Washington
Et puis, comme Zorro, Laurent Fabius est arrivé samedi soir à Genève. Et, comme jadis Gromyko à l'ONU, il a dit "niet". Le texte qu'à 22 heures tout le monde s'apprêtait à parapher était renvoyé à 1 heure du matin, dimanche, à des discussions ultérieures fin novembre.

Pourquoi ce raidissement français, d'autant plus surprenant, selon certains diplomates présents, que la France n'avait pas été particulièrement engagée, ni critique, dans l'élaboration du texte présenté à Genève dans un nouveau round de négociations commencé le 7 novembre ? Les raisons semblent être à la fois diplomatiques et concrètes.

Depuis l'élection d'Hassan Rohani à la présidence iranienne, Barack Obama veut un accord qui permettrait de suspendre les sanctions économiques qui étranglent l'économie iranienne, mais empêchent aussi les Américains de réinvestir ce marché particulièrement prometteur. Un objectif jugé atteignable à Washington avec une équipe a priori modérée. Et l'optimisme affiché ouvertement, notamment dans une interview au Monde, par le ministre iranien Zarif, découlait des contacts secrets qu'il avait eus avec les Américains avant la rencontre de Genève afin de préparer un texte de compromis.

Petite revanche
Or, outre ce cavalier seul, qui en soi pouvait indisposer la délégation française, il y avait dans "le texte initial", comme l'a nommé Fabius, deux points critiques sur lesquels l'Iran n'apportait pas suffisamment de garanties. Et que pourtant Kerry, pressé de conclure, avait laissé inexplicablement passer. Le premier concerne le réacteur d'Arak qui doit, lorsqu'il sera achevé, produire du plutonium, matière fissile qui n'a d'autre usage que militaire. Le second a trait au stock iranien de 185 kg d'uranium 235 enrichi à 20 %, qui peut assez facilement bénéficier d'un enrichissement supplémentaire, soit, en théorie, de quoi armer l'équivalent de deux bombes nucléaires. Fabius a souhaité que cet arsenal potentiel soit dégradé, autrement dit "désenrichi", dans un pays tiers. Une exigence qui a fait remballer dimanche ses dossiers à Javad Zarif "pour consultation de son gouvernement".

Une attitude intransigeante qui a également contraint John Kerry à reconnaître, un peu piteusement, sinon que son texte présentait des lacunes, du moins qu'il restait des points à préciser. Petite revanche pour la diplomatie de François Hollande après le camouflet d'Obama sur le dossier syrien : le président français s'était retrouvé brusquement seul à vouloir punir Bachar el-Assad, alors que l'Amérique se ralliait à l'initiative diplomatique russe pour sauver la mise du dictateur syrien.

Une constante des socialistes
Comme le souligne le site de la revue américaine Foreign Policy, "le gouvernement socialiste de François Hollande pratique une politique étrangère musclée qui le place parfois à la droite de l'administration d'Obama sur la Libye, le Mali, la Syrie et maintenant l'Iran, ce qui a pour conséquence de faire aujourd'hui de la France le meilleur allié d'Israël en Europe et le deuxième dans le monde après les États-Unis".

Une semaine avant un voyage de François Hollande en Israël, le président confirme ainsi ce qui, depuis la IVe République, est une constante de tous les gouvernants socialistes français à l'égard de Jérusalem.

Source : http://www.lepoint.fr/editos-du-point/michel-colomes/nucleaire-iranien-un-parfum-de-revanche-pour-la-diplomatie-francaise-12-11-2013-1755182_55.php

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 16:21
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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 16:09

La Première Guerre mondiale est principalement l'effet d'un contexte, d'une tension entre les dirigeants européens et d'une exacerbation des intérêts nationaux. Une situation qui n'est pas sans rappeler celle de l'UE, dont l'état économique lui a fait frôler l'explosion plusieurs fois.

Atlantico : Dans son livre "The War That Ended Peace : The Road to 1914", Margaret MacMillan développe l’idée que la Première Guerre mondiale est en grande partie due à l’irrationalité des dirigeants tant individuelle que collective. Dans quelle mesure la situation actuelle de l’Europe est-elle en proie à une situation similaire autour des questions économiques ? (

NDLR Regards-citoyens.com : voir également Les origines de la Première Guerre Mondiale, analysées sous un angle marxiste, par Carl Pépin )

Mathieu Mucherie : Tocqueville disait que les peuples démocratiques n’aiment pas qu’on leur rappelle que les guerres ne tiennent qu’à un fil ou à quelques hommes. On préfère rappeler les grands courants idéologiques, de grands mécanismes compliqués. C’est plus valorisant, notamment pour les chercheurs, de brandir ces grandes forces historiques plutôt que le poids déterminant d’un individu en particulier ou le grippage d’un comité quelconque dans une négociation.

En zone euro, au-delà des grandes variables économiques, il y a surtout une concentration des pouvoirs tout à fait fabuleuse dans les mains de la BCE. Cette dernière tient en effet presque toutes les manettes de la gestion de la crise. Il s’agit donc de 23 personnes assises autour d’une table et qui décident du destin économique de l'Europe. Et puisque ce sont des individus, la comitologie est devenue plus importante que de savoir où en sont la règle de Taylor ou les agrégats monétaires. Ce sont des individus qui sur le plan personnel sont certainement rationnels mais qui collectivement ne le sont plus. C’est là que l’on en revient à Tocqueville, puisque des évènements historiques sont à la merci de quelques-uns.

La rationalité consiste à prendre toute l’information disponible en vue d’un objectif. Les dirigeants politiques de l’Union européenne font ainsi preuve d’une sorte de rationalité qui leur est propre, puisque si on considère que leur objectif est d’être élus et réélus, tous ceux qui appartiennent à des partis de gouvernements sont rationnels. De même, dans le petit jeu institutionnel européen, la Commission, la BCE et autres jouent leurs rôles en suivant une rationalité que je qualifierais d’endogène. Celle-ci n’est pas tournée vers des objectifs de résolution de la crise de la dette souveraine, aucune des décisions ayant été prises jusqu’à maintenant n’ayant réussies à faire baisser le niveau d’endettement en zone euro ni à relancer vraiment la croissance du PIB nominal, ni même stabiliser la masse monétaire… On ne peut donc pas dire que le comportement des dirigeants européens n’est pas rationnel, il l’est mais dans le but de garder leurs pouvoirs. L’exemple de la BCE est assez révélateur. Son actuel dirigeant Mario Draghi n’a pas réussi à réaliser ses objectifs de banquier central mais il a parfaitement réussi à maximiser son pouvoir.

Gérard Bossuat : Margaret MacMillan est une historienne renommée, en poste à l’université d’Oxford. Comme d’autres historiens, je pense à Pierre Renouvin, Antoine Prost, Jean-Baptiste Duroselle en France, Nicolas Offenstadt, elle est confrontée  aux causes de la guerre de 1914-18. Parle-telle vraiment d’irrationalité des dirigeants de l’époque ? Je crois qu’elle parle surtout de parcours individuels et de responsabilité personnelle des dirigeants dans les décisions qui engagent la paix et la guerre. Peut-être ces dirigeants ont-ils manqué de jugement et de prudence au moment du choix. Peut-être les alliances ont-elles conduit à la guerre. Mais rien n’était fatal ; tout pouvait être stoppé. Des hommes sont responsables du déclenchement de la guerre, comme aujourd’hui d’autres le sont de la résolution d’une crise économique qui répand ses ravages, même si tout est extraordinairement difficile.

Il est exagéré de comparer la situation économique de crise de 2013 avec la situation politique de 1914 en Europe. Le terme d’irrationalité ne peut être retenu, ni en 1914, ni aujourd’hui. Les événements quels qu’ils soient ont des causes reconnues à la suite du travail des historiens. Ils sont rationalisés parce que nous devons donner des raisons à l’opinion publique sinon nous entrons dans le règne de la folie, de la magie, de l’irrationnel.

Comment rendre compte alors de l’été 1914 ? Les historiens retiennent que les nationalismes étaient exacerbés, que les rivalités coloniales et économiques entre les deux blocs, l’Entente et les Empires centraux renforçaient la possibilité d’un affrontement, que les alliances étaient exigeantes. La peur a joué aussi, augmentée par l’absence d’organisation internationale pour les règlements des conflits, ni en Europe, ni dans le monde. Le voisin était l’autre, inconnu, dangereux. Les nationalismes qui excluent, qui se donnent comme but de limiter ou de repousser l’étranger sont à l’œuvre en 1914 et c’est la seule ressemblance avec ce qui se passe actuellement en Europe. Mais qui d’autre que Jaurès a appelé à la raison, le payant de sa vie ? Personne. On peut alors accepter l’idée que la génération des responsables politiques européens de 1914 n’était pas à la hauteur de la génération de Bismarck, du comte de Witte ou de Lord Salisbury.

Sans tomber dans les comparaisons historiques approximatives, quels sont les autres exemples historiques qui peuvent être rapprochés de cette situation ?

Gérard Bossuat : La situation de l’été 1914 est évidemment unique. Si, cependant, on cherche à retrouver une situation dans laquelle l’absurde, sinon l’irrationnel, semble à l’œuvre, on songe  au conflit du Proche-Orient dans le sens où il apparaît sans fin et que le Jaurès d’Israël, Yitzhak Rabin a été lui aussi assassiné, relançant le conflit avec les Palestiniens.

Mathieu Mucherie : Parmi les irrationalités économiques, il est une chose qui m’a toujours étonné, c’est le système de change fixe. Depuis, très longtemps tout le monde sait que ça ne fonctionne pas : on crée un système qui finit toujours par sauter, c’est l’histoire du monde. A ma connaissance, le seul qui tienne le coup est celui de Hong Kong qui réussit depuis 30 ans, moyennant quelques ajustements, à maintenir un taux de change fixe avec le dollar américain. Pourtant, en Europe, nous avons mis en place l’euro qui n’est autre qu’un système de change totalement fixe qui va à l’encontre de ce que défendent les économistes depuis 50 ans, c’est-à-dire la supériorité du change flexible.

Autre exemple d’irrationalité économique : l’illusion nominale ; tout le monde dit que les taux sont bas, alors que c’est évidemment faux. Si les taux étaient bas, les gens emprunteraient. Apparaitrait de nouveau une bulle immobilière, en Espagne et ailleurs. Cela vient d’une erreur qui consiste à raisonner en « nominal » plutôt qu’en réel. La croissance et l’inflation disparues, il faudrait quasiment des taux négatifs pour qu'ils puissent être vraiment considérés comme bas. Or, ils ne le sont pas. Cette illusion nominale est pourtant connue et présente dans la théorie économique depuis très longtemps, notamment à travers une littérature fabuleuse à ce propos qui en a décortiquée les causes, les conséquences et les raisons psychologiques. Et pourtant, d’authentiques spécialistes de la question tombent dedans, cela est même arrivé à Bernanke…

Dernier exemple, la myopie à la déflation. Il a en effet été dit, à plusieurs reprises, par les officiels dont Mario Draghi, qu’il n’y a jamais eu de déflation en zone euro. Dans aucun des pays qui la composent… Pourtant, si l’on se penche sur les courbes, qu’elles soient irlandaises, grecques ou encore portugaises, que ce soit la masse monétaire, le prix des actifs ou autres, on ne peut que conclure de façon évidente qu’il y a eu de la déflation. Et il est toujours possible pour ces gens de faire tous les mois une conférence de presse devant tout l’establishment européen en affirmant qu’il faut attendre de véritables signes de déflation pour penser à mettre en place des taux directeurs négatifs en zone euro. Non seulement c’est de l’irrationalité mais en plus elle est tellement immense qu’elle finit par convaincre des gens rationnels.

.../...

 

Voir la suite de cet article : http://www.atlantico.fr/decryptage/100-ans-apres-1914-europe-est-elle-capable-se-proteger-nouvelle-implosion-economique-cette-fois-nicolas-goetzmann-et-gerard-boss-894847.html

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 15:34

    " On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice. "

(Albert Camus)

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 12:56

    La présentation qu'a faite la presse des incidents intervenus sur les Champs-Elysées lors du défilé du 11 novembre 2013 est à 180° de ce que ces quelques images révèlent ! http://www.youtube.com/watch?v=GB2FKMrNKsU&feature=player_embedded

Selon les médias de masse des manifestants "d'extrême-droite" auraient provoqué et agressé les forces de l'ordre !

Deux jours après plusieurs interpellations sur les Champs-Elysées, en marge des cérémonies de commémoration de la Grande Guerre, François Hollande a réagi, mercredi 13 novembre. Il a déclaré, en ouverture du Conseil des ministres, que les incidents du 11-Novembre étaient "autant d'atteintes à la République, à ses principes, à ses valeurs (...) qui appellent des réponses de fermeté".

Dans une déclaration publique prononcée peu après le Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a rapporté les propos du chef de l'Etat : "Le président de la République a ouvert le Conseil des ministres en revenant sur les incidents qui ont émaillé ces derniers jours, et qui sont autant d'atteintes à la République, à ses principes, à ses valeurs, et qui appellent des réponses de fermeté", a-t-elle dit. (source : Francetvinfo) 

Convoquer l'autorité de police lorsque l'on est incapable d'exercer une autorité de compétence est la marque de la fin d'une démocratie ! Le duo Sarko-Guéant avait déjà expérimenté cette manoeuvre, heureusement à leurs dépends in fine !  

Voilà qu'aujourd'hui, c'est une majorité et un gouvernement qui se prétendent de gauche qui décident d'user de ce même stratagème inique !   

En France, le ridicule tue, surtout lorsqu'il gouverne l'exercice du pouvoir, conjugué au mensonde quotidien et à l'irréflexion politique et stratégique !    

Souvenons-nous des responsabilités de la gauche dans la montée de la violence, des conflits et des crimes contre l'humanité : De l'attitude de la Gauche française face à la violence, aux conflits et aux crimes ... ?    

Souvenons-nous des conditions qui ont amené à transformer de manière 'démocratique' la police en police politique à la sortie du seconde empire, en France ? De la " police politique républicaine " à la sortie du Second Empire !     

 

Voir également à ce sujet :

 

 * Irresponsabilité, incompétence, corruption, manipulations, mauvaise gestion... et maintenant, ils voudraient que ce soit VOUS qui payiez ?!? par Simone Wapler
 * Entrée dans l'inconnu : le nouveau visage des ressentiments et des tensions qui bouillonnent au sein de la société française           
 

 * Quand les socialistes défendaient le peuple… (Entretien réalisé par Nicolas Gauthier - Boulevard Voltaire)

 

" On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice. " (Albert Camus)  

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 09:43

Le contrat social attaché au projet politique européen comporte, entre autres promesses démocratiques, celle de fournir aux citoyens européens les mêmes garanties de sécurité contre les menaces conventionnelles et non conventionnelles d’aujourd’hui et de demain qui pourraient avoir des effets stratégiques néfastes.

Cette promesse trouve sa traduction juridique dans le traité, ce dernier posant le principe de l’existence d’objectifs et d’intérêts stratégiques de l’UE en même temps qu’il limite leur identification à la seule dimension externe de l’équation stratégique qui lui est posée (cf. les articles 21 et 22 TUE).

Par ailleurs, les accords de ‘Berlin Plus’ scellent un partenariat sans équivalent entre l’UE et l’OTAN qui offre aux européens une réassurance stratégique ‘à moindre coût’ qui atteste que ces deux organisations aux visées si différentes partagent bon nombre d’objectifs et d’intérêts stratégiques.

Pour autant, tous les objectifs et intérêts stratégiques de l’UE se résument-ils à ceux qu’elle partage avec l’OTAN ? Sont-ils rigoureusement identiques à ceux de ses Pays membres ? Existe-t-il des objectifs et intérêts stratégiques qui lui soient propres ?

De toute évidence, un premier intérêt stratégique lui est propre : celui qui consiste à assurer la concrétisation effective des objectifs stratégiques qui visent à sa sauvegarde en tant qu’union politique d’Etats et de Peuples soucieuse de :

* sauvegarder son indépendance, ou, a minima, sauvegarder son autonomie, tant au plan stratégique que politique et économique, pour pouvoir décider, en pleine responsabilité, ses postures, ses positions et ses engagements lors des grands rendez vous des agendas stratégique et sécuritaire,  sauvegarder son intégrité, tant politique que physique et territorial,

* garantir sa pérennité en tant qu’entité politique unique dotée de la personnalité juridique et des institutions indispensables à l’exercice des compétences que lui ont attribuée ses Etats membres,

* sauvegarder les valeurs qui la fondent et qui sont communes aux États membres,

* sauvegarder sa sécurité et sa stabilité, sur les registres stratégique, institutionnel, politique et économique, en se dotant des garanties de sécurité (positives et négatives), en déployant des mesures de confiance et des mesures de réassurance, qui concourent à maintenir le plus bas possible les niveaux de tension stratégique et sécuritaire, y compris face aux nombreux risques globaux qui affectent de manière systémique les grands équilibres régionaux et internationaux,

* sauvegarder ses intérêts les plus fondamentaux, et notamment ses intérêts économiques et commerciaux (stabilité et sécurité de sa monnaie au sein du système monétaire international, stabilité financière internationale, stabilité et sécurité de son économie et de la totalité de ses flux d’échanges commerciaux et culturels, en particulier de ses flux d’approvisionnement en biens vitaux et/ou essentiels au développement de son économie, etc.),

Un second intérêt stratégique, corollaire du précédent, lui est également propre : celui qui consiste à l’affirmation de la place de l’UE dans le concert international en tant qu’acteur politique disposant d’une capacité globale d’influence, de médiation et d’intervention sur le registre stratégique, dans le respect du droit international, à partir d’une gamme très variée d’instruments lui permettant d’agir de manière à :

* promouvoir dans le reste du monde les principes qui ont présidé à sa création, à son développement et à son élargissement (la démocratie, l'État de droit, l'universalité et l'indivisibilité des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine, les principes d'égalité et de solidarité et le respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international),

* encourager une intégration équitable et durable de tous les pays dans l'économie mondiale, et contribuer à l'élaboration de mesures internationales afin de préserver et améliorer la qualité de l'environnement et la gestion durable des ressources naturelles mondiales, et d’assurer une stabilité financière et monétaire et une protection des biens publics mondiaux, partout dans le monde,

* préserver la paix, prévenir les conflits et renforcer la stabilité stratégique et la sécurité internationale, conformément aux buts et aux principes de la charte des Nations unies, ainsi qu'aux principes de l'acte final d'Helsinki et aux objectifs de la charte de Paris, y compris ceux relatifs aux frontières extérieures.

Si l'UE parvient aujourd'hui à préserver de tels intérêts stratégiques au niveau d’exigence requis par ses citoyens, y parviendra-t-elle encore au cours des décennies à venir ?

Quand bien même l’UE devrait ne pas connaître avant longtemps de véritable menace stratégique de nature militaire capable de mettre en péril son intégrité territoriale, le fonctionnement de ses propres institutions et de celles de ses Etats membres, celui de son économie générale ou la vie de ses populations, d’autres facteurs pourraient concourir à lui rendre la tâche plus ardue à l’avenir.

Elle est en proie depuis quelques années à une succession de crises présentant un caractère systémique, de risques globaux et de formes de menaces en rupture avec celles du passé, qui, bien qu’ayant pour origine des facteurs d’une toute autre nature que militaire, n’en affectent pas moins la concrétisation de ses objectifs et la sauvegarde de ses intérêts les plus stratégiques, en donnant ici au qualificatif ‘stratégique’ son acception la plus large.

Soumise aux aléas des profondes mutations structurelles de l’environnement international, elle voit aujourd’hui s’affaiblir son crédit politique auprès de ses propres citoyens ; battre en brèche sa cohésion politique par des postures nationales incompatibles avec ses fondements mêmes ; contester sa légitimité et hypothéquer son intégrité institutionnelle par des appels incessants à la sécession ; fléchir son influence politique et économique, au point de ne laisser craindre qu’elle puisse ne plus être en mesure de s’assurer en toutes circonstances les approvisionnements en ressources les plus critiques ou de garantir la sécurité et la stabilité à ses propres marches ; ses grands équilibres économiques et sociaux mis à mal autant par la fragilité systémique de son système bancaire que par la rigueur des contraintes qui pèsent sur son économie (la baisse de son budget et l’amplification de l’intervention non régulée de capitaux internationalement mobiles participant à en accroître les effets néfastes) ; s’altérer la capacité de ses Etats membres à maintenir leur propre système de sécurité au niveau de performance attendue, au point de faire redouter leur incapacité future à exercer quelque responsabilité que ce soit dans l’hypothèse d’une mise en oeuvre effective de la clause de solidarité inscrite à l’article 222 TFUE ou de la clause d’assistance mutuelle inscrite à l’article 42.7 TUE

Et ce, au point de faire craindre un déclassement stratégique durable de l’Union dans son ensemble (y compris de ses Etats membres).

Pour autant, elle peut encore, au prix de réformes politiques, doctrinales et institutionnelles substantielles  et en adaptant à ces enjeux les indicateurs sur lesquels repose le « critère de l’intérêt de l’Union » (*)., trouver la voie qui lui permettra de préserver son statut et sauvegarder ses intérêts stratégiques, et d’exercer - le cas échéant, en pleine autonomie - l’ensemble de ses responsabilités stratégiques par les voies et moyens qu’elle jugera les mieux appropriés en fonction des circonstances.

Il lui faudra pour cela agir de manière résolue pour réduire sa dépendance stratégique à l’OTAN et à son principal partenaire, les Etats Unis qui ont leur propre stratégie, et œuvrer étape après étape, à cette émancipation sans laquelle elle ne pourra éviter un déclassement stratégique durable ; ce qui exige de ses propres institutions comme de celles de ses Etats membres qu’elles aient en permanence le souci de la préservation de ses propres intérêts stratégiques et celui d'apporter collectivement des réponses robustes à son déficit de puissance économique, normative et militaire en revisitant en profondeur ses stratégies de sécurité (cf. à cet égard UE : un service européen d'action extérieure au service de quelles stratégies et de quelles politiques ? ainsi que Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) et Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2)) autant que ses politiques communes (cf. par exemple Le Parlement européen adopte une résolution intitulée 'Politiques et critères d'élargissement et intérêts stratégiques de l'Union européenne en la matière') pour les adapter aux grands mouvements du monde et aux véritables menaces globales qui pèsent et pèseront demain sur les grands équilibres internationaux et régionaux auxquels elle est attachée et en concluant des partenariats stratégiques plus variés et plus ambitieux que ceux qu’elle peine à établir aujourd’hui (cf. notamment à cet égard l'excellent raport intitulé : 'US Strategy for a Post-Western World' by Robert A. Manning (Report of the Strategic Foresight Initiative at the Brent Scowcroft Center on International Security))

(*) c’est-à-dire la façon dont la Commission détermine si une mesure de défense commerciale servirait les intérêts économiques généraux de l’UE, à savoir les intérêts de l’industrie européenne concernée, des importateurs, des industries qui utilisent le produit importé et, le cas échéant, des consommateurs (pour en savoir plus à ce sujet, voir notamment La Commission propose de moderniser les instruments de défense commerciale de l’UE ainsi que http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2012/march/tradoc_149236.pdf et http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2012/march/tradoc_149237.pdf)

Voir également :  

* Objectifs politiques, principes, valeurs et intérêts en jeu au sein de l'Union européenne dans la double perspective politique et stratégique, par André Dumoulin 

 * De l'épineuse question des objectifs stratégiques de l'Union européenne * Jusqu'à quel niveau d'intégration l'agenda transatlantique nous entraînera-t-il, sans aucun débat démocratique ?   

* PENSER L’INTERET EUROPEEN : Du compromis entre intérêts nationaux à l’intérêt général européen  

* De la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats

* L'Union européenne est-elle encore une puissance normative crédible ?

* Influence européenne : la nécessité d'un changement de paradigme, par Elvire Fabry (Notre Europe – Institut Jacques Delors)  

 

Article 21TUE

1. L'action de l'Union sur la scène internationale repose sur les principes qui ont présidé à sa création, à son développement et à son élargissement et qu'elle vise à promouvoir dans le reste du monde: la démocratie, l'État de droit, l'universalité et l'indivisibilité des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine, les principes d'égalité et de solidarité et le respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international.

L'Union s'efforce de développer des relations et de construire des partenariats avec les pays tiers et avec les organisations internationales, régionales ou mondiales qui partagent les principes visés au premier alinéa. Elle favorise des solutions multilatérales aux problèmes communs, en particulier dans le cadre des Nations unies.

2. L'Union définit et mène des politiques communes et des actions et oeuvre pour assurer un haut degré de coopération dans tous les domaines des relations internationales afin :

a) de sauvegarder ses valeurs, ses intérêts fondamentaux, sa sécurité, son indépendance et son intégrité;

b) de consolider et de soutenir la démocratie, l'État de droit, les droits de l'homme et les principes du droit international;

c) de préserver la paix, de prévenir les conflits et de renforcer la sécurité internationale, conformément aux buts et aux principes de la charte des Nations unies, ainsi qu'aux principes de l'acte final d'Helsinki et aux objectifs de la charte de Paris, y compris ceux relatifs aux frontières extérieures;

d) de soutenir le développement durable sur le plan économique, social et environnemental des pays en développement dans le but essentiel d'éradiquer la pauvreté;

e) d'encourager l'intégration de tous les pays dans l'économie mondiale, y compris par la suppression progressive des obstacles au commerce international;

f) de contribuer à l'élaboration de mesures internationales pour préserver et améliorer la qualité de l'environnement et la gestion durable des ressources naturelles mondiales, afin d'assurer un développement durable;

g) d'aider les populations, les pays et les régions confrontés à des catastrophes naturelles ou d'origine humaine; et

h) de promouvoir un système international fondé sur une coopération multilatérale renforcée et une bonne gouvernance mondiale.

3. L'Union respecte les principes et poursuit les objectifs visés aux paragraphes 1 et 2 dans l'élaboration et la mise en oeuvre de son action extérieure dans les différents domaines couverts par le présent titre et par la cinquième partie du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, ainsi que de ses autres politiques dans leurs aspects extérieurs.

L'Union veille à la cohérence entre les différents domaines de son action extérieure et entre ceux-ci et ses autres politiques. Le Conseil et la Commission, assistés par le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, assurent cette cohérence et coopèrent à cet effet.

 

Article 22TUE

1. Sur la base des principes et objectifs énumérés à l'article 21, le Conseil européen identifie les intérêts et objectifs stratégiques de l'Union.

Les décisions du Conseil européen sur les intérêts et objectifs stratégiques de l'Union portent sur la politique étrangère et de sécurité commune ainsi que sur d'autres domaines relevant de l'action extérieure de l'Union. Elles peuvent concerner les relations de l'Union avec un pays ou une région, ou avoir une approche thématique. Elles définissent leur durée et les moyens que devront fournir l'Union et les États membres.

Le Conseil européen statue à l'unanimité sur recommandation du Conseil, adoptée par celui-ci selon les modalités prévues pour chaque domaine. Les décisions du Conseil européen sont mises en oeuvre selon les procédures prévues par les traités.

2. Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pour le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune, et la Commission, pour les autres domaines de l'action extérieure, peuvent présenter des propositions conjointes au Conseil.

 

Article 42.7 TUE

Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres. Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre.

 

Article 222 TFUE

1. L'Union et ses États membres agissent conjointement dans un esprit de solidarité si un État membre est l'objet d'une attaque terroriste ou la victime d'une catastrophe naturelle ou d'origine humaine. L'Union mobilise tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les États membres, pour:

a) — prévenir la menace terroriste sur le territoire des États membres;

— protéger les institutions démocratiques et la population civile d'une éventuelle attaque terroriste;

— porter assistance à un État membre sur son territoire, à la demande de ses autorités politiques, dans le cas d'une attaque terroriste;

b) porter assistance à un État membre sur son territoire, à la demande de ses autorités politiques, en cas de catastrophe naturelle ou d'origine humaine.

2. Si un État membre est l'objet d'une attaque terroriste ou la victime d'une catastrophe naturelle ou d'origine humaine, les autres États membres lui portent assistance à la demande de ses autorités politiques. À cette fin, les États membres se coordonnent au sein du Conseil.

3. Les modalités de mise en oeuvre par l'Union de la présente clause de solidarité sont définies par une décision adoptée par le Conseil, sur proposition conjointe de la Commission et du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Lorsque cette décision a des implications dans le domaine de la défense, le Conseil statue conformément à l'article 31, paragraphe 1, du traité sur l'Union européenne. Le Parlement européen est informé.

Dans le cadre du présent paragraphe, et sans préjudice de l'article 240, le Conseil est assisté par le comité politique et de sécurité, avec le soutien des structures développées dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune, et par le comité visé à l'article 71, qui lui présentent, le cas échéant, des avis conjoints.

4. Afin de permettre à l'Union et à ses États membres d'agir d'une manière efficace, le Conseil européen procède à une évaluation régulière des menaces auxquelles l'Union est confrontée.

 

Les arrangements permanents entre l'OTAN et l'Union européenne (accords de ‘Berlin plus’) :

a)   garantissent l'accès de l'Union européenne à des capacités de planification de l'OTAN pouvant contribuer à la planification militaire d'opérations dirigées par l'Union européenne; 

b )   établissent une présomption de disponibilité au profit de l'Union européenne de capacités et de moyens communs de l'OTAN préidentifiés en vue de leur utilisation dans des opérations dirigées par l'Union européenne ;

c)   identifient une série d'options de commandement européen pour des opérations dirigées par l'Union européenne, renforçant le rôle de l'adjoint européen du SACEUR (poste dédié à un officier britannique), en lui permettent d'assumer pleinement et de manière effective ses responsabilités européennes;

d)   prévoient la poursuite de l'adaptation du système de planification de la défense de l'OTAN, d'une manière qui intègre plus complètement la disponibilité de forces pour des opérations dirigées par l'Union européenne ;

e)   prévoient un accord OTAN-UE sur l'échange de renseignements classifiés en application de règles de protection réciproques ;

f)    établissent des procédures pour la mise à disposition, le suivi, la restitution et le rappel des moyens et capacités de l'OTAN ;

g)   prévoient les modalités de consultations entre l'OTAN et l'Union dans le contexte d'une opération de gestion de crise conduite par la seconde avec l'aide des moyens et des capacités de la première.

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Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

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