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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 08:56

 

J'ACCUSE
 

Puce accuse J'accuse nos banques d'irresponsabilité, d'incompétence et de collusion avec le pouvoir.

Elles jouent avec votre épargne, elles calculent mal les risques (quand elles les calculent), elles prétendent qu'elles peuvent maîtriser l'incertitude... et quand tout cela s'est soldé par une crise qui a ébranlé les fondements même du système monétaire mondial, c'est dans VOTRE argent que l'Etat a puisé pour réparer les dégâts.

Puce accuse J'accuse la Banque centrale européenne de manipulation monétaire et de prise de risques excessifs.

Elle trafique les taux d'intérêt, elle prête de l'argent qui n'existe pas, elle a maquillé la crise et fermé les yeux sur des fricotages comptables et financiers qui mettent aujourd'hui encore la Zone euro en danger. Et une fois encore, quand il faut mettre la main à la poche pour renflouer le navire, c'est VOTRE argent qui sert au sauvetage.

Puce accuse J'accuse la presse et les médias de corruption intellectuelle et d'aveuglement.

Alors qu'ils sont censés être le "quatrième pouvoir", les médias piétinent leur devoir d'investigation et de remise en question de la propagande d'Etat. Ils se contentent désormais de servir une pensée formatée et des commentaires complaisants sur les statistiques... et VOUS êtes la victime de cette désinformation qui vous empêche de prendre les bonnes décisions pour votre vie et votre argent.

Puce accuse J'accuse le gouvernement de corruption, de mensonge et de parjure.

Pour rester au pouvoir, nos politiciens financent sciemment par la dette des promesses électorales qu'ils savent intenables. Ils achetent leurs électeurs à coups de redistribution : une politique facile et lâche consistant à prendre aux uns (sans leur accord) pour s'acheter les faveurs des autres. Cela fait des décennies que ça dure -- à gauche, à droite, d'un bout à l'autre du spectre politique --, et que VOUS payez les pots cassés de leur manque de courage.

 

Il est temps que cela cesse !

Cher Concitoyen,

J'ai bien conscience que ma démarche va en choquer plus d'un.

Je m'attends à recevoir des lettres de protestation, des menaces... ou pire. On ne lance pas ce genre de message sans retombées.

Il ne s'agit pourtant pas d'une croisade personnelle. Je ne connais pas les gens que j'accuse. Je ne les ai jamais rencontrés... et je ne leur voue aucune haine individuelle.

Il ne s'agit pas non plus d'inventions ou d'attaques gratuites : toutes les informations que vous découvrirez dans ces lignes sont authentiques, vérifiables et accessibles à quiconque se donne la peine de chercher un peu.

Je me contente de faire un constat concernant ceux qui sont aux commandes aujourd'hui -- ceux qui contrôlent notre gouvernement, notre argent, notre vie.

Et ce constat est extrêmement simple : on se paie votre tête.

A tous les niveaux de décisions, on se paie votre tête.

Politique, économie, finance... Nos dirigeants se croient désormais tout permis -- parce que vous êtes là pour payer leurs pots cassés.

Il y a trop longtemps que cela dure. Le moment est venu de réagir.

Pourquoi spécialement maintenant ? Parce que par la faute des banques, des autorités européennes, de nos gouvernants -- et, dans une large part, des médias --, nous sommes actuellement face à une crise qui ne ressemble à rien que notre pays ait jamais connu.

Cette crise est en train de faire bien plus de dégâts en France, que les krachs boursiers de 2008 ou même que la crise économique de 1929.

Elle pourrait mettre fin à la sécurité, à la tranquillité et au niveau de vie que l'on pourrait tenir pour acquis dans un pays développé du début du 21ème siècle.

Ce qui nous arrive affectera sans aucun doute vous, moi et tous les autres Français.

La première phase a déjà commencé. En fait, comme je vous le prouverai dans un instant, la France est dans un état de crise perpétuelle depuis près de 40 ans.

A cause d'un système politique, économique et bancaire corrompu et sclérosé, vous pourriez assister dans les mois et les années qui viennent à...

Un gel des marchés monétaires qui vous empêchera d'accéder à votre épargne et à vos dépôts bancaires.

Une inflation galopante causant une augmentation spectaculaire des prix sur des choses aussi essentielles que le pain... ou le papier toilette.

Une hausse en flèche des taux d'intérêt qui provoquera des ravages dans votre épargne retraite.

Des millions supplémentaires de gens au chômage, sans le moindre signe d'amélioration en vue.

Et une France qui aura sans doute perdu son rang dans le monde -- pour très longtemps, voire définitivement.

Bien entendu, une crise de cette ampleur ne se produit pas du jour au lendemain. Ce désastre se construit depuis des décennies -- et il a pris de la vitesse depuis 2008, se nourrissant des taux d'intérêt artificiellement bas... des plans de relance... et de la surchauffe des planches à billets.

Je vous montrerai dans un instant comment tout cela s'est produit -- et comment le système tout entier, depuis votre banque de quartier jusqu'au président de notre pays, est responsable de cet état de fait.

Lorsque cet événement finira par entamer sa phase finale -- la plus dévastatrice --, de nombreux Français seront complètement pris de court.

C'est pour cette raison que je vous écris aujourd'hui.

Tandis que nos élus se disputent sur lequel d'entre eux aura la plus grosse part du gâteau... et tandis que la presse grand public détourne votre attention avec des affaires aussi "importantes" que le mariage homosexuel ou le destin d'une lycéenne de 15 ans... vous méritez de savoir ce qui nous attend dans un proche avenir... et comment cela change tout ce que vous tenez pour acquis en France.

Tandis que le reste du pays se laisse distraire par le travail dominical, la semaine de quatre jours dans les écoles et autres questions "vitales"... vous pourriez être en train de vous préparer et vous protéger des retombées de ces décennies d'incurie gouvernementale et financière.

Lorsque ces conséquences commenceront à se faire sentir, vous voudrez pouvoir protéger tout ce que vous et votre famille avez travaillé si dur à construire.

Aujourd'hui, je vous révèlerai de vrais chiffres qui vous aideront à mesurer exactement l'état de notre économie et de notre pays. Je vous dirai également comment vous préparer ; il suffit de mettre en place dès maintenant trois mesures très simples... qui pourraient vous permettre de continuer à vivre confortablement pendant que tout cela se produit.

Mais avant cela, je pense qu'il est essentiel que vous compreniez bien qui sont vos adversaires dans ce combat pour préserver votre prospérité...

 

Le système bancaire ne repose plus sur RIEN --
et vos dépôts sont en première ligne

Je ne vais pas revenir sur la crise bancaire de 2008 -- vous savez déjà probablement tout sur les manoeuvres des banques à l'époque et les plans de sauvetage de plusieurs milliards d'euros qu'il a fallu mettre en place.

Plus jamais ça, ont dit les politiciens et les autorités de régulation mondiales.

Citation Barack Obama

Citation Nicolas Sarkozy

Citation Christine Lagarde

Résultat de toutes ces vertueuses indignations et appels à la réforme ?

Il suffit d'un coup d'oeil au graphique ci-dessous. Il compare les bilans des six plus grosses banques françaises -- c'est-à-dire leurs engagements, leurs actifs et ce qu'elles prêtent... avec leurs fonds propres -- c'est-à-dire ce qu'elles ont réellement dans leurs coffres et qui doit servir à payer la casse si vraiment les choses tournent mal.

Regardez, c'est vraiment édifiant.

Actif total des 6 premières banques françaises

Non seulement les banques n'ont pas réduit les sommes qu'elles jouent au quotidien sur les marchés suite au choc de 2008... elles les ont même augmentées.

On arrive à plus de 7 000 milliards d'euros d'engagements au total pour nos grandes banques.

Le PIB français était de 1 800 milliards d'euros en 2012 : les banques françaises jonglent donc actuellement avec des montants représentant près de quatre fois le PIB national !

... Et ne vous y trompez pas : c'est votre argent qui sert de nantissement à ces engagements si astronomiques qu'ils en deviennent littéralement irréels.

Cela mérite quelques explications.

Voyez-vous, l'autre face du miroir, ce sont les fonds propres. Plus une banque prend d'engagements, plus ses fonds propres devraient augmenter. Leur croissance devrait être proportionnelle aux risques auxquels s'expose la banque... et même supérieure, puisque à ce niveau de taille, si une banque fait faillite, les dommages sont colossaux.

Or que voit-on sur le graphique ci-dessus ? Depuis 2008, c'est à peine si les banques ont accru leurs fonds propres !

Quelques exemples ? Voici un petit aperçu de la situation des plus grandes banques françaises à la fin du 2ème trimestre 2013, en milliards d'euros :

 
Engagements
Fonds propres
Effet de levier
BNP Paribas
1 359
51,5
Plus de 26 fois
les fonds propres !
Société Générale
894
27
Plus de 33 fois
les fonds propres !
Crédit Agricole
1 301
19,4
Plus de 67 fois
les fonds propres !

Mais la véritable garantie d'une banque, en fin de compte, ce ne sont pas ses fonds propres. Ce sont bien les déposants et les contribuables. Vous.

Il ne faut pas oublier que pour fonctionner, une banque achète vos dépôts, ou de l'argent, et prête ensuite cet argent. Elle réalise sa marge en prêtant plus cher qu'elle n'achète. Pour acheter de l'argent autre que vos dépôts, on dit qu'elle lève de l'argent sur les marchés.

Comme c'est une banque, les marchés acceptent de lui prêter moins cher. En effet, si les affaires de la banque tournent mal, ce seront les actionnaires, les fonds propres (l'argent qui appartient réellement à la banque) et la Banque centrale qui paieront la casse. Or la Banque centrale... ce sont les contribuables, vous et moi.

Fortes de ces privilèges, nos banques sont devenues irresponsables puisqu'elles savaient qu'elles ne paieraient pas les pots cassés.

Elles ont laissé grossir leurs bilans en se croyant immunisées contre tous les risques et en faisant croire aux marchés que lesdits risques étaient contrôlés.

Oh, nous avons entendu de beaux discours, suite à la crise de 2008. Régulation, "Bâle 3", stress tests (rappelez-vous... Dexia les passait haut la main en juillet 2010 -- avant de sombrer à peine un an plus tard !), moralisation... On allait voir ce qu'on allait voir !

Et on a vu.

puce La loi de séparation bancaire ?

Les banques n'ont pas été morcelées. Une loi de cantonnement de leurs activités spéculatives a finalement été votée -- à grand'peine -- en juillet 2013. Mais d'après Jean-Jacques Legendre et Christophe Caffard, respectivement ancien opérateur en salle de marché et avocat spécialisé en droit bancaire, dans un éditorial publié par Le Monde c'est là "une réforme en trompe l'oeil" :

Citation séparation bancaire

puce Les banques systémiques -- c'est-à-dire les banques "trop grosses pour faire faillite" ?

Ah là, on a agi. On n'a reculé devant rien. On en a fait... une liste. Une belle liste officielle, composée par les doctes économistes du G20, compilant les 28 banques les plus risquées au monde (avec quatre banques en lice, la France est bien représentée...). Certes, ces établissements sont toujours garantis par vous, vos enfants et vos petits-enfants sur sept générations -- mais au moins, on a la liste !!


puce Les produits dérivés ?

Ces produits financiers permettent de faire jouer des effets de levier colossaux ; ils ont transformé la finance en un véritable casino où l'on peut parier sa mise des dizaines, voire des centaines de fois. Eh bien... dès la fin 2011, ils étaient revenus au même niveau que juste avant la crise de 2008, soit 700 000 milliards de dollars. Oui, 700 000 milliards -- un sept suivi de 14 zéros. Vous avez du mal à imaginer une telle somme ? Sachez qu'elle représente près de 10 fois le PIB mondial.


Le moindre événement, le moindre choc faisant vaciller les marchés, le moindre remous en Zone euro... et tout cet édifice pourrait s'effondrer comme un château de cartes. Comme en 2008... mais en pire.

Et personne ne s'en inquiète.

Pourquoi donc ?

Parce que banques et Etats s'entendent comme larrons en foire. D'ailleurs les mêmes personnes passent allégrement des unes aux autres et vice-versa, tant aux Etats-Unis qu'en France ou en Europe.

Henry Paulson ? Ministre des Finances américain et ex-PDG de Goldman Sachs.

Mario Draghi, actuel président de la BCE ? Un ancien de Goldman Sachs.

Plus proche de nous, regardez les liens entre Christine Lagarde, ministre de l'Economie au moment des faits, et le Crédit Lyonnais...

Et que dire de François Pérol ? Secrétaire-général adjoint de l'Elysée lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir, il est désormais président du groupe Banque Populaire-Caisse d'épargne... et en délicatesse avec la justice pour "prise illégale d'intérêt".

Citation anonyme

Et en France ? Pareil. Qui rachète les emprunts d'Etat de la France et en truffe vos livrets et assurances-vie ? Les banques : leurs détentions d'obligations françaises sont passées de 7% de leurs actifs en 2007 à 13% aujourd'hui.

Eh oui ! Il faut bien que la France surendettée place facilement ses émissions obligataires. Et pour une banque, c'est une opération "en or" : les emprunts d'Etat présentent un risque nul... puisqu'un pays ne peut pas faire faillite, c'est bien connu. Demandez à l'Islande, l'Irlande, la Grèce, le Portugal ou Chypre.

Depuis des années, les banques sous-estiment les dangers qui pèsent sur elles, calculent mal leurs risques, jouent de l'argent qui ne leur appartient pas -- et ne paient jamais les conséquences de leurs erreurs.

De la manière dont je vois les choses, les copains énarques se serrent les coudes. Je me sauve, tu me sauves, nous nous sauvons...

... et vous payez.

Mais puisqu'on parle du gouvernement, ne nous arrêtons pas en si bon chemin.

 

Il est temps de dire stop !

Vous n'avez pas à être la victime de l'irresponsabilité et de l'incompétence de ceux qui nous contrôlent et contrôlent notre argent.

Mais -- et je n'insisterai jamais assez sur ce point -- vous devez avoir un plan avant que cette crise ne passe au niveau supérieur.

Dans ce message, je vous détaillerai trois mesures simples que vous pouvez prendre maintenant pour vous protéger, vous, votre argent et l'avenir financier de vos proches.

Ne vous inquiétez pas : il ne s'agit pas de vous construire un abri anti-atomique ou de vous convertir à une vie en autarcie dans le Larzac.

Et même si je me trompe sur l'ampleur de la crise qui est en train de déferler sur la France... même si les autorités trouvent de nouveaux tours de passe-passe pour retarder l'inévitable quelques années encore... ces trois mesures pourraient vous aider à faire prospérer votre épargne quelles que soient les circonstances.

Franchement : préféreriez-vous rester là, bras croisés, à attendre les conséquences pendant que nos dirigeants continuent leur grand numéro de cirque politique ?

Voulez-vous dépendre des explications complaisantes de la presse grand public sur ce qui se passe dans notre économie ?

Voulez-vous que le système bancaire -- BCE en tête -- garde les rênes de votre argent pour en faire ce qui lui chante en fonction de ses erreurs du jour ?

Ou bien préféreriez-vous connaître la vérité -- et découvrir quelques manières simples de vous préparer à ce qui pourrait être plus grand désastre économique et financier de notre époque ?

Si vous avez choisi la vérité, alors permettez-moi de me présenter...

Je suis Simone Wapler, ingénieur et spécialiste de l'investissement. Je vous préviens d'emblée, mes travaux ne sont pas commandés par de grandes institutions publiques ou privées, ni banques, ni ministères. Je ne cherche pas les ors de la République.

Si je cherche quelque chose... c'est plutôt votre attention.

Mon objectif est simple : il ne s'agit pas ici de briller dans les dîners mondains mais de vous aider à faire fructifier votre patrimoine et le transmettre à vos enfants.

Depuis 13 ans, j'étudie l'impact des politiques économiques sur la vie de tous les jours et sur les patrimoines des Français. Le vôtre, le mien. Je décortique aussi l'incapacité de l'Etat à se réformer. En 2012, j'ai publié un livre : Pourquoi la France va faire faillite. A mon étonnement il s'est vendu comme des petits pains ; en quelques semaines il était épuisé. La suite, Main basse sur votre argent, a été publiée en 2013... avec le même succès.

Mes lecteurs les plus fidèles pourraient vous dire que je leur ai recommandé mon premier placement anti-crise dès 2003 : l'or physique. Pourtant, me direz-vous, l'or n'est plus vraiment un placement à la mode. Le métal jaune a dévissé de 150 $ entre le 12 et le 15 avril 2013, mettant tous les investisseurs en émoi, et il a du mal à remonter la pente. Pour autant, la plus-value latente de ceux qui ont suivi ce conseil est encore de +90% à l'heure où j'écris ces lignes.

Quant aux analystes qui constituent le reste de mon équipe, ils ont prévu quasiment tous les grands événements financiers de la décennie passée avec une exactitude à peu près sans égale.

Hausse puis éclatement de la bulle des dot.com... effondrement des subprime aux Etats-Unis... chute du dollar US et hausse de l'or... crise de la Zone euro et de la dette des Etats... A chaque fois, nous avons eu une longueur d'avance sur la presse grand public.

Mais je n'ai pas préparé ce message pour vous parler de notre historique. Le passé est le passé.

Il s'agit simplement de vous aider à reprendre la main sur votre épargne, votre argent et, en fin de compte, votre vie... alors que, partout, désinformation et répression financières règnent.

Il suffit de regarder ce qui se passe autour des banques centrales...

 

Les manipulations des banques centrales

C'est bien connu : Jean-Claude Trichet, Ben Bernanke, Mario Draghi et tous les autres sont des héros. Des sauveurs de l'économie. Ils nous ont protégés contre le terrible monstre de la déflation, ils ont réussi à créer une reprise économique.

Ah vraiment ?

Voyons un peu... En 2012, la "croissance" du PIB en Zone euro avait reculé de -0,5%. Soyons justes : sur 2013, les derniers chiffres (concernant le deuxième trimestre) montrent qu'on est clairement sortis du marasme avec un PIB enregistrant la hausse spectaculaire de... 0,3%.

En France, la croissance a été nulle en 2012 -- et on se hisse péniblement à 0,5% entre le premier et le deuxième trimestre 2013.

Le chômage ? Eh bien...

Citation Michel Sapin


Citation François Hollande

Citation JM Ayrault

En réalité, le taux de chômage atteignait les 12,2% sur l'ensemble de la Zone euro en septembre 2013 -- un record. En France, il est à 11% actuellement, et il devrait augmenter encore en 2014.

(En plus, comme nous le verrons dans quelques lignes, ces chiffres officiels sont en fait faussés... et un autre indicateur montre que la situation est encore plus inquiétante. Nous y reviendrons).

Et on veut nous faire croire à la croissance et à la sortie de crise ?  

Citation Christine Lagarde vert

Mais il est vrai que des moutons paisibles et rassurés sont plus faciles à tondre...

La vérité, c'est que les banquiers centraux ont rajouté de la dette à la dette... ils ont manipulé à la baisse les taux d'intérêt... ils ont créé des tombereaux de fausse monnaie... Et tout cela pour nous leurrer.

Car c'est cela, la manipulation des banques centrales. Faire croire que :

- l'augmentation de la dette publique est la croissance de l'activité économique.
- les mauvaises créances sont vraiment de l'argent.
- les banques sont solvables.
- les gouvernements sont solvables.

Et pour cela, elles ont recours à des formes de manipulation aussi perverses que néfastes.

La BCE a par exemple fixé depuis des années un taux directeur très faible pour faire croire que le risque n'existe pas et flouer les épargnants.

Ici, permettez-moi quelques explications de fond mais importantes pour comprendre comment on essaie de vous faire prendre des vessies pour des lanternes... et ainsi ne plus être la dupe du système.

Vous avez sans doute entendu parler du taux directeur -- ou taux de refinancement. C'est le taux auquel les banques peuvent emprunter de l'argent auprès de leur banque centrale pour une durée courte (une semaine).

Dans le cas de la BCE, ce taux est passé de 4,25% en 2008 à 0,50% actuellement.

Or la finance fonctionne sur le principe "risque/rendement". Plus le risque est élevé, plus le rendement (le taux) monte. Normal : le prêteur veut être récompensé de sa prise de risque. Sur un marché libre, les taux tendent à grimper lorsque les risques augmentent, ce qui permet une régulation naturelle du crédit.

Sauf que nous avons actuellement des taux bas en Zone euro... et une situation économique et financière tout aussi fragile et hasardeuse qu'en 2009.

Baisser les taux lorsque la situation est en réalité dangereuse revient à manipuler le marché.

Car tout se fixe en fonction du taux directeur qui constitue le plancher. Les prêts des banques entre elles, les obligations émises par les gouvernements, celles émises par les entreprises, les prêts aux entreprises, les prêts aux particuliers tant pour l'immobilier que pour la consommation. Tout.

Des taux artificiellement bas favorisent les emprunteurs mais flouent les prêteurs -- c'est-à-dire les épargnants qui prêtent de l'argent qu'ils ont vraiment gagné : vous.

Résultat : vous avez une rémunération plus faible que celle que vous devriez avoir compte tenu du risque réel que vous prenez.

Et comme si cela ne suffisait pas, la BCE a également prêté de l'argent qu'elle a créé de toutes pièces.

Là encore, la manipulation est masquée dans un brouillard de termes techniques et de déclarations ambiguës -- pour mieux faire passer des manœuvres pas très nettes. Voici en quelques mots ce qui se passe :

Depuis la crise de 2008, les banques rechignent à se prêter entre elles, étant bien conscientes du véritable état de leurs bilans respectifs !

Le système étant donc menacé de paralysie, la BCE est intervenue. Elle a mis en place les fameux LTRO -- ce qui signifie "opérations de refinancement à long terme", en français financier... et "achat de créances pourries à l'aide d'argent créé à partir de rien", en français normal.

Dans le cadre des LTRO, en effet, la BCE crée de l'argent en acceptant en gage des créances pourries apportées par les banques commerciales à qui elle prête.

Fin 2011 et début 2012, la BCE a ainsi donné plus de 1 000 milliards d'euros aux banques commerciales pour faire croire que tout allait bien dans la finance. Depuis, les banques auraient réussi à rembourser 275 milliards d'euros selon la presse financière.

Mais en septembre dernier, Mario Draghi indiquait que les banques centrales ont remboursé "une grande partie" des deux premiers LTRO. Il se félicitait aussi :

Citation Mario Draghi

Visiblement, nous n'avons pas les mêmes notions d'arithmétique que M. Draghi. Selon nous, une grande partie de 1 000 milliards d'euros, ce serait plus de 500 milliards... Mais sans doute les banques ne sont-elles pas sujettes aux mêmes lois mathématiques que nous autres communs des mortels.

Il n'en reste pas moins deux questions intéressantes. Avec toutes ces bonnes nouvelles...

... Pourquoi les LTRO sont-ils à nouveau à l'ordre du jour, M. Draghi n'excluant pas une troisième opération de refinancement ?...

... Et si l'on se penche un peu sur le détail des finances de la BCE, on trouve une rubrique "concours en euros à des établissements de crédit de la Zone euro liés aux opérations de politique monétaire", avec un montant de plus de 775 milliards d'euros, dont 679 milliards pour les opérations de refinancement à plus long terme.

Là encore, pourquoi de telles sommes si les banques sont capables de se débrouiller entre elles et de se faire confiance ?

La vérité est simple : les banques ont trop prêté. Faute de croissance économique, les créances deviennent de plus en plus douteuses ; pour masquer ces pertes, on maquille une crise de solvabilité (la banque devrait s'asseoir sur ses mauvaises créances, quitte à faire faillite) en crise de liquidité (la banque a simplement une fin de mois difficile à passer).

Allez, ça finira bien par s'arranger et la croissance reviendra un jour, n'est-ce pas  ? Et en attendant on continue les tripatouillages monétaires...

Ces opérations mystérieuses pour le profane sont bien des manipulations monétaires dont le but inavoué est de masquer la profonde insolvabilité de nos banques "trop grosses pour faire faillite".

Et en échange de ces bons et loyaux services, les banques continuent à avaler les créances douteuses de la Grèce, du Portugal, de l'Irlande, de l'Espagne, de l'Italie... et de la France !

Une fois encore, on joue à "je te sauve, tu me sauves... et le contribuable paiera !"

 

"Et alors ?"

Franchement, je ne vous blâmerais pas si, arrivé à ce stade, vous vous posiez cette question.

"Et alors ? En quoi est-ce que ça me concerne ? Tout ça, c'est des trafics qui n'ont rien à voir avec moi, que ces messieurs se débrouillent avec leurs milliards, de toute façon, depuis le temps qu'on nous prédit une catastrophe et qu'elle n'arrive pas"...

Le seul problème avec ce raisonnement, c'est qu'il est risqué.

Ce n'est pas parce qu'un désastre n'est pas encore arrivé qu'il n'arrivera jamais. Demandez aux responsables de la centrale atomique de Fukushima... ou aux dirigeants de l'ex-Lehman Brothers.

Et c'est aussi exactement ce que veulent les autorités. Que vous restiez sans bouger, confortablement installé dans des certitudes, "la tête dans le sable"... pendant qu'elles s'occupent de régler leurs petites affaires avec votre argent.

Ne vous y trompez pas. C'est votre épargne qui est en jeu. Votre retraite. L'avenir de votre famille. Et le niveau de vie que vous tenez sans doute pour acquis en tant que Français. Ce n'est pas une déclaration que je fais à la légère.


Regardez autour de vous : vous verrez les signes de déclin se multiplier.

  • De plus en plus d'entreprises ferment ou sont en difficulté -- y compris des noms aussi connus que La Redoute, Hédiard ou encore Alcatel. Plus de 13 100 sociétés ont été placées en redressement ou en liquidation judiciaire, ou encore en procédure de sauvegarde, au troisième trimestre 2013.
  • Au classement des pays les plus dynamiques au monde compilé par le groupe d'audit international Grant Thornton, la France a un score tout juste médiocre de 55 points sur 100... derrière les Philippines !
  • Morosité, chômage, manque d'opportunités... les Français quittent le pays. Ils ont été 35 000 à s'expatrier en 2011 (derniers chiffres connus) -- soit une hausse de 62% en un an. Il est à noter que les jeunes, la force vive d'un pays, constituent plus du tiers (37%) des émigrants...
  • La France détient en revanche un quasi-record mondial en matière de pression fiscale : avec un taux de 56,6% de prélèvements obligatoires, elle est deuxième au podium des impôts, juste après la Belgique.
     
  • Une étude de l'Institut Molinari montre que pour disposer de 100 euros de pouvoir d'achat réel, votre salaire doit être en fait de... 230 euros !

Citation Molinari

Et je pense que cela va empirer. Toujours plus d'impôts pour toujours moins de qualité de vie à mesure que les caisses de l'Etat se vident et que notre pays se sclérose.

 

Ce qui pourrait vous attendre d'ici la fin de la décennie...

Si les choses continuent sur cette voie, l'Etat français pourrait se retrouver en situation de défaut -- exactement comme la Grèce ou Chypre.

Imaginez ce qui se passerait dans ce cas : le temps de réaction pour les appels à la police ou aux pompiers deviendrait radicalement plus lent... voire s'arrêterait. La collecte des ordures se ferait non plus plusieurs fois par semaine... mais une fois par mois, et encore. L'état des routes irait en se dégradant, tout comme la sécurité dans des endroits que vous considériez sûrs.

Santé, travail, voyages, prêts bancaire... tout cela pourrait devenir un véritable parcours du combattant -- ressemblant plus à ce qu'on a l'habitude de voir dans un pays du Tiers-Monde que dans un pays occidental "développé".

Nos politiques multiplieront alors les réunions d'urgence, les déclarations d'intentions et autres "solutions" cherchant simplement à masquer le fait qu'ils sont au pied du mur.

Rappelez-vous ce que je vous disais plus haut : confrontées à la crise de 2008, les autorités ont choisi la voie de l'endettement et de la création monétaire, pourvoyeuse d'inflation.

Tout indique qu'en cas de nouveau choc, elles feront exactement la même chose. Et ces décisions prises en pleine panique pourraient détruire votre patrimoine et réduire à néant votre épargne... tout en faisant augmenter le prix de ce que vous payez au quotidien pour des choses aussi essentielles que le lait, le pain et le carburant.

Au pire, nous pourrions assister à des manifestations et des émeutes.

Inutile de vous rappeler les scènes auxquelles nous avons assisté dans les rues d'Athènes ou de Chypre en 2010 et 2013 respectivement ; il suffit de voir ce qui s'est passé lors des débats sur le mariage homosexuel, ou, encore plus récemment, autour de l'écotaxe en Bretagne, pour constater que la population française a les nerfs à fleur de peau.

Le chaos dans les rues ne sera plus une chose que vous regardez depuis votre fauteuil au journal de 20h, affectant des pays éloignés. La situation pourrait dégénérer jusqu'à amener la violence dans votre ville... votre quartier.

Tout cela peut vous sembler parfaitement incroyable pour l'instant. Mais je vous en prie, lisez ce message jusqu'au bout avant de vous décider.

J'aimerais également préciser que je n'ai pas envie que toutes ces choses se produisent. Et je n'ai pas non plus d'intérêt à jouer les oiseaux de mauvais augure. En fait, j'espère même que je me trompe sur l'issue des événements.

Mais je ne suis pas prête à faire dépendre mon avenir d'une chose aussi fragile qu'un "j'espère". Et si je vous écris aujourd'hui, c'est parce que je pense que vous êtes comme moi.

Avec quelques mesures simples, vous pourriez protéger votre famille et construire une "forteresse" autour du patrimoine pour lequel vous avez travaillé si dur.

Je vous montrerai toutes ces étapes dans un instant.

Je ne vous demanderai pas de faire une donation à un parti... de rejoindre une association... ou de signer une pétition. Nous ne sommes pas une structure politique. Nous publions des idées... des stratégies... et des techniques qui vous aideront à comprendre les grandes tendances économiques et financières et à investir en conséquence.

Je cherche simplement à vous aider à éviter les conséquences graves qui suivent souvent les virages historiques majeurs.

Vous pensez peut-être que ce que je dis semble "gros comme une maison". Mais rappelez-vous...


Il y a des années, en 2006-2007, quand mon équipe d'analystes et moi-même avons publié le simple avertissement que les marchés ne montent pas jusqu'au ciel et que la situation des subprime commençait à être dangereuse... les gens se sont simplement moqués de nous.

Vous savez déjà ce qui s'est passé en 2008. Le marché boursier s'est effondré. Le CAC 40 a été divisé par deux ou presque en un an. Durant la crise qui s'est ensuivie, des millions de personnes ont perdu leur emploi.

Lorsque nous avons commencé à conseiller à nos lecteurs d'acheter de l'or comme moyen de se protéger contre l'explosion de dette des Etats partout dans le monde et des excès d'impression monétaire, on nous a regardé bizarrement. On nous a traités de fous, de dépassés.

C'était il y a une décennie, quand l'or se vendait 253 $ l'once. Aujourd'hui, il dépasse les 1 300 $.

J'ai bien conscience que le message que vous avez sous les yeux peut être difficile à digérer, surtout en regard de ce que livrent les médias grand public au quotidien. En surface, mes accusations sont si radicales que nombre de gens essayeront de les réduire à néant en m'accusant d'avoir des motifs politiques. Ce n'est pas le cas.

Simplement, j'en ai assez d'être prise en otage par des "entités" corrompues et incompétentes, qui décident à ma place et n'ont selon moi absolument pas prouvé leur capacité à nous sortir de la crise.

Et je vais partir du principe que si vous m'avez lue jusqu'ici, c'est parce que vous êtes du même avis que moi... Alors continuons notre exploration des raisons de la crise -- et ce que vous allez découvrir pourrait bien vous choquer.

 

L'Etat est corrompu... et vous corrompt !

Citation Merkel

8 000 euros par habitant, c'est le montant moyen des prestations sociales que verse la France.

La France est le deuxième pays au monde pour ces dépenses de redistribution... alors que nous n'arrivons qu'au vingtième rang en termes de PIB par habitant.

La très grande majorité de ces prestations sont versées sans conditions de ressource. Les allocations diverses pèsent 30% du budget des ménages. Autrement dit, les électeurs sont de plus en plus financièrement dépendants de l'État.

Le secteur privé ne représente plus que 43% de l'économie française, 57% de l'activité provenant du secteur public, contrôlé par l'Etat. Pour avoir plus, il faut plus d'Etat.

C'est très clair : le système actuel rend les gens et le secteur privé de plus en plus dépendants des largesses du gouvernement.

Qu'il s'agisse de gagner des voix ou de plaire à un lobby qui saura vous renvoyer l'ascenseur... les politiques (et ce quelle que soit leur couleur politique, croyez-moi) jouent tous le même jeu. Il n'y a qu'une seule règle : choisir à qui on va donner et à qui on va prendre. Et un seul but : conserver les électeurs en situation de dépendance... afin d'augmenter son influence politique.

C'est aussi simple que ça.

Et c'est pour cette raison que je dis que l'Etat vous corrompt, vous personnellement. Chaque électeur a un intérêt financier à voter pour le système qui va lui donner le plus et lui prendre le moins.

L'Etat intervient partout, fausse les règles économiques, déforme le système financier, pèse sur les revenus et les bénéfices, oblige entreprises et individus à faire des choses qu'ils n'auraient peut-être pas décidé par eux-mêmes. Tout est brouillé.

Le summum du cynisme a été atteint le 22 décembre 1989, lorsque les élus de l'Assemblée nationale se sont auto amnistiés dans l'affaire du financement occulte du Parti socialiste. L'Assemblée législative s'est assise sur ses propres lois et a décidé que les représentants du peuple sont au-dessus de celles-ci.

Comment voulez-vous qu'un pays fonctionne sainement dans de telles conditions ?

Soyons clairs, certaines dépenses de redistribution sont ponctuellement indispensables -- voire vitales pour ceux qui les reçoivent. Une société doit faire des choix d'assistance de ses membres confrontés à de graves accidents de la vie.

Mais lorsqu'un pays champion du monde des dépenses publiques n'affiche pas des taux de pauvreté ou de chômage enviables et régresse dans le classement des pays riches... il faut se poser des questions primaires telles que "où va l'argent ?" et "à qui profite ce système ?"

Parce qu'il y a une chose à ne pas oublier : tandis que les dépenses de redistribution ont augmenté, il en est allé de même pour...

... les impôts
... la dette publique
... le taux de chômage.


Il suffit de comparer la situation de la France en 1978 à celle de 2012 pour constater la dégradation dramatique de notre pays depuis la fin des Trente glorieuses :

NB : Tous les chiffres notés * sont en euro constant, c'est-à-dire corrigé de l'érosion monétaire

 
1978
2012
Déficit en milliards d'euros
1,20
81,4
Dette en milliards d'euros
72,80
1 833,8
Part du secteur privé dans l'économie en %
56
43
Revenu disponible par habitant en euros*
14 710
20 455
Dette par habitant en euros *
4 608
28 788
Taux de chômage en %
4,4
10,2
Revenu disponible par habitant diminué de la dette en euros*
10 102
- 8 333

En un mot, la croissance française est un mythe, un leurre, un fantôme. Que de promesses de lendemains qui chantent depuis les années noires des chocs pétroliers ! 

Et qu'avons-nous récolté en fin de compte ? De l'inflation, des dévaluations, du chômage de masse, des impôts et de la dette qui va devenir bien trop lourde à porter... Car elle grossit chaque année, et nos créanciers, eux, pourraient perdre patience.

Il suffirait que les taux à long terme augmentent de quelques points pour que la France se retrouve dans des difficultés aussi aiguës que celles de la Grèce, du Portugal ou de l'Espagne.

En s'endettant sans espoir réaliste de remboursement, les gouvernements vous ont acheté de la fausse prospérité... et le plus grave, c'est qu'ils le savaient parfaitement !

Citation Jospin

Citation Fillon


Citation Sapin

Tout occupés à soudoyer les électeurs pour s'arroger le pouvoir, nos dirigeants ont choisi de ne pas lever les impôts nécessaires au financement de ces promesses. L'impôt aurait permis à chaque citoyen de prendre la mesure de leurs véritables coûts... et d'arrêter ce processus fatal.

Mais l'Etat a préféré le mensonge... et repousser les problèmes à plus tard, en endettant les générations futures, qui devront payer les engagements pris (et reniés) par des autorités irresponsables et parjures.

 

Pourquoi, en plus, vous ne pouvez pas compter
sur la presse pour vous donner les bonnes informations

Nous en sommes désormais presque arrivés à la fin de mon "réquisitoire" -- où je vous en dirai plus sur les trois mesures simples que vous pouvez prendre dès à présent pour éviter d'être la victime des mensonges et des manipulations.

Mais d'abord, j'aimerais vous montrer en quoi les médias ont leur part de responsabilité dans la situation actuelle...

Selon moi, la presse et les médias doivent représenter un "quatrième pouvoir" face aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Mais en France, ce quatrième pouvoir n'a plus guère de poids -- à part quelques organes de presse alternative.

C'est logique : comment la presse et les médias pourraient-ils dénoncer le capitalisme de connivence ou le capitalisme étatique ? Ils reçoivent des subventions !

Entre 2009 et 2011, les aides publiques directes et indirectes versées à la presse ont atteint le montant de cinq milliards d'euros. Rien que sur l'année 2013, elles se monteront à 684 millions d'euros.

Comme le dit le proverbe, "on ne mord pas la main qui vous nourrit"... que ce soit celle de l'Etat ou des annonceurs lobbyistes.

Et il n'y a pas que les organes de presse qui reçoivent de l'argent public. Les journalistes ont leur niche fiscale -- un abattement spécial dont le manque à gagner en recettes fiscales se chiffre à 60 millions par an.  

Si l'on divise ce chiffre par le nombre de journalistes en France -- 37 286 --, on obtient 1 609 euros de réduction d'impôt par journaliste.

Citation Fillon

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je ne pense pas qu'on puisse obtenir de parole vraiment critique de la part de gens ainsi subventionnés, payés, "achetés" par l'Etat lui-même.

De Valérie Trierweiler à Audrey Pulvar en passant par Béatrice Schönberg, beaucoup de journalistes ont en outre des conjoints ou compagnons appartenant au monde politique. La mode de l'union libre fait qu'il est difficile pour l'auditeur ou le lecteur de faire le rapport entre l'interviewé et l'intervieweur.

Mais ceci ne serait presque que de la nourriture pour presse people s'il n'y avait pas plus grave encore...

Souci de faire de l'audience, recherche du sensationnalisme, manque de culture économique et financière : les médias grand public semblent désormais se contenter de reprendre les propos de nos politiques sans vraiment les remettre en question.

Ils cherchent la "petite phrase" qui va faire le buzz, se lancent dans des surenchères et de la provocation... mais si l'on reprend l'exemple de la campagne présidentielle 2012, par exemple, on constate que les sujets importants comme la dette, le déficit public ou l'interventionnisme de l'Etat ont été complètement éludés.

Mais ce qui est peut-être le plus grave, c'est le rabâchage servile des grandes statistiques économiques.

PIB, chômage, consommation des ménages, inflation... on se contente de vous resservir les données officielles -- sans souci de creuser un peu plus loin, sans chercher à voir comment ces statistiques sont compilées, bref sans la moindre distance ou relativisation.

Or ce sont là des données cruciales, qui donnent un éclairage tout différent aux circonstances économiques selon la manière dont elles sont calculées.

Permettez-moi de vous donner quelques exemples...

 

Les VRAIS chiffres de l'économie française

Prenons le sacro-saint PIB, par exemple
On se congratule dans la presse de ce qu'il est prévu à +0,2% pour 2013, signant une sortie de la récession, etc.


Ce qu'on omet de préciser... c'est que le PIB tient compte aussi de l'activité de l'Etat -- y compris du déficit !

Si l'on enlève cette donnée-là -- c’est-à-dire si l'on s'en tient aux entreprises privées créant de la richesse sur notre territoire... nos calculs montrent que pour 2013, il faut plutôt s'attendre à un recul de 0,1%.

La reprise est-elle toujours aussi tangible ?

Et si on s'intéressait à l'emploi ?
Comme je vous le disais plus haut, le taux de chômage officiel est de plus de 11% à l'heure où j'écris ces lignes. C'est déjà assez catastrophique en soi.

Maintenant... faisons ce que ne fait pas la presse grand public, et regardons un peu plus loin, de l'autre côté de l'équation : le taux d'emploi, c'est-à-dire la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi la population en âge de travailler.

Contrairement au taux de chômage, cette statistique n'est pas soumise à des manipulations du genre "chômeurs catégorisés à tort comme handicapés", "incitation au renoncement lorsqu'on est un chômeur en fin de droit", etc., qui permettent de faire discrètement baisser un chiffre par trop embarrassant.

Et que nous dit le taux d'emploi français ? Eh bien... il est à 63,9%. Le calcul est vite effectué : cela fait une bien plus grande proportion de "sans emploi" que les 11% cités plus haut...

Quant à la dette publique...
Là encore, tout est question de calcul. Lorsqu'on rapporte la dette publique au PIB, la presse nous donne des chiffres aux alentours des 92%.

Mais si l'on compare -- ce qui semblerait assez logique -- la dette publique avec les recettes publiques, c'est-à-dire les entrées et les sorties, comme dans tout budget "normal", alors là... c'est bien différent.

Selon nos calculs, cette "dette fiscale" représenterait en fait 626,3% des impôts levés !

Je pourrai continuer ainsi pendant encore longtemps -- mais je ne veux pas non plus vous assommer sous les chiffres. L'essentiel est que vous compreniez qu'il ne faut pas vous contenter de ce que vous servent les médias.

Je ne dis pas que leurs informations sont fausses ou inutiles ; nos calculs aussi peuvent être discutés, bien sûr. Mais pour avoir un regard lucide sur le système actuel... il faut aller plus loin. Qu'il s'agisse de votre information personnelle, des choix que vous faites pour votre argent -- ou, en fin de compte, de votre choix de vote --, il est essentiel de pouvoir prendre vos décisions en toute connaissance de cause.

Et nous sommes là pour vous y aider.

Nous vivons principalement des abonnements de nos lecteurs -- ce sont à eux que nous devons des comptes. Nos moyens sont relativement modestes par rapport à ceux des grands groupes de presse/radio/télévision.

C'est précisément cette indépendance qui nous permet de vous apporter un éclairage différent, sans langue de bois... et dont le but est de vous enrichir, au propre comme au figuré.

Pour se sortir du pétrin dans lequel il se trouve actuellement, l'Etat français n'a que deux solutions. L'inflation, qui dissout votre épargne... ou le défaut, qui l'anéantit.

La crise que nous traversons actuellement pourrait se révéler l'une des plus graves de l'Histoire. Et nos dirigeants sont occupés à semer les germes d'une crise encore plus grave. Tout cela se produit en ce moment même.

Certes, ce n'est pas facile à accepter. Vous pouvez d'ailleurs continuer à nier les conséquences. Vous pouvez continuer à espérer que le gouvernement sera toujours là pour vous sauver la mise...

Ou vous pouvez agir maintenant pour vous protéger.

Le choix est entre vos mains.

Si vous préférez reprendre le contrôle, et agir pour la protection de votre épargne, il existe trois mesures que je vous recommande de prendre immédiatement.

Si je me trompe, si mon analyse est fausse... vous n'aurez rien perdu que le temps passé à découvrir et appliquer cette stratégie. En revanche, si tout se passe comme je le prévois, vous pourriez vous en sortir bien mieux que le reste des investisseurs.

Rien qu'en lisant ce message, vous avez déjà pris de l'avance sur des millions de Français. Contrairement à eux, vous êtes informé de la réalité de la situation.

Maintenant, en prenant ces trois mesures simples sans attendre, vous pourriez être en route pour la sécurité... alors que le désastre s'abat sur notre pays.

Ces trois mesures, je les détaille dans un rapport exclusif, que j'ai intitulé La France va faire faillite : comment mettre votre patrimoine à l'abri.

Ce rapport m'a demandé, à moi et à mon équipe, de très longues heures de travail. Mais il me semblait essentiel de vous donner des armes qui vous aideront à surmonter les très graves difficultés qui nous attendent.

A commencer par mon...

 

SECRET N°1 :
Votre antidote contre le mensonge de la fiabilité
des obligations souveraines françaises

Les obligations françaises pourraient bientôt n'avoir pas plus de valeur que le papier sur lequel elles sont imprimées. La faillite et l'inflation mettront à mal les titres du Trésor français... et l'euro dans lequel ils sont libellés.

Si vous avez des obligations françaises dans votre patrimoine, je n'aurais qu'un conseil : débarrassez-vous-en. Sans attendre. Et concentrez-vous sur une autre catégorie de titres, qui pourraient profiter de ce terrible engrenage : les obligations de pays émergents.

C'est simple : si la faillite de la France et la dévalorisation, voire le délitement, de l'euro se produisent... les monnaies des économies émergentes se valoriseront. C'est mécanique. Ces pays ont déjà pris des mesures pour lutter contre l'inflation, et les taux d'intérêt y sont déjà plus élevés : deux facteurs de profit potentiel sont ainsi à portée de main... tout en vous permettant de "sortir" votre argent des marchés développés -- qui sont désormais plus dangereux que les marchés émergents.

Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'aller risquer votre argent dans des pays dangereux, sur des marchés difficiles et illiquides. Non... j'ai soigneusement sélectionné pour vous un placement unique, que vous pouvez acheter en toute simplicité et en toute sécurité depuis la France.

Ce titre vous permettra -- en une seule position -- de profiter du potentiel d'un pays émergent soigneusement sélectionné pour sa solidité. L'objectif de cette stratégie est de vous permettre d'avoir en fond de portefeuille un titre qui évoluera et mûrira au fil des ans, en même temps que ce pays en plein développement.

Réfléchissez-y : je vous propose d'échanger les titres de pays en pleine crise, dont la monnaie ne tient plus qu'à un fil, contre un investissement simple dans une zone géographique vigoureuse, en pleine croissance... et qui a tout l'avenir devant elle.

Et ce n'est pas tout. Permettez-moi de vous présenter la deuxième étape de ma stratégie de survie financière...

 

SECRET N°2 :
Ayez de l'or, du physique, du vrai,
c'est également indispensable

Une telle recommandation peut paraître surprenante. Après tout, l'or a subi un gros revers courant avril 2013, passant sous les 1 500 $ l'once.

Mais il ne faut pas perdre de vue le contexte plus large. Au plus fort de la crise du crédit subprime, les autorités voulaient de l'inflation, voulaient que leur monnaie soit faible face au dollar, lui-même faible. Les autorités ont donc imprimé beaucoup de papier monnaie sans aucune contrepartie.

Le papier s'est multiplié, mais pas la richesse. Et l'énorme cohorte des chômeurs met les prix des biens et services sous le boisseau.

Un rapport de l'Organisation internationale du travail daté d'avril 2012 soulignait la gravité de la situation de l'emploi dans le monde. "202 millions de personnes seront au chômage cette année, six millions de plus que l'an passé", selon l'OIT.

Les autorités voulaient de l'inflation. Elles ne l'ont pas obtenue. L'argent imprimé est resté bloqué dans le circuit financier. Jusqu'à quand ?

L'argent imprimé est une malhonnêteté. Il donne du pouvoir d'achat sans contrepartie de travail. Pour un individu, cela s'appelle être un faux monnayeur et c'est l'un des crimes que les Etats considèrent comme le plus grave, juste derrière l'homicide. Pour un Etat, en revanche, cela s'appelle des "mesures non conventionnelles", du quantitative easing, du twist, de la création monétaire. Mais le résultat est le même : c'est de l'argent obtenu sans recettes fiscales, sans pression fiscale.

Comme le dit Dylan Grice, économiste de la Société Générale, dans une note intitulée Un marché honnête : 10 000 $ l'once d'or est-elle une juste évaluation ? (The market for honesty : is $10 000 gold fair value?) :

"Laissez-moi vous expliquer pourquoi j'estime qu'imprimer de la monnaie est un comportement fondamentalement malhonnête. Imaginez la manière dont cela fonctionne. Quand la Banque centrale accroît la masse monétaire de 1% pour un coût nul, où cet argent va-t-il ? Réponse : sur le marché des obligations gouvernementales. Puisque imprimer de l'argent pour acheter des obligations souveraines ne coûte rien, les recettes du gouvernement sont obtenues gratuitement. Bien sûr, les autorités achètent ces obligations sur le marché secondaire plutôt que directement auprès du gouvernement et on simule une transaction entre le gouvernement et sa banque centrale. Toutes les parties revendiquent une séparation entre la politique monétaire et la politique fiscale. Mais c'est seulement un simulacre. En émettant des obligations qu'il se revend, le gouvernement paraît avoir miraculeusement augmenté ses recettes sans avoir débité quiconque. [...] Cependant, l'argent gratuit n'existe pas et ne peut exister. Quelqu'un, quelque part, doit payer. Mais qui ? C'est là où la malhonnêteté devient subtile car la réponse est que personne ne sait".    

.../...    

Pour la suite, voir la Stratégie de Simone Wapler   

La Stratégie de Simone Wapler est publiée par les Publications Agora France,une société à responsabilité limitée de presse au capital de 42 944,88 euros, inscrite au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris sous le numéro 399 671 809, dont le siège social est 8, rue de la Michodière – CS 50299 - 75081 Paris Cedex 02, numéro de TVA intracommunautaire FR 88399671809.    

© 2013 Publications Agora France

   

 

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 13:54

Stéphane HESSEL, Edgar MORIN - Le chemin de l'espérance

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:00

"Le mystère d'amour du Jeudi Saint rend forts ceux qui étaient faibles, audacieux les lâches, nobles les êtres vils, miséricordieux les implacables"

(François Mauriac)

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 10:45

Il y a quelque chose d'étonnant dans l'état actuel du débat sur la situation économique. Chacun admet qu'il y a crise. Le débat porte sur le fait de savoir si on a "touché le fond" et s'organise autour de la date probable d'une éventuelle reprise, à l'automne ou en 2010. Après tout, pourquoi pas ? L'étonnant est le contenu : on nous présente des confrontations de pronostics d'experts sur les périodes, mais quasiment pas d'informations factuelles permettant de se faire une idée sur le fait de savoir si on est oui ou non en train de sortir de la crise.
Ce constat comporte quelques exceptions pour le champ de la finance et de la banque. Les faits sont patents : les banques dominantes se sont à peu près rétablies, on ne craint plus de faillite majeure dans ce secteur, la transmission de la banqueroute par contagion paraît, de l'avis général, arrêtée. La confiance interbancaire est donc en voie de rétablissement lent, ce qui est naturellement une des conditions de la reprise.
L'accord semble lui aussi acquis sur la raison majeure de ce résultat positif. Les puissances publiques, contrairement à la crise de 1929-1932 où leur sottise cumulative avait tout aggravé, ont là agi avec rapidité, convergence intellectuelle et considérable puissance. Si le contribuable ne paiera pas tout de cet effort, c'est tout de même lui qui, dans son infinie bienveillance, a fourni la garantie et assumera finalement une part significative de la charge. Il n'est pas apparent que cette issue pose à la profession bancaire un problème éthique considérable.
L'impression de fin des tensions et de redémarrage partiel de l'activité est si claire dans ce secteur que la profession bancaire, un peu partout, a entrepris d'actives campagnes pour éviter les contrôles envisagés, et conserver la possibilité de verser à ses dirigeants et à ses traders des rémunérations extravagantes. L'étrange atmosphère de sortie de crise, entretenue conjointement par les gouvernements, les banquiers et la presse, contribue grandement à minimiser l'importance des problèmes.
Ainsi la City a contribué à une offensive, ces semaines récentes, pour déstabiliser Gordon Brown, le premier ministre britannique, coupable de vouloir un peu trop nettement mettre de l'ordre dans le système. Et le président américain Barack Obama est visiblement aux prises avec ses banquiers et ses sénateurs sur le même sujet. Le débat est moins véhément en France et en Allemagne, mais il est de même nature.
La précarisation du travail

Il semble qu'au total on s'oriente vers une – légère ? – mise à distance des paradis fiscaux, vers des discours symboliques sur les rémunérations, et vers le statu quo, le maintien de l'existant en ce qui concerne les produits dérivés. Si c'est finalement le cas, on aura maintenu le système en préservant aussi ses lourds facteurs d'instabilité.
Le détonateur financier pourra sauter une nouvelle fois dans quelques années. Après tout, cela fait quelque vingt ans que le monde connaît une crise financière grave à peu près tous les cinq ans… De là à essayer de réduire le volume insensé de l'activité financière par rapport à celui de la production, de là à essayer d'entraver la cupidité collective qui a fait dériver l'essentiel de cette profession vers l'immoralité, il y a un pas que l'on se garde bien de franchir. Et on recommence.
Mais il n'est pas sûr que le plus grave soit là. Les économies développées sont à peu près toutes en récession en ce moment. Plus qu'une récession, qui peut être brève, c'est la situation du chômage qui justifie l'emploi généralisé du mot crise. Or dans ce domaine, les rythmes actuels d'augmentation du chômage sont effrayants – la France s'attend à repasser au-dessus des 10 % d'ici à un an, les Etats-Unis au-dessus de 8 % soit un quasi-doublement en trois ans – et les perspectives fort inquiétantes.

Et pourtant sur ce front, celui de l'affaiblissement de la consommation, l'élément majeur est moins le chômage que la précarisation du travail. A cet égard, toutes les économies développées atteignent depuis plus d'une quinzaine d'années des pourcentages de travailleurs précaires compris entre 15 % et 20 %. Les précaires consomment aussi peu qu'ils le peuvent. Partout, la crise récente a encore aggravé leur nombre.
Mais curieusement, statisticiens officiels et gouvernements sont fort discrets sur ce point. On suit mal la variation. Chacun sait cependant qu'aujourd'hui, en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, plus du quart de la population est soit en situation précaire, soit au chômage, soit pauvre. Un quart : 70 millions de personnes pour l'Europe, 40 à 50 pour les Etats-Unis, sans doute une trentaine pour le Japon, c'est évidemment massif pour le dynamisme de la consommation.

De fait, en une trentaine d'années, donc lentement, la part des salaires et des revenus de protection sociale dans les PIB respectifs a diminué d'entre 7 % à 10 %. Cet indicateur est contesté à cause de la faible lisibilité de la période de référence et des différences de mode de calcul ici ou là. Reste que la masse des chômeurs, des précaires et des pauvres est repérée, et qu'elle rend compte d'un sérieux tassement de la vitesse de croissance de la consommation.

On comprend mieux ainsi que, si le capitalisme développé a connu dans toute la triade (Amérique du Nord, Union européenne et Japon) une croissance moyenne de 4,5 % à 5 % l'an entre 1945 et 1970, il s'échine aujourd'hui (avant la crise) à essayer de retrouver 2,5 % à 3 % de croissance sans vraiment y parvenir.

Dans la mesure où l'indicateur de crise est le marché du travail, la crise, c'est d'abord cela. Cette situation rend compte de ce que le détonateur financier (hausse de prix des matières premières liées aux produits dérivés, puis subprimes, puis titrisations en partie frauduleuses, et chaîne de faillites) ait frappé des économies anémiées, donc sans résilience. De cette situation, personne ne parle et personne n'émet l'intention d'y porter remède. Or le fond de la crise est là.

En sortir n'est pas facile. Relancer exclusivement la consommation n'a guère de sens : on importerait davantage, notamment de Chine et d'Inde. C'est par l'investissement que le cycle vertueux doit être réamorcé, et surtout par l'investissement dans les énergies renouvelables, les techniques et produits bio. C'est ce démarrage qui pourra ensuite entraîner pouvoir d'achat et consommation vers la hausse.
Or l'investissement dans l'industrie, les services, et même l'agriculture et l'agroalimentaire, est gravement entravé pour deux raisons. Primo, toutes les entreprises importantes du monde développé ont vu en un ou deux ans leurs actifs financiers au bilan perdre une bonne moitié de leur valeur; le resserrement des fonds propres aux bilans étrangle évidemment les possibilités d'investissement. Secundo, le redressement relatif et précaire du monde bancaire s'accompagne tout aussi évidemment d'un resserrement draconien des conditions de crédit. On s'oblige à ne prêter qu'avec plus de prudence.

Il y a du souci à se faire

Une "reprise économique" n'est donc guère probable à court-moyen terme. Les facteurs en sont absents. La sortie de crise suppose, après le redémarrage par l'investissement, de retrouver un mécanisme liant les salaires aux gains de productivité.
Dans ces conditions le pronostic devient celui d'une stabilisation entre 5 % et 10 % en dessous du niveau de production atteint précédemment, puis d'une croissance à peu près nulle ou extrêmement lente pour les trois ou quatre prochaines années.

Cela veut dire mise à mal de la cohésion sociale, fragilité des gouvernements, montée du populisme. Si le détonateur financier – puisqu'on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre – réexplose dans peu d'années, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées.

Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m'en cacher. En trente ans, c'est une révolution intracapitaliste qui s'est faite, et pour le pire. Le motif de ce changement majeur est tout simple : dans le monde bancaire, c'est une avidité démesurée, une orientation viscérale vers la recherche de la fortune, qui explique aussi bien l'extension vertigineuse des produits dérivés que les invraisemblables niveaux de rémunération, comme la tendance évidente à la tricherie et à l'immoralité à l'œuvre dans les subprimes et les titrisations de créances douteuses.

Dans l'économie réelle, c'est le durcissement de la pression actionnariale, quasi absente jusqu'en 1980, ensuite organisée par les fonds de pension, d'investissement ou d'arbitrage, puis renforcée par la prise de pouvoir ou la constitution de minorités de blocage par tous ces fonds dans toutes les entreprises contemporaines ou presque. On veut du gain en capital, quitte à broyer les logiques d'entreprise. Chacun se souvient de la folle référence aux 15 % de rendement financier exigés un temps par les fonds.

Le diagnostic est limpide : les classes moyennes supérieures des pays développés sont en train de renoncer à l'espoir d'arriver à l'aisance par le travail au profit de l'espoir de réaliser des gains en capital rapides et massifs, bref de faire fortune. Ce comportement sociologique est incompatible avec le bon fonctionnement et surtout la stabilité du système.

La social-démocratie internationale explique depuis un demi-siècle que les marchés ne sont pas auto-équilibrants, qu'il faut réguler économie et finance, et lutter fiscalement contre les inégalités. Les faits, et cette crise, lui donnent tragiquement raison. Elle vient pourtant de perdre partout les élections européennes, et cela massivement.

En votant partout conservateur, pour les forces qui nous ont amenés à la crise, les électeurs ont montré leur attachement au modèle du capitalisme financiarisé. L'espoir du gain boursier, de la fortune est devenu trop prégnant. Le résultat ne laisse guère espérer un traitement politique sérieux de l'anémie économique actuelle. Combien faudra-t-il de crises pour convaincre les peuples ? En tout cas, le mécanisme de leur répétition paraît enclenché.

 
(Article paru dans l'édition du quotidien Le Monde du 07.07.09.)
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/06/m-rocard-les-europeens-ont-vote-pour-que-la-crise-continue_1215577_3232_1.html

 

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 09:21

  

« Je suis convaincu que l'avenir appartient à la non violence, à la conciliation des cultures différentes. C'est par cette voie que l'humanité devra franchir sa prochaine étape. »
Stéphane Hessel

« Je suis convaincu que l'avenir appartient à la non violence, à la conciliation des cultures différentes. C'est par cette voie que l'humanité devra franchir sa prochaine étape. »

(Stéphane Hessel)

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 08:59

"Prenez garde à celui qui se couvre du manteau de la vertu et qui, par ce moyen, trompe et trouble l'univers" (Tchouang-Tseu)

" Der Staat ist für die Menschen und nicht die Menschen für den Staat." (Albert Einstein)

Ce qui se traduit par : L'Etat est là pour les (au service des) gens et non le contraire !

 

Les citoyens européens ne peuvent être considérés comme portion congrue face à cette situation polémogène !

Or, en pareille matière comme dans d'autres, la manipulation de l'information n'est pas l'apanage des seuls dictatures et régimes autocratiques ou communistes !

En examinant le comportement des médias et des personnels politiques, Noam Chomsky a dénombré 10 stratégies de manipulations pour contrôler le peuple : https://whyweprotest.net/community/threads/les-10-strat%C3%A9gies-de-manipulation-des-masses-par-n-chomsky.108569/

Les dirigeants politiques et les diplomaties européens ne disposent pas d'une légimité suffisante pour statuer en leur nom en pareille matière !

En France, alors que les enjeux de la crise ukraino-russe et les réactions et décisions qui s'y rapportent ne relèvent ni uniquement de la défense nationale, ni uniquement de la diplomatie stricto sensu, et alors même que la constitution de la Vème République ne contient aucune disposition relative à la sécurité nationale, ni les uns ni les autres ne peuvent engager la Nation, sans contrôle politique et démocratique authentique, dans un processus dont tout le monde comprend qu'il leur échappe chaque jour un peu plus, au point de faire craindre des surenchères injustifiables et inacceptables pour servir une stratégie qui n'a pas reçu de consensus national !

En Europe, les positions à l'emporte-pièce, sans mesures d'impact préalables, semblent le résultat de processus orphelins de toute véritable analyse stratégique (cf. à cet égard, notamment http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/les-institutions-europeennes-disposent-de-la-vision-strateggique-et-des-competences-juridiques-geopolitiques-et-techniques-suffisant ou encore http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/entre-presque-rien-et-11-milliards-d-euros-il-y-avait-largement-de-la-place-pour-la-raison-tel-n-a-pas-ete-le-cas-au-sein-de-la-comm )

L'heure est au sursaut démocratique, ne serait-ce que pour que la Nation reste pleinement souveraine des décisions qui mettent en péril sa sécurité et sa stabilité face à l'inconnu, et encore plus face à l'inacceptable !

Souvenons-nous de l'attitude épouvantable des dirigeants un peu partout sur le continent européen en 1914 comme de celle de la Gauche française face à la violence, aux conflits et aux crimes au cours de l'Histoire (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-de-l-attitude-de-la-gauche-face-a-la-violence-au-cours-du-xxeme-siecle-111471469.html )

Il appartient plus que jamais aux représentants démocratiques de la nation de débattre de la position de la nation face aux risques d'aggravation de cette situation !

Voir également sur le blog du député européen Jean-Luc Mélenchon 

Que fait la flotte française en mer Noire ? - Communiqué 

Lire ce communiqué sur mon blog : http://bit.ly/1isRfbv

#France #USA #Ukraine #Russie

Que fait la flotte française en mer Noire ? - Communiqué

Lire ce communiqué sur mon blog : http://bit.ly/1isRfbv

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 08:19
Les tribulations philosophiques et politiques de l’intérêt général (1755-2013)

 

Y a-t-il encore un sens à parler d’intérêt général dans des sociétés complexes et éclatées en une multiplicité parcellaire de réseaux? L’intérêt général est-il mort ou à réinventer? Durant deux jours, philosophes et historiens abordent ces questions lors d’un colloque à Grenoble.

Télécharger le programme complet (pdf - 266,77 ko)

 

 

L’intérêt général peut apparaître comme un concept essentiel du républicanisme français, d’abord parce qu’à travers la notion juridique de «volonté générale», il fait partie intégrante de l’univers du droit public, mais aussi, plus simplement, parce qu’il a la chose publique ou la chose commune comme objet. On pourrait évidemment trouver les traces d’un intérêt commun dans beaucoup d’autres traditions, apparemment hétérogènes, par exemple chez les libéraux écossais. Cela n’est pas sans poser la question de l’éventuelle spécificité d’un intérêt général par rapport aux autres formes de l’intérêt commun, de sa réductibilité ou non à la somme des intérêts particuliers.

La notion d'intérêt général a cependant fait l'objet de critiques, au-delà de la sphère d'influence libérale, et particulièrement dans la tradition marxiste, bien qu'il n'est pas exclu que l'intérêt du prolétariat, comme classe universelle, puisse y tenir lieu d’idéal pour une société ordonnée autour de ce qui prendrait, là encore, la forme d’un intérêt ou d’un bien commun.

L’existence en France d’une pensée de l’Etat comme garant de l’intérêt général, l’importance des services publics et de l’imposition que beaucoup critiquent et considèrent comme une originalité française à promouvoir ou à bannir, semblent plaider dans le sens d’une spécificité voire d’une exceptionnalité française issue, sans doute, de la radicalité révolutionnaire, d’une histoire spécifique des mouvements ouvriers et, plus généralement, du socialisme. Ce colloque, soutenu par la Fondation Jean-Jaurès, reviendra sur l’ensemble de ces questions.

Ce colloque est organisé par le groupe de recherche Philosophie, langages et cognition de l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble, avec le soutien de la Fondation Jean-Jaurès, du centre de philosophie politique et juridique de l’université de Cergy-Pontoise, de la Ville de Grenoble et de la communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole.

 

Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

Voir également à ce sujet : De l'intérêt général

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:33

Il faut être bien sage ou bien borné, pour ne jamais rien changer à ses pensées

(Proverbe chinois)

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:07

Ayant eu l'honneur, le privilège et la très grand plaisir d'avoir exercé comme responsable français d'un important projet de coopération franco-marocaine de formation scientifique et technique à l'EMI il y a une vingtaine d'années, je souhaite faire connaître cette très grande école d'ingénieurs marocaine, qui a été la première en Afrique !

Mot du directeur :

L’EMI fut créée en 1959 par Feu Sa majesté Mohamed V qui, en grand roi visionnaire, a voulu, très vite, 3 ans seulement après l’indépendance, doter le Maroc d ‘une école d’ingénieurs de haut niveau afin de fournir au tissu économique marocain naissant des cadres techniques capables d’en conduire le développement.

Depuis la sortie de sa première promotion en 1964, l’Ecole a produit, jusqu'en 2012, près de 7 400 ingénieurs essaimés sur toute la mosaique de l’économie marocaine y jouant un rôle déterminant  et y occupant de hauts postes de management. Ces ingénieurs ont su, au fil des années, à coups de réalisations et grâce à leur indéniable compétence imposer le label qualité EMI face sur la scène de la formation d'ingénieur sur les plans national et international. Il est important de souligner que grâce à son corps enseignants étoffé et de haut niveau scientifique et technique et aussi grâce à ses étudiants brillants, l’EMI a innové et joué le rôle de locomotive du système de l’enseignement supérieur marocain particulièrement dans son pan scientifique et technique.

L’EMI, école de référence, soucieuse, comme elle l'a toujours été depuis sa création, d’accompagner voire d’anticiper le développement économique du Maroc, s’est engagée depuis 2007 avec détermination et abnégation dans le grand effort national en relevant, avec un succès indéniable, trois grands défis:

  • L'augmentation des effectifs des élèves ingénieurs: en portant le nombre de lauréats à près de 500 par an.
  • Réforme de la formation d’ingénieur: en développant fortement la dimension de formation en management et  communication tout en gardant forte la dimension scientifique et technique qui a fait la renommée de l'Ecole. La formation par projets a été renforcée aussi afin de doter les élèves de l'EMI de capacités d'autoapprentissage donc de mobilité et d'adaptation en plus d'aptitudes de travail en groupe.
  • La restructuration de la recherche: l'Ecole dispose d'un centre des Etudes Doctorales composé de 29 équipes et 8 laboratoires dans le quel oeuvrent, avec une bonne productivité, plus de 500 doctorants sur différentes thématiques de l'ingénierie.

Force est de constater qu’en relevant les défis, l’EMI s’est engagée résolument dans une spirale vertueuse. La formation d’ingénieurs s’améliore et se diversifie pour mieux répondre aux besoins du milieu socioéconomique. La Recherche se restructure et se place dans une nouvelle dynamique très performante en matière de production scientifique et technique. Les activités scientifiques et culturelles se multiplient sans cesse consacrant le rayonnement toujours fort de l’Ecole et le grand dynamisme de ses différentes composantes. Plus de 30 clubs des élèves s'impliquent avec entoussiasme, professionnalisme et créativité dans différentes activités sociales, scientifique, culturelles et spotives. L’ouverture sur le milieu socioéconomique s’accroît et se présente sous un spectre large et diversifié particulièrement par les cycles de formation continue. L’EMI renforce ainsi davantage son statut d’Ecole-Référence locomotive du développement du secteur de la formation d’ingénieurs et symbole du Label Maroc dans le domaine de l’ingénierie.

 
Pour en savoir plus : http://www.emi.ac.ma/ 
 
Voir également : http://www.enssup.gov.ma/index.php/textes-juridiques-/regimes-des-etudes/268-emi
 
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:24

Comme l'écrit si justement le professeur Jean Louis Quermonne dans son ouvrage intitulé "Vers une fédération d'Etats-nations" (http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=SCPO_QUERM_2008_01_0211) : "Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les représentants des mouvements d’opinion qui se réunirent en congrès à La Haye aux côtés d’hommes politiques, sous la présidence de Winston Churchill, étaient pour la plupart d’opinion fédéraliste. Et ils se recommandaient d’intellectuels proches de la résistance au nazisme, tels que Denis de Rougemont, Alexandre Marc et Altiero Spinelli ..."

Pour autant, comme le souligne le professeur Quermonne dans son ouvrage, cet engagement des 'Pères fondateurs' en faveur d'une construction fédérale de ce qui est finalement devenue l'Union européenne s'inscrivait dans un projet économique et stratégique appelant à la constitution d'un tryptique "occidental" englobant, les Etats-Unis d'Amérique, le Commonwealth et des Etats-Unis d'Europe ! (voir également à cet égard Chronologie de la construction européenne de 1945 à 2006

Et c'est bien là que se situe le véritable enjeu géo-politico-stratégique en même temps que démocratique du projet européen !    

Alors que l'on assiste à une euro-atlantisation accrue des processus de décision de l'Union européenne, aucun parti politique appartenant aux principaux groupes politiques du Parlement européen, à l'exception de quelques rares élus isolés (cf. par exemple ) n'appellent à un vaste débat démocratique sur cette orientation qui soulève de nombreuses questions (voir en particulier une fois encore le professeur Quermonne dans Les trois principaux défis qui se présentent à l'Union européenne pour qu'elle devienne une authentique Union politique, selon Jean-Louis Quermonne ; Pervenche Berès : le Partenariat transatlantique est une machine de guerre contre le modèle social européen (Euractiv.fr)) ainsi que "Marché intérieur transatlantique"- CCE Internationa décembre 2013 - le dangereux mirage du "transatlantisme" commercial, par Pierre Defraigne) 

Il est temps de sortir de la politique européenne de la période au cours de laquelle la Communauté européenne, à la suite de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), poursuivait les objectifs du plan Marshall !

La mise en oeuvre de ce plan est terminée ! Le mur de Berlin est tombé, entrainant avec lui le Pacte de Varsovie et l'URSS, puis la réunification de l'Allemagne ! La globalisation financière et la technologisation de l'économie et de la culture ont pris le pas sur la régulation publique des Etats ! Le monde fait face à des défis globaux sans commune mesure avec ceux du passé, mis à part les guerres mondiales du XXème siècle !

On ne peut pas en même temps affirmer que l'on veut approfondir l'Union politique et appeler à élire des représentants de partis politiques qui s'accommodent et s'accommoderont encore longtemps d'un statu quo qui privilégie l'entretien des ambiguités 'non constructives ' quant aux objectifs géopolitiques et géostratégiques du projet politique européen en même temps qu'il favorise avant tout la réalisation des objectifs et intérêts nationaux des moins disants et autres eurosceptiques qui veulent remettre en cause l'objectif d'une union sans cesse plus étroite, ou, a contrario, qui agissent pour que l'approfondissement politique européen ne se fasse pas dans le sens d'une plus grande recherche d'émancipation par rapport aux Etats-Unis (cf. à cet égard ; Union politique : la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen développe une vision qui mérite d'en débattre démocratiquement ! notamment ainsi que  06JAN12 SUSTAINING US GLOBAL LEADERSHIP. PRIORITIES FOR 21S 06JAN12 SUSTAINING US GLOBAL LEADERSHIP. PRIORITIES FOR 21S) !

Il existe des projets géo-politico-stratégiques alternatifs qui tiennent mieux compte de la réalité des enjeux (objectifs, intérêts, visions) et des comportements stratégiques des partenaires de l'Union européenne dans un monde exposé à des défis globaux dont le traitement ne peut se faire au détriment du pole continental européen !

Les partis politiques qui présenteront des listes lors des prochaines élections européens de mai 2014 doivent absolument clarifier leur position à cet égard, autrement que par des formules attrape-tout !

Tout le monde convoque 'le projet politique européen' sans jamais en donner les véritables enjeux et objectifs ! Quelle promesse démocratique est-il censé porter ? La pauvreté, le chômage, la désespérance, l'enrichissement des plus riches, l'injustice sociale, l'insécurité alimentaire et sanitaire,, une démocratie factice, des valeurs et des principes que l'on piétine impunément ?  Ou un projet progressiste qui conjuge une démocratie véritable où les citoyens sont acteurs autant que les institutions, un libéralisme éclairé, une vision partagée d'un progrès pour tous et une justice équitable !

Avant même de débattre de celui-ci, les institutions européennes poursuivent leur fuite en avant dans un élargissement dont on ne voit pas les limites et dans l'établissement de partenariats des plus structurants sans avoir pris soin de définir et de se donner les moyens de réaliser, de promouvoir et de sauvegarder ses objectifs et intérêts les plus essentiels (notamment stratégiques) !

Autiste ! Sourde ! Aveugle ! Irréfléchie ! Aliénée ! Abandonnée à des objectifs et intérêts étrangers à tout projet politique durable et partageable à la fois par la majorité de ses propres citoyens et par celle de ses grands partenaires internationaux (cf. Retour sur images : Transatlantisme et principe de réalité, par André Dumoulin (La Libre Belgique - 2003) )!

Autant de qualificatifs qui peuvent être utilisés à loisir s'agissant de la posture diplomatique et stratégique actuelle d'une Union européenne qui, alors que son impuissance a été manifestement organisée autant par les capitales de ses Etats membres que par des protagonistes internes à ses propres institutions en capacité de lui faire dire et faire tout et son contraire, provoque, joue avec le feu, se comporte en enfant gâté insolent, donne des leçons sans se les appliquer à elle-même !

Et ce alors même que, bien que n'ayant toutours pas défini - de manière consensuelle tout au moins - ni ses véritables objectifs stratégiques (cf. De l'épineuse question des objectifs stratégiques de l'Union européenne), ni ses propres intérêts stratégiques (cf. Existe-t-il un intérêt stratégique européen ?), ni même ce que devraient être ses propres limites géostratégiques à terme, elle poursuit sa fuite en avant dans des accords de partenariat, des stratégies d'élargissement et de voisinage des plus fantasques ! 

Bien sûr, comme en toute chose, il ne s'agit pas de jeter une opprobre froide :

  - ni sur les politiques internes de l'Union bien que l'absence d'anticipation et de filets de protection contre les crises systémiques que nous venons de traverser laisse à penser qu'aucune véritable analyse stratégique n'avait été entrprise dans les registres si stratégiques de l'économie et de la finance,

  - ni sur ses politiques externes, lesquelles ne sont pas à jeter systématiquement dans les poubelles dramatiques de l'Histoire !

Certains textes donnent parfois l'impression qu'il se passe ou pourrait parfois se passer des choses importantes dans ce champ crucial de la vie quotidienne des institutions européennes (cf. par exemple, récemment Council conclusions on Common Security (Brussels, 25 November 2013 ) ou encore les articles de la rubrique de ce blog intitulée : Regards sur la gestion de la crise par l'UE )

Son rôle central dans la gestion du dossier iranien suffit à témoigner de son efficacité sur l'échiquier international lorsque non seulement la volonté politique est réellement présente et partagée par les diplomaties nationales européennes, et que, simultanément, aucun intérêt et/ou objectif national vient en opposition avec les intérêts et objectifs poursuivis par l'Union !    

Mais enfin, lorsque l'on s'aventure à émettre des positions aussi catégoriques et à l'égard des grandes puissances (cf. notamment Les idées de Catherine Ashton sur les ‘partenariats stratégiques’ avec la Chine, la Russie et les Etats-Unis - première partie - ainsi que Les idées de Catherine Ashton sur les ‘partenariats stratégiques’ avec la Chine, la Russie et les Etats-Unis - seconde partie -), à l'égard du Proche Orient (cf. notamment Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons ! - nouvelle édition ) ou de la Turquie (cf. Le long chemin de l'adhésion turque à l'Union européenne, par Hélène Sallon (Le Monde)),

lorsque l'on poursuit le développement d'un partenariat oriental sans y associer les acteurs stratégiques régionaux les plus concernés (cf. Joint Declaration of the Eastern Partnership Summit (Vilnius, 28-29 November 2013) ; L’UE ne doit-elle pas revoir sa stratégie à l’Est ? ; UE/Partenariat oriental : Vilnius: un "partenariat" ambigu ? ainsi que A Bruxelles, Poutine dénonce une « ingérence » des Européens, par Jean-Pierre Stroobants (Le Monde)),

lorsque l'on poursuit aveuglément une stratégie d'élargissement dont personne ne perçoit plus le sens (cf. Attention ! Ceci N'EST PAS une "stratégie d'élargissement" ), une stratégie qui s'est progressivement affranchie de règles prudentielles permettant de tirer les candidats vers le haut plutôt que d'affaiblir l'édifice commun (cf. à cet égard Retour sur image : de la conditionnalité dans la mise au point d'une stratégie cohérente de l'UE applicable aux relations avec les pays de l'Europe du Sud-Est (1999) ) et qui coûte très cher au contribuable européen dans une période où les Etats, comme l'Union, cherche de nouvelles ressources publiques pour financer leurs politiques publiques les plus essentielles (11,4 milliards d'euros ont été accordés aux Balkans de l'Ouest lors de la période 2007-2013), 

lorsque l'on engage, dans la précipitation la plus irresponsable eu égard à l'état actuel du regard porté par ses propres citoyens sur les responsabilités respectives à l'égard de ce qu'est devenue cette Union sur les registres économiques et sociaux, des négociations commerciales aussi stratégiques (avec les Etats-Unis, le Canada, la Corée du Sud, .... ou encore sur le commerce des services : Les négociations plurilatérales sur un nouvel accord international sur le commerce des services aborderont des sujets des plus sensibles bien que personne n'en parle !),

lorsque l'on ne loupe jamais une occasion pour ne pas doter l'Union des instruments de puissance et d'influence qui sont indispensables à un plein excercice de ses propres responsabilités stratégiques, notamment dans les domaines de la sécurité internationale et des divers champs où opére la globalisation (stratégique, économique, financière, culturelle, sociale, etc.)- comme celles de ses Etats membres -,    

lorsque l'on accepte aussi ouvertement de se faire espionner par ses propres amis et alliés, malgré des accords qui ne produisent pas d'effets significatifs (cf.  L'UE hausse le ton face aux États-Unis sur la protection des données (Euractiv.fr) ; FAQ sur la sphère de sécurité ;  13 recommandations adressées aux États-Unis sur la sphère de sécurité)

comment peut-on imaginer un seul instant que l'on constitue une entité politique sérieuse ?      

Au point que l'Europe ne progresse plus qu'à reculons (cf. 2014 : L'Union à reculons (Dossier réalisé par les jeunes étudiants journalistes européens du CUEJ)) et que la défiance des peuples ne cessent de croître un peu partout en Europe, y compris au sein des nations fondatrices (cf. La défiance à l'égard de l'Union européenne bat des records en France, par Aline Robert (Euractiv.fr) )

Vous qui êtes en charge de ces dossiers, à quelque niveau que vous vous situiez :    

Sur quoi appuyez-vous vos déclarations, vos agendas, vos décisions et vos actions lorsque vous entrainez l'Union, et donc, avec elle, ses Etats membres, ses agents économiques et sociaux et ses citoyens, dans la tourmente de l'Histoire de manière aussi aventureuse et improbable ?

Etes-vous encore habités, si vous l'avez été un jour, par le souci permanent de servir la raison d'Union, sans faille, en conscience et en responsabilité ?

Etes vous conscients - et si tel est le cas, agissez-vous en prenant en compte le fait - que l'absence de véritable contrôle politique et démocratique de votre action accroît encore davantage vos responsabilités devant l'Histoire ?

Etes vous disposés à faire enfin la démonstration que vous ne cherchez à créer délibérément les conditions d'un assassinat en règle de ce beau projet sans précédent dans l'Histoire que constitue encore le projet politique européen !

Les évolutions sensibles que l'on observe aujourd'hui en matière d'information publique dans le domaine de la politique extérieure comme les consultations  publiques nombreuses proposées par les institutions de l'Union constituent des signes positifs importants qu'il est des plus indispensable de poursuivre et de développer !

Mais attention à ne pas décevoir les citoyens européens en masquant derrrière cette politique de communication des stratégies et des actes qui ne rencontreraient pas une large adhésion d'ensemble !

Une veille citoyenne européenne est à l'oeuvre ! Elle ne se contentera pas de déplorer les écarts, erreurs et fautes éventuelles si tel devait être le cas ....

Le Traité n'est plus inscrit dans le marbre, si tant est qu'un traité quelqu'il l'ait été un jour, comme on l'a trop souvent pensé dans les milieux bruxellois et fédéralistes ... conservateurs ! 

L'heure est suffisamment grave pour que cesse ce jeu dangereux !

L'Union doit changer ! Elle a montré ses limites en même temps que ses potentialités ! L'heure n'est plus à la tergiversation : il faut trancher en en modifiant non seulement le traité et les institutions, mais le projet lui-même !

Donnons aux citoyens la possibilité de choisir leurs représentants en connaissance de cause !

Et restituons à l'action politique ses lettres de noblesse ! (cf. A la recherche d'une pensée et d'une action politiques à la hauteur des défis globaux ! (Nouvelle édition) )

Il y va de l'avenir non seulement du projet politique européen mais de la démocratie en Europe !

Parmi les références auxquelles le lecteur pourra faire appel pour consolider sa connaissance de la construction européenne, Regards-citoyens.com recommande très fortement à ses lecteurs intéressés par la place de Charles de Gaulle et de Jean Monnet dans ce long processus la lecture de ce mémoire passionnant réalisé en 1989 par un étudiant en sciences politiques, Aloys Rigaut !

Au moment où tout le monde s'interroge sur le projet européen et son éventuelle réorientation, ils découvriront ce qui opposait comme ce qui rapprochait ces deux grandes personnalités politiques françaises à l'égard du projet de construction européenne !     

En voici l'introduction :

" Il pourrait sembler quelque peu provocateur de mettre sur un pied d'égalité le général de Gaulle & Jean Monnet face à "l'Europe", tellement le culte européen du second éclipse l'oeuvre du premier, c'est-à-dire de considérer comme comparables leurs contributions respectives à la "construction européenne" ; pourtant, il n'en est rien : De Gaulle & Monnet furent, chacun à leur manière, deux grands Européens, deux visionnaires, deux "constructeurs". Il faut cependant bien entendu noter que la postérité leur a donc réservé un sort très différent, Monnet ayant été "panthéonisé" comme le "Père de l'Europe" alors qu'une image d'anti-européen colle avec obstination à la figure de De Gaulle, ce qui est historiquement éminemment dommageable étant donné le sincère "européanisme" de ce dernier. Certes, les rapports tendus entre les deux personnages accentuent encore plus la difficulté de toute tentative de rapprochement entre les deux, mais il faut, d'une part, noter que cette rivalité, qui a amené de Gaulle, un jour de colère, à surnommer Monnet "l'Inspirateur", n'excluait ni un respect mutuel ni des moments de coopération, et d'autre part, qu'elle trouvait sa source autant en une différence de caractère qu'en une différence de vision de l'Europe, fondée sur une perception différente de la force du sentiment national.

Quoi qu'il en soit, les chemins de De Gaulle et de Jean Monnet, aussi grand soit le contraste qui les éloigne, ne cessèrent de se croiser au cours de leur long chemin vers cet horizon qu'était "l'Europe" : s'étant connus à Alger, en pleine seconde guerre mondiale, et destinés à jouer un rôle primordial dans l'après-guerre, ces deux "Pères de l'Europe" avaient en effet profondément conscience de la nécessité d'élever cette Europe, "fille de la seconde guerre mondiale", tout en s'opposant sur la manière. Ce sont ces deux héritages qu'il s'agira ainsi de démêler tout en se demandant quels furent les apports respectifs de De Gaulle et de Jean Monnet face à l'édification de "l'Europe".

En liant de façon abrupte les deux hommes par la conjonction de coordination "et", avec le contraste provocateur que l'on a souligné, le sujet invite en effet clairement à une analyse comparative de leur oeuvre européenne respective, c'est-à-dire par conséquent aussi à se demander s'il faut les opposer ou au contraire montrer leur complémentarité. L'un était-il plus "européen" que l'autre ? Quelle était leur vision respective de l'Europe ? Etaient-elle contradictoires ? En outre, l'expression "face à l'Europe" implique, d'une part, l'idée d'une relative indépendance conceptuelle de l'Europe (si bien que l'on peut se demander si finalement De Gaulle et Monnet n'avaient pas un même "horizon" tout en divergeant sur la "méthode", étymologiquement le "chemin vers"), et, d'autre part, l'idée d'une certaine conscience mutuelle de la nécessité de la "construction européenne" (le chemin, justement, vers "l'Europe", l'idée européenne), comme s'il s'agissait d'un phénomène qui les dépassait amplement mais qu'ils tentaient de diriger dans le sens de leur vision anticipatrice. Ces deux "prophètes" ont ainsi donné à l'Europe en construction deux héritages bien distincts qu'il s'agira de mettre en lumière : l'Europe est-elle ainsi aujourd'hui plus la "fille" de Monnet ou de De Gaulle ? Si Monnet fut le Père & l'Inspirateur de l'Europe, de Gaulle n'en fut-il pas au moins le Tuteur ?

On le voit, il est urgent, en ces temps d'accélération de la construction européenne, de réévaluer les contributions respectives de ces "deux Français éminents" (J.-B. Duroselle). Pour cela, il s'agira tout d'abord de briser le double mythe qui les entoure (l'internationaliste apatride, l'homme des Américains, d'un côté, le général nationaliste & anti-européen, de l'autre) & de les relégitimer en tant que deux européens "visionnaires" (I), avant de montrer que, bien que prônant deux "méthodes" différentes & /donc rivales, de Gaulle & Monnet avaient finalement en vue un horizon sensiblement identique (II), et d'étudier enfin les raisons d'un si grand contraste dans le jugement historique de leur contribution respective à "l'Europe" ainsi que les enjeux de ce double héritage pour une Europe fragilisée par les évolutions internationales récentes & désormais orpheline de ses deux "prophètes" (III). "

(Voir le mémoire : http://aloys.rigaut.free.fr/pdf/dgjm.PDF)  

Eclairant quand bien même, comme l'affirmat jadis John Fitzgerald Kennedy :

"Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé "

A bon entendeur, salut !

'Le progrès, c'est accepter de sacrifier du présent personnel pour fabriquer du futur collectif" (Etienne Klein, physicien).

     « Aucun problème ne peut être résolu sans changer l’état d’esprit qui l’a engendré »     

Un homme politique considère la prochaine élection ! Un homme d'état considère la prochaine génération !

(Winston Churchill)  

Voir également à cet égard :      

 * 2014 - Amorcer la réforme de l'Union - Catalogue pour un débat           

 * Le Royaume-Uni veut remettre en cause l’objectif d’une « union sans cesse plus étroite »    

 * Les dirigeants européens pourraient-ils enfin cesser de céder à toutes les exigences d'un gouvernement britannique des plus eurosceptique ?  

 * L’euro, socle de la solidarité de l’Europe politique (Fondation Jean Jaurès)    

 * Audit sur l'impact des compétences européennes sur les objectifs et les intérêts nationaux - et européens - : la France doit imiter le gouvernement britannique mais avec d'autres objectifs !

 

 

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