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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 13:06

A mi-chemin entre fantasmes et cauchemars, les robots ont toujours fasciné les humains. Alors qu'ils envahissent l'industrie et la Bourse, les avis divergent entre ceux qui les considèrent comme les sauveurs de l'économie et ceux qui les voient comme les meurtriers de l'emploi.

Atlantico : Alors que vient de se conclure la conférence Automate 2013 à Chicago, la question de la robotisation de la société et particulièrement de l’industrie est chaque jour plus brûlante. Entre paranoïa technophobe et prophétisation d’une révolution, les robots sont de plus en plus présents dans notre société. Comment différencie-t-on fondamentalement un robot d’une simple machine ?

Robin Rivaton : Le robot industriel a une définition précise qui obéit à la norme ISO 8373. Le robot est un manipulateur contrôlé automatiquement, reprogrammable à usages multiples, programmable sur trois axes au minimum, qui peut être fixé sur place ou mobile en vue d’activités de production industrielle.

Le robot se différencie donc de la machine-outil par la possibilité qu'il a de réaliser différents types de tâches.Il apporte ainsi une plus grande flexibilité à l'outil de production permettant de produire des séries de taille plus restreinte, exigence première dans un monde où la production de masse semble s'éloigner de plus en plus et où le cycle de vie des produits se réduit.

Mais, aujourd’hui, les robots industriels ne trouvent leur place qu’au sein du champ plus large de l’automatisation industrielle. D’ailleurs la robotique ne représente que ~5% d’un marché de l’automatisation en pleine évolution, avec par exemple la commercialisation d’imprimantes 3D de plus en plus performantes.

Jean-Paul Laumond : Ce que l’on appelle une "simple machine" est une machine directement commandée par un opérateur : un aspirateur par exemple est une machine que l'on doit guider. Un robot possède une capacité d'adaptation qui lui permet de se passer d'une commande directe par un opérateur : il existe aujourd'hui des aspirateurs automatisés qui vont explorer tous les recoins de votre appartement. Ils possèdent des capteurs qui leur permettent de se situer dans l'espace et ils ont des stratégies d'exploration de l'espace ; ils savent s'adapter à différents environnements : ce sont des robots. Il reste qu'un robot n'est rien d'autre qu'une machine commandée par un ordinateur.

Jean-Gabriel Ganascia : L’idée de robot est définie par l’autonomie, c’est une machine capable de se mouvoir d’elle-même. Cependant, l’autonomie peut prendre deux sens dans le débat sur la robotisation et l’automatisation, celle de l’autonomie mécanique et celle de l’autonomie morale et nous sommes pour l’instant essentiellement limité à la première. Une machine a malgré tout à sa disposition un nombre d’actions considérable et peut décider de ses actions dans une certaine mesure, en fonction de son environnement et de sa finalité. A l’aube de la création d’automates, les inventeurs parlaient de machines téléologiques, qui pourrait se traduire par machine agissant dans une finalité. Le robot se définit donc comme une machine particulière capable d’analyser, au moins en partie, son environnement et d’agir en fonction.

Les avis divergent sur le ratio création/destruction d’emploi qu’engendrerait à terme la robotisation de l’industrie. Qu’en est-il vraiment ?

Robin Rivaton : La clé d'une révolution technologique de cette ampleur est son acceptabilité sociale, j'ai donc particulièrement étudié l'impact sur l'emploi. Et je vous assure qu'il sera positif.

Positif parce que l'industrie française perd déjà plusieurs dizaines de milliers d'emplois chaque année sous l'effet d'un manque de compétitivité face à la concurrence internationale. Les robots, en améliorant la compétitivité coût et hors coût de l'appareil industriel français, permettraient de sauvegarder des sites en France. Mieux encore, face à la montée des coûts salariaux en Asie, le robot offre des perspectives de relocalisation élevées.

Vaut-il mieux une usine en France avec des robots - et les employés pour les entretenir - qu'une usine délocalisée à l'étranger ? Dans un cas, elle paie impôts et cotisations sur le sol national, fait travailler des fournisseurs locaux, dans l'autre rien de tout cela.

De quelle manière cela changerait-il la structure de l’emploi en France ? Quels sont les métiers menacés, ceux qui se développeraient et ceux qui pourraient apparaître ?

Robin Rivaton : La robotisation que j'appelle de mes vœux conduira effectivement à modifier la structure de l'emploi. La filière robotique s'insère dans un environnement économique qui mobilise un grand nombre de ressources humaines à forte valeur ajoutée. De la conception à l’installation, la fabrication de robots industriels requiert l’intervention de plusieurs entreprises, notamment des intégrateurs chargés de penser l'installation du robot au sein de la ligne de production. Plusieurs dizaines de milliers de postes seraient nécessaires dont une majorité de professionnels de haut niveau, ingénieurs et techniciens spécialisés.

En outre, les robots ne fonctionnant pas seuls, il faut des employés pour en assurer la maintenance et la surveillance, environ une personne par cellule robotique. Ces nouveaux postes sont des reconversions logiques pour les employés œuvrant auparavant sur la chaîne de production, en les débarrassant de tâches usantes ou pénibles.

Les robots sont-ils potentiellement capables d’initiatives réelles telle la reprogrammation ou la prise de décision face à une situation inconnue, ou sont-ils structurellement condamnés à une dépendance humaine ? Quels en sont les dangers potentiels ?

Jean-Paul Laumond : Le robot aspirateur que j'évoquais n'est pas dépendant de vous dans la tâche pour laquelle il est destiné. Il sait prendre des initiatives, telles qu'aller recharger tout seul ses batteries. En revanche il est évident qu'il ne prendra pas l'initiative de faire la vaisselle pour la simple raison qu'il n'a pas été conçu pour cela. Il n'y a pas d'initiatives possibles qui n'aient été conçues par l'humain. Il peut y avoir des pannes de la machine ; mais on ne peut pas considérer la panne de votre machine à laver comme une prise d'initiative de sa part !

Toute évolution technologique porte en elle des dangers potentiels auxquels la société s'adapte. L'utilisation de l'automobile se fait au prix de plusieurs milliers de morts par an. Le passage à l'aéronautique s'est fait dans des conditions drastiques de sécurité qui font aujourd'hui de l'avion un système de transport plus sûr que la voiture, mais qui n'empêchent pourtant pas l'accident. La robotique n'a pas de spécificité particulière par rapport à cet état de fait. Les normes de sécurité auxquelles les robots industriels sont soumis sont drastiques : il y a beaucoup moins d'accidents humains que lorsque des opérateurs pilotaient de "simples machines". Il en est de même pour les robots qui aident un chirurgien dans l'opération d'une tumeur. Aucun accident notoire n'a été révélé dans l'utilisation des robots-aspirateurs.

Jean-Gabriel Ganascia : Bien souvent, les machines sont capables de prendre des décisions qui surprennent leurs concepteurs. Les recherches actuelles sur l’intelligence artificielle sont très actives sur le sujet afin de prévenir d’éventuels problèmes comme la mise en danger des êtres humains dont l’action pourrait contrevenir à l’objectif programmé des robots. Les soldats-robots sont bien évidement au cœur du débat éthique sur l’intelligence artificielle. Certains pensent que la solution passerait par l’inclusion dans les programmes des règles éthiques de la guerre définies par les accords internationaux comme le fait de ne pas tuer de civils. Malheureusement, la réalité des guerres modernes et leur imprécation avec les structures civiles rend cela très complexe. Il y a également le débat de l’opposition de machine à machine mais cela relève d’une toute autre problématique. Il y a déjà plusieurs exemples réels dans lesquels le débat éthique à mener à la régulation de l’automatisation. Les drones par exemple ne sont pas encore autorisés à tuer dans déclenchement humain alors qu’ils peuvent se déplacer de manière autonome. De la même manière, sont placés sur la frontière entre les deux Corées, des automates qui tirent sur ce qui traverse. Le concept a tellement choqué les Coréens qu’ils ont établi un code éthique robotique pour éviter les dérives.

De plus, l’application de règles éthiques strictes n’est pas forcément la meilleure solution pour éviter les accidents car l’idéal serait plutôt d’intégrer dans les programmes des logiques supérieures. Les robots seraient ainsi à même de régler les dilemmes plutôt que d’appliquer brutalement une règle sans analyse. Les débats qui sont au cœur de la robotique sont en fait de vieilles problématiques philosophiques remises en avant comme l’opposition de Benjamin Constant et Emmanuel Kant autour de la vérité, mais encore l’âme dont Descartes considérait les animaux dépourvus en les considérant comme des automates.

Une automatisation totale de la société pourrait-elle remettre en cause le rôle de l’homme dans la société en le débarrassant/le privant du travail ?

Robin Rivaton : Effectivement, à long terme, nous pourrions imaginer une réflexion d’ampleur sur le rapport de l’homme au travail et à la répartition de la production. Cependant nous sommes encore très loin d’apercevoir les simples prémices d’une telle évolution. Les robots industriels ne sont pas capables d’évoluer de manière autonome et dans le champ des services, malgré des progrès très rapides, la robotique reste cantonnée à des applications expérimentales, encore éloignée d’une diffusion massive au sein de la société.

Jean-Paul Laumond : Ici encore la question n'est pas propre à la robotique. L'homme est déjà "privé" (pour reprendre votre terme) des travaux pénibles dans les mines d'extraction de charbon. Convenez qu'on pourrait dire qu'il en est libéré ! L'introduction du métier Jacquard au dix-neuvième siècle a considérablement transformé l'industrie textile et a conduit à la révolte des Canuts. L'industrie automobile a été la première à remplacer l'homme par des robots. La robotique est vue aujourd'hui dans ce secteur comme une solution alternative aux délocalisations. Les voitures de demain seront des robots qui vont permettre de réduire considérablement le nombre de morts sur les routes. Il est difficile aujourd'hui de prédire tous les effets de l'automatisation. La technologie détruit des savoir-faire et modifie les savoir-vivre ; ce n'est pas nouveau, et les sociétés démontrent une grande plasticité à cet égard. La robotique participe de cette dynamique, il ne faut pas projeter plus : le robot reste et restera une machine.

Jean-Gabriel Ganascia : Les robots sont déjà extrêmement présents dans l’industrie mais ils ne privent pas pour autant les humains du travail, ils changent simplement les taches auxquelles nous nous consacrons. De nombreux scientifiques et économistes pensent même qu’en améliorant la compétitivité des entreprises, l’automatisation va créer de la valeur et de l’emploi à condition que nous apprenions à changer de métier et que les formations adaptées soient mises en place, que les compétences nécessaires soient acquises. Le robot ne se substitue pas à l’Homme, il l’assiste. Ce n’est pas une intelligence autonome mais une intelligence ajoutée. De plus, nous vivons déjà dans un monde d’automates qui pour l’essentiel ne sont pas physiques, ils sont informatiques, ils régissent une grande partie d’Internet et de places financières. Ce sont même eux qui vont sur Mars. Pour revenir à la question industrielle, la France est en train de prendre du retard en n’agissant pas et en regardant les Allemands, les Italiens, les Japonais et les autres augmenter tous les jours leurs parcs robotiques. Il faut arrêter de voir le travail comme une quantité finie, nous avons simplement changé de logique. L’Homme échange de moins en moins d’énergie avec son environnement mais il échange de plus en plus d’information. C’est ça l’avenir du travail.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Bonaventure

Robin Rivaton est consultant en stratégie dans un cabinet américain. Il est diplômé de l’ESCP Europe et de Sciences Po.

Jean-Paul Laumond est titulaire de la chaire d'innovation technologique au collège de France. Il est spécialiste de robotique humanoïde au LAAS-CNRS et directeur de recherche au CNRS.

Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il enseigne principalement l'informatique, l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Il poursuit des recherches au sein du LIP6, dans le thème APA du pôle IA où il anime l'équipe ACASA .


Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/robots-et-technologie-vont-tous-mettre-au-chomage-robin-rivaton-jean-paul-laumond-et-jean-gabriel-ganascia-624957.html#20BKzUoV6BElC4Hu.99

Voir également sur ce blog :

  * Panorama des plus grandes découvertes scientifiques de 2012 (Atlantico.fr)

  * Les neuf technologies du futur qui vont changer le monde (Up' Magazine)  

  * Suivre l'actualité des innovations majeures dans le monde  

  * Quelle innovation pour quelle croissance ?

  * Définir l'innovation (OCDE) 

  * Indice mondial de l'innovation 2012

  * Stratégie de l'OCDE pour l'innovation  

 

  * Strategy for American Innovation : Executive Summary

 

  * Nombre de demandes 'record' à l'OEB - Les USA toujours leaders  

 

  * Quelle concertation pour éclairer les choix nationaux d'investissement en recherche et innovation ? (Rapport de Futuris)

 

  * 50 ans de stratégies publiques de la Recherche et de l’Innovation en France : les trois étapes de l’affaiblissement de la régulation politique (Up' Magazine)

 

  *   Défi de la citoyenneté : "Socialiser l'innovation : un pari pour demain"

 

  * Quelle innovation pour quelle croissance ?

     

  * Innovation – Recherche – Education ! L'Union européenne au banc d'essai de Regards-citoyens.com        

 

  * Prenons garde des pièges que nous tend cette nouvelle religion de l'innovation à tout crin !

     

  *  Le prix de l'inégalité, de Joseph Stiglitz

 

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:39

Strategy for American Innovation: Executive Summary

•Comment on the American Strategy for Innovation.
America’s future economic growth and international competitiveness depend on our capacity to innovate.  We can create the jobs and industries of the future by doing what America does best – investing in the creativity and imagination of our people.  To win the future, we must out-innovate, out-educate, and out-build the rest of the world. We also must take responsibility for our deficit, by investing in what makes America stronger, cutting what doesn’t, and reforming how our government operates so it focuses on promoting our economic growth and preparing for the challenges of a new century.

President Obama’s Strategy for American Innovation seeks to harness the inherent ingenuity of the American people to ensure that our economic growth is rapid, broad-based, and sustained.  Innovation-based economic growth will bring greater income, higher quality jobs, and improved health and quality of life to all U.S. citizens.  The Strategy for American Innovation provides a multifaceted, commonsense, and sustained approach to ensuring America’s future prosperity.

This document updates the Innovation Strategy issued in September 2009, detailing how the Administration, the American people, and American businesses can work together to strengthen our long-run economic growth.  It begins by explaining the essential role of innovation in our past and future prosperity, the central importance of the private sector as the engine of innovation, and the role of government in supporting our innovation system.  Building from this framework and the initiatives set forth in the first innovation strategy document, it charts the progress of our initial efforts, discusses additional steps implemented in the past year, and introduces important new initiatives, all captured by the pyramid below.  

New Initiatives

Key Administration priorities will improve America’s economic growth and competitiveness on many critical dimensions.

•The Administration’s proposed Wireless Initiative will help businesses reach 98% of Americans with high-speed wireless access within five years and also facilitate the creation of a nationwide interoperable public safety network.  The Initiative will substantially expand the development of new wireless spectrum available for wireless broadband, by freeing up 500 MHz over 10 years.  Expanding new commercial spectrum is necessary to avoid “spectrum crunch” and facilitate the rapidly growing wireless technology revolution.  The initiative will support advances in security, reliability, and other critical wireless features; accelerate wireless innovations in health, education, transportation, and other application areas; and engage community participation in generating and demonstrating next generation wireless applications.
•The patent reform agenda is essential to reducing the enormous backlog of patent applications at the U.S. Patent & Trademark Office (USPTO).  By stalling the delivery of innovative goods and services to market, this backlog impedes economic growth and the creation of high-paying jobs.  The patent reform legislative agenda will enable the USPTO to adequately fund its operations through user fees and allow the agency to implement new initiatives to improve patent quality while reducing the average delay in patent processing times from 35 months to 20 months.  Once implemented, the USPTO’s proposed three-track model will allow applicants to prioritize applications, enabling the most valuable patents to come to market within 12 months.
•The Administration is developing new initiatives to improve K-12 education with an emphasis on graduating every student from high school ready for college and a career.  The Administration’s FY 2012 Budget will launch the Advanced Research Projects Agency – Education (ARPA-ED) to support research on breakthrough technologies to enhance learning.  The Budget also supports continuation of the historic Race to the Top, with an expanded focus on school districts prepared to implement and sustain comprehensive reforms.  Working with a coalition of private sector leaders called Change the Equation, the Administration is encouraging public-private partnerships that inspire more students – including girls and other currently underrepresented groups – to excel in science, technology, engineering, and mathematics (STEM).  The Administration will also work to prepare 100,000 STEM teachers over the next decade with a down payment in the FY 2012 Budget to recruit STEM teachers and improve teacher training.
•To accelerate the development of clean energy technologies, the President has proposed a Clean Energy Standard that will help us reach a goal of delivering 80% of the nation’s electricity from clean sources by 2035.  The Administration’s FY 2012 Budget proposes to expand the funding to date for the Advanced Research Projects Agency – Energy (ARPA-E) and to create three new Energy Innovations Hubs to solve challenges in critical areas.  The Budget also proposes a reauthorization of the Clean Energy Manufacturing Tax Credit and provides funding for research, development, and deployment to help the U.S. reach the goal of one million advanced technology vehicles on the road by 2015.
•The Startup America initiative will facilitate entrepreneurship across the country, increasing the success of high-growth startups that create broad economic growth and quality jobs.  The Administration launched the Startup America initiative with new agency efforts that accelerate the transfer of research breakthroughs from university labs; create two $1 billion initiatives for impact investing and early-stage seed financing, among other incentives to invest in high-growth startups; improve the regulatory environment for starting and growing new businesses; and increase connections between entrepreneurs and high-quality business mentors.  Responding to the President’s call to action around the national importance of entrepreneurship, private-sector leaders are independently committing significant new resources to catalyze and develop entrepreneurial ecosystems across the country.
These new initiatives work together with, and expand upon, sustained Administration efforts across our three critical areas. These ongoing efforts are summarized as follows:

1.Invest in the Building Blocks of American Innovation. Spurring the innovations that will drive America’s future economic growth and competitiveness requires critical investments in basic foundations: our workforce, our scientific research, and our infrastructure.
•Educate the next generation with 21st century skills and create a world-class workforce. President Obama is taking continuous steps to improve our educational system from early education through college and graduate school, and to promote student achievement and careers in STEM fields.  In early childhood, the Administration is supporting innovation through the Early Learning Challenge Fund and injecting performance-based competition into the Head Start Program.  At the elementary and secondary levels, the Educate to Innovate campaign harnesses public-private partnerships to enhance STEM education, complementing continuing efforts such as Race to the Top, which uses competitive grants to leverage state and local reform.  At the college level and beyond, the Administration is committed to restoring America’s global leadership in college graduation rates (by, among other strategies, improving affordability through the Student Aid and Fiscal Responsibility Act), making investments in community colleges and the public workforce system, and supporting the new Task Force on Skills for America’s Future, which will leverage public-private partnerships to better train Americans of all ages for the jobs of today and tomorrow.
•Strengthen and broaden American leadership in fundamental research. The commercial innovations that drive economic progress often depend on breakthroughs in fundamental science.  President Obama has implemented the largest increase in federally-funded research in history and is making continuous investments to double funding for three key basic research agencies: the National Science Foundation, the Department of Energy’s Office of Science, and the National Institute of Standards and Technology laboratories.  These sustained science investments will lay the foundation for new discoveries and new technologies that will improve our lives and create the jobs and industries of the future.  These investments will help the United States establish a leadership position in areas such as robotics and data-intensive science and engineering.
•Build a leading 21st century infrastructure. President Obama has made a renewed commitment to investing in the roads, rails, and runways that America’s businesses need to be efficient and innovative.  Building on historic investments through the Recovery Act, the Administration continues to address transportation challenges through investment in high-speed rail, the next generation of air traffic control, and a new proposal for a National Infrastructure Bank, which will promote competition and innovation to maximize the return on our infrastructure investments.
•Develop an advanced information technology ecosystem. President Obama has developed a comprehensive strategy to create the IT ecosystem needed for 21st century innovation.  This “virtual infrastructure” encompasses the critical information, computing, and networking platforms that increasingly support our national economy.  With constant effort and vigilance, the Administration is working to expand access to high-speed Internet, modernize the electric grid, increase the availability of wireless spectrum to support high value uses, and secure cyberspace.
 
2.Promote Market-Based Innovation.  American businesses are our engines of innovation.  They bring American ingenuity to the marketplace, where new ideas are proven, commercialized, and diffused.  It is imperative to promote a national environment ripe for innovation and entrepreneurship that allows U.S. companies to drive future economic growth and continue to lead on the global stage.
•Accelerate business innovation with a simplified and permanent R&E tax credit.  President Obama has called for the Research and Experimentation Tax Credit to be simplified and made permanent, creating predictable, substantial incentives for U.S. businesses to innovate.  The proposed FY 2011 Budget devotes about $100 billion over 10 years to leverage additional research and development investments.
•Support innovative entrepreneurs.  President Obama has expanded lending support and tax credits for small businesses while supporting well-functioning capital markets for businesses of all sizes.  In addition to patent reform, which will accelerate patent issuance and better enable new companies to succeed, and the Startup America initiative, which will promote entrepreneurship across the country, the Affordable Care Act removes obstacles to entrepreneurship by making it easier for Americans to start and join new businesses without giving up health coverage.
•Catalyze innovation hubs and encourage development of entrepreneurial ecosystems. President Obama continues to emphasize the potential of “innovation hubs,” looking for new opportunities to bring talented scientists and entrepreneurs together to support innovation in cutting edge areas.  This concept underlies the Department of Energy’s Energy Innovation Hubs program and is also driving the Startup America initiative’s focus on building connections between established and new entrepreneurs, including those making the leap from lab to industry.  Through these efforts, the Obama Administration is working to catalyze a new model of economic development.
•Promote innovative, open, and competitive markets.  President Obama is working to encourage innovation by improving regulation and enhancing market access at home and abroad.  The revised Horizontal Merger Guidelines, released in August 2010, bring innovation considerations forcefully into antitrust evaluation.  In addition, through efforts such as the free trade agreement with South Korea, the National Export Initiative brings a sustained, vigorous commitment to ensure fair and open export markets for American producers, allowing our innovative businesses to expand globally with the goal of doubling exports by the end of 2014.
 
3.Catalyze Breakthroughs for National Priorities.  For national priorities where innovation is critical but market failures impede progress, government can help spur technological advances.  Priorities include developing alternative energy sources, reducing costs and improving care with health IT, catalyzing advances in educational technologies, and ensuring that the U.S. remains on the leading edge of the bio- and nanotechnology revolutions.
•Unleash a clean energy revolution. New and improved energy technologies will play central roles in the 21st century global economy, and the Obama Administration is committed to fostering American leadership in this area, providing economic growth and creating jobs of the future while confronting environmental challenges and enhancing our energy security.  Building on the successful investments geared toward doubling the supply of renewable energy by the end of 2012, and other initiatives, the Administration is setting ambitious new goals and laying the pathways to meet them.  Through the proposed Clean Energy Standard, expanded investments in research through the Department of Energy’s Office of Science, ARPA-E, three new Energy Innovation Hubs, and other means to accelerate research, development, and deployment of clean energy technologies, the Administration will shift the American economy toward global leadership and a clean, secure, and independent energy future.
•Accelerate biotechnology, nanotechnology, and advanced manufacturing. The President is committed to investments in innovation that promise to drive better health, future economic growth, and quality jobs in America.  The National Institutes of Health has proposed a new National Center for Advancing Translational Sciences, which will speed the development of new diagnostics, treatments, and cures by building new bridges between the lab and clinic.  The National Nanotechnology Initiative (NNI) is investing in areas such as nanoelectronics, which will foster a revolution in computing comparable to the transition from the vacuum tube to the transistor.  And the FY 2012 Budget is making substantial investments to accelerate breakthroughs in advanced manufacturing technologies that can provide foundations for private sector investment and growth.
•Develop breakthrough space capabilities and applications. Space capabilities play critical roles in global communications, navigation, and commerce, while warning of natural disasters and improving national security.  Guided by the National Space Policy, NASA, the Department of Defense, and other agencies are working to advance U.S. capabilities and expand American industry’s role in developing next-generation applications.
•Drive breakthroughs in health care technology. Innovations in health care delivery, harnessing the power of data and technology, promise to help prevent medical errors, improve care quality, and reduce costs.  Building from the Recovery Act and the Affordable Care Act, the Administration is continuously engaged in projects to promote health IT adoption, reform payment incentives to reward value instead of volume, and liberate an unprecedented amount of health information.  In combination, these trends will facilitate fundamental improvements in national health and harness American ingenuity in solving our health care challenges.
•Create a quantum leap in educational technologies. The United States should foster innovation in technologies that have the potential to dramatically improve student performance, such as software that is as effective as a personal tutor, and increase access to lifelong learning and training for American workers.  The President’s FY 2012 Budget for the Department of Education includes a proposal to launch the Advanced Research Projects Agency – Education, a new organization that will support research on breakthrough technologies to enhance learning.

Source : http://www.whitehouse.gov/innovation/strategy/executive-summary

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:32

L'Office européen des brevets (OEB) sis à Münich en connu en 2012 sa plus forte activité de tous les temps, a indiqué l'Office dans un communiqué, avec une hausse de 5,7 % des demandes de brevets par rapport à 2001 avec 258 000 applications reçues.

Le nombre de brevets délivrés a lui aussi augmenté de 5,8 % en un an avec 65 700 brevets (62 115 en 2011).

Ce pic d'activité montre que l'Europe reste un "marché attractif" pour les inventeurs, se félicite l'OEB.

Il n'en reste pas moins que les Etats-Unis et l'Asie gardent leur leadership en matière de dépôts de demandes de brevet. Sur l'ensemble des dépôts, une proportion de 63 % (62 % en 2011) provenait en effet de pays non-européens.

Les Etats-Unis arrivaient en tête en 2012 avec 24,7 % des demandes, suivis par le Japon (19,9 %), puis l'Allemagne (13,4 %), la Chine (7,3 %) et la Corée (5,5 %) poursuit le communiqué.

Mais près de la moitié de la hausse des demandes enregistrées par l'OEB était réalisée par les firmes asiatiques (Japon, Chine et Corée combinées), indique encore l'Office.

En ce qui concerne les firmes américaines, elles ont "atteint un niveau record" en 2012 après une stabilisation en 2011, poursuit le communiqué, avec 63 777 demandes de protection déposées à l'OEB.

La situation des entreprises européennes reste elle très stable, la France suivant l'Allemagne et arrivant après la Corée (4,6 % des demandes d'application), devant la Suisse (3,2 %), le Royaume-Uni (2,6 %) et les Pays-Bas (2,5 %).

 

 

 

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:25

Regards-citoyens.com appelle l'attention de ses lecteurs sur la publication par l'Organisation mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) et  l'INSEAD de l' Indice mondial de l'innovation 2012

L'Indice mondial de l'innovation (GII) est un indicateur du rôle essentiel que joue l'innovation en tant que moteur de la croissance économique et de la prospérité.

Il témoigne également d'un besoin d'une vue d'ensemble de l'innovation qui s'applique à la fois aux pays développés et aux pays émergents, à laquelle s'ajoutent des indicateurs qui vont au delà des indicateurs traditionnels utilisés pour jauger l'innovation (tels que le niveau de recherche et de développement dans un pays donné).

Le GII est un outil de comparaison précieux pour encourager le dialogue entre les secteurs public et privé, permettant aux décideurs, aux chefs d'entreprise et à d'autres parties prenantes d'évaluer en continu les progrès accomplis.

Le rapport (en anglais) peut être téléchargé en entier ou par chapîtres/sections à cette URL :    
http://www.wipo.int/econ_stat/fr/economics/gii/

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 11:52
La Stratégie de l'OCDE pour l'innovation repose sur des travaux importants réalisés par plus de 15 comités et leurs groupes de travail, relevant de 10 Directions de l'OCDE, parmi lesquels de nombreux projets analytiques, des ateliers, des conférences, et une série de tables rondes nationales réunissant des responsables de l'action publique et d'autres parties prenantes. Un Groupe consultatif d'experts de haut niveau fournit des orientations tout au long du processus d'élaboration de cette stratégie.
Les résultats de la stratégie de l’OCDE pour l’innovation ainsi que deux nouvelles publications sur le sujet ont été présentés le 27 mai 2010 :

De plus en plus de pays sont confrontés à la stagnation ou au recul de leur population, et donc de leurs apports en main-d'œuvre, tandis que les investissements en capital physique sont sujets à des rendements décroissants. Ces problèmes économiques coïncident avec un besoin politique grandissant de progresser dans le traitement de divers problèmes sociaux, dont bon nombre sont de nature mondiale (tels que le changement climatique) ou exigent une action à l'échelle planétaire (situation sanitaire mondiale, sécurité alimentaire et rareté croissante de l'eau salubre).

Les innovations réalisées en matière de biens, de services, de procédés et de pratiques peuvent contribuer à accélérer la reprise, et à ramener les pays sur une trajectoire de croissance durable – et plus verte.

 Source : http://www.oecd.org/fr/sites/strategiedelocdepourlinnovation/

 
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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 11:48

L'innovation va bien au-delà de la recherche-développement

Loin d'être limité aux laboratoires de recherche, le champ de l'innovation englobe l'ensemble des utilisateurs, des fournisseurs et des consommateurs – que ce soit dans les administrations publiques, les entreprises ou les organismes à but non lucratif – et elle transcende les frontières entre pays, secteurs et institutions

Le Manuel d'Oslo définit quatre types d'innovation : les innovations de produit, les innovations de procédé, les innovations de commercialisation et les innovations d'organisation.

L'innovation de produit

 

L'introduction d'un bien ou d'un service nouveau. Cette définition inclut les améliorations sensibles des spécifications techniques, des composants et des matières, du logiciel intégré, de la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles.

L'innovation de procédé

 

La mise en oeuvre d’une méthode de production ou de distribution nouvelle ou sensiblement améliorée. Cette notion implique des changements significatifs dans les techniques, le matériel et/ou le logiciel.

L'innovation de commercialisation

 

La mise en oeuvre d’une nouvelle méthode de commercialisation impliquant des changements significatifs de la conception ou du conditionnement, du placement, de la promotion ou de la tarification d’un produit.

L'innovation d'organisation

 

La mise en oeuvre d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures de la firme.

Documents de référence

Manuel d'Oslo: Principes directeurs pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation, 3e édition

Source : http://www.oecd.org/fr/sites/strategiedelocdepourlinnovation/definirlinnovation.htm

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 11:00

L'ensemble des règles d'exportation ITAR ("International Traffic in Arms Regulations"), destinées à "assurer la paix et la sécurité nationale et internationale", concerne les transferts d'armement et activités connexes. Ce champ comprend toutes les technologies militaires et composants qui y sont attachés. Le concept "d'exportation" est étendu, à l'extérieur des Etats-Unis mais également, à l'intérieur du territoire américain, aux étrangers qui travaillent pour des sociétés américaines. Les règles d'exportations s'appuient, entre autres, sur la liste de munitions USML ("United States Munitions List") qui comporte une vingtaine de catégories. Les produits spatiaux sont contenus dans deux catégories distinctes suivant qu'ils sont associés au lanceur (catégorie IV) ou au satellite (catégorie XV). En s'intéressant au détail des deux listes, il devient évident qu'il est quasiment impossible qu'un produit spatial ne soit pas soumis à la réglementation ITAR tant la liste est exhaustive. Pour les partenaires internationaux, cette exhaustivité pose aussi problème dans la mesure où si un seul composant de leur produit, aussi insignifiant soit-il, est soumis à la législation ITAR, ils doivent passer par des procédures d'approbation pour la commercialisation de leur produit ou leur réexportation. La mise en oeuvre de ces procédures est éclatée entre plusieurs institutions dont le Département du commerce pour tout ce qui n'est pas sur la liste USML et la direction du contrôle des échanges du Département d'Etat pour tout ce qui est inclus dans la liste USML. Les entreprises qui ne respecteraient pas les règles ITAR sont exposées à des pénalités de 500.000 dollars par délit si aucune intention criminelle n'est décelée, et de plus d'un million de dollars par délit si une intention criminelle a pu être prouvée.

A l'heure de la mondialisation et d'une concurrence internationale accrue, les industriels américains remettent au goût du jour le débat sur ces règles ITAR. Soutenue par les industriels, l'Administration Obama a donc lancé une politique de modernisation de ces règles (voir notamment à cet égard 2010-06-asdi 2010-06-asdi )

Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/69450.htm 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 10:31

En modifiant à plusieurs reprises le code de la route et en augmentant comme ils l'ont fait le niveau des sanctions liées aux infractions à ce code (cf. http://www.inforisque.info/actualite-du-risque/index.php?post/3377/2012/01/04/Code-de-la-route-de-nouvelles-sanctions-pour-2012), les élus de la République ont pris le parti - irresponsable - d'accroître les pressions sur les conducteurs les plus faibles aux plans séconomique et social ; ceux qui ont besoin de leur véhicule soit pour se rendre à leur travail, quand ils en ont  un, soit pour en rechercher un, soit tout simplement pour accomplir leurs déplacements quotidiens les plus élémentaires !

Le montant des sanctions financières autant que celui des points perdus pour des infractions mineures, comme celle qui consiste à user de son téléphone au volant, alors qu'écouter de la musique est encore - et heureusement - possible dans son véhicule, conduisent trop souvent à la perte de son permis après avoir gravement affecté les ressources vitales de ces personnes fragiles au risque de les conduire purement et simplement à sortir de la route d'une existence certes modeste, mais digne !

Tout le monde sait, et les services de police et de gendarmerie les premiers, que nombreux sont les Françaises et les Français se retrouvant dans la situation d'avoir non seulement perdu son permis de conduire, mais de ne pas avoir les ressources pour le repasser après avoir eu à subir la dictature des amendes honteuses qui leur ont été affligées ! Et de devoir soit conduire sans permis et/ou sans assurance pour pouvoir tout simplement travailler et vivre !

La gauche reste étonnamment sourde à cet égard ! Par crainte probablement d'être une nouvelle fois taxée d'irresponsabilité sur le registre de la sécurité alors que les chiffres des décès sur la route ont fortement baissés (mais quelles sont les statistiques relatives aux blessés, et notamment aux blessés graves ?) ! Ou parce que cet omniprésent Alain Bauer et ses confrères conseillent aussi le camp de l'opposition !

Et pourtant, comment peut-elle souscrire à des mesures qui affectent à ce point la justice sociale ?

Cette représentation nationale-là, celle des élus qui n'ont que pour seules obsessions le risque 0 et la tolérance 0 alors même que leurs décisions, notamment budgétaires, impactent tous les jours gravement la sécurité économique et sociale des foyers, doit être invitée rapidement à retourner à ses chères études démocratiques !

Il est vraiment dommage qu'aucun candidat à la présidence de la République ne se soit senti concerné par une telle préoccupation !

Est-il vraiment trop tard pour que ce sujet prenne toute sa place dans l'agenda de nos assemblées ?  

Voir également : Près d’un quart des Européens menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale (Boursorama) - nouvelle édition -

Cet article a été publié une première fois en février 2012.   

 

 

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 10:12

Le lecteur trouvera ci-après le rapport n° 114 (2012-2013) de Mme Catherine PROCACCIA et M. Bruno SIDO, fait au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, déposé le 7 novembre 2012.

http://www.senat.fr/rap/r12-114/r12-114.html

Disponible au format PDF

En voici l'introduction : 

La politique spatiale compte au nombre des domaines examinés périodiquement par l'Office parlementaire, au titre de sa mission d'information du Parlement afin d'éclairer ses décisions dans les domaines scientifiques et technologiques. La saisine de l'Office par la commission de l'Économie du Sénat (aujourd'hui subdivisée en commission des Affaires économiques et commission du Développement durable, des infrastructures, de l'équipement et de l'aménagement du territoire), en date du 10 janvier 2012, est venue à point nommé, permettant à l'Office de poursuivre le travail entamé par le passé, dans un contexte international nouveau et tandis que l'Europe de l'espace est à la veille de choix cruciaux pour son avenir.

Les analyses et conclusions des précédents rapports de l'Office demeurent en partie d'actualité, un certain nombre d'évolutions préconisées s'étant d'ailleurs concrétisées, notamment l'ouverture du Centre spatial guyanais à des lanceurs étrangers (Soyouz) ou la poursuite de l'effort en vue de la mise en place d'un système de navigation-localisation-synchronisation pour l'Europe (Galileo). Symbolisant l'aboutissement de ces deux axes importants de la politique spatiale européenne - ou, devrait-on dire, des politiques spatiales européennes - le lanceur Soyouz a récemment envoyé en orbite quatre satellites de la constellation Galileo, grâce à deux lancements respectivement en octobre 2011 puis octobre 2012. Le « GPS européen » doit entrer en fonctionnement en 2014-2015.

Mais l'Europe se trouve aujourd'hui à un nouveau tournant.

L'accroissement de la concurrence internationale, qui se traduit par l'entrée en scène de nouveaux acteurs publics et privés, ainsi que le contexte de crise économique et d'austérité budgétaire, qui limite les moyens financiers disponibles, légitiment un nouvel examen des objectifs, des structures et des moyens de la politique spatiale.

Une question se pose en premier lieu : l'Europe a-t-elle réellement « une » politique spatiale ?

S'il est entendu que la politique spatiale ne saurait aujourd'hui être examinée dans un cadre strictement national,il n'est pas possible, pour autant, d'identifier « une »politique spatiale européenne dont découlerait l'ensemble des programmes mis en oeuvre sur le continent.

Certes, le traité de Lisbonne a institué une compétence de l'Union européenne dans ce domaine. Son article 189 dispose que l'Union élabore une politique spatiale européenne. Celle-ci peine néanmoins, pour le moment, à se traduire par un ensemble exhaustif d'orientations couvrant tous les domaines qu'une politique spatiale doit traiter. C'est un jalon important pour l'avenir, mais la seule étude de cet aspect ne permettrait pas d'appréhender la totalité des enjeux de l'Europe spatiale, à commencer par celui de l'avenir des lanceurs, abordé dans le cadre de l'Agence spatiale européenne (ESA). Le présent rapport ne saurait donc se limiter à l'examen de la politique spatiale de l'Union européenne.

L'institution qui, la première, a incarné l'Europe de l'espace est en réalité l'Agence spatiale européenne (ESA), organisation créée en 1975, chargée par l'article 2 de sa Convention d'élaborer et de mettre en oeuvre une politique spatiale européenne. L'organe décisionnel de l'Agence est son Conseil, qui se réunit soit à un niveau délégué, soit au niveau des ministres en charge de l'espace (tous les 3-4 ans) des États membres, qui ne sont d'ailleurs pas exactement les mêmes que ceux de l'UE. L'ESA est reconnue par tous les acteurs comme le principal artisan de l'Europe de l'espace, ayant permis à notre continent de figurer dans le peloton de tête des puissances spatiales, pour un coût maîtrisé, c'est-à-dire en déployant des moyens infiniment moindres que ceux consacrés depuis un demi-siècle à la même politique aux États-Unis.

Mais l'ESA ne s'est pas construite sur une « table rase». Elle s'est fondée sur l'expérience de ses États membres et en premier lieu de la France, qui fut le premier État européen à développer une politique spatiale, dans le cadre d'une politique d'indépendance nationale, grâce à l'outil que constitue son agence spatiale, le Centre National d'études spatiales (CNES), qui a fêté ses 50 ans l'année dernière.

D'autres organisations interviennent dans le cadre de la politique spatiale, telles que les opérateurs Eumetsat, pour la météorologie, ou Eutelsat pour les télécommunications (la seconde étant passée du statut d'organisation intergouvernementale à celui de société anonyme).

Enfin, il ne saurait y avoir de politique spatiale européenne sans industrie spatiale européenne, seule garante, in fine, de l'indépendance de l'Europe. Cette industrie s'est progressivement structurée à l'échelle du continent, en miroir de l'européanisation de la politique spatiale. Elle constitue aujourd'hui une force de propositions, assurant l'interface entre les institutions de la politique spatiale et les marchés mondiaux, qui en constituent l'environnement.

En définitive, la politique spatiale comporte trop d'enjeux de souveraineté nationale pour ne pas reposer, en dernier ressort, sur la volonté des États, dans le cadre des institutions que sont l'ESA et l'UE, ou en dehors de ce cadre, à un niveau national ou multinational, comme c'est le cas pour l'Europe spatiale de la défense, ou encore au moyen de coopérations internationales (coopérations franco-américaine ou franco-indienne, par exemple).

Cette multiplicité de strates résulte de l'histoire européenne. Elle permet une souplesse dans l'élaboration des politiques, puisqu'il demeure toujours possible d'avancer seul ou à plusieurs, selon des schémas adaptables. S'il n'est pas souhaitable de bouleverser des configurations qui ne sont pas toujours très lisibles pour nos interlocuteurs hors d'Europe, il est toutefois nécessaire de s'assurer que chaque acteur a un rôle défini et n'empiète pas sur celui des autres, selon des schémas de gouvernance clairs et prédéfinis pour chaque projet, avec le minimum de redondances possibles. La gouvernance du «mille-feuille » spatial européen est l'un des objets du présent rapport.

Une deuxième question se pose, à titre liminaire : qu'est-ce qu'une politique spatiale ?

La réponse à cette question est moins triviale qu'il n'y paraît. Elle nécessite de trouver le dénominateur commun à l'ensemble des questions abordées ici, qui sont multiples : lanceurs, télécommunications, observation de la Terre, météorologie, sciences de la Terre, défense, exploration spatiale... Chacune de ces questions possède sa logique et ses enjeux propres, et aurait probablement pu faire l'objet d'un rapport particulier. Il était impossible, dans le délai imparti à vos rapporteurs, d'examiner exhaustivement les enjeux de l'ensemble des secteurs économiques ou de souveraineté ayant une composante spatiale. Des facteurs communs à ces problématiques ont toutefois rapidement émergé, au fur et à mesure des auditions réalisées.

Certes, ces problématiques diverses ont en commun l'emploi de véhicules lancés dans l'espace extra-atmosphérique. On admet généralement, par convention, que celui-ci commence à 100 km au-dessus du niveau de la mer mais en réalité, ni la science ni le droit international ne définissent de façon précise ce qu'est l'espace ; c'est la nature de l'engin utilisé plus que l'espace traversé qui détermine le droit applicable. L'espace est donc d'abord un moyen, plutôt qu'une fin en soi.

Pour pouvoir développer toutes les activités qui en dépendent, encore faut-il maîtriser l'espace, qui n'est à portée humaine que depuis 55 ans, et représente encore un défi technologique.

L'objectif d'autonomie est le ciment fondamental de toute politique spatiale. Cet objectif implique de faire de l'accès à l'espace une priorité, un levier pour la mise en oeuvre des autres volets. Car l'objectif d'autonomie est présent dans toutes les autres composantes - ou presque - d'une politique spatiale: ses différentes facettes en sont l'indépendance technologique, l'indépendance d'accès à l'information, l'indépendance militaire, la pérennité de l'accès des citoyens à certains services... A vrai dire, un seul domaine ne semble pas répondre, du moins en Europe, à des considérations d'autonomie : il s'agit du vol habité. Cette relative indifférence n'est pas partagée par les autres grandes puissances spatiales, puisque pour les États-Unis, comme pour la Russie ou la Chine, la capacité d'envoyer seul des hommes dans l'espace figure au premier rang des priorités de la politique spatiale. Vos rapporteurs, qui se sont rendus aux États-Unis dans le cadre de la mission que leur a confiée l'Office, ont pu constater à quel point la dépendance actuelle à l'égard de la Russie pour l'accès des astronautes à la Station spatiale internationale était une source de préoccupations et probablement le principal ressort de la politique spatiale américaine à l'heure actuelle.

D'où cette troisième question : quels sont les enjeux de l'Europe spatiale aujourd'hui, eu égard à l'objectif fondateur d'autonomie ?

Le dernier rapport de l'Office sur les questions spatiales (2007), issu du travail de nos anciens collègues Christian Cabal et Henri Revol, intitulé « L'audace ou le déclin », avait préconisé une refondation de la politique spatiale européenne, tant du point de vue de ses ambitions que de ses moyens institutionnels et financiers, au regard de l'émergence de la Chine dans le club des plus grandes puissances spatiales, et compte tenu du programme ambitieux alors développé aux États-Unis par le président George Bush, visant un retour rapide sur la Lune, préalable à une exploration martienne.

Certes, l'atterrissage récent (août 2012) du robot Curiosity sur le sol martien a discrètement relancé le débat sur la conquête de la planète rouge, et les ambitions de la Chine, et aujourd'hui de l'Inde, demeurent une réalité. Néanmoins, l'abandon par le président Barack Obama des objectifs de son prédécesseur puis l'arrêt de la Navette spatiale, qui a volé pour la dernière fois en 2011, ont profondément modifié le contexte mondial. En contrepartie de ces évolutions, les États-Unis soutiennent désormais le développement d'acteurs privés, susceptibles de devenir très rapidement des concurrents pour l'Europe. Certaines conclusions du rapport rendu par l'Office en 2001, dénonçant l'utilisation de l'espace par les États-Unis comme « outil de pouvoir dans le cadre d'une politique d'hégémonie », demeurent d'actualité, même si dans d'autres domaines la coopération est de mise, comme l'a aussi illustré le programme Mars Science Laboratory (Curiosity) dont l'un des principaux instruments est issu d'une coopération avec des laboratoires français. Dans le domaine scientifique, de nombreux exemples de coopérations (euro-américaines ou franco-américaines) pourraient être cités. Ils sont le revers de la médaille d'une concurrence acharnée dans le secteur spatial commercial.

Du côté européen, la situation économique et celle des finances publiques rendent irréaliste un subventionnement massif du secteur spatial. Les choix qui devront prochainement être effectués par les États européens, tant dans le cadre de l'Agence spatiale européenne (ESA) que de l'Union européenne (UE) seront des arbitrages financièrement contraints. Cette situation n'est pas nouvelle pour l'Europe, qui a su historiquement faire les bons choix, ceux qui lui ont permis de devenir une grande puissance spatiale - encore probablement la troisième, voire la deuxième à certains égards - malgré des moyens institutionnels limités. Cette situation connaît toutefois une acuité particulière aujourd'hui, à la veille de la conférence ministérielle de l'ESA, qui doit se tenir les 20-21 novembre 2012 en Italie.

Cette conférence doit notamment décider de l'avenir des lanceurs européens. Deux programmes, au départ complémentaires, aujourd'hui concurrents, sont mis sur la table : une évolution de l'actuelle lanceur Ariane 5 (Ariane 5 ME) ou un lanceur de nouvelle génération (dit « Ariane 6 »).Les enjeux associés ne doivent pas être sous-estimés : il ne s'agit ni d'un choix simplement technique, ni d'un choix réversible ; il s'agit, au contraire, d'opérer un tournant comme l'Europe spatiale n'en connaît qu'environ tous les vingt ans (Ariane 1, Ariane 5...).

Il serait erroné de penser, qu'une fois acquise, l'indépendance d'accès à l'espace est une donnée irréversible. Les Américains en ont fait l'expérience, dans le domaine du vol habité, eux qui sont allés sur la Lune et n'ont plus aujourd'hui - au moins temporairement - les moyens d'envoyer eux-mêmes leurs astronautes à 400 km d'altitude. Pour l'Europe, qui a choisi de faire dépendre ses lanceurs d'un marché commercial en perpétuelle évolution, l'autonomie d'accès à l'espace est un défi sans cesse renouvelé.

Si vos rapporteurs jugent que l'Europe spatiale se situe à un tournant, c'est aussi par d'autres aspects : tant la coopération des États européens dans le secteur spatial de défense, que la mise en oeuvre du programme européen de surveillance pour l'environnement et la sécurité (GMES) en sont des exemples, en raison des incertitudes qui les entourent.

D'autres problématiques sont communes à l'ensemble des puissances spatiales : elles concernent la durabilité des activités spatiales, aujourd'hui compromise par la multiplication des débris spatiaux, ou encore l'avenir de l'exploration spatiale, pour laquelle il n'existe pas, à ce jour, de volonté commune, ni d'objectifs clairs, notamment de la part des États-Unis.

Une politique spatiale se pilote par nature dans le temps long : par conséquent, c'est aujourd'hui que l'Europe doit prendre les décisions qui lui permettront de conserver son rang au cours de la prochaine décennie et au-delà.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 10:09

Préface

« L¹actuelle situation du monde exige une action d'ensemble à partir d¹une vision claire de tous les aspects économiques, sociaux, culturels et spirituels. Experte en humanité, l¹Eglise, sans prétendre aucunement s¹immiscer dans la politique des Etats,³ ne vise qu¹un seul but : continuer, sous l¹impulsion de l¹Esprit consolateur, l¹oeuvre même du Christ venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, pour sauver, non pour condamner, pour servir, non pour être servi² ». (1)

Dans l¹encyclique Populorum progressio http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/h de 1967, prophétique et toujoursf_p-vi_enc_26031967_populorum_fr.html actuelle, Paul VI <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/index_fr.htm> traçait avec clarté « les trajectoires » du rapport intime de l¹Eglise avec le monde : des trajectoires qui s'entrecoupent dans la valeur profonde de la dignité de l¹homme et dans la recherche du bien commun, et qui rendent aussi les peuples responsables et libres d¹agir selon leurs aspirations les plus élevées.

La crise économique et financière que traversent les pays interpelle tout le monde ‹ les personnes et les peuples ‹ à effectuer un discernement approfondi des principes et des valeurs culturelles et morales qui sont à la base de la vie sociale en commun. Mais pas seulement. La crise engage les agents privés et les autorités publiques compétentes au niveau national, régional et international, à une réflexion sérieuse sur les causes et les solutions de nature politique, économique et technique.

Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm> enseigne que, dans cette perspective, la crise « nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner de nouvelles règles et à trouver de nouvelles formes d¹engagement, à miser sur les expériences positives et à rejeter celles qui sont négatives. La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d¹élaborer de nouveaux projets. C¹est dans cette optique que, confiants plutôt que résignés, il convient d¹affronter les difficultés du moment présent ». (2)

Dans le Statement adopté à Pittsburgh en 2009, les leaders du G20 eux-mêmes ont affirmé que « The economic crisis demonstrates the importance of ushering in a new era of sustainable global economic activity grounded in responsibility » (La crise économique prouve bien l'importance d¹inaugurer une nouvelle ère pour une activité économique mondiale durable, basée sur la responsabilité). (3)

Répondant à l¹appel du Saint-Père et faisant nôtres en même temps les préoccupations des peuples ‹ surtout de ceux qui paient le plus haut prix de la situation actuelle ‹ le Conseil pontifical justice et paix <http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/index_fr.htm>, dans le respect des compétences des autorités civiles et politiques, entend proposer et partager ses réflexions « pour une réforme du système financier et monétaire international dans la perspective d¹une autorité publique à compétence universelle ».

Ce document veut être une contribution offerte aux responsables de la terre et à tous les hommes de bonne volonté ; un geste de responsabilité non seulement envers les générations actuelles, mais surtout envers celles futures ; afin que ne se perdent jamais l¹espérance d¹un avenir meilleur et la confiance dans la dignité et la capacité de bien de la personne humaine.

Chaque personne et chaque communauté de personnes participe à la promotion du bien commun et en est responsable. Fidèles à leur vocation de nature éthique et religieuse, les communautés de croyants doivent être les premières à s¹interroger sur l¹idonéité des moyens dont dispose la famille humaine afin de réaliser le bien commun mondial. Pour sa part, l¹Eglise est appelée à encourager chez tous les hommes et dans chacun d'eux indistinctement la volonté de participer « à ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des siècles, s¹acharnent à améliorer leurs conditions de vie, (en accord avec le) dessein de Dieu ». (4)

1. Développement économique et inégalités Nombreuses sont les causes de la grave crise économique et financière que traverse le monde aujourd¹hui, et les opinions sur la pluralité et le poids de ces causes sont très variées : certains soulignent comme étant au premier rang les erreurs inhérentes aux politiques économiques et financières, d¹autres insistent sur les faiblesses structurelles des institutions politiques, économiques et financières, d¹autres encore les attribuent à des fléchissements de nature éthique survenus à tous les niveaux, dans le cadre d¹une économie mondiale toujours plus dominée par l¹utilitarisme et le matérialisme. Dans les différentes phases de développement de la crise, on retrouve toujours une combinaison d¹erreurs techniques et de responsabilités morales.

Dans le cas des échanges de biens matériels, ce sont la nature et la capacité productive, ainsi que le travail sous ses nombreuses formes, qui fixent une limite aux quantités, en déterminant ainsi un ensemble de coûts et de prix qui, à certaines conditions, permet une affectation efficiente des ressources disponibles.

Mais, en matière de monnaie et de finances, les dynamiques sont bien différentes. Au cours des dernières décennies, ce sont les banques qui ont fixé le crédit, celui-ci engendrant ensuite la monnaie qui, à son tour, a demandé une ultérieure expansion du crédit. De sorte que le système économique a été poussé vers une spirale inflationniste qui, inévitablement, s¹est trouvée limitée par le risque pouvant être supporté par les instituts de crédit qui se trouvaient soumis au danger ultérieur de faillite, avec des conséquences négatives pour l¹ensemble du système économique et financier.

Après la deuxième guerre mondiale, les économies nationales ont progressé, bien qu¹avec d¹énormes sacrifices de la part de millions et même de milliards de personnes qui, par leur comportement, en tant que producteurs et entrepreneurs d¹une part, et de consommateurs et épargnants d¹autre part, avaient eu confiance en un développement progressif et régulier de la monnaie et de la finance dans la ligne des potentialités de croissance réelle de l¹économie.

A partir des années 90 du siècle dernier, on constate que la monnaie et les titres de crédit au niveau mondial ont augmenté plus rapidement que la production des revenus, et ce également pour les prix courants. Ce qui a provoqué la formation de poches excessives de liquidité et de bulles spéculatives, transformées ensuite en une série de crises de solvabilité et de confiance qui se sont diffusées et suivies dans les années suivantes.

Une première crise a sévi dans les années 70, jusqu¹au début de la décennie suivante, en rapport avec les prix du pétrole. Puis, ce sont les pays en voie de développement qui ont connu toute une série de crises. Il suffit de penser à la première crise que le Mexique a vécue dans les années 80, à celles du Brésil, de la Russie et de la Corée, puis à nouveau du Mexique dans les années 90, de la Thaïlande et de l¹Argentine.

La bulle spéculative sur les immeubles et la crise financière récente ont la même origine dans le montant excessif de monnaie et d¹instruments financiers au niveau mondial.

Tandis que les crises dans les pays en voie de développement ‹ qui ont risqué d¹impliquer l¹ensemble du système monétaire et financier ‹ ont été contenues grâce à des formes d¹interventions de la part des pays plus développés, celle qui a éclaté en 2008 a été caractérisée par un facteur décisif et explosif par rapport aux précédentes. Elle est née dans le contexte des Etats-Unis, l¹une des zones les plus importantes pour l¹économie et la finance mondiale et a impliqué la monnaie servant aujourd'hui encore de référence à la plus grande partie des échanges internationaux.

Une orientation de style libéral ‹ réticente à l'égard des interventions publiques dans les marchés ‹ a fait opter pour la faillite d¹un institut international important, en pensant ainsi pouvoir limiter la crise et ses effets. Ce qui, hélas, a entraîné la propagation du manque de confiance, qui a induit des changements soudains d¹attitudes réclamant des interventions publiques sous différentes formes et de vaste portée (plus de 20% du produit national) afin de tamponner les effets négatifs qui auraient emporté la totalité du système financier international.

Les conséquences sur ce qu¹on appelle l¹économie « réelle », en passant par les graves difficultés de certains secteurs ‹ en premier lieu la construction ‹, et la diffusion d¹une prévision défavorable ont engendré une tendance négative de la production et du commerce international, avec de graves répercussions sur l'emploi, et des effets qui, probablement, n'ont pas encore donné toute leur mesure. Les coûts pour des millions, et même des milliards, de personnes, dans les pays développés mais surtout dans ceux en voie de développement, sont très importants.

Dans des pays où manquent encore les biens les plus élémentaires de la santé, de l¹alimentation et de la protection contre les intempéries, plus d'un milliard de personnes doivent survivre avec un revenu moyen inférieur à un dollar par jour.

Le bien-être économique mondial, mesuré en premier lieu par la production du revenu, mais aussi par la diffusion des capabilities, a augmenté au cours de la seconde moitié du XXe siècle, et ce avec une vitesse jamais expérimentée auparavant dans l¹histoire des hommes.

Cependant, les inégalités aussi ont augmenté de façon considérable au sein des différents pays, et entre eux. Tandis que certains pays et certaines zones économiques ‹ les plus industrialisés et développés ‹ ont vu s¹accroître considérablement la production du revenu, d¹autres ont en effet été exclus du processus d¹amélioration généralisé de l¹économie et ont même vu leur situation empirer.

Les dangers d'une situation de développement économique conçu en termes libéraux ont déjà été dénoncés avec lucidité et de façon prophétique par Paul VI <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/index_fr.htm> ‹ en raison de leurs conséquences néfastes sur les équilibres mondiaux et sur la paix ‹ dès 1967, après le Concile Vatican II <http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm>, dans son encyclique Populorum progressio <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_pvi_enc_26031967_populorum_fr.html la défense de la vie et la promotion de la croissance culturelle et morale des personnes comme étant les conditions incontournables pour la promotion d¹un développement authentique. C¹est sur de telles bases qu¹il affirmait : le développement total et planétaire « est le nouveau nom de la paix ». (5) >. Le Souverain Pontife avait indiqué

Quarante ans plus tard, en 2007, dans son Rapport annuel le Fond monétaire international reconnaissait le lien étroit entre le processus de mondialisation géré de façon inadaptée d'une part et, de l'autre, les importantes inégalités au niveau mondial. (6) Aujourd¹hui, ces fortes inégalités économiques, sociales et culturelles qui se sont déterminées au niveau mondial sont portées à l¹évidence de tous les peuples, riches et pauvres, par les moyens de communication modernes, faisant naître des tensions et d¹importants mouvements migratoires.

Toutefois, il faut réaffirmer que le processus de mondialisation avec ses aspects positifs est à la base du développement important de l¹économie mondiale du XXe siècle. Il convient de rappeler qu¹entre 1900 et 2000, la population mondiale a presque quadruplé et que la richesse produite à l¹échelle mondiale s¹est accrue de manière beaucoup plus rapide, ce qui a entraîné une forte augmentation du revenu moyen par habitant. En même temps, toutefois, la distribution équitable de la richesse ne s¹est pas améliorée, au contraire, souvent elle s¹est aggravée.

Mais qu¹est-ce qui a donc poussé le monde dans cette direction aussi problématique, pour la paix également ?

Avant tout un libéralisme économique sans règles ni contrôles. Il s¹agit d¹une idéologie, d¹une forme d'« apriorisme économique » qui prétend tirer de la théorie les lois de fonctionnement du marché et celles dites lois du développement capitaliste, en en exaspérant certains aspects. Une idéologie économique qui fixe à priori les lois du fonctionnement du marché et du développement économique sans se confronter à la réalité risque de devenir un instrument subordonné aux intérêts des pays qui jouissent concrètement d¹une position avantageuse au plan économique et financier.

Bien qu¹imparfaits, au niveau national et régional, il existe déjà souvent des règles et des contrôles ; toutefois, au niveau international, ces règles et ces contrôles ont des difficultés à être appliqués et consolidés.

A la base des inégalités et des distorsions du développement capitaliste, on trouve en grande partie, en plus de l¹idéologie du libéralisme économique, l¹idéologie utilitariste, c¹est-à-dire l¹organisation théorique et pratique selon laquelle : « ce qui est utile au plan personnel conduit au bien de la communauté ». Il est à noter qu¹une telle « maxime » renferme un fond de vérité, mais on ne peut ignorer que l¹utilité individuelle ‹ même si elle est légitime ‹ ne favorise pas toujours le bien commun. Plus d¹une fois, un esprit de solidarité est nécessaire, qui transcende l¹utilité personnelle pour le bien de la communauté.

Dans les années 20 du siècle dernier, certains économistes avaient déjà mis en garde contre le fait, en l¹absence de règles et de contrôles, d¹accorder un crédit excessif aux théories devenues des idéologies et des pratiques dominantes au niveau international.

Un effet dévastateur de ces idéologies ‹ surtout dans les dernières décennies du siècle dernier et dans les premières années du nouveau siècle ‹ a été l¹éclatement de la crise dans laquelle le monde se trouve plongé encore aujourd¹hui.

Dans son encyclique sociale, Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm> a identifié très précisément les racines d¹une crise qui n¹est pas seulement de nature économique et financière, mais avant tout de nature morale. En effet, observe le Souverain Pontife, pour fonctionner correctement, l¹économie a besoin de l¹éthique ; non pas d¹une éthique quelconque, mais d¹une éthique amie de la personne. (7) Il dénonce ensuite le rôle joué par l¹utilitarisme et par l¹individualisme, ainsi que les responsabilités de ceux qui les assument et les diffusent en tant que paramètres pour le comportement optimal de tous ceux ‹ agents économiques et politiques ‹ qui agissent et interagissent dans le contexte social. Mais Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm> a également identifié et dénoncé une nouvelle idéologie : celle de la « technocratie ».

2. Le rôle de la technique et le défi éthique

Avec, certes, ses lumières mais aussi ses graves cônes d¹ombre, l'important développement économique et social du siècle dernier est dû en grande partie au développement continuel de la technique et, dans les décennies plus récentes, aux progrès de l'informatique et à ses applications, à l'économie et, en premier lieu, à la finance.

Pour interpréter avec lucidité la nouvelle question sociale actuelle, il faut cependant éviter de tomber dans l'erreur, fille elle aussi de l'idéologie néolibérale, selon laquelle les problèmes à affronter sont exclusivement d¹ordre technique. Comme tels, ils échapperaient à la nécessité d¹un discernement et d¹une évaluation de type éthique. Ainsi, l¹encyclique de Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm> met ici en garde contre les dangers de l¹idéologie de la technocratie, c¹est-à-dire de rendre absolue cette technique qui « tend à provoquer une incapacité à percevoir ce qui ne s¹explique pas par la simple matière » (8) et à minimiser la valeur des choix de l¹individu humain concret qui oeuvre dans le système économique et financier, en les réduisant à de simples techniques variables. Non seulement la fermeture à un « au-delà », compris comme un « plus » par rapport à la technique, aboutit à l¹impossibilité de trouver les solutions adéquates aux problèmes, mais elle appauvrit toujours davantage les principales victimes de la crise au plan matériel.

Dans le contexte aussi de la complexité des phénomènes, l¹importance des facteurs éthiques et culturels ne peut donc pas être négligée ou sous-estimée. En effet, la crise a révélé des attitudes d¹égoïsme, de cupidité collective et d¹accaparement des biens sur une vaste échelle.

Personne ne peut se résigner à voir l'homme vivre comme « un loup pour l'homme », selon le concept mis en évidence par Hobbes. En conscience, personne ne peut accepter le développement de certains pays au détriment d¹autres pays. Si aucun remède n¹est apporté aux différentes formes d¹injustice, les effets négatifs qui en dériveront au plan social, politique

et économique seront destinés à engendrer un climat d¹hostilité croissante et même de violence, jusqu¹à miner les bases mêmes des institutions démocratiques, celles qui sont également considérées comme les plus solides et les plus sûres.

A partir de la reconnaissance de la primauté de l¹être sur l¹avoir, et de l¹éthique sur l¹économie, les peuples de la terre devraient, comme âme de leur action, assumer une éthique de la solidarité, en abandonnant toute forme d¹égoïsme mesquin et en embrassant la logique du bien commun mondial qui transcende le simple intérêt contingent et particulier. En définitive, ils devraient vivre le sentiment d¹appartenir à la famille humaine au nom de la dignité commune de tous les êtres humains : « Avant même la logique des échanges à parité et des formes de la justice qui les régissent, il y a un certain dû à l¹homme parce qu¹il est homme, en raison de son éminente dignité ». (9)

En 1991 déjà, après l¹échec du collectivisme marxiste, le bienheureux Jean-Paul II <http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/index_fr.htm> avait mis en garde contre le risque d'« idolâtrie du marché qui ignore l¹existence des biens qui, par leur nature, ne sont et ne peuvent être de simples marchandises ». (10) Aujourd¹hui, il faut cueillir son avertissement sans tarder et s¹acheminer sur une voie qui soit davantage en syntonie avec la dignité et la vocation transcendante de la personne et de la famille humaine.

3. Le gouvernement de la mondialisation

Sur le chemin vers la construction d¹une famille humaine plus fraternelle et plus juste et, avant encore, d¹un nouvel humanisme ouvert à la transcendance, l'enseignement du bienheureux Jean XXIII <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/index_fr.htm> semble particulièrement actuel. Dans la Lettre encyclique prophétique Pacem in terris <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html> de 1963, il observait que le monde s¹acheminait vers une plus grande unification. Il prenait donc acte du fait que, dans la communauté humaine, venait à manquer la correspondance entre l¹organisation politique « sur le plan mondial et les exigences objectives du bien commun universel ». (11) Aussi souhaitait-il que soit un jour créée « une Autorité publique mondiale ». (12)

Face à l¹unification du monde due au phénomène complexe de la mondialisation, et face aussi à l¹importance de garantir, outre les autres biens collectifs, celui représenté par un système économique et financier mondial libre, stable et au service de l¹économie réelle, l¹enseignement de Pacem in terris <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html> apparaît aujourd¹hui encore plus vital et digne d¹être concrétisé de façon urgente.

Dans le sillage de Pacem in terris <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html>, Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm> aussi a exprimé la nécessité de constituer une Autorité politique mondiale. (13) Du reste, cette nécessité apparaît avec évidence si l¹on pense au fait que le programme des questions devant être traitées au niveau mondial devient toujours plus dense. Il suffit de penser, par exemple, à la paix et à la sécurité, au désarmement et au contrôle des armements, à la promotion et à la sauvegarde des droits fondamentaux de l¹homme, au gouvernement de l¹économie et aux politiques de développement, à la gestion des flux migratoires et à la sécurité alimentaire, à la sauvegarde de l¹environnement. Dans tous ces domaines, apparaissent toujours plus évidentes l¹indépendance croissante entre les Etats et les régions du monde, et la nécessité d¹avoir des réponses, non seulement sectorielles et isolées, mais aussi systématiques et intégrées, s¹inspirant de la solidarité et de la subsidiarité et orientées vers le bien commun universel.

Comme le rappelle Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm>, si ce n¹est pas ce chemin qui est entrepris, «le droit international, malgré les grands progrès accomplis dans divers domaines, risquerait en fait d'être conditionné par les équilibres de pouvoir entre les plus puissants». (14)

Ainsi que le rappelait déjà Jean XXIII <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/index_fr.htm> dans Pacem in terris <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html>, le but de l¹Autorité publique est avant tout de servir le bien commun. Aussi doit-elle se doter de structures et de mécanismes adéquats, efficaces, c'est-à-dire qui soient à la hauteur de sa mission et des attentes dont elle est dépositaire. Ceci est particulièrement vrai au sein d¹un univers mondialisé qui rend les personnes et les peuples toujours plus reliés entre eux et interdépendants mais qui montre aussi l¹existence de marchés monétaires et financiers à caractère principalement spéculatif, nocifs pour l¹économie « réelle », surtout celle des pays faibles.

Il s'agit d¹un processus complexe et délicat. Une telle Autorité supranationale doit en effet être structurée de façon réaliste et mise en oeuvre progressivement; elle a pour but de favoriser l¹existence de systèmes monétaires et financiers efficients et efficaces, c¹est-à-dire de marchés libres et stables, disciplinés par un ordonnancement juridique approprié,

fonctionnels au développement durable et au progrès social de tous, et s¹inspirant des valeurs de la charité et de la vérité. (15) Il s¹agit d¹une Autorité à dimension planétaire, qui ne peut être imposée par la force mais doit être l¹expression d¹un accord libre et partagé, en plus des exigences permanentes et historiques du bien commun mondial, et non le fruit de contraintes ou de violences. Elle devrait résulter d¹un processus de maturation progressive des consciences et des libertés, ainsi que de la conscience de responsabilités toujours croissantes. En conséquence, la confiance réciproque, l¹autonomie et la participation ne doivent pas être négligées comme étant des éléments superflus. Le consentement doit impliquer un nombre toujours plus grand de pays adhérant avec conviction, à travers le dialogue sincère qui ne marginalise pas mais met en valeur les opinions minoritaires. L¹Autorité mondiale devrait donc impliquer tous les peuples de façon cohérente, dans une collaboration au sein de laquelle ils sont appelés à contribuer, avec le patrimoine de leurs vertus et de leurs civilisations.

La constitution d¹une Autorité politique mondiale devrait être précédée d¹une phase préliminaire de concertation, dont émergera une institution légitimée, apte à offrir un guide efficace et à permettre en même temps à chaque pays d¹exprimer et de poursuivre son bien propre. L¹exercice d¹une telle Autorité placée au service du bien de tous et de chacun sera obligatoirement super partes, c¹est-à-dire au-dessus de toutes les visions partielles et de chaque bien particulier, en vue de la réalisation du bien commun. Ses décisions ne devront pas être le résultat de la toute-puissance des pays plus développés sur les pays plus faibles. Elles devront, au contraire, être assumées dans l¹intérêt de tous et pas seulement à l¹avantage de certains groupes, que ceux-ci soient formés de lobbies privés ou de gouvernements nationaux.

Par ailleurs, une Institution supranationale, expression d¹une « communauté des nations », ne pourra exister longtemps si, au plan des cultures, des ressources matérielles et immatérielles, des conditions historiques et géographiques, les diversités des pays ne seront pas reconnues ou pleinement respectées. L'absence d¹un consensus convaincu, alimenté par une communion morale permanente de la communauté mondiale, affaiblirait l¹efficacité de l¹Autorité correspondante.

Ce qui est valable au niveau national l'est aussi au niveau mondial. La personne n¹est pas faite pour servir l¹Autorité sans condition, cette dernière ayant pour tâche de se mettre à son service, en cohérence avec la valeur prééminente de la dignité de l¹homme. De même, les gouvernements ne doivent pas servir l'Autorité mondiale inconditionnellement. C'est plutôt celle-ci qui doit se placer au service des différents pays membres, selon le principe de subsidiarité, en créant, entre autres, les conditions socio-économiques, politiques et juridiques indispensables aussi à l¹existence de marchés efficients et efficaces, parce que super-protégés par des politiques nationales paternalistes, et parce que n¹étant pas affaiblis par les déficits systématiques des finances publiques et des produits nationaux qui, en fait, empêchent les marchés eux-mêmes d'opérer dans un contexte mondial en tant qu¹institutions ouvertes et concurrentielles.

Dans la tradition du Magistère de l(Eglise, reprise avec force par Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm>, (16) le principe de subsidiarité doit régler les relations entre l¹Etat et les communautés locales, entre les institutions publiques et les institutions privées, y compris celles monétaires et financières. Ainsi, à un niveau ultérieur, il doit régir les relations entre une future Autorité publique mondiale et les institutions régionales et nationales. Un tel principe garantit la légitimité démocratique mais aussi l¹efficacité des décisions de ceux qui sont appelés à les prendre. Il permet de respecter la liberté des personnes, individuellement et dans les communautés, et, en même temps, de les responsabiliser quant aux objectifs et aux devoirs qui sont les leurs.

Selon la logique de la subsidiarité, l¹Autorité supérieure offre son subsidium, c¹est-à-dire son aide, lorsque la personne et les acteurs sociaux et financiers sont intrinsèquement inadéquats ou ne parviennent pas à réaliser eux-mêmes ce qui leur est demandé (17). C¹est grâce au principe de solidarité que se construit un rapport durable et fécond entre la société civile planétaire et une Autorité publique mondiale, lorsque les Etats, les corps intermédiaires, les différentes institutions ‹ y compris celles économiques et financières ‹ et les citoyens prennent leurs décisions dans la perspective du bien commun mondial, qui transcende le bien national.

On lit dans Caritas in veritate <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html> : « La gouvernance de la mondialisation doit être de nature subsidiaire, articulée à de multiples niveaux et sur divers plans qui collaborent entre eux ». (18) C¹est ainsi seulement que l'on peut éviter le danger de l¹isolement bureaucratique de l¹Autorité centrale, qui risquerait d¹être délégitimée par un trop grand détachement des réalités sur lesquelles elle est basée, et pourrait aisément céder aux tentations paternalistes, technocratiques ou hégémoniques.

Il reste toutefois un long chemin à parcourir avant d¹arriver à la constitution d¹une telle Autorité publique à compétence universelle. La logique voudrait que le processus de réforme se développe en ayant comme référence l¹Organisation des Nations unies, en raison de la dimension mondiale de ses responsabilités, de sa capacité de réunir les nations de la terre, et de la diversité de ses tâches et de celles de ses Agences spécialisées. Le fruit de ces réformes devrait être une plus grande capacité dans l'adoption des politiques et des choix contraignants parce qu¹orientés vers la réalisation du bien commun au niveau local, régional et mondial.

Parmi les politiques paraissant les plus urgentes, on trouve celles relatives à la justice sociale mondiale : des politiques financières et monétaires qui ne nuisent pas aux pays les plus faibles, (19) des politiques désireuses de réaliser des marchés libres et stables et une juste distribution de la richesse mondiale, grâce aussi à des formes inédites de solidarité fiscale mondiale, dont il sera parlé plus avant.

Dans le parcours pour constituer une Autorité politique mondiale, il est impossible de séparer les questions de la governance (c¹est-à-dire d'un système de simple coordination horizontale sans une Autorité super partes) d¹avec celles d¹un shared government (c¹est-à-dire d'un système qui, en plus de la coordination horizontale, instaure une Autorité super partes) fonctionnel et proportionnel au développement progressif d¹une société politique mondiale. La constitution d¹une Autorité politique mondiale ne peut être réalisée si le multilatéralisme n¹est pas d¹abord pratiqué, non seulement au niveau diplomatique, mais aussi et surtout dans le cadre des programmes pour le développement durable et pour la paix. On ne peut parvenir à l'instauration d'un Gouvernement mondial si ce n¹est en donnant une expression politique à des interdépendances et des coopérations préexistantes.

4. Vers une réforme du système financier et monétaire international apte à satisfaire les exigences de tous les peuples En matière économique et financière, les difficultés plus importantes proviennent de l¹absence d¹un ensemble efficace de structures capable de garantir, en plus d¹un système de gouvernance, un système de gouvernement de l¹économie et de la finance internationale.

Que dire sur cette perspective ? Quelles initiatives entreprendre concrètement ?

A propos de l¹actuel système économique et financier mondial, deux facteurs déterminants doivent être mis en évidence : le premier est la diminution progressive de l¹efficacité des institutions de Bretton Woods, à partir du début des années 70. En particulier, le Fonds monétaire international a perdu un caractère qui est essentiel pour la stabilité de la finance mondiale: celui de réguler la création globale de monnaie et de veiller sur le montant du risque de crédit que le système assume. En définitive, on ne dispose plus de ce « bien public universel » qu¹est la stabilité du système monétaire mondial.

Le second facteur est la nécessité d¹un corpus minimum, partagé, de règles nécessaires à la gestion du marché financier mondial, dont la croissance est celle de l¹économie « réelle » du fait qu¹il s¹est développé rapidement en raison, d¹une part, de l¹abrogation généralisée des contrôles sur les mouvements de capitaux et de la tendance à la déréglementation des activités bancaires et financières, et d¹autre part, des progrès de la technique financière, favorisés par les instruments informatiques.

Sur le plan structurel, dans la dernière partie du siècle dernier, la monnaie et les activités financières au niveau mondial se sont développées bien plus rapidement que la production de biens et de services. Dans un tel contexte, la qualité du crédit a tendu à diminuer jusqu¹à exposer les instituts à un risque plus grand que celui pouvant être raisonnablement supporté. Il suffit de considérer le sort connu par les petits et les grands instituts de crédit dans le contexte des crises qui se sont manifestées dans les années 80 et 90 du siècle dernier, et enfin dans la crise de 2008.

Toujours dans la dernière partie du XXe siècle, on a vu se développer la tendance à définir les orientations stratégiques de la politique économique et financière dans le cadre de clubs et de groupes plus ou moins grands de pays plus développés. Sans nier les aspects positifs de cette approche, on ne peut pas ne pas remarquer qu¹elle ne semble pas respecter en plein le principe représentatif, en particulier des pays moins développés ou émergents.

La nécessité de tenir compte de la voix d¹un plus grand nombre de pays a, par exemple, conduit à l'élargissement des groupes en question, en passant ainsi du G7 au G20. Une évolution positive, du fait qu'elle a permis d'impliquer dans les orientations à l¹économie et à la finance mondiale la responsabilité de pays à plus forte population, ceux en voie de développement et ceux émergents.

Dans le cadre du G20, il est donc possible de mûrir des directions concrètes qui, si elles sont élaborées de façon opportune dans les lieux techniques appropriés, peuvent orienter les organes compétents au niveau national et régional vers le consolidement des institutions existantes et vers la création de nouvelles institutions, avec des instruments appropriés et efficaces au niveau international.

Dans la Déclaration finale de Pittsburgh de 2009, les leaders mêmes du G20 ont affirmé que « la crise économique témoigne de l¹importance de mettre sur pied une nouvelle ère de l¹économie mondiale fondée sur la responsabilité ».

En plus des mesures de type technique et à court terme, pour affronter la crise et ouvrir une nouvelle ère « de la responsabilité », les leaders avancent la proposition d¹une « réforme de l¹architecture mondiale pour faire face aux exigences du XXIe siècle », et donc celle d¹un « cadre qui permette de définir les politiques et les mesures communes pour engendrer un développement mondial solide, durable et équilibré ». (20)

Un processus de réflexion approfondie et de réformes doit donc être entamé, en parcourant des voies créatives et réalistes tendant à mettre en valeur les aspects positifs des forums qui existent déjà.

Une attention spécifique devrait être réservée à la réforme du système monétaire international, et plus particulièrement à l¹engagement de créer une forme de contrôle monétaire mondial quel qu¹il soit, par ailleurs déjà implicite dans les Statuts du Fonds monétaire international. Il est clair que cela équivaut, dans une certaine mesure, à mettre en discussion le système des changes existants afin de trouver les modes efficaces de coordination et de supervision. C¹est un processus qui doit aussi impliquer les pays émergents et en voie de développement, dans la définition des étapes d¹une adaptation graduelle des instruments existants.

On voit, sur le fond, se dessiner en perspective l'exigence d'un organisme assurant les fonctions d¹une sorte de « Banque centrale mondiale » règlementant le flux et le système des échanges monétaires, à la manière des Banques centrales nationales. Il faut redécouvrir la logique de fond, de paix, de coordination et de perspective commune, qui avaient conduit aux Accords de BrettonWoods, afin de fournir des réponses adéquates aux questions actuelles. Au niveau régional, un tel processus pourrait être mis en ¦uvre avec la valorisation des institutions existantes, comme par exemple la Banque centrale européenne. Toutefois, cela nécessiterait une réflexion au plan économique et financier, mais aussi et avant tout au plan politique, dans le but de constituer des institutions publiques correspondantes qui garantissent l¹unité et la cohérence des décisions communes.

Ces mesures devraient être conçues comme étant des premiers pas dans la perspective d¹une Autorité publique à compétence universelle; comme une première étape dans un effort plus prolongé de la communauté mondiale pour orienter ses institutions vers la réalisation du bien commun. D'autres étapes devront suivre, en tenant compte du fait que les dynamiques que nous connaissons peuvent s¹accentuer, mais aussi être accompagnées de changements qu¹il serait vain de prévoir aujourd'hui.

Dans un tel processus, il est nécessaire de retrouver la primauté du spirituel et de l¹éthique et, en même temps, de la politique ‹ responsable du bien commun ‹ sur l¹économie et la finance. Celles-ci doivent, au vu de leurs responsabilités évidentes envers la société, être ramenées dans les limites de leur vocation et de leur fonction réelles, y compris celle sociale, afin de donner vie à des marchés et des institutions financières qui soient véritablement au service de la personne, c¹est-à-dire capables de répondre aux exigences du bien commun et de la fraternité universelle, en transcendant toutes les formes de stagnation économique et de mercantilisme performatif.

Aussi, sur la base d¹une telle approche de type éthique, il apparaît opportun de réfléchir, par exemple : sur des mesures de taxation des transactions financières, avec l'application de taux justes d¹impôt, avec des charges proportionnées à la complexité des opérations, surtout de celles réalisées dans le marché « secondaire ». Une telle taxation serait très utile pour promouvoir le développement mondial et durable selon les principes de justice sociale et de solidarité, et elle pourrait contribuer à la constitution d¹une réserve mondiale destinée à soutenir les économies des pays touchés par la crise, ainsi que la restauration de leur système monétaire et financier ; sur des formes de recapitalisation des banques avec aussi des fonds publics, en mettant comme condition à ce soutien un comportement «vertueux» et finalisé à développer l¹économie « réelle » ; sur la définition du cadre de l¹activité de crédit ordinaire et d¹Investment Banking. Une telle distinction permettrait d¹instaurer une discipline plus efficace des « marchés-ombre » privés de tout contrôle et de toute limite.

Un réalisme sain demanderait le temps nécessaire pour construire d'amples consensus, mais le bien commun universel est toujours présent à l¹horizon, avec ses exigences inéluctables. Aussi est-il souhaitable que tous ceux qui, dans les universités et les différents instituts, sont appelés à former les classes dirigeantes de demain se consacrent à les préparer à leurs responsabilités, qui sont celles de discerner et de servir le bien public mondial, dans un monde en constante mutation. Il est nécessaire de combler le fossé entre la formation éthique et la préparation technique, en soulignant particulièrement la synergie inévitable qui existe entre le plan de la praxis et celui de la poièsis.

Un effort identique est demandé à tous ceux qui sont aptes à éclairer l¹opinion publique mondiale, afin de l¹aider à affronter ce monde nouveau, non plus dans l¹angoisse, mais dans l¹espérance et la solidarité.

Conclusions

Avec les incertitudes actuelles, dans une société capable de mobiliser des moyens importants, mais où la réflexion au plan culturel et moral reste inadéquate quant à leur utilisation pour réaliser des objectifs appropriés, nous sommes invités à ne pas renoncer, et surtout à construire un avenir de sens pour les générations futures. Il ne faut pas avoir peur de proposer des nouveautés, même si elles peuvent déstabiliser les équilibres de forces préexistantes qui dominent sur les plus faibles. Elles sont la graine qui, mise en terre, germera et ne tardera pas à porter ses fruits.

Comme Benoît XVI <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index_fr.htm> a exhorté, il est indispensable de trouver des agents à tous les niveaux ‹ social, politique, économique, professionnel ‹ animés par le courage de servir et de promouvoir le bien commun grâce à une bonne vie. (21) Eux seuls réussiront à vivre et à voir au-delà des apparences, en percevant le fossé qui existe entre ce qui est réel et qui existe déjà, et ce qui est possible mais jamais expérimenté.

Paul VI <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/index_fr.htm> a souligné la force révolutionnaire de l¹« imagination prospective », capable de percevoir dans le présent les possibilités qui y sont inscrites, et d¹orienter les hommes vers un avenir nouveau. (22) En libérant son imagination, l¹homme libère son existence. Il est possible, grâce à un engagement d¹imagination communautaire, de transformer non seulement les institutions, mais aussi les styles de vie, et de susciter un avenir meilleur pour tous les peuples.

Dans le temps, les Etats modernes sont devenus des ensembles structurés, concentrant leur souveraineté dans les limites de leur territoire. Mais les conditions sociales, culturelles et politiques se sont transformées progressivement. Leur indépendance s'est accrue ‹ de sorte qu¹il est devenu naturel de penser à une communauté internationale intégrée et toujours plus dirigée par un système partagé ‹ mais une forme corrompue de nationalisme est restée, suivant lequel l¹Etat estime pouvoir, de façon autarchique, réaliser le bien de ses concitoyens.

Aujourd¹hui, tout cela semble surréel et anachronique. Aujourd¹hui, toutes les petites ou grandes nations, de même que leurs gouvernements, sont appelées à dépasser cette «situation de nature» qui voit les Etats luttant entre eux en permanence. Malgré certains de ses aspects négatifs, la mondialisation réunit davantage les peuples, les incitant à s¹orienter vers un nouvel «état de droit» au niveau supranational, situation étayée par une collaboration plus intense et plus féconde. Suivant une dynamique analogue à celle qui, dans le passé, a mis fin à la lutte «anarchique» entre les clans et les royaumes rivaux, en vue de la constitution d¹Etats nationaux, l¹humanité doit aujourd¹hui s¹engager dans la transition entre une situation de luttes archaïques entre les entités nationales et un nouveau modèle de société internationale plus unie, polyarchique, respectueuse de l'identité de chaque peuple, dans le cadre de la richesse variée d¹une unique humanité.

Un tel passage, qui a d'ailleurs déjà timidement commencé, assurerait aux citoyens de tous les pays ‹ quelles qu¹en soient la dimension ou la puissance ‹ la paix et la sécurité, le développement, des marchés libres, stables et transparents. Selon Jean-Paul II <http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/index_fr.htm>, « De même qu¹à l¹intérieur des Etats... le système de la vengeance privée et des représailles a été remplacé par l¹autorité de la loi, de même il est maintenant urgent qu¹un semblable progrès soit réalisé dans la communauté internationale ». (23)

Le temps est venu de concevoir des institutions ayant une compétence universelle lorsque des biens vitaux et partagés de toute la famille humaine sont en jeu, des biens que les Etats individuellement sont incapables de promouvoir et de protéger par eux-mêmes.

Il existe donc les conditions pour dépasser un ordre international « westphalien », dans lequel les Etats ressentent l¹exigence de la coopération mais sans saisir l¹occasion d¹intégrer les souverainetés respectives pour le bien commun des peuples.

Il revient aux générations actuelles de reconnaître et d¹accepter en toute conscience cette nouvelle dynamique mondiale vers la réalisation d'un bien commun universel. Certes, cette transformation s¹effectuera au prix d'un transfert, graduel et équilibré, d¹une partie des attributions nationales à une Autorité mondiale et aux Autorités régionales, ce qui s¹avère nécessaire à un moment où le dynamisme de la société humaine et de l'économie, ainsi que le progrès de la technologie, transcendent les frontières qui se trouvent en fait déjà érodées dans l¹univers mondialisé.

La conception d¹une nouvelle société et la construction de nouvelles institutions ayant une vocation et une compétence universelles sont une prérogative et un devoir pour tous, sans aucune distinction. C¹est le bien commun et l¹avenir même de l'humanité qui sont en jeu.

Dans ce contexte, chaque chrétien est spécialement appelé par l¹Esprit à s'engager, avec décision et générosité, afin que les nombreuses dynamiques à l'oeuvre s¹orientent vers des perspectives de fraternité et de bien commun.

D¹immenses chantiers d¹activité s¹ouvrent pour le développement intégral des peuples et de chaque personne. Comme l¹affirment les Pères du Concile Vatican II <http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm>, il s¹agit d¹une mission à la fois sociale et spirituelle, qui « a ... beaucoup d¹importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où (elle) peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine ». (24)

Dans un monde en voie de mondialisation rapide, la référence à une Autorité mondiale devient le seul horizon qui soit compatible avec les nouvelles réalités de notre époque et avec les besoins de l¹espèce humaine. Toutefois, il ne faut pas oublier que, du fait de la nature blessée des hommes, cela ne se fait pas sans angoisses ni sans souffrances.

Dans le récit de la Tour de Babel (Gn 11, 1-9), la Bible lance un avertissement sur la façon dont la «diversité» des peuples peut se transformer en un véhicule d¹égoïsme et un instrument de division. Dans l¹humanité, le risque existe bien que les peuples finissent par ne plus se comprendre et que les diversités culturelles provoquent des oppositions inguérissables. Le mythe de la Tour de Babel nous prévient aussi qu¹il faut bien se garder d¹une «unité» de façade seulement, qui est toujours le siège d¹égoïsmes et de divisions du fait que les bases de la société sont instables. Dans les deux cas, Babel est l¹image de ce que les peuples et les individus peuvent devenir lorsqu¹ils ne reconnaissent pas leur dignité transcendante intrinsèque et leur fraternité.

L¹esprit de Babel est l¹antithèse de l¹Esprit de Pentecôte (Ac 2, 1-12), du dessein de Dieu pour toute l¹humanité, c¹est-à-dire de l¹unité dans la vérité. Seul un esprit de concorde, qui surmonte les divisions et les conflits, permettra à l¹humanité d¹être véritablement une seule famille, jusqu¹à concevoir un monde nouveau avec la constitution d¹une Autorité publique mondiale, au service du bien commun.

(1) Paul VI, Lettre encyclique Populorum progressio <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum_fr.html>, 13.

(2) Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html>, 21.

(3) Leaders¹ Statement, The Pittsburgh Summit, 24-25 septembre 2009, Annexe, 1.

(4) Concile Vatican II, Constitution pastorale sur l¹Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes <http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html>, 34.

(5) Paul VI, Lettre encyclique Populorum progressio <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum_fr.html>, 76 sq.

(6) Cf. International Monetary Fund, Annual Report 2007, p. 8 sq.

(7) Cf. Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html>, 45.

(8) Ib., 77.

(9) Ib., 40.

(10) Jean XXIII, Lettre encyclique Pacem in terris <http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html>, 70.

(11) Ib., 71-74.

(12) Cf. Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html>, 67.

(13) Cf. Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html>, 67.

(14) Ib.

(15) Cf. Ib.

(16) Cf. ib., 57, 67.

(17) Ib., 57.

(18) Ib.

(19) Cf. Concile Vatican II, Constitution pastorale sur l¹Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes <http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html>, 70.

(20) Cf. Leaders¹ Statement, The Pittsburgh Summit, September 24-25, 2009 ;

cf. Annex, par. 1; G-20 Framework for Strong, Sustainable, and Balanced Growth, § 1; Leaders¹ Statement, nn. 18, 13.

(21) Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate <http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html>, 71.

(22) Cf. Paul VI, Lettre apostolique Octogesima adveniens <http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/apost_letters/documents/hf_p-vi_apl_19710514_octogesima-adveniens_fr.html>, 37.

(23) Jean-Paul II, Lettre encyclique Centesimus annus <http://www.vatican.va/edocs/FRA0072/_INDEX.HTM>, 52.

(24) Concile Vatican II, Constitution pastorale sur l¹Eglise dans le monde de ce temps, Gaudium et spes <http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html>, 39.

 

 

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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
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"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

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