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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 13:27
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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 13:15

Selon le Traité de l'Elysée, la France et l'Allemagne devaient "étudier en commun les moyens de renforcer leur coopération dans la politique énergétique et les problèmes de communication et de transport". Pourquoi pas une agence de coopération et de développement de la zone euro à Strasbourg.

Parmi les secteurs du Traité de l'Elysée restés en friche, la France et l'Allemagne devaient "étudier en commun les moyens de renforcer leur coopération dans la politique énergétique et les problèmes de communication et de transport". La France et l'Allemagne ont des politiques divergentes sur le nucléaire, mais peuvent s'entendre sur un programme ambitieux d'économies d'énergie et d'énergies nouvelles, sur les infrastructures de développement durable dont le ferroutage européen et sur les programmes de communication et d'interconnexion des nouvelles technologies.  

Ce processus de création de richesses rentables pourrait utiliser les facilités monétaires en adaptant l'actuel refinancement bancaire à l'économie réelle. Au lieu de prêter à 3 ans l'argent de la Banque Centrale Européenne aux banques pour leur liquidité à court terme, il s'agirait de leur prêter à 10 ans à la condition expresse de financer des projets rentables - ce que ne peut être fait par un refinancement court. Par exemple, la communauté des experts estime qu' 1/3 de l'énergie utilisée pourrait être économisée avec un retour d'investissement sur 10 ans si l'argent est prêté à un taux proche de l'inflation. Il en est de même de lignes de ferroutage déjà rentables ou des programmes d'interconnexion de réseaux.

"Nous avons créé autant de fausse monnaie pour rien, en cherchant juste à gagner du temps"

Aujourd'hui la création monétaire de la BCE est du même niveau que la création monétaire de la FED aux Etats-Unis. L'Allemagne souhaitait éviter une création monétaire qui dépassât 2% l'an pour suivre l'inflation ; le résultat est fin 2012 une création monétaire multipliée par 4 en dix ans pour donner l'illusion que les problèmes des déficits structurels du Sud sont résolus - via la ''fausse monnaie'' de la liquidité donnée aux banques et les transferts de la Banque centrale Cette création monétaire n'ayant pas pour contrepartie de création nouvelle de richesses dans les pays du Sud, il s'agit bien d'une illusion monétaire. Les déficits structurels du Sud subsistent, renfloués momentanément par cette politique monétaire laxiste ou par des mécanismes de solidarité. Ces mécanismes obligent le MES à aller emprunter sur le marché à 3% l'argent prêté aux banques à 1% ; sans rien régler des déficits de pays dont  on ne sait comment ils rembourseront.

Les Etats-Unis ont été plus pragmatiques. En agissant directement sur la dette des Etats et sur les obligations immobilières et des entreprises, ils sont quasiment sortis de crise alors que la zone euro continue à s'y enfoncer. Les EU - comme le montre Le bilan de la FED - ci-dessous - montre l'achat de 1000 Mds $ de dette nationale et de 1000 Mds d'obligations des agences publiques. Ils sont ainsi parvenus à contenir le taux d'intérêt de la dette publique, malgré un déficit (public et commercial) bien supérieur aux pays de la zone euro, et même des pays du Sud de la zone euro. Ils ont ainsi évité le phénomène de propagation du taux élevé de l'intérêt de dette publique, au financement bancaire (par le risque lié à la dette souveraine), celui-ci se propageant à la dette privée des entreprises et des ménages. Montrant la solvabilité US, ils sont parvenus à engager un processus de désendettement par la priorité donnée à la croissance et ont désormais des taux d'intérêt à long terme inférieurs à la croissance. En conséquence, le niveau d'investissement n'a pas baissé, la productivité a augmenté et les salaires, sans baisser, sont devenus inférieurs à ceux de la zone euro. La création monétaire focalisée sur la croissance y est pour beaucoup, elle était d'ailleurs recherchée en étant maîtrisée pour faire aussi baisser le dollar.

Nous avons créé autant de fausse monnaie pour rien, en cherchant juste à gagner du temps, en diluant les déficits par la création monétaire. Plus grave, nous avons aggravé notre possibilité de rebondir. La croissance potentielle de la zone euro est aujourd'hui de 0.5%, celle des Etats Unis est de 2.5% et celle du Royaume uni à 1.7%, « l'investissement public recule fortement depuis 2009 (de 2,8% à 2,2% du PIB de la zone euro), l'investissement productif a reculé de 15% depuis 2008, l'investissement en nouvelles technologies de 6% ».[i].

 

L'austérité n'a rien réglé

Nous nous croyons guéris mais l'austérité n'a rien réglé si les capacités productives ont diminué, si la recherche et l'innovation ont été sacrifiées à la rigueur, si l'équilibre des balances de paiement résulte juste de la baisse de la demande aggravant le chômage. Les capacités productives ont diminué sans régler le problème de la dette car l'insolvabilité demeure, l'intérêt de la dette étant plus élevé que la croissance qui s'effondre. L'illusion monétaire a évité le collapse financier mais le collapse social s'est rajouté avec des taux de chômage qui flirtent les 30% en Grèce ou au Portugal.

L'équilibre de la rigueur a ses limites et on ne peut s'étonner que les Français n'achètent plus, si leur fiche de paie diminue - face à l'inflation - et qu'ils continuent à épargner car les perspectives sont sombres. La France est un des pays les plus désindustrialisés de la zone euro avec un manque intra-européen de compétitivité. Avec la fiscalité sur les entreprises la plus forte du Monde, comment les entreprises françaises peuvent-elle tenir -  Proportionnellement plus de 160 Mds - d'impôts pèsent en plus sur les entreprises françaises par rapport aux allemandes.

Aussi serait-il utile que la France et l'Allemagne, avec le soutien de l'Italie, prennent l'initiative d'une mise à niveau des économies structurellement déficitaires par la création de nouvelles richesses, par l'investissement pour aller chercher la croissance. La France est directement impliquée à la réussite d'un tel projet mais aussi l'Allemagne qui ne peut se satisfaire de l'appauvrissement de ses principaux clients dont la France qui est le premier.

 

L'Agence de coopération et de développement de la zone euro s'appuiera sur les grandes banques publiques -France, Allemagne, Italie pour commencer - et les acteurs privés pour préparer un Plan européen de croissance - par l'offre et l'investissement - sans casser la demande, qui portera sur :

  1. 1.  les infrastructures rentablesdont les économies d'énergie et les énergies nouvelles, le ferroutage et la mise en oeuvre de fonds d'investissement adaptés à la réalisation de projets ; 
    1. 2.  le soutien au fonds propres des sociétés performantes - particulièrement au Sud - dont l'innovation et l'internationalisation peuvent permettre de tirer profit de la croissance des zones émergentes et de l'approfondissement du marché intérieur.

 

Plus globalement, cette structure légère de coordination et d'action :

  • Préparera techniquement les Project bonds en multipliant la capacité de garantie de projets ou d'investissements pour les pays en difficulté.
  • Proposera des projets rentables construits de manière commune pour apporter de véritables solutions aux déficits des pays de la zone euro, avec les instruments de gestion et de financement de ces projets, construits avec l'appui du secteur public et privé.
  • Négociera avec la BCE, via les Présidents des banques publiques, le financement à long terme de de ces projets. Le Sud a besoin d'un investissement de 1800 Mds - (permettant un rendement de 180 Mds/an pour compenser 180 Mds euros de déficits en 2011 de sa balance des paiements).
  • Utilisera au mieux les instruments de marché pour trouver les autres financements. L'épargne financière de la zone euro est de 19.000 Mds.

 

Il faut que l'épargne du Nord circule à nouveau vers le Sud grâce aux projets rentables permettant de rembourser  l'emprunt. La France et l'Allemagne construiront ainsi l'Europe concrète des projets et des coopérations attendue par les citoyens tout en apportant de véritables solutions à la crise de la zone euro.


[i] Natixis Flash économie 56 : voit-on des signes de redressement de la croissance potentielle dans la zone euro ?

 

Jean-Luc Schaffhauser, Consultant international est Président de l’Académie européenne, ancien Délégué Général du Fonds Capec, Secrétaire Général du Forum démocratique qui  vient de se constituer en France et qui regroupe des intellectuels de gauche et de droite ainsi que des responsables de la société civile.


En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/qu-faut-au-couple-franco-allemand-c-est-nouveau-projet-et-pourquoi-pas-energie-jean-luc-schaffhauser-615763.html#fV0DhTVwu3FfrhdG.99

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 10:54
 
Le 22 décembre a été lancée officiellement l'initiative "Je veux l'Europe", une plateforme internet dédiée aux messages vidéo de nos concitoyens, inconnus ou célèbres expliquant en une minute ce que représente l’Europe pour eux, pourquoi ils veulent l’Europe.
Jacques Delors est le Président d'honneur de l'initiative.
Pour en savoir plus sur cette initiative : dossier-de-presse-jve dossier-de-presse-jve
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 22:11

L’Union européenne multiplie les négociations à travers le monde pour conclure des accords de libre-échange comme l’atteste le document suivant du Conseil de l’Union européenne : www.consilium.europa.eu/uedocs/NewsWord/FR/foraff/130604.doc

Le 19 juin  2012, le groupe de travail sur la constitution de la zone de libre-échange U.E.&U.S.A a publié son rapport intermédiaire à l’issue du sommet du G20 organisé à Los Cabos (Mexique). Dans une déclaration commune, le président américain, Barack Obama, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, ont salué ce rapport.

 Ce rapport intérimaire a clairement délimité le champ des futures négociations, mettant en exergue un large éventail d'options possibles pour l'expansion du commerce et des investissements transatlantiques, lesquelles incluent : l'élimination ou la réduction des barrières conventionnelles au commerce des marchandises (tarifs et contingents tarifaires), l'élimination, la réduction ou la prévention des obstacles au commerce des services et des investissements ; les possibilités de renforcer la compatibilité des règlements et des normes ; l'élimination, la réduction ou la prévention des barrières non tarifères derrière la frontière.

Le Commissaire au Commerce, Karel De Gucht, et son homologue américain, le représentant au Commerce Ron Kirk, devraient remettre d'ici la fin du mois de janvier 2013 leurs recommandations sur la faisabilité d'un accord de libre-échange UE/Etats-Unis, recommandations qui auraient dû être présentées avant la fin de l'année 2012.

Par la voix de son Premier ministre, Enda Kenny, l'Irlande, qui a pris le 1er janvier les rênes de la présidence de l'UE pour le 1er semestre 2013, n'a pas caché son excitation quant à la perspective de lancer des négociations de libre-échange avec les Etats-Unis en créant au sein du Conseil les conditions requises pour favoriser l'octroi d'un mandat de négociation à la Commission européenne (qui assure aujourd'hui, pour le compte de l'Union, la coprésidence du Conseil économique transatlantique - Le Conseil économique transatlantique -) , et ce malgré une grande sensibilité sur le dossier agricole.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, fait lui aussi des négociations de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis une priorité clef du Royaume-Uni pour sa présidence du G8 en 2013, bien qu'un tel accord ne figure pas à l'agenda du G8.

Pour la Commission européenne, la négociation d'un accord ambitieux serait "la meilleure option pour l'UE". Dans une note interne à ses services, l'exécutif européen estime qu'il ne fait "aucun doute" qu'entamer des négociations de libre-échange est "l'option préférée" au regard de deux autres : le statu quo ou des accords limités aux tarifs, aux services et aux marchés publics. Un accord global entre l'UE et les Etats-Unis participerait en outre à accroître le revenu mondial de 325 milliards de dollars (sic !), dont 86 milliards d'euros se matérialiseraient dans les pays tiers. Un accord commercial complet entre l'UE et les Etats-Unis, dont les échanges bilatéraux atteignent déjà 3 800 milliards d'euros par an et alimentent 15 millions d'emplois de part et d'autre de l'Atlantique, leur permettrait également de faire face à l'essor rapide des économies émergentes, comme la Chine, note la Commission. 

 

Voir également :

 * Le libre échange toujours au centre des priorités !

 * Les actions de l'Union en matière coopération économique, financière et technique, avec des pays tiers autres que les pays en développement, selon le traité de Lisbonne

 * Zoom sur la nouvelle politique commerciale de l'Union européenne

 * Rapport 2011 de la Commission au Conseil européen sur les obstacles au commerce et à l’investissement

 * Retour sur image : L’Union européenne fixe des priorités pour supprimer les obstacles au commerce (nouvelle édition)

 * Un cas concret du rôle des parlements nationaux au sein de l'UE : la position et l'action du Sénat français à l'égard des objectifs prioritaires de la politique commerciale commune

 * G20 : Déclaration finale (Los Cabos - 19 juin 2012)

 * Retour sur quelques décisions adoptées lors du sommet du G20 de Los Cabos les 18 et 19 juin 2012

 * Le Parlement européen est favorable à l'ouverture de négociations de libre-échange ambitieuses avec les Etats-Unis en 2013, et appelle à veiller à protéger les intérêts de l'UE 

 * Plaidoyer pour un renouveau du capitalisme transatlantique (Rapport final du projet "New Atlantic Capitalism", par Eulalia Rubio (Notre Europe - Institut Jacques Delors)

 * Réciprocité des échanges commerciaux : Nicole BRICQ réaffirme à Bruxelles la nécessité pour les entreprises européennes de concourir à armes égales  

 * Pour Pascal Lamy, les tensions commerciales reposent sur une façon obsolète de mesurer les échanges internationaux

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 18:42

  A l'occasion du cinquantenaire du traité de l'Elysée, le Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) a le plaisir de vous annoncer la parution de deux ouvrages.
        

Les relations franco-allemandes dans une Europe unifiée. Mythes et réalités.

de Gilbert Ziebura
Presses universitaires de Bordeaux, 2013, 412 pages, broché, 26€, ISBN 978-2-86781-1-823-3

 

Peu de pays ont connu une histoire aussi conflictuelle que la France et l'Allemagne. Aussi la réconciliation fut-elle longue et difficile. Pourtant, les anciens « ennemis héréditaires » sont si bien parvenus à surmonter le passé que leur « modèle » de réconciliation est aujourd'hui étudié et envié partout dans le monde. Gilbert Ziebura retrace l'histoire de ce processus, de Potsdam (1945) à Maastricht (1992), en analysant le rôle des différents « couples » emblématiques qui se sont succédé au cours de cette période : Adenauer-Schuman, de Gaulle-Adenauer, Schmidt-Giscard d'Estaing et Mitterrand-Kohl. Il démontre que la réconciliation n'est jamais allée de soi, qu'elle a été le fruit de compromis permanents et de la volonté de dépasser les clivages d'autrefois, mais qu'elle s'est aussi inscrite dans un contexte international marqué par la guerre froide et la construction européenne qui ne laissait d'autre choix aux Français et aux Allemands que de s'entendre. Il met en lumière les divergences d'intérêts qui se cachaient derrière le discours de l'amitié, divergences qui ont toujours existé et qui n'ont pas disparu aujourd'hui, alors que l'Union européenne traverse la crise la plus grave depuis sa création. G. Ziebura analyse la relation franco-allemande dans sa dimension européenne et transatlantique, mais aussi dans sa dimension politique, économique et sociale - condition indispensable pour comprendre les enjeux actuels de la relation entre Paris et Berlin.

                       
Veuillez trouver ci-après l'avant-propos de Ingo Kolboom. Avant-propos Les relations franco-allemandes dans une Europ Avant-propos Les relations franco-allemandes dans une Europe désunie

 

Les relations franco-allemandes dans une Europe unifiée. Réalisations et défis.

 
sous la direction de Hans Stark, Martin Koopmann et Joachim Schild
Presses universitaires de Bordeaux, 2013, 247 pages, broché, 26€, ISBN 978-2-86781-824-0
 

Il y a cinquante ans, le traité de l'Élysée, signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, jetait les bases d'un partenariat bilatéral qui reste sans égal dans le monde. Alors que l'Europe semble se fissurer, la France et l'Allemagne sont plus interdépendantes que jamais et assument une responsabilité croissante pour le devenir du Vieux Continent. Pourtant, le partenariat qui lie les deux pays ne va pas de soi. Il doit être en permanence repensé et relancé, tant les différences politiques, économiques et culturelles entre la France et l'Allemagne demeurent nombreuses. D'où la nécessité de s'interroger sur les acquis de ce partenariat et de mener, des deux côtés du Rhin, une réflexion approfondie sur le rôle joué par Paris et Berlin au sein de l'Union européenne, afin de dégager des perspectives nouvelles.
Loin des sentiers battus et des discours convenus, cet ouvrage dresse ainsi un bilan des deux dernières décennies (depuis Maastricht) et revient en détail sur un grand nombre de défis auxquels se heurte la relation franco-allemande : la réforme des institutions européennes, la montée des résistances à l'Europe, l'élargissement à l'Est et l'ouverture sur le Sud méditerranéen, la coopération en matière de défense et de sécurité, la crise de l'euro, la crise économique, les défis de la globalisation, le nucléaire civil après Fukushima, les relations socioculturelles et la « perception de l'Autre ».
Les auteurs : Martin Koopmann, Joachim Schild, Hans Stark, Michel Cruciani, Dominique David, Corine Defrance, Claire Demesmay, Daniela Heimerl, Maïté Jauréguy-Naudin, Pascal Kauffmann, Ulrich Pfeil, Yann-Sven Rittelmeyer, Jean-Marc Trouille, Henrik Uterwedde.

Veuillez trouver ci-après l'introduction de Hans Stark. Introduction Les relations franco-allemandes dans une Europ Introduction Les relations franco-allemandes dans une Europe désunie

                       
 
 
 
 
 
 

 

 
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:07
 

  

 

Il flotte en France un air d'antigermanisme. Une sourde critique monte contre le supposé impérialisme économique allemand. Il est tentant de balayer le reproche d'un revers de main. A la différence de leurs voisins, les Français n'ont pas accompli les réformes de compétitivité qui s'imposent ; sans cesse, ils invoquent la croissance pour mieux reporter l'assainissement des finances publiques. Et pour cacher l'extraordinaire succès de l'Allemagne sur le front de l'emploi depuis l'adoption des lois Hartz, ils insistent sur les jobs mal payés outre-Rhin et l'accroissement des inégalités. "Nous ne mangeons pas de ce pain-là", serinent les Français, qui, à force de confondre l'essentiel et l'accessoire, finiraient par nier l'extraordinaire succès de leurs voisins.

Toutefois, la faiblesse française ne saurait masquer le retour d'une question allemande. Berlin prône l'instauration de l'Ordnungspolitik (politique économique générale) sur l'ensemble du territoire européen, gage de compétitivité et de prospérité. Toutefois, ses modalités d'application ne sauraient se faire aux conditions allemandes.

Premier reproche, les Allemands veulent imposer les règles européennes à condition de ne pas y être complètement assujettis. C'est le cas de l'Union bancaire dont les caisses d'épargnes et banques régionales devaient être exemptées. Pourtant, le passé ne plaide pas pour le système bancaire allemand, qui a connu des défaillances majeures depuis 2007, à commencer par celle d'Hypo Real Estate. C'est aussi le cas des contrats de compétitivité, qu'Angela Merkel voulait que la Commission scelle avec les pays européens pour accompagner leurs réformes. La chancelière est moins allante depuis que François Hollande lui a expliqué que l'Allemagne et le Bundestag devraient aussi s'y plier.

Second reproche, l'Allemagne interromprait brutalement les règles de l'Ordnungspolitik lorsque le jeu lui est défavorable. Ainsi en est-il de l'aéronautique et du spatial, où les compétences sont plus françaises et britanniques. La loi du marché aurait dû conduire à la concentration d'EADS dans ces deux pays, mais Angela Merkel, comme Gerhard Schröder, a voulu protéger les usines bavaroises et hambourgeoises. La chancelière a ainsi mis son veto au projet de fusion avec British Aerospace notamment par – osons le mot – protectionnisme allemand.

Les Allemands sont moins performants en aéronautique, mais exigent, du fait de leur taille, la moitié du gâteau. Ce discours serait tenable s'il valait pour tous les secteurs. Ce n'est pas le cas, selon les Français, qui accusent les groupes automobiles allemands, à commencer par Volkswagen, de vouloir "sortir du marché" le groupe Peugeot effectivement moribond.

L'Europe ne peut pas se construire sur le principe que les usines allemandes sont protégées, celles des autres soumises à la destruction créatrice du capitalisme. Faute de quoi, le principe même de l'union douanière sera remis en cause. Les Allemands considèrent que le libre-échange est une règle immuable. Comme l'euro, il s'agit d'un acquis qui ne va pas de soi. Jacques Delors le savait puisqu'il avait imposé, lors de la création du marché unique puis de l'euro, la création d'aides régionales pour aider les pays de la périphérie européenne.

Les Allemands doivent réinvestir dans une Europe latine, qui est en train de se réformer. Faute de quoi, l'Allemagne affrontera la révolte de ses voisins et le marché européen n'y survivra pas.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 22:09

La France et l'Allemagne, principaux architectes de la construction européenne, fêtent ce mardi les 50 ans de leur réconciliation historique d'après-guerre, dans une période de crispations sur la crise de l'euro.

Atlantico : La France et l'Allemagne célébreront demain, le 50e anniversaire du traité de l'Elysée. Ce traité, signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, a jeté les bases d'un rapprochement entre les deux pays. Derrière les proclamations d’amitié, quelles sont les pires horreurs que les élites françaises et allemandes pensent et disent les unes des autres ?

Bernard de Montferrand : Ce sont des reproches bien connus et récurrents qu’il faut expliquer à nouveau tous les matins. Les Allemands comprennent mal les méthodes de décision françaises, qui consistent à peu consulter et à avoir une idée brillante toutes les cinq minutes en voulant faire cavalier seul ; ils nous voient comme d’incorrigibles dépensiers trop éloignés du principe de responsabilité. Notre "légèreté" et notre capacité à nous sortir des mauvais pas les surprend toujours. Du côté français, on s’impatiente sans cesse devant la lenteur du processus de décision allemand, sur la tendance de nos voisins à vouloir avoir raison seuls, sur leur côté moraliste que nous jugeons parfois un peu hypocrite.

Mais pourquoi parler toujours des reproches. Il existe aussi beaucoup de qualités que les deux peuples apprécient chez leurs voisins. Les Français estiment la fiabilité allemande et leur méthode lorsque quelque chose a été décidé en commun. Ils admirent leur capacité à aller au fond des choses. Les Allemands nous envient notre capacité à être réactifs et flexibles là ou ils sont parfois trop rigides. Ils ont beaucoup de respect pour les compétences de nos grands administrateurs publics et privés et par exemple pour les qualités des responsables de nos grandes entreprises mondialisées.

Aujourd’hui, ces différences s’appuient sur une amitié irréversible qui est un fait historique. Autrefois, cela nous menait au pire. Désormais, ce sont des complémentarités qui s'expriment chaque fois que l’on fait un réel effort de dialogue.

Jakob Hoeber : Malgré le rapprochement historique entre la France et l'Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la méfiance entre les élites des deux pays n'a jamais cessé d'exister. Ou dans certaines élites, faudrait-il ajouter, car quelques cercles sont historiquement proches du voisin. Concentrons-nous sur l'argumentation des "méfiants". Ils considèrent les relations internationales comme un jeu à somme nulle. La perte de l'un est le gain de l'autre. Très attachés à la patrie, ils refusent la collaboration avec un autre pays car ils estiment que chaque entité politique poursuit ses propres intérêts. Généralement, ces personnes sont également hostiles à plus d'intégration européenne. C'est un tableau un peu noir et blanc, la réalité est bien sûr plus nuancée.

En France, on perçoit l'Allemagne comme un prédateur qui veut trouver sa place à la tête de l'Europe. Elle n'est pas parvenue à la faire par le biais militaire en 1914-1948 et en 1939-1945. Elle le tente aujourd'hui de la faire par le biais du levier économique. Son ascension se fait sans considération de ses partenaires européens. Elle est prête à s'imposer au détriment de sa population – avec une baisse des salaires – pour atteindre cette objective.

En Allemagne, on se méfie de la volonté de la France de vouloir construire une vraie Europe fédérale. Pour certain, l'engagement français n'est qu'un reflet de la volonté française de contrôler l'Allemagne. Puisque la France n'a jamais raté une occasion d'affaiblir son voisin, elle veut aujourd'hui limiter l'influence allemande dans les structures européennes tout en cherchant à limiter une construction européenne réelle et, surtout, une perte de souveraineté.

Gérard Bossuat : D’abord, je voudrais rappeler que le rapprochement franco-allemand n’a pas commencé le 22 janvier 1963. Le rapprochement a des antécédents avant la Seconde Guerre mondiale quand Aristide Briand s’entendait avec Gustav Stresemann, mais surtout après 1945 quand Robert Schuman, démocrate-chrétien, et Jean Monnet, commissaire général du plan, ont proposé de placer sous une Haute Autorité le charbon et l’acier français et allemands (mais aussi belges, néerlandais et italiens), première étape d’une Europe fédérale. Konrad Adenauer, chancelier de RFA, démocrate chrétien a accepté le projet du 9 mai 1950, premier acte de la réconciliation franco-allemande. Les traités de Rome du 25 mars 1957, en particulier le traité de Communauté économique européenne (Marché commun), ont réussi parce que Guy Mollet, socialiste français, et Konrad Adenauer, ont dépassé les rivalités franco-allemandes à propos de la Sarre, territoire charbonnier disputé par les deux pays. Le général de Gaulle, chef de l’Etat, n’a donc pas innové en janvier 1963, mais parachevé l’entente franco-allemande, avatar d’un projet d’union politique européenne. Son action invitait donc les Français et les Allemands à inventer un grand avenir pour l’Europe.

Pense-t-on les pires horreurs les uns des autres ? Il serait exagéré de prétendre que la réconciliation franco-allemande est un lit de roses. Mais il le serait tout autant de n’y voir qu’une hypocrisie d’Etat(s) et la volonté d’abuser les peuples. La route de l’amitié est inégale, certes, mais les Français et les Allemands sont attachés à cette forme de relation nouvelle qui entre dans le compromis européen. Il est peut-être faux de parler d’amitié, terme réservé plutôt à la sphère des relations privées. Mais en politique, le terme d’amitié signifie recherche de la satisfaction des intérêts respectifs dans un esprit de compréhension mutuelle.

Les convictions allemandes sur l'austérité et la politique monétaire défendues par Angela Merkel paraissent très éloignées des ambitions de relance de François Hollande. Pourtant, les deux pas semblent dépendants l'un de l'autre. Le couple franco-allemand n’a-t-il pas un côté un peu masochiste ? Dans les coulisses, quels types de reproches l’Allemagne adresse-t-elle à la France et vice-versa ?

Bernard de Montferrand : Ce n’est pas du masochisme, c’est un choc de méthodes, de sensibilités économiques et d’intérêts. Depuis trois ans, les deux pays ont fait des pas de géants l’un vers l’autre pour sauver l’euro et lui assurer un avenir stable. Cela a été trop lent, parfois dangereux et insuffisant, mais au total, ils ont atteint un résultat que les créateurs de l’euro n’avaient pas réussi à atteindre. L’Allemagne a accepté que l’on vienne en aide à un pays qui pouvait mettre la zone euro en danger, elle a consenti à créer un fonds permanent, elle n’a rien fait pour s’opposer aux interventions de la BCE, elle a enfin permis que l’Eurogroupe ait une existence et une structure de gouvernance. De son côté, la France a accepté des disciplines nettement plus strictes et un retour vers des règles de gestion publiques plus raisonnables. Ce retour à l’ordre était indispensable pour éviter le tsunami qu’aurait été pour les deux économies l’explosion de l’euro. Mais chacun est bien conscient que rien ne sera possible sans un retour à la croissance. C’est pour cela que l’Allemagne augmente sa demande intérieure comme le montrent les dernières négociations salariales. Si la France engage des réformes structurelles qui suppriment les rigidités qui brident trop souvent les initiatives, c’est pour la même raison. Sans la croissance, pas de remboursement de nos dettes ; pas de retour à la confiance dans nos opinions. La croissance, ce n’est pas le laxisme ou alors nous serions les champions d’Europe. C’est une bonne gestion de nos économies soucieuse de l’emploi à long terme.

Jakob Hoeber : Le couple franco-allemand n'est pas masochiste. Il s'agit de deux positions opposées et difficiles à réconcilier qui s'expliquent par deux aspects.

D'abord les racines historiques : la France a pu se permettre un Etat-providence pendant des décennies. Cette situation lui permettait de jouer un rôle prédominant dans les relations internationales. Grâce à cette puissance, elle pouvait redistribuer une partie du patrimoine à sa population et garantir un certain niveau de croissance économique. Elle assurait aussi l'accès au crédit des investisseurs internationaux car la France était considérée comme pays stable et fiable.

En Allemagne, l'unification tardive (en 1871 et de nouveau en 1990) et deux guerres perdues ont obligé le pays à trouver un autre chemin de croissance. Pour elle, c'était le chemin de la production industrielle et des exportations ; l'obsession de devoir produire mieux à bas coût.

Deux perceptions, deux solutions : le redressement économique à la française se fait par une consommation interne, il faut alors augmenter les dépenses publiques. Selon Berlin, il faudrait plutôt produire plus et vendre à l'étranger ; pour être compétitif, il suffit d'abord de baisser les coûts du travail et ainsi les coûts de production.

Les intérêts jouent aussi : les entreprises françaises sont nettement plus exposées aux risques des pays en Europe du Sud que celles de l'Allemagne. Leurs investissements directs dépassent largement ceux de l'Allemagne. La récession en Espagne et en Grèce a alors un impact direct sur le chiffre d'affaires des grandes compagnies françaises – au pire, la somme totale serait perdue – tandis que les entreprises allemandes ne sont guère touchées. Finalement, c'est le rôle dans l'espace naturel d'influence. Si cet espace se situe à l'Est pour l'Allemagne, la France a depuis longtemps la vocation de jouer un rôle primordial dans la Méditerranée. Courir à l'aide de ces pays est alors une obligation bien naturelle pour la France.

Au final, c'est la situation actuelle des deux pays qui fait la différence : l'économie allemande va bien, celle en France non. L'Allemagne se porte garant pour une partie des dépenses publiques de la zone euro, naturellement, elle n'a pas intérêt à voir les dépenses publiques augmenter ; en même temps, elle n'a pas besoin d'augmenter les dépenses chez elle. Quant à la France, le Président est historiquement obligé de garantir le bien-être économique. Si il n'y arrive pas, il est discrédité aux yeux de ses électeurs. Le meilleur moyen pour stimuler la croissance reste le feu de paille nommé augmentation de la dépense publique...

Enfin, dans une analyse d'histoire économique, on voit que la poursuite dogmatique d'un de deux chemins (redressement économique via la dépense publique VS baisse des dépenses) n'a jamais abouti. Les deux vont toujours ensemble. Dans le contexte européen, c'est pourtant plus compliqué car la souveraineté budgétaire reste à la discrétion des Etats. L'Allemagne, mais aussi la France, doivent se porter garants pour les dépenses publiques des Etats qui n'ont pas fait la preuve d'une bonne gestion auparavant. En même temps, les dirigeants ont bien conscience qu'une simple baisse des dépenses qui n'est pas suivi par un plan d'investissement (une sorte de plan Marshall pour les pays du Sud) aura des conséquences désastreuses pour leur avenir économique.

Gérard Bossuat : Spéculer sur ce qui se dit en coulisse est illusoire. Les paroles non officielles passent. Dès les premiers temps de la relation franco-allemande apaisée, le thème de la rigueur monétaire et budgétaire suscita des problèmes avec l’Allemagne. L’Allemagne plus attentive aux risques de l’inflation maitrisait mieux que la France son budget. Elle devint l’État de référence en termes monétaires. La politique sociale à la française indisposait les Allemands, dès 1957. Les Français reprochaient à la RFA d’ignorer les efforts français outre-mer pour défendre le monde libre, ce qui avait un impact sur la stabilité du franc par rapport au deutsche mark. Le général de Gaulle ne réussit pas à amener la RFA sur des positions de méfiance envers l’OTAN et les États-Unis. La gauche française ne comprenait rien à la social démocratie allemande qui méprisait aussi les positions du socialisme à la française. La droite française fantasmait toujours sur la menace allemande malgré l’amitié franco-allemande portée au pinacle par de Gaulle. Les chefs d’entreprise allemands réussissaient à négocier le modèle de l’économie sociale de marché et ne comprenaient plus les affrontements classe contre classe à la française. Ils repoussaient toute intervention de l’État au nom d’un libéralisme sui generis, l’ordolibéralisme, base conceptuelle de l’économie sociale de marché.

La palette des tensions franco-allemandes est large, les crises bancaires et budgétaires viennent d’en rappeler l’existence : désaccord sur le rôle de la BCE, sur la gouvernance économique européenne, sur l’exception communautaire européenne en matière de commerce international, incompréhension sur la relation économique et politique avec le Sud, tensions franco-allemandes à propos de l’ex-Yougoslavie en 1990, sur la défense européenne et les industries d’armements. Et pourtant des réussites existent avec le succès de l’Office franco-allemand de la jeunesse, les accords de Schengen, la brigade franco-allemande, la coopération transfrontalière et, malgré toutes les tensions, la volonté politique de les régler dans le cadre bilatéral ou européen. Quand des chefs d’Etat et de gouvernement français et allemands décident de s’appuyer sur la confiance retrouvée, ils savent proposer un horizon aux Européens. Deux exemples sont emblématiques : la relance européenne du sommet de la Haye des Six, en décembre 1969, quand Willy Brandt fit avec succès des propositions de relance au président Pompidou, ou encore le dépassement des tensions intereuropéennes quand le président Mitterrand s’appuya sur le chancelier Kohl pour arriver à une Union européenne et à une monnaie commune, grâce au traité de Maastricht de 1992.

*Les convictions allemandes sur l'austérité et la politique monétaire défendues par Angela Merkel paraissent très éloignées des ambitions de relance de François Hollande. Pourtant, les deux pays semblent dépendants l'un de l'autre.

* Le couple franco-allemand n’a-t-il pas un côté un peu masochiste ?

Pourquoi vouloir toujours opposer rigueur allemande à dépense française. Manifestement la politique de François Hollande tente de restaurer de grands équilibres budgétaires ignorés depuis dix ans. Elle n’est pas éloignée de celle de la chancelière Angela Merkel. Mais les Français savent que la production est la condition d’un bon équilibre social. François Hollande a obtenu en juin 2012 que l’Union soutienne la croissance. Les résultats sont longs à apparaître mais Merkel comme Hollande sont d’accord sur cette relance, trop limitée encore.

Comment définiriez-vous les rapports en Angela Merkel et François Hollande ? Le couple Merkhollande est-il plus ou moins solide que l’était le couple Merkozy ?

Bernard de Montferrand : Je crois que les personnalités sont moins importantes que les intérêts profonds des deux pays. L’une des certitudes des 50 ans du traité de l’Elysée, c’est la solidité du choix stratégique français et allemand d’unir leurs destins au service de l’Europe. Quel autre choix pour l’un comme pour l’autre ? Lequel peut avoir intérêt à un échec de l’euro et de l’Europe ? Que peuvent-ils imaginer peser seuls dans un monde ou les entités qui comptent réunissent des centaines de millions d’habitants voire plus d’un milliard ? Devant cette réalité, il peut y avoir des difficultés journalières, des différences de caractère, parfois même des exaspérations ou des incompréhensions. Mais elles deviennent secondaires face à un intérêt supérieur. Nous restons toujours en compétition et elle est bien plus rude qu’hier mais nous coopérons sur presque tout. Depuis 50 ans nos responsables politiques au plus haut niveau représentent un incroyable kaléidoscope de fortes personnalités. En dépit de cela ils ont toujours dépassé leurs singularités et réussi à trouver les compromis nécessaires. Regardons davantage le but atteint que les difficultés du chemin.

Jakob Hoeber : Difficile de dire si le couple Merkhollande est plus ou moins solide que le couple Merkozy. Hollande n'est président que depuis six mois, tandis qu'Angela Merkel prépare déjà les élection fédérales de septembre 2013.

Toutefois, leur appartenance à des camps politiques différents n'empêche pas a priori la bonne entente entre les deux dirigeants. Dans l'histoire récente des relations franco-allemandes, c'est même les politiciens des camps opposés qui se sont démarqués par une très bonne entente, surtout le couple Mitterrand- Kohl.

Dans leur façon de faire de la politique, Merkel et Hollande se ressemblent. Les deux ont par exemple une aversion pour le risque. Mais si Merkel tient le rênes de son parti de manière très ferme, Hollande semble avoir perdu le contrôle à plusieurs reprises, notamment dans l'affaire Montebourg-Mittal. Ils sont dans deux positions différentes : si Merkel peut agir grâce au développement économique de l'Allemagne et à ses 7 ans au pouvoir, Hollande doit encore s'affirmer.

Merkel et Sarkozy étaient conscients des leurs apports mutuels. Et même si c'est cette image qui transparaissait dans la presse française, Sarkozy n'était pas le partenaire junior de Merkel, il a obtenu des concessions importantes et douloureuses de la part de l'Allemagne. Ils devaient agir sous la pression d'une crise immanente tandis que le travail de construction reviennent aux leaders actuels.

Le couple Merkhollande devra trouver un accord sur la structure de l'Union européenne de demain. Et aussi réconcilier les intérêts de plus en plus divergents entre la France et l'Allemagne. L'enjeu pour ce couple est de continuer à trouver des terrains d'entente et d'aller parfois au-delà des intérêts nationaux afin de faire avancer l'Union européenne.

Gérard Bossuat : Faire couple suppose égalité et respect mutuel. Qui a imposé ses solutions au niveau de l’Union depuis 2007, sinon Angela Merkel ? Le couple Merkozy était déséquilibré au profit de la chancelière, celle-ci donnant la mesure de la régulation dans l’Union. La distance prise par Hollande vis-à-vis du moteur franco-allemand, modèle Merkozy, exige de réinventer un système dans lequel l’initiative franco-allemande, indispensable à l’Union, saura se glisser dans les mécanismes du système communautaire en y associant d’autres partenaires. Les tests de la lutte pour l’emploi ou des investissements innovants semblent pertinents comme marqueur d’une autre relation que la fusion précitée. Hollande et Merkel peuvent, le 22 janvier 2013 redonner du sens à l’Union. Ils ne l’ont pas encore fait.

Source et bibliographie des personnalités interrogées : http://www.atlantico.fr/decryptage/france-allemagne-mefiances-ressentiments-et-incomprehensions-qui-emaillent-encore-notre-relation-apres-50-ans-amitie-gerard-boss-613894.html#cWZ5bOQm9wGT1b3Y.99

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 22:00

Le 22 janvier 1963, le chancelier Adenauer et le général de Gaulle signent le "Traité entre la République Française et la République Fédérale d'Allemagne sur la coopération franco-allemande" dans le salon Murat de l'Elysée. Dans une "déclaration commune" accompagnant le Traité, ils réaffirment leur conviction que "la réconciliation du peuple allemand et du peuple français, mettant fin à une rivalité séculaire, constitue un évenement historique qui transforme profondément les relations entre les deux peuples".  

Paris, 22 janvier 1963

A la suite de la Déclaration Commune du Chancelier de la République fédérale dallemagne et du Président de la République française en date du 22 janvier 1963 sur l'organisation et les principes de la coopération entre les deux Etats, les dispositions suivantes ont été agréés :

I - Organisation

1- Les Chefs d'Etat et de Gouvernement donneront en tant que de besoin les directives nécessaires et suivront régulièrement la mise en oeuvre du programme fîxé ci-après. Ils se réuniront à cet effet chaque fois que cela sera nécessaire et, en principe, au moins deux fois par an.

2- Les Ministres des Affaires Etrangères veilleront à l'exécution du programme dans son ensemble. Ils se réuniront au moins tous les trois mois. Sans préjudice des contacts normalement établis par la voie des Ambassades, les hauts fonctionnaires des deux Ministères des Affaires Etrangères, chargés respectivement des affaires politiques, économiques et culturelles, se rencontreront chaque mois alternativement à Bonn et à Paris pour faire le point des problèmes en cours et préparer la réunion des Ministres. D'autre part, les missions diplomatiques et les consulats des deux pays ainsi que leurs représentations permanentes auprès des organisations internationales prendront tous les contacts nécessaires sur les problèmes d'intérêt commun.

3 - Des rencontres régulières auront lieu entre autorités responsables des deux pays dans les domaines de la défense, de l'éducation et de la jeunesse. Elles n'affecteront en rien le fonctionnement des organismes déjà existants - Commission Culturelle Germano-Française, Groupe Permanent d'Etat-Major - dont les activités seront au contraire développées. Les Ministres des Affaires Etrangères seront représentés à ces rencontres pour assurer la coordination d'ensemble de la coopération.

a) Les Ministres de la Défense ou des Armées se réuniront au moins une fois tous les trois mois. De même, le Ministre français de l'Education Nationale rencontrera, suivant le même rythme, la personnalité qui sera désignée du côté allemand pour suivre le programme de coopération sur le plan culturel.

b) Les Chefs d'Etat-Major des deux pays se réuniront au moins une fois tous les deux mois ; en cas d'empêchement, ils seront remplacés par leurs représentants responsables.

c) Le Ministre fédéral de la Famille et de la Jeunesse ou son représentant rencontrera, au moins une fois tous les deux mois, le Haut-Commissaire français à la Jeunesse et aux Sports.

4 - Dans chacun des deux pays, une commission interministérielle sera chargée de suivre les problèmes de la coopération. Elle sera présidée par un haut fonctionnaire des Affaires Etrangères et comprendra des représentants de toutes les administrations intéressées. Son rôle sera de coordonner l'action des Ministères intéressées et de faire périodiquement rapport à son Gouvernement sur l'état de la coopération germano-française. Elle aura également pour tâche de présenter toutes suggestions utiles en vue de l'exécution du programme de coopération et de son extension éventuelle à de nouveaux domaines.

II - Programme

A) Affaires Etrangères

1 - Les deux Gouvernements se consulteront, avant toute décision, sur toutes les questions importantes de politique étrangère et, en premier lieu, sur les questions d'intérêt commun, en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue. Cette consultation portera entre autres sur les sujets suivants :

-  problèmes relatifs aux Communautés européennes et à la Coopération politique européenne ;

-  relations Est-Ouest, à la fois sur le plan politique et sur le plan économique ;

-  affaires traitées au sein de l'organisation du Traité de l'Atlantique Nord et des diverses organisations internationales auxquelles les deux Gouvernements sont intéressés, notamment le Conseil de l'Europe, l'Union de l'Europe Occidentale, l'Organisation de Coopération et de Développement Economique, les Nations Unies et leurs institutions spécialisées.

2 - La collaboration, déjà établie dans le domaine de l'information, sera poursuivie et développée entre les services intéressés à Bonn et à Paris et entre les missions dans les pays tiers.

3 - En ce qui concerne l'aide aux pays en voie de développement, les deux Gouvernements confronteront systématiquement leurs programmes, en vue de maintenir une étroite coordination. Ils étudieront la possibilité d'entreprendre des réalisations en commun. Plusieurs départements ministériels étant compétents pour ces questions, du côté allemand comme du côté français, il appartiendra aux deux Ministères des Affaires Etrangères de déterminer ensemble les bases pratiques de cette collaboration.

4 - Les deux Gouvernements étudieront en commun les moyens de renforcer leur coopération dans d'autres secteurs importants de la politique économique, tels que la politique agricole et forestière, la politique énergétique, les problèmes de communications et de transports et le développement industriel, dans le cadre du Marché Commun, ainsi que la politique des crédits à l'exportation.

B) Défense

I - Les objectifs poursuivis dans ce domaine seront les suivants :

1 - Sur le plan de la stratégie et de la tactique, les autorités compétentes des deux pays s'attacheront à rapprocher leurs doctrines en vue d'aboutir à des conceptions communes. Des instituts germano-français de recherche opérationnelle seront crées.

2 - Les échanges de personnel entre les armées seront multipliés ; ils concerneront en particulier les professeurs et les élèves des Ecoles d'Etat-Major ; ils pourront comporter des détachements temporaires d'unités entières. Afin de faciliter ces échanges, un effort sera fait de part et d'autre pour l'enseignement pratique des langues chez les stagiaires.

3 - En matière d'armements, les deux Gouvernements s'efforceront d'organiser un travail en commun dès le stade de l'élaboration des projets d'armements appropriés et de la préparation des plans de financement.

A cette fîn, des Commissions mixtes étudieront les recherches en cours sur ces projets dans les deux pays et procéderont à leur examen comparé. Elles soumettront des propositions aux Ministres qui les examineront lors de leurs rencontres trimestrielles et donneront les directives d'application nécessaires.

II - Les Gouvernements mettront à l'étude les conditions dans lesquelles une collaboration germano-française pourra être établie dans le domaine de la défense civile.

C) Education et Jeunesse

En matière d'éducation et de jeunesse, les propositions contenues dans les mémoranda français et allemand des 19 septembre et 8 novembre 1962 seront mises à l'étude, selon les procédures indiquées plus haut.

1 - Dans le domaine de l'éducation, l'effort portera principalement sur les points suivants :

a) Enseignement des langues

Les deux Gouvernements reconnaissent l'importance essentielle que revêt pour la coopération germano-française la connaissance dans chacun des deux pays de la langue de l'autre. Ils s'efforceront, à cette fin, de prendre des mesures concrètes en vue d'accroître le nombre des élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande.

Le Gouvernement fédéral examinera, avec les Gouvernements des Länder, compétents en la matière, comment il est possible d'introduire une réglementation qui permette d'atteindre cet objectif.

Dans tous les établissements d'enseignement supérieur, il conviendra d'organiser un enseignement pratique de la langue allemande en France et de la langue française en Allemagne, qui sera ouvert à tous les étudiants.

b) Problèmes des équivalences

Les autorités compétentes des deux pays seront invitées à accélérer l'adoption des dispositions concernant l'équivalence des périodes de scolarité, des examens des titres et diplômes universitaires.

c) Coopération en matière de recherche scientifique

Les organismes de recherche et les instituts scientifiques développeront leurs contacts en commençant par une information réciproque plus poussée ; des programmes de recherches concertées seront établis dans les disciplines où cela se révélera possible.

2 - Toutes les possibilités seront offertes aux jeunes des deux pays pour resserrer les liens qui les unissent et pour renforcer leur compréhension mutuelle. Les échanges collectifs seront en particulier multipliés.

Un organisme destiné à développer ces possibilités et à promouvoir les échanges sera créé par les deux pays avec, à sa tête, un conseil d'administration autonome. Cet organisme disposera d'un fonds commun germano-français qui servira aux échanges entre les deux pays d'écoliers, d'étudiants, de jeunes artisans et de jeunes travailleurs.

III - Dispositions finales

1 -Les directives nécessaires seront données dans chaque pays pour la mise en oeuvre immédiate de ce qui précède. Les Ministres des Affaires Etrangères feront le point des réalisations acquises à chacune de leurs rencontres.

2 - Les deux Gouvernements tiendront les Gouvernement des autres Etats membres des Communautés européennes informés du développement de la coopération germano-française.

3 - A l'exception des clauses concernant la défense, le présent Traité s'appliquera également au Land de Berlin, sauf déclaration contraire faite par le Gouvernement de la République fédérale dallemagne au Gouvernement de la République française dans les trois mois qui suivront l'entrée en vigueur du présent Traité.

4 - Les deux Gouvernements pourront apporter les aménagements qui se révéleraient désirables pour la mise en application du présent Traité.

5 - Le présent Traité entrera en vigueur dès que chacun des deux Gouvernements aura fait savoir à l'autre que, sur le plan interne, les conditions nécessaires à sa mise en oeuvre ont été remplies.

FAIT à Paris, le 22 Janvier 1963, en double exemplaire en langue allemande et en langue française, les deux textes faisant également foi.

Le Chancelier fédéral de la République fédérale d'Allemagne :

ADENAUER

Le Ministre fédéral des Affaires Etrangères

de la République fédérale d'Allemagne :

SCHRÖDER

Le Président

de la République française :

DE GAULLE

Le Premier Ministre Français :

POMPIDOU

Le Ministre Français

des Affaires Etrangères :

COUVE DE MURVILLE

 

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 20:19
                                                    
Durée : 19:39
Après avoir prêté serment, Barack Obama a appelé à l'action, lundi 21 janvier, sur plusieurs dossiers délicats, comme la réforme de l'immigration, du droit des homosexuels, des armes à feu ou encore du changement climatique. Il a également incité les Américains à s'unir.

Face à plusieurs centaines de milliers de personnes rassemblées devant le Capitole à Washington, le président américain a cité le texte de la déclaration d'indépendance. Puis il a énuméré les réformes qu'il entend mener, déclarant à ses compatriotes : "Notre voyage ne sera pas terminé" tant que ces questions ne seront pas réglées.

Appel à réagir "à la menace du changement climatique"

Le président américain a également appelé ses compatriotes à l'union : "Maintenant, plus encore que jamais, nous devons faire tout cela ensemble, comme un seul pays et un seul peuple", a-t-il lancé sous les acclamations de la foule.

"Nous réagirons à la menace du changement climatique, en gardant à l'esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures", a poursuivi le président américain, qui s'est aussi engagé à maintenir des "alliances fortes" partout dans le monde.

"Personne n'a plus intérêt à un monde en paix que le pays le plus puissant", a plaidé Barack Obama, qui a promis de "soutenir la démocratie de l'Asie à l'Afrique, des Amériques au Moyen-Orient".

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 18:36

La commémoration du cinquantenaire du traité de l’Élysée amène à repenser la relation franco-allemande dans le contexte de l’Union européenne. Tel est l’objectif de ce Mot de Notre Europe – Institut Jacques Delors co-signé par Mathilde Durand, Daniela Schwarzer et António Vitorino, dont se dégagent trois constats principaux :

1. Ce traité a certes permis de développer un dialogue inégalé entre les deux pays,
2. mais la relations franco-allemande doit désormais être rééquilibrée
3. pour que l'UE puisse mieux relever les défis auxquels elle est confrontée.
 
On the eve of the fiftieth anniversary of the Élysée Treaty, the Franco-German relationship needs to be put into a European
perspective. It is the purpose of this Viewpoint of Notre Europe – Jacques Delors Institute co-signed by Mathilde Durand, Daniela Schwarzer and António Vitorino.

It prompts three main considerations:
1. The treaty has certainly made it possible to develop unparalled dialogue between the two countries,
2. but at this juncture the Franco-German relationship needs to be rebalanced
3. in order for the EU to be able to better rise to the challenges that it is called on to face today. 
 
This Tribune is available in English : germany-france-euviewpointne-jdijan13 germany-france-euviewpointne-jdijan13
 
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