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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 14:23

La Commission européenne veut améliorer les règles de l'Union pour accroître sa capacité à faire valoir ses droits et intérêts dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux.

Antériorement au Traité de Lisbonne, les actions prévues par la politique commercial de l'Union pour renforcer ses droits suivaient une approche ad hoc qui ne correspond plus aux besoins de l'Union, explique la Commission dans un communiqué du commissaire en charge de ce dossier, Karel De Gucht. " Pour délivrer des résultats, les accords à l'OMC et les accords bilatéraux auxquels l'Union a souscrit doivent être respectés. Lorsque des différends commerciaux prouvent que d'autres pays n'ont pas joué les règles, l'Union doit povoir réagir efficacement et rapidement pour défendre ses intérêts."

C'est la raison pour laquelle l'exécutif européen a mis sur la table, le 18 décembre 2012, une proposition de règlement visant à établir un cadre clair et prévisible pour que l'Union puisse prendre des mesures d'exécution lorsque ses droits ne sont pas respectés dans le cadre des accords commerciaux auxquels elle a souscrit, tant au plan multilatéral que bilatéral, et que ses intérêts économiques sont en jeu. Face à des mesures prises par des pays tiers, illégales au regard des accords contractés, le projet de texte prévoit " des mesures efficaces pour protéger les intérêts des entreprises et des travailleurs européens", explique la Commission.

ERn dernier recours, des sanctions commerciales peuvent être mises en place pour pousser le pays en défaut à supprimer ses mesures illégales. Des mesures pourront être prises pour compenser les restrictions à l'importation imposées sur des produits de l'Union dans des situations exceptionnelles (mesures de sauvegarde) ou pour réagir à des cas où la modification du régime commercial d'un pays membre de l'OMC, comme le relèvement de ses tarifs à l'importation sans compensation adéquate, a un impact négatif pour les échanges de l'UE. Ces emsures pourront être mises en oeuvre seulement sous certaines conditions bien définies et prendre la forme de droits de douane nouveaux ou revus à la hausse, ou de quotas sur les importations ou les exportations.

Le projet de texte doit désormais être discuté au Parlement européen et au Conseil.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 14:17

Olivier Blanchard et Daniel Leigh, économistes au Fonds monétaire international (FMI), ont rendu public, le 3 janvier 2012, un rapport intitulé "Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers" concernant leurs anciennes "erreurs" dans la prévision de l'impact de la politique d'austérité sur les économies européennes.

Après la mention des problèmes existants dans la vision globale du FMI, les deux auteurs expliquent, d'une manière détaillée, la prévision erronée de l'impact des coupes budgétaires dans des pays comme la Grèce, le Portugal et l'Espagne.

Même si le document précise qu'il ne "représente pas les visions officielles du FMI", il laisse entendre un changement d'attitude de l'institution concernant les mesures prises en Europe.

Les multiplicateurs fiscaux - un coefficient mathématique représentant l'impact des réformes sur la croissance - ont été plus hauts que la valeur estimée par les économistes du FMI : au lieu d'être près de zéro, ce qui indique l'absence d'erreurs, ils se situent "autour de 1,6". Le rapport plaide désormais pour une réduction des coupes budgétaires en Grèce, ainsi que pour une nouvelle restructuration de la dette.    

Voir le rapport : IMF wp1301 IMF wp1301    

Voir également : En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts, par Edgar Morin (Le Monde)

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 10:38

Regards-citoyens.com publie ci-après un large extrait de l'article « Noces d’or franco-allemandes : le couple est-il fini ? » de Ulrike Guérot, Directrice du bureau de Berlin du Conseil européen des relations étrangères (European Council on Foreign Relations, ECFR) publié dans Politique étrangère, vol. 77, n° 4, Hiver 2012-2013, p. 755-768.et en avant première sur le site diploweb.net (http://www.diploweb.com/Noces-d-or-franco-allemandes-le.html)

[...]

Qu’est-ce que l’union politique : un débat allemand

Depuis l’été 2012, les Allemands ont mené le débat sur les conditions politiques d’une intégration fiscale, plongeant ainsi au cœur d’une discussion sur le futur de la démocratie en Europe. Le débat concerne les mécanismes d’accountability (responsabilité et contrôle politiques), qui impliquent sans doute l’émergence d’un mandat politique européen pour agir en commun dans des domaines tels que la politique bancaire, fiscale (y compris la taxation), la croissance ou la compétitivité (voir entre autres le rapport des quatre présidents européens pour une véritable union bancaire).

En septembre, le rapport du groupe sur le futur de l’Europe, sous l’égide de Guido Westerwelle, a souligné la nécessité de créer un véritable « espace public européen » – par une réforme du fonctionnement parlementaire, aux niveaux nationaux et européen – et donc un équilibre des pouvoirs – à la Montesquieu – au niveau européen. Les Allemands sont certes soupçonnés de lancer ce débat sur l’union politique pour ralentir l’avance vers l’intégration fiscale et de mettre la barre politique assez haut pour la rendre infranchissable. Mais même si le pays reste partagé sur le degré d’intégration souhaitable, au moins s’est-il déjà investi dans le débat : une telle démarche requiert-elle un changement constitutionnel, cette fois-ci par un référendum aux termes de l’article 146 GG de la Loi fondamentale ? L’arrêt de la Cour constitutionnelle a donné le feu vert au MES, mais il a surtout remis la décision ultime sur la constitutionalité d’une intégration fiscale renforcée dans les mains du politique. Les dés ne sont donc pas encore jetés et nul ne sait si l’Europe aura besoin d’une nouvelle Convention pour réformer ses traités ou si elle saura avancer selon une méthode plus incrémentale par l’intergouvernemental. Ici aussi la France et l’Allemagne pourraient suggérer une solution commune lors du 50e anniversaire de leur traité…

À chaque pas vers la communautarisation des dettes, la question du système démocratique européen est posée en Allemagne. Une réponse pourrait être la création d’un Parlement de la zone euro, sous-entité du Parlement européen. Chaque décision touchant aux règles fiscales, aux budgets de la zone euro, ne serait votée que par les députés de la zone euro. Une autre réponse pourrait être une sorte de Parlamentsverbund, réseau des parlements nationaux qui aurait un rôle de deuxième chambre. Ce débat rouvre bien entendu celui de l’Europe à deux vitesses, délicat surtout pour les pays qui souhaiteraient rejoindre rapidement une zone euro plus intégrée politiquement – voir la Pologne.

Du point de vue allemand (ou au moins de la Cour constitutionnelle), le Parlement européen actuel est incapable d’assurer le contrôle démocratique d’une future communauté de dettes, n’étant pas un parlement à représentation proportionnelle. Pour les Allemands, cette incapacité systémique concerne aussi les mesures de sauvetage de l’euro par le MES. Ce déficit démocratique structurel ne pourrait être comblé que si le Parlement européen fonctionnait sur le principe one man one vote, flanqué d’une deuxième chambre composée de parlementaires nationaux. L’idée d’une deuxième chambre n’est pas nouvelle. Elle avait déjà émergé lors de la Convention constitutionnelle de 2003. À l’époque elle fut rejetée, nul ne souhaitant doubler les institutions européennes d’une assemblée nationale populaire à la chinoise. Cette fois, c’est l’idée de faire davantage participer les parlements nationaux à l’intégration européenne qui suit son chemin. Le schisme franco-allemand d’hier opposait fédéralisme (allemand) et intergouvernemental (français). La nouvelle discorde opposera parlementarisme (allemand) et « exécutivisme » (français).

Avec une restructuration du Parlement européen, un Parlement pour la zone euro ou une deuxième chambre, le débat allemand – largement ignoré en France – met l’accent sur une nouvelle définition parlementaire de l’Europe : droit d’initiative pour le Parlement européen, droit de ce Parlement d’élire le « gouvernement européen » (ou du moins les personnes centrales de l’exécutif), prérogatives budgétaires avec droit de création d’impôts. Un contrôle accru du budget permettrait à lui seul d’élargir les capacités redistributives du Parlement et donc par exemple d’introduire une assurance chômage gérée au niveau européen. Sur de telles revendications, l‘imagination franco-allemande devrait être aux commandes ; mais le couple traîne des pieds.

Quid de la tradition française ?

La France semble venir d’un peu trop loin, avec sa tradition présidentielle, pour accepter de telles propositions. Mais l’Allemagne vient elle aussi de très loin pour accepter l’orientation de la BCE qui se dessine, avec un achat « illimité » d’obligations qui est, pour Berlin, à la limite de la légalité. Il est temps de bousculer les vaches sacrées : la communauté de dettes ne sera pas gratuite politiquement et ne pourra voir le jour sans un profond changement du système institutionnel de l’UE.

Nul ne prétend que la discussion européenne soit, en Allemagne, claire et sans arrière-pensée. Mais reconnaissons que c’est la troisième fois que les Allemands se prononcent pour plus d’intégration politique : en 1994 (rapport Schäuble-Lamers), en 2000 (discours de Joschka Fischer sur l’avant-garde à l’université Humboldt), aujourd’hui enfin.

Compte tenu de ses traditions philosophiques, la France est loin d’un patriotisme constitutionnel à la Jürgen Habermas [26], associant cogestion sociale, fédéralisme, autorité de la Cour constitutionnelle ou fondations politiques à la création démocratique. Rares sont les intellectuels français – néokantiens, multiculturalistes, cosmopolites – se rattachant à une tradition des Lumières dont Jürgen Habermas, Ulrich Beck ou encore Norbert Elias sont les représentants allemands et pour qui la construction européenne est d’abord une évolution vers un État postnational. Rares sont les penseurs français qui, comme Gérard Mairet, suivent la logique allemande : « Pour être réelle et absolument désirable, la démocratie [doit être] par essence transnationale et cosmopolitique. » L’exercice des droits individuels et de la démocratie ne peut plus se limiter à l’État-nation : l’Union européenne offre un nouveau cadre politique, une cosouveraineté où la démocratie peut aussi s’exercer.

Ni la France, ni l’Allemagne n’en sont là, et la République européenne n’est pas pour demain. Mais le 50e anniversaire pourrait être l’occasion de parler franc, d’ébaucher un horizon : l’Europe demande à tous à la fois un rapprochement et un changement des cultures politique et économique.

Les peuples : où en sont-ils ?

L’écart entre élites et peuples sur la question européenne est flagrant des deux côtés du Rhin. Le débat sur l’Europe s’est accéléré côté allemand lors de la rentrée politique. Et plusieurs événements ont créé un climat positif : la décision de la BCE de racheter sans limite les obligations des États en difficulté ; le feu vert (avec réserves) de la Cour constitutionnelle allemande le 12 septembre 2012 ; les avancées vers l’union bancaire. Mais le scepticisme des citoyens vis-à-vis de l’intégration grandit, et en France les souverainistes de gauche et de droite font la vie dure aux modérés qui entendent remettre Paris sur la route européenne. La pensée « républicaine », toujours présente en France, voit dans la construction européenne contemporaine une sorte de négation de l’Histoire et des nations et s’oppose à une politique d’austérité « imposée par l’Allemagne ».

Ni les Français ni les Allemands ne sont prêts à abandonner leur souveraineté, à en doter une nouvelle structure parlementaire européenne ou à renoncer à leur culture socio-économique. Mais ils ne veulent pas non plus renoncer à l’Europe et à ses avantages : des deux côtés du Rhin on balance entre un oui rationnel et un non émotionnel. En Allemagne, quelque 70 % des sondés refusent les « États-Unis d’Europe » ou une fédération européenne ; 54 % préféreraient sortir de l’euro, alors que 84 % prévoient que l’euro sera maintenu.

Quant à la France, la plaie du refus de 2005 y est encore béante et les Français demeurent largement divisés : l’aile gauche du Parti socialiste (PS) et les Verts, au gouvernement, sont contre une politique dite d’austérité ; ils sont rejoints par Marine le Pen et plus discrètement par une partie de l’UMP, traditionnellement étatiste, dirigiste et souverainiste, qui n’a jamais vraiment approuvé l’Europe intégrée et libérale de tradition allemande. La moitié des Français pourraient donc s’opposer à l’accélération des réformes économiques et à une restructuration du système européen. Outre-Rhin, le sentiment est le même, sauf qu’il est inverse, les Allemands se demandant par exemple s’il est opportun de se rapprocher du Sud et d’accepter plus d’inflation…

Avec le 50e anniversaire du traité de l’Élysée, Paris et Berlin se trouvent de facto face à l’hypothèse de la fusion de leurs systèmes politique et économique dans une Europe plus intégrée : il s’agit bien de faire émerger un nouveau contrat social à l’échelle européenne. Mais pour que le compromis franco-allemand puisse être fécond pour les autres, il vaut mieux que les deux acteurs divergent, que le couple se dispute ! Trop d’harmonie, voire une symbiose à l’image du couple « Merkozy », est dysfonctionnelle en ce qu’elle ne laisse guère de place aux autres pays.
Si l’Allemagne, derrière un discours public plus alarmiste, acceptait dans les faits un changement de rôle de la BCE (qu’annonce la décision du 6 septembre 2012) pour s’engager dans une union bancaire, il s’agirait d’une révolution culturelle. La route vers l’union bancaire est cahoteuse et Paris, Berlin et les autres n’ont pas abattu leurs cartes, en particulier quant au détail de l’accord possible – par exemple sur l’institution qui serait chargée de la supervision et sur les banques qui lui seraient soumises. Le rôle du franco-allemand est ici de préparer le terrain du compromis. Il reste que si les élites, des deux côtés du Rhin, s’accordent plus ou moins sur la nécessité d’un « plus d’Europe », les citoyens demeurent sceptiques. Et l’écart se creuse entre une logique économique et fiscale poussant à l’intégration et l’inertie des politiques nationales.

Quelle Europe, avec et pour quelle jeunesse ?

Les grands projets ont besoin de porteurs nombreux. La routine franco-allemande, huilée et technocratique, fonctionne normalement. En témoignent plus de 80 projets de coopération dans différents secteurs [34] (technologie, recherche, échange entre les jeunes, sécurité). Mais la normalité crée l’ennui, et particulièrement dans la jeunesse.

Ajoutons d’autres images, même implicites. Paris n’est pas cool, et d’ailleurs trop cher pour y faire des études ; et les jeunes Allemands ne rêvent plus de la Sorbonne, au contraire des années 1960, 1970 ou 1980, où l’on voulait suivre les traces de Sartre et de Beauvoir, où l’on se pressait aux séminaires de Lacan, de Foucault, de Baudrillard ou de Grosser. Quarante ans de travail de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) et tout l’argent investi n’ont pas fait de la France un pôle d’attraction pour les Allemands, et réciproquement (même si Berlin devient un pôle d’attraction pour les jeunes Français).

Cette nouvelle « normalité » se reflète dans la baisse de l’apprentissage de la langue de l’autre, des échanges entre jeunes et des traductions. Seul le nombre des touristes augmente : les Allemands dans le Sud de la France ; les Français à Berlin… Pour un jeune Allemand, comme pour un jeune Français d’aujourd’hui, le centre de la curiosité culturelle n’est plus à Paris ou à Berlin, mais à Shanghai, au Caire ou à Dubaï. Comment, dès lors, développer une identité européenne encore plus intégrée et intense, comme l’exige la crise présente ? Les jeunes veulent profiter de l’Europe mais peut-être pas la défendre, et sans doute sous-estiment-ils les risques de désintégration, désormais manifestes.

L’Europe existe certes, pour les jeunes, mais elle n’a pas d’histoire. L’histoire d’une Europe post-1989, puissante et visible dans le monde, reste à écrire – et il en est de même pour son principal moteur, les relations franco-allemandes. Comment et pourquoi une jeunesse distanciée des récits des conflits mondiaux réussirait-elle le saut fédéral que les pères fondateurs et leurs héritiers ont échoué à concrétiser dans des circonstances favorables ? Il faut reconstituer un récit européen pouvant déboucher sur une réponse commune à la question : que voulons-nous faire ensemble dans le monde et pour le monde ?

La jeune génération prendra-t-elle cette tâche à cœur ? Et d’ailleurs, quels jeunes ? Les études (pour l’Allemagne) montrent que la mobilité augmente pour le segment supérieur, le plus aisé, de la société et qu’elle décroît pour les segments les plus vulnérables : le jeune de Berlin-Marzahn ne vient pas à Berlin-Mitte, comme le jeune beur de la banlieue parisienne va rarement à Paris, hors les Champs-Élysées… On a d’abord bâti l’Europe pour et sur la clientèle Erasmus et EasyJet. Les autres n’ont que peu profité de l’UE, si cette dernière ne les a pas franchement délaissés : voir les jeunes chômeurs de Grèce, d’Espagne ou d’Italie …

Le jeune Allemand a plutôt appris depuis la Coupe du monde de football de 2006 qu’il pouvait montrer son drapeau ; il a aussi appris que l’Europe et l’euro représentaient un coût certain pour l’Allemagne. En France comme en Allemagne, la jeunesse, si elle s’intéresse à l’Union européenne, est plus agnostique que romantique. L’Europe n’est plus son chantier. La scission politique provoquée par la chute du Mur en 1989 est probablement plus grande que l’on ne pense : il y a clairement un problème intergénérationnel en Europe, et il vaudrait mieux s’y confronter, au risque de troubler la fête… C’est peut-être la tâche franco-allemande la plus urgente : rendre l’Europe à nouveau attractive pour la jeunesse, dire que l’Europe ne peut progresser sans l’engagement des jeunes générations. Aujourd’hui comme en 1963, c’est la jeunesse qui décide si le franco-allemand, et donc l’Europe, est fini – ou non !


Copyright Guérot-2012/Politique étrangère-IFRI

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 10:24

Il importe plus que jamais de faire progresser le débat sur « l’union politique » relancé par la crise que connaissent actuellement les pays européens, dans la perspective du Conseil européen de décembre 2012 et surtout des élections européennes de 2014.

Le Comité européen d’orientation (CEO) de Notre Europe -Institut Jacques Delors, qui s’est réuni le 24 novembre 2012, a tenté de de faire progresser ce débat. Dans un Mot que Notre Europe -Institut Jacques Delors publie aujourd’hui, son président-fondateur Jacques Delors, son président António Vitorino et les participants de son Comité européen d’orientation proposent quelques idées clés :
1. L’union politique, réalité partielle et perspective indispensable ;
2. Combiner efficacité et légitimité via le recours à la « différenciation » ;
3. La zone euro, centre de gravité de l’intégration européenne.

Ils concluent que c’est en combinant la double perspective – zone euro et UE – que les pays européens pourront le mieux approfondir leurs actions dans tous les domaines d’intérêt commun, et ainsi approfondir « l’union politique européenne ».

Le Comité européen d’orientation (CEO) Notre Europe -Institut Jacques Delors  réunit des personnalités européennes de haut niveau pour débattre de sujets fondamentaux pour l'avenir de l’UE. Il joue un rôle d'orientation pour les travaux de Notre Europe - Institut Jacques Delorset émet des pistes pour l'avenir de la construction européenne. Présidé par Jacques Delors, le CEO de réunit une fois par an. A l’issue de ses travaux, il adopte une déclaration, publiée dans de très nombreux quotidiens nationaux européens.


Voir la tribune : zoneeurounionpolitique-ne-ijd-nov12 zoneeurounionpolitique-ne-ijd-nov12

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 19:02

Benjamin Netanyahu a multiplié les interventions médiatiques dimanche 6 janvier pour tenter d'enrayer une poussée de l'extrême droite aux élections législatives anticipées du 22 janvier en Israël.

La victoire, en nombre de sièges à la Knesset, ne fait pratiquement pas de doute pour le Likoud du Premier ministre sortant, qui a reconduit son alliance de gouvernement avec le parti ultranationaliste Israel Beitenu (Israël Notre Maison) de l'ex-ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

Mais les derniers sondages d'intentions de vote montrent que le Bayot Yehudi, du millionnaire et ancien colon Naftali Bennett, qui prône l'annexion d'une partie de la Cisjordanie occupée, risque de mordre sur l'électorat traditionnel de "Bibi" Netanyahu.

La semaine dernière, le parti de Bennett était ainsi donné en deuxième position. "Je crois qu'il existe une seule manière de garantir le maintien de la droite au pouvoir en Israël, c'est de voter pour moi, pour la liste commune Likoud-Israel Beitenu", a déclaré le chef du gouvernement sur Radio-Israël.

"Toute autre attitude, de la part de ceux qui souhaitent mon maintien aux affaires mais ne voteraient pas pour moi, accroîtrait les perspectives d'un retour au pouvoir de la gauche à notre place".

Aucune formation n'a réussi à gagner seule les élections législatives en Israël. Une bonne performance pour le parti de Naftali Bennett augmenterait ses chances d'obtenir un rôle important au sein de la coalition pilotée par Benjamin Netanyahu.

Cela aurait aussi pour effet d'accroître les inquiétudes des chancelleries à propos de la politique de colonisation de l'Etat juif. Les pourparlers de paix israélo-palestiniens sont gelés depuis 2010, ce qui n'empêche pas la colonisation de gagner chaque jour du terrain.

PIQUE AU VIF

"Bibi" Netanyahu n'accorde que de très rares interviews aux médias israéliens et le fait qu'il s'exprime au micro de Radio-Israël et de la radio militaire illustre sa nervosité devant les gains enregistrés par la formation de Naftali Bennett.

Selon un sondage de Radio-Israël, Bayit Yehudi obtiendrait au soir du 22 janvier 18 sièges de députés, soit cinq de plus que dans le Parlement sortant, contre 35 à la coalition emmenée par le chef du gouvernement.

Le Premier ministre, avec à sa droite Naftali Bennett, est également confronté au défi que représentent les formations du centre et de gauche.

Samedi, l'ancienne responsable de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, à la tête de la formation centriste Hetenuah, a annoncé qu'elle allait discuter avec les chefs de file du parti centriste Yesh Atid et du Parti travailliste de la création d'"un front uni pour remplacer Benjamin Netanyahu".

D'après les sondages, ces trois formations totaliseraient environ 37 des 120 sièges de la Knesset, soit deux de plus que le nombre prévu pour la coalition Likoud-Israel Beitenu.

Les désaccords sur les conditions d'une alliance centre-gauche rendent toutefois cette dernière hypothétique.

Benjamin Netanyahu a également été piqué au vif par les propos tenus par l'ancien chef du Shin Bet, les services de renseignements intérieurs, Yuval Diskin, qui a dénoncé sa "faiblesse" et ses "hésitations" dans un entretien publié vendredi dans le "Yedioth Ahronoth".

L'an dernier, l'ex-patron du Shin Bet, qui a pris sa retraite en 2011, avait accusé l'actuel Premier ministre de chercher à livrer "une guerre messianique" à l'Iran.

Evoquant ces propos, Benjamin Netanyahu a répondu dimanche à la radio: "Ils disent que je poursuis une mission messianique. Laissez-vous dire quelque chose: je suis effectivement en mission, mais pas d'ordre messianique. Il s'agit d'une mission de lucidité".

Source : Reuters

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 15:45

L'analyse filmique s'attache à porter un autre regard, celui de l'analyse, sur le cinéma et les oeuvres cinématographiques.

Regards-citoyens.com suggère à ses lecteurs de découvrir cet univers passionnant de l'analyse filmique en consultant des sites qui y consacrent leurs investigations tels que :

http://analysefilmique.free.fr/analyse/d/dictateur.php

http://pedagogie2.acreunion.fr/documentalistes/local/seminaire2008/ateliers/atelier5/brillant.htm

 


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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 15:15

Le président syrien Bachar Al-Assad a prononcé dimanche 6 janvier un discours politique important sous les applaudissements nourris d'une foule réunie dans la Maison de la culture et des arts dans le centre de Damas et qui scandait scandé « Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi  », selon la télévision officielle syrienne. Derrière lui s'affichait un immense drapeau syrien composé d'une multitude de visages.

Ce discours, retransmis en direct par la chaîne, est le premier depuis sept mois du chef d'Etat contesté depuis près de deux ans par une révolte populaire devenue guerre civile. Son derniers discours remonte au 3 juin, devant le Parlement.

Le président syrien Bachar Al-Assad a affirmé à cette occasion que le conflit meurtrier en Syrie n'opposait pas son régime à l'opposition, mais la Syrie à ses ennemis, qui souhaitent, selon lui, la partition du pays, dans un discours retransmis par la télévision officielle.

Il a affirmé que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60.000 morts, n'opposait pas « le pouvoir et l'opposition, mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins », ajoutant que certains voulaient la partition de la Syrie.

L'opposition rejette la « solution politique » proposée par Assad

Le président syrien Bachar al-Assad a appelé dimanche au « dialogue national » après la fin des opérations militaires, tout en regrettant de ne pas avoir jusqu'à présent trouvé de « partenaire » pour mettre en place une solution politique à la crise. M. Assad a également affirmé que toute transition devait « se faire selon les termes de la Constitution », faisant référence à des élections.

La Coalition de l'opposition syrienne a rejeté sans attendre la « solution politique » proposée par Bachar al-Assad, refusant toute initiative prévoyant le maintien en place de son régime.

« Nous avons dit lors de la formation de la Coalition que nous souhaitions une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de le sortir (du pays) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60.000 martyrs (...) ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique », a déclaré à l'AFP son porte-parole, Walid Al-Bounni joint par téléphone.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a estimé dès dimanche que le discours du président syrien Bachar Al-Assad allait « au-delà de l'hypocrisie ». « Il est responsable des morts, de la violence et de l'oppression qui engloutissent la Syrie et ses vaines promesses de réformes ne trompent personne », a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans un message posté sur Twitter.

En début de matinée, le Premier ministre britannique David Cameron avait réaffirmé que le président syrien devait s'en aller. « Partez : voilà mon message à Assad », avait déclaré le chef du gouvernement sur la chaîne BBC 1. « La quantité de sang qu'il a sur les mains est vraiment impensable », avait-il souligné.

Que faut-il déduire de l'empressement des dirigeants britanniques à afficher leur position radicale à l'égard de Bachar el Assad ? 

Des britanniques qui ont laissé dans la région un souvenir aigre en raison de leur rôle central dans la réorganisation du Proche et du Moyen Orient, d'abord à leur profit, puis à celui des américains et à celui des monarchies pétrolières sans oublier la déstabilisation de l'Iran ! Des britanniques qui n'ont pas hésité à s'associer aux américains pour détruire non seulement le régime irakien de Saddam Hussein mais l'Iral toute entière ! Des britanniques qui n'ont pas hésité à s'associer à l'aventure lybienne tant souhaitée par Nicolas Sarkozy pour des motifs que l'histoire finira par révéler au grand jour !Des britanniques qui sont en grande partie responsable de l'aggravation des répressions entreprises par les régimes qu'ils voulaient vouloir tomber en n'hésitant pas à intervenir militairement ... Des britanniques toujours présents ce Proche Orient au travers de Tony Blair, le meilleur allié de G. W. Bush, qui représente aujourd'hui le très curieux Quartette dans cette région du monde qui n'avait pas besoin de voir repasser le train de l'histoire macabre qui n'a produit que des solutions bancales à des problèmes régionaux qui appelaient des solutions d'une toute autre nature !

Cherchent-ils une fois encore à affaiblir un Etat, une nation qui avait su juste ici résister à leurs manoeuvres pour des motifs simplement cyniques ? Je ne le crois pas quand bien même une telle hypothèse ne saurait être rejetée d'un revers de main trop rapide ...

Cherchent-ils à créer les conditions d'un conflit régional dont ils espéreraient une issue qui soit favorable à leurs visées stratégiques ainsi qu'à celles de leurs alliés dans la région ? Probablement, bien sûr ! Mais le prix à payer pour une telle option serait alors bien supérieur à ce que et la région et le Royaume-Uni et des alliés occidentaux sont capables aujourd'hui d'assumer ...

Cherchent-ils à reprendre le chantier stratégique qu'ils n'étaient pas parvenus à achever dans des conditions optimales au début du XXième siècle dans la Région, en prévision de la création de cet Etat d'Israël promise au peuple juif, en oeuvrant à la la déstabilisation politique de cette région pour obtenir in fine les conditions d'une reconfiguration des Etats et des frontières de la région enfin favorable au réglement définitif du conflit israélo-palestinien (cf. à cet égard Géopolitique fiction : et si les printemps arabes annonçaient un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition) ) ? C'est là, à mon avis, l'option la plus plausible ! Une option qui ne déplairait in fine ni à la diplomatie américaine, ni à la diplomatie russe, ni à la diplomatie turque, ni à la diplomatie iranienne, ni à la diplomatie française ... ni probablement aux diplomaties israéliennes, palestiniennes et jordaniennes !

Mais si tel est le cas, était-il vraiment nécessaire d'ajouter de ce cynisme britannique ridicule au cynisme de Bachar El Assad, lequel n'a probablement pas à porter seul la responsabilité des 60 000 morts que nous déplorons en Syrie aujourd'hui ! Ce Bachar El Assad qui n'a pas, lui comme son régime et son pays, à porter la responsabilité des millions de morts que la fin du régime baassiste a occasionné en Irak ni celle des dizaines de milliers de civils lybiens morts lors du conflit qui a mis fin, sous la responsabilité des Nations-Unies, au régime de M. Khadafi !

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 10:51

L'année 2012 a été riche en découvertes scientifiques en tous genres, avec en premier lieu celle de la particule de Dieu, le fameux boson de Higgs. De la réalité augmentée de Google à un hypothétique vaccin contre le Sida, tour du monde des découvertes les plus impressionnantes.

La découverte de la particule de Dieu par le LHC (Large Hadron Collider, traduction française : Grand Collisionneur de Hadrons) est LA plus grande découverte de l'année 2012, selon une des plus prestigieuses des revues scientifiques, Science, jeudi 20 décembre.
Les scientifiques cherchent le boson de Higgs, surnommée la "particule de Dieu", depuis plus de quatre décennies. En juillet, l'équipe du centre de recherche nucléaire européen de l'organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern) à Genève a annoncé la détection d'une particule qui correspondait à la description de l'insaisissable boson de Higgs.

Le boson de Higgs est une particule associée au mécanisme de Brout-Englert-Higgs supposé être à l'origine des masses de particules élémentaires : des quarks, des leptons et surtout des bosons W et Z du modèle électrofaible. Un journaliste de Forbes, Alex Knapp, a estimé que le coût de la découverte du boson s'élevait à 13,25 milliards de dollars, soit un peu plus de 10 milliards d'euros.

Le LHC est situé dans un anneau de 27 kilomètres et enterré à 100 m sous terre à la frontière franco-suisse, près de Genève. Il est désormais le plus puissant des accélérateurs de particules au monde. Des protons (ou des ions) de très haute énergie circulant dans deux faisceaux tournants à contre-sens se choquent les uns contre les autres, dans le but de rechercher des indices de la supersymétrie, de la matière noire et de l’origine de la masse des particules élémentaires. C'est comme cela qu'une capture du boson de Higgs a pu être faite.

La particule avait d'abord été découverte par un physicien britannique Peter Higgs, professeur depuis presque 50 ans, lorsqu'il avait 34 ans et travaillait à l'Université d'Edimbourg. Mais jusque-là, personne n'était parvenu à prouver que sa théorie était vraie.

Parmi les autres découvertes de l'année, citées par la revue Science :

  • Un ancêtre éloigné. Les scientifiques ont séquencé le plan ADN des Denisovans, une espèce humaine éteinte qui a vécu aux côtés  de nos ancêtres.
  • Faire des oeufs à partir de cellules souches. Des chercheurs japonais ont montré que les cellules souches embryonnaires de souris peuvent devenir des cellules d'oeufs viables.
  • Envoyer Curiosity sur Mars. Les ingénieurs de la mission de la Nasa ont déposé le Rover Curiosity en toute sécurité et avec précision sur la planète Mars. Ils ont utilisé une "grue spatiale" et trois câbles.
  • Plus puissant que les rayons X. Les chercheurs ont utilisé un "laser à rayons X", qui brille un milliard de fois plus que les sources de rayonnement synchrotron traditionnels, afin de déterminer les causes de la maladie du sommeil africaine. Ce nouveau laser permet de détecter des protéines que les rayons X "traditionnels" ne voient pas.
  • Rendre inactif des gènes. Un outil connu sous le nom TALENs, qui signifie "activateur de transcription de type nucléases effectives", a permis aux scientifiques de modifier ou de rendre inactifs des gènes spécifiques chez les animaux comme les poissons zèbres et des crapauds et des cellules de patients atteints de maladies.
  • Des particules d'antimatière. L'existence de fermions de Majorana, qui agissent comme particules d'antimatières et se cannibalisent entre eux, a été débattu pendant plus de 70 ans. Cette année, une équipe de physiciens et de chimistes aux Pays-Bas a fourni la première preuve solide que cette matière exotique existe, sous la forme de quasi-particules. Ce sont des groupes d'électrons interactifs qui se comportent comme des particules solitaires.
  • L'ADN plus utile que prévu. Selon 30 articles d'une étude révélée cette année et qui a duré dix ans, le code génétique humain est plus fonctionnelle que les chercheurs le pensaient. Bien que seulement 2% du génome conditionnent les protéines, l'encyclopédie des éléments d'ADN et le projet Encode ont indiqué que près de 80% de celui-ci est utile pour faire activer ou désactiver des gènes.
  • Interface cerveau-machine. Des scientifiques ont montré que les patients paralysés pouvaient déplacer un bras mécanique avec leur esprit et effectuer des mouvements complexes en trois dimensions. La technologie est encore au stade expérimental, et coûteuse, mais l'équipe a bon espoir qu'un jour elle aiderait les patients paralysés par des attaques cardiaques ou les blessures à la colonne vertébrale.
  • Résolution du mystère des neutrinos. Des centaines de chercheurs travaillant sur l'expérience du réacteur de neutrino de la baie de Daya en Chine, ont résolu la dernière partie du puzzle décrivant comment les neutrinos changent d'état ou de "parfum" lorsqu'ils atteignent la vitesse de la lumière. Les neutrinos pourraient aider les chercheurs à expliquer pourquoi l'univers contient autant de matière et si peu d'antimatière .
  • Fusionner le réel et le virtuel. Google, en présentant son projet Glass, a révolutionné le principe de réalité augmentée. A chaque fois qu'il y aura un morceau de verre entre vous et le monde, il y aura de l'information : des applications, de la communication, des jeux... Ces lunettes de réalité virtuelles devraient être en vente en 2014.
  • Un test de dépistage contre le cancer du pancréas simple et pas cher. C'est un jeune homme de 15 ans, Jack Andraka, du Maryland qui a fait une des découvertes les plus importantes de l'année. Cette idée, qu'il a eu en cours de biologie au lycée, a été d'utiliser une simple bande de papier pour détecter le cancer du pancréas. Simple, pas cher, et plus efficace que les tests qui existent auparavant.
  • Un vaccin contre le SIDA ? Une étude publiée dans le New England Journal of Medecine a prouvé que le médicament Truvada, qui existe depuis 2004 pour soigner le VIH, est aussi une "stratégie prometteuse" pour prévenir contre le Sida. Depuis la découverte du SIDA, on estime que 21,8 millions de personnes sont mortes du syndrome

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/panorama-plus-grandes-decouvertes-scientifiques-2012-586795.html#ELt8tBzmUQevzLHu.99

Voir également : La chasse au boson de Higgs par CNRS

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 10:36

Comme la Monarchie absolue avant elle, la Ve République, plombée par une dette étouffante et paralysée par l'immobilisme démocratique, est confrontée à un dangereux risque de saturation.

Atlantico : Désamour des élites, accumulation des privilèges, pouvoir politique en panne... Peut-on dire que la situation du pays en 1789 est en certains points similaire à celle que nous vivons actuellement ?

Dimitri Casali : En tant qu'historien, je suis frappé par les points communs aux deux périodes, dans le sens où les dysfonctionnement du modèle politique laissent en effet penser que nous sommes au bord du gouffre. J'aimerais pourtant garder une lecture "optimiste" des évènements car il ne faut pas oublier qu'en dehors de 1789 la France a connu d'autres crises graves et a pu s'en sortir le plus souvent grâce à une volonté de changement exprimée souvent tard, mais exprimée tout de même.

La tâche est néanmoins ardue, d'autant plus que nous faisons face aux trois mêmes crises que dans l'avant-1789 : crise économique (dette étouffante, hausse des prix et du chômage...), crise sociale (grogne populaire face aux privilèges...), et crise politique (incapacité du pouvoir à réformer). A cela vient aujourd'hui s'ajouter une crise supplémentaire à savoir la crise identitaire qu'était loin de connaître la France de l'Ancien Régime.

Tout comme à la fin du XVIIIe siècle, la France se retrouve sclérosée et l'immobilisme de notre actuel Président ressemble étrangement au caractère hésitant de Louis XVI, qui n'a somme toute jamais réellement souhaité faire le grand saut nécessaire pour rétablir le pays. Nous sommes donc, en 2013 comme en 1788, coincés entre l'envie d'améliorer la situation et la peur d'un changement radical pourtant nécessaire à cette amélioration. Seul un homme providentiel pourrait débloquer la situation et j'ai hélas bien peur que ce ne soit pas l'actuel dirigeant de la Ve République.

Alain Fabre : La Vème République peut se comprendre comme une restauration d'un absolutisme politique d'Ancien Régime : le parlement est un élément de limitation du pouvoir du chef de l'Etat, non de la réalité de son exercice. Il s'agit dans les deux cas d'un régime où le pouvoir se retrouve très concentré. On peut dire que cela a fonctionné avec des dirigeants de forte stature politique comme Louis XIV ou Charles de Gaulle. Les institutions françaises sont solides mais elles nécessitent à leur tête, des personnalités hors norme. On ne peut donc pas être un président "normal" sous la Vème République ; il faut être exceptionnel pour exercer la fonction. La tradition politique française récuse les contre-pouvoirs perçus depuis le XVIIe siècle comme une réduction d'efficacité et une entrave à l'action publique.

Pour ce qui est du « désamour » des élites, je reprends à mon compte l'interprétation de Tocqueville qui considère que depuis les années le milieu du XVII°siècle, le pouvoir royal a mis en place un processus de « délégitimation » des élites sociales naturelles: depuis Colbert, il n'y a de légitimité sociale qu'émanant de l'Etat. C'est le paradoxe de l'absolutisme politique : il détient des instruments puissants d'action entre ses mains, mais pour avoir cisaillé depuis trois siècles, les liens entre pouvoir et société, il ne peut agir car il lui manque toujours la légitimité sociale de l'action politique. En France quand on cherche quelles réformes faire pour développer l'économie, on demande un rapport à Jacques Attali et Louis Gallois, personnalités d'une qualité et d'une compétence absolument indiscutables mais sans expérience du monde économique entrepreneurial et concurrentiel. Quand le Chancelier allemand fait la même chose, il fait appel à M. Hartz, le DRH de Volkswagen. Depuis Colbert, l'Etat en France considère de son côté qu'il détient le monopole du savoir. L'expérience n'est en aucun cas un élément de savoir. Elle est toujours considérée comme relayant des doléances catégorielles ou corporatistes, d'avance récusables au nom de l'intérêt général.

A l'inverse en Allemagne, le pouvoir politique prend ses racines dans la société, la politique va du bas vers le haut ; en France, le pouvoir est extérieur à la société ; la politique va du haut vers le bas.

Comme l'Ancien Régime, la Vème République est aussi un régime politique qui tire sa légitimité sociale de sa capacité à garantir des rentes à des ordres privilégiés. Ceci dit, en passant d'un ordre social hiérarchique à un ordre social égalitaire, les privilégiés sont devenus socialement majoritaires : les bénéficiaires nets du système représentent les 2/3 des suffrages exprimés. En France, le pouvoir politique fait reposer sa base sociale sur les titulaires de rentes. Dans ces conditions, des systèmes politiques comme l'Ancien Régime et la Vème République non seulement récusent les réformes mais sont incapables de choisir entre le risque de faillite et celui de devoir entrer en conflit avec les bénéficiaires de rentes. C'est ce que François Furet a très bien décrit dans Penser la Révolution française : le pouvoir politique, en s'attaquant aux rentes dont il est à l'origine, sape la base sociale sur laquelle il repose ; c'est la même impossibilité de choisir dans laquelle se trouve la Vème République. De ce point de vue, la défaite de Valéry Giscard d'Estaing et de Nicolas Sarkozy expriment fondamentalement un refus des réformes. Les chocs pétroliers des années 1970 comme la crise à partir de 2008 accélèrent les besoins de réformes et la pression sur la nécessité de démanteler les rentes. François Mitterrand et François Hollande ont tous les deux été élus pour trouver des solutions à la crise qui ne mettent pas en cause la sanctuarisation de la France abritée, voire qui enchaîne un peu plus la France exposée au financement des rentes de la France abritée. La réponse, on la connaît : on augmente les contributions de ceux qui sont déjà les contributeurs nets les plus importants au système, les entreprises ou ceux qui sont désignés à la vindicte générale comme étant les riches. Comme on le sait, montrer du doigt les gens riches sert surtout à accroître la pression sur la France exposée, celle qui ne peut y échapper ni par la fuite à l'étranger ni par le bénéfice des rentes.

La situation économique d'alors, rongée par une dette de plus en plus lourde, n'est-elle pas tout aussi ressemblante ?

Dimitri Casali : Les problèmes économiques rencontrés actuellement ont des ressemblances avec ceux qui précèdent la Révolution mais nous sommes aujourd'hui avant tout confronté selon moi à un vieillissement de l'Etat Providence hérité de la Libération et qui a développé un corporatisme croissant dans notre société au détriment de la classe moyenne qui comme au XVIIIe siècle se retrouve à supporter le gros des dépenses publiques.

La situation est même d'un certain point plus paralysante qu'a l'époque puisque Louis XVI contrôlait le pays avec 60 000 fonctionnaires (pour 26 millions d'habitants) alors qu'ils sont aujourd'hui 6 millions en comptant le personnel des hôpitaux (pour 65 millions d'habitants NDLR). Ce chiffre illustre parfaitement notre gabegie de la dépense d'Etat et il est aberrant de voir que nous continuons dans ce contexte de recruter dans les collectivités territoriales. Le statut des fonctionnaires n'a de plus jamais été modifié depuis Maurice Thorez en 1946 et cela prouve encore une fois notre incapacité à s'attaquer aux privilèges de quelques-uns au nom de l'intérêt général.

Alain Fabre : A la fin de l'Ancien Régime, la dette avait atteint un niveau colossal. A tel point que toutes les solutions à l'intérieur du Royaume étaient épuisées, le sentiment gagnant les fournisseurs traditionnels de fonds, la grande noblesse et la haute Eglise que l'Etat n'avait peut-être plus les moyens de rembourser. C'est pour desserrer cet épuisement des ressources internes mobilisables que Necker s'est tourné vers les banques suisses et hollandaises. La chute finale de la Monarchie a commencé quand les banques étrangères ont refusé de continuer à prêter.-à la Monarchie. Necker n'est pas un réformateur au sens libéral du terme ; il admirait Colbert et appartenait donc au courant réformateur étatiste. Il a cherché des solutions pour accroître la capacité de l'Etat à s'endetter. C'est pour avoir touché les limites du toujours plus de dettes que Louis XVI fut contraint de convoquer les Etats-généraux. C'est la chute de la Monarchie pour cause de faillite financière qui a provoqué la Révolution, non l'inverse. C'est un ordre social basé sur les rentes sociales qui s'est écroulé. L'Angleterre qui avait fait la guerre d'Amérique comme la France et avait une dette publique plus élevée, n'a pas fait faillite parce que l'économie et la société marchandes constituaient la base sociale du régime.

On dit souvent que François Hollande n'a pas de ligne directrice. C'est inexact. Il en a une qui consiste à convaincre les marchés financiers de continuer à prêter à la France. Les hausses massives d'impôts qui sont à première vue, destinées à tenir nos engagements européens, visent surtout les marchés : la France a les moyens de rembourser ses dettes. La qualité de la gestion de la dette est une réussite de l'Administration française. Faute d'avoir en Europe, une dette publique qui donne aux investisseurs les qualités de liquidité des bonds américains, les marchés trouvent ces qualités dans la dette française. Elle offre une liquidité exceptionnelle. De nombreux facteurs régimentaires poussent en outre, les investisseurs à détenir de la dette publique. Tout ceci favorise la faiblesse des taux français. Mais gardons à l'esprit que c'est en grande partie une anomalie de marché. Le risque de retournement des taux français existe bel et bien surtout si les investisseurs finissent par intégrer dans leur stratégie de portefeuille que l'ajustement budgétaire français se réalise non pas par un allègement des rentes sociales mais par amputation de la base productive française.

Existe-t-il néanmoins des différences de taille entre ce qui se passe aujourd'hui et les événements précédant 1789 ?

Alain Fabre : La principale différence c'est l'Europe. C'est la que se trouve la force de rappel. La France peut trouver dans la contrainte externe européenne le levier réformateur véritable, c'est-à-dire celui qui fait le choix de l'économie productive et du démantèlement des rentes. Car si la politique française a bien pour effet d'affaiblir son économie, elle prend aussi le risque de déstabiliser toute la zone euro. La pression sur les réformes émanant de nos partenaires va probablement monter en 2013. Je pense que si la ligne Monti est reconduite en Italie, de même si l'Allemagne maintient son cap après les élections de septembre, la pression sera très forte sur la France.

On peut dire que néanmoins le « péché » français est de miser sur le fait que nous réussirons à imposer notre modèle à l'Europe plutôt que l'inverse. On peut évoquer à titre d'exemple, Jacques Delors qui souhaitait voir l'UE adopter le modèle social de l'Hexagone, ou plus récemment M. Hollande qui en début de mandat souhaitait mutualiser la dette de la zone euro en espérant que l'Allemagne accepterait de financer notre secteur abrité. Il y a souvent cette idée en France que l'Allemagne paiera. En fait, elle acceptera de payer contre les réformes françaises, c'est-à-dire celles qu'on a faites en Allemagne, en Espagne ou en Italie. Mais que fera M. Hollande si d'un coup les taux français montent à 5 ou 6%? Je crois qu'il faut se convaincre que la montée des taux obligerait la France à faire les mêmes réformes que les autres sauf à prendre le risque de faire sauter la zone euro.

Il est un peu dommage alors que nous allons fêter les 50 ans du traité de l'Elysée que le couple franco-allemand soit aussi désuni. Je fais partie des optimistes - certains diraient naïfs - qui pensent que malgré tout l'Union Européenne finira par convaincre la France qu'elle peut trouver en un projet porté avec ses partenaires, les ressorts réformateurs dont son absolutisme politique l'a dépouillée.

Propos reccueillis par Théophile Sourdille

Dimitri Casali est historien spécialiste de la Révolution et de l’Empire devenu directeur de collection. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont, notamment, L’altermanuel d’histoire de France, édité chez Perrin en 2011. Il vient de publier sur L'Express un hors-série : L’Empire Colonial Français … Quand la France rayonnait dans le monde 1608-1931 !

Alain Fabre est à la tête d’une société indépendante de conseil financier aux entreprises. Il a commencé sa carrière comme économiste à la Banque de France avant de rejoindre la Caisse des Dépôts et Consignations, puis la Cie Financière Edmond de Rothschild. Il collabore à la rédaction de Débat&co 

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/1789-2013-crise-va-t-elle-mener-vers-nouvelle-revolution-dimitri-casali-alain-fabre-597250.html?page=0,0

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 11:41

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