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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 11:47

"Un conquérant aime toujours la paix : il préfèrerait vous envahir sans rencontrer de résistance."

(Clausewitz)

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 11:26

Voir la première partie de cet article : Les capacités industrielles militaires critiques (analyse du rapport d'information sénatorial) - première partie -

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Les sénateurs apportent également leur soutien à la poursuite des travaux concernant : les nanotechnologies, la biologie, l'informatique et les sciences de la cognition ; le projet européen de système de positionnement par satellite Galileo ; Andromède, le "nuage (cloud) souverain informatique" à la française visant à protéger les données sensibles stockées hors des murs des entreprises et des administrations nationales.

L'Etat devrait par ailleurs poursuivre ses efforts pour la sécurisation des approvisionnements en matériaux critiques, ne pas renoncer à faire baisser les coûts des équipements militaires, notamment en réexaminant les doctrines d'emploi (l'objectif est ici de de concentrer les moyens budgétaires sur les équipements critiques et d'acquérir des équipements moins gourmandes en technologie pour le reste) et en poursuivant l'action entreprise à l'égard des règles d'acquisition au travers du paquet défense de 2009 et en cherchant à signer avec l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne une lettre d'intention visant à appliquer une "préférence communautaire" à défaut de pouvoir en convaincre le Royaume-Uni. Même si nombre de grands programmes d'armement menés en coopération européenne ont donné des résultats mitigés, certains programmes européens ont été de grands succès (le rapport cite les missiles Air/Air METEOR) et d'autres (comme l'A400M) n'auraient pas existé en déhors de la coopération. "Malheureusement, plus aucun grand programme commun n'est envisagé en Europe. C'est fort dommage car, à condition d'être bien menés et peut-être au prix de l'abandon du principe de juste retour, ces programmes permettent de réduire le coût des équipements. Est-il encore raisonnable de lancer sur une base nationale un nouveau programme de véhicule de transport de troupes terrestres (VBMR) ? Avons-nous vraiment tout tenté pour favoriser une coopération européenne en matière de blindés terrestres ?" écrivent les sénateurs qui ne souhaitent en revanche pas placer trop d'espoirs dans le partage capacitaire qui semble, selon eux, voué à se limiter aux équipements éloignés du champ de bataille (transport aérien, matériel médical ...). Peut-on envisager un partage des moyens de combat (avions de combat, etc. ? Les Belges, les Hollandais, les Danois et les Norvégien semblent vouloir s'y hasarder en raison d'une expérience commune découlant du partage d'un même équipement (F16). "Avec qui la France serait-elle prête à partager son aviation de combat ?" s'interrogent les parlementaires.

Enfin, l'Etat devrait repenser sa stratégie industrielle. Paradoxalement, alors que la stratégie industrielle prend souvent l'avantage sur la stratégie d'acquisition, l'Etat actionnaire - au plus haut niveau de décision - semble avoir cruellement manqué de vision, en particulier dans les secteurs de l'armement naval, de l'armement terrestre et de l'électronique de défense. Il ne s'agit pas de remettre au goût du jour les nationalisations ni un quelconque "mécano industriel", hors de portée financière. Mais l'Etat ne peut se désintéresser de la façon dont les entreprises de défense s'organisent. Or, tout le monde le sait, le marché des équipements de défense européen est trop fragmenté. Il est donc temps que l'Etat mette de l'ordre dans ses participations, puisque les règles du marché, en particulier la directive MPDS, ne joueront pas le ^rôle orthopédique que l'on en attend, surtout si ceux-là même qui l'ont promue, en particulier la France, refusent d'y recourir. (NDLR Regards-citoyens.com : cette observation vaut tout autant pour la mise en place repoussée sine die de la coopération structurée permanente). Les dernières années ont été marquées par la montée en puissance du groupe Dassault comme groupe pivot de l'industrie française, avec sa prise de participation majoritaire au capital de Thalès, puis à travers celui-ci dans DCNS et Nexter. Les sénateurs contestent l'idée même de la constitution d'un champion national qui laisserait l'Etat face à un monopoleur national et le condamnerait à acheter les produits de ce dernier au prix fort. Tout en plaidant au contraire pour la constitution de groupes européens.

Cette analyse a été préalablement publiée dans le n° 538 d'EDD en date du 30 août 2012.

Voir également :

* Le Sénat préconise un renforcement de la cyberdédense en France

* La Défense française privée de marges de manoeuvre pour investir

* De la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats
 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 11:14

Regards-citoyens.com propose à ses lecteurs une analyse du rapport d'information sénatorial n° 634 objet de l'article intitulé : Les capacités militaires industrielles critiques et souveraines (rapport d'information - Sénat).  

Ce rapport d'information du Sénat français sur ce que l'on appelle également, un peu improprement d'ailleurs, les capacités industrielles souveraines, est le premier d'une série de six rapports visant à préparer la révision du Livre blanc de 2008 (cf. Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Commission du Livre blanc) ainsi que le texte public du projet d'actualisation établi en 2011 : Publication d'un document préparatoire à l'actualisation du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008). Si l'on se réfère à une 'définition' de ces capacités industrielles militaires critiques (CIMC) figurant dans le Livre blanc, il s'agit des "capacités de concevoir , fabriquer, et soutenir les équipements nécessaires aux domaines de souveraineté pour lesquels (la France) estime ne pas pouvoir envisager un partage ou une mutualisation". Le rapport préconise une définition plus précise et plus complète de ces capacités industrielles, en y intégrant les matériaux critiques et les ressources humaines nécessaires à la production d'armes critiques (cf. notamment à cet égard C'est plus que jamais aux génies culturels, scientifiques et techniques que doivent être confiées les clés des réflexions prospective et stratégique ! ).

Le rapport souligne les insuffisances du Livre blanc de 2008 (voir également à l'égard de celles du projet d'actualisation établi en 2011 : Eléments d'une analyse critique du document préparatoire à l’actualisation du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale ) :

- expression peu claire des ambitions de défense et objectifs trop ambitieux au regard des moyens financiers engagés ;

- absence de lien évident entre les différents éléments de l'analyse stratégique et le format d'armée ;

- absence de stratégie d'acquisition ("L'incapacité ou le refus d'élaborer une stratégie d'acquisition et de la rendre publique - comme le souhaitait le Livre blanc - a permis, tout au long de la période 2007 - 2012, de faire prévaloir les objectifs de stratégie industrielle sur les besoins opérationnels", notent les sénateurs).

D'autres critiques visent le fonds stratégique d'investissement (FSI) créé par l'Etat français en 2008 et doté progressivement de 20 milliards d'euros. les sénateurs déplorent une intervention insuffisante dans le secteur de la défense et une gestion opaque du FSI. Ils se demandent également si le rôle prééminent donné à la DGA (Direction général de l'armement) ne contribue pas à surpondérer la stratégie industrielle. Le primat donné aux préoccupations de politique industrielle peut conduire à priver les forces armées des outils dont elles ont besoin, estiment-ils en évoquant l'exemple des véhicules 'haute mobilité' qui ont fait cruellement défaut en Afghanistan. Sont aussi soulignés les conflits entre industriels nationaux et l'incapacité des décideurs étatiques de prendre des décisions douloureuses, notamment dans le cas des drones MALE.

Les rapporteurs préconisent de :

 (1) simplifier les outils de l'analyse stratégique,

 (2) accroître la transparence,

 (3) introduire un mécanisme de mise à jour en continu de l'analyse stratégique,

 (4) renforcer la sincérité et la cohérence.

Sous cette dernière rubrique, les sénateurs appellent à cesser de se payer de mots et observent que l'idée même d'Europe de la défense doit être repensée et son expression reformulée. " Sans doute faut-il cesser de parler 'd'Europe de la défense', concept ectoplasmique et polysémique, et désormais parler de 'défense européenne', concept plus solide, plus ancré dans une réalité tangible et susceptible de recouvrir le petit nombre de pays qui veulent et qui peuvent coopérer à une oeuvre commune. Qu'elle se fasse à deux, à trois ou à vingt-sept, cette défense européenne nécessitera au préalable de conduire ensemble une analyse stratégique, car il ne peut y avoir de thérapie commune sans diagnostic partagé. Si défense européenne il doit y avoir, il faut au préalable une grande stratégie européenne, qu'elle porte ou non le titre de Livre blanc ", écrivent-ils. (cf. à cet égard : Horizons stratégiques ; La refonte du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale doit être l'occasion d'une profonde réforme de la vision des défis stratégiques et pour la sécurité ! ainsi que Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique ).

Pour remplir les trois missions définies par le Livre blanc de 2008 (relever les défis que nous confèrent nos obligations internationales ; assurer l'indépendance de la France ; assurer la protection de tous les Français), les forces armées doivent disposer des moyens leur permettant de garantir l'autonomie d'appréciation, l'autonomie de décision et l'autonomie d'action des responsables politiques. Celà suppose que l'Etat soit particulièrement vigilant sur les capacités industrielles militaires suivantes :

  - la surveillance de l'espace extra-athmosphérique et de l'espace aérien : pour les sénateurs, "la défense antimissile balistique (DAMB) telle que déployée dans le cadre de l'OTAN fait peser un risque de perte de la souveraineté de l'espace extra-athmosphérique européen. En effet, toute la chaîne DAMB sera américaine. Le respect de notre autonomie stratégique commande au minimum que nous fassions des efforts dans l'alerte avancée (satellite infrarouges - radars) et l'architecture du système (de commandement et de contrôle). Pour ce qui est des radars, peut-être faudrait-il rouvrir la piste des radars transhorizon qui présentent l'avantage d'être tous azimuts (un seul pourrait suffire à assurer la protection du terrotoire métropolitain) et sont susceptibles de détecter des véhicules aériens en vol rasant. Précisément, l'indépendance de la France supposerait également que nous mettions les moyens nécessaires pour rénover notre dispositif de surveillance de l'espace aérien : système de commandement et de contrôle des opérations aériennes (SCOAA) en respectant le déploiement de la version 4, et en s'engageant vers une version 5 qui nous assure un droit d'entrée dans le dispositif otanien de la DAMB" ;

- la dissuasion nucléaire : il est nécessaire de lancer les études amont sur un possible missile successeur du M 51.2 dans des délais assez brefs ;

 - les missiles de croisière hyper véloces : les sénateurs apportent leur soutien aux travaux de l'ONERA et de MBDA sur les projets de missile à statorécateur PEA Camosis et de super statoréacteur PEA Prométhée ;

 - l'interception de cibles rasantes : il faut envisager que la prolifération change de forme, avec davantage de missiles rasants ou de missibles balistiques de courte portée manoeuvrants, de type SS-26 Iskander. La réponse à cette menace militaire passe par le développement des missiles Aster 15 (autodéfense) et Aster 30 (interception) ainsi que des systèmes (radars et C2) dans lesquels ils s'insèrent, soit à terre (SAMP/T) et donc des radars (type SMART L) et des C2. Un développement incrémental du missile ASTER 30 B1 pour améliorer ses performances tout en traitant ses obsolences permettrait de surcroît d'ouvrir une voie européenne au futur des systèmes antibalistiques italiens, allemands, voire britanniques ;

 - les drones : le rapport se prononce pour une réouverture du dossier des drones MALE. "La pertinence économique de la création d'une filière de drones MALE nationale ou même franco-britannique fait débat. Au regard des quantités envisagées, seul un regroupement des besoins des différentes nations européennes semble faire sens du point de vue économique. Dans ces conditions, il semblerait inopportun de laisser venir à l'offre tous les éventuels candidats (EADS, Dassault, General Atomics). Seule une cible la plus large possible permettra de réduire les coûts" observent les sénateurs qui ajoutent qu'il serait souhaitable par ailleurs que l'Etat tranche le dossier des drones tactiques;

- les avions de combat futur et les UCAV : deux projets sont en lice : le démonstrateur NEURON de Dassault et le démonstrateur TARANIS de BAe, mais "l'Europe ne peut se permettre le luxe de recommencer les erreurs du combat fratricide Eurofighter/Rafale. Il est donc urgent de faire converger les deux projets et dégager une feuille de route industrielle et financière crédible", estiment les sénateurs.

.../...

Voir la suite de cet article :  Les capacités industrielles militaires critiques (analyse du rapport d'information sénatorial) - seconde partie -

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 11:05

Une rencontre a eu lieu ce jour à Strasbourg entre l'UE et le Conseil de l'Europe, dans le cadre des réunions de dialogue politique à haut niveau qui se tiennent à intervalles réguliers et permettent des échanges de vues sur des questions importantes pour les deux organisations.

Mme Erato Kozakou-Marcoullis, ministre des affaires étrangères de Chypre, représentant l'UE au nom de la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, M. Thorbjørn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe et M. Gilbert Saboya, ministre des affaires étrangères de la Principauté d'Andorre, en qualité de président du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, ont discuté de la coopération entre les deux organisations concernant le Sud de la Méditerranée, ainsi que de la question de l'éducation aux droits de l'homme et à la démocratie.

Ils ont réaffirmé leur soutien politique fort aux réformes démocratiques dans la région, dans l'intérêt tant du Sud de la Méditerranée que de l'Europe, et leur volonté de continuer à fournir une aide conjointe à cette fin, en particulier en ce qui concerne les réformes constitutionnelles, la tenue d'élections libres et régulières, le respect et la promotion des droits de l'homme, ainsi que la réforme des systèmes judiciaires. Mme Marcoullis, M. Saboya et M. Jagland ont mis l'accent sur le fait que l'UE et le Conseil de l'Europe coopèrent étroitement à tous les niveaux, y compris en ce qui concerne les événements récents survenus dans les pays voisins du Sud de la Méditerranée.

Les participants ont aussi souligné l'importance de la contribution que l'éducation aux droits de l'homme apporte au développement de la démocratie et à la cohésion sociale et, à cet égard, ont salué les initiatives prévues pour les six mois à venir dans ce domaine par la présidence andorrane du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, en particulier les actions de sensibilisation et de formation destinées aux jeunes.

L'UE et le Conseil de l'Europe ont exprimé leur intention de renforcer encore l'appui mutuel qu'elles s'apportent dans des domaines d'intérêt et de préoccupation communs, en continuant à faire fond sur le mémorandum d'accord de 2007 qui constitue le cadre de leur coopération et de leur dialogue politique.

Les participants ont réaffirmé également l'importance qu'ils continuent d'attacher au processus en cours d'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme, et leur volonté de poursuivre leurs efforts sans relâche pour que ces négociations puissent rapidement aboutir.

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:31


Comité d'études des relations franco-allemandes

Note du Cerfa n°99

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution de la Note du Cerfa n°99

rédigée par Roderick Parkes, directeur du programme Union européenne au Polish Institute of International Affairs (PISM).
 Les relations germano-britanniques à l'heure de vérité
 
 
Le veto britannique lors du Conseil européen de décembre 2011 a une nouvelle fois souligné les divergences entre l'Allemagne et le Royaume-Uni. Qu'il s'agisse de la politique économique ou de la politique de défense, ou plus largement de leurs conceptions respectives de l'intégration européenne, les désaccords entre les deux États sont nombreux et leur incapacité à les résoudre est un facteur de désintégration.

Cet article analyse les dynamiques qui sous-tendent la relation entre l'Allemagne et le Royaume-Uni à travers quatre théories. Il constate la nécessité d'améliorer les interactions entre les États européens et démontre que la diversité des interactions peut influencer l'expression d'un agenda politique. Les désaccords s'avèrent trop souvent perçus comme l'expression de préférences politiques divergentes récurrentes et intangibles. Or la manière dont les préférences politiques sont exprimées se répercute sur la qualité des interactions politiques, au niveau national mais également international.

Enfin, l'auteur décrit les avantages d'une Europe à trois vitesses avec une périphérie au sein de laquelle le Royaume-Uni pourrait assumer un leadership, alors que l'Allemagne exercerait le même rôle dans un noyau dur européen, tandis que la France aurait les nations du Sud dans sa sphère d'infuence.
Vous pouvez également consulter cette note sur notre site : http://ifri.org
 
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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 08:10

A la veille du Conseil européen sur le prochain cadre financier pluriannuel, remake d’un mauvais mélodrame qui va nous emmener jusqu’au bout de la nuit, jusqu’à l’épuisement des acteurs qui tous auront arraché quelque chose pour prétendre sortir vainqueur de la bataille, je ne peux m’empêcher de penser au Grand macabre. Qu’y-a-t-il en effet de plus comparable au monde imaginaire de Michel de Ghelderode que notre vieille Europe ? Même la crise financière, économique, sociale, budgétaire nous renvoie à cette farce apocalyptique. Et nous baignons dans un surréalisme qui ne laisse de m’impressionner. 

Surréaliste, le traitement de la crise grecque. Lorsque la dette était de 130% du PIB, nous avons attendu qu’elle arrive à 160% pour réagir. Lorsqu’elle fut à 160%, l’aide devint possible moyennant une austérité sans précédent sensée la ramener à 120% d’ici 2020. On nous l’annonce maintenant à 190% en 2014, mais cela ne nous empêchera pas de continuer comme si de rien était !

Surréalistes les traitements de cheval imposés à la hussarde dans les Etats membres, qu’il s’agisse des économies réalisées, au Royaume-Uni en sabordant la Royal Navy et aux Pays-Bas en supprimant pratiquement l’armée de terre, ou à défaut de réformes en procédant en France à une saignée fiscale qui rappelle les pratiques des médecins de Molière. On en vient à trouver presque étrange le compromis longuement négocié en Belgique (trois semaines) pour parvenir à un budget qui, sans augmentation dramatique de la pression fiscale, permet de réduire le déficit budgétaire, de réaliser des économies et de dégager des moyens pour la relance. Le gouvernement de l’homme au nœud papillon réussit même à allier sagesse et cohérence puisqu’après des coupes qui ont réduit la défense belge à très peu de choses, il souhaite un financement communautaire de la recherche de défense et une possibilité de financement de certaines activités via les fonds structurels. Et la Belgique fait partie des rares pays qui se satisfont de la proposition de la Commission pour le prochain cadre financier pluriannuel.

Surréalistes tous ces Etats membres qui demandent à l’UE d’en faire plus et veulent en même temps lui couper les vivres. Dans la défense par exemple parmi les idées avancées par les ministres, lundi, figurent la recherche de défense, le financement européen de l’acquisition de capacités, le recours aux fonds structurels pour financer des mesures d’efficacité énergétique ou environnementale, le soutien aux PME et l’innovation. Mais avec quoi pense-t-on financer tout ça en réduisant l’enveloppe globale ?

Surréalistes, les positions britannique et suédoise qui prétendent à la fois imposer un recul du budget communautaire et conserver leurs rabais. Et pourquoi pas le versement de primes par les Grecs ?

Surréaliste, la politique d’austérité qui nous entraîne dans la spirale de la récession. Cela fait des mois que des économistes réputés, des Prix Nobel d’économie comme l’Américain Joseph Stiglitz nous répètent à longueur d’articles de journaux que la récession est un engrenage au moins aussi pervers que la dette et que, parallèlement aux réformes et aux économies qui sont indispensable, la relance économique est le seul moyen de générer des revenus, en ce compris les recettes fiscales nécessaires pour réduire la dette. Mais rien y fait, nos Etats membres refusent obstinément de se donner ensemble un budget de relance européen pour compenser les politiques d’austérité mises en place au niveau national. Et au milieu du naufrage général, l’Allemagne pourra être fière d’avoir porté jusqu’au bout l’étendard de l’orthodoxie monétaire !

Surréaliste, évidemment cette prétendue orthodoxie monétaire qui nous conduit à ne pas contrôler notre propre monnaie. Les Suisses, qui ne sont pas de dangereux anarchistes, imposent depuis plus d’un an un cours plancher à leur monnaie. Les Chinois fixent le niveau de change du Renminbi. Les Américains utilisent « l’assouplissement quantitatif » pour augmenter la masse monétaire en circulation. Dévaluation, inflation et planche à billets sont ailleurs des pratiques courantes. Pour résumer les Européens sont les seuls à avoir renoncé collectivement à leur souveraineté monétaire.

Surréaliste encore cette Union de 500 millions de citoyens qui prétend en 2012 s’imposer un carcan financier jusqu’en 2021. Dans le domaine de la défense, on révise les stratégies en moyenne tous les quatre ou cinq ans et on n’est pas à l’abri d’une surprise stratégique. Et on prétendrait fixer le cadre budgétaire de 2020, alors que l’économie est en pleine mutation et que les flux de toutes natures n’ont jamais été aussi rapides !

Dans le monde réel, ce dont nous avons besoin c’est d’un véritable budget de relance européen. Un budget d’investissement qui soit suffisant pour soutenir la recherche et la technologie, conserver les compétences en Europe, aider les dynamiques d’entreprises et l’innovation, développer les réseaux, compenser les coupes claires opérées dans les infrastructures civiles et dans les capacités militaires et/ou à double usage.

Dans un monde bienfait, le président du Conseil européen ne convoque pas une réunion consacrée aux capacités militaires et à la politique industrielle dans le secteur de la défense sans prévoir des marges budgétaires qui permettront de prendre les mesures adéquates. Lorsque l’on prétend développer le rôle de l’Union européenne dans le monde (et au passage favoriser des économies d’échelle en permettant aux Etats membres de réduire leur voilure diplomatique), cher Herman Van Rompuy, on ne réduit pas de 10% le budget de la rubrique « Global Europe » de 72 milliards (proposition de la Commission) à 65 milliards sur sept ans.

Dans un monde bienfait, le président du Conseil européen devrait être sensible aux besoins de l’économie réelle. S’agit-il de doter l’Europe du budget dont elle a besoin ou de réduire l’enveloppe proposée par la Commission de 80 milliards simplement pour satisfaire aux exigences de sept pays (Danemark, Suède, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Autriche et Finlande). Réduire de 20 milliards (hors inflation) le montant par rapport au précédent cadre financier, c’est prendre le risque d’accentuer la récession. Le scénario japonais ne parle-t-il vraiment à personne ?

Dans un monde bienfait, le président du Conseil européen et les vingt-sept chefs d’Etat ou de gouvernement devraient tenir compte des avertissements des députés européens qui ont, à la suite du président Lamassoure, eu raison de faire preuve d’intransigeance sur le budget annuel 2013 et le dernier budget rectificatif 2012. La légitimité démocratique du Parlement européen est au moins aussi forte que celle du Conseil européen et ses pouvoirs budgétaires sont réels. Veut-on ajouter une profonde et durable crise budgétaire européenne aux crises que nous connaissons déjà ?

En débutant, j’avais annoncé un texte aux allures apocalyptiques. En grec, apocalypsis signifie révélation. Je veux espérer, même si je n’y crois pas trop, que quelque part dans leur longue nuit, les dirigeants européens auront la révélation d’un budget qui soit à la hauteur de la solidarité que nous impose la crise.

 

Cet article a été publié comme Edido du n°563 d'EUROPE, DIPLOMATIE & DEFENSE en date du 22 novembre 2012

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 13:25

Le Président français ne mâche plus ses mots à l'égard des Etats européens qui menacent de bloquer l'adoption des perspectives de budget 2014-2020.

Ce cadre budgétaire devant être voté à l'unanimité des 27 membres de l'Union européenne (UE), le dialogue s'annonce difficile et un compromis devra s'imposer entre les pays qui souhaitent une réduction des dépenses de l'UE, à l'image de la Grande-Bretagne ou du Danemark, et ceux qui espèrent le maintien des perspectives actuelles, comme c'est le cas pour la France.

Il y a "des pays - je ne citerai pas lesquels, je ne veux pas me fâcher - qui viennent chercher leur chèque, leur rabais, leur ristourne", a dénoncé François Hollande, qui a regretté sans détours que "l'idée qu'ils se font de l'Europe, c'est d'obtenir exactement ce qu'ils ont versé".

Si la position française est présentée comme une conception "solidaire" de l'UE, la répartition des versements provenant des institutions européennes y est sans doute aussi pour quelque chose.

La France, si elle est le deuxième plus gros contributeur au budget européen, est également la première perceptrice de financements, en grande partie grâce à la Politique agricole commune (PAC).

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:52

Monsieur le Président,

Monsieur le Président en exercice du Conseil,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Demain et après-demain le Conseil européen se réunira à Bruxelles afin de discuter du futur cadre budgétaire de l'Union européenne pour la période 2014-2020.

L'enjeu c'est la prospérité et la stabilité de l'Europe, c'est la compétitivité économique et la cohésion sociale.

L'objectif c'est une croissance durable et créatrice d'emplois. Mais, nous le savons tous, la croissance ne se décrète pas et les emplois n'apparaissent pas d'un coup de baguette magique.

De la stratégie Europe 2020 jusqu'aux conclusions du Conseil européen de juin 2012, les déclarations en faveur d?une croissance durable et créatrice d'emplois se sont multipliées.

Reste donc à savoir maintenant comment les gouvernements vont mettre en cohérence leurs déclarations et leurs actions.

Les décisions sur le futur cadre budgétaire de l'Union européenne sont un test clé de notre crédibilité. Car notre principal instrument pour investir dans la croissance et la création d'emplois c'est précisément le budget européen.

Nous avons beaucoup d'autres moteurs pour la croissance, le marché intérieur, le commerce international, mais, en termes d'investissements, le principal instrument c'est le budget européen.

Seul le budget européen peut assurer le financement d'une dynamique européenne que les budgets nationaux, à eux seuls, ne pourraient pas financer.

Une dynamique cruciale pour la croissance et l'emploi en Europe en créant un véritable espace européen de la cohésion économique, sociale et territoriale, de l'éducation, de la recherche et de l'innovation, des infrastructures.

Soyons clairs, les gouvernements vont défendre en premier lieu ce qu'ils définissent comme leur intérêt national. Et il appartient aux institutions communautaires - à la Commission, au Parlement européen - de mettre en avant toute la dimension vraiment européenne de ce qui est en jeu.

La Commission reste convaincue que ses propositions représentent l'intérêt général européen et celui de tous les Etats membres.

Le budget européen n'est pas, comme on le dit parfois, un budget pour Bruxelles, ou pour Strasbourg ! Plus de 94% du budget sont entièrement dédiés aux citoyens et citoyennes européens.

C'est un budget pour investir dans l'économie des tous les Etats membres, de nos régions, de nos villes, de nos campagnes ; un budget pour réaliser les objectifs de la stratégie Europe 2020 et aussi renforcer la convergence et la solidarité européenne.

Le budget de l'Union c'est donc essentiellement ce qui permet au niveau européen d'améliorer la vie de nos concitoyens. Notamment grâce à la politique de cohésion, politique de solidarité par excellence, et aussi politique de croissance, de convergence économique, de création d'emplois.

Une politique qui sait s'adapter aux circonstances et qui s'est révélée plus que jamais nécessaire en ces temps de contraintes budgétaires. Une politique qui favorise tout autant les pays bénéficiaires des fonds que les contributeurs de fonds.

Dans un tiers des Etats membres les investissements publics co-financés par les fonds de la politique de cohésion dépassent un taux de 50%. Dans certains pays ce montant atteint même 75%, voire 97%.

Ces chiffres vous démontrent l'importance vitale de ces politiques. Sans les fonds structurels, ces pays, notamment la majorité des nouveaux Etats Membres, ne pourront pas garantir l'emploi, ni poursuivre leur consolidation budgétaire, ni les réformes structurelles.

Mais cela bénéficie également aux pays contributeurs, en l'occurrence les plus grands contributeurs, dont les entreprises profitent en retour d'importantes possibilités d'investissement.

Dans beaucoup de cas, on peut vérifier que plus de 50% des fonds structurels qui vont dans les pays de cohésion retournent dans l'économie des pays grands contributeurs. Car ce sont les entreprises de ces pays qui sont en position de réaliser les grands travaux d'infrastructure et d'apporter leur technologie. C?est donc vraiment une politique gagnant-gagnant.

La politique de cohésion n'est pas simplement une politique pour les plus pauvres. La politique de cohésion, d'après les Traités, est une politique pour toute l'Union européenne, de la cohésion économique, sociale et territoriale. C'est un objectif de l'Union européenne dans son ensemble.

Le budget de l'Union européenne nous permet d'avoir de véritables politiques communes. Et grâce aux synergies ainsi réalisées, nous faisons des économies tout en sauvegardant l'intégrité du marché unique. C'est, par exemple, le cas de l'agriculture où 27 politiques nationales distinctes coûteraient plus cher que la Politique agricole commune.

Est-ce que nous avons déjà vraiment pensé à ce qui arriverait s'il n'y avait pas une politique agricole commune; si on avait la fragmentation du marché en Europe par 27 différentes politiques nationales pour l'agriculture?

La PAC a toujours su s'adapter à de nouveaux enjeux socio-économiques. Elle est en train de se réformer encore davantage. Car l'Europe a besoin plus que jamais d'une PAC forte, modernisée, compétitive, innovante et « verte » pour répondre aux attentes des Européens en matière d'approvisionnement alimentaire et aussi de santé. Mais aussi pour contribuer à la lutte contre le changement climatique et à la gestion durable des ressources naturelles.

Et à ceux qui disent qu'il faut réduire notre proposition car le budget communautaire doit lui aussi participer au grand effort de consolidation budgétaire en cours en Europe, je réponds:

C'est exactement ce que nous faisons. Car dans les politiques communes, la mise en commun de la dépense représente une plus-value et donc une économie réelle. Elle bénéficie avant tout aux contribuables européens.

Il faut être clair: s'opposer à cela, ce n'est pas faire avancer la consolidation. C'est, en fait, freiner la consolidation budgétaire. C'est éviter une dépense plus synergique, plus efficace, plus porteuse.

Le budget européen nous permet de créer un véritable espace européen qui est bien plus que la somme de ces différentes parties.

En partageant les coûts nous pouvons aussi développer d'autres projets, notamment la libre circulation de la connaissance, ce que nous appelons la cinquième liberté. Et ainsi nous obtiendrons de meilleurs résultats dans les domaines clés de l'éducation et de la recherche qui sont essentiels pour une Europe compétitive qui maintient ou installe son leadership dans des secteurs d'avenir.

C'est exactement ce que nous proposons avec le programme "Erasmus for All" qui coûtera moins de 2% du budget total mais fera une énorme différence pour des millions de jeunes Européens qui pourront étudier, se former et travailler dans un autre pays.

C?est aussi ce que nous proposons avec le programme Horizon 2020, pour que l'Europe reste une terre d'innovation et de spectaculaires percées scientifiques.

Des prix Nobel de la science et des médaillés Field (dans les mathématiques) nous ont soumis une pétition conjointe. Je les ai reçus récemment à Bruxelles. Cette pétition déclenchée par 44 Nobel européens de la science et 6 médaillés Field - et qui avait déjà reçu plus de 130 000 signatures de scientifiques européens - surtout de jeunes scientifiques européens, vient nous rappeler qu'un euro investi dans la recherche et l'innovation, en mettant ensemble les meilleures capacités au niveau européen, a souvent plus d'impact qu'un euro dépensé au niveau national.

Ces chercheurs et scientifiques saluent le succès, reconnu mondialement, du Conseil européen de la recherche créé par l'Union européenne. Et quand l'Union européenne commence à attirer les meilleurs chercheurs du monde et que les jeunes chercheurs européens décident de rester ici, le pire que l'Europe pourrait faire en ce moment ce serait de couper les gaz alors que l'avion européen, l'avion de la recherche et de l'innovation est précisément en train de décoller.

Le budget européen permet aussi de financer ce que les Etats membres ne pourraient pas financer eux-mêmes, par exemple ces grands réseaux paneuropéens nécessaires pour « connecter » l?Europe.

Vous connaissez tous notre proposition, la Connecting European Facility, un mécanisme d'interconnexion européenne dans le domaine des transports, de l'énergie et de la technologie numérique.

Plusieurs chefs d'entreprise, parmi les plus importants en Europe, parmi ceux qui ont vraiment une vision pas mesquine, mais une vision européenne, une vision globale, ont signé une lettre appelant à ce que le budget soutienne ce mécanisme d'interconnexion. Et pourquoi ? Parce qu'ils savent très bien que sans le budget européen on n'aura pas ce levier pour faire l'investissement dans ces infrastructures essentielles pour notre Europe.

Et il y a des domaines où en mettant ensemble nos compétences, on peut avoir de meilleurs résultats, notamment en matière de justice, de sécurité; dans le bon fonctionnement de l'espace Schengen et, par exemple, dans la lutte contre l'immigration illégale.

Nous ne pouvons pas continuer comme maintenant. Chaque fois qu'il y a un problème très sérieux d'immigration illégale, les gens se tournent vers l'Europe, demandent ce que l'Europe fait. Mais on sait très bien que l'Europe n'a pas les ressources pour faire face à ce problème si on ne partage pas des compétences nationales dans ce domaine.

Ce que nous proposons c'est donc de mieux dépenser pour des résultats ciblés sur nos grandes priorités.

Certains suggèrent de couper, par-ci par-là, en disant que finalement cela ne ferait pas de différence pour l'Europe. Mais, je peux vous garantir que, ce qui est vraiment peu pour l'Europe dans son ensemble, devient une énorme différence pour certaines de nos politiques et certains de nos pays.

J'écoute le débat préparatoire, tout le débat porte sur la façon de réduire. On ne discute pas vraiment de qualité d'investissement, c'est seulement couper, couper, couper?

Chaque milliard retiré au programme Horizon 2020, ça veut dire 4 000 PME privées de financement pour des innovations créatrices de croissance et d'emplois. Ça veut 600 chercheurs d'excellence et leurs équipes qui ne peuvent plus poursuivre leurs travaux dont dépend notre prospérité future. Ça veut dire la fin du programme IMI (Innovative Medicines Initiative) dédié à l'innovation dans le domaine de la santé.

Quelques fractions de pourcents en moins pour « connecter » l'Europe c'est renoncer au leadership européen dans le domaine des transports, abandonner nos projets de réduction de CO2, par exemple le projet Carbon Capture Storage, et laisser tomber le développement de connexions reliant l'Est à l'Ouest de l'Europe.

Couper, même peu, dans le budget déjà relativement modeste de la culture c'est se priver de création d?emplois dans un secteur porteur et amputer la créativité européenne qui nous est plus que jamais nécessaire.

Couper dans la proposition de la Commission de créer un Fonds européen d'aide aux plus démunis, ce n'est peut-être pas grand-chose au niveau du montant global, mais c'est une différence dramatique pour les 116 millions d'Européens, dont 25 millions d'enfants, menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale.

Et franchement, Mesdames et Messieurs les Députés, comment les Européens peuvent comprendre que, lorsqu'il y a des sommets à Bruxelles pour trouver des centaines de milliards d'euros pour sauver les banques, on arrive à un accord. Mais quand il s'agit de quelques millions pour aider les plus pauvres, on entend beaucoup plus de voix négatives que de voix positives. Comment peut-on comprendre cela?

Mettre en cause le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation, alors que l'Europe connaît des taux de chômage inacceptables, c'est enlever la possibilité de formation et de retrouver un emploi à des millions de chômeurs.

Et c'est aussi nous priver de l'un de nos instruments les plus innovants en matière de soutien social dans des cas de délocalisations.

Et quelques millièmes de pourcents en moins pour le fonds européen de développement et l'aide humanitaire c'est tout simplement, pour les plus vulnérables de ce monde, une question de vie ou de mort. Parce que derrière ces chiffres il y a la vie de gens concrets! Ce serait contraire à nos valeurs et ce serait aussi contraire à nos intérêts, mais j'insiste - là je ne parle pas en général des valeurs et des intérêts, je parle de gens concrets.

Par exemple, j'ai visité récemment un camp de réfugiés syriens en Jordanie où le directeur général de l'UNICEF m'a dit que, sans l'aide de l'Union européenne, tous ces jeunes filles et jeunes garçons ne pourraient simplement pas avoir d'accès à l'éducation. Ces filles que j'ai visitées là, étudient sous des tentes. Leurs villes étaient détruites par le régime d'Assad. Ils viennent par centaines de milliers des pays voisins. Et l'Europe est présente pour aider. Est-ce qu'on va réduire notre effort maintenant, devant ces tragédies?

Hier vous avez reçu ici le Président de l'Haïti, Monsieur le Président de la plénière. Je l'ai reçu aussi à Bruxelles. Au nom du peuple haïtien, il a dit merci à l'Europe qui, en dépit de ses difficultés économiques, n'oublie pas Haïti, où le tremblement de terre a fait plus de 300 000 morts, un pays complètement dévasté. Il a dit merci à l'Europe qui permet aux enfants haïtiens d'avoir un espoir dans l'avenir.

Et pour l'Afrique, vers laquelle nous Européens avons une responsabilité particulière, et pour beaucoup d'autres pays du monde, l'Europe ne peut pas manquer à ses engagements de réaliser les objectifs de développement du Millénaire.

C'est celle-là l'Europe à laquelle je crois, nous croyons, une Europe ouverte et solidaire, une Europe qui ne va pas tourner le dos au reste du monde!

Mesdames et Messieurs les Députés,

Donner à l'Union européenne le budget qu'elle mérite c'est se donner la possibilité de refonder l'économie sur des bases nouvelles.

C'est aussi tenir notre engagement à ce que les dépenses soient mobilisées en faveur de la croissance et de l'emploi, de la compétitivité et de la convergence.

C?est pourquoi la Commission reste attachée à sa proposition initiale. Le budget de l?Union doit être véritablement un budget de soutien à notre agenda de croissance. Et je me réjouis de voir qu'en général nos propositions sont appuyées par ce Parlement et par une majorité d'Etats membres.

Le 13 novembre dernier j'ai participé au Parlement européen à Bruxelles, avec le Président du Parlement européen, à un sommet du groupe des Amis de la Cohésion co-organisée par le Premier ministre de la Pologne et le Premier ministre du Portugal, avec la présence de 16 gouvernements ainsi que de partenaires sociaux, BUSINESSEUROPE et Confédération européenne des syndicats. Les partenaires sociaux, qui ne sont pas toujours d'accord, là ils sont d'accord, et poussent pour que le budget européen ne soit pas réduit dans ses ambitions car il est essentiel pour la croissance. Le message était très clair et unanime.

C'est pourquoi j'ai lancé un appel pour que les "amis de la cohésion" et ceux du "mieux dépenser" ("better spending") se rejoignent dans une grande coalition européenne des "amis de la croissance". Parce que le principal risque que je vois aujourd'hui c'est que les coupes touchent aux domaines d'avenir indispensables à la croissance. Donc, nous avons là un effet paradoxal : précisément à cause de certaines demandes du groupe du "better spending" on est en train de réduire le montant global ce qui va sacrifier probablement le plus les politiques d'avenir et de renforcement de la compétitivité.

Car effectivement l'agenda du "better spending" est essentiel et je l'ai dit aussi devant les pays de la cohésion. Je suis un ami de la cohésion, mais je suis l'ami aussi du "better spending". Il nous faut aussi, soyons francs, être critique vis-à-vis de certaines dépenses européennes qui n'ont pas toujours apporté une valeur ajoutée en termes de compétitivité.

C'est pourquoi nous voulons aligner la politique de cohésion avec les objectifs Europe 2020 pour une croissance soutenable et intelligente, pas n'importe quelle forme de croissance, soutenable et intelligente. C'est pourquoi nous sommes en faveur, et je sais que ce n'est pas très populaire parmi certains, mais je dois le dire, de conditionnalités macro-économique dans ce domaine. Nous devons aligner nos différentes politiques précisément dans le cadre des efforts qu'on fait pour une gouvernance économique renforcée. L'efficacité de nos investissements est donc essentielle. La valeur ajoutée de chaque euro est essentielle.

Mais je me demande si ceux qui voudraient également couper profondément dans les dépenses administratives ont vraiment un souci d'efficacité, c'est-à-dire le souci d'une optimisation des moyens à mettre en ?uvre, ou s'ils cherchent surtout à affaiblir les institutions, comme par exemple la Commission et le Parlement européen.

Car une coupure profonde dans des dépenses qui représentent moins de 6% du budget n'aurait qu'un impact minimal sur les économies recherchées.

Et nous avons besoin d'une fonction publique indépendante en Europe, une fonction publique de haut niveau pour élaborer des lois et développer des projets qui bénéficient à l'Europe toute entière.

Et avant de conclure permettez-moi d'ajouter deux points. Tout d'abord, la Commission se bat pour une flexibilité appropriée. En effet le budget doit pouvoir être adapté, au fil des années, à l'évolution de la situation économique. Il faut donc que les contributions soient de l'argent réel et non pas virtuel, surtout quand on a, à présent, une situation dramatique dans certains de nos Etats membres qui ont besoin des investissements non pas en 2020, mais de pouvoir déjà les faire en 2014 dans le cadre du nouveau budget européen et, avant ça, dans le cadre des budgets de 2012 et 2013.

Par ailleurs, la Commission réaffirme sa proposition de mettre en ?uvre un système de ressources propres plus proche des règles du traité prévoyant que le budget de l'Union doit être financé par des ressources propres. Il est important que dans les jours qui viennent le Conseil européen marque son ouverture à avancer dans cette direction.

Au final, Mesdames et Messieurs les Députés, l'important, c'est que nous travaillons tous ensemble pour ces objectifs, dans un esprit de coopération loyale.

Bien sûr le propre d'une négociation c'est de parvenir à des compromis. Et donc la Commission va à la réunion du Conseil européen avec l'esprit du compromis, mais attention - des compromis qui doivent être constructifs. Des compromis qui doivent renforcer l'Europe et non pas contribuer à détruire l'Europe. Et chacun doit y participer. L'essentiel est que nous ayons un budget qui soit vraiment catalyseur de croissance et d'emplois.

Alors je demande aux Chefs d'états et de gouvernements qui se réuniront à Bruxelles d'écouter la voix des Prix Nobel de la science qui nous rappellent que l'avenir de l'Europe dépend de la recherche et de l'innovation.

Ecouter la voix des étudiants Erasmus qui veulent la meilleure des éducations.

Ecouter la voix de leurs propres régions, des organisations d'entreprises et des syndicats qui nous disent à quel point les investissements sont indispensables pour relancer la croissance.

La voix des entrepreneurs qui attendent des investissements dans les infrastructures pour connecter l'Europe par le transport, l'énergie, le numérique.

La voix des banques alimentaires contre la faim qui ne comprendraient pas que dans l'émergence sociale actuelle, dans beaucoup de nos pays, on laisse tant de pauvres sans espoir.

La voix des chômeurs à qui l'Europe doit donner des perspectives d'avenir.

La voix de nos partenaires internationaux, des organisations humanitaires, des organisations non gouvernementales, qui demandent à ce que l'Europe reste engagée dans le monde, dans l'aide au développement et dans le leadership de la lutte contre le changement climatique et pour un développement soutenable.

Les voix des enfants qui, à travers le monde, nous disent que sans l'Union européenne ils n'auraient plus d'espoir.

Et je demande aux gouvernements européens d'écouter aussi la voix de ce Parlement démocratiquement élu qui représente les citoyens européens.

Je leur demande d'écouter pour que nous puissions avoir une Europe plus forte, une Europe de la croissance et de l'emploi.

Je vous remercie de votre attention.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 22:33

 

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"Newsletter Spéciale - Budget de l'UE"
Novembre 2012

A la veille du Conseil européen extraordinaire des 22 et 23 novembre portant sur le « cadre financier pluriannuel 2014–2020 », nous vous proposons une sélection des travaux que Notre Europe - Institut Jacques Delors a consacré à la réforme du budget de l’UE depuis un an et demi.
Ces travaux comprennent notamment des analyses et prises de position en faveur d'un débat budgétaire élargi et constructif, des recommandations sur les perspectives d’évolution de dépenses sectorielles clé (éducation-recherche, énergie, actions extérieures) et un appel plus général à « mieux dépenser ensemble ».

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 22:28

Le chômage des jeunes atteint presque 23 % dans l'Union, alors que plus de 2 millions d'emplois restent vacants. L'Europe doit complètement repenser la manière dont les systèmes d'éducation et de formation peuvent produire les compétences dont le marché du travail a besoin. Dans un contexte d'austérité généralisée et de compression des budgets de l'éducation, l'enjeu tient de la gageure. La Commission présente aujourd'hui «Repenser l'éducation», une nouvelle stratégie qui entend encourager les États membres à agir immédiatement pour garantir que les jeunes acquièrent les aptitudes et les compétences requises par le marché du travail, et à réaliser leurs objectifs en matière de croissance et d'emploi.

La commissaire européenne à l?éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, Mme Androulla Vassiliou, a déclaré: «Repenser l'éducation n'est pas qu'une question d'argent: s'il est vrai que nous devons investir plus dans l'éducation et la formation, il apparaît clairement que les systèmes éducatifs doivent également être modernisés et se doter d'un mode de fonctionnement plus souple pour réellement répondre aux besoins de la société d'aujourd'hui. L'Europe ne retrouvera la voie d'une croissance durable qu'en s'appuyant des individus hautement qualifiés et polyvalents capables de contribuer à l'innovation et à l'entrepreneuriat. Des investissements efficaces et bien ciblés sont indispensables à cet égard, mais la réduction des budgets de l'éducation mettra nos objectifs hors de portée».

La stratégie «Repenser l'éducation» appelle à une transition fondamentale dans l'éducation, qui doit se concentrer davantage sur les «acquis de l'apprentissage», c'est-à-dire les connaissances, les aptitudes et les compétences acquises par l'apprenant. À elle seule, la durée de scolarisation n'est plus pertinente. En outre, les compétences de base en lecture, en écriture et en calcul doivent encore être sensiblement améliorées, de même qu'il convient de développer les compétences entrepreneuriales et l'esprit d'initiative (voir le communiqué IP/12/1224 <http://europa.eu/rapid/press-release_IP-12-1224_fr.htm>, qui appelle à mettre davantage l'accent sur de nouvelles compétences à l'école).

Pour garantir une meilleure concordance entre l'éducation et les besoins des apprenants et du marché du travail, les méthodes d'évaluation doivent être adaptées et modernisées. L'utilisation de TIC et de ressources éducatives ouvertes (RÉL) devrait être développée dans tous les contextes d'apprentissage. Les enseignants aussi doivent actualiser leurs compétences en se formant régulièrement. La stratégie appelle également les États membres à renforcer les liens entre les systèmes éducatifs et les employeurs, à introduire l'entreprise dans la salle de classe, et à permettre aux jeunes de découvrir le monde du travail par un recours accru à l'apprentissage en milieu professionnel. Les ministres de l'Éducation de l'Union sont également encouragés à renforcer leur coopération, au niveau national et européen, sur ce type d'apprentissage.

Parmi les autres mesures proposées, on citera notamment un nouvel objectif de référence en matière d'apprentissage des langues, des orientations sur l'évaluation et le développement de la formation à l'entrepreneuriat, ainsi qu'une analyse de l'incidence de l'utilisation des TIC et des RÉL dans l'enseignement et l'apprentissage destinée à poser les jalons d'une nouvelle initiative, prévue en 2013, qui portera sur l'ouverture de l'éducation et visera à maximiser le potentiel des TIC dans l'apprentissage.

Contexte

Les compétences sont essentielles pour la productivité, et l'Europe doit réagir face à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de l'offre de compétences à l'échelle mondiale. Selon les prévisions, plus d'un tiers des emplois dans l'Union nécessiteront un diplôme de niveau tertiaire en 2020 et 18 % seulement des emplois seront faiblement qualifiés.

Aujourd'hui, 73 millions d'Européens, soit environ un quart des adultes, n'ont qu'un faible niveau d'instruction. Près de 20 % des jeunes âgés de 15 ans ont des difficultés en lecture et en écriture, et dans cinq pays, plus de 25 % d'entre eux maîtrisent insuffisamment la lecture (41 % en Bulgarie, 40 % en Roumanie, 36 % à Malte, 27,5 % en Autriche, et 26 % au Luxembourg). Le décrochage scolaire atteint encore des niveaux inacceptables dans plusieurs États membres, comme en Espagne (26,5 %) et au Portugal (23,2 %), sachant que l'Union s'est fixé pour objectif de passer sous la barre des 10 %. Moins de 9 % des adultes participent à l'éducation et à la formation tout au long de la vie (l'objectif de l'Union est de 15 %).

Les recommandations formulées dans la communication «Repenser l'éducation» s'appuient sur les résultats pour 2012 du «suivi de l'éducation et de la formation», une nouvelle enquête menée annuellement par la Commission qui établit l'offre de compétences dans les États membres.

«Repenser l'éducation» en bref:

· Un recentrage sensible sur le développement des compétences transversales et fondamentales est nécessaire à tous les niveaux, notamment pour les compétences entrepreneuriales et informatiques.

· Un nouvel objectif de référence est établi pour l'apprentissage des langues étrangères: d'ici 2020, au moins 50 % des jeunes âgés de 15 ans devront connaître une première langue étrangère (contre 42 % aujourd'hui) et au moins 75 % devront étudier une deuxième langue étrangère (contre 61 % aujourd?hui).

· Il convient d'investir pour mettre en place des systèmes d'enseignement et de formation professionnels de niveau mondial et développer l'apprentissage en milieu professionnel.

· Les États membres doivent améliorer la reconnaissance des certifications et des compétences, y compris celles acquises en dehors des systèmes d'éducation et de formation formels.

· La technologie, et l'internet en particulier, doit être pleinement exploitée. Les écoles, les universités et les établissements de formation professionnelle doivent améliorer l'accès à l'éducation au moyen de ressources éducatives libres.

· Ces réformes doivent être appuyées par des enseignants bien formés, motivés et animés d'un esprit d'entreprise.

· Les financements doivent être ciblés pour maximiser les rendements des investissements. Il convient d'engager le débat au niveau national et au niveau de l'Union sur le financement de l'éducation, notamment de la formation professionnelle et de l'enseignement supérieur.

· Les partenariats sont essentiels. Des fonds publics et privés sont nécessaires pour stimuler l'innovation et favoriser des échanges féconds entre l'université et les entreprises.

Erasmus pour tous <http://europa.eu/rapid/press-release_IP-11-1398_fr.htm>, le programme doté de 19 milliards d'euros proposé par la Commission pour l'éducation, la formation, la jeunesse et les sports, vise à doubler le nombre de personnes qui bénéficient d'une bourse pour développer leurs compétences dans le cadre des études, de la formation ou du volontariat à l?étranger; celui-ci devrait passer à 5 millions au cours de la période 2014-2020. Plus des deux tiers du budget du programme seraient consacrés à de tels projets de mobilité individuelle pour l'apprentissage, le reste étant attribué à des projets axés sur la coopération pour l'innovation, la réforme et le partage de bonnes pratiques.

Le 5 décembre, la Commission doit présenter un train de mesures pour l'emploi des jeunes comprenant un dispositif de garantie pour la jeunesse. Au titre de ce dispositif, les États membres devront assurer que chaque jeune bénéficie d'une proposition d'emploi, de formation ou d'enseignement de qualité dans les quatre mois suivant sa déscolarisation ou la perte de son emploi. La proposition prévoit d'exploiter pleinement les possibilités de financement de l'Union, et notamment le Fonds social européen.

Pour de plus amples informations:

Stratégie «Repenser l'éducation» et annexes <http://ec.europa.eu/education/news/rethinking_en.htm>

Commission européenne: Éducation et formation <http://ec.europa.eu/education/index_fr.htm>

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