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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 10:31

Le traité européen [sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (improprement appelé traité budgétaire) 08 - tscg.fr.12 08 - tscg.fr.12 ] prévoit un déficit structurel maximal de 0,5% du PIB. Mais les institutions internationales ne s'accordent pas sur la méthode de calcul de cet indicateur.

Les députés viennent d'adopter la règle, prévue par le traité budgétaire européen, d'un déficit structurel limité à 0,5% du PIB. L'objectif fixé est clair. Mais la définition même de solde structurel n'est dans la pratique pas dénuée d'ambiguïtés, ce qui peut rendre malaisée son application concrète.

«Le solde structurel signifie le solde corrigé des variations conjoncturelles, déduction faite des mesures ponctuelles et temporaires», précise le traité. Concrètement, le déficit structurel isole la partie du déficit qui n'est pas impactée par la croissance. «Lorsqu'on est en haut du cycle économique, les prestations sociales sont élevées et les rentrées fiscales sont faibles, ce qui creuse le déficit, explique Cédric Thellier, économiste chez Natixis. Le déficit structurel vise à mesurer l'effort réalisé par les gouvernements, indépendamment de ce contexte

Pour ce faire, les différentes institutions qui le calculent évaluent la sensibilité des dépenses et des recettes publiques à la conjoncture. Mais, en pratique, le FMI, l'OCDE et la Commission européenne utilisent chacun une méthode de calcul différente et obtiennent en conséquence des niveaux de déficit structurel différents. En 2011, le déficit structurel français était de -4,1% du PIB pour la Commission européenne, mais de -3,4% pour le FMI...

Recul nécessaire

Difficulté supplémentaire, le niveau de déficit structurel est très difficile à évaluer en temps réel. «Les chiffres sont généralement révisés. Sans recul, ils sont très fragiles», estime Catherine Mathieu, économiste à l'OFCE. Connaître le niveau de la croissance potentielle est en effet nécessaire pour calculer le déficit structurel. Or son évaluation prend du temps. Il faut par exemple plusieurs années pour quantifier exactement l'impact positif de dépenses éducatives sur la croissance potentielle, ou celui, négatif cette fois, de délocalisations... Il n'empêche: un pays ayant fait l'objet d'une procédure pour déficit excessif pourrait voir d'un mauvais œil que son déficit structurel soit par la suite revu à la baisse. «Utiliser cet indicateur de façon stricte apparaît risqué, juge Gilles Moec, économiste chez Deutsche Bank. Il faudrait se laisser une marge d'appréciation de quelques dizaines de points.»

Malgré ses défauts, le concept a l'avantage de contribuer à casser la spirale infernale de coupes budgétaires qui cassent la croissance, rendant nécessaires de nouvelles coupes budgétaires. Mais il ne se suffit pas à lui-même. Les gouvernements ne peuvent faire complètement abstraction de l'objectif nominal - les fameux 3% de déficit public en 2013 sur lesquels s'est par exemple engagé François Hollande. «En période de récession, même si le déficit structurel est contenu, la dette continue d'augmenter. Et in fine, l'important pour un État est de parvenir à emprunter sur les marchés», rappelle Gilles Moec.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 09:00

Des projets théoriques à la concrétisation. Plusieurs forces politiques européennes estiment que le moment est venu de relancer le projet d'un nouveau traité orienté vers la création d'une véritable union politique. On en discute depuis des années, à partir du projet Spinelli et de bien d'autres initiatives. A présent, ceux qui préconisent un nouveau sursaut de la construction européenne sont de plus en plus convaincus que le moment d'agir est arrivé : passer des projets théoriques à leur concrétisation. Les initiatives n'ont jamais fait défaut, et j'ai eu l'occasion d'ne faire état à plusieurs reprises [dans les éditoriaux du Bulletin Quotidien Europe]. La constatation que, dans certains domaines, les autonomies nationales sont désormais plus apparentes que réelles (même si les opinions publiques ne s'en rendent compte que partiellement), expliquent la relance et l'ampleur des projets. Les fédéralistes, qui encore récemment donnaient l'impression d'être des rêveurs, ou de prêcher pour un avenir éloigné, ont même établi des calendriers serrés. Se font aussi entendre, avec leur entrain habituel, ceux qui se considèrent comme les prophètes de notre époque, les signatures illustres qui s'adressent aux opinions publiques les plus vastes, au-delà des milieux spécialisés dans les affaires européennes. Voici Bernard-Henri Lévy : "Le théorème est implacable. Sans Fédération, pas de monnaie commune. Sans unité politique, la monnaie dure quelques décennies puis se désagrège. Sans progrès d'intégration politique [...], sans abandon de compétences par les Etats-nations et sans une franche défaite des souverainistes, qui poussent en réalité les peuples au repli et à la débâcle, l'euro se désintègera." Et voici son annonce : "Union politique ou barbarie. Fédéralisme ou éclatement avec régression sociale, précarité, explosion du chômage, misère." Conclusion : sans intégration, l'Europe "sort de l'Histoire et sombre dans le chaos. C'est l'Union politique ou la mort" (voir le texte complet de son appel : Construire l'Europe politique, ou mourir, par Bernard-Henri Lévy (Le Point) ). Le ton y est, n'est-ce pas ?

Projets détaillés mais pas uniformes. L'envol rhétorique cité, je ne sais pas à quel point convaincant pour les opinions publiques, nous conduit aux projets détaillés et aux initiatives politiques qui émergent à Bruxelles et dans certains Etats membres autour de la nécessité d'un un nouveau traité européen visant l'union politique. Des projets et des initiatives squi se succèdent, s'entrechoquent et se développent entre difficultés, obstacles, ambiguïtés et divergences.

.../...

Voir la suite de cet article dans le numéro 10697 du Bulletin Quotidien Européen en date du 27 septembre 2012.  

Le lecteur inétressé par ce sujet crucial est invité à prendre connaissance sur ce blog des différents projets et initiatives politiques évoqués ou  non dans l'article ci-dessus. Il y découvrira notamment en quoi le schéma de Fédération d'Etats-nations mis sur le devant de la scène par Jacques Delors, d'une part, puis par Jose-Manuel Barroso, différent profondément de nature alors qu'il sont 'habillé' sous le même 'manteau'.

 *  Saut fédéral ou unions politiques ? par Yves Bertoncini (Notre Europe)  

 * Europe : la réforme de 2014

 *  Union politique / La réforme de 2014 - Catalogue pour un débat

 *  Le groupe sur le Futur de l’Europe a rendu son rapport final

 * Parachever l'euro - Feuille de route vers une union budgétaire en Europe (Groupe Tommaso Padoa-Schioppa - Notre Europe)       

 * Quelles institutions pour la zone euro ? par António Vitorino (Notre Europe)

 * Pour une Fédération européenne d'Etats-nations : la vision de Jacques Delors revisitée, par Gaëtane Ricard-Nihoul (Synthèse par Yves Bertoncini - Notre Europe)

 * Relance de la formule de Jacques Delors pour l'Europe future : " Fédération d'Etats-nations ", qui n'est pas du tout ce qu'on croit trop souvent  

 *  Une union politique pour l'Europe, par Thierry Chopin, Jean-François Jamet et François-Xavier Priollaud (Question d’Europe n°252 - 24 septembre 2012 - Fondation Robert Schuman - 

 *  Herman Van Rompuy expose son plan d'avenir pour l'Europe  

 *  Discours sur l'état de l’Union 2012, prononcé par José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne (Strasbourg, 12 septembre 2012)    

 * Le président François Hollande a précisé sa vision pour une refondation de l'Union européenne

  * Jean-Marc Ayrault : Pas de gouvernance économique européenne sans contrôle par les Nations

 *  Lettre ouverte à mes amis fédéralistes qui refusent une Europe à plusieurs vitesses !  

 * L'Europe à deux vitesses : une voie pour l'intégration ? par Thierry Chopin (Le Monde)  

 * Lettre ouverte aux tenants d'une Europe à deux vitesses         

 * Ne nous y trompons pas ! Le Royaume-Uni n'a aucune intention de quitter l'Union européenne !  

 * Vers une puissance publique européenne (extraits de « L’Union européenne dans le temps long » de Jean-Louis Quermonne ) ! - Première partie -

 * Vers une puissance publique européenne (extraits de « L’Union européenne dans le temps long » de Jean-Louis Quermonne ) ! - Seconde partie -     

 * Pour un rôle accru des Parlements nationaux au sein de l'Union européenne        

 * Tout sauf les institutions ! Voilà le statut idéal pour les Etats membres de l'Union européenne qui souhaiteraient se dégager des contraintes et dérives d'une Union en crise !  *

  * Europe fédérale : c’est oui ou c’est non ? On ne pourra pas faire longtemps l’économie du politique (Causeur)        

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 20:12

La reconnaissance universelle, par le Comité Nobel, de l'oeuvre de paix de la Communauté puis de l'Union européennes doit encourager ses citoyens et ses dirigeants dans leur "résolution à poursuivre le processus créant une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l'Europe " et les inciter à "franchir les étapes ultérieures pour faire progresser l'intégration européenne" (préambule des Traités). 

La prochaine étape aura précisément lieu en Juin 2014 date à laquelle l'ensemble des citoyens éliront leurs nouveaux représentants communs au Parlement européen et lorsque ceux ci éliront à leur tour les membres de la nouvelle Commission. 

Cette élection - exactement cent ans après le déclenchement de la première grande guerre civile européenne - doit être l'occasion d'un nécessaire renforcement de l'unité et de la solidarité entre les États membres de l'Union fortement ébranlée par la crise .

Avant 2014 devront certes, en priorité, être finalement mis en place tous les mécanismes d'union financière, budgétaire et économique en cours de négociation.

Mais la principale obligation des Institutions et des Gouvernements sera de "franchir une nouvelle étape" dans la voie de l'union politique - c'est à dire d'une union de type fédéral - afin de permettre à l'UE de consolider son oeuvre de paix et de prospérité.

L'élection de 2014 doit donc être précédée d'un grand débat public sur ce thème en vue de préparer les réformes politiques et institutionnelles nécessaires. Elle devrait être suivie de la réunion d'une Convention démocratique dont la tâche sera de proposer toutes les modifications constitutionnelles utiles - lesquelles devront ensuite être soumises à l'accord des citoyens ou de leurs représentants.

L'Union des Fédéralistes européens et les autres associations signataires invitent donc les membres du Conseil Européen - et plus particulièrement le Gouvernement français - à lancer publiquement ce grand débat dès leur prochaine réunion du 18 Octobre 2012 .

Elles s'engagent pour leur part à y contribuer conjointement en organisant des discussions publiques autour de réflexions communes.

Voir également sur ce blog :

 *  "Towards a genuine economic and monetary union" - Interim Report by the President of European Council (Brussels, 12 October 2012)

 * La réflexion sur un nouveau traité européen visant l'union politique se développe entre difficultés, obstacles et divergences

 

 

 

 

"Nobel oblige" : la décison du Comité soulève une nouvelle dynamique et de nouveaux espoirs de paix et de progrès en Europe et bien au-delà.

 

 

Saisissons immédiatement cette chance pour engager une nouvelle étape dans l'oeuvre européenne.

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 19:28

En cette période difficile, où il s'agit de découvrir de nouveaux relais de croissance à travers l'innovation technologique, le rôle des pôles de compétitivité, comme dispositif d'aide à l'innovation en région, mérite d'être examiné.  

En effet, d'après un audit récent réalisé par des cabinets indépendants à la demande du ministère de l'Economie et des Finances, il semblerait qu'une partie des 71 pôles de compétitivité implantés en France soient jugés non compétitifs, avec un manque de rayonnement à l'international. Comment expliquer cette situation ?  

Tout d'abord, les résultats de l'audit montrent que les pôles de compétitivité installés sur des territoires déjà dotés d'infrastructures, d'un bassin d'emploi solide, d'une tradition entrepreneuriale, connaissent du succès. A l'inverse les pôles implantés dans des zones géographiques en déshérence ne réussissent pas, à de rares exceptions près ! Dans ces conditions, il nous semble important de souligner qu'un pôle de compétitivité ne peut pas servir de politique compensatoire à la désindustrialisation de certaines régions, en réponse au lobbying des élus locaux. Tout territoire n'a pas vocation à devenir innovant !  

Cette contre-performance dans les résultats de l'action publique s'explique aussi, en raison du « millefeuille bureaucratique », avec un empilement des aides publiques destinées à l'innovation en région, qui sont souvent redondantes. Un empilement qui nuit à la lisibilité de l'action publique et favorise de surcroît l'opportunisme d'une partie des acteurs économiques, qui vont s'implanter au sein d'un pôle de compétitivité, sans avoir nécessairement la volonté de collaborer, mais pour bénéficier des subventions publiques liées à la localisation de leurs activités.  

L'innovation ne peut pas se décréter, ni par des mesures fiscales ni par des réglementations, car elle découle avant tout d'un partage de connaissances librement consenti entre partenaires publics et privés, dans la confiance partagée. La démarche proposée avec les pôles de compétitivité à la française est paradoxale. Il s'agit, pour des raisons politiques, de promouvoir artificiellement la confiance entre des acteurs aux intérêts souvent contradictoires : des centres de recherche publics et des investisseurs privés qui ne partagent pas le même statut et qui ont tendance à rechercher des objectifs opposés (innovation fondamentale pour les chercheurs publics, innovation appliquée pour les entreprises privées) ; des PME spécialisées qui sont réticentes à divulguer leurs secrets industriels aux grands groupes partenaires de peur de perdre leur pouvoir de négociation dans les projets innovants ; des firmes concurrentes qui sont partenaires pour partager les investissements et les risques dans une innovation collective, mais qui redeviennent concurrentes pour partager les bénéfices issus de la rente sur cette innovation.  

Dans ces conditions, le pôle de compétitivité n'est pas toujours une organisation efficace, pour favoriser le partage de connaissances entre des acteurs aux enjeux différents, même s'ils sont implantés « de force » à proximité les uns des autres sur le même territoire ! Il serait donc important de mettre l'accent sur la confiance, lubrifiant des relations sociales, qui apparaît selon nous comme le véritable moteur de l'innovation collective. C'est un problème majeur auquel les pouvoirs publics devraient réfléchir, pour relancer durablement l'innovation à partir des territoires, en valorisant davantage le tissu industriel des PME à vocation mondiale.  

Christophe Assens est directeur adjoint du laboratoire de recherche Larequoi-ISM de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.  

 Source : http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0202312331816-les-limites-des-poles-de-competitivite-370251.php 

Voir également :  Retour sur image : Les pôles de compétitivité : bilan et perspectives d'une politique industrielle et d'aménagement du territoire

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 17:00

L’étude de Daniel Debomy publiée par Notre Europe s’appuie sur les enquêtes quantitatives et qualitatives conduites au niveau communautaire pour mesurer l’évolution des opinions publiques vis-à-vis de l’Union européenne.

Elle met tout d’abord en perspective ces évolutions à l’échelle du dernier quart de siècle, en indiquant que quatre grandes périodes successives peuvent être observées : un niveau record d’adhésion au projet européen au printemps 1991, un point historiquement bas au printemps 1997, une remontée partielle, lente et en dents-de-scie jusqu’en 2007, puis un nouvel affaissement depuis 2008.

L’étude s’appuie notamment sur des analyses qualitatives dont se dégagent des enseignements très éclairants. Il en ressort par exemple que les Européens ont dans l’ensemble bien compris la nécessité d’une Europe forte et soudée et sont majoritairement conscients de l’existence d’une communauté historique et culturelle, avec un socle de valeurs communes, même si certaines sont parfois différenciatrices. Dans un contexte d’inquiétudes liées aux dérives du libéralisme économique, les Européens apparaissent en outre favorables à une Union européenne au large champ d’action. Pourtant, des facteurs de désenchantement existent, qui varient selon les États membres.

Cette étude rappelle que la construction européenne ne peut durablement se poursuivre sans tenir compte des opinions publiques, et ce afin d’éviter toute tentative de repli sur soi qui ne pourrait qu’être dommageable à l’heure où l’UE a plus que jamais besoin d’être soudée dans un contexte global.  

Télécharger :

Le résumé exécutif

Le sommaire
Le document complet : OpinionsPubliquesUE1985-2011 D.Debomy NE Juin2012 01 OpinionsPubliquesUE1985-2011 D.Debomy NE Juin2012 01  

Daniel Debomy est le fondateur et le directeur de l’institut de recherches sur les opinions publiques OPTEM. Depuis 25 ans, avec son réseau de partenaires européens, il a réalisé de nombreuses études qualitatives pour la Commission européenne et d’autres organisations, visant à comprendre les perceptions des citoyens des 27 États membres et au-delà, leurs attitudes, leurs attentes et leurs réserves à l’égard de l’Union européenne et des politiques de l’UE. Il donne également des cours sur les questions européennes dans plusieurs écoles et universités.  

Voir également du même auteur : Les citoyens européens et l'Union européenne dans le contexte actuel de crise

http://www.notre-europe.eu/fr/axes/democratie-en-action/travaux/publication/les-citoyens-europeens-et-lunion-europeenne-dans-le-contexte-actuel-de-crise/ 

Voir aussi la consultation publique sur la citoyenneté européenne :

 Consultation publique sur la citoyenneté de l'Union européenne (du 9 mai au 9 septembre 2012)     

Voir enfin :

 * Concilier sa citoyenneté française, sa citoyenneté européenne et un engagement au service des citoyens du monde est non seulement possible, mais donne force et sens à un engagement moderne 

 * Ouvrir une nouvelle ère de constitutionnalisation du projet politique européen exige de tirer les leçons du passé et de répondre aux aspirations participatives des citoyens !

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 16:44

Chaque année, le prix Bayeux-Calvados récompense les reportages de journalistes couvrant les guerres et les conflits les plus violents. Des reporters qui, soumis à une précarité croissante, sont de plus en plus contraints aux tentatives d'influence des belligérants.

Raconter les guerres est certainement l'une des tâches les plus difficiles du journalisme. Les reporters qui se consacrent à la couverture de ces sujets doivent souvent mettre leur vie dans la balance. La stèle dévoilée samedi après-midi à Bayeux, dans le Calvados, sur laquelle chaque année sont gravés les noms des journalistes tués dans l'exercice de leur métier le rappelle. En 2011, les noms de deux Français, Rémi Ochlik et Gilles Jacquier, illustre le tribu payé par cette profession pour rapporter de l'information.

Ces deux journalistes sont morts dans des conditions très semblables, au même endroit, dans la ville assiégée de Homs en Syrie. Rémi Ochlik était un photo-reporter indépendant, déjà riche d'une expérience des pays en guerre. Lorsqu'il a été tué, alors qu'il suivait l'insurrection, le régime syrien a expliqué chercher à détruire un centre de médias financé et équipé par les Israéliens. Gilles Jacquier travaillait pour la télévision publique française et était, lui aussi, très expérimenté. Il accompagnait des autorités de Damas. Les causes exactes de sa mort restent inconnues, mais les deux camps ont cherché à la récupérer à leur compte.

Huit mois après que ces deux journalistes aient été tués, la couverture médiatique de la guerre civile syrienne par des professionnels est remise en question. Envoyé spécial, la célèbre émission pour laquelle travaillait Gilles Jacquier, ne peut plus envoyer de reporters dans ce pays. Une équipe préparant son départ pour Alep a du renoncer. Trop dangereux pour France 2. Les journalistes indépendants, eux, continuent de se rendre en Syrie... à leur risques et périls. Régulièrement, ils partent sans avoir l'assurance d'avoir un diffuseur pour publier leur travail.

Travailler sous influence

La majeure partie des reportages rapportés de Syrie sont réalisés avec l'aide logistique de l'insurrection... Quand les images ne sont pas directement le fruit de militants locaux. Les médias occidentaux sont ainsi abreuvés d'un unique point de vue : celui des révolutionnaires. Une toute petite poignée de journalistes parvient parfois à rejoindre Damas pour interviewer des membres du gouvernement ou suivre les soldats syriens dans le but de raconter les histoires de vie et de mort de l'autre bord. Des failles que constatent beaucoup de journalistes.

« Nous suivons un camp, reconnaît le journaliste Etienne Monin, de France Info. Nous essayons d'être objectifs mais il ne faut pas se mentir. Mais que faire d'autre ? Il n'y a pas d'autre solution. C'est ça ou le black-out. »

Lorsque l'un des acteurs d'une crise décide de bannir, voir de prendre les journalistes pour cible comme c'est le cas en Syrie ou au Mali, c'est toute une partie de la grille de lecture de ce conflit qui disparaît. En Afghanistan, les Français n'ont que rarement eu l'occasion d'accéder au regard des insurgés. Les talibans et leurs supplétifs apparaissent presque systématiquement dans nos médias comme un ennemi sans visage sournois, éloigné, qui frappe dans l'ombre, toujours abrité au sein des populations civiles. Mais sur leurs motivations, sur leurs réseaux, sur leurs opinions nous n'avons que d'épisodiques documents.

Ailleurs, en Somalie par exemple, les armées impliquées n'ouvrent guère leurs portes. Dans un reportage de Thomas Dandois, l'Amisom, la force de l'Union africaine chargée de protéger Mogadiscio, exhibe un enfant soldat capturé. Le petit combattant islamiste raconte sa prise de conscience des horreurs de son camp face caméra. Un coup de com' qui n'ira pas plus loin : sur le combat mené contre les milices islamistes d'Al Shebab, sur les opérations et l'action des armées kenyane et éthiopienne, déployées tout le long des frontières, silence. Les demandes des journalistes sont systématiquement noyées dans la paperasse.

Il n'est pourtant pas beaucoup plus facile de suivre les belligérants occidentaux. Etre accepté au sein des forces françaises demande toujours de montrer pate blanche. Pour obtenir une autorisation, il faut choisir un thème qui convaincra l'armée d'ouvrir ses portes au journaliste. L'émission de France 3 qui avait envoyé Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, il y a maintenant deux ans, avait ainsi du s'engager à produire un documentaire « hommage aux troupes » avant même d'engager tout travail d'enquête. Aujourd'hui, beaucoup de journalistes se voient refuser la couverture du désengagement de la Kapisa. Quelques rares élus de médias de grande taille devraient y accéder. Pour la majorité, il faudra attendre 2013 si tout va bien.

« Tout le monde s'en fout »

Vendredi soir, plusieurs journalistes étaient interrogés sur le rôle de public et son intérêt pour la crise syrienne. Les photographes Laurent Van Der Stockt et Mani, qui reviennent de plusieurs reportages dans ce pays, cherchent à être optimistes : « Si tout le monde réclamait une prise de décision de la part de nos gouvernements, les choses bougeraient. Mais encore faudrait-il que nous lisions des journaux ». Plus cynique, l'Espagnole Mayte Carrasco, qui a suivi aussi bien les talibans que les insurgés libyens et syriens, conclut par ces mots durs : « Tout le monde s'en fou ». Même constat chez Etienne Monin : « Pour quel résultat nous faisons ça ? Aucun quand on voit la Syrie. Mais il faut que les gens sachent. Il faut qu'ils comprennent. C'est comme ca que l'on peut faire pression sur ceux qui décident. »

Face au désintérêt (supposé) du public, les rédactions hésitent à couvrir certains sujets. Certaines crises échappent ainsi à la médiatisation. Les rédactions ne se demandent plus ce que l'actualité leur impose comme priorités mais ce que le publi souhaite consommer. James Keogh, jeune photographe indépendant, témoigne ainsi de ses difficultés à raconter les combats qui ont agité le sud-Soudan : « La France ne partageant pas un passé historique fort avec le Soudan », « l'acceuil plutôt froid des rédactions ne présageait rien de bon ». Il partira avec peu d'espoirs de rembourser le voyage, évoquant sa « responsabilité de raconter les histoires pour qu'elles ne tombent pas dans l'oubli ».

Nic Robertson, l'un des lauréats de l'édition 2012 du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, estime qu'il faut malgré tout continuer de couvrir ces crises. « Les journalistes jouent un rôle crucial. Il est de notre responsabilité d'alerter nos décideurs politiques. » Cette responsabilité, toujours, qui semble pourtant vaincue d'avance par le déséquilibre des forces. Le désintérêt du public et les réductions des budgétaires des rédactions tendent à précariser toujours un peu plus ce métier. Le journaliste de l'AFP Patrick Baz, vétéran de plusieurs guerres, de la Bosnie à l'Afghanistan, résume ainsi la situation : « De quoi vivent les journalistes correspondants de guerre ? D'adrénaline et d'eau fraîche ».

Romain Mielcarek est journaliste et chercheur en sciences sociales. Il traite de questions de défense et de diplomatie, en général, et de l'influence des belligérants dans le récit médiatique des conflits en particulier. Il anime le site ActuDéfense (www.actudefense.com).

Source : Raconter la guerre : les reporters peuvent-ils échapper aux tentatives d'influence ?

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 10:18

Le ciel unique européen, projet phare visant à créer un espace aérien européen unique (avec une capacité multipliée par trois et des coûts de trafic aérien divisés par deux) n'atteint pas ses objectifs. Pour accélérer sa mise en place, Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne chargé des transports, a annoncé aujourd'hui son intention de présenter, au printemps 2013, de nouvelles propositions législatives et de prendre toutes les mesures possibles pour que la législation soit appliquée, y compris, si nécessaire, engager des procédures d'infraction.

Le manque d'efficacité résultant de la fragmentation de l'espace aérien européen entraîne chaque année des surcoûts de l'ordre de 5 milliards d'euros. La longueur moyenne des vols s'en trouve augmentée de 42 kilomètres, ce qui se traduit pour les avions par une augmentation de la consommation de carburant, des émissions plus élevées, l'obligation de payer davantage de redevances coûteuses et des retards accrus. Les États-Unis contrôlent un espace aérien de même taille, avec un trafic plus dense, pour un coût presque deux fois moins élevé.

Dans le cadre de la conférence à haut niveau intitulée «Single European Sky: time for action» (Ciel unique européen: le temps de l'action) à Limassol (Chypre), le vice-président Siim Kallas a déclaré aujourd'hui: «J'ai toujours considéré le ciel unique européen comme ma priorité absolue dans le domaine de l'aviation. L'enjeu est trop important pour que nous puissions nous permettre d'échouer. Nous sommes très loin d'avoir réalisé nos ambitions initiales. Plus de dix ans se sont écoulés, et les problèmes de fond sont restés les mêmes: une capacité insuffisante, source de risques pour la sécurité, et des coûts trop élevés. Quelques signes de changement sont perceptibles, mais les progrès sont, dans l'ensemble, trop lents et trop restreints. Il nous faut trouver d'autres solutions et les appliquer sans tarder. La fragmentation nationale est excessive. Les améliorations promises n'ont pas été réalisées

Pour le ciel unique européen, 2012 sera une année décisive, marquée par quatre jalons essentiels, notamment la mise en place de 9 blocs d'espace aérien fonctionnels, qui devront être opérationnels d'ici à décembre 2012. Le vice-président a prévenu que l'Europe aurait encore bien du chemin à parcourir avant qu'un espace aérien unique soit créé, à en juger par les progrès accomplis jusqu'à présent. Les blocs d'espace aérien fonctionnels vont être constitués, mais «nous devons à présent faire en sorte qu'ils apportent de la valeur ajoutée», a-t-il notamment déclaré. «En l'état actuel des choses, il est manifeste que leur contribution à l'intégration et à la défragmentation de l'espace aérien sera faible, voire nulle.» Il a annoncé que la Commission, afin de garantir les avancées nécessaires, utiliserait au maximum ses pouvoirs d'exécution, y compris en engageant si nécessaire des procédures d'infraction.   

En outre, la Commission présentera au printemps 2013 des propositions de renforcement du cadre juridique du ciel unique européen, dans le but d'accélérer les réformes engagées. Ces propositions incluront des mesures visant à renforcer:

1. Le système de performance. Les objectifs de performance relatifs à l'augmentation de la capacité de l'espace aérien européen et à la réduction des coûts constituent la pierre angulaire du ciel unique européen. La réussite de ce dernier dépend entièrement de leur réalisation.

En juillet 2012, la Commission a approuvé les plans nationaux de réduction des coûts et d?'ugmentation de la capacité relatifs à la période 2012-2014. Pour la période 2015-2019, la Commission compte relever sensiblement le niveau d'ambition des objectifs de performance. En outre, les propositions pour le ciel unique européen qui seront présentées en 2013 doteront la Commission de tous les pouvoirs nécessaires pour pouvoir exiger de la part des États membres et des blocs d'espace aérien fonctionnels qu'ils atteignent les objectifs convenus et elles renforceront l'indépendance de l'organe d'évaluation des performances.

2. Neuf blocs d'espace aérien fonctionnels (FAB) sont en train d'être mis en place. La Commission présentera des propositions afin de garantir que ces blocs régionaux de gestion du trafic aérien apportent de réelles améliorations d'ordre opérationnel. Des plans stratégiques et opérationnels devront être élaborés au niveau des FAB. Les FAB ne doivent pas seulement exister sur le papier, mais doivent sans tarder produire des résultats concrets.

3. Le gestionnaire du réseau pour l?Europe. La Commission renforcera les pouvoirs du gestionnaire de réseau, afin notamment qu'il puisse remplir des fonctions paneuropéennes plus centralisées, par exemple en ce qui concerne la conception de l'espace aérien, y compris la planification des routes aériennes. Cela contribuera à optimiser l'efficacité du réseau.

4. Poursuite de la réforme de la prestation de services de navigation aérienne. La Commission proposera un recentrage sur les tâches essentielles tout en permettant aux prestataires de services de sous-traiter les services auxiliaires. Elle proposera aussi de renforcer la séparation entre les prestataires et les régulateurs nationaux dont ils dépendent.

Toutes ces mesures dépendent de la réussite de la phase de déploiement du programme SESAR : le pilier technologique du ciel unique. La Commission présentera prochainement au Conseil et au Parlement ses propositions de programmes de gouvernance et de financement.

Le ciel unique européen est une initiative européenne emblématique visant à adapter l'architecture du contrôle du trafic aérien européen aux besoins futurs en matière de capacité et de sécurité. S'appuyant sur des initiatives de la fin des années 1990, le premier paquet sur le ciel unique (CUE I) a été adopté en 2004, et le deuxième (CUE II), en 2009.

La mise en oeuvre intégrale du ciel unique européen permettra:

· de multiplier par dix le niveau de sécurité aérienne

· de tripler la capacité de l'espace aérien

· de réduire de moitié les coûts de gestion du trafic aérien

· de diminuer de 10 % les incidences sur l'environnement
 

Quelles seront les prochaines étapes?

La Commission présentera, au printemps 2013, de nouvelles propositions pour le ciel unique européen. Les propositions législatives devront être approuvées par les États membres et le Parlement pour acquérir force de loi.

Pour plus d'informations:

http://ec.europa.eu/commission_2010-2014/kallas/headlines/news/2011/11/ses_fr.htm

MEMO/12/774<http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/12/774&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en>

SPEECH/12/711<http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=SPEECH/12/711&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en>
  

Ciel unique européen: faits et chiffres clés

En Europe, les routes aériennes et les aéroports sont menacés de saturation. À l'heure actuelle, les quelque 440 aéroports de l'Union européenne accueillent déjà environ 1,4 milliard de passagers par an. Chaque jour, 27 000 vols contrôlés se croisent dans le ciel européen, soit 10 millions par an. 80 % de ces vols sont exploités au sein de l'Union européenne.

Le secteur européen du transport aérien gère la situation actuelle avec compétence, mais le trafic aérien devrait, dans des conditions économiques normales, enregistrer jusqu'à 5 % de croissance par an, pour atteindre près de 17 millions de vols en 2030. Il y aura alors chaque année autant d'avions dans le ciel européen que d'habitants à Pékin.

Si rien n'est fait, ce sera le chaos. L'Europe sera alors non seulement incapable de satisfaire une grande partie de la demande potentielle, mais risquera en outre de subir un nombre sans précédent de retards et d'annulations de vols. Si nous continuons ainsi, les coûts liés à la congestion augmenteront d?environ 50 % d'ici 2050.

La fragmentation et l'inefficacité des systèmes de gestion du trafic aérien en Europe sont au coeur du problème.

L'espace aérien de l'UE demeure en effet fragmenté, avec 27 systèmes nationaux de contrôle du trafic aérien, qui fournissent des services à partir de quelque 60 centres de contrôle aérien, tandis que l'espace aérien est divisé en plus de 650 secteurs. L'espace aérien est ainsi organisé autour des frontières nationales et c'est pourquoi il arrive souvent que les vols ne puissent pas emprunter un itinéraire direct. En Europe, un avion parcourt en moyenne 42 km de plus qu'absolument nécessaire à cause de la fragmentation de l'espace aérien, ce qui entraîne un allongement de la durée de vol, des retards, une consommation de carburant et des émissions de CO2.

De plus, les technologies actuelles de gestion du trafic aérien datent des années 1950 et sont aujourd?hui dépassées.

Le manque d'efficacité résultant de la fragmentation de l'espace aérien en Europe occasionne des surcoûts de l'ordre de 5 milliards d'euros par an. Ces surcoûts sont répercutés sur les entreprises et les passagers. Le contrôle du trafic aérien représente actuellement entre 6 et 12 % du prix d'un billet d'avion.

Le système de gestion du trafic aérien des États-Unis est deux fois plus efficace que celui de l?UE; il gère un nombre deux fois plus élevé de vols pour un coût similaire, à partir de centres de contrôle trois fois moins nombreux.

Face à ces défis, des propositions ont vu le jour à la fin des années 1990 en vue de créer un ciel unique européen, en supprimant les frontières nationales dans les airs pour donner naissance à un espace aérien européen unique.

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 14:38

Il est fréquent, et il n'y a en cela rien de malsain, que les décisions judiciaires soient commentées par les medias. Si en principe les audiences sont publiques, permettant ainsi aux citoyens et aux journalistes de regarder ce qui s'y passe, c'est justement pour que tout ceux qui le souhaitent puissent observer d'abord, commenter ensuite, la façon dont la justice traite les dossiers qui lui sont confiés.
Mais dans l'affaire qui vient d'être jugée à la cour d'assises des mineurs du Val de Marne, les commentaires sont d'une toute autre ampleur et leur caractère inhabituellement critique impose de s'y arrêter quelques instants. Rappelons que devant cette cour d'assises des mineurs, et selon les informations transmises par les medias, 14 personnes ont été poursuivies pour viol collectif (les "tournantes" dans le langage populaire), que le ministère public n'a requis de peines de prison que pour huit d'entre elles, que finalement dix accusés ont été acquittés et les quatre autres ont été condamnés à des peines allant de cinq années de prison dont quatre avec sursis à trois années avec sursis.
Cette décision a entraîné un raz de marée de commentaires. Parmi les plus significatifs citons ceux-ci : "émotion" et "malaise" selon la ministre des droits des femmes, un rappel que "les viols sont insupportables (..) beaucoup de femmes n'osent pas aller porter plainte parce qu'elles redoutent la procédure judiciaire", un verdict qui "scandalise" et qui "envoie aux hommes le message qu'il est permis de violer", "un verdict atterrant qui témoigne de l'incapacité de la justice française à prendre en compte les récits des victimes de viols", "un signal extrêmement négatif envoyé aux femmes victimes de violences sexuelles", une "nausée qui continue", "le sentiment qu'on nous dit que des viols en réunion à répétition sur des mineures (..) ce n'est pas si grave" selon plusieurs associations féministes, un "non sens", un "fiasco judiciaire", une "décision incohérente", un "verdict incohérent jusqu'à la carricature", une décision qui ressemble à "une espèce de coup d'éponge" et dont on se demande "comment il sera perçu auprès des gamins qui considèrent les filles comme de la viande" selon des avocats et des journalistes.....
Tout ceci appelle quelques réflexions, non pas sur le dossier jugé en lui-même, dont seuls les personnes et les professionnels impliqués connaissent suffisamment le contenu pour le commenter utilement, mais sur quelques problématiques générales.
 - Le procès s'est tenu selon la règle de la publicité restreinte, ce qui signifie qu'en dehors des intéressés personne n'a pu y assister. C'est la règle quand des accusés sont mineurs à la date des faits. Il existe une possibilité juridique d'écarter cette règle mais le principe reste l'absence de public dans la salle (lire ici, ici) (texte ici).
Cela rend très difficile le travail des journalistes puisque les commentateurs n'ont à leur disposition ni le dossier écrit ni les débats à l'audience. Ils n'entendent que les comptes rendus que peuvent faire les personnes impliquées et les avocats en dehors de la salle. Mais le risque de subjectivité de ceux-ci est toujours grand, chacun pouvant être tenté de présenter l'affaire aux medias sous un jour favorable à sa thèse.
D'où la première série de commentaires qui font état d'une très grande incompréhension du verdict. Il est en effet toujours délicat de comprendre le dernier chapitre d'un livre quand on n'a pas lu les chapitres précédents.
-  Depuis janvier 2012, les décisions des cours d'assises doivent être motivées (lire ici, ici, ici, ici) (texte ici). La nouvelle règle ne prévoit pas d'exception pour la cour d'assises des mineurs.
Pourtant, aucun journaliste n'a jusqu'à présent mentionné la feuille de motivation rédigée par la cour d'assises des mineurs du Val de Marne. Il est fort probable qu'aucun ne l'avait lue au moment de rédiger son article.
Et l'on notera que les avocats qui ont pris la parole une fois le procès terminé n'en ont pas plus fait état. Peut-être a-t-il été fait application du dernier alinéa du nouveau texte qui permet, en cas de pluralité d'accusés, de rédiger la feuille de motivation dans les trois jours suivant la fin du procès et non immédiatement à la fin du délibéré.
Par ailleurs, au moment de l'entrée en vigueur de l'obligation de motiver, les juristes qui ont décortiqué le nouveau texte ont considéré que l'obligation d'expliciter par écrit la décision ne semble concerner que la culpabilité, et non la peine. A supposer même que cela soit exact, il est quand même parfois indispensable de motiver la peine choisie, notamment quand celle-ci est très différente de la peine requise par le ministère public, ou quand elle peut surprendre les intéressés et le public.  Dans de telles hypothèses, il peut sembler opportun, si ce n'est indispensable, d'ajouter à la motivation sur la culpabilité quelques lignes sur la raison d'être des peines choisies. Le plus est toujours préférable au moins. En tous cas, cela est le seul moyen d'éviter des commentaires inappropriés qui ne peuvent exister que du fait de l'absence d'explications données par la juridiction qui a statué.
De fait, l'utilité de motiver est sans doute présente quand des personnes finalement déclarées coupables de viol sont condamnées à des peines peu importantes et rarement prononcées sous cet intitulé.
 - Pour aller un peu plus loin sur ce point, il faut souligner que quelle que soit l'infraction poursuivie, et notamment le viol, quand plusieurs personnes sont renvoyées ensemble sous une même qualification juridique, cela ne signifie pas qu'elles ont toutes eu le même comportement vis à vis de la victime.
Il y a juridiquement viol (textes ici) que la victime ait subi longuement de multiples pénétrations de façon agressive et particulièrement odieuse, ou que son agresseur se soit contenté d'insérer pendant une fraction de seconde une partie d'un doigt dans son sexe. En droit le mot "viol" s'applique à des situations concrètes qui peuvent être très variées, quand bien même toute agression sexuelle est évidemment intolérable et doit être sanctionnée.
En plus, il est déjà arrivé que dans un groupe de violeurs l'un des participants ait agi alors qu'il n'était pas en accord avec ce qui se passait, sous la pression des autres, et notamment d'un meneur pouvant se montrer agressif vis à vis des autres jeunes présents sur place. Et que de ce fait il se soit contenté d'accomplir un acte d'une gravité minimale.
On le sait peu parce qu'on en parle peu, mais dans les "bandes" il y a souvent des adolescents influençables qui sont embarqués dans un processus qu'ils ne maîtrisent pas, qu'il ne souhaitent pas, et qui, par faiblesse ou par peur, n'arrivent pas à s'opposer et à prendre leurs distances parce qu'il est parfois bien plus difficile de dire non que de suivre les autres. Ils sont là plus par peur que par choix, et agissent en ressentant un profond malaise. Leur façon de lutter contre ce malaise est parfois d'accepter la consigne tout en essayant de limiter leur rôle à une action minimaliste.
Et le juge doit statuer en fonction de la situation personnelle de chaque membre du groupe. Il ne peut pas se contenter d'une vision collective et poser le principe que tous les membres de l'équipe ont forcément eu le même comportement vis à vis de la victime.

C'est pourquoi, au niveau des principes, il n'est pas inconcevable que dans une affaire de viol concernant une pluralité d'individus certains soient condamnés à des peines modérées. On retombe alors sur l'impérieuse nécessité d'expliquer ces sanctions bienveillantes pour qu'il n'y ait aucun malentendu.
  - Les faits jugés à Créteil se seraient produits entre 1999 et 2001. Plus de dix années se sont donc écoulées entre ceux-ci et le procès devant la cour d'assises.
Dans certaines affaires de viol (et au demeurant pas uniquement dans ce domaine) le temps écoulé rend de plus en plus difficile l'appréhension de la réalité. Les souvenirs deviennent de plus en plus vagues, les imprécisions et les erreurs se font de plus en plus nombreuses au fil du temps, et cela, d'un point de vue judiciaire, entraîne parfois chez les juges et les jurés une impression de flou, de brouillard, et génère de multiples incertitudes.
Or pour condamner il faut disposer de suffisamment d'éléments sérieux, forts, indiscutables, pour aboutir à des certitudes permettant de considérer que la personne jugée est coupable. C'est pourquoi, dans de nombreux dossiers, plus le temps passe plus ces éléments vont être difficiles à trouver.
En plus, quand une personne s'est trouvée entourée par un groupe et a été agressée par certains de ses membres, après de nombreuses années il peut lui être difficile de dire qui, parmi les personnes renvoyées devant la juridiction pénale, a sur elle commis un viol. Elle peut ne plus se souvenir précisément des noms, des visages, des tenues vestimentaires.
A l'occasion d'un viol collectif, il peut arriver par exemple que dans un groupe de dix personnes présentes dans la cave quatre d'entre elles aient seulement regardé ce qui se passait, sans jamais aucun contact avec la victime. Mais si cette victime plus de dix ans après les faits n'est plus en mesure de dire qui regardait et qui agissait, la juridiction peut se trouver en situation d'incapacité de faire le tri entre les violeurs et les spectateurs. Au demeurant il arrive parfois aussi que même immédiatement après les faits la victime ne sache pas bien qui dans la cave l'a agressée et qui est resté à distance.
Dans une telle configuration, il est évidemment impossible de condamner tout le monde pour viol. On ne condamne pas "au bénéfice du doute" !.

 - Certains associations "féministes", de même que des "psys", ont mis en avant l'existence de traumatismes caractéristiques chez les victimes de viol, allant jusqu'à prétendre que l'existence d'un tel traumatisme est la preuve de l'existence d'un viol.
Il s'agit là d'une question particulièrement délicate et qui peut se résumer ainsi : quand une personne dépose plainte en se disant victime d'un viol et que la personne avec qui il est prouvé qu'elle a eu une relation sexuelle affirme que celle-ci était consentie, l'affirmation d'un psychologue ou d'un psychiatre de l'existence d'un traumatisme présenté comme caractéristique des victimes de viol suffit-il à démontrer que cette relation sexuelle n'était pas consentie ?
Il est sans doute possible d'écarter la plupart du temps l'hypothèse de la manipulation par la plaignante. Les experts sont quasiment unanimes à dire qu'une personne ne peut pas simuler pendant des heures sans jamais être prise en défaut, et que dans ces traumatismes il y a des éléments caractéristiques qui ne peuvent pas être mensongèrement mis en avant.
Par contre, les juges ont parfois en face d'eux des personnes qui ont vécu une pluralité de situations traumatiques (hors le viol allégué) ayant entraîné des troubles de la personnalité : violences parentales, ruptures familiales, alcool et/ou drogues etc....  Dans ces cas, les experts judiciaires sont parfois à la peine pour dire ce qui, dans ces traumatismes successifs, relève d'un éventuel viol et ce qui relève des autres évènements très perturbants subis par la plaignante.
En tous cas le débat sur cet aspect de la problématique est certainement à poursuivre.
  - Nous ne ferons que rappeler cet autre élément car il en a déjà été fait mention sur ce blog : il est arrivé, et il arrivera encore, que des femmes apparaissant traumatisées et ayant porté plainte pour viol admettent ensuite avoir menti (lire ici, ici). Et quand bien même il serait démontré qu'elles sont une infime minorité par rapport à une quasi totalité de plaignantes sincères, le juge est en permanence effrayé par le risque de commettre une erreur judiciaire, avec la crainte permanente que la femme en face de lui soit cette exception à la règle.
Toute cela mis bout à bout rend l'appréhension des affaires de viol particulièrement difficile, et invite à la prudence dans l'analyse des décisions judiciaires.
Il est aisé de comprendre la souffrance de ces femmes qui savent qu'elles ont été violées et qui savent que la personne dans le box est leur violeur. Mais le juge, lui, n'est dans la tête ni de cette femme ni de cet accusé. Le juge ne sait rien de ce qui s'est passé. Il n'a que les éléments que les uns et les autres lui apportent. Et parfois ces éléments lacunaires, disparates, flous, contradictoires.. ne vont pas permettre au juge de se faire une idée précise de la réalité.
Et l'on peut encore mieux comprendre la révolte et le supplément de souffrance de la femme qui constate que l'auteur de son viol est acquitté. Et tout autant qu'il lui soit vraiment difficile d'admettre que sa vérité n'est pas forcément celle des juges et que ceux-ci ont besoin de preuves avant de pouvoir condamner quiconque.

Quoi qu'il en soit, il semble difficilement envisageable de déclarer coupable et ensuite de condamner toute personne désignée par une femme comme l'auteur d'un viol, au seul motif que cette femme l'affirme et qu'elle est traumatisée, quand bien même la personne poursuivie conteste vigoureusement avoir commis ce crime et qu'il n'existe pas d'autre élément que les déclarations de la plaignante et les expertises psy.
Alors la justice fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a. Plus ou moins bien. En rendant parfois, et légitimement parce qu'elle ne peut pas faire autrement, des décisions qui ne sont pas conformes à une réalité qu'elle n'a pas réussi à appréhender. Et par voie de conséquence en générant d'autres souffrances. Ce qui, vu du côté des victimes, est profondément injuste.
Mais ce qui est indiscutable c'est que pour les affaires de viol comme pour toutes les autres affaires qui lui sont soumises la justice doit être exigeante et prudente.

Après l'affaire dite "d'Outreau" (cf. la rubrique sur ce blog) la France entière a reproché aux juges d'avoir accordé trop vite de l'importance à des témoignages insuffisamment fiables et plus encore d'avoir envoyé trop facilement des personnes en prison. Il était alors exigé des juges d'être à l'avenir beaucoup plus prudents et méfiants avant de condamner.
Aujourd'hui on reproche à la justice de trop douter et de ne pas envoyer assez vite d'autres personnes en prison.
Juger est toujours aussi compliqué.

 

Source : http://www.huyette.net/article-a-propos-de-l-emotion-suscitee-par-une-decision-de-cour-d-assises-jugeant-des-accuses-de-viol-coll-111155308.html

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 12:57

Introductory courtesies

It's always wonderful to come back to Oxford. I remember my first day when I arrived here in 1982, for an interview at Pembroke College.

I applied to read PPE. The examiners asked me about Marxism. I told them ‘I’m a refugee from Communist Poland. I haven’t met a Marxist yet.’ I’m sure they laughed into their sleeves at the thought of what was coming. Indeed, I was ill-prepared for the tutorials at the Soviet republic of Balliol.

In my second year I was a moderately successful hack at the Oxford Union where I organized a debate. The provocative motion was ‘This House believes that the enforced stability of Poland is essential for the peace of Europe.’ In effect, a motion supporting martial law and Soviet rule.

I had two noble allies: Leszek Kołakowski and Timothy Garton Ash. We defeated it. But not by much.

I was elected to the Union’s Standing Committee. I ran for Secretary. But I lost by a few votes to a rival from Christ Church. Pembroke was a much smaller college. I realized that in politics - as in other activities - size matters. That was my formative political experience, and you see where it got me today.

Since then, life has continued to bring new learning experiences. It's interesting what happens on your first day as Foreign Minister. Helpful officials flutter around you like so many butterflies. One of them produces a special secret red file marked "How to be a Foreign Minister". Inside the file are papers on the Dos and Don'ts of the office. But decades of bureaucratic experience are best summed up in the immortal lines from my favourite instalment of “Yes, Prime Minister”: “Once you start interfering in the internal squabbles of other countries, you're on a very slippery slope. Even the Foreign Secretary has grasped that!”

It is in that fine spirit that tonight I mean to interfere recklessly in the internal affairs of the United Kingdom.

I want to offer some thoughts on a subject of considerable British domestic sensitivity: the UK’s membership of the European Union. And I want to try to change some minds.

The unofficial results of last YouGov Survey 2012 confirm that 67% British people support the idea of holding a referendum on EU membership, with only 19% opposed. 42% say they would vote to stay in, while 34% would vote to leave.

Well, I would like to say to you: DON’T’DO IT.

Let me be 100% clear right at the start where I am coming from on this subject.

I am Polish, from the Solidarity generation that helped bring down the Soviet empire.

From Oxford I went to Afghanistan, to report on the anti-Communist resistance there.

I have lived in the USA, working for the right-wing American Enterprise Institute.

I am a fervent believer in free markets. Lady Thatcher – may she live forever – acknowledges me in her book on ‘Statecraft.’

I represent a government which has won plaudits for its financial rectitude – our finance minister, Jacek Rostowski is a former member of the British Conservative party.

In other words, I tick every box required to be a life-long member of London’s most powerful Eurosceptics’ club.

The Travellers’ used to be my London club, but Euroscepticism is not.

On the contrary, I believe in the logic and justice of the modern European project. And my country, Poland, will do its utmost to help it succeed.

Let me explain why – and please accept that what I say comes from sympathy and admiration for a country which gave me refuge and an education when I needed it.

First of all, I think your society is vulnerable to several myths about the European Union. Before going any further, let me dispel them for you this evening, once and for all.

Myth No 1: Britain’s trade with the EU is less important than its trade with the outside world.

Facts: In 2011 the UK’s bilateral current account deficit with China was 19.7 bn GBP. You ran a deficit with Russia, too.

Your commercial success is in Europe. Roughly half of UK exports go to the EU. The United Kingdom has – until recently – traded more each year with Ireland than it does with Brazil, Russia, India and China put together. The UK’s trade growth with the new EU members is even more dynamic. Between 2003 and 2011 British exports to Poland have increased three times.

Myth No. 2: The EU forces Britain to adopt laws on human rights which are contrary in spirit to British tradition.

Facts: These rulings which you object to come from the European Court of Human Rights. The tribunal is not a part of the EU system. It is an institution of the Council of Europe, a noble British creation which pre-dates the EU. Here, as in so many other cases, the Eurosceptics blame the EU for the actions of European or other international institutions which have in practice nothing to do with it.

Myth No. 3: UK is bankrupting itself by funding Europe.

Facts: The much-debated monstrous EU budget is roughly 1 percent of the GDP of all members of the EU. UK public spending is nearly 50% of country’s GDP.

Your EU budget annual net contribution is 8-9 billion pounds. Though it depends on the year, on average the UK contribution is similar to France's and less than Germany's. That is still less than 15 pounds per an average UK citizen and 5 times less than this year’s interest on your national debt.

Moreover, some of this money comes back home. For example, UK transport and infrastructure companies have profited enormously from EU cohesion fund investments in Central and Eastern Europe. That improved infrastructure then gains UK exporters: higher levels of prosperity in those Member States mean new markets for UK companies.

The UK government itself estimates that every UK household “earns” between £1500 and £3500 every year thanks to the existence of the Single Market. That alone works out at between five and fifteen times of the UK's net budget contribution per household. It’s a bargain.

Myth No. 4: The UK is drowning in the EU bureaucracy.

Facts: Yes, it is true, 33 000 people work for the European Commission, serving an entire continent. But at the moment, there are more than 82 000 people working for Her Majesty’s Revenue & Customs alone. In Poland, a country of 38 million, we have 430 000 bureaucrats – and we do think it’s too many. But Spain – similar in size to us – has almost 3 million. By contrast to any of its members, the European Union is a slimmed-down operation.

Myth No. 5: The UK is drowning in EU legislation and nasty directives coming from Brussels.

Facts: We all have a good laugh when we hear about the „banana directive”, or „euro-sausages”. But these are not the fault of the European Commission. Usually they are proposed by particular member states who are trying to protect their former colonies and their national products, and they are always negotiated with other states.

Directives, in short, are not Brussels diktats, but regulations that a British government’s officials had agreed to, approved of, and signed off on. In any case, law inspired by Europe accounts for only a fragment of what your parliament passes. House of Commons research shows that only 6.8% of primary legislation and 14.1% of secondary legislation have anything to do with implementing EU obligations.

Myth No. 6: The European Commission is a hotbed of socialism.

Facts: Whether on Open Skies, rules governing public assistance to business, or – most prominently now – Europe’s energy market, it is the EU that has helped to dismantle national monopolies and prevented national politicians from subverting rules of competition.

Myth No. 7: Through its invasive Social Chapter, the EU is preventing hardworking British people from working longer hours than feckless continentals.

Facts: The average Pole works 40.5 hours per week, The average Greek works 42. The average Spaniard, 38.1. The average for all EU27 is 37.2. The average for the UK? 36.2.

Myth No. 8: : New proposals for EU pesticides legislation would ban gardeners from using coffee grounds to tackle slugs.

Facts: No, they would not. Pesticides sold commercially need approval under the rules but products which are used primarily for other purposes, such as coffee, are specifically exempted. Like so many EU scare stories, this one is simply invented.

Those are the myths. Now let’s look at arguments.

British Eurosceptics seem to have two different positions.

Some want out but not entirely. By replacing membership with a negotiated free trade agreement, they argue that the UK will be better off. Because Britain’s market is too valuable for the rest of the continent to ignore, they say, the British government could negotiate a trade deal that would preserve all the advantages of membership in the single market, without any of the political and financial costs.

My answer to that is: don’t count on it. Many European states would hold a grudge against a country which, in their view, had selfishly left the EU.

While you are an important market for the rest of the EU, accounting for about 11% of the rest of the EU’s trade, your trade with the EU is 50% of your total trade. No prizes for guessing who would have the upper hand in such a negotiation.

Any free trade agreement would have a price. In exchange for the privilege of access to the Single Market, Norway and Switzerland make major contributions to the EU’s cohesion funds. They also have to adopt EU standards – without having any say in how they are written. At the moment, Norway’s net contribution to the EU budget is actually higher, per capita, than Britain’s.

So think hard: the EU is a market of 500 million people who enjoy the highest average standard of living in the world. According to the IMF and the World Bank, Europe’s GDP is about 2.5 times than that of China and nine times that of India. Do you want to lose your privileged access to that market?

But there is, of course, a more political Eurosceptic argument as well. Some argue that the UK probably will be better off by leaving the European Union, but even if it isn't any losses are worth suffering for the sake of regaining international freedom of manoeuvre. It's better to be Canada than Illinois.

My answer to that is: yes, the UK outside the EU would have more freedom of manoeuvre, in a number of significant respects. But the UK would be less powerful and less free.

Certainly Britain would lose its influence in many international forums. By negotiating as one bloc in world trade talks, the European Union gives all of us, the UK included, a powerful and united voice to use when speaking to China and the USA. If you leave, you lose that. Let me quote from the findings of a report prepared in 2011 for Business, Innovation and Skills Committee in the House of Commons , I quote ‘We recognize the fact that the UK's influence on the WTO can only be exercised through its membership of the European Union’.

Britain standing alone would suffer not only on multilateral level. Are you sure that you will command the same kind of attention in, say, Kuala Lumpur, Lagos and Bogota? What about Washington? At the moment, your hosts know that you speak on behalf of London and have an influence to shape decisions taken in Brussels on behalf of the whole continent as well. Alone, you won’t be so interesting.

And, are you confident that the Scots, who are more pro-European than you, will follow you?

David Cameron certainly gets it: “If your vision of Britain was that we should just withdraw and become a sort of greater Switzerland, I think that would be a complete denial of our national interests."

* * *

Here we are this evening, enjoying the splendour and hospitality of Blenheim Palace. It commemorates the superb leadership of the Duke of Marlborough back in August 1704, and his decisive victory in the War of the Spanish Succession.

This war dragged on for 13 years. It involved the countries of Western Europe and even spread as far as North and South America. Tens of thousands of Europeans and others died as the rival armies tramped to and fro.

The point of the war? To stop France and Spain uniting under one monarch and so preserve the wider ‘balance of power’ across Europe.

In the famous battle of Blenheim England used its military skill to intervene on the continent of Europe.

Now, Britain’s leaders need to decide once again how best to use their influence in Europe.

The EU is an English-speaking power. The Single Market was a British idea. A British commissioner runs our diplomatic service. You could, if only you wished, lead Europe’s defence policy.

But if you refuse, please don’t expect us to help you wreck or paralyze the EU. Do not underestimate our determination not to return to the politics of the 20 century. You were not occupied. Most of us on the continent were. We will do almost anything to prevent that from happening again.

It's not difficult to see why. Poland wants to be with Germany and France as partners, leading a strong, democratic European political-economic space. We do not want to be a buffer between Western Europe and a less democratic Eurasian political-economic space dominated by Russia.

More importantly, we believe the Eurozone will survive, because it is its members interest for it to survive. The leaders of Europe will step up operational integration at the European level. The new institutional arrangements within the EU will be different. But eventually they’ll be strong. They'll work because Europe’s leaders want them to work. And be careful what you read in your tabloids: No country has benefitted more from the single currency than Germany.

Since I first came to these shores over 30 years ago, Britain has become much more European. You’ve built the Channel-Tunnel, you got used to mixer taps, duvets and double glazing. Even your cooking has improved. Yet, your public opinion and politics is more Euro-sceptic than ever. And I think I can guess why: Marxists at those Balliol tutorials taught me the term “false consciousness” which is when the ideological superstructure is out of sync with the economic base. Britain today is living with false consciousness. Your interests are in Europe. It’s high time for your sentiments to follow.

Your leaders need to make a more vocal case for your European interests.

Britain is famous through the ages for its practical good sense and policies based on reality, not myths. We hope you can return to this tradition soon.

Thank you.

 

 See also : Ne nous y trompons pas ! Le Royaume-Uni n'a aucune intention de quitter l'Union européenne !

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 11:18

Le projet du fusion EADS -BAE System a échoué (cf. La fusion EADS-BAE échoue faute d'accord entre les Etats ).

Cessons d'en rechercher les responsables ! Car ceux qui n'ont pas souhaité qu'aboutisse un dossier de cette importance  à ce moment précis des agendas européen et transatlantique sont probablement ceux qui ont considéré que nombre de questions d'intérêt primordial n'avaient pas reçu de réponses à la mesure des défis (voir à cet égard Rapprochement EADS-BAE : S'est-on vraiment posé toutes les 'bonnes' questions avant de décider ? ) !

EADS doit désormais d'attacher à repenser sa stratégie dans le secteur de la défense ! Exigence dont ont parfaitement conscience les dirigeants de ce groupe (cf. EADS / Marwan Lahoud : proposer une vision pour la suite ) ; un groupe multidomestique qui se cherche encore 'sa' voie dans ce secteur, un secteur en prise avec ses difficultés de consolidation à l'échelle européenne !

EADS doit esquisser une voie qui fasse sens autant pour les nations qui en assurent la tutelle que pour l'Union politique - et stratégique - elle-même et la base technologique et industrielle indispensable à la consolidation de sa stature stratégique

Cette voie devra lui permettre de sortir des impasses économiques et industrielles dans lesquelles l'ont plongé certains choix antérieurs.

EADS doit-il persévérer à vouloir développer une activité d'aviation de combat alors que les Européens avec Dassault et Saab disposaient déjà des compétences requises pour assurer aux nations européennes comme à l'Union européenne les capacités indispensables à la dimension aérienne de leurs systèmes de forces ?

EADS ne doit-il pas préparer sa mutation pour rendre possible d'autres rapprochement industriels plus judicieux dans ce domaine ?

Ce groupe ne doit-il pas s'attacher prioritairement à consolider la solidité de ses joyaux que sont aujourd'hui Astrium et MBDA, éléments clé du système de dissuasion française autant que des systèmes de défense antimissiles de demain, tout en s'ouvrant à des activités stratégiques tenant davantage de la sécurité nationale que la défense stricto sensu (cybersécurité, etc.) ?

Ne doit-il pas revisiter la stratégie de diversification développée par le couple Jean-Luc Lagardère - Jean-Louis Gergorin à la grande époque de Matra - Lagardère ?

Autant de questions, et bien d'autres encore, auxquelles ses dirigeants sont appelés à répondre sans délai.

 

 

 

 

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Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

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