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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 19:08

Le président français et la chancelière allemande ont condamné ce mercredi des "actes inqualifiables".

L'Ukraine s'embrase. Mardi, de violents affrontements ont éclaté à Kiev entre les manifestants de l'opposition et les forces de l'ordre, faisant au moins 25 morts dont 9 policiers, selon le ministère ukrainien de la Santé. De plus, 241 personnes ont été hospitalisées, parmi lesquelles 79 policiers et cinq journalistes.

Mercredi, le président Viktor Ianoukovitch a menacé les leaders de l'opposition qui ont, selon lui, "négligé le principe de la démocratie selon lequel on obtient le pouvoir à l'issue des élections et non dans la rue". "Ils ont franchi les limites en appelant les gens à prendre des armes", a-t-il ajouté, alors qu'un nouvel assaut était en cours dans le centre de Kiev. "C'est une violation criante de la loi et les coupables comparaîtront devant la justice", a-t-il poursuivi.

Face au déchaînement de violences depuis vingt-quatre heures, l'Europe pourrait mettre en place des sanctions contre les dirigeants ukrainiens, lors d'une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE jeudi à Bruxelles. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, a indiqué que "toutes les options seront étudiées" lors de cette réunion, "y compris des sanctions contre les responsables de la répression et des violations des droits de l'homme". "

Nous espérons que les Etats membres" de l'Union européenne "pourront se mettre d'accord dans l'urgence sur des mesures ciblées contre les responsables de la violence et l'usage excessif de la force", a déclaré de son côté le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé mercredi après-midi qu'il se rendrait jeudi en Ukraine avec ses homologues allemands et polonais pour faire le point sur la situation avant une réunion avec ses homologues européens.

Il y aura une "délibération avec nos amis allemands et probablement sanctions", avait déclaré Laurent Fabius mercredi matin. A l'issue du 16e Conseil des ministres franco-allemand, François Hollande et Angela Merkel ont condamné des "actes inqualifiables, inadmissibles, intolérables".

"Ceux qui ont commis ces actes, ceux qui se préparent à en commettre d'autres, doivent savoir qu'ils seront sanctionnés", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière. "Nous sommes aux côtés des hommes et des femmes qui souffrent" à Kiev, a dit Angela Merkel.

Le ministre allemand des Affaires étrangères a qualifié de "grosse faute" de Viktor Ianoukovitch son refus d'entamer des "discussions sérieuses" avec ses opposants, pour sortir de la crise qui secoue le pays depuis des semaines.

"La France considère que les responsables doivent répondre de leurs actes et que des sanctions individuelles doivent être examinées par l'Union européenne", a déclaré François Hollande lors du conseil des ministres, a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Le président français et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont convenu par téléphone de la nécessité d'imposer des sanctions européennes "rapides et ciblées" à l'encontre des principaux responsables des violences en Ukraine, peut-on lire dans un communiqué.

L'ONU a demandé une "enquête urgente et indépendante" sur les violences en Ukraine.

Le gouvernement de Ianoukovitch devra "rendre des comptes" pour la "violence inacceptable" contre les manifestants à Kiev, a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères sur Twitter.

Source : http://www.atlantico.fr/pepites/ukraine-kiev-feu-et-sang-hollande-et-merkel-pour-sanctions-986794.html#CV7IdR8RrQ0cbHBr.99

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 16:12

The Permanent Representatives Committee today approved, on behalf of the Council, a compromise agreed with the European Parliament on new rules on the provision of services for investments in financial instruments and on the operation of regulated financial markets (6406/14 ADD 1 : http://register.consilium.europa.eu/doc/srv?l=EN&t=PDF&gc=true&sc=false&f=ST%206406%202014%20ADD%201 and ADD 1, COR 1 : http://register.consilium.europa.eu/doc/srv?l=EN&t=PDF&gc=true&sc=false&f=ST%206406%202014%20ADD%201%20COR%201, ADD 2 : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/en/ecofin/141071.pdf, ADD 3 :  http://register.consilium.europa.eu/doc/srv?l=EN&t=PDF&gc=true&sc=false&f=ST%206406%202014%20ADD%203 and ADD 3 REV 1).

The compromise was reached on 14 January between the presidency of the Council and the Parliament and will enable adoption of the legislation in first reading. The Council had set out its position in June 2013.

The "MIFID" proposals are aimed at promoting the integration, competitiveness, and efficiency of EU financial markets. They set out to amend and replace existing rules1 for markets in financial instruments by two new legislative instruments:

– a regulation improving transparency and competition of trading activities by limiting the use of waivers2 on disclosure requirements and by providing for nondiscriminatory access to trading venues and central counterparties (CCPs) for all financial instruments, and requiring derivatives to be traded on organised venues (6406/14 ADD 2 : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/en/ecofin/141071.pdf );

– a directive amending rules on the authorisation and organisational requirements for providers of investment services and on investor protection. The directive also introduces a new type of trading venue, the organised trading facility (OTF). Standardised derivatives contracts are increasingly traded on these platforms, which are currently not regulated (6406/14 ADD 1 : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/en/ecofin/141071.pdf ).

The proposals set out to ensure that all organised trading is conducted on regulated trading venues: regulated markets, multilateral trading facilities and organised trading facilities. Strengthened requirements are introduced in relation to organisation, transparency and market surveillance in all three types of venue. Transparency requirements are calibrated for different types of instrument, notably equity, bonds and derivatives, and for different types of trading, notably order book and quote-driven systems. The measures will limit high-frequency trading.

Commodity trading will be controlled with the introduction of position limits aimed at preventing market abuse, including cornering of the market, and supporting orderly pricing and settlement. Market participants will have to report their positions at least daily. Coal and oil derivatives will be temporarily exempted from requirements to go through clearinghouses.

The proposed directive and regulation cover the provision by banks and investment firms of services such as brokerage, financial advice, dealing, portfolio management and underwriting. They are aimed at overcoming problems that have emerged in the implementation of rules that entered into force 2007 and which essentially abolished the possibility for member states to require trading to take place on specific exchanges, enabling competition from alternative venues.

Market and technological developments have outpaced various provisions in MIFID and the trading environment has become more complex. And the 2008 financial crisis exposed weaknesses in the regulation of instruments other than shares, traded mostly between professional investors. Such developments underscored the need for strengthened investor protection.

Whilst remedying such problems, the revision of MIFID will enable the EU to meet commitments made at the G20 summit at Pittsburg in September 2009 to tackle less regulated and more opaque parts of the financial system.

The regulation and the directive will now have to be approved by the parliament, so as to allow final adoption by the Council once the texts have been finalised in all languages.

1 Directive 2004/39/EC

2 By setting an overall EU cap and a cap per trading venue.

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 14:45

Publié le 17 février 2014 par la Commission européenne, le rapport 2013 sur la structure industrielle de l'Union souligne le besoin d'une renaissance industrielle et examine en détail la tendance à la baisse dans l'industrie manufacturière.

Selon ce rapport, la plupart des secteurs n'ont pas encore retrouvé leur niveau de production antérieur à la crise et il existe des différences importantes entre les secteurs et les États membres.

Intitulé « EU industrial structure report 2013: Competing in Global Value Chains » (rapport de 2013 sur la structure industrielle de l'Union européenne: faire face à la concurrence dans les chaînes de valeur mondiales), il examine plus en détail la tendance à la baisse dans l'industrie manufacturière. Il met également en lumière les liens mutuellement bénéfiques entre l'industrie manufacturière et les services ainsi que l'importance des chaînes de valeur mondiales. Il souligne finalement le besoin croissant d'intégrer la compétitivité industrielle dans d'autres domaines stratégiques. Ces sujets, qui ont été abordés récemment dans la communication «Pour une renaissance industrielle européenne» de la Commission, seront traités directement lors de la prochaine session du Conseil «Compétitivité» des 20 et 21 février.

Le vice-président de la Commission européenne et commissaire chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat, M. Antonio Tajani, a déclaré: « Ce rapport montre clairement que la crise de 2008 a entraîné une forte accélération du déclin industriel de l'Europe et que l'industrie a besoin d'un soutien ciblé pour l'aider à retrouver la croissance. L'Europe est encore loin de l'objectif fixé, à savoir porter la part de l'industrie dans le PIB de l'Europe à 20 % d'ici 2020. Pour atteindre cet objectif, nous devons nous concentrer sur la réindustrialisation. J'invite donc les États membres à soutenir le nouveau pacte industriel lors du Conseil "Compétitivité" de la semaine prochaine. »

Pour plus d'informations : Rapport de 2013 sur la structure industrielle  : http://ec.europa.eu/enterprise/policies/industrial-competitiveness/competitiveness-analysis/eu-industrial-structure/index_en.htm

Pour plus de détails sur les résultats du rapport, veuillez consulter le mémo l’accompagnant : 2013 EU industrial structure report highlights challenges and opportunities of EU re-industrialisation : http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-14-111_en.htm  

Voici les principales conclusions du rapport :

Le rapport montre, comme d'autres études, que la fragile reprise indiquée par une croissance positive en 2010 et 2011 a été interrompue par un ralentissement de la conjoncture et que les industries de l'UE ont subi une récession à double creux. Il confirme aussi que, depuis 2001, la part de l’industrie manufacturière dans la production économique a encore diminué, de 3 points, pour atteindre 15 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012.

Différences entre pays : le chiffre total de la production manufacturière de l'UE dissimule des différences importantes entre les États membres. On observe par exemple une forte reprise en Roumanie, en Pologne, en Slovaquie et dans les pays Baltes, qui ont tous retrouvé et dépassé leurs niveaux les plus hauts atteints avant la récession.

Différences entre les secteurs – la haute technologie, l’industrie pharmaceutique et les produits de base résistent à la crise: il existe aussi des différences significatives entre les secteurs. La construction et les industries manufacturière et minière ont été durement frappées. Les industries qui fabriquent des produits de base, tels que les produits alimentaires et les boissons, et l’industrie pharmaceutique se portent relativement mieux. Les industries de haute technologie n'ont pas été autant touchées que les autres.

Les gains de productivité varient et sont concentrés dans les industries de haute technologie : les gains de productivité et la croissance de l'emploi varient considérablement d'un secteur à l'autre, le déclin étant général dans le secteur manufacturier, notamment dans les industries de faible technologie. Au lendemain de la dernière crise, l'industrie manufacturière de l'UE est parvenue à réduire le coût du travail et à accroître la productivité. Résistant mieux aux effets négatifs de la crise financière grâce à une plus forte productivité et à une moindre dépendance énergétique, les industries de haute technologie sont le moteur principal de la croissance.

Les services croissent plus vite que l'industrie manufacturière : les services marchands (habituellement fournis par le secteur privé) ont crû en moyenne de 1,7 point entre 2000 et 2012 dans l'UE, et représentent maintenant la moitié du PIB de l'UE. La part des services non marchands (habituellement fournis par le secteur public) a aussi augmenté pour atteindre 23 % du PIB en 2012. De 2001 à 2010, l'emploi dans les services a progressé alors qu'il a diminué dans l'industrie manufacturière.

Les relations entre l'industrie manufacturière et les services sont mutuellement bénéfiques : les entreprises du secteur manufacturier recourent de plus en plus aux services dans leurs processus commerciaux, dans l'élaboration et la vente de produits et pour des activités transversales, telles que la comptabilité et la logistique. La hausse de la productivité dans cette industrie peut s'étendre à d'autres secteurs. L'interdépendance croissante entre l'industrie manufacturière et les services implique un «effet porteur» de l'industrie pour des services qui seraient autrement moins commercialisables. Il en résulte un effet stimulant sur l'innovation et l'amélioration qualitative des activités de service.

Les chaînes de valeur mondiales ont une importance croissante pour l'industrie de l'UE : l'UE est encore le principal acteur du commerce mondial, tant pour les biens et services que pour les flux d'investissements. Créant un nombre croissant de solides réseaux transfrontaliers, la mondialisation a transformé les «chaînes de valeur» des entreprises. Même si les entreprises de l'UE sont déjà présentes dans les chaînes de valeur mondiales, le renforcement de leur participation améliorera leur compétitivité et leur assurera un accès aux marchés mondiaux dans des conditions de concurrence plus favorables.

Les investissements étrangers dont l'industrie manufacturière a besoin ont beaucoup souffert : à l’échelon mondial, la croissance des flux commerciaux s'est accompagnée d'un accroissement encore plus grand des flux de capitaux, y compris des investissements directs étrangers (IDE) dont l'industrie de l'UE a besoin. Les États membres dans leur ensemble apportent une part importante des flux d’IDE mondiaux (environ 22 % des flux entrants et 30 % des flux sortants), mais les flux tant entrants que sortants ont été gravement perturbés par la crise. En 2010, dans l'UE, les flux d’IDE entrants n’ont atteint qu’un tiers environ de leur niveau de 2007 et les flux sortants sont tombés encore plus bas. La chute des flux d’IDE entrants est en grande partie due à une forte diminution des flux intra-UE depuis le début de la crise.

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Published by Patrice Cardot
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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 14:43

Contexte

Le politique de la concurrence européenne comporte plusieurs volets. Le contrôle des pratique anti-concurrentielles, ou anti cartel, et le contrôle des fusions acquisitions, ou contrôle des concentrations en sont les éléments principaux. Le contrôle des aides d'Etat représente un troisième aspect.

Les éléments nouveaux

EurActiv.fr dévoile un rapport commandité par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, qui suggère de simplifier le contrôle des concentrations en Europe. Une rationalisation destinée à éviter les conflits de décision, aujourd'hui fréquents.

Il s’agit d’un rebondissement dans la guerre officiellement déclarée entre le commissaire Joaquin Almunia et Arnaud Montebourg au sujet des règles encadrant la concurrence en Europe.

Le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici ainsi que Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la Concurrence ont en effet commandité un rapport que s'est procuré EurActiv sur le contrôle des concentrations en Europe. Conduit par Fabien Zivy, ancien directeur juridique de l’Autorité de la Concurrence, le rapport devrait être présenté lors d'un colloque à Bercy, vendredi 21 février, en présence de l'ancien président du Conseil italien, Mario Monti, et de Joaquin Almunia.

La réflexion est partie d’une situation à la limite de l’absurde. La société EuroTunnel avait en effet été autorisée sous conditions par l’Autorité de la concurrence française à reprendre des actifs de la compagnie de ferries SeaFrance, en liquidation. Mais au Royaume-Uni, l’équivalent de l’Autorité de la Concurrence, la « Competition Commission », a ensuite interdit à Eurotunnel d’exploiter la société créée dans ce but, MyFerrylink, à partir de Douvres.

L’exemple apporte de l’eau au moulin de Fabien Zivy, le rapporteur, qui se désole du parcours semé d’embûches que doivent affronter les entreprises en cas de rapprochement en Europe.

Trop d’autorités de la concurrence en Europe

Car le nombre d’autorités de contrôle a explosé dans une mesure déraisonnable. Il existe 30 autorités de contrôle de la concurrence en Europe, contre 3 en 1989. Et sur un total de 125 dans le monde. L’Union européenne concentre donc un quart des autorités de concurrence, pour seulement 7 % de la population mondiale. Les entreprises doivent donc déposer autant de dossiers qu’il y a d’autorités.

La première recommandation du rapport de Fabien Zivy serait de permettre aux entreprises dont les projets de fusion concernent au moins trois pays de déposer un seul dossier, auprès de la Commission européenne.

Une recommandation qui va dans les deux sens : à l’inverse, certains dossiers doivent être réorientés au niveau national pour éviter les procédures parallèles. Cette proposition rejoint celle d’Arnaud Montebourg, qui s’irrite régulièrement du penchant de la Commission pour les sujets de concentration de trop petite échelle.

« Les affaires réorientées vers Bruxelles se montent en moyenne à 2 par an depuis 10 ans, et celles réexpédiées aux autorités nationales de concurrence se comptent chaque année sur les doigts d’une main, ou très exceptionnellement d’une main et demie. Ces mécanismes correcteurs ne jouent donc qu’un rôle d’ajustement à la marge » souligne le rapport.

Parler le même langage

Mais la cohérence de la politique de concentration souffre aussi d’interprétations juridiques différentes, liées à des pratiques du droit différenciées. Ainsi dans le cas Eurotunnel/Myferrylink, une cour britannique a annulé la décision de la « Competition Commission » au prétexte… que le cas n’était pas un cas de concentration - et tout en confirmant les positions de la Competition Commission sur la position concurrentielle.

La solution serait de faire systématiquement référence, en cas de fusions transfrontalières, au droit européen de la concurrence plutôt qu’aux droits nationaux.

La coopération entre les autorités de la concurrence pourrait aussi être étendue. Pour l'heure, n'étant pas juridiquement organisée, elle reste limitée en matière de contrôle des concentrations. Alors qu'au contraire le contrôle des pratiques anticoncurrentielles bénéficie d'un réseau officiel de coopération bien organisé.

Le rapporteur propose également de simplifier le mécanisme déclaratif, afin qu’une simple déclaration administrative puisse suffire lorsque les rapprochements ne sont pas susceptibles de poser des problèmes de concurrence.

« Le statu quo n’est pas une option »

La vie des affaires, la compétitivité des entreprises et la course à l’innovation risquent d’en pâtir si rien ne bouge selon ce rapport, qui estime que le statu quo n'est pas une option. Concrètement, Fabien Zivy suggère que la France propose à ses partenaires européens dès le Conseil européen de mars prochain, de mettre le sujet sur la table, avec pour but de rendre les régulateurs interopérables et de mettre en place des procédures plus simples et réactives.

Liens externes

Commission européenne :

Réflexion sur le contrôle des concentrations : http://ec.europa.eu/competition/consultations/2013_merger_control/index_en.html

Autorité de la concurrence-France :

Pour un contrôle des concentrations plus simple, cohérent et stratégique en Europe : http://static.euractiv.com/sites/all/euractiv/files/rapport_concentrations_transfrontalieres_zivy_16decembre2013-1.pdf

Source : http://www.euractiv.fr/innovation-enterprise/le-rapport-zivy-veut-rationnalis-news-533606?utm_source=EurActiv%20Newsletter&utm_campaign=3ff4a1d2c2-newsletter_dernieres_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-3ff4a1d2c2-50203445

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 12:44

Ukraine drapeau

L’EuroMaïdan[1]  a commencé à Kiev le 29 novembre et s’est institué « Assemblée populaire » le 22 décembre 2013. Jusque là, quelque 250 à 700 mille Ukrainiens y auraient participé. Dans un pays de 45 millions d’habitants. Le soulèvement répliquait à la décision du gouvernement ukrainien, le 24 novembre, de postposer sa signature, prévue le 29 à Vilnius, de l’Accord d’association avec l’Union Européenne « pour mieux en évaluer les conséquences ». L’accord conclu à Moscou, le 17 décembre, entre les présidents Viktor Ianoukovitch, d’Ukraine, et Vladimir Poutine, de la Fédération de Russie, offrant à Kiev un ballon d’oxygène financier, n’a pas dénoué la crise. Mais quelle crise ? La quête des réponses nous mène à Kiev, mais aussi à Bruxelles, Berlin, Washington. Moscou.

MAÏDAN : QUI, QUOI, COMMENT ?

Que réclament les manifestants à Maidan ? La signature de l’Accord, le « choix de l’Europe », synonyme à leurs yeux de liberté, de démocratie, de prospérité par l’épanouissement du « Marché », par opposition à la Russie, associée à l’autoritarisme, à l’étatisme, aux visées néo-impériales, au retour de la guerre froide contre l’Occident. Ils revendiquent aussi la fin de la corruption et des méthodes mafieuses de « gouvernance ». Les questions du niveau de vie – le chômage, le paupérisme, la santé –sont présentes dans les esprits. La régression sociale n’a pas cessé depuis 1991 et, à la désillusion causée par la gestion des anciens dirigeants « oranges » a succédé celle de la direction « bleue » du Parti des Régions, promue en 2010, de telle sorte que les Ukrainiens, d’où qu’ils soient, ont désormais ce sentiment en commun : les déceptions cumulées. Remarquons : les drapeaux oranges ont disparu, seules s’imposent les couleurs nationales jaune et bleue, dans les foules rarement  tachetées de rouge[2] et de rouge et noir[3].

Qui sont-ils ? La plupart viennent des régions occidentales et centrales, et de Kiev. L’Est et le Sud sont restés passifs. Ils sont de tous âges, mais jeunes surtout, de toutes conditions, mais « moyenne » surtout, de plusieurs confessions. Qui sont les chefs de cette opposition ? Ils sont issus de la « révolution orange » de 2004[4]  mais sans ses anciens leaders, l’ex-président Viktor Iouchtchenko s’étant effondré à 2% lors des présidentielles de 2010 et « l’égérie » Ioulia Timochenko étant en prison. Sa formation, l’Union panukrainienne « Patrie » (Baktyvchtchina), la plus influente en Ukraine après le Parti des Régions du président Ianoukovitch, est dirigée par Arseni Iatseniouk. Au second rang, Vitali Klitchko mène l’Alliance Démocratique Ukrainienne pour les Réformes, en abrégé « Oudar », soit « le coup », un sigle adéquat pour un ancien boxeur. Des deux partis, néolibéraux en économie, l’un est membre et l’autre proche de la grande famille du PPE[5]. « Oudar » a les préférences d’Angela Merkel et de la CDU. La fondation Adenauer forme ses cadres, dans l’espoir que Klitschko devienne le prochain président d’Ukraine.[6] L’Union Européenne semble se rallier à ce choix allemand, bien qu’elle ait soutenu jusqu’à présent Ioulia Timochenko et exigé sa libération comme condition de la signature de l’Accord.

QUAND « LIBERTE » SE DIT « SVOBODA »

La troisième composante du front « pro-européen » est l’Union panukrainienne « Svoboda » (Liberté) dirigée par Oleg Tiagnibog (en ukrainien : Oleh Tiahnibok). Ce parti, d’extrême-droite mais plus « social » que les autres, a fait son entrée au parlement avec 10% des suffrages lors des législatives d’octobre 2012, mais il contrôle plusieurs villes et régions de la Galicie orientale ex-polonaise, capitale Lviv (Lwow). Anciennement parti « national-social », arborant une rune proche de la swastika[7] et toujours d’usage dans d’autres formations d’extrême-droite, « Svoboda » et son chef se sont illustrés par une grande « liberté » de propos antisémites et russophobes. En quête de respectabilité, le parti a adopté le drapeau aux couleurs nationales – trois doigts (le trident)[8] jaunes sur fond bleu. Lié à Jobbik en Hongrie et au Front National en France, « Svoboda » a néanmoins cherché et obtenu des contacts avec les envoyés des Etats-Unis et de l’UE. Son idée de l’Europe, est née dans l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) formée en 1929[9] et au sein de ses armées, notamment la Division « Galitchina » (Galizien) de la Waffen SS, dont les célébrations sont régulièrement organisées en Galicie par « Svoboda ». A la différence des néofascistes eurosceptiques de Hongrie, les partisans de Tiahnibok sont européistes, ce qui est dans la tradition du nationalisme « intégral » opposant l’Ukraine « européenne » à la Russie « asiatique ».[10] Autour de Maïdan, ses activistes ont détruit un monument à Lénine, fait la chasse aux « rouges » et hurlé « Mort aux ennemis ! ».[11]

COMPLEXITE

Si « Svoboda » reste surtout localisé en Galicie, les autres partis d’opposition couvrent l’ensemble des régions occidentales et centrales. A l’Est, domine toujours le Parti des Régions, quelque peu présent à l’Ouest.[12] Dans les bassins industriels de l’Est et du Sud subsiste un Parti Communiste (peu) influent qui aurait récolté, lui, « des millions » de signatures pour la tenue d’un référendum sur l’adhésion. [13]

Pour comprendre Maïdan, son succès et ses limites, il faudrait dire toute la  complexité de l’Ukraine, qu’idéologues et reporters pressés persistent à ignorer. Diversité culturelle, linguistique et religieuse, mais aussi économique et sociale, y compris dans les choix d’émigration- les sans emploi de l’Est vont chercher du travail en Russie, ceux de l’Ouest en Europe.L’Euromaïdan s’est heurté à cette irréductible diversité . Opposer une Ukraine à l’autre n’a d’autre sens que de pousser à l’éclatement du pays. Les partis d’opposition, soutenus de l’extérieur, ont cédé à une stratégie périlleuse de coup d’état. Même des centaines de milliers de manifestants ne suffisent à surmonter la division du pays, ni à infirmer la légalité du président et du parlement élus, du gouvernement Azarov auquel le parlement a largement renouvelé sa confiance. Or, les opposants exigeaient, ni plus ni moins, leur départ et le « renversement du régime ». Leur appel à la grève générale n’a pas été suivi. A la veille de Noël,  la « révolution » n’avait  pas débordé Maïdan. Mais la guerre des nerfs n’était pas terminée, et l’ensemble du système politique est déstabilisé, le président contesté dans son propre parti. « Tout reste possible. »

EUROPE-UKRAINE : QUEL ACCORD ?

Maïdan a, comme en 2004, mobilisé l’Occident et ses médias unanimes Ambassadeurs, politiciens, ministres en provenance de l’UE et des EU ont défilé à la tribune. Défi au pouvoir, qui a su « garder ses nerfs », et au Kremlin, qui a du ronger son frein. Kiev a fustigé les « ingérences étrangères ». Les Etats-Unis ont menacé les dirigeants de « sanctions » s’ils dispersaient  les manifestants par la force. Imagine-t-on pareil scénario à Washington, Paris ou Bruxelles, avec occupations et tentatives d’assaut des bâtiments officiels ?

On s’est rarement demandé ce que contenait le fameux « Accord » dont la négociation est « suspendue ». D’adhésion à l’UE, point question. Ni même, comme l’espèrent les Ukrainiens depuis tant d’années, de suppression des visas d’entrée. Large ouverture, par contre, au « libre échange ». Nécessairement inégal. Les Ukrainiens (et les Russes à travers la poreuse frontière) pouvaient s’attendre à l’afflux de produits occidentaux « de qualité ». En sens inverse, les Ukrainiens devraient se soumettre aux standards européens. Un coup de fouet à la (et d’investissements de) modernisation, ont pensé les optimistes. De lourds dangers pour les productions locales, du chômage, voire une curée « à la grecque », ont pensé les sceptiques.

Les arguments des uns et des autres ont pesé dans les hésitations de Ianoukovitch. Plus la menace russe  de fermeture du marché russe aux (et déjà la diminution sensible des) importations d’Ukraine. Et enfin, les « humiliations » infligées par l’UE, exigeant la libération de Ioulia Timochenko, dont les dossiers criminels seraient pourtant  bien connus des intéressés (occidentaux)[14], sans oublier le refus de compensations financières conséquentes aux dégâts que l’Accord  entraînait pour l’économie ukrainienne. Bruxelles n’a pas été d’une extrême subtilité !

Un pas en avant (une longue approche en direction de l’UE), un pas en arrière (la non signature) du président Ianoukovitch l’ont placé dans une mauvaise…passe : n’avait-il pas trahi les espoirs de Bruxelles et de Moscou, le « rêve européen » jusque dans ses propres rangs ? Il  revenait à Poutine, bon samaritain, de lui offrir une issue de secours.

RUSSIE-UKRAINE : QUELLE ALTERNATIVE ?

Le sauvetage moscovite tient en trois temps : la réduction d’un tiers du prix de vente du gaz, l’octroi d’un crédit de 15 milliards de dollars en euro-obligations et, en perspective, le rétablissement d’une coopération dans des domaines où les deux pays ont une longue expérience commune, du temps de l’URSS, notamment l’industrie aéronautique et spatiale, l’armement.

Mais au delà – ce que redoutent le plus Bruxelles, Washington et Maïdan – c’est l’Union douanière formée en 2007 entre Russie, Belarus et Kazakhstan, qui serait élargie à l’Arménie et, hypothétiquement,  à l’Ukraine. C’est un développement de la Communauté économique eurasiatique formée en 2001, et le prélude d’une « Union eurasiatique » que projette Vladimir Poutine à l’échelle de presque tout l’espace ex-soviétique voire au delà. Il arrive que l’on traduise le mot russe « evrasiiskii » par «eurasien». Le  synonyme peut  induire une confusion : certaine idéologie « eurasienne » ou « eurasiste » consiste à vouloir rassembler  états et civilisations des deux continents en opposition au bloc « euro-atlantiste ». Poutine y est-il sensible ?  En tout cas, sa démarche consiste bien à vouloir substituer au monde « unipolaire » (américano-centré) un ordre « multipolaire » fondé sur la puissance émergente des BRICS.

LES ENJEUX

L’Institut de démographie de Kiev vient d’apporter un éclairage révélateur de l’effondrement ukrainien: en vingt ans, la population du pays a diminué de 6,5 millions, effet combiné d’une natalité en baisse, d’une mortalité élevée, d’une émigration de masse. La dégradation de la santé publique est montrée du doigt « sur chaque millier de jeunes de 20 ans, 30% n’atteindront pas les soixante ans ».[15] C’est dans ce contexte d’une profonde crise sociale que  les grands acteurs géopolitiques de la « bataille d’Ukraine » – Russie, Union Européenne, Etats-Unis – se préparent au prochain grand rendez-vous : 2015, l’année des présidentielles en Ukraine et au Belarus (Biélorussie). L’Occident et ses amis démocrates des pays slaves espèrent pouvoir déloger, dans l’une, Viktor Ianoukovitch, et dans l’autre, Alexandre Loukachenko. 2015 : année du « basculement » ? La bataille fera rage.

Le « combat pour l’Ukraine » ? Il y a un gazoduc, des oléoducs à contrôler, des industries (métallurgie, aéronautique, nucléaire) à moderniser, des terres fertiles à prendre, un vaste marché pour l’agroalimentaire, le tourisme. Il y a ce pays en forme de large corridor, menant du cœur de l’Europe à celui de la Russie. Plus d’un stratégiste occidental l’a dit :  le contrôle de l’Ukraine est la clé du refoulement  de la puissance russe et, par delà, de la maîtrise de l’Eurasie. Preuve de la volonté de séparer l’Ukraine de la Russie : un projet européen demande à Kiev d’adapter aux standards européens l’écartement des rails dans son réseau ferroviaire.

Jean-Marie Chauvier (22 décembre 2013)

(sans préjuger de la suite des événements)

Source : http://www.mondialisation.ca/euromaidan-ou-la-bataille-dukraine/5366185?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=euromaidan-ou-la-bataille-dukraine

 


[1] Nom donné à leur performance par les manifestants pro-européens se déployant sur « Maïdan », la Place de l’Indépendance à Kiev.

[2] Drapeaux du parti « Oudar » ou de « Nouvelle gauche » dont des militants se sont fait éjecter par les commandos d’extrême-droite.

[3] Non pas anarchiste, mais nationaliste, de l’ancienne Armée des Insurgés (UPA) de l’OUN.

Mais il y a aussi des « libertaires » et  des « nouvelle gauche », très pro-européens.

[4] v.Jean-Marie Chauvier « Les multiples pièces de l’échiquier ukrainien », Le Monde Diplomatique, janvier 2005.

[5] Parti Populaire Européen, rassemblant conservateurs et démocrates chrétiens.

[6] v. « Kampf um die Ukraine »,  Der Spiegel, 9-12-2013

[7] Un équivalent de l’emblème de la Division SS « Das Reich ».

[8] La trident paysan est l’emblème ukrainien traditionnel, repris par les nationalistes, et officiel depuis 1991.

[9] v. Jean-Marie Chauvier « L’OUN, l’Allemagne nazie et le génocide » dans « Le Monde diplomatique », août 2007.

[10] Selon l’idéologue de l’OUN dans les années trente, Dmitri Dontsov.

[11] v. « Novaïa Gazeta », journal de l’opposition libérale, Moscou, 10-12-2013

[12] Notamment en Transcarpatie. (ancienne Ruthénie ou « Rous » carpathique)

[13] http://www.kpu.ua/

[14] v.Ukraine : sur la piste des avoirs détournés par Ioulia Timochenko, Mediapart 24-11-2013

[15] Ella Libanova, agence unian, Kiev 17-12-2013

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 09:55

Les négociations de Vienne sur le nucléaire iranien ont pâti des déclaration de l'Ayatollah Khamenei, selon qui la volonté de dialogue ne pèserait pas bien lourd face aux antagonismes des deux camps. Une sortie qui peut étonner après les signes d'ouverture donnés par le nouveau Président Rohani, mais qui est en réalité dictée par le besoin de calmer les plus conservateurs des politiques iraniens.

Atlantico : L'Ayatollah Khamenei s'est récemment illustré par ses déclarations sur l'avenir des discussions de Vienne, allant jusqu'à affirmer qu'il "n'était pas optimiste [sachant] que les négociations ne mèneraient nul part", tout en assurant qu'il n'était pas opposé au dialogue. Comment expliquer l'adoption de ce double discours après les premiers signes d'ouverture donnés par le Président Hassan Rohani ?

Thierry Coville : Il faut d'abord noter que la stratégie de Rohani privilégiant la négociation et le rapprochement avec les Etats-Unis pour régler la crise du nucléaire a forcément été validée par le Guide. Dans ce contexte, cette récente déclaration peut s'expliquer par plusieurs éléments.

Khameini a cependant toujours été très méfiant vis-à-vis des Etats-Unis, qu'il a longtemps soupçonné de vouloir utiliser le prétexte du nucléaire pour obtenir un changement de régime. Les récentes tentatives de membres du Congrès et du Sénat américain de faire voter de nouvelles sanctions contre l'Iran (ce qui rendra l'accord de Genève caduc) nourrissent cette méfiance. Par ailleurs, en tant que Guide, il veut être au-dessus de la mêlée, tout en prenant en compte les équilibres de politique intérieure. Il y a actuellement une opposition très nette des conservateurs les plus radicaux à l'accord de Genève sur le nucléaire et à la politique de rapprochement avec les Etats-Unis. Ces groupes estiment que le gouvernement iranien fait trop de concessions aux occidentaux et en particulier aux Etats-Unis, qui restent à leurs yeux un ennemi de la république islamique. Par ces récentes déclarations, Khameini exprime ses doutes quant à l'intention des Etats-Unis de vraiment vouloir un accord, et donne des "signes" aux durs. Cela lui laisse une marge de manoeuvre pour se dissocier de Rohani si les négociations n'aboutissent pas.

Les relations entre Washington et Téhéran se sont dégelées sur les derniers mois. Peut-on parler pour autant de rapports chaleureux actuellement ?

On est dans une phase de reprise de contact après 30 ans d'affrontement. Les rapports sont donc loin d'être chaleureux mais on peut supposer que les 2 gouvernements ont commencé à échanger des informations et à mieux appréhender leurs politiques et intérêts respectifs. Il est probable que sur un certain nombre de dossiers (Nucléaire, Syrie, etc.), américains et iraniens aient établi des lignes de communication. Cependant, en Iran, les conservateurs les plus radicaux restent très opposés à ce rapprochement. Il est intéressant de constater que la situation est assez similaire aux Etats-Unis, où une partie du Congrès et du Sénat reprochent à Obama de faire trop de concessions à l'Iran en privilégiant la négociation aux sanctions. Les gouvernements iranien et américain doivent donc sans arrêt démontrer à leurs opposants respectifs qu'ils ne font pas trop de concessions à l'autre partie... Enfin, on peut noter que le gouvernement américain doit en plus gérer la colère de ces alliés traditionnels (Arabie Saoudite, Israël) face à ce rapprochement. On peut penser que le gouvernement américain voudrait que son début de coopération avec l'Iran soit le plus discret possible... Certains analystes américains estiment que ce dernier soucis a pu conduire les Etats-Unis à s'opposer à la présence de l'Iran aux récentes négociations internationales sur la Syrie (Genève 2).

Mohammed Jawad Zarif, ministre des Affaires étrangères, a quant à lui déclaré que l'objectif de Téhéran était "d'obtenir un accord qui soit basé sur la préservation des droits et intérêts de la nation". Comment interpréter ces propos dans le cadre actuel ?

Comme cela vient d'être dit, le gouvernement iranien doit en permanence démontrer que sa stratégie de négociation est celle qui permet le mieux de défendre l'intérêt national. De plus, il y a un consensus politique en Iran entre les réformateurs (le mouvement vert), les conservateurs modérés (qui soutiennent le gouvernement actuel) et les conservateurs plus radicaux sur le fait que l'Iran de devra jamais renoncer à son droit à enrichir l'uranium. Zarif faisait sans doutes référence à ce droit dans cette déclaration.

Peut-on plus largement tenter de définir les objectifs géopolitiques de Téhéran face à la recomposition des équilibres au Moyen-Orient ? Notamment sur le plan des alliances américaines ?

L'Iran à travers cette nouvelle stratégie poursuit finalement toujours le même objectif, qui est de s'affirmer comme la seule puissance régionale. Très clairement, les autorités iraniennes (dont le Guide) estiment maintenant que cet objectif implique de reprendre les relations avec les Etats-Unis. L'objectif à terme est que ce statut de puissance régionale passe par un rôle plus constructif de l'Iran et d'éventuelles alliances avec les pays occidentaux. On peut aussi estimer que cet objectif passe aussi par une stratégie visant à exploiter pleinement le potentiel économique de l'Iran.

Un objectif à plus court terme est de répondre à ce qui en Iran est vécu comme une politique d'agression par l'Arabie Saoudite à travers le soutien de cette dernière à des groupes salafistes en Irak et en Syrie. L'alliance avec les Etats-Unis permet de diminuer l'isolement de l'Iran face à cette situation.Les autorités iraniennes ne sont également pas mécontentes de déstabiliser Israël et de contribuer à l'isolement de ce dernier à travers cette politique de rapprochement avec les Etats-Unis.

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/nouveau-round-negociations-nucleaire-iranien-explications-derriere-double-discours-teheran-thierry-coville-986198.html#dxtE97LGEWJwv3uR.99

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays. Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet. Il a notamment publié Iran : la révolution invisible, La Découverte, 2007

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 18:24

Dans un excellente série d'articles rassemblés par le Foreign Policy Center, Richard Corbett (1) expose ses doutes sur l'éventuelle transformation de l'Eurozone en une "Communauté" ou Union" politiques séparées de l'UE.

Voici quelques extraits de ses arguments :

- "the range of views within the Eurozone-18 on most issues is as wide as among the EU-28",

- "the bulk of EU decision taking - even in the economic field - will remain at the level of the whole of the Union of 28"

- the EU28 "is the level at which the single market is organised, with all the legislation that entails and it is the level of the non-economic fields of cooperation"

- "the idea of the eurozone developing into a closely knit separate framework - as some french politicians have suggested - has mostly been resisted by both "ins" and "outs"

- "there is no two-tier voting in the Commission, the Court or the Parliament"

- "if Britain genuinely fears a two-tier system, it has plenty of allies to avoid that happening".

(1) Richard Corbett, ancien haut fonctionnaire européen - ancien membre du parlement européen - est aujourd'hui conseiller de M. Van Rompuy

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 18:22

Trois rapports en cascade

Après le rapport du Groupe Eiffel intitulé "Pour une communauté politique de l'Euro", un autre groupe d'économistes français publie un deuxième rapport titré "Pour une union politique de l'Euro". Les deux textes sont présentés comme une réponse - manifestement non concertée - à un précédent article d'économistes allemands intitulé "Vers une union de l'Euro".

Vers une réforme globale

L'intérêt principal des deux rapports français est que - au delà des préconisations spécifiques d'ordre monétaire et de leurs conséquences institutionnelles - ils reconnaissent tous les deux la nécessité d'une modification plus globale des traités pour résoudre ou dépasser la crise politique actuelle de l'UE.

À cet égard, le deuxième rapport est plus précis lorsqu'il affirme - justement - qu'il est "faux, dangereux et incohérent" de considérer une telle réforme comme impossible sous prétexte que "le peuple français ne veut pas d'un approfondissement de l'intégration européenne". Les auteurs estiment que la France ne devrait pas "attendre les bras ballants" que l'Allemagne prenne l'initiative de cette réforme et qu'il est donc nécessaire d'"engager aujourd'hui un débat constructif sur ce thème".

Une proposition financière intéressante

Une des propositions les plus concrètes et les plus intéressantes de ce rapport est celle de la "mise en commun du produit des impôts nationaux sur les bénéfices des sociétés", produit qui serait "de l'ordre de 0,5 à 1% du PIB de l'UE.

Des propositions institutionnelles inabouties mais utiles

Ce rapport présente également - comme les deux autres études - des propositions relatives à la création d'organes ou institutions propres à la zone Euro qui s'intègreraient plus ou moins dans le cadre institutionnel global de l'UE.

Si ces propositions semblent quelque peu hasardeuses et inabouties, elles ont toutefois le grand mérite de reconnaître implicitement que :

- la solution aux problèmes de l'Eurozone est indissociable d'une réforme des dispositions actuelles de l'Union économique et monétaire, inchangées depuis le traité de Maastricht,

- cette réforme doit elle même être entreprise dans le cadre d'une révision plus globale de l'UE destinée à permettre le renforcement du processus d'intégration mis à mal par la crise et le processus incontrôlé d'élargissement de l'union.

Un EURO centrisme contestable

Les titres quasi identiques des trois rapports traduisent une inspiration commune : les questions financières, monétaires et économiques sont placées au centre du débat sur le renforcement de l'UE et en sont le déterminant principal, sinon unique ("L'union politique de l'Euro"). Cette conception est discutable voire dangereuse parce que restrictive et déséquilibrée; elle présente une image déformante de l'entreprise européenne dont la portée politique ne saurait se limiter à l'Euro.

D'ailleurs, si un vrai débat sur le renforcement de l'UE devait effectivement s'engager, il s'avèrerait très vite nécessaire de replacer la problématique économique dans un contexte plus large prenant en compte l'ensemble de l'acquis européen et une vision plus large de l'"avenir de l'Europe". (Voir notamment à cet égard : http://www.regards-citoyens.com/article-2014-amorcer-la-reforme-de-l-union-catalogue-pour-un-debat-121955580.html )

 

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Published by Jean-Guy Giraud
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 18:20

Si le Royaume-Uni devait choisir de quitter l'Union européenne, il est absurde de penser qu'il s'isolera du reste de l'Europe et que cette sortie impactera de manière négative les économies nationales des pays membres de l'Union, y compris l'Allemagne et la France, comme l'affirment certains rapports récents (cf. notamment http://fpc.org.uk/fsblob/1616.pdf).

Il réintégrera très certainement la zone de libre échange qu'il avait largement contribué à créer dans les années 50 et qui réunit aujourd'hui sous l'égide de l'EFTA (European Free Trade Area) la Norvège, la Suisse, l'Islande et le Liechtenstein.

Or, l'EFTA (à l'exception de la Suisse) est économiquement intégrée à l'UE par l'intermédiaire de l'Espace Economique Européen (EEE).

Puis, libre à lui de choisir d'adhérer à l'EEE ou bien, comme la Suisse, d'en rester indépendant.

Mais dans ce cas, il serait forcé de signer toute une série d'accords lui garantissant l'accès aux marchés de l'UE.

Dans un cas comme dans l'autre, l'économie du Royaume-Uni restera fortement arrimée à l'UE et la France et ses partenaires ne pâtiraient pas, en tout cas pas autant qu'on l'annonce, de ce nouveau statut.

Ils pourraient alors mieux redéfinir le projet politique européen sans avoir constamment les Britanniques comme épine dans le pied.

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Published by Paul Auster
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 18:03

Contexte

Une loi votée l’an passé au Royaume-Uni impose que toute nouvelle délégation de pouvoir à Bruxelles, soit soumise par référendum. Le Royaume-Uni souhaite depuis quelques années prendre ses distances avec l’UE, et réaffirmer sa souveraineté. En janvier 2013, David Cameron a promis aux Britanniques de réaliser un referendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l’UE, à condition d’être réélu en mai 2015. Les conservateurs britanniques ne cessent d’ … [+]appeler à une renégociation du traité avec l’UE, certains se positionnent clairement en faveur d’une sortie de l’UE, compensée par un renforcement des liens économiques avec les pays membres du Commonwealth, et les USA.

Les éléments nouveaux

Un nouveau rapport pointe les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La France pourrait aussi payer le prix fort.

Le Foreign Policy Centre vient de publier, avec le soutien de la Commission européenne, un rapport sur le Brexit, ou « British Exit » (http://fpc.org.uk/fsblob/1616.pdf). Les conséquences économiques pour la France seraient réelles. 

.../...

Voir la suite de cet article : http://www.euractiv.fr/uk-europe/brexit-une-fausse-bonne-idee-news-533538?utm_source=EurActiv%20Newsletter&utm_campaign=ee0fc26080-newsletter_dernieres_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-ee0fc26080-55414033

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