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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 15:34

Catherine Ashton, EU High Representative for Foreign and Security Policy/Commission Vice President, issued the following statement today :

I deplore Israeli Government plans to build over 800 additional settlement housing units as well as the plan to relocate some of the settlers from Ulpana within the occupied Palestinian territory.

Settlements are illegal under international law and threaten to make a two-state solution impossible. Settlement activity is detrimental to current peace efforts, including by the Quartet, and puts those efforts at risk.

I call on the Israeli Government to exercise the highest sense of responsibility by reversing these decisions to demonstrate its commitment toward the peace process, in full respect of international law.”


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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 14:12

Une formalité ! C'est jeudi 31 mai à 15 heures, à l'occasion du conseil d'administration d'EADS, que le patron d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, a succédé, pour cinq ans, au Français Louis Gallois comme président exécutif d'EADS, maison mère de l'avionneur européen. Un mouvement attendu alors que le pacte d'actionnaires d'EADS prévoit une alternance entre Français et Allemands à la présidence du groupe européen d'aérospatial et de défense.
  
Après cinq années à la tête d'Airbus, M. Enders hérite d'un groupe dont tous les indicateurs, ou presque, sont au vert. Les carnets de commandes des différentes entités d'EADS sont remplis. Collectivement, les Cassidian, Astrium, Eurocopter, ATR et surtout Airbus ont engrangé, à fin décembre 2011, pour 540 milliards d'euros de commandes. Le groupe est à l'aise avec 11,6 milliards d'euros de cash, qui pourraient lui permettre de faire des acquisitions.
 
PRINCIPE DE LA PRÉSIDENCE TOURNANTE
 
Il n'empêche, cette succession ouvre une nouvelle ère pour EADS. Le groupe pourrait souffrir à nouveau d'une certaine instabilité. Les actionnaires français et allemands vont devoir renégocier le pacte qui les lie pour prendre en compte l'entrée au capital d'EADS de la banque allemande KFW. Cette dernière, qui agit pour le compte de l'Etat allemand, doit prendre 7,5 % du capital d'EADS en lieu et place de Daimler qui souhaite se désengager.
 
Le pacte d'actionnaires prévoit principalement le principe de la présidence tournante. Il fixe aussi les droits de vote et le nombre des administrateurs. Ce mouvement capitalistique ne devrait être qu'une première étape. Lagardère, qui détient 7,5 % d'EADS aux côtés de l'Etat, a déjà annoncé son intention de céder sa participation. Selon le calendrier indiqué par Arnaud Lagardère, par ailleurs nommé président du conseil d'administration d'EADS, cette sortie pourrait intervenir lors de la livraison de l'A350 prévue au premier semestre 2014.
 
A l'intérieur du groupe, les premiers pas de M. Enders seront scrutés avec attention. Notamment ses relations avec Fabrice Brégier, promu président exécutif d'Airbus. Certains cadres redoutent que l'entente entre les deux hommes, qui n'a pas toujours été acquise et qui a largement contribué à l'essor d'Airbus, soit mise à mal par la nouvelle organisation hiérarchique.
 
La réflexion autour de l'implantation aux Etats-Unis d'une usine d'assemblage de l'A320neo, le blockbuster d'Airbus, a été l'occasion d'un premier couac avant l'heure entre eux. M. Brégier y serait plutôt favorable tandis que M. Enders y est pour l'instant opposé. Mais ces dissonances pourraient en rester là, tempère un cadre : "Si un Allemand, Thomas Enders, est le patron ; c'est un Français, Fabrice Brégier, qui est l'homme fort d'Airbus." Et l'avionneur européen pèse lourd. En 2011, Airbus a compté pour 33 des 49,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'EADS.
 
RÉPUTATION D'ENTREPRENEUR
 
En prenant les commandes d'EADS, M. Enders prend en main la stratégie du groupe, fait-on remarquer au sein de l'avionneur. Précédé d'une réputation d'entrepreneur moins politique que son prédécesseur, M. Enders pourrait, sur le modèle de Boeing, donner le coup d'envoi d'une simplification des structures au prix d'une fusion entre EADS et Airbus. Si elle devait voir le jour, la nouvelle entité pourrait d'ailleurs prendre le nom d'Airbus.
 
En pratique, le successeur de M. Gallois devra aussi gérer la délicate mise en oeuvre des programmes de son futur A350 et surtout de son très gros-porteur l'A380, capable de transporter jusqu'à 500 passagers. Depuis janvier, l'avionneur n'a enregistré aucune commande ferme de ce dernier appareil. Un coup de frein commercial qui fait suite à la découverte de microfissures dans les ailes de l'A380. Airbus est venu à bout de ce problème technique. Mais la facture, qui devrait atteindre près de 260 millions d'euros, est salée.
 
La filiale se veut toujours confiante dans la réussite commerciale de l'A380. Lors des journées de l'innovation d'Airbus, organisées du 22 au 24 mai à Toulouse, John Leahy, le directeur commercial de l'avionneur européen, a indiqué : "Mon but est d'en vendre 30 cette année, ça va être dur mais nous ferons les comptes à la fin 2012." Un optimisme fondé sur la croissance du trafic aérien, qui devrait doubler dans les quinze prochaines années. "Ce sera impossible d'y arriver avec toujours plus d'avions. Nous allons le faire avec de plus gros appareils", a ajouté M. Leahy.
 
Pour l'heure, Airbus a déjà engrangé 253 commandes fermes d'A380 auprès de 19 compagnies aériennes. Chaque exemplaire est facturé 390 millions de dollars prix catalogue (environ 312,6 millions d'euros).
 
M. Enders jouera aussi une partie délicate à l'occasion du futur regroupement d'une grande partie des personnels des sièges de Munich et de Paris sur un seul site à Toulouse. Quelque 600 salariés sont concernés sur les 134 000 recensés en mars 2012. Tous ne devraient pas suivre ces déménagements. En interne, on estime qu'à chaque déménagement 25 % des salariés concernés n'ont pas souhaité suivre le mouvement.
 
M. Enders pourrait donner des indications sur le futur regroupement à Toulouse, lundi 4 juin, lorsque le nouveau patron d'EADS s'adressera aux salariés du groupe.

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 11:58

Les citoyens européens font confiance à l’action de l’UE en termes de protection civile, si l’on en croit les résultats du dernier sondage (eurobaromètre), réalisé en février et mars derniers, et qui est publié aujourd’hui. Malgré la crise, ces chiffres montrent que le sens de la solidarité n’est pas mort…

Soutien à l’aide humanitaire…

Une large majorité des sondés (84%) estiment ainsi qu’il faut continuer à financer l’aide humanitaire malgré la crise économique et les pressions sur les finances publiques, ce qui représente une hausse de 9 points par rapport à 2010. « Même en ces temps difficiles, les citoyens de l’UE restent favorables à l’aide que nous apportons aux populations du monde entier qui connaissent de graves difficultés pour des raisons indépendantes de leur volonté », souligne la commissaire européenne en charge de l’Aide humanitaire et de la Réponse aux crises, Kristalina Georgieva.

… et pour la gestion des catastrophes

Sur les quelques 26 751 répondants, 82% estiment qu’en ce qui concerne la gestion des catastrophes, l’action au niveau de l’UE est plus efficace que des actions menées individuellement par les Etats Membres. En cause, le manque de ressources de certains Etats, et donc la nécessité de mutualiser ces ressources : 92% pensent que tous les pays n’ont pas les ressources suffisantes pour gérer à eux seuls une catastrophe majeure. De plus, les catastrophes ignorent les frontières nationales : une réponse au niveau européen est donc plus pertinente.

… variable cependant selon les pays

Mais cette considération varie selon les pays. Alors que des pays comme Chypre, la Grèce ou la Belgique trouvent l’action européenne plus efficace qu’une action nationale (respectivement, 96, 91 et 88%), d’autres sont nettement moins d’accord, comme la Finlande, les Pays-Bas ou l’Autriche (respectivement, 19, 18, 17%), ce qui est faible. En outre, l’action de l’UE ne doit pas se limiter au territoire européen : 89% des sondés sont d’accord pour dire que l’UE doit aider tout Etat non-membre frappé par une catastrophe, en coordonnant l’envoi d’experts et de matériel sur place.

Des Européens fortement préoccupés par le risque de catastrophe

D’après ce sondage, les Européens semblent exprimer un haut degré de préoccupation vis-à-vis d’éventuelles catastrophes. En particulier, ce sont les catastrophes causées par l’homme qui font l’objet de craintes : 75% des répondants placent les désastres comme les accidents nucléaires ou les marées noires en haut de la liste, avant les catastrophes naturelles comme les inondations ou les tremblements de terre (67%), les attaques terroristes (64%) ou encore les conflits armés (59%). Une grande majorité (84%) est d’accord pour dire que les Etats Membres de l’UE devraient être obligés, par la loi, de préparer (et publier) des plans de gestion de crise à cet effet. 

NB : ce fort soutien à la solidarité internationale de l’UE n’est pas nouveau, c’est une constante depuis des années. Le fait que ce chiffre se maintienne malgré la crise est un signe notable. Même s’il faut toujours prendre avec des « pincettes » les sondages Eurobaromètre réalisés par la Commission européenne, qui sont souvent orientés vers des nécessités politiques. On remarque toutefois que si les citoyens européens appuient l’action de l’UE dans la protection civile, cela ne veut pas forcément dire qu’ils la connaissent ou la comprennent bien. Seuls 17% estiment être informés des activités de l’UE dans la protection civile (27% en ce qui concerne l’aide humanitaire). Il y a ainsi encore un net effort à faire entre les projections du « désir » d’action européenne et la « connaissance » de son action réelle.

 

Voir cet article sur mon blog ainsi que les enquêtes évoquées : http://www.bruxelles2.eu/protection-civile/malgre-la-crise-agir-europeen-face-aux-catastrophes-est-necessaire-sondage.html

 

Voir également sur ce blog : Guerres et action humanitaire : de l’importance des mots justes…, par Jérôme Larché (Grotius International)

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Politiques et actions externes de l'UE
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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:14

Le gouvernement français, qui craignait d'avoir à affronter une dégradation de la conjoncture dès son arrivée au pouvoir, voit la complexité de sa tâche se confirmer, à deux jours du premier tour de législatives qui s'annoncent favorables pour lui.

Trois indicateurs publiés vendredi confirment l'absence de marge de manoeuvre de l'exécutif, confronté à de fortes contraintes budgétaires et extérieures, alors même que la croissance économique fera très probablement défaut.

La Banque de France, qui tablait jusqu'à présent sur une croissance nulle du produit intérieur brut au deuxième trimestre, attend désormais une baisse de 0,1%, après une stabilité au premier trimestre.

François Hollande a pourtant fait état vendredi d'une prévision plus optimiste. "Nous avons aujourd'hui un grand débat pour savoir si nous allons faire 0,1% ou 0,2% pour le deuxième trimestre de cette année, il est à craindre que nous fassions d'ailleurs assez peu", a-t-il dit.

Le contraste s'affirme avec l'Allemagne, où la Bundesbank a relevé vendredi sa prévision de croissance pour l'économie allemande à 1,0% en 2012 contre 0,6% précédemment.

Le gouvernement français table sur une croissance de 0,5% sur l'ensemble de l'année 2012.

Les Douanes ont quant à elles annoncé un creusement du déficit commercial en avril par rapport à mars. Surtout, le déficit commercial cumulé depuis le début de l'année ne baisse que légèrement par rapport à la même période de 2011 (23 milliards d'euros contre 26), année pendant laquelle ce déficit avait atteint un niveau record.

Le déficit commercial français reflète selon les économistes un affaiblissement de la compétitivité des entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes. Les organisations patronales y voient en particulier la démonstration que leurs coûts sont trop élevés, et fustigent les hausses annoncées du salaire minimum et des cotisations retraites.

MESURES DE RIGUEUR APRÈS LES LÉGISLATIVES

Troisième indicateur, le déficit du budget de l'Etat montre une très faible amélioration par rapport à la même période de 2011, alors que la France s'est engagée sur un objectif de réduction important. Ce déficit a atteint 59,9 milliards d'euros fin avril contre 61,4 à fin avril 2011.

Ces trois indicateurs s'ajoutent aux mauvais résultats sur le front de l'emploi, avec un chômage en hausse continue depuis 12 mois et qui est à son plus haut niveau depuis 1999..

Les enquêtes avancées signalent quant à elles une contraction de l'activité d'une ampleur sans précédent depuis 2009 dans l'industrie, la situation dans les services se dégradant à nouveau.

Face à cette avalanche, le gouvernement diffère à l'après-législatives une partie de ses réponses. Le second tour aura lieu le 17 juin.

Pour l'heure, seules les "bonnes nouvelles" ont été annoncées, telles la hausse de l'allocation de rentrée scolaire et l'adoucissement de la réforme des retraites. L'ampleur de l'augmentation du salaire minimum sera elle annoncée avant la conférence sociale des 9 et 10 juillet.

Sur le front budgétaire, le gouvernement attend l'audit des finances publiques qui sera publié fin juin par la Cour des comptes pour préciser les futures mesures, notamment sur le contrôle de dépenses.

Le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a déclaré mercredi qu'en l'absence de nouvelles mesures le déficit public dépasserait largement l'engagement français de le ramener de 5,2% du PIB fin 2011 à 4,5% fin 2012 et 3,0% fin 2013.

"Si on ne faisait rien, ce serait 5% en 2012, 4,2% en 2013, ça ne passerait pas. Nous ferons 4,5% en 2012, nous ferons 3% en 2013%", a-t-il dit.

Le spectre d'un décalage de 0,5 point de PIB du déficit cette année signifierait la nécessité de trouver rapidement une dizaine de milliards d'euros sur les recettes ou les dépenses.

"Oui, la situation économique n'est pas bonne, oui la situation de l'emploi n'est pas bonne, au fond, c'est bien pour ça que les Français ont voulu changer de président de la République", a déclaré jeudi 7 juin le ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social, Michel Sapin, appelant à doter la gauche d'une majorité aux législatives "pour pouvoir changer de politique".

Source : Reuters

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:40

Résumé analytique

Après s’être fortement assombries en 2011, les perspectives de l’économie mondiale s’améliorent de nouveau progressivement, mais les risques de dégradation restent élevés. La hausse de l’activité aux États-Unis au second semestre
de 2011 et l’amélioration des politiques économiques dans la zone euro face à une crise économique qui s’aggrave ont réduit la menace d’un ralentissement brutal de l’économie mondiale. En conséquence, une faible reprise est probable dans les principaux pays avancés, et l’activité devrait rester relativement vigoureuse dans la plupart des pays émergents et des pays en développement. Cependant, les progrès récents sont très fragiles. Les dirigeants doivent continuer d’opérer les changements fondamentaux qui sont nécessaires pour réaliser une croissance saine à moyen terme. Les écarts de production étant élevés dans les pays avancés, ils doivent aussi calibrer leur action en vue de soutenir à court terme une croissance qui reste faible.
Selon les projections, la croissance mondiale devrait tomber d’environ 4 % en 2011 à environ 3½ % en 2012 à cause de la faiblesse de l’activité au second semestre de 2011 et au premier semestre de 2012.
Dans la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2012, les projections des Perspectives de l’économie mondiale de septembre 2011 avaient déjà été révisées à la baisse, principalement à cause des répercussions des problèmes liés aux dettes souveraines et au secteur bancaire dans la zone euro. Pour la plupart des pays, y compris dans la zone euro, on table maintenant sur une croissance légèrement plus élevée que prévu dans la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2012. Comme noté au chapitre 1, le redémarrage de l’activité dans le courant de 2012 devrait ramener la croissance mondiale aux environs de 4 % en 2013. Il reste prévu que la zone euro connaîtra une légère récession en 2012 en raison de la crise de la dette souveraine et d’une perte de confiance générale, des effets du désendettement bancaire sur l’économie réelle et des répercussions du rééquilibrage budgétaire qui fait suite aux pressions du marché. En raison des problèmes en Europe, l’activité demeurera décevante pour l’ensemble des pays avancés, où la croissance n’avoisinera qu’environ 1½ % en 2012 et 2 % en 2013. La création d’emplois dans ces pays restera probablement anémique, et les chômeurs auront besoin d’un complément de revenu supplémentaire et d’aide en matière de formation professionnelle, de reconversion et de recherche d’emploi. Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance du PIB réel devrait tomber de 6¼ % en 2011 à 5¾ % en 2012, avant de remonter à 6 % en 2013, portée par l’assouplissement des politiques macroéconomiques et la hausse de la demande étrangère. Les répercussions de la crise dans la zone euro, qui sont examinées au chapitre 2, seront graves dans le reste de l’Europe; les autres pays seront probablement confrontés à un surcroît de volatilité financière, mais il n’y aura pas de retombées majeures sur l’activité à moins que la crise dans la zone euro ne s’intensifie de nouveau.
L’action des pouvoirs publics a largement contribué à réduire le risque systémique, mais elle doit se poursuivre. Les opérations de refinancement à long terme (3 ans) de la Banque centrale européenne, un renforcement du pare-feu européen, des programmes ambitieux d’ajustement budgétaire et l’exécution de réformes d’envergure sur les marchés des produits et du travail ont stabilisé la situation dans la zone euro, et ont atténué les pressions sur les banques et les pays, mais la situation reste préoccupante. Par ailleurs, la prolongation récente des allégements des impôts sur les salaires et des allocations de chômage aux États-Unis a évité un durcissement brutal de la politique budgétaire qui aurait nui à l’économie nationale. De manière plus générale, beaucoup de pays avancés ont bien progressé dans la conception et l’application de programmes vigoureux de rééquilibrage budgétaire à moyen terme. Par ailleurs, les pays émergents et les pays en développement continuent de profiter de l’amélioration de leurs politiques économiques. Cependant, si l’action n’est pas poursuivie, les problèmes pourraient facilement réapparaître dans la zone euro, et la politique budgétaire pourrait se durcir très brutalement aux États-Unis en 2013.

En conséquence, les risques de dégradation continuent de planer : c’est une caractéristique récurrente des récentes éditions des Perspectives de l’économie mondiale. Malheureusement, certains risques recensés précédemment se sont matérialisés, et les projections de la présente édition ne sont que légèrement plus favorables que celles d’un scénario défavorable antérieur1.
La préoccupation la plus immédiate reste la suivante : une nouvelle escalade de la crise dans la zone euro provoquera une fuite du risque bien plus généralisée.
Selon ce scénario, qui est analysé en détail dans la présente édition, la production mondiale et celle de la zone euro pourraient reculer, respectivement, de 2 % et de 3½ % sur deux ans par rapport aux projections des PEM. Selon une autre hypothèse, l’incertitude géopolitique pourrait entraîner une forte hausse des cours du pétrole : une augmentation des cours du pétrole d’environ 50 % réduirait la production mondiale de 1¼ %. Les effets sur la production pourraient être bien plus marqués si les tensions s’accompagnaient d’une forte volatilité sur les marchés financiers et d’une perte de confiance. Par ailleurs, des politiques macroéconomiques excessivement rigoureuses pourraient plonger un autre des grands pays dans une période de déflation soutenue ou une période prolongée d’activité très faible. En outre, parmi les risques latents figure une déstabilisation des marchés mondiaux d’obligations et de change, du fait du niveau élevé du déficit budgétaire et de la dette au Japon et aux États-Unis, ainsi que d’un net ralentissement de l’activité dans certains pays émergents. Cependant, la croissance pourrait aussi être plus élevée que prévu si les politiques économiques continuent de s’améliorer, si les conditions de financement s’assouplissent davantage et si les tensions géopolitiques s’atténuent.
Il convient de renforcer l’action des pouvoirs publics pour consolider la faible reprise et limiter les nombreux risques de dégradation. À court terme, il faudra redoubler d’efforts pour résoudre la crise dans la zone euro, adopter une approche modérée en matière de rigueur budgétaire face au fléchissement de l’activité, continuer d’appliquer des politiques monétaires très accommodantes et fournir des liquidités abondantes au secteur financier.
•• Dans la zone euro, la décision récente de combiner le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est opportune et, conjuguée aux autres mesures prises il y a peu, renforcera le mécanisme de crise européen et facilitera les efforts déployés par le FMI pour consolider le pare-feu mondial. Le rééquilibrage budgétaire en cours est suffisant, mais doit être structuré de manière à éviter une baisse excessive de la demande à court terme. Comme il est prévu que l’inflation intérieure sera très faible, il est possible d’assouplir davantage la politique monétaire; les mesures de soutien non conventionnelles (notamment les opérations de refinancement à long terme et les achats d’obligations publiques) doivent continuer d’assurer la stabilité des marchés du crédit et ainsi faciliter la répercussion de la politique monétaire sur l’économie réelle. En outre, il faut recapitaliser les banques, ce qui exigera peut-être une aide directe d’un FESF/MES plus souple.
•• Aux États-Unis et au Japon, un ajustement budgétaire suffisant est prévu à court terme, mais il reste urgent d’établir des programmes de rééquilibrage solides et durables à moyen terme. En outre, étant donné que les tensions inflationnistes intérieures sont très faibles, un nouvel assouplissement monétaire sera peut-être nécessaire au Japon pour que l’objectif d’inflation à moyen terme soit atteint. Un assouplissement supplémentaire serait nécessaire aussi aux États-Unis si l’activité menaçait d’être inférieure aux prévisions.
•• De manière plus générale, les perspectives de croissance étant médiocres dans les principaux pays, ceux qui disposent d’une marge de manoeuvre budgétaire, comme en témoignent la solidité de leurs comptes budgétaires et leur crédibilité sur les marchés, peuvent réexaminer le rythme de leur rééquilibrage. Les autres devraient laisser les stabilisateurs automatiques opérer librement aussi longtemps qu’ils peuvent facilement financer des déficits plus élevés.
À plus long terme, il faut améliorer les médiocres perspectives de croissance à moyen terme des principaux pays avancés. Les priorités les plus importantes demeurent une réforme fondamentale du secteur financier, la poursuite du rééquilibrage budgétaire, y compris une réforme ambitieuse des programmes de droits à prestation, ainsi que des réformes structurelles visant à accroître la production potentielle. En ce qui concerne la réforme du secteur financier, il faut, en plus de mettre en oeuvre au niveau national les réglementations qui ont fait l’objet d’un consensus (par exemple Bâle III), s’attaquer aux nombreuses déficiences qui ont été mises en évidence par la crise financière, notamment les problèmes liés aux établissements qui sont jugés trop grands ou trop complexes pour faire faillite, le système des banques parallèles et la collaboration internationale entre les autorités de contrôle bancaire. Il est crucial d’opérer des réformes dans les dépenses liées au vieillissement, car ces réformes peuvent fortement réduire les dépenses futures sans peser notablement sur la demande aujourd’hui.
Ces mesures peuvent démontrer la capacité des dirigeants d’agir de manière résolue et ainsi rétablir la confiance des marchés dans la viabilité des finances publiques. Cela peut accroître la marge de manoeuvre budgétaire et monétaire à l’appui de la demande et de la réparation du secteur financier sans agiter le spectre d’un financement inflationniste du déficit public.
Des réformes structurelles doivent être opérées sur de nombreux fronts, par exemple, dans la zone euro, pour améliorer la capacité d’ajustement aux chocs sur la compétitivité et, au Japon, pour accroître le taux d’activité.
Une action dans le secteur de l’immobilier peut accélérer l’amélioration des bilans des ménages et ainsi soutenir une consommation qui, sinon, serait anémique. Les pays qui ont adopté des mesures dans ce secteur, tels que l’Islande, en ont largement profité, comme noté au chapitre 3. Aux États-Unis, le gouvernement a mis en place divers programmes, mais, étant donné leur succès limité, il propose aujourd’hui une stratégie plus énergique. Ailleurs, les autorités ont laissé les banques et les ménages régler leurs problèmes. En général, les craintes de l’aléa moral — en exonérant de toute responsabilité les individus qui ont effectué des investissements immobiliers excessivement risqués ou spéculatifs –– ont entravé les progrès. Ces questions sont similaires à celles qui rendent si difficile de s’attaquer à la crise dans la zone euro, bien que, en Europe, l’argument de l’aléa moral s’applique à des pays plutôt qu’à des individus. Mais, dans les deux cas, l’utilisation de mesures ciblées pour soutenir la demande peut être plus efficace que des programmes macro-économiques bien plus coûteux. Quant à la question de l’aléa moral, une amélioration de la réglementation et du contrôle peut la résoudre en partie.
Les pays émergents et les pays en développement continuent de profiter de leurs solides politiques macro-économiques et structurelles, mais les facteurs de vulnérabilité internes augmentent progressivement.
Bon nombre de ces pays ont connu des résultats exceptionnels ces dix dernières années, grâce à une croissance rapide du crédit ou au niveau élevé des cours des produits de base. Dans la mesure où la croissance du crédit traduit une expansion des circuits financiers, cela est positif pour la croissance. Toutefois, dans la plupart des pays, le crédit ne peut continuer d’augmenter à son rythme actuel sans susciter de sérieuses craintes quant à la qualité des prêts bancaires. Par ailleurs, il est peu probable que les cours des produits de base continueront d’augmenter aussi vite que ces dix dernières années, en dépit de hausses à court terme liées à des tensions géopolitiques. Cela signifie que les politiques budgétaires et autres devront peut-être s’adapter à une croissance plus faible de la production potentielle, une question examinée au chapitre 4.
Le principal enjeu à court terme pour les pays émergents et les pays en développement est de bien calibrer leurs politiques macro-économiques pour faire face aux risques de dégradation considérables liés à la conjoncture dans les pays avancés tout en maîtrisant les risques de surchauffe liés à la vigueur de l’activité, à la croissance élevée du crédit, à la volatilité des flux de capitaux et à la persistance des cours élevés des produits de base, ainsi que les risques que représentent de nouveau les prix de l’énergie pour l’inflation et les positions budgétaires. La riposte optimale variera.
Pour les pays qui ont normalisé dans une large mesure leur politique macro-économique, la priorité à court terme devrait être de réagir au ralentissement de la demande extérieure des pays avancés. Par ailleurs,
ces pays doivent être prêts à faire face aux effets de contagion et à la volatilité des flux de capitaux. Les autres pays devraient continuer de se reconstituer une marge de manoeuvre macroéconomique et renforcer leurs politiques et dispositifs prudentiels. Les autorités monétaires doivent veiller à ce que les hausses des cours du pétrole ne se traduisent pas par des tensions inflationnistes plus générales, et la politique budgétaire doit limiter la détérioration des bilans publics en accordant des subventions uniquement aux ménages les plus vulnérables.
Les derniers événements donnent à penser que les déséquilibres des transactions courantes à l’échelle mondiale ne devraient plus se creuser, après leur nette réduction pendant la Grande Récession. Cela s’explique dans une large mesure par le fait que la croissance excessive de la consommation dans les pays qui ont dégagé des déficits extérieurs élevés avant la crise a pris fin et n’a pas été compensée par une hausse de la consommation dans les pays excédentaires. En conséquence, l’économie mondiale a enregistré une perte de demande et de croissance dans toutes les régions par rapport aux années d’expansion qui ont précédé la crise. Un rééquilibrage de l’activité dans les principaux pays excédentaires au profit d’une hausse de la consommation, favorisé par des taux de change qui seraient davantage déterminés par le marché, améliorerait leurs perspectives, ainsi que celles du reste du monde.
L’austérité à elle seule ne peut guérir le malaise économique dans les principaux pays avancés. Il faut aussi faciliter les ajustements et mieux cibler les problèmes fondamentaux — ménages en difficulté aux États-Unis et pays en difficulté dans la zone euro — en utilisant les ressources de ceux qui sont en meilleure santé. Les dirigeants doivent prendre garde à ne pas exagérer les risques liés aux mesures monétaires non conventionnelles et à ne pas ainsi limiter la marge de manoeuvre des banques centrales. Si ces mesures non conventionnelles ne peuvent remplacer une réforme fondamentale, elles peuvent limiter le risque qu’un autre grand pays tombe dans un piège dette–déflation, ce qui pourrait sérieusement compromettre les perspectives d’une amélioration des politiques économiques et d’une accélération de la croissance mondiale.

1Voir le scénario défavorable de la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale de janvier 2011.

Voir le rapport dans son intégralité : FMI-avril2012 FMI-avril2012

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 23:44

L’aide humanitaire va enfin parvenir à la population civile syrienne. Le régime de Bachar el-Assad autorise l’accès à certaines zones du pays à l’ONU et aux organisations non gouvernementales. L’annonce en a été faite lors d’une réunion convoquée à Genève par les Nations unies.

Après une réunion à Genève consacrée à l'intensification de l'aide humanitaire aux victimes de la violence, l’ONU a indiqué mardi 5 juin 2012 que les autorités syriennes ont accepté de donner accès à l'aide humanitaire sur quatre grands sites. Il s’agit de « Homs, Idleb, Deraa et Deir Ezzor, pour commencer », a déclaré John Ging, directeur de la coordination à l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires. Une fois installées sur place, les équipes de l'ONU sur ces sites vont travailler « en étroite collaboration » avec le Croissant-Rouge syrien afin d'évaluer les besoins en aide médicale.
 
Quatre régions - Homs, Idleb, Deraa et Deir Ezzor - sont concernées par ce feu vert. Déjà une mission de reconnaissance et d’évaluation a été dépêchée sur place. Les organisations internationales vont travailler avec le Croissant-Rouge syrien.
 
Soulagés, les responsables de l’ONU et de pays donateurs se gardent tout de même de tout optimisme exagéré. Ils attendent une concrétisation de l’accord passé par écrit pour crier victoire.
 
L’entente a été conclue sur un plan élaboré par le gouvernement syrien, qui a garanti l’octroi de visas au personnel international. Selon les derniers chiffres avancés par l’ONU, un million de civils, au bas mot, sont dans un besoin urgent d’entraide alimentaire et médicale.

Source : http://www.rfi.fr/moyen-orient/20120605-onu-syrie-autorise-aide-humanitaire-homs-idleb-deraa-deir-ezzor-bachar-el-assad

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 23:43

Former deputy prime minister and founder of Revolutionary Guards warns: military attack will only reinforce the Islamic regime.

Mohsen Sazegara, one of the founders of the Iranian Revolutionary Guards and a former Deputy Prime Minister of Iran, has called on U.S. Jews to help refocus U.S. Administration efforts away from Iran’s nuclear program and toward changing the regime.

In an unprecedented appearance before the Conference of Presidents of Major Jewish Organizations Sazegara – who was jailed four time in Tehran and went into exile in 2003 – said that Iran is “on the brink of implosion” because of a combination of the international sanctions and internal mismanagement by the government.

Sazegara chastised the Obama Administration’s decision not to intervene in the 2009 Green Revolution, describing it as “a great disappointment”. But he said that “beneath the surface there is a great anger burning across the land” and that the time has come to “reignite the revolution.”

Sazegara said that the U.S. was “focused on the wrong course” in its dealings with Tehran, because the regime “will never give up its nuclear program.” The only recourse, he said, was to “reach over their heads” to the Iranian people and to encourage a change in the regime.

Sazegara issued a stern warning against any military attack against Iran’s nuclear installations, saying that these would only “prolong the life of the regime, allow it to whip up nationalistic sentiments and to gain time to complete their nuclear program.” He added that Iran was “relying on Hezbollah to rain down thousands of missiles on Israel” within hours of an Israeli military attack against Iran’s nuclear facilities.

Earlier, Deputy Prime Minister Sylvan Shalom said that “unlike many in the Israeli leadership” he continues to support international sanctions against Iran. He said that Israel is of the same mind with both the U.S. and the international community concerning Iranian intentions – though “we may have some misunderstandings about the timing.”

Shalom said that part of the problem facing tougher international sanctions is the refusal of both China and Russia to comply. He said that China was worried that the U.S. “would take over the entire Middle East” if Iran, Syria and Lebanon were to fall, and that it might “choke China off” oil supplies in a time of crisis.

On a separate issue, Shalom said that Palestinian Prime Minister Salaam Fayad sees himself as the proper successor to President Mahmoud Abbas, and that this is the reason that he has adopted increasingly hostile positions towards Israel lately.

Source : http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/senior-iranian-exile-to-u-s-jews-target-regime-change-rather-than-nuclear-program-1.435073

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 19:06

Qui parle pour l'euro ? Qui incarne l'union monétaire européenne ? Quelle personnalité de stature internationale court d'un média à l'autre pour rassurer investisseurs et épargnants ? Personne.
 
On n'en veut ici ni à Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, ni à Jean-Claude Juncker, le patron de l'Eurogroupe, gens sérieux. Mais, en tant que porte-parole potentiels de la monnaie unique, ils sont inaudibles.
 
Dans les turbulences bancaires espagnoles et dans les remous de l'interminable tragédie grecque, la zone euro paraît sans direction. Elle tangue d'une crise à l'autre, tenue à Londres, à Washington et ailleurs pour responsable d'un climat de défiance générale qui pèse sur la croissance mondiale.
 
Le placide Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne (BCE), l'a dit le 31 mai à Bruxelles : les gouvernements des dix-sept pays membres de l'euro donnent l'impression de ne pas savoir où ils vont. Voilà deux ans qu'ils colmatent les brèches dans le mur d'une monnaie unique s'effritant au fil des maux qui l'assaillent. Ils vont de sommet en sommet - le dernier toujours présenté comme le "der des ders", fournissant enfin à l'union monétaire les instruments nécessaires non pas au fonctionnement optimal d'une zone monétaire, ce serait trop demander, mais à sa survie.
 
Ce jeudi-là, donc, Mario Draghi se fâche - moderato, à la façon qui convient à un banquier central. Il interroge les dirigeants européens : "A quoi ressemblera l'euro dans quelques années ? Quelle est votre vision de l'Union dans dix ans ?" "Plus tôt cela sera précisé, mieux cela vaudra", s'énerve-t-il, car, en attendant, les opinions et les acteurs économiques doutent de l'euro.
 
De plus en plus. Et si le doute est une attitude positive dans bien des domaines, c'est une catastrophe en matière monétaire. Les investisseurs fuient l'euro. Ils se réfugient dans le dollar, la grande monnaie de réserve ; ils achètent des livres sterling ou les obligations en euros émises par l'Allemagne.
 
La zone ne parvient pas à maîtriser la tempête soulevée par son endettement. La crise prend des formes différentes - faillite d'un Etat à Athènes, menaces sur les banques à Madrid. A chaque fois, les remèdes apportés semblent insuffisants, trop compliqués, mal adaptés, trop lents à produire leurs effets. Pacte de stabilité et de croissance, "six-pack" destiné à renforcer ce dernier, "semestre européen", traité budgétaire, etc., rien, aucune de ces solutions aux appellations barbares n'a semblé mettre en place à temps, de façon convaincante, une "structure de gouvernance" sérieuse de l'union monétaire européenne.
 
Celle-ci fédéralise la monnaie : la BCE est l'équivalent de la Réserve fédérale américaine ou de la Banque d'Angleterre - l'entité chargée de la création monétaire. Ce qui manque depuis le lancement de l'euro, en 1999, c'est la deuxième jambe sans laquelle aucune monnaie n'a jamais fonctionné dans l'histoire : une union budgétaire.
 
Pas de monnaie unique sans au minimum une coordination budgétaire entre les pays qui la partagent. Pas de monnaie unique non plus sans un minimum de supervision bancaire commune. Bref, pas de monnaie unique sans intégration politique.
 
On a "intégré" la monnaie, on pensait que le reste suivrait. On avait imaginé, de façon irénique, que l'euro allait mécaniquement conduire ses membres à unifier leurs politiques économiques. Il n'en a rien été. Ils se sont affranchis de toute discipline commune. L'Allemagne et la France, les premières, ont coulé la seule institution communautaire chargée d'imposer un minimum de coordination des finances publiques des membres de la zone : le pacte de stabilité et de croissance.
 
Pour son malheur, l'euro a été lancé à un moment où les Etats membres de l'Union se refusaient à confier une once de pouvoir supplémentaire aux institutions de Bruxelles. L'idée même que des gouvernements démocratiquement élus puissent décider de déléguer un peu de leur souveraineté budgétaire à une institution communautaire, comme la Commission de Bruxelles, passait pour une abomination à Paris.
 
Tout ne devait plus se faire que selon la méthode dite intergouvernementale : chaque pas décidé en Conseil européen, puis soumis à l'approbation des Parlements nationaux, voire à référendum.
 
On voit le résultat. Depuis deux ans, la méthode intergouvernementale - lente, lourde, désincarnée - s'avère incapable de régler l'affaire grecque, la dette d'un pays qui représente moins de 2 % de la richesse de la zone.
 
Si ces dernières années ont prouvé quelque chose, c'est bien l'échec de la méthode intergouvernementale à sortir l'euro de la crise. Sous le choc des situations asymétriques qu'elle a laissé se développer en son sein, l'eurozone flanche.
 
Comme toute autre union monétaire, elle a besoin de plus de solidarité entre ses membres, même si ses textes fondateurs ne le prévoient pas expressément. Mais pour que son flanc nord consente à aider son flanc sud - recapitalisation bancaire avec des fonds européens et, à titre provisoire, mutualisation d'une partie de la dette publique -, il faut un saut fédéral.
 
Pas d'aide européenne aux banques sans délégation de pouvoir au profit de l'Autorité bancaire de l'Union ; pas d'euro-obligations temporaires sans délégation de souveraineté budgétaire à Bruxelles. On peut appeler cela comme on veut : fédéralisme, intégration politique, harmonisation financière.
 
Il faut dessaisir, un peu, le Conseil (les gouvernements) pour investir, un peu, les institutions communautaires (la Commission, par exemple). Cela suppose de renforcer leur légitimité - très faible, selon toutes les études d'opinion - en les démocratisant davantage : il ne manque pas d'idée dans les cartons des juristes.
 
Cette transformation ne peut s'accomplir que par étapes. Mais sauf perspective ambitieuse, la zone euro continuera à aller comme un unijambiste clopinant d'un obstacle à l'autre. Et ses membres continueront à se demander s'ils ne sont pas dans la position d'un passager du Titanic prenant un dernier dry martini au bar avant l'iceberg.
 
frachon@lemonde.fr

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 18:23

L'institution fédérale déplore que gouvernement tarde à tenir les engagements pris en 2010 pour rééquilibrer les comptes publics à moyen et long terme.
La nouvelle risque de surprendre certains homologues d'Angela Merkel, qui ne cessent de l'entendre parler de discipline budgétaire. Mais celle qui est perçu comme une fervente avocate de l'austérité a été trop laxiste en matière de réduction des déficits dans son propre pays.
En Allemagne, la Cour fédérale des comptes ('Bundesrechnungshof') a évalué le budget rectificatif proposé par le gouvernement d'Angela Merkel pour 2012. Même si le gouvernement prévoit de respecter la limite maximale des emprunts nets fixée à 55,6 milliards d'euros, la Cour appelle le gouvernement à faire davantage d'efforts.
Selon eux, l'Etat fédéral bénéficie d'une hausse des recettes fiscales et d'une baisse des dépenses sociales due à la conjoncture économique en Allemagne, plus favorable que dans la plupart des autres pays européens.
Gouvernement en retard
Mais la Cour déplore que gouvernement tarde à tenir les engagements pris en 2010 pour rééquilibrer les comptes publics à moyen et long terme. L'équipe d'Angela Merkel avait, entre autres, prévu de baisser les dépenses militaires et d'introduire une taxe sur les transactions financières.
La Cour conseille au gouvernement de se servir de la situation favorable actuelle pour réduire durablement le déficit structurel du pays.
"La Cour des comptes fédérale conseille de profiter des conditions macro-économiques encore favorables pour faire davantage d'efforts visant à accélérer la réduction du déficit", écrivent les experts dans leur rapport produit pour la commission du budget du parlement allemand.
Cela devra permettre au gouvernement de disposer d'une plus grande marge de manœuvre en cas d'une détérioration des perspectives économiques. 
 
L'Allemagne a inscrit une règle d'or budgétaire dans sa loi fondamentale en 2009. A partir de 2015, le déficit structurel ne devra plus dépasser 0,35% du PIB.

Source : http://www.euractiv.fr/merkel-reduire-deficits-cour-comptes-allemande-article

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 18:05

Barack Obama, Christine Lagarde, Mario Draghi, David Cameron et tous nos grands partenaires mondiaux, demandent à l'Europe une vision claire de son avenir pour surmonter la défiance dont elle fait l'objet.
Angela Merkel, Mariano Rajoy, Mario Monti et nombre de dirigeants européens ont indiqué ce qu'elle devait contenir: la réaffirmation de l'engagement commun autour de notre monnaie, l'Euro, assorti de mesures immédiates d'ajustement pour éviter la désespérance de ceux qui font le plus d'efforts. Fermeté et solidarité.
Mais tous réclament aussi de savoir jusqu'où veulent aller les Etats membres de l'Union et de l'Euro, quelle gouvernance économique et quels mécanismes sont-ils prêts à accepter. Disciplines, Eurobonds et contrôle démocratique?
Au sortir d'une trop longue séquence électorale, qui a, hélas, privilégié les débats internes, la France ne peut plus se taire, sous peine de paralyser l'Union.
Car, tant au Conseil européen des 28 et 29 juin que pour le moyen terme, les décisions importantes qui s'annoncent touchent à l'exercice traditionnel de la souveraineté.
Les divisions françaises à ce sujet vont-elles réapparaître? Chaque parti politique va-t-il encore éclater à l'idée de confier à une instance commune une part de notre capacité à décider du budget national, des impôts comme des dépenses? Et la France va-t-elle, une fois encore, hésiter à tirer les conséquences d'un engagement européen qu'aucun Président et aucune majorité n'ont jamais remis en cause depuis 62 ans?
Les campagnes électorales ont soigneusement évité la question, alors que c'était le moment idéal d'un vrai débat démocratique et la montée des populismes de droite comme de gauche ont dissuadé les candidats de la poser.

Pourtant, la France peut être au rendez-vous si deux conditions sont remplies:
  - Qu'elle se concentre exclusivement, comme l'ont fait Schuman et Monnet en leur temps, sur le seul objectif de retrouver la confiance, la stabilité et la croissance. Sont donc seulement en cause les mesures indispensables à cette fin et il n'est nul besoin de débats idéologiques ou de querelles de mots qui enflamment si vite les esprits gaulois!
  - Qu'une union nationale provisoire soit proposée autour d'une vision acceptable, c'est-à-dire réaliste mais ambitieuse, d'une Union économique européenne vraiment intégrée.

Les nouveaux dirigeants français ont donc une responsabilité historique. S'ils acceptent de tourner au plus vite la page électorale, ils se hisseront à la hauteur des enjeux et la France peut débloquer une réaction européenne décisive, qui se fait attendre.
Ils décideront alors de ratifier le pacte budgétaire, assorti de mesures de croissance, avec le soutien de l'opposition qui l'a signé. Ils peuvent dégager une majorité européenne, qui se mettra d'accord sur une vision partagée des évolutions de l'Union, qui votera les réformes constitutionnelles nécessaires et permettra au pays qui est à l'origine de l'unification européenne de dire clairement ce qu'il veut.
Il est temps. La France doit parler.

Retrouver toutes mes publications sur: www.jd-giuliani.eu

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Published by Jean-Dominique Giuliani - dans Réfléchir à l'Europe que nous voulons
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