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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:44

Pour la première partie de cet article, voir Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1)

.../...

A la priorité d'une relation transatlantique omniprésente s'est peu à peu substituée la nécessité d'une stratégie à la mesure de la mondialisation.

Pourquoi l'Union laisserait-elle insatisfait - en partie (car elle agit déjà sur plusieurs registres de risques globaux comme le montre la série d'articles qui débute par Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -)  -  le besoin aussi pressant qu'irréductible de réponses européennes cohérentes, articulées, efficaces et efficientes aux défis globaux qui doivent pourtant être pris en compte à la fois :
 - dans la définition du contenu stratégique des politiques de souveraineté que les Etats membres ont souhaité confier à l'Union, ou tout au moins partager avec elle pour construire les biens publics européens qui leur sont indispensables dans les champs sécuritaire et stratégique, d'une part,
 - et, d'autre part, dans le contenu des autres politiques de l'Union qui concourent à renforcer l'offre européenne dans les processus et enceintes multilatérales et/ou internationales qui ont vocation à construire les garanties et les régulations collectives ou coopératives requises à l'échelle internationale ?
Un besoin qui a un contenu multidimensionnel : à la fois géostratégique, géopolitique, économique, écologique, technologique, sociétal et humain, ne l'oublions pas (cf. les grandes familles de risques globaux identifiées par le Global Risk Network évoqué plus haut) !

Plus que jamais depuis qu'elle a été portée sur les fonds baptismaux, l'Union européenne doit se constituer non seulement en puissance normative au service de la Paix, de l'environnement et du développement durable, cette "puissance modèle" que David Miliband a appelé de ses voeux alors qu'eil était en charge des affaires étrangères dans le gouvernement de Gordon Brown (cf. Le Monde en date du 9 décembre 2007) , mais également en puissance stratégique autonome !
Le chemin qui reste à parcourir est gigantesque !
Et ce ne sera ni sur le système des Nations Unies, ni sur le G8 et autre G20, ni sur l'Alliance atlantique, sur le nouveau concept stratégique de l'OTAN et, plus globalement, sur le partenariat stratégique transatlantique en cours d'approfondissement qu'il faudra compter pour garantir aux Européens la protection qu'ils attendent contre la trentaine de risques globaux qui les menacent aussi au-delà de ceux identifiés par la stratégie européenne de sécurité et vis-à-vis desquels les stratèges européens - et nationaux  - restent (étrangement) silencieux ... sauf quand le feu est déjà dans la maison !
Alors que l'anticipation, la connaissance, l'alerte précoce, la prévention sont dévenus des leitmotiv, dans les faits et actes, nous en sommes encore très loin en Europe (cf. ce qui s'est passé s'agissant du risque systémique financier ou des attaques contre l'euro) !
Les Européens ont le droit d'exiger de l'Union qu'elle se mette en capacité d'anticiper et de connaître, de prévenir, de protéger, de dissuader, et d'intervenir de manière cohérente et au niveau d'efficacité attendu ! 
Comme ils ont le droit d'exiger le retrait des forces nucléaires américaines de leur territoire, alors que le partenaire américain s'aventure à faire peser sur eux une menace inacceptable, en entreprenant des opérations militaires hasardeuses sur le territoire d'une puissance nucléaire dont l'évolution interne laisse craindre le pire : le Pakistan ! En matière nucléaire comme dans d'autres domaines tout aussi stratégique, il n'y a aucune place aux improvisations et aux calculs erronés !

Notons au passage qu'un tel retrait vient d'être officiellement demandé au secrétaire général de l'Otan par la voie des ministres des affaires étrangères de la Belgique, de l'Allemagne, des Pays-Bas, du Luxembourg et de la Norvège ! 
Sur ce sujet là comme pour tant d'autres, le silence de la stratégie européenne de sécurité est non seulement étrange, il est suspect ! Il est urgent d'y mettre un terme ! Tout simplement parce que si rien ne se passe très vite pour y remédier, cette situation impactera indubitablement la crédibilité et l'efficacité de l'Union politique dans un monde sans complaisance qui s'accommodera très vite d'une Union affaiblie à force de ne pas vouloir être forte (cf. à cet égard L'Union européenne est-elle encore une puissance normative crédible ? ) ! Pour le meilleur et pour le pire !
L'Union européenne a besoin de disposer d'une vision à la fois prospective, politique et stratégique de ce que doit être la politique étrangère de l'Union, d'une part, et la politique de sécurité de l'Union, d'autre part.
Nous avons bien compris que la stratégie européenne de sécurité n'aura pas avant longtemps un contenu stratégique et militaire à la hauteur des ambitions légitimes de ceux qui appellent à une Union stratégique (cf. par exemple Les militaires européens souhaitent-ils vraiment une politique de sécurité et de défense commune européenne qui ne se limiterait pas à un 'simple' pilier européen de l'OTAN ? ; Les 7 péchés capitaux de la PESC ! ; European Foreign Policy Scorecard 2012 (European Council on Foreign Relations) ou encore La dimension stratégique de l'Union politique exige des ruptures profondes ! ).
Mais pourquoi attendre plus longtemps pour progresser sur ces registres.

Redonnons force et espoir aux Européens en construisant une Europe qui les protège ! - sixième partie -

Notamment au moyen d'un " Livre blanc permettant de générer un débat public de nature à renforcer la visibilité de la PSDC et la coopération en matière de sécurité et de défense par une meilleure définition des intérêts de sécurité et de défense de l'Union, et en conséquence à rendre plus efficace et plus concrète la mise en oeuvre de la SES ainsi que la planification et la conduite des opérations de gestion de crise de l'Union. " (cf. Arnaud Danjean, président de la sous-commission " Défense et Sécurité " du Parlement européen, rapporteur du projet de rapport de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen sur la " mise en oeuvre de la stratégie européenne de sécurité et la politique de sécurité et de défense commune " en date du 8 décembre 2009 - 2009/2198(INI)).
Simultanément, rien n'interdit de clarifier les buts, voies et moyens par lesquels l'Union entend agir sur l'ensemble des autres registres stratégiques au contenu politico-militaire beaucoup moins marqué ! Au contraire !
Un processus de révision doit être engagé, dans les formes appropriées pour que les nations puissent s'approprier les éléments du débat, décider en responsabilité et en conscience des voies que l'Union doit emprunter sur les registres stratégique et de la sécurité, et souscrire aux grandes orientations stratégiques décidées collectivement.
Mais ce ne sera possible qu'en changeant de processus pour l'établissement des termes de cette stratégie revisitée.

Des signaux encourageants apparaissent !

A commencer par celui que vient d'adresser devant la commission 'Développement' du Parlement européen, Catherine Ashton lorsqu'elle affirme : " si l'on se place dans la perspective de la stratégie commune cohérente de l'après-Lisbonne, les choses sont très claires: il faut associer de manière harmonieuse le développement, la sécurité et la politique étrangère, car la sécurité des personnes ne dépend pas uniquement de considérations politiques et ne consiste pas simplement à garantir qu'il n'y ait plus de conflit; elle nécessite aussi de faire en sorte que la population connaisse la sécurité alimentaire, soit à l'abri des effets du changement climatique et puisse vivre dans une société offrant des systèmes de protection, et elle dépend également de la capacité des gouvernements à aider leurs citoyens.
C'est dans cette optique que, lors de la définition de nos stratégies, en ce qui concerne le Sahel par exemple, nous avons essayé de tenir compte de tous ces aspects, en discutant avec les ministres des affaires étrangères de tous les pays concernés. En parlant avec différents groupes de ces sociétés pour construire une stratégie globale en vue de garantir la sécurité. Et la sécurité signifie être à l'abri de la famine, être protégés de ceux qui cherchent à enlever de jeunes hommes pour en faire des terroristes, soutenir les villages, les petites communautés, qui doivent avoir le sentiment que leur gouvernement fait un effort pour leur montrer qu'il se soucie d'elles. Les actions envisageables pourraient consister, par exemple, à créer des dispensaires mobiles, auxquels de nombreux pays du Sahel aimeraient apporter leur soutien, permettre aux forces de police de mener des opérations pour assurer la sécurité des citoyens, faire en sorte que l'aide alimentaire parvienne à la population, concevoir des programmes pour l'emploi, soutenir la croissance économique et le développement et aider la société civile à se développer afin de venir en aide à toutes ces communautés dans le domaine des droits de l'homme et de leur donner les moyens de réfléchir au type de gouvernement et de gouvernance auxquels elles aspirent. "

 

A suivre !

 

 

 

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Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:41

 L'Union européenne, qui ne dispose pas de l'ensemble des attributs de sa souveraineté ni même d'une puissance publique européenne en mesure d'en faire une Union politique pleine et entière, semble impuissante face aux atteintes qui sont portées régulièrement à sa sécurité, à sa stabilité et à sa prospérité, parfois même de façon délibérément vélléitaire.
Malgré les effets douloureux - et parfois persistants - que ces atteintes ont ou peuvent avoir non seulement sur sa prospérité, sur son commerce, sur son autonomie stratégique, mais également sur les amortisseurs sociaux et sur les stabilisateurs automatiques de ses Etats membres, ainsi que sur l'emploi, sur le développement humain, sur la santé autant que sur le moral de ses citoyens, elle  semble n'avoir pas encore entrepris la réflexion stratégique que lui imposent les menaces et les risques qui pèsent notamment sur sa monnaie, sur la dette souveraine de ses Etats membres, sur son modèle d'économie sociale de marché, sur son modèle de démocratie, sur son industrie - notamment, à son industrie stratégique - , sur son patrimoine technologique, sur son patrimoine naturel, sur la sécurité humaine de ses citoyens, etc..

La récente évolution du contexte mondial et les engagements européens forts pour une mondialisation maîtrisée plaident en faveur d’une analyse prospective des tendances qui structurent l’environnement international, des tensions qui vont le structurer dans les prochaines décennies et des transitions que l’Europe pourrait contribuer à impulser.

Quel décideur politique en responsabilité en Europe peut prétendre ignorer les effets sur la situation actuelle de l'Union européenne de la crise financière systémique, des risques de défaillance de plusieurs Etats européens vis-à-vis de leur dette souveraine, des agressions à visées spéculatives autant que stratégiques qui affectent l'euro ? Et pourtant, l'Union s'est-elle équipée pour y faire face ave l'efficacité attendue ? (cf. notamment à cet égard l'article en deux parties relatif à la spéculation contre les Etats : Que peuvent les Etats contre la spéculation ? Adrien de Tricornot - 1- (Dossier - Le Monde Economie) et Que peuvent les Etats contre la spéculation ? par Adrien de Tricornot - 2- (Dossier - Le Monde Economie) ainsi que les articles intitulés A quel moment va-t-on renforcer la sécurité monétaire de l'euro et la sécurité économique et financière de la zone euro ? ; UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - première partie -  ainsi que  UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - seconde partie - et bien d'autres encore ).

Dans cette optique, l'Institut d'études de sécurité de l'Union européenne a entrepris dès 2007 sous la direction de Nicole Gnesotto et de Giovanni Grévi un remarquable exercice de prospective qui pointait clairement les défis auxquels les Européens devaient se préparer à faire face (cf. le-monde-en-2025-report fr le-monde-en-2025-report fr )

Dès 2005 et 2006, dans le cadre d'un mandat officiel, j'avais déjà entrepris une analyse collective associant nombre d'experts européens pour analyser ce que pourraient/devraient être les nouveaux fondements de la sécurité européenne dans la perspective d'un changement de paradigme en Europe dans le sens d'une véritable transformation de l'Union européenne en Union politique pleine et entière.

Et pourtant ... En 2011, si l'on ne se base que sur sa seule stratégie de sécurité, l'Union européenne persiste à n'envisager comme défis et menaces majeurs auxquels elle s'emploiera à apporter des réponses que les seuls 7 éléments suivants :
 - la prolifération d'armes de destruction massive,
 - le terrorisme et la criminalité organisée,
 - la cybersécurité,
 - la sécurité énergétique,
 - les conséquences du changement climatique,
 - les conflits régionaux,
 - les Etats en déliquescence
(cf. le rapport du Conseil sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité intitulé « Assurer la sécurité dans un monde en mutation »
SES 104632 SES 104632).
Ces mêmes éléments constituent également les " mobiles " - affichés - des stratégies de sécurité nationale d'Etats membres occupant une place centrale dans la Politique de Sécurité de l'Union, le Royaume-Uni et la France ! Ainsi que le noyau dur des menaces auxquelles l'OTAN s'emploie désormais aussi à apporter des réponses collectives ...
Est-il encore nécessaire de reservir les mêmes analyses pour souligner la nécessité de ne pas focaliser une stratégie comme la stratégie européenne de sécurité qui vise à établir un système européen global de sécurité sur des priorités pour une bonne part marginales en regard des véritables défis pour la sécurité de l'Europe ?
Les très modestes aménagements apportés à la stratégie européenne de sécurité à l'occasion de la présidence française du Conseil de l'Union européenne au cours du second semestre 2008 ne changent rien à la donne.
Si la politique de sécurité de l'Union européenne n'a pas - et ne doit pas avoir - pour vocation d'embrasser l'ensemble des défis pour la sécurité, il n'en est évidemment pas de même de sa stratégie de sécurité ! Laquelle doit se décliner ensuite dans des politiques et instruments appropriés.
Pour autant, ces choix sont-ils réellement pertinents dès lors que sa stratégie de sécurité est censée embrasser l'ensemble des défis stratégiques et de sécurité qui mettent en péril les grands équilibres de l'Europe et du monde ?
Comment peut-on en juger ?
En premier lieu, on se doit de reconnaître que ne plus envisager la sécurité de manière parcellaire et éclatée constitue indubitablement une innovation stratégique considérable dont seule une organisation " régionale " comme l'Union européenne semble capable.
Son souci de prendre pleinement en compte à la fois la globalité et l'indivisibilité de la sécurité doit être inscrit à son actif !
Pour autant, la sécurité ne peut être limitée aux seuls registres qui nécessitent l'intervention, même combinée, du diplomate, du militaire, du juge, du policier de l'humanitaire et du pompier !
De même, elle ne peut se limiter à des actions de gestion  in situ et a posteriori de crises ! En tout cas pas lorsqu'on l'aborde au travers d'une analyse stratégique !
Un joueur d'échec ou un joueur de go pense ses coups avec anticipation ! Le meilleur étant celui qui anticipe le mieux, c'est à dire avec le plus grand nombre de coups d'avance non seulement pour son propre jeu mais également pour le jeu de son partenaire et/ou adversaire !
Si l'on aborde ce sujet sous un angle économique, qu'observe-t-on ?

Partie prenante du système de gouvernance multilatérale en cours de mutation, l'Union européenne souscrit pleinement aux grands orientations économiques et commerciales actées au niveau mondial et confirmées à Toronto, en juin 2010, par le G20 (cf. à cet égard Retour sur le G20 de Toronto : réaffirmant leur engagement en faveur du libre-échange, les économies du G20 estiment " avoir fait le bon choix " ). Mieux encore, elle en développe les ressorts avec un zèle qui parfois inquiète, surtout les plus vulnérables des européens.
L'économie qui s'est développée autour de la sécurité semble s'être davantage centrée sur les objectifs et les investissements attachés à la couverture des risques par la garantie financière (cf. à cet égard De l'économie de l'insécurité ! ), à "l'intervention", à la "réparation" et/ou à la "reconstruction" plutôt qu'à ceux, nettement plus efficients et efficaces, qui devraient être attachés à "l'anticipation / connaissance", à la "prévention", à la "dissuasion" ou à la "protection" !
En dehors d'un système des Nations Unies dont l'inefficacité se montre de plus en plus redoutable ..., qui a vraiment le souci des économies, y compris en termes de souffrances, en termes moraux et éthiques, ou de ressources financières ?
On dénombre, pleure et déplore chaque année des victimes de phénomènes violents par centaines de milliers, des destructions qui ruinent les économies, des interventions internationales humanitaires qui râclent les fonds de tiroirs  de pays et d'organisations à court de trésorerie .... Mais qui oserait prétendre que ces catastrophes n'étaient pas prévisibles ?
A quoi servent les études d'experts si ce n'est que de prévenir pour que ceux qui ont mandat d'anticiper anticipent, pour que ceux qui ont mandat de prévenir préviennent, pour que ceux qui ont mandat de dissuader dissuadent, pour que ceux qui ont mandat de protéger protègent !

Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique ( Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique ) !
La gesticulation stratégique l'emporte trop souvent dans le monde sur l'anticipation stratégique autant que la communication politique l'emporte sur l'action politique ! En Europe peut-être un peu moins qu'ailleurs .... mais j'aimerais en être réellement convaincu !
Et pourtant ...
Le Global Risk Report 2009 réalisé pour le compte du Global Risks Network dans la perspective de l’édition 2009 du Forum économique mondial de Davos (cf. http://www.weforum.org/pdf/globalrisk/globalrisks09/) identifie 36 risques globaux répartis entre en 5 catégories (risques économiques, géopolitiques, technologiques, sociétaux, environnementaux) qui font l’objet d’une évaluation qualitative dynamique détaillée

(cf. http://www.weforum.org/pdf/globalrisk/globalrisks09/the_risk.htm).
Il insiste sur le fait que ces risques ne se manifestent pas isolément : les facteurs qui concourent à leur développement, leurs facteurs déclencheurs et leurs conséquences sont interconnectés.
Pour mettre en évidence ces interconnexions, ce rapport établit une matrice de corrélations entre les risques

(cf Figure 2 : http://www.weforum.org/pdf/globalrisk/globalrisks09/the_global.htm)
Il propose également une cartographie des risques globaux qui croise les facteurs ‘vraisemblance’ et ‘sévérité’ (ce qui fait sens en regard de l’équation classique définissant le risque : le risque est égal au produit du danger potentiel par une probabilité d’occurrence d’un événement donné et par l’intensité des conséquences) ainsi que des études centrées sur des questions plus spécifiques (cf. Figure 3 http://www.weforum.org/pdf/globalrisk/globalrisks09/the_global.htm).
Enfin, s’appuyant sur des travaux réalisés par les services financiers de Zurich, il présente une évaluation de l’exposition de 160 pays à 24 risques globaux identifiés dans leur rapport.
Les Global Risk Report 2010, Global Risk Report 2011 et Global Risk 2012 confirment, complètent et renforcent ces analyses ( cf. globalrisks2010 globalrisks2010  ; global-risks-2011 global-risks-2011 ; WEF GlobalRisks Report 2012 WEF GlobalRisks Report 2012 ).

Outre les considérations déjà évoquées dans un article publié dans la revue Défense en juillet 2008 (Du réexamen de la stratégie européenne de sécurité-jui Du réexamen de la stratégie européenne de sécurité-jui) et un autre publié sur ce blog le 14 février 2009 (cf. De l'impuissance !) qui gardent toute leur pertinence et leur actualité - et qui demandent que leur soient apportées des réponses appropriées le moment venu -, la mise entre parenthèses de la plus grande part de ces risques globaux par ceux qui ont pris le parti de limiter les ambitions qui ont présidé à l'établissement de la stratégie européenne de sécurité  - comme celles qui ont présidé à l'établissement des stratégies de sécurité nationale - à des menaces qui font certes consensus avec le grand partenaire américain mais sont loin de recouvrir la totalité du spectre des menaces et risques pour l'ensemble des défis de la sécurité nationale, de la sécurité européenne autant que de la sécurité internationale, a un coût politique, stratégique, économique, écologique, social et humain considérable.

Sur un tout autre registre, mais tout aussi essentiel, celui de la protection des intérêts publics, là encore, l'alerte est donnée pour des registres aussi importants que peuvent l'être les sept domaines critiques suivants de la politique publique mondiale : droits fondamentaux et libertés, gouvernance de l'Internet, accès aux médicaments, portée et nature des droits de propriété intelelctuelle, commerce international, législation internationale et institutions, processus démocratique.(cf. notamment à cet égard Soutenu par une douzaine de députés européens, un panel d'experts internationaux juge que l'ACTA menace les intérêts publics ).

Les Européens ont le droit de savoir comment l'Union européenne entend agir à l'égard de tels risques dont les effets dévastateurs n'épargneront ni leur territoire ni leurs intérêts ! Or, la stratégie européenne de sécurité reste totalement muette à leur égard !
Depuis l'échec du processus d'adoption du Traité instituant une Constitution pour l'Europe, les Citoyens européens n'ont cessé d'entendre dans la bouche de leurs dirigeants, nationaux et européens, que l'Europe était là pour les protéger ! 
L'actualité quotidienne de ces mêmes citoyens ne les poussent pas à en être absolument convaincus comme ils ne sont pas pleinement convaincus non plus de la sincérité des buts publiquement affichés pour l'intervention en AFPAK (Afghanistan - Pakistan) et, partant, de l'intérêt stratégique d'être impliqués dans un conflit armé aux finalités et à l'issue des plus incertaines.
Primo, non seulement cette situation ne permet pas à l'Union de faire de sa stratégie de sécurité un instrument stratégique susceptible d'apporter à la fois une cohérence doctrinale et une efficience accrue aux politiques de souveraineté de ses Etats membres, mais elle lui interdit également de se donner la capacité d'agir en acteur global véritablement maître du destin d'un pole stratégique européen en interrelation, et en compétition, avec d'autres poles stratégiques dans un monde qui se réorganise inexorablement, et très rapidement, en un " système multipolaire aux ressorts interpolaires ", en même temps qu'elle lui interdit de se doter des politiques et des instruments qu'elle a l'obligation politique, juridique, démocratique et morale de mettre, en responsabilité et sans faille, au service de l'assurance sécurité de ses propres citoyens !
Secundo, combinée aux réserves que manifesteront indubitablement les Etats membres à l'égard de toute tentative de communaliser/mutualiser au niveau européen les réponses à ces différentes natures de risques et menaces en regard des exigences d'autonomie de leurs propres politiques de souveraineté, cette situation aura pour effet d'interdire les bénéfices attendus en termes d'intégration politique, d'efficacité opérationnelle et de rationalisation (masses critiques, économies d'échelle, etc.), condamnant l'Union à n'être soit qu'un simple " acteur de niche ", soit qu'un " acteur de second échelon " à la remorque d'autres acteurs globaux souverains sur le double registre stratégique et de la sécurité (cf. à cet égard Jusqu'à quel niveau d'intégration l'agenda transatlantique nous entraînera-t-il, sans aucun débat démocratique ? ; L'Union européenne cède à toutes les exigences des Etats-Unis, même à celles qui sont contraires à ses principes les plus fondamentaux ainsi que Bâtir une défense commune pour assurer l’autonomie politique et stratégique de l’Union européenne ! Du constat d’absence d’un tel projet politique dans l’agenda européen ! ).
.../...

La suite de cet article : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2)



 

 

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Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 13:20

Selon le traité de Lisbonne (article 212 du traité sur le fonctionnement de l'UE - TFUE)

" Sans préjudice des autres dispositions des traités, et notamment de celles des articles. 208 à 211 TFUE, l'Union mène des actions de coopération économique, financière et technique, y compris d'assistance en particulier dans le domaine financier, avec des pays tiers autres que les pays en développement. Ces actions sont cohérentes avec la politique de développement de l'Union et sont menées dans le cadre des principes et objectifs de son action extérieure.
Les actions de l'Union et des États membres se complètent et se renforcent mutuellement.

Le Parlement européen et le Conseil, statuant conformément à la procédure législative ordinaire, arrêtent les mesures nécessaires pour la mise en oeuvre du paragraphe 1.

Dans le cadre de leurs compétences respectives, l’Union et les États membres coopèrent avec les pays tiers et les organisations internationales compétentes. Les modalités de la coopération de l’Union peuvent faire l'objet d'accords entre celle-ci et les tierces parties concernées. Le premier alinéa ne préjuge pas la compétence des États membres pour négocier dans les instances internationales et conclure des accords internationaux. "

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 13:15

Selon Thomas Kuhn [The structure of Scientific Revolutions, Chicago - Illinois, Chicago University Press, 1970], " les paradigmes sont des constructions scientifiques qui pendant un certain temps fournissent un modèle de problématisation et de solutions acceptables à ceux qui pratiquent un certain domaine de la recherche."

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 12:23

Après la contraction de l'activité observée fin 2011, l'économie de l'UE semble être actuellement dans une phase de légère récession. Si l'incertitude concernant les perspectives économiques et financières demeure élevée, des actions politiques fortes et des avancées majeures dans le cadre institutionnel de l'UE ont permis d'alléger les tensions sur les marchés financiers au début de 2012 et ont commencé à rétablir la confiance, qui devrait encore se renforcer durant la période de prévision.

Compte tenu également d'une accélération attendue de la croissance mondiale, la relance devrait s'installer lentement à partir du deuxième semestre.

Le tableau brossé dans les prévisions intermédiaires de février est globalement confirmé pour 2012, et l'on s'attend à ce que le PIB réel stagne dans l'UE et se contracte de 0,3 % dans la zone euro.

Pour 2013, la croissance prévue est de 1,3 % pour l'UE et de 1,0 % pour la zone euro.

Le chômage devrait rester élevé à 10 % dans l'UE et 11 % dans la zone euro sur la période de prévision.

Quant à l'inflation, elle devrait diminuer progressivement au fur et à mesure que s'estompe l'impact de l'augmentation des prix pétroliers et des taxes.

L'assainissement budgétaire devrait se poursuivre, et les déficits publics devraient retomber à 3,3 % en 2013 dans l'UE et juste en dessous de 3 % dans la zone euro.

La situation économique diffère considérablement selon les États membres, compte tenu également de la correction en cours des divergences considérables entre les positions extérieures et les conditions structurelles mises en évidence au cours des dernières années. Olli Rehn, vice-président de la Commission chargé des affaires économiques et monétaires et de l'euro, a déclaré à ce sujet: «Une relance est en vue, mais la situation économique reste fragile, avec encore de grandes disparités entre les États membres. Nous assistons à une correction des déséquilibres budgétaires et structurels accumulés avant et après l'apparition de la crise, aggravés par un climat économique encore faible. Toutefois, si nous n'engageons pas résolument de nouvelles actions, la croissance pourrait rester faible dans l'UE. Des finances publiques saines constituent une condition indispensable pour une croissance durable, et nous devons profiter du nouveau cadre renforcé de gouvernance économique pour stimuler l'ajustement en accélérant les politiques de nature à promouvoir la stabilité et la croissance

Timide relance plus tard dans l'année

L'activité économique de l'UE s'est contractée durant le dernier trimestre 2011, et il semble que ce soit de nouveau le cas durant le premier trimestre de 2012. Une relance progressive est attendue pour le deuxième semestre, et elle devrait s'accélérer en 2013. Néanmoins, cette relance devrait rester timide, dès lors que plusieurs facteurs continuent de peser sur la demande intérieure. Les efforts nécessaires de la part des banques pour poursuivre l'amélioration de leurs bilans continueront d'imposer des conditions de crédit serrées, bien que jusqu'ici, la demande de crédit reste faible. La consommation privée sera freinée par le chômage élevé, la faible croissance des salaires et l'inflation, ainsi que par une dette élevée des ménages dans un certain nombre d'États membres. Enfin, l'investissement privé continue de se contracter, mais durant la période de prévision, il devrait commencer à bénéficier du retour attendu de la confiance, de la faiblesse des taux d'intérêt et d'une croissance solide de la production mondiale. La contribution positive des exportations nettes est le principal moteur de croissance du PIB attendu en 2012. Toutefois, dès 2013, une demande intérieure de plus en plus ferme devrait prendre le relais.

Ces projections reposent sur l'hypothèse d'un renforcement de la confiance au fil du temps, dans la mesure où les problèmes mis en évidence par la crise sont résolus avec succès, notamment par la mise en œuvre d'actions politiques déterminées d'un commun accord.

D'une manière générale, le tableau donné par les prévisions intermédiaires de février pour 2012 se confirme.

Cette année, la croissance du PIB devrait être nulle (0,0 %) dans l'UE, et de -0,3 % dans la zone euro. Pour 2013, on prévoit une croissance modeste de 1,3 % pour l'UE et de 1 % pour la zone euro. Si le ralentissement de l'activité a touché tous les États membres, des différentiels de croissance devraient persister, sur la base des besoins différents d'ajustement structurel, des coûts de financement et de la viabilité des finances publiques. L'ajustement des déséquilibres extérieurs au niveau des États membres est en cours, et il devrait se poursuivre durant la période de prévision. Parallèlement au ralentissement de l'activité économique, l'emploi devrait se contracter de 0,2 % dans l'UE (0,5 % dans la zone euro) en 2012. Le retour attendu de la croissance devrait conduire à une amélioration progressive des marchés de l'emploi en 2013, qui contribuera à son tour à une relance plus durable. Le chômage devrait rester élevé à 10,3 % dans l'UE au cours de la période de prévision, et s'établir à 11 % dans la zone euro en 2013.

Amélioration des finances publiques

Malgré le ralentissement de l'activité durant l'année, les finances publiques se sont améliorées de manière significative en 2011. Compte tenu des mesures d'assainissement déjà décidées, combinées à la relance économique progressive attendue pour la suite de la période de prévision, les déficits budgétaires devraient continuer à décroître pour passer de 4,5 % du PIB dans l'UE (4,1 % dans la zone euro) en 2011 à 3,6 % dans l'UE (3,2 % dans la zone euro) en 2012, et atteindre 3,3 % (2,9 %) en 2013, avec des différences importantes entre les États membres.

Toutefois, l'hypothèse de politiques inchangées implique que l'on ne peut inclure pratiquement aucune amélioration structurelle pour l'UE dans les prévisions pour 2013. L'augmentation des taux d'endettement devrait ralentir et ils devraient atteindre 87,2 % du PIB dans l'UE (92,6 % dans la zone euro) en 2013. Les augmentations des prix de l'énergie et des taxes indirectes ont été les principaux moteurs de la croissance des prix à la consommation observée ces derniers trimestres, tandis que le ralentissement de l'activité freinait les pressions sous-jacentes sur les prix domestiques.

Durant la période de prévision, l'inflation devrait ralentir progressivement pour retomber sous le seuil de 1,8 % en 2013. Tout comme en février, des risques continuent de peser sur les prévisions relatives au PIB. Le risque principal reste une aggravation de la crise de la dette souveraine avec une contagion financière et une chute brutale de la disponibilité du crédit. Un autre risque majeur provient de l'incertitude géopolitique qui pourrait entraîner une augmentation des prix pétroliers. À l'inverse, un retour plus rapide à la confiance pourrait entraîner une relance plus précoce et plus ferme. De plus, l'économie mondiale pourrait être plus dynamique que prévu actuellement. Les risques pesant sur l’inflation semblent se neutraliser mutuellement.

Le rapport détaillé peut être consulté à l'adresse suivante : http://ec.europa.eu/economy_finance/eu/forecasts/2012_spring_forecast_en.htm



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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 09:58

Si des épisodes vous ont échappé de ce règne sans partage et sans vergogne, surtout h'hésitez pas une seule seconde : lisez ou relisez les truculentes chroniques du règne de Nicolas 1er si bien écrites par Patrick Rambaud !

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A la lecture de ces chroniques, la mémoire vous reviendra !

Avec le sourire en prime tellement Patrick Rambaud sait jouer à merveille de cette ironie que permet cette écriture paradoxale à la fois ronde et piquante dont seuls sont capables ceux qui maîtrisent l'art du roman chevaleresque !

Et le désir de vous déplacer les 22 avril et 5 mai pour désigner un tout autre Président de la République !

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 09:24

Le président français Jacques Chirac a décidé de faire du 10 mai la Journée commémorative de l'abolition de l'esclavage en métropole. L'occasion pour la France métropolitaine d'honorer le souvenir des esclaves et de commémorer l'abolition de l'esclavage. Au-delà de l'abolition, la journée devrait engager une réflexion générale sur l'ensemble de la mémoire de l'esclavage, longtemps refoulée, pour la faire entrer dans notre histoire.

L'occasion aussi de s'interroger sur la façon dont l'esclavage peut trouver sa juste place dans les programmes de l'école primaire, du collège et du lycée. La volonté également de développer la connaissance scientifique de cette tragédie. Enrichir notre savoir, c'est le moyen d'établir la vérité et de sortir de polémiques inutiles.

La date du 10 mai correspond à l'adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, de la loi Taubira 'reconnaissant la traite négrière transatlantique et l'esclavage'.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:10

Jacques Delors s’est récemment exprimé devant les membres du groupe S&D du Parlement européen afin de soutenir leur appel pour « un renouveau de l’Europe ».

Dans cette tribune inspirée de son intervention, il rappelle la situation difficile dans laquelle se trouve l’Union économique et monétaire. Pour y remédier, il explique qu’il faut non seulement procéder à un assainissement financier, mais aussi redonner confiance à l’Europe afin qu’elle soit source de croissance et d’emplois.

Jacques Delors revient sur les causes internationales de la crise de la zone euro, mais rappelle aussi le défaut conceptuel initial de l’UEM, qui ne repose que sur un pilier monétaire, et non économique. Il déplore par ailleurs le manque de coordination des politiques économiques en Europe et souligne la nécessité de revenir au triptyque qui lui est cher : « La compétition qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit ».

Il estime enfin que dresser un bilan institutionnel de l’UEM s’impose : il faut en revenir à la « méthode communautaire » et définir plus clairement les sphères de compétences de l’UE et de ses Etats membres, en écho à la formule de Tommaso Padoa-Schioppa : « Aux Etats la rigueur, à l’Union la croissance ». 

Voir sa tribune :

http://www.notre-europe.eu/uploads/tx_publication/AlternativeEuropeenneSocialiste_J.Delors_NE_Avril2012.pdf

Voir l'analyse de cette tribune proposée par Sauvons l'Europe :

Qualifiant au passage le nouveau Traité d’« usine à gaz », Jacques Delors reprend sa position classique sur l’absence d’équilibre d’un pilier monétaire par un pilier économique. Mais il en précise cette fois la signification et met en cause les ministres des finance composant l’Eurogroupe pour leur absence de courage politique à se mettre en cause les uns les autres. Il pointe en particulier les trucages grecs, la bulle immobilière espagnole et le fait que l’Irlande « faisait des folies avec ses banques ». Pourrions nous rajouter à son propos le bouclier fiscal à la française ? Sa conclusion est sans appel: le Conseil Européen porte la responsabilité morale et surtout politique de la crise. La BCE en prend également pour son grade: aucun des représentants des banques centrales nationales n’a évoqué les sujets qui fâchent, et le Conseil de la BCE partage donc la responsabilité, « alors qu’ils ne viennent pas aujourd’hui nous donner des leçons. »
Plus fondamentalement, Jacques Delors revient sur ses opinions de l’époque et admet une erreur: pensant le fédéralisme impossible, il avait mis en avant la coopération entre Etats. C’est un échec et il en tire clairement la leçon : une monnaie unique ne peut exister que dans le cadre d’une union de transferts. Ce qui implique une reconstruction européenne. Ce qui implique une coopération renforcée véritable dans l’Eurozone pour créer des « transferts raisonnables ». Il faut un transfert de souveraineté vers les institutions européennes, faute de quoi il se fera implicitement vers l’Allemagne. Et ces institutions européennes ne peuvent pas être simplement en pilote automatique par des règles, mais doivent être politiques, « discrétionnaires » pour pouvoir s’adapter aux différences de chaque pays. L’Europe doit devenir le vecteur d’une nouvelle croissance durable, et y affecter les moyens financiers nécessaires. Des eurobonds le permettraient et créeraient un marché financier européen.
L’Europe doit enfin se doter d’une tête. Delors se livre à une défense poussée de la méthode communautaire, qu’il distingue d’un fédéralisme dirigé par la Commission: la méthode communautaire est dirigée par les gouvernements, qui décident en commun. Pas par les chancelleries qui contournent les institutions européennes pour se coaliser dans la préservation des intérêts nationaux. Le système mis en place ne débouchera sur rien de concret, car trop compliqué. La démocratie, c’est la simplicité. C’est les élections, et que les citoyens comprennent ce qui se passe.
Et pour terminer une formule magnifique: « l’Europe a le choix entre la survie et le déclin. C’est aussi simple que ça. »

Source : http://www.sauvonsleurope.eu/delors-leurogroupe-est-moralement-et-politiquement-responsable-de-la-crise/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=delors-leurogroupe-est-moralement-et-politiquement-responsable-de-la-crise

Voir également :

 * Gouvernance économique européenne : l'Union à la croisée des chemins, par Pervenche Bérès (Note du CERFA 94b)

 * La démocratie européenne : cirque ou réalité ? par Yves Bertoncini et Valention Kreilinger (Notre Europe)

 * Pour une Fédération européenne d'Etats-nations : la vision de Jacques Delors revisitée, par Gaëtane Ricard-Nihoul (Synthèse par Yves Bertoncini - Notre Europe)     

 * Du contrat social (Jean-Jacques Rousseau)

 * Trois évolutions - parmi d'autres - de l'UEM qu'il aurait fallu opérer !

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:40

Le 9 mai, c'est la fête de l'Europe.
Qu'avons-nous à célébrer ? Le souvenir d'un acte, à l'époque insensé, qui a ramené la paix sur le continent des guerres, celui de Robert Schuman, préparé par Jean Monnet (cf. Le texte de la Déclaration Schuman - 9 mai 1950 - ). Il a su se hisser à la hauteur des enjeux, dépasser les conservatismes du moment pour proposer aux Européens une nouvelle frontière, celle de l'Europe unie. 62 ans plus tard, les résultats sont au rendez-vous. L'Europe s'est reconstruite, transformée, enrichie, jusqu'à devenir le continent le plus prospère de la planète.
Mais aujourd'hui ce souvenir nous oblige. Abandonnés au confort d'une Europe apaisée qui s'unifie lentement, nous vivons depuis 20 ans au-desuus de nos moyens alors que le monde change, que les technologies explosent comme une population mondiale qui fait de nous des minoritaires. Chômage, notamment des jeunes, stagnation ou récession, vieillissement, mais aussi repli frileux, extrémismes, refus de l'effort, inquiétude, angoisse, voila le visage de l'Europe en ce 9 mai 2012.
Nous aimerions fêter l'Europe, non seulement pour ce qu'elle nous a apporté, mais surtout pour ce qu'elle nous promet. Or, l'Europe n'est que ce qu'ont font ses Etats membres et leurs citoyens. Pour l'instant ils hésitent, bricolent des pactes et des réformes, sans aller à l'essentiel.
Il faudra donc attendre que quelques dirigeants courageux aient l'audace d'enclencher l'acte final d'une intégration européenne véritable, seule en mesure de nous sauver. Elle passe, une fois encore, par l'Allemagne et la France. Si dans leur recherche de la croissance, de la stabilité et de la prospérité, elles choisissent de proposer de mettre en commun leurs budgets, leurs dettes, leurs politiques économiques, elles seront à la hauteur d'un Hamilton qui arracha en 1789 la création d'un Trésor commun à des Etats américains divisés et ruinés, dont la monnaie avait perdu l'essentiel de sa valeur. Un sursaut fédéral ne serait pas une fuite en avant mais la seule conséquence logique de tout ce que nous avons entrepris jusqu'ici. Il nous préserverait des turbulences annoncées en mettant nos forces en commun pour assumer nos dettes et les rembourser, pour bâtir l'économie de demain avec les plus jeunes, l'innovation et la modernité.
Ce serait une autre révolution qui écrirait une nouvelle page de l'histoire européenne pour au moins 50 ans. Plus qu'une fête, ce serait un espoir.

Editorial paru sur mon site: www.jd-giuliani.eu

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Published by Jean-Dominique Giuliani - dans Agir pour le monde que nous voulons
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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:27

Nombreux sont les observateurs en tout genre à parler sans cesse du « modèle économique allemand » assis sur l’offre, la production, l’investissement et les exportations... Des réformes de Gerhard Schröder et des lois Hartz qui ont mis ce modèle en orbite... Mais d'où vient-il ?

Les observateurs en tout genre nous parlent sans cesse du « modèle économique allemand » assis sur l’offre, la production, l’investissement et les exportations… Des réformes de Gerhard Schröder et des lois Hartz qui ont mis ce modèle en orbite…. Mais très rares sont ceux qui connaissent l’origine de ce modèle de croissance. Or pour l’appréhender, et comprendre bien des positions allemandes aujourd’hui, il nous faut comprendre d’où il vient.

La création du deutsche mark se fera dans la douleur...
Après la guerre 1939 - 45, l’Allemagne est détruite, ruinée, à genoux, humiliée et occupée. Mais elle a un homme extraordinaire à sa tête : Ludwig Erhard. Et sa première mesure, extrêmement courageuse, sera de créer une nouvelle monnaie, le deutsche mark. Le reichsmark a vu sa masse monétaire flamber et l’inflation fait rage. Changer de monnaie est un moyen de repartir sur des bases saines ET de faire « table rase » du passé (dans tous les sens du terme).

La création du deutsche mark se fait donc dans la douleur. Socialement, c’est un carnage. Les Allemands voient la valeur de leurs économies divisée par 10 du jour au lendemain.

Ne s’en sortiront que ceux qui ont des biens physiques : du vrai, du dur, du solide… pas du papier. Ceux qui ont des biens meubles (immobilier, outils industriel et de production). Et encore... Le patrimoine immobilier et entrepreneurial familial a été rasé (dans la Dresde notamment).

Les Allemands ont donc connu deux traumatismes monétaires majeurs :
 - Weimar et son hyperinflation ;
 - La création du deutsche mark et sa spoliation à grande échelle.

Par deux fois, ils ont tout perdu à cause de la monnaie papier. Là sont les racines de l’irréductible orthodoxie monétaire des Allemands. Pour eux, manipulation de la monnaie papier = inflation = spoliation.

Voilà pourquoi la stabilité monétaire devient le cœur du système allemand. Avec la création de la Bundesbank (Banque centrale allemande) totalement indépendante du politique, qui a pour vocation de préserver la valeur de la monnaie.

Faute de consommateurs, misons sur l’entrepreneur…
A ce stade, Erhard ne pouvait pas s’appuyer sur les consommateurs, littéralement trucidés. Il ne pouvait s’appuyer que sur les entrepreneurs et leurs outils de production pour reconstruire le pays.

Là sont les racines du modèle économique allemand. Voilà comment l’Allemagne met au cœur de son « business modèle » l’entreprise, l’investissement, la monnaie et une politique de l’offre.

La stabilité monétaire a permis de créer un « terrain favorable » à l’épanouissement des entreprises, et à l’investissement long terme. Pourtant, un mark fort est un « désavantage compétitif » pour l’entreprise exportatrice, me direz-vous. Regardez ce qui se passe au Japon ou en Suisse en ce moment même…

Les Allemands assument ce choix : les entreprises iront donc chercher ailleurs les éléments de productivité nécessaires à leur compétitivité mis à mal par une monnaie forte (qualité des produits, image de marque, activités niches à fort pricing power et valeur ajoutée…). Ces fameux éléments qui nous manquent et dont on parle tant en France…

Des libertés et des responsabilités, des droits et des devoirs
N’avez-vous jamais entendu parler de sociale démocratie et d’économie sociale de marché pour qualifier l’Allemagne et son économie.

Culturellement, la société allemande est structurée autour de deux piliers :

Le droit de propriété et la liberté. La liberté de créer, d’entreprendre, de choisir, de consommer…
Et l’exigence de l’intérêt collectif, la volonté de faire progresser la communauté. Exigence qui remonte fort loin : n’oubliez pas que c’est Bismarck qui est à l’origine de la sécurité sociale. Dès 1893, il instaure une assurance maladie et vieillesse obligatoire pour les faibles revenus, financée par des cotisations sociales.

Ainsi, les droits très individualistes dont bénéficient les entreprises sont puissamment contrebalancés par des devoirs d’œuvrer pour le bien de la communauté. C’est d’ailleurs gravé dans la Constitution.

L’entreprise allemande doit partager ses fruits de sa réussite avec sa communauté, en l’occurrence ses salariés. Finalement, n’est-ce pas ce que fait Volkswagen lorsque l’entreprise reverse sous forme de primes à ses salariés 10% de ses bénéfices ? Ou Porsche qui vient de verser une prime de 7 500 euros par salarié ?

L’entreprise est donc considérée comme un outil privé de création de richesses, qui a des responsabilités sociales et collectives assumées. En soutenant l’entreprise, on enrichi la communauté. C’est ça le modèle allemand.

Un modèle est « intelligent »
L’entreprise est perçue comme une entité économique et sociale à part entière (contrairement à la France où elle est perçue comme un lieu de confrontation).

L’instauration de la cogestion au travers duquel les salariés sont associés de près à la gouvernance des entreprises en atteste. Dans les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et grandes entreprises, ils détiennent 1/3 des sièges du conseil de surveillance. Les salariés ainsi associés à l’entreprise comprennent mieux les enjeux et les contraintes de leur entreprise. Ce qui rend plus faciles les concessions nécessaires en cas de choc exogènes (en 2008 les salariés se sont serrés la ceinture, toujours à charge de revanche dès meilleure fortune).

Autre élément puissant qui rend le modèle « intelligent », le dialogue social qui est extrêmement puissant et équilibré dans les entreprises, apolitique et assis sur le consensus.

Cogestion et syndicats puissants et consensuels sont au cœur des entreprises un contre-pouvoir efficace pour rappeler aux entrepreneurs que l’intérêt collectif ne doit jamais être oublié.

Les exportations sont à l’Allemagne ce que les dépenses publiques sont à la France
A savoir un vecteur de croissance du PIB. Très vite, dès l’après guerre, l’Allemagne restaure son industrie et repart à la conquête des marchés internationaux, dégage une balance commerciale excédentaire, source de richesses pour le pays. Ce modèle productif et exportateur est donc bien une constante.

N’oubliez pas non plus que le côté « exportateur » des Allemands est une vraie spécificité. Et pas seulement parce que les Allemands sont polyglottes… Rappelez-vous de la Weltpolitik sous Guillaume II et la devise de Bismarck : « Le marchand doit précéder le soldat ».

Le modèle allemand affiche une santé insolente. Mais pour combien de temps ?
Sa population vieillie et décroît. Les seniors épargnent plus qu’ils ne consomment. Ses partenaires européens endettés entrent en crise…

Alors ses entreprises vont chercher la croissance chez les émergents, qui apprécient le Made in Germany et ont besoin de machines-outils pour faire leurs « Trente Glorieuses ».

Pour l’instant, cela marche… Mais quelle est la prochaine étape ? Comment construire une Europe forte et intégrée ?

Une vraie puissance capable de protéger ses habitants et entreprises, tout en rivalisant en tous points avec ses concurrents : États-Unis, Japon, Asie, Amérique latine et Chine.

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/origines-modele-economique-allemand-traumatismes-monetaires-creation-deutsche-mark-douleur-isabelle-mouilleseaux-353198.html

A lire notamment sur le modèle économique allemand, le livre « France - Allemagne, l’heure de vérité ».

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