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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 12:50

Le Fonds monétaire international (FMI) a exprimé hier, mercredi 18 avril, dans son rapport semestriel sur la "stabilité financière dans le monde", ses inquiétudes sur le prochain reflux du crédit en Europe.

D'après l'institution de Washington, les 58 plus grandes banques de l'Union européenne (UE) devraient réduire leur bilan d'environ 2000 milliards d'euros, du fait qu'elles sont sujettes à de nombreuses pressions.

Parmi celles-ci figurent le risque que pose la dette publique, la faible croissance économique ou encore le manque de confiance des investisseurs.

Les prévisions de croissance du FMI ne sont guère plus enthousiasmantes : un recul du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,3% en 2012 et une croissance de 0,9% en 2013.

Les experts du Fonds préconisent de "renforcer encore le dispositif de gestion de la crise, poursuivre la restructuration des banques, et s'engager à mettre en œuvre un plan de route pour une union monétaire plus intégrée financièrement et budgétairement".

Pour cette institution financière, " La BCE dispose d’une certaine marge de manoeuvre pour encore abaisser son taux directeur, car l’inflation devrait tomber sensiblement au-dessous de son objectif d’une inflation «proche mais inférieure» à 2 % à moyen terme et les risques d’une deuxième vague d’effets des cours élevés du pétrole ou des hausses des impôts et des prix administratifs semblent faibles; selon les projections des PEM, l’inflation globale mesurée par l’indice des prix à la consommation tomberait à environ 1½ % d’ici 2013, soit en deçà de l’objectif de la BCE (*). Le faible niveau de l’inflation intérieure peut entraver l’amélioration indispensable des bilans des débiteurs et faire obstacle à des ajustements indispensables de la compétitivité. La BCE doit continuer d’appliquer ses mesures non conventionnelles pour maintenir l’ordre sur les marchés du crédit et ainsi faciliter la répercussion de la politique monétaire sur l’économie réelle. [...]

Aux États-Unis, au Japon et au Royaume-Uni, les taux directeurs sont déjà au plus bas ou en sont  proches. Si les risques de dégradation des perspectives de croissance menaçaient de se matérialiser, les banques centrales de ces pays pourraient intensifier leurs mesures non conventionnelles, de préférence de manière à alléger le coût du crédit pour les PME et les ménages. Les tensions inflationnistes étant très faibles au Japon, un nouvel assouplissement de la politique monétaire pourrait de toute manière être nécessaire pour que l’objectif d’inflation à moyen terme soit atteint. Les dirigeants pourraient aussi envisager de prendre d’autres mesures en faveur des agents ayant difficilement accès au crédit. Les programmes de restructuration des prêts hypothécaires peuvent être un moyen efficient de soulager des ménages endettés. Aux États-Unis, par exemple, ces programmes ont bénéficié à beaucoup moins de ménages que prévu initialement, mais des mesures supplémentaires ont maintenant été adoptées. Le coût de l’emprunt pourrait être abaissé directement pour les PME grâce à des subventions temporaires et à des programmes de banques publiques de développement.

 

Les bilans des banques centrales, et les pertes possibles dans leurs comptes financiers, ont fortement gonflé, car elles ont accru leurs achats de valeurs mobilières et assoupli leurs critères en matière de garantie. Cependant, l’ampleur de ces expansions des bilans donne très peu d’informations sur le risque d’inflation. En raison de la montée de l’incertitude, les banques et les autres agents économiques détiennent bien plus de liquidités qu’avant la crise. À mesure que la situation économique s’améliore et que l’offre de crédit s’accélère, les banques centrales peuvent absorber ces liquidités, par exemple en laissant expirer les opérations de refinancement, en vendant les valeurs mobilières qu’elles ont achetées ou en émettant leurs propres titres. Des problèmes surviennent lorsque la capacité du secteur public à réduire son déficit à plus long terme est limitée pour des raisons politiques ou pratiques. Il en résulterait une inflation chroniquement élevée uniquement si une telle impasse était fort probable. Pour éviter d’en arriver là, les banques centrales doivent conserver l’indépendance leur permettant de chercher à atteindre un objectif de faible inflation, et les budgets publics doivent être viables à terme, pour ce qui est de leur faisabilité politique et de la taille prévue du déficit (**). Plus la politique budgétaire fait face avec succès à ce problème intertemporel, plus la politique monétaire est en mesure de jouer un rôle de soutien.

À court terme, l’accent doit être mis sur la gestion de la crise : il faut éviter que les risques de dégradation susmentionnés se matérialisent. L’injection de liquidités en quantités suffisantes contribuera à empêcher des coûts de financement anormaux pour les pays et les banques, ainsi qu’à éviter la contagion. À cette fin, la zone euro a besoin d’un pare-feu crédible qui soit suffisamment volumineux, robuste et flexible pour freiner la contagion et faciliter l’ajustement dans les pays très endettés. La décision récente de combiner le MES et le FESF est donc opportune et, conjuguée à d’autres efforts européens récents, renforcera le mécanisme de crise européen et facilitera les efforts déployés par le FMI pour renforcer le pare-feu mondial. Les mécanismes de crise (FESF/MES) doivent aussi être suffisamment souples pour prendre des participations directes dans les banques et faciliter la restructuration les établissements financiers si nécessaire. Cela devrait freiner la chaîne de réactions négatives entre les risques bancaires et souverains dans la zone euro.
Il est essentiel aussi de briser les chaînes de réactions négatives entre croissance inférieure à la normale, détérioration des positions budgétaires, hausse des besoins de recapitalisation des banques et désendettement, qui font entrevoir le risque d’une période prolongée de déflation. La BCE devrait assouplir davantage sa politique monétaire pour veiller à ce que l’inflation évolue conformément à son objectif à moyen terme et se prémunir contre les risques de déflation, ce qui faciliterait aussi des ajustements indispensables de la compétitivité (***). Par ailleurs, les autorités bancaires nationales devraient collaborer avec les autorités de contrôle des pays d’accueil pour surveiller et limiter le désendettement de leurs banques à l’intérieur du pays et à l’étranger. Les autorités de contrôle bancaire doivent faire tout leur possible pour éviter un désendettement excessivement rapide qui réduit le crédit à l’économie réelle. À cette fin, des fonds propres supplémentaires doivent être injectés dans les banques de la zone euro.
Il faudra peut-être utiliser des fonds publics, y compris par exemple du FESF/MES.
L’enjeu principal est de retrouver une croissance soutenue. Les déficits de réformes structurelles varient d’un pays à l’autre, mais il est nécessaire de manière générale de réduire les obstacles à l’entrée sur les marchés de produits et de services et de laisser les marchés du travail créer davantage d’emplois. Les pays ayant une position extérieure fragile font face à la perspective de devoir enregistrer une inflation très faible ou une déflation («dévaluation interne») pour rétablir leur compétitivité, car ils ne disposent pas de l’option d’une dépréciation en tant que membres d’une union monétaire.
Cependant, une dévaluation interne aggraverait le problème du surendettement à court et à moyen terme.
À moyen terme, il faudra prendre beaucoup de décisions difficiles pour remédier aux failles de la conception de l’UEM qui ont contribué à la crise.
Il est urgent de mettre en place un mécanisme solide qui conduit à l’exécution de politiques budgétaires responsables. À cet égard, le «pacte budgétaire» qui a été arrêté récemment marque des progrès importants dans l’amélioration de la crédibilité budgétaire sans guère peser sur la flexibilité, ce qui est important étant donné la période de croissance faible qui s’annonce. Cependant, il sera essentiel de faire respecter ce pacte, et cela pourrait signifier que les institutions de l’Union européenne (UE) devront participer activement aux plans budgétaires nationaux, comme prévu dans les propositions actuelles («two pack»). Le pacte budgétaire devra aussi être complété par un plus grand partage des risques budgétaires afin de veiller à ce que des problèmes économiques dans un pays ne dégénèrent pas en crise budgétaire et financière coûteuse pour toute la région.
Il est nécessaire aussi d’établir un mécanisme de partage des risques du secteur privé qui repose sur un système financier plus intégré dans la zone euro (****). On pourrait à cet effet progresser vers un modèle commun de contrôle et de règlement des défaillances, y compris une ligne de liquidité et une assurance des dépôts partagées; une responsabilité conjointe en matière de contrôle va de pair avec une responsabilité conjointe en matière d’aide financière.
L’absence d’un système commun de ce type à l’heure actuelle fausse la politique monétaire et la concurrence dans le système financier : les banques saines dans les pays de la périphérie peuvent se financer sur les marchés uniquement à un coût bien plus élevé que leurs homologues dans les pays du coeur de la zone (voire pas du tout) en raison de la fragilité de leur pays. Les opérations de refinancement à long terme de la BCE contribuent à corriger ce problème, mais seulement à titre temporaire.
Il faut mieux s’ajuster aux déséquilibres réels, ainsi que budgétaires et financiers. Une accélération de l’achèvement du marché unique des biens et services et des réformes des marchés du travail pourraient stimuler la croissance et l’ajustement. Plusieurs pays de la périphérie de la zone euro sont en train d’exécuter des réformes d’envergure, en particulier de leur marché du travail. On ne peut exagérer l’importance des progrès dans ces domaines pour le bon fonctionnement de l’union monétaire. [...] "

(*) Un taux d’inflation moyen de 1½ % se manifestera de manière très différente dans les pays du coeur et de la périphérie de la zone euro.

(**) Les fonds propres et les réserves de réévaluation des banques centrales ne sont pas une considération majeure. Les pertes comptables n’ont pas d’importance aussi longtemps que les banques centrales sont indépendantes et que les politiques budgétaires sont jugées viables.

(***) Les indicateurs généraux de l’inflation intérieure (déflateur du PIB) sont proches de 1 % depuis 2009. Dans ces conditions, il est très difficile de procéder à un rééquilibrage interne.

(****) Le secteur financier, y compris la détention d’actifs financiers diversifiés, représente une grande partie du partage des risques aux États-Unis (voir Asdrubali, Sorensen et Yosha, 1996). "

Voir l'intégralité du rapport du FMI : FMI-avril2012 FMI-avril2012

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 11:45

Passer du baume au cœur des Grecs afin d'éviter d'être prise pour cible dans la campagne électorale : la Commission européenne a publié, mercredi 18 avril, une longue communication sur la croissance en Grèce, comme pour faire oublier les efforts d'économie exigés par les bailleurs de fonds depuis la mise sous assistance du pays, voici deux ans.
 
Ce catalogue de mesures est censé démontrer que les Européens ne laissent pas tomber une population obligée de payer au prix fort le naufrage financier du pays. La Commission essaie de distinguer son image de celle de la "troïka" - à laquelle elle participe avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) - auprès d'un électorat qui reste, au fond, plutôt favorable à l'Europe et à l'euro.
 
Le message sera-t-il reçu, alors que l'issue des élections du 6mai demeure incertaine ? La Commission appelle les dirigeants politiques et la population à un "engagement d'unité nationale", tandis que les formations hostiles au programme d'austérité ont le vent en poupe, à gauche comme à droite.
 
La perspective d'une défaite électorale des deux principaux partis - le Pasok et Nouvelle démocratie - qui participent au gouvernement de coalition dirigé par l'ancien vice-président de la BCE, Lucas Papadémos, donne des sueurs froides à Bruxelles. En ce début de campagne, les deux partenaires de la coalition continuent de se reprocher leurs responsabilités respectives dans la crise.
 
MESURES IMPOPULAIRES
 
La Commission les a brièvement réconciliés. Les deux partis ont fait bon accueil à la démarche de son président, José Manuel Barroso. Le porte-parole de Nouvelle démocratie a salué l'attention portée à la croissance, tout comme le président du Pasok, Evangélos Vénizélos, qui avait envoyé une lettre à Bruxelles insistant sur la nécessité de prendre des mesures pour la croissance.
 
Le premier ministre Lucas Papadémos a lui aussi rendu public, mercredi, un courrier adressé à M. Barroso, présentant ses "priorités" pour sortir enfin de la récession: le soutien aux petites et moyennes entreprises, le développement des infrastructures (autoroutes), le chômage des jeunes (qui dépasse 50 % chez les moins de 24 ans), les privatisations et le secteur de l'énergie, sans oublier la réforme de l'Etat. Autant de sujets qui constituent des éléments clés de la communication de Bruxelles, qui encourage aussi Athènes à mieux utiliser les fonds qui sont mis à sa disposition : sur les 20 milliards d'euros d'aides régionales, pour la période 2007-2013, seulement 8,4 milliards ont été utilisés.
 
D'après le texte diffusé par Bruxelles, l'aide financière fournie à la Grèce pour lui éviter de sombrer dans la faillite s'est élevée à un total de 380 milliards d'euros. Cette somme comprend les prêts accordés par les Etats de la zone euro et le FMI (240 milliards), l'effacement de la moitié des créances détenues par les banques (100 milliards), mais aussi les aides directes dévolues à la Grèce - quelque 40 milliards. Au final, ces différents soutiens correspondent à 33 600 euros par Grec, soit 177 % du produit intérieur brut du pays, souligne la Commission européenne.
 
Cette dernière rappelle qu'elle entend utiliser des fonds européens pour venir en aide aux PME grecques et soutenir l'emploi des jeunes. Une enveloppe de 4milliards d'euros est identifiée pour aider les entreprises. C'est le rôle de la "task force", mise en place par Bruxelles, en juillet 2011, afin d'aider la Grèce à mettre en œuvre ses réformes structurelles et à absorber les fonds européens.
 
La frontière entre les promesses de la Commission et le programme d'ajustement de la "troïka" est parfois mince. C'est un peu Docteur Barroso et Mister Troïka. Sans attendre le scrutin, la Commission ne résiste pas à fixer la feuille de route du futur gouvernement, quitte à mettre du sel sur les plaies encore ouvertes. Elle rappelle la nécessité d'un nouvel ajustement budgétaire - de l'ordre de 5,5% du PIB à l'horizon 2013-2014, en plus des engagements pris en échange du second plan d'aide. Et martèle son souci de voir les salaires baisser de 15 % d'ici deux ans. Autant de mesures impopulaires, qui réduisent la marge de manœuvre du prochain gouvernement grec, et risquent d'enflammer les joutes électorales.

Voir également : Le FMI se prépare à un reflux du crédit dans la zone euro

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 15:10

Alors que le repli nationaliste gagne du terrain dans bon nombre de pays de l'Union européenne comme en témoigne la campagne présidentielle en France (cf. la prestation du candidat Sarkozy, dimanche 11 mars 2012, devant une forêt de drapeaux tricolores, rangeant " l'Europe " dans une savante liste de boucs émissaires parmi lesquels on trouve pêle-mêle les étrangers, les spéculateurs et les intellectuels), l'ambition fédérale resurgit en Allemagne et en Italie. En soi, cela n'a rien d'étonnanrt. C'est sans doute dans ces deux pays que les intellectuels et les hommes politiques perçoivent le mieux les analogies entre la crise actuelle et celle des années 30, les risques nationalistes et populistes qui y sont associés et la chance unique que nous offre l'Union européenne d'échapper à cet engrenage funeste.

Au cours des derniers jours, plusieurs voix, qui ne sont pas sans rappeler certaines idées apparues dans les discours d'Angela Merkel ou de Radowslaw Sikorski à la fin de l'année dernière, sont venues plaider la relance de l'Union politique. " Nous devons ouvrir un nouveau chapitre dans la politique européenne ", a ainsi déclaré le ministr allemand des Affaires étrangères lors du Gymnich à Copenhague. Guido Westerwelle a préconisé de rouvrir le débat sur la Constitution européenne et sur l'élection au suffrage universel d'un président de l'Union européenne. Dans une tribune publiée dans la FAZ, Viviane Reding propose de transformer l'UE d'ici 2019 en une "Union politique européenne " fondée sur un renforcement des pouvoirs du Parlement européen et du président de l'UE qui obtiendrait le droit de dissoudre le PE. Sur cette voie, elle suggère de fusionner dès 2014 les fonctions de président de la Commission et de président du Conseil européen (idée déjà ancienne qui avait été examinée lors de la Convention). Ce président pourrait ensuite convoquer une convention chargée de rédiger le projet d'Union politique. Ce nouveau traité serait soumis au référendum dans tous les Etats membres et entrerait en vigueur pour ceux qui l'approuveraient, les autres pouvant continuer à participer au marché intérieur tel qu'il existe déjà.

S'y ajoute l'appel collectif signé par vingt-cinq personnalités (dont Giuliano Amato, Ulrich Beck, Emma Bonino, Elmar Brok, Daniel Cohn-Bendit, Pier Virgilio Dastoli, Monica Frassoni, Franco Frattini, Karl Lamers, Jo Leinen, Hans-Gert Pöttering et Romano Prodi) en vue de créer un " espace public de démocratie et de solidarité ". Les signataires appellent les parlements allemand et italien à assortir leurs ratifications du nouveau traité budgétaire et fiscal d'une déclaration commune en faveur d'une " Union politique forte " reposant sur un gouvernement fédéral, assortie d'une méthode et d'un calendrier de révision du Traité de Lisbonne visant à donner à l'Union la capacité d'agir dans les secteurs du développement durable, de la politique énergétique, de l'immigration, de la dimension sociale, notamment en ce qui concerne le chomage des jeunes et la pauvreté, de la politique industrielle, de la coopération judiciaire et de la politique étrangère et de sécurité. Ce transfert de compétences s'accompagnerait d'un transfert de ressources et de la constitution d'un véritable budgte fédéral. En termes de calendrier, un premier débat, avec la participation des chefs d'Etat et de gouvernement, pourrait avoir lieu au Parlement européen le 10 septembre 2012, à l'occasion du 60 ème anniversaire de la première sesssion de l'Assemblée commune de la CECA. Sur la base de ce débat, le Parlement européen pourrait ensuite adopter un rapport sur la réforme du Traité de Lisbonne et une Convention constituante serait convoquée dans la foulée des élections européennes de 2014.

Un moteur germano-italien peut-il voir le jour ? En tout cas, à Rome et à Berlin, les idées pour relancer la dynamique européenne ne manquent pas. Elles constituent un avertissement à ceux qui, par le jeu des combinaisons intergouvernementales et bilatérales, contribuent à la déconstruction européenne.

Cet article a été publié comm éditorial du n° 496 d'EUROPE DIPLOMATIE & DEFENSE - EDD - en date du 15 mars 2012

  Voir également :

 * Appel pour une Convention constituante européenne

 * L’Union européenne à l’écoute des citoyens : les outils d’analyse des opinions publiques, par Salvatore Signorelli (Notre Europe)

 * European Union : Federalism or Nothing (Spinelli Group - 26 March 2012)

 * L'Union européenne est confisquée par des cercles d'initiés qui paralysent le débat démocratique indispensable à la refondation de son projet politique !

et plus, généralement, les articles de la rubrique de ce blog intitulée Réfléchir à l'Europe que nous voulons


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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 07:08

Depuis 2001, le thème de la sécurité, ou plutôt son pendant, celui de l'insécurité, nourrit des discours, des postures et des dynamiques qui florissent un peu partout dans le monde ! Y compris sur ce blog !

Qu'elle soit abordée dans sa modalité la plus stratégique, la plus globale (la très grande variété des facteurs déclencheurs supposés ou avérés comme les interrelations possibles de leurs occurences les risques et menaces qui y sont alors attachés faisant système), qu'elle soit appréhendée dans sa modalité économique, environnementale,régionale ou locale, sociale, sanitaire, alimentaire, sociale, civile ou juridique, l'insécurité prospère d'autant mieux qu'elle emporte avec elle son cortège des revendications en termes de garanties supplémentaires !

Or ces garanties supplémentaires sont devenues la source d'une véritable économie de l'insécurité génératrice de "valeur ajoutée", y compris, voire d'abord, sur le plan financier !

Outre le marché florissant des technologies de sécurité et de défense qui inondent les différents segments de la vie quotidienne des individus, des entreprises, des Etats et des Nations, les organismes d'assurance et de réassurance en tous genres prospèrent d'autant mieux que la législation et la réglementation, qu'elles soient ou non à visée sécuritaire, en génèrant plus d''insécurité juridique, plus d'incertitude technique, plus d'aléa économique, pousse à "mieux" couvrir les risques !

Que sont les CDS sinon le type même de produit financier répondant à cette logique spéculative !

En cette période d'intensification de la financiarisation de l'économie et de recherche de niches de croissance, ajouter de l'insécurité à l'instabilité favorise indubitablement la surenchère assurantielle, et, partant, le profit financier des organismes et institutions en charge de produire ces garanties, ou de conseiller ceux qui les recherchent !

Outre les primes d'assurance, s'il y a un secteur d'activités qui prospère aujourd'hui, c'est bien celui du conseil en tous genres ! Comme il est bon, comme il est doux de percevoir les honoraires versés à des cabinets de conseil ou des cabinets d'avocats .. d'affaires !

De là à en jouer de manière outrancière .....  

Voir également :

 * Un jackpot de 600 millions pour Goldman Sachs (Le Monde)

 * Garantir à tout-va revient, quand on est hyperendetté, à ne plus rien garantir du tout ! (nouvelle édition)     

 



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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 10:21

Depuis la loi d'autonomie de l'université de la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse, jamais les universitaires ne se sont à ce point trouvés dans la servitude. Ce diagnostic empirique pourrait être une petite leçon de philosophie politique : le pouvoir ne donne des libertés que pour mieux se faire obéir, et l'autonomie aura été, en grande partie, un processus par lequel désormais les enseignants du supérieur se surveillent, s'asservissent, se soumettent eux-mêmes, obéissent par anticipation aux menaces par crainte d'être exclus des lieux de décision.

Dure et impitoyable leçon qu'on espère falsifiable : c'est lorsque les universités étaient soumises à un pouvoir centralisé, vertical, "soviétique" disaient certains, que nous étions réellement libres. Libres de travailler, libres d'enseigner, de chercher, de publier, de diriger des thèses sans les entraves normatives, bureaucratiques, asphyxiantes que les pouvoirs horizontaux n'ont, depuis, cessé de multiplier.

Ce constat est d'autant plus amer qu'il est peu question de l'université depuis le début de la campagne électorale. Si Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, est l'un des rares à proposer la remise en cause radicale des réformes, il ne semble pas déployer, hélas, une vision réellement refondatrice de l'enseignement supérieur et il se limite, en cela comme ailleurs, à une politique exclusivement corporatiste. Plus grave cependant est le flou dans lequel François Hollande, candidat du Parti socialiste, se situe jusqu'à présent. De ses propositions ne ressort qu'une simple amélioration de la loi d'autonomie, visant à atténuer les risques - il est vrai, réels - d'autocratie des présidents.

A peine l'autonomie des universités a-t-elle été mise en place dans les établissements que le gouvernement procédait à une succession de réformes et de restructurations autoritaires. La "mastérisation des concours" a été la première étape. Loi absurde visant, pour le recrutement des enseignants, à fusionner, dans un même parcours, un travail de recherche (master) et des épreuves sélectives de concours. Les universitaires étaient chargés, dans l'urgence, de produire de nouvelles maquettes des formations à partir d'informations floues et contradictoires pour un dispositif dont tout le monde savait à l'avance qu'il ne pouvait fonctionner.

On connaît ces techniques de management qui visent à déstabiliser le personnel concerné par une restructuration, en le plaçant dans une succession d'impasses. Cette réforme, inventée par Xavier Darcos, a échoué après avoir fait perdre un temps considérable aux enseignants, et avoir déstabilisé durablement les unités de formation (UFR). François Hollande veut apparemment revenir sur cette réforme. Mais il n'expose à aucun moment sa doctrine sur les concours de recrutement, dont toute la logique est désormais à repenser.

Deux questions importantes sont laissées dans le plus grand flou. Alors que jusqu'alors les enseignants étaient évalués individuellement par un unique organisme, le Conseil national des universités, qui a le grand mérite d'être composé d'enseignants élus, de toutes tendances, et qui, de ce fait, parvient à une forme d'équilibre, le gouvernement a inventé des procédures supplémentaires très coûteuses de contrôle tout à fait parasitaires, parmi lesquelles un organisme intitulé Agence d'évaluation de la recherche dans l'enseignement supérieur (Aeres), dont les membres sont nommés et cooptés dans des conditions opaques et chargés d'évaluer les équipes de recherche, les enseignements...

L'évaluation permanente, accompagnée d'incitations à l'autoévaluation, selon des normes, des protocoles inventés par des technocrates et doublés par l'enfer informatique, semble davantage avoir pour fonction de justifier l'existence des évaluateurs et de l'institution Aeres que de permettre de dresser un véritable tableau de la recherche en France. Des méthodes bornées peuvent quantifier des résultats mais, en aucun cas, permettre de saisir ce que font réellement les universitaires dont, en outre, le temps est dévoré par ces tâches stériles et abêtissantes d'évaluation. Sur ce point, François Hollande n'a, pour l'instant, lâché que des propos extraordinairement vagues.

Plus grave encore est le projet en voie de réalisation de créer des méga-universités par la fusion forcée des établissements actuels, sous l'apparent prétexte de pouvoir concurrencer les universités étrangères sélectionnées par le fameux classement de Shanghaï, alors même que celles-ci n'ont rien des mastodontes que l'on veut créer.

Il s'agit en réalité de supprimer des universités, des enseignements, sous le prétexte de doublons, voire sans doute des disciplines jugées non rentables. Sur ce point, la discrétion de François Hollande est d'autant plus inquiétante que, parmi les agents actifs de cette restructuration par bien des côtés destructrice, nombreux sont les jeunes loups sociaux-démocrates de l'université.

La confusion a été un outil puissant dans les opérations réformatrices, confusion pratique (accélération du tempo des prises de décision et des délais infantilisants d'exécution, opacité des lieux de décision et filtrage de l'information), confusion politique sur les objectifs des réformes et sur le rôle même des universitaires dans les choix opérés, c'est pourquoi, sans doute, plus que jamais, la clarté est nécessaire.

Comment, dans ces conditions, ne pas réclamer du principal opposant à la politique qui a été suivie pendant cinq ans dans l'université qu'il déclare, clairement, quelle est sa philosophie politique pour l'université de demain.

 

Eric Marty est professeur de littérature contemporaine à l'université Paris-Diderot

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:04

Les questions internationales n’envahissent pas la campagne électorale. Néanmoins, dans certains cercles, le débat sur le déclassement stratégique de la France a été lancé. Il se pose en effet dans un contexte général de la perte du monopole de la puissance par le monde occidental, qui vient s'ajouter à la fin de la rente de situation dont la France bénéficiait grâce à son positionnement singulier au cours de la Guerre Froide. Comment, dans un monde dont les évolutions stratégiques ne sont pas naturellement favorables, conserver des marges de manœuvre ?
On ne peut pas aborder le problème de notre déclassement stratégique par le seul biais du taux de dépenses militaires par rapport au PIB, comme cela est trop souvent fait.
L'industrie de défense est un atout essentiel pour l'indépendance de la France. Il ne faut pas méconnaître son utilité économique et stratégique. Elle doit néanmoins rester un moyen et non devenir une fin. On ne peut développer une analyse du rôle de la France dans le monde et de sa politique à partir du seul critère des dépenses militaires. Bien plus que la baisse des budgets, c'est une analyse erronée de nos intérêts et de notre situation, pire encore, une absence de réflexion stratégique globale qui pourrait conduire à notre déclassement.
Doit-on réellement faire dépendre notre budget militaire de l'augmentation des budgets chinois, indiens ou américains comme le suggèrent certains ? Les Américains ont après 2001 choisi une fuite en avant dans le tout militaire faisant passer leur budget de 280 milliards de dollars à 700 aujourd'hui. Sont-ils pour autant plus en sécurité et la sécurité collective a-t-elle réellement progressé ? Non bien au contraire. Faut-il dès lors tenir compte de l'avertissement donné par l'ancien Secrétaire à la défense Robert Gates dans son discours d'adieu prononcé à Bruxelles en juin 2011, demandant aux Européens d'augmenter leur budget de la défense parce que le Congrès américain serait fatigué de continuer à augmenter le financement du Pentagone ? Ceci n’avait aucune rationalité du point de vue de nos intérêts.
On nous dit qu'il faut combler les lacunes capacitaires révélées en Afghanistan et en Libye ? Mais n'est-il pas beaucoup plus urgent de réfléchir au bien-fondé de certaines opérations militaires extérieures, mises sur pied sans prendre en compte leur impact global sur le long terme ? Doit-on encore se lancer dans des interventions qui se transforment en guerre de contre-insurrection dont les puissances extérieures ne peuvent plus espérer sortir vainqueurs ?
Puisque l'on parle de déclassement stratégique ne faut-il pas réfléchir à ce qu'implique notre réintégration dans les commandements militaires intégrés de l'OTAN ? Certes sur le fond la réintégration en tant que telle n'a pas changé grand-chose à la situation préexistante. Nous étions déjà quasi intégrés. Mais contrairement à ce qui avait été avancé, elle n'a en rien aidé au développement d'une européanisation de la défense, toujours en panne. Et surtout nous avons un comportement relativement passif par rapport au projet de double extension géographique et des missions de l'OTAN. Le risque de transformer en Sainte Alliance, déjà dénoncé par Mitterrand en 1990, est plus actuel que jamais. Doit-on se laisser entrainer dans une organisation qui se transforme en bras armé de l’occident ? Quelle voix particulière faisons-nous entendre ? Allons-nous, lors du sommet de Chicago de mai, rester sans réaction par rapport au projet de défense antimissile, dont le coût est exorbitant, dont l'utilité stratégique est contestable, qui constituerait une relance inutile de la course aux armements, qui est plus destiné à satisfaire les désirs du complexe militaro-industriel que les besoins de sécurité, et qui par ailleurs constitue un désaveu implicite de la politique de dissuasion ?
Le risque de déclassement est bien réel, mais il est plus lié à une absence de réflexion globale sur les évolutions stratégiques mondiales et le rôle de la France dans un contexte mutant. Ce n'est pas la répétition d'arguments repris en boucle dans les cercles otaniens qui peut nous aider à avoir cette vision.
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Les explications alambiquées du Monde pour me refuser un article

Le 1er avril, Le Monde publiait un article du directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). L'auteur plaidait contre toute réduction des dépenses militaires qui aurait eu pour effet de susciter un déclassement stratégique de la France. C'est un point de vue largement répandu dans l’industrie de défense, dont la FRS est très proche. Le Monde a co-organisé un colloque sur les questions stratégiques et les élections avec ce centre de recherche. J'ai proposé au journal un article dans lequel j'argumentais que le déclassement stratégique n'était pas seulement une affaire de crédits, mais également de choix politiques. J'ai envoyé ce texte au Monde aux « Pages débats ». J'ai reçu une réponse type disant que le manque de place empêchait de publier le papier. Il ne n'était même pas proposé de le mettre sur le net. J'ai alerté le responsable des « Pages débats » en m’étonnant qu'un point de vue un peu différent du premier, proposé par le directeur de l'un des principaux centres sur les questions stratégiques dont l'indépendance est reconnue, soit refusé. Il semblait gêné et m'a répondu qu'il allait régler le problème. Après plusieurs relances, je reçois le 13 avril une réponse disant que comme j'avais déjà publié récemment un article dans les « Pages débats » du Monde (en fait début janvier) il n'était pas possible de prendre celui-ci. Lorsque l’on donne des arguments différents et qui se contredisent, pour justifier un choix, on peut penser que les raisons non dites sont plus importantes que celles avancées officiellement. Le Monde a bien sûr parfaitement le droit de choisir les papiers qu’il publie, mais j'ai le droit de ne pas être dupe de ses « explications » et le public d'en être informé. Heureusement, internet, ici comme ailleurs, permet aux opinions non officielles d’exister.

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/pascal-boniface/130412/les-vrais-risques-du-declassement-strategique-de-la-france

 

Voir également :

 * Sarkozy, l'inconstance faite diplomatie, par Jacques Amalric (Alternatives Internationales n° 054 - mars 2012)

 * Comment la France doit-elle se positionner à l'égard du projet de défense antimissile balistique (DAMB) ?

 * Défendre le continent européen, avec qui, contre qui ? par Jean-Pierre Chevènement

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 15:32

Après une interruption de quinze mois, les discussions sur le programme nucléaire iranien ont repris samedi à Istanbul sans que les participants, la République islamique d'un côté et le groupe P5+1 de l'autre, s'attendent à des avancées significatives sur le fond. L'objectif serait plutôt de réamorcer un "processus durable".

La séance plénière a débuté peu avant 08h30 GMT, selon un diplomate proche des négociations.

"J'espère que nous assisterons aujourd'hui au commencement d'un processus durable", a dit Catherine Ashton, la porte-parole de la diplomatie européenne qui coordonne les six puissances impliquées dans la recherche d'une solution à la crise du nucléaire iranien (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie plus l'Allemagne).

"Ce pour quoi nous sommes ici, c'est pour trouver les moyens par lesquels nous pourrons construire de la confiance entre nous et les moyens par lesquels nous pourrons démontrer que l'Iran s'éloigne d'un programme d'armes nucléaires", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Dès vendredi 13 avril, un dîner de travail avait réuni à Istanbul Catherine Ashton et Saeed Jalili, le chef des négociateurs iraniens. Leur dîner a duré trois heures et s'est déroulé, selon un diplomate, dans une "atmosphère amicale". Mais les discussions, a-t-il ajouté, ne se sont pas concentrées sur la question nucléaire.

Jalili a indiqué lui avoir profité de ce dîner pour dire à son interlocutrice qu'il espérait que les grandes puissances gagneraient "la confiance de la nation iranienne". "L'Iran entrera dans ces négociations avec une attitude constructive et insistera sur ses droits", a-t-il ajouté, cité par la télévision publique iranienne.

LE POIDS DES SANCTIONS

Leur dernière entrevue s'était également tenue à Istanbul, en janvier 2011, et n'avait pas permis d'établir un calendrier de négociations.

Cette fois, les deux parties ont laissé entendre qu'elles étaient déterminées à donner une véritable chance au processus diplomatique.

Diplomates et analystes disent cependant ne pas s'attendre à voir des avancées significatives lors de cette réunion.

Au mieux, elle pourrait ouvrir la voie à de nouvelles négociations afin de résoudre un contentieux vieux de dix ans et écarter le spectre d'une intervention militaire contre les installations nucléaires de l'Iran.

Les discussions "seront le point de départ d'une négociation très complexe et durant plusieurs mois, la diplomatie permettra de faire baisser quelque peu la pression sur les cours du brut et de diminuer la probabilité d'une attaque israélienne", estime Cliff Kupchan, analyste spécialiste du Proche-Orient chez Eurasia Group.

L'Iran, dont l'économie fondée sur les hydrocarbures pâtit du durcissement des sanctions internationales, pourrait se laisser convaincre d'aborder enfin d'éventuelles restrictions à son programme nucléaire pour alléger la pression, espèrent ces diplomates occidentaux.

"Comme les revenus pétroliers comptent pour plus de la moitié des recettes du gouvernement, le budget va être soumis à rude épreuve cette année avec la chute des exportations de pétrole due aux sanctions et la réduction de la production iranienne", note Mohamed Chakil, analyste basé dans le Golfe.

Certains espèrent qu'un accord pourra être trouvé pour la tenue de nouveaux rendez-vous si l'Iran propose un calendrier de nature à convaincre les Six qu'il est prêt à discuter de son programme nucléaire, chose qu'il a refusée par le passé exigeant au préalable l'assouplissement des sanctions internationales.

"Chaque partie, pour ses propres raisons, veut donner à ce stade une chance à la paix, et lancer un processus plutôt que de forcer un règlement rapide", commente Michael Adler, du centre international Woodrow Wilson.

MOSCOU CONDAMNE LES SANCTIONS UNILATÉRALES

Si l'Iran accepte de réduire son programme d'enrichissement d'uranium pour obtenir du combustible à 20%, un assouplissement des sanctions pourrait être envisagé.

Un diplomate occidental écarte toutefois l'hypothèse qui verrait les Européens lever leur embargo sur les importations de pétrole, qui doit entrer pleinement en vigueur le 1er juillet. "Nous attendons l'entrée en vigueur de l'embargo pétrolier le 1er juillet et il serait surprenant que l'Iran propose quelque chose de nature à revenir sur ce point", a-t-il dit.

Le négociateur adjoint iranien, Ali Baqeri, a eu des entretiens séparés avec des hauts responsables chinois et russes à Istanbul tandis que les Six se sont rencontrés séparément pour coordonner leur stratégie.

Cité par l'agence officielle de presse iranienne Irna, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a estimé qu'il n'existait pas de preuve tangible que le programme nucléaire de Téhéran possédait une dimension militaire comme le soupçonnent les Occidentaux.

Témoignant de l'absence de cohésion au sein du groupe P5+1, Riabkov a également dénoncé les sanctions américaines qui ont contraint de nombreux autres pays à réduire leurs échanges commerciaux avec l'Iran.

"La Russie condamne les sanctions unilatérales sous toutes leurs formes", a-t-il dit avant sa rencontre avec Baqeri. "C'est une approche, qui si elle est mise en oeuvre, ignore le droit légitime des autres pays et compagnies qui veulent avoir des accords légaux avec les Iraniens".

S'essayant à l'optimisme avant le début des discussions, un diplomate a toutefois admis: "Je ne pense pas que les Iraniens seraient venus s'ils n'avaient pas des intentions sérieuses."

Un autre diplomate juge lui que "les Iraniens envoient des signaux indiquant qu'ils veulent une rencontre sérieuse et constructive".

Source : Reuters (Pierre Sérisier, Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André pour le service français)

Voir également sur ce blog : Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 15:25

Le photographe Nicolas Mingasson a passé près d'un an avec des soldats français déployés en Afghanistan. En accédant à l'intimité des militaires et en gagnant leur confiance, il a découvert l'envers du décors d'un conflit méconnu.

Atlantico : Vous titrez votre livre « La guerre inconnue des Français en Afghanistan ». Qu’a-t-elle d’inconnu ?
Nicolas Mingasson : Inconnue parce qu’il y a de nombreux à-côtés que l’on ne connaît pas. J’ai effectué ce travail huit ou neuf ans après le début de la guerre. Tout ce que j’avais vu dans les médias, c’était des images de combat. Pourtant, ce combat n’est qu’une toute petite partie du temps des soldats français en Afghanistan. J’ai voulu raconté le reste, la partie immergée de l’iceberg.

J’ai compris au fur et à mesure des aller-retours que j’ai effectués en Afghanistan que les gens pouvaient s’y intéresser. De manière très concrète, au cours d’un diner parisien : une amie, architecte, m’a assailli de questions sur ce que j’avais vu. Elle était demandeuse d’un grand niveau de détail sur ce que font et traversent les soldats en Afghanistan au quotidien. Comment ils vivent ? Qu’est-ce qu’ils mangent ?

C’est intéressant : on ne parle pas beaucoup d’eux, ils se sentent délaissés et pourtant, je reste convaincu que le sujet peut toucher le public.

Comment les soldats ont-ils accueilli l’idée de vous avoir sur le dos pendant une aussi longue période ?
Ils ont rapidement été enthousiastes. La première perception que j’ai eu d’eux, c’est une énorme frustration face au constat que les Français ne savent pas ce qu’ils font et ne s’y intéressent pas. Il y a un sentiment de désintérêt général.

Au départ, il y a eu une certaine méfiance. Ils ont parfois eu de mauvaises expériences et le sentiment que des reportages tournés avec eux n’ont pas présenté un rendu exact. Mais très rapidement, ils ont apprécié l’idée que quelqu’un s’intéresse à eux. Ils sont passionnés par leur boulot. Ils en parlent beaucoup et facilement. J’ai rarement été obligé de leur tirer les vers du nez.

J’ai eu la chance de tomber sur un chef de corps exceptionnel qui a accroché à mon projet. Il a estimé que pour que cela fonctionne parfaitement, il fallait que je me retrouve seul avec ses hommes. Il m’a permis de travailler sans avoir d’officier communication derrière moi. Un officier communication a bien tenté, la première fois, de suivre mon travail. Les hommes ont rapidement laissé entendre que tant qu’il serait là, ils ne se confieraient pas. Le chef de corps a rapidement remis les choses au clair.

A titre personnel, je m’étais engagé à faire relire les textes par l’armée. Surtout pour des raisons de sécurité. Il n’y a d’ailleurs pas eu de problèmes avec ce que j’avais écrit. Ils n’ont pas cherché à me restreindre sur certains sujets que j’avais abordés comme du matériel en mauvais état ou d’un soldat qui se prend une cuite, même si ces sujets ne les enchantent pas à priori.

Pourquoi les médias ne traitent-ils pas plus de l’Afghanistan ? Pourquoi se contenter d’évoquer les combats sans rentrer plus dans les détails de la situation et de la vie sur place ?
Il y a une double responsabilité. Une partie incombe à l’armée, qui n’ouvre finalement pas beaucoup les vannes. J’ai eu la chance de pouvoir suivre un soldat et donc d’échapper à la notion de masse de bonhommes en vert. Il y avait un homme, un personnage, un nom. L’armée m’a donc laissé une certaine liberté.

L’autre part de responsabilité revient aux rédactions. On peut s’interroger sur les rédactions et le temps qu’elles accordent à ce sujet. Les médias interrogent systématiquement les hauts responsables des armées, même pour parler du quotidien des soldats sur le terrain.

Avez-vous eu des retours sur votre travail, de la part des soldats ?
J’ai eu un premier retour l’année dernière lors de la publication du journal d’un soldat, auquel j’ai participé. Les retours étaient alors excellents. Ils y ont trouvé une peinture très exacte de ce que eux ont vécu et ressenti sur place. A tel point que ce premier livre a été un moyen de déclencher la parole au sein de leurs couples ou même d'expliquer ce qu’ils ont traversé.

Propos recueillis par Romain Mielcarek

Voir l'article sur Atlantico.fr : http://www.atlantico.fr/decryptage/soldats-francais-en-afghanistan-sont-frustres-que-personne-ne-interesse-eux-nicolas-mingasson-330996.html

 Voir également : Pour une analyse approfondie du comportement des médias à l'égard des évènements qu'ils relatent puis ... oublient avec la même démesure - nouvelle édition -

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 08:19

Eurex, filiale du groupe allemand Deutsche Börse, lancera le 16 avril prochain un nouveau contrat à terme sur les obligations souveraines françaises.

Le lancement des contrats Eurex entretient l'idée selon laquelle la qualité de la dette française serait susceptible de se dégrader par rapport à celle de la dette allemande.

En présentant un instrument de couverture contre le risque souverain, ce contrat à terme permettra en réalité aux investisseurs de parier sur la hausse ou la baisse des titres obligataires français et risque de favoriser une prophétie autoréalisatrice, de la même facon que les fameux Credit Default Swaps (CDS), sur lesquels le Parlement européen a arraché un encadrement réglementaire digne de ce nom en novembre dernier.

Ces nouveaux produits indiquent qu'Eurex anticipe une spéculation contre la dette française alors même que les tensions exercées sur les marchés souverains ne cessent de s'exacerber, l'Espagne ayant dû s'acquitter d'un taux usurier de 6% pour couvrir ses besoins de financement.

La multiplication de ce type de contrats à terme adossé aux obligations souveraines n'est pas neuve : ainsi, un contrat à terme lié à la dette italienne a été créé en 2009, sans remporter le succès escompté.

Une telle initiative acte une fragmentation croissante du marché des capitaux européens et hypothèque un peu plus la création d'euro-obligations, c'est-à-dire la mutualisation des dettes souveraines des pays membres de la zone euro fondée sur une responsabilité conjointe et solidaire.

Alors même que l'Union européenne s'enfonce un peu plus dans la récession, la droite européenne continue à refuser à l'autorité européenne des marchés financiers (AEMF)les moyens de garantir les fondations d'un marché européen de la dette souveraine.

Les initiatives d'acteurs financiers privés pariant sur l'accroissement des divergences economiques entre pays de la zone euro doivent être combattues.

Il est temps que la democratie reprenne ses droits face aux innovations des apprentis sorciers de la finance.  

Voir également sur ce blog : La très étrange absence de la question technologique dans les agendas multilatéraux consacrés à la régulation financière internationale

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 09:16

UE/Maroc : Eneko Landaburu, Chef de la Délégation de l'Union européenne au Maroc a salué, mardi 10 avril 2012, le lancement par S.M. le Roi Mohammed VI, du Régime d'assistance médicale (RAMED).

Pour lui, le RAMED "permettra une extension de la couverture médicale de base et l'amélioration de l'accès aux services de base à près de 8.5 millions de citoyens parmi les plus défavorisés" soit environ 28% de la population.

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