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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 10:22

Il pourrait manquer jusqu'à 6 milliards d'euros de recettes fiscales cette année pour atteindre l'objectif de réduction du déficit public du gouvernement, a déclaré mardi 11 février le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud.

En présentant le rapport annuel de la Cour, il a ajouté que le déficit de l'an dernier pourrait dépasser les 4,1% du PIB prévu jusqu'à présent.

 

La France est "dans une zone dangereuse en raison du poids croissant de sa dette", a dit Didier Migaud.

Pour 2013, "il existe un risque réel que le déficit public excède la dernière prévision du gouvernement de 4,1% du PIB", a-t-il ajouté.

Et pour 2014, "les hypothèses de niveau d'emploi et de progression de la masse salariale du secteur privé apparaissent fragiles, tout comme celles relatives à l'élasticité des recettes", a-t-il poursuivi, estimant jusqu'à 6 milliards d'euros la perte de recettes fiscales possible par rapport à la prévision du gouvernement.

"Compte tenu des nombreuses incertitudes et des risques significatifs que la Cour a relevés, l'atteinte de l'objectif de déficit public en 2014 de 3,6% n'est pas assurée à ce stade", a déclaré Didier Migaud.

Source : Reuters

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 19:59

 

 

Ukraine
 
The Council discussed recent events in Ukraine. The EU follows with deep concern the situation and the continuing political crisis in Ukraine and remains ready to respond quickly to any deterioration on the ground. The Council welcomed the recent steps, in particular the decision to revoke the laws which unduly restricted the exercise of fundamental freedoms. Further efforts are necessary to find a durable solution to the current political crisis.
 
The EU remains committed to supporting Ukraine's reform course. The Council also reiterated its commitment to signing the Association Agreement, including a Deep and Comprehensive Free Trade Area, as soon as Ukraine is ready, convinced that this Agreement does not constitute the final goal in EU-Ukraine cooperation.
 
See Council conclusions.
 
Cuba
 
The Council adopted negotiating directives for a political dialogue and co-operation agreement with the Republic of Cuba. Welcoming the decision, Catherine Ashton said: "I am confident these negotiations will help consolidate our engagement with Cuba. This is not a policy change from the past. Just as we want to support reform and modernisation in Cuba, we have consistently raised human rights concerns which will remain at the core of this relationship."
 
See press release.
 
Central African Republic
 
The Council established the EU military operation in the Central African Republic, which is to contribute to a safe and secure environment in the Bangui region for up to six months, with a view to handing over to African partners. EUFOR RCA is to deploy as soon as possible.
 
At the same time, the Council remains deeply concerned at the security and humanitarian crisis in the Central African Republic and condemned the escalating cycle of violence and retaliation. It welcomed the new transitional authorities in the Central African Republic and reiterated the EU's commitment to support them in their efforts to implement the transition agreement, restore public order and to meet the needs of the population.
 
See Council conclusions, press release and factsheet.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 18:30

Dans une précédente note (Un "front européen" pour l'élection de 2014 ? par Jean-Guy Giraud), il était préconisé la constitution d'un "front commun" des partis politiques pro-européens pour s'opposer - lors des élections européennes de Mai 2014 - à la catastrophe annoncée de Mai 2014 qui risque de remettre en cause soixante années d'efforts en faveur de la construction européenne.

Les deux grands dangers sont clairement identifiés : 
 - un taux d'abstention record, probablement supérieur à 65% 
 - un pourcentage d'environ 30% de votes anti-européens.
Cette note faisait aussi - de façon plus réaliste -  allusion à la nécessité d'un "front civique européen" c'est à dire à la mobilisation de la société civile pour accompagner - ou, le cas échéant, suppléer - celle des partis.          
        
Des associations et des personnalités inquiètes ...

Pour ne prendre que le cas de la France, il existe un nombre considérable (probablement une cinquantaine ...) d'associations pro-européennes réunissant des hommes et des femmes de tous milieux fortement et lucidement attachés à la sauvegarde et à la poursuite de la construction de l'Europe. 

De même, on trouve de nombreuses personnalités influentes des milieux économiques, intellectuels, académiques, journalistiques, etc ... qui partagent la même conviction pro-européenne. 

 Ces associations et ces personnalités sont toutes convaincues du danger que constitue la "catastrophe annoncée" de 2014 et elles expriment publiquement de façon de plus en plus pressante leurs inquiétudes.          

...mais dispersées.
Toutefois, leurs cris d'alarme demeure largement inaudibles pour l'opinion publique du fait de leur caractère aléatoire et dispersé.
Face à la sorte de "négationnisme européen" qui s'exprime brutalement de façon systématique et univoque, ces associations et personnalités n'opposent que des réactions ponctuelles, individuelles, déconnectées - et, finalement, inefficaces - sous forme de nombreux appels, déclarations, manifestations ou alertes, isolés et atomisés.          
L'opinion ne peut pas les entendre et ne peut percevoir l'inspiration et la communauté de pensée qui, pourtant, les relient entre elles.
Tous ces messages ne semblent s'adresser qu'à un cercle restreint d'initiés, membres ou sympathisants - au total quelques milliers de personnes peut-être.  
Pourquoi ne pas les regrouper ?          
Il existe pourtant, en matière politique notamment, une loi et une règle incontournables : l'union seule fait la force.            
Dès lors, ne pourrait-on envisager une initiative visant à regrouper ces associations et personnalités au sein d'une sorte de "front civique européen" qui exprimerait - au delà de toutes considérations idéologiques - leur unique souci de préserver les objectifs et les valeurs de l'entreprise européenne.
Tout en reconnaissant les insuffisances - voire les dérives actuelles - de cette entreprise, le message de ce front serait simple : "Votez pour sauver l'Europe".
Ainsi constitué, ce front aurait la visibilité suffisante pour catalyser et mobiliser un courant  d'opinion pro-européen (aujourd'hui dormant) d'une ampleur peut-être insoupçonnée et inattendue - une sorte de majorité silencieuse aujourd'hui incapable de s'exprimer faute de parti politique ou de grand leader clairement pro-européens - et faute de grand collectif associatif auxquels les gens puissent se rallier.            
 
Un front pour sauver les valeurs européennes  
Il existe en France une tradition selon laquelle, lorsque des valeurs essentielles sont en jeu sur le plan national, se constitue un "front républicain" déterminé à les sauvegarder en unissant, sans les confondre, toutes les forces de résistance.
Cette analogie est-elle de mise, ici et aujourd'hui, en matière européenne ? À chacun d'en juger après avoir pesé le pour et le contre.
Parmi celles qui partagent cette analyse, quelles associations ou quelles personnalités prendront l'initiative de ce regroupement ? 
 Nous aurions sans doute à regretter, au lendemain du 25 Mai, de ne pas avoir tout tenté pour prévenir ensemble la catastrophe annoncée - alors même que, séparément, chacun d'entre nous se serait mobilisé en vain.          
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:57

 

 

 

 

UE, Russie et Partenariat oriental :
quelles dynamiques sous le nouveau gouvernement allemand ?

 

Cet article est le fruit de la coopération entre le Centre Russie-NEI et le Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa), Ifri

Le sommet du Partenariat oriental qui s’est tenu à Vilnius en novembre 2013 a révélé que la politique de l’Union européenne (UE) envers ses voisins orientaux est devenue une source de graves tensions entre l’UE et la Russie. Ce sommet a été assombri par le refus du gouvernement ukrainien de signer un accord d’association avec l’UE et par les manifestations de masse qui se sont succédé à Kiev à la suite de cette décision.

Cet article analyse les relations entre l’UE et les pays membres du partenariat oriental et démontre que chacun d’entre eux est tiraillé entre renforcer ses relations avec l’UE et rejoindre l’Union douanière dominée par la Russie. Bien que l’UE soit plutôt réticente à engager un rapport de force avec la Russie concernant le « voisinage commun », le Partenariat oriental a indéniablement conduit à des relations tendues avec la Russie. Cet article souligne la difficulté, au niveau européen, à constituer une position unifiée claire sur la Russie, en raison notamment de la position de l’Allemagne, laquelle n’a par le passé souvent pas aligné son attitude vis-à-vis de la Russie sur celles de ses partenaires européens. Les relations politiques germano-russes ont cependant évolué depuis 2012, le gouvernement conduit par Angela Merkel se montrant davantage critique envers les développements politiques en Russie. Même si la nouvelle « grande coalition », avec Frank-Walter Steinmeier au poste de ministre des Affaires étrangères, va se montrer plus conciliante envers le Kremlin, le gouvernement allemand devrait toutefois rapprocher davantage ses positions sur la Russie de celles de ses partenaires européens, tout en n’hésitant pas à critiquer le Kremlin si le gouvernement russe cherche à porter préjudice au Partenariat oriental.

Dominik Tolksdorf est Transatlantic Post-Doctoral Fellow for International Relations and Security (TAPIR) à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Ses travaux de recherche sont principalement consacrés aux relations extérieures de l’Union européenne et notamment aux politiques de préadhésion, de voisinage et de gestion de crise.

 


Visionnez l’entretien avec Dominik Tolksdorf (en anglais)

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:24

Le président français est reçu aujourd'hui par Barack Obama. Alors que l'Elysée a été piraté en octobre par la NSA, l'Hexagone a-t-il une chance d'obtenir un accord de non-espionnage ? Saura-t-il se faire entendre sur la négociation du traité de libre-échange entre Washington et Bruxelles ? Quid de la coopération militaire ?

Atlantico : Le président Hollande est reçu aujourd'hui par Barack Obama avec tous les honneurs réservés par la diplomatie américaine, le président étant convié à bord d'Air Force One pour se rendre dans la villa emblématique de Thomas Jefferson à Monticello. Comment interpréter ce traitement de faveur relativement exceptionnel pour un dirigeant français ?

Nicolas Mazzuchi : Les Etats-Unis se trouvent dans une position particulière vis-à-vis des dirigeants européens et de la France en particulier. La volonté américaine de renforcer la position économique des Etats-Unis dans le monde avec deux traités, le Transatlantique pour l’Europe et le Transpacifique pour l’Asie et l’Amérique latine, oblige Barack Obama à faire assaut de charme en direction des leaders d’opinion de ces ensembles régionaux. En ce sens, le traitement réservé à François Hollande se comprend comme une volonté d’amadouer la France qui a toujours été depuis le général de Gaulle le pays le plus méfiant vis-à-vis des initiatives américaines visant le continent européen.

Frédéric Encel : Ces égards ont des raisons conjoncturelles et structurelles. D'abord, François Hollande se distingue de ses (lointains) prédécesseurs par un atlantisme sincère et précieux pour Barack Obama. Il en est ainsi du soutien français - sinon de la position de pointe française ! - lors de la crise syrienne de l'été 2013. Ensuite, il faut avoir à l'esprit que la France, en dépit de quelques querelles dont la dernière remonte tout de même déjà à 2003 (sur l'Irak), n'a en définitive jamais fait défaut à tout type d'alliance avec les Etats-Unis. Deux bonnes raisons qui contribuent à expliquer ce traitement de faveur.

Jean-Bernard Pinatel : Obama accueille son plus fidèle vassal très affaibli et cherche à le conforter aux yeux de l’opinion française par des gestes symboliques comme son invitation à bord d'Air Force One et leur visite à la villa emblématique de Thomas Jefferson à Monticello.

En effet, François Hollande a tout pour plaire au Président américain. Il est le plus atlantiste des Présidents de la 5ème république. Il n’a pratiquement pas protesté dans l’affaire des écoutes de la NSA. Il soutient avec zèle, en faisant fi des intérêts supérieurs de la France, toutes les positions américaines concernant tous les dossiers internationaux : conflit israélo-palestinien, Ukraine, Irak, Syrie, Russie, Ukraine, Turquie, etc. Il est discipliné et pas rancunier quand les américains le lâchent sur la Syrie et sur l’Iran et s’entendent sur son dos avec les Russes sur les armes chimiques et le nucléaire iranien.

Alors que l'Elysée a été piraté en octobre 2013 par la NSA, la question d'un éventuel accord de non-espionnage est sur toutes les lèvres, l'Angleterre et l'Allemagne plaidant elles-mêmes pour l'adoption d'un traité. L'Hexagone a-t-il une chance d'être entendu sur un tel sujet ?

Jean-Bernard Pinatel : Comme je le disais, François Hollande n’a pratiquement pas protesté dans l’affaire des écoutes de la NSA alors qu’Angela Merkel s’est montrée très critique vis-à-vis des Etats-Unis et souhaite qu’un traité de non espionnage soit signé. Obama prononcera certainement des paroles rassurantes sur ce sujet mais les services américains continueront de nous espionner et de transmettre aux compagnies américaines toutes les informations confidentielles sur nos entreprises qu’ils auront pu recueillir.

Frédéric Encel : Franchement, si la France est seule à le revendiquer, non ! Du point de vue du partage du renseignement, et surtout de la protection vis-à-vis d'agences, alliées certes, mais un peu trop curieuses à notre goût, il faut réclamer collectivement, avec nos partenaires européens.

Nicolas Mazzuchi : L’espionnage entre alliés a toujours existé et il faut en être conscient ; non pas que ce soit « normal » mais cela fait partie des pratiques. Le souci dans cette affaire est que plusieurs pays, dont l’Allemagne, pensaient qu’en coopérant pleinement avec Washington cela les mettait à l’abri de manœuvres d’espionnage. La désillusion n’en a été que plus grande pour ces derniers lors de la découverte de l’interception des communications de la Chancelière.

Un tel accord, même s’il peut être ardemment souhaité par les principaux pays européens, a peu de chances d’être entendu à partir du moment où les Etats-Unis considèrent qu’il s’agit là d’une question de sécurité nationale. Ils craignent en effet que l’insuffisance des moyens de renseignement européens ne puisse leur être à terme préjudiciable avec la possibilité que des services européens ne laissent passer d’éventuels terroristes en direction des Etats-Unis.

En outre, le système du renseignement américain fonctionnant aussi au service des entreprises nationales, ce serait se priver d’une arme de guerre économique très efficace pour une puissance dont l’économie, même si elle redécolle, peine à retrouver son niveau d’avant la crise. Il faut rappeler que les principaux compétiteurs des entreprises américaines restent, pour le moment, les entreprises européennes et que, dans ce cas, tout avantage est bon à prendre dans la compétition internationale ; y compris l’espionnage économique.

La négociation du traité de libre-échange entre Washington et Bruxelles est toujours en cours bien que des inquiétudes existent des deux côtés de l'Atlantique en termes d'impact économiques négatifs. Après la timide victoire sur l'exception culturelle française, quels sont les leviers de négociation disponible pour François Hollande sur ce domaine ?

Frédéric Encel : Ces chances sont rares et faibles. Autant sur le plan culturel voir au niveau militaire - en Afrique notamment - Paris peut efficacement donner de la voix, autant sur les questions économiques et financières, il nous faut impérativement nous présenter aux côtés de l'Allemagne, sans quoi nous risquons de ne pas être entendus...

Nicolas Mazzuchi : Pour le moment, aucun ne semble se détacher pleinement. Les Européens ne sont pas d’accord sur les éléments à protéger. La définition des secteurs stratégiques, quand elle existe, n’est pas la même selon les pays et F. Hollande ne se rend pas à Washington avec un mandat de négociation pour l’Europe. Les Etats-Unis ont tout intérêt à jouer des désirs de chaque pays européen contre ceux de ses voisins pour imposer un accord le plus global possible. L’exception culturelle est un élément qui peut être d’autant mieux admis que l’Europe a toujours été regardée dans le monde comme LE continent de la culture. Pour ce qui est des autres secteurs, la disparité entre la France et ses voisins semble malheureusement trop grande pour espérer obtenir un front uni.

La question de la coopération militaire entre les deux pays n'est pas négligeable, les Américains ayant affirmé qu'ils souhaitaient s'engager d'avantage en Afrique ou la France entretient plusieurs opérations extérieures. Alors que l'aide de Washington avait été très timide pour le Mali et la Centrafrique, peut-on imaginer qu'elle se renforce à l'avenir ? Dans quelles proportions ?

Nicolas Mazzuchi : En fait l’aide américaine a été décisive pour les opérations françaises en Afrique. Les Etats-Unis ont fourni des moyens logistiques et de renseignement, via notamment leurs drones, qui se sont avérés indispensables à la réussite de ces opérations de projection. En outre, les Américains sont extrêmement contents que la France ait pris l’initiative sur les dossiers malien et centrafricain puisqu’eux-mêmes ne souhaitaient pas s’impliquer dans la région ; leurs dernières expériences africaines (Somalie en 1992) n’ayant pas été de francs succès. Cette coopération militaire ad hoc relève donc d’une double volonté qui peut aussi se comprendre côté américain dans l’optique de la limitation des engagements (retraits d’Irak et d’Afghanistan) pour se réorienter vers le Pacifique.

Les Etats-Unis ont ainsi pu constater que la France reste la seule puissance militaire crédible d’Europe, capable de se projeter hors de son continent d’origine - tant sur le plan des moyens que de la volonté politique – et cela signe le retour d’une certaine forme d’alliance privilégiée franco-américaine. Même s’il serait simpliste de voir les choses sous cet angle, il est possible de considérer que les Etats-Unis voient la France comme leur porte de sortie pour les engagements éventuels dans une zone Europe-Maghreb-Afrique où ils ne veulent plus être aussi présents que par le passé.

Frédéric Encel : Peu de chances de voir les Etats-Unis renforcer considérablement leur coopération militaire en Afrique dans les prochaines années, pour deux raisons : d'une part ils se réorientent vers l'Asie de l'Est et le Pacifique Nord (zones dont la  France est pratiquement absente), d'autre part la France joue déjà le rôle de gendarme stabilisateur, à leurs yeux de façon assez efficace. En Libye en 2011, au Mali en 2013, en Centrafrique début 2014, Washington a soutenu Paris sur le plan diplomatique et logistique, pas davantage. Le temps est révolu où les présidents Bush père et Clinton dépêchaient en Somalie des milliers de soldats pour châtier des seigneurs de la guerre et sauver des populations de la famine... et ramener des dizaines de cercueils dans l'opprobre générale ! Cela dit, les Etats-Unis maintiennent des bases importantes, comme à Djibouti, et des flottes puissantes à proximité de zones stratégiques (canal de Suez, golfe d'Aden, etc.). Dans tous les cas de figure, Paris et Washington se retrouvent à coopérer. L'unique véritable antagonisme est commercial, qui se situe au niveau des chasseurs bombardiers. Là, nos Rafale sont très, très durement concurrencés par les matériels US...

Jean-Bernard Pinatel : Il est des dossiers où nous avons des intérêts communs. La lutte anti-terroriste est le premier domaine où la coopération entre les services des deux pays s’avère exemplaire, pour le bénéfice sécuritaire de tous. En Afrique, Barack Obama, comme Carter dans les années 1970, répugne à s’engager au moment où il doit gérer la fin de l’aventure Afghane face à un président Karsaï qui louvoie entre les influences contradictoires qui s’exercent dans son pays, au cœur d’enjeux géopolitiques vitaux pour de multiples acteurs régionaux et internationaux. Obama est reconnaissant envers Hollande qui, après avoir pourtant dénoncé le France-Afrique de son prédécesseur durant sa campagne électorale, a chaussé ses bottes sans aucun complexe et a obtenu des succès importants au Sahel contre AQMI et le Mujao grâce à l’efficacité opérationnelle de l’Armée Française qu’il va malheureusement affaiblir en réduisant encore ses effectifs  et son budget.

Par ailleurs, les relations entre L'UE et les Etats-Unis semblent peu chaleureuses alors qu'une diplomate américaine a récemment manifesté son mécontentement face à la gestion européenne de la crise ukrainienne. Une meilleure coopération sur le sujet semble-t-elle envisageable ?

Nicolas Mazzuchi : Il y a toujours eu deux courants dans la diplomatie américaine, entre des europhiles désireux d’entretenir de bonnes relations avec l’Union Européenne, ne serait-ce que pour mieux y faire de l’entrisme de manière très pragmatique, et ceux qui considèrent que c’est une structure pachydermique incapable d’avancer sur les vrais problèmes. De ce point de vue cela ressemble beaucoup aux débats intra-européens. La question de l’Ukraine et, de manière plus large des Etats d’ex-URSS, a toujours empoisonné les relations trilatérales Etats-Unis – UE – Russie. Si l’intégration des pays baltes dans l’UE s’est bien passée, c’est qu’elle relevait d’une volonté commune nette et d’une communauté de culture marquée. Le cas ukrainien présente des déterminants totalement différents ; le pays est proche culturellement de la Russie – même si une fracture géographique existe entre Est et Ouest – a été sous domination russe depuis plus longtemps et représente pour Moscou un point d’intérêt géopolitique majeur. La Révolution Orange puis l’échec de Viktor Iouchtchenko en 2010 ont été des éléments d’une lutte d’influence américano-russe qui se poursuit aujourd’hui. Les Etats-Unis souhaiteraient un positionnement clair de l’UE sur le sujet mais les relations de nombreux pays de l’Union avec la Russie et de la complexité de la problématique intérieure au pays font que les Européens ne veulent pas être entrainés dans ce qui s’apparente à un « piège » géopolitique.

 

 

 

 

Au-delà de ces thématiques très visibles, quels sont les sujets que le président français se devrait d'aborder ?

Nicolas Mazzuchi : De nombreuses questions devraient être abordées, mais au-delà de celles bilatérales entre Etats-Unis et France, je pense que les questions multilatérales de coopération dans les organisations internationales, sur le climat, la sécurité (sur le nucléaire iranien par exemple), le commerce devraient occuper une bonne part des échanges puisque la position américaine en ces domaines reste prépondérante. Il s’agirait d’obtenir des assurances ou, à défaut, de connaitre les positions américaines sur ces sujets majeurs pour ensuite être capable de manœuvrer internationalement de manière plus efficace en se positionnant vis-à-vis d’un pays qui demeure la première puissance mondiale. En ce sens François Hollande devrait se servir de cette rencontre pour écarter un peu le brouillard inhérent aux relations internationales.

Frédéric Encel : Je dirais que sur deux thématiques au moins, la défense des Droits de l'homme et le soutien aux démocrates arabes en premier lieu, et le maintien d'une présence militaire américaine substantielle en Méditerranée et à l'est de l'Europe en second lieu, le président français pourrait solliciter l'attention de son homologue. Sachant que dès les midterms de novembre, Obama entrera dans une fin de parcours paralysante, celle du second et dernier mandat.

Jean-Bernard Pinatel : Pour les américains, la France a envoyé un signal hostile au business avec la taxe démagogique à 75% instauré par François Hollande à des fins électoralistes. La sanction ne s’est pas fait attendre : les nouveaux investissements directs étrangers (IDE) en France ont chuté de 77 % en 2013, pour se situer à 5,7 milliards de dollars, soit 4,1 milliards d'euros, selon les données publiées mardi 28 janvier par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). François Hollande arrivera-t-il à rassurer les investisseurs américains alors que ses services luttent contre l’optimisation fiscale et viennent de taxer une des plus emblématiques entreprise américaine, Google, d’un redressement faramineux ? Surement pas par des discours en l’absence de mesures concrètes sur l’abaissement des charges et la flexibilité du marché du travail.

De plus, l’affaire Trierweiler-Gayet a offusqué une Amérique profonde, religieuse et attachée à la famille pour lesquels un Président doit être exemplaire. Leurs représentants ont sanctionné ce comportement en n’invitant pas François Hollande à s’exprimer devant eux, honneur pourtant accordé avant lui à tous les Présidents de la Vème République sauf à François Mitterrand, coupable d’avoir pris des ministres communistes à l’heure de la guerre froide.

En conclusion, François Hollande devra se contenter d’un satisfecit appuyé d’Obama dans le domaine de la sécurité qui récompensera autant les décisions de François Hollande d’intervenir en Afrique que son alignement zélé sur les positions américaines en Europe et au Moyen-Orient.

Jamais un Président français n’a fait preuve d’une position aussi servile par rapport aux intérêts américains. Va-t-il, pour autant, en tirer quelques avantages pour la France ?

Rien n’est moins sûr.

 

 

Frédéric Encel est docteur en géopolitique HDR, professeur à l'ESG Management School, maître de conférences à Sciences-Po Paris. Il vient de publier De quelques idées reçues sur le monde contemporain (Autrement, 2013).

 

Jean-Bernard Pinatel est Général (2S) et dirigeant d'entreprise, expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.  Il est l'auteur de "Russie, Alliance vitale" paru dernièrement aux éditions Choiseul.  Il anime aussi le blog : www.geopolitique-géostratégie.fr

 

Nicolas Mazzucchi est géoéconomiste spécialiste des questions énergétiques. Il est chercheur associé à l’IRIS, fondateur du cabinet Polemos Consulting et professeur associé à l’Ecole de Guerre Economique, HEC et Sciences-Po Lille.


Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/francois-hollande-washington-que-france-vraiment-besoin-dire-aux-americains-jean-bernard-pinatel-nicolas-mazzucchi-976396.html#zxs6bhH43dHjqUz4.99

 

 

Voir également : Du fort tropisme atlantique du gouvernement Hollande - Ayrault !

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 15:13

Le Conseil a établi aujourd'hui une opération militaire de l'UE qui contribuera à créer un environnement sécurisé en République centrafricaine, comme l'a autorisé le Conseil de sécurité dans sa résolution 2134 (2014). La décision adoptée ce jour arrête la base juridique de l'opération baptisée EUFOR RCA; une étape de plus est ainsi franchie vers son déploiement à bref délai. 

EUFOR RCA a pour but de fournir un appui temporaire à la création d'un environnement sûr et sécurisé dans la zone de Bangui, l'objectif étant de passer le relais aux partenaires africains. Cette force contribuera par conséquent aux efforts déployés au niveau international pour protéger les populations les plus menacées, en créant les conditions propices à la fourniture d’une aide humanitaire. 

Mme Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, a déclaré ce jour: 

"Nous avons promptement réagi à la grave crise qui touche la République centrafricaine.    

Nous utilisons tous les instruments dont nous disposons, qu'il s'agisse de l'aide humanitaire, d'un appui politique à la transition ou de notre coopération au développement à long terme. Mais la priorité absolue est de protéger la population civile contre de nouveaux actes de violence, de faire en sorte que les citoyens de la République centrafricaine puissent vivre sans crainte et commencer à rebâtir leur pays, et de nous assurer que l'aide humanitaire peut être acheminée. Le déploiement d'EUFOR RCA aura lieu dès que possible, afin de soutenir les efforts remarquables engagés par la France et nos partenaires africains." 

Le Conseil a en outre nommé le général de division Philippe Pontiès (France) Commandant de l'opération de l'UE. Il a par ailleurs estimé les coûts communs de l'opération à 25,9 millions d'euros pour une durée de neuf mois au maximum comprenant une phase préparatoire de trois mois et un mandat de six mois au maximum après avoir atteint la pleine capacité opérationnelle. 

L'état-major opérationnel de l'EUFOR RCA sera situé à Larissa, en Grèce, tandis que l'état-major de force et les contingents seront situés à Bangui, en République centrafricaine. 

Des préparatifs pour le déploiement de l'opération sont actuellement menés dans le cadre de procédures accélérées. Le lancement des opérations nécessitera l'adoption d'un acte juridique distinct. 

Pour en savoir plus: 

Conclusions du Conseil sur la République centrafricaine, du 20 janvier 2014

Fiche d'information sur la République centrafricaine : http://eeas.europa.eu/statements/docs/2014/140117_03_fr.pdf 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 13:05

Le Conseil a adopté ce jour des directives de négociation en vue de la conclusion d'un accord bilatéral de dialogue politique et de coopération avec Cuba. 

Se félicitant de cette décision, Mme Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union et vice-présidente de la Commission, a fait la déclaration suivante: "Je suis convaincue que ces négociations contribueront à resserrer les liens avec Cuba. J'espère que Cuba saisira l'occasion qui lui est offerte et que nous pourrons bientôt oeuvrer au renforcement de notre relation. Il ne s'agit pas d'une rupture par rapport à la politique menée par le passé: nous tenons à soutenir les réformes et le processus de modernisation à Cuba, tout en continuant d'exprimer nos préoccupations concernant les droits de l'homme, comme nous l'avons toujours fait. J'espère aussi que Cuba fera le nécessaire de son côté, notamment en ce qui concerne les droits de l'homme. Le rythme des négociations en dépendra.".    

Un accord bilatéral aurait pour effet de renforcer la relation UE-Cuba et fournirait un cadre solide pour un dialogue constructif et une meilleure coopération. Il contribuerait à promouvoir efficacement les intérêts et les valeurs de l'UE à Cuba et garantirait la continuité des objectifs stratégiques de l'UE, y compris pour ce qui est du soutien au processus de réforme et de modernisation qui est en cours, de la promotion des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que du renforcement de la coopération au développement.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 12:07

Les résultats de la votation suisse sur l'immigration et l'instauration d'une préférence nationale ont surpris les milieux européens qui estimaient encore, à la veille du scrutin, que le « oui » ne l'emporterait pas.

Les mises en garde préalables de José Manuel Barroso, le président de la Commission, et de Viviane Reding, la commissaire à la justice et aux droits fondamentaux, n'ont apparemment pas suffi à décourager les adversaires de la libre-circulation.

Dimanche, la Commission a publié une très brève réaction évoquant son « regret ». Selon elle, la votation « va à l'encontre du principe de libre-circulation des personnes entre l'UE et la Suisse ». L'Union, indique ce communiqué, examinera dès lors « les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations » entre les Vingt-Huit et Berne. « Dans ce contexte la position du Conseil fédéral sera aussi prise en compte. »

REPLIS NATIONALISTES

Interrogé par la Radio suisse romande, le ministre luxembourgeois des affaires étrangères, Jean Asselborn, a été l'un des premiers à réagir. « Il faut accepter le choix du peuple suisse mais cela aura des conséquences », a-t-il indiqué. Pour le ministre, « la libre-circulation des citoyens européens a un pendant, c'est le marché intérieur. La liberté de circuler ne saurait être bradée, ni dans son principe, ni dans ses réalisations. Et le peuple suisse doit respecter les valeurs de l'UE ».

Pour M. Asselborn qui, dit-il, « refuse d'être radical », le vote de dimanche représente « en quelque sorte un coup d'arrêt aux relations anciennes entre la Suisse et l'UE ». Il estime que la politique du gouvernement britannique dans le domaine des prestations sociales pour les travailleurs de l'Est ou certains discours d'extrême droite ont pu influencer de manière négative le débat helvétique.ans un bureau de vote, le 9 février à Zurich. | AP/WALTER BI

 

Interrogé par Le Monde, le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, estime également que les débats sur l'immigration qui agitent divers pays européens ainsi que les replis nationalistes ou régionaux, conjugués aux impacts de la crise économique, peuvent expliquer « l'agitation » du moment.

Selon lui, les ministres affaires étrangères des Vingt-Huit, qui seront en réunion à Bruxelles lundi, devront examiner « les conséquences du vote pour la Confédération helvétique et les leçons qu'elle devra tirer ». « Nous devrons interroger ses responsables sur la manière dont ils traduiront dans la réalité le résultat de la votation », souligne le ministre belge.

« LA SUISSE A PROFITÉ DE L'IMMIGRATION EUROPÉENNE »

Au Parlement européen, Hannes Swoboda, leader du groupe socialiste, a évoqué « le recul inquiétant » qu'implique le résultat de dimanche : « La Suisse tourne le dos à l'un des éléments les plus importants de sa relation avec l'UE (…) L'immigration n'est pas une menace mais un atout appréciable pour le développement économique et social de tout Etat moderne. »

Pour l'eurodéputé social-démocrate, « la Suisse a longtemps profité de l'immigration européenne », et si elle suspend cette dernière « elle ne sera plus en mesure de compter sur les bénéfices économiques et commerciaux dont elle jouit à l'heure actuelle ».

Dimanche soir, Berlin a réagi à son tour à une décision qui va « créer de nombreuses difficultés » à la Confédération, selon le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble. Le plus européen des ministres d'Angela Merkel a déclaré dans une interview à la télévision publique allemande ARD : « La Suisse ne le prendra pas mal si je dis que nous regrettons cette décision. (…) Cela montre un peu, naturellement, que dans ce monde de la globalisation les gens ressentent un malaise grandissant vis- à-vis de la liberté complète d'installation (…) Je crois que nous devons tous prendre cela au sérieux. »

Lire : Suisse : « Un vote identitaire contre l'immigration, pas contre l'Europe »

Lire : Suisse : les jeunes de l'UDC n'en « reviennent pas » de leur victoire

 

 

Voir également : La Suisse illustre la tentation xénophobe en voulant refermer ses frontières (Euractiv.fr)

La presse européenne s'interroge sur les conséquences du vote suisse pour l'UE

En Allemagne, le journal conservateur Die Welt estime que « la Suisse doit revoir sa proximité avec l'UE ». « Continuer comme ça n'est pas une option. L'UDC va apprendre à quel point il est difficile de séparer les aspects positifs des contrats bilatéraux avec Bruxelles des aspects non désirés », souligne le quotidien. En revanche, le Berliner Zeitung se montre plus compréhensif : « Ceux qui se moquent ici de la peur d'être envahi par les étrangers devraient au moins réfléchir au fait qu'en Suisse, le pourcentage des étrangers est, avec 23 % de la population totale, presque trois fois plus important qu'en Allemagne. »

 

Le quotidien belge Le Soir titre de façon provocatrice : « Les Suisses aux Européens : dehors ! » Le quotidien francophone note que « c'est tout l'échafaudage des accords bilatéraux de la Suisse avec l'Union européenne qui est assuré de s'écrouler, pour 19 516 voix sur près de 3 millions de votants ».

 

En Espagne, le quotidien de centre gauche El Pais juge, lui, que « ce résultat contraindra l'Union européenne à repenser son étroite relation avec la Suisse et met fin à la libre-circulation des personnes en vigueur depuis 2002 ». Dans son éditorial, El Pais affirme que « a victoire des opposants à “l'immigration de masse” en Suisse aura des conséquences pour tout le monde en Europe ». « Non seulement cela remet en question l'accord sur la libre-circulation des personnes établi avec l'UE, mais cela reflète aussi l'agitation populiste et xénophobe parcourant le Vieux Continent moins de trois mois avant les élections européennes. »

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:30

Sitôt après avoir signé l’accord intérimaire sur le nucléaire avec ses partenaires du P 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne), l’Iran a lancé une offensive diplomatique de charme auprès des pays du Golfe. Pour la majorité des monarchies de la région, l’Iran est encore perçu comme un voisin menaçant ; la signature de l’accord intérimaire avait donc été accueillie avec réserve dans un premier temps, la crainte étant que les Occidentaux aient pu céder devant l’Iran. La multiplication des critiques très fermes à Riyad vis à vis des Américains, accusés de se désengager de la région, pèse naturellement sur la perception que les pays du Golfe peuvent avoir. 

Il était donc devenu important pour le gouvernement iranien de reprendre avec ses voisins un contact qui s’était fortement distendu durant la période où M. Ahmadinedjad était au pouvoir. Le ministre des Affaires étrangères iranien, M. Zarif, s’est ainsi rendu successivement à Koweït, à Mascate et à Doha au début du mois de décembre; peu avant, c’est le ministre des Affaires étrangères émirien qui s’était rendu à Téhéran. Le message exprimé par l’Iran auprès de tous ses interlocuteurs de la région est double : d’une part, l’Iran souhaite ouvrir une nouvelle page dans les relations avec les pays du Golfe, hors de la tutelle des grandes puissances ; et, d’autre part, l’accord signé avec le P5 est également dans l’intérêt de ses voisins, car il permet d’espérer à terme qu’il n’y ait pas d’armes de destruction massive installées dans la région. Ces messages sont manifestement bien passés et la presse n’a fait état d’aucune fausse note durant les visites du ministre iranien. 

En revanche, M. Mohammad Javad Zarif ne s’est pas rendu en Arabie Saoudite, où il n’est pas le bienvenu. Deux contentieux majeurs opposent en effet les deux capitales : les Saoudiens ne font pas mystère de leur volonté de mettre un terme aux ambitions nucléaires de l’Iran, y compris par la manière forte ; en outre, une lecture binaire des enjeux de sécurité dans la région, réduits à un conflit entre sunnites et chiites, les place en opposition frontale avec Téhéran. Dans cette situation les Saoudiens estiment que les Occidentaux jouent un jeu dangereux avec l’Iran et affichent une volonté de ne pas rester les bras croisés. Riyad voit d’ailleurs la main de l’Iran dans la tension qui règne à Bahreïn, où une majorité chiite s’oppose au pouvoir exercé par une dynastie sunnite. M. Mohammad Javad Zarif n’a pas moins profité de ses visites dans le Golfe pour adresser un message clair aux Saoudiens: se déclarant prêt à se rendre à Riyad, il a appelé l’Arabie Saoudite à travailler avec l’Iran pour promouvoir la paix et la stabilité dans la région. 

Le sommet du Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG) qui s’est tenue à Koweït, le 10 décembre, offre une assez bonne mesure de l’état d’esprit dans le Golfe après cette série de visite. Le communiqué final frappe par sa modération : après un rappel obligé de la nécessité de régler la question des ilots occupés par le Shah d’Iran, le communiqué réagit favorablement à l’appel au dialogue lancé par l’Iran et se félicite de la signature de l’accord intérimaire sur le nucléaire. 

Toutefois, derrière cette unité de façade les choses semblent avoir été plus compliquées. L’Arabie Saoudite a échoué dans son intention de rallier ses voisins dans une opposition à l’Iran. Au désaveu sur le plan des principes, s’ajoute également un rejet de la volonté saoudienne d’encadrer l’organisation politique du Golfe, à travers son projet d’intégration politique du CCEAG et de création. 

d’une organisation militaire. Mascate en particulier est bien déterminé à préserver ses relations traditionnelles avec l’Iran, et a joué un rôle déterminant pour affaiblir la proposition saoudienne. Les indications qui ont filtré sur l’organisation des rencontres entre Américains et Iraniens à Oman, afin de préparer l’accord intérimaire de novembre, n’ont pas facilité la discussion. Dans des déclarations ultérieures, tout à fait inhabituelles, un représentant officiel d’Oman a même envisagé l’hypothèse d’un retrait du Sultanat au cas où le CCEAG s’engagerait dans la voie proposée par les Saoudiens. 

Le choix stratégique de Riyad de tout faire porter sur le conflit entre Sunnites et Chiites passe mal auprès de ses voisins. L’Arabie Saoudite est isolée sur le dossier syrien depuis que Qatar et la Turquie ont cessé de fournir des armes à l’opposition, et l’extension du conflit au Liban n’est pas de nature à rassurer. La grille de lecture adoptée par les Saoudiens a également atteint ses limites dans le Golfe ou la manière forte est impuissante à faire baisser la tension à Bahreïn. Quant à Koweït où il existe une minorité chiite importante, la prudence est de mise. 

Il semble aussi qu’un éclat ait eu lieu entre Saoudiens et Qatariens, les premiers reprochant aux seconds de continuer à soutenir les Frères Musulmans en Egypte. L’épisode est loin d’être anecdotique si l’on se souvient de la façon brutale dont le nouveau chef d’Etat qatarien avait été traité au début de l’année par les Saoudiens qui pouvaient espérer une baisse de profil de la part de la diplomatie de l’Emirat. L’éclat prend d’autant plus de relief que c’est désormais le Qatar qui assure la présidence du CCEAG. 

La réunion du « dialogue de Manama », au début décembre, a confirmé l’impression qu’un dialogue pourrait s’ouvrir avec l’Iran. Cette réunion annuelle est une initiative américaine sous l’égide de l’IISS (International Institute for Strategic Studies) ; elle réunit chaque année des experts et des responsables de très haut niveau. L’Iran était représenté par son ancien négociateur sur le nucléaire M. Moussavian. Il a été reconnu que l’accord intérimaire constitue bien un élément positif, même si les positions sont jugées éloignées entre Américains et Iraniens. L’Iran a en tout cas trouvé à Mascate l’occasion de renouveler sa volonté d’engager le dialogue. 

Le bilan diplomatique du mois de décembre est positif pour Téhéran, et de leur côté les monarchies du Golfe peuvent espérer une nouvelle relation avec l’Iran. Leur intérêt les pousse en ce sens et elles auraient tout à gagner si la stabilité s’installait dans leur région. Mais leur pouvoir d’initiative est limité car le jeu leur échappe largement et l’hypothèse avancée par l’Arabie saoudite d’une participation du GGEAG aux négociations à 5+1 a disparu, sitôt envisagée. Les ouvertures du ministre des affaires étrangères iranien ont été écoutées avec intérêt et la réponse qui pourra leur être faite dépend maintenant du résultat de la négociation sur le nucléaire. 

La période qui s’ouvre permettra de se rendre compte si les offres de Téhéran représentent un nouvel habillage d’une politique agressive ou si, au contraire, l’Iran peut s’engager dans une politique d’équilibre avec ses partenaires. Il est intéressant de noter qu’au moment où Téhéran cherche à sortir de son isolement, paraît aux Etats-Unis un ouvrage rédigé par un universitaire iranien réputé, M. Ruhi Ramazani, intitulé « Independance without Freedom », qui développe l’idée selon laquelle cette seconde option constitue une tradition pour l’Iran.

Michel Roche est Consultant indépendant, Associé au groupe d’analyse de JFC Conseil  

Source : http://www.jfcconseilmed.fr/files/14-01-10---Roche--L-Iran-et-les-Etats-du-Golfe.pdf

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:06
Contexte : 

 

Afin de remettre au  cœur du dispositif législatif les citoyens européens, le Comité économique et social européen, le Comité des Régions et le Parlement européen ont signé un accord tripartite, mercredi 5 février 2014, à Strasbourg.

Président français du CESE depuis mars 2013, Henri Malosse parle à cet égard d’un « pôle citoyen ».

 

Le Parlement européen, le Comité des Régions et le Conseil Economique Social Européen (CESE) ont signé un accord pour créer un pôle citoyen européen. Henri Malosse, le président du CESE, parle de "sauver l'idée de Jean Monnet".

 

Le président du CESE, auditionné au Sénat le 5 février, a déclaré avoir conscience du décalage croissant entre l’UE, ses institutions et les citoyens européens. « Il existe l’idée commune que l’UE s’occupe de trop de choses, mais pas des choses essentielles » a-t-il assuré.

Sauver l’idée de Jean Monnet        

« Nous allons sauver l’idée de Jean Monnet, selon laquelle il existe à côté du Parlement européen, des assemblées consultatives, représentatives des intérêts économiques et sociaux des citoyens. (…) Cet accord tripartite, signé avec le Parlement européen et le Comité des Régions permettra de créer une sorte de pôle citoyen» a développé Henri Malosse.

Les trois institutions européennes, le Comité des Régions, le Comité économique et social européen travaillaient jusqu’à présent sans se coordonner, c’est ce qui va changer avec le nouvel accord.

« Au Comité économique et social européen, nous obligatoirement saisis par le Parlement pour donner des avis, et nos idées n’étaient pas nécessairemesommes nt reprises.  Désormais, nous allons collaborer avec le Parlement sur le plan administratif et politique » a-t-il poursuivi.

Optimisation du processus législatif européen

Concrètement, le Comité économique et social européen et le Comité des Régions travailleront en amont et en aval du processus législatif.

En amont, il s’agira de présenter des avis d’initiative, dont les sujets auront préalablement été définis avec le Parlement européen. En aval,  il s’agira de présenter des études d’impact afin d’évaluer les  effets des réglementations européennes sur le terrain. Henri Malosse précise : « à la différence des études d’impact de la Commission, nos études mesurent la réalité du terrain. C’est le ressentit des populations que nous rapportons dans nos études d’impact ».

L’accord prévoit que les domaines analysés par  le Comité des Régions et par le Comité économique et social européen soient identifiés de manière préliminaire, afin de laisser à chaque institution sa valeur ajoutée, et surtout de manière à proposer au Parlement des études pragmatiques et anticipées.

Renforcer les liens avec les parlements nationaux

Au cours de cette rencontre avec les sénatrices et sénateurs français, Henri Malosse a également fait savoir, qu’il y avait selon lui trop peu de liens entre les Parlements nationaux et le Parlement européen. Il a évoqué l’idée de présenter dans le futur les nouvelles directives à la fois au Parlement européen et aux Parlements nationaux.

Avec cet accord, la voix des représentants de la société civile qui est renforcée et l’action législative optimisée.

Prochaines étapes : 
  • 22-25 mai : élections européennes
Liens externes

Source : http://www.euractiv.fr/eu-elections-2014/creation-un-pole-citoyen-avec-la-news-533344


 

 

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