Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 14:49

Dans un rapport paru en avril 2008 et intitulé : ' La France dans quinze ans : tendances et ruptures, opportunités et risques' (http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/CAE_Prospective2025-avril_modC_3.pdf), le Conseil d'analyse économique (CAE) donne son analyse sur les tendances et les ruptures pour la France à l'horizon de quinze ans (horizon 2025).
Réalisé sur la demande du Premier ministre et du secrétaire d’État à la Prospective et à l’Évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique, ce rapport s'inscrit dans le cadre d'une vaste consultation ayant pour objectif de produire un diagnostic stratégique pour les quinze ans à venir, qui décrive les différentes évolutions possibles pour la France, et définisse les moyens d’embrasser les opportunités les meilleures et d’éviter les scénarios les plus sombres : l’exercice de prospective "France 2025" initié par Eric Besson, alors Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé de la prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique (http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=810) ; ce
t exercice prenant lui-même sa place dans un exercice beaucoup plus global réalisé à l'échelle de l'Union européenne sur l'initiative de la Commission européenne.  

Regards-citoyens.com invite le lecteur à prendre connaissance ci-après des termes de l'introduction de ce rapport.

" [...] L'art de la prospective est particulièrement difficile. La capacité à se projeter à quinze ans est évidemment très différente selon les variables considérées. De ce point de vue, tous les économistes sont forcément marqués par les chiffres les plus récents, ayant beaucoup de mal, pour un certain nombre de variables, à séparer la tendance et les mouvements cycliques. Même pour la démographie, il est difficile de le faire sans être trop impressionné par l'actualité récente.
 La prospective mêle des aspects de prévision, des recommandations concrètes et des affirmations de principe. Elle est donc inévitablement équivoque.
Cet exercice implique de mêler à la fois la prospective et un point de vue normatif. À quinze ans, les politiques publiques n'étant pas stables, il est inévitable et souhaitable d'introduire une part de volontarisme. À titre méthodologique, on essaiera le plus possible de reclasser les affirmations de principe soit du côté des prévisions, soit du côté des recommandations.
Il est probable que la France aura à affronter une multiplication de risques majeurs. Autrefois, dans les exercices traditionnels du Plan, il était possible de partir de risques et d'opportunités dans une gamme bien délimitée. À l'horizon de quinze ans, on pourrait très bien assister à des phénomènes totalement inattendus et jamais observés jusqu'à présent. Qu'il s'agisse du pétrole, des approvisionnements physiques, de la crise financière, de la grippe aviaire, du terrorisme ou du fonctionnement des réseaux d'information, il paraît important de comprendre que le pays pourrait se trouver confronté à des situations critiques, que l'on peut difficilement anticiper.
Un retour en arrière sur une prévision effectuée en 1990 pourrait se révéler fort intéressant. À cette époque, s'agissant des technologies, on ne prévoyait certainement pas la bulle Internet, ni sa montée ni sa descente. Sur le plan géostratégique, on ne devait sans doute pas s'attendre non plus à une arrivée aussi forte de la Chine sur le marché mondial. Personne n'aurait pu penser qu'elle afficherait près de 12 % de croissance annuelle pendant quinze ans de suite ! Enfin, en matière de risques géopolitiques, il était difficile d'anticiper la montée de l'islamisme radical et le terrorisme.
(*) En italiques sera indiqué ce qui pourrait constituer un scénario central et des scénarios alternatifs.
Au fond, il s'agit aujourd'hui de se demander quelle sera la bulle Internet des quinze prochaines années, quel sera le géant de demain et quels seront les nouveaux risques auxquels le monde sera confronté.
Le champ examiné dans ce document ne reprendra que des sujets où la science économique peut être utile. Sans en méconnaître l'importance, les considérations ayant trait à la sécurité des territoires (géopolitique, terrorisme, catastrophes naturelles) ou à l'évolution des pratiques sociétales ne seront pas ou peu abordés.
La France dispose d'un modèle de croissance qui lui est propre. Toutefois, elle est plus que par le passé une nation en forte connexion avec le monde : plus d'un tiers de sa création de richesse est destiné à l'exportation ! Elle participe à la construction d'un ensemble européen et doit à ce titre définir et négocier avec ses voisins de plus en plus de règles communes. Ces éléments peuvent être considérés comme des contraintes excessives ou comme des opportunités pour l'avenir. N'ayant pas nécessairement pris conscience des implications de cette interdépendance avec ce monde en constante évolution et de la place forte mais toujours à consolider qu'elle y occupe, les Français ne savent plus s'il vaut mieux résister en espérant convaincre les autres d'adopter leur modèle ou accepter de le réformer pour éviter d'être marginalisés. Le modèle français date de la fin de la dernière guerre mondiale. Son originalité a permis d'assurer une excellente croissance durant les 30 glorieuses et jusqu'au début des années soixante-dix, mais depuis, il peine à évoluer pour s'ajuster aux modifications de l'environnement de la France. En particulier, la taille de l'État et le poids du secteur public qui l'illustre ne constituent plus aujourd'hui des atouts, notamment s'ils détournent des ressources de l'investissement productif ou s'ils alourdissent la vie économique et la production de richesses (procédures, réglementation excessive...).
Construire des scénarios obéit souvent à des règles simples consistant à partir d'un scénario central reconduisant les tendances historiques et à proposer deux scénarios alternatifs explorant des hypothèses nettement contrastées. On essaiera de résumer le point de vue d'une large majorité de membres du CAE autour de trois scénarios.

Cinq principaux domaines méritent examen pour la définition de scénarios :

1. La mondialisation forge notre environnement économique sur ces dernières décennies. Que penser de la vitesse de cette mondialisation ? Le scénario naturel consiste à supposer une continuation au rythme actuel ou du moins la digestion de l'acquis. Deux scénarios alternatifs peuvent retenir pour l'un une accélération de ce rythme avec le développement des échanges, notamment de services et pour le troisième la concrétisation de tensions mondiales entre zones, économiques ou géopolitiques qui conduirait alors à un retour vers du protectionnisme.

2. L'avenir de l'Europe avec une dimension élargissement et/ou avec une dimension
approfondissement. Trois scénarios sont concevables selon le degré de construction politique de l'Europe, un approfondissement plus marqué avec plus de gouvernance mise en commun, ou à défaut un scénario de participation à la mondialisation avec les outils existants et avec d'éventuels élargissements. Un troisième scénario associé à un monde redevenant plus protectionniste serait un retour à des politiques plus nationales contestant ainsi la pertinence des politiques ou des règles européennes.

3. Le mode de croissance pour la France et sa capacité à saisir les nouvelles opportunités ou ses difficultés à réorganiser ses régulations internes. Un premier scénario retient une mise en oeuvre lente des réformes, notamment sur la coopération enseignement supérieur - recherche - entreprises, culturellement difficile. Un second plus volontariste retient que les recommandations du rapport du CAE Les leviers de la croissance française sont mises en oeuvre avec l'ambition de générer une plus forte croissance. Le troisième scénario suppose que face à la mondialisation, le conservatisme économique réduit fortement la capacité de la France à se placer significativement sur les secteurs nouveaux ou à fort potentiel et qu'elle reste sur la défensive.

4. La place des institutions, des règlements, de l'intervention de l'État (par exemple à travers ses dépenses ou ses prélèvements obligatoires). Le scénario tendanciel serait celui du statu quo avec une stabilisation ou une légère baisse des prélèvements obligatoires. Un scénario alternatif pourrait retenir une évolution de la place de l'État, se recentrant sur ses fonctions régaliennes ou de coordination, avec une réduction des réglementations, moins de nouvelles lois, plus de délégations de compétences, avec une diminution des dépenses publiques et un troisième scénario plus colbertiste avec une présence renforcée de l'État pour assurer plus de sécurité aux citoyens, mais demandant plus de ressources publiques.

5. La dimension sociétale pourrait donner lieu à trois scénarios typés allant de la croissance de pratiques individualistes (ou corporatistes) au renforcement du contrat social. Ceux-ci donnent des poids différents à la valeur travail, au prix du risque et à la place de la solidarité. Un premier scénario reconnaît la force du courant libéral porté par la mondialisation et renvoie à une prééminence de la reconnaissance de la prise de risque comme génératrice de richesses mais également d'inégalités. L'individualisme y est dominant. Un deuxième scénario suppose un renouvellement du pacte social autour de la notion de flexisécurité, et la réforme du système des différents minima salariaux et sociaux. Les inégalités, notamment d'accès à l'emploi, peuvent y être partiellement réduites et la mobilité sociale accentuée. Le troisième scénario fait l'hypothèse que la réforme est encore difficile pour les quinze ans à venir et les dysfonctionnements sociaux sont peu corrigés de peur de mécontenter des segments de la population.

Cinq axes et trois scénarios par axe conduiraient mathématiquement à 243 combinaisons. Il est donc souhaitable de réduire leur nombre.
Les scénarios mondiaux sont exogènes car la France seule a peu de moyens de les modifier.
C'est un peu moins vrai pour les scénarios européens, qui doivent être compatibles avec ceux du monde, mais pour lesquels le rôle historique de la France pourrait permettre de peser sur leur survenance.
Les scénarios plus spécifiques sur la France qui concernent les axes 3, 4 et 5, soit 27 combinaisons, résultent plus de choix publics et de capacité collective à évoluer.

Lors de discussions entre membres du CAE, trois scénarios réduisant drastiquement les vingt sept combinaisons ont été suggérés :
  • le fil de l'eau : scénario tendanciel avec ses risques de marginalisation, d'appauvrissement, de tensions sociales ;
  • le repli sur soi : une réaction anti-globalisation, anti-inégalités, anti-réformes : identité nationale réaffirmée ;
  • l'acceptation du changement : un changement générationnel, un désir profond de faire jouer les lignes, un nouvel esprit plus entrepreneurial.

Le vieillissement de la population constitue un paramètre incontournable de l'évolution des quinze, voire des trente ans à venir. Cette tendance influe sur la plupart des autres évolutions de l'économie.
C'est pourquoi, il sera abordé de façon transversale lorsqu'on traitera de l'économie productive, des finances publiques, des comportements économiques spécifiques, des résistances au changement ... "

 

Cet article est paru une première fois sur ce blog en août 2009.


 

Repost 0
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 12:40

C’est un peu la réponse à la lettre des Douze. La Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l’UE vient de terminer le premier rapport d’activité du Service européen d’action extérieure, un an après sa création. Il est destiné – ainsi que précise son introduction – à « donner un aperçu des progrès à ce jour (alors) qu’il est trop tôt pour porter un jugement définitif sur la forme émergente de ce nouveau service. » « La création du SEAE est un défi de long terme qui prendra plusieurs années avant d’atteindre sa maturité. » Ce rapport, officiel, édulcore les différentes difficultés. Mais elles apparaissent en creux : difficulté de créer une culture commune, changement de fonctions et limitation du nombre de personnes, relations difficiles avec la Commission européenne.

Quatre priorités pour le futur

Les quatre priorités dégagées pour le futur sont d’ailleurs assez claires sur ce point : 1) Consolider la capacité de fournir le contenu politique sur les zones prioritaires établies par le Haut représentant. Cela nécessite des efforts soutenus pour construire « une appropriation collective dans l’agenda externe entre les Etats membres, le Parlement européen, la Commission et les autres parties ». 2) Faire un « effort substantiel » sur le travail des délégations de l’UE qui assurent la présence de l’action extérieure en première ligne. 3) Développer une « culture partagée » au service ; ce qui nécessite une coopération plus étroite entre les différents services, pour faire travailler ensemble les structures de gestion de crises avec les services géographiques ou thématiques. 4) Résoudre les questions en discussion avec la Commission, comme les dossiers politiques, la gestion du personnel dans les délégations, les responsabilités financières et les rapports hiérarchiques.

La gestion de crises… dans une année particulière

Le rapport fait le point sur cette année riche en évènements, le printemps arabe qui a vu la création d’une plate-forme de gestion de crises, créée entre la Commission et le SEAE, pour apporter une « réponse immédiate » en Tunisie et Libye, et l’important travail, souvent souterrain, de coordination au plan international ; le processus de paix au Moyen-Orient, où « la voix de l’UE est devenue plus forte » ; le dossier nucléaire iranien, où l’UE agit sur mandat de l’ONU ; la Corne de l’Afrique où le SEAE conduit des opérations PSDC et coordonne l’assistance humanitaire (700 millions d’euros) ; les Balkans où l’UE maintient un engagement décisif dans un contexte de « tension politique complexe »… Mais ce qui semble important est l’augmentation significative de la capacité de réponse de crises du SEAE qui, peu à peu, trouve sa vitesse de croisière. Au niveau supérieur, un conseil de gestion de crises est dirigé par la Haute représentante ou le Secrétaire général du Service. Si nécessaire, une plateforme de crise réunit ensemble les unités concernées du SEAE, comme de la Commission ou du Conseil. Et une “Situation Room” a créée pour assurer une permanence 24h/24, 7 jours sur 7.

Le job de la présidence tournante

La plus grande innovation du Traité de Lisbonne a été de transférer les responsabilités de la présidence tournante dans le domaine de la politique extérieure. Concrètement, cela a signifié que des responsables du Service ont pris la présidence du COPS, le comité politique et de sécurité, et de 16 groupes de travail. Cela suppose également de produire des déclarations : 78 au nom de l’Union européenne (le plus haut niveau), 279 déclarations de la Haute représentante (NB : quand l’urgence ne permet pas d’avoir l’accord des 27 ou que les 27 ne sont pas tous parfaitement d’accord), 102 du porte-parole de la Haute représentante et 45 déclarations de la délégation locale. NB : un travail qui peut paraître parfois anodin ou inutile vu du coté des capitales européennes mais qui a une importance plus fondamentale pour les populations ou les gouvernements des pays concernés.

Les  briefings aux responsables européens

Le travail du SEAE a aussi consisté à préparer des briefings pour les différentes autorités européennes : 937 en tout ont été recensés jusqu’au 30 septembre. 243 pour la Haute représentante, 125 pour le président de la Commission J.M. Barroso, 67 pour le président du Conseil H. Van Rompuy, et 235 pour le commissaire à l’Elargissement S. Füle. « Le succès de la cette coordination est plus claire dans la préparation des Sommets et les autres réunions de haut niveau où le SEAE a un rôle central. »

Les délégations en première ligne

Peu à peu, le réseau de 140 délégations de la Commission s’est transformé en délégations de l’UE « assumant les tâches de coordination auparavant dévolues à la présidence tournante ». Si un renfort en personnel a été fait dans plusieurs délégations, ce n’est pas le cas dans toutes. « Plus de 20 délégations de l’UE n’ont toujours pas de section politique et le chef de délégation est le seul administrateur du SEAE. » En dépit de ces contraintes, « le transfert des responsabilités de la présidence s’est accomplie de manière remarquable en douceur (…) et a été saluée par les pays tiers, grâce à un haut degré de pragmatisme et de flexibilité, démontrée par le personnel des délégations et les diplomates des Etats membres ».

La question consulaire en débat

Le SEAE a pris conscience de certains problèmes soulevés par les Etats membres (voir la lettre des 12) notamment en matière de partage d’analyses politiques, de réunions de coordination plus intensives… « Un projet pilote pour l’échange d’informations classifiées est en développement en coopération avec les Etats membres. » Sur la question consulaire, c’est plus complexe. Si « plusieurs Etats ont exprimé un fort intérêt de voir les délégations de l’UE développer des capacités pour un soutien consulaire pour les citoyens membres » (Pays du Benelux, Baltes et nordiques notamment), « d’autres Etats sont clairement opposés également à voir l’UE prendre un plus grand rôle dans ce domaine qui est vue comme une compétence nationale ». Une phrase qui vise notamment le Royaume-Uni mais pas uniquement, la république Tchèque également. Et d’autres pays, comme la France, ont une position pour le moins… complexe.

Une augmentation de budget pour 2012

Dans le budget 2012, le SEAE a été obligé de demander une augmentation de 26,9 millions d’euros, la majorité consacrée à combler les lacunes constatées lors du transfert au SEAE en 2011, notamment en matière de salaire des contractuels et des agents locaux. Ce budget doit aussi couvrir les 20 postes d’administrateurs additionnels pour ouvrir de nouvelles délégations en Libye et au Sud Soudan, répondre aux besoins générées par la crise en Afrique du Nord et de nouvelles activités générées par le traité de Lisbonne.

Les problèmes de gestion du personnel et informatique

La création du SEAE avec les règles héritées de la Commission européenne ne va pas sans problème. Le « service a ainsi une autonomie limitée pour mettre en place des politiques du personnel spécifiques, adaptées, différentes du service standard offert par la DG ressources humaines dans la Commission. (…) Le système informatique notamment hérité de la Commission n’est pas adapté à l’usage du Service » (NB : c’est dit diplomatiquement. Mais c’est un réel problème. De source interne, ce système, dit Tsar 2, est une “vraie merde” ; il est “lourd”, “lent”, voire perd certaines informations… à tel point que les diplomates préfèrent souvent doubler leur communication interne par un bon vieux mail, non sécurisé, mais plus rapide).

On peut remarquer la place relativement limitée des questions de défense et de sécurité dans ce rapport. Ce n’est pas une illusion, c’est le cadet des soucis de la Haute représentante.

 

Cet article a été préalablement publié sur mon propre blog : http://www.bruxelles2.eu/breves/un-an-de-seae-le-rapport-de-la-haute-representante.html

 

Voir également :

 *  La lettre des Douze sur le service diplomatique européen. Que des « suggestions » ! par Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles2.eu)

 * Les 7 péchés capitaux de la PESC !



Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Politiques et actions externes de l'UE
commenter cet article
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 11:05

L' "homme à tout faire" de la politique industrielle, René Ricol, commissaire général à l'Investissement, dresse le bilan de son action au commissariat général à l'Investissement. Et précise sa nouvelle mission de coordonnateur de la politique publique en faveur des entreprises.

Profession médiateur. « Vous avez un problème ? René Ricol trouvera la solution », résume un de ses admirateurs. « C'est le genre de type capable d'enfermer dix personnes, qui jusqu'ici s'affrontaient dans des combats stériles, dans une pièce en leur disant : personne ne sort tant que vous n'avez pas trouvé un terrain d'entente ! » Commissaire général à l'Investissement, chargé par Nicolas Sarkozy de gérer les 35 milliards d'euros du grand emprunt, il s'est imposé comme l'homme à tout faire de la place de Paris.

Soutenir les PME

S'il conserve un pied comme président du comité stratégique chez Ricol Lasteyrie, le cabinet conseil qu'il a fondé en 1987, sa vie est de plus en plus consacrée au service de l'État. C'est lui qu'on appelle quand il faut trouver un terrain d'entente entre la direction du Trésor et Augustin de Romanet sur le sauvetage de Dexia, qui engage la signature de la CDC. C'est lui qui, en pleine crise financière, impose aux banques la création d'un médiateur du crédit aux entreprises. C'est lui qui doit réconcilier les multiples acteurs publics qui interviennent en soutien des PME. Aujourd'hui, son credo, ce sont les investissements d'avenir, ces dizaines, peut-être ces centaines, de « pépites » technologiques qu'il espère voir pousser, au carrefour de la recherche universitaire et des entreprises.

Où en est le programme d'investissements d'avenir lancé il y a près de deux ans ?

Le rythme est conforme à celui annoncé. La première vague des appels à projets est en phase de contractualisation et la seconde vague en cours de sélection dont les résultats seront connus au premier trimestre 2012. À la fin de l'année, nous aurons sélectionné des projets pour un montant de 15 à 20 milliards d'euros. D'ici à la fin de l'année, 1,5 à 2 milliards auront été effectivement décaissés ce qui, avec les effets de levier, correspond à 4 milliards environ. Toutefois, la phase de contractualisation prend plus de temps que prévu. Certains projets ont atteint le seuil limite de 9 mois. Par exemple, seulement les deux tiers des 52 équipements d'excellence, les Equipex, sélectionnés le 20 janvier ont été signés. Il est évident que le délai est trop long pour le tiers restant. On peut avancer deux raisons : les délais administratifs et le nombre inhabituel d'entreprises impliquées car nombre de projets sont des partenariats. Or, cette phase de contractualisation demande de la part des porteurs de projets un engagement réel impliquant parfois des reconfigurations. Pour accélérer le processus, des dispositifs ont été mis en place, notamment avec l'Agence nationale de la recherche (ANR).

La crise a-t-elle changé le comportement des porteurs de projets ? Le grand emprunt est-il toujours vu comme la priorité à même de changer la France ?

Du côté des projets de recherche, rien n'a changé. Du côté des entreprises, il est possible que certains industriels prennent un peu plus de temps pour formaliser leurs projets ou leurs engagements du fait des incertitudes actuelles, mais il y a toujours beaucoup d'engouement. La conjoncture ne doit pas conduire à réduire l'effort d'innovation, au contraire. De fait, tous ces projets sont réellement en train de modifier le paysage de la France et ont fait émerger l'excellence. En matière de compétition internationale, nous ne devons plus perdre de temps.

Que répondez-vous aux critiques sur le risque d'une université à deux vitesses ?

Nous ne faisons pas d'aménagement du territoire ! Notre stratégie est justement inverse : nous faisons émerger des pôles inattendus et favorisons les liens entre territoires avec la mise en relations de différents projets locaux. Nous avons le souci permanent de pousser des pépites sur des territoires désertifiés ou en situation de monoactivité. Nous aviserons au terme du processus, fin 2012-début 2013. Si certaines régions apparaissent délaissées, nous traiterons le sujet. Une chose est sûre, les investissements d'avenir dessinent le futur paysage économique de la France. On voit déjà apparaître l'excellence sous nos yeux.

Vous venez d'être nommé coordonnateur de la politique publique en faveur des entreprises. Quelle sera votre mission exacte ?

Mettons les choses au point : je ne me substituerai pas aux dispositifs déjà en place et qui font un travail formidable dans le soutien au développement des PME et des ETI (entreprises de taille intermédiaire). Sous l'autorité du Premier ministre, je suis simplement là pour les aider à travailler en bonne intelligence, pour que leur action en faveur des entreprises qui ont des besoins de financement des problématiques liées au passage au numérique, au développement durable, soit la plus efficace possible.

Elle ne l'est pas actuellement ?

Au regard du nombre de structures de soutien existantes, elle est performante. Mais elle peut l'être davantage.

La mise en oeuvre du FSI Régions aurait donné lieu à de sérieuses querelles d'ego. Êtes-vous là pour pacifier les relations entre CDC Entreprises, Oséo, le FSI, les Régions... ?

Je n'ai pas un rôle de gendarme. Mais il faut avoir à l'esprit que les petites querelles sont inadmissibles quand elles risquent de se traduire par des fermetures d'entreprises et des destructions d'emplois. Il faut agir rapidement et efficacement lorsque des entreprises appellent à l'aide et il me semble que tout le monde est maintenant bien d'accord.

Comment procéderez-vous ?

Nous allons organiser en régions des ateliers avec toutes les structures en place. L'idée est qu'à la fin de la journée, vingt à trente entreprises qui méritent qu'on leur apporte un soutien tout particulier sortent du chapeau et qu'on les aide à devenir les champions de demain de notre économie.

N'y a-t-il pas un risque que vous soyez juge et partie ?

Vous avez raison, il ne doit pas y avoir de confusion des genres. Je ne me mêlerai pas des discussions qui déboucheront sur le choix des entreprises à soutenir. Les investissements d'avenir ne sont pas le plan de relance !

La réindustrialisation est un sujet qui monte à quelques mois de la présidentielle. L'État doit-il tout décider ?

Non, évidemment. En revanche, il doit être un facilitateur et faire en sorte que les structures publiques aient une action efficace, que ses instruments fiscaux et réglementaires soient incitatifs. N'oubliez pas que les filières industrielles qui affichent les plus grands succès commerciaux sont celles qui se sont prises en main toutes seules.

 

Voir également sur ce blog :

 * « La rigueur, mais aussi la croissance » : Déclaration du Comité européen d’orientation de Notre Europe

 *  Où est passé l'argent public du grand emprunt ? (nouvelle édition)

 * L'enjeu des politiques de prix de transfert ... et ceux de leurs contournements - nouvelle édition -

 * 'Les paradis fiscaux : entre évasion fiscale, contournement des règles et inégalités mondiales' (L'Economie politique - n°42 - Avril 2009)

 *  UE : la fin des paradis fiscaux protégés, par Patrick Michaud (Etudes fiscales internationales)

 * « Avec la transparence, la démocratie avance » (7 propositions de Transparence International France pour la présidentielle de 2012)

 *  Du pari des transferts de technologie ! - nouvelle édition -



Repost 0
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:20

 

© Ligue des Peuples Arabes

 

La Ligue des Peuples Arabes, projet audacieux, est la première Organisation internationale indépendante arabe créée par et pour les peuples arabes et qui œuvre pour le développement humain de l’Homme arabe.

Bien pensée et portée par des actions concrètes, la Ligue des Peuples Arabes
vise à promouvoir une citoyenneté moderne et progressiste.

Pour en savoir plus sur la Ligue des Peuples Arabes :

http://liguedespeuplesarabes.blogspot.com/



Repost 0
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 10:49

Le lecteur trouvera ci-après le lien permettant d'accéder au dossier consacré à la crise de l'eurozone par les étudiants du Centre universitaire d'enseignement du journalisme

http://www.cuej.info/europe/2012-leurope-imprevisible

 

 

 

Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 17:33

L'euro est tombé, jeudi 5 janvier 2012, à son plus bas niveau des quinze derniers mois vis-à-vis du dollar et de la livre sterling et a touché un niveau inédit depuis 11 ans face au yen, dans un climat d'inquiétudes sur la capacité des Etats et des banques de la zone euro à faire face à leurs besoins de financement.

Les investisseurs ont délaissé la monnaie unique, malgré une demande jugée solide lors de l'adjudication par la France de 7,96 milliards d'euros d'obligations assimilables du Trésor (OAT) en fin de matinée.

Les analystes estiment que la perspective d'adjudications de dettes italienne et espagnole la semaine prochaine, considérées toutes deux comme les véritables tests en matière de financement des Etats, devraient maintenir la pression sur la devise européenne.

L'euro a touché un point bas du jour de 1,2783 dollar dans l'après-midi à son plus bas niveau depuis le mois de septembre 2010.

Parallèlement, il est tombé à 82,51 pence, également un plus bas depuis septembre 2010, et à 98,45 yens, à son plus bas niveau des 11 dernières années.

L'absence de réaction à l'adjudication française rappelle l'indifférence des marchés à l'adjudication allemande de la veille, qui elle aussi s'était bien passée.

"C'est la même réaction qu'hier après l'adjudication allemande. On cherche un prétexte pour vendre l'euro/dollar après sa hausse lors de la première séance de l'année", a commenté Adam Myers, stratège devises chez Crédit Agricole CIB.

L'accélération inattendue du rythme des créations d'emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis en décembre n'a pas apporté de soutien à la monnaie unique.

De plus, la forte décote appliquée à l'augmentation de capital de 7,5 milliards d'euros d'UniCredit joue en faveur d'une poursuite de la chute de l'euro.

Selon les analystes, de nouvelles difficultés pour les banques européennes entraîneraient un nouveau recul de l'euro.

"Si on entend des spéculations, dans les semaines à venir, de faillite d'une banque italienne ou espagnole, on pourrait voir l'euro enfoncer un nouveau seuil", selon Adam Meyers.

Certains opérateurs estiment toutefois que l'état du marché laisserait craindre un "short squeeze" (rachat brutal des positions à découvert accumulées sur l'euro) même si aucun signe concret d'un tel rebond ne se fait sentir pour le moment.

"Les indications de marché laissent penser qu'il y aura un 'squeeze' qui pourrait être assez méchant, mais cela pourrait se faire à un niveau nettement plus bas pour l'euro. Les gens ne semblent pas craindre de vendre l'euro pour le moment", commente David Bloom, responsable de la recherche sur les changes à HSBC.

Selon une enquête Reuters, l'euro devrait continuer à se traiter sous la barre de 1,30 dollar jusqu'au milieu de l'année, les stratégistes interrogés estimant généralement que la crise de la dette en zone euro ne trouvera pas de solution d'ici là.

 

Source : Reuters

 

NB : Le caractère "inquiétant" d'une telle baisse de l'euro est à relativiser !

Primo car nous sommes encore loin du point d'équilibre nominal évalué autour de 1,15 dollar pour 1 euro !

Secundo, parce que cette baisse de l'euro ne se limite pas à une évolution à l'égard du seul dollar (cf. à cet égard Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie ! )

Tertio, parce que la situation économique, sociale et politique dans les autres Etats possédant les devises monétaires qui connaissent aujourd'hui une évaluation par rapport à l'euro n'est pas suffisamment stable ni "rassurante" pour que les monnaies concernées ne connaissent pas à l'avenir des évolutions à la baisse de fait !

Enfin, parce qu'elle n'est pas provoquée artificiellement par des mécanismes inflationnistes !






 

Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 16:56

Cinq attentats visant des chiites, dont quatre dans des quartiers habités par cette communauté à Bagdad, ont fait au moins 67 morts et près de 140 blessés jeudi en Irak, rapportent les autorités.

Ces violences s'inscrivent dans un contexte de très vives tensions entre chiites et sunnites depuis le retrait des dernières troupes américaines à la mi-décembre, mais aussi de fêtes annuelles pour la communauté chiite.

Moins d'une semaine après le départ des GI's, une vague d'attentats anti-chiites à Bagdad avait fait 72 morts le 22 décembre.

Jeudi, un kamikaze a actionné ses charges au passage de pèlerins chiites, tuant au moins 38 personnes et faisant 70 blessés, a rapporté Koussaï al Abadi, chef du conseil provincial de Nassiria. L'explosion, a-t-il dit, s'est produite à un poste de contrôle de la police à l'ouest de la ville de Nassiria, à 300 km au sud-est de Bagdad.

Plusieurs centaines de milliers de pèlerins chiites devraient converger dans les jours qui viennent vers la ville sainte de Kerbala, dans le sud de l'Irak, à l'occasion de la fête chiite de l'Arbaïn, qui tombe dans une semaine.

Cette fête marque la fin de la période annuelle de deuil pour l'imam Hussein ben Ali, petit-fils de Mahomet, mort en l'an 680 à la bataille de Kerbala.

Les chiites risquent fort d'être pris pour cibles à la période de l'Arbaïn, comme cela fut le cas ces dernières années, après la chute de Saddam Hussein en 2003, déclare John Drake, consultant risque du groupe AKE.

 

Source : Reuters



Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 15:57

Près d'un an après sa nomination, Claude-France Arnould a décidé de recentrer l'action de l'agence européenne de défense (AED) sur un nombre limité de projets très concrets. Pour elle, la mise en commun d'équipements militaires est le seul moyen de compenser la baisse des budgets de défense au sein de l'Union.

Disposer de capacités de défense dignes de ce nom est absolument essentiel pour l'Europe. Il en va de son influence et de son pouvoir. Nous ne pouvons pas y renoncer. Compte tenu de la situation budgétaire très difficile des Etats, il nous faut donc tout faire pour être plus efficaces ensemble. Si l'on y parvient, alors on a une chance de les persuader que cela vaut la peine d'investir dans la défense. Il faut réenclencher un cercle vertueux.

Vous venez de proposer 11 projets de coopération aux 26 Etats membres de l'Agence européenne de défense. On a déjà vu des initiatives similaires dans le passé. Qu'est-ce qui vous fait croire que cette fois-ci, les ministres de la Défense vont s'en saisir ?

J'y crois d'abord parce que les Etats membres ont accepté cette liste de projets. Ensuite, parce qu'une vingtaine d'entre eux se sont engagés à les faire aboutir. Parmi eux, certains ont accepté d'en prendre la direction. C'est le cas de la France par exemple pour l'entraînement des pilotes d'avions de transport, de l'Italie pour le soutien médical ou encore de l'Irlande pour la formation maritime, ce qui traduit, pour ce dernier, un revirement d'attitude. J'ajoute que certains projets peuvent être mis en oeuvre immédiatement. C'est le cas de la surveillance maritime puisque les 9 pays qui ont décidé de rejoindre ce projet mené par la Finlande n'ont qu'à connecter leur système national à l'interface développée par l'Agence.

Pourtant, la France s'est engagée dans une coopération sans précédent avec le Royaume-Uni. Cela ressemble à un signe clair de défiance vis-à-vis de l'Agence européenne de défense...

Je ne peux pas penser une seule seconde qu'il s'agit d'un mouvement de défiance vis-à-vis de l'Agence européenne de défense. Ce type de coopération, bi ou tri nationale, va dans le bon sens, celui d'une confiance mutuelle. Le traité franco-britannique ne suit pas une logique contraire à celle que l'Agence est censée mener. Je peux citer l'exemple du projet de guerre des mines que nous pilotons (ce projet fait partie des axes de coopération recherchés par Paris et Londres, NDLR). Le traité montre que le succès d'une coopération dépend de la force de l'impulsion politique. Nous sommes complémentaires.

Quelle a été la réaction des autres pays membres de l'Agence à l'annonce du traité franco-anglais ?

La question qu'ils se sont posée a été : la porte reste-t-elle ouverte sur certains des domaines de coopération listés dans le cadre du traité ? Dans la mesure où la réponse qu'il leur a été apportée est positive, ils n'ont pas d'inquiétude à avoir. Le travail à deux peut nourrir une coopération plus large.

 

Propos recueillis par Alain Ruello

 
Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 14:26

 

  

Jeudi 5 janvier est publié le cours de Pierre Bourdieu au Collège de France consacré à l'Etat, «le nom que nous donnons aux principes cachés, invisibles (...) de l'ordre social».

Une pensée et une parole en mouvement qui s'attaquent à l'immense question de la nature, du rôle et des fonctions de cette «fiction collective » qu'est l'État.

 

Source : Mediapart

 

Voir également à ce sujet : L'Etat entre technologie et théologie - Origine, sens et fonction du concept d'Etat , par Hugues Rabault


Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 10:25

À l’occasion de la réforme de son Règlement en 2009, l’Assemblée nationale a décidé de renforcer l’information et les contributions du public à la procédure d’examen des projets de loi par les députés.

Sauf exceptions prévues par la loi organique n° 2009-403 du 15 avril 2009, tous les projets de loi devront être accompagnés d’une étude d’impact, réalisée par le Gouvernement, définissant les objectifs poursuivis, exposant les motifs du recours à une nouvelle législation, l’état actuel du droit dans le domaine visé, l’articulation du projet avec le droit européen, l’évaluation des conséquences économiques, financières, sociales et environnementales des dispositions du projet et les modalités d’application envisagées ainsi que leurs conséquences.

Vous avez la possibilité de prendre connaissance de cette étude d’impact dans les dossiers législatifs en ligne accompagnant les projets de loi soumis en premier lieu à l'Assemblée nationale.

Désormais, en application de l'article 83 du Règlement de l’Assemblée nationale, vous avez aussi la possibilité de déposer vos observations sur les documents de cette étude d'impact.

Toutes ces contributions seront transmises au(x) député(s) rapporteur(x) en charge de l’examen du projet de loi, qui pourront les présenter à l’ensemble de leurs collègues dans une annexe à leur rapport.

Cette nouvelle faculté est ouverte pour tous les projets concernés déposés depuis le 17 mars 2010, dès l’instant de leur dépôt officiel en ligne et jusqu’à la veille du début de l’examen du projet de loi en séance publique.

Une liste des études d'impact sur lesquelles les contributions sont actuellement ouvertes vous permet de les identifier dès à présent.

Projets de loi dont les études d'impact sont actuellement ouvertes aux contributions : voir http://etudesimpact.assemblee-nationale.fr/index.php?cle=27814&leg=13



Repost 0

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories