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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 11:16

"Ils ont échoué parce qu'il n'ont pas commencé par le rêve." 

(N. Shakespeare)


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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:50

Réforme du mode de scrutin, campagne plus longue, listes transnationales... De nombreuses propositions ont été avancées pour améliorer la lisibilité et l'intérêt d'un scrutin qui n'a attiré aux urnes qu'un peu plus de 40% des citoyens en 2009.

Les 24 et 25 mai prochain, les électeurs français désigneront leurs 74 représentants au Parlement européen. Vous ne connaissiez pas la date? Pas étonnant, puisque ces élections ont du mal à mobiliser l'attention: en 2009, seulement 40,6% des Français y ont participé, un taux en baisse par rapport à celui, déjà faible, de 2004 (42,8%).

Plus les années passent, plus l’Europe s’élargit et plus le taux de participation global chute: il est passé de 62% en 1979 à 43% en 2009. Une baisse de participation justifiée, selon certains chercheurs, par l’entrée dans l’Union de pays d’Europe centrale et orientale qui ne manifestent pas un grand intérêt pour ces élections, avec par exemple des taux de participation autour de 20 ou 21% en Lituanie et Slovaquie.

Mais des membres «historiques» de l'UE témoignent aussi de ce désintérêt, avec par exemple des taux autour de 35 ou 37% au Pays-Bas et au Royaume-Uni. Membre fondateur, la France n'affichait en 2009 que le 15e taux de participation sur 27.

Infographie des taux de participation publiée sur le site du Parlement européen

Selon Nicolas Leron, président du think tank Eurocité, les élections européennes ne passionnent pas pour une simple et bonne raison:

«L’enjeu politique n’existe pas. [...] Peu de gens sont au courant de ces élections et peu sauront vous donner les noms des députés français qui siègent au Parlement. Il y a un vrai déficit d’information. Pourtant, les gens disent vouloir être informés.»

D'après les chiffres de l'Eurobaromètre de la Commission européenne de mars 2013, 84% des sondés pensent que, si les citoyens étaient mieux informés sur les partis politiques, sur les élections européennes en général et sur l’impact de l’Union européenne sur leur vie quotidienne , le vote lors des élections européennes serait bien plus conséquent. La responsabilité de la faible participation incomberait donc aux institutions et aux partis, qui échoueraient à mobiliser.

Mais une part de cette moindre mobilisation n'est-elle pas aussi imputable à la façon dont sont élus les députés? Ces dernières années, plusieurs réformes ont été évoquées pour rendre ces élections plus lisibles et attractives pour les citoyens européens. En voici cinq.

1. En France, organiser l'élection sur des listes nationales

La géographie des élections européennes varie selon les pays. Aux Pays-Bas, par exemple, elles se déroulent au niveau d’une seule circonscription nationale. Jusqu'aux élections de 2004, la France pratiquait le même système, mais a depuis adopté celui en vigueur en Italie ou au Royaume-Uni, notamment, avec huit circonscriptions interrégionales: le Nord-Ouest, l’Ouest, l’Est, le Sud-Est, le Sud-Ouest, le Massif central-Centre, l’Île-de-France et l’Outre-Mer.

Ce choix d’une division de la France en circonscriptions avait été justifié par «la volonté de rechercher une plus grande proximité entre les électeurs et les députés», explique le député PRG du Rhône Thierry Braillard, qui a déposé en septembre 2012, avec les autres élus de son groupe, une proposition de loi sur le rétablissement d'une circonscription unique, enterrée depuis par le PS.

Selon lui, cette réforme n’a pas atteint son objectif: ces circonscriptions ne renvoient à «aucune cohérence d’ordre historique, culturel ou administratif». Elles résulteraient d’un «mauvais calcul» et ne feraient qu’augmenter les incohérences. «La circonscription du Sud-Ouest rassemble les électeurs de Bordeaux à Montpellier, comment peut-on alors parler de proximité?», s'interroge-t-il

Ce découpage aboutit parfois à de drôles de parachutages: en 2009, par exemple, Jean-Luc Mélenchon, pourtant élu parisien, s'était ainsi présenté dans le Sud-Ouest, la tête de liste en Ile-de-France revenant à Patrick Le Hyaric, le directeur du journal L'Humanité. Une candidature qui devrait être renouvelée cette année, alors que le leader du Front de gauche s'est entretretemps présenté aux législatives dans le Pas-de-Calais, à Hénin-Beaumont.

Autres exemples: le PS présente en deuxième position dans la région Ouest Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du parti, pourtant élu municipal du Val d'Oise; quant à l'UMP, elle a choisi pour tête de liste en Île-de-France le Palois Alain Lamassoure, élu en 2009 dans le Sud-Ouest.

A noter enfin que ce système aboutit à de drôles de distorsions dans les résultats: par exemple, en 2009, le Front de gauche a obtenu un eurodéputé de plus que le FN avec pourtant 50.000 voix de moins au plan national, car la répartition de ses votes au sein des différentes régions lui était plus favorable.

2. Avancer la date du dépôt des candidatures

En décembre dernier, le gouvernement a fait voter une loi avançant d'une semaine la date limite de dépôt des candidatures, qui tombera cette année le 2 mai, soit 22 jours avant le scrutin — et six semaines après les résultats des élections municipales des 23 et 30 mars.

Une date encore trop tardive, estime Samuel B.H. Faure [1], doctorant au CERI et maître de conférences au sein du Master Affaires européennes à Sciences-Po, et à l'origine d'une pétition réclamant un dépôt des listes juste avant le premier tour des municipales. Il craint en effet que des candidats qui n’auront pas été élus lors de celles-ci se rabattent sur les européennes: «Les perdants et les poids lourds vont se retrouver sur les listes.» Et critique par ailleurs la faible durée de la campagne officielle: «On va se retrouver avec une micro-campagne de deux ou trois semaines, comme c’était déjà le cas en 2009, où il n’y presque pas eu de campagne du tout.»

3.Donner la main aux électeurs sur les listes

Sur le site Change.org, on peut trouver une pétition —signée par seulement 250 personnes— proposant que les électeurs français aient le droit de modifier l’ordre des listes lors des prochaines européennes.

En Autriche, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Italie, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Suède, l'ordre des candidats peut déjà être modifié —les électeurs luxembourgeois, qui certes ne désignent que six eurodéputés, peuvent même piocher dans plusieurs listes.

Ce type de mode de scrutin ne serait pas tout à fait nouveau en France: aux élections municipales, dans les communes de moins de 1.000 habitants, qui élisent une dizaine de conseillers municipaux, les électeurs peuvent déjà rayer des noms sur les listes et les panacher. Mais ce type de votes seraient plus compliqués à dépouiller pour un scrutin avec 45 millions d'électeurs inscrits et 74 élus...

4. Organiser le scrutin le même jour dans toute l'Europe

Selon l’Eurobaromètre, 62% des électeurs sondés pensent que la participation aux européennes serait plus importante si l’élection avait lieu le même jour dans toute l’Union européenne, et non pas sur quatre jours du jeudi au dimanche, et si les partis proposaient un candidat pour le rôle de président de la Commission.

Nicolas Leron est du même avis: «L’important c’est de créer un moment fort médiatique et européen.» Il faudrait idéalement que les élections se déroulent le même jour pour tout le monde et que les résultats soient annoncés au même moment, ce qui permettrait de «concentrer» tout l’enjeu politique.

5. Introduire des listes transnationales, avec les candidats à la présidence de la Commission en tête de liste

Durant la dernière législature, l'eurodéputé libéral-démocrate britannique Andrew Duff, rapporteur de la Commission des Affaires constitutionnelles, avait proposé de réformer la procédure électorale européenne en mêlant listes nationales et listes transnationales: il était proposé que les citoyens élisent une partie de l'assemblée sur des listes paneuropéennes en créant 25 nouveaux sièges de parlementaires et en faisant voter chaque électeur deux fois, une pour une liste nationale et une pour une liste européenne. Cette réforme n’a finalement pas été discutée au Parlement européen.

Pour Andrew Duff, cette réforme permettrait notamment aux partis européens de faire voter clairement les électeurs sur le nom de leur candidat au poste de président de la Commission européenne. «Depuis l’introduction du traité de Lisbonne, un lien fort s’est tissé entre les élections européennes et la présidence de la Commission européenne», explique l'équipe de l'eurodéputé anglais, citant l’article 17 du texte, selon qui le Conseil européen «propose au Parlement européen un candidat à la fonction de président de la Commission, en tenant compte des élections au Parlement européen».

Certains partis européens se sont déjà engagés à choisir clairement un candidat. Le PSE, qui regroupe les partis sociaux-démocrates, s'est ainsi prononcé pour Martin Schultz, actuel président du Parlement européen. Les écologistes organisent eux une primaire ouverte en ligne qui se terminera fin janvier.

Pour l'équipe d'Andrew Duff, le système des listes transnationales mettrait davantage en valeur ces candidats:

«On n’aura plus l’impression de voter pour du beurre, on votera pour un parti et pour un leader, l’enjeu sera enfin existant. Le fait de choisir un candidat fort pour chaque parti européen permettrait d’européaniser le débat. Si vous placez Marine Le Pen face à Guy Verhofstadt, ils ne parleront pas d’enjeux nationaux puisque l’une est française et l’autre belge: le débat sera forcément européen.»

Alexandra Le Seigneur est Co-rédacteur en chef du blog 27etc, hébergé par Slate.fr.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:45

Le Congrès juif européen s'est exprimé avec fermeté à l'égard d'une personnalité politique européenne ayant prononcé, à titre personnel, sur un media public, des propos critiques à l'égard des chances de succès des négociations directes israélo-palestiniennes relatives au 'processus de paix' ainsi que de l'influence qu'exercerait - et qu'exerce vraiment, qui peut en douter ! - certains "lobbys" juifs américains sur l'administration américaine à l'égard de ce dossier aussi complexe que récurrent de l'agenda international (cf. l'article Clarification officielle de la position de la Commission européenne à l'égard des propos du Commissaire De Gucht relatifs notamment à la politique israélienne au Proche-Orient ).

Les amalgames délibérés, les interprétations résolument scabreuses et les raccourcis malveillants à l'égard de tout commentaire critique de l'action politique menée ici ou là soit par l'Etat d'Israël, soit par des représentants de la communauté juive dans le monde, me paraissent aussi dangereux que les discours - de plus en plus fréquents, y compris au sein de la communauté juive internationale - qui stigmatisent Israël et les diasporas juives et que toute autre forme de radicalisation du discours et des postures à l'égard du sionisme ou de l'antisionisme ! 

Dans cette période de profonde crise financière internationale, qui met à la lumière des pratiques criminelles opérées sans discerment aucun au détriment tant de titulaires de grosses fortunes que des populations les plus fragiles, la réminiscence de clichés stigmatisants est désormais à l'oeuvre : ne feignons pas d'ignorer les commentaires acerbes à l'endroit de la communauté juive qui accompagnent ici ou là les différents épisodes de l'affaire Madoff, par exemple !

A cet égard, l'article que signe Denis Mac Shane est des plus éloquent même s'il présente quelques faiblesses, notamment celle qui consiste à suggérer que le cas isralien est comparable à celui de la Turquie ou de l'Inde, alors que le statut particulier dont jouit Israël auprès de 3 des 5 membres du Conseil de Sécurité des Etats-Unis crée une situation diplomatique en rien comparable aux autres Etats cités (cf. Le boycott d'Israël va envenimer le conflit israélo-palestinien, par Denis MacShane (Le Monde.fr) ).

Prenons garde à ce que les postures excessivement marquées des uns et des autres ne concourent pas à alimenter en Europe un antisémitisme aussi sournois que nauséabond !

Prenons garde à cette nouvelle théologie de la victimisation qu'incarnent si bien, hélas, ces trop nombreux débordements aussi "mystiques" qu'intolérables autour du drame du 11 septembre 2001 !

A une époque où le populisme et la xénophobie qui l'accompagne prospèrent en Europe sur le dos des minorités ethniques ou religieuses (cf. notamment à cet égard La nouvelle droite populiste européenne prospère sur la dénonciation de l'islam ; L'ONU dénonce une "recrudescence notable du racisme" en France (France24) ; Le racisme se développe en Europe, sur fond de crise économique - nouvelle édition -  ou encore Roms : la Commission et le Parlement européens rappellent la France à l'ordre (Le Monde)), tout excès imputable à un "camp" ou à au autre participe à nourrir - en les renforçant - des croyances et des mythes qui portent en eux-mêmes les ressorts de l'intolérance la plus violente à l'égard de l'Autre ! Quand bien même, ici ou là, d'aucun s'emploie à changer cette nouvelle donne d'une société aussi paradoxale où, alors que le politique attise les sentiments enfouis les plus grégaires, les populations - telles que les perçoivent les sondeurs d'opinion - semblent vouloir s'ouvrir davantage à l'Autre, à ses principes, à ses valeurs et à ses espoirs (cf. Des chrétiens se mobilisent pour le dialogue en Méditerranée, par Jean-Christophe Ploquin (La Croix) ; Des Juifs religieux aux côtés des Palestiniens : Tu ne convoiteras pas la maison de ton voisin (Haaretz - Courrier international)Retour sur images : Sept messages pour redonner de l'espoir et une perspective au Proche Orient ; Des Orients du Levant aux Occidents du Couchant ... Rêvons ! ou encore L'appel à la raison d'Erasme ! ) ! Cet Autre pourtant si souvent incarné dans certains segments de nos populations européennes tantôt en "Roms", tantôt en "Arabe", tantôt en "Juif" lorsqu'on lui affuble les attributs de la perfidie, de la manipulation, du coup bas, et, plus généralement du "démon" ! (cf. Que sont devenus ces valeurs "universelles" et ces principes démocratiques que les "occidentaux" se sont si souvent honorés d'avoir fait émerger ? ).

Personnellement, je ne sais pas si " l'avenir d'Israël est notre destin ", comme le revendique haut et fort Jose Maria Aznar dans une missive qu'il a jugé bon d'adresser au président du Parlement européen (cf. "L'avenir d'Israël est notre destin" écrit José Maria Aznar au président du Parlement européen ), mais ce dont je suis certain, c'est que trop de discours stigmatisatnts, trop de postures radicales, trop d'éclaboussures nauséabondes souillent notre espace public, tarissent les espoirs de réconciliation et stérilisent les tentatives de dialogue et de compréhension mutuelle entre des peuples dont le destin commun est scellé dans un monde impitoyable où même le "croire" est petit à petit vidé de son sens profond (cf. Croire ! ) !

Ce que je sais, par contre, c'est ce qu'Albert Camus comme André Malraux, Simone Veil, Antoine de Saint Exupéry, Haïm Zafrani, Mohamed Arkoun et bien d'autres encore m'ont appris au travers de leur magnifique oeuvre littéraire ou par le témoignage vivant de leur existence : et tout d'abord ce qu'est à la fois notre condition humaine, l'absurde, le dérisoire, l'espoir, le surgissement du divin et du surnaturel dans notre existence comme le salut et la miséricorde ! (Eloge d'une amitié, par Tahar Ben Jelloun (Le Monde) )

Cessons de nous voir et de nous penser si différent de cet Autre trop souvent méconnu !

Cessons de le stigmatiser, Lui qui n'est, en vérité, qu'une autre face de Soi ! Une face ineffaçable dans laquelle se reflète - sans effet optique - notre propre Moi !

Cessons de nous poser en victimes objets de toutes ses malveillances présumées et/ou présupposées !

N'oublions pas les grands enseignements de l'Histoire comme ceux de l'histoire la plus noire !

Agissons en conscience et en responsabilité !

Faisons vivre ces principes, ces symboles et ces valeurs auxquelles nous prétendons tous être tant attachés !

Elevons notre regard ! Autant que nos ambitions et nos espoirs pour l'Homme !

Redonnons force et vitalité à notre Espérance !

Redevenons des sujets de notre propre existence !

Et n'oublions pas, s'il vous plait, que le bonheur est désormais un droit pour tous (cf. Le bonheur devient un droit, par Alain-Gérard Slama (Le Figaro) ) !

Et alors, seulement alors, nous parviendrons à éradiquer ces fléaux de la xénophobie, du racisme, de l'ostraciseme, de l'islamophobie et de l'antisémitisme qui resurgissent, stimulés par des jeux sordides de ce qui n'est au final rien d'autre qu'une mini-politique quelquepeu criminogène comme le dénonce le sociologue Alain Touraine (cf. Alain Touraine : "Nous sommes à l'heure de la "mini-politique" (Le Monde) ) !

Et Osons porter un autre regard sur l'oeuvre politique !

 

Voir également :

 * Dictionnaire des racismes, de l'exclusion et des discriminations (sous la direction d'Esther Benbassa - Larousse)

 * La peur de l’islam - Bat Ye’or et le spectre de l’ « Eurabie » (Ivan Jablonka)

 * Comment réagir aux propos xénophobes, racistes, homophobes, antisémites ...

 * Racisme populaire ou xénophobie d'Etat ? Quelle politique écologiste dès 2012 pour réconcilier la France avec elle-même ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:35

Alors que la Manif pour tous défile dimanche 2 février, l'ancien garde des Sceaux revient sur le rassemblement anti-Hollande de la semaine passée. Il déplore l'absence de contre-manifestation d'envergure.

 "C'est la première fois depuis la fin de l'Occupation que l'on entend hurler dans les rues de Paris 'dehors les Juifs', estime le socialiste dans un entretien au journal Le Parisien dimanche 2 février. Après la guerre, on n'osait plus tenir de tels propos."

Il y voit une "provocation fasciste". L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter dénonce les "cris antisémites poussés par certains manifestants" du "Jour de Colère", le rassemblement anti-Hollande organisé dimanche 26 janvier à Paris.

Alors que la Manif pour tous défile dimanche 2 février, l'ancien garde des Sceaux revient sur le rassemblement anti-Hollande de la semaine passée. Il déplore l'absence de contre-manifestation d'envergure."

Une contestation liée par la "détestation" de François Hollande

Face à cela, le socialiste aurait souhaité une "grande manifestation de protestation" organisée par les "associations de défense des droits de l'homme" et les "partis républicains". "Il faut rappeler chaque fois que nécessaire que la République française ne peut pas tolérer ces cris, pas plus qu'elle ne saurait laisser passer des slogans 'Dehors les musulmans' ou 'Dehors les Arabes'."

Robert Badinter estime que ce mouvement de contestation est le rassemblement de "plusieurs courants", "qui ont pour seul ciment la détestation de François Hollande et des réformes du gouvernement". L'ancien ministre regrette une "dégénérescence du débat politique".

Source : Reuters


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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:12

Tout juste désigné « révélation politique de l'année » par le Trombinoscope, Bruno Le Maire revient sur la nécessité de nouvelles pratiques politiques dans les colonnes de 8 quotidiens régionaux, une condition nécessaire au retour de l'UMP dans le cœur des Français.

Vous êtes la révélation politique de 2013. Parce que vous êtes le poil à gratter de l’UMP ?

Ce Prix m’encourage à poursuivre dans la voix de la révolution démocratique que je réclame depuis un an. Je suis pour des changements profonds dans la vie politique : aller plus loin que le non-cumul des mandats en limitant le nombre de mandats nationaux successifs à trois, en réduisant le nombre de parlementaires (400 députés au lieu de 577) et en divisant par deux le nombre d’élus locaux. Surtout, un haut fonctionnaire qui devient député doit démissionner de la fonction publique, ce que j’ai fait en 2012. Les politiques ne peuvent pas conserver tous les privilèges et demander aux Français d’évoluer et de faire des efforts.

Pourquoi n’êtes-vous pas suivi ?

La classe politique n’a pas pris conscience de la gravité de la crise démocratique. La droite retrouvera le cœur des Français uniquement si elle la comprend. Je suis convaincu qu’il faut proposer au début du prochain quinquennat un référendum sur ces mesures pour acter le changement démocratique.

Moins d’élus locaux. Comment y parvenir ?

Je suis heureux que François Hollande accepte enfin de fusionner les régions. Nous avons intérêt à des régions plus vastes, qui puissent peser à l’échelle européenne. Je suis très attaché à l’identité départementale et il faut garder l’organisation de l’État à ce niveau. En revanche, est-ce que cela a du sens de garder le conseil général qui n’est le plus souvent qu’un guichet administratif de prestation sociale ? Je ne crois pas.

Le pacte de responsabilité est une bonne décision pour l’emploi ?

Cela va dans le bon sens. Mais on doit aller plus vite et faire plus. Plus il y a de pages dans le code du travail plus il y a de chômeurs ! On pourrait réfléchir notamment à la mise en place d’un nouveau contrat de travail de 18 mois, qui permettrait d’embaucher rapidement un salarié et de s’en séparer plus facilement en cas de retournement de conjoncture.

Nicolas Sarkozy reste l’homme de droite le plus populaire. Est-ce un problème pour la jeune génération ?

Non, c’est bien qu’il y ait plusieurs options à droite et personne ne conteste le talent et l’expérience de Nicolas Sarkozy. Les primaires sont un moyen responsable, serein et moderne de choisir le meilleur candidat. Il peut y avoir Nicolas Sarkozy s’il le souhaite, des personnes d’expérience comme Alain Juppé ou François Fillon, ou une figure du renouveau. Ce sera aux militants et sympathisants de la droite et du centre de choisir le moment venu.

Certains disent que l’ADN de la droite est la culture du leader naturel, donc pas de primaires…

Je souhaite que l’UMP soit en phase avec la société de demain, pas avec celle d’hier. Les politiques évoluent moins vite que les Français. C’est bien une des raisons de la défiance.

Interview parue dans L’Est Républicain, Le Républicain Lorrain, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, L’Alsace, Le Bien public, Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, Vaucluse Matin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:05

Alors que les tensions qui affectent aujourd'hui les négociations commerciales entre les Etats-Unis et l'Union européenne, notamment en raison des divergences qui opposent les deux parties à l'égard de la protection des données (cf. notamment à cet égard La protection des données, pomme de discorde des négociations transatlantiques (Euractiv.fr)), un autre cycle de négociations se poursuit à un niveau plurilatéral autour des services et de leur commerce.

Regards-citoyens.com en a informé ses lecteurs dès mars 2013 (Commerce des Services : l'Union européenne veut négocier un accord plurilatéral ).

21 pays membres de l'OMC qui représentent plus des deux tiers du commerce mondial des services - l'Australie, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la Corée du Sud, les Etats-Unis, Hong Kong, l'Islande, Israël, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, le Panama, le Pérou, la Suisse, Taïwan, la Turquie et donc l'Union européenne - ont pris part aux négociations qui ont débuté au printemps. 

Mais la porte est ouverte aux autres pays membres qui le souhaitent, l'idée étant que l'accord soit compatible avec les règles de l'OMC (cf. http://www.wto.org/french/tratop_f/serv_f/serv_f.htm), de sorte qu'il soit plus tard intégré au système OMC, explique la Commission européenne.

Dans les entretiens exploratoires avant le lancement des négociations, l'UE a plaidé pour élaborer le futur accord d'une manière qui le rende compatible avec l'accord général sur le commerce des services (GATS) à l'OMC. "La perspective d'un accord sur le commerce des services sur une large base est une excellente nouvelle pour la croissance et l'emploi. J'encourage tous les membres de l'OMC qui soutiennent l'ouverture du marché et des règles fortes pour le commerce des services à adhérer à cette initiative", commente le Commissaire au Commerce, Karel De Gucht.

Les négociations portent sur tous les secteurs des services, incluant les TIC (technologies de l'information et de la communication), les services de logistique et de transport, les services financiers et les services aux entreprises. Mais l'objectif du futur accord plurilatéral va au-delà de la seule ouverture des marchés des services : il s'agit aussi de développer de nouvelles règles sur le commerce des services, comme celles qui s'appliquent aux marchés publics de services, les procédures d'octroi de licences ou l'accès aux réseaux de communication, précise la Commission.

Le commerce des services est d'une importance stratégique pour l'UE, dont le secteur tertiaire participe aux trois quarts du PIB et de l'emploi. Dans l'UE, le commerce transfrontalier des services représente environ 30 % du commerce de l'UE, et l'investissement direct étranger dans les services représente près de 70 % des flux d'IDE de l'UER et environ 60 % de son stock d'IDE.

Les enjeux sont considérables, y compris dans les domaines des services jouant un rôle dans la protection de la sécurité nationale, autant que dans celle des citoyens,  de leurs libertés et de leurs droits les plus fondamentaux ! Encore faudrait-il prendre le temps et avoir le courage de les faire connaître aux personels politiques, aux citoyens et aux agents économiques et sociaux !

Mais qui s'y est employé jusqu'ici en France, par exemple ?

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:03

Le 9 décembre dernier, la réunion des ministres du travail des vingt-huit États membres dans le cadre du Conseil emploi, politique sociale, santé et consommateurs (EPSCO) a abouti un accord sur la révision de la directive dite de détachement des travailleurs (Directive 96/71/CE du parlement européen et du conseil du 16 décembre 1996 concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services).

 Cette directive, dans le cadre d’une prestation de service, permet à des entreprises d’un État membre de détacher temporairement dans un autre pays un salarié qui travaille habituellement dans le pays d’origine de l’entreprise. Le salarié détaché doit bénéficier du salaire minimum du pays d’accueil quand il existe (en France, au moins au SMIC ou au taux conventionnel si leur qualification est reconnue et qu’un accord collectif s’applique) ainsi que des mêmes conditions de travail. En revanche, le régime de protection social reste bien celui du pays d’origine ainsi que les cotisations sociales qui lui sont liées. Même si toutes les cotisations sociales sont payées dans le pays d’origine, celles-ci s’appliquent au salaire brut. Alors que les cotisations salariales sont déduites du salaire brut, les cotisations patronales s’ajoutent. C’est pourquoi à salaire brut égal, ce sont bien les cotisations patronales selon les pays qui contribuent aux écarts de coût du travail.

En France, elle concerne 170 000 travailleurs détachés dont la majorité se situe dans le secteur du bâtiment. La fraude et le travail illégal ont été essentiellement les deux problèmes pointés du doigt… Cela n’a pourtant rien à voir avec la directive détachement et les règles européennes qui lui sont associées. C’est pourquoi, les contrôles de l’administration sont nécessaires et doivent être amplifiés pour faire appliquer la directive (salaire et conditions de travail du pays d’origine, durée des contrats, etc.).    

A l’issue de la réunion, le compromis passé entre États membres prévoit, notamment à la demande de la France et de l’Allemagne partisanes de règle plus contraignantes (face au Royaume-Uni chef de file de l’opposition) quelques avancées :
- une liste des documents permettant d’ajouter de nouvelles règles qui pourront être réclamés à une entreprise détachant des travailleurs (à condition qu’elles soient « justifiées et proportionnées » et que la Commission européenne et les entreprises soient prévenues de leur mise en place) mais elle restera « ouverte », certains États craignant que d’autres n’utilisent cette possibilité pour faire du protectionnisme ;
- la responsabilisation du donneur d’ordre sera exigée mais sera obligatoire sur le seul secteur du BTP (la responsabilité est donc optionnelle dans les autres secteurs).

En France, CGT et CFDT ont salué un compromis qui marque une première étape même si les organisations syndicales continuent de revendiquer moins de contraintes pour la liste ouverte et une responsabilisation étendue à tous les secteurs afin de limiter tout risque de dumping social. Du côté patronal, la Fédération française du bâtiment (MEDEF) qui considérait la directive comme instaurant de la concurrence déloyale a salué l’accord.

Néanmoins, dans un contexte français mais plus globalement européen d’une montée des populismes et d’une tentation au repli national, la directive dite de détachement des travailleurs risque de continuer de faire parler d’elle. Le compromis du 9 décembre reste bienvenu, notamment en France, où le FN avait commencé à agiter le spectre de la directive Bolkestein et du « plombier polonais » pour nourrir son discours de fermeture des frontières et de préférence nationale. Pourtant, directive Bolkestein et directive 'détachement' n’ont strictement rien à voir. En outre, les écarts de salaire et de protection sociale entre États membres sont les premiers facteurs qui expliquent l’intérêt pour certains travailleurs est-européens de venir travailler en France ou en Allemagne.

C’est pourquoi, la question de l’Europe sociale reste posée. Les abus autour de la directive détachement des travailleurs prouvent en effet l’insuffisance de régulation et de règles dans une Europe encore dominée par les politiques économiques d’obédience libérale. A l’approche des élections européennes, le mouvement européen progressiste aurait tout intérêt à se saisir de propositions concrètes pour faire avancer la cause de l’Europe sociale.

En effet, la directive détachement, au-delà de la fraude, profite du retard de l’Europe en matière sociale et de protection réelle des travailleurs. D’une part, il faudrait avancer au plus vite sur la convergence des systèmes de protection sociale nationaux afin de réduire les écarts de cotisations sociales et assurer une protection sociale minimum européenne. D’autre part, l’harmonie fiscale « par le haut » est nécessaire car, dans le cadre de la directive, c’est bien la concurrence fiscale qui favorise le dumping social. Enfin, la mise en place d’un salaire minimum européen, prenant en compte les spécificités nationales, est désormais indispensable. Le texte final de la directive devrait être soumis au Parlement européen courant 2014. Espérons qu’il améliore le compromis trouvé en décembre dernier.

Source : http://www.sauvonsleurope.eu/directive-detachement-des-travailleurs-le-symbole-dune-europe-insuffisamment-regulee/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=directive-detachement-des-travailleurs-le-symbole-dune-europe-insuffisamment-regulee

Voir également :

 * Prise en compte des spécificités des services d'intérêt général dans la transposition de la directive 'services' et l'application du droit communautaire des aides d'état (rapport officiel)

 * Retour sur images : la directive "Services' appelée communément directive 'Bolkenstein'

 * Les négociations plurilatérales sur un nouvel accord international sur le commerce des services aborderont des sujets des plus sensibles bien que personne n'en parle !

 

 

 

 

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:03

Dans le public comme dans le privé, les discriminations au travail peinent à reculer.

              

Trois actifs sur dix affirment avoir été victimes de discrimination au travail, selon un baromètre Ifop publié lundi 3 février. L'enquête, réalisée pour le Défenseur des droits et l'Organisation internationale du travail (OIT), montre que 31% des agents de la fonction publique et 29% des salariés du privé rapportent avoir été victimes. Une proportion qui n'a pas vraiment régressé ces dernières années, les victimes ayant aussi souvent tendance à ne pas réagir. L'an dernier, ils étaient respectivement 29% et 30% et en 2012, 26% et 28%.

Les principaux critères de discrimination concernent les femmes, la grossesse et la maternité (19% et 20%). Les salariés du privé citent aussi l'origine ethnique (27%) ou la nationalité (19%) tandis que ceux du public mettent en avant l'apparence physique (22%). Le plus souvent, l'auteur désigné est le supérieur direct (cité par 48% des victimes) ou la direction (35% dans le public et 46% dans le privé), puis des collègues de travail (34% et 33%).

Relevant que les discriminations sont "toujours aussi fréquentes", les auteurs de l'étude soulignent la "relative absence de réaction des victimes". Près de quatre victimes sur dix disent ainsi n'avoir pas réagi (37% dans le public et 40% dans le privé). Dans la très grande majorité des cas (75% dans le public et 65% dans le privé) par résignation et, pour 29% des salariés du privé, par peur de représailles.

L'enquête a été réalisée par téléphone du 25 novembre au 12 décembre auprès d'échantillons représentatifs de 501 salariés du privé et de 500 agents de la fonction publique, selon la méthode des quotas.

Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/pres-d-un-actif-francais-sur-trois-victime-de-discrimination-au-travail_520681.html#xtor=AL-54

Voir également : « Etude clinique et organisationnelle permettant de définir et de quantifier ce qu’on appelle communément le burn out » (Technologia - 21 janvier 2014)

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 09:49

ABCD de l’égalité: non au redressement de la nature humaine

Les enfants et les enseignants embarqués dans la déconstruction

Publié le 03 février 2014 à 9:00 dans PolitiqueSociété

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Cela a commencé avec le mariage pour tous. On pouvait penser que le mimétisme européen avait joué avec un engagement présidentiel à l’évidence plus facile à tenir que l’inversion de la courbe du chômage.

Cela a continué avec l’affaire Dieudonné et les injonctions du ministre de l’Intérieur qui dépassaient, et de très loin, le cadre de sa mission pourtant si difficile à assumer quand on constate les piètres résultats de la lutte contre l’insécurité en 2013. Ce n’était pas à lui d’intimider les spectateurs des représentations de Dieudonné en leur faisant la morale et en les stigmatisant quasiment. Devaient-ils demander à Manuel Valls la permission de sortir le soir ?

Cela dure avec la conception de la justice socialiste qui, fuyant le réel et ses incommodités, rêve de l’avenir, fantasme sur le futur et élabore ses projets, qui le demeurent, pour un peuple imaginaire merveilleusement à l’écoute et détaché des misères humaines, des tragédies causées par les crimes et les délits.

Cela s’aggrave avec la théorie du genre et, même si les démentis des ministres sont sincères, il y a une aspiration de ceux qui nous gouvernent à faire de l’école et de l’enseignement tout autre chose que ce qu’ils devraient être. Apprendre, lire, écrire, calculer, s’imprégner de notre Histoire de France, se former à la passion des grands auteurs et de la littérature, apprivoiser les langues étrangères, autant d’objectifs et d’ambitions qui, pour être d’une heureuse banalité, sont aujourd’hui peu ou prou relégués au profit d’une éducation même plus civique mais bouleversante, destinée à constituer les établissements pour des lieux d’expérimentation et d’indifférenciation des sexes.

Dans 600 écoles de dix académies, si on n’apprend pas aux garçons à devenir des filles, les nouveaux ABCD de l’éducation, de la grande section de maternelle au CM2, s’assignent pour but de lutter contre les stéréotypes filles-garçons. “Nous voulons tout de même qu’il y ait égalité entre les hommes et les femmes au sein de la société, dans le choix d’un métier”, a déclaré Vincent Peillon (Le Parisien).

Soit, mais si une telle ambition est légitime, incombe-t-il à l’école de superposer sans cesse à ses missions fondamentales de plus en plus négligées des prises de conscience et des ateliers vecteurs d’une bouillie éthique et sociale difficilement assimilable ? L’enseignement est-il voué à diffuser une certaine conception de la morale qui se résume peu ou prou à un féminisme même plus raisonnable ? Serait-il absurde de laisser aux parents, aux familles, aux vies amoureuses et à l’influence aussi bien forte que subtile des hommes et des femmes dans leurs relations quotidiennes, la charge, l’honneur de se faire progresser, d’avancer en lucidité, en égalité ? La vie privée du président serait sacrée mais les intrusions dans notre sphère d’existence tolérables ? Est-il normal de poser la main de l’Etat, sa volonté orientée, son idéologie plus sectaire – une seule vision, toujours, de l’humain, de sa liberté, de sa responsabilité – qu’équitable, sur un monde qui appelle d’autres démarches, et surtout pas de la politique même déguisée en soie, en velours et en injonctions patelines à suivre ? Pourquoi s’immisce-t-il dans ce qui nous regarde au premier chef ?

Avec ces insensibles ou ostensibles dérives, je perçois l’émergence, dans la démocratie selon François Hollande, d’îlots de totalitarisme mou, d’un caporalisme collectif qui s’en donne d’autant plus à coeur joie qu’à défaut de changer le monde, de réformer la France, le pouvoir n’a plus que la ressource de s’en prendre aux “fondamentaux”, aux permanences, aux stabilités, à l’ordre, aux évidences de la nature.

Il y a de manière dévastatrice, sur tous les plans, une obsession de rupture. Si, en effet, parfois le naturel mérite d’être amendé ou complété par le culturel, nous n’en sommes plus là avec ce gouvernement. Pourquoi a-t-il une telle hantise devant ce qui coule de source, ce qui a été admis durant des siècles, ce qui a fait ses preuves et qui autorise une politique digne de ce nom ? Pourquoi la nature et ses leçons inspirent-elles autant de dégoût à ce pouvoir ? Parce que ce qui est proche, accessible, irréfutable, légitime fait peur ? Qu’on met le désordre et l’agitation là où on peut ? Que, dépassés par la nature, on a pris le parti de lui faire la peau ? Que la culture est un beau mot qui à force d’être exploité tourne à vide mais qu’on prétend s’en servir comme arme de guerre contre l’intolérable pesanteur des comportements et des déterminismes parce que ceux-ci seraient en eux-mêmes pervers ?

Parce que cette gauche ne sait plus quoi faire pour se faire remarquer. Alors elle change l’insupportable cohérence née du passé et du pragmatisme.

Ce totalitarisme qui pointe est soft, certes, mais clair et net. Logique aussi : la liberté est en effet une ennemie. Partout.

Pourquoi prétendre, à toute force ou à coups fourrés, dénaturer, confondre, enjoindre, ne pas succomber à l’immédiate compassion pour les victimes, détourner les institutions et les services de leur but, déséquilibrer une société, dégrader les identités, instiller de la mauvaise conscience dans des liens qui se sont toujours construits en s’opposant, qui s’opposent mais se complètent, quel besoin a l’Etat de venir s’immiscer dans ce qui ne le concerne pas ?

J’écoute, je lis Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem. Le premier : “La lutte contre les stéréotypes de genre – les opinions toutes faites sur les femmes et les hommes – et l’homophobie doit être menée avec force à tous les niveaux d’enseignement”. La seconde : “La théorie du genre, qui explique “l’identité sexuelle” des individus autant par le contexte socio-culturel que par la biologie a pour vertu d’aborder la question des inadmissibles inégalités persistantes entre les hommes et les femmes ou encore de l’homosexualité et de faire oeuvre de pédagogie sur ces sujets” (Le Figaro).

Pourquoi pas ? Mais il y a des politiques et des ministres pour cela. Ce prêchi-prêcha n’a pas sa place à l’école.

Les homosexuels se marient parce qu’il convenait de fabriquer une égalité artificielle. Des spectateurs sont réprimandés parce qu’ils croyaient avoir le droit, en démocratie, d’assister à des spectacles selon leur bon plaisir. L’angélisme gouvernemental s’obstine à faire céder les évidentes compassions pour les victimes et la rigueur qu’elles appelleraient en retour face aux constructions idéologiques gangrenées par la fuite du réel et fondées sur un autre peuple que celui, insupportable, réclamant sécurité et justice. L’école, les petits enfants et les enseignants sont embarqués dans un processus qui vise à déconstruire et à troubler. Le progressisme niais non seulement accable mais fait perdre son temps à un service public qui devrait pouvoir se concentrer sur l’essentiel.

Le naturel, partout, est chassé au galop.

Je suis contre le RNH. Contre le “redressement de la nature humaine” dont ce pouvoir s’est fait une dangereuse spécialité.

Source : http://www.causeur.fr/abcd-de-legalite-non-au-redressement-de-la-nature-humaine,26068#

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 21:34

Les organisateurs de la Manif pour tous ont comptabilisé, dimanche 2 février, près de 500 000 manifestants à Paris, et 40 000 à Lyon. Selon les chiffres de la police, ils étaient 80 000 dans la capitale, et 20 000 à Lyon. Reportage dans le défilé parisien.

Chacun a son drapeau ou son t-shirt de la Manif pour tous. Rose pour représenter les filles, ou bleu pour représenter les garçons, car les stéréotypes, « on les défend », ce dimanche à Paris. Sous le soleil d'après-midi, le défilé, composé de manifestants de tous âges, venus pour beaucoup en famille, a une allure bon enfant. Les banderoles et pancartes se répètent : « papa, maman et les enfants, c'est naturel » ou « un papa, une maman, y a pas mieux pour un enfant ».

Mais dès lors qu'il s'agissait d'expliquer les raisons de leur colère, les langues se délient. « On est à un changement de civilisation qui va bouleverser la famille », déplore Jean-Baptiste. Ce Lillois d'une trentaine d'années, commercial dans la communication, est persuadé que l'Etat prépare une « société orwelienne utopique » dans laquelle l'enfant n'aurait plus de droits et deviendrait un produit de consommation.

 « NOUS ALLONS VERS LA DICTATURE »

François, un Parisien de 76 ans, fidèle des Manif pour tous, s'indigne lui aussi contre « les lois de changement de société ». Souriant et ouvert à la discussion, il s'inquiète cependant du « monde décrit par Orwell » dans lequel « le gouvernement veut nous emmener ». Les fauteurs de trouble sont, selon lui, avant tout les ministres, dont celui de l'éducation nationale, Vincent Peillon, ce « philosophe avec qui nous allons vers la dictature ». A la Manif pour tous du 2 février à paris | Philippe Euzen / Le Monde

 

 Son ami Robert ajoute d'autres noms : ceux du ministre des droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, et de la ministre de la justice, Christiane Taubira. « Ce sont des idéologues. Ils portent une idéologie destructrice. Leur réforme de société est inutile, ils ont autre chose à faire ! »

Henri Guaino, venu « pour marquer sa solidarité (…) pour l'amour et non la haine » se dit opposé à « l'indifférenciation sexuelle » et critique le gouvernement qui veut « diviser et radicaliser l'opposition » : « on reprochait à Nicolas Sarkozy de vouloir opposer la société, mais jamais elle ne l'a été autant », déclare-t-il.

UN ÉVENTAIL DE REVENDICATIONS

Bien inspirés par les éléments de langage fournis par les organisateurs de l'événement, les manifestants déroulent tous les mêmes arguments. Les « indices » de l'objectif du gouvernent, sont nombreux, disent-ils. Le mariage pour tous, bien que la loi soit déjà votée, est le premier élément critiqué par les manifestants, car, « il prive les enfants de leurs pères et de leurs mères ».La Manif pour tous du 2 février à Paris. | Philippe Euzen / Le M

 

Il y a aussi la PMA et la GPA, bien que la ministre de la famille que la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et la gestation pour autrui ne feraient pas partie de la prochaine loi famille, vont selon eux « déconstruire les arbres généalogiques ».

Puis le gender, cette « idéologie basée sur les expériences d'un médecin névrosé », croit savoir le Lillois Jean-Baptiste, qui entrerait à l'école via le rapport ABCD de l'égalité.

Suivent les mesures fiscales « anti-famille » comme la baisse du quotient familial, la fin des cotisations familiales des entreprises, ou encore la réduction du congé parental. « Tous ces indices montrent que l'Etat cherche à entrer dans nos consciences et dans nos vies », poursuit Jean-Baptiste. Avec son ami Martin, de Paris, ils soutiennent éagalement les Veilleurs, qui, contrairement au gouvernement, représentent « une forme d'espérance ».

 « MASSACRER LES ENFANTS »

« Le gender consiste à arracher les enfants à leurs familles », entend-on, un peu plus loin, au micro de l'un des chars. « On ne veut pas de cette théorie, de ce délire du moment de Vincent Peillon. » La Manif pour tous du 2 février à Paris | Le Monde

 

Un peu à l'écart du défilé, Margo, venue de Fontainebleau avec ses cinq enfants, un peu timide, tente d'expliquer sa colère : « Nous sommes venus manifester car la politique anti-famille fait tout pour massacrer les enfants ».

Elle aussi l'explique par le mariage des couples homosexuels, la PMA et la GPA et surtout « le gender », qui fait que, dit-elle, « on explique aux petits garçons que ce ne sont pas des petits garçons ». « L'enfant n'est pas un jeu et n'est pas un droit », martèle-t-elle.

Puis, donnant l'air de ne pas savoir si elle peut le dire ou non, elle lâche qu'elle est contre l'IVG. « Ce n'est pas le sujet aujourd'hui  », reprend immédiatement son amie Véronique, à ses côtés.  « C'est le gender qu'on vient dénoncer. Ce qu'on explique aux enfants à l'école, c'est un truc de dingues. A l'école, on demande aux enfants de trois ans s'ils sont des garçons ou des filles, et s'ils seront homosexuels, hétérosexuels ou bisexuels. »

Arrivent alors deux femmes, inquiètes de savoir si elles vont bien être comptabilisées parmi les manifestants. Elles sont rapidement rassurées par la pancarte qui indique « zone de comptage »« nous ne sont pas venues pour rien ! »

 

  Près de cette zone, dans laquelle des militants disposent d'outils pour estimer le nombre de manifestants, est aussi placée une « quête » pour « participer aux frais » d'organisation de la manifestation.

Plus loin, un petit attroupement est posté devant la « buvette officielle » de la Manif pour tous et le stand de vente de produits dérivés. « Venez acheter votre porte-clef, vos pin's et vos t-shirt, invite un homme avec son porte-voix. Ils ont été spécialement affrétés pour vous ! »

A l'approche du podium de fin de parcours, sur la place Denfert-Rochereau, où s'expriment les porte-paroles de la manifestation, des écrans géants permettent aux retardataires de profiter des discours. Applaudissements et huées se succèdent et rythment la conclusion du défilé.

L'un des porte-paroles de la Manif pour tous, Lionel Lumbroso (le « gauchiste de la bande » dit un manifestant), critique « les idéologues du gouvernement » et « la vieille gauche idéologue »« Les forces de progrès aujourd'hui, c'est nous ! », lance-t-il devant une place qui attendait encore l'arrivée de tous les manifestants.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/02/02/manif-pour-tous-a-paris-un-defile-contre-l-ideologie-destructrice-des-ministres_4358591_823448.html#xtor=AL-32280397

Lire le décryptage : Education sexuelle et genre : 5 (autres) intox décryptées

Lire aussi : L' « ABCD de l'égalité », au cœur de la polémique sur la « théorie du genre »

Lire aussi : La Manif pour tous dénonce désormais la « familiphobie »

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