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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 14:13

La persistance d'oppositions profondes a entraîné le report de l'adoption de six textes législatifs par le parlement européen.

Le parlement européen a préféré temporiser son vote final. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont, de leur côté, fait mine de se contenter de la mise en oeuvre presque achevée de la gouvernance économique.

L'adoption des nouvelles règles visant à rapprocher les politiques économiques des Etats membres prend donc du retard.

Lors des débats au parlement jeudi 23 juin, une ligne de fracture est apparue entre les députés détracteurs de la rigueur tous azimuts et les partisans de l'assainissement budgétaire à tout prix. Ce paquet gouvernance n'est pas la réponse dont l'Union a besoin parce qu'il ne modifie pas l'attention excessive accordée à l'austérité, a regretté Elisa Ferreira, parlementaire portugaise du S&D (socialiste), pourtant rapporteur de l'un des textes.

Les économistes eux-mêmes sont atterrés, tant le contenu du paquet gouvernance est absurde parce qu'il interdit aux politiques budgétaires de réagir au cycle économique, a déploré le député socialiste Liêm Hoang Ngoc.

Mais la droite ne l'entend pas de cette oreille. Le retour à la croissance économique et à l'emploi ne se fera pas sur des bases chancelantes, a rétorqué le Français Jean-Paul Gauzès, élu du PPE (droite).

Regain de sévérité


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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:51

Alors que les responsables politiques et monétaires de la zone s'efforcent de trouver une solution à la crise de la dette de la Grèce, il est encore difficile d'anticiper les conséquences d'un éventuel abaissement de la note de crédit du pays à un niveau équivalent à un défaut.

Intransigeantes, les agences de notation considèrent qu'une restructuration, un "reprofilage" ou même un "rollover" volontaire de la dette grecque, qui consisterait à allonger la maturité des titres arrivant à échéance, équivaudraient à un défaut sur la dette.

Voici un tour d'horizon des conséquences possibles d'un tel événement.

Contagion

Un défaut grec provoquerait probablement une brusque hausse des coûts de financement, déjà élevés, des autres pays européens ayant reçu une aide financière internationale, le Portugal et l'Irlande.

Comme la Grèce, ces pays ne sont plus en mesure de se financer sur les marchés et dépendent presque exclusivement des perfusions de la Banque centrale européenne, qui leur garantit des taux abordables.

En cas de défaut grec, la grande crainte est que le Portugal suive rapidement le même chemin, comme en témoigne la courbe des swaps de défaut de crédit (CDS) de Lisbonne, fortement inversée.

Les CDS sont une forme d'assurance censée protéger les créanciers d'un pays. Leur coût augmente généralement avec la durée de l'emprunt souscrit, car les prêts à échéance plus lointaine sont jugés plus incertains.

Dans le cas du Portugal, il est plus coûteux d'assurer un emprunt à court terme, signe qu'un défaut est jugé probable d'ici un an ou deux.

Si Lisbonne devenait incapable d'honorer ses dettes, les banques espagnoles seraient en première ligne pour en encaisser le choc. Elles sont en effet les premières détentrices européennes de dette portugaise, avec plus de 80 milliards de dollars.

Cela contraindrait probablement Madrid à secourir ses banques en les recapitalisant, ce qui mettrait encore plus en péril les finances publiques.

Or l'Espagne est déjà considérée comme trop grande pour être secourue par les fonds de sauvetage européens. Si Madrid se trouvait en difficulté, les banques françaises et allemandes, bien plus exposées à la dette espagnole qu'à la dette grecque avec respectivement 140 et 180 milliards de dollars, seraient directement menacées.

" La seule chose qui importe est de stopper la contagion ", a souligné Prateek Datta, analyste chez RBS.

" S'il ne s'agissait que de la Grèce, la situation serait gérable et les banques européennes pourraient survivre aux pertes qui en découleraient. Mais si les marchés s'affolent et que l'Espagne se trouve aspirée dans le maelström, ce sera totalement différent. "

Garanties collatérales

Les banques grecques se financent actuellement auprès de la Banque centrale européenne, en utilisant des obligations d'Etat en guise de garantie collatérale.

Si les agences de notation jugent que la Grèce est en situation de défaut, la BCE a prévenu qu'elle n'accepterait plus ses titres en contrepartie d'emprunts.

Le secteur financier grec serait alors dépourvu de ressources et les autorités de la zone euro et de la BCE se verraient contraintes de le recapitaliser.

Il se pourrait donc que la BCE choisisse, pour ne pas en arriver là, d'assouplir ses règles et d'accepter comme garanties des obligations en situation de défaut.

Si la BCE fait ce choix, elle risquera de subir des pertes et d'avoir elle-même besoin d'une recapitalisation, dont la responsabilité incomberait aux Etats membres de la zone euro.

Banques

Les banques grecques sont jugées les plus exposées à la dette nationale du pays, suivies par leurs homologues européennes et la BCE.

En cas de défaut, les banques ne seraient pas nécessairement contraintes de se défaire de leurs avoirs, mais si elles le faisaient, elles auraient du mal à trouver des acquéreurs et seraient contraintes de vendre leurs titres à des prix bien inférieurs à leur valeur d'achat.

Il est donc plus probable qu'elles choisissent de les conserver. Or un grand nombre de ces banques comptabilisent ces titres dans leurs comptes à leur valeur d'origine et n'ont pas pris en compte l'évolution de la dette grecque sur les marchés financiers.

Même si elles sont libres de maintenir cette évaluation dans leurs comptes, elle devront en cas de défaut faire face à une pression accrue pour que leurs livres tiennent compte de cette perte de valeur, ce qui ne manquera pas de plomber leurs résultats.

 

Voir également à cet égard les articles suivants :

 * Accord sur le plan d'austérité grec (Touteleurope.eu)

 * La crise de la dette en Europe, enjeu "vital" pour la Chine

 * Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie !

 * A quel moment va-t-on renforcer la sécurité monétaire de l'euro et la sécurité économique et financière de la zone euro ? (nouvelle édition)

 * Les 'Credit Default Swaps' (CDS)

 * Money is Politics. A renewed EMS as safety net for the countries of the eurozone, by Erik Holm (europesworld.org)

 * L'Euro, les investisseurs et la gouvernance - Actes du séminaire en hommage à Tommaso Padoa-Schioppa (Notre Europe)

 * Six questions pour comprendre les marchés des changes (Le Figaro) - nouvelle édition -

 * UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - seconde partie -

 * Pour un Pacte international permettant de limiter les risques systémiques associés à l'inflation et à la prolifération des dettes souveraines

ainsi que les articles auxquels ils renvoient

 

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 10:40

Les banques françaises et le Trésor vont proposer de réinvestir 70 % des sommes reçues lors des arrivées à échéance des emprunts grecs, pour moitié sur une durée de trente ans. 

L'évolution de la crise grecque va rester au coeur des préoccupations des marchés cette semaine. Avec, en point de mire, le 3 juillet, date à laquelle les ministres des Finances de la zone euro sont attendus pour une nouvelle réunion à Bruxelles. Il reste donc aux Européens une semaine pour boucler leur nouveau plan d'aide à la Grèce, alors qu'Athènes doit impérativement adopter un programme d'austérité très impopulaire, qui devrait déclencher de nouvelles manifestations mardi et mercredi, et qui sera suivi de très près par les investisseurs.

Peut-être que l'initiative française, dévoilée hier par « Le Figaro » sur son site Internet, aura un effet positif. Selon le journal, les banques françaises et le Trésor se sont mis d'accord sur une proposition ouvrant la possibilité de réinvestir 70 % seulement des sommes reçues lors des arrivées à échéance des emprunts grecs. Sur ce montant, 50 % seraient alloués à de nouveaux prêts émis sur une période non pas de cinq ans mais carrément de trente ans - ce qui permet de voir venir -et les 20 % restants seraient placés sur des titres à coupons faibles, potentiellement adossés à des obligations du Fonds de stabilité européen à zéro coupon. Une solution proche de celle préconisée il y a quelques mois par RBS (« Les Echos » du 4 février). Cette solution, qui aurait été mise au point dans la nuit de vendredi à samedi, devrait être testée dès aujourd'hui au sein de l'International Institute of Finance (IIF), le puissant lobby bancaire rassemblant 400 établissements dans le monde, qui se réunit à Rome.

« Une volonté de sauver l'euro »

La semaine dernière, les consultations entre pouvoirs publics et créanciers privés ont été initiées dans plusieurs capitales. « Nous avons eu beaucoup de réunions de travail avec les banques et les compagnies d'assurances françaises », a déclaré, vendredi à Bruxelles, Nicolas Sarkozy, pour qui « il y a de leur part une volonté de sauver l'euro, d'assurer la solidarité de la zone euro, qui est extrêmement forte ». « Je crois qu'elles [les banques, NDLR] comprennent très bien qu'il faut qu'elles restent présentes, mais qu'elles le fassent d'une façon qui soit volontaire, organisée, de façon à éviter un défaut » , a indiqué de son côté le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, sur RTL. En clair, il ne faut pas que la formule retenue soit qualifiée d'« événement de crédit » car cela déclencherait les produits d'assurance contre le défaut de paiement, les CDS, et risquerait de déstabiliser les marchés.

Les discussions ont porté aussi sur la durée des nouveaux prêts et sur leur taux. Certains évoquant pour les banques de nouvelles obligations d'une durée de cinq ans, à un taux proche de celui obtenu sur les marchés par le Fonds européen de stabilité ; et pour les assureurs, une durée de trois ans. En Grande-Bretagne, selon le « Guardian », le Trésor souhaiterait que les banques souscrivent ces nouveaux prêts à des conditions moins favorables de façon qu'elles doivent enregistrer une décote et donc des pertes.

Enfin, les créanciers privés demandent des garanties en échange de ce soutien. En Allemagne, la chancelière, Angela Merkel, comme son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, ont ainsi prié les banques d'apporter leur contribution sans poser la condition préalable que cela soit assorti d'incitations comme une garantie publique.

Contribution des banques privées

 Le président de la Fédération allemande des banques privées (BdB), Michael Kemmer, a en tout cas assuré que les banques « apporteraient leur contribution » à une nouvelle aide des pays de la zone euro à la Grèce. Les banques allemandes détiennent près de 10 milliards d'euros d'obligations de l'Etat grec en portefeuille, selon les récentes statistiques de la Bundesbank. D'après les chiffres de la Banque des règlements internationaux, à fin décembre, les banques françaises détenaient de leur côté 15 milliards d'euros de dette souveraine grecque.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 09:34

Catherine Ashton, the High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy and Vice-President of the Commission made the following statement :

 

 

“ Today, on the UN International Day in Support of the Victims of Torture, the EU resolves to intensify its efforts to secure a world free from torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment.

Torture is an abomination of our humanity, our dignity and our values - wherever and however it happens, torture is wrong.

The universal prohibition of torture is firmly established under international law. It must be eliminated, and – in cases where we find that it still happens – we must do all in our power to restore its victims to health, in body and in mind. States must take persistent, determined and effective measures to prevent and combat all acts of torture and other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment. States must also ensure that perpetrators of such acts be brought before justice. The European Union urges all States, worldwide, to follow its own 27 Members in acceding to the 1984 Convention Against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment. To date, some 50 countries around the world are not yet Parties to the Convention, while almost half of its 150 or so Parties have yet to become full Signatories. It also urges them to accede to the Convention’s ‘Optional Protocol’, which allows for independent visits and verification of torture. All States have an obligation to make sure that victims of torture obtain

redress and fair and adequate compensation, and receive appropriate rehabilitation. The EU also strongly encourages States parties to this protocol to take effective measures in order to establish independent national preventive mechanisms for the prevention of torture in places of detention.

 

 

The EU also urges countries to recognize the role and authority of the Committee against Torture, in receiving and considering individual communications. Where States have lodged official reservations on the work of the Committee, the EU calls on them to withdraw them.

The European Union has long put its political weight - and its financial resources - behind combating and preventing torture and rehabilitating torture victims. Through the European Instrument for Democracy and Human Rights, it is the world’s leading source of finance for projects carried out by civil society organisations to rehabilitate the victims of torture, and to combat torture worldwide. Between 2007 and 2010, it spent nearly 50 million Euros on more than 80 projects around the world. For instance, it has supported a major campaign to enhance the understanding and awareness of the torture and ill-treatment of persons with physical and mental disability.

At the UN General Assembly and in the UN Human Rights Council, the EU will continue to support the fight against torture. It fully supports the leadership of the United Nations. The EU Member States have always cosponsored UN resolutions in this context. The EU welcomes the appointment of Juan Mendez as the new UN Special Rapporteur on Torture, and it also salutes the work of the Office of the High Commissioner for Human Rights, the Committee against Torture and the Subcommittee for the Prevention of Torture, and the UN Voluntary Fund for the Victims of Torture.

The EU also pays tribute to the persistent and often heroic efforts of so many NGOs and individuals working to prevent torture, and to lessen the suffering of its victims. It knows, with the Mahatma Gandhi, that torture will never achieve its ends: ‘You can chain me, you can torture me, you can even destroy this body, but you will never imprison my mind’. While torture persists, we will fight it : a world free from torture is our shared goal.”

 

 

 

 

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 08:22

Comment pourrait-on mieux souligner la pertinence des regards portés sur l'histoire comme sur l'avenir de l'Europe et du Monde dans quelques articles phares publiés au cours de l'été 2009 sur ce blog que par une simple évocation de trois messages auxquels s'est référé le Président José Manuel Barroso dans le document qu'il a adressé aux groupes politiques du Parlement européen dans la perspective de ses auditions et du vote en séance plénière qui a suivi (cf. José Manuel Barroso a adressé les priorités de son programme des cinq prochaines années au Parlement européen ) ? La portée politique et la force symbolique de telles références n'ont-elles pas d'égales que la justesse de la vision projetée, la grandeur de l'ambition affichée, la modernité, la nécessité et l'urgence du projet européen ainsi réarticulé !

 

Que s'est-il passé depuis ?


A vous d'en juger !

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«Nos pays sont devenus trop petits pour le monde actuel à l'échelle des moyens techniques modernes, à la mesure de l'Amérique et de la Russie d'aujourd'hui, de la Chine et de l'Inde de demain.»

                                                                                                                                                                                  (Jean Monnet, 1954)


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«Et la Communauté elle-même n'est qu'une étape vers les formes d'organisation
du monde de demain.»

                                                                                                                                                          (Jean Monnet, «Mémoires», 1976)


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«The twentieth century

― America's Century ― had seen Europe plunge into the abyss. The old continent's recovery had been a slow and uncertain process. In some ways it would never be complete: America would have the biggest army

and China would make more, and cheaper, goods. But neither America nor China had a serviceable model to propose for universal emulation. In spite of the horrors of their recent past

― and in large measure because of them ― it was Europeans who were now uniquely placed to offer the world some modest advice on how to avoid repeating their own mistakes. Few would have predicted it sixty years before, but the twenty-first century might yet belong to Europe.» [*]

                                                                                 (Tony Judt, «Après-guerre. Une histoire de l'Europe depuis 1945», 2007)


[*]
«Le XXe siècle – le siècle de l'Amérique – avait vu l’Europe sombrer dans l’abîme. Le redressement du vieux continent avait été un processus lent et incertain. À certains égards, il ne sera jamais terminé : l’Amérique avait la plus grande armée du monde et la Chine produisait plus, et moins cher. Mais ni l’Amérique ni la Chine n’avait de modèle utile à donner en exemple au monde. Malgré les horreurs de leur passé récent — et dans une large mesure à cause d’elles —, les Européens étaient désormais mieux à même que quiconque d’offrir au monde de modestes conseils sur la façon d’éviter de répéter leurs erreurs. Peu l’eussent prédit soixante ans plus tôt, mais le XXIe siècle pourrait bien appartenir encore à l’Europe.»

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 06:07

85,4% du PIB, c'est le taux actuel d'endettement de la France. Le PIB, pour mémoire, c'est la valeur de tout ce qui est produit chaque année sur le territoire national. Il faudrait donc travailler plus de dix mois sans plus toucher aucun revenu pour rembourser la dette accumulée par nos gouvernements successifs. C'est évidement impossible (quoique le travail gratuit revienne à la mode), et il faut donc trouver une autre solution. Les exemples Grecs, Japonais et Américains (lien vers : 85.4% du PIB) nous montrent bien que les deux solutions envisageables par les orthodoxes (sans jeu de mot) du budget sont des impasses : l'austérité (cas Grec) ou la fuite en avant (cas Japonais et Américain).

Il nous reste donc la troisième solution, sociale celle-là : l'impôt. Mais pas l'impôt tel que nos le connaissons, stable et prévisible, l'impôt nouveau, celui qui évolue en fonction des performances économiques du pays. L'impôt progressif et adapté automatiquement par la loi d'airain fiscale. Heureusement, l'impôt est revenu en faveur à gauche, et il n'est plus tabou de parler de révolution fiscale et de hausse des prélèvements obligatoires. C'est tant mieux : la concurrence avec les cadeaux fiscaux de la droite était mortifère pour toute politique de redistribution.

La loi d'airain des salaires. Le socialiste allemand Ferdinand Lassale appelait ainsi la baisse tendancielle des salaires provoquée par la concurrence de plus en plus rude des ouvriers entre eux pour obtenir des emplois. Cette théorie a été réfutée par Marx, considérant que c'était une coalition tacite du patronat qui tendait à faire approcher le salaire du minimum nécessaire à la subsitance. Cette concurrence s'applique aussi pourtant aux patrons, mais l'idée reste tout de même inquiétante, notament en période de crise, où l'emploi se fait rare.

La loi d'airain fiscale serait une mesure simple et efficace, juste et économiquement opérante pour corriger les inégalités de revenus et compenser mécaniquement les variations du PIB et de la dette. Cette règle permettrait en outre de rendre les classes sociales les plus riches directement solidaires de toute évolution de l'endettement national. L'endettement actuel de 85.4% du PIB s'y prête d'ailleurs à merveille.

Explication : il s'agit simplement d'aligner le taux d'imposition maximal (jadis limité à 50% par le bouclier fiscal) sur le taux du PIB équivalent à la dette (donc, aujourd'hui 85.4%). Par exemple, en 2011, Mme Bettencourt, M. Pinault, M. Dassault, M. Lagardère et consorts seraient imposés à 85.4% de leurs revenus (salaires et capitalistiques, cela s'entend). Tout l'échelonement fiscal s'alignerait ensuite et les impôts pourraient varier en fonction de l'endettement du pays. Les gouvernements vertueux dans leut budget seraient ainsi reconnus par la population qu verrait baisser son imposition. Les fausses manoeuvres actuelles qui ne résorbent absolument pas la dette seraient immédiatement sanctionnables par les électeurs qui en constateraient l'innéfficacité sur leur feuille d'impôts. Les contribuables les moins favorisés seraient en outre exemptés du poids spécifique de la variation de le dette, car ils ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu (mais à la TVA et autres taxes).

Cette loi d'airain fiscale d'indexation des impôts sur la dette doit s'accompagner de plusieurs garanties : l'indépendance totale garantie à l'INSEE, la transparence budgétaire et fiscale, l'interdiction du transfert des charges nationales sur les collectivités territoriales sans transfert de fonds correspondant. Il serait d'ailleurs possible d'appliquer également cette loi d'airain fiscale à l'échelon local, afin de garantir une gestion plus saine des impôts de la région, du département et de la commune.

Le risque cependant existe de gouvernements qui, pour faire baisser l'impôt des plus riches, bradent les services publics et détruisent l'emploi fonctionnaire afin de faire baisser artificiellement la dette. Mais, n'est-ce pas déjà ce qui se passe actuellement? Comment imaginer pire? Et puis, un gouvernement qui se livrerait à cela serait confronté à la vérité des chiffres : malgré les mesures de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, le gouvernement actuel avoue déjà que la dette augmentera encore en 2012 (plus de 86%). Pour éviter que les bilans ne soient maquillés, il faut également extraire des bilans les privatisations éventuelles et ventes exceptionnelles, qui ne doivent pas être comptabilisées dans la performance économique d'une seule année.

 

De toutes façons, les Français sont bien peu nombreux à être imposés dans les hautes tranches et ils ne laisseraient pas démanteler leur service public (éducation, santé) sans mobilisation, ne serait-ce que par une sanction électorale. De plus, la baisse de la dette créerait de nouvelles marges de manoeuvre budgétaires, puisque l'intérêt à rembourser serait automatiquement moindre. Sans compter qu'un tel engagement permettrait de garantir au monde, et aux agences de notation, la solvabilité du pays.

Et si la dette descend trop bas et que l'impôt baisse trop? Avouez que ce ne serait le pire problème à régler, on en est loin.

Et si la dette dépasse les 100%? Si ce sont les plus riches qui paient, cela ne risque pas d'arriver. Au pire, ils vivront sur leur capital.

 

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-marc-gavanon/240611/la-loi-dairain-fiscale-854

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 23:49

Les régulateurs bancaires mondiaux se sont mis d'accord sur une proposition visant à imposer une exigence supplémentaire de fonds propres aux établissements bancaires présentant un risque systémique en vue de les rendre plus solides d'ici 2019.

Cette idée de surcharge de capital entre dans le cadre d'une série de réformes lancées en guise de réponse à la crise financière de 2007-2009, qui avait conduit bon nombre de pays développés à voler au secours des banques pour éviter une faillite du système financier.

Le Groupe des gouverneurs des banques centrales et des régulateurs (GHOS), présidé par le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, a déclaré après une réunion qui s'est tenue samedi à Bâle que cette proposition serait soumise au débat public le mois prochain.

"Les exigences supplémentaires en matière d'absorption de pertes (...) devraient osciller entre un ratio de capital Tier 1 additionnel allant de 1% à 2,5%, selon l'importance systémique d'une banque", précise le GHOS dans un communiqué.

Une surcharge additionnelle d'un pour cent serait également exigée si une banque grossit de manière significative, ce qui porterait le total de surcharge potentiellement à 3,5%.

Ce projet, qui doit être approuvé par les dirigeants des pays du G20 lors d'un sommet prévu en novembre, devrait être mis en place entre le premier janvier 2016 et la fin 2018.

Cette surcharge de capital viendra en plus des nouvelles exigences de fonds propres, soit un ratio Tier 1 "core" de 7%, demandées par le comité de Bâle qui supervise le système bancaire mondial.

La plupart des grandes banques mondiales affichent déjà un ratio Tier 1 "core" de 10% ou plus et devraient donc aisément être en mesure de se mettre en conformité avec le haut de la fourchette de la surcharge projetée.

Les banquiers centraux ont finalement opté pour une surcharge moins élevée que ce qui avait été anticipé mais, en retour, la surcharge devra être constituée d'un type de capital d'une qualité irréprochable : des bénéfices réservés ou des fonds propres.

La consultation lancée en juillet devrait donner une idée du nombre de banques qui seront concernées par cette surcharge de capital mais on ne sait pas encore à ce stade si leurs noms seront publiés.

La liste des banques mondiales considérées comme systémiques doit être la plus large possible et la plupart des banques françaises en feront partie, a dit mercredi à Reuters une source gouvernementale française.

 

Source : Reuters

 

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 21:46

Le 49ème salon aéronautique du Bourget, qui ferme ses portes ce dimanche, a multiplié les records cette semaine, avec une fréquentation totale estimée à près de 350.000 visiteurs, tandis qu'Airbus EADS a engrangé plus de 900 commandes d'avions, terrassant son grand rival Boeing.

Depuis son ouverture lundi dernier, le salon du Bourget a accueilli 145.000 visiteurs professionnels et plus de 2.100 exposants, ont précisé ses organisateurs dans un communiqué, dépassant les chiffres de sa dernière édition, en 2009. Au moins 200.000 passionnés de l'aéronautique ont quant à eux afflué au salon depuis son ouverture au public vendredi, selon le décompte arrêté à 12h30 ce dimanche, contre 193.000 en 2009.

"Des records ont été battus dans tous les domaines", a déclaré lors d'un point presse Louis Le Portz, commissaire général du salon, qui est organisé en alternance avec celui de Farnborough, au Royaume-Uni. Les visiteurs ont pu admirer 150 avions, dont 40 ont effectué des démonstrations en vol, notamment l'avion de combat Rafale de Dassault Aviation ou le B787 de Boing.

L'avion de transport militaire A400M a toutefois été privé de programme aérien, tandis qu'un exemplaire très gros porteur A380 a été cloué au sol pendant deux jours après avoir heurté lundi un bâtiment lors d'une manoeuvre dans l'enceinte de l'aéroport.

Malgré ces déconvenues, Airbus a dominé Boeing sur le plan commercial cette semaine, avec un total de 910 commandes et engagements de commandes représentant 88 milliards de dollars, contre 141 "deals" pesant 22 milliards pour son rival américain.


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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 13:48
Nicolas Sarkozy sait peut-être où le mène son action militaire en Libye, mais sait-il ce qu’il a fait de la défense française ? En Libye comme en Afghanistan, les démonstrations de force avec le meilleur de nos capacités masquent en réalité une situation détériorée de nos armées. Depuis 2007, la politique de défense française est conduite sur des foucades et par à-coups.

L’horizon du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (publié en juin 2008) a été obscurci par un vol de cygnes noirs mais les imprévus de l’histoire ces quatre dernières années, crise financière et révolutions arabes notamment, ne sont pas seuls en cause dans les revirements de notre politique militaire. Après avoir réintégré l’Otan sans conditions ni garanties, nos dirigeants se sont aperçu des inconvénients de cette décision. Ils ont cherché à corriger le tir comme on l’a vu en Libye. Trop tard hélas pour faire marche arrière. L’Europe de la défense n’a pas été mieux lotie. Après avoir plaidé son impérieuse nécessité, Nicolas Sarkozy a définitivement tourné le dos à cette ambition pour s’abandonner au succès étroit de la coopération avec les Britanniques.

Quant à la loi de programmation militaire 2009-2014, elle est aujourd’hui en miettes. Il faut dire qu’elle reposait sur un mensonge : l’équilibrage des dépenses par des recettes exceptionnelles, notamment immobilières, manifestement hors d’atteinte. Nicolas Sarkozy qui, à son arrivée au pouvoir, imposa au ministère de la Défense la suppression de 54 000 postes pour combler les trous laissés par son prédécesseur, lègue lui-même à son successeur une ardoise d’impayés et de traites sur l’avenir de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Sa présidence aura, en tout, manqué de constance. Mais pour la Défense, dont les choix sont nécessairement de long terme, les changements de pied politiques et une gestion à la petite semaine ont des effets dévastateurs. Que recommander à son successeur ? Etre cohérent et honnête ! Dire où l’on va, avec quels moyens et dans quel cadre. Ce qui implique de cerner les enjeux et d’éviter les faux débats.

L’avenir de la dissuasion nucléaire française pose question mais pas dans l’immédiat. Alors que la prolifération nucléaire et balistique s’accélère, les armes nucléaires conservent un rôle substantiel pour la défense de la France. La modernisation de nos capacités stratégiques, en passe d’être achevée, les situe parmi les plus performantes au monde.

La France détient un incontestable avantage politique et militaire. Faut-il tailler dans cet arsenal dont la force océanique est le pivot ? Supprimer la composante aérienne qui vient juste d’être payée ne présente aucun intérêt en termes d’économies ; le décider unilatéralement nous priverait en outre bêtement d’un levier dans les négociations multilatérales de désarmement. Au-delà de 2030, horizon d’obsolescence des armements en cours et de développement des systèmes antimissiles, le futur de notre dissuasion est dans un angle mort. Le prochain président devra rendre des arbitrages difficiles sur la relève des programmes de dissuasion ou sur leur abandon. Il devra aussi trancher la participation de la France au bouclier antimissiles de l’Otan. Plus généralement, il lui reviendra de décider des équipements qui dimensionnent la supériorité militaire au XXIe siècle (satellites, drones, missiles) dont le financement est défaillant. Ces choix conditionnent l’autonomie de nos approvisionnements stratégiques et la survie d’une base industrielle de défense qui suppose aussi la réalisation de nouvelles fusions et des consolidations d’entreprises.

L’Europe de la défense est en panne. Sa relance est impérative mais se heurte à tant d’obstacles et à un tel scepticisme qu’on pourrait être tenté, comme Nicolas Sarkozy, de jeter l’éponge. Ce serait une erreur dont les générations futures nous feront le reproche. La France doit reprendre l’initiative avec les Allemands, les Britanniques, les Polonais, les Espagnols, les Italiens, les Belges, les Grecs et tous ceux qui voudront collectivement s’atteler à la tâche. Pour cela, il faut tenir à nos partenaires un langage clair. La gouvernance politico-militaire des questions de défense doit se situer dans l’Union européenne. L’Otan est une organisation pourvoyeuse de moyens logistiques et de commandement, une boîte à outils dont il faut se servir. On ne sortira donc pas de l’Otan, mais cette organisation est à une croisée de chemins. Quoique toujours importante à leurs yeux, elle n’est plus une priorité pour les Américains. Elle est désormais le problème des Européens : celui de leurs divisions face aux hypothèses d’emploi de la force et celui de leurs appareils de défense en voie de déclassement. Le manque d’intégration des armées européennes est aussi problématique pour l’Union que pour l’Otan.

Une remise à plat du budget des armées et de notre programmation militaire est inévitable. Il faudra dénoncer certains contrats d’externalisation coûteux. Pourquoi consacrer tant de crédits aux infrastructures quand le financement des équipements est aussi peu assuré ? En ce qui concerne le format des armées, une limite basse a été atteinte. Non seulement l’effectif de nos forces, à niveau d’activité inchangé, permet difficilement de maintenir dans la durée certaines opérations, mais il rend problématique en cas de crise majeure interne (un accident nucléaire) une mobilisation rapide et massive des armées. Enfin, il convient de recentrer nos opérations extérieures dont la multiplication disperse l’effort et grève les budgets (1,2 milliard d’euros en 2011). En Afghanistan, après la mort de Ben Laden, il est clair que la France n’a plus qu’un objectif secondaire - ne pas nous désolidariser des Américains - et une préoccupation : organiser un repli militaire en bon ordre. En première ligne en Libye, exposée aux menées d’Al-Qaeda au Maghreb islamique au Sahel, à portée des contre-effets possibles des crises arabes, la France serait bien inspirée de reconcentrer ses efforts diplomatiques et son dispositif militaire sur les enjeux de sécurité en Méditerranée et en Afrique.

 

Cet article a été publié le 25 mai 2011dans la rubrique Rebonds (Libération)

 

 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 16:12

En marge du Conseil européen, qui s’est déroulé jeudi et vendredi à Bruxelles, quelques mots ont été échangés sur le futur représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour le Sud Méditerranée. Si le principe du poste ne fait pas discussion ni son titulaire (Bernardino Leon est « Le » candidat), la question du mandat suscite encore discussion. Les Espagnols auraient souhaité que ce point soit réglé avant le Sommet pour sortir de cette réunion avec un succès Il n’en a rien été. Ce point devrait figurer à l’agenda du COPS (le comité politique et de sécurité de l’UE) mardi (28 juin). Et le texte approuvé après finalisation par procédure écrite d’ici juillet.

Péninsule arabique ou pas…

Parmi les points de discussion, les habituelles questions de budget ou de personnel… mais surtout l’extension du mandat à la péninsule panarabique. Un point soulevé notamment par le représentant britannique.

Une fois n’est pas coutume, je peux partager cette interrogation… Avoir un RSUE qui couvre du Maroc à l’Irak ne semble pas automatiquement un gage d’efficacité ni de cohérence. Le Maghreb est sensiblement différent du Mashrek. Nombre des enjeux, de problèmes sont davantage reliés à son attachement africain qu’à la péninsule arabique. La nature des liens avec l’Europe est aussi de nature très différente. La coopération engagée par la Commission européenne n’est ainsi pas de même niveau dans les deux zones. Tout comme la question de l’immigration.

Si on pousse plus loin la logique politique, territoriale et économique, il serait donc aussi logique d’avoir un RSUE Maghreb + Sahel. Les questions de sécurité (comme de démocratisation) au Niger ou au Mali interférant directement dans la politique des Etats de notre sud-méditerranéen. Et d’avoir un autre RSUE pour la zone Golfe.

 

Cet article a été préalablement publié sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/politique-etrangere/moyen-orient/le-mandat-du-rsue-sud-mediterranee-encore-en-discussion.html

 

 

 

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Politiques et actions externes de l'UE
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