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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 11:16
Contexte

L'Elysée, résume ainsi la relation entre Paris et Londres : "Le Président de la République poursuit la mise en place d’une réorientation de l’Europe pour les prochaines années, d’une zone euro tournée vers la croissance dans le contexte d’un renouvellement du Parlement européen et de la Commission." "Le Royaume-Uni en est l’un des Etats membres importants, avec toutes ses spécificités. Il s’agit de réfléchir ensemble à la façon de redynamiser l’Europe afin de renforcer la croissance et l’emploi, de développer des politiques au niveau européen qui soient utiles dans des domaines où la France et le Royaume-Uni ont des intérêts partagés, comme l’énergie. Il s’agit aussi d’identifier les convergences d’intérêt dans lesquelles le Royaume-Uni est un partenaire stratégique et important. La priorité est de travailler à une Europe plus concentrée, plus claire, plus efficace et donc d’avoir une discussion politique sur l’avenir de l’Union européenne."

Les éléments nouveaux

Les chefs d'Etat du Royaume-Uni et de la France doivent discuter Europe autour d'un déjeuner dans un pub britannique. Un sujet sur lequel tout les sépare.  

Démonstration militaire, puis déjeuner au pub dans le fief électoral de David Cameron près d'Oxford : le sommet franco-britannique du vendredi 31 janvier est réduit à sa plus simple expression. Et tout a été fait pour repousser au plus tard les sujets qui fâchent.

Les questions de coopération en matière militaire, énergétique et spatiale représentent le seul ordre du jour consensuel entre les deux pays, alors que le Premier ministre britannique ne cesse de donner des gages à l'aile droite de son parti en critiquant sévèrement la construction européenne. David Cameron s'est aussi engagé à organiser en 2017, s'il est réélu en 2015, un referendum sur l'appartenance de son île à l'Union européenne.

A l'inverse, François Hollande et ses ministres bataillent sans cesse, à Bruxelles ou en France, pour préserver l'Europe à 28 tout en accélérant l'approfondissement de l'euro-zone. Des stratégies divergentes qui se traduisent par des crispations diplomatiques. Ce que le Financial Times résume en ayant recours aux deux langues : An entente that is not very cordiale.

La presse britannique a fait état des interrogations de la France sur la tenue du sommet en raison du French-bashing permanent de l'exécutif britannique. Des hésitations hypothétiques selon l'Élysée, qui dément. Et affirme que l'intérêt général demande d'avoir un discours constructif pour que le Royaume-Uni reste en Europe.

Des accords militaires et économiques

Les deux hommes prévoient de signer sur la base militaire de Brize-Norton, une série d'accords visant à mettre en oeuvre les programmes d'équipement militaire lancés par le traité de Lancaster House, conclu fin 2010 par Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique.

La nouvelle génération des avions de combat sans pilote, les missiles antinavires légers ou encore un nouveau programme contre les mines marines sont autant de domaines où les deux pays espèrent obtenir des avancées concrètes. Paris et Londres veulent aussi poursuivre la coopération énergétique induite par la construction par EDF d'une centrale nucléaire à Hinkley, dans l'est du Royaume-Uni, un investissement de près de 19 milliards d'euros.

Des programmes de recherche et de formation communs pourraient être annoncés dans le sillage de la construction des premiers réacteurs EPR britanniques, ainsi qu'un rapprochement entre les agences spatiales des deux pays.

L'Europe, un obstacle sémantique

Pour François Hollande, il est hors de question de changer les traités pour satisfaire les exigences britanniques. Or, la position de Cameron consiste à tenter de rapatrier des compétences supplémentaires au niveau national, ce qui nécessiterait un changement des traités.

La remise en cause régulière par Londres de la libre-circulation des personnes, qui est un des fondements de la construction européenne, est aussi critiquée à l'Élysée. « C'est un sujet qui n'est pas négociable, comme la libre-circulation des marchandises » assure-t-on dans l'entourage de Hollande.

Outre les petites phrases assassines sur les débarquements de roumains et de bulgares ou le besoin de « simplification » des règles européennes, le Royaume-Uni mène plus discrètement un travail de sape des législations européennes existantes.

C'est en tout cas la position de Paris, qui cite les propositions de « simplification » faites par le Royaume-Uni lors du Conseil européen d'octobre dernier.

« Il ne s'agissait pas de simplifier les règles européennes, mais de supprimer toute législation environnementale, sociale, ou de sécurité alimentaire. Si l'on fait cela, l'Europe perd son sens ! » assure-t-on dans l'entourage du président français.

Reste que la discussion avec le Royaume-Uni demeure cruciale. Et la présidence français souligne que les hésitations du Royaume-Uni à l'égard du Continent relèvent surtout du débat intérieur britannique. (NDLR Regards-citoyens.com: comment pourrait-il en être autrement ?! la position d'un nation à l'égard d'un projet de cette envergure relève d'abord d'un débat intérieur, sinon qu'est-ce que démocratie voudrait dire ?)

«Il y a un obstacle sémantique et politique dans le mot Europe, mais le gouvernement britannique connaît son intérêt stratégique » veut croire Paris.

Source : http://www.euractiv.fr/general/le-brexit-invite-indesirable-du-news-533171?utm_source=EurActiv%20Newsletter&utm_campaign=7c11bd948b-newsletter_dernieres_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-7c11bd948b-55414033

A lire aussi

L’euro, socle de la solidarité de l’Europe politique (Fondation Jean Jaurès)
Audit sur l'impact des compétences européennes sur les objectifs et les intérêts nationaux - et européens - : la France doit imiter le gouvernement britannique mais avec d'autres objectifs !

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 10:47

On n'y comprend plus rien !

Ou plutôt, on comprend chaque jour un peu plus à quel point les Européens n'ont vraiment pas les dirigeants que requiert la situation dramatique de l'Europe même s'ils leur arrivent souvent de prendre des décisions appropriées (cf. notamment à cet égard Gouvernance de la zone euro ) ! 

Le gouvernement britannique continue de mener en bâteau ivre l'ensemble des institutions communautaires, à l'exception parfois du Parlement européen !

Alors que la City n'a eu de cesse de se montrer des plus hostile à l'égard de la zone euro et de l'euro au cours des dernières années,

alors que les établissements bancaires britanniques mandatés ont été très clairement à l'origine des dérives autour du Libor et de l'Eurolibor,

alors que le Royaume-Uni a obtenu un nombre incalculable de dérogations et d'Opt out à l'égard des dispositions du droit primaire établi par le Traité de Lisbonne,

alors que les cabinets des principaux dirigeants européens et d'importantes directions générales ont été placés entre les mains de sujets de sa Grâcieuse Majesté,

alors que les cabinets d'avocats anglo-saxons se sentent on ne plus à l'aise dans les jeux de lobbying qui rythment la vie et l'action des institutions européennes,

alors que la Baroness Ashton s'est vue confiée des pouvoirs considérables qui lui permettent de paralyser totalement les avancées offertes par le Traité de Lisbonne dans les domaines qui relève de sa compétence,

alors que le Royaume-Uni a expérimenté aux dépends des citoyens britanniques ce modèle tant fantasmé de la troisième voie avec le succès que l'on sait que d'aucuns voudraient généraliser à l'Europe toute entière (cf. Où en est la fameuse 'troisième voie' ? ainsi que Selon l'OIT, 60% des réformes proposées par les gouvernements ont diminué les droits des employés et que 65% des réformes sur le marché du travail ont restreint les droits des travailleurs temporaires ), 

alors que le chef du gouvernement britannique a refusé - et obtenu - que le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union dispose des ressources propres indispensables à l'effectivité et à l'efficacité de l'action de l'Union là où les Etats lui ont attribué des compétences, comme de l'indispensable flexibilité budgétaire pour permettre à l'Union de faire face à des évènements imprévus,

alors que ce même chef de gouvernement ne cesse de promettre à son propre parti qu'il ira jusqu'à demander la sortie de l'Union (cf. notamment Le Royaume-Uni lance un ultimatum à l'UE (Euractiv.fr) ),

les dirigeants européens, le président permanent du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de La Commission européenne José Manuel Barroso en tête, mais également les chefs d'Etat et de gouvernement de pays membres de la zone euro, et non des moindres,  ainsi que les ministres des finances de l'Union (cf. à cet égard, notamment Ressources propres de l'UE : une fois encore, le chantage britannique a payé - le Royaume-Uni continue de bénéficier de ses exemptions à la règle commune ou encore L'ambitieuse réforme des grandes banques européennes de Michel Barnier, par Anne Michel (Le Monde)) n'ont de cesse que de ne surtout pas déplaire au Royaume-Uni, au Gourou du sectarisme transatlantique le plus exclusif de tout autre schéma d'intégration qui puisse être, au Prince-Roi de la dérégulation, au Grand-Maître du Temple de l'orthodoxie néolibérale, au Pape du capitalisme financier, tels des enfants de choeur reprenant des refrains sans âme et sans légimité doctrinale de leur évêque apostat !

A force de se comporter comme de petits compagnons-soldats laborieux, sans finesse, sans audace et sans vision, ils piétinent le socle encore fragile du projet européen autant que les idéaux attachées à cette belle et noble promesse démocratique d'une Union sans cesse plus étroite capable de se penser et d'agir d'un même élan en 'responsabilité' et en 'conscience', c'est-à-dire ces pierres de taille ciselées par la main invisible des peuples européens unis dans leur diversité avec lesquelles s'est progressivement édifié le Temple de l'Union !

Devant autant d'incohérences qui confinent trop souvent à de la lâcheté, le grand architecte européen pourrait bien finir par rendre son tablier !

Et les peuples d'Europe leur exprimer leur colère !

NB : Cet article a été publié une première fois sur ce blog le 14 novembre 2012.

 



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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 10:04

La Maison blanche a présenté jeudi 30 janvier un plan visant à améliorer la sûreté du transport maritime et de l'exploitation économique de l'Arctique, où la navigation et l'industrie minière sont appelées à se développer à mesure que le climat se réchauffe et que fondent les glaces.

Le plan de l'exécutif américain a été rendu public le jour même où Royal Dutch Shell annonçait qu'il renonçait à des forages prévus cette année au large de l'Alaska, à la suite d'une série de déboires coûteux survenus dans des conditions climatiques extrêmes.

 

Le département américain de la Défense sera chargé de conduire des efforts pour prévoir les conditions météorologiques et l'état des glaces, en lançant un satellite dévolu à cette mission et en améliorant les méthodes analytiques actuelles.

Dans le même temps, le département du Commerce assurera la coordination des études et de la cartographie des eaux de l'Arctique, afin de faciliter la navigation et d'améliorer l'adaptation aux changements climatiques dans les communautés côtières.

"Notre priorité numéro un consiste à protéger les Américains, notre territoire souverain et nos droits ainsi que les ressources naturelles, de même que les autres intérêts des Etats-Unis", stipule ce plan, qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale pour l'Arctique que le président Barack Obama avait dévoilée en mai dernier.

De plus, le département d'Etat aura pour mission de trouver un accord avec le Canada sur les eaux de la mer de Beaufort, et le département de la Sécurité intérieure devra coordonner les travaux sur la mise au point d'un code international destiné aux navires amenés à circuler dans les eaux polaires.

Selon le contre-amiral Jon White, océanographe de l'US Navy, si la tendance actuelle se maintient, les eaux du détroit de Béring devraient rester libres de glace 160 jours par an à l'horizon 2020.

A long terme, au-delà de 2030, les voies maritimes du Grand Nord devraient rester navigables plus longtemps encore, ce qui entraînera un développement du trafic maritime durant les mois d'été.

L'amiral Jonathan Greenert, chef des opérations navales de l'US Navy, déclarait lors d'une récente conférence que les glaces de l'Arctique fondaient plus vite qu'on ne le prévoyait il y a quatre ans encore, lorsque l'US Navy avait publié sa première "feuille de route" sur cette région.

Source : Reuters

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 12:55



Comme souvent, Sauvons l'Europe et Regards-citoyens.com relaient ici une prise de position claire et importante de Jacques Delors et de l’ensemble de Notre Europe.

Les élections européennes des 22-25 mai 2014 constituent un rendez-vous majeur, à la mesure de la crise multiforme que traverse la construction européenne. Ce grand rendez-vous démocratique doit nous inciter à relever trois défis politiques complémentaires, via des propositions rappelant le sens de l’UE, parachevant la zone euro et alimentant une confrontation partisane ouverte et résolue.

1. Re-positiver la « Grande Europe »
Le surcroît d’attention récemment accordé à la crise de la zone euro ne doit pas faire oublier que les prochaines élections européennes concernent la « Grande Europe » (c’est-à-dire l’Union européenne à 28) : c’est à cette échelle-là que nos pays et concitoyens, unis dans la diversité mais désormais réconciliés, doivent écrire les nouvelles pages de leur aventure communautaire.

La « Grande Europe », c’est plus que jamais la bonne échelle pour affirmer le rôle accru de l’UE dans la mondialisation, que la plupart de ses peuples souhaite renforcer, bien conscients que l’union fait la force. L’UE s’est déjà dotée de politiques d’élargissement et d’aide extérieure qui seront mises en débat à l’occasion de la prochaine campagne électorale. Il en sera de même de la politique commerciale, en ces temps de négociations transatlantiques, des efforts européens visant à mieux réguler la « finance folle », qu’il faut amplifier, ainsi que des balbutiements de l’UE en matière migratoire. L’engagement diplomatique et militaire des Européens doit enfin être renforcé, au moins dans leur voisinage proche, y compris sur la base de coopérations restreintes.

La « Grande Europe », c’est aussi l’horizon pertinent pour poursuivre les efforts engagés en matière de protection de l’environnement et de climat, ainsi que pour encourager les processus de transition énergétique. C’est tout le sens du projet de « Communauté européenne de l’énergie » que nous promouvons, afin de répondre à des aspirations prioritaires pour les citoyens et les États de l’UE (compétitivité de l’industrie, sécurité d’approvisionnement, protection de l’environnement, etc.)

La « Grande Europe », c’est enfin le marché unique, qui peut encore être approfondi dans le domaine des services, de l’économie numérique et des grandes infrastructures, afin de créer davantage de croissance et d’emplois ; qui doit permettre une libre circulation des travailleurs à la fois plus fluide et mieux encadrée (en particulier en matière de détachement) ; et qui doit faire l’objet de davantage d’harmonisation sociale et fiscale, afin d’atténuer les tensions entre Ouest et Est ou centre et périphérie.

2. Parachever l’Union économique et monétaire

La crise a mis en évidence les failles liées au déséquilibre entre union monétaire et union économique, tout en faisait désormais apparaître la zone euro comme le creuset politique d’une intégration accrue, fondée sur des droits et devoirs spécifiques en termes de discipline et de solidarité. 

Il convient donc d’abord de poursuivre les actions de solidarité et de contrôle déjà engagées : mise en place d’une véritable « union bancaire », fondée sur une supervision européenne des banques, sur une contribution des acteurs financiers à leur propre sauvetage et sur une réduction des divergences des taux d’intérêt que doivent payer entreprises et ménages ; amélioration de la coordination européenne en matière de politiques économiques et sociales des États membres, afin de prévenir les excès et les dérives menaçant le fonctionnement de l’union monétaire, via des incitations financières accordées aux États membres engageant des réformes ; création de mécanismes d’assurance contra-cyclique sous différentes formes entre États de la zone euro ; mutualisation partielle de l’émission des dettes nationales face aux risques de crise systémique qui demeurent…

Parachever l’union économique et monétaire, c’est aussi lui donner une dimension sociale spécifique, en s’appuyant sur les partenaires sociaux, par exemple pour mieux organiser la libre circulation des travailleurs ou la prise en charge européenne des victimes des ajustements structurels, au premier chef les jeunes. C’est lui donner des moyens spécifiques de soutenir la croissance via des investissements massifs, tant pour accélérer la sortie de la grave crise économique et sociale actuelle, qui menace sa cohésion et son dynamisme, que pour mettre en place les conditions d’un développement humain écologiquement responsable.

Il faut enfin compléter la gouvernance de la zone euro en réunissant à nouveau sur une base régulière des « sommets de la zone euro », en dotant l’eurogroupe d’un président à plein temps, et en permettant aux parlementaires nationaux et européens de mieux exercer leurs pouvoirs de contrôle démocratique, à Bruxelles comme dans les capitales nationales.

3. Promouvoir la construction européenne sur la base d’alternatives claires

C’est en formulant un double agenda positif au niveau de l’UE et de la zone euro qu’il sera possible de donner tout son sens à la campagne électorale, qui se développera sur deux registres complémentaires.

Il s’agit tout d’abord de réaffirmer sa confiance dans la construction européenne, en valorisant les acquis fondamentaux que sont par exemple l’esprit de réconciliation et le principe de libre circulation. Les partis extrémistes entendent faire des prochaines élections une sorte de référendum pour ou contre l’UE ou l’euro, en tirant parti de la dégradation de son image engendrée par la crise et sa gestion. Refaisons inlassablement la preuve de l’Europe, avec résolution et ouverture d’esprit, sur la base d’une vision large des opportunités et menaces géopolitiques auxquelles elle fait face.

Les prochaines élections européennes doivent aussi permettre une confrontation partisane claire entre des approches différentes du fonctionnement, des politiques et de l’avenir de l’UE. Il s’agit de mettre en exergue les divergences qui séparent les conservateurs, les libéraux, les sociaux-démocrates, les écologistes, la gauche radicale et les autres forces politiques, et ainsi de permettre aux électeurs de départager leurs programmes pour l’UE à l’horizon 2020.

Dans cette perspective, il est bienvenu que les forces partisanes européennes soient en passe de désigner leurs candidats à la présidence de la Commission, afin de personnifier les enjeux du débat et du scrutin. C’est aussi parce que les Européens pourront mettre des visages sur les principales orientations de la construction européenne, mais aussi sur les clivages qui structurent la vie politique de l’UE, qu’ils pourront se saisir pleinement du grand rendez-vous démocratique du printemps prochain, en France comme en Europe. 

Aux urnes, chers concitoyens !

Par Jacques Delors Président fondateur de Notre Europe-Institut Jacques Delors, António Vitorino, Président de Notre Europe-Institut Jacques Delors, Pascal Lamy Président d’honneur de Notre Europe-Institut Jacques Delors, Yves Bertoncini Directeur de Notre Europe-Institut Jacques Delors et les 35 personnalités membres du Comité européen d’orientation de Notre Europe-Institut Jacques Delors qui ont cosignés cette déclaration

Source : http://www.notre-europe.eu/011-17333-Elections-europeennes-en-avant-toute.html

Voir cet article sur le site de Sauvons l'Europe : http://www.sauvonsleurope.eu/elections-europeennes-en-avant-toute/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=elections-europeennes-en-avant-toute

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 12:13

Le gouvernement de gauche au pouvoir au Danemark a perdu six ministres jeudi 30 janvier. A l'origine de cette crise gouvernementale, le refus par le Parti populaire socialiste (SF) de vendre une part de l'entreprise publique d'énergie Dong à la banque d'investissement américaine Goldman Sachs.  

« Nous avons maintenu nos positions sur Dong jusqu'au bout », a résumé la ministre des affaires sociales et de l'intégration, Annette Vilhelmsen, qui a démissionné de son poste et de la direction du parti — situé sur l'échiquier politique à gauche des sociaux-démocrates de la chef de gouvernement Helle Thorning.

 PAS DE BASCULEMENT DANS L'OPPOSITION

Dong Energy est un producteur de pétrole, de gaz naturel et d'électricité (éolienne et thermique), qui a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 67,2 milliards de couronnes (9 milliards d'euros). En novembre, l'exécutif avait signé un accord en vue d'une augmentation de capital à laquelle Goldman Sachs apportait 8 milliards de couronnes (1,1 milliard d'euros), acquérant ainsi 19 % du capital.

Le Parti populaire socialiste faisait partie de la coalition gouvernementale, en place depuis l'automne 2011, avec le Parti social libéral et les sociaux-démocrates. Mais elle devrait survivre, Mme Vilhelmsen ayant indiqué que le Parti populaire socialiste ne basculerait pas dans l'opposition.

« Je présenterai bientôt un nouveau gouvernement », a annoncé Mme Thorning-Schmidt lors d'une conférence de presse, ajoutant : « Nous allons continuer notre travail (...) Le Danemark est plus fort, plus sain, avec plus de solidarité qu'il y a deux ans et demi ».

Lire également :

 * Goldman Sachs, enquête sur une société secrète

 * L'Inde accuse Goldman Sachs d'ingérence politique

 * Goldman Sachs : "Pourquoi Fabrice Tourre est-il le seul à payer ?"

 * Un jackpot de 600 millions pour Goldman Sachs (Le Monde)

 * Retour sur images : Les hommes d'influence de Goldman Sachs, par Marc Roche (presseurop.eu - 3 mars 2010) 

 * De l'économie de l'insécurité ! (nouvelle édition) 

Édition abonnés Contenu exclusif

 * Quand Goldman Sachs lance des ordres malgré lui

 * La banque d’affaires américaine Goldman Sachs double ses bénéfices

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/01/30/crise-gouvernementale-au-danemark_4357177_3214.html#xtor=AL-32280397

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:15

Le détail de la réserve parlementaire est désormais consultable sur le site internet de l’Assemblée nationale. En 2013, les députés du Palais Bourbon se sont distribué 80,94 millions d'euros. Les subventions accordées bénéficient principalement aux communes.

L'Assemblée nationale a publié mercredi 29 janvier pour la première fois l'utilisation en 2013 de la réserve parlementaire dont disposent les députés pour attribuer des subventions.  A l'initiative de son président, Claude Bartolone (PS), le bureau de l'Assemblée avait décidé en octobre 2012 le principe de cette publication, pour répondre aux accusations d'opacité, même si des députés avaient déjà rendu publique l'utilisation de leur réserve. 

Chaque député a le droit à 130 000 euros en moyenne. A l'UMP, " la somme est de 110.000 euros de base pour chaque député. Et en fonction de l'assiduité, de la présence sur les textes, la réserve peut aller jusqu'à 150.000 euros", a-t-on expliqué au parti. Les données montrent que les députés privilégient le financement de projets communaux (rénovation de bâtiments, de voirie, etc). 

En région Centre, le député UMP du Loiret Olivier Carré a par exemple attribué 30 000 euros à la commune de Cléry Saint André pour la réfection du gymnase tandis que le parlementaire PS Patrick Gilles a soutenu une action d' insertion à hauteur de 10 000 euros en Indre-et-Loire.  

La réserve des sénateurs devrait être à son tour bientôt connue puisque sa publication, comme celle de l'Assemblée, est prévue par les nouvelles lois sur la moralisation de la vie politique votée fin 2013 après l'affaire Cahuzac.
Source : AFP
Pour savoir comment votre député a dépensé sa réserve parlementaire en 2013, consulter le site de l'Assemblée
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:12
Contexte

Les sommets UE-Russie sont organisés deux fois par an. Celui tenu le 21 décembre 2012 n'a abouti à aucune décision majeure. Le président russe, Vladimir Poutine, s'est donné en spectacle devant la presse et a déclaré au président de la Commission, José Manuel Barroso, que son interprétation des règles en matière de libéralisation de l’énergie était erronée.

Lors du dernier sommet de ce type le 4 juin 2013, les dirigeants européens et russes semblaient très divisés sur la question de la liberté des citoyens et sur la manière de résoudre la crise en Syrie. 

Les éléments nouveaux

Ni l'UE, ni la Russie n'a finalement cherché à condamner les actions de l'autre partenaire de négociations, notamment sur la question ukrainienne. Et un compromis a été trouvé sur la question du Partenariat oriental.

 

Malgré les déclarations de certains représentants nationaux, le dernier sommet UE-Russie n’a fait l’objet d’aucune confrontation et d’aucun reproche au sujet de l'Ukraine. Les deux parties ont semblé vouloir envoyer un message « de détente ». Le même jour, le pouvoir ukrainien lâchait du lest en vue de désamorcer les tensions au niveau national.

Le terme « détente » en russe a souvent été utilisé par le passé en vue de qualifier les périodes d'apaisements ses tensions géopolitiques entre l'Union soviétique et l'Occident.

Vladimir Poutine a indiqué que le sommet avait permis de réaliser des progrès des deux côtés.

De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a témoigné qu’en l'espace de dix ans, il avait pu constater que ces sommets et les relations entre l'UE et la Russie évoluaient « d'une façon spectaculaire ».

Des journalistes ont demandé au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, si les questions des droits de l'Homme ont été abordées lors du sommet. Celui-ci a répondu qu'elles ont toujours fait partie de l'ordre du jour du sommet. Il a cependant reconnu que cette fois-ci, les droits de l'Homme n'ont pas fait l’objet d’un examen en détail.

Le Partenariat oriental dans les limbes

Vladimir Poutine a souligné que ce sommet, le 32eentre l'UE et la Russie, n'était pas consacré à l'Ukraine, mais plutôt à la question du Partenariat oriental.

Le Partenariat oriental est l'initiative phare de l'UE amorcée par la Pologne et la Suède en 2009. Il a pour objectif d'améliorer les relations entre l'UE et l'Ukraine, mais aussi avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie et la Moldavie.  Pour autant, le Partenariat oriental n’est pas synonyme d’une possible adhésion à l'UE pour les anciennes républiques soviétiques. Même s'il reproduit le même type d'engagements que ceux utilisés dans le cadre du processus d'élargissement de l'Union.

Le sommet de Vilnius du 28 et 29 novembre 2013, qui consacré à ce partenariat, s'était soldé par une très grande déception pour l'UE. Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, avait en effet refusé de signer non seulement l'accord d'association, qui devait faire date dans les relations du pays avec l'UE, mais aussi l'accord de libre-échange approfondi et complet. Entre-temps, le président ukrainien s'est tourné vers la Russie et a obtenu de son voisin un prêt de 15 milliards de dollars (11 milliards d'euros), mais aussi un rabais sur le prix du gaz.

À la suite de cet accord conclu avec le Kremlin, des Ukrainiens pro-européens ont organisé des manifestations qui se sont muées en une révolution populaire contre Viktor Ianoukovitch.

La Russie a fait pression sur Kiev pour qu’elle ne ratifie pas l'accord d'association avec l'UE. Déjà avant la volte-face ukrainienne, l'Arménie s'était rétractée d'un tel accord en septembre 2013. Ce pays a préféré rejoindre l'Union douanière de la Russie, aux côtés de la Biélorussie et du Kazakhstan. À ce jour, seules la Moldavie et la Géorgie espèrent encore signer un accord d'association avec l'UE.

Malgré cette stratégie de la corde raide, le président russe et les pays membres de sa future Union eurasiatique n'ont fait référence qu'à la seule dimension économique des politiques européennes d'intégration. Herman Van Rompuy a insisté, de son côté, sur la nécessité de surpasser « les différentes interprétations et malentendus » sur l'accord d'association. 

Des consultations bilatérales

« [La Russie] et nous-mêmes sommes tombés d'accord pour poursuivre les consultations bilatérales entre experts sur l'accord d'association dans le cadre du Partenariat oriental, ainsi que sur les conséquences économiques de part et d’autre [de l’Oural],» a déclaré Herman Van Rompuy.

Nous avons ajouté que les accords d'association et les accords de libre-échange avec l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie étaient absolument compatibles avec les accords commerciaux conclus par ces pays avec la Russie ou encore avec l'Union douanière de la Russie. Il a aussi poursuivi en disant que l'UE souhaitait signer un accord d'association avec la Moldavie et la Géorgie au plus tard au début de l'automne prochain.

Le président du Conseil européen a affirmé que l'UE devrait se préparer à faire de même avec l'Ukraine « à condition que les autorités confirment leur adhésion [aux principes] d’une Ukraine démocratique ».

José Manuel Barroso s'est, quant à lui, félicité des conditions dans lesquelles s'est déroulé le sommet, qui a été caractérisé par un esprit de « franchise et d'ouverture ». Selon lui, ce sommet a donné la possibilité de « clarifier certains points ».

De Lisbonne à Vladivostok

Le président de la Commission a déclaré que la meilleure façon d'établir la confiance était de travailler sur les « objectifs partagés et les plus importants sur le plan stratégique ». Il a fait ici allusion au projet de créer un espace économique commun qui irait de Lisbonne à Vladivostok.

Vladimir Poutine avait proposé cette idée en 2010. Depuis lors, le président russe a préféré mettre en place une Union douanière, qui constitue la colonne vertébrale  pour une future Union eurasienne, véritable réminiscence de l'Union soviétique.

Le président de l'exécutif européen a poursuivi en disant que cet espace économique, qui rejoindrait l'Europe et l'Eurasie, ne peut se faire du jour au lendemain. Selon ses dires, le Partenariat oriental était essentiel pour atteindre cet « objectif stratégique ». « Le Partenariat ne vise personne, il a un but », a-t-il continué. Ce but est, d'après lui, de rendre les pays plus prospères et de fournir aux citoyens de meilleures conditions de vie.

« Cela peut sembler être un rêve, mais les rêves peuvent devenir réalité, » a assuré Jose Manuel Barroso.

De son côté, le président russe s'est dit satisfait de « l'ambiance ouverte et constructive » qui régnait lors du sommet. Il a expliqué que la création d'un « espace économique et humanitaire de Lisbonne jusqu'à l'océan Pacifique » a fait partie des discussions.

Sur la question des pays du Partenariat oriental, Vladimir Poutine a estimé que les pays, qui souhaiteraient développer leurs relations avec l'UE, voulaient en même temps maintenir leurs relations historiques et leur coopération avec la Russie.

« Nous devons sans aucun doute soutenir [de tels développements diplomatiques]. Mais provoquer de nouvelles divisions n'est pas acceptable, » a-t-il précisé.

Le dirigeant russe a indiqué qu'il avait proposé aux partenaires européens d'établir une zone de libre-échange entre l'UE et l'Union économique eurasienne. Mais, selon ses dires, l'UE n'était pas très enthousiaste vis-à-vis d’une telle perspective. Bruxelles a estimé qu'il était plus opportun de continuer les discussions entre experts.

Selon l'UE, les accords commerciaux européens peuvent cohabiter de façon constructive avec l'Union douanière russe, tant que les règles de l'OMC sont appliquées et que le principe de prise de décision en toute liberté est garanti.

Comme certains diplomates de l'UE l'ont expliqué, l'Union douanière chapeautée par la Russie n’est pas enregistrée auprès de l'OMC. Elle n'est donc pas tenue de respecter les traités internationaux. Depuis que la Russie a rejoint l'OMC en 2012, le pays est devenu « le champion du protectionnisme », ce qui a « profondément déçu » Bruxelles, ont confié les diplomates.

Un prêt au peuple ukrainien

Selon Vladimir Poutine, l’offre de prêt de 11 milliards d'euros de décembre dernier sera valable aussi longtemps que les Ukrainiens mènent des réformes structurelles, que ce soit par le pouvoir actuel ou l'opposition. En outre, la Russie doit être certaine de la solvabilité de Kiev. Selon certaines sources, la seconde tranche du prêt n'a pas encore été octroyée.

Il a aussi indiqué que ce prêt n'était pas destiné au gouvernement ukrainien mais au peuple ukrainien. Par ailleurs, le premier ministre, Mykola Azarov, a démissionné le 28 janvier.

Il a indiqué que la situation financière de l'Ukraine n'était pas bonne. Selon ses propres mots, Kiev a demandé un report des paiements pour cette année, et un rabais sur le prix du gaz. « C'est une situation difficile pour nous et pour Gazprom, car ces recettes étaient planifiées, » a-t-il continué.

« Mais nous allons poursuivre le dialogue avec nos partenaires ukrainiens, peu importe le dirigeant du gouvernement, » a-t-il assuré.

Des critiques à demi-mot

À un seul moment, le président russe a exprimé de légères critiques quant à l'ingérence européenne dans les affaires ukrainiennes.

« […] Je pense que le peuple ukrainien est capable de prendre une décision par lui-même. En aucun cas, la Russie a l'intention de s'ingérer [dans leurs affaires]. Mais je m'interroge sur la façon dont nos partenaires européens auraient réagi si, au milieu de la crise [de la zone euro], par exemple en Grèce ou à Chypre, lors d'un rassemblement contre l'UE, notre ministre des affaires étrangères était apparu et avait lancé de tels appels. Nous pensons que c'est particulièrement inapproprié, » a conclu Vladimir Poutine.

Il a aussi prévenu que les manifestants antigouvernementaux qui sévissent actuellement dans l'ouest de l'Ukraine, ne devaient pas être considérés comme des saints.

« Vos médias ne les montrent pas. Mais nous le voyons. En Ukraine occidentale, un prêtre a appelé le peuple ukrainien à se rendre à Kiev et à faire tomber le gouvernement. Et voici son discours : [la chute du gouvernement est nécessaire] afin que nous ne soyons plus gouvernés par des nègres, des " Ruskovs " et des Juifs. Le président s'est dit offusqué qu’un prêtre puisse tenir de tels propos. À ses yeux, il est complètement inacceptable qu'un nationalisme aussi exacerbé puisse avoir lieu dans un monde civilisé.

Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso ont souhaité au président russe que les jeux Olympiques à Sotchi, qui auront lieu du 6 au 23 février 2014, soient un succès.

Afin d’apaiser les tensions avec l'Occident dans l’optique des jeux, la Russie a libéré l'ancien PDG de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski et deux membres du groupe punk, Pussy riot.

L’esprit de détente qui a caractérisé le sommet entre l'UE et la Russie pourrait également s’inscrire dans des efforts visant à assurer le bon déroulement des jeux. La Russie a dépensé en effet des sommes considérables pour cet évènement.

 

Prochaines étapes : 
  • 6-23 février 2014 : les jeux Olympiques d'hiver auront lieu à Sotchi, en Russie occidentale
  • 3 juin 2014 : prochain sommet de l'UE à Sotchi

 

Georgi Gotev - Adaptation de l'anglais

 

Liens externes

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:06
Contexte    

Le lanceur d'alerte Edward Snowden a révélé au début 2013 que les autorités américaines avaient eu accès à des données à caractère personnel sur les serveurs de sociétés de l'Internet.

Les Européens ont réagi avec colère à ces allégations. Ils affirment que ce type d'activité confirme leurs craintes à propos de la portée des géants américains de l'Internet. Ces révélations montrent également la nécessité de règlements plus stricts alors que l’UE et les États-Unis viennent de lancer des négociations commerciales

Les éléments nouveaux

La Commission européenne menace de suspendre l'accord bilatéral sur l'accès aux données, si Washington ne renforce pas ses normes de sécurité d'ici l'été. 

La commissaire européenne en charge de la justice, Viviane Reding, a profité de la journée de la protection des données, le 28 janvier, pour mettre en exergue les failles sur l'accord concernant le transfert des données entre l'UE et les États-Unis.

Vérifier les pneus

Avec son franc-parler caractéristique, elle a déclaré : « Nous avons vérifié les pneus et avons constaté que des réparations étaient nécessaires. Pour que la sphère de sécurité soit en état de rouler, les États-Unis devront la réparer.

Washington est priée d’effectuer des réparations d'ici l'été prochain, sinon l'accord bilatéral sur l'accès aux données, appelé « sphère de sécurité », sera suspendu, a-t-elle déclaré lors d'un discours au groupe de réflexion CEPS à Bruxelles.

La sphère de sécurité permet aux entreprises américaines d'accéder aux données des citoyens européens, même si la législation américaine sur la protection des données est moins contraignante que celle de l'UE.

En vue de combler le fossé, les entreprises américaines ont la possibilité de participer volontairement à la sphère de sécurité, si elles le souhaitent. Cet accord les oblige à garantir une protection suffisante sur les données, comme le demande Bruxelles.

Autocertification des entreprises

L'évaluation du respect des principes de sphère de sécurité se fonde sur le principe d’« autocertification ». En d’autres termes, les entreprises ont la seule responsabilité de déclarer si leurs services respectent les normes.

Grâce à cette sphère de sécurité, les entreprises américaines peuvent transférer des données à caractère personnel de citoyens de l'UE vers les États-Unis. Ces transferts constituent le cœur des activités et des modèles économiques de nombreux géants de l'informatique.

Google, Facebook, Microsoft, Amazon et d'autres grandes entreprises américaines font partie de ce programme de mise en conformité.

L’année dernière, Edward Snowden avait mis au jour les activités illégales de mise sous surveillance de l'Agence nationale de sécurité (NSA), pour laquelle il travaillait. Ces révélations ont ravivé les inquiétudes des dirigeants européens quant au traitement réservé par les États-Unis aux données des citoyens de l’UE.

En novembre dernier, Viviane Reding a publié une liste de 13 recommandations en vue de renforcer le fonctionnement de la sphère de sécurité.

Protéger la vie privée des consommateurs

La commissaire luxembourgeoise a par exemple demandé de « publier les conditions de protection de la vie privée figurant dans tout contrat conclu entre elles et leurs sous-traitants », dont les services d'informatique en nuage (« cloud »).

Elle a ajouté que « les politiques de protection de la vie privée […] doivent comporter des informations la mesure dans laquelle la législation des États-Unis permet aux autorités publiques de collecter et de traiter des données transférées au titre de la sphère de sécurité ».

Elle souhaite également des preuves de la mise en œuvre réelle des principes du système. Elle a dès lors demandé qu’une partie d'entre elles soient « soumises à des enquêtes d'office concernant le respect effectif de leurs dispositions de protection de la vie privée ».

« Chaque fois qu'un manquement est constaté, à la suite d'une plainte ou d'une enquête, l'entreprise concernée devrait, après un an, faire l'objet d'une enquête de suivi spécifique. », a-t-elle conclu. 

Réactions : 

« Il existe une marge de manœuvre importante pour améliorer l'accord sur la sphère de sécurité. Si des mesures ne sont pas prises rapidement, l'UE devra suspendre l'accord », explique Manfred Weber, vice-président du Parti populaire européen au Parlement européen.

« Nous devons continuer à œuvrer vers une protection de l' État de droit et du droit fondamental sur le respect de la vie privée des citoyens européens et à collaborer avec nos partenaires américains en vue de garantir le respect et le maintien de ces droits », déclare l'eurodéputé Claude Moraes (Socialistes & démocrates), rapporteur de la commission sur les libertés civiles autour de la demande d'enquête sur la surveillance en masse des citoyens européens.

« Les révélations d'Edward Snowden de ces sept derniers mois ont mis en évidence le besoin criant de restaurer la confiance entre l'UE et les États-Unis et de renforcer nos partenariats transatlantiques. […]La Commission européenne doit conclure les négociations en cours sur le transfert des données dans le cadre de l'accord transatlantique en vue que les États-Unis l'intègre dans leur législation, ce qui permettra enfin aux citoyens européens d’intenter un recours juridictionnel », a-t-il ajouté.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 09:34

La réponse est naturellement dans la question !

N'ajoutons pas de commentaire superfétatoire !

 

 

 

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 09:22

Contexte

La Commission a présenté le paquet énergie-climat 2030 le 22 janvier 2014. Il remplacera les objectifs 20-20-20 qui visent à réduire d'au moins 20 % les émissions de gaz à effet de serre de l'UE, à atteindre 20 % d'énergie d'origine renouvelable dans la consommation énergétique de l'Union et à réduire de 20 % la consommation d'énergie primaire au moyen d'une efficacité énergétique accrue. Le dernier point est le seul objectif non contraignant, c'est d'ailleurs le seul qui sera certainement pas respecté par l'UE.

À l'horizon 2030, la Commission européenne propose :

  • une réduction de 40 % des gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, obligatoire à l'échelle nationale et qui ne peut être atteint par l'utilisation de crédits carbone ;
  • l'utilisation de crédits carbone en vue de respecter de nouveaux engagements internationaux sur le climat ;
  • un objectif portant à 27 % la part des énergies renouvelables, contraignant pour l'ensemble de l'Union, mais pas à l'échelle nationale ;
  • aucun nouvel objectif en matière d'efficacité énergétique avant l'examen en juin 2014 des avancées sur la directive sur l'efficacité énergétique ; 
  • des recommandations non contraignantes sur le gaz de schiste qui pourraient devenir obligatoires en 2015 ;
  • une réserve de stabilité du marché pour le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) capable de retirer ou de libérer jusqu’à 100 millions de crédits carbone ;
  • et l’arrivée à échéance de la directive sur la qualité des carburants d'ici 2020, qui impose une réduction de 6 % de l'intensité de gaz à effet de serre des combustibles de l'UE.

Beaucoup considèrent ce paquet comme un compromis qui reflète l'équilibre des forces entre les différents États membres au sein du Conseil européen. Les eurodéputés et les chefs d'États européens discuteront de ces mesures avant de donner leur accord définitif.

Les éléments nouveaux

Le commissaire en charge de l'énergie fulmine face à l'objectif présenté par la Commission en matière de réduction de CO2. Günther Oettinger préfèrerait encourager le gaz de schiste.          

Lors de la conférence « Industry Matters » à Bruxelles, Günther Oettinger s'en est pris à ceux qui pensent que l'objectif de réduction de 40 % de CO2 pourrait « sauver le monde ». Il les a qualifiés d'« arrogants ou stupides ». Il a même indiqué que cet objectif pourrait ne pas être atteint.

« C'est un compromis ambitieux et je suis un peu sceptique », a-t-il expliqué aux participants à la conférence organisée par BusinessEurope, la confédération patronale paneuropéenne.

« Je dois agir de façon constructive étant donné que je suis membre [de la Commission], mais je suis sceptique. »

Le commissaire en charge de l'énergie a défendu en coulisse un objectif de 35 % de réduction de CO2d'ici 2030. Selon lui, l'UE est sur le point de réduire ses émissions qu'à hauteur de 20 % d'ici 2020, grâce à la crise économique et à la fermeture des centrales électriques issues de l'ère soviétique en Europe orientale.

« Ces [réductions d'émission] étaient à portée de main, mais ce n'est plus le cas maintenant. Chaque pour cent en moins sera compliqué et coûteux [à obtenir] », a-t-il affirmé. L'UE n'est responsable à l'heure actuelle que de 10,6 % des émissions à l'échelle planétaire, et ce pourcentage pourrait chuter à 4,5 % d'ici 2030, a-t-il fait remarqué.

« Il est irréaliste de penser qu'avec 4,5 % des émissions à l'échelle mondiale, vous pouvez sauver le monde », a poursuivi le commissaire allemand. « Cela relève de l'arrogance ou de la stupidité. Nous avons besoin d'un accord international. »

Les chefs d'État et de gouvernement discuteront du paquet énergie-climat 2030 lors du sommet européen de mars. Une nouvelle proposition sera ensuite formulée en septembre, le même mois que la tenue à Lima (Pérou) du sommet international sur le climat.

Il faudrait alors trouver un accord définitif avant juillet 2015. Deux mois avant la conférence sur le climat qui aura lieu à Paris, censé aboutir à un accord contraignant à l'échelle mondiale.

Günther Oettinger, démocrate-chrétien, a indiqué que l'Europe envisage sur le long terme éventuellement l’importation de gaz d'Irak, de la Lybie, du Nigeria et du Qatar.

Plaidoyer pour le gaz de schiste

Il a qualifié le Royaume-Uni et la Pologne de « pionniers » de l'énergie bon marché, il a d'ailleurs salué les mesures visant l'exploitation du gaz de schiste. Il a émis également l'idée que les États-Unis pourraient exporter une partie de ce type de combustible vers le Vieux Continent.

« L'Europe est en train de se désindustrialiser et les États-Unis adoptent une stratégie différente », a-t-il expliqué.

Le discours de Günther Oettinger ne correspond pas à la dernière analyse, « Trends to 2050 », publiée par la Commission elle-même. Dans cette analyse, l'exécutif européen prévoit une réduction de 32 % de CO2 d'ici 2030 si aucune nouvelle mesure sur le climat n'est introduite après 2020.

Selon les défenseurs de l'environnement, l'intégration des excédents de crédits carbone dans le système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) permettrait d'atteindre les 40 % sans effort supplémentaire. Brook Riley, porte-parole des Amis de la Terre Europe, a qualifié les propos du commissaire d'« absurdité totale ».

Dans l'ensemble, l'UE estime que les engagements dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont essentiels pour convaincre les autres pays à faire de même.

Un discours scandaleux pour certains

Selon les informations d'EurActiv, certains collègues de Günther Oettinger ont réagi en riant. « C'est assez scandaleux, mais c'est la manière dont il se comporte », a indiqué une source de l'UE.

« Il est resté cohérent pendant tout le processus [...] malheureusement il s’est fourvoyé sur toute la ligne », a ajouté la source.

Maria Van den Hoeven, la directrice exécutive de l'Agence internationale de l'énergie, a critiqué implicitement le manque d’efficacité énergétique dans le paquet énergie-climat. Les économies d'énergie devraient jouer un « rôle central » dans toute stratégie visant à réduire les émissions de carbone, a-t-elle ajouté.

« L'UE peut promouvoir les investissements dans les énergies renouvelables et les interconnexions ainsi que soutenir l'exploitation de ressources locales, dont le gaz de schiste, mais l'efficacité énergétique est importante pour s'adapter sur le long terme à des coûts plus élevés de l'énergie », a-t-elle expliqué lors de la conférence.

« L'efficacité énergétique peut diminuer la demande et perturber la compétitivité et le développement du marché », a-t-elle nuancé.

Un discours satisfaisant pour d’autres

Henryka Bochniarz, présidente de la fédération patronale polonaise Lewiatan, a salué les propos du commissaire allemand. En soulignant qu'elle ne se sentait d'ordinaire pas très à l'aise avec les eurocrates, car ce type de discours manquait dans la sphère européenne, dans le passé.

Emma Marcegaglia, présidente de BusinessEurope, a également soutenu le commissaire à l'énergie. Elle estime que la réduction de 40 % d'émission de gaz à effet de serre n'est réalisable que si un accord mondial est signé lors de la conférence de Paris en 2015.

« Nous devons nous assurer de ne pas être à nouveau les seuls à l'avant-garde sans autres soutiens, comme ce fut déjà la cas dans le passé », a-t-elle insisté.

Le discours de Günther Oettinger occupait une place centrale dans la conférence de BusinessEurope. Le commissaire a par ailleurs lancé une série d'appels, dont :

un renforcement de la compétitivité dans la politique sur le climat et l'énergie en évitant la délocalisation d’entreprises vers des régions où les normes environnementales sont moins contraignantes (« fuites de carbone »), la fixation d'objectifs réalistes et l'expansion de l'exploitation du gaz de schiste ;

  • assouplir les règles sur le marché du travail en prenant en compte les besoins des entreprises ;
  • l'ouverture à des marchés étrangers par l'intermédiaire d'accords commerciaux comme le partenariat transatlantique ;
  • l'amélioration de l'accès des entreprises aux financements.

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Martin Schulz, le président du Parlement, et Antonio Tajani, commissaire en charge de l'entreprise, ont tous participé à l'évènement et ont salué l’organisation de cette manifestation.

D'après le commissaire italien, les 28 États membres doivent encore approuver l'objectif de réduction des émissions de CO2. Il a ajouté qu'aucune règle, qui pourrait entrainer une « fuite de carbone », ne s'appliquera aux entreprises avant le nouveau paquet énergie-climat, prévu avant la fin 2020.

« C'est une bonne nouvelle pour l’entreprise », a-t-il assuré.

Le premier ministre grec, Antonis Samaras, a pour sa part déclaré que son pays « était en train de passer d'une économie dominée par la bureaucratie à une économie qui déroule le tapis rouge aux investisseurs étrangers ».

« Quelles que soient les intempéries, nous devons agir en commun », a expliqué Martin Schulz aux participants de la conférence. Il souhaite ainsi souligner la nécessité d'assouplir les règles européennes et d'affaiblir les droits aux négociations collectives.

 

Prochaines étapes : 
  • Février 2014 : les eurodéputés exprimeront leurs points de vue sur les objectifs à l'horizon 2030 en séance plénière
  • Mars 2014 : le Conseil de l'UE discutera des thèmes relatifs au climat et à l'énergie
  • Mai 2014 : élections du Parlement européen
  • Mai 2014 : les États membres de l'UE doivent préparer des programmes pour que leurs entreprises énergétiques réalisent 1,5 % d'économies d'énergie par an dans le cadre de la directive sur l’efficacité énergétique
  • Juin 2014 : examen des progrès en vue d'atteindre des objectifs sur l'efficacité énergétique en 2020
  • Juin 2014 : le Conseil de l'UE discutera des thèmes relatifs au climat et à l'énergie
  • Septembre 2014 : Conférence internationale sur le climat (COP 20) à Lima (Pérou)
  • Septembre 2015 : Conférence internationale sur le climat (COP21), qui devrait aboutir à la signature d'un accord à l'échelle mondiale
  • 2020 : date butoir pour l'entrée en vigueur d'un nouvel accord international sur le climat
  • 2020 : date butoir pour respecter les objectifs contraignants 20-20-20

 

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