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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 11:08

Africa‟s fundamental geopolitical shape is beginning to change with the “New Scramble for Africa” well underway by Western governments and corporations, on the one hand, and the governments and corporations of India and the People‟s Republic of China on the other. Not only that, the discipline enforced by the old Organization for African Unity (OAU) on strict adherence to colonially-established borders is now falling into disrepute, or dis-use. This is partly due to the declining relationships between the African states and their former colonial powers, and partly due to the rising influence of the PRC, India, Iran, and to some extent a revived thrust by the United States.

 

The African Union (AU), which replaced the OAU, has also largely lost control of the African dynamic, in part because of infighting at the top. Indeed, the OAU was sidelined in favor of the AU directly as a result of such power plays by Mu‟ammar al-Qadhafi‟s Libya (which could never get what it wanted from the OAU) and the African National Congress (ANC) leadership in South Africa. And infighting in the ANC leadership in the wake of the death on December 5, 2013, of former South African (and ANC) leader Nelson Mandela is now having a direct contributory rôle in the paralysis of the AU.

 

Much of the malaise in the AU is being brought to the fore by the proposed “African Summit” of 47 African leaders invited to Washington, DC, by US Pres. Barack Obama, on August 5-6, 2014. Essentially, Obama was seeking “members in good standing” in the AU for his Summit, and that automatically makes the Summit one which hardly represents the real dynamism of Africa: the King of Morocco (a stalwart ally of the US) has not been invited because Morocco is not a member of the AU; Egypt‟s Pres. Adly Mansour cannot be invited because Egypt was suspended from the AU when Pres. Mohammed Morsi was forced from office by overwhelming public sentiment in July 2013; even the Central African Republic (CAR) cannot participate, even though the US and France went to great lengths to pressure the installation in January 2014 of interim Pres. Catherine Samba-Panza. That Zimbabwean Pres. Robert Mugabe would not be invited was a foregone conclusion. The same applies to Sudanese Pres. Omar al-Bashir, who faces International Criminal Court (ICC) warrants if he travels abroad.

 

But to proceed without two of the key African players such as Egypt and Morocco? Hardly a way for the Obama White House to work with its historical allies.

 

Ironically, with Egypt now suspended from the AU, the major opponent to the induction of the Republic of Somaliland into the AU is presently neutralized from that debate, but, despite that, nothing has been done to bring about recognition of that legitimately sovereign state of Somaliland into the AU fold. [The present corrupt and Islamist leadership in Somaliland has not helped its cause, and has been temporizing with al-Shabaab in neighboring Somalia.] Clearly, the Republic of Somaliland, which controls much of the southern egress of the Red Sea, to the Indian Ocean, will not be invited to the Summit.

 

Obama‟s August 2014 “African Summit” is an attempt to grasp the momentum of African allegiance away from the PRC, but Pres. Obama has been ill-advised in going with the “AU model”. Significantly, this model brings with it the widely-discredited AU membership of the Algerian-supported non-State, the POLISARIO creation of the Saharan African Democratic Republic. Inviting the Algerian-based terror-based SADR leadership to Washington would add doubly to the White House‟s insult to Morocco — which has not been invited — given the SADR‟s claim that it represents Morocco‟s Western Sahara region.

 

Extracts from Defense& Foreign Affairs Special Analysis  - January 24, 2014 GIS Confidential © 2014 Global Information System, ISSA

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:58
Contexte : 

BusinessEurope, la puissante organisation qui représente les employeurs, a invité en mai 2013 le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à apporter un changement drastique à la politique énergétique de l’UE. Il souhaite que l’exécutif européen axe sa politique sur la compétitivité en termes de coûts et la sécurité d’approvisionnement, et non plus sur la lutte contre le changement climatique.

Le sommet européen du 22 mai 2013 consacré à l'énergie, dont l'objectif était de diminuer les prix et de stimuler la compétitivité industrielle de l'Union, n'a abouti à aucune décision concluante.  [plus d'infos]

Günther Oettinger, le commissaire européen en charge de l'énergie, a dévoilé un document relatif à l'intervention de l'État dans la production d'énergie. Il prévient que les prix de l'énergie dans l'UE continueront d'augmenter si les gouvernements ne prennent pas de mesures en vue de réduire les subventions vertes.

Comme la plupart des énergies renouvelables sont toujours plus onéreuses que les énergies fossiles, différents systèmes de soutien ont été mis en place afin d'accélérer leur introduction et ainsi atteindre l'objectif de l'UE de puiser 20 % de son énergie dans des sources renouvelables d'ici 2020.

Les éléments nouveaux

Le gouvernement allemand a décidé la semaine dernière de réduire de manière drastique les subventions aux énergies renouvelables accordées aux entreprises. Un article d'EurActiv Allemagne.

 

La coalition allemande au pouvoir depuis un mois a défini sa priorité : la réforme de la loi sur les énergies renouvelables (EEG).

Le 22 janvier, le gouvernement a étonnamment approuvé des réductions sur l'abattement des prix de l'énergie pour les entreprises. Ces mesures s'appliqueront aux centrales électriques actuelles et futures ainsi qu’aux entreprises qui produisent elles-mêmes leur électricité.

À l'origine, la loi EEG avait pour objectif de promouvoir l'énergie verte en accordant des subventions en vue de compenser la différence de prix entre les énergies renouvelables et le prix normal du marché. Mais, après la hausse des prix de l'énergie en Allemagne, nombreux sont ceux qui plaidaient en faveur d'une refonte de cette loi pour la rendre plus efficace et la conformer à la législation européenne.

Sigmar Gabriel, ministre socialiste de l'Économie et de l'Énergie, avait lancé cette initiative qui bénéficie du « soutien absolu » de la chancelière Angela Merkel.

Mauvaise nouvelle pour l'industrie

 Les industries à haute intensité énergétique, telles que les industries chimiques ou celles qui produisent leur propre électricité, sont les plus concernées par la proposition de loi.

La loi EEG représentait pour elles une réduction d'environ de moitié du prix de l'énergie. C'est la raison pour laquelle un quart de l'énergie consommée par les entreprises est produite par celles-ci.

Selon les nouvelles dispositions, les abattements en l’état n'existeront plus à l’avenir.

L'industrie devra payer 90 % des subventions sur les énergies renouvelables . Ces aides sur l’énergie s'élèvent actuellement à 6,24 cents par kilowatt-heure. Les entreprises qui produisent de l'énergie à partir d'énergies renouvelables ou par cogénération devront payer 70 % de ces subventions.

Selon l'entreprise chimique Bayer, les centrales électriques privées ne seront plus viables économiquement.

Elle explique pourtant que la coalition avait écrit dans son accord gouvernemental que les systèmes propres de production d'énergie seraient relativement épargnés. À ses yeux, il s'agit donc d'une « violation de l'accord de coalition », explique un porte-parole.

D'autres réductions des abattements sont également envisagées : le gouvernement a décidé de plafonner les subventions accordées au secteur éolien. En dessous du seuil de 2 600 mégawatts par an, les subventions pour de nouvelles éoliennes seront réduites d'1,59 % par an.

Si la production dépasse cette limite, les subventions augmenteraient de 0,1 % par 200 mégawatts supplémentaires.

La population fait les frais de la transition énergétique

« La transition énergétique demeure le plus grand défi de notre pays », a déclaré Sigmar Gabriel le 21 janvier avant le vote au sein du gouvernement.

Le terme « transition énergétique » (Energiewende) remonte aux années 1980 et décrit le passage d’une société basée sur les énergies polluantes, telles que le gaz, le charbon ou le nucléaire, vers une société fondée sur les énergies propres.

Le 21 janvier, le ministre de l’économie et de l’énergie a précisé que les principaux objectifs de la réforme de l'EEG étaient la réduction des coûts, une plus grande intégration des énergies renouvelables dans le marché de l'énergie et le respect de la législation européenne.

Alors que des enquêtes ont montré qu'une majorité de la population allemande était en faveur des énergies renouvelables, de plus en plus de personnes se plaignent de la manière dont le gouvernement réalise sa transition énergétique.

Ce sont les petits consommateurs qui paient la différence grandissante entre les prix des énergies renouvelables et le prix des énergies traditionnelles.

Pour Sigmar Gabriel, la transition énergétique devrait tout d'abord se concentrer sur les technologies à un bon rapport coût/efficacité, comme l'éolien et le solaire.

Respect de la législation européenne

La Commission européenne désapprouve le système de remise destiné aux entreprises sous sa forme actuelle. Elle estime qu'il s'agit d'une violation de la législation européenne en matière d'aide d'État. La DG concurrence de l'exécutif enquête actuellement sur ce dossier.

Le 21 janvier, Sigmar Gabriel a répété ses critiques quant à la position de Bruxelles sur les réductions accordées aux entreprises.

Le ministre de l'Économie et de l'Énergie a accusé la Commission d'abuser de son pouvoir. « La Commission utilise le droit de la concurrence comme un outil pour européaniser la politique énergétique nationale », a-t-il constaté.

Il estime que la réforme de l'EGG sera garante de la concurrence et de la sécurité d'approvisionnement. Cette proposition devra être adoptée définitivement en août prochain. 

Source : http://www.euractiv.fr/energie/lallemagne-va-reduire-les-subven-news-533070?utm_source=EurActiv%20Newsletter&utm_campaign=eb6aa58d4c-newsletter_dernieres_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-eb6aa58d4c-55414033

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:26

Industry matters: absolutely. So let me start by commending Business Europe for holding this conference. It is a good sign of the mobilisation in the run-up to our March European Council, that will discuss the very themes – industry, energy – that you will be focusing on these two days.    

I won't speak overly long, because my speech is an "appetizer"! But I've come tonight because I want to focus on one theme, and one theme only: competitiveness. It is the red thread in everything that we're doing at the European Council. It is going to be the key for our economies' lasting recovery.    

I want to reassure you, Mrs President: the European Council debate on industry is definitely taking place! It was important that the leaders had the necessary time to prepare, and to my mind it makes sense to discuss both this issue and energy in close connection, so this is what we will do in March.    

I am not sure that every cloud has a silver lining… but one thing is for sure. If there is one thing that the crisis has brought us it is a much-needed wake-up call. In many countries, problems had been left ignored for too long. Complacency crept in on essential aspects of competitiveness – including industry. The sense of urgency about completing the Single Market started to wane, and for years now progress has been much too slow. 

For four years now, all our efforts have been focused on overcoming the crisis, on driving forward our common strategy for economic recovery. Working simultaneously on four strands.    

– First, financial stability;    

– second, structural reforms for competitiveness, growth and jobs;    

– third, immediate measures for jobs, especially for young people;    

– and fourth, renovating the eurozone's architecture, so it can be strong and resilient for the future.    

I never said that the economic crisis is over, because it is not. Growth is still fragile, uneven. But the worst is behind us. And we have done a lot already. Reforms are happening all over Europe, or are being planned - I am referring to the recent announcement by the President of France. Together, we've laid to rest any existential threats to the eurozone.    

The currency area is getting the solid foundations it deserves; and today already its architecture is very different from just few years ago. We are emerging from our Union's longest-ever recession. We may be stronger today, but the global economy remains fluid. 

Some emerging economies are also facing huge challenges, and these could in time affect our growth prospects too.    

Lower global demand means fewer exports. But the drop of the exchange rates of emerging economies can push our euro upwards, with a negative impact on our exports. So as we go forward, no European country can afford a return to complacency. This is something on which business, should be speaking up, in every European country, loud and clear. We need a strong industrial base. 

The share of manufacturing in the European Union these last years has been going down, and there are still wide differences between member states. Just to take two examples: in Germany manufacturing's share of GDP is of 22% whereas in the United Kingdom it is 11% – meaning half! And France too is lagging, with a share similar to the UK. Industry remains important for growth, but also for the current account of the balance of payments.    

And for industry, barriers in all the sectors that I listed – from business and digital services, to energy and defence – all these barriers matter also. Industrial competitiveness will hinge also on being able to have access to cheaper energy, to better business services, to wider markets.    

I know I don't need to convince you that the Single Market is Europe's strongest asset. But knowing that isn't enough. We need to mobilise for the Single Market, win back that sense of urgency. Just like it did in the 1980s, still today the Single Market has what it takes to change the 'name of the game' for our economies. The potential is real.    

But the truth is that we have a real fragmentation challenge. For services, for our energy market, for our digital market, for telecom, for our defence industry. I organised three or four European Councils focused on these issues and each time the diagnosis was the same - fragmentation. We have too many players in Europe compared with e.g. the US. In all these areas, barriers still hold strong, and bringing them down could make all the difference. This is the real battle front!    

It's a false conundrum to pitch services and industry against one another. Saint-Simon's saying from the early nineteenth century "Tout pour l'industrie, tout par elle" is outdated today. Services and industry don't happen at each other's expense: more often than not, they go hand in hand! It is well known (or at least it should be!) that every single new industrial job creates up to two new jobs in other sectors like services. Twenty-five per cent of private sector jobs are in industry, and often highly skilled. It would be artificial to think of them as separate from the rest of the economy.    

As a Union, we are working hard to bring down the remaining unjustified barriers for services. The member states are peer-reviewing each other's measures, precisely towards that goal. And their governments are also working very closely on the fight against unemployment, especially for young people.    

Our 8 billion euro Youth Employment Initiative is being launched right now, and each country is at work on its own Youth guarantee action plan. But here again, success is very much going to hinge on business : most of these new jobs should be private sector jobs, and this is only going to happen if business is fully on board. Companies, major multinationals even – I'm thinking for instance of Nestle – have well understood that this is an opportunity and pledged to create more jobs for young Europeans; and I hope many more will follow. 

Competitive industry needs a skilled workforce: that goes without saying. But if you look more closely at the situation in each European country, you see that there are still large differences in skills achievements and in effectiveness of vocational training systems.    

That's precisely what the member states together are trying to address, each in its own country and together too, with the framework we are creating for traineeships and vocational training. 

Today in Europe, there are actually 2 million open job vacancies, and most are in science, technology, engineering and mathematics. This challenge is not about to go away: the demand for these jobs keeps growing. Things are only going to change if industry is properly involved in shaping curricula and promoting the skills that you need. That's particular true for digital skills. We are looking at up to 900.000 ITC vacancies by 2015!    

And it's why last October, the European Council launched several initiatives to help accelerate the digital catch-up across Europe. 

Human capital matters hugely. But to allow for job creation, companies need access to financial capital, and that precisely has been hit hard with the crisis. It's been a longstanding concern for the European Council. Our longer-term solution to fight credit fragmentation is of course the new banking union. We plan to complete it by the end of current legislature - that is in fact by April. It is our top priority, and we are now much closer to the end that to the beginning. But the Union, through the EU budget and the EIB (our common investment bank), has also put forward more immediate measures, for the most affected countries. With 23 billion euros worth of support specifically for SMEs, in the case of the EIB last year. European companies, on the whole, are more dependent on bank credit than their competitors elsewhere in the world. That's why we have got EU measures on venture capital, but this is something on which we have to go even further and that is a serious understatement. 

Let me turn to another major topic: energy. In the European Council we discussed it last May and we will return to it again in March. Because we need to keep up the pressure. The deadline for completing the energy market is end of 2014, and there is much that still needs to happen by then – as I outlined again to leaders in a letter last week.    

One aspect that really matters on energy is to better coordinate. And make a habit of it.    

Because especially on energy decisions, coordinating has to become a second nature. Some reflexes are already there. There are discussions that are already taking place. See the recent Franco-German announcement for instance. But frankly we need more. Wherever there are risks of spill-over effects of national decisions, we have to keep talking.    

Of course, energy is a central topic in all our discussions with international partners too.    

For instance tomorrow in our summit with Russia. Because the global energy landscape is changing fast. The shale gas revolution is probably going to leave our continent as the only one to remain dependent on energy imports – worldwide.   

The consequences for us are many-fold. But leaving aside geo-political implications (think of the Middle-East…), there are three aspects to which I would like to point.    

First, obviously, climate change. Shale gas means fossil fuels, that were on the verge of a global shortage, have become plentiful again. Which means that I am not saying this is bad news, of course. But things aren't looking as good as they used to from a climate change perspective. The incentive to reform has become less strong.    

Working towards the Paris 2015 conference on climate change is going to be a long-fought global battle. Without question, we need a deal to which all countries contribute. Their pledges – as all UN parties agreed last November in Warsaw – must be made well in advance of the Paris conference, preferably in the first quarter of 2015. The Commission has just proposed a 2030 framework for climate and energy, and the March European Council will have a first discussion on this basis. It is important that we find a good balance between our climate ambitions, our competitiveness imperative, our need for reliable and affordable energy sources. And at the same time we need to continue to mobilise our international partners to deliver. At the moment, we Europeans are still lagging on our energy efficiency goal for 2020. And we cannot afford to let our current good progress slip on our other two goals: emissions and renewables. 

The second aspect of the shale gas revolution that I want to stress is its impact on our production capacity. Cheaper fuel from abroad means also less of an incentive to keep up our gas plants. Plants are closing, investments are being pushed back. Ultimately, what could be at stake is our security of supply.    

Third, and of this aspect you are all well aware, competitiveness. High energy prices are obviously a struggle for industry. It means that the competitive edge we have on energy efficiency, the gains we make through energy savings, are immediately absorbed into energy bills.    

In recent years the price gap has been growing between the European Union and its major economic competitors. On average, EU industry gas prices are now three to four times more expensive than comparable prices in the United States, India or Russia, and twelve per cent above those of China. These are recent figures: from the analysis of energy prices that leaders asked the Commission to produce after our last energy discussion in May. And that report shows clearly the extent of the challenge, the wide divergences (also price-wise) between member states and between industries.    

For us Europeans the smartest way to bring down energy prices is to team up and connect – and as I said, here the deadline for completing the single energy market is end of 2014. It is important that we keep sight of the bigger picture: our continent is not resource-rich – not at all –, so in the long-run, what will determine our energy future is our ability to stay in the lead on renewables, green technology, and energy efficiency.    

This is still where in the long run our competitive advantage lies: at the end of the day the cheapest energy is the one that didn't have to be used in the first place. The incentives should be market-driven, not dependent on government targets and instruments. Because there is future there. Real business opportunities.    

And this is my last point: innovation and commercialisation. Some of the best research happens in Europe. But we're still not good enough at bringing those ideas to the markets.    

And the so-called 'patenting gap', also known as 'commercialisation gap' keeps getting wider with the United States.    

This is something that needs to be tackled head on. The new Single European Patent is designed precisely to bring the cost and hassle of patenting down. But bridging the 'patenting gap' will only happen with the full commitment and mobilisation of business.    

Cutting-edge industrial technologies often require large-scale spending on research and commercialisation. We have European funding (with Horizon 2020) to promote common European efforts.    

Our December European Council on defence industry and projects of European interest – like next-generation drones or satellite communication – showed that there could be more ways and means to better cooperate. It is about rationalising investments and it is a way forward.    

The new EU funds for research, Horizon 2020, are there for the taking. A seven-year perspective, and a total of 80 billion euros, that's far from little! This is actually the biggest R&D programme in the world. And for this cycle we want business to be more involved in Horizon 2020, especially SMEs. But private R&D remains also absolutely key. It has to grow, and in several countries it hasn't for some time -- even since long before the crisis. 

This is also the responsibility of business. On this, no one can be as proactive as you can.    

Which is why, once again, I am glad to see so many leading business figures here tonight.    

And why I wish you a very fruitful two days of discussions, this evening and tomorrow. I look forward to your conclusions. They will feed into the thinking for the draft conclusions that I will submit to the Heads of State or Government by the end of March.  

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:18

In the so-called “Ge-neva II” round of talks underway (in Montreux, Switzerland, not Geneva) during late January 2014, on the conflict in Syria, Syrian opposition chief Ahmed Jarba has kept demanding, in the name of the interna-tional community, the ouster of Syrian Pres. Bashar al-Assad. “The world is now sure that Assad cannot stay and will not stay,” he said.

It’s time for a reality check.

There is a multi-faceted war going on in the territories of Syria, as well as Iraq and Lebanon. Since the dawn of history, wars ended with winners and losers. In this war in Syria, the Assad Administration has already won and the opposition was defeated. Hence, what US Secretary of State John Kerry is telling Bashar al-Assad in Montreux is essentially something like: “Since our protégés have failed to defeat you and overthrow your government, you should now surrender at the negotiating table.”

Meanwhile, on the ground, the Bashar al-Assad Administration won the war because it enjoys the support of 70 to 75 percent of the Syrian population. About half of all Syrians — virtually all of them Sunni Arabs — now prefer the Assad Administration to prevail because they are exhausted of war and suffering, they dread the jihadists, and they hate and mistrust the exiled opposition (the one Jabra leads and Obama supports). No verbal magic in Montreux will change this reality.

Fighting, however, continue to spread. The now fully integrated wars in Syria, Iraq, and Lebanon would have ended long ago with significantly less casualties and suffering had it not been for the “leading from behind” by the US Barack Obama Administration. The Obama White House profoundly misunderstood the unfolding conflict and mishandled the local and regional reaction. Alas, the high price has been, and still is being, paid by the innocent civilians.

Like in all the other “Arab Spring” eruptions, the Obama White House rushed to embrace, endorse, and encourage the Ikhwan-affiliated forces. In Syria, then-US Ambassador Robert Ford actively encouraged the Islamist opposition to “do something”; that is, escalate the then non-violent confrontation with the As-sad Administration. When violence erupted, the US encouraged Turkey, Qatar, Saudi Arabia, and other states to start funneling funds and weapons to Islamist forces. With the US-led NATO intervention in Libya escalating, US officials impressed upon their Syrian protégés that a similar US-led intervention in Syria was soon to commence, and that consequently they would be empowered in Damascus. Hence, why should the Islamist opposition have interpreted their rejection by the Syrian grassroots as a reason to quit the fight when the US was about to deliver victory and put the Islamists in power?

The long-term consequences are beginning to show.

As in all the other “Arab Spring” eruptions, the Obama White House did not bother to ask the local people what they really want and aspire for. Alas, one of the prime lessons of human history is that when people are pushed to immense suffering and violence, they capitalize on the chaos and ordeal in order to realize their own aspirations. The peoples of the Middle East are not different. They are now adamant on drasti-cally changing the socio-political environment they live in so that another catastrophe will not erupt in the foreseeable future. And the peoples of the Middle East have given up on the modern Arab state as the viable framework that might protect them in the future.

 Extracts from Defense & Foreign Affairs Special Analysis - January 26, 2014 GIS Confidential © 2014 Global Information System, ISSA

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 15:38
The Global Risks 2014 report highlights how global risks are not only interconnected, but also have systemic impacts. To manage global risks effectively and build resilience to their impacts, better efforts are needed to understand, measure and foresee the evolution of interdependencies between risks, supplementing traditional risk-management tools with new concepts designed for uncertain environments.
Read the Report : http://www3.weforum.org/docs/WEF_GlobalRisks_Report_2014.pdf
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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 15:23

Ancien diplomate Russe, Vladimir Fedorovski est aujourd’hui un écrivain français. Son Roman des espionnes paraîtra en janvier 2014 aux éditions du Rocher.

Causeur. Pendant  longtemps, l’Occident en général et l’Europe en particulier, ont été un modèle, voire une terre promise, pour les russes. Vingt-cinq ans après la chute de l’ex-URSS, tout a changé de part et d’autre de l’ancien rideau de fer. Quels regard portent les Russes d’aujourd’hui sur l’Europe ?

Vladimir Fedorovski. Un regard ambivalent. D’un côté, les Russes, en particulier les jeunes qui n’ont pas vraiment connu l’URSS, adorent l’Europe en tant que destination touristique. On peut même dire qu’ils aiment bien se sentir européens et qu’ils éprouvent un attachement tout particulier à la France et notamment à Paris. D’un autre côté, il y a une sorte de joie malsaine à voir l’Europe s’enfoncer dans la crise.

[...]

Propos recueillis par Gil Mihaely et Nadia Hudiakova.

Pour la lire suite : http://www.causeur.fr/lue-toujours-dans-une-logique-de-guerre-froide,25993

Voir également : FACTSHEET : EU-Russia summit (Brussels, 28 January 2014)

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 15:18

FACTSHEET : EU-Russia summit (Brussels, 28 January 2014)

The 32nd EU-Russia summit will take place on Tuesday 28 January 2014 in Brussels. The meeting will provide an occasion to have a joint reflection between leaders on the nature and direction of the EU- Russia strategic partnership.

The summit, which will be held in a smaller composition and in a format conducive for an in-depth political discussion, will consist of a meeting among principals and key advisors, followed by a working lunch in the same format. A press conference will be held at the end of the lunch.

The EU will be represented by Herman Van Rompuy, President of the European Council, and by José Manuel Barroso, President of the European Commission. Catherine Ashton, High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy and Vice-President of the European Commission, will also take part. Russia will be represented by the President of the Russian Federation, Vladimir Putin and he will be accompanied by Foreign Minister Sergey Lavrov.

EU-Russia relations have recently been going through a challenging period and in this context the EU will seek to engage Russia in a firm yet forward-looking dialogue about the future of economic and political relations on our continent.

The discussions among leaders are expected to focus on our common interests as well as differences in light of recent developments, including the respective regional economic integration initiatives, our common neighbourhood, trade questions and WTO obligations as well as other international commitments including those in the areas of rule of law, human rights and fundamental freedoms, and key foreign affairs challenges, such as Syria and Iran.

Background:

New EU-Russia agreement

The legal basis for EU relations with Russia remains the Partnership and Cooperation Agreement (PCA) which came into force on 1 December 1997 for an initial duration of ten years, and which has been automatically extended beyond 2007 on an annual basis. It sets the principal common objectives, establishes the institutional framework for bilateral contacts, and calls for activities and dialogue in a number of areas.

Negotiations on a New Agreement to replace the current Partnership and Cooperation Agreement (PCA) started in July 2008. Some progress has been made in the negotiations and both sides have on several occasions reiterated that they would like to develop even deeper cooperation and economic integration between the EU and Russia – and lay the foundations for a future common economic space from the Atlantic to the Pacific. A New Agreement would be the key instrument to deepen these relations in the future. This comprehensive Agreement aims to provide a solid legal basis for EU-Russia relations, covering all areas of the relationship, including political dialogue, economic and trade relations, energy, sectoral cooperation as well as justice, freedom and security aspects.

Partnership for Modernisation

The principles and objectives of the Partnership for Modernisation were defined at the EU - Russia Summit in Rostov-on-Don on 31 May and 1 June 2010. The Partnership for Modernisation is a shared agenda to help bring about economic and institutional reform, with due respect for democracy and the rule of law. In 2013, the main achievements of the Partnership for Modernization have been the adoption of the Energy Roadmap 2050, an agreement between CEN/CENELEC and Rosstandart on technical standards, the creation of an appeal systems in the Russian judiciary system, and the launch of a project in the Russian Federation to protect the rights of entrepreneurs from corruption. In addition, the Partnership for Modernization supports people-to-people links and civil society dialogue. Overall, it is a pragmatic and flexible framework which provides additional momentum to the EU - Russia relations. In order to support various modernization projects, considerable loan facilities have been made available by the European Investment Bank (EIB) (more than € 1 billion), the European Bank for Reconstruction and Development (EBRD) and the Russian Economic Development Bank (VEB).

Economic and trade relations

Economic ties between Russia and the EU have grown substantially over the last 15 years and Russia's WTO accession in August 2012 has laid the basis for further increasing business opportunities. Russia remains the EU’s third most important trading partner (after the US and China), with 123 billion EUR in exported goods to Russia (7.3 % of all EU exports, 4th place after US, China, Switzerland) and 213 billion EUR in imported goods in 2012 (11.9 % of all EU imports, 2nd place after China). The EU is thus by far the largest market for Russian goods, accounting for 45% of Russian exports in 2012. The EU is also the main supplier for Russia, with a 34% market share, followed by China and Ukraine.

In both 2011 and 2012, bilateral trade increased by more than 10%. More specifically, Russia is the EU’s most important single supplier of energy products, accounting for 29 % of EU consumption of oil and gas. In turn, Russia’s economy remains highly based on the export of energy raw materials, with the EU as its most important destination. In 2012, 76 % of Russia’s exports to the EU consisted of crude oil, oil products and natural gas.

In 2011, EU stocks of foreign investment in Russia were estimated at 167 billion EUR. This was more than EU foreign investment stocks in China and India combined.

In order to fully explore the potential trade benefits and business opportunities the EU is stressing the importance of full implementation of Russia's WTO commitments. Even if amicable solutions are preferable, the EU has already felt obliged to refer a case (recycling fees on vehicles) to the WTO dispute settlement mechanism, and will be ready to do so again if needed.

Human Rights

Issues and concerns regarding both the EU's and Russia's international commitments to guarantee human rights and fundamental freedoms are a central theme in EU-Russia relations. Since 2005, the EU and Russia have held regular, six-monthly human rights consultations (the last meeting was held on 28 November 2013 - press release). These meetings have provided a platform for dialogue on human rights issues in Russia and the EU and on EU-Russian cooperation on human rights matters, notably in international fora. The EU has continuously raised issues of concern including pressure on civil society in Russia, the independence of the judiciary and the harassment of human rights defenders and opposition leaders. While the EU has welcomed some recent cases of amnesty it continues to deplore the lack of investigation into several (individual) criminal cases and the lack of systemic reforms in the area of human rights. The EU has also expressed its concerns about the recent wave of restrictive legislation affecting the work of civil society, fostering discrimination against minorities and curtailing the enjoyment of fundamental freedoms of assembly, expression and association.

Citizens' mobility

Negotiations on an upgraded visa facilitation agreement are on-going. The updated agreement would extend the categories of beneficiaries of visa facilitation among others to representatives of civil society organisations, and a broader spectrum of family members. Long-term multiple-entry visas would be foreseen in more cases than under the present agreement and wider groups of visa applicants would benefit from visa fee waivers. The present visa facilitation agreement entered into force in 2007. It provides EU and Russian citizens with a lower visa fee, wider issuance of multiple-entry visas as well as simplified requirements for supporting documents.

The implementation of the "Common Steps towards visa-free short-term travel", launched at the Summit in December 2011, is underway. They concern actions revolving around document security, for example the introduction of biometric passports; combating illegal immigration; border management; public order, security and judicial cooperation, including the fight against transnational organised crime, terrorism and corruption as well as human rights related to the freedom of movement. Once the Common Steps are fully implemented, a decision on the launch of negotiations on a visa waiver agreement can be taken.

Foreign Policy

EU and Russia have a common interest to jointly address global security challenges. Regular Political Dialogue meetings on a wide range of foreign policy issues are therefore an essential element in EU – Russia relations. The aim is to improve and intensify cooperation between the two parties, but also in existing multilateral formats. Addressing challenges such as the Syrian crisis, the Middle East Peace Process, the Iranian nuclear issue and other common interests remains crucial to achieve the common goal of peace and security in our common neighbourhood as well as internationally. The EU insists on the need for jointly working with Russia towards viable solutions to protracted conflicts in our shared neighbourhood. The EU continues to recall Russia's international commitments in relation to these conflicts and underlines that respect for the sovereignty and territorial integrity of its neighbours remains indispensable.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:09

« C’est pure folie de faire sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. » (Albert Einstein)

Non, la France n’est pas foutue !

Semaine après semaine, notre pays s’enfonce dans une crise d’une extrême gravité parce que ceux qui se succèdent aux affaires font sans arrêt la même chose et annoncent un résultat différent… qui n’arrive jamais.

Crise sociale, financière, écologique, politique, démocratique… Notre société approche d’un point de non-retour, d’un point de basculement.

Nous ne pouvons pas nous résigner à cet effondrement programmé.

Il est temps de relever la tête. Il est temps de nous rassembler. Il est temps de réfléchir et d’agir ensemble pour changer le cours des choses.

Nous créons un nouveau parti politique : Nouvelle Donne.

Début 1989, beaucoup affirmaient que le mur de Berlin était encore là pour 30 ans. Quelques mois plus tard il tombait; en une nuit. Ce ne sont pas des diplomates ou un accord du G 20 qui a fait tomber le Mur : ce sont des citoyens qui se sont levés par milliers et qui ont changé le cours de l’Histoire.

« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde » écrivait Václav Havel en décembre 1989.

Vingt-cinq ans plus tard, il faut faire tomber le Mur du financiarisme, du court-termisme, du laisser-fairisme. C’est à nous, les citoyens, de reprendre la main. C’est à nous de dire dans quelle société nous voulons vivre.

Nouvelle Donne rassemble celles et ceux qui, malgré les déceptions, ne se résignent pas au « on a tout essayé, on ne peut rien faire ». Ils veulent agir pour la liberté, la dignité humaine, contre le repli sur soi et la peur de l’autre.

Ils ne se résignent pas à penser que la politique ne peut rien.

« Chacun de nous peut changer le monde » écrivait Vaclav Havel. Il avait totalement raison ! Partout dans notre pays des femmes et des hommes résistent aux difficultés, prennent des initiatives, entreprennent, et expérimentent chaque jour de nouvelles manières de faire société.

Ces femmes et ces hommes ne sont pas résignés. Ils n’acceptent pas le défaitisme et le laisser-faire. Ils veulent ré-oxygéner la société française, apporter les solutions qui sont à notre portée, restaurer la respiration démocratique du pays.

Avec Nouvelle Donne, nous voulons rendre aux citoyens le pouvoir de construire une société de créativité, de justice sociale et de convivialité.

Elle est à notre portée.

Voir les 20 propositions de 'Nouvelle Donne' : http://www.nouvelledonne.fr/nos-20-propositions

Pour en savoir plus : http://www.nouvelledonne.fr/appel-pour-une-nouvelle-donne

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:08

Depuis 2001, le thème de la sécurité, ou plutôt son pendant, celui de l'insécurité, nourrit des discours, des postures et des dynamiques qui florissent un peu partout dans le monde ! Y compris sur ce blog !

Qu'elle soit abordée dans sa modalité la plus stratégique, la plus globale (la très grande variété des facteurs déclencheurs supposés ou avérés comme les interrelations possibles des occurences des risques et menaces qui y sont alors attachés faisant système), qu'elle soit appréhendée dans sa modalité économique, financière, environnementale, régionale ou locale, sociale, sanitaire, alimentaire, sociale, civile ou juridique, l'insécurité prospère d'autant mieux qu'elle emporte avec elle son cortège de revendications en termes de garanties supplémentaires pour s'en prémunir !

Le drame des subprimes et de son cortège d'opérations financières scabreuses (titrisation, recours à des hedges funds pour mener les opérations de spéculation financière sur les produits les plus risqués, notations plus que douteuses des agences financières des dits produits toxiques et officines qui ne le sont pas nécessairement moins, etc.) suffit à illustrer le caractère systémique de cette nécessité de se couvrir contre les risques qu'on a tranquillement laissé se générer , quand on ne les a pas volontairement suscité ...

Or la production de ces garanties en tous genres est devenue la source d'une véritable économie de l'insécurité génératrice d'une très forte "valeur ajoutée" financière !

La difficulté pour les stratèges et acteurs de cette dynamique est de transformer les risques en opportunités (From Risk to Opportunity : Building a Response to the New reality (Outlook on the Global Agenda 2011)

Outre le marché florissant des technologies de sécurité et de défense qui inondent les différents segments de la vie quotidienne des individus, des entreprises, des Etats et des Nations (cf. à cet égard notamment http://www.benoitdupont.net/taxonomy/term/10), les organismes d'assurance et de réassurance prospèrent d'autant mieux que la législation et la réglementation, en générant souvent plus d''insécurité juridique, plus d'incertitude technique, plus d'aléa économique, poussent de facto à chercher à couvrir les nouveaux risques qui en découlent, alimentant ainsi un cercle vicieux dont il semble impossible de sortir !

Que sont les CDS sinon le type même de produit financier répondant à cette logique spéculative ! (cf. à leur égard Les 'Credit Default Swaps' (CDS) ainsi que Crise des CDS (Dossier Wikinews) ainsi que La réglementation européenne à l'égard des risques attachés à la spéculation financière ! )

En cette période d'intensification de la financiarisation de l'économie et de recherche de niches de croissance, ajouter de l'insécurité à l'instabilité favorise indubitablement la surenchère assurantielle, et, partant, le profit financier des organismes et institutions en charge de produire ces garanties, ou de conseiller ceux qui les recherchent !

Outre les primes d'assurance et de réassurance, s'il y a un secteur d'activités qui prospère aujourd'hui, c'est bien celui du conseil en tous genres ! Comme il est bon, comme il est doux de percevoir ces honoraires juteux qui sont quotidiennement versés à des cabinets de conseil ou à des cabinets d'avocats .. d'affaires !

Et puis a éclaté au grand jour les scandales attachés aux grandes manoeuvres crapuleuses d'un réseau de banques impliquées dans ce qui est désormais devenue "le scandale du Libor" (cf. Libor : "Il y avait forcément collusion des banques" (Le Monde) ) !

Là encore, la politique de l'autruche pratiquée à la fois par les gouvernements de tutelle et les autorités de régulation a participé à alimenter une insécurité structurelle qui a nourri un nombre incalculable d'acteurs impliqués directement ou indirectement dans ce scandale ! 

Au-delà des dénonciations publiques de ces manipulations criminelles (cf. notamment les dénonciations de Viviane Reding et de Michel Barnier), les mesures prises récemment pour remédier à cette organisation criminelle de l'activité interbancaire (cf. en particulier Londres : le gendarme des marchés veut une réforme du Libor (Le Monde)) semblent bien illusoires par rapport aux menaces que font peser des acteurs qui ne craignent rien de la puissance publique ; une puissance publique qui renonce toujours à élaborer les 'parefeux' indispensables pour rétablir la confiance dans l'intégrité des marchés financiers, et garantir la sécurité des transactions  qui en rythment les cours.

Bien d'autres dossiers scabreux existent qui pourraient faire l'objet de développements substantiels ici même, tels que, par exemple :

 - l'implication de Goldman Sachs à la fois dans le processus d'évaluation des performances de la Grèce qui a favorisé l'entrée de ce pays dans la troisième phase de l'UEM (adoption de l'euro comme monnaie unique) et dans le processus de traitement de le crise de sa dette souveraine, raflant au passage quelques centaines de millions d'euros .... (cf. Un jackpot de 600 millions pour Goldman Sachs (Le Monde)),

 - l'aveuglement des autorités fiscales devant les opérations de contournement menées au vu et au su de tout le monde par la plupart des agents économiques de dimension internationale (cf. OCDE : la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale ; 'Les paradis fiscaux : entre évasion fiscale, contournement des règles et inégalités mondiales' (L'Economie politique - n°42 - Avril 2009) ; Une Facta européenne présenterait un atout considérable, permettant à l'Europe de peser avec les Etats-Unis, au sein du G20, afin d'en finir avec les paradis fiscaux, par Marielle de Sarnez ; L'enjeu des politiques de prix de transfert ... et ceux de leurs contournements - nouvelle édition - ; Le pilotage national du contrôle fiscal (Rapport public annuel 2012 – février 2012 - Cour des Comptes) ainsi que Le rôle de Tracfin en matière de lutte contre la fraude fiscale, par Patrick Michaud (etudes-fiscales-internationales.com)),

 - l'immunité financière dont font l'objet les responsables de ces agents économiques crapuleux (cf. à cet égard notamment Amnistie financière, par Paul Jorion ou encore Trop puissante pour être punie ? L'inquiétante difficulté des démocraties à contrôler l'industrie de la finance (Atlantico.fr))

 - l'implication de grandes banques anglosaxones dans des transactions financières suspectées de participer au financement du terrorisme ou du blanchiment (cf. à cet égard Le Pentagone veut porter la cyberguerre hors des Etats-Unis, par Sylvain Cypel (Le Monde) ), 

 - la pratique systématique à la garantie publique par le système bancaire (cf. Les banques européennes et le jackpot des garanties d’Etat, par Marie Charrel (Le Monde))

 - les groupes miniers et pétroliers souvent accusés d'entretenir corruption et opacité financière dans les pays les plus pauvres mais riches en ressources naturelles et démocratiquement faibles,

 - ou encore l'absence de volonté de corriger les défaillances technologiques du système international de transaction financière alors même que toutes les autorités de régulation des marchés financiers ont pu observer quasiment en temps réel les désordres systémiques à l'oeuvre au pire moment de la crise financière en raison de la performance technologique des acteurs et de leurs transactions chaotiques (cf. Du rôle de la technologie dans le dysfonctionnement des marchés financiers et des organisations humaines ainsi que La très étrange absence de la question technologique dans les agendas multilatéraux consacrés à la régulation financière internationale). 

Pourquoi le lobby financier tente-t-il de freiner au Congrès toute velléité d'imposer une traçabilité des transactions électroniques sinon pour éviter que soit révélée au grand jour la nature de ses opérations criminelles en complément de ses opérations spéulatives qui fructifient à la faveur d'une économie "casino" où il est bien plus intéressant de "jouer" avec les produits dérivés les plus improbables que d'investir dans l'économie réelle ?     

Pourquoi Mario Draghi, l'actuel président de la Banque centrale européenne, n'a pas anticipé les différents chocs financiers qui s'annonçaient lorsqu'il présidait (de 2006 à 2011) le Financial Stability Forum - devenu en 2009 le Financial Stability Forum (établis auprès de la BRI - Bâle) créé en 1999 "TO PROMOTE STABILITY IN THE INTERNATIONAL FINANCIAL SYSTEM" (cf. Financial Stability Board - FSB - / Conseil de stabilité financière - CSF - ) ?

Pourquoi les acteurs politiques économiques et financiers occidentaux font-ils aussi outrancièrement appel aux agences de notation anglosaxones pour caler leurs stratégies ? Le numéro d'octobre 2011 de L'Actuariel, le magazine professionnel de l'actuariat offre une très instructive interview de Guan Jianzhong, le PDG de l'agence de notation chinoise Dagong - et conseiller de l'Etat chinois. Que dit M. Guan ? Que les trois grandes agences de notation occidentales pratiquent le "deux poids et deux mesures" pour "protéger les intérêts des Etats-Unis", dont "la capacité à rembourser la dette est pourtant devenue très, très faible". Et il trouve anormale "une situation où les pays endettés dominent le système de notation et fournissent des informations qui leur sont favorables, entraînant ainsi l'effondrement du rapport créancier-débiteur". Comment ne pas souscrire à une telle interpellation ?  

Et que doit-on penser des perturbations considérables occasionnées par l'incapacité politique et structurelle de gérer la crise de la dette de la zone euro sur le commerce international ? Et, en premier lieu sur le commerce extérieur de la Chine avec laquelle l'UE entretient des relations commerciales et monétaires particulièrement stratégiques (cf. La dimension stratégique des relations commerciales et monétaires Chine-Union européenne, par Karine Lisbonne de Vergeron (Questions d'Europe n°96 - Fondation Robert Schuman) ) ? Car c'est désormais certain : le commerce extérieur chinois se trouve affecté par la crise de la dette de la zone euro. Les investissements directs étrangers (IDE) en provenance de l'Union européenne ont fortement baissé, (2,7% pour la période janvier-juillet 2012 soit une diminution de 3,26 milliards d'euros). Selon le porte-parole du ministère du Commerce chinois "la forte baisse des exportations vers les pays de l'UE est le principal facteur pesant sur la croissance des exportations chinoises". Les exportations vers l'UE, premier marché du pays, ont en effet chuté de plus de 16% comparé à juillet 2011. La lente reprise de l'économie mondiale inquiète doublement Pékin. Ce qui aura immanquablement pour effet de limiter, en retour, les exportations européennes vers la Chine alors même quce ces dernières sont indispensables à la santé de l'économie de l'Union (cf. à cet égard Selon la Commission européenne, une libéralisation accrue au plan bilatéral accroîtrait le revenu européen de 250 milliards et aiderait à créer plus de 2 millions d'emplois ). 

Que doit-on également penser de cette économie de l'aide publique au développement systématiquement qui, oarce qu'elle est systématiquement dévoyée au profit d'intérêts particuliers de réseaux internationaux du crime organisé qui mêlent personnalités politiques, personnalités du monde économique, personnalités du monde de la sécurité, participe à alimenter une insécurité et une instabilité structurelles entretenues au grand dam des populations 'officiellement' bénéficiaires (cf. Combattre la corruption et améliorer la gouvernance financière : les institutions financières internationales et le renforcement du contrôle budgétaire dans les pays ..., par Carlos Santiso ainsi que La dimension financière des vulnérabilités de la France, par Mario Faure - première partie - et La dimension financière des vulnérabilités de la France, par Mario Faure - seconde partie - ) ?

Enfin, que doit-on penser, s'agissant plus particulièrement de la France, de l'abandon de la lutte contre la grande délinquance financière voulue, décidée et organisée au cours des dernières années par un Etat qui s'est montré particulièrement indifférent aux préoccupations éthiques et morales de la nation (cf. Agir contre la corruption : l'appel des juges contre la délinquance financière (Le Monde) ; 'Les paradis fiscaux : entre évasion fiscale, contournement des règles et inégalités mondiales' (L'Economie politique - n°42 - Avril 2009) ainsi que L'enjeu des politiques de prix de transfert ... et ceux de leurs contournements - nouvelle édition - ) ? 

Pour conclure sur un tel registre, nous nous contenterons de constater que les responsables politiques et technocratiques européens s'interdisent d'aborder cette question de manière franche et sincère, ce qu'illustre l'omission devenue systématique des défis systémiques de nature financière et monétaire dans les Livres blancs ou autres documents stratégiques dédiés à la sécurité (cf. à cet égard, notamment : La refonte du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale doit être l'occasion d'une profonde réforme de la vision des défis stratégiques et pour la sécurité ! ).

Sans oublier que pendant que le peuple grec, et d'autres peuples européens comme les peuples espagnol et portugais, par exemple, 'tirent la langue', les Etats et les investisseurs privés allemands, américains, anglais et français profitent largement de la persistance de la crise de la dette souveraine ! Les titres de dette souveraine des ces Etats s'arrachent à des taux inimaginables avant la crise tandis que les investisseurs spéculatifs tirent des rendements usuriers du rachat à des taux indus des titres des Etats en difficulté ! Au point de conduire certain spécialistes de l'économie de s'interroger sur les motivations profondes de cette gestion (cf. notamment à cet égard BCE-FMI-UE : La troïka censée sauver l’Europe de la crise a-t-elle en fait surtout organisé un énorme hold-up des contribuables européens ? par François Lenglet et Olivier Demeulenaere ou encore Irresponsabilité, incompétence, corruption, manipulations, mauvaise gestion... et maintenant, ils voudraient que ce soit VOUS qui payiez ?!? par Simone Wapler )     

Trouvez-vous normal qu'après autant de sommets de la dernière chance surmédiatisés, de mesures et plans d'actions qui devaient tous permettre d'enrayer la dégradation de la situation, la dette souveraine des Etats membres de l'Union européenne continue de progresser (cf. La dette publique toujours en hausse au sein de l'Union européenne, malgré les efforts de consolidation ) ... tandis que la finance continue de "danser sur un volcan" (cf. La finance continue de danser sur un volcan, par Marc Roche (Le Monde)) ?

Trouvez-vous normal que certains dirigeants de la BCE (institution centrale dont le président Dgraghi a longtemps été étroitement lié à la désormais trop célèbre Banque Goldman Sachs, puissent considérer que "" et que le chômage de masse dans les pays du sud de l'Europe ne représentait pas un problème et était au contraire un moyen de juguler les différentiels d'inflation ? (cf. Quand la BCE admet entre les lignes qu'elle a un plan pour nous sortir de la crise : la déflation et les chômeurs, par Matthieu Mucherie (Atlantico.fr) )

Tout çelà est connu depuis longtemps même si les professionnels de la communication médiatique tronquée cherchent à en minimiser le caractère inadmissible au sein d'une Union européenne censée être fondée sur des valeurs et des principes "universels" ... (cf. par exemple à cet égard Mais pourquoi avait-on voté en 1973 cette loi imposant à l'Etat de passer par les banques privées ou les marchés pour financer sa dette ? par Atlantico ; Retour sur la crise grecque ! ainsi que  A qui profite la crise de la dette européenne ? (Interview de Marc Fiorentino - TF1) )

De là à en jouer de manière outrancière .....   

Faut-il pour autant se laisser aller jusqu'à adhérer à la "théorie du chaos constructif" ?

L'Union européenne, je veux dire ici ses principaux responsables politiques et financiers, sait que son salut se trouve dans une réponse coordonnée et systémique à ces désordres multiples qui menacent désormais, plus que jadis, sa propre cohésion politique, sa performance économique et sociale, et, au-delà, l'avenir même de son projet politique !

Après avoir mulitplié les erreurs - et les fautes - depuis l'adoption de l'Acte unique (cf. notamment s'agissant de l'entrée de la Grèce dans l'eurozone : Retour sur images : Examen de la convergence pour l'entrée de la Grèce dans la zone euro au 1er janvier 2001 (Banque de France) ou encore Où est donc bien passé le Conseil européen du risque systémique et les autres instances du système européen de surveillance financière ? ), ses institutions s'emploient progressivement, étape après étape, avec les incontournables inerties et retards imputables à son systéme de gouvernance actuel, à se construire une architecture qui devrait lui permettre à terme de ne plus subir les effets de ce qu'elle n'a jamais vraiment cherché à combattre alors même qu'elle était menacée ! (cf. par exemple à cet égard L'Union européenne s'engage - enfin - contre la criminalité économique ; Crise de la dette et crise bancaire : vers des garanties européennes ? par Sofia Fernandes (Notre Europe) ; L'Union européenne se montre de plus en plus vigilante vis-à-vis de l'économie des pays qui la composent ; Accord de principe eu sein du l'UE afin que les entreprises du secteur de l'industrie de l'extraction rendent publiques les sommes dues aux pays dans lesquels elles opèrentLes grandes banques de l'UE doivent préciser de quelle manière elles pourraient survivre à une crise sans avoir besoin du soutien financier du contribuable ; Elargissement de l'enquête de la Commission européenne relative à une éventuelle entente dans la fourniture d'informations financières sur le marché des contrats d'échange sur risque de crédit ainsi que Le contrôle par l'Union européenne des actes d'un Etat-membre (Etudes fiscales internationales)).

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

« Ce sont les désirs, plus forts que les volontés, qui, après avoir créé le monde, le soutiennent »

(Anatole France )

  « Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». (Montesquieu)

NB : Cet article a été publié à plusieurs reprises sur ce blog depuis 2010.     

Voir également :

 *  Mais pourquoi avait-on voté en 1973 cette loi imposant à l'Etat de passer par les banques privées ou les marchés pour financer sa dette ? par Atlantico

 * En 2006, pour la Fed, rien à signaler, par Sylvain Cypel (Le Monde) 

 * FMI: la stabilité financière mondiale menacée par l’endettement et la Fed (Libération)

 * Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ? (Arte)

 * Le plus grand hold-up de l'histoire ? par Jean-Paul Baquiast (Dedefenza.org)  

 * Dollar contre euro : la bataille d'Athènes

 * Guerre des monnaies : seules les faibles survivent, par Nouriel Roubini ;

 * Monnaie : Quelques informations sur les ennemis les plus dangereux de l'euro, par Ferdinando Riccardi (Agence Europe) ;

 * Finance de l'ombre : "Les autorités ont fermé les yeux" (entretiens avec - Le Monde)

 * Fonds spéculatifs : la Commission précise certaines règles  

 * Comment la Fed assèche les banques européennes, par Cécile de Corbière, Dominique Gallois et Cécile Prudhomme (Le Monde)     

 * Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques

 * Accordons la licence bancaire au MES pour redonner à la puissance publique la souveraineté qu'elle a perdue !

 * Vers un isolement des activités bancaires les plus risquées au sein de l'Union européenne

 *  Une réponse politique et institutionnelle à l'instabilité et à l'insécurité créée par l'incapacité de répondre efficacement aux chocs financiers systémiques - nouvelle édition -

 *  Retour sur image : Les hommes d'influence de Goldman Sachs, par Marc Roche (presseurop.eu - 3 mars 2010)

 * Un jackpot de 600 millions pour Goldman Sachs (Le Monde)

 * Garantir à tout-va revient, quand on est hyperendetté, à ne plus rien garantir du tout ! (nouvelle édition)      

 * Transfert de risques de la BNP à BNP FORTIS : Nouveau dossier chaud franco-belge ! par Paul N. Goldschmidt (Sauvons l'Europe)  

 * Le Parti socialiste vide la proposition de loi sur l'exposition aux ondes, par Sophie Landrin (Le Monde)  

 * La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (1) - nouvelle édition -

 * La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (2) - nouvelle édition -

 * La circulation de l’argent de la piraterie: une économie en circuit fermé, par Stuart Yikona

 * Crises mondiales : il est urgent de redonner confiance à ceux qui l'ont perdue (nouvelle édition)   

Corruption, dictature et sécurité internationale, par Pierre Conesa (Diploweb.com)

 

 

 

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:00

L’ouvrage de T. Piketty a le mérite de chiffrer avec précision l’évolution des revenus et des patrimoines en longue période dans un certain nombre de pays, dont la France, l’Allemagne et les États-Unis. Il permet de juger de la valeur de certaines théories économiques, ainsi que du bien fondé de telle ou telle formulation. Il permet de rejeter certaines affirmations trop vite assénées, comme, par exemple, celle selon laquelle la rente – socialement injuste – ne résulterait que d’une imperfection du marché : « elle est au contraire la conséquence d’un marché du capital “pur et parfait”, au sens des économistes » (p. 674).

Cet ouvrage présente toutes les vertus d’une oeuvre véritablement scientifique : ses 976 pages extrêmement denses sont, en effet, le fruit du travail d’une vingtaine de chercheurs pendant plus de quinze ans (p. 10). Pour faciliter les comparaisons entre pays aussi bien que dans le temps, Piketty et son équipe se réfèrent au revenu national. Le revenu national (RN) est le produit intérieur brut (PIB) diminué de la dépréciation du capital (de l’ordre de 10% par an dans la plupart des pays) et ajusté des revenus nets reçus de (ou versés à) l’étranger (p. 78-82). Pour juger des inégalités des revenus ou des capitaux, ils les répartissent le plus souvent entre la moitié inférieure de la population adulte (« classes populaires »), les 40% suivants (« classes moyennes ») et le décile supérieur (« classes supérieures »), lui même décomposé entre les 9 centiles suivants (« classes aisées ») et le centile supérieur (« classes dominantes ») (p. 389-400).

1. Revenu et capital en France

Les revenus du travail

Les revenus du travail qui représentaient 80% du revenu national en 1980, n’en représentent plus que 73% en 2010. (70% en 1820 ; 57% en 1860 ; 73% en 1900 ; 67% en 1910 ; 87% en 1940).

Les revenus du capital

Les revenus du capital sont donc passés de 20% à 27% du revenu national au cours de la même période. (30% en 1820 ; 43% en 1860 ; 27% en 1900 ; 33% en 1910 ; 13% en 1940). (graphique 6.2., p. 317)

La France a aujourd’hui 66 millions d’habitants. Le revenu national est de l’ordre de 30-35.000€ par habitant : le revenu du travail est de l’ordre de 21.000€ par habitant ; celui du capital est de l’ordre de 9.000 € par habitant.

Le capital

Le patrimoine – pour Piketty, les termes « patrimoine » et « capital » sont synonymes – représente aujourd’hui environ 6 fois le revenu national : 4 pour l’immobilier d’habitation ; 2 pour les bâtiments professionnels, les équipements et le patrimoine financier. (7 fois de 1700 à 1920 ; 3 fois entre 1920 et 1960 ; 4 fois en 1990 ; 5 fois en 2000). La valeur des terres agricoles (3-3,5 RN vers 1850) et celle du capital détenu à l’étranger (1-1,5 RN vers 1900), qui représentaient des montants considérables au XIXe et au début du XXe siècle, sont devenues négligeables aujourd’hui. (graphique 3.2., p. 189) Le patrimoine public est pratiquement nul (31% du RN) : les actifs représentent 145% du RN, mais le passif (la dette publique), à 114% du RN, est presque du même montant. (graphiques 3.4. et 3.6., p. 203-204) Le patrimoine privé est de l’ordre de 150-200.000€ par habitant.

Les inégalités (des revenus, comme des patrimoines) étaient considérables à la Belle Époque. Les chocs économiques et politiques causés par la Première Guerre mondiale, la crise de 1929, la Seconde Guerre mondiale, les mesures prises à la Libération contre les collaborateurs et l’inflation (50% pendant les 3 quatre années consécutives 1945-1948, 13% en moyenne pour la période 1913-1950), les ont fortement réduites. On a pu croire, lors des « trente glorieuses », que le capitalisme avait disparu, en même temps que s’était apaisée la lutte des classes et que s’était renforcé le rôle de l’État. Depuis 1980 toutefois, les inégalités ont réapparu. Elles tendent actuellement à se renforcer.

Les inégalités dans la répartition du capital

Le patrimoine est extrêmement mal réparti. Il se concentre dans le centile, voire le millime supérieur, tandis que la moitié de la population adulte la plus défavorisée est pratiquement dépourvue de capital : en 2010, la moitié la plus mal lotie possède # 4% du patrimoine total, tandis que le décile supérieur en a # 62% et le centile supérieur # 24% (p. 404). (Décile supérieur : # 80% en 1810 ; # 90% en 1910 ; # 60% en 1970). (Centile supérieur : # 45% en 1810 ; # 60% en 1910 ; # 20% en 1970) (graphique 10.1., p. 542). Il résulte de ces chiffre que les 40% qui représentent les « classes moyennes » possèdent (depuis les années 1970) # 34% du patrimoine national, « ce qui n’est pas rien » (p. 551).

Les inégalités dans la répartition des revenus

Le décile supérieur de la hiérarchie des revenus perçoit aujourd’hui environ 35% du revenu national (45-50% de 1910 à 1914 ; 30% en 1945 ; 37% en 1965 ; 30% en 1982) (p. 414 et graphique 8.1, p. 429). La part du centile supérieur est passée de 7% du revenu national au début des années 1980 à 9% – voire légèrement plus – au début des années 2010 (20% de 1910 à 1914 ; 8% en 1945). (p. 503 et graphique 9.3). Celle du millime supérieur passe d’à peine 1,5% du RN au début des années 1980 à environ 2,5% du RN au début des années 2010, soit un quasi doublement (p. 506) : « Un phénomène nouveau a débuté en France à partir de la fin des années 1990, à savoir un fort frémissement à la hausse des très hauts salaires, et en particulier des rémunérations des cadres dirigeants des grandes entreprises, et des rémunérations pratiquées dans la finance » (p. 458).

En résumé, l’évolution des inégalités est bien représentée par des courbes en U :

très fortes au début du XXe siècle, les inégalités se sont atténuées au milieu de ce siècle, mais elles s’accroissent depuis les années 1980. Les inégalités de la Belle Époque semblent néanmoins révolues. Parmi les sévères correctifs survenus entre 1914 et 1945, deux ont des conséquences qui perdurent : l’effondrement de la part des rentiers dans le revenu national (p. 428-432, et graphiques 8.1. et 8.2.) ; l’avènement d’une classe moyenne patrimoniale (p. 550-552).

2. Revenu et capital aux États-Unis

Les revenus du travail

Comme en France, la part des revenus du travail a diminué au cours des trente dernières années : elle représentait 80% du revenu national en 1980 et 72% en 2010 (soit 1 point de moins qu’en France).

Les revenus du capital

Les revenus du capital sont donc passés de 20% à 28% du revenu national au cours de la même période. (graphique 6.5., p. 351)

Les États-Unis ont aujourd’hui 320 millions d’habitants. Le revenu national est de l’ordre de 30-35.000€ par habitant, soit au même niveau qu’en France.

Le capital

Le patrimoine ne représente qu’environ 4,5 fois le revenu national : 2 pour l’immobilier d’habitation ; 2,5 pour les bâtiments professionnels, les équipements et le patrimoine financier. (4,5 fois de 1700 à 1880f ; 5 fois en 1910 ; 4 fois en 1920 ; 5,2 fois en 1930 ; 3,8 fois en 1950 ; 4 fois en 1970). Le rapport β y est, en longue période, beaucoup plus stable qu’en Europe : en effet, les États-Unis ont été bien moins affectés que l’Europe par les deux conflits mondiaux. La valeur des terres agricoles représentait 1-1,5 RN entre 1770 et 1910. Celle du capital détenu à l’étranger a toujours été négligeable : les États-Unis n’ont jamais été une puissance coloniale. (p. 238-247, graphiques 4.6. et 4.10.)

Le patrimoine public est pratiquement nul (# 20% du RN) : les actifs représentent # 120% du RN, mais le passif (la dette publiqueg), à # 100% du RN, est presque du même montant. (graphique 4.7., p. 242)

Le patrimoine privé est, comme en France, de l’ordre de 150-200.000 € par habitant.

Les inégalités

Les inégalités (des revenus, comme des patrimoines) sont aujourd’hui beaucoup plus fortes aux États-Unis qu’en Europe. De plus, elles s’accroissent rapidement.

Si le rythme actuel se poursuivait, elles pourraient atteindre les mêmes niveaux extrêmes que dans l’Europe de la Belle Époque.

Les inégalités dans la répartition du capital

Le patrimoine est encore plus mal réparti qu’en France. En 2010, la moitié la plus mal lotie ne possède qu’environ 2% du patrimoine total, tandis que le décile supérieur en a # 72% et le centile supérieur # 33% (p. 555). (Décile supérieur : # 58% en 1810 ; # 80% en 1910 ; # 63% en 1970). (Centile supérieur : # 25% en 1810 ; # 45% en 1910 ; # 29% en 1970) (graphique 10.5., p. 555).

Il résulte de ces chiffres que les 40% qui représentent les « classes moyennes » possèdent environ 26% du patrimoine national, c’est-à-dire nettement moins qu’en France. Il résulte aussi de ces chiffres que les États-Unis étaient, au XIXe siècle, bien moins inégalitaires que l’Europe et le sont restés jusqu’en 1960. C’est à partir de cette date que la situation s’est inversée et que l’écart n’a cessé de se creuser (comparer les graphiques 10.1. et 10.5.).

Les inégalités dans la répartition des revenus

Le décile supérieur de la hiérarchie des revenus perçoit aujourd’hui environ 50% du revenu national (40-45% de 1910 à 1925 ; près de 50% en 1928, à la veille de la crise ; 30-35% de 1945 à 1980 ; 40% en 1990) (graphiques 1.1., p. 52 et 8.5., p.460). La part du centile supérieur est passée de 8% du RN en 1970-1979 à 18% du RN en 2010 (18% de 1910 à 1914 ; 10% de 1953 à 1969 ; 15% en 1990) (graphique 8.6., p. 461). Celle du millime supérieur est passée de 2% du RN en 1970 à 8% du RN en 2010, soit une multiplication par 4 à 6 (p. 506 et graphique 9.5.).

Contrairement à ce qui se passait en Europe à la Belle Époque, les inégalités concernent aujourd’hui aux États-Unis aussi bien les revenus du travail que les revenus du capital. « La montée des très hauts revenus et des très hauts salaires reflètent avant tout l’avènement des “super-cadres”, c’est-à-dire d’un groupe de cadres dirigeants des grandes entreprises parvenant à obtenir des niveaux de rémunération extrêmement élevés, inédits dans l’histoire. […] Des recherches récentes […] permettent de constater que la grande majorité des 0,1% des revenus les plus élevés correspond pendant les années 2000 à des cadres dirigeants. […] La montée des très hauts revenus américains s’explique avant tout par l’explosion des rémunérations des cadres dirigeants des grandes sociétés, que ces dernières soient dans les secteurs financiers ou non financiers » (p. 477-478).

3. Revenu et capital dans le monde

Les revenus

En 2012, le revenu mensuel se montait à 760 € par habitant dans le monde. Cette moyenne reflétait de fortes inégalités géographiques : 1.800 € en Europe ; 1.620 € en Amérique ; 200 € en Afrique ; 520 € en Asie. (tableau 1.1., p. 109)

Les inégalités géographiques ont toutefois tendance à s’atténuer de plus en plus.

La diffusion des connaissances, l’éducation, l’avènement de gouvernances publiques plus efficaces sont les principales raisons de cette convergence, de même que celle des taux de fécondité. C’est là un phénomène politique et économique de toute première importance – à mettre, soit dit en passant, au crédit de la mondialisation – qui marque très fortement le monde d’aujourd’hui.

Le capital

La population mondiale s’élevait en 2012 à 7,05 milliards d’habitants : 10% était en Europe ; 13% en Amérique ; 15% en Afrique ; 61%en Asie. (tableau 1.1., p. 109)

Le PIB mondial était évalué en 2012 à 71.200 milliards € : 25% pour l’Europe ;

29% pour l’Amérique ; 4% pour l’Afrique ; 42% pour l’Asie. (tableau 1.1., p. 109)

Le patrimoine mondial représentait, toujours en 2012, 4 fois le PIB mondial, soit 280.000 milliards €.

Le rapport β du capital mondial au revenu mondial était de 4,4 en 2010. (4,3 en 1870 ; 5 en 1910 ; 4,5 en 1920 ; 4,6 en 1930 ; 2,6 en 1950 ; 3 en 1970 ; 3,9 en 1990). (graphique 5.8., p. 309)

La population de l’Union européenne s’élevait en 2012 à 540 millions d’habitants, soit à 8% de la population mondiale. Son PIB était de 14.700 milliards €, soit 21% du PIB mondial. Le PIB par habitant était donc de 27.300 €, ce qui correspond à un revenu mensuel de 2.040 € par habitant.

Les données concernant le Royaume-Uni sont aussi nombreuses et aussi fiables que celles disponibles pour la France. Il en va de même en ce qui concerne l’Allemagne, mais depuis une date plus récente.

Au Royaume-Uni, le patrimoine représente 5 fois le revenu national : 3 pour le logement ; 2 pour le capital productif. (7 fois de 1700 à 1910 ; 3 fois en 1920 ; 2,5 fois en 1950 ; 4 fois en 1980) (graphique 3.1., p. 188). Le patrimoine public est pratiquement nul : les actifs représentent # 100% du RN, mais la dette publique est du même montant. Le patrimoine privé est, comme en France, de l’ordre de 150-200.000 € par habitant.

En Allemagne, le patrimoine ne représente qu’environ 4 fois le revenu national. (7 fois en 1870 ; 6,5 fois en 1910 ; 2,5 fois en 1950 ; 3,5 fois en 1980) (graphique 4.1., p. 225). Ce rapport relativement bas provient de deux éléments : un faible niveau des prix immobiliers depuis la réunification de l’Allemagne ; une plus faible capitalisation boursière résultant de ce que les actionnaires ont moins les coudées franches dans les conseils d’administration du fait de la participation active des salariés et autres « parties prenantes » à ces conseils. Le patrimoine privé est, comme en France, de l’ordre de 150-200.000 € par habitant.

Les inégalités

Les inégalités géographiques tendent à s’atténuer : il y a convergence entre les pays riches et les pays pauvres. En toute vraisemblance, les inégalités entre les pays s’estomperont dans un futur lointain. Il n’en va pas de même des inégalités entre les individus : les chiffres recueillis par Piketty démontrent l’inexistence de stabilisateurs automatiques. Il n’y a pas de « main invisible ».

Loin d’être des modérateurs, les marchés accentuent au contraire les inégalités.

C’est ainsi que r, le taux de rendement du capital, joue mécaniquement pour les renforcer. En effet, si r est bien en moyenne de l’ordre de 5%, il se chiffre en réalité dans un éventail pouvant aller de 1% (pour les livrets A des « classes populaires ») à 12% (pour les « placements alternatifs » : private equities, hedge funds, niches de placements immobiliers, etc.), cet éventail étant directement fonction de la taille du capital investi. Piketty le démontre en étudiant le rendement pur des dotations universitaires américaines (p. 714-719).

« Il existe actuellement plus de huit cents universités publiques et privées aux États-Unis gérant des fonds de dotation. Ces fonds vont de quelques dizaines de millions de dollars […] à plusieurs dizaines de milliards de dollars. […] Les dotations en capital des universités américaines donnent lieu à la publication de comptes financiers fiables et détaillés, […] ce qui n’est pas le cas pour les patrimoines privés ».

Le tableau 12.2., p. 716, donne, pour le taux de rendement moyen annuel des dotations universitaires, les résultats suivants : toutes universités (850) = 8,2% ; Harvard-Yale-Princeton = 10,2% ; dotations > 1 milliard $ (60) = 8,8% ; dotations 0,5-1 milliard $ (66) = 7.8% ; dotations 0,1-0,5 milliard $ = 7,1% (226) ; dotations < 0,1

milliard $ (498) = 6,2%.

Les inégalités dans la répartition du capital

En 2010, les 50% les moins bien lotis ne possèdent, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, que 5% du capital. Les 40% du milieu en ont 35% en Europe et 25% aux États-Unis. Les 9% suivants en possèdent 35%. Les 1% les plus riches possèdent 25% du capital en Europe et 35% du capital aux États-Unis.

Certes l’Europe de la Belle Époque était encore plus inégalitaire (5% pour les plus pauvres, 5% pour les 40% du milieu, 40% pour les 9% suivants, 50% pour le centile le plus riche), mais les prévisions pour 2030 n’en sont guère éloignées. (tableau 7.2., p 391)

Le magazine Forbes publie depuis 1987 la liste de tous les individus dont le patrimoine dépasse 1 milliard de dollars. En l’absence de données institutionnelles internationales en ce domaine et malgré leurs limites méthodologiques, les informations publiées par Forbes ont, au moins, le mérite d’exister ! et Piketty ne manque pas de les exploiter (p 689 et suivantes).

Les milliardaires étaient au nombre de 140 en 1987 ; en 2013, ils étaient 1.400 (coefficient 10). Leur patrimoine s’élevait à 300 milliards $ en 1987 ; en 2013, il atteignait 5.400 milliards $ (coefficient 20). En 1987, il y avait 5 milliardaires pour 100 millions d’habitants ; en 2013, il y en avait 30. En 1987, leur patrimoine représentait 0.4% du patrimoine mondial ; en 2013, il en représentait 1,5%. (graphiques 12.1. et 12.2., p. 691)

Pour tenter de mieux faire ressortir la réalité :

- en 1987, le 1/20 millions d’adultes le plus riche, soit 150 personnes, avait un patrimoine moyen de 1,5 milliards $

- en 2013, le 1/20 millions d’adultes le plus riche, soit 225 personnes, avait un patrimoine moyen de 15 milliards $, ce qui représente une progression de 6,4% par an

- en 1987, le 1/100 millions d’adultes le plus riche, soit 30 personnes, avait un patrimoine moyen de 3 milliards $

- en 2013, le 1/100 millions d’adultes le plus riche, soit 45 personnes, avait un patrimoine moyen de 35 milliards $, ce qui représente une progression de 6,8% par an

- NB : le patrimoine mondial moyen par adulte ne s’est accru que de 2,1% par an au cours de la même période (tableau 12.1., p. 693).

Il faut noter aussi que la part des fortunes provenant de l’héritage représente 60%-70%, contre 90% en Europe à la Belle Époque (p. 707). L’héritage va néanmoins retrouver son importance dans les années qui viennent, avec une structure toutefois différente : moins de très grosses fortunes héritées ; de plus nombreux rentiers petits et moyens (p. 601).

Les inégalités dans la répartition des revenus

En 2010, les 50% les moins bien lotis ne perçoivent que 25% en Europe et 20% aux États-Unis du total des revenus. Les 40% du milieu en touchent 40% en Europe et 30% aux États-Unis. Les 9% suivants en perçoivent respectivement 25% et 30%. Les 1% les plus riches perçoivent 10% du total des revenus en Europe et 20% aux États-Unis.

Les États-Unis de 2010 sont, dès aujourd’hui, aussi inégalitaires que l’était l’Europe de la Belle Époque. Les prévisions pour les États-Unis de 2030 vont encore au delà : 15% pour les plus pauvres, 25% pour les 40% du milieu, 35% pour les 9% suivants, 25% pour le centile le plus riche. (tableau 7.3., p 392)

Comme on l’a vu précédemment, cette évolution est due au « décrochage inédit des salaires des super-cadres. […] En tout état de cause, il est clair qu’il s’agit potentiellement d’un puissant mécanisme poussant à la divergence de la répartition des richesses : si les personnes les mieux payées fixent – au moins en partie – leur propre salaire, cela peut conduire à des inégalités de plus en plus fortes » (p. 530-531). « Sans aller jusqu’à parler de la “main qui se sert dans la caisse”, force est de constater que cette image est sans doute plus adaptée que celle de la “main invisible”, métaphore du marché selon Adam Smith. En pratique, la main invisible n’existe pas, pas plus que la concurrence “pure et parfaite”, et le marché s’incarne toujours dans des institutions spécifiques, comme des supérieurs hiérarchiques ou des comités de rémunérations » (p. 527).

Piketty considère que ces inégalités vont devenir insoutenables et qu’elles portent en germe des troubles sociaux. Il est donc urgent d’y remédier. Pour lui, il est nécessaire d’instaurer – au niveau mondial ou au moins européen – à côté de l’impôt sur les revenus, un impôt fortement progressif sur le capital. Cet impôt serait basé sur une déclaration annuelle du patrimoine, une sorte de « cadastre financier », soubassement nécessaire, en tout état de cause, au contrôle et au débat démocratique. « Cela permettrait de contenir la progression sans limite des inégalités patrimoniales mondiales, qui s’accroissent actuellement à un rythme qui n’est pas soutenable à long terme, ce dont même les plus fervents défenseurs du marché autorégulé feraient bien de se soucier » (p. 944).

(Thomas Piketty, Le capital au XXIe siècle, Seuil, Paris, 2013, 976 p. ill., 25 €)

(Annexe technique sur http://piketty.pse.ens.fr/capital21c )

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