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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 09:29

Un an après un « enterrement de première classe » aux yeux des écologistes, l'Assemblée a adopté, jeudi 23 janvier, une proposition de loi de compromis pour limiter l'exposition aux ondes électromagnétiques générées par les technologies sans fil – téléphones mobiles, tablettes, Wi-Fi.

Ce texte écologiste, fruit d'un an de travail avec les socialistes et le gouvernement, apparaît comme un « compromis constructif » et « une première réponse » aux préoccupations portant sur les ondes, selon le ministre de l'écologie, Philippe Martin. Les opérateurs des télécoms, au contraire, craignent qu'il n'entrave le développement de ce secteur, en faisant naître des « peurs irraisonnées ».

  • Que prévoit la loi adoptée par les députés ?

La « modération » est le maître mot de la loi « relative à la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d'exposition aux ondes électromagnétiques ». Cette modération ne conduira pas à abaisser les seuils réglementaires d'exposition de la population, mais vaudra surtout pour les « points atypiques », où « les niveaux d'exposition dépassent sensiblement la moyenne observée à l'échelle nationale ». Selon Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'économie numérique, citée dans Le Parisien du 23 janvier, « autour d'un millier de sites » sont concernés.

Pour les téléphones portables, les fabricants devront préconiser l'usage d'un kit mains libres. Toute publicité ciblant les moins de 14 ans sera également interdite. S'agissant des enfants, la proposition de loi initiale des écologistes visait à interdire les équipements Wi-Fi dans tous les établissements d'accueil des moins de 6 ans. Mais le gouvernement a fait voter un amendement qui restreint cette mesure aux moins de 3 ans, c'est-à-dire aux crèches et aux garderies. Elle ne concernera donc pas les écoles maternelles. (NDLR Regards-citoyens.com : On peut et on doit se demander pourquoi le risque ne porterait que sur les enfants de moins de trois ans ...) 

Enfin, au sujet des personnes souffrant d'électrohypersensibilité aux champs électromagnétiques, le gouvernement devra remettre au Parlement un rapport traitant, en particulier, de « l'opportunité de créer des zones à rayonnements électromagnétiques limités, notamment en milieu urbain », ainsi que des « conditions de prise en compte » de leurs difficultés en milieu professionnel.    

  • Quelles sont les principales sources d'exposition aux ondes ?

Les ondes sont extrêmement présentes dans notre environnement quotidien. Tous les appareils électriques sous tension créent en effet un champ électromagnétique. La principale source d'exposition est de « très loin » le téléphone portable, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Les antennes-relais pour la téléphonie mobile, qui se développent très rapidement avec le déploiement de la 4G, génèrent également des ondes, bien que l'exposition moyenne soit bien inférieure aux téléphones. A l'extérieur, les lignes électriques, transformateurs ou voies ferrées sont aussi des sources de rayonnements électromagnétiques.

Enfin, tous les appareils connectés de notre environnement personnel nous exposent aux radiofréquences : les ordinateurs et tablettes, les technologies Wi-Fi, Bluetooth et RFID (Radio Frequency Identification, ou puces électroniques), mais aussi les lampes fluorescentes, les fours à micro-ondes, les plaques à induction ou les machines à laver.

 

Carte de densité des antennes-relais Carte de densité des antennes-relais | Le Monde

 

  • Quel est leur impact sanitaire ?

Si cette question controversée génère une littérature scientifique foisonnante, elle n'a toujours pas été tranchée. En mai 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé les ondes électromagnétiques comme « cancérogène possible » en raison d'études évoquant une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale pour des utilisateurs intensifs (à partir de 30 minutes quotidiennes).

Deux ans plus tard, dans une analyse publiée en octobre 2013, évaluant plus de 300 études internationales, l'Anses pointe, avec des niveaux de preuve limités, des effets biologiques chez l'homme ou chez l'animal, concernant le sommeil, la fertilité mâle ou encore les performances cognitives. Malgré tout, « les conclusions de l'évaluation des risques ne mettent pas en évidence d'effets sanitaires avérés », estime-t-elle. (Sic !) 

L'Anses insiste toutefois sur « le développement massif des technologies recourant aux radiofréquences et conduisant à une exposition intensive de la population, le cas échéant des personnes les plus sensibles, et à laquelle elle ne peut se soustraire ». Le déploiement de la 4G « devrait s'accompagner d'une augmentation de l'exposition du public », ajoutent les experts de l'agence. L'Anses invite alors de manière générale à « limiter les expositions de la population », en particulier par le biais des téléphones portables, et incite à l'utilisation d'une oreillette.

  • Faut-il abaisser les valeurs limites d'exposition ?

L'exposition aux ondes électriques est mesurée en volt par mètre (V/m). En France, les valeurs limites d'exposition du public ont été fixées par un décret de 2002, qui transpose dans le droit national une recommandation européenne de 1999.

Pour la téléphonie mobile, ces seuils dépendent de la bande de fréquence utilisée par les antennes-relais. Ils sont de 41 V/m ou 58 V/m pour la téléphonie mobile 2G, et de 61 V/m pour la 3G ; la 4G s'inscrit aussi dans cette fourchette. Les associations « anti-ondes », prônant la mise en œuvre du principe de précaution « Alara » (As Low As Reasonably Achievable, aussi bas que raisonnablement possible), demandent un abaissement de la limite d'exposition à 0,6 V/m, un niveau recommandé en 2011 par le Conseil de l'Europe.

L'exposition moyenne sur le territoire français est en réalité très inférieure aux seuils réglementaires, puisqu'elle est de 1 V/m. Mais il ne s'agit que d'une moyenne. Selon une étude du Comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile (Copic), portant sur seize communes représentatives des différents environnements, environ 90 % des niveaux d'exposition sont inférieurs à 0,7 V/m et 99 % à 2,7 V/m. Toutefois, des pics sont observés, jusqu'à 10 V/m. La même étude conclut qu'un abaissement de l'exposition à 0,6 V/m entraînerait « une forte détérioration de la couverture du réseau, en particulier à l'intérieur des bâtiments », qu'il faudrait compenser par une multiplication au moins par trois du nombre d'antennes-relais. L'Anses considère également qu'il n'a pas de « base sanitaire » à ce seuil de 0,6 V/m.

Les écologistes et les associations considèrent pourtant qu'une réduction des seuils est possible. Huit pays membres de l'Union européenne (Belgique, Bulgarie, Grèce, Italie, Lithuanie, Luxembourg, Pologne, Slovénie) ont adopté des limites plus restrictives que la France, notamment dans les « lieux de vie » et les « lieux sensibles ». C'est aussi le cas de la Suisse et du Liechtenstein.

  • Quelles sont les revendications des électrohypersensibles ?

Les personnes électrohypersensibles (EHS) souffrent de diverses  pathologies (maux de tête, réactions cutanées, insomnies, tachycardie, etc.) qu'elles attribuent aux champs électromagnétiques. Cette maladie non reconnue en France toucherait 3 % de la population selon les associations – un chiffre impossible à  confirmer en l'absence d'évaluation nationale. Soutenus par une quinzaine de collectifs (Une terre pour les EHS, Robin des toits, Priartem), les EHS, dont certains sont obligés de vivre en marge de la société, demandent la mise en place « urgente » de zones blanches, vierges d'ondes.

En octobre, une petite commune des Hautes-Alpes, soutenue par la députée européenne EELV Michèle Rivasi, a annoncé son souhait de créer la première zone blanche de France, afin d'accueillir une trentaine de personnes pour une durée limitée. Au stade du projet, le site qui nécessite des aménagements, notamment l'enfouissement d'une ligne électrique et d'un transformateur, ainsi que l'installation d'un chauffage au gaz pour les personnes intolérantes aux émissions d'ondes électriques, pourrait voir le jour dans deux ou trois ans, a évoqué l'eurodéputée.

Lire (édition abonnés) : Les députés votent une loi a minima sur les ondes

Lire : Ondes : pas d'effets avérés sur la santé, mais mieux vaut limiter son exposition

Lire : Pour réduire les ondes électromagnétiques, il faut trois fois plus d'antennes-relais

Lire le reportage : Les électrosensibles à la recherche d’une terre vierge de toute onde

Lire : Ondes : une commune des Hautes-Alpes veut créer la première zone blanche de France

Et les témoignages : Ces malades des ondes électromagnétiques, qui "survivent"

Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/01/24/tout-comprendre-sur-la-loi-sur-les-ondes-electromagnetiques_4353906_3244.html#xtor=AL-32280397

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 09:15

Les Français montrent une méfiance croissante à l'égard de la science. Un sentiment qui n'est pas sans rapport avec leur défiance à l'égard des réformes qui nous entraînent dans un futur incertain. Il faut que cela change.

Plus de 23.000 cas de rougeole ont été déclarés en France depuis le 1er janvier 2008, selon l'Institut de veille sanitaire. Plus de 1.000 patients ont présenté une pneumopathie grave et 10 sont décédés. La cause de ce retour d'une maladie qu'on croyait éradiquée est la trop faible vaccination des jeunes générations. Près de 9% des jeunes âgés de 20 ans à 29 ans ne sont pas immunisés, ils n'étaient que 1,5% en 1998. Leurs parents ont peur des vaccins. Nous ne sommes plus le pays de Pasteur. (NDLR Regards-citoyens.com : et pour cause .... la gestion calamiteuse de la crise sanitaire due au H1N1 - qui fut en réalité un vaste exercice de défense civile - y est incotestablement pour quelquechose !) 

François Hollande, en s'affirmant «social-démocrate» lors de sa conférence de presse, a fait un pas historique. Il place (enfin) les socialistes français sur la ligne choisie depuis des décennies par les autres partis de gauche en Europe. Le changement de discours, en faveur des entreprises, de la «production», de l'«offre», est fondamental. Le capital et le travail ne sont plus en lutte, ils s'épaulent. Le moulin social ne peut avoir de grain à moudre que si les récoltes sont abondantes. Cette démarche, si elle s'affirme et se concrétise, devrait bouleverser le paysage idéologique du pays depuis le monde syndical jusqu'au monde politique. La social-démocratie est une politique pour la France qu'on peut discuter et ne pas partager. Mais elle trace une ligne, elle ouvre un avenir.

Mais, pour redresser la France, cette conversion si indispensable et si retardée doit être accompagnée d'une autre du même ordre d'importance: retrouver la foi dans le progrès. Que 9% des parents français aient peur des vaccinations éclaire combien le pays a, dans son rapport à la science, perdu la raison. En économie, une partie des Français avait perdu le sens de la réalité, la réalité des entreprises et de la mondialisation, mais, en face du progrès scientifique, la confusion des esprits est aussi grave, voire plus, comme le dit Jean de Kervasdoué, professeur émérite au Cnam[1]. Le pays et, notamment, beaucoup de ses médias ne sont pas loin de penser que quiconque affirme que 1 et 1 font 2 est un «scientiste», entendez dans leur bouche une mauvaise personne, ignorante de l'humain, destructrice de la nature, et, nous y voilà, vendue aux laboratoires. La science est en France accouplée au profit, deux progénitures du diable capitaliste.

La peur nous paralyse

C'est ainsi que le rouge et le vert se sont rapprochés, dans le pays de Descartes, pour nous plonger dans un néo-obscurantisme qui effraie, c'est-à-dire paralyse. Les réformes sont mauvaises car elles nous entraînent dans un futur pire. Tout se tient.

François Hollande devrait tenir sa prochaine conférence de presse en blouse blanche et dire sa deuxième conversion: celle de la foi dans le progrès. La vie est déjà emplie de technologies, mais elle le sera, demain, beaucoup plus encore, devrait-il expliquer. Le XXIe siècle va ouvrir des champs inexplorés dans tous les domaines scientifiques du génie génétique à l'agronomie, des nanotechnologies à la chimie, de l'énergie à, bien entendu, l'électronique.

Entendons-nous. Des questions lourdes se posent et vont se poser plus encore. Quels dangers réels et non fantasmés se présentent? Quels «changements» accepter des plantes et de la nature? De l'homme lui-même avec le clonage? Quelles conséquences éthiques auront toutes ces «possibilités» dans notre rapport à la naissance et à la mort. D'autres questions, cette fois d'organisation, devront être affrontées: trop de publications hâtives dans les revues, trop ne sont pas vérifiées. Les scientifiques devraient balayer devant leur porte et rehausser leurs exigences.

Mais cela étant dit, que d'enthousiasmants changements en perspective! Vivre en bonne santé plus longtemps, mieux éduqué, mieux informé, plus mobile, le XXIe siècle ne sera pas forcément l'horreur décrite par les idéologies régressives, il peut être tout le contraire. La France doit, pour ce qui la concerne, le prendre en main avec une raison retrouvée.

Supprimez le principe de précaution!

Lui, président de la République, doit demander d'ôter le principe de précaution de la Constitution. Ce texte introduit la suspicion dans toutes les activités humaines, il est durci par des juges, il donne peur devant la science, il met la France en retard. Lui, François Hollande, doit inverser la démarche, mettre la France en avant et revenir au bon sens: faire avec prudence et non pas interdire par précaution.

Un vaccin présente toujours une infime part de risque. Le risque du non-vaccin est, lui, avéré et considérable. La raison n'hésite pas devant l'alternative. La France d'aujourd'hui si. Elle laisse croire qu'il y a deux solutions et qu'elles sont de même poids. Les médias, sur tous sujets, mettent de plus en plus en balance l'avis d'un professeur agrégé et les cris de Madame Michu, dont le voisin a un cousin qui a vu l'ours. Il leur est ainsi arrivé d'écrire que les OGM donnaient le cancer à des rats ou, un comble, que l'eau avait une mémoire ...    

«Les hommes oublieux opposent aujourd'hui ce qu'ils appellent le vin naturel au vin artificiel, les créations de la nature aux combinaisons de la chimie. Il n'y a pas de vin naturel, il n'y a pas de froment naturel. Le pain et le vin sont un produit du génie de l'homme (…), de sa pensée inquiète et de sa volonté patiente (…) que la science soit près du moissonneur.»

C'est Jean de Kervasdoué qui reprend cette forte citation. Monsieur Hollande: elle est de Jaurès.

Source : http://www.slate.fr/story/82677/hollande-gout-progres

Article également paru dans Les Echos

[1] Ils ont perdu la raison, Jean de Kervasdoué, Robert Laffont.

NDLR Regards-citoyens.com : qui est donc ce Jean de Kervasdoué donneur de leçons ? Que connait-il de ces sujets ? que connaît-il des risques dans ces domaines où la recherche n'en est encore qu'à un stade embryonnaire ? Que connait-il des travaux réalisés à l'égard des risques et opportunités des nanotechnologies, nanomatériaux, nanosystèmes, de la bilogie de synthèse , et des technologies convergentes de type NBIC, par exemple ?

La France en retard dans le champ scientifique ? Certainement pas, bien au contraire ! C'est par contre dans la valorisation technologique, industrielle et économique de ses résultats scientifiques qu'elle est en retard !

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:58

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, Regards-citoyens.com est heureux de vous présenter l’entretien avec Claude Revel, conduit dans le cadre du premier numéro de DéfIS, la revue du Département sécurité économique de l’INHESJ, sous le titre "Entretien avec Claude Revel, Déléguée interministérielle à l’intelligence économique"…Cinq mois après sa nomination, la déléguée interministérielle à l’Intelligence économique, revient sur le nouveau dispositif de politique publique voulue par le gouvernement. Chargée par le Premier ministre de mettre en place une stratégie innovante en matière d’intelligence économique, la déléguée à la D2IE présente ici sa vision et les leviers essentiels de son action que sont la formation, l’anticipation, la sécurité et l’ingénierie d’influence.

1. Quelles avancées et freins majeurs identifiez-vous dans l’acculturation des services de l’Etat comme des entreprises à l’intelligence économique ?
Après trois mois de présence, je peux vous annoncer une bonne nouvelle : il y a une forte appétence pour l’intelligence économique de la part de très nombreux interlocuteurs au sein de l’Etat et des entreprises. Je suis approchée par de nombreuses personnalités, venant de ministères comme du secteur privé, qui me présentent des dossiers, des propositions, et aussi des cas problématiques pour lesquels nous essayons de proposer des solutions. Cela nous met d’ailleurs une certaine pression, car l’attente est grande vis-à-vis de notre Délégation. J’ai l’impression que la demande territoriale est forte, sans doute parce que, en région particulièrement, les acteurs vivent sur le terrain de la compétition quotidienne. En face de cela, il y a encore dans l’administration, et c’est la mauvaise nouvelle, quelques réticents impénitents dont le caractère minoritaire est parfois inversement proportionnel à la résistance qu’ils peuvent mettre en œuvre : résistance au changement d’état d’esprit, à la vision transversale, au décloisonnement des approches, certitudes inébranlables que ce qu’ils font est bien... Il y a aussi parfois tout simplement de l’indifférence. Plus grave est la démission. Elle se traduit soit par la simple résignation, celle de ceux qui pensent que tout a été fait et, qu’hélas, notre pays va perdre peu à peu, ses savoir-faire et n’a plus aucune capacité à se développer ; soit par une posture idéologique de certains, pour qui la France serait sur le déclin, en tant que culture et modèle économique, et qui sur ces prémisses font plus confiance au soft power d’autres pays, réputés plus forts, qu’au leur.

Eh bien, je crois que les démissionnaires quels qu’ils soient ont tort ! Il y a un renouveau très perceptible. Nous avons toutes les expertises. Il nous faut maintenant les mettre en musique. Et c’est ce à quoi, modestement, la Délégation interministérielle à l’intelligence économique (D2IE) va s’employer dans les domaines qui sont les siens.

C. Revel : l'intelligence économique, c'est quoi ?

Claude Revel, déléguée interministérielle à l’Intelligence économique

2. Quels sont les points forts qui constitueront la politique publique que vous souhaitez mettre en œuvre ?
Nous devrons tout d’abord mieux anticiper les grands défis qui toucheront notre économie et nos entreprises. Ils sont internationaux, et technologiquement la plupart d’entre eux ont le fil conducteur commun du numérique. Mais surtout, il faut penser ces évolutions technologiques, les préparer et inventer de nouveaux modèles pour les mettre en œuvre. Rappelons-nous Al Gore utilisant la métaphore « des autoroutes de l’information », peu avant les années 1980, pour désigner ce qui allait devenir l’Internet d’aujourd’hui. Cette vision s’appuie sur la recherche prospective et la capacité d’influence des think tanks. Il s’agit en fait d’avoir une longueur d’avance afin d’agir en amont, sur notre environnement, en saisissant les opportunités et en structurant autant que possible notre « terrain de jeu » en fonction de nos propres intérêts, c’est-à-dire les règles, normes et bonnes pratiques. Notre deuxième force est celle de notre réseau, que nous devons apprendre à mobiliser et utiliser. Le décret du 22 août 2013 donne nettement des possibilités en ce sens à la D2IE. Cela concerne l’échelon central, en interministériel, comme celui des territoires et de nos représentations à l’étranger.

Je souhaite aussi accroître la lisibilité du dispositif public d’intelligence économique afin que les entreprises et les administrations sachent rapidement à qui s’adresser lorsqu’elles en ressentent le besoin, tant au niveau national que régional. Je pense en particulier à tous ces entrepreneurs qu’il ne faut pas décourager par trop de lourdeur. Parfois le mieux est l’ennemi du bien. Essayons d’abord d’être simples. Revenons aux fondamentaux de l’IE : veille stratégique et anticipation, sécurité économique, notamment immatérielle, influence et pédagogie. Je souhaite une D2IE à la fois stratège et experte en ingénierie d’intelligence économique. Enfin, je souhaite travailler dans l’esprit d’une administration de mission, réactive, en mode projet.

3. De quels leviers disposez-vous pour élever cette politique au rang des priorités de l’Etat et de l’ensemble des acteurs économiques ?
Un premier levier est celui donné par notre texte constitutif, le décret d’août précité, qui rattache directement la D2IE au Premier ministre, ce qui est un progrès important par rapport à la situation antérieure. Le deuxième repose sur la volonté dont je parlais plus haut, et que je sens concrètement sur le terrain, de changer d’état d’esprit. Il faudra que les échelons décisionnels écoutent ces aspirations qui sont le levain de notre succès économique futur. Enfin, il y a une vraie volonté politique, au sens le plus large et le plus noble du terme, d’essayer d’affronter différemment les défis. Ce sera ma tâche de porter cette bonne parole un peu partout auprès des acteurs divers, y compris privés, pour agir.

4. Quels sont selon-vous les cibles prioritaires des formations et sensibilisations à l’intelligence économiques ?
Il y en a plusieurs. D’abord travaillons pour le futur, c’est-à-dire formons les étudiants d’aujourd’hui. Je considère indispensable que chacun sorte de l’enseignement supérieur en ayant reçu un enseignement de base en intelligence économique. Car finalement, l’IE c’est aussi la compréhension du monde, c’est l’analyse face au tout quantitatif, c’est l’anticipation et l’a réflexion active. Il s’agit en fait des « nouvelles humanités », comme l’a dit un jour Eric Delbecque. Une expérience de diffusion de l’IE a déjà été lancée, il y a deux ans, dans une trentaine d’établissements. Nous devons encore l’évaluer mais je souhaite d’ores et déjà, l’étendre à un maximum de lieux de l’enseignement supérieur. Pour cela il nous faut convaincre le monde académique. Tous les étudiants devront, à terme, être formés aux notions de base de l’intelligence économique, quel que soit leur cursus. Mais il faut aussi irriguer les décideurs actuels qui n’ont pas encore adhéré à cette approche. Comme c’est déjà le cas pour la sécurité au travail sur laquelle les salariés sont bien formés, il faut que la sécurité économique de l’entreprise, puis la veille deviennent l’affaire de toutes et de tous. L’influence, démarche proactive et aboutissement de l’IE, viendra naturellement ensuite.

Parallèlement, il est essentiel que les administrations centrales ainsi que les régions et départements forment leurs cadres, puis incitent les entreprises et centres de recherche à faire de même. Il faut apprendre à mutualiser l’information utile à tous, au nom de l’intérêt commun de l’Etat, des entreprises, de la société civile. Finalement, c’est notre intelligence collective qu’il faut éveiller. L’un des objectifs de l’intelligence économique est bien de la stimuler en proposant des outils adéquats, et surtout des intervenants bien formés, car le défi c’est aussi la formation des formateurs. Mon prédécesseur avait lancé le label Euclès avec l’INHESJ en matière de sécurité économique. Nous évaluons actuellement le système qui est intrinsèquement bon. Reste que cette démarche doit être initiée au plus haut niveau dans toutes les organisations, et que la valeur de l’exemple est, dans le domaine de l’IE, particulièrement essentielle. Il faut aussi tordre le cou aux a priori, aux idées toutes faites et aux images déformées de l’IE qui collent à notre domaine d’action. Afin de faire passer ce message et permettre une approche adulte de l’IE, j’ai commencé, et vais continuer, à me déplacer personnellement dans la France entière pour rencontrer les acteurs régionaux des administrations, des collectivités territoriales, des entreprises, les chercheurs ainsi que nos élus. Je suis à leur écoute, cherche à répondre à leurs demandes et leur présente notre expertise, qui est à leur service.

Concernant l’information et la sensibilisation à l’intelligence économique, la D2IE a déjà produit des documents, dont le Guide de l’intelligence économique pour la recherche, et va bientôt mettre en ligne, sur notre site, des fiches de sécurité économique adaptées à chaque cas. Nous élaborons, par ailleurs, des Principes directeurs pour les chercheurs en mobilité, ces derniers étant particulièrement concernés par ces problématiques.

5. Quels sont le principaux axes forts sur lesquels doivent reposer la construction d’une véritable stratégie d’influence à la française ?
Il s’agit d’un côté d’influencer l’environnement économique local pour orienter et soutenir les PME, qui détiennent un savoir-faire stratégique, en alertant sur des investisseurs prédateurs, en suggérant des orientations vers des marchés du futur, en suscitant la réunion, l’échange d’informations et l’action d’acteurs locaux.

Il s’agit aussi de préparer les marchés extérieurs à long terme. Qu’il s’agisse de régulations européennes et internationales ou de réputation, une influence professionnelle nécessite une information fine et en amont. Notamment sur les menées concurrentielles et sur les alliances possibles, sur l’élaboration de positions communes entre acteurs français, ce qui demande au préalable, un travail sur les idées, et sur l’image, ainsi que sur la capacité à animer des réseaux humains au sein et au-dehors des institutions concernées. Le tout sur des sujets liés aux besoins des acteurs économiques, de l’économie et des emplois futurs et en nous appuyant sur les fondamentaux culturels de la France.

Idéalement, la D2IE doit pouvoir exercer des alertes sur les influences extérieures en amont, apporter des informations utiles à la négociation, aider à la mise au point de positions communes entre acteurs, et également améliorer l’image et le suivi des actions.

Copyright 2013-Revel-INHESJ     

Claude Revel est Déléguée interministérielle à l’Intelligence économique

 

Plus

Défis

Défis est la revue trimestrielle du Département sécurité économique de l’INHESJ. Elle rassemble les experts, acteurs privés et publics, invités à s’exprimer sur les enjeux de sûreté des entreprises et d’intelligence économique considérés comme stratégiques.

Le premier numéro de Défis explore la problématique prioritaire de la cybersécurité. Le cybermonde : un enjeu éminemment politique et sociétal. La cybersécurité : quel rôle pour les Etats ? La cybersécurité : un chantier dont on ne peut plus faire l’économie. Cybersécurité : comment lutter contre une menace technologique qui évolue en permanence.

Téléchargeable en ligne sur le site de l’INHESJ, elle est également diffusée auprès de ses abonnés.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:55

Les dispositifs d’espionnage de la NSA ne datent pas d’hier. Par ailleurs, même si c’est avec moins de moyens, les autres pays en font autant. Qu’y a-t-il donc de nouveau avec les révélations de l’affaire Snowden ? Chercheur à l’IFAS, Laurent Bloch répond.

Ce que révèle Edward Snowden

La divulgation par Edward Snowden des documents qui prouvent l’ampleur des opérations de surveillance des communications sur Internet par la National Security Agency (NSA) n’en finit pas de propager ses ondes de choc et de susciter l’indignation, sincère ou simulée, comme le signale par exemple l’article d’Annegret Bendiek et Tim Ridout publié le 26 novembre 2013 sur le site du German Marshall Fund, Restoring Trust in Internet Privacy and Data Security. Les auteurs font le point sur le projet de résolution soumis à l’ONU par le Brésil et l’Allemagne, pays avec à leur tête des dames, Dilma Rousseff et Angela Merkel, dont les conversations téléphoniques ont été consciencieusement écoutées par la NSA, ce qui ajoute la muflerie à l’espionnage. Le texte de ce projet fait référence au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, co-signé par les États-Unis, pour préconiser une extension à l’Internet des garanties de protection de la vie privée et des données personnelles dont les citoyens des pays démocratiques bénéficient dans le monde « hors-ligne ».

Un tempo soigneusement étudié

La divulgation de ces documents par Snowden est effectuée selon un tempo soigneusement étudié, afin de laisser aux acteurs visés le temps d’essayer de se disculper, pour que la vague suivante de publications prouve encore mieux qu’ils avaient menti de façon éhontée. On peut penser au scandale de Panama et à la publication au compte-gouttes, par Édouard Drumont, des documents confidentiels de Reinach à la fin du XIXe siècle en France. Il est à noter que l’ensemble des documents obtenus par Edward Snowden sont maintenant entre les mains de Glenn Greenwald et de Laura Poitras, qui en conduisent une exploitation commerciale.

Ces révélations de Snowden, notamment sur les projets PRISM et Muscular (ce dernier en collaboration avec les services britanniques du Government Communications Headquarters ou GCHQ), font suite à celles de Wikileaks, par exemple la publication par Bradley (Chelsea) Manning de vidéos particulièrement compromettantes sur les opérations américaines en Irak. En remontant plus loin dans le temps, on trouve que les mêmes acteurs, dans le cadre du traité secret United Kingdom - United States Communications Intelligence Agreement signé le 5 mars 1946, avaient mis en place dès le milieu des années 1970 le dispositif Echelon, destiné à capter les communications téléphoniques et les télécopies « intéressantes » un peu partout dans le monde. C’est en 1988 que le journaliste Duncan Campbell a révélé l’existence de ce système d’interception dans un article intitulé Somebody’s listening (Quelqu’un écoute), publié dans le New Statesman.

De ce qui précède on déduit aisément que les dispositifs d’espionnage de la NSA ne datent pas d’hier, que d’ailleurs, même si avec moins de moyens, les autres pays en font autant, et que donc ceux qui voulaient savoir ce qu’il en était, par exemple parce que c’était leur métier, savaient. Qu’y a-t-il donc de nouveau avec les révélations de l’affaire Snowden ?

Les faits révélés excèdent les hypothèses antérieures

Voilà ce qui est nouveau dans le domaine des faits :

. l’ampleur du dispositif PRISM-Muscular n’était pas soupçonnée : même les professionnels n’avaient pas envisagé l’archivage (pour une courte période de temps) de toutes les données échangées, et l’archivage à plus long terme de toutes les métadonnées relatives aux communications ;

. les interceptions Muscular, directement sur les fibres optiques transocéaniques, des données échangées en clair sur les réseaux privés de gros opérateurs tels que Google et Yahoo !, auraient fait figure de science-fiction si elles n’avaient pas été explicitées par le Washington Post du 30 octobre 2013 ;

. ces interceptions directes sur le réseau sont d’autant plus choquantes que, par ailleurs, au titre du programme PRISM, la NSA a obtenu un accès ouvert en permanence sans formalités aux serveurs de Google, Yahoo !, Microsoft, Apple, Dropbox, Youtube, Facebook et AOL, ce qu’en termes techniques on nomme une interface de programmation (Application Program Interface) ou API. D’ailleurs, les entreprises dont les réseaux ont été, à leur insu, l’objet des interceptions Muscular, ont manifesté un vif mécontentement à l’encontre de la NSA et du GCHQ. Certains experts ont estimé que ces révélations pourraient causer aux opérateurs incriminés une perte annuelle de 35 milliards de dollars à l’horizon 2016.

Retenons que la NSA (et le GCHQ) ont mené de front deux approches de l’espionnage du réseau : le projet PRISM en coopération avec les grands opérateurs américains, et le projet Muscular , non-coopératif. Un des intérêts principaux de Muscular est de se déployer hors du territoire américain, ce qui permet de contourner la législation FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) Amendments Act de 2008 qui limite l’écoute des communications des citoyens américains (il n’y a aucune restriction pour l’écoute des ressortissants étrangers).

Évaporation de la confiance

Mais ce qui résulte des faits évoqués ci-dessus dans le domaine des opinions et des institutions est sans doute plus important :

. un article du blog de Bruce Schneier (excellent comme d’habitude) intitulé A Fraying of the Public/Private Surveillance Partnership signale que la coopération entre la NSA et les grands opérateurs de l’Internet énumérés ci-dessus, qui fonctionnait très bien tant qu’elle était secrète, y compris aux yeux des entreprises pour certains aspects mentionnés ci-dessus, semble partir en quenouille depuis qu’elle s’étale sur la place publique ;

. ces grandes entreprises américaines perçoivent que ces révélations risquent de détourner leur clientèle internationale vers des opérateurs d’autres pays, européens ou asiatiques ;

. en effet, le Patriot Act du 26 octobre 2001 ne laisse aucun doute sur le fait qu’une entreprise, quelle que soit sa nationalité, qui exerce son activité sur le territoire des États-Unis, est tenue de répondre positivement aux demandes d’accès aux données de ses clients qui lui seraient adressées par la NSA (ou une autre agence fédérale de sécurité) ;

. ainsi, de grands opérateurs tels que BT ou Orange, bien que britannique ou français, sont soumis au Patriot Act du fait de leur présence commerciale et technique aux États-Unis, au contraire par exemple d’OVH, dont les activités nord-américaines sont basées au Canada ;

. il est à noter que le Patriot Act réduit à néant les garanties de protection des données personnelles obtenues par la Commission européenne au titre d’un accord avec le Département du Commerce des États-Unis ratifié le 26 juillet 2000, qui a instauré un cadre juridique dénommé Safe Harbor (Sphère de sécurité).

Le 27 novembre 2013, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution introduite par la France et intitulée Le droit à la vie privée à l’ère du numérique.

Notons que le même jour la Commission européenne a adopté un texte dans lequel il est clairement indiqué qu’elle continuera à travailler étroitement avec les services de renseignement américains pour des échanges de données personnelles, ce qui semble paradoxal. On pourra consulter à ce propos la réaction de la députée européenne Françoise Castex [1]. Contrairement aux vœux du Parlement européen, la Commission refuse notamment de réexaminer l’accord SWIFT, aux termes duquel sont transmises aux États-Unis de nombreuses données sur les transactions bancaires, officiellement pour permettre de repérer les flux financiers qui alimentent le terrorisme international. Et bien qu’elle reconnaisse que le cadre juridique Safe Harbor soit désormais, comme nous l’avons souligné ci-dessus, vide de toute substance, elle ne le remet pas en cause.

Espionnage économique

Si la protection des données personnelles est remise en question, celle des données des entreprises ne l’est pas moins. De nombreux incidents attestent que les services de renseignement américains, au premier rang desquels la NSA, recherchent et obtiennent des informations économiques relatives à des entreprises ou à des administrations étrangères, et en font bénéficier leurs concurrents américains. On trouvera des exemples d’utilisation à ces fins des interceptions Echelon dans un article de Claude Delesse (négociations ALENA, GATT, concurrence entre Boeing et Airbus pour la vente d’avions à l’Arabie Saoudite en 1994, concurrence entre Raytheon Corporation et Thomson CSF en 1994 pour un système de surveillance de la forêt amazonienne). Cette activité dans le domaine économique est intitutionnalisée au sein de l’Office of Executive Support du Département du Commerce américain.

L’espionnage économique des communications téléphoniques au moyen du système Echelon s’est bien sûr prolongé avec PRISM, amplifié grâce aux possibilités techniques supérieures des systèmes informatiques. Même si aucun fait précis n’est encore apparu sur la place publique, les différents acteurs ont commencé à adapter leurs pratiques à cette menace. La Cloud Security Alliance a mené une enquête auprès de ses membres européens, qui montre que 10% d’entre eux renonceraient à des projets de contrats avec des opérateurs américains d’informatique en nuage (Cloud Computing) à la suite des révélation de Snowden. James Staten, analyste de Forrester Research, écrit que le chiffre (évoqué ci-dessus) de 35 milliards de dollars de pertes annuelles pour les fournisseurs du Cloud est une estimation trop faible, et il prédit un manque à gagner de 180 milliards de dollars.

Ces événements et leurs rebondissements pourraient (devraient ?) conduire à une remise en question du projet (en cours de négociation) de traité de coopération économique entre l’Union et les États-Unis, le Transatlantic Trade and Investment Partnership.

Topologie du cyberespionnage

Pour capter les données et les communications de tout le monde, la NSA n’a pas hésité à contraindre les grands opérateurs américains, qui maintenant s’en mordent les doigts, et à se brancher sur des fibres optiques transocéaniques avec la complicité du GCHQ britannique. Mais il faut bien dire que ces interceptions sont grandement facilitées pour un État (par exemple les États-Unis) sur le territoire duquel une grande partie du trafic mondial de l’Internet transite, sans qu’il soit besoin d’aller le chercher à l’autre bout de la planète.

Josh Karlin, Stephanie Forrest et Jennifer Rexford, dans leur article Nation-State Routing : Censorship, Wiretapping, and BGP, se sont penchés sur cette question. Ils ont élaboré un indice de centralité d’un pays dans l’Internet, qui correspond peu ou prou, si l’on considère le trajet d’un paquet de données entre deux points quelconques du réseau, à la probabilité que ce trajet passe par le territoire du pays considéré. Ils ont aussi construit un indice de centralité forte (Strong Country Centrality), qui estime la difficulté qu’il y a à éviter de passer par le territoire d’un État pour aller d’un point à un autre dans le réseau : cet indice est construit comme la somme (divisée par le nombre de chemins) de variables qui vaudront 1 si le pays en question est un point de passage obligé entre les deux points par le chemin considéré, 0 sinon.

Un pays doté d’un indice de centralité élevé, et, a fortiori, d’un indice de centralité forte élevé, sera bien placé pour espionner les échanges entre d’autres pays, et en outre en bonne position pour échapper à l’espionnage. Inversement, les pays à faible indice seront plus facilement espionnés, et ne pourront guère espionner les autres.

Pour des raisons historiques et économiques, les États-Unis, qui ont créé l’Internet et ses principaux opérateurs commerciaux, que ce soit dans le domaine des publications ou dans celui des infrastructures, bénéficient du privilège du premier entrant, et leurs indices sont supérieurs à ceux de tous les autres pays. Voici les résultats des calculs de Josh Karlin, de Stephanie Forrest et de Jennifer Rexford (CC = Country Centrality, SCC = Strong Country Centrality) :

  CC SCC
États-Unis 0,740695 (1) 0,546789 (1)
Grande Bretagne 0,294532 (2) 0,174171 (2)
Allemagne 0,250166 (3) 0,124409 (3)
France 0,139579 (4) 0,071325 (4)
Pays-Bas 0,128784 (5) 0,051139 (5)
Canada 0,104595 (6) 0,045357 (6)
Japon 0,072961 (7) 0,027095 (11)
Chine 0,069947 (8) 0,030595 (10)
Australie 0,066219 (9) 0,037885 (8)
Hongrie 0,064767 (10) 0,023094 (14)
Singapour 0,063522 (11) 0,043445 (7)
Italie 0,047068 (12) 0,027088 (12)
Espagne 0,043248 (13) 0,025370 (13)
Russie 0,043228 (14) 0,035191 (9)
Autriche 0,024632 (15) 0,010501 (17)
Suède 0,023350 (16) 0,009785 (19)
Afrique du Sud 0,019294 (17) 0,013778 (15)
Danemark 0,015684 (18) 0,008101 (21)
Serbie 0,014935 (19) 0,012312 (16)
Suisse 0,013302 (20) 0,003865 (35)

Ce tableau donne une idée de la présence d’un pays dans l’Internet, pondérée positivement par la situation géographique (cf. le bon rang de la Hongrie et de Singapour), et négativement par la propension à censurer les communications.

Nos auteurs donnent un tableau spécial consacré aux indices des pays connus pour leur censure systématique de l’Internet :

  CC SCC
Chine 0,069947 (8) 0,030595 (10)
Vietnam 0,007087 (30) 0,003916 (34)
Corée du Sud 0,003548 (44) 0,001044 (54)
Arabie Saoudite 0,003286 (47) 0,001722 (49)
Émirats Arabes Unis 0,000839 (65) 0,000541 (63)
Pakistan 0,000274 (81) 0,000265 (74)
Iran 1,12e-05 (105) 9,48e-06 (101)
Yémen 1,06e-07 (131) 7,50e-08 (130)
Oman 2,64e-08 (138) 2,64e-08 (133)
Myanmar 0 0
Corée du Nord 0 0
Soudan 0 0
Syrie 0 0

Les indices égaux à 0 correspondent à des pays qui ne voient passer aucun trafic international.

Outils du cyberespionnage

La NSA peut recueillir à peu près toutes les données qu’elle souhaite.

La divulgation du mode opératoire de projets tels que PRISM et Muscular, ainsi que de projets liés, tels Upstream [2], montre que la NSA peut recueillir à peu près toutes les données qu’elle souhaite. Ceci fait, se pose la question de savoir comment exploiter ces masses immenses de données.

Dans un article intitulé L’imbécillité de l’intelligence, Michel Volle examine d’un œil critique les méthodes de la NSA : un intertitre de son texte, « Tout observer, c’est ne rien comprendre », en résume l’idée générale.

Comme l’explique Michel Volle, les deux piliers du renseignement sont la collecte d’informations, et leur analyse. L’équilibre entre ces deux piliers doit être maintenu. L’informatique et les réseaux fournissent à la collecte des moyens extrêmement puissants. Les méthodes statistiques informatisées en font autant pour l’analyse, ce qui peut faire naître l’illusion d’une automatisation possible de l’ensemble du processus. Le monde de la finance a déjà cédé à une illusion de ce type, avec les résultats que l’on sait. Si la NSA y cède également, ce que ses pratiques révéles par Snowden suggèrent, les conséquences seront (sont ?) également catastrophiques, avec à la clé des erreurs judiciaires ou, pire, extra-judiciaires : quiconque aura téléphoné au mauvais moment, dans le mauvais pays, en parlant la mauvaise langue, pourra, par le jeu des corrélations calculées par le logiciel statistique, se retrouver rattaché à un réseau terroriste ou maffieux avec lequel il n’a rien à voir, et en subir les conséquences fort déplaisantes.

Il n’en reste pas moins que les perspectives ouvertes à l’espionnage des pays et des particuliers par les moyens informatiques et réticulaires contemporains sont d’une ampleur dont les dictateurs du XXe siècle n’ont même pas rêvé, non plus que George Orwell.

Nouvelles révélations

Les lignes qui précèdent ont été écrites au début du mois de décembre 2013. Depuis cette date, de nouveaux documents ont été rendus publics par Edward Snowden, qui sapent encore un peu la confiance que l’on pouvait avoir dans les institutions et les entreprises de l’Internet, surtout américaines.

Corruption des logiciels de RSA Security

Selon un article de Joseph Menn publié le 20 décembre à San Francisco par l’agence Reuters, la NSA aurait versé dix millions de dollars à l’entreprise RSA Security, spécialiste de solutions de sécurité pour les entreprises, afin que soient implantées dans certains de ses logiciels des « portes dérobées » destinées à permettre aux agents de la NSA de contourner les barrières de confidentialité qu’ils étaient censés établir.

RSA Security n’est pas n’importe quelle entreprise de logiciels de sécurité : fondée en 1982, depuis 2006 filiale d’EMC, géant du stockage de données et de l’informatique en nuage (il possède aussi VMware, à l’origine de certaines technologies décisives pour ces activités), cette entreprise doit le sigle qui la nomme aux initiales de ses fondateurs, Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman, inventeurs du système de cryptographie asymétrique à clé publique qui porte le même nom. Elle est (était ?) un leader du marché de la sécurité informatique, avec un prestige considérable. C’est un nouveau pan de l’« informatique de confiance » et de l’« Internet sûr » qui s’effondre. D’après les sources de Reuter, RSA a livré, de 2004 à 1013, son logiciel BSafe avec un générateur de nombres pseudo-aléatoires affaibli, de façon à permettre aux experts de la NSA un accès aux données chiffrées.

Dès le 14 novembre 2013, avant même la publication du scandale RSA, Bruce Schneier, qui avait été le premier à identifier les faiblesses cryptographiques de BSafe en 2007, écrivait sur son blog un article (signalé ci-dessus) pour signaler la grave perte de confiance qui résulte des révélations de Snowden.

Attaques contre Tor

Le 4 octobre 2013, Bruce Schneier avait également exposé dans un article publié par le Guardian les méthodes utilisées par la NSA pour contourner les dispositifs de sécurité mis en œuvre par le système Tor d’accès anonymisé à l’Internet. Tor ("The Onion Router") achemine les données d’une session TCP selon un itinéraire imprévisible, au moyen de rebonds aléatoires sur des nœuds du réseau configurés de sorte qu’il soit impossible de remonter à l’adresse d’origine de la session. En effet, chaque nœud « connaît » son prédécesseur immédiat et son sucesseur, mais pas les autres relais, contrairement à ce qui se passe lors d’une session TCP ordinaire, où l’adresse d’origine figure dans tous les paquets de données. D’autre part, les données transmises sont chiffrées à chaque étape. La métaphore du « routage en oignon » fait référence à ces chiffrements successifs.

La possibilité offerte par Tor de naviguer anonymement sur l’Internet, et même d’y créer des sites Web ou d’autres services, en fait une cible prioritaire pour la NSA, dont les agents se sont attaqués au système d’installation des logiciels qui permettent d’utiliser Tor.

La première étape de l’attaque consiste à identifier les utilisateurs de Tor. Pour ce faire la NSA s’appuie sur ses capacités propres de surveillance de l’Internet, en collaboration avec les opérateurs dont elle s’est assurée la collaboration. La NSA a créé un fichier d’« empreintes digitales » caractéristiques de sessions TCP liées à Tor, qui permet de repérer les « suspects » sur le réseau.

Une fois constituée la base de données des « suspects » qui ont téléchargé les logiciels de Tor et qui génèrent des sessions Tor, il s’agit de s’attaquer aux navigateurs qu’ils emploient, principalement Firefox, en exploitant certaines de ses vulnérabilités. Pour ce faire la NSA procède à des attaques par interposition ("Man in the Middle"), qui consistent à usurper le nom d’un site que la victime souhaite visiter afin de détourner ses communications vers un site contrôlé par l’attaquant, sur lequel pourront être menées des investigations frauduleuses, et à partir duquel le navigateur du visiteur pourra être infecté par des logiciels contrôlés par l’attaquant. La suite est du piratage de routine, enfin presque.

La simple liste des utilisateurs de Tor est déjà une arme efficace : ainsi, un étudiant du MIT qui avait essayé de faire chanter l’administration de l’université en la menaçant à travers Tor a pu être identifié et arrêté après simple consultation des « abonnés » Tor du campus.

Conclusion

Même les spécialistes de cyberdéfense les plus blasés ont pu être étonnés par les révélations d’Edward Snowden sur le cyberespionnage de la NSA. Les moyens mis en œuvre sont bien dans la tradition militaire américaine : ils misent plus sur la quantité que sur la subtilité. C’est une force, mais face à des adversaires retors, résolus et persévérants la réussite n’est pas garantie (rappelons-nous le Viêt Nam). En fait, des parades existent face à cette collecte massive de données, ainsi que des possibilités de désinformation. Et l’exploitation de renseignements obtenus de la sorte peut se révéler problématique.

L’arbre ne doit pas cacher la forêt : à côté des méthodes massives et brutales évoquées ci-dessus, existent des possibilités d’attaques ciblées ponctuelles, qui demandent plus de travail humain, mais qui peuvent avoir un rendement élevé. Le sabotage en masse d’une lignée de composants destinés à des routeurs de cœur de réseau, ou la corruption furtive et persistante du micro-code de l’ordinateur (ou du smartphone) d’un personnage important peut laisser espérer des résultats spectaculaires, avec peu de risque de détection.

Copyright Janvier 2014-Bloch/Diploweb.com


Plus

Voir le site de l’Institut français d’analyse stratégique

 

Laurent Bloch est Chercheur en cyberstratégie à l’Institut français d’analyse stratégique.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 20:57

L'Agence de sécurité nationale (NSA) pratique l'espionnage industriel y compris lorsque la sécurité des Etats-Unis n'est pas en jeu, a déclaré sur une chaîne de télévision allemande l'ancien consultant Edward Snowden.

Selon l'informaticien à l'origine des révélations sur les programmes de surveillance menés à travers le monde par la NSA, cette dernière s'intéresse notamment à l'entreprise allemande Siemens. 

"Si une information de Siemens peut servir les intérêts des Etats-Unis, même si elle n'a aucun rapport avec la sécurité nationale, alors ils mettront la main dessus", peut-on lire dans un extrait de la transcription de l'entretien que la chaîne ARD devait diffuser dimanche.

Edward Snowden, qui s'exprimait de Russie où il a obtenu l'asile, a également fait savoir lors de cette interview qu'il avait désormais transmis tous ses documents sur les activités de la NSA à des journalistes.

Les informations divulguées depuis plusieurs mois par Edward Snowden ont provoqué un émoi particulier en Allemagne, notamment en raison de la mise sur écoute de la chancelière, Angela Merkel.

Ces nouvelles révélations font suite à celles du New York Times qui avait affirmé il y a une dizaine de jours, en s'appuyant entre autres sur les documents fournis par l'ancien analyste, que la NSA avait pu installer un logiciel-espion sur près de 100.000 ordinateurs à travers le monde.

Dans la plupart des cas, le programme en question a été introduit via des réseaux informatiques mais, selon le quotidien, la NSA a également eu recours à une technologie secrète qui permet d'accéder aux machines non connectées.

Source : Reuters

Voir également :

 * La NSA a réussi à hacker le cœur même d'Internet, par Jérôme Hourdeaux (Mediapart.fr)

 * Surveillance d'Internet: ce que la «réforme» d'Obama change (ou pas), par Amaelle Guiton (Slate.fr) 

 * Surveillance américaine sur l’Internet - Antécédents et conséquences, par Laurent Bloch (Diploweb.com)

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:43
La condamnation du libéralisme sauvage par le pape François, dans sa première exhortation apostolique, publiée le 26 novembre (cf. Evangelii gaudium, la première exhortation apostolique du pape François), a provoqué de très vives réactions de la part de certains économistes américains libéraux.

Décryptage de Jean-Yves Naudet, professeur d’économie à l’université d’Aix-Marseille, et président de l’association des économistes catholiques.            

« Dans son exhortation, le pape s’exprime d’abord comme un pasteur, et non comme un économiste. Pour ce faire, il reprend des thèmes assez classiques qui figurent dans la pensée de l’Église ou dans l’Évangile. C’est par exemple le cas de l’option préférentielle pour les pauvres, ou bien de la définition large de la pauvreté, qui n’est pas seulement matérielle, mais peut être spirituelle ou morale. 

Deuxième­ grand thème, développé par François : l’argent. Là encore, rien de neuf : pas besoin d’être chrétien pour affirmer que l’argent est un bon serviteur et un mauvais maître. Le pape se place dans le sillon de ses prédécesseurs, en citant abondamment le compendium de la doctrine sociale de l’Église, de même que Benoît XVI et Jean-Paul II. Or, Jean-Paul II était réputé comme le plus anti-étatiste des papes : il avait condamné les excès de l’État providence. 

Pas de rupture de fond par rapport au discours économique habituel de l’Église

La condamnation du libéralisme sauvage par le pape François, dans sa première exhortation apostolique, publiée le 26 novembre 2013, a provoqué de très vives réactions de la part de certains économistes américains libéraux. Je n’ai pas le sentiment que François introduise une rupture de fond par rapport au discours économique habituel de l’Église. 

Il évoque par exemple l’exclusion, dont il souligne largement les effets. Pour ma part, en tant qu’économiste, j’aurais tendance à dire que certaines formes d’État providence très poussée encouragent l’exclusion, à l’inverse de l’économie de marché. Mais le pape n’entre pas dans ces raisonnements économiques.

Posée ainsi, la question ne me semble donc pas vraiment pertinente. Le pape joue un rôle de pasteur et ne se laisse pas enfermer dans de telles catégories idéologiques. Il ne faut pas attendre de lui qu’il élabore une théorie économique. Il écrit d’ailleurs lui-même que son texte n’est pas une nouvelle encyclique sociale. 

Le pape François ne se situe pas du tout dans une logique de lutte des classes

Son rôle est de réveiller les consciences, de pointer les problèmes, mais non d’élaborer des solutions. Dans le même sens, ceux qui voient dans cette exhortation des penchants socialistes, ou marxistes, se trompent. Le pape François ne se situe pas du tout dans une logique de lutte des classes. Dire que les riches doivent aider les pauvres n’a rien à voir avec la théorie de Marx. 

La réaction – à mon sens excessive – de certains milieux économiques américains s’explique par le fait qu’ils s’appuient sur une vision très dogmatique de l’économie de marché. Certains d’entre eux sont encore dans la logique des deux blocs antagonistes, américain et soviétique, comme au temps de la guerre froide. Critiquer l’un, c’est favoriser l’autre.

Le pape laisse aux économistes des thèmes à travailler

Quoi qu’il en soit, le pape laisse aux économistes des thèmes à travailler. Je pense en particulier à l’importance que nous accordons au « court terme », et contre lequel le pape François nous met en garde. Il a raison, mais il faut maintenant approfondir cela sur le plan économique. Comment mettre en place des techniques qui pourraient nous aider à favoriser les décisions à long terme ? 

Plusieurs outils sont possibles, comme l’éducation des ménages en matière d’endettement, la constitution de noyaux durs d’actionnaires dans les entreprises, la moindre importance à accorder aux profits prévus trois mois plus tard. »

Recueilli par  LOUP BESMOND DE SENNEVILLE
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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:40

Il est surprenant que l’UE qui éprouve tant de difficulté à réaliser le consensus nécessaire pour mener une politique étrangère dans son voisinage méditerranéen et en Afrique, se soit engagée dans la négociation d’un «marché intérieur transatlantique» à l’unanimité de ses 28 Etats-membres et à la majorité du Parlement européen. Les procédures démocratiques ont assurément été respectées. Mais cela ne suffit pas à faire de cette décision, stratégique pour l’avenir de l’Europe et pour son identité, une décision vraiment démocratique. Le citoyen européen qui n’en a jamais entendu parler sérieusement n’a pas encore réalisé la portée de ce choix dans lequel il ne voit qu’une simple mesure de politique commerciale.

L'affaire du projet de TTIP dévoile un mode de fonctionnement de l’UE par lequel lobbies, diplomates et technocrates sont en mesure de faire avaliser par un Conseil européen dominé, pour ce thème, par le Royaume Uni et par l'Allemagne, une décision qui vient interférer d'une façon aussi intrusive avec le processus de construction européenne. Plus inquiétant encore, cette malencontreuse option stratégique a été entérinée par le Parlement européen. On comprend mieux du coup la distance qui se crée entre l'UE et le citoyen. En fait, on peut être pour le libre échange et pour l'Alliance atlantique et néanmoins s'opposer au TTIP au nom de la cohérence du projet européen.

C'est la thèse développée dans le texte auquel le lien suivant donne accès : http://www.madariaga.org/in-the-media/

L'auteur, plus préoccupé de faire avancer l'Europe qu'à combattre des chimères bureaucratico-diplomatiques, n'entend pas faire campagne contre le TTIP qui s'enlisera d'ailleurs de lui-même. Mais l'occasion se prête bien à une réflexion sur la singularité du projet européen qui ne doit pas se diluer dans un espace transatlantique dominé par les lobbies, au demeurant principalement américains. Et pour cause!

Pierre Defraigne est Executive Director 
Madariaga - College of Europe Foundation
14, Avenue de la Joyeuse Entrée
1040 BRUSSELS - BELGIUM
Tel. +32 2 209 62 10
Fax. +32 2 209 62 11

pdefraigne@madariaga.org

Pour en savoir plus sur cette négociation :

La position de l'Union européenne dans les négociations-EN

Les atouts économiques du TTIP- EN

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:29

Lors d'un interview réalisé par le site Euractiv. fr, la députée européenne Pervenche Bérès, qui préside au sein du Parlement européen la commission "Emploi et affaires sociales" a déclaré :

" Ce traité est une machine de guerre contre le modèle social européen. Il ne résout pas du tout les problèmes auxquels l'Europe est confrontée, au contraire !

On a des problèmes de divergence, de polarisation, de déséquilibres au sein de l’UE. Ce sont des problèmes que le traité va aggraver ! Et le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement ne va pas inventer de l’industrie là ou il n’y en a pas ! Il faut être réaliste. Cela fait 15 ans qu’on nous dit qu’il faut harmoniser les règles entre l’UE et les Etats-Unis, et en pratique la seule harmonistation qui se produire c'est que les Etats-Unis nous impose leurs règles. Comme les normes comptables, par exemple. Le rapport de force n'est pas à notre avantage, c'est évident. Donc celà ne sert à rien de dépenser de l'énergie à négocier ce traité, c'est une erreur. "

Source : http://www.euractiv.fr/eu-elections-2014/pervenche-beres-le-partenariat-t-interview-532196

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:24

The next EU-US summit will be held in Brussels on Wednesday 26 March 2014, following an invitation by European Council President Herman Van Rompuy and European Commission President José Manuel Barroso to the President of the United States Barack Obama.

This will be President Obama's first visit to Brussels and to the EU institutions.

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 13:55

Les monnaies de plusieurs pays émergents ont subi, jeudi 23 janvier, une nette dépréciation. La plus forte a été infligée au peso argentin qui a perdu quelque 13 % avec l'approbation du gouvernement de Buenos Aires. La livre turque a perdu 1,7 % et atteint son plus bas historique par rapport au dollar et sa banque centrale a tenté en pure perte de stopper sa glissade en intervenant sur le marché pour plus de 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros). Les marchés se sont aussi détournés du rand sud-africain, du real brésilien et du rouble russe.

Le signal de la débandade a été donné, mercredi 22 janvier, par la publication de statistiques de croissance en baisse en provenance de Chine. Grand acheteur de matières premières, l'empire du Milieu pourrait freiner les économies de l'Afrique du Sud, de l'Argentine et du Brésil en leur demandant moins de minerais, de céréales et d'oléagineux.

Les marchés anticipent que la chute de ces devises obligera les banques centrales à relever leurs taux d'intérêt, mesure qui aura pour effet de renchérir le crédit aux entreprises et aux particuliers et de peser sur la croissance.

LA REPRISE DES ÉCONOMIES AVANCÉES

Les investisseurs se soucient également de l'agitation sociale suscitée dans les pays émergents  par une nette dégradation de leur conjoncture depuis l'été 2013. La multiplication des oppositions à Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre turc, tout comme les grèves des mineurs du platine sud-africains leur semblent des signes annonciateurs de troubles qui pourraient déboucher sur des politiques peu favorables à la rentabilité des entreprises.

Mais la cause première de cette désaffection pour les économies émergentes doit être cherchée dans le changement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine qui a commencé à ralentir son programme de soutien à l'économie. Ce virage a eu pour effet de faire remonter le dollar face aux monnaies des pays en développement, mais aussi de faire comprendre aux marchés que les économies avancées des Etats-Unis et d'Europe avaient redémarré.

Désormais, les perspectives les plus favorables pour une amélioration de l'activité économique se trouvent dans les pays du nord. Les sondages publiés au 44e Forum économique mondial de Davos (Suisse), qui se termine samedi 25 janvier,  confirment le regain d'intérêt des chefs d'entreprise pour les marchés des pays riches.

L'eldorado des économies émergentes ayant déçu, il est inévitable que les capitaux occidentaux regagnent leurs patries plus prometteuses et surtout plus sûres que les économies du Sud avec les conséquences que l'on voit sur les marchés des devises.

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