Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 13:25

Le nouveau plan de la Commission européenne pour la politique énergétique et climatique pourrait engendrer des milliards d'euros d'investissements privés. Pour parvenir à cet objectif, les dirigeants européens doivent encore s'accorder en mars sur des mesures plus audacieuses pour accélérer la transition vers une croissance économique faible en carbone.

Le plan de la Commission, rendu public le 22 Janvier, témoigne de quelques avancées politiques importantes pour l'horizon 2030 : un objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre combinées des États membres de 40 % par rapport à 1990 ; 27% de l'énergie totale devra être produite à partir de sources renouvelables ; et réformer le système d'échange de quotas d'émissions pour le stabiliser et le renforcer.

Ces mesures sont les bienvenues, elles témoignent de l'engagement continu de l'Europe dans la lutte contre le changement climatique. Mais il reste encore beaucoup à faire pour créer un environnement favorable à un investissement fort dans l'économie bas-carbone dont nous avons besoin.

Les dirigeants européens devraient bien sûr accepter le plan de la Commission lors de leur prochain sommet en mars, mais ils devraient également s'atteler à d'autres sujets clés pour la transition bas carbone, tels que la réduction rapide à court terme du charbon au profit du gaz, la création d'un super-réseau électrique et davantage d'efforts concertés en matière d'efficacité énergétique.

L'Europe est confrontée à des défis économiques fondamentaux: sa demande structurelle est en pleine mutation, le risque de basculer dans une société à deux vitesses s'accroît à mesure que se creusent les inégalités, chômage structurel, et sa capacité à importer des matières premières, y compris des produits énergétiques traditionnels, à un prix compétitif diminue.

 UNE VOLONTÉ POLITIQUE COMMUNE

Ces défis devraient déboucher sur une volonté politique commune de bâtir un agenda économique positif orienté sur les investissements, dans un projet européen commun. L'Europe a besoin d'un secteur industriel concurrentiel, mais elle doit au préalable évaluer les difficultés et les opportunités auxquelles il est confronté. Une transition énergétique équitable et coordonnée vers un modèle à faibles émissions carbone, financièrement soutenable, est nécessaire pour y faire face.

En Europe, la facture des importations énergétiques représente environ 3,2 % du PIB, soit plus de quatre fois le déficit commercial total. Les ménages et l'industrie sont accablés par des factures énergétiques élevées, en grande partie imputables aux prix des combustibles fossiles. Le poids des importations de combustibles n'aide certainement pas les pays en déficit à s'adapter et à renouer avec la croissance.

C'est dans ce contexte que les grandes orientations ont jusqu'alors été définies. Puis il y a eu la « révolution » du gaz de schiste aux Etats-Unis, que nous devons replacer en perspective. Les États-Unis resteront importateurs nets de combustibles dans les décennies à venir.

  LE GAZ DE SCHISTE NE CHANGERA PAS LA DONNE

Et l'énergie reste un facteur de production relativement mineur pour la grande majorité des entreprises manufacturières du pays : pour 60 % d'entre elles, l'assurance maladie supportée par l'employeur coûte plus cher que les dépenses énergétiques totales. Le gaz de schiste ne sera donc en aucune façon la panacée, ni pour le secteur manufacturier ni pour l'économie américaine dans son ensemble.

Par ailleurs, ce serait une grave erreur de penser que le gaz de schiste pourrait véritablement changer la donne en Europe. Les premiers forages montrent que les conditions géologiques sont beaucoup plus difficiles qu'aux États-Unis, et que l'exploitation coûtera donc plus cher. Du fait des régimes fonciers et de la densité de la population en Europe, l'acceptabilité sociale n'ira pas non plus de soi.

Le gaz de schiste ne résoudra donc pas les problèmes énergétiques de l'Europe, même s'il pourrait apporter une contribution dans des pays tels que la Pologne, lourdement tributaires du charbon et du gaz russes. Selon les estimations les plus optimistes, le gaz de schiste produit localement couvrirait 6 à 10 % de la consommation de l'Union européenne à l'horizon 2035.

  MANQUE DE COHÉRENCE

Cependant, d'autres sources d'électricité à faibles émissions de carbone peuvent offrir, au niveau national, une plus grande sécurité énergétique.

Les consommateurs et industries européens doivent être conscients des dangers d'une réponse inadéquate aux défis économiques de l'Europe. Si celle-ci n'engage pas une action commune, le risque d'une fragmentation et d'une incohérence des politiques nationales sera élevé.

Instauration unilatérale de prix planchers, programmes nationaux subventionnant des options énergétiques différentes, manque de cohérence des politiques : ceci n'est qu'un avant-goût de ce qui pourrait advenir.

Avec une vision commune claire et cohérente, les pays et les industries pourront planifier et mettre en œuvre les infrastructures et les mesures réglementaires requises pour parvenir à un système énergétique efficace, non polluant et financièrement soutenable. Le marché intérieur est l'un des outils les plus puissants dont dispose l'Europe pour  soutenir une énergie durable à un coût raisonnable.

  LE RISQUE DE MANQUER D'AMBITION

Regardez ce qui se passe en Pologne ou en Lettonie : largement coupés du marché intérieur, ces deux pays achètent du gaz russe à des prix exorbitants. Pour paraphraser le poète irlandais Yeats : sans un centre, tout se disloque.

Face à la crise économique, la tentation est grande de faire l'impasse plus ou moins explicite sur l'urgence d'agir et de manquer d'ambition pour une politique qui pourrait, en réalité, permettre de surmonter nombre des problèmes cruciaux qui nous attendent.

On peut  comprendre que la sphère politique et la population aient aujourd'hui des priorités à première vue plus pressantes : le chômage, la croissance, la stabilité et la protection sociale. Mais si la crise nous a enseigné une chose, c'est bien qu'un plaisir immédiat peut entraîner un supplice à long terme.

En mars, juste avant l'ouverture d'un nouveau cycle institutionnel européen, les dirigeants de l'Union européenne se réuniront pour répondre aux propositions de la Commission, et tracer les grandes lignes de la politique énergétique et climatique européenne de demain. Seront-ils capables de voir assez loin pour ébaucher un projet positif et cohérent pour l'Europe ?

 

Laurence Tubiana est Professeur à Sciences Po

Teresa Ribera est conseillère sur le changement climatique à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)

Nicholas Stern est Président de la British Academy 

 

 

 

Laurence Tubiana dirigel'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Teresa Ribera est ancienne secrétaire d'État aux changements climatiques pour le gouvernement espagnol. Lord Nicholas Stern préside le Grantham institute for climate change and the environment à la London school of economics (LSE).

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/01/24/les-28-doivent-s-entendre-pour-accelerer-la-croissance-verte_4354101_3232.html

Repost 0
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 13:02

Le pape François travaille à la rédaction d'une encyclique consacrée à la relation entre l'homme et la nature, indique le Vatican vendredi.

Le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a confirmé l'information après que le président français François Hollande a indiqué à la presse que le souverain pontife lui avait fait part de cette initiative lors de leur entrevue dans la journée.    

Il a précisé sur la radio du Vatican que la rédaction de l'encyclique n'en était qu'à ses prémices et qu'il était encore prématuré de dire quand le texte serait achevé.

Le porte-parole a précisé que le thème de l'encyclique, lette adressée par le pape à tous les évêques exposant la position officielle de l'Eglise catholique sur un sujet donné, était "l'écologie de l'humanité".

Depuis son élection au trône de Saint-Pierre en mars, le pape François a à plusieurs reprises abordé la question de la protection de l'environnement.

Dans son adresse sur "l'état du monde", le 14 janvier, devant les diplomates accrédités au Vatican, le Saint-Père avait déclaré: "Dieu pardonne parfois, nous pardonnons parfois, mais lorsque la création est maltraitée, elle ne pardonne jamais".

Dans un discours prononcé environ deux semaines après son élection, le cardinal Bergoglio avait expliqué pourquoi il avait choisi son nom en hommage à Saint-François d'Assise.

"Il (Saint-François) nous enseigne le respect profond de toute la création et de la protection de notre environnement que trop souvent, même si cela est parfois pour le bien, nous exploitons avec avidité, au détriment d'autrui".

Source : Reuters


Repost 0
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 11:59

Service offert par L’Osservatore Romano et la Radio Vatican : http://www.news.va/fr/sites/homelies

Repost 0
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 11:48

Avez-vous vu ce très beau film allemand inspiré d'un fait divers américain qui est intitulé Die Welle (la vague) ?

Quel est le thème de ce film ?

Pendant une semaine, un professeur de lycée, au profil plutôt libéral, propose à ses élèves une expérience pédagogique ayant pour but de leur faire comprendre comment fonctionne un régime totalitaire. Commence alors un jeu de rôles aux conséquences tragiques .... 

Voir la bande originale : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18857292&cfilm=134390.html

Que cherche à nous révéler ce film ?

Que l'on soit libre ou de tout engagement ou de toute allégeance, que l'on soit habité ou non par une idéologie, soumis ou non à des principes ou à des dogmes exigeants, tout un chacun s'attache à construire son discours autour des valeurs de solidarité, d'honneur, de justice, de travail, de dignité, de fierté nationale  .....

Mais en partant de ce même socle de valeurs et de principes, il est aisé de se laisser entrainer dans une voie que l'on n'a pas spontanément choisie, la bascule dans une voie ou dans une voie contraire s'effectuant sous l'empire de peu de choses avec une rapidité déconcertante !

En des périodes - comme celle que nous traversons aujourd'hui - aussi riches en sources de tensions, de chocs, de crises, de vulnérabilités, de risques et de menaces en tous genres, que pauvres en utopie politique, en solidarités économiques et sociales et en source d'élévation spirituelle et philosophique,  la tentation du repli identitaire, sur fond idéologique, est parfois présente dans l'esprit des êtres les plus faibles, les plus fragiles et/ou les plus en proie au doute ; comme la tentation autoritaire, sécuritaire ou totalitaire tend à être parfois présente dans celui des individus qui oeuvrent dans les espaces de pouvoir et d'influence, fussent-ils légitiment élus, lorsque leur autorité de compétence est ouvertement mise en défaut par la pregnance des facteurs précédents.

Est alors convoquée l'exigence d'une tolérance 0 justifiée comme la condition sine qua non du risque 0 en en faisant les arguments d'un retour à un ordre autoritaire et sécuritaire qui opère sur la base d'une lecture et d'une pratique de la loi et de la morale qui travestissent autant l'esprit que la lettre des principes et des valeurs des démocraties libérales jusqu'à les rendre inopérants ! Un ordre incompatible avec le mobile libéral qui lui sert de prétexte : "la sécurité est la première des libertés", "la liberté s'arrête là où commence celle des autres", etc.

La norme de droit s'efface derrière l'autorité du pouvoir suprême que confère la capacité à maintenir l'ordre établi par la norme de devoir ! Le parquet prend alors le pas sur le siège !

Toute transgression, ou même toute tentation de transgression (délit d'intention), est alors mise en accusation de mettre en péril l'ordre établi !

On s'autorise à restreindre et à surveiller les libertés ! Toutes les libertés, mêmes les plus fondamentales !

La présomption d'innocence se trouve alors baffouée par un système médiatique autant que par un système judiciaire asservis à l'obligation de performance du jeu des forces morales et politiques qui les dominent ... et les contrôlent !

Les coupables sont là, qui rodent parmi nous !

Pis encore, tout un chacun est un coupable en puissance .... 

La présomption de culpabilité efface d'un trait la présomption d'innocence !

La nuance n'est plus de mise ! L' "ordre" - ou plus précisément, l'idée que l'on se fait de l'ordre - se justifie pour lui-même, par lui-même !

Ceux qui ont le pouvoir d'expliquer, d'instruire à charge et à décharge et/ou de juger se croient alors contraints d' (ou autorisés à, selon les convictions qui leur sont propres) effacer les arguments de la raison devant ceux de la passion et de l'idéologie ! Société de consommation de dogmes, d'ordres, d'images et d'émotions oblige !

L'opinion publique se rigidifie progressivement, puis se radicalise ! L'acceptation du pire devient possible !

D'autant que l'entropie (c'est à dire le "désordre") ne peut que croître (en vertu du second principe de Carnot) ! Illustration métaphorique de la primauté du mouvement de la liberté sur celui qui vise à établir un ordre inerte (stable) ! 

La dérive sécuritaire, d'abord, puis autoritaire, voire totalitaire, est alors au bout du chemin ! Inéluctablement !

Science - mais aussi législation, éducation, information et communication - sans conscience n'est que ruine de l'âme !

Ce que démontre le film avec un brio particulier !

Une leçon de philosophie politique à méditer !

Surtout le jour de commémoration de la Shoah  http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?rubrique10 !

 

Ou encore, le jour où les Chrétiens célèbrent la naissance de leur Christ !

 

 

 



Repost 0
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 11:31

Des manifestants issus de la Manif pour tous et de la Marche pour la vie s'apprêtent à défiler pour un "jour de colère". Un nouveau signe de la montée d'un courant conservateur ? L'avis de Pierre Bréchon, sociologue spécialiste de l'étude des valeurs.                 

Après la Manif pour tous et la "marche pour la vie", c'est en prouvant à nouveau qu'ils ont le sens de la formule que des groupes d'opposants au gouvernement organisent un "jour de colère", dimanche 26 janvier, à Paris. En première ligne de cette manifestation sont attendus les mouvements opposés au mariage des homosexuels et au droit à l'avortement. Cette mobilisation pose à nouveau la question de l'émergence d'un mouvement conservateur, voire réactionnaire, en France.

Francetv info se penche sur cette tendance avec Pierre Bréchon, sociologue, professeur de science politique à Sciences-Po Grenoble, président de l'Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs, un groupe de chercheurs travaillant sur l'évolution des valeurs des Français.

Francetv info : Les manifestations contre le mariage pour tous ou contre l'élargissement du droit à l'avortement sont-elles synonymes d'une avancée des idées réactionnaires en France ?

Pierre Bréchon : Je ne pense pas qu'on soit face à une poussée conservatrice ou réactionnaire en France. Comme toujours, les mouvements sociaux traduisent la mobilisation d'un milieu. Dans les cas présents, les débats politiques sur le mariage homosexuel ont donné lieu à de grandes manifestations parce cette loi impliquait pas mal de changements. Mais si on regarde les enquêtes menées avant et après le vote de ce texte, l'opinion publique, elle, n'a pas bougé : on constate toujours une petite majorité favorable au mariage homosexuel, et une forte minorité qui accepte l'idée de l'adoption par des couples homosexuels. Il existait donc une résistance potentielle à laquelle on pouvait s'attendre. Mais ce que l'on observe dans les études menées depuis plus de 30 ans, c'est que l'acceptation de l'homosexualité est une des valeurs qui a évolué le plus positivement.

Qui sont les personnes qui ont manifesté dimanche 19 janvier contre l'assouplissement du droit à l'avortement ?

Ils sont issus des milieux catholiques traditionnels et traditionalistes, des partisans de Christine Boutin, la présidente d'honneur du Parti chrétien démocrate, accompagnés de gens comme Bruno Gollnisch, député européen FN. C'est-à-dire pas grand-monde. Car au fond, le thème de l'avortement ne mobilise pas beaucoup. Lors des débats à l'Assemblée nationale, les députés d'opposition ne se sont d'ailleurs pas bousculés pour critiquer le texte retirant la notion de "détresse" de la loi encadrant l'avortement. Les leaders de la droite, y compris ceux qui se revendiquent des milieux chrétiens, ne semblent pas vouloir relancer ce débat.

Pourquoi les partis politiques sont-ils frileux face à ces revendications ?

Le mouvement de la société est tel que si la droite prend des positions fortes sur ces questions de famille, elle s'affaiblit. Plusieurs leaders de droite ont opté pour des positions assez molles, à l'image de Jean-François Copé, qui a seulement appelé à "ne pas toucher à la loi" sur l'avortement [dans une interview à Valeurs actuelles]. La droite est divisée sur ces questions, et la frange libérale, majoritaire, n'a pas intérêt à relancer ce débat, parce qu'elle y perdrait une partie de ses troupes.

Comment juger l'ambition de Christine Boutin, ou de la Manif pour tous qui envisageait récemment de présenter des listes aux municipales?

Christine Boutin veut faire une priorité de ces thèmes dans la société, mais elle a peu d'écho. En 1999 déjà, elle avait participé à la période de mobilisation contre la loi sur le Pacs, sans beaucoup fédérer. La preuve en est qu'à la présidentielle de 2002, elle avait à peine fait 1%, alors que le scrutin était favorable aux petits candidats.

On s'aperçoit qu'à chaque fois que la gauche est au pouvoir, et qu'elle légifère sur ces questions qui vont contre les idées de ces tendances minoritaires, cela provoque des débats importants. Mais sans grande conséquence. Pour le mariage homosexuel, la messe est dite, si vous me pardonnez l'expression. Les ambitions politiques de la Manif pour tous ont d'ailleurs fait long feu. Et le sujet de l'avortement ne risque pas de provoquer plus de mobilisation.

Pourtant ces manifestations, et ces thèmes, semblent s'imposer dans le débat public...

Certes, la mobilisation de ces milieux traditionalistes se prolonge, à dose très réduite, en participant à des causes diverses. Mais c'est surtout parce qu'il existe un bruit médiatique, une attention plus grande des médias, autour de ces manifestations. Elles font du bruit dans la rue, et elles le font bien. Entre 16 000 et 40 000 personnes défilant contre l'avortement, ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas énorme. Ces mouvements savent surtout utiliser des moyens, qu'on appelle "les répertoires de l'action" en science politique, pour se faire entendre, pour que les médias parlent d'eux plus que ce qu'ils représentent vraiment.

Comment expliquer que ces manifestants soient aussi bien organisés ?

Les mobilisations modernes ne sont plus celles du siècle dernier. Il ne s'agit plus uniquement d'ouvriers qui défilent, mais de gens qui ont fait des études et mettent leurs compétences intellectuelles et techniques au service de cette contestation. Aujourd'hui en France, plus on appartient à une catégorie supérieure et plus on manifeste : les médecins, les "bonnets rouges", etc.

Pour ces milieux, faire une forte impression médiatique est primordial, car de nos jours, si vous ne montrez pas votre force de mobilisation, vous faites difficilement pression sur le pouvoir politique. On entend plus les milieux traditionnels catholiques ces derniers temps parce qu'ils ont appris à manifester, et savent mieux s'organiser qu'autrefois.

Vous êtes coauteur de l'Atlas des Européens. Avec l'exemple de l'Espagne qui revient en arrière sur l'avortement, on a l'impression d'une avancée des conservateurs sur le Vieux Continent. Est-ce une réalité ?

En Espagne, cette réforme ne passe pas toute seule non plus. La droite est en train de se diviser sur cette question, car le Parti populaire [actuellement au pouvoir] sait qu'il est en train de perdre une partie de ses soutiens.

Dans le reste de l'Europe, on relève une poussée populiste. Mais elle ne s'appuie pas sur les sujets liés à la famille ou à la sexualité. Regardez le programme de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 1974 : l'un des points principaux de son programme était le refus de l'avortement. Aujourd'hui, le FN ne donne pas du tout la priorité à ce thème, ni même aux questions familiales. De façon générale, en Europe de l'Ouest, la tendance va vers une société plus permissive, plus individualiste, où les valeurs religieuses sont en forte baisse.

Vous ne relevez pas une forme de repli sur soi ?

On constate que certaines valeurs de fermeture ont encore de la force dans la société française, mais pas sur les questions de sexualité ou d'avortement. Plutôt sur des sujets liés au nationalisme. On peut s'attendre à trouver davantage de mobilisation potentielle autour des thèmes comme la peur de l'étranger, de l'Europe, ou de l'islam. Pas sur des questions de valeurs religieuses, mais pour des causes liées à la xénophobie.

Ce sont d'ailleurs des questions qui divisent au sein de la communauté catholique. En ce moment, à la veille des élections municipales, les évêques publient un certain nombre de messages [comme le fait la Conférence des évêques] dans lesquels ils appellent les gens à réfléchir à des points qu'ils jugent importants, notamment la défense de la vie, mais aussi l'accueil des étrangers.

Certains intellectuels dénoncent la montée d'un "néoconservatisme" français. Ce n'est donc pas une réalité ?

Il s'agit d'une question de dosage. Il est probable que, comme le disent certains politistes, la progression des valeurs individualistes et permissives a généré l'apparition de mouvements réactionnaires et conservateurs. Mais le pessimisme des Français me frappe davantage que cette poussée d'un courant néoconservateur. Dans les enquêtes de terrain que nous menons depuis 30 ans, les personnes interrogées nous disent aujourd'hui, sur leur situation personnelle : "Pour moi, ce n'est pas trop mal, même si je n'ai pas beaucoup d'argent." Mais sur leur environnement, les gens qui ont une situation stable ajoutent : "Mais la société va mal."

Que veut dire ce pessimisme ?

Cela signifie qu'on est de plus en plus critique, et que le rapport à la politique a changé. Cela joue sur les mobilisations, comme sur le vote. On note une montée de l'abstention, mais pas une baisse de l'intérêt pour la politique. Cela est encore plus vrai chez les populations de moins de 50 ans, qui votent difficilement, mais se mobilisent plus pour des causes. Il s'agit d'une évolution longue de la société française : davantage d'individualisme, mais davantage d'envie de donner son avis et de contester le politique. C'est d'ailleurs là-dessus qu'un parti en vogue, le Front national, mobilise : la peur de l'étranger, la contestation du politique, "l'UMPS" et le "tous pourris". La question du mariage pour tous ou de l'avortement, c'est loin d'être aussi vendeur.

Propos recueillis par

Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/mariage/homoparentalite/la-france-devient-elle-reactionnaire_512969.html#xtor=AL-54

Repost 0
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 19:20

« C'est un jour historique pour le Yémen », a salué le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie de clôture marquant la fin du dialogue national, samedi 25 janvier.

Se félicitant du « succès » de ce dialogue, « un tournant dans l'histoire du peuple du Yémen », le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, a promis de lancer rapidement les chantiers d'une nouvelle Constitution et de la transformation du pays, secoué par les violences, en Etat fédéral.

« Nous allons nous employer dans les plus brefs délais à former une commission chargée [de déterminer le nombre de] régions devant former le nouvel Etat fédéral et une commission chargée d'élaborer la Constitution », a déclaré M. Hadi. « Cela nous a pris dix mois au lieu de six mois », a ajouté M. Hadi, estimant que « tout le monde a fait des concessions douloureuses (...), mais que cela a abouti à un résultat sans vainqueur ni vaincu ».

Le dialogue national a réuni depuis mars 2013 les représentants de différentes familles politiques du pays, à l'exception des indépendantistes du sud, pour s'entendre sur une feuille de route visant à doter le pays d'institutions pérennes. Le dialogue, parrainé par les Nations unies et les monarchies arabes du Golfe, était l'une des clés de voûte de l'accord politique qui a permis à M. Hadi de succéder au printemps 2013 à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, dont le pouvoir avait été contesté dans la rue pendant un an.

L'émissaire de l'ONU, Jamal Benomar, a souligné que « les Yéménites ont de quoi être fiers du succès de leur entreprise ». « Ce dialogue n'a pas été une promenade, mais une marche forcée qui a été semée d'embûches et de sacrifices. » « Mais les Yéménites ont décidé de ne pas reculer et se sont dotés d'une feuille de route précise et détaillée, qui doit aboutit à un Etat de droit, de justice et de démocratie », s'est-il félicité.

VERS UN ÉTAT FÉDÉRAL

Le document final adopté par ce dialogue prévoit, dans le délai d'un an, l'adoption d'une nouvelle Constitution par voie référendaire et la transformation du pays en un Etat fédéral où les régions auraient plus d'autonomie. La commission des régions doit trancher entre différents choix : deux grandes régions dans le nord et le sud, six régions (quatre dans le nord et deux dans le sud) ou toute autre proposition.

La décentralisation répond aux demandes d'autonomie des sudistes, qui avaient un Etat indépendant avant 1990. Elle sera accompagnée par un programme de compensations pour les habitants de cette partie du pays qui se sont soulevés contre ce qu'ils considèrent une politique de discrimination du nord. Le dialogue national a prévu entre autres, pour  répondre à leurs revendications, la parité entre le nord et le sud dans les recrutements au sein de l'administration et des forces armés et de maintien de l'ordre.

Le président Hadi n'a pas exclu des difficultés à l'avenir dans un pays à structure tribale et où, selon lui, Al-Qaïda fait « régner la peur parmi les citoyens au point d'affecter l'économie, tandis que la corruption fait des ravages ». « Mais en tant que Yéménites, nous n'avons d'autre choix que de se lancer dans les chantiers de la reconstruction », a-t-il affirmé.

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/25/le-yemen-engage-les-chantiers-de-la-constitution-et-de-l-etat-federal_4354522_3218.html#xtor=AL-32280397

Repost 0
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:33

Lors de sa session du 20 janvier 2014, le Conseil de l'Union européenne a débattu des dernières eéolutions du processus de paix au Proche-Orient.

L'UE soutient pleinement les efforts déployés actuellement par les parties et les Etats-Unis pour parvenir à un reglement juste et durable du conflit israélo-palestinien. Elle est prête à contribuer de manière substantielle aux dispositifs d'après-conflit pour assurer la viabilité d'un accord de paix. On peut s'attendre à ce que l'UE apporte aux deux parties un ensemble sans précédent de mesures de soutien politique, économique et en matière de sécurité, dans le contexte d'un accord sur le statut définitif.

Repost 0
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:25

Lors de sa session en date du 20 janvier 2014, le Conseil de l'Union européenne a débattu des dernières évolutions de la situation en Ukraine et a adopté les conclusions suivantes:

"1. Rappelant la déclaration de la Haute Representante, Mme Ashton, du 17 janvier 2014, le Conseil fait part de ses vives préoccupations à l'égard de la législation adoptée par le parlement ukrainien (Verkhovna Rada) le 16 janvier dernier, dans des conditions de procédure douteuses. Ces actes législatifs devraient considérablement restreindre les droits fondamentaux des citoyens ukrainiens en matière de liberté d'association et de liberté des médias et de la presse, et limiter sérieusement les activités des organisations de la société civile. L'UE demande aux autorites ukrainiennes de revenir sur cette évolution et de mettre la legislation en conformite avec les engagements que l'Ukraine a pris au niveau européen et international.

2. L'UE est profondément préoccupée par l'évolution reéente de la situation en Ukraine et invite tous les acteurs à trouver, dans le cadre d'un dialogue ouvert, une solution démocratique à la crise politique actuelle en tenant compte des aspirations des Ukrainiens.

Elle invite tous les acteurs aàfaire preuve de retenue et demande aux autorités de pleinement respecter et de protéger le droit des manifestants pacifiques de s'associer et de s'exprimer librement, ainsi que la liberté de la presse. Tout acte de violence doit faire l'objet d'une enquête en bonne et due forme et les responsables de ces actes doivent être traduits en justice.

3. Rappelant les conclusions du Conseil du 10 decembre 2012, l'UE demeure fermement attachée à l'association politique et aàl'integration economique de l'Ukraine, sur la base du respect de valeurs communes, et elle reste determinée a signer l'accord d'association qui prevoit une zone de libre-échange approfondi et complet, dès que l'Ukraine sera prête."

Repost 0
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:10

Lors de sa session du 20 janvier 2014, le Conseil de l'Union européenne  a débattu de la situation en République centrafricaine. Il a adopté le concept de gestion de crise dans la perspective d'une eéentuelle opération militaire de l'UE destinée à contribuer à la stabilisation en République centrafricaine.  

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes:

"1. L’Union europeenne (UE) est vivement préoccupée par l’insécurité et l'instabilité extrême observées en République centrafricaine (RCA), tout particulièrement depuis les attaques du 5 decembre 2013 qui ont cause de très nombreuses pertes civiles, des déplacements massifs de populations, de nombreuses violations graves de droits de l’Homme et une aggravation dramatique de la situation humanitaire. Elle exprime sa préoccupation face au risque de voir le conflit centrafricain affecter les pays voisins de la RCA. Dans ce contexte, l'UE salue l’action de l’Union africaine (UA), a travers le déploiement rapide de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), et le soutien apporte à celle-ci par l’opération francaise Sangaris, conformement à la resolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU). Ces efforts conjugués ont permis des progrès sécuritaires qu’il convient de consolider, condition indispensable au retour de la stabilité dans le pays.  

2. Convaincu de l’importance de soutenir les efforts africains en RCA et d'y renforcer l’engagement européen dans le cadre de son approche globale, le Conseil remercie la Haute Representante pour la proposition qu’elle a formulée en vue d’une contribution active de l’UE à la stabilisation de la RCA dans le domaine de la PSDC. Le Conseil a marqué son accord politique sur la perspective d'une opération militaire PSDC et a approuvé le concept de gestion de crise à cette fin. Il a invité les instances competentes à préparer les mesures nécessaires à l'établissement rapide de cette opération soumis a une nouvelle decision du Conseil. Cette operation contribuera par un appui temporaire, pour une periode pouvant aller jusqu’à 6 mois, à fournir un environnement sécurisé, dans la région de Bangui, en vue de passer le relais à l’UA. Cet objectif prend entièrement en compte la Résolution du Conseil de Sécurité des NU 2127, et notamment une possible transformation de la MISCA en une opération de maintien de la paix de l’ONU.  

La force militaire contribuera ainsi, dans sa zone d’opération, aux efforts internationaux et régionaux de protection des populations les plus menacées et contribuera à la liberté de mouvements des civils. L’ensemble de ces efforts créera les conditions propices à la fourniture d’une aide humanitaire à ceux qui en ont besoin. Le Conseil souligne que cette opération doit être basée sur une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui permet d’établir dans les meilleurs délais une opération EUFOR en RCA, en soutien aux efforts déployés par la communauté internationale, notamment l’UA, l’ONU et la France, ainsi que par les autorités centrafricaines et insiste sur l’importance d’un processus accéléreéde planification.  

3. A cette fin, le Conseil a identifié l'OHQ UE de Larissa comme autorité de planification. Il a invité à poursuivre les travaux de planification operationnelle, selon des procedures accélérées. Le Conseil souligne enfin l'importance d'une coordination étroite avec les partenaires, notamment les autorités centrafricaines, l’ONU, l'UA et la France, afin d'assurer une bonne coopération et complémentarite des efforts en cours en vue de restaurer la stabilité de la RCA.  

4. L’UE appelle à la poursuite de la mobilisation de la communauté internationale en faveur de la RCA, en particulier dans le contexte de la Conférence des donateurs sur la MISCA, qui se tiendra a Addis Abeba le 1er fevrier 2014 a l’invitation de l’UA. Elle souligne aussi le rôle important des Nations unies en RCA.  

5. L’UE salue l’initiative prise par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) en vue de relancer le processus politique, dans le respect du cadre issu de l’Accord de Libreville du 11 janvier 2013, des déclarations de N’Djamena du 18 avril et du 21 octobre 2013, de la Charte constitutionnelle de la transition et de la resolution 2127 (2013) du CSNU. Elle a pris note de la démission du Chef d’Etat de la transition, Michel Djotodia, et du Premier Ministre, Nicolas Tiangaye, entérinée par le sommet régional qui s’est tenu à N'Djamena les 9 et 10 janvier 2014.  

6. L’UE invite la CEEAC et l’UA à poursuivre leur facilitation du processus politique. Elle rappelle aux acteurs de la transition la nécessité de travailler ensemble, ainsi qu’avec les partis politiques et la société civile, de manière inclusive et de bonne foi, pour conduire le processus de transition à son terme et permettre l’organisation d’élections au plus tard en février 2015, première étape d’un processus politique durable. L’UE est prête à soutenir la préparation et l’organisation des élections, en liaison avec ses partenaires internationaux, notamment les Nations unies.  

7. L’UE marque son attachement au dialogue inclusif, à la réconciliation nationale, à des processus participatifs et à la représentativité des acteurs qui doivent guider le processus de transition. Elle salue toutes les initiatives de médiation et de réconciliation engagés par les leaders religieux, indispensables pour un retour rapide à la cohabitation interconfessionnelle pacifique entre les communautés centrafricaines. Elle invite l'ensemble des parties prenantes et en premier lieu les nouvelles autorités de la transition, à chercher à reéoudre les causes profondes de l’instabilité persistante.

8. L’UE rappelle que tous les acteurs étatiques et non-étatiques sont tenus de respecter les droits de l'Homme et le droit humanitaire en RCA. Elle appelle toutes les parties belligerantes à cesser les attaques violentes contre la population et autres violations des droits de l’Homme et droit international humanitaire. L’UE condamne fermement l’impunité et rappelle que tous les auteurs de violations, y compris les leaders et membres de l’Armée de résistance du Seigneur et d’autres groupes armés, tels que, entre autres, les groupes ex-Seleka et anti-Balaka, doivent répondre de leurs actes devant la justice. Elle condamne particulièrement les exécutions extrajudiciaires, les mutilations, les disparitions forcées, les viols et autres formes de violence sexuelle, le recrutement et l’utilisation d’enfants par les groupes et forces armes et les attaques delibérées contre des civils en raison de leur appartenance religieuse ou ethnique mis en lumière par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme. Elle salue la tenue par le Conseil des Droits de l´Homme d’une session extraordinaire le 20 janvier, consacrée à la situation des droits de l´Homme en RCA. L'UE réitere que la responsabilité première en matieèe de protection des populations civiles incombe aux autorités de transition de RCA. L’UE rappelle que la RCA a ratifié le Statut de Rome et que les actes qui constituent des crimes contre l'humanite et des crimes de guerre relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI). L'UE encourage la mise en place rapide de la commission d'enquête internationale, prévue par la résolution 2127 (2013) du CSNU. Dans ce contexte, l’UE

réaffirme son soutien resolu à la CPI.

9. L'UE reste préoccupée par la gravité de la situation humanitaire qui affecte toute la population. Elle rappelle que toutes les parties en présence doivent assurer l’accès immédiat, sur et sans entrave des acteurs humanitaires oeuvrant en RCA au bénéfice des populations, ceci dans le respect du droit international humanitaire et des principes humanitaires. L'UE et ses Etats membres, premier donateur humanitaire, resteront mobilisés afin d'accroître l’engagement financier européen en faveur de la réponse humanitaire pour subvenir aux besoins des populations les plus vulnérables, à Bangui, dans le reste du territoire centrafricain, ainsi que dans les pays de la sous-région accueillant les réfugiés centrafricains. Le Conseil salue l’action résolue, de la Commission européenne, notamment la tenue le 20 janvier 2014 à Bruxelles de la réunion de haut niveau organisée conjointement par la Commissaire Kristalina Georgieva et la Secretaire générale adjointe des Nations unies Valerie Amos. L'UE lance un appel pressant aux membres de la communauté internationale à apporter une réponse substantielle aux besoins de base de la population de la RCA dans une approche, articulant étroitement l’aide d’urgence et l'aide au developpement, et coordonnée entre acteurs humanitaires et du développement et les institutions financières internationales.  

10. Premier contributeur d’aide au developpement en RCA, l’UE s’engage à examiner immédiatement, en coordination avec les institutions financières internationales, toutes les mesures qui permettront de reconstruire l'Etat, et de prévenir une aggravation des effets de la crise sur les populations. L’UE s’engage à etudier dès à présent les modalités d’un engagement dans le domaine de l'Etat de droit et la reéorme du secteur de la sécurité. Elle prévoit par ailleurs de reprendre ses projets de coopération, dès que les conditions de sécurité le permettront, pour contribuer pleinement a la reconstruction de la RCA."  

Voir la fiche d'information : http://eeas.europa.eu/statements/docs/2014/140117_03_fr.pdf

Repost 0
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:07

Lors de sa session du 20 janvier 2014, le Conseil de l'Union européenne a procédé a un échange de vues sur la présence de l'UE en Afghanistan apres 2014 et il a adopte les conclusions suivantes:  

"1. 2014 est une année décisive pour l'Afghanistan: tous les Afghans auront l'occasion de participer à l'adoption des décisions fondamentales qui faconneront l'avenir immediat du pays.  

2. L'Union europeenne demeure fermement attachée à un partenariat à long terme avec l'Afghanistan. Le Conseil a invité le gouvernement afghan à mener à bien, dans un esprit de réciprocité, les négociations en vue de la conclusion de l'accord de coopération en matière de partenariat et de développement. Ce texte devrait tenir pleinement compte des obligations internationales de l'Afghanistan. Il ne saurait y avoir de développement pérenne que si la sécurité est assurée. A cet egard, il est essentiel que les négociations relatives à l'accord bilateral de sécurité avec les Etats-Unis soient menées à leur terme, ce qui permettra que se poursuive le soutien international destiné à accroitre la capacité des Forces de sécurité nationales afghanes. Une aide au developpement importante ne pourra continuer à être apportée à la population afghane dans l'ensemble du pays que si la sécurité le permet.  

3. Pour que l'Afghanistan puisse bénéficier pleinement des fonds promis par la communauté internationale lors de la confeéence de Tokyo de 2012, le gouvernement afghan doit tenir les engagements qu'il a pris dans l'accord-cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo.  

4. Dans ce contexte, l'UE se félicite des progrès accomplis dans la préparation du scrutin présidentiel et des élections provinciales, et notamment du rôle important joué par la commission électorale independante et la commission indépendante du contentieux électoral. Il sera essentiel que le processus, dirige et pris en charge par les Afghans, soit ouvert à tous, transparent et crédible et que le resultat qu'il produira soit légitime. Le Conseil se félicite de l'appel adressé par le président Karzai à tous les fonctionnaires gouvernementaux et à tous les membres du personnel de sécurité pour qu'ils s'abstiennent de toute ingérence dans le processus électoral. Les autorités afghanes doivent veiller à ce qu'un plan de sécuriteéglobal soit en place afin que tous les Afghans aient la possibilité d'exercer leur droit démocratique. Il importera aussi que des mesures appropriées aient été prises afin d'éviter les votes multiples, et notamment que les hommes votent en lieu et place des femmes, et afin d'assurer la sécurité des urnes et d'empêcher la fraude électorale.  

L'UE apporte une assistance financière et technique par l'intermédiaire des Nations unies et d'autres organisations afin de renforcer le processus électoral; elle envisage d'accroître ce soutien, notamment par l'envoi d'observateurs électoraux.  

5. L'UE est préoccupée par l'érosion de la confiance économique et par le ralentissement prévu de la croissance économique, et notamment l'impact que cela aurait sur les possibilités d'emploi, en particulier des jeunes Afghans. Le gouvernement afghan doit prendre d'urgence des mesures propres à renforcer la confiance des investisseurs, accroître la création de revenus et lutter contre la corruption. L'adoption des lois contre le blanchiment d'argent, contre le financement du terrorisme, sur l'administration fiscale, sur la mise en place de la taxe sur la valeur ajoutée et sur les mines étaient adoptées constituerait un signal important montrant que les autorités afghanes sont déterminées à s'attaquer à ces problèmes.  

6. L'UE continuera à attacher une attention toute particuliere à la gouvernance au niveau infra-etatique et à l'etablissement de budgets provinciaux et à mettre l'accent sur le renforcement des capacités permettant de transférer à temps et en quantités suffisantes des ressources vers le niveau infra-étatique et sur l'accroissement des moyens dont disposent les provinces de manière à permettre une répartition des ressources à ce niveau.  

7. L'UE demeure préoccupée par les droits de l'homme en Afghanistan, et notamment par la situation des femmes et des filles. Des mesures doivent être prises d'urgence pour améliorer la mise en oeuvre des dispositions relatives aux droits des femmes prévues par la loi, dispositions qui doivent être appliquées intégralement. La publication du rapport sur la mise en oeuvre de la loi relative à l'elimination de la violence à l'egard des femmes permettra de disposer de repères importants pour l'évaluation des progrès à venir. L'UE souligne qu'il importe d'assurer l'indépendance totale de la Commission afghane indépendante des droits de l'homme. Il n'y aura pas d'amélioration durable de la situation des droits de l'homme sans une réforme judiciaire en profondeur, qui clarifie notamment la position du président de la Cour suprême, et sans un système juridique et judiciaire qui respecte pleinement les normes internationales en matière de droits de l'homme.  

8. L'UE continuera de soutenir les efforts déployés par l'Afghanistan pour renforcer les forces de l'ordre civiles et le secteur de la justice au-dela de 2014. L'assistance de l'UE, apportée actuellement dans le cadre de programmes de développement et par l'intermédiaire de la mission de police de l'UE en Afghanistan (EUPOL), devrait, d'ici la fin de 2016 et sur la base d'un transfert en bonne et due forme des responsabilités vers les acteurs pertinents, être consolidée dans le contexte d'une approche globale clairement définie, qui tienne compte du contexte de l'apres-2014. Le Conseil note que des discussions sont en cours sur un bilan stratégique de l'operation EUPOL Afghanistan et il espère qu'une décision pourra être prise sur le nouveau mandat de cette mission pour l'après-2014. L'action que l'UE entreprendra dans le secteur de l'Etat de droit devrait être globale et, dans ce cadre, il faudrait faire pleinement usage de tous les instruments disponibles. Le Conseil souligne qu'il importe, afin d'assurer la complémentarité des interventions de l'UE et de celles des

Etats membres au-dela de 2014, de continuer à mettre en commun les analyses, d'etablir clairement une répartition des tâches et d'harmoniser les différents instruments de l'UE et des Etats membres et de déterminer dans quel ordre on les fera intervenir. 

9. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) fait état d'une augmentation très importante de la culture du pavot à opium; cette augmentation est extrêmement préoccupante. L'UE étudiera comment elle peut renforcer sa coopération avec l'Afghanistan, d'autres pays de la région et les organisations internationales à propos des menaces transnationales que font peser le trafic de drogue et la criminalité organisée. Le secteur de la drogue constitue une menace majeure pour la stabilité de l'Afghanistan et sape les efforts qui sont entrepris pour améliorer le développement     économique et humain du pays. L'UE prend acte de l'amélioration des moyens dont dispose le ministère de la lutte contre la drogue, mais il faut accentuer les efforts pour que le niveau des saisies se rapproche de celui d'autres pays producteurs. Le Conseil souligne que le gouvernement afghan doit utiliser les moyens plus importants dont il dispose pour mettre en place une approche intégrée visant à reduire la production d'opiacees et d'autres drogues. Cette approche devrait comporter des mesures concrètes destinées à améliorer la gestion des frontieres, l'interdiction, l'action sur le plan répressif, les campagnes de prévention, les soins de santé et les investissements dans l'agriculture afin de créer des emplois en milieu rural.  

10. L'UE engage toutes les forces politiques du pays à soutenir un processus de paix credible, dans lequel la société civile soit en mesure de jouer un rôle à part entiere, qui rejette la violence et tout lien avec les groupes terroristes et respecte la constitution afghane, et notamment les droits des femmes.  

11. Les pays de la région ont un rôle important à jouer pour contribuer à la paix et à la stabilite en Afghanistan. L'UE engage tous les pays de la région à soutenir la stabilité régionale en proposant leurs bons offices pour faire progresser un processus de paix dirige par les Afghans et ouvert à toutes les parties, ainsi que par la non-proliferation et le désarmement. Elle rappelle qu'elle soutient le processus "Securite et cooperation au coeur de l'Asie" et elle continuera à soutenir les initiatives tant bilatérales que régionales destinées à approfondir la coopération politique et économique entre l'Afghanistan et ses voisins.  

12. Le conflit en Afghanistan continue à être la source de souffrances pour un grand nombre de réfugiés et de personnes déplaceés à l'inteéieur de leur pays. Le Conseil salue l'hospitalité dont font preuve les voisins de l'Afghanistan, notamment l'Iran et le Pakistan, qui continuent d'accueillir un grand nombre de réfugiés. L'UE répète qu'elle est attachée à la stratégie pour une solution régionale visant à la réintegration des réfugiés afghans et au principe du retour volontaire et d'un investissement dans une réintégration durable. L'UE poursuivra ses efforts pour rechercher des solutions à la situation des réfugiés et aux problèmes que l'immigration non contrôlée et clandestine pose d'abord aux pays voisins, mais aussi à l'Europe.  

13. En ce qui concerne le rôle que l'UE est appelée à jouer en Afghanistan dans les années à venir, le Conseil a conclu que l'objectif stratégique général devrait être le renforcement des institutions afghanes: le pays disposerait ainsi de la résilience dont il a besoin pour préserver les progrès accomplis jusqu'ici et serait doté d'un cadre propre à favoriser la mise en place d'un Etat afghan plus efficace et, à terme, viable. L'UE concentrera ses efforts sur les domaines où elle apporte le plus de valeur ajoutée. Les objectifs majeurs devraient être de favoriser la paix, la stabilité et la sécurité en Afghanistan et dans toute la région, de renforcer la démocratie, d'encourager le développement économique et humain, et notamment d'améliorer encore l'accès aux soins de santé et à l'enseignement, ainsi que de promouvoir l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme, en particulier des droits des femmes et des filles. La stratégie ainsi mise en place devrait prendre en compte la dimension régionale et préserver la souplesse nécessaire pour qu'il soit possible de réagir de manière appropriée aux changements susceptibles de se produire en Afghanistan. 

14. Le Conseil a invité la Haute Representante et la Commission à présenter, sur la base de ces éléments, une proposition de stratégie jusqu'à la fin de 2016. Cette stratégie devrait comporter une approche globale et les engagements mutuels figurant dans l'accord-cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo et dans le projet d'accord de coopération en matière de partenariat et de développement. Elle devrait être assortie d'un plan de mise en oeuvre qui énumère les résultats attendus, assure une synergie entre les différents instruments, établisse clairement et de manière coordonnée une répartition des tâches entre l'UE et les Etats membres et prévoie une coordination étroite avec les partenaires afghans, les Nations unies, l'OTAN et d'autres acteurs. A plus long terme, l'UE et les Etats membres envisageront l'adoption d'une approche reposant sur la programmation conjointe, qui permettra d'améliorer encore la coordination et les résultats. Il conviendrait que cette strateéie puisse être approuvée au cours du deuxieme trimestre de 2014.  

15. Le Conseil [...] rendhommage au courage et à la determination des membres de la mission de police de l'UE en Afghanistan, qui oeuvrent pour améliorer la sécurité et la justice pour tous les Afghans. Le Conseil se déclare une nouvelle fois résolu à aider le peuple afghan, tant pendant le processus de transition qu'à l'issue de celui-ci, à concrétiser ses aspirations à la sécurité, à la démocratie, à la justice et au respect des droits de l'homme."  

Repost 0

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories