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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 09:26

Treize grands groupes industriels allemands, autrichien, néerlandais, français et tchèque ont appelé la Commission européenne à prendre des sanctions contre la Hongrie, accusée de mesures anticompétitives, selon l'édition Internet du journal allemand Die Welt.

Dans une lettre de cinq pages adressée le 15 décembre 2010 au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, les patrons de ces groupes industriels accusent la Hongrie, qui vient de prendre pour six mois la tête de l'Union européenne (cf. à cet égard Présidence hongroise du Conseil de l'Union européenne (janvier - juin 2011) ainsi que Programme des travaux du Conseil sous présidence hongroise (1er janvier - 30 juin 2011)) , de leur imposer des taxes exceptionnelles.

Parmi ces entreprises figurent les groupes énergétiques allemands RWE et E.on, le tchèque CEZ, l'autrichien OMV, ainsi que les groupes financiers néerlandais ING et Aegon, l'assureur français AXA et le géant allemand Deutsche Telekom.

La lettre, selon Die Welt, appelle la Commission européenne à faire pression sur le gouvernement hongrois pour qu'il abandonne sa décision d'imposer "des boulets financiers injustes" qui, selon Deutsche Telekom, ont coûté quelque 100 millions d'euros supplémentaires en 2010 à sa filiale hongroise Magyar Telekom. Selon les signataires de la lettre, cette taxe exceptionnelle visant les grandes entreprises va rapporter au moins 1,3 milliard d'euros au gouvernement hongrois.

 

Retrouvez cet article sur Le Monde.fr
 
 
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 22:58

Les Français sont champions du monde du pessimisme quant à leur situation économique en 2011, éclipsant même les habitants de pays en guerre comme l'Irak ou l'Afghanistan, selon un sondage BVA-Gallup international réalisé pour Le Parisien.

Ils sont 61% à déclarer que la nouvelle année sera synonyme de difficultés économiques, contre 28% en moyenne dans le monde, 22% en Allemagne, 41% en Italie, 48% en Espagne et 52% au Royaume-Uni.

Le pessimisme des Français a augmenté de dix points par rapport à l'an dernier, note BVA.

Concernant leur situation personnelle, les Français disent craindre à 37% qu'elle se dégrade, ce qui place le pays dans le "Top 5" mondial des pessimistes, avant l'Afghanistan et l'Irak.

S'agissant de l'évolution du chômage, la France est aussi dans la "sinistrose" puisque 67% des personnes interrogées estiment qu'il va augmenter, ce qui inscrit la France à la troisième place du podium des pessimistes, derrière le Royaume-Uni et le Pakistan.

Le sondage a été réalisé du 30 novembre au 1er décembre auprès d'un échantillon représentatif de 979 personnes âgées de 18 à 65 ans choisies selon la méthode des quotas.

 

Source : Reuters

 

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 12:53

L'économie allemande devrait avoir connu en 2010 une croissance sans précédent depuis la réunification, en 1990, a déclaré samedi le ministre de l'Economie, Rainer Brüderle.

 Le gouvernement Merkel prévoit une spectaculaire progression du PIB de 3,4% pour l'année écoulée - l'hypothèse de croissance initialement retenue par Berlin n'était que de 1,4%, mais elle a été revue en nette hausse en octobre dernier.

 

 

" En dépit de la sévérité de l'hiver, nous pouvons supposer que nous aurons une croissance record en 2010 ", a dit le ministre en évoquant la vague de froid et les fortes chutes de neige qui ont pénalisé l'activité économique en décembre.

 Mais Brüderle n'a pas confirmé les informations relayées par plusieurs médias allemands, selon lesquels il aurait évoqué une croissance de 3,6%, un niveau sans précédent depuis 1990. En 2006, précédent record post-réunification, la croissance avait atteint 3,4%.

 Cette année de reprise fait suite à la récession de 2009, où l'économie allemande s'était contractée de 4,7% du fait de la crise mondiale.

 Le ministre de l'Economie a ajouté qu'il s'attendait à ce que cette tendance solide se poursuive en 2011. "(...) Nous avons toutes les raisons d'être optimistes pour 2011. Si nous retroussons nos manches, nous pourrons nous rapprocher du plein emploi", a-t-il dit.

 

Source : Reuters

 

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 12:20

Les matières premières ont achevé l'année 2010 sur des hausses record, avec un plus haut historique pour le cuivre et une huitième hausse annuelle en neuf ans pour le pétrole.

Les métaux précieux ont subi des hausses impressionnantes, à commencer par le palladium, qui a gagné 96,5% en 2010.

Après une dernière hausse, vendredi, de 2,18%, le contrat sur le palladium à échéance mars a clôturé à New York à 803,30 dollars l'once, contre 408,85 dollars le 31 décembre 2009.

 

L'argent s'est apprécié sur l'année de 84%. Au terme de la séance de vendredi, qu'il termine en hausse de 1,39%, le contrat à échéance mars termine à 30,9370 dollars l'once.

La hausse annuelle de l'or est plus modeste, à 29,7%. Il s'agit toutefois de sa plus forte augmentation en trois ans, et de sa dixième année consécutive achevée en hausse.

L'once d'or termine l'année à 1.421,40 dollars, après avoir gagné 1,1%, soit 15,50 dollars, lors de la séance de vendredi.

A Londres, le cuivre a clôturé vendredi à un plus haut historique de 9.660 dollars la tonne, qui porte ses gains à 31% sur l'année.

La hausse annuelle atteint 35% pour le nickel, qui a atteint vendredi 24.950 dollars la tonne, 59% pour l'étain (26.870 dollars la tonne), 5% pour le plomb (2.560 dollars la tonne) et 11% pour l'aluminium (2.467 dollars la tonne).

Le zinc a en revanche reculé de 5% sur l'année, retombant à 2.440 dollars la tonne.

Sur les marchés pétroliers, le baril de brut américain a terminé l'année en hausse de 15,14%, à 91,38 dollars. Son cours moyen de l'année 2010 est ressorti à 79,61 dollars.

La tendance haussière a également touché les matières premières alimentaires.

Le blé a gagné terminé l'année en hausse de 46,7%, à 7,94 dollars le boisseau à la Bourse de Chicago.

La hausse du blé a atteint 17% sur le seul quatrième trimestre, en raison d'abord d'un climat sec aux Etats-Unis, puis de pluies abondantes en Australie, qui ont réduit la qualité des récoltes.

La sécheresse dévastatrice subie cet été par la Russie a également contribué au phénomène, en contraignant Moscou à suspendre ses exportations de blé.

Le maïs a également touché cette semaine un plus haut de plus de deux ans en raison du climat sec qui prévaut en Argentine, deuxième exportateur mondial de cette denrée.

 

Source : Reuters

 

 

 

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 10:18

Le lecteur trouvera ci-après le programme des travaux du Conseil sous présidence hongroise (1er janvier - 30 juin 2011).

  programme presidence hongroise-118684 programme presidence hongroise-118684

Ce calendrier est susceptible d’être modifié. Il sera mis à jour régulièrement.

Certaines session du Conseil comportent des délibérations ou débats publics. Pour vous tenir

informé de la tenue de ces délibérations et débats, et pour les suivre :

 

http://video.consilium.europa.eu/

 

 

 

 

 

 

  

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 08:33

Pour les six premières parties de cet article, voir :

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -

 * en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - quatrième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - cinquième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - sixième partie -

.../...

Dans les économies de marché, la corruption porte non seulement gravement atteinte au fonctionnement des marchés comme l'a très bien mis en lumière la récente crise systémique financière, mais occasionnent une insécurité démocratique et économique qui présente des coûts particulièrement élevés pour les citoyens.

Cette forme d'insécurité s'exerce un peu partout dans le monde, et pas seulement dans les pays en retard de développement où les Etats sont "défaillants".

Eu égard aux impacts négatifs sur la confiance des citoyens dans la capacité des Etats, qu'il s'agisse des gouvernements, des administrations publiques ou des représentations parlementaires, à faire vivre, à promouvoir et à sauvegarder les valeurs et les principes démocratiques qui fondent les pactes politique et social des nations démocratiques, force est de relever que la corruption - et les scandales politico-financiers qui lui sont attachés - participe à étayer un autre risque global : celui de l'effondrement des systèmes démocratiques d'essence libérale.

L'ampleur prise par le développement de la corruption dans les démocraties libérales inquiète profondément les citoyens.

Transparency International (Tl) est l'organisation internationale de la société civile au premier plan de la lutte contre la corruption. Grâce à ses 90 sections nationales dans le monde entier et à son secrétariat international basé à Berlin, en Allemagne, TI sensibilise l'opinion publique aux ravages de la corruption et travaille de concert avec les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour développer et mettre en oeuvre des mesures efficaces visant à enrayer la corruption.

Son Rapport mondial sur la corruption 2009 documente de manière particulièrement détaillée les nombreux risques de corruption auxquels sont confrontées les entreprises, allant des petits entrepreneurs en Afrique subsaharienne aux multinationales d'Europe et d'Amérique du Nord. Plus de 75 experts y examinent l'échelle, l'étendue et les conséquences dévastatrices d'un grand nombre de sujets liés à la corruption, y compris les pots-de-vin et la captation du pouvoir politique par des intérêts particuliers, la fraude d'entreprise, les cartels, la corruption dans les chaînes d'approvisionnement et dans les transactions transnationales, les défis émergents pour les marchés de crédit carbone, les fonds souverains et les nouveaux centres économiques tels que le Brésil, la Chine et l'Inde. Ce Rapport examine également les outils les plus prometteurs pour combattre la corruption dans les entreprises, identifie les domaines à réformer de façon urgente et donne un aperçu de la façon dont les entreprises, les gouvernements, les investisseurs, les consommateurs et autres parties prenantes peuvent contribuer à améliorer l'intégrité des entreprises et à faire face aux défis que la corruption pose à une croissance économique et à un développement durables.

Dès lors, il n'y a rien de surprenant que la corruption figure parmi les risques globaux identifiés par le Global Risk Network.

Durant de nombreuses années, Transparency International a contribué de façon inestimable à l'analyse des standards du monde de l'entreprise et des usages en vigueur dans le secteur public ainsi qu'à l'estimation des coûts de la corruption. L'édition 2009 s'appuie sur cette tradition et va même au-delà de manière ambitieuse, mettant en relief les zones où les entreprises peuvent améliorer leurs performances et renforcer leur propre protection contre la corruption.

Au sein de l'Union européenne, alors que la ressource publique se raréfie tant au niveau national que supranational, poussant les pouvoirs publics compétents en matière de programmation budgétaire à opérer des coupes sombres dans les budgets publics en même temps que des choix drastiques, notamment dans l'attribution des marchés publics, et alors que la puissance publique fait de plus en plus appel aux différentes formes de 'partenariat publics-privé' -, agir contre la corruption à l'échelle de l'Union, et au-delà, dans le monde, s'avère être une priorité politique fondamentale. D'autant plus fondamentale que :

1° selon l'étude réalisée en 2009 sur ce sujet par Eurobaromètre, 78 % des citoyens européens considèrent ce phénomène criminel en pleine expansion comme un problème majeur dans leur propre pays ; 88 % des citoyens européens appellent une action plus forte de l'Union sur le registre de la lutte contre ce fléau, dans le cadre de l'espace de liberté, de sécurité et de justice.

2° l'Union européenne est toujours en proie à la corruption (cf. L'Union européenne toujours en proie à la corruption).

Alors qu'aucune initiative appropriée n'avait été prise depuis 2003 sur ce registre, à l'exception de quelques actions visant à encadrer l'exercice du lobbying au sein des institutions communautaires, la Commission européenne a décidé d'inscrire dans son programme de travail pour l'année 2011 l'élaboration d'une communication intitulée " Communication on a comprehensive policy against corruption " (cf. à cet égard 2010 home 033 corruption en 2010 home 033 corruption en)

 

 

 

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Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 08:29

Pour les cinq premiers articles de ce dossier, voir :

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -

 * en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - quatrième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - cinquième partie -

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Les éléments présentés dans les précédents articles mettent clairement en évidence le constat suivant : les objectifs et intérêts stratégiques et de sécurité que le Conseil européen a mandat de définir conformément aux dispositions du Traité de Lisbonne doivent embrasser la totalité des risques et des menaces internes, externes, globaux, qui mettent en péril les grands équilibres régionaux et planétaires en même temps qu'ils alimentent les angoisses des Européens.

« The common security interests of the member states are served when they use their collective weight in the world to promote their shared interests and values including on major foreign policy security concerns. The EU’s ability to integrate civilian and military responses coherently will become increasingly important » (cf. le chapitre « alliances et partenariats » du document du Royaume-Uni intitulé « Securing Britain in an Age of Uncertainty »)

Une stratégie européenne efficace exige une approche systématique pour détecter et analyser les défis et les menaces – l’attendu et l’inattendu – le plus tôt possible. Des bouleversements économiques, des différends commerciaux, la rivalité et des conflits inter-étatiques, les États défaillants, le terrorisme et la prolifération des armes non conventionnelles (sans compter) la piraterie, la cyber-guerre, la sécurité des frontières et la criminalité organisée… les défis ne manquent pas. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut déterminer la réponse adéquate.

La réponse à certains de ces défis peut se trouver dans les ressources européennes, tandis que pour d’autres, la meilleure réponse peut venir, en termes d’efficacité et de coût, des organisations internationales ou multilatérales (cf. Solving the multiple global crises together, by Mohan Munasinghe - new edition - ) ou encore de partenariats stratégiques à la mesure des enjeux (cf. à cet égard L'Union européenne en quête de partenariats réellement stratégiques, par Thomas Renard (IRRI) ). 

La Stratégie européenne de sécurité de l'Union doit fixer les grandes orientations d'un véritable 'concept stratégique' global articulant les 'concepts stratégiques' spécifiques propres à chacune des différentes politiques de l'Union appelées à être mises en dynamique dans son déploiement opérationnel : Politiques économiques, Politique monétaire, PAC, Politique environnementale, Politique de la santé, Politique énergétique, Politique scientifique et technologique, Politiques sociales, Politiques de l'espace de liberté, de sécurité et de justice, Politique étrangère (Politique commerciale, Politique de développement, PESC, PSDC) ; des concepts stratégiques spécifiques qui fixent à la fois : 1° les priorités et les objectifs de sécurité de ces politiques en regard des risques et menaces dont la nature, les causes et/ou les impacts procèdent de leur champ d'action ; 2° : les différents types d'interventions prévus pour atteindre ces objectifs ; et 3° : les capacités requises pour atteindre les objectifs de sécurité attendus. (cf. notamment à cet égard les propositions formulées par Steven Biscop et Jo Coelmont à l'agard du concept stratégique spécifique de la politique de sécurité et de défense commune : New Egmont Paper: "Priorities for CSDP - Europe's Ambitions as a Global Security Provider" (Steven Biscop & Jo Coelmont))

C'est sur un tel socle que devra être entreprise ensuite une révision en profondeur de la Stratégie européenne de Sécurité (voir à cet égard les articles suivants : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) ; Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2) ; Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la méthode (1) ainsi que Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la méthode (2) )

Le socle doctrinal global établi par cette Stratégie révisitée devra ensuite être décliné au sein de l'Union politiques actives spécifiques selon des modes et dans des cadres opératoires aussi efficaces et efficients que possible (en terme de planification, de programmation, d'exécution, etc.).

S'il est inconstestable que l'Union européenne progresse sur ces registres, c'est tout aussi indubitablement à un rythme, avec une volonté et une énergie qui ne sont pas encore à la mesure de l'urgence et de la nécessité pour elle, comme pour ses Etats-membres et ses citoyens, de la doter de la gamme complète des instruments indispensables à une puissance qui se veut globale, ne serait-ce que pour préserver ses intérêts stratégiques et de sécurité et disposer des instruments politiques qui lui sont indispensables pour nouer des partenaires stratégiques !

(cf. en particulier à cet égard les articles suivants : Les grands rendez-vous 2010 où la Russie occupera une place centrale ; PSDC : La présidence belge veut un cadre plus politique pour la Défense ; Le futur règlement de l’Agence européenne de défense. Quelle occasion perdue ! (Bruxelles2.eu) ainsi que les articles auxquels ils renvoient)

Comment réagiront ses responsables politiques à cet appel lancé aux Européens par le Royaume-Uni dans le document stratégique évoqué supra  pour qu'ils s’assurent que " le nouveau budget européen (cadre financier 2014-2020) ait comme objectif le financement des défis-clés de sécurité auxquels doit faire face l’UE "  ?

Dans son premier discours sur l’Etat de l’Union qu'il a prononcé le 7 septembre 2010 devant le Parlement européen à Strasbourg, le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, s’est montré un ardent défenseur de la PSDC. « Ne nous leurrons pas : sans politique de défense commune, nous ne posséderons pas, dans le monde, l’influence dont nous avons besoin. J’ai la conviction que le moment est venu de s’atteler à ce défi » a-t-il déclaré, au détour d’un paragraphe sur la politique étrangère commune. Il a aussi voulu peser dans le sens d’une meilleure réponse face aux crises, s’appuyant sur l’exemple du Pakistan. « Les États membres disposent d’hélicoptères ainsi que d’équipes de protection civile. Il nous faut à présent les réunir en un véritable dispositif européen de réaction aux situations de crise. J’exhorte instamment les États membres à montrer qu’ils sont déterminés à ce que l’Union européenne pèse de tout son poids dans ce domaine. » (Voir le discours sur l’Etat de l’Union)

.../...

A suivre !

 

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Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 07:23

Pour les quatre premiers articles de ce dossier, voir :

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -

 * en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - quatrième partie -

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En 2010, si l'on en juge au contenu de ce qu'elle présente comme étant sa " stratégie de sécurité", l'Union européenne n'envisage comme défis et menaces majeurs auxquels elle s'emploiera à apporter des réponses que les seuls 7 éléments suivants : la prolifération d'armes de destruction massive, le terrorisme et la criminalité organisée, la cybersécurité, la sécurité énergétique, les conséquences du changement climatique, les conflits régionaux, les Etats en déliquescence (cf. le rapport du Conseil sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité intitulé « Assurer la sécurité dans un monde en mutation » SES 104632 SES 104632).
Ces mêmes éléments constituent également les "mobiles" - affichés - des stratégies de Sécurité nationale d'Etats membres occupant une place centrale dans la Politique de Sécurité de l'Union, le Royaume-Uni et la France !

Ils constituent aussi le noyau dur des menaces auxquelles l'OTAN s'emploie à apporter des réponses collectives comme l'illustrera sans aucun doute de manière encore plus pregnante le nouveau concept stratégique de l'organisation (cf. à cet égard notamment L'Otan "3.0" selon Rasmussen : une alliance moderne tendant la main à Pékin (AFP)).
Est-il encore nécessaire de reservir les mêmes analyses pour souligner la nécessité de ne pas focaliser une stratégie comme la stratégie européenne de sécurité - qui vise à établir un système européen global de sécurité - sur des priorités certes importantes mais qui ne recouvrent que très superficiellement les défis stratégiques et de sécurité qui mettent en péril les grands équilibres de l'Europe et du monde.

La limitation à ces seuls 7 éléments n'est donc pas pertinente !
Les très modestes aménagements apportés à cette Stratégie à l'occasion de la présidence française du Conseil de l'Union européenne au cours du second semestre 2008, pour utiles qu'ils aient été, ne changent rien à la donne.
Si la Politique de Sécurité de l'Union européenne telle qu'elle apparait dans le Traité de Lisbonne - dans l'intitulé de la fonction de Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'Union - sans y être pour autant définie ... n'a pas pour vocation d'embrasser l'ensemble des défis pour la sécurité, il n'en est évidemment pas de même de la Stratégie de l'Union sur le registre de la sécurité !

On se doit de reconnaître que ne plus envisager la sécurité de manière parcellaire et éclatée, comme le montre la doctrine que l'Union élabore pas à pas (cf. Peu à peu la doctrine globale de l'UE en matière de sécurité s'esquisse ! - nouvelle édition -) constitue indubitablement une innovation stratégique considérable dont seule une organisation régionale comme l'Union européenne semble capable. Son souci de prendre pleinement en compte à la fois la globalité et l'indivisibilité de la sécurité doit être inscrit à son actif !
Mais cette stratégie, comme la doctrine qui l'accompagne, doivent encore pouvoir se décliner dans des politiques et instruments appropriés, au rang desquels figurent évidemment la Politique de Sécurité comme la Politique étrangère de l'Union, en séparant autant que possible les variables par souci de cohérence problématique et d'efficacité, et en veillant à pas se limiter aux seuls registres qui nécessitent l'intervention du diplomate, du militaire, du juge, du policier, du médecin, de l'humanitaire et/ou du pompier !

Lors de son allocution devant le comité du Sénat américain sur les renseignements, le nouveau directeur des renseignements intérieurs, Dennis Blair, s'appuyant sur des estimations contenues dans un rapport annuel intitulé " Annual Assessment Threat " réalisé par 16 agences de renseignements américaines, a mis en garde contre la menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis que constituerait l'enracinement de la "crise capitaliste mondiale". Comment les Européens pourraient-ils feindre d'ignorer que cette menace, par nature globale, vise également la sécurité nationale des Etats européens, autant que la sécurité européenne ?

Par ailleurs, comme le souligne Guy Verhofstadt et Tomaso Padoa-Schioppa, "La crise a débouché sur un « nouvel âge des Empires » " (cf. Carte blanche : Faire entrer le FMI dans le siècle, par Guy Verhofstadt et Tommaso Padoa-Schioppa (lesoir.be)). Comprendre par là que les logiques et les dynamiques de puissance et de compétition stratégique sont de retour.

Les Etats-Unis ont récemment de faire de la démocratie un élément clé de leur nouvelle stratégie de sécurité : " The spread of democraty has not traditionnaly been pursued by the United States simply for altruistic reasons or as a blind ideological commitment ; it is a strategy that has sought to enhance U.S. interests. Zbigniew Brzezinski, in his most recent book, Second Chance : Three Présidents and the Crisis of American Superpower (p.180), recalled French strategic thinker Raymond Aron's counsel that "the strength of a great power is diminished if it ceases to serve an idea." Without such a supportable idea, countries would not know the ends to which power will be used, balancing against the United States will be inevitable, and U.S. power will inexorably decline. Historically, the United States has pursued democracy promotion as that idea. " (cf. De la démocratie dans la stratégie de sécurité des Etats Unis - nouvelle édition -).

Or, comme je le souligne dans un autre article (cf. Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie), des menaces globales pèsent sur l'avenir de la démocratie libérale. Comment l'Union européenne pourrait-elle ne pas accorder à un tel défi la place qui lui revient dans sa posture stratégique ?

La démarche de sécurité d'une puissance régionale telle que l'Union européenne ne saurait se limiter à des actions de gestion in situ et a posteriori de crises ! En tout cas pas lorsqu'on l'aborde selon une perspective stratégique !

Nicolas Baverez considère d'ailleurs que les stratégies de sortie de crise ont toutes menées jusqu'ici à une impasse (cf. L'impasse des stratégies de sortie de crise, par Nicolas Baverez) ! Comment pourrions-nous ne pas partager son appréciation ?

Or l'économie qui s'est développée autour de la sécurité en Europe s'est quasi exclusivement centrée sur les objectifs et les investissements attachés à "l'intervention", à la "réparation" et/ou à la "reconstruction" plutôt que sur ceux, nettement plus efficients et efficaces, qui devraient être attachés à "l'anticipation / connaissance", à la "prévention", à la "dissuasion" ou à la "protection" !

Un joueur d'échec ou un joueur de go pense ses coups avec une anticipation 'percutante' ! Le meilleur étant toujours celui qui anticipe le mieux, c'est à dire avec le plus grand nombre de coups d'avance non seulement pour son propre jeu mais également pour le jeu de son adversaire, et qui est capable de surprendre son adversaire en ayant une vision stratégique claire du coup fatal !

.../...

Pour la sixième partie de cet article, voir :  Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - sixième partie -

 

 

 

 

 

 

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 07:15

Pour les quatre premières parties de cet article, voir :

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie -

.../...

Face aux risques globaux tels qu'identifiés par le Global Risk Network, l'Union européenne s'emploie à agir avec détermination tant en interne que dans les enceintes internationales et multilatérales où se prennent les décisions requises.

Partie prenante du système de gouvernance multilatérale en cours de mutation, l'Union européenne souscrit pleinement aux grandes orientations économiques, financières et commerciales actées au niveau mondial et confirmées à Toronto, en juin 2010, par le G20 (cf. à cet égard Retour sur le G20 de Toronto : réaffirmant leur engagement en faveur du libre-échange, les économies du G20 estiment " avoir fait le bon choix ").

Elle en développe les ressorts avec un zèle qui parfois inquiète les plus vulnérables des européens qui lui reprochent de n'avoir su ni anticiper ni prévenir ce qui était pourtant apprécié ici ou là comme des facteurs de crises systémiques lourdes de conséquences en termes de croissance et d'emplois (cf. notamment à cet égard Retour sur image : Capitalistes dévoyés ou crise du capitalisme, par Elie Cohen (L’Expansion, mars 2003)).

« Je suis frappé par la mauvaise régulation en France, en Europe et à l’international. Il n’y a aucune réflexion en profondeur ou prise de conscience du fait que les marchés sont un des éléments centraux de l’économie. A l’occasion de la crise grecque et de la crise de l’euro, les politiques ont découvert le fonctionnement des marchés financiers. » a récemment déclaré dans un article publié dans le quotidien économique La Tribune Pierre De Lauzun, délégué général de l’Association française des marchés financiers (AMAFI).

Mais l'Union s'est resaisie comme en témoigne le paquet de mesures qu'elle a adopté récemment dans ces matières (cf. La nouvelle architecture européenne de supervision financière sera en place au 1er janvier 2011 - première partie - ; La nouvelle architecture européenne de supervision financière sera en place au 1er janvier 2011 - seconde partie - ainsi que Les ministres des finances de l'UE s'accordent sur la régulation des fonds spéculatifs (Le Monde)) et celles qu'elle est en train d'élaborer avec son principale partenaire transatlantique dans les domaines des normes comptables internationales et du calcul des risques financiers.

En matière d'emploi, l'Union européenne agit afin que le G 20 consacre une part importante de ses débats à ce registre clé porteur de risques sociaux globaux, l'amenant a souhaité promouvoir des règles compatibles avec les principes de l’Organisation internationale du travail, dont le directeur général était d’ailleurs, pour la première fois, présent à la réunion du G20 qui s'est tenue à Pittsburgh. Le Royaume-Uni et la France prendront prochainement des initiatives pour que les huit normes fondamentales de l’OIT soient ratifiées par l’ensemble des membres du G 20. Enfin, le G20 a fait référence aux travaux de la commission Stiglitz, afin que les dimensions sociales et environnementales soient prises en compte dans les agrégats macroéconomiques.

A ces risques financiers s'en ajoutent d'autres tel que le risque monétaire comme le soulignent un précédent article (Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie -) ainsi que les travaux attachés à la préparation du prochain sommet du G20, à Séoul (cf. Des pays du G20 s'opposent aux normes voulues par les Etats-Unis ). Les tensions internationales sur le marché des changes se sont fortement accrues ces dernières semaines, notamment avec le recours de plusieurs pays émergents à des mesures destinées à freiner l'appréciation de leur monnaie. Ces tensions sont porteuses de risques globaux particulièrement élevés y compris sur le registre géopolitique en situation de profonde crise économique et financière au niveau mondial.

Les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) les avaient anticipé quand ils ont proposé en mars 2009 puis en mai 2010 d'inscrire à l'ordre du jour du G20 la question monétaire, sans succès eu égard aux urgences du moment (cf. Unions, enjeux et interactions monétaires : la Russie estime que la création d'une monnaie de réserve supranationale permettrait de juguler le "monopole financier" des Etats-Unis ! ; La Chine prépare pas à pas l'internationalisation de sa devise (Le Monde) ainsi que Unions, enjeux et interactions monétaires : Le billet vert n'a que très peu réagi au communiqué final des dirigeants des quatre pays composant le BRIC - nouvelle édition - ).

Une 'guerre de monnaies' peut très vite tourner à la guerre commerciale.

Récemment, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a affirmé qu'une 'guerre des monnaies' et le retour au protectionnisme sont les deux seuls problèmes que l'économie mondiale n'avait pas encore rencontrés en trois années de crise, tout en redoutant leur émergence (cf. La hausse de l'euro illustre l'idée d'une nouvelle guerre monétaire (Toutel'Europe.eu) ; Guerre des monnaies : seules les faibles survivent, par Nouriel Roubini ainsi que L'OMC met en garde contre la tentation protectionniste).

Cette 'guerre des monnaies' a des implications considérables sur bien d'autres registres !

Elle impacte par exemple le cours des matières premières dans des marchés internationaux encore livrés à leurs seules règles spéculatives, y compris sur le registre des matières premières agricoles ! La sécurité alimentaire s'en trouve profondément menacée, ou que ce soit sur la planète, autant d'ailleurs que la stabilité et la sécurité économiques, la sécurité environnementale, ne serait-ce qu' en raison des pressions extrêmement brutales qui s'exercent sur l'offre sous l'effet d'une demande particulièrement robuste (cf. à cet égard Patrice Hernu : Les matières premières mettent l’Europe et ses entreprises au pied du mur des monnaies, par Patrice Hernu ; Des terres rares à la potasse, la Chine défend sa place sur le marché des matières premières, par Addison Wiggin (La Chronique Agora) ainsi que La Chine renforce sa mainmise sur les terres rares, par Elsa Bembaron (Le Figaro) ).

Elle impacte également un équilibre géostratégique précaire dans cette " époque de transition où s'opère une véritable reconfiguration des relations internationales, une accélération du basculement des pouvoirs et des rapports de forces à l’échelle planétaire. Il est sûr que, dans cette perspective d’un renversement de la hiérarchie des puissances mondiales, de chambardement dans l’ordre des capacités - le tournant géopolitique en cours et à venir est fondamental -, la logique de la période de transition est bien l’émergence confirmée d’une multipolarité géostratégique avec, tout à la fois, dans les décennies qui viennent, la continuation, sinon l’accentuation, de l’érosion de la puissance des Etats-Unis et de la montée en force des puissances émergentes. " (cf. Pierre Pascallon et Pascal Hortefeux dans http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/221131443/hier-la-crise-demain-la-guerre ou encore Hier la crise, demain la guerre ? La crise va-t-elle amener le monde au bord du gouffre ? par Pierre Pascallon et Pascal Hortefeux

Par ailleurs, nul ne sait encore si les économies qui épargnent 'trop' – comme la Chine, le Japon et l’Allemagne –, dont les comptes courants étaient excédentaires, qui résistent à l’idée d’une réévaluation nominale de leurs monnaies, ne procèderont pas à des réarmements stratégiques au moment où les puissances nucléaires militaires historiques appellent à un désarmement sous l'empire de leurs propres difficultés budgétaires et monétaires (cf. à cet égard Chinese Perceptions of the Utility of Nuclear Weapons : Prospects and Potential Problems in Disarmament, by Jing-dong Yuan (issue No. 34 of the Proliferation Papers series - IFRI) ; "La Chine entend détrôner la puissance militaire navale du Japon" (Le Monde) ; "L'Union européenne et le défi de la réduction des budgets de défense" par Jean-Pierre Maulny (Notes de l'IRIS) ainsi que Dans le contexte actuel des finances publiques de ses Etats membres, l'UE peut-elle assurer un développement approprié des capacités requises par celui de la PSDC ? - nouvelle édition -).

Dans le courant de l'année 2010, l'ancien Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz s'est interrogé sur les véritables motivations du système de régulation mondiale (cf. La gouvernance mondiale est-elle au service de l’intérêt général global ? par Joseph Stiglitz - nouvelle édition - ainsi que Controlling the Global Economy: Bilderberg, the Trilateral Commission and the Federal Reserve / Global Power and Global Government : Part 3, by Andrew Gavin Marshall).

La gesticulation stratégique l'emporte trop souvent sur l'anticipation stratégique autant que la communication politique l'emporte sur l'action politique !
Qu'il s'agisse de l'intérêt général global, ou, plus égoïstement, de l'intérêt général européen, des réponses pleinement efficaces et efficientes font encore défaut !
Au moment où la France s'apprête à exercer les responsabilités considérables qui incombent à la présidence des G8 et G20, s'interroger sur la nécessité d'ouvrir l'agenda du G20 - et du G8 - aux questions liées de sécurité et de développement me parait des plus opportun, et pas simplement sur les registres financier, économique et monétaire. D'autres le proposent également (cf à cet égard So far purely economic, G20 could one day cover security too, by Dmitri Trenin - new edition -).

Les autorités françaises, et avec elles, les représentants de l'Union européenne présents dans ces instances, oseront-elles proposer à leurs interlocuteurs une évolution de l'agenda multilatéral pour que les analyses et recommandations formulées à l'égard des défis globaux dans des enceintes comme le Forum économique mondial de Davos ne restent pas lettres mortes ?

L'élargissement de l'ordre du jour du programme du G20 aux questions monétaires, d'une part, et aux questions de développement, d'autre part, voulu notamment par la Corée du Sud et la France, illustre une réelle prise de conscience de la nécessité de ne pas cantonner le débat sur la gouvernance mondiale aux seuls enjeux systémiques financiers.

Il appartient désormais aux décideurs politiques européens de faire la preuve de leur détermination autant que de leur capacité à impulser des initiatives novatrices afin que le projet de réforme du système de gouvernance mondiale connaisse l'issue attendue et que le spectre de tensions polémogènes s'éloigne.

Comme il leur appartient de réviser le concept stratégique de la politique monétaire propre à l'Union économique et monétaire (cf. Retour sur image : le concept stratégique de la politique monétaire de l'UEM doit être révisé !).

.../...

Pour la cinquième partie : Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - cinquième partie -  

Voir également à ce sujet les articles suivants :

 * Europe is failing to shape the global governance debate, by Pedro Solbes & Richard Youngs (europesworld.org)

 * "The state of Europe : tough questions for the EU" (The Friends of Europe)

 * Ordre du jour du Sommet du G20 2010 à Seoul

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 07:06

Pour les deux premiers articles de ce dossier, voir :

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -

 * Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

.../... 

S'agissant de l'identification des risques globaux proposés par le Global Risk Network dans ses derniers rapports (voir notamment global-risks-2011 global-risks-2011) ainsi que de la manière dont ses experts internationaux envisagent leur corrélation (cf.  http://www.weforum.org/documents/riskbrowser2010/risks/), l'Union européenne en tant que telle ne s'est encore jamais exprimée ni quant à la pertinence des choix opérés ni quant à d'hypothétiques ajustements des analyses et recommandations qui y sont associées !

La simple observation des données produites par ce réseau d'experts de très haut niveau en matière d'analyse de risques suscite, en tout cas de mon point de vue des mieux éclairé en la matière, quelques commentaires et réactions quant à leur exhaustivité autant qu'à leur pertinence effective globale s'agissant soit de l'indicateur de 'probabilité d'occurrence', soit de l'indicateur de 'sévérité', soit encore de l'indicateur d' 'interconnexion'.

Constituant l'une des premières sources d'information, voire même d'influence, des décideurs politiques et institutionnels qui oeuvrent à l'identification et/ou à la mise en place de nouveaux instruments et mécanismes de régulation et de gouvernance des risques globaux, que ce soit à l'échelle de la planète ou à celle de leur propre région (cf. par exemple à cet égard World Economic Forum sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord : Sens, Résilience et Prospérité (Marrakech, 26-28 octobre 2010) ).,  ces données doivent faire l'objet d'un réexamen attentif de la part de celles et ceux qui oeuvrent à la recherche de réponses nationales, régionales ou globales, à ces défis ; des réponses qui respectent, autant que faire ce peut, à la fois les objectifs et les intérêts (stratégiques, de sécurité, économiques, sociétaux, ...) de l'Union européenne en tant qu'entité régionale autonome en interrelation avec ses grands partenaires internationaux, son but, ses principes, ses valeurs et les aspirations profondes de ses citoyens sur les différents registres couverts par une telle exploration (politique, économique, technologique, écologique et sociétal).

Ne pas prendre en compte les risques suivants (sauf à accepter l'idée que leur prise en compte est implicitement assurée par des agrégats 'fourre-tout' tels que 'global governance gaps', 'liability regimes' ou encore 'burden of regulation') fait peser sur les analyses et recommandations produites une certaine suspicion d'irrecevabilité d'ensemble de ces éléments qui fragilise leur atout pédagogique en même temps que la valeur apodictique des recommandations formulées alors même que leur économie générale me parait incontestablement des plus pertinente :

 * un effondrement de la cohésion politique de l'Union européenne induite par les jeux nationaux ou bi ou trilatéraux de ses Etats membres, y compris par leur non respect délibéré ou 'involontaire' des traités et de l'acquis européens, par leur volonté - réelle ou supposée - d'affaiblissement de ses mécanismes et instruments (y compris politiques et budgétaires) et/ou leur refus - réel ou supposé - de favoriser l'introduction des institutions européennes compétentes au sein des organisations et institutions multilatérales plus spécialement en charge des questions de régulation ou de gouvernance des risques globaux (hypothèse qu'une actualité récente participe à accréditer), 

 * un effondrement (collapse) de l'euro comme monnaie unique européenne (hypothèse qu'une actualité récente participe à accréditer),

 * une émergence rapide de nouvelles formes de menaces et/ou risques de prolifération - autres que nucléaires - susceptibles de mettre en péril certains équilibres stratégiques, et l'absence de mécanismes appropriés de régulation et/ou de gouvernance aux niveaux international, régional ou national (menaces et risques induits par une prolifération des dettes souveraines, ou encore par des nanotechnologies de type NBIC, par exemple) (hypothèses que des faits et des études récents participent à accréditer),

 * un effondrement de l'OTAN en tant qu'organisation transatlantique unique garantissant non seulement la défense collective de l'Europe mais sa sécurité collective, soit en raison de l'émergence d'une crise budgétaire et/ou monétaire globale qui affecterait la capacité de ses (principaux) membres à honorer leurs engagements, soit en raison de l'émergence d'un autre modèle d'organisation transatlantique dont les performances opérationnelles resteraient trop longtemps hypothétiques (hypothèse que la dramatique actualité afghane participe quelquepeu à accréditer),

 * un effondrement de la confiance des marchés financiers dans les agences de notation financière (hypothèse qu'une actualité récente participe à accréditer), 

 * etc.

L'heure est à la remise à plat de ces travaux selon une perspective résolument européenne afin que l'Union européenne, comme ses pincipaux partenaires internationaux, n'aient pas un jour à pâtir d'avoir été absents des tours de table d'experts qui alimentent les coulisses de la décision politique internationale.

Il appartient non seulement à des grands think tanks européens ou nationaux de s'y atteler mais aussi à ces quelques officines publiques qui ont vocation et mission à articuler quotidiennement 'analyse prospective', 'réflexion stratégique' et 'formulation d'orientations politiques pour l'action' pour le compte des principaux décideurs européens, qu'ils soient publics ou privés (cf. notamment à cet égard Réflexion prospective et planification stratégique : deux processus distincts au service de la préparation du futur - nouvelle édition - ). 

.../...

 

NB : Cet article a été publié une première fois en 2010 puis republié en janvier 2011

 

Pour les articles suivants, voir notamment : Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - quatrième partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

 

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