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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 06:48

Pour la première partie de cet article, voir Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -  

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Pour Pascal Lamy, l'actuel directeur général de l'OMC : " The good news is that many of these issues are already work in progress, so we need not expect a big bang. The global economic crisis has accelerated the move towards a new architecture of global governance in what I think of as the "triangle of coherence". On one side of the triangle lies the G20, replacing the former G8 to provide political leadership and policy direction. On another side lie the member-driven international organisations that provide expertise and specialised inputs such as rules, policies and programmes. The third side of the triangle is the G192, the United Nations that is the global forum for accountability. In the longer term, we should have both the G20 and the international agencies reporting to the “parliament” of the United Nations. A revamping of the UN’s Economic and Social Council could lend support to the recent resolution adopted by the UN General Assembly on a UN-wide coherence system. This would constitute a potent mix of leadership, inclusiveness and action to ensure coherent and effective global governance. With time, the G20 could even be an answer to reforming the UN Security Council. A structure of this type needs to be underpinned by core principles and values, and this is precisely what Germany’s Chancellor Angela Merkel proposed with the creation of a Charter for Sustainable Economic Activity. It is a commendable effort to provide a "new global economic contract" that would anchor economic globalisation on a bedrock of ethical principles and values, and so renew citizens’ trust that globalisation can work for them. Globalisation poses a serious challenge for our democracies, and our governance systems must respond to that. If our citizens feel that global problems are insoluble, that will risk emasculating our democracies. The same will hold true if our citizens see that global problems can be addressed, but that they themselves have no influence on the result. Our governance systems must more than ever offer citizens avenues for shaping the tomorrow's world they want their children to inherit. And the European Union remains the laboratory of international governance, a place where the new technological frontiers of international governance are being tested. " (cf. Global Governance is a challenge for democracy (but an EU opportunity), by Pascal Lamy (WTO) )

La manière dont l'Union européenne a pris "à bras le corps" les questions soulevées par les différentes crises bancaires, financières et monétaires qui viennent de se superposer, en y apportant à la fois des réponses spécifiquement européennes (notamment, en termes de régulation et de gouvernance - cf. à  cet égard les articles suivants : La nouvelle architecture européenne de supervision financière sera en place au 1er janvier 2011 - première partie ; La nouvelle architecture européenne de supervision financière sera en place au 1er janvier 2011 - seconde partie - ainsi que Les ministres des finances de l'UE s'accordent sur la régulation des fonds spéculatifs (Le Monde) ainsi que les initiatives que la Commission européenne entend prendre en 2011 pour aider l'économie sociale de marché européenne à sortir de la crise et à s'ancrer de manière durable - cadre législatif pour la gestion des crises bancaires, propositions visant à renforcer la protection des consommateurs de services financiers et règlement sur les agences de notation, notamment, afin de mener à bien l'ambitieuse réforme du secteur financier européen en 2011 -) et des propositions de réponses inspirées par une vision européenne partagée pour des initiatives mondiales ambitieuses, coordonnées et systémiques, qu'elle met à la disposition des enceintes multilatérales appropriées (G8, G20, etc.) ; comme celles qu'elle esquisse aujourd'hui sur le registre de la régulation des marchés des matières premières, de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive, des risques associés au développement erratique des nouvelles technologies, de la sécurité et de la sûreté nucléaires, etc., qui  illustrent parfaitement sa triple capacité de mobilisation, de proposition et d'initiative, notamment grâce à la lucidité des débats parlementaires au sein du Parlement européen ainsi qu'à la disponibilité de la Commission européenne et aux prérogatives et compétences qui sont les siennes sur ces différents sujets.

La présence aujourd'hui d'un Président permanent du Conseil européen particulièrement conscient des enjeux autant que déterminé à y faire face par sa propre capacité de mobilisation des chefs d'Etat et de gouvernement ajoute une carte supplémentaire à une Union européenne qui, peu à peu, va prendre toute sa place dans les institutions et organisations internationales conformément aux dispositions idoines du Traité de Lisbonne. " Le secret de la réussite de la construction européenne, c'est sa gestion intelligente du temps " (cf. "Les grands défis de l'Union" : discours du Président du Conseil européen Herman Van Rompuy au débat organisé par Notre Europe et Sciences Po le 20 septembre 2010 )

En même temps, nous devons tous être conscients des limites de l'Union européenne devant les limites et turpitudes d'un système international dont les réformes sont extrêmement difficiles (voir par exemple à cet égard «Il y a eu des paroles sur la régulation, pas d’actes» (Entretien avec Jean-Pierre Jouyet - Libération) ou encore Pour un multilatéralisme efficace, par Chris Patten ) et agir en conséquence sans attendre le prochain cataclysme pour faire travailler ensemble autour des mêmes objectifs, et au moyen d'une synchronisation appropriée de leurs agendas respectifs, les institutions internationales et multilatérales qui ont un rôle à jouer en faveur d'une réforme du système international qui le rende plus efficace face aux défis globaux (cf. par exemple A la recherche d'une gouvernance mondiale hybride (nouvelle édition) ; La période actuelle n'est pas seulement crisogène, elle est aussi polémogène ! L'Union européenne doit se réveiller ! (1) ; The Next Financial Crisis, by Jeremy C. Stein ou encore « Nous sommes en guerre contre les marchés » (Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers) ).

Parmi ses handicaps, celui qu'elle aura le plus de difficultés à surmonter est indubitablement sa fragmentation (cf. à cet égard les articles suivants : De la fragmentation politique d'une Union européenne toujours en quête d'un projet politique clair et d'un leader charismatique (1) - nouvelle édition - et ceux qui lui succèdent ainsi que  La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (1) et La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (2) ) ; sans oublier le refus croissant des élites et technostructures nationales de lui donner plus d'autorité (cf. «Les États refusent de céder la moindre autorité à l'Europe» (Entretien avec Jean-Paul Gauzès - Le Figaro) ) !

Un autre handicap est sa relative incapacité à toujours penser le monde tel qu'il est, au lieu de le penser tel qu'elle le souhaite. A cet égard, elle devrait apprendre beaucoup à l'occasion des chantiers qui s'annoncent dans l'agenda d'une instance multilatérale telle que le G20 à propos de laquelle Jean-Pierre Jouyet considère, fort pertinemment comme à son habitude, qu'elle fait ressortir davantage de convergence sur les principes entre les grands pays qui acceptent vraiment de jouer le jeu multilatéral, en même temps qu'elle fait ressortir davantage de divergences entre ces derniers et les grands pays émergents qui ne respectent pas les mêmes règles du jeu (cf. par exemple à cet égard Les mauvaises manières commerciales de Pékin (Le Monde) ).

S'il est permis de penser que la toute nouvelle commission spéciale sur les défis politiques que le Parlement européen vient  d'instituer aura "à coeur" de lancer les débats sur ces différents sujets au niveau de l'Union (cf. Parlement européen : la commission spéciale sur les défis politiques ), les prochaines présidences françaises des G8 et G20 ne manqueront pas d'ouvrir de tels débats au niveau multilatéral comme l'a affirmé le président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de la XVIIIème Conférence des Ambassadeurs, le 25 août dernier (cf. XVIIIème Conférence des Ambassadeurs : Discours de M. le Président de la République (Palais de l'Élysée - 25 août 2010) - seconde partie - ).

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 06:40

Afin d'apporter sa pierre à l'édifice, Regards-citoyens se propose d'initier une série d'analyses autour de quelques uns des risques globaux identifiés par le Global Risk Network en 2010 (cf. Global Risk Report 2010) et d'autres risques identifiés par mes soins (cf. Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie - ).

L'Union européenne constitue indubitablement, quoique puissent dire ses détracteurs les plus dogmatiques, l'entité régionale la mieux à même de penser et de concevoir la contribution européenne à l'élaboration des éléments de réponse - en termes d'orientations stratégiques et politiques, de mécanismes et d'instruments de régulation et de gouvernance - que les 'décideurs' - si ce terme a encore un sens dans un univers de plus en plus éclaté et dématérialisé - mondiaux, publics et privés, doivent développer pour faire face, collectivement ou isolément, à la multitude de défis globaux qui pèsent sur les grands équilibres régionaux et mondiaux en matière de sécurité et de stabilité, autant que sur la performance effective des instruments économiques, écologiques et de développement déployés à l'échelle planétaire pour stimuler le commerce et assurer la prospérité économique.

Ces défis ont été explicitement identifiés par des réseaux internationaux d'experts compétents au premier rang desquels je situe le Global Risk Network dont les analyses alimentent régulièrement les travaux du Forum économique mondial de Davos et ceux d'autres enceintes multilatérales (cf. notamment le Global Risk Report 2010Global Risk Report 2010 -).

Une première exigence pour l'Union européenne est de valider ces analyses, et, si celà s'avérait nécessaire après inventaire, de les conduire elle-même en dégageant à la fois les défis globaux qui appellent des réponses d'essence et de portée prioritairement européennes eu égard à la nature et à la portée régionale de leur impact sur l'espace régional européen (ou euroméditerranéen), et ceux qui requièrent des réponses d'essence et de portée mondiales eu égard à la nature profondément systémique de leur nature et/ou de leur impact.

Une seconde exigence pour l'Union européenne est de mettre clairement en perspective les corrélations qui peuvent exister soit dans la génèse de ces défis globaux, soit dans dans leurs occurences, soit encore dans leurs impacts, et qui nécessiteraient un traitement hybride, nécessairement complexe, bien au-delà des cadres spécifiques et/ou sectoriels existants aujourd'hui, la sécurité étant à la fois globale et indivisible.  "The world is facing multiple economic, social, and environmental threats, best characterized by a “bubble” metaphor based on false expectations, where a few enjoy immediate gains while the vast unsuspecting majority will pay huge “hidden” costs in the future. These threats can interact catastrophically, unless they are addressed urgently and in an integrated fashion, by making development more sustainable. Piecemeal responses will be ineffective, since the problems are interlinked and feed on one another. " (à cet égard, cf. notamment Mohan Munasinghe : Solving the multiple global crises together, by Mohan Munasinghe - new edition - )

Une troisième exigence pour l'Union européenne est d'identifier dans ses propres politiques et instruments celles et ceux qui offrent, pourraient offrir ou devraient offir des éléments de réponse pertinents pour le contexte régional en regard d'un niveau d'ambition clairement identifié et partagé, au niveau européen, puis d'en déduire et d'en corriger les insuffisances éventuelles ; comme s'y emploie par exemple aujourd'hui l'administration Obama, s'agissant des Etats-Unis (cf. La réforme de Wall Street, "une avancée considérable pour piloter les risques globaux", par Michel Aglietta (LeMonde.fr) ), ou les autorités chinoises (La Chine prépare pas à pas l'internationalisation de sa devise (Le Monde) ).

Une quatrième exigence pour l'Union européenne est d'identifier, tant en son sein qu'au sein d'instances multilatérales ou internationales compétentes, ce qu'elle attend des autres parties, notamment leur approche à l'égard des instruments qui interviennent, qui pourraient intervenir ou qui devraient intervenir pour anticiper, prévenir, contenir, corriger les effets probables ou possibles des défis qui appellent des réponses à l'échelle planétaire (sous la forme d'actions mesurables, notifiables et vérifiables).

C'est en regard de ces quatre familles d'exigences que j'ai personnellement appelé sur ce blog les décideurs européens à réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité pour qu'il l'élargisse à l'ensemble des défis globaux (cf. les articles suivants : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) ; Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2) ; Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la méthode (1) ainsi que Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2) ) ; tout en les invitant à mettre une autre conception de la sécurité au service du développement (cf. l'article suivant : Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) ), qu'il s'agisse du développement envisagé sous sa forme durable au sens moderne des termes ou, plus encore, du développement tel qu'il est envisagé dans le cadre des instances multilatérales et internationales qui réfléchissent et/ou interviennent en faveur de la lutte contre la pauvreté et le sous-développement dans le monde, qu'il s'agisse de l'ONU, de l'Union européenne, de la FAO, du G8, du G20 ou de l'Union africaine (cf. notamment à cet égard l'article suivant : L'Union européenne et l'ONU, deux partenaires importants au service du développement ).

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Pour le deuxième article de ce dossier : Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:56

La France a une nouvelle fois conseillé vendredi à ses ressortissants de quitter provisoirement la Côte d'Ivoire en raison de la " crise politique aiguë " que traverse le pays depuis le 28 novembre.

Le président sortant Laurent Gbagbo refuse de céder la place à Alassane Ouattara, reconnu par certaines organisations internationales (ONU) et régionales (Union européenne, Union africaine, ...) comme le vainqueur de l'élection présidentielle.

" La Côte d'Ivoire connaît (...) une crise politique aiguë ", souligne dans un communiqué la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères.

" Bien que les ressortissants étrangers ne soient pas jusqu'à présent directement menacés, les autorités françaises renouvellent leur conseil de différer les projets de voyages vers la Côte d'Ivoire et, à tous les Français qui le peuvent, notamment aux familles avec enfants, de quitter provisoirement la Côte d'Ivoire dans l'attente d'une normalisation de la situation ", ajoute le Quai d'Orsay.

La rentrée des écoles françaises en Côte d'Ivoire, prévue le 5 janvier prochain, est reportée au 17 janvier.

Selon un communiqué diffusé par le siège des Nations unies à New York, Francis Deng, conseiller spécial pour la prévention du génocide, et Edward Luck, chargé de la "protection", ont relevé des indices indiquant que "certains dirigeants incitent à la violence entre divers éléments de la population".

Quelque 15.000 ressortissants français vivent en Côte d'Ivoire.

 

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 22:58

 

Il s'agit probablement de la plus importante découverte en matière d'énergie depuis la création de l'Etat d'Israël. Le groupe américain Noble Energy, principal opérateur d'un gisement offshore de gaz naturel au large d'Israël, baptisé Léviathan, a indiqué mercredi 29 décembre que ses réserves étaient estimées à 450 milliards de m3, ce qui permettra à l'Etat hébreu de devenir exportateur. Une bonne nouvelle pour Israël, qui pâtit d'une dépendance énergétique envers des pays avec lesquels Tel-Aviv n'entretient pas forcément de bonnes relations.

Cette nouvelle estimation confirme le passage escompté de Léviathan du deuxième au premier rang des champs gaziers exploités par Israël en Méditerranée. " Léviathan est la dernière grande découverte de Noble Energy et la plus vaste découverte en exploration de notre histoire ", s'est félicité dans un communiqué Charles Davidson, le patron de Noble Energy, basé à Houston, Texas (sud des Etats-Unis).

Pas d'exploitation avant 2017

Des tests supplémentaires sont encore nécessaires pour connaître précisément la capacité de Léviathan, qui se situe au large de la ville israélienne de Haïfa (nord). Il s'agit, avec Tamar, de l'un des deux gisements offshore très prometteurs découverts ces dernières années au large d'Israël. " Israël pourrait devenir un exportateur de gaz vers l'Europe. Nous sommes d'ailleurs prêts à collaborer à un tel projet avec des investisseurs étrangers, mais aussi avec la Grèce et Chypre ", a récemment déclaré le ministre israélien des infrastructures nationales Uzi Landau.

Ces ambitions se heurtent néanmoins à la contestation de pays voisins. Les frontières maritimes avec le Liban ne sont pas délimitées alors que les deux pays sont techniquement en état de guerre. La Turquie, ancien allié d'Israël, estime également avoir son mot à dire. Elle a protesté contre un accord de délimitation des zones économiques exclusives conclu le 17 décembre entre Israël et Chypre, destiné à permettre aux deux pays la poursuite des recherches sous-marines d'hydrocarbures sans crainte de conflits d'exploitation.


... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr
 
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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 20:16

Vingt ans après la publication du premier rapport sur le développement humain (IDH), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié l'édition 2010 qui fait le bilan de deux décennies de politique de développement et qui introduit de nouveaux indices de mesure, comme l'indice d'inégalité de genre.

Le premier Rapport sur le développement humain, publié en 1990, présentait l'IDH nouvellement mis au point. Son postulat, jugé radical à l'époque, était simple : le développement national devrait être mesuré non pas seulement en termes de croissance économique, comme cela avait été le cas jusqu'alors, mais aussi en termes de progrès dans les domaines de la santé et de l'éducation, également mesurables pour la majorité des pays.

" Les rapports du développement humain ont changé la manière dont nous voyons le monde ", a dit le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion de la publication de ce rapport. " Nous avons appris que malgré le développement économique, qui est très important, ce qui compte le plus c'est l'utilisation du revenu national pour donner à toute la population la chance d'une vie plus longue et d'être en meilleure santé ", a-t-il ajouté.

L'IDH combine plusieurs indicateurs notamment l'espérance de vie, le taux d'alphabétisation ou encore le produit intérieur brut par habitant. Intitulé "Les individus sont la vraie richesse d'une nation", le rapport s'attache à étayer l'incidence des politiques de développement mises en œuvre dans le monde entier.

" Le rapport démontre que la population aujourd'hui est en meilleure santé, plus riche et mieux éduquée qu'auparavant. Alors que toutes les tendances ne sont pas positives, il existe plus de pays qui ont amélioré la vie des populations, même dans des conditions difficiles. Cela requiert du courage de la part des dirigeants locaux tout autant que l'engagement de la communauté internationale ", a pour sa part souligné la Directrice exécutive du PNUD, Helen Clark.

Le classement de l'IDH en 2010

Les dix premiers

Pour l'année 2010, voici le top 10 des pays qui détiennent l'IDH le plus élevé :

  1. Norvège,
  2. Australie,
  3. Nouvelle-Zélande,
  4. Etats-Unis,
  5. Irlande,
  6. Lichtenstein,
  7. Pays-Bas,
  8. Canada,
  9. Suède,
  10. Allemagne.

... La France se situe au 14ème rang.

Les dix derniers

  1. Mali,
  2. Burkina-Faso
  3. le Libéria
  4. le Tchad
  5. la Guinée-Bissau
  6. le Mozambique
  7. le Burundi
  8. le Niger
  9. la République démocratique du Congo (RDC)
  10. Zimbabwe.

Le Zimbabwe est donc le pays ayant le plus faible IDH.

De nouveaux indicateurs pour l'IDH

En plus de l'IDH 2010, le Rapport présente trois nouveaux indices : l'indice de développement humain ajusté aux inégalités, l'indice d'inégalité de genre et l'indice de pauvreté multidimensionnelle. Des tables illustrant diverses mesures du développement humain sont également fournies, notamment sur les tendances démographiques, l'économie, l'éducation, la santé, etc.

" L'inégalité du genre mesure l'impact négatif du développement humain et les disparités sociales et économiques entre les hommes et les femmes ", indiquent les experts dans le rapport.

C'est pourquoi, L'IDH 2010 ne devrait pas être comparé à l'IDH des éditions précédentes du Rapport sur le développement humain étant donné que des indicateurs et des calculs différents sont utilisés. L'IDH 2010 trace la courbe d'évolution du classement des pays sur des périodes de cinq ans plutôt que d'une année sur l'autre. "Les changements annuels de classement IDH des pays ne nous disent pas grand-chose sur la réalité du développement, qui est par nature un processus à long terme ", explique Jeni Klugman, auteur principal du Rapport.

En 20 ans, la vie des populations s'est améliorée à travers le monde

A l'occasion de sa vingtième édition, le PNUD revient sur les progrès accomplis. En 40 ans, l'espérance de vie est passée de 59 ans en 1970 à 70 ans en 2010, le taux de scolarisation en primaire et secondaire est passé de 55% à 70% et le Produit intérieur brut (PIB) par habitant a plus que doublé pour atteindre environ 10 000 dollars.

Dans les pays arabes, l'espérance de vie a gagné 18 ans depuis 1970 pour atteindre 70 ans, alors que l'espérance de vie en Afrique subsaharienne n'a augmenté que de huit années. Le PNUD précise que ces moyennes globales sont calculées sur la base des indicateurs récoltés dans 135 pays qui représentent 92% de la population mondiale.

Le rapport a également effectué un classement des pays qui ont le plus progressé ces 40 dernières années. Oman, la Chine, le Népal, l'Indonésie, l'Arabie Saoudite, le Laos, la Tunisie, la Corée du Sud, l'Algérie et le Maroc sont les pays dont l'IDH a le plus augmenté en quarante ans. Une nuance est à noter sur la Chine dont l'augmentation des revenus est quasiment l'unique raison de cette ascension. Pour les neuf autres pays, les améliorations significatives de l'accès à la santé et l'éducation constituent les principales raisons de leur progression. Certains pays comme l'Ethiopie, le Bénin ou le Cambodge ont accompli des efforts décisifs dans les secteurs de la santé et l'éducation, indiquent les experts du PNUD.

La région dont l'IDH a évolué le plus rapidement est l'Asie du Sud, menée par les progrès effectués par la Chine et l'Indonésie. Les pays arabes ont aussi connu une forte progression. L'Afrique sub-saharienne et les anciens pays du bloc soviétique sont en queue de classement. L'espérance de vie a par exemple baissé au Belarus, Ukraine, Fédération de Russie, République démocratique du Congo, Lesotho, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe.

" Vingt ans après la sortie du premier Rapport sur le développement humain, le chemin parcouru mérite d'être célébré. Mais nous devons également rester en éveil, prêts à saisir toute possibilité qui nous permettrait d'améliorer notre compréhension des difficultés chroniques et de repérer - et surmonter - les menaces nouvelles mettant en péril le bien-être et la liberté des humains ", écrit le prix Nobel d'économie, Amartya Sen dans l'introduction du rapport.

 

Source : Rapport sur le développement humain 2010 - Édition du 20e anniversaire La vraie richesse des nations : Les chemins du développement humain - PNUD (format PDF)

 

Voir également : Programme des Nations Unies pour le Développement

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 13:05

Intervention de Jean-Claude Trichet, Président de la BCE,devant le European American Press Club (Club euro-américain de la presse)
Paris, le 3 décembre 2010

 

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier les organisateurs de leur invitation à venir partager avec vous mes réflexions sur la crise économique et financière. La crise n’est pas encore terminée, mais le temps est venu de commencer à en tirer les enseignements et de mettre en œuvre les conclusions que nous tirerons progressivement.

Nous vivons une période pleine de défis et les citoyens européens attendent de l’ensemble des responsables qu’ils remplissent leur mandat en faisant face à leurs responsabilités.

En ce qui concerne la Banque centrale européenne (BCE), je rappelle qu’elle a été l’une des premières banques centrales dans le monde à réagir face à l’éclatement des turbulences financières en août 2007. Depuis lors, elle a agi en faisant preuve constamment de ce que j’ai appelé une « vigilance crédible ». Celle‑ci a caractérisé tant la conduite de notre politique monétaire conventionnelle, à travers les modifications des taux d’intérêt, que les politiques non conventionnelles, mises en œuvre essentiellement à travers des opérations spéciales d’apport de liquidité et des interventions sur certains marchés obligataires, comportant notamment l’achat d’obligations sécurisées.

Je crois que le Conseil des gouverneurs de la BCE a démontré sa capacité à maintenir le cap du vaisseau « monétaire » européen à travers la tempête financière souvent décrite comme la plus grave survenue depuis la Grande dépression. Pendant la crise mondiale, l’action résolue des responsables publics a permis de prévenir une répétition des désastres économiques subis dans les années 1930, tout en renforçant la coopération mondiale, en particulier entre banques centrales.

Les évolutions observées récemment sur les marchés européens de la dette souveraine nous rappellent toutefois que la crise n’est pas encore terminée. De même, elles indiquent clairement que l’Union économique et monétaire (UEM), comme son nom l’indique, repose sur deux piliers, l’un « économique » et l’autre « monétaire ».

La BCE, à travers son mandat et son indépendance, est en charge du pilier « monétaire ». Le pilier « économique » comprend quant à lui le cadre budgétaire inscrit dans le pacte de stabilité et de croissance, les cadres nationaux de politique économique et le système de surveillance mutuelle.

Il est essentiel de bien comprendre, et cela ne l’a peut-être pas été suffisamment, que les évolutions de l’économie européenne que nous connaissons actuellement ont trait aux fonctions « économiques » de l’UEM. J’identifie trois origines à ces évolutions : des politiques budgétaires laxistes et des politiques macroéconomiques inadéquates dans certains États membres et, de façon générale, un système de surveillance mutuelle déficient entre l’ensemble des États membres.

C’est sous la forme de ce triangle que je définirais volontiers le périmètre de la situation actuelle.

Le remède à ces trois lacunes dépend à la fois de la responsabilité des autorités budgétaires nationales dans la mise en place de politiques budgétaires saines et sages dans chaque État membre et dans la capacité des responsables européens à concevoir et mettre en œuvre un système véritablement efficace de surveillance macroéconomique et budgétaire.

***

Je vous propose d’évoquer en premier lieu, aujourd’hui, les deux piliers de l’Union économique et monétaire. Je décrirai ensuite brièvement comment la BCE a réagi face à la crise. J’aborderai enfin la situation économique actuelle et conclurai en vous présentant les principaux défis devant être relevés afin de mettre en place une gouvernance économique efficace en Europe.

Le pilier « monétaire » : la stabilité des prix dans la zone euro

Le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne assigne à la BCE la responsabilité de maintenir la stabilité des prix. La BCE s’est immédiatement fixé une référence numérique claire, qui est une mesure publique et transparente. Le Conseil des gouverneurs de la BCE a en effet défini la stabilité des prix comme un taux d’inflation annuel dans la zone euro inférieur à, mais proche de 2 % à moyen terme.

Au terme de bientôt douze années d’expérience avec l’euro, nous pouvons juger si la BCE a rempli son mandat avec succès. Or, au cours de ces douze années, le taux d’inflation annuel moyen dans la zone euro a été de 1,97 %. Nous avons donc assuré la stabilité des prix dans la zone euro sur un horizon déjà assez long. Ce résultat est meilleur que les performances enregistrées par quelque grand pays de la zone euro que ce soit au cours des cinquante années qui avaient précédé l’avènement de l’euro.

Les conditions dans lesquelles la stabilité des prix a été maintenue n’ont pas toujours été faciles, le Conseil des gouverneurs de la BCE ayant eu à affronter un certain nombre de chocs économiques et politiques depuis 1999, avec une nouvelle institution, une nouvelle monnaie et un nouveau cadre de politique monétaire.

Au fil des années, nous avons été confrontés à des évolutions extrêmement volatiles de nombreuses composantes du panier de consommation, notamment les cours du pétrole qui ont atteint près de 150 dollars le baril, à des variations considérables des taux de change, à l’éclatement de la bulle Internet et aux répercussions des attentats du 11 septembre 2001 aux États‑Unis, pour ne mentionner que quelques exemples. Les résultats obtenus, après douze années de stabilité des prix, sont donc notables.

En France, le taux d’inflation annuel moyen entre 1999 et octobre 2010, qui s’est établi à 1,8 %, a même été inférieur au taux moyen enregistré dans la zone euro ces douze dernières années. Ce résultat est également inférieur au taux moyen (2 %) observé dans les années 1990 dans le pays avant l’introduction de l’euro. Pour mémoire, l’inflation moyenne dans les années 1980 s’était élevée à 7,4 % et à 8,8 % dans les années 1970.

L’euro, dans sa capacité à protéger le pouvoir d’achat, est donc plus crédible que ne l’ont été les anciennes monnaies nationales depuis 50 ans.

Le pilier « économique » : des politiques budgétaires saines et soutenables

Le pilier « économique » de l’Union économique et monétaire repose sur deux principes. D’une part, les politiques budgétaires doivent respecter les modalités définies dans le pacte de stabilité et de croissance. D’autre part, les politiques macroéconomiques doivent se conformer aux règles générales de la participation à une union monétaire basée sur la stabilité des prix.

Soyons clairs. Les tensions sur la dette souveraine que nous observons aujourd’hui trouvent leurs racines dans le manquement aux règles de discipline budgétaire que les pères fondateurs de l’UEM avaient inscrites dans le traité de Maastricht.

Les politiques budgétaires de nombreux pays européens ont, pendant plusieurs années, enfreint tant la lettre que l’esprit du pacte de stabilité et de croissance. Celui-ci requiert des budgets proches de l’équilibre ou en excédent au cours du cycle, des déficits inférieurs à 3 % du PIB et un niveau d’endettement inférieur à 60 % du PIB. Lorsqu’il est apparu clairement, il y a quelques années, que les politiques budgétaires de certains pays ne satisferaient pas aux exigences fixées par le pacte de stabilité et de croissance, ce ne sont pas les politiques qui ont été changées mais bien le pacte. Clairement, une erreur a alors été commise.

En 2004 et 2005, plusieurs gouvernements, y compris les gouvernements des grands États membres, ont tenté activement de démanteler le pacte de croissance et de stabilité. La bataille a été rude à l’époque et la BCE a exprimé publiquement ses sérieuses inquiétudes.

Un deuxième dérapage a dû être déploré, qui concerne les politiques macroéconomiques. Dans une union monétaire, les évolutions des prix et des coûts au niveau national doivent tenir compte du fait que cette union se caractérise par la stabilité monétaire. Des évolutions des prix et des coûts au niveau national nettement supérieures à la moyenne de l’union entraînent, à terme, des pertes de compétitivité substantielles. Et celles‑ci ne peuvent s’accumuler indéfiniment, des ajustements des politiques non soutenables doivent tôt ou tard être opérés. Il convient que les politiques budgétaires et structurelles visent à ce que la demande intérieure reste compatible avec des taux de croissance durable et avec la stabilité des prix. Si tel n’est pas le cas, le cycle économique peut enregistrer des phases d’essor et d’effondrement.

Les politiques budgétaires et macroéconomiques font l’objet d’un suivi par les pairs, soutenu principalement par la Commission européenne. Ce suivi est assuré dans le cadre des réunions des ministres des Finances au sein de l’Eurogroupe et du Conseil Ecofin. Bien sûr, un suivi efficace nécessite l’adhésion des membres au cadre politique de même que des pressions de la part des pairs. Un tel suivi requiert également que l’on remédie aux écarts de comportement et que l’on dispose de statistiques fiables.

Le renforcement de la gouvernance économique est crucial. La surveillance budgétaire et macroéconomique n’a pas été à la hauteur des exigences d’une union monétaire. Les politiques budgétaires qui ont été menées n’ont bien souvent pas été conformes au pacte de stabilité et de croissance, les politiques macroéconomiques ont été laxistes et les pressions des pairs ont, dans l’ensemble, été insuffisantes. Ces problèmes étaient manifestes bien avant la crise financière. La crise nous a montré qu’il n’y avait pas d’excuses pour ceux qui n’ont pas pleinement assumé leurs responsabilités.

Je reviendrai dans quelques instants sur les réponses institutionnelles que la BCE juge nécessaires pour résoudre ces problèmes. Mais avant, je voudrais aborder la crise directement et décrire comment le cadre opérationnel de la BCE nous a aidé à relever les défis que les turbulences financières ont posés à la politique monétaire.

La crise financière et les mesures adoptées

Plus de trois ans après le début de la crise, à l’été 2007, un large consensus s’est dégagé sur le rôle des pratiques imprudentes qui ont eu cours dans le secteur financier. Durant les quelques années qui ont précédé la crise, la finance s’est attachée à la création de risques financiers, s’écartant de la gestion saine des risques économiques, et de l’assurance contre ceux-ci, supportés généralement par les entrepreneurs qui souhaitent en prendre et qui doivent les financer.

Le risque financier n’est pas de la même nature que le risque économique. Il comporte une exposition délibérée à des variations attendues du prix des actifs. Soutenant le processus de découverte des prix, la prise de risques financiers contribue à l’allocation efficace des ressources dans les économies de marché. Mais elle peut parfois avoir des effets « toxiques » lorsqu’elle s’appuie sur des perceptions erronées de ces risques.

Les conséquences de la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, ont menacé de causer de lourds dommages aux emprunteurs et à l’économie en général. Les banques et autres intermédiaires financiers ont abandonné les investissements à risques et illiquides pour accumuler de la liquidité. L’intermédiation bancaire s’est réduite et les prêts aux entreprises ont été revus à la baisse. L’absence de réaction rapide aurait pu entraîner un effondrement du système financier.

Comme je l’ai mentionné, la BCE a été l’une des premières banques centrales dans le monde à prendre la mesure, dès le mois d’août 2007, de la gravité de la situation, lorsque les turbulences sont apparues et nous ont conduits à prendre les premières mesures pour faire face à l’assèchement de la liquidité sur le marché monétaire. Après que la crise eut atteint son paroxysme à la suite de la faillite de Lehman, la BCE a de nouveau agi de manière décisive, mettant en œuvre un certain nombre de mesures visant à empêcher une correction désordonnée des conditions de la liquidité et du crédit dans la zone euro. Grâce à notre politique de soutien renforcé du crédit, les banques ont pu continuer à assumer un rôle capital dans le financement de l’économie réelle. En outre, la BCE a mis en place un programme d’achat d’obligations sécurisées, à hauteur de 60 milliards d’euros, dans l’ensemble de la zone euro. Le marché des obligations sécurisées revêt une grande importance au sein de notre économie et il était essentiel de le relancer et de le conforter.

En mai 2010, l’accentuation des préoccupations sur les marchés concernant la soutenabilité des finances publiques a engendré de graves tensions dans certains compartiments, qui ont entravé le mécanisme de transmission de la politique monétaire et, par là, pouvaient contrecarrer nos efforts en vue de maintenir la stabilité des prix. Une fois encore, la BCE a pris des mesures non conventionnelles audacieuses.

Une nouvelle menace a pesé sur l’intermédiation financière privée. À la suite de l’expansion rapide des prêts interbancaires garantis observée dans la zone euro au cours des dernières années, l’incidence sur les marchés monétaires des évolutions constatées sur les marchés d’emprunts publics s’est accrue sensiblement. Les titres d’État constituent traditionnellement un élément important du processus de transmission de la politique monétaire dans la mesure où ils servent de référence pour les taux des autres contrats financiers et des titres à revenu fixe.

Ils sont également devenus une source de garantie de premier ordre dans les opérations de prêts interbancaires. En conséquence, des variations brutales de la valeur ou de la disponibilité de ces titres peuvent engendrer une forte détérioration des conditions de financement des banques, ayant une incidence défavorable sur la fourniture de prêts bancaires à l’économie réelle et sur leurs taux.

Nos mesures non conventionnelles ont contribué à normaliser le fonctionnement du mécanisme de transmission de la politique monétaire, indispensable pour l’accomplissement de notre mission principale, qui est de maintenir la stabilité des prix à moyen terme.

Ces dernières semaines, les tensions associées aux problèmes budgétaires irlandais et à la réorganisation de son secteur bancaire se sont traduites par une reprise très marquée de l’instabilité sur les marchés financiers. Nous invitons plus que jamais l’ensemble des gouvernements à intensifier leurs efforts d’assainissement de manière crédible, en vue d’établir les fondements d’une croissance soutenable à long terme. Il est clairement nécessaire de renforcer la confiance du public dans la capacité des gouvernements à rétablir des finances publiques soutenables, et à conforter ainsi durablement la croissance à moyen terme. Pour cela, il est essentiel que les pays mènent des programmes d’assainissement pluriannuels crédibles et mettent pleinement en œuvre les mesures d’assainissement prévues. Les évolutions budgétaires positives qui se feraient jour sous l’effet de facteurs tels qu’un environnement économique plus favorable qu’attendu doivent être mises à profit pour accélérer l’assainissement budgétaire.

L’économie européenne : la situation actuelle et les défis à relever

Dans la troisième partie de mon intervention, je voudrais vous faire part de mes réflexions sur les enseignements que nous avons tirés de ces événements.

En premier lieu, notre stratégie de politique monétaire a été efficace. La définition quantitative de la stabilité des prix et l’orientation à moyen terme réduisent sensiblement la probabilité d’un risque de déflation ou d’inflation. L’ancrage solide des anticipations d’inflation – pendant la période de crise – nous a permis de maintenir le taux de nos opérations de refinancement à des niveaux positifs sans que ne se matérialise un risque de déflation ou des menaces inflationnistes.

En deuxième lieu, les dirigeants européens doivent reconnaître qu’il faut renforcer considérablement notre modèle économique, en particulier notre système de gouvernance économique. À cet égard, le Conseil des gouverneurs de la BCE considère que, s’agissant de la gouvernance économique, les propositions présentées par la Commission et par le Groupe de travail du Conseil européen ne représentent pas le pas décisif ( « quantum leap ») répondant entièrement aux exigences de l’union monétaire que nous avons créée.

En particulier, nous devons renforcer la surveillance des politiques budgétaires afin d’empêcher des déficits excessifs et un niveau insoutenable de dette publique en agissant selon trois axes. Il s’agit de raccourcir les délais prévus dans le cadre des procédures de déficit excessif, d’établir le principe de la quasi-automaticité dans l’application des sanctions – se fondant sur des critères clairement définis et prévoyant une marge de manœuvre réduite en ce qui concerne les résultats –, et de fixer des objectifs ambitieux pour la réduction de la dette publique, afin de la ramener au plafond de 60 %.

En ce qui concerne la surveillance des politiques macroéconomiques dans la zone euro, nous devons disposer d’un nouveau système de surveillance mutuelle, ciblant principalement les pays enregistrant des pertes de compétitivité durables et affichant des déficits importants des transactions courantes dans la mesure où ces pays doivent faire face à de très grands défis en matière de soutenabilité. Ce système doit être déterminé par des mécanismes déclencheurs transparents et efficaces, et définir clairement les sanctions en cas de manquement. Et la transparence doit être assurée. Les évaluations des déséquilibres macroéconomiques et les recommandations en faveur de mesures correctrices doivent faire l’objet d’une publicité appropriée à toutes les étapes du processus de surveillance.

L’efficacité des améliorations apportées au cadre de la gouvernance sera conditionnée en partie par la qualité et l’indépendance de l’analyse économique qui les sous-tend. Faute de données statistiques fiables, nous ne pourrions être sûrs que le cadre de la gouvernance permettra de réaliser l’avancée décisive qui est nécessaire. Dès lors, il est extrêmement important que les services de la Commission chargés de la surveillance macroéconomique et budgétaire pour la zone euro jouissent d’une indépendance suffisante et soient soutenus idéalement par un organe composé de « sages » ayant pour mission de fournir des évaluations externes.

Il est certain que l’Union européenne a déjà apporté une réponse à un problème particulier soulevé par la crise, à savoir la nécessité de coordonner la surveillance macroprudentielle. Le Conseil européen et le Parlement européen ont récemment adopté les décisions relatives à la création du Comité européen du risque systémique (CERS), que j’aurai l’honneur de présider.

Ce nouvel organe européen fera partie intégrante du nouveau Système européen de surveillance financière (SESF) et il aura pour mission d’assurer la surveillance macroprudentielle du système financier de l’Union européenne. Il réunira les gouverneurs des banques centrales nationales ainsi que les représentants des nouvelles agences de surveillance européennes, de la Commission et des autorités de surveillance nationales des vingt-sept États membres.

La création du Comité européen du risque systémique a été initialement recommandée en février 2009 dans le rapport établi par un groupe de haut niveau présidé par Jacques de Larosière. Cette nouvelle institution s’appuie sur un consensus très fort entre la Commission, le Conseil et le Parlement.

La BCE œuvrera activement pour que le Comité européen du risque systémique soit un organe crédible et efficace. Concrètement, la BCE accueillera le secrétariat du Comité, lui permettant ainsi d’être opérationnel, et lui fournira un soutien analytique, statistique, logistique et administratif.

Bien qu’il soit prévu que le secrétariat du Comité européen du risque systémique soit installé à la BCE, le Comité sera, bien entendu, un organe distinct de la BCE. La mise en place du Comité n’aura aucune incidence sur le mandat et le rôle statutaire de la BCE dans le domaine de la politique monétaire.

La création du Comité européen du risque systémique constituera une étape importante, soulignant la volonté de l’Europe d’agir préventivement face au risque systémique. Elle s’inscrit dans le cadre des évolutions observées à travers le monde, et notamment aux États-Unis, qui viennent de créer le Financial Stability Oversight Council (Conseil de surveillance de la stabilité financière). À l’instar du Comité européen du risque systémique, ce Conseil est un organe s’appuyant sur la collaboration entre les autorités américaines compétentes et qui a pour mission d’identifier les risques systémiques et de faire face aux menaces. Nous nous efforcerons d’établir une étroite coopération avec le Conseil de surveillance de la stabilité financière et d’autres autorités dans le domaine de la surveillance macroprudentielle.

Conclusion

Les douze dernières années ont été très exigeantes. La BCE a fait face à ses responsabilités et a obtenu les résultats qui avaient été promis, à savoir une monnaie stable, aussi crédible et inspirant la même confiance que les monnaies les plus crédibles auxquelles l’euro a succédé. L’euro a par ailleurs constitué un facteur de stabilité au cours de cette période d’instabilité économique et financière qui dure maintenant depuis plus de trois ans.

À l’instar des grandes économies avancées, qui toutes, sans exception, ont dû revoir leur modèle économique et leur cadre de surveillance, la zone euro doit procéder à des réformes. Ce type de réformes ne consiste pas à nous orienter davantage vers des actions unilatérales, comportant le risque de refuser la coopération indispensable entre les États. Au contraire, ces changements conduisent à une intensification de la coopération et de la cohésion à travers un renforcement du cadre de la gouvernance économique. Nous devons maintenir fermement le cap vers un approfondissement responsable de l’unité européenne.

Je vous remercie de votre attention.

 

Source : http://www.ecb.int/

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 12:28

Les premiers pas de la Résistance à l'automne 1940, longtemps négligés par les chercheurs, sont de mieux en mieux connus. Depuis cinq ans environ, des thèses sont soutenues, des livres paraissent, des colloques sont organisés... Une série sur les plus récents travaux sur ces pionniers de la Résistance qui initièrent, il y a tout juste soixante-dix ans, la lutte contre un occupant qui semblait invincible.

Les articles

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:44

Pour la première partie de cet article : La période actuelle n'est pas seulement crisogène, elle est aussi polémogène ! L'Union européenne doit se réveiller ! (1)

.../...

Dans un précédent article, déjà ancien (Sécurité internationale : L'Union européenne n'est-elle pas entrain de se laisser entraîner dans une dynamique susceptible d'en briser l'élan ? - nouvelle édition -), Regards-citoyens avait soulevé la question des risques que pouvaient faire peser sur l'Union européenne la fuite en avant que constitue la multiplication des opérations extérieures auxquelles elle, ou plutôt ses Etats membres et leurs " capacités ", prenai(en)t part.

Depuis quelques semaines, alors que son Service d'action extérieure n'en finit pas de se mettre en place, et que la disponibilité des capacités nationales, civiles, civilo-militaires ou militaires indispensables à la réalisation de ses missions en cours continue de poser problème, le Conseil multiplie les annonces relatives à des stratégies en cours de développement pour lui permettre d'intervenir, si le besoin s'en faisait sentir, au Sud-Soudan (cf. Crise au Sud-Soudan ? Les Européens envisagent toutes les options (Bruxelles2.eu)), au Sahel (cf. Catherine Ashton et la Commission européenne préparent une "stratégie" pour le Sahel), en Palestine (cf. L’UE va-t-elle s’impliquer davantage sur les frontières de Gaza ? par Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles2.eu)) ou ailleurs (cf. en particulier à cet égard La politique extérieure de l'Union européenne sur tous les fronts (Toutel'europe.eu) ).

La conflictualité qui est attachée aux impasses de la situation politique en Côte d'Ivoire issues des imbroglios à répétition qui ont accompagné la proclamation des derniers résultats électoraux et les réactions internationales qui l'a suivi, comme les offres de service récurrentes de l'Union européenne pour intervenir au Proche Orient si la situation le recommandait, pourraient encore ajouter à cette nouvelle liste de théâtres d'interventions potentielles.

Que les instances compétences de l'Union européenne s'activent à préparer des opérations en fonction d'analyses géopolitique, géostratégique, sécuritaire, etc. et d'une vision claire de ses objectifs et intérêts stratégiques et de sécurité, c'est naturellement souhaitable.

Mais que le Conseil communique comme il le fait à cet égard en laissant à penser que l'Union se prépare à jouer elle aussi au gendarme du monde sans jamais annoncer de retrait des forces civiles et militaires qu'elle a engagées, et sans jamais entreprendre les évaluations qu'impose l'exigence démocratique d' "accountability", bien que celà accroisse sa prévisibilité, constitue quelquepart une maladresse politique qu'il conviendrait de ne pas reproduire trop souvent si l'on souhaite que les citoyens européens comme ceux, qui hors d'Europe, sont intéressés par ce que fait et dit l'UE, n'y voit pas une tentation néoconservatrice, voir même néocolonialiste, de mauvaise augure.

L'image catastrophique des Etats-Unis, et de leurs alliés les plus serviles, qu'ont produit sur les opinions publiques européennes et internationales leurs dernières épopées guerrières suffit en elle-même pour que l'Union ne s'engage pas dans une démarche qui suscite la comparaison !

Chercher à devenir un acteur (ou une puissance) global(e) ne doit pas conduire l'Union européenne à plagier le seul modèle qui a suscité un véritable consensus de rejet !

Ni à prétendre faire mieux que ne le fait l'OTAN ; Surtout quand, en prime, elle ne dispose absolument pas des ressources financières ni des capacités opérationnelles nécessaires pour jouer les mêmes partitions !

L'Union doit impérativement repenser en profondeur ce qu'elle appelle bien pompeusement sa " stratégie de sécurité " pour disposer enfin d'un véritable 'concept stratégique pour sa politique de sécurité' comme, sans le savoir, à la manière de M. Jourdain,  elle est en train d'écrire le concept stratégique de sa politique économique comme celui de sa politique étrangère (voir notamment supra) et de réécrire, le concept stratégique de sa politique monétaire (cf. les articles de la rubrique intitulée UE, gouvernance économique et enjeux monétaires ).

Or un tel concept ne saurait, en ce qui la concerne, se limiter aux seules dimensions de sécurité, de défense et de gestion de crises à la manière du concept stratégique de l'OTAN quand bien même la politique de sécurité et de défense commune a elle aussi besoin d'une clarification doctrinale spécifique (cf. à ces différents égards l'article intitulé : Interrogations préalables à l'établissement d'un ‘concept stratégique global’ pour la politique de Sécurité de l'Union européenne ainsi que la série d'articles débutant par l'article suivant : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1)).

C'est là une différence fondamentale entre l'OTAN, qui constitue une simple alliance politico-militaire organisée comme telle, et l'Union européenne, qui a vocation à communaliser selon une dynamique fédératrice des objectifs (stratégiques, de sécurité, diplomatiques, économiques, etc.), des intérêts (vitaux, stratégiques, de sécurité, diplomatiques, économiques, etc.) et des moyens aux fins d'un but politique défini en commun qui transcende et inspire les stratégies nationales en même temps qu'il oblige les Etats qui en sont membres !

Au-delà de cette incompréhension au fond de ce que sont réellement les enjeux stratégiques pour l'Union, une autre lacune, d'une toute autre nature, affecte en profondeur l'efficacité de l'Union sur le registre capacitaire : trop peu de protagonistes impliqués dans les différents processus capacitaires ont véritablement compris comment traduire en programmes industriels les systèmes de forces et/ou capacités militaires, civilo-militaires et civiles identifiés pour que les produits finis répondent effectivement aux besoins opérationnels !

Produire des armements a longtemps été une activité sans risque opérationnel puisque rares étaient les occasions de les tester en opérations réelles pendant la période de la guerre froide !

Or si les programmes d'armement d'hier et d'aujourd'hui ne répondent que très partiellement aux besoins opérationnelles, une analyse sérieuse de leur seule alternative, les programmes d'achats en urgence ("AUO"), met en exergue un problème structurel affectant les entités chargées de recueillir le besoin opérationnel – en évolution rapide – et de le retranscrire dans une procédure rapide de validation et d’achat du matériel requis (cf. "Achats en urgence vs. programmation : l'efficacité des opérations d'armement en temps de guerre", par Louis-Marie Clouet (Focus stratégique n°15 - IFRI - CERFA) ).

En outre, recourir à une politique d'achat sur étagère ne constitue pas une option durable !

Il faut par conséquent réfléchir à de nouveaux programmes d'équipement à même de produire les capacités opérationnelles dont les forces ont réellement besoin, autant qu'à la manière de les conduire.

Aujourd'hui, c'est de systèmes et d'armements réellement adaptés aux besoins des acteurs opérationnels dont les systèmes de force ont besoin : c'est là que se situe l'idée novatrice qui préside à la philosophie de l'approche capacitaire !

Les aventures militaires de ces 20 dernières années ont montré à quel point la démarche capacitaire n'est pas un caprice de quelques auteurs de doctrines en mal de reconnaissance. L'heure est au mouvement, à un mouvement global cohérent (cf. les articles suivants : Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - première partie - ; Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - deuxième partie -Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement - Et agissons ! - troisième partie - ; Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement ! Et agissons ! - quatrième partie - (nouvelle édition) ainsi que Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement ! Et agissons ! - cinquième partie - ).

Enfin, la PSDC ne doit pas devenir le cadre d'une extension à l'infini des coopérations en tous genres avec des pays tiers, notamment avec ceux qui n'ont pas vocation à intégrer l'Union européenne (cf. L’UE facilite l’implication de 20 Etats tiers dans les missions de défense (Bruxelles2.eu)) !

L'UE n'est pas l'ONU ! Cette une organisation politique à vocation régionale qui poursuit d'autres buts ! Prendre appui sur les lacunes capacitaires de ses membres pour ouvrir ses portes et ses fenêtres procède d'une logique étrangère à celle qui doit guider les Européens dans la recherche des grands équilibres entre les poles de stabilité et de prospérité qui s'organisent peu à peu sur la planète !

Faire de la PSDC une tour de Babel est dangereux pour la sécurité de l'Europe autant que pour la sécurité internationale !

La dimension stratégique de l'Union politique exige des ruptures profondes sur l'ensemble de ces dossiers !

Ce qui nécessite en premier lieu une mise à niveau appropriée de tous ceux qui ont un rôle à jouer dans ces différents dossiers !

Et d'user d'une toute autre pédagogie pour que ces difficultés soient comprises et maitrisées dans les enceintes idoines.

Des initiatives sont à l'oeuvre !

Elles sont indispensables !

Encourageons les !



Voir également les articles des rubriques intitulées UE, partenariats stratégiques et défis globaux et UE, sécurité & défense

 











 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:41

Union politique qui se cherche encore sa politique étrangère, " puissance normative ", espace économique et social articulé sur les ressorts d'une économie sociale de marché et d'un modèle social aux 4 visages, espace de citoyenneté, de liberté, de sécurité et de justice bâti autour des principes démocratiques et de l'Etat de droit qui animent les démocraties libérales, l'Union européenne ne dispose toujours pas d'une véritable politique de défense commune, ni même d'une politique européenne de capacités et d'armement à même de lui garantir les moyens d'agir en pleine autonomie alors que le début de XXIème siècle, déjà sousmis aux secousses téluriques de crises systémiques qui s'emboitent les unes aux autres, devient  devient chaque jour non seulement toujours plus crisogène (cf. La crise mondiale est pour demain (Entretiens de Michel Rocard avec Jean-Gabriel Fredet, François Armanet - Nouvel Observateur)) mais un peu plus polémogène (cf. à cet égard l'ouvrage de Pierre Pascallon et Pascal Hortefeux : Hier la crise, demain la guerre ? La crise va-t-elle amener le monde au bord du gouffre ? par Pierre Pascallon et Pascal Hortefeux ).

Empêtrée dans ses problèmes structurels, macroéconomiques, sociaux et monétaires, elle court après un second souffle, tentant d'éviter les pièges que lui tendent non seulement des marchés belliqueux mais également ses propres Etats membres toujours prêts à reprendre d'une main les compétences et les instruments que l'autre main avait accepter de lui transférer bon gré mal gré au cours de la construction sui generis et progressive de cette entité politique régionale pacifiée et dont la plus grande partie des membres a fait le choix de s'en remettre à l'OTAN, et donc aux Etats-Unis, pour assurer sa propre sécurité collective.

Par ailleurs, les débats autour de la coopération UE-OTAN et des lacunes capacitaires de ces deux organisations rendent compte d'incompréhensions récurrentes qui participent à paralyser l'Union politique !

L'audition de Mme Ashton par les membres de la sous-commission "Sécurité et Défense" du Parlement (cf. Catherine Ashton mise sur une coopération pratique entre l'UE et l'OTAN) révèle un malaise profond chez les parlementaires européens à l'égard de toute vélléité d' " européanisation " de l'OTAN au prix d'une non duplication des capacités des deux organisations.

Vouloir s'attacher à ne pas dupliquer ses propres capacités vis-à-vis d'une organisation polico-militaire dont le déclin est inscrit dans ses propres ressorts ferait de l'Union européenne non seulement un allié bien trop faible des Etats-Unis, mais une organisation régionale trop alliénée pour que ses partenaires stratégiques, au premier rang desquels les Etats-Unis, la considère comme un acteur global véritablement crédible sur les registres stratégique et militaire !  

Or, c'est précisément ce que voudrait éviter Mme Ashton si on en juge à la présentation qu'elle vient de faire devant le Conseil européen de sa conception des partenariats stratégiques de l'Union (cf. Les idées de Catherine Ashton sur les ‘partenariats stratégiques’ avec la Chine, la Russie et les Etats-Unis - première partie - ainsi que Les idées de Catherine Ashton sur les ‘partenariats stratégiques’ avec la Chine, la Russie et les Etats-Unis - seconde partie - ).

Consciente que des logiques autres que purement économiques sont à l'oeuvre dans les relations internationales (cf. notamment à cet égard les articles suivants : Paris veut dialoguer avec Moscou sur les questions politico-militaires (Natalie Nougayrède - LeMonde.fr) ; La puissance militaire chinoise interpelle le monde, par Jacques Hubert-Rodier (Les Echos) ; Méfiance autour des ambitions chinoises dans le domaine des matières premières ; La Chine réduit ses exportations de terres rares (Les Echos) ainsi que celui de Pierre Pascallon, plus clair encore sur l'état polémogène du monde actuel : L'après crise 2007-2008 : une période difficile et dangereuse, par Pierre Pascallon (LeMonde) ), elle envisage ces partenariats sans naïveté aucune,  ayant compris à quel point de tels partenariats doivent être envisagés sous la lumière géopolitique, et non pas seulement concurrentielle, si l'on veut comprendre l'importance des enjeux (cf. en partiuclier à cet égard Retour sur images : Entre stabilité et sécurité économiques et financières et protectionnisme, mon coeur européen balance !) .

Mais elle n'en tire pas pour autant toutes les conclusions qui devraient en être tirées si l'ambition stratégique européenne comportait une dimension en termes de puissance (cf. De la puissance d'un Etat ou d'un groupe d'Etats).

Son désintérêt " supposé " pour le développement de la politique européenne de sécurité et défense (aujourd'hui rebaptisée politique de sécurité et défense commune - PSDC -) ne laisse pas d'intriguer !
Certes, l'émergence de cette politique a favorisé l'émergence d'une dynamique européenne commune sur le double registre de la sécurité et de la défense (pour son bilan après 10 ans : Bilan - officiel - de 10 années de PESD ).

Pour autant, bien que celle-ci ait tiré quelque peu partie des engagements de l'Union sur des théâtres de crises pour faire progresser la volonté des Etats de développer les capacités civiles et militaires requises par les nécessités des missions auxquelles ils ont fait le choix de prendre part, la concrétisation des objectifs capacitaires, les vélléités de restructuration / rationalisation / consolidation de sa base technologique et industrielle de défense comme les nécessaires transformations des systèmes nationaux de défense n'ont incontestablement pas connu les résultats escomptés.

Des organes ont été créés (Comité militaire, Etat-major de l'Union européenne, Agence européenne de défense, SITCEN, ..), de nouvelles capacités opérationnelles ont été développées - et utilisées -, une dynamique est née qui apporte chaque jour son lot de satisfactions concrètes aux forces nationales et multinationales dont disposent les Etats !

Mais, pour des raisons extrêmement diverses, ces dernières ne disposent pas encore de l'ensemble des capacités qui leur ont été promises à coup de "Headline goals", de conférences de capacités, de plans d'action, etc. ; Pis encore, elles sont exangues, ne parvenant plus à garantir une disponibilité opérationnelle à la mesure des nécessités du moment et des missions les plus exigeantes, à commencer par celles attachées à la protection du territoire de l'Union en cas d'agression armée du territoire d'un de ses membres. La situation en Afghanistan illustre de manière on ne peut plus explicite cet état de fait.

Quand assistera-t-on, au sein des Institutions européennes compétentes comme dans les capitales européennes, à un plaidoyer en faveur d'une PSDC qui ne limiterait pas ses ambitions à devenir uniquement le pilier européen de l'OTAN alors même que les Etats membres n'ont plus de véritable politique de défense, et que les Etats-Unis jouent une partition totalement othogonale à cette option intégratrice en privilégiant la consolidation de leur propre autonomie stratégique, politique et militaire, en dehors de toute organisation régionale ?

Combien de temps faudra-t-il encore pour que les Etats s'emploient à oeuvrer collectivement, de manière durable, sereine, coordonnée et cohérente, afin de rendre aussi effectives qu'efficaces ces convergences, mutualisations, et autres spécialisations, qu'ils ne cessent d'inscrire dans leurs déclarations communes comme des exigences irréductibles ne serait-ce qu'en raison des contraintes extrêmement fortesqui pèsent sur leurs finances publiques ?

Le traité de Lisbonne introduit des innovations à cet égard qui laisse accroire qu'une volonté politique existe, puisqu 'elle s'est exprimée lors de la rédaction, puis lors de la signature et de la ratification dudit traité.

L'instrument de la coopération structurée permanente (CSP) est là, sur le papier, pour favoriser le développement de dynamiques de coopération vertueuses en pareilles matières ! Qui apporteront leur lot de bénéfices aux Etats comme à l'Union elle-même, et à l'OTAN dont le processus de transformation aurait beaucoup à gagner de la dynamique de transformation profonde que vise cette CSP !

Et pourtant, son établissement tarde ! Toutes les raisons sont bonnes pour justifier l'immobilisme ! Il serait " urgent d'attendre ! " ou encore : " Seules les initiatives de coopération bilatérales peuevnt produire les résultats attendus " ! Alors qu'au contraire, tout concourt à susciter le mouvement d'ensemble dans une même direction à la faveur d'un tel instrument !

Doit-elle être "incluse" ? Ou au contraire, doit-elle favoriser la constitution d'une " avant-garde " ? Quels critères retenir pour passer à l'acte de manière discrimante ? Qui décidera quoi ? Qui paiera quoi ? .... On s'interroge .... depuis des mois et des mois !

Et pendant ce temps là, ...... le monde connait une progression sans équivalent des dépenses militaires depuis la fin de la guerre froide (cf. http://www.sipri.org/). Les sources de conflit se multiplient comme des petits pains !

L'Union européenne répond favorablement à toutes les sollicitations, sans discernement, jusqu'à épuisement de ses moyens, y compris financiers (cf. à cet égard Sécurité internationale : L'Union européenne n'est-elle pas entrain de se laisser entraîner dans une dynamique susceptible d'en briser l'élan ? - nouvelle édition - ) ! Ses programmes les plus stratégiques éprouvent des difficultés - financières, industrielles, technologiques -q ui mettent en péril leur concrétisation opérationnelle (cf. à cet égard Dans le contexte actuel des finances publiques de ses Etats membres, l'UE peut-elle assurer un développement approprié des capacités requises par celui de la PSDC ? ; Où en est le programme européen Galiléo ? (2) ainsi que L'Union européenne bloque sur le financement d'ITER ) !

Les opérateurs clés de la base technologique et industrielle européenne de sécurité et de défense comme les forces armées attendent un sursaut salutaire qui leur offrent de réelles perspectives d'amélioration de leurs performances respectives !

Ce sursaut ne sera possible sans que soient enfin définis les orientations stratégiques et politiques, le cadre programmatique et l'assise budgétaire et financière de la 'politique européenne des capacités et de l'armement' dont fait état le Traité de Lisbonne - sans pour autant en esquisser les finalités, les contours et les moyens. Une erreur ou un oubli qui appelle une correction urgente dans les actes !

 

Pour la seconde partie de cet article : La période actuelle n'est pas seulement crisogène, elle est aussi polémogène ! L'Union européenne doit se réveiller ! (2)

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 23:44

Le lecteur trouvera ci-après un extrait de l'article intitulé " La Chine réduit ses exportations de terres rares " qui a été publié dena le quotidien Les Echos en date du 29 décembre 2010

 

« La Chine a réduit hier les quotas de sa première série d’exportations de terres rares pour l’année prochaine de plus de 10 % malgré la menace des Etats-Unis de porter plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce.

Le ministère a indiqué qu’il avait ajouté des producteurs sur la liste des quotas, mais qu’il avait réduit les volumes alloués aux sociétés commerciales pour les métaux utilisés dans les produits de haute technologie.

Le pays va également augmenter à 25 % les taxes à l’export, contre 15 % actuellement.

La Chine produit plus de 90 % des terres rares utilisées dans le monde.

Cette appellation désigne 17 métaux aux propriétés électromagnétiques très recherchées dans les technologies de pointe : voitures hybrides, énergies renouvelables, électronique et armement.

Les prix de ces matières premières ont augmenté depuis que les autorités chinoises ont réduit leurs exportations de terres rares de 40 % cet été, une mesure que Pékin justifie par la priorité donnée à ses propres besoins. »

 

 

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