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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 11:36

Le lecteur trouvera ci-après un extrait de l'article de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, intitulé " Dette publique et épargne nationale " qui a été publié dans l'édition du quotidien La Tribune en date du 27 décembre 2010.

 

« La crise de l’euro a au moins un mérite : elle met en lumière les effets pervers de la déréglementation financière, qui a donné au système financier le quasi monopole de la transformation de l’épargne. Une épargne, que les banques internationalisent et font tourner de plus en plus vite, pour optimiser les performances. Les Etats de la zone euro doivent trouver 1 000 milliards d’euros pour financer leur dette souveraine. La France, qui doit lever 185 milliards, sera plus que jamais suspendue au verdict des marchés et des agences de notation : « Encore un peu plus de rigueur, sinon vous paierez plus cher votre dette. » Ce n’est pas le cas de la France. Le seul patrimoine financier (hors immobilier) des ménages est évalué à 3 800 milliards d’euros, dont 1 300 milliards pour l’assurance-vie. Celui de l’Etat (toujours hors immobilier) se chiffre à 850 milliards d’euros. Soit un total d’actifs pour la maison France (hors entreprises) de 4 650 milliards. Face à cela, la dette des ménages est de 1 300 milliards dont les trois quarts de crédits immobiliers. Et celle de l’Etat de 1 600 milliards. Nous avons donc un solde largement positif. » 

 

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 08:41

« L’Europe forme un système, et tout ce qu’on fait dans un point rejaillit sur les autres. Il faut donc du concert »[1]. Cet avertissement de Napoléon Bonaparte reste d’actualité. Il l’est peut-être même plus que jamais compte tenu du niveau d’intégration atteint par l’Union européenne. Y a-t-on seulement songé en dressant l’inventaire à la Prévert des promesses qui constituent l’accord franco-britannique sur la défense signé à Londres le 2 novembre, fête des défunts ?

Du côté britannique, la chose est certaine. Rapprocher les deux outils de défense et les deux états-majors permet à la fois de mieux ancrer la France dans l’Alliance atlantique et d’hypothéquer ses velléités de non alignement et d’autonomie de la défense européenne. Mieux, l’accord, qu’il va falloir concrétiser dans la durée, offre une occasion rêvée d’illustrer aux yeux de l’Europe le changement de cap de la France d’aujourd’hui et la dérive qui l’éloigne peu à peu de ses partenaires traditionnels, au premier rang desquels figure évidemment l’Allemagne. Et que dire des autres pays, comme la Belgique, qui avaient soutenu le développement d’une défense européenne, où de l’Espagne, dont la diplomatie s’est souvent attachée à rabibocher les deux partenaires du couple franco-allemand lorsque celui-ci battait de l’aile.

Que l’on me comprenne bien : toute intensification de la coopération entre deux ou trois entités, régions ou États européens est toujours la bienvenue si elle s’inscrit résolument dans l’ouverture aux autres et la complémentarité indispensable à la cohésion au sein du cadre plus large de l’Union. Tout le problème réside ici dans le choix d’une coopération bilatérale contre la coopération européenne et surtout dans le caractère exclusif de cette coopération, comme j’ai déjà eu l’occasion de la souligner (EDD n° 362).

En se tournant vers la Manche et l’Atlantique, la France ne laisse d’autre choix à l’Allemagne que de développer ses liens avec l’Europe centrale et la Russie, en reconstruisant son autonomie dans le concert européen, où il pourrait bientôt ne plus se trouver personne pour jouer la même partition. Ce scénario est bien connu des historiens, avec une différence majeure aujourd’hui : le rétrécissement de notre village planétaire dans lequel l’Europe ne forme plus qu’un quartier qui s’atrophie, alors que le grand frère américain s’interroge de plus en plus sur la pertinence de l’Alliance atlantique.

Pour ceux des Européens, qui ont en partage la culture, l’histoire, une mosaïque de langues et de terroirs, et surtout la volonté de préserver leur indépendance dans le monde qui vient, l’heure du réveil a définitivement sonné !

« À la guerre, en politique et en amour, si l’on manque le moment, il ne se retrouve plus. Tant pis pour l’Europe qui est une vieille coquine qui a perdu ses règles ».[2] À méditer en songeant à l’Europe, mais aussi, bien sûr, à la France.

 


[1] Lettre du 16 avril 1804 à Lannes, alors ministre plénipotentiaire au Portugal.

[2]  Charles-Joseph de Ligne, Fragments de l’histoire de ma vie, quinzième cahier.

 

NB : Cet article a été préalablement publié comme éditorial du numéro 363 d'EDD en date du 9 novembre 2010

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 08:04

Etienne De Durand consacre deux posts sur le blog "Ultima ratio" au traité de défense franco-britannique qui méritent d'être pris en compte dans les analyses et commentaires ayant trait à ce traité.

Le premier post est accessible via le lien suivant : http://ultimaratio-blog.org/fr/archives/2273#more-2273

Le second post est accessible via le lien suivant : http://ultimaratio-blog.org/fr/archives/2311#more-2311

 

Directeur depuis 2006 du Centre des études de sécurité de l'Ifri, Etienne de Durand traite régulièrement des questions liées aux politiques de défense française et américaine, ainsi qu’aux interventions militaires récentes. Sur ce thème, il a publié de nombreux chapitres d’ouvrages, monographies, et articles dans des revues telles que Politique étrangère, Hérodote, Défense nationale et sécurité collective, les Cahiers d’études stratégiques, la Revue Internationale de Politique Comparée ou encore la Revue Française d’Etudes Américaines.

 

Etienne de Durand réalise également depuis 2001 de nombreuses notes et études au profit de la Délégation aux affaires stratégiques, du Centre d’études en Sciences Sociales de la Défense (C2SD), de la Délégation générale pour l’armement ou du Centre d’Analyse et de Prévision du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Parmi ces recherches, on trouve – entre autres – une participation au PP30 (2003), « La transformation de l’US Army » (2002), « La RMA et les conflits asymétriques » (2003), « La culture américaine de la victoire » (2005), « Stratégie aérienne comparée » (2006, avec Bastien Irondelle), « L’observatoire de la stratégie américaine » (2006 et 2007). En parallèle, il a suivi les crises afghane et irakienne, entre autres pour le compte de la DAS et du CAP, et s’est rendu sur place, respectivement en 2000, 2008 et 2009, et en octobre 2003.

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 07:55

Introduction

On 2nd November 2010, David Cameron and Nicholas Sarkozy signed two historic treaties aimed at fostering closer Franco-British military co-operation over the next fifty years. In many ways, this new agreement is more detailed than the St. Malo accords of 1998, insofar as it includes multiple concrete capability initiatives. The principal declarations of the two new treaties, the first regarding nuclear collaboration, and the second general military cooperation, include:

• Nuclear collaboration. Britain and France plan to work together in the design and testing of nuclear weapons. A new nuclear research centre will be built at Aldermaston in the United Kingdom, while France’s hydrodynamics testing laboratory in Valduc will be expanded to test both countries’ nuclear weapons. The two powers also intend to pursue the mutual development of technologies and systems for the next generation of nuclear submarines. Although the details are still unclear and many obstacles remain in the way, this is potentially the most far-reaching point of the declaration, for it could eventually lead to a common and independent Anglo-French nuclear deterrent.

• Establishment of a joint expeditionary force. This joint expeditionary force will include approximately 10,000 troops, with half coming from either country. It will not be a standing army, but will rather draw personnel from a designated pool of troops and equipment from the two powers. It will be commanded by a French or British officer, depending on the situation and task at hand. British and French troops will train together and English will be the exclusive means of communication.

• Co-ordination of aircraft carriers. Together, by 2020, Britain and France will have access to one large aircraft carrier and up to three super carriers (depending on whether France decides to acquire a second vessel). However, given that half of these might be placed in mothballs on extended readiness, the precise character of Franco-British carrier power – whether individually or jointly – remains uncertain. At the very least, Britain will rely on France’s aircraft carrier when its own is in refit, and vice versa. In the short-term, this is particularly important for Britain given that the recent Strategic Defence and Security Review decided to retire HMS Ark Royal – the Royal Navy’s flagship aircraft carrier – and retain HMS Illustrious exclusively as a helicopter landing platform, stripped of its fighter-bomber air squadron, until 2014 only. Until Britain’s new super carriers come online, France’s Charles de Gaulle will alone provide the means to project both powers’ influence overseas. Due to Britain’s recent decision to equip its future super carriers, HMS Queen Elizabeth and HMS Prince of Wales (expected to be operational in 2016 and 2019 respectively) with electro-magnetic catapults and arrestor wires and acquire the conventional variation of the Lightning II Joint Combat Aircraft, British and French warplanes will now also be able to fly from one another’s carriers.

• Equipment, capabilities and technology. The two countries will share training, resources and maintenance of the new A400M military transport aircraft. They will also work together to develop new military units and technology to remain in the vanguard of global military innovation, including computer warfare technology, military-communication satellites, maritime mine countermeasures, and missile systems. Particularly significant is their decision to work together on the development of the next generation of unmanned and long endurance surveillance aircraft, which will result in a jointly-funded assessment programme from next year. Moreover, and significantly, France and Britain propose to undertake a joint research project from 2012 on unmanned combat air systems, potentially resulting in a new generation of unmanned fighter-bombers from 2030.

A renewed Franco-British bid for global power?

Underpinned by shared concerns, Britain and France’s far-reaching military agreement aims to maintain their global military reach in the face of financial difficulties. This is particularly urgent for Britain, which runs a deficit of 11% of GDP and whose national debt is expected to surpass £1 billion in 2011. In the words of Britain’s Defence Secretary, Liam Fox, co-operation with France makes ‘perfect sense’. The two countries have much in common: they are both nuclear powers and permanent members of the United Nations Security Council; leading members of the European Union and the Atlantic Alliance; have a global vocation and a forward looking strategic culture; and together, they account for almost half of European military spending and nearly two thirds in the area of military research and development.

For all the potential and solemnity that surrounds it, the current agreement still needs to pass the test of time. As past Franco-British declarations have shown, moving from intention to action is not always easy. Different expectations and interpretations of the agreement might represent an obstacle to a smooth development. Arguably, the main source of disagreement between the two countries is the European Union, and its role in the area of security and defence in particular, which France supports vigorously. In this regard, the British might hope that greater bilateral military co-operation will pull the French away from the European Union’s Common Security and Defence Policy (CSDP). The French, for their part, might have an altogether different expectation: namely to suck Britain firmly into European structures and make London more comfortable with them.

Regardless of France’s actual interest in shoring up bilateral relations with Britain for its own sake, such a move is indeed a brilliant tactical endeavour to push the European Union’s other Member States into greater engagement with CSDP. Together with France’s full return to the Atlantic Alliance, a strong bilateral relationship with Britain projects a very clear signal across the European continent: the French and the British will not wait infinitely and are increasingly impatient with the procrastination of their European partners on military matters. They are ready to continue to exert global influence in a changing geopolitical environment, whether bilaterally or together with the United States (when appropriate). All in all, the current Franco-British defence agreement presents both challenges and opportunities for CSDP and for Spain in particular.

Consequences for European defence

At first sight, one is inclined to think that the bilateral nature of the deal represents a blow to CSDP. The British government has clearly said that this is a pragmatic bilateral initiative, making an effort to differentiate it from St. Malo and insisting that it has no place for the European Union. This is consistent with the Conservative Party’s hostility to CSDP and its lack of enthusiasm for anything pertaining to the European enterprise. In spite of the presence of the Euro-friendly Liberal Democrats in the British government, the European Union remains a highly contentious and divisive issue within the Conservative Party. Numerous backbenchers, conservative voters, conservative leaning media as well as some prominent front benchers – not least the Chancellor, and the Foreign and Defence secretaries – remain notably Eurosceptic. Likewise, the French will devote much diplomatic energy and financial and military resources into renewed bilateral co-operation with Britain. This will, inevitably, take some heat off the French fixation with CSDP, with which there are already some signs of a French loss of interest.

After a more paused reflection, however, it is not hard to conclude that the Franco-British military agreements are in fact an opportunity for European defence and for Spain in particular. This is due to three main reasons: Firstly, at a political level, the notion of Franco-British bilateral co-operation outside the European Union is a powerful incentive for other Member States to take military power more seriously. There are some initial signals that some of the bigger Member States are already showing a renewed interest on CSDP, not least as a reaction to the spectrum of a Franco-British duopoly in European military policy. Particularly important in this regard are Germany and Poland: the former seems increasingly interested in making progress on CSDP, while the latter – whose Presidency of the Council of the European Union next year – is keen to bring important initiatives in the area of CSDP.

Secondly, the Franco-British agreement represents an important step forward in terms of European military capabilities. With defence spending soaring across Eurasia, Europe’s capability gap with the rest of the world has continued to widen. The possession of highly developed military capabilities with global reach is a prerequisite for CSDP and, ultimately CFSP. In this regard, the current Franco-British agreement should be embraced and welcomed by all Europeans. The success of CSDP requires leadership, and Britain and France are exercising that leadership. Given that CSDP relies on national assets, the Franco-British agreement will make it possible for the European Union to secure theoretical availability of an aircraft carrier naval squadron, should the London and Paris give their blessing. Furthermore, the future Franco-British joint expeditionary force will be used in those cases in which the two countries have interests at stake and, consequently, will also be an available asset to the European Union. Similarly, their co-operation with the design and testing of nuclear weapons will ensure that Europeans are guarded by a nuclear umbrella.

Thirdly, there is nothing preventing other European Union Member States from individually plugging into a Franco-British military core at a later stage. Albeit some of the items are of specific concern to Britain and France only (i.e. nuclear co-operation), most others might be of interest to other European partners, and Spain in particular (aircraft carriers, combined joint expeditionary force, A400M support and training, mine countermeasures, satellite communications, air to air refuelling, unmanned air systems, armaments industry, research and technology and cyber security). Although the initiative has been bilateral, the treaties as such do not prevent future engagement from other partners, and private reports from Britain and France indicate that they will not be opposed to consider engagement from other countries should they add value. Furthermore, there is nothing in principle that prevents whatever progresses the Franco-British partnership might bring in terms of capabilities to be part of Permanent Structured Co-operation.

The ball is now in the court of other Member States, which need to prove why they should be included in a Franco-British military core. For many years, the British and the French have encouraged other European countries to improve their military capabilities, with very little results. Not least, their own differences over the EU and NATO played against those very demands, insofar as they allowed other Europeans (and Germany in particular) to hide behind those divisions. The spectrum of a bilateral alliance outside the European Union’s structures seems a promising strategy for leveraging other Europeans into taking military power more seriously. It is now up to other Europeans to stand up and show their willingness to take part.

How does this affect Spain in particular?

The new Franco-British entente offers important opportunities for Spain, which, notwithstanding its reduced budgetary defence commitment relative to its population and economic weight, remains one of Europe’s largest military powers –particularly in the area of research and development. Its shared history with Britain and France, its Western European perspective, its maritime orientation and its global vocation make Spain a natural partner for Britain and France. Not least, Spain is one of the few European states that has an aircraft carrier capability – together with Britain, France and Italy.

In the area of military policy, greater co-operation with Britain and France should help Spain get more punch for its euros. However, one cannot pretend that simple will from other Europeans will open the new Franco-British condominium. After all, important political obstacles remain to the British government’s acquiescence. So the best way to convince the British is to take military capabilities far more seriously. Spain’s ‘soft’ strategic culture and, relatedly, its very modest financial commitment to military capabilities – a lousy 1.3% of GDP – stands in the way of the realisation of a future partnership with Britain and France. The kind of structured bilateral co-operation Britain and France are engaging in entails the sharing of numerous secrets; implies a high degree of political confidence; and a willingness to remain on the top table of world affairs. Not least, leaning on an additional country for a given capability has its costs in terms of autonomy of decision-making. Therefore, admitting other countries will be considered only if that country can bring to the table something of sufficient value. Spain is unlikely to bring much value with its current level of military expenditure. In this regard, Spain will need to ‘harden’ its strategic culture by seeking, in the short, term military spending efficiencies and, in the medium and longer terms, enhanced defence budgetary efforts to bring them up to the requirements of the Atlantic Alliance – provided the deficit has receded and the economy has taken off.

Some of the specific Franco-British initiatives concern Spain directly, particularly in relation to carrier co-operation and the A400M military transport aircraft. As one of only four European countries that maintain aircraft carrier capability, Spain – with the Principe de Asturias and the large and much praised internationally Juan Carlos I Strategic Projection Vessel – has the means to complement the Royal Navy and the Marine Nationale. Not only is an aircraft carrier a capital military capability and key deterrent against potential threats, it is also a great resource for aiding civilian emergencies (the disaster in Haiti being a good example of the way the United States can deploy its largest vessels for civilian purposes).

Conclusion and policy recommendations

In a world experiencing geopolitical flux, the Franco-British military treaties have the potential to produce two futures. The first would be one where Britain and France fuse together increasingly closely, but without other European partners. They would retain the military wherewithal necessary to engage on the top table of world affairs, at least for the next few decades. But beyond that, their integrated power would still probably not be sufficient to keep them alongside the continental giants of tomorrow. The second future is one where other European powers – like Spain – convince them, and the British government in particular, that other Europeans must be allowed on board. But either way, France and Britain must be allowed to lead this endeavour, but leadership requires clarity and good vision – and Spain should help provide some of that. Spain should therefore take up the following initiatives:

1) Press hard for the full realisation and expansion of the European Carrier Group Interoperability Initiative of December 2008, which would enlarge and ‘Europeanise’ the Franco-British carrier project by providing it with greater resources in terms of vessels. With Spanish (and Italian) input, the four European powers could then maintain at least three carriers at sea at any one time, with each navy potentially taking responsibility for a specific geographic area of concern.

2) As Europe’s third largest contributor to military research and technology, Spain should develop a long-term partnership with Britain and France in this realm. It should also push firmly, as one of the leading partners in the A400M transport aircraft project, to take part in Franco-British programmes for training, resources and maintenance. Additionally, it should seek collaboration in the provision of other capabilities, including mine countermeasures (an area in which Spain excels), satellite communications, air to air refuelling, unmanned air systems and cyber security.

3) Link up with the Franco-British expeditionary force, which would allow the Spanish military to upgrade its doctrine and capabilities to British or French standards, as well as foster a common European strategic culture and political confidence. Spain must also ensure that the European Union is not marginalised in this regard, and propose that the planned Franco-British expeditionary force be used to undergird the European Union’s future Headline Goal, and derail the failed battle group concept. This would also help other Europeans to bring their doctrine up to Franco-British standards.

4) Finally, Madrid needs to propose that the European Defence Agency conducts research into the way the Franco-British treaties could operate as a framework for the other Member States and Permanent Structured Co-operation in particular.

 

LUIS SIMÓN is Coordinator of the Security and Defence Panel at Opex and researcher at the Vrije Universiteit Brussel. JAMES ROGERS is DRS Scolar at Pembroke College, University of Cambridge.

Source :

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:35

Le ministre des Affaires étrangères turc a déclaré dimanche que son pays était prêt à se réconcilier avec Israël si l'Etat juif présentait des excuses pour le raid mené contre une flottille d'aide humanitaire à destination de Gaza le 31 mai dernier.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a aussitôt réagi en qualifiant cette demande d'"impudente", lors d'une conférence de presse organisée devant des médias internationaux.

"S'il y a bien quelqu'un qui devrait s'excuser, cela devrait être le gouvernement turc pour sa coopération avec des éléments terroristes, pour son soutien au terrorisme, à la mission de l'organisation IHH (celle de la flottille, ndlr), au Hamas et au Hezbollah", a dit le chef de la diplomatie israélienne.

Neuf militants turcs propalestiniens ont perdu la vie au printemps dernier lors de l'opération des commandos de la marine israélienne, qui étaient intervenus de nuit dans les eaux internationales.

"La Turquie a la volonté de faire la paix avec Israël", a dit à des journalistes le ministre turc, Ahmet Davutoglu, réitérant ainsi les conditions d'un retour à la normale entre les deux pays sur le plan diplomatique.

"La Turquie a la volonté de faire la paix avec tout le monde (...) Pourquoi Israël devrait-il rester à part ? Il s'agit d'un pays avec lequel nous avions de très bonnes relations jusqu'en 2008", a poursuivi le responsable turc, cité par l'agence de presse Anatolie.

Depuis les années 1990, Israël a toujours entretenu des relations militaires et commerciales étroites avec la Turquie, pays musulman mais laïque. Des tensions sont toutefois nées à la fin de l'année 2008, lorsque Israël a mené une vaste offensive militaire dans la bande de Gaza, baptisée "Plomb durci".

Mise au point de Benjamin Netanyahu

L'incident de la flottille humanitaire, qui tentait de briser le blocus imposé par Israël au territoire côtier palestinien contrôlé par le Hamas, a exacerbé ces tensions l'été dernier. Après un abordage sanglant mené par la marine israélienne, la Turquie a notamment décidé de rappeler son ambassadeur à Tel Aviv et annulé des manoeuvres militaires.

Des émissaires des deux pays se sont rencontrés au début du mois à Genève pour tenter de procéder à une réconciliation en bonne et due forme. A ce sujet, des responsables israéliens ont fait savoir que l'Etat juif souhaitait trouver un compromis qui conviendrait aux deux pays.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, exige au préalable des excuses de la part d'Israël et une indemnisation en rapport avec les dégâts causés par cet assaut sanglant. Mais l'opposition catégorique du ministre des Affaires étrangères israélien à une telle démarche freine les discussions.

Lieberman est issu d'un parti israélien ultranationaliste qui joue souvent le rôle de partenaire frondeur dans le gouvernement de coalition dominé par le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu. De sources politiques, on note que ce dernier écarte parfois Lieberman de certaines décisions politiques "sensibles".

Si Netanyahu a rejeté jusqu'ici l'exigence d'Ankara, il a désavoué dimanche la teneur du discours de Lieberman.

"Les propos du ministre des Affaires étrangères traduisent ses dispositions et positions propres", dit un communiqué des services de Netanyahu. "La position du gouvernement israélien est exclusivement celle que formule le Premier ministre Benjamin Netanyahu et que manifestent les résolutions du cabinet."

Selon des médias de son pays, le chef de la diplomatie turque a laissé planer un doute sur la volonté politique et la crédibilité du gouvernement israélien.

"Le fait que nous ayons cette volonté de faire la paix ne signifie pas que les autres l'aient aussi. Cela crée alors des difficultés. Il est très difficile de nouer une volonté politique avec Israël", a estimé Davutoglu.

 

Source : Reuters

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:19

L'Union européenne a encore des progrès à faire pour lutter contre la corruption, selon le rapport 2010 de Transparency International publié le 26 octobre 2010.

L'indice de perception de la corruption (IPC) 2010 (les notes vont de 0 à 10, 10 étant attribué aux plus intègres) témoigne d'une persistance de la corruption dans trois quarts des 178 pays constituant son panel d'étude. Il permet de faire ressortir que seuls 48 pays (27 %) ont une évaluation supérieure à la moyenne;

Selon l'ONG, la situation s'est améliorée au Bhoutan, au Chili, en Equateur, dans l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), en Gambie, en Haïti, au Koweit et au Qatar.

Elle s'est dégradée aux Etats-Unis (qui sortent du top 20 et se retrouvent classés au 22ème rang), en Grèce en, Hongrie, en République tchèque,e n Italie, au Niger et à Madagascar.

 La Somalie ferme la marche avec l'Irak et l'Afghanistan .....

Si les pays européens du nord montrent l'exemple, neuf Etats membres n'ont pas la moyenne, notamment l'Italie (67ème) et la Grèce, qui est aussi mal classée que la Chine et la Colombie (78ème rang).

L'italie perd 4 places par rapport à 2009 ( indice de 3,9), et la Grèce en perd 7 (indice de 3,5).

La France perd une place et se classe 25ème avec un indice de corruption à 6,8 alors que le Qatar est 19ème, place qu'occupait la France en 2007.

L'UE représente néanmoins la région du monde où cohabitent les Etats les plus "honn^tes" du globe, le Danemark arrivant même en tête de classement, la Finlande et la Suède se retrouvant 4èmes ex-aequo et les Pays-Bas 7ème.

Sur les 20 pays figurant en tête de classement, 9 appartiennent à l'UE, comme en 2009.

Voici le classement des pays européens :

Danemark (1), Finlande et Suède (4), Pays-Bas (7), Luxembourg (11), Irlande (14), Autriche et Allemagne (15), Royaume-Uni (20), Belgique (22), France(25), Estonie (26), Slovénie (27), Chypre (28), Espagne (30), Portugal (32), Malte (37), Pologne (41), Lithuanie (46), Hongrie (50), République tchèque (53), Lettonie et Slovaquie (59), Italie (67), Roumanie (69), Bulgarie (73), Grèce (78).

Les dommages causés par la corruption doivent être pris plus au sérieux. Sans cela, les réponses apportées aux crises mondiales resteront sans effet.

 

Source : Agence Europe

 

Voir le rapport : http://www.transparence-france.org/ewb_pages/div/Indice_de_Perception_de_la_Corruption_2010.php

 

Pour en savoir plus sur l'état de la corruption en France :

http://www.transparence-france.org/ewb_pages/div/Indice_de_Perception_de_la_Corruption_2010.php

 

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 09:01
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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 09:09
Un film à voir !
 
Pitch
Dans la banlieue de Tel-Aviv, deux solitaires se rencontrent. Il est chauffeur de taxi, elle est professeur de piano. Il a délaissé toute ambition, elle a abandonné ses illusions. Tous les deux redoutent l’avion qui les attend : il a la phobie des airs et doit pourtant s’envoler pour Paris où sera célébrée dans quelques jours la bar-mitsva de son fils, elle ne sait plus si elle doit prendre l’avion qui l’emmènera au Canada où son mari doit s’installer. Leur histoire d’amour est-elle une simple escale sans lendemain ou le point de départ d’une nouvelle vie ?

 

Acteurs

Avec Dror Keren, Helena Yaralova, Lena Sahanov, Vladimir Friedman, Yoram Tolledano, Ariel Kruszyn, Michael Warshaviak
 
 
 
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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 13:32

Ce projet de loi s'est vu attribuer le numéro 3071. A première vue, rien d'extraordinaire: sept petits articles, signés du Garde des Sceaux. Mais ce texte, visiblement, brûle les doigts: son passage en conseil des ministres a été calé un mercredi 22 décembre, en pleine trêve des confiseurs et des journalistes politiques; c'est François Fillon, en personne, qui s'est chargé de sa présentation devant Nicolas Sarkozy; pour en récupérer une version, mercredi, c'était le parcours du combattant.

D'habitude, à l'issue du conseil des ministres, il suffit à la presse de passer un coup de fil. Cette fois, le porte-parole du ministre de la Justice, Michel Mercier, esquivait: «Voyez à Matignon». Le service presse du Premier ministre répondait: «Euh, appelez chez Ollier (ministre des relations avec le Parlement)». Et chez Patrick Ollier: «Euh, demandez à l'Elysée!» Au moins, on sait qui supervise le dossier...

Mediapart a donc attendu sagement que le projet de loi N°3071 soit publié sur le site internet de l'Assemblée nationale, mercredi dans la soirée, pour mettre la main dessus. Jamais un texte n'aura été manipulé avec autant de pincettes! Son objet? La procédure de destitution du Président de la République, mise à disposition des parlementaires «en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat».

Celle-ci avait été introduite dans la Constitution en février 2007, comme une contrepartie à la nouvelle immunité pénale accordée à l'hôte de l'Elysée pour tout son mandat. Depuis, il manquait une loi organique, qui fixe les détails et la rende «opérationnelle».

Ce droit à destituer avait été pensé en 2007 comme une soupape de sécurité, qui permette au Parlement de se débarrasser d'un chef de l'Etat qui aurait commis un crime grave (tel un meurtre) ou manqué à ses devoirs constitutionnels (en refusant par exemple de promulguer une loi).

De la procédure, on connaissait l'essentiel, prévu à l'article 68 de la Constitution: le Président peut être destitué par la Haute Cour (soit la réunion de l'Assemblée nationale et du Sénat); cette Haute Cour est convoquée après le vote d'une résolution par chacune des deux chambres; enfin, toutes ces décisions sont prises à la majorité des deux tiers.

Le projet de loi organique vient mettre fin au suspens qui portait sur des éléments «secondaires», en particulier sur l'ampleur des garde-fous imaginés pour éviter les démarches politiciennes: combien de signatures de députés (ou de sénateurs) exigées au bas d'une résolution pour enclencher la procédure? Combien de cartouches pour un même parlementaire au court de son mandat? Etc.

Sur l'essentiel, le gouvernement a suivi les recommandations de la commission Avril, qui avait pensé la révision constitutionnelle de 2007. Ainsi, la signature d'un dixième des membres d'une chambre suffira au départ, et les parlementaires pourront dégainer autant de fois qu'ils le souhaitent... Mais l'exécutif a fait preuve d'une imagination débridée en prévoyant qu'une résolution -une fois paraphée- ne pourrait être examinée en séance, et donc soumise au vote de l'Assemblée ou du Sénat, qu'avec l'accord préalable de la commission des Lois.

Celle-ci «s'assure que la proposition n'est pas dénuée de tout caractère sérieux, dit le texte. A défaut, la proposition ne peut être mise en discussion.» Fermez le ban! C'est un sacré filtre, susceptible de tuer la procédure dans l'œuf avant même que le moindre débat public ait eu lieu dans l'hémicycle!

Cette idée n'a jamais été suggérée par la commission Avril, qui préconisait tout l'inverse, à savoir une «inscription obligatoire à l'ordre du jour». De même, lors du débat sur la révision constitutionnelle de 2007, l'UMP n'a jamais plaidé pour une solution pareille. Alors?

Matignon justifie son choix dans l'exposé des motifs: le filtrage de la commission des lois «vise à prévenir le risque de procédures dilatoires ou abusives, perturbant le fonctionnement normal des institutions. (...) La procédure de destitution du Président de la République ne peut être regardée comme un droit collectif de nature politique ouvert aux groupes minoritaires». Ni comme un moyen de «rendre celui-ci responsable devant le Parlement.»

«Ce bémol gâche un texte que j'étais heureux de voir enfin arriver, réagit le sénateur socialiste François Patriat (qui avait défendu une proposition de loi de son cru début 2010, illico balayée par l'UMP). Le caractère "sérieux" de la résolution est laissé à l'appréciation de la commission des lois, où joue le fait majoritaire. Celle-ci peut tout enterrer, et Nicolas Sarkozy se retrouve hyperprotégé.» François Patriat se montre donc cinglant: «Ce texte vient dénaturer la révision constitutionnelle de 2007.»

Son collègue député Jean-Jacques Urvoas (PS) se montre moins sévère: «J'aurais préféré qu'on respecte l'esprit du constituant, déclare-t-il. Que la majorité puisse décider seule de l'engagement ou non d'une procédure de destitution, personne ne l'avait imaginé ces dernières années, ni chez les parlementaires, ni parmi les constitutionnalistes. Mais je n'aime pas faire de procès d'intention, alors je parlerais plutôt d'une inélégance.»

Cette initiative de l'exécutif s'avère d'autant plus gênante que Nicolas Sarkozy a rompu, par ailleurs, avec la tradition républicaine qui veut que les présidents en exercice -inattaquables en justice- n'attaquent jamais eux-mêmes. Or, depuis son arrivée à l'Elysée, le chef de l'Etat s'est porté partie civile à de nombreuses reprises, contre un fabricant de poupées vaudoues (à son effigie), contre l'ancien directeur des RG Yves Bertrand, contre les «pirates» de son compte bancaire... Il a, en plus, réactivé le délit d'offense au chef de l'Etat. Où est l'égalité des armes?

 

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 08:56

Une page se tourne à l'OFCE. Jean-Paul Fitoussi, soixante-huit ans, quittera ces prochains jours la présidence de l'Observatoire français des conjonctures économiques, qu'il occupait depuis 1990, pour se « consacrer pleinement à (ses) activités de recherche et d'enseignement » . Son successeur pourrait être Philippe Weil, enseignant à Sciences po, où il dirige l'école doctorale. C'est en tout cas ce spécialiste de théorie macroéconomique que Jean-Paul Fitoussi, qui restera chercheur à l'OFCE, a proposé pour lui succéder. Le choix est du ressort du président de la Fondation nationale des sciences politiques, Jean-Claude Casanova, avec l'accord du Premier ministre, François Fillon. 

Quels phénomènes économiques vous ont le plus marqué pendant ces vingt ans à la présidence de l'OFCE ?

La construction européenne, avec la création de la monnaie unique ou la mise en place du pacte de stabilité, a été un laboratoire extraordinaire pour les économistes. Cette construction a changé la face du monde, faisant de l'Europe la plus grande économie mondiale en termes de PIB. Aujourd'hui, l'Europe paie le coût économique de l'absence de gouvernement politique. Cela se percevait dès sa création et cela éclate au grand jour, avec la crise actuelle de la zone euro. Car il ne s'agit pas d'une crise économique mais bien d'une crise politique. D'un point de vue financier, l'Europe est certainement l'économie la plus saine du monde industrialisé, avec une dette publique bien plus faible que celle des Etats-Unis ou du Japon et un taux d'épargne très élevé. La spéculation actuelle vient de l'absence de solidarité budgétaire entre ses membres.

Le deuxième phénomène majeur est l'émergence de la Chine et de l'Inde, qui a conduit à l'apparition d'énormes déséquilibres de balances des paiements, avec des réserves monétaires considérables accumulées par les pays émergents et un déficit considérable et persistant aux Etats-Unis. Face à cette nouvelle donne, les institutions internationales mises en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus adaptées.

Le G20 peut-il être l'outil adapté à cette nouvelle donne ?

La multiplication des crises, celle issue de la bulle Internet, celle au lendemain du 11 Septembre ou encore celle, extrêmement violente, de 2007-2008, dont nous ne sommes d'ailleurs toujours pas sortis, constitue évidemment l'autre phénomène économique majeur des vingt dernières années. Face à la dernière crise, le G20 a émergé dans sa forme actuelle. Mais il demeure un club de pays non encore doté de la capacité de mise en oeuvre de ses propres décisions.

Comment a, dans le même temps, évolué la science économique ?

L'économie mondiale en général, et européenne en particulier, s'est convertie à la révolution conservatrice apparue au début des années 1980. Cela se reflète très bien dans les trois piliers fondamentaux de l'Europe que sont la stabilité des prix, avec la Banque centrale européenne, la libre concurrence, avec la Commission européenne et la surveillance budgétaire, avec le pacte de stabilité. Les théories keynésiennes et l'interventionnisme public, que je défends, ont largement perdu du terrain dans la gestion des politiques publiques européennes, jusqu'à ce que la dernière crise ne les remette en selle parce qu'elle a mis en exergue la défaillance des marchés. Sans les plans de relance, la crise aurait été bien plus profonde. Maintenant, on accuse les Etats et singulièrement en Europe d'être trop intervenus…

Compte tenu de la multiplicité des crises, la réduction des déficits n'est-elle pas nécessaire pour avoir de futures marges de manoeuvre ?

C'est la question piège… Mieux vaut, évidemment, avoir le plus faible des déficits possible. Mais encore faut-il s'interroger sur les meilleurs moyens de les réduire. Faut-il mener une stratégie d'austérité ou une stratégie d'investissement, sachant que la voie privilégiée de réduction des déficits est celle d'une croissance forte ? On voit bien que ces deux conceptions s'affrontent actuellement. Les Etats-Unis viennent de décider d'un nouveau plan de relance alors que leur marge de manoeuvre budgétaire est bien plus faible que la nôtre. En Europe, il aurait suffi d'une solidarité budgétaire sans faille pour que disparaissent les spéculations et leurs éventuelles conséquences sur l'euro. Même si certains petits pays pourraient aujourd'hui être tentés de sortir de la zone euro, un éclatement de la zone aurait des conséquences catastrophiques, avec une dépréciation des monnaies pour une majorité de pays qui rendrait les problèmes d'endettement insurmontables. Cela n'est dans l'intérêt d'aucun pays.

A l'aune de la crise, la science économique traduit-elle correctement la réalité ?

Dénoncer les économistes pour ne pas avoir su prévoir la crise est un mauvais procès. Aucune discipline n'est capable d'expliquer totalement la réalité. Bien avant que la crise n'éclate, nombre d'économistes avaient souligné les déséquilibres existants ou encore les dysfonctionnements des marchés financiers. La possibilité d'une catastrophe à venir avait été dite, même si le moment où elle se produirait n'avait pas été prédit.

Vers quels champs d'investigation doit aller la science économique ?

Je suis stupéfait de voir que la crise n'a été qu'une parenthèse pour une majorité d'économistes désireux de retrouver très vite leur boîte à outils, leur grille d'analyse qui prévalait jusque-là. La crise implique qu'il faille aller à la recherche d'un meilleur modèle explicatif. Il faut essayer de reconstruire les éléments de la théorie économique, dont on perçoit qu'ils ont été peu robustes face à l'explosion de la crise. La théorie « classique », dominante, fondée sur l'efficience des marchés, doit être totalement reconsidérée. Il faut absolument renforcer notre connaissance du fonctionnement des marchés et renoncer aux théories fondées sur une dichotomie entre sphère financière et sphère réelle.

Vous avez coordonné les travaux de la commission Stiglitz sur la mesure du bien-être. Est-ce ce vers quoi doit tendre la connaissance économique ?

L'absence d'une mesure correcte des inégalités rend difficile la bonne compréhension de la société et donc la possibilité de conduire des politiques économiques efficaces. Il faut aller au-delà des chiffres moyens. Au cours des vingt-cinq dernières années, 80 % de la population de l'OCDE a vu son revenu progresser moins rapidement que le revenu moyen. Même chose pour l'inflation : celle-ci a été plus marquée pour les ménages les plus pauvres que la moyenne, tandis qu'elle a été négative pour les plus aisés. Le manque d'attention à la qualité de vie (santé, éducation, emploi, sécurité…) explique en partie le malaise social dans les pays riches. Je constate avec satisfaction que l'application de nos recommandations progresse plus vite que nous ne l'anticipions, notamment en France. (pour en savoir plus à ce sujet, voir notamment Evaluer la performance économique, le bien-être et la soutenabilité (Conseil d'analyse économique & Conseil allemand des experts en économie) ainsi que Les mesures proposées par la Commission européenne pour mesurer le bien-être économique, environnemental et social au-delà du PIB - nouvelle édition - )

 
Propos recueillis par Frédéric SCHAEFFER, Les Echos
 
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