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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 08:56

Une page se tourne à l'OFCE. Jean-Paul Fitoussi, soixante-huit ans, quittera ces prochains jours la présidence de l'Observatoire français des conjonctures économiques, qu'il occupait depuis 1990, pour se « consacrer pleinement à (ses) activités de recherche et d'enseignement » . Son successeur pourrait être Philippe Weil, enseignant à Sciences po, où il dirige l'école doctorale. C'est en tout cas ce spécialiste de théorie macroéconomique que Jean-Paul Fitoussi, qui restera chercheur à l'OFCE, a proposé pour lui succéder. Le choix est du ressort du président de la Fondation nationale des sciences politiques, Jean-Claude Casanova, avec l'accord du Premier ministre, François Fillon. 

Quels phénomènes économiques vous ont le plus marqué pendant ces vingt ans à la présidence de l'OFCE ?

La construction européenne, avec la création de la monnaie unique ou la mise en place du pacte de stabilité, a été un laboratoire extraordinaire pour les économistes. Cette construction a changé la face du monde, faisant de l'Europe la plus grande économie mondiale en termes de PIB. Aujourd'hui, l'Europe paie le coût économique de l'absence de gouvernement politique. Cela se percevait dès sa création et cela éclate au grand jour, avec la crise actuelle de la zone euro. Car il ne s'agit pas d'une crise économique mais bien d'une crise politique. D'un point de vue financier, l'Europe est certainement l'économie la plus saine du monde industrialisé, avec une dette publique bien plus faible que celle des Etats-Unis ou du Japon et un taux d'épargne très élevé. La spéculation actuelle vient de l'absence de solidarité budgétaire entre ses membres.

Le deuxième phénomène majeur est l'émergence de la Chine et de l'Inde, qui a conduit à l'apparition d'énormes déséquilibres de balances des paiements, avec des réserves monétaires considérables accumulées par les pays émergents et un déficit considérable et persistant aux Etats-Unis. Face à cette nouvelle donne, les institutions internationales mises en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus adaptées.

Le G20 peut-il être l'outil adapté à cette nouvelle donne ?

La multiplication des crises, celle issue de la bulle Internet, celle au lendemain du 11 Septembre ou encore celle, extrêmement violente, de 2007-2008, dont nous ne sommes d'ailleurs toujours pas sortis, constitue évidemment l'autre phénomène économique majeur des vingt dernières années. Face à la dernière crise, le G20 a émergé dans sa forme actuelle. Mais il demeure un club de pays non encore doté de la capacité de mise en oeuvre de ses propres décisions.

Comment a, dans le même temps, évolué la science économique ?

L'économie mondiale en général, et européenne en particulier, s'est convertie à la révolution conservatrice apparue au début des années 1980. Cela se reflète très bien dans les trois piliers fondamentaux de l'Europe que sont la stabilité des prix, avec la Banque centrale européenne, la libre concurrence, avec la Commission européenne et la surveillance budgétaire, avec le pacte de stabilité. Les théories keynésiennes et l'interventionnisme public, que je défends, ont largement perdu du terrain dans la gestion des politiques publiques européennes, jusqu'à ce que la dernière crise ne les remette en selle parce qu'elle a mis en exergue la défaillance des marchés. Sans les plans de relance, la crise aurait été bien plus profonde. Maintenant, on accuse les Etats et singulièrement en Europe d'être trop intervenus…

Compte tenu de la multiplicité des crises, la réduction des déficits n'est-elle pas nécessaire pour avoir de futures marges de manoeuvre ?

C'est la question piège… Mieux vaut, évidemment, avoir le plus faible des déficits possible. Mais encore faut-il s'interroger sur les meilleurs moyens de les réduire. Faut-il mener une stratégie d'austérité ou une stratégie d'investissement, sachant que la voie privilégiée de réduction des déficits est celle d'une croissance forte ? On voit bien que ces deux conceptions s'affrontent actuellement. Les Etats-Unis viennent de décider d'un nouveau plan de relance alors que leur marge de manoeuvre budgétaire est bien plus faible que la nôtre. En Europe, il aurait suffi d'une solidarité budgétaire sans faille pour que disparaissent les spéculations et leurs éventuelles conséquences sur l'euro. Même si certains petits pays pourraient aujourd'hui être tentés de sortir de la zone euro, un éclatement de la zone aurait des conséquences catastrophiques, avec une dépréciation des monnaies pour une majorité de pays qui rendrait les problèmes d'endettement insurmontables. Cela n'est dans l'intérêt d'aucun pays.

A l'aune de la crise, la science économique traduit-elle correctement la réalité ?

Dénoncer les économistes pour ne pas avoir su prévoir la crise est un mauvais procès. Aucune discipline n'est capable d'expliquer totalement la réalité. Bien avant que la crise n'éclate, nombre d'économistes avaient souligné les déséquilibres existants ou encore les dysfonctionnements des marchés financiers. La possibilité d'une catastrophe à venir avait été dite, même si le moment où elle se produirait n'avait pas été prédit.

Vers quels champs d'investigation doit aller la science économique ?

Je suis stupéfait de voir que la crise n'a été qu'une parenthèse pour une majorité d'économistes désireux de retrouver très vite leur boîte à outils, leur grille d'analyse qui prévalait jusque-là. La crise implique qu'il faille aller à la recherche d'un meilleur modèle explicatif. Il faut essayer de reconstruire les éléments de la théorie économique, dont on perçoit qu'ils ont été peu robustes face à l'explosion de la crise. La théorie « classique », dominante, fondée sur l'efficience des marchés, doit être totalement reconsidérée. Il faut absolument renforcer notre connaissance du fonctionnement des marchés et renoncer aux théories fondées sur une dichotomie entre sphère financière et sphère réelle.

Vous avez coordonné les travaux de la commission Stiglitz sur la mesure du bien-être. Est-ce ce vers quoi doit tendre la connaissance économique ?

L'absence d'une mesure correcte des inégalités rend difficile la bonne compréhension de la société et donc la possibilité de conduire des politiques économiques efficaces. Il faut aller au-delà des chiffres moyens. Au cours des vingt-cinq dernières années, 80 % de la population de l'OCDE a vu son revenu progresser moins rapidement que le revenu moyen. Même chose pour l'inflation : celle-ci a été plus marquée pour les ménages les plus pauvres que la moyenne, tandis qu'elle a été négative pour les plus aisés. Le manque d'attention à la qualité de vie (santé, éducation, emploi, sécurité…) explique en partie le malaise social dans les pays riches. Je constate avec satisfaction que l'application de nos recommandations progresse plus vite que nous ne l'anticipions, notamment en France. (pour en savoir plus à ce sujet, voir notamment Evaluer la performance économique, le bien-être et la soutenabilité (Conseil d'analyse économique & Conseil allemand des experts en économie) ainsi que Les mesures proposées par la Commission européenne pour mesurer le bien-être économique, environnemental et social au-delà du PIB - nouvelle édition - )

 
Propos recueillis par Frédéric SCHAEFFER, Les Echos
 
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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 08:22

L’armée française est engagée en Afghanistan dans des opérations de contre-guérilla face à un adversaire déterminé, maîtrisant parfaitement son environnement et disposant d’une longue expérience opérationnelle.

En sus des opérations de guérilla, les forces françaises doivent faire face à des modes opératoires asymétriques : attentats suicides, bombes et plus particulièrement engins explosifs improvisés (Improvised Explosive Devices, IED).

Dans des conditions d’engagement qui diffèrent des combats de haute intensité ou des opérations extérieures « habituelles » menées en Afrique, l’armée française doit adapter sa doctrine, mais aussi ses équipements aux modalités du conflit, au terrain et aux menaces auxquelles elle est confrontée. Depuis 2006, de nombreux « Achats en urgence opérationnelle » (AUO) ont été lancés pour équiper les forces de matériels mieux adaptés ou répondant à des menaces qui n’avaient pas été prises en compte avant l’arrivée sur le théâtre d’opération afghan. Ces AUO ont porté en grande partie sur des équipements de lutte contre les IED, mais aussi sur le renforcement de l’interopérabilité entre l’armée française et ses alliés. L’armée de Terre est particulièrement concernée, puisqu’elle constitue la majorité des soldats engagés sur le terrain, mais l’armée de l’Air et la Marine ont elles aussi dû procéder à des AUO.

D’aucuns n’ont pas hésité à parler d’un « échec de la programmation », suite à l’incapacité des armées à prévoir et disposer du matériel nécessaire pour leurs engagements en opérations extérieures. De fait, la menace des IED n’est pas inconnue lorsqu’en 2006 la France s’engage de manière plus poussée en Afghanistan. Les Britanniques et les Américains ont découvert cette nouvelle menace en Irak depuis 2003 et déclenché des programmes importants d’achats en urgence opérationnelle.

Toutefois, il s’agit moins ici de pointer des insuffisances que de comprendre leurs origines, en s’interrogeant sur l’adéquation entre le système actuel d’acquisition de matériels et la nécessité de fourniture rapide suscitée par l’urgence opérationnelle. Les AUO mettent en lumière un certain nombre de problèmes d’adaptation des mécanismes d’achats d’armements. Si elles conviennent pour une programmation longue visant la conception et l’achat d’armements dans le cadre de la planification, avec des garanties sur l’intégration des nouveaux matériels et le souci de la cohérence du parc des équipements en service, les procédures de passation des marchés d’armements présentent en revanche une lourdeur peu compatible avec une situation d’urgence.

L’importance croissante des AUO met en exergue un problème structurel affectant les entités chargées de recueillir le besoin opérationnel – en évolution rapide – et de le retranscrire dans une procédure rapide de validation et d’achat du matériel requis. Elle impose notamment de créer des processus et des structures permettant un cycle d’intégration plus rapide, et donc plus adapté à une situation de guerre.

Après avoir rappelé tout d’abord le contexte qui est à l’origine des procédures d’armement actuelles, cette étude tente de mettre en évidence les lourdeurs et les rigidités de ces procédures dès lors qu’elles sont confrontées aux achats en urgence opérationnelle induits par les engagements militaires d’aujourd’hui. Elle plaide en conséquence pour des procédures plus fluides permettant de dégager des synergies et une plus grande réactivité face aux situations d’urgence opérationnelle.

 

Voir le document : Focus strategique 15 Clouet Focus strategique 15 Clouet

 

 

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 05:17

La France et l'Allemagne se sont prononcées contre l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen : c'est ce qu'a annoncé hier le porte-parole de la commissaire Cecilia Malmström, qui suit le dossier. Les ministres français et allemand de l'Intérieur, Brice Hortefeux et Thomas de Maizière, ont adressé une lettre à la Commission "dans laquelle ils jugent 'prématuré' d'autoriser l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace Schengen en mars 2011", comme c'était initialement prévu [Le Figaro].
Aussitôt, Traian Basescu, le Président roumain, a dénoncé "un acte de discrimination contre la Roumanie". "Nous n’accepterons de discrimination de personne, pas même des Etats les plus puissants de l’Union européenne", a-t-il ajouté [Libération].
Cette discrimination, il l'identifie dans le durcissement soudain des conditions posées par Berlin et Paris pour l'adhésion de ces deux Etats d'Europe centrale. Alors même qu'ils remplissent les critères techniques requis pour l’adhésion à l’espace de libre circulation, le couple franco-allemand souhaite les voir durcir leur lutte contre la corruption et améliorer le fonctionnement de leurs appareils de justice.
Deux aspects que le Président roumain a reconnus légitimes : "Bien sûr, cette lettre parle d’une situation réelle qui ne peut pas être contestée". Ainsi Laurent Wauquiez, ministre français des Affaires européennes, justifie la position française par le risque "d'affaiblissement de la capacité de l'Europe à gérer et à contrôler ses flux migratoires". "Si nous leur confions nos frontières, il est légitime que nous puissions avoir toutes les garanties pour que ces frontières soient bien gardées avec des douaniers en mesure d'exercer toute la vigilance que nous sommes en droit d'attendre. Or aujourd'hui cela n'est pas le cas", a-t-il affirmé [Le Monde]. L'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à Schengen, qui nécessite l'unanimité des Etats membres de cet espace, pourrait donc être gelée au moins jusqu'à l'été 2011.
La presse française rappelle que, pourtant "au beau fixe pendant des années, les relations entre la France et la Roumanie se sont tendues cet été après l’expulsion par Paris de milliers de Roms roumains" [Libération].

En savoir plus :
L'espace Schengen - Touteleurope.eu

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 17:26
En adoptant lors du Sommet de l’OTAN à Lisbonne, parallèlement au nouveau Concept stratégique, le principe de l’établissement d’une défense antimissile balistique (DAMB) pour protéger leurs territoires et populations, les Etats membres de l’Alliance atlantique ont confirmé un engagement politique majeur dont les équations budgétaires, industrielles et géopolitiques comportent encore, cependant, de trop nombreuses inconnues.
L’existence de zones d’ombre constitue, à dire vrai, un élément récurrent aux choix technologiques militaires.
Tâchons d’examiner quelques-unes des nombreuses incertitudes qui se présenteront dans le processus d’édification du système antimissile à l’échelle européenne.

 

Lire le reste de cet article »

 

 

   
 
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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 16:32

Le Centre d’Etudes de Sécurité et de Défense publie en ligne le dernier rapport d’Alain De Neve sur Nanotechnologies et sécurité internationale. Cette étude, parue dans la collection Sécurité & Stratégie, examine les perspectives d’applications des nanotechnologies et technologies de la convergence et aborde les menaces, risques et enjeux que leur irruption dans le domaine militaire pourrait susciter en termes d’équilibres stratégiques.

Le rapport est disponible à partir de ce lien.

Alain De Neve, Nanotechnologies et sécurité internationale, Bruxelles, IRSD, coll. Sécurité & Stratégie, numéro 107, novembre

 

Voir également sur ce blog les articles relatifs à ce sujet dans la rubrique intitulée : Technologies et entreprises en action et en débat

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 15:43

Le projet que poursuit, à travers ses membres, le réseau repose sur l’étude théorique des relations internationales, l’analyse des enjeux internationaux et géopolitiques contemporains, l’examen des questions stratégiques et militaires et l’étude des organisations internationales de sécurité et de défense.

A travers ses activités, le RMES entend informer l’opinion publique et sensibiliser celle-ci aux enjeux stratégiques majeurs de ce nouveau millénaire.

Il espère également apporter indirectement une aide à la décision politique.

 

Pour en savoir plus : http://www.rmes.be/

 

Les cahiers du RMES : http://www.rmes.be/les_cahiers_du_rmes.htm

 

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:53

Suite à la violente propagation de la crise financière en Europe, plusieurs Etats membres de l'Union européenne souffrent encore  en cette fin d'année. Premier pays ayant demandé l'aide d'urgence de l'UE et du FMI, la Grèce a "adopté dans la nuit de mercredi 22 à jeudi 23 décembre un budget pour 2011 imposant une nouvelle vague de réduction des dépenses publiques et de hausse des impôts" [Le Monde]. Le budget grec prévoit notamment "des économies de 14 milliards d'euros après celles réalisées en 2010 (de l'ordre de 9,1 milliards d'euros)" [AFP].
L'Espagne souffre des mêmes maux, dans une moindre proportion cependant. Le Parlement espagnol a adopté  un "projet de budget pour 2011 qui vise à réduire le déficit budgétaire de plus de trois points de pourcentage pour rassurer les marchés sur la situation financière du pays" [Reuters]. Titrant "La Belgique, nouveau maillon faible de la zone euro", La Tribune craint que la dégradation de la note belge par l'agence Standards & Poor's  puisse déclencher une attaque spéculative des marchés financiers en 2011.
L'Italie connaît aussi les effets de la crise, visibles en particulier dans ses universités. "La réforme qui réduit le budget consacré aux facultés est en passe d'être adoptée définitivement au Sénat" rapporte Euronews, une semaine après les violents affrontements entre étudiants et forces de l'ordre à Rome. Confronté à des difficultés d'ordre budgétaire, le Portugal se voit quant à lui aidé par la Chine qui "serait prête à acheter de la dette portugaise" d'après Le Monde. Selon le quotidien lusophone Jornal de Negocios, "la Chine serait disposée à acheter quatre à cinq milliards d'euros de dette souveraine portugaise pour soulager la pression subie par le Portugal sur le marché obligataire" rapporte Le Monde
C'est d'ailleurs l'un des faits marquants de cette année : possédant déjà 750 milliards de dollars de dette américaine, la Chine se voit offrir une nouvelle porte d'entrée en Europe, via la Grèce puis le Portugal. Le pays aurait dès lors une "attitude ambivalente l’égard de l’Union européenne" [La Croix] comme le confirment les entretiens qui ont eu lieu mardi 21 à Pékin dans le cadre du dialogue sino-européen sur les questions économiques et commerciales, en présence des commissaires Olli Rehn, Joaquin Almunia et Karel de Gucht. D'un côté le vice Premier ministre chinois a déclaré soutenir "les mesures prises par l’Union européenne et le Fonds monétaire international pour aider les pays surendettés et stabiliser les marchés financiers", de l'autre le ministre chinois du Commerce a affirmé qu'il était " 'très inquiet' de la capacité des Européens à venir à bout de la crise des dettes souveraines"[La Croix]. Euractiv.com  confirme cette impression en titrant que "La Chine exhorte l’UE à agir concernant la crise de la dette", en souhaitant plus d'action et moins de paroles de la part des autorités compétentes pour faire sortir au plus vite l'Europe de la crise.

Source : http://lettres.touteleurope.eu/

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 10:37

Le lecteur trouvera ci-joint un ensemble d'articles parus dans la Revue 'Défense nationale'  qui abordent des sujets ayant trait à la réflexion stratégique.

 

CSFRS CSFRS

 

Voir également :

 * Connaissez-vous le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS) ?

 * Retour sur images : Relancer et financer la recherche stratégique (Revue Défense nationale, octobre 2003)

 

 

 

 

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:40

Le Conseil des ministres de l'UE a approuvé le 25 octobre 2010 les lignes directrices révisées sur la protection des civils dans le cadre des missions et opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Ce texte remplace les orientations en la matière de 2003 en cherchant à déterminer dans quelle mesure il est tenu compte, dans les phases de planification et de la conduite des missions et des opérations PSDC, de la mise en oeuvre de la résolution 1894 de décembre 2009 du Conseil de sécurité des Nations unies portant sur la protection des civils dans les conflits armés. Elles prennent aussi en compte les expériences tirées des opérations PSDC ainsi que des propositions conjointes faites dans c ette matière par l'Autriche, la Belgique et l'Italie en décembre 2009. Ont été ausi prises en compte les recommandations faites par le secrétariat du Conseil en avril 2010.

Le document adopté par le Conseil recommande en effet de renforcer et intégrer davantage les aspects de la protection des civils au cours des opérations, tout en insistant sur un partage clair des rôles, qui devraient toutefois être complémentaires, entre les militaires et les acteurs humanitaires civils. L'objectif étant de contribuer ou de garantir, dans la plus grande mesure possible, un accès sécurisé et sans entraves des acteurs humanitaires aux populations civiles ainis que de garantir ou de contribuer à la sécurité de ces acteurs. Outre une plus grande intégration dans l'action de l'UE (qui devrait être faite en étroite coopération avec les Nations unies et d'autres acteurs locaux ou internationaux pertinents) des éléments liés à la protection des droits de l'Homme, ceux des femmes ou des enfants, les actions de l'UE viseraient également à renforcer la coopération avec les gouvernements hôtes en vue de renforcer la protection des personnes déplacées. Le personnel déployé dans le cadre des missions de l'UE pourrait également jouer un rôle afin de fournir une assistance technique ou une formation aux personnels de sécurité locaux. A cet égard, une attention particulière serait accordée en vue de prévenir l'infiltration de groupes armés dans les camps de réfugiés ou des personnes déplacées. Sur le plan interne, les lignes directrices recommandent également une meilleure consultation avec la direction générale chargée de l'aide humanitaire (DG ECHO) dans les cas de déploiement de mission dans des pays où cette direction générale est active.

Au cours de la phase de planification précoce des opérations et des missions, il reviendrait au service européen d'action extérieure (SEAE) d'évaluer la nature des risques et des menaces contre les populations civiles et de partager ces informations avec les agences de l'ONU, la Croix Rouge et, le cas échéant, l'OTAN, l'Union africaine, l'OSCE, le Conseil de l'Europe ainsi que les organisations non gouvernementales (ONG). Les éléments à examiner devraient inclure la violence physique et les risques potentiels ou en cours du droit humanitaire et des droits de l'Homme, la liberté de mouvement, la sécurité des routes d'approvisionnement, les déplacements forcés de populations, les conditions de fourniture de l'aide humanitaire, l'impact des initiatives prises dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité ou de l'Etat de droit. D'autres menaces pesant sur les civils comme celles découlant de la présence dans la région concernée d'armes légères, de mines ou d'engins non explosés devraient être également pris en compte. Une attention particulière devrait être accordée aux groupes vulnérables comme les femmes et les enfants, les réfugiés ou les personnes déplacées ainsi que les minorités ethniques et religieuses. Les missions d'enquête, les missions exploratoires ou les équipes de planification devraient inclure aussi dans leur analyse les éléments relevant de la protection des civils, en mettant l'accent sur l'identification des possibilités de coopération avec les acteurs nationaux et internationaux. La phase de la planification devrait ainsi fournir les éléments permettant d'identifier les domaines d'action où la mission pourrait être plus efficace. Si nécessaire, la protection des civils pourrait explicitement être icluse dans le mandat d'une mission. Les tâches de la mission PSDC devraient être concentrées tant sur le processus politique (facilitation du processus de réconciliation, médiation et le soutien au dialogue intercommunautaire, le renforcement du pouvoir judiciaire au niveau national et international, etc.) et des aspects opérationnels (l'observation de la mise en place des accords de cessez-le-feu ou des accors de paix ; la création des conditions favorisant la fourniture de l'aide humanitaire, le rétablissement de la liberté de mouvement, l'organisation des patrouilles policières ou militaires, la formation des agents locaux chargés de la protection des civils, la stabilisation après la crise au travers des programmes de désarmement, de démobilisation et de la réintégration ou la réforme du secteur de la sécurité). La formation pré-déploiment devrait également garantir un entraînement adéquat du personnel européen en ce qui concerne le droit humanitaire, les droits de l'Homme et la protection des réfugiés.

 

Source : Agence Europe

 

 

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:09

Voici le tour d’horizon des sanctions envisagées ou possibles.

Les sanctions politiques

La décision d’interdiction des visas. Décidée le 13 décembre, elle est entrée en vigueur le 22 décembre à 12h précise la porte-parole de Mme Ashton. Elle concerne 19 personnalités, dont Laurent Gbagbo et une de ses femmes, ainsi que ses proches. Cette liste pourrait « s’allonger si nécessaire » confirme-t-on coté européen. Aux Etats-Unis le porte parole a déjà annoncé que cette liste pourrait contenir des dizaines de noms. Il a également précisé que cette mesure s’appliquait aux visas déjà délivrés mais apparemment pas aux enfants de L. Gbagbo (une de ses filles vit aux Etats-Unis).

• L’interdiction de contact. Les Européens n’ont officiellement de contact qu’avec le gouvernement Ouattara. Le principe est de ne prendre aucun contact avec les personnalités du camp Gbagbo. De même, seuls les ambassadeurs reconnus par Ouattara seront accrédités, pas ceux du camp Gbagbo.

Les mesures économiques

Le gel des avoirs. Il concerne à la fois le gel des avoirs détenus sur le sol européen et le gel des mouvements. Cette décision est complexe et nécessite un délai. Les experts européens reconnaissent qu’il est possible que des fuites se produisent avant cela. En attendant la Banque mondiale a gelé l’attribution de ses fonds.

Les avoirs ivoiriens à la BCEAO. C’est dans cette action que les Européens misent essentiellement pour asphyxier le camp Gbagbo. Transférer le compte officiel et les avoirs au nouveau gouvernement serait primordial. Ouattara connait bien la banque, il en a été un des présidents. NB : si la parité fixe du CFA à l’Euro est garantie par le Trésor français, les réserves de la BCEAO demeurent propriété de la banque.

Le gel des relations industrielles. Cette option n’est pas évoquée. La richesse de la Côte d’Ivoire repose essentiellement sur deux produits : le cacao et le pétrole. Si des sanctions financières sont prises, la logique voudrait qu’il soit « illégal d’avoir des relations commerciales (et donc des transferts de fond) avec les autorités ».

La suspension des accords de Cotonou et de l’aide au développement. Elle n’est pas à l’ordre du jour coté européen. Pour deux raisons. D’une part, cela supposerait d’entamer des consultations avec le gouvernement concerné, donc des contacts avec le camp Gbagbo. D’autre part, il existe un gouvernement légitime, représenté par Ouattara. Et celui-ci a nommé l’ancien Premier ministre de Gbagbo, Guillaume Soro. D’une certaine façon, il y a ainsi continuité du pouvoir. De son coté, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a annoncé mercredi à Paris avoir gelé les prêts à la Côte d’ivoire.

Les mesures militaires

La coopération consulaire. Une coopération consulaire est actuellement engagée entre tous les pays qui ont une ambassade sur place (France, Allemagne, Belgique…). C’est normalement l’ambassade de l’Union européenne sur place qui a la responsabilité de coordonner les moyens européens. Mais son effectif a été réduit au plus strict minimum. 3 personnes resteraient durant la période de Noel.

• L’évacuation des citoyens européens. Si évacuation, il y a lieu, c’est la France, pays qui a le plus de ressortissants et le plus de moyens sur place, qui assurera la coordination des moyens européens. Il y a pour l’instant une « recommandation » de quitter le pays, mais pas « d’ordre d’évacuation« , la nuance est importante. De plus, l’arrivée du bateau néerlandais, le Hr Ms Amsterdam, ainsi que la présence du BPC Tonnerre, qui ont tous deux une grosse capacité d’accueil.

L’intervention militaire autonome. Elle n’est pas à l’ordre du jour. L’Europe répondra aux besoins quand ils seront exprimés. « Nous sommes dans une logique de réponse à un besoin. On ne va pas déployer une force pour déployer ou tester un concept. Ce sont aux Nations-unies de déterminer leurs besoins » explique un spécialiste du sujet.

Le soutien à l’ONUCI. L’objectif sera de toute façon de renforcer les forces de l’ONU (Onuci) plutôt que de déployer une force ex nihilo. La résolution des nations-unies prolongeant la mission jusqu’à juin 2011 n’a pas été facile à obtenir et avoir une nouvelle résolution serait difficile et long. Plusieurs options sont ainsi possibles :

  • 1) un transfert des forces présentes au Liberia.
  • 2) un renfort des pays de la CEDEAO qui disposent d’une force en attente (stand by), de 2700 hommes, qui sera complétée par 3700 autres prochainement, commandée par les Nigériens, entraînée par les Français, certifiée par les Européens (lors du processus / exercice Eurorecamp), financée par l’UE, les USA et d’autres contribueteurs. La CEDEAO avait d’ailleurs déjà déployé en 2003, ses forces durant les élections et avait ensuite passé le relais à l’ONUCI. Dans ce cas, les pays africains pourraient demander aux Européens un soutien financier (que l’UE peut fournir), voire un soutien logistique. Pour en savoir plus, lire la fiche de Madeleine Odzolo Modo sur le site opérations de paix. La CEDEAO se réunit en sommet exceptionnel à Abuja, au Nigeria, vendredi 24 décembre.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Politiques et actions externes de l'UE
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