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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 15:31

Il ne doit pas y avoir de malédiction ivoirienne. Il ne faut pas que la Côte d'Ivoire - qui fut un temps l'un des pays les moins mal lotis d'Afrique de l'Ouest - connaisse une autre guerre civile. Elle a payé assez cher depuis huit ans d'être quasiment coupée en deux après la révolte de 2002 : rivalités ethniques ; effondrement du niveau de vie ; infrastructures à l'abandon ; corruption et criminalisation du pouvoir central...

La journée du jeudi 16 décembre fait craindre le pire. Des affrontements armés dans la capitale, Abidjan, parfois à l'arme lourde, ont sans doute fait près d'une trentaine de morts. Ils ont eu lieu alors que les partisans de M. Alassane Ouattara, le vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre, entendaient marcher sur la télévision, bastion propagandiste du président sortant, Laurent Gbagbo, qui refuse de reconnaître sa défaite.

Celle-ci - très nette - a été déclarée par la commission électorale ivoirienne, au sein de laquelle étaient représentés les deux candidats. La victoire de M. Ouattara - un homme du nord, ancien premier ministre et ancien directeur Afrique au Fonds monétaire international - a été reconnue par l'ONU, l'Union africaine (UA), la Russie, les Etats-Unis, tous les pays de l'Union européenne...

M. Gbagbo, qui s'est accroché cinq ans au pouvoir avant d'accepter d'organiser cette élection, s'appuie sur une décision du Conseil constitutionnel, qui lui est inféodé, pour contester la régularité du vote dans le nord du pays. Il a dans son camp les forces armées et des miliciens, notamment des gangs venus du Liberia, de triste réputation ; M. Ouattara, retranché dans une partie de la capitale, dispose aussi d'hommes en armes, des anciens de la rébellion du nord. Tout est en place pour un nouveau drame.

La communauté internationale - dont plusieurs membres maintiennent la Côte d'Ivoire sous perfusion - entend faire respecter le résultat du 28 novembre. Elle a raison. Les plus exigeants sont les Africains ; il faut les soutenir. L'UA appelle à une pression maximale pour obtenir de M. Gbagbo qu'il cède le pouvoir à M. Ouattara. Le premier ministre kenyan, Raila Odinga, a même évoqué "le recours à la force militaire" pour déloger le président sortant.


... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr
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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 11:40

Dans une tribune publié dans le quotidien Le Figaro, Stéphane Cossé, maître de conférences à Sciences Po et membre du think-tank EuropaNova, lance plusieurs pistes pour mieux coordonner la politique économique de la zone euro

 

" Deuxième monnaie de réserve au monde, l’euro est pourtant sur le point d’imploser. Aucun scénario de sortie n’a été prévu. Et pourtant, selon nombre d’experts financiers, nous y sommes. À ce point de la crise, reconnaissons-le, la chancelière allemande semble la seule à même de tracer encore l’avenir de la zone. Car elle est la seule autorité politique d’envergure à avoir encore gardé une crédibilité financière.

Pour un Européen convaincu, l’euro est un atout économique, mais aussi un vecteur de paix et de stabilité et un modèle pour le reste du monde. Comment alors vous convaincre, Madame la chancelière ?

D’abord vous le rappeler : tous les pays de la zone euro se tiennent. Au sein de cette zone, les excédents de balance courante sont largement les déficits des autres. 44% des exportations de l’Allemagne se font dans la zone euro et 63% au sein de l’Union européenne. Jusqu’à ce que les déséquilibres ne deviennent trop divergents, les pays non vertueux ont pu rester « indisciplinés » grâce aux taux bas du modèle allemand et la confiance dans la Banque centrale européenne (BCE). À l’avenir, sans rigueur des pays« indisciplinés », il est normal que l’Allemagne ne soit pas prête à financer les déficits budgétaires. Mais, sans demande intérieure en Allemagne, les pays « indisciplinés » ne peuvent à l’inverse évoluer favorablement.

Ensuite, Madame Merkel, cette crise peut encore être gérée. En témoigne le rôle de la BCE qui a contribué à renforcer la confiance en l’euro en maintenant la maîtrise de l’inflation comme objectif cardinal.

L’euro, au pire de la crise, n’est-il pas encore toujours surévalué ? Sa politique thérapeutique de rachats de dettes publiques est justifiée pour faire face à une spéculation qui, elle, est injustifiable. De même, l’expertise du Fonds monétaire international (FMI) dans la gestion urgente des crises est sans égale. Et la mise en place d’un Fonds européen de stabilité financière, un Fonds monétaire européen qui aurait dû être envisagé dès la création de l’euro, est aussi une avancée majeure.

Enfin, regardons vers l’avenir. Il faut se féliciter de la décision prise de pérenniser le Fonds monétaire européen. Et, de même, de créer une clause collective faisant contribuer en cas de défaillance les détenteurs privés d’obligations souveraines.

Attention toutefois : déclarer un État en faillite peut déclencher une panique incontrôlée. La crise de la zone euro est le reflet du manque de coordination macroéconomique. La Commission européenne a certes proposé des solutions bienvenues, comme la réforme du pacte de stabilité et de croissance pour une meilleure surveillance budgétaire des États. Contrôle et sanction sont essentiels. Mais il faut l’accompagner d’une gouvernance économique plus ambitieuse. Comment ?

D’une part, créer un conseil de la politique économique de la zone euro au niveau des chefs d’État et de gouvernement.

L’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances, joue un rôle politique trop faible. Techniquement appuyé par la Commission et présidé par le président du Conseil, ce conseil désignerait un ministre des Finances de la zone euro, ou directeur du Trésor européen, en charge d’exercer sous son autorité une coordination effective de la politique économique. Cela vous coûterait peu, Madame la chancelière, mais cela serait un signal fort.

D’autre part, créer un Trésor européen, pour gérer des euro-obligations (conditionnées à la maîtrise commune des capacités d’emprunt des États) et favoriser l’émergence d’un taux européen unique sur une partie de la dette souveraine. Vous n’en voulez pas, avez-vous dit avec le président Sarkozy. Laissez au moins votre ministre des Finances examiner cela, comme il l’a suggéré. Vous feriez preuve d’un beau geste de solidarité. Et votre pays profiterait d’une plus forte stabilité financière de l’Europe.

Enfin, mettre en place un fonds de stabilisation conjoncturelle, outil de coordination macroéconomique. Vous avez émis des réserves sur un budget européen plus mutualisé. Envisagez alors a minima un tel fonds grâce aux recettes fiscales accumulées en phase de croissance (via une fraction limitée d’un impôt national lié à l’activité).

Voilà, Madame Merkel, quelques options possibles. La coordination macroéconomique est notamment très urgente. Il ne tient qu’à vous de voir quelle marque vous souhaitez laisser dans l’histoire économique de votre pays et de l’Europe, même au risque d’être impopulaire à court terme dans votre pays. "

 

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 10:23

Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que les 16 pays de la zone euro devraient s'attaquer dès le début de 2011 à la réduction des écarts de compétitivité.

Il a salué dans le dernier Conseil européen de l'année, qui a approuvé la mise en place d'un mécanisme permanent de gestion de crise ancré dans le traité de Lisbonne, l' " aboutissement heureux de plusieurs mois de travail et de négociations ".

Il a cependant estimé que la zone euro devait "aller plus loin" en matière de coordination et de convergence économiques.

" Ça sera le travail des premières semaines du début d'année ", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

" L'objectif, c'est clairement que les écarts de compétitivité se réduisent, que la politique économique soit mieux coordonnée entre les 16 Etats membres de la zone euro et que des programmes de convergence se mettent en place ", a-t-il ajouté. " C'est la prochaine étape. "

Il a précisé que la France et l'Allemagne feraient des propositions en ce sens.

Le président français a en revanche de nouveau écarté l'idée, du moins dans un proche avenir, de la création d'obligations européennes - des "E-bonds".

" Lorsqu'il y aura un gouvernement économique de l'Europe, une politique économique harmonisée, plus intégrée, et des écarts de compétitivité réduits, que l'on réfléchisse alors, à ce moment-là, à l'harmonisation fiscale, voire à un système d'eurobonds, sans prendre parti, pourquoi pas ", a-t-il dit. " Mais le faire maintenant, ça n'aurait aucun sens. "

Nicolas Sarkozy dénonce les anti-euro

Il a estimé que l'effort de réduction des écarts de compétitivité entre les pays de la zone euro devrait inclure une convergence en matière de formation des jeunes et des élites, de politique de charges sociales et fiscales, voire des objectifs communs en matière de régimes de retraites.

" La conviction qui est la mienne est que tout ne se réduit pas au seul problème des déficits budgétaires ", a-t-il souligné.

Nicolas Sarkozy a dénoncé ceux qui, en France notamment, comme Marine Le Pen, candidate à la succession de son père, Jean-Marie Le Pen, à la tête du Front National, plaident pour un abandon de l'euro et un retour aux monnaies nationales.

" C'est tout simplement irresponsable et inenvisageable ", a dit le chef de l'Etat. " L'euro, c'est le coeur de la construction européenne. Si l'euro devait disparaître, c'est la construction européenne qui serait atteinte structurellement. "

Il a enfin confirmé que la France menait avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne une réflexion commune sur le budget de l'Union européenne pour qu'il n'augmente " pas plus vite que l'inflation ".

Selon des sources européennes, Paris et Berlin soutiennent un projet de lettre conjointe élaboré par les Britanniques, qui propose de plafonner le budget pluriannuel européen sur la période 2013-2020.

 

Source : Reuters

 

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 14:05

Le Conseil européen des 16 et 17 décembre a conclu une semaine agitée pour la zone euro et la monnaie unique. Celui-ci  s'est efforcé d'entériner " le principe d'une révision du traité de Lisbonne pour créer un mécanisme pérenne de solidarité financière, qui prendra le relais en 2013 des fonds d'urgence actuels " [Les Echos].
Plus que des considérations financières, il s'agissait pour les dirigeants européens d'afficher une unité forte pour rassurer les marchés. La presse française se fait l'écho de cette ambition. Titrant " L'Union s'équipe d'un bouclier contre les marchés ", Libération adopte un champ lexical militaire pour illustrer la position de l'Europe en cas de nouvelle crise grave. Sur un ton offensif, les chefs d'Etat européens déclarent en effet que " Nous nous tenons prêts à faire tout ce qui est nécessaire pour garantir la stabilité de la zone euro "[Libération]. Le Figaro estime que " Les 27 renforcent la défense de l'euro " soulignant la victoire des positions d'Angla Merckel, qui a obtenu la réforme du traité de Lisbonne. " Mais ce succès à un prix : la controverse s'élargit sur l'absence de remède plus rapide face à la crise de la dette, plaçant l'Allemagne et ses alliés sur la défensive "[Le Figaro]. Le journal fait référence au  débat sur les euro-obligations puisque " L'UE demeure sous la pression des marchés qui redoutent les restructurations de dettes souveraines ". L'AFP utilise également une rhétorique guerrière titrant que " L'Europe s'arme pour mieux résister aux crises financières ".
Le texte sur lequel se sont mis d'accord les responsables européens, qui sera ajouté à l'article 136 du traité de Lisbonne, informe que " les Etats membres de la zone euro sont autorisés à créer un mécanisme de stabilité qui sera activé si cela s'avère indispensable pour garantir la stabilité de l'euro dans son ensemble " rapporte Le Monde. Les dirigeants européens ont en revanche écarté pour le moment " toute révision à la hausse des capacités du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ainsi que l'idée de créer des obligations communes dans la zone euro, les désormais fameux " E-bonds " rapporte Reuters.
Il n'est pas sûr que ces manifestations d'unité et de solidarité aient réellement convaincu les marchés financiers. A titre d'exemple, l'agence Moddys à dégradé la note de l'Irlande de 5 points de Aa2 à Baa1. Jeudi dernier l'agence voulait également baisser celle de la Grèce, " si le soutien de l'Union européenne après 2013 devait être moins solide qu'attendu "[AFP]. Assez pessimiste, Cyrille Lachèvre, rédacteur en chef du Figaro magazine estime que l'on doit s'attendre à des " dégradations de notes en série en Europe ". [Le Figaro].
Si le Conseil européen a été efficace puisqu'un accord a été trouvé en deux jours, le journal allemand Süddeutsche Zeitun dresse un bilan moins optimiste. Rapporté par Presseurop, le journal met avant " quelque chose de bizarre dans le comportement des chefs d'Etat ". Affichant un certain repli national et une volonté de cordonner davantage les économies et fiscalités européennes, les " atermoiements des politiques n’aident en rien à régler cette crise " ce qui  fait que qu'il y a du " brouillard sur le sommet de l'UE " titre Süddeutsche Zeitung.



 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 10:21

Le ministère de la Défense s’entend avec l’industrie pour délibérément sous-estimer les coûts d’achats des équipements militaires, révèle une enquête du quotidien britannique The Times. Quand Geoff Hoon a donné son imprimatur à l’achat de portes avions de la classe Queen Elisabeth, il y a sept ans, le prix était de 2,8 milliards de £, quatre ans après il avait grimpé à 3,8 milliards, et finalement soldé à 5,3 milliards. La recette : donner le prix le plus bas possible, au début, et, une fois que le contrat est signé, on augmente. Un classique qui se pratique aussi ailleurs qu’au Royaume-Uni, semble-t-il.

Explication de cet état d’esprit : la faible frontière qui existe entre le commanditaire et l’exécutant. Le pantoufflage fonctionne très bien outre-Manche (en anglais : ‘revolving door’). Un certain nombre d’anciens employés civils ou militaires prennent des postes dans les principales entreprises. Ce qui conduit à des conflits d’intérêt.

Le Ministère se défend en indiquant que tous les postes pris dans l’armée doivent être soumis pour approbation à un Comité indépendant (le « Advisory Committee on Business Appointments ») qui se prononce et que des règles strictes sont applicables dans les deux ans du départ du service.

 

Source : http://www.bruxelles2.eu/marches-de-defense-%e2%80%93-industrie/marches-de-defense/lentente-tres-cordiale-au-royaume-uni-entre-ministere-et-industriels.html

 

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 09:50

La crise de l'euro a relégué la France derrière l'Allemagne mais le président Nicolas Sarkozy n'a pas renoncé à imprimer sa marque en Europe, analyse mercredi le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.

" La crise de la dette souveraine en Europe a changé le rapport de force entre la France et l'Allemagne ", écrit le grand journal conservateur de Francfort dans un éditorial.

" Sarkozy découvre de plus en plus que les finances publiques mal en point, les réformes repoussées et le fait que la compétitivité a été négligée en France réduisent sa marche de manoeuvre. La France pouvait prendre la tête en Europe tant que les questions politiques et militaires dominaient l'ordre du jour, mais dans la crise de l'euro elle s'est retrouvée à la deuxième place. Sarkozy ne peut plus ignorer les exigences de Berlin ".

" La pression des marchés financiers n'a fait qu'accélerer la conversion de Sarkozy à la culture de stabilité allemande ", poursuit l'éditorial signé Michaela Wiegel.

" Comme au temps du franc fort (dont la force était d'être couplé au mark allemand) la France est contrainte d'aligner sa politique sur le modèle allemand ", affirme l'auteur pour expliquer le soutien récent de Paris aux positions défendues en Europe par chancelière allemande Angela Merkel, dont le refus d'émettre des obligations européennes pour soutenir l'euro en crise.

" Mais Sarkozy veut montrer aux Français qu'il est toujours capable d'imprimer sa marque en Europe. Il cherche à travers des alliances changeantes, parfois avec et parfois contre la chancelière, à défendre ses revendications de leadership ".

" Il ne perd pas son but des yeux. Il veut obtenir ce que les pères français de l'union monétaire n'avaient pas pu imposer: un pacte pour une coordination des politiques économiques, budgétaires et fiscales de tous les pays de la zone euro ".

 

Source : AFP

 

 

 

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 08:52

La construction européenne est d'abord un choix politique. Elle est complexe, inachevée et son unification progresse lentement.
Les marchés financiers, qui traduisent la confiance des investisseurs, ne la comprennent pas toujours.
Les Européens sont eux-memes saisis d'une crise de doute face aux mutations rapides du monde.

Pourtant l'Union européenne demeure le choix de raison le plus intelligent pour donner à l'Europe la taille politique continentale qui s'impose au XXIème siècle.
Que les marchés, avec leurs outrances, refusent l'intrusion dans le paysage financier de cet objet international non identifié est, finalement, assez normal compte tenu de leurs critères de jugement un peu courts et parfois discutables.
Mais que les Européens eux-memes s'interrogent, ce n'est plus de l'euroscepticisme, c'est de l'euroflagellation!
Tous auraient garde d'oublier que les règles, les institutions et les outils - l'Euro notamment - dont l'Union s'est dotée, sont irréversibles.
Il n'y aura pas de retour en arrière, tout simplement parce que ce serait contraire à l'intéret de chacun des Etats membres.
D'ailleurs l'Estonie rejoindra l'Euro au 1er janvier, devenant son 17ème membre, parce que c'est son intéret.

On peut alors en déduire trois exigences qui sont autant d'appels lancés aux responsables de la situation actuelle:

L'un au Conseil européen, pour hater les décisions, faire preuve de plus de clarté, de courage, d'audace et de vision.
La France et l'Allemagne ont clairement défini la voie: " l'Euro, c'est l'Europe. Nous défendons l'Euro parce que nous défendons l'Europe ".
Ce n'est donc pas le moment de troubler les débats avec d'autres propositions.
Nous avons les moyens de faire face à la crise actuelle pour peu que nous corrigions nos erreurs de gestion, que nous réduisons nos dettes et que nous décidions ensemble de nos politiques économiques et budgétaires.
Avant de mutualiser les dettes, ce qui viendra, mutualisons nos forces économiques, c'est-à-dire coordonnons vraiment nos politiques économiques, nos budgets et notre fiscalité ! Organisons cette fédération économique qui ferait taire tous les sceptiques.

L'autre aux Européens, commentateurs, experts et spécialistes de tous poils : Cessons de propager nous-mêmes le doute sur ces biens précieux que représentent l'Euro et l'Union européenne.
Tout le monde sait qu'ils sont inachevés, qu'ils doivent être améliorés, qu'il s'agit d'un lent processus qui doit respecter le temps de l'homme, forcément long, compte tenu de nos histoires.
Mais n'oublions pas ce qu'ils nous ont apporté et nous apporteront encore de stabilité, de richesse, d'emplois et de protection.
Il suffit de comparer l'Europe avec les grands ensembles politiques du monde pour mesurer la richesse de notre modèle économique et social, certes défié par une compétition nouvelle, mais pourtant toujours aussi attrayant et qui a les moyens de demeurer au premier plan. Défendons-le.

Le troisième pour les marchés: Si vous doutez de la volonté politique des dirigeants européens de défendre l'Euro et l'Europe, vous perdrez beaucoup d'argent.
Car le projet européen reste fondamentalement un choix politique structurant, incontournable et irrémédiable.
Rien ne sert de lui faire la guerre, de le tester en permanence, de laisser entendre, comme certaine agence notation qu'il vaut mieux investir à Trinidad et Tobago plutôt qu'en Espagne!
C'est évidemment faux parce qu'au moment des choix déterminants, lorsque l'essentiel est en jeu, en Europe, c'est toujours la politique à long terme qui l'emporte, meme sur la logique financière du moment.
C'est déjà ce qui s'est produit avec la Grèce et l'Irlande, qui ont bénéficié du soutien européen.
Et, si nécessaire, de nouvelles démonstrations de la solidarité européenne seront données. Les doutes et les hésitations, parfois légitimes, s'effaceront devant la nécessité, comme toujours.

L'Europe aurait pu s'épargner la crise de confiance actuelle en s'intégrant plus vite. Elle va désormais le faire sous la pression. Ce sera la meilleure réponse à tous ceux qui  doutent d'elle.


Editorial paru sur mon site: www.jd-giuliani.eu

 

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Published by Jean-Dominique Giuliani - dans Réfléchir à l'Europe que nous voulons
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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 08:37

" Kauf nicht bei Juden " – " N'achetez pas chez les juifs " – est de retour. L'appel au boycott du commerce juif est une vielle lubie politique de l'Europe. Une fois de plus, alors qu'une avalanche de haine s'abat contre Israël, a droite comme à gauche, des idéologues islamistes aux élites culturelles, on souhaite punir les juifs. Que les actions du gouvernement israélien soient critiquables est un fait. Mais quels sont les arguments au fond ?

Premièrement, qu'Israël a tort de défier le droit international en tant que force d'occupation de la Cisjordanie. Mais que dire de la Turquie ? Celle-ci compte 35 000 soldats occupant le territoire d'une république souveraine – Chypre. Ankara a envoyé des centaines de milliers de colons dans le nord de Chypre. La Turquie a été appelée maintes fois par les Nations unies à retirer ses troupes. Au lieu de cela, elle se voit encore accusée de la destruction d'anciennes églises chrétiennes de Chypre du Nord.

A-t-on appelé à un boycott de la Turquie ou incité les entreprises à se désinvestir du pays ? Non, seuls les juifs d'Israël sont visés. Et que penser de l'Inde ? 500 000 soldats indiens occupent aujourd'hui le Cachemire. Selon Amnesty International, 70 000 musulmans ont été tués au cours des vingt dernières années par les forces de sécurité et les soldats indiens. Ce nombre dépasse de loin les musulmans palestiniens tués par les forces israéliennes pendant la même période. Cependant, les idéologues de l'islamisme se concentrent sur les juifs, pas les Indiens.

Se permet-on de parler du Sahara occidental et de la fermeture de la frontière du Maroc par l'Algérie qui rend la vie sur place bien plus difficile que celle des Palestiniens à Ramallah ou à Hébron ? Non, on ne risque pas. Voltaire – aussi antisémite qu'il fut – aurait sans doute raillé l'hypocrisie de ces nouveaux grands prêtres qui souhaitent uniquement attirer la malédiction sur la tête des juifs en Israël.

Deuxièmement, le désir de paix au Proche-Orient est une priorité mondiale. Mais la paix exige la reconnaissance de l'existence de l'Etat juif d'Israël. Quarante Etats membres de l'Organisation des Nations unies ont le mot "musulman" ou "islamique" dans leur titre. Nul ne conteste leur droit à exister ou à se défendre. Israël s'est retiré unilatéralement de Gaza, mais sa récompense fut de voir le territoire transformé en champ de tir de missiles destinés à tuer des juifs. Il y a eu plus de missiles tirés depuis Gaza contre Israël que de missiles V1 ou V2 tombés sur Londres en 1944. Personne n'a reproché à Churchill d'avoir riposté avec autant de force que possible, lorsque des villes comme Hambourg ou Dresde subissaient la colère de la Royal Air Force. En revanche, si les Israéliens engagent la moindre action contre les tueurs de juifs du Hamas, alors toute la haine du monde s'abat sur eux.

Troisièmement, il est difficile de voir comment on peut faire la paix avec un Israël que beaucoup cherchent à discréditer en tant qu' "Etat d'apartheid". J'ai travaillé dans les années 1980 avec le mouvement syndical noir en Afrique du Sud. On devait se cacher dans les fossés quand la police de l'apartheid parcourait les cantons pour traquer les activistes politiques. Je ne pouvais pas nager depuis la même plage que ma femme, une Française vietnamienne, à cause des lois racistes de l'Afrique du Sud. A l'inverse, les musulmans et les juifs nagent au large des mêmes plages de Tel-Aviv. Ils peuvent séjourner dans les mêmes hôtels, être élus au même Parlement et faire appel à un système judiciaire indépendant. Par définition, un Etat d'apartheid n'a pas le droit d'exister et ne peut pas être membre de l'Organisation des Nations unies. La campagne de stigmatisation d'Israël en tant qu'Etat d'apartheid vise à en faire un "non-Etat", n'ayant ainsi pas le droit d'exister. Comment la paix peut-elle être conclue avec un Etat dont les opposants nient son existence-même ?

Au Royaume-Uni, au Canada et en France, des journalistes ou professeurs ont appelé au boycott des médias et des universités israéliens. Mais les écrivains, journalistes et professeurs israéliens sont en réalité les principaux opposants aux politiques contre-productives de leur gouvernement. Les boycotter revient à donner encore plus de pouvoir entre les mains des nationalistes russes qui contrôlent désormais la droite en Israël. Les attaques contre la liberté des médias, contre les femmes, les homosexuels, ou les avocats sont mille fois pires en Iran ou en Arabie saoudite En Syrie ou en Libye, il n'y a pas de démocratie. En Jordanie, la démocratie reste limitée. Enfin, dans tout le monde arabe, les mouvements des Frères musulmans affichent ouvertement leur antisémitisme. Appelle-t-on au boycott de ces Etats, de leurs journalistes ou de leurs professeurs ? Non. On appelle plutôt – à juste titre – à l'engagement, aux contacts, au débat et à la discussion. Beaucoup même réclament des négociations avec le Hamas, qui emploie dans sa Charte un langage des plus antisémites, à l'image d'un Alfred Rosenberg ou des autres idéologues nazis.

Ne pas revenir à la haine du passé

Pourtant on estime que les négociations avec les leaders politiques, les avocats ou intellectuels juifs doivent être boycottés. Cette politique visant à rendre les citoyens juifs d'Israël victimes d'un désaveu mondial va envenimer la crise au Moyen-Orient. Si elle était appliquée de façon uniforme à tous les Etats qui occupent et oppriment des territoires qui ne sont pas les leurs, elle pourrait avoir un certain fondement moral. Si le mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions appelait également à un boycott et des sanctions contre le nouvel antisémitisme de l'extrême droite en Europe, cela aurait alors plus de sens. Un parti ouvertement antisémite, le parti Jobbik, parcourt aujourd'hui la Hongrie dans un uniforme d'avant-guerre fasciste. Des hommes politiques antisémites sont élus au Parlement européen. En Allemagne, l'économiste et politicien Thilo Sarrazin se permet de décrire les Juifs comme ayant "des gènes différents" des autres. Et de nos jours, des Européens de tous les peuples font à nouveau entendre leur voix pour s'écrier " Kauft nicht bei Juden. "

Ceux qui désavouent les politiques de la droite israélienne doivent trouver d'autres outils de langage que celui de l'antisémitisme classique. Moi-même je ne suis pas juif. En tant que député britannique, je travaille avec des milliers de musulmans dans ma circonscription. Je me retrouve plus souvent dans les mosquées que dans les églises. Je suis fier de mes amis musulmans qui sont pairs, députés, conseillers municipaux, ou qui occupent des postes importants en tant que journalistes, avocats, médecins et intellectuels. Les vingt millions de musulmans européens sont confrontés à de nouvelles haines et de nouveaux rejets qui doivent être combattus. Mais ils ne tireront aucun profit des campagnes de haine contre les juifs en Israël. En tant qu'Européens, nous devons dépasser le vieux langage du boycott et des campagnes économiques contre les juifs en Israël. Israël, la Palestine et l'Europe doivent construire leur avenir et faire le XXIe siècle, non pas revenir à la haine du passé.

 

Denis MacShane, député britannique, ancien ministre des affaires européennes, a présidé une commission d'enquête de la Chambre des communes sur l'antisémitisme actuel en Grande-Bretagne. Il est l'auteur de "Mondialiser la haine. Le nouvel antisémitisme !" (Weidenfeld et Nicolson).

 

Voir également sur ce blog :

 * "Raison garder" contre "Appel à la Raison" : la communauté juive européenne est partagée sur le soutien à apporter à la politique israélienne

 * "Retour sur la question juive", d'Elisabeth Roudinesco : l'antisémitisme et la confusion des mots (Critique de Jacques Le Rider - Le Monde)

 * Nous, juifs de la diaspora, disons non à l'égarement d'Israël, par Esther Benbassa (Rue89)

 * Juifs, musulmans : nous portons tous les cicatrices de Gaza, par Esther Benbassa

 * « Pour l'avenir, il y a un roman national à réécrire », par Esther Benbassa (L'Humanité)

 * Pourquoi je signe l'« Appel à la raison » du collectif J-Call

 * Dictionnaire des racismes, de l'exclusion et des discriminations (sous la direction d'Esther Benbassa - Larousse)

 * Israël-Palestine : les enjeux d'un conflit (sous la direction d'Esther Benbassa - CNRS Editions 2010)

 * Eloge d'une amitié, par Tahar Ben Jelloun (Le Monde)

 * Nourritures spirituelles, par Jean Birnbaum (Le Monde Magazine)

 * Osons porter un autre regard sur l'oeuvre politique !

 * " Nous sommes tous des juifs allemands ", par Daniel Cohn-Bendit

 * La nation par les rêves, par Gilles Bernheim (LeMonde.fr)

 * Comment réagir aux propos xénophobes, racistes, homophobes, antisémites ..

 * Xénophobie, Racisme, Antisémitisme, Islamophobie : Prenons garde ! - nouvelle édition -

 * Elie Barnavi, Esther Benbassa : deux voix dissonantes qui traduisent le même désarroi face à la même machine infernale (nouvelle édition)

 * A un ami israélien, de Régis Debray avec une réponse d'Elie Barnavi  

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 07:49
L’ancien responsable est souvent facétieux. Son statut de sage lui permet, pour peu qu’il en ait l’envie, de faire tout ce à quoi qu’il s’est refusé pendant ses mandats. Une brochette d’anciens premiers ministres, chefs de la diplomatie, chefs d’Etat (Hubert Védrine, Roland Dumas, Jean François-Poncet, Lionel Jospin pour les Français) s’est livrée à un exercice imparable et sans aucun doute délicieusement cruel: mettre les responsables face à leurs responsabilités.
Comment ? En reprenant la dernière résolution du Conseil européen concernant le processus de paix au Proche-Orient, qui date du 8 décembre 2009, et en la soumettant au jugement de l’année écoulée.
Blocus de Gaza, position vis à vis de la colonisation, utilisation abusive de l’exemption des droits de douanes dont bénéficie Israël pour les produits isssus des implantations israéliennes, l’exercice est assez impitoyable en ce qu’il révèle de pusilanimité européenne vis à vis d’Israël. Les anciens responsables ont choisi de passer les belles paroles européennes au crible de douze points, le texte mérite d’être cité in extenso : .../...

Pour la suite de cet article, voir : http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/2010/12/13/palestine-leurope-prise-au-mot-avec-cruaute/

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 19:40

Les dirigeants de l'UE ont affiché leur unité jeudi lors de l'ouverture du sommet européen à Bruxelles, même s'ils devaient poursuivre en coulisses leurs discussions sur les réponses systémiques à apporter à la crise.

Comme attendu, ils devraient s'entendre lors de ce septième Conseil européen de l'année - un record - sur une réforme limitée du traité européen afin de créer un mécanisme permanent de crise.

Ils doivent également évoquer, sans que ces questions soient à l'agenda et sans décision attendue à ce stade, la possibilité de doper les capacités du fonds de stabilité de la zone euro et d'élargir ses missions, mais aussi l'éventualité de créer des obligations européennes.

Afin d'enfoncer le clou, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, devait avertir les membres du Conseil européen des risques systémiques pesant désormais sur l'Europe, selon les notes de son intervention, dont Reuters a obtenu une copie.

" La crise de la dette actuelle de la zone euro est devenue de nature systémique et n'est plus provoquée par des fondamentaux budgétaires mais par la mauvaise évaluation des risques de crédit par les investisseurs et les réactions à court terme des marchés ", devait-il expliquer.

Plus tôt dans la journée, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker avait de son côté à nouveau défendu l'émission d'euro-obligations ("E-Bonds"), tout en répétant qu'il ne s'agissait pas de mutualiser la totalité de la dette des Etats membres de la zone euro mais seulement une partie.

Inflexion allemande ?

Mais la chancelière allemande Angela Merkel a coupé court au débat en redisant son opposition à ces obligations européennes, même si elle a insisté sur le fait que ses divergences avec le Premier ministre luxembourgeois avaient été aplanies.

" Avec les euro-Bonds, les faiblesses de l'Europe ne disparaîtraient pas mais au contraire se diffuseraient à chacun (des Etats membres) ", a-t-elle expliqué dans une interview au journal Bild. (cf. Jean-Claude Juncker précise son projet contesté d'"euro-bonds" )

Mercredi, dans un discours devant le Bundestag, elle avait toutefois assuré que personne en Europe ne " serait abandonné " et que l'euro était " notre destin commun ".

Certains responsables de la zone euro y ont vu l'esquisse d'un mouvement de la chancelière vers une réponse de plus grande ampleur à la crise, alors que le sujet des obligations communes est de moins en moins tabou en Allemagne.

Le relèvement des capacités du Fonds de stabilité de la zone euro, à nouveau réclamé mercredi par le ministre belge des Finances Didier Reynders, devrait lui aussi être évoqué, ainsi que la possibilité de mettre en place via ce fonds des lignes de crédit flexibles afin d'aider un pays ayant des problèmes de liquidité, comme le fait déjà le FMI.

Alors que les analystes estiment que l'UE doit apporter une réponse systémique à la crise, l'idée fait son chemin au sein de la zone euro qu'il sera nécessaire d'avancer dans cette voie dès janvier, lorsque plusieurs pays comme le Portugal ou l'Espagne devront se refinancer sur les marchés.

Madrid a dû concéder jeudi des rendements nettement plus élevés pour lever 2,4 milliards d'euros d'obligations à 10 et 15 ans, au lendemain de la décision de Moody's de placer la note souveraine de l'Espagne sous surveillance avec implication négative.

Mécanisme permanent

Dans la journée, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé avoir décidé d'un quasi doublement de son capital souscrit en y apportant cinq milliards d'euros supplémentaires, évoquant une plus grande volatilité des marchés, un risque de crédit accru et le développement du système financier.

Des sources proches de la BCE avaient dit cette semaine qu'il s'agissait pour l'établissement de couvrir les risques de pertes liés aux dettes des Etats périphériques sur les montants qu'il a apportés pour soutenir la zone euro.

Jeudi, les Vingt-Sept devaient ainsi s'entendre pour ajouter un paragraphe à l'article 136 du traité, qui précise le fonctionnement de l'Union économique et monétaire, afin de pérenniser à partir de 2013 le mécanisme de crise décidé en mai.

Sa rédaction en sera la suivante : " Les Etats membres dont la monnaie est l'euro peuvent établir un mécanisme de stabilité qui puisse être activé s'il était indispensable de sauvegarder la stabilité de l'euro dans son ensemble. L'octroi de toute assistance financière requise via ce mécanisme sera sujet à de strictes conditionnalités. "

Techniquement, la décision des chefs d'Etat et de gouvernement ouvrira une période de trois mois au cours de laquelle le Parlement européen, la Commission et la Banque centrale européenne devront fournir un avis consultatif sur la procédure de révision simplifiée du traité.

Dans le même temps, les membres de la zone euro devront préciser les modalités d'un nouvel accord intergouvernemental pour transformer le Fonds européen de stabilité financière (FESF) - cf. Le mécanisme européen de stabilisation : Comment ça marche ? (Toutel'europe.eu) - en un mécanisme permanent prévoyant une participation graduelle et au cas par cas du secteur privé, selon les modalités arrêtées le 28 novembre.

Le tout devra être ensuite formellement adopté lors du sommet européen de mars afin que les processus de ratification du traité réformé dans les 27 Etats membres puissent débuter. La date limite de ratification sera fixée au 1er janvier 2013.

 

Source : Reuters

 

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