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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 18:52

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi avoir décidé d'un quasi doublement de son capital souscrit en y apportant cinq milliards d'euros supplémentaires, évoquant une plus grande volatilité des marchés, un risque de crédit accru et le développement du système financier.

 

 

Des sources de l'institution européenne avaient dit cette semaine à Reuters que la BCE réfléchissait à une augmentation de capital pour couvrir les risques de pertes liés aux dettes des Etats périphériques sur les montants qu'elle a apportés pour soutenir la zone euro (cf. Berlin prêt à augmenter le capital de la BCE, par Patrick Saint-Paul (Le Figaro))

 

 

Le capital de la BCE passera à 10,76 milliards d'euros, contre 5,76 milliards jusqu'ici, en trois tranches égales levées auprès des banques centrales nationales de la zone, a-t-elle précisé dans un communiqué à l'issue de sa dernière réunion de l'année.

 

 

L'Allemagne a rapidement soutenu l'idée de renforcer le capital de la BCE alors que la zone euro est confrontée à une crise de la dette en raison de difficultés budgétaires de certains de ses membres.

 

 

" Dans une perspective de plus long terme, l'augmentation de capital - la première depuis douze ans - s'explique également par la nécessité de fournir une base en capital appropriée au sein d'un système financier qui s'est considérablement développé ", peut-on lire dans le communiqué.

 

 

L'augmentation de capital décidée représente le montant maximum autorisé par les règles de l'Union européenne et de la BCE.

 

 

L'institution a souligné que le pourcentage minimum du capital souscrit, que les banques centrales nationales n'appartenant pas à la zone euro sont tenues de libérer à titre de participation aux coûts de fonctionnement de la BCE, sera ramené à de 7% à 3,75%.

 

 

" Par conséquent, les banques centrales nationales hors zone euro n'apporteront que des ajustements de faible ampleur à leur part de capital, qui se traduiront par des versements s'élevant au total à 84.220 euros le 29 décembre 2010 ", précise le communiqué.

 

 

Cette augmentation de capital décidée par la BCE marque une étape vers un plan européen plus solide pour faire face aux pressions économiques, a déclaré un porte-parole du Fonds monétaire international.

 

 

" La Banque centrale européenne a annoncé qu'elle augmenterait son capital afin de promouvoir la stabilité financière, c'est une autre mesure importante ", a dit Caroline Atkinson, responsable des relations extérieures du FMI.

 

Source : Reuters

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 15:50

" J'observe des déséquilibres insupportables, inacceptables. le Japon n'ouvre ses marchés publics aux entreprises euroépennes qu'à hauteur de 25 % alors que, pour l'UE, c'est 75 %. Les Européens n'ont accès qu'aux marchés publics de la moitié des Etats fédérés américains, alors que les Américains ont eux accès à ceux de l'ensemble des Etats membres de l'UE. Ce n'est pas normal " a déclaré le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Miche Barnier.

Afin de lutter contre ces déséquilibres, il a annoncé son intention de doter l'UE d' " outils de réciprocité ". Annoncée pour 2011, " une proposition législative " permettra de bien mettre en oeuvre l'Accord sur les marchés publics (AMP). Une transposition par le biais d'un règlement de cet accord en cours de renégociation à l'OMC permettrait aux pouvoirs adjudicateurs européens concernés de s'en prévaloir et, in fine, de limiter l'accès à leurs contrats publics aux entreprises issues de pays tiers parties à l'AMP. L'heure est encore à " l'ouverture ", assure-t-il, mais elle n'est plus à " la naïveté ". Et de plaider pour que la Chine et l'Inde rejoignent la trentaine de pays parties à l'AMP.

Dans le cadre de ses nouvelles stratégies pour le commerce et la relance du marché intérieur, la Commission européenne a annoncé une proposition législative pour 2011 visant à assurer une symétrie en matière d'accès des entreprises européennes (de pays tiers) aux marchés publics de pays tiers (européens). L'industrie européenne de la construction a dénoncé la concurrence déloyale d'entreprises chinoises dans le cadre de marchés publics européens.

 

Source : Agence Europe

 

Voir également :

 * Pour l'UE, l'expansion du commerce international est désormais subordonnée à un certain nombre de conditions

 * Antidumping : la Chine toujours la première cible des enquêtes

 * Politique commerciale : l’UE établit une stratégie active pour les cinq prochaines années

 * Commerce international : l’Union européenne en quête de réciprocité

 * Les grandes lignes du plan d'action pour améliorer le fonctionnement du marché intérieur européen

 * Relance du marché intérieur : Position française sur le rapport Monti, « Une nouvelle stratégie pour le marché unique »

 

 

Voir également le texte de la communication de la Commission relative à une stratégie industrielle intégrée : communication on industrial policy en communication on industrial policy en



 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 14:42

Faut-il voler au secours de la Banque centrale européenne (BCE) elle-même ? Les bruits rapportant qu'elle envisage une augmentation de capital laissent à penser que ses interventions pour soutenir des Etats et des établissements bancaires ont porté un sérieux coup à ses ressources (cf. notamment à cet égard Berlin prêt à augmenter le capital de la BCE, par Patrick Saint-Paul (Le Figaro)). Constat qui vaut aussi pour les autres banques centrales qui appartiennent à l'"Eurosystème", comme celle d'Irlande.

Il suffit de lire les chiffres pour comprendre les besoins de la BCE. Ses comptes affichent un montant de capital souscrit de 5,8 milliards d'euros pour un total de bilan de 138 milliards d'euros, et encore, ces données remontent à fin 2009, avant que la BCE ne se lance dans des opérations de sauvetage. Le ratio de levier financier s'élève donc à 24, score que l'on jugerait dangereux pour une banque commerciale et qui est à peine inférieur... à celui qu'affichait Lehman Brothers avant d'imploser. Le tableau est le même à l'échelon de l'Eurosystème tout entier : fin octobre, le montant total des actifs valait 24 fois les capitaux propres.

Mais le problème de fond n'est pas au niveau des chiffres. L'Eurosystème souscrit depuis un bon moment aux emprunts d'Etat émis par des pays de second rang comme l'Irlande, la Grèce, le Portugal ou l'Espagne, les fameux "PIGS". Si un seul se déclarait en faillite, la banque centrale perdrait gros. L'Eurosystème a aussi accordé des prêts aux banques de ces pays pour 334 milliards d'euros. Les banques centrales reçoivent bien des actifs en garantie de ces crédits, mais ce sont pour la plupart des obligations nationales, et le reste est de qualité moindre. A ce niveau-là aussi, les risques de pertes sont élevés.

La santé de certaines banques centrales est peut-être plus dégradée encore. Celle d'Irlande propose aujourd'hui aux banques du pays quelque 45 milliards d'euros à travers un dispositif exceptionnel qui s'ajoute à son offre habituelle. Si l'on ne sait pas très bien ce qui a motivé sa mise en place, on peut supposer que la réticence de la BCE à prêter plus aux banques irlandaises y est pour quelque chose. Comme les réserves de la banque centrale irlandaise s'élèvent à seulement 1,5 milliard d'euros, il n'en faudra pas beaucoup pour en venir à bout. D'autres banques centrales de second rang pourraient être confrontées au même souci, même s'il n'est pas évident de savoir ce qu'il en est vraiment.

Le dos au mur

La BCE ne devrait pas avoir de difficultés à se recapitaliser, si c'est l'option qu'elle retient. Même s'il lui fallait doubler ses capitaux propres, il ne s'agirait jamais que de trouver 5,8 milliards d'euros : autant dire des broutilles à l'aune de la crise actuelle. En outre, ce sont les pays relativement riches - Allemagne et France en tête - qui assumeront le plus gros de la charge. De la même façon, la recapitalisation des banques centrales dans les pays les plus aisés ne devrait pas poser de problème. La Banque de France a déjà sauté le pas.

Le plus compliqué sera de trouver un moyen de recapitaliser les banques centrales des pays de second rang, car les caisses de leurs gouvernements ne sont pas des plus garnies. Cela dit, les sommes ne seraient pas vraiment énormes. C'est pourquoi ces banques centrales devraient prendre le taureau par les cornes pour lever des fonds dès maintenant, sans attendre de se retrouver le dos au mur. S'il fallait en arriver là, les politiques auraient alors une occasion en or pour saper le principe d'indépendance auquel la BCE ne manque jamais de se déclarer très attachée.

 

(Traduction de Christine Lahuec.)


Plus de commentaires sur l'actualité économique et financière sur Breakingviews.com.

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 14:24

Le Parlement européen a adopté lors de la session plénière le budget 2011 de l'Union européenne mercredi 15 novembre 2010. Il y aura une hausse des dépenses de 2,91% ce qui porte le budget à 126,5 milliards d'euros. Cela reste très inférieur à ce réclamaient les eurodéputés (5,9%). " Le Parlement européen a approuvé la position du Conseil sans amendement " s'est félicité le porte-parole de la présidence belge du Conseil de l'Union européenne, Olivier Chastel.

Le budget adopté comprend un financement accru pour la plupart des priorités définies par le Parlement, tout en respectant les limites globales fixées par le Conseil. En effet, il y a eu une bataille politique ces dernières semaines entre le Parlement et le Conseil : les élus demandaient un droit de regard sur les ressources propres à venir de l'UE et posaient la question de l'intérêt d'un impôt européen.
Les Etats ont argué de la crise économique frappant le continent pour limiter la hausse du budget européen auquel ils participent. Or avec le Traité de Lisbonne, l'Union européenne a obtenu des nouvelles prérogatives qui augmentent mécaniquement ses besoins budgétaires. C'est le Royaume-Uni de David Cameron qui a mené la charge des Etats ne voulant ni d'une hausse conséquente du budget européen ni entendre parler de ressources propres pour l'Union européenne.
L'adoption du budget par le Parlement européen à une large majorité (508 voix contre 141) n'a pas caché l'amertume des députés. " On a gonflé la poitrine et puis on a eu peur de vaincre et on a tout arrêté " a déclaré Daviel Cohn-Bendit des Verts. D'autres positivent, tel Alain Lamassoure : " dans les contraintes exceptionnelles de cette année, l'accord intervenu sur le projet de budget 2011 est le meilleur compromis possible ".
Dans une négociation qui a été à son désavantage, le Parlement européen a néanmoins obtenu un engagement des quatre prochaines présidences de l'UE (la Hongrie, la Pologne, le Danemark et Chypre), concernant l'implication du Parlement pour les discussions sur les perspectives financières pour la période 2014 - 2020 et sur les ressources propres.
Le Parlement a également fait inscrire dans l'accord qu'il y ait à l'avenir des évaluations systématiques de la valeur ajoutée européenne des nouvelles législations et de leur financement, un rapport sur le coût de la "non-Europe" ainsi qu'une évaluation des avantages des synergies entre les budgets de l'UE et les budgets nationaux. De cette manière, le Parlement a voulu s'assurer que les contribuables de l'UE obtiennent le meilleur résultat  pour leur argent.

 

Voir également : http://euractiv.com/fr/priorites/lue-approuve-le-budget-2011-mais-la-bataille-nest-pas-encore-terminee-news-500680

 

Pour en savoir plus, voir l'ensemble des articles de la rubrique : A propos du budget de l'Union européenne

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 14:16

Après plusieurs mois de crise et de menaces persistantes des agences de notation sur certains Etats membres, les hauts responsables de l'UE vont afficher leur unité pour la sauvegarde de la monnaie unique, à l'occasion du 7e Conseil européen de l'année à Bruxelles les 16 et 17 décembre. Au cours de leur rencontre, ils devraient "entériner la pérennité du mécanisme européen de stabilité de la zone euro après 2013 et ainsi délimiter les contours de la révision du traité de Lisbonne" [Euractiv.fr] dont le principe a été acté lors du Conseil européen d’octobre 2010.
Les derniers mois ont mis en lumière l'existence de beaucoup d'eurosceptiques ouvertement opposés à l'Euro. Ils accusent ce dernier d'être trop rigide pour les économies européennes et de pénaliser la croissance. Pourtant, une disparition de l'euro entrainerait  un "appauvrissement immédiat des citoyens européens et plongerait l’Europe et le reste de l’occident dans une profonde dépression" estime Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. Titrant "Que se passerait-il si la zone euro implosait ?", La Tribune rejoint les conclusions du journaliste  affirmant que "la disparition de la zone euro entraînerait dès 2011 une hausse du chômage et une récession sans précédent pour tous les pays, y compris la France et l'Allemagne".
Face à cette morosité ambiante, l'union sacrée européenne semble décrétée. Ainsi, Angela Merkel a déclaré, lors d'un discours très attendu devant les députés allemands, que l'Euro était "résistant aux crises", réaffirmant par la même occasion que "la solidarité entre pays européens existait et restait primordiale"[Le Monde]. La chancelière a plaidé également pour une "plus grande intégration économique en Europe", sur quoi le Commissaire des affaires économiques et monétaires Olli Rehn a renchéri qu'il était temps de "créer une réelle union économique en Europe"[Le Monde].
En ce qui concerne la piste des "eurobonds" évoquée par MM. Juncker et Trichet, Angela  Merkel a "rappelé son hostilité" à ce projet [Le Figaro]. Le Président de la BCE a d'ailleurs déploré que "cette question n'occupera pas le devant de la scène et qu'aucune décision dans un sens ou dans un autre ne pourra être prise lors du Conseil européen" Le Monde].
Malgré les déclarations europhiles d'Angela Merkel, affirmant que l'Europe "ne laissera tomber personne"[Le Monde], l'Allemagne a imposé des conditions dures à ses partenaires européens.  L'Etat allemand a effectivement obtenu au précédent sommet fin octobre, que "la mise en place d’un futur mécanisme européen de stabilité soit juridiquement irréprochable aux yeux de sa propre Cour constitutionnelle, ce qui nécessite d’amender le traité européen" [La Croix]. Les autres dirigeants, bien que réticents à modifier si tôt le traité de Lisbonne, se doivent d'accepter cette exigence allemande pour mettre en place un tel mécanisme destiné à rassurer les marchés financiers. 

 

Source : http://lettres.touteleurope.eu/

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 14:06

Le dernier rapport semestriel de l’OMC sur l’antidumping révèle une baisse du nombre de nouvelles enquêtes antidumping prises dans le monde au premier semestre 2010, par rapport à la même période en 2009. Le rapport confirme aussi la tendance enregistrée depuis 2007, à savoir que la Chine est toujours le première cible des nouvelles enquêtes et des mesures antidumping adoptées dans le monde.

Avec 23 enquêtes ouvertes à l’encontre de ses exportations (contre 33 sur la même période en 2009), la Chine est encore le pays le plus fréquemment visé par de nouvelles enquêtes, devant l’UE (11) et les Etats-Unis (5). Au total, au premier semestre 2010, 19 pays membres ont lancé 69 enquêtes (contre 97 à la même période en 2009)/ Avec 17 ouvertures d’enquêtes, l’Inde en a lancé le plus, suivie par l’UE (8) et l’Argentine (7). Le secteur des métaux de base est le plus concerné par les nouvelles enquêtes (11).

Les exportations de la Chine ont également fait l’objet du plus grand nombre de nouvelles mesures adoptées par d’autres pays membres, avec 25 mesures adoptées à son encontre, sur un total de 59 nouvelles mesures notifiées à l’OMC au premier semestre. Suivent l’UE et les Etats-Unis, avec six et cinq nouvelles mesures chacun contre leurs exportations. Au total, 14 pays membres ont appliqué 59 nouvelles mesures antidumping finales au premier semestre 2010, contre 62 mesures sur la même période en 2009. L’Inde en a adopté notifié le plus grand nombre (17), devant la Turquie (9), l’Argentine et la Chine (7), l’UE n’ayant adopté que deux nouvelles mesures. Le secteur des métaux est le plus souvent visé, avec 18 nouvelles mesures.

 

Pour en savoir plus : http://www.wto.org/french/tratop_f/adp_f/adp_f.htm

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 12:11

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, précise jeudi 16 décembre dans le quotidien français Libération son projet d'"euro-obligations" en soulignant qu'il ne s'agit pas de mutualiser la totalité mais une partie seulement des dettes des Etats membres de la zone euro.

" Nous ne proposons pas de mutualiser toutes les dettes de tous les Etats membres de la zone euro, mais de déterminer un pourcentage (de la dette qui serait financée par ces obligations communautaires) ", explique le Premier ministre du Luxembourg dans une interview publiée quelques heures avant le début d'un sommet européen à Bruxelles.

" Autrement dit, les Etats lourdement endettés continueront à se financer en majorité avec des obligations nationales dont le taux d'intérêt restera dès lors plus élevés ", ajoute-t-il.

L'idée d'émettre des obligations communautaires, relancée par Jean-Claude Juncker et le ministre italien des Finances, Giulio Tremonti, se heurte à l'opposition de l'Allemagne et de la France, qui y voient un risque de "déresponsabilisation" des Etats.

" Avec ces 'euro-bonds', les faiblesses en Europe ne disparaîtraient pas, mais se propageraient au contraire à tout le monde. Et plus aucune pression ne s'exercerait sur les Etats endettés pour qu'ils remettent leurs budgets en ordre ", réaffirme Angela Merkel dans une interview que publie jeudi le quotidien Bild.

Jean-Claude Juncker, qui note au passage que son initiative n'a " aucunement perturbé les marchés financiers ", estime au contraire que ce mécanisme inciterait les Etats membres les plus endettés " à tout faire pour réduire leur endettement afin de pouvoir soumettre l'ensemble de leur dette au régime plus favorable des euro-obligations ".

L'initiative n'a pas été inscrite à l'ordre du jour du sommet européen qui se tient ce jeudi et vendredi à Bruxelles mais devrait animer les discussions dans les coulisses.

" Je comprends que l'Allemagne refuse de payer pour les autres ", dit Jean-Claude Juncker qui ajoute aussitôt qu' " il n'est pas évident que les taux d'intérêt des obligations levées en commun soient plus élevés que ceux dont bénéficient actuellement la France, l'Allemagne ou le Luxembourg ".

Ces euro-obligations, ajoute-t-il, permettraient également de " drainer du capital non européen en Europe ". " Il est quand même incroyable de voir aujourd'hui le capital européen émigrer vers les Etats-Unis, dont les fondamentaux sont pourtant pires que les nôtres, parce qu'il existe un grand marché américain des obligations hautement liquides. "

 

Source : Reuters

 

Voir également :

 * La monnaie chinoise accélère son internationalisation, par Arnaud Rodier (Le Figaro)

 * La Fed poursuit son programme de rachat d'actifs, par Guillaume Errard (Le Figaro)

 * La stratégie chinoise du yuan ruine les finances en Occident, par Antoine Brunet (Le Monde)

 * Reconstruire la confiance dans la capacité des Etats à honorer leurs engagements, notamment politiques et financiers

 * De la structure de la dette souveraine et du déficit public des Etats-Unis

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 12:00

Résumé : Un consensus international est récemment apparu sur la nécessité de repenser l’architecture financière internationale héritée des arrangements de Bretton Woods afin de l’adapter à des crises d’une nouvelle génération dans un contexte de globalisation des marchés financiers. Ces crises nouvelles tant dans leur forme - elles peuvent se déclencher sans que les données macro-économiques fondamentales d’un pays ne soient significativement déséquilibrées - que dans leur ampleur semblant faire apparaître les limites de l’architecture financière internationale actuelle.

Dans cet article, une réforme de cette architecture est proposée en vue de générer une plus grande stabilité dans les marchés financiers. Cette proposition d’un « Partenariat Privé/Public (PPP) » consiste à inclure le secteur privé dans la fonction de prêteur en dernier ressort, en aménageant le rôle du FMI et de la BRI. L’objectif est, premièrement, de maximiser la crédibilité du prêteur en dernier ressort et deuxièmement, de réduire l’aléa moral au sein même des marchés afin de modifier la base des incitations des investisseurs en matière de prise de risques. Les modalités du mécanisme visent par ailleurs à ce que le FMI renforce significativement son rôle central de conseil auprès des Etats membres, de sorte à aboutir à une dynamique d’auto-régulation tant pour le secteur privé que pour les acteurs publics.

 

Abstract : An international consensus has recently emerged on the necessity to redesign the international financial architecture inherited from the Bretton Woods arrangements in order to adjust to a new generation of crisis in a context of globalized financial markets. These crises are new in their form—they can erupt without significant unbalance in the fundamental macro-economic situation of a country—as well as in the size of their effect—they seem to show the limitation of the current international financial architecture.

In this paper, a reform of the international financial architecture is proposed with the purpose of boosting stability in financial markets. This is a proposal for a "Public/Private Partnership", or PPP proposal, which is based on the principle of including the private sector into the function of lender of last resort by adapting the role of the IMF and the BIS. Its goal is, first, to maximize the credibility of the lender of last resort, and second, to reduce moral hazard within financial markets themselves so as to modify investors’ incentive framework with respect to risk-taking. The workings of the mechanism also aim at sharply enhancing the central advisory role of the IMF vis-à-vis its member States, so as to create a self-regulatory dynamic for both the private sector and public actors.

 

F Bobay - Revue du Financier 1998 F Bobay - Revue du Financier 1998

   

En deux mots, le raisonnement développé dans cet article publié en 1998 établit que les finances publiques augmentent globalement proportionnellement au PIB, tandis que la finance privée (marchés globalisés) augmente de façon quasi-exponentielle. Ainsi, arrive un moment où le rapport de force s’inverse au profit des marchés financiers (c’est le tournant de la crise de 1992-93, où même les interventions coordonnées des banques centrales du G7 n’ont pas pu endiguer la spéculation privée).

 

Au total, du fait de ce nouveau rapport de force, les puissances publiques n’ayant plus la 'puissance de feu' nécessaire pour contrer les marchés financiers, la seule solution envisageable pour la mobilisation d’un paquet de secours en cas de crise ne peut venir QUE de sources privées en majorité (sauf à accepter les défauts de paiements ou à imposer ex ante une réglementation interdisant la spéculation).

 

En l’occurrence ce raisonnement semble s’appliquer à plein sur le cas actuel de la Grèce. Le paquet de secours public (UE + FMI) ne suffira pas et les marchés le savent. Au total, il faudra passer soit par un défaut de la Grèce soit par un secours de sources privées (selon une modalité ou une autre, par exemple une restructuration de dette à l’égard des investisseurs).

 

Les discussions internationales actuelles relatives à l’idée de mobiliser les finances des banques (taxe) vont donc a priori dans le bon sens. Mais attention au problème d’aléa moral une fois le dispositif en place (cf. l'article de Frédéric Bobay et David Martineau).

 

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 11:19

L'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 30 novembre 2009.

A sa manière douce, Jacques Delors, l'ancien président de la Commission européenne, ne décolère pas contre les Etats membres qui ont refusé à de nombreuses reprises les transferts de souveraineté au profit de l'Union européenne.

Dans un entretien publié dans Le Monde daté mercredi 8 décembre, il juge que " les 16 membres de la zone euro n'ont pas été capables d'une vraie coopération. Ils ne réalisent pas qu'ils ont un bien commun à gérer : l'euro ".

Il préconise de créer " des obligations publiques européennes non pour combler les déficits, mais pour financer des dépenses d'avenir ", l'institution d'un " fonds d'aide conjoncturelle à mettre en œuvre dans les phases de faible croissance " et " une caisse d'amortissement qui prendrait une partie du déficit de chacun des 16 Etats ", afin de dégager des marges pour le soutien de leur activité.

Jacques Delors estime que des sanctions sont indispensables contre les Etats laxistes. " Les sanctions les plus logiques, dit-il, seraient de priver des fonds d'aide structurelle – pour partie et provisoirement – les pays qui ne pratiqueront pas une politique saine. "

Défendre "l'autre" capitalisme

Il est aussi très remonté contre les conseillers des banques qui tétanisent les pays en leur intimant l'ordre de réduire leurs déficits, puis en s'alarmant de la panne de croissance qui pourrait en résulter. " Ce n'est pas aux banquiers qui ont reçu des Etats, comme prêts ou garanties, 4 589 milliards d'euros de dicter aux gouvernements leur comportements, s'emporte-t-il. La politique doit être l'ultime référence. "

Il appelle à combattre le "capitalisme financier", celui qui a fait du marché et de la création de valeur l'alpha et l'omega de la vie économique et qui "a provoqué la crise mondiale". Il entend défendre " l'autre " capitalisme, " celui de la production des biens et services, de la vraie création de richesses ". (cf. à cet égard l'article suivant : Bernard Stiegler : “Il y a beaucoup d’inventions qui ne produisent aucune innovation” (Propos recueillis par Catherine Portevin - Télérama))

Jacques Delors ne regrette pas d'avoir soutenu la création de l'euro qui " nous a protégés contre nos laxismes ", mais qui n'a pas stimulé l'économie européenne, en l'absence d'un pacte de coordination économique et en raison d'une focalisation excessive sur les indicateurs d'inflation et de déficits.

" Pessimiste actif ", il prédit le pire si… " l'Europe se laisse aller, traversée comme elle l'est aujourd'hui par ces effluves populistes et nationalistes, c'est le déclin assuré, même si nos gouvernants ne s'en rendent pas compte. Et même le meilleur élève de la classe européenne [l'Allemagne] y laissera des plumes … "

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Lire l'intégralité de l'entretien dans l'édition Abonnés du Monde.fr et dans Le Monde daté mercredi 8 décembre

 

Voir également sur ce blog : Le mythe de la convergence (La chronique d'Alain-Gérard Slama - Le Figaro)

 

 

 

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 08:46

L'intérêt de réfléchir avant d'agir se vérifie  - même en politique ! - chaque fois qu'il faut assumer les conséquences d'une faute de raisonnement initiale. Jean Monnet avait cru que le partage progressif d'intérêts communs amènerait les nations européennes à consentir à l'adoption de règles communes. Il en a déduit une stratégie de la convergence. Or l'idée de convergence, étendue aux caractères propres des nations, est un mythe. Plus en effet la civilisation matérielle étend la civilisation matérielle étend son emprise, plus les cultures se rebiffent. Plus les codes cherchent à uniformiser les moeurs, plus les conduites se singularisent.

Le mythe de la convergence a la vie dure. [... ]

Aussi longtemps que les décideurs européens et certains élus français ne comprendront pas qu'on ne réforme pas une culture avec des codes qui lui sont étrangers, ils multiplieront les effets pervers.

Le malaise de l'Europe du début du XXIème siècle, mise au défi d'être solidaire devant la crise, et découvrant soudain les malentendus d'ordre culturel qui séparent ses nations, ne s'explique pas autrement. Pour l'heure, certes, les peuples européens ne sont pas menacés par un retour en force des nationalismes. mais à mesure que les contraintes économiques qui leur sont imposées deviennent plus impérieuses, leur union tend à se fissurer, et il devient évident que seules des politiques conçues dans le respect des cultures nationales permettront de colmater les brèches et de légitimer les efforts demandés.

L'Allemagne, face à la crise, n'a pas fait autrechose. Elle a tiré parti de sa conscience d'être un peuple et de sa longue pratique institutionnelle du fédéralisme. Elle a exploité ces facteurs culturels pour restairer ses finances et relancer sa compétitivité sur la base du comrpomis social-démocrate que l'on croyait à bout de souffle. Elle a par ailleurs turé parti de ses liens historiques avec l'Europe centrale. Enfin, elle a échangé le sacrifice du Mark contre une liberté de manoeuvre qu'elle doit à sa tradition fédérale, et à la puissance de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, dont la jurisprudence est beaucoup moins perméable aux directives européennes (NDLR : des directives qui sont par nature : proposées par la Commission européenne, décidées par les administrations nationales et adoptées par les gouvernements des Etats membres - et, dans la plus garnde partie des cas, par les députés européens qui représentent les citoyens et les peuples de l'UE -, ne l'oublions pas au passage !) que celle de notre Conseil d'Etat.

Bref, sa force est d'avoir assis son rétablissement matériel sur les fondations maintenues et même consolidées par sa culture. Mais celà ne signifie paspour autant que sa vision du monde, son organisation et ses valeurs culturelles soient supérieures aux notres.

.../...

Pour la suite de cette chronique, voir : http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2010/12/14/10001-20101214ARTFIG00712-le-mythe-de-la-convergence.php

 

Voir également sur ce blog : 

 * Jacques Delors : "L'Europe se laisse aller, traversée par des effluves populistes et nationalistes" (Propos recueillis par Alain Faujas et Alain Frachon - Le Monde)

 * La France et l'Allemagne face à la crise de l'euro : A la recherche de la convergence perdue

 * Quelques enseignements de l'examen des programmes de stabilité et de convergence

 

 

 

 

 

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