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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 11:30

Les lettres se suivent… Après la lettre du Belge Pieter De Crem, résumant les débats à l’informelle de Gand, au nom des ministres de la Défense (cf. http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/pieter-de-crem-ecrit-a-cette-chere-cathy-une-vraie-feuille-de-route.html), le papier germano-suédois (cf. http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%e2%80%93-exercices-ue/allemands-et-suedois-prennent-linitiative.html), voici la lettre de Michèle, Alain, Guido, Karl Théodor, Radek et Bogdan  adressée à Cathy Ashton (LetPSDC fr LetPSDC fr ).

Signée à la fois par les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des trois pays qui composent le triangle de Weimar (M. Alliot-Marie et A. Juppé pour la France, G. Westerwelle et K.T. zu Gutenberg pour l’Allemagne, R. Sikorski et B. Klich pour la Pologne), elle est significative d’un certain malaise qui règne dans certains Etats membres sur l’atonie ambiante. Si le ton reste poli, la longueur inhabituelle de la lettre (5 pages) et les mots employés (malgré les périphrases de convenance) sonnent plutôt comme un rappel à l’action pour la Haute représentante chargée des Affaires étrangères et de la politique de sécurité de l’UE, Cathy Ashton.

« donner une nouvelle impulsion à la PSDC (…) par des mesures concrètes 

Le moment choisi pour faire connaître cette missive, datée du 6 décembre, est également symbolique. Préparée depuis plusieurs semaines (*), elle a été présentée au COPS, comité politique et de sécurité, le 10 décembre. Soit juste le lendemain du premier conseil des ministres de la Défense, présidé en propre par Cahty Ashton, qui a démontré, s’il en était encore nécessaire, le faible intérêt de la Haute représentante au développement d’une politique de défense autonome. Mais les Etats membres ne l’entendent pas de cette oreille. « Nous devons donner une nouvelle impulsion à la politique européenne de sécurité et de défense en pleine complémentarité avec l’OTAN. Votre investissement personnel dans cette entreprise sera essentiel ».

Il faut passer à plus concret, soulignent-ils : « Les enseignements tirés doivent être transformés en mesures concrètes. (…) Nous souhaitons que l’Union renforce sa contribution à la paix et la sécurité internationales et améliore sa capacité à faire face aux menaces qui pèsent sur sa sécurité ».

« Dans un contexte de fortes contraintes financières, nous devons être prêts à prendre des décisions audacieuses. La PSDC doit devenir à la fois plus performante et plus efficiente » écrivent les six signataires, qui cernent quatre domaines de progrès.

« La PSDC doit devenir à la fois plus performante et plus efficiente »

1er point : la coopération UE-OTAN

Cette coopération doit passer par une « coopération sur les théâtres d’opération« , le partenariat « essentiel » entre l’Agence européenne de défense et le commandement allié pour la Transformation (ACT). Mais d’autres terrains peuvent être exploités, « notamment la Cyberdéfense ». La Haute représentante aurait-elle fait fausse route jusqu’à là ?

2e point : les capacités permanentes de planification et de conduite des opérations

Les signataires cernent trois pistes : l’amélioration de la capacité de planification et de conduite des opérations et missions civilo-militaires et militaires en s’appuyant sur les structures existantes (autrement dit ce qui peut se rapprocher d’un QG civilo militaire), l’amélioration des capacités de conduite militaires (autrement dit le QG militaire tant attendu), l’adaptation des battlegroups à des « besoins opérationnels complexes », notamment par le biais du renforcement des capacités civilo-militaires, comme la possibilité de « créer des modules comprenant des capacités militaires et civiles complètes ».

3e point : les battlegroups

Les trois pays qui mettront en commun un battlegroup au 1er semestre 2013 entendent ainsi expérimenter de nouvelles possibilités. Ils « réaffirment ainsi leur volonté de déployer le battlegroup » et entendent le « rendre plus disponible encore pour qu’il réagisse mieux aux urgences opérationnelles ». ne planification avancée ciblée sera mise en oeuvre, en coopération avec les structures de la PSDC. Et les participants comptent sur la révision du mécanisme Athena, qui va être entamée sous la présidence polonaise, qui pourrait permettre un « financement commun, visant à améliorer l’état de préparation, la déployabilité et la rentabilité des groupements tactiques » (notamment au niveau transport stratégique).

4e point : les capacités industrielles

Pour restructurer la base industrielle et technologique de défense (BITD), l’Agence européenne de défense a un  « rôle substantiel », soulignent les signataires, qui demandent à la Haute représentante de présenter « en temps opportun » un rapport « sur les progrès réalisés dans ce domaine qui pourrait servir de base à une discussion approfondie au niveau ministériel ».

entamer le débat « dès que possible »

L’Allemagne, la Pologne et la France proposent enfin de « lancer un processus de réflexion dès que possible ». Ils lui demandent d’inscrire « ce point à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil des Affaires étrangères », l’objectif étant d’obtenir « des résultats concrets sous la présidence polonaise durant le second semestre de 2011 ». Autrement dit, fini l’attentisme, ca urge, bonjour l’action madame la Haute représentante !

(*) Cette lettre était en fait préparée depuis plusieurs mois. Mais si Varsovie et Berlin avaient marqué leur accord, semble-t-il, Paris tergiversait encore.

 

Source : http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/les-etats-reprennent-linitiative-paris-berlin-varsovie-ecrivent-a-cathy.html

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 10:13

Selon une enquête du New York Times, le département américain de la Justice enquête sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles imputables à un cartel bancaire sur le marché des dérivés de crédit.

Après les fonds spéculatifs, c'est au tour des banques dominant le marché des produits dérivés de se retrouver dans la mire des autorités fédérales américaines. Selon une enquête du New York Times daté du 12 décembre, le département de la Justice a décidé de se pencher activement sur « la possibilité de pratiques anticoncurrentielles dans la compensation des dérivés de crédit, leur négoce et les industries des services d'information ». Comme dans les années 1990 où les teneurs du marché du Nasdaq s'étaient retrouvés dans la mire des autorités pour « collusion », le département de la Justice soupçonne un cartel bancaire de « faire la loi » sur le juteux marché des dérivés et des CDS (« credit default swaps ») en contrôlant de facto les principales chambres de compensation : l'Intercontinental Exchange (ICE Trust) et le Chicago Mercantile Exchange.

« Club secret »

« Affilié à une nouvelle chambre de compensation des dérivés, un groupe de banques s'est battu pour bloquer l'entrée d'autres banques sur le vaste marché des dérivés et essaie d'entraver les efforts destinés à rendre publique l'information sur les prix et les commissions », estime le  New York Times en évoquant l'existence d'un « club secret » de 9 représentants des grandes banques, qui se réunit chaque troisième mercredi du mois à New York. Parmi les membres cités du comité des risques de l'ICE, figurent des représentants de JPMorgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Deutsche Bank, UBS, Barclays, Credit Suisse, Bank of America et Citigroup. En revanche, Bank of New York Mellon s'est vu refuser le droit de siéger au sein du cercle restreint des « clearing members » en raison de sa capitalisation insuffisante.

Le manque de transparence de cette procédure a été aussi critiqué par le courtier Newedge, créé en 2008 par la Société Générale et Calyon, qui estime avoir été évincé de ce club. Parmi les principaux griefs des opérateurs figure également le fait que les neuf banques imposent à l'ICE de fournir exclusivement des informations de marché à Markit, une petite société notamment appuyée par Goldman Sachs et JP Morgan, qui joue un rôle déterminant dans la formation des prix. Ces révélations sur le fonctionnement peu transparent de la compensation des dérivés interviennent quelques semaines après les déclarations de Garay Gensler, président de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) sur sa volonté de renforcer le contrôle des chambres de compensation « systématiquement importantes » en 2011. En clair, le régulateur des contrats à terme de matières premières souhaite limiter l'influence des grandes banques sur les nouvelles chambres de compensation, en particulier l'ICE Trust qui traite près de 8.000 milliards de CDS.

 Un temps qualifiés par le milliardaire Warren Buffett d' « armes de destruction massive », les CDS, dont le rôle amplificateur a été déterminant dans la crise financière, doivent désormais transiter par des chambres de compensation depuis l'adoption de la réforme Dodd-Frank de juillet. Toute la question reste de savoir si la transparence de ces chambres est suffisamment garantie par ce « club » dont la composition et l'ordre du jour restent largement secrets.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:23

Suicides, souffrance au travail : alors que les risques psychosociaux sont devenus un enjeu dans les entreprises comme dans la société, Yves Clot, professeur de psychologie du travail au Conservatoire National des Arts et Métiers qui a publié récemment Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux  revient sur ce qui lui apparaît comme une impasse dans un entretien exclusif pour Metis.

Vous êtes responsable d'une filière de formation de psychologues du travail.

Pourquoi la prise en compte des risques psychosociaux (RPS) est-elle une fausse piste ?

Je regarde sans aucune arrogance le travail de tous ceux qui sont engagés dans une approche en termes de RPS ou de stress. On n'y échappe pas facilement aujourd'hui. Simplement, j'ai écrit ce livre, parce que la promotion de cette nouvelle catégorie de gestion des risques affecte l'exercice de notre métier. A partir d'un accord interprofessionnel sur le stress signé en 2008 s'installe un drôle de consensus autour de l'idée que les travailleurs n'auraient plus les ressources nécessaires pour faire face aux exigences de l'organisation. J'ai proposé de retourner le problème : et si on se mettait à considérer que ce sont les organisations qui n'ont plus les ressources pour répondre à l'exigence des salariés de faire un travail de qualité ? Alors, ce ne sont plus les travailleurs qui sont trop « petits », fragiles et à « soigner ».

C'est le travail et l'organisation qu'il faut soigner. C'est elle qui est trop étriquée et qui pousse de plus en plus de professionnels à endurer un travail ni fait ni à faire. Beaucoup de capacités et d'engagements sont gâchés, les ressources psychologiques et sociales des salariés sont gaspillées, leur énergie perdue dans des organisations qui la dissipe. Du coup, en schématisant bien sûr, il reste deux voies possibles ; soit on donne un nouveau destin à ces Ressources Psycho-Sociales refoulées, soit on ajoute à la « petitesse » des organisations actuelles une couche de gestion supplémentaire : la gestion des Risques Psycho-Sociaux. Mais c'est une couche de protocoles supplémentaire sur les protocoles existants. Comme vous le voyez, il y a RPS et RPS !  

De surcroît, s'ajoute un problème bien français que les travaux de Dominique Méda et Lucie Lavoine ont montré qui ont croisé en la matière les enquêtes et statistiques européennes : un attachement particulier des Français à la valeur et à l'utilité sociale du travail. Et c'est parce que les organisations ne leur donnent plus les moyens de faire un travail défendable à leurs propres yeux que beaucoup de gens en font une maladie. On ne règlera pas ce problème par une cicatrisation sociale bâclée. W. Biermann disait je crois : « Pas moyen que les plaies se ferment sous les pansements dégoûtants ». Et pourtant la souffrance au travail devient un « dossier » comme un autre, recyclée dans l'organigramme : du Droit pour se protéger contre la « faute inexcusable » imputable à l'employeur, de la Psychologie pour la prise en charge individuelle des « sinistrés » du travail, un modèle toxicologique du risque qui transforme la question du travail en péril sanitaire, un beau défi social en épidémie. 

Cette approche de la gestion des risques est-elle en train de l'emporter ? Y a-t-il des alternatives ? 

Les standards de Bien-être qui se mettent en place dans certaines entreprises - collecte d'indices, formation de « signalants », cellules de veille sanitaire, peut virer au « despotisme compassionnel si on ne s'attaque pas aux problèmes ordinaires du travail réel. Après la cellule d'écoute psychologique et la victimologie ira-t-on jusqu'à l'obligation de soins ? Ira-t-on jusqu'à demander, comme dans certaines entreprises japonaises, au salarié nouvellement embauché de s'engager par écrit à ne pas se suicider ? On l'imagine mal en France. Mais l'hygiénisme qui cherche actuellement à « pasteuriser » le travail plutôt que de le transformer a de beaux jours devant lui, à moins de faire le pari inverse : celui qui va chercher la santé où elle est, dans les ressources insoupçonnées chez ceux qui travaillent. Les salariés ont davantage besoin de se reconnaître dans ce qu'ils font, plutôt que d'obtenir une reconnaissance faussée de leur plainte, cette plainte leur permet juste de supporter l'insupportable. Mieux vaut prendre le parti du travail de qualité, du travail bien fait plutôt que de chercher à ouvrir des « couloirs humanitaires » dans des organisations qui le maltraite.

Mais est-ce vraiment ce qui l'emporte aujourd'hui dans les stratégies publiques ou syndicales ?

Pas vraiment. Ce n'est pas la même chose de construire une stratégie autour du travail bien fait, de fixer les lignes jaunes de ce qui est acceptable, pour que le travail soit fait dans les règles de l'art et de revendiquer la reconnaissance de la souffrance au travail. Dans le premier cas, on considère que les salariés sont capables de prendre en charge le développement de leur métier en tournant l'action vers eux. Dans l'autre, on se tourne vers les directions en réclamant d'agir pour prendre en charge les victimes de l'organisation, ce qui confirme que l'organisation du travail est la prérogative exclusive de la direction. Il est vrai que s'engager sur le terrain de la qualité du travail apparaît souvent aux syndicats comme un risque de « perdre son âme ». C'est pourtant, il me semble, retrouver une fonction sociale tout autre que celle d'un « syndicalisme de services », ce qui arrange les pouvoirs publics, qui ont la vue courte. Aux employeurs la conception de la performance et de l'efficacité dans la guerre économique ! Aux syndicats le rôle d'ambulanciers de l'intensification ! Mais aujourd'hui ce fonctionnement des relations professionnelles à la française abîme autant la santé que l'efficacité !

Vous semblez pessimiste. Peut-on espérer que ce pouvoir d'agir dont vous parlez prenne le dessus ?

Du côté des dirigeants, j'observe que cette question monte très haut et qu'elle est prise au sérieux. Certains ont pris la mesure de ces blocages systémiques. Et il est urgent que les dirigeants débattent entre eux sur le sens de la performance comme l'a proposé le rapport remis au Premier ministre François Fillon par H. Lachmann, M. Penicaud et C. Larose. L'enjeu ce n'est pas la qualité de la vie au travail, mais la qualité du travail tout court. Cela peut entraîner une sorte d'alliance de producteurs au-delà de la tyrannie court-termiste du financier. Au passage, si les syndicats s'étaient avancés dans cette voie, on n'en serait pas là sur le dossier des retraites. Si on ne touche pas au travail, ce n'est pas à 60 mais à 30 ans que les gens vont vouloir partir !

Vous pensez que les salariés se réconcilieraient avec leur entreprise sur cet enjeu de qualité du travail ? 

Les travailleurs sont capables de s'engager sur cette piste très rapidement, d'après ce que je constate  lors des interventions de mon équipe en psychologie du travail, ou d'autres et notamment d'ergonomes. La zone de développement potentiel est grande quand on voit la vitesse à laquelle les opérateurs s'en emparent, mais aussi les cadres de proximité et en général tous ceux qui sont au front ! Cette énergie-là est source de santé, mais elle est contrariée par la crise du système de relations professionnelles à la française. Ce dont nous manquons, c'est de controverses, de disputes sur la qualité du travail et c'est ce type de conflits qu'il faut instituer. Or il n'y pas de lieu aujourd'hui pour le faire ; d'un côté on discute finances et emploi, de l'autre santé. En fait la qualité du travail devrait être un axe central de ré-institutionnalisation des relations professionnelles et je crains que la rénovation des institutions représentatives du personnel (IRP) n'aille pas dans ce sens. 

 

Pour la suite de cet article :

http://www.metiseurope.eu/yves-clot-le-travail-souffre-c-est-lui-qu-il-faut-soigner_fr_70_art_28903.html

 

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 08:59

La France organisera un G20 des ministres de l'Emploi au premier trimestre 2011, a annoncé lundi Nicolas Sarkozy à une délégation syndicale internationale.

La France assume depuis novembre et pour un an la présidence du G20, qui réunit les Etats les plus riches du monde et les principaux pays émergents, comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.

" C'était le premier contact avec le président de la République française en tant que président du G20 avec une délégation syndicale internationale, de la confédération syndicale internationale ", a expliqué le secrétaire général de Force ouvrière (FO) après la réunion.

Selon l'Elysée et Jean-Claude Mailly, Nicolas Sarkozy a promis que les partenaires sociaux seraient " étroitement associés " au G20 emploi.

" Le chef de l'État a rappelé sa détermination à placer la dimension sociale de la mondialisation au coeur de la présidence française du G20 ", lit-on dans le communiqué de l'Elysée.

" Il a souhaité que le G20 se dote d'un véritable agenda social et rappelé sa volonté de mettre l'accent sur l'emploi et la formation professionnelle ", ajoute la présidence française.

Selon Jean-Claude Mailly, le G20 des ministres de l'Emploi portera sur une coordination en matière d'emploi et la façon de mettre ce sujet au coeur de la coordination économique.

Nicolas Sarkozy a confirmé qu'il plaiderait pour un rôle plus important de l'Organisation internationale du travail, " à l'égal du Fonds monétaire international et de l'Organisation mondiale du commerce ", a précisé le dirigeant de FO.

Selon le communiqué de l'Elysée, le chef de l'Etat a souligné l'importance de mieux prendre en compte les normes sociales au niveau international.

Il a également rappelé que l'aide aux pays en développement serait au coeur de l'agenda du G20, en particulier à travers la recherche de financements innovants.

Selon Jean-Claude Mailly, il a notamment évoqué la question d'une taxe sur les transactions financières.

C'était la première fois que les principaux dirigeants syndicaux français revenaient à l'Elysée depuis le vote, fin octobre, de la réforme des retraites, contre laquelle ils ont organisé neuf journées de manifestations et de grèves entre le 7 septembre et le 23 novembre.

Outre Jean-Claude Mailly, Nicolas Sarkozy avait convié Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Bernard Van Craynest (CGC) et Alain Olive (Unsa), avec des dirigeants de syndicats des pays du G20 et d'organisations syndicales internationales.

Deux des principaux artisans de la réforme des retraites, l'ex-ministre du Travail Eric Woerth, remplacé le 14 novembre par Xavier Bertrand, et l'ex-conseiller présidentiel Raymond Soubie, nommé au Conseil économique et social, étaient absents.

" Aucune question nationale n'a été abordée ", a déclaré Jean-Claude Mailly.

 

Source : Reuters

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 08:23

Pour la première partie de cet article : Les Etats européens n'ont pas d'autre alternative que de poursuivre la construction européenne en faisant rapidement de l'UE un véritable acteur politique "global" (1) - nouvelle édition -

.../...
Alors qu'avec le Traité de Lisbonne, malgré ses imperfections dont rend compte parfois ce blog, ils disposent mieux qu'aucun Etat dans le monde - fussent-ce les Etats-Unis ou la Chine, qu'aucune autre région du monde, qu'aucun autre pole de stabilité et de puissance, d'un cadre et d'une méthode qui favorisent la construction collective de réponses solidaires aux effets à la fois de leviers et fédérateurs qui décuplent l'efficacité du bloc ainsi constitué face aux défis globaux évoqués plus haut, force est de constater - et de déplorer - que chacun d'entre eux - s'emploient à disqualifier la méthode communautaire, quand ce n'est pas de manière aussi ostentatoire qu'ostensible la Commission européenne elle-même, censée être garante du respect des traités rédigés, signés et ratifiés par les Etats eux-mêmes et d'un acquis communautaire conçu, décidé et mis en oeuvre de la volonté même de ces mêmes Etats ! A l'exception, naturellement de certains "petits" Etats membres qui n'ont pas d'autres voies de salut que d'y recourir - et qui l'assument en responsabilité !
Quelle autre organisation internationale ou multilatérale est à même aujourd'hui d'articuler la démarche à la fois globale et collégiale qui gouverne le fonctionnement de l'institution en charge d'initier et de proposer : la Commission européenne, et un processus décisionnel collectif qui rend compte simultanément du recul nécessaire du poids individuel des Etats et de la part croissante du débat politique dans la conception et la mise en oeuvre des réponses solidaires aux défis : un processus qui combine vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil  et co-décision Conseil - Parlement européen avec un pouvoir de décision en dernier ressort au Parlement s'agissant des décisions budgétaires ?
Quelle autre organisation internationale ou multilatérale est en mesure aujourd'hui de proposer et de mettre en oeuvre, et de manière démocratique quoiqu'en disent ses détracteurs de mauvaise foi, une approche articulée, cohérente et globale des défis conjoints climat - énergie au point d'entraîner le reste de la planète dans un processus global, d'esquisser pour elle-même une stratégie pour le développement durable qui embrasse et articule dans un même ensemble des défis multiples aux ressorts et aux effets étroitement liés en l'ajustant autant que les circonstances l'exigent, de proposer et de mettre en oeuvre une approche globale de la gestion des crises ou une autre tout aussi globale pour la protection des citoyens européens considérés dans toute la variété des composantes de leur identité plurielle (à la fois citoyens de l'Union et citoyens nationaux disposant de droits politiques, économiques, sociaux en même temps qu'ils sont soumis aux obligations qui y sont attachées, sujets et objets des politiques publiques et des politiques économiques et sociales, producteurs et usagers des biens publics et/ou collectifs nationaux, européens et mondiaux) en même temps qu'elle oeuvre plus que quiconque à la constitution des biens publics mondiaux et à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (et ce, quand bien même les engagements pris n'ont pas encore été parfaitement tenus au sein de l'UE) ?
Revenons un instant sur les 36 risques globaux identifiés et analysés par le Global Risk Network (NB : sans pour autant considérer benoitement que cette liste est exhaustive ; bien entendu, il reste à vérifier qu'elle est effectivement pertinente du seul point de vue européen). (cf. The consequences for Europe of the global crisis, by Rob de Wijk)
Quelle superpuissance ou quelle autre organisation internationale ou multilatérale est en mesure de penser, de concevoir, de décider et de mettre en oeuvre des stratégies, des politiques et des instruments appropriés pour y apporter des réponses à la mesure des défis que font peser une gestion inappropriée de tels risques, avec les imperfections qui sont le propre de toute organisation humaine (sinon en totalité, en tout cas, dans ce qui relève de l'intérêt général de l'Union sans sacrifier pour autant ni celui des Etats membres ni celui du monde tel que l'Union peut l'apprécier) ?
Pourquoi le secrétaire général de l'Otan rêve-t-il d'une Alliance atlantique au mandat élargi à l'image de l'UE ou d'autres (comme Edouard Balladur) en appellent-ils à l'émergence d'une véritable Union occidentale ?
Cessons de nous mentir !
Ayons le courage et l'audace de ceux qui ont une la capacité d'une vision politique éclairée !
Ce n'est ni d'une fantasmagorique " Union occidentale " ni d'une Alliance atlantique devenue omnipotente dont les Européens ont besoin !
Mais d'un retour de la confiance, à la fois sur le territoire européen et sur les marchés, en réponse à cette " double crise de confiance qui risque de balayer l'Union : une crise de confiance des marchés envers les Etats les moins bien gouvernés, et une crise de crédit politique entre Européens mêmes - sans parler de la défiance des gouvernés envers leurs gouvernements " ! (cf. Anne-Marie Le Gloarrec : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/23/europe-la-double-crise-de-confiance-par-anne-marie-le-gloannec_1310170_3232.html).
Il en effet urgent de redonner confiance à ceux qui l'ont perdue (cf. Crises mondiales : il est urgent de redonner confiance à ceux qui l'ont perdue (nouvelle édition)). Ce qui ne sera possible que si l'Union européenne se dote d'un véritable leader et d'un moteur européen !

" Or le couple franco-allemand est marqué par le doute, et l'Allemagne se réfugie dans un superbe isolement ".

Sans parler de la France dont l'engagement européen varie au gré des alizés ... et des courants nord atlantiques !
Ce qui est vrai pour le commerce international (cf. à cet égard Politique commerciale : l’UE établit une stratégie active pour les cinq prochaines années ainsi que Commerce international : l’Union européenne en quête de réciprocité), la diplomatie ou la finance (cf. à cet égard :  http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/22/l-europe-doit-reguler-la-finance-par-sylvie-goulard_1309652_3232.html ainsi que Le mécanisme européen de stabilisation : Comment ça marche ? (Toutel'europe.eu)) l'est aussi pour l'ensemble des registres sur lesquels pèsent des risques tout aussi globaux et même parfois, tout aussi systémiques (la monnaie, le climat, la prolifération, les risques technologiques, etc.) !
Donnons à la Commission européenne, en particulier, et aux institutions de l'UE, en général, les moyens de cette ambition collective autant que de cette nécessité de mettre l'UE en capacité de faire face avec l'autorité, la confiance et la compétence requises aux défis globaux qui ne l'épargneront pas !
A cette fin, il est impératif que le Collège de la Commission européenne, et derrière lui, l'administration européenne, sachent s'emparer de ces défis avec l'audace et l'intelligence collectives qu'exigent les circonstances pour inventer, initier et proposer ce qu'aucun Etat membre n'est plus en mesure d'imaginer, de concevoir et de produire seul ou dans un cadre multilatéral régi par des règles d'un autre temps ! (cf. notamment à cet égard Levons ces ambiguïtés non constructives qui paralysent la dynamique européenne sur les registres des capacités et de l'armement ! Et agissons ! - cinquième partie -). Le service européen d'action extérieure ne constituant en la matière, lorsqu'il sera pleinement opérationnel, qu'un instrument parmi d'autres pour élaborer, promouvoir et négocier les initiatives et propositions correspondantes !
Il est tout aussi impératif que le Parlement européen prenne toute sa part dans ce processus ! Le nouvel accord-cadre qui régira les relations entre les deux institutions au cours des cinq prochaines années témoigne d'une nouvelle culture de partenariat qui augure d'une dynamique novatrice à l'égard des grands défis posés aux Européens !
Quant au Conseil, émanation des administrations nationales et de leurs logiques à la fois sectorielles et  " egocentrées ", sa mise sous tutelle politique d'un Conseil européen institutionnalisé aux ambitions élargies lui permettra de repenser sa relation complexe avec l'intérêt général européen dans toutes ses dimensions, y compris les plus stratégiques (cf. PENSER L'INTERET EUROPEEN : Du compromis entre intérêts nationaux à l’intérêt général européen ). Ce qui exigera en préalable ue les Etats aient aient adapté leur corpus constitutionnel aux exigences de l'intégration politique recherchée (cf. à cet égard l'article intitulé La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (1) et ceux qui lui font suite).
L'heure n'est plus ni à la fantaisie politique, ni au discours cosmétique pour faire illusion, ni au mépris des évidences !
L'a-t-elle d'ailleurs été un jour ! Même pendant les " trente glorieuses " ?
En France, par exemple ! Lorsque le Général de Gaulle accepta d'entraîner la France, premier pays agricole d'Europe dans la PAC,  ou encore lorsqu'il accepta l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun, n'avait-il pas pleinement pris la mesure d'une évolution inéluctable du monde qui obligerait même une puissance économique, militaire, industrielle, technologique et nucléaire comme la France à se penser, à concevoir et et à agir autrement que dans sous l'empire de la certitude de son omnipotence ! Il en fut de même avec Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre, François Mitterand, Jacques Chirac et Michel Rocard vis-à-vis de la monnaie et du marché intérieur (Acte unique et Union économique et monétaire), puis avec François Mitterand vis-à-vis de l'Union politique (Traité sur l'Union européenne).
Et que dire de l'Allemagne !
Plus que jamais une rupture est nécessaire ! Elle doit intervenir de toute urgence dans les mentalités, ne serait-ce que pour rendre possible l'indispensable ! Il faut en finir avec les particularismes et les idosyncrasies nationales qui l'emportent trop souvent sur les réflexes européens, autant qu'avec les postures inspirées par des logiques du type " Je t'aime, moi non plus ! " (cf. "Amours et désamours entre Européens", sous la direction de Céline Belot et Christophe Bouillaud) ou " Faites comme je dis mais pas comme je fais ! " qui fragilisent la cohérence, la cohésion et l'efficacité politiques de l'édifice européen.
Car c'est elle, et elle seule, qui peut et doit devenir, en Europe, cet acteur global dont les Etats membres ont cruellement besoin pour agir dans le monde en responsabilité !

Ouvrons les yeux, l'Union européenne ne reste pas les bras aussi croisés que d'aucuns le prétendent ! Pour preuve ses nombreuses initiatives qui attestent déjà que la dynamique requises ici est d'ores et déjà à l'oeuvre (voir à cet égard, notamment la série d'articles suivante : Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie - et suivants).

Mais pour agir avec plus de force et de cohérence, l'Union européenne a besoin d'une véritable stratégie de sécurité ! pas d'un document approximatif articulé autour de quelques défis dont le "traitement" ne serait réservé qu'aux protagonistes des affaires diplomatiques, sécuritaires et militaires ! (cf. la série d'articles qui est consacré à cette question : Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) et suivants)

Simultanément, ses Etats membres doivent entreprendre les réformes au fond que nécessite la défense du modèle démocratique libéral face à une globalisation débridée (cf. à cet égard la série d'articles suivante : La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (1) - nouvelle édition - et La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (2) - nouvelle édition - ).

Leurs dirigeants doivent enfin agir pour lutter contre ce risque de fragmentation politique de l'Europe qui hante des nations européennes qui se cherchent toujours les raisons d'un avenir commun dans une communauté de destins, de valeurs et de projets retrouvée ! (cf. la série d'articles intitulée : De la fragmentation politique d'une Union européenne toujours en quête d'un projet politique clair et d'un leader charismatique (1) - nouvelle édition - et suivants)
Qu'on se le dire et le redise ! La méthode Cauet, qui ne manque pas de vertu, a parfois d'excellents résultats !

 

NB : Cet article a été publié une première fois en février 2010

 

 

 

 

 



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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 08:09

Que se passe-t-il dans le landerneau des capitales européennes ? Que se passe-t-il à Bruxelles, cette capitale permanente et omnipotente de l'Union européenne ? Les défis globaux s'accumulent et pourtant, tout se passe comme si nous traversions une période faste où la fantaisie intellectuelle, le caprice bourgeois, le bal des débutantes étaient encore à l'ordre du jour !
Alors que les Etats membres, c'est à dire autant les Etats eux-mêmes et leurs institutions que leurs acteurs et structures économiques et sociaux, et d'une manière plus générale, leur population, ne cessent de subir les effets de plus en plus traumatisants, à plus d'un titre, de défis globaux de toutes sortes et d'une ampleur inenvisageable il y a 20 ans, qui mettent fortement en péril autant leur prospérité économique, leur économie "sociale" de marché, leur développement qu'il veulent portant rendre durable et riche en emplois, leurs stabilisateurs automatiques, leurs amortisseurs sociaux, etc. que leur propre stabilité politique, leur modèle de démocratie et de développement - y compris sur le registre tout simplement humain -, la relation de l'Etat à la Nation, leurs biens publics et/ou collectifs (et notamment leur système de cohésion et de solidarité sociales), et au final, la paix civile sur leur propre territoire, quelle voie empruntent-ils pour y faire face ?
Celle du recours quasi exclusif à l'Etat national pour réguler, juguler, anticiper, réparer, .... dire le "la" après avoir délibérément choisi d'emprunter la voie de la dépolitisation des décisions stratégiques, de la dérégulation, de la déréglementation, du décloisonnement, de la désindustrialisation, de la délocalisation (des sièges sociaux, des activités productives - y compris à forte valeur ajoutée - comme des bénéfices), autant de facteurs qui déterminent les ressorts de la globalisation / mondialisation à l'oeuvre aujourd'hui avec son cortège de risques systémiques, d'incertitudes et d'angoisses collectives !
Un tel recours est non seulement inopportun mais dangereux pour les Etats-nations eux-mêmes.
Inopportun d'abord car porteur d'une inefficacité structurelle que confirme une actualité non complaisante à l'égard de cet irréalisme politique qui mise sur le recours à une stratégie frileuse, fondée sur un repli identitaire étriqué, servie par des postures et des réflexes aux tonalités " nationalistes " et " patriotiques ", et un discours démagogique - et électoraliste à la petite semaine - qui occulte délibérement la réalité moins fringante et affichable de l'incapacité des Etats à demeurer les maîtres du jeu dans la cour de la globalisation stratégique qui s'est opérée, bon gré mal gré, sous les yeux impuissants de celles et de ceux qu'ils ont abandonné au bord du chemin alors qu'ils ont pour mission - constitutionnelle - de les servir et de les protéger !
Dangereux  ensuite car cette globalisation où s'imbriquent tout à la fois l'économique, l'écologique, le technologique, le géopolitique et le sociétal, dans un magma volcanique aux contours, aux contenus et aux ressorts de plus en plus indiscernables, est vécue au quotidien autant par les institutions en charge de la conduite des " affaires de la nation " que par la plus grande partie des individus de toute condition (personnes morales ou physiques), comme une menace à la fois pour les grands équilibres nationaux, sous régionaux , régionaux et planétaires, et pour les patrimoines - de toutes natures, y compris culturels -, les espoirs, les projets et les utopies de la société des hommes.
Aucun Etat n'est plus en mesure aujourd'hui de faire face de manière isolée à cette insécurité globale qu'emporte désormais la globalisation et l'interaction de risques dont la liste et l'intensité ne cessent de croître année après année comme en témoignent les différents rapports du Global Risk Network depuis 2006 (cf. notamment le rapport 2010 globalrisks2010 globalrisks2010 ). 
Pour garantir la " sécurité de la Nation ", l'Etat est contraint de recourir à des garanties de sécurité, des mesures de confiance et des mesures de réassurance aux ressorts et déterminants non strictement domestiques (sécurité coopérative, sécurité collective, sécurité européenne, défense collective), y compris désormais s'agissant du coeur même de son propre système de sécurité nationale  (thèse que participe à accréditer l'introduction dans le Traité de Lisbonne de dispositions appelant à des formes appropriées de coopération et de coordination entre les services compétents des administrations nationales sur ce registre particulier ) !
Même les stratèges des Etats-Unis l'ont compris au point d'en appeler désormais à de nouveaux instruments de coopération et de régulation à l'échelle planétaire en même temps qu'ils réintègrent - bon gré mal gré - un jeu multilatéral encore très défaillant parce qu'inadapté à la nature systémique des risques encourrus !
Celà tient d'abord à l'organisation même des Etats et notamment au fonctionnement non collégial des gouvernements où la nature autant que la séparation administrative des porte-feuilles ministériels rend illusoire l'intervention d'un Etat stratège cohérent là où il est encore présenté comme opérant ! Leur organisation - d'un autre temps -  comme la faiblesse de leur marge de manoeuvre régulatrice les condament à l'impuissance parce qu'ils ne peuvent plus être des acteurs globaux à part entière ! Une impuissance de facto que l'on déplore à chaque nouvelle crise grave ! Si ce premier constat n'est pas difficile à poser, force est de constater qu'il " passe " difficilement dans les capitales ! Des sursauts sont tentés ici ou là, en France notamment (cf. 'Déceler-Etudier-Former : une nouvelle voie pour la recherche stratégique - Rapprocher les institutions publiques chargées de la sécurité globale' (Alain Bauer) ).
Ensuite, l'atomisation de la société et le déplacement des logiques de concurrence / compétition vers le niveau individuel altèrent les ferments des grands équilibres au coeur même de la société nationale dans toutes ses composantes ! Les réponses collectives à des enjeux individuels telles que la codification (léglislation, réglementation, etc.) n'atteignent que partielement leurs buts, et de plus en plus difficilement. Le contournement - conscient ou inconscient - du droit, de la norme, du code, de la règle devient inéluctable ! La démocratie représentative vacille et la demande de participation devient aussi pregnante qu'insoutenable ! La sécurité juridique est mise entre parenthèses ; elle devient peu à peu un principe inefficient ! Le concept même d''Etat, balloté entre théologie et technologie, vacille (voir notamment L'Etat entre technologie et théologie - Origine, sens et fonction du concept d'Etat , par Hugues Rabault ) ! Le retournement du monde diagnostiqué par Marie-Claude Smouts et Bertrand Badie est à l'oeuvre (cf. http://www.academon.fr/Commentaire-de-Texte-Le-retournement-du-monde-de-Bertrand-Badie-et-Marie-Claude-Smouts/4490) !
Dès lors, les systèmes de garanties, les mesures de confiance et les mesures de réassurance collectives qui se fondent sur le code, le droit, la norme, la règle, etc. n'opèrent plus avec la même efficacité que jadis ! L'envie de vivre ensemble s'efface ! (cf. notamment à cet égard Jean-Paul Delevoye : "Je suis inquiet, le chacun pour soi a remplacé l'envie de vivre ensemble" (LeMonde.fr) )
Ce second constat est lui aussi aisé à poser et tout aussi difficile à digérer !
Et pourtant, la position des Etats membres ne doit rien au hasard ! Conforme à la perception de leur " opinions publiques ", elle tente d'apporter des remèdes qui s'avèrent parfois aussi dangereux que le mal.
Dans une interview accordée au quotidien Le Monde le 18 février, Martin Hirsch a déploré : " Le paradoxe, c'est que les citoyens attendent de l'Europe qu'elle les protège de la pauvreté, mais ils ont plutôt le sentiment qu'elle les menace. Cependant les choses ont commencé à bouger, notamment sous la présidence française de l'UE ".
Face à cette insécurité globale et multiforme oppressante, le besoin de régulation et de gouvernance est patent ! Il exige non seulement un sursaut de l'Etat mais son insertion dans une architecture plus vaste dont il ne représente qu'une composante parmi d'autres !
Le champ très vaste des activités humaines (scientifiques, technologiques, industrielles, économiques, juridiques, éthiques) autour de la dimension nanométrique est particulièrement éclairant à cet égard (cf. quelques uns des articles de la rubrique de ce blog intitulé Technologies et entreprises en action et en débat).
Dès lors, le discours qui appellent à plus de multilatéralisme, entendre par là, par plus de jeu intergouvernemental, devient inapproprié puisqu'il repose sur le double principe selon lequel l'Etat est l'acteur pertinent de la régulation en même temps que la norme, le code, etc. en constituent les leviers opératoires les plus efficients ! A tort, évidemment, car un tel discours est biaisé dès lors qu'il occulte la réalité oppressante des deux constats précédents.
En grande partie destiné à " faire semblant de bouger les lignes pour que rien ne bouge ", à entretenir les dynamiques et logiques des réseaux dominants (les " puissants " du moment s'emploient à ne pas avoir à partager le " gâteau au miel "), et à flatter et satisfaire quelque ego mal placé, un tel discours ne serait pas dangereux s'il ne s'accompagnait de postures, et pis encore, de positions de fond, fortement préjuciables aux " intérêts bien compris "  - mais néanmoins clarifiés et validés par personne - des Etats-nations européens qui ont portant pris le parti audacieux de s'unir dans la diversité pour faire face collectivement, avec une méthode inexplorée jusque là (la méthode communautaire) aux grands défis du monde.
Pour preuve : Karel De Gucht, le nouveau Commissaire européen au Commerce estime qu'il y a une contradiction entre les appels des dirigeants du G20 à conclure le round de Doha en 2010 et les marges de flexibilité insuffisantes octroyées à leurs ministres du Commerce pour y parvenir !
.../ ...

NB : Cet article a été publié une première fois en février 2010

Pour la suite de cet article : Les Etats européens n'ont pas d'autre alternative que de poursuivre la construction européenne en faisant rapidement de l'UE un véritable acteur politique "global" (2) - nouvelle édition -







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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 22:55

L'Union africaine (UA) s'apprête à adopter une loi criminalisant le terrorisme et interdisant toute forme de paiement de rançon à des groupes terroristes, a annoncé lundi à Alger le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA Ramtane Lamamra.

" Une loi-type sur le terrorisme en Afrique va être adoptée au cours d'une réunion mardi et mercredi d'experts de l'UA au Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) " dans la capitale algérienne, a dit à l'AFP M. Lamamra.

Il s'exprimait en marge d'une conférence internationale marquant les 50 ans de la Déclaration de l'ONU sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, qui s'est ouverte lundi.

Le CAERT, lancé en octobre 2004 à Alger, est une agence de l'UA chargée de " renforcer les capacités des pays africains dans le domaine de la prévention du terrorisme ", selon ses statuts.

" Cette loi va permettre aux pays membres de l'UA de poursuivre ou d'extrader (vers leur pays d'origine) les terroristes en activité sur leur territoire ", a-t-il précisé.

Selon M. Lamamra, ce texte permettra également d'"uniformiser" les législations africaines anti-terroristes.

Les membres de l'UA approuveront notamment " un mandat d'arrêt africain et l'élaboration d'une liste de terroristes et d'entités terroristes, à l'instar de celle de l'Onu ", a précisé le haut responsable.

Le texte comprend également des dispositions interdisant et criminalisant le versement de rançons à des groupes terroristes, a-t-il ajouté.

La région du Sahel connaît depuis quelques années une recrudescence des activités de trafiquants et contrebandiers mais aussi de groupes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté le 17 décembre 2009 une résolution " criminalisant le paiement de rançons ", en particulier à des " entités terroristes ", comme l'a également fait l'UA le 3 juillet 2009.

Près de 200 personnalités étrangères sont présentes à la conférence d'Alger ouverte lundi parmi lesquelles les anciens présidents nigérian Olusegun Obasanjo et sud-africain Thabo Mbeki, le président de la Commission de l'UA Jean Ping, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et Tayé-Brook Zerihoun, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies.

Les intervenants à la conférence ont souligné la nécessité de parachever le processus de décolonisation dans le monde conformément à la résolution 1514 de l'Onu, adoptée en décembre 1960.

" La mise en oeuvre de cette résolution a permis l'indépendance de nombreux pays mais ce processus reste à parachever, notamment en ce qui concerne la Palestine et le Sahara occidental qui demeurent toujours sous le joug colonial " a notamment estimé M. Ping.

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 17:22

 

Centre d'analyse stratégique


Le Centre d'analyse stratégique
vient de publier sa Note d'analyse 203

Un enjeu de Cancun : relancer la coopération climatique en améliorant la transparence des émissions nationales
de gaz à effet de serre

Pour consulter et télécharger la Note d'analyse 203: cliquer

 

Au sommet de Copenhague, les États-Unis et les pays émergents se sont associés à la lutte mondiale contre le changement climatique sans pour autant s'astreindre à des objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) fixés par la Communauté internationale.

De ce fait, l'accord de décembre 2009 inaugure une nouvelle forme de coopération : à l'opposé du protocole de Kyoto, qui assignait aux pays partenaires des quotas de réduction d'émissions de GES, le texte appelle les signataires à formuler leurs propres engagements. Chacun est désormais libre de ses efforts, mais un désaccord est cependant apparu entre les États-Unis et les pays émergents, en particulier la Chine, sur l'évaluation des efforts des différents pays : les premiers souhaitent généraliser les procédures de comptes rendus et d'audits conduits par des panels d'experts internationaux déjà obligatoires pour les signataires de l'Annexe I de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les seconds refusent que les experts internationaux empiètent sur leur souveraineté nationale en contrôlant leurs émissions et la mise en  œuvre de leurs engagements.

www.strategie.gouv.fr


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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 15:19

À compter du 1er janvier 2011, les opérateurs devront soumettre aux autorités douanières une déclaration électronique incluant des données de sûreté et de sécurité sur les marchandises avant que celles-ci n'entrent dans l'Union européenne ou ne quittent son territoire. Le but de cette mesure est de renforcer la sûreté et la sécurité des transactions internationales, en permettant aux douanes d'effectuer des analyses de risque plus efficaces sur la base des informations reçues préalablement et, ainsi, de mieux cibler les contrôles. Les opérateurs ont bénéficié d'une période transitoire depuis juillet 2009 afin de pouvoir adapter leurs systèmes électroniques à ces nouvelles règles.

 M. Algirdas Šemeta, commissaire chargé de la fiscalité et des douanes, de l’audit et de la lutte antifraude a déclaré à ce propos: «Les douanes jouent actuellement un rôle essentiel pour assurer la sécurité des citoyens et la sûreté des échanges commerciaux. Grâce à la communication préalable des informations, les autorités douanières pourront détecter à l'avance les expéditions à risque et, ainsi, renforcer la sûreté et la sécurité sans occasionner de retards pour les transactions fiables

À compter du 1er janvier 2011, tous les opérateurs participant à des transactions douanières ou à des opérations de logistique internationale devront fournir aux autorités douanières de l'UE des données relatives à la sûreté et à la sécurité au moyen de déclarations électroniques avant que les marchandises n'entrent dans l'Union ou n'en sortent. De plus, lors des contrôles douaniers des marchandises à l'entrée ou à la sortie, les États membres appliqueront un ensemble uniforme de critères de risques définis au niveau de l'Union.

Les incidents survenus récemment dans le fret aérien ont montré que le renforcement des systèmes d'analyse des risques au niveau des douanes est capital pour garantir la sûreté et la  sécurité.  L'accès anticipé aux données de sûreté et de sécurité, c'est-à-dire avant que les marchandises n'arrivent physiquement à la frontière, se traduira par en un suivi plus efficace des mouvements de fret et permettra aux autorités douanières de réaliser des analyses de risques plus performantes. Ainsi, les douanes pourront davantage concentrer leurs contrôles sur les cargaisons présentant un risque élevé, tandis que l’accélération des opérations de traitement et de mainlevée des marchandises à l’entrée ou à la sortie facilitera les échanges commerciaux.


 

Le type de données de sûreté et de sécurité demandées aux opérateurs varie selon les moyens de transport utilisés et la fiabilité des opérateurs participant à l'opération. Les données requises peuvent comprendre notamment la description des marchandises, des informations sur l'expéditeur ou l'exportateur, l'itinéraire suivi par les marchandises et les risques que celles-ci peuvent présenter. Les délais de communication de ces données dépendent également des moyens de transport employés et vont de 24 heures avant le chargement pour les cargaisons acheminées par voie maritime à une heure avant l'arrivée pour les transports routiers et même encore moins pour certains transports aériens.

Depuis le 1er juillet 2009, les opérateurs qui le souhaitent peuvent soumettre des déclarations préalables. À compter du 1er janvier 2011, cette formalité deviendra obligatoire.

De plus amples informations peuvent être consultées sur le site Internet consacré aux nouvelles mesures douanières en matière de sûreté et de sécurité:

http://ec.europa.eu/ecip/security_amendment/index_en.htm

 Source : la Représentation en France de la Commission européenne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 11:54

Malgré les propos rassurants de la ministre de l'Economie, Elana Delgado, sur les fondements solides de l'économie espagnole la semaine dernière [Touteleurope], le ministre allemand des Finances s'est encore senti obligé de "balayer toutes 'spéculations' sur le fait que  l'Espagne ou le Portugal pourraient avoir besoin d'un secours financier très prochainement" [AFP].  
Rappelant qu'il est douloureux pour un Etat membre de faire appel au fonds de soutien européen, et que, de ce fait, "le gouvernement irlandais avait beaucoup hésité à faire ce pas" [France 24], le ministre allemand s'est opposé à toute augmentation du fonds de soutien : "pour secourir l'Irlande, nous n'avons même pas utilisé 10% des ressources mises à disposition. C'est pourquoi nous n'avons pas besoin de spéculer sur la nécessité d'augmenter ou non ce fonds" a-t-il souligné [AFP].
Après les déficits budgétaires abyssaux de certains Etats membres, l'autre versant de la crise européenne concerne la stabilité de l'euro. Suite à certaines velléités de responsables qui désiraient sortir de la zone euro, Wolfgang Schäuble a réaffirmé que "l'euro est avantageux pour tous les Européens" [AFP]. Durablement marqués par la crise des années 20, les Allemands craignent une éventuelle inflation de l'euro, à ce quoi le ministre des Finances leur répond que "celui qui regarde le développement de l'économie en Allemagne sait que nous sommes plus interdépendants internationalement que toute autre économie. Sans l'euro, notre propre monnaie serait revalorisée, ce qui aurait des conséquences négatives pour le commerce extérieur"[AFP].
La grande question est de résoudre les déficits budgétaires auxquels les Etats sont confrontés, et ne plus forcément compter uniquement  sur des actions de renflouement par l'utilisation du fonds de soutien européen. A une semaine d'un décisif Conseil européen qui devrait entériner un mécanisme permanent de gestion de crise, Wolfgang Schäuble s'est également porté en faveur d'une "éventuelle harmonisation des politiques budgétaires des pays partageant l'euro"[Reuters]. Celle-ci prendrait la forme d'une "coordination budgétaire limitée".
C'est dans ce sens que l'Allemagne et la France se sont engagées vendredi 10 décembre à Fribourg à "œuvrer vers un meilleur alignement de leurs politiques budgétaires afin de favoriser la convergence dans la zone euro" [Reuters]. Les deux dirigeants ont cependant rejeté une nouvelle fois l'idée d'une "mutualisation des dettes européennes sous forme d'émissions obligataires européennes" [Le Figaro], proposition qui avait été faite par le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, et le ministre des Finances italien Giulio Tremonti.

Source : http://lettres.touteleurope.eu/rdp131210.cfm?WL=31745&WS=48415_1934984&WA=2951

 

 

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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
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" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

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