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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 22:25

Nicolas Sarkozy et Hu Jintao sont parvenus vendredi à Nice à une " vraie convergence " sur les objectifs d'une réforme du système monétaire international (SMI), a déclaré la présidence française.

Les présidents français et chinois se sont retrouvés sur la promenade des Anglais pour accorder leurs violons à huit jours du début de la présidence française du G20, sur fond de relance de la polémique sur la politique monétaire de Washington.

Le président français voulait s'assurer du soutien de la Chine dans sa croisade pour un nouvel ordre monétaire et la régulation des prix des matières premières.

Il était " particulièrement opportun ", a-t-il dit entre un entretien et un dîner de travail dans un restaurant du vieux Nice, de discuter avec Hu Jintao de ces questions "pour essayer d'avoir un monde plus équilibré, plus stable".

" Il faut bien comprendre que pour régler les grands problèmes du monde, on a besoin de la Chine et d'un dialogue franc, constructif, amical  ", a-t-il ajouté. " C'est ce que nous avons fait depuis deux jours. "

Le président chinois, en visite d'Etat en France depuis jeudi, veut pour sa part s'assurer que la démarche française ne se traduira pas par des pressions accrues sur Pékin en faveur d'une réévaluation brutale de la monnaie chinoise, le yuan.

A l'issue de l'entretien, l'entourage de Nicolas Sarkozy a fait état d'une " vraie convergence de vues entre la Chine et la France, à la fois sur les objectifs à atteindre et sur la voie " à suivre pour préparer la réforme du SMI.

Éviter la confrontation

" Chacun est conscient du fait qu'une réforme du système monétaire prendra du temps. Mais ce qui est important c'est de commencer, d'avoir des objectifs, une méthode pour progresser ", a souligné un conseiller de Nicolas Sarkozy.

Hu Jintao a donné son accord à l'organisation dans une ville chinoise, au printemps prochain, d'un séminaire sous présidence française, avec les " meilleurs experts ", a-t-il précisé.

La France s'efforce d'éviter que ce débat dégénère en confrontation, notamment entre la Chine et les Etats-Unis.

" L'ambition de la France, c'est que tout le monde accepte de se mettre autour de la table pour poser les bases d'un nouveau système qui garantisse la stabilité du monde ", a expliqué Nicolas Sarkozy. " C'est ça, plutôt que chacun s'invective. "

L'annonce par la Réserve fédérale américaine d'une injection massive de liquidités a provoqué un nouvel accès de faiblesse du dollar et de mécontentement des pays émergents, dont la Chine, mais aussi de l'Allemagne (cf. à cet égard La baisse du dollar s'accélère après la décision de la Fed d'acheter massivement des bons du Trésor pour éviter la déflation ).

Hu Jintao avait souhaité achever sa visite d'Etat à Nice, sur une Côte d'Azur très appréciée des touristes chinois.

Le président français et son homologue chinois ont fait quelques pas ensemble sur une promenade des Anglais bouclée par d'importantes forces de police et presque déserte.

Une soixantaine d'étudiants chinois cornaqués par une association et venus d'universités voisines ont salué la sortie de Hu Jintao de l'hôtel Negresco en criant "président, président !" et en agitant des drapeaux des deux pays.

"Vraie réussite"

Les deux chefs d'Etats sont allés vers eux pour serrer des mains avant de gagner la Villa Masséna voisine - une imposante bâtisse de la fin du XIXe siècle - pour leur entretien.

" Atmosphère excellente ", " vraie réussite " : la délégation française n'a pas de mots assez fort pour se féliciter d'une visite marquée par la signature de quelque 16 milliards d'euros de contrats pour les entreprises françaises et un bond en avant de la coopération franco-chinoise dans le nucléaire civil.

Hu Jintao avait commencé la journée par un tête à tête, dans son hôtel parisien, avec l'ancien président français Jacques Chirac, qui jouit à Pékin d'une réputation d'ami de la Chine.

Nicolas Sarkozy, dont les positions sur le Tibet avaient provoqué en 2008 une crise entre Paris et Pékin, est resté très discret sur la question des droits de l'homme et sur le sort du prix Nobel de la Paix 2010, Liu Xiaobo, opposant condamné à 11 ans de prison.

Il a consenti en fin de journée seulement à dire qu'il avait évoqué " tous les sujets sans tabou ", y compris les droits de l'homme.

Pékin a averti vendredi que tout soutien de l'Europe à Liu Xiaobo serait perçu comme un affront.

" Ce n'est pas un sujet qui est à aborder entre la Chine et la France ", avait pour sa part déclaré jeudi la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères, Fu Ying.

 

Source : Reuters

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 16:58

La nouvelle extrême droite européenne, qui s’organise à l’échelle continentale tout en pesant de plus en plus sur les gouvernements nationaux, pourrait bientôt transformer le fonctionnement de l’Union, prévient l’éditorialiste Bernard Guetta.

Ça ne fait pas les gros titres, mais ça devrait. Réunis le 23 octobre à Vienne, les représentants de six des partis de la nouvelle extrême droite européenne [Parti de la Liberté (FPÖ, Autriche), Vlaams Belang (nationalistes flamands), Parti du Peuple danois, Ligue du Nord (Italie), Parti national slovaque et Démocrates de Suède] ont décidé de lancer une campagne en faveur d’un référendum européen sur l’entrée de la Turquie dans l’Union.

Ce n’est encore qu’une déclaration d’intention. L’extrême droite n’aura pas la tâche facile car, si leTraité de Lisbonne permet l’organisation de référendums d’initiative populaire, il y met beaucoup de conditions, floues qui plus est. Il y faut 1 million de signatures dans "un nombre conséquent de pays membres". Elles ne sont pas encore réunies mais si elles l’étaient, la réponse serait clairement "non" à une candidature dont la majorité des citoyens de l’Union ne veut pas.

Cette seule perspective va conforter ceux des gouvernements qui n’en veulent pas non plus et, l’un dans l’autre, un coup de frein supplémentaire est ainsi donné à ce nouvel élargissement.

 Lire la suite de l'article sur Libération.

Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/374681-l-union-des-peurs-menace-l-ue

 

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 09:59

La Chancelière allemande Angela Merkel a rejeté une proposition de la Commission Européenne visant à introduire une taxe à l’échelle de l’UE pour aider à financer le budget de l’Union après 2013.

« Je suis contre l'introduction d'une taxe européenne », a déclaré Mme Merkel le 2 novembre, selon l'AFP.

La chancelière allemande s'est exprimée à Bruxelles après une rencontre avec le premier ministre intérimaire belge, Yves Leterme, dont le pays tient la présidence tournante de l'UE.

La Commission a récemment présenté plusieurs options pour alimenter le futur budget de l'UE qui est presque exclusivement financé par des contributions directes des Etats membres (cf. Réexamen budgétaire : Tirer les leçons aujourd'hui pour le budget de demain (Commission européenne) ).

Une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) européenne, une taxe sur le transport aérien ou une partie des nouvelles taxes financières, énergétiques ou sur les entreprises font partie des propositions avancées par Bruxelles pour diminuer sa dépendance envers les contributions nationales.

Dans la mesure où les gouvernements nationaux doivent considérablement réduire leurs dépenses publiques, la Commission espère que ces options seront prises en considération lorsque les négociations débuteront l'année prochaine pour le budget à long terme de l'UE de 2014-2020.

Actuellement, trois quarts du budget de l'UE proviennent directement des gouvernements nationaux. 12 % proviennent des droits sur l'importation à partir de pays tiers et les 11 % restants représentent un pourcentage fixe du revenu de la TVA de chaque Etat membre.

Toutefois, l'hostilité de Mme Merkel vis-à-vis d'une « taxe européenne » s'ajoute à l'opposition d'autres Etats membres tels que la France et le Royaume-Uni. Le budget à long terme a été abordé lors du sommet de l'UE la semaine dernière où le premier ministre britannique, David Cameron, s'est assuré un large soutien pour un plan allégé (cf. Le Sommet européen a lancé les débats sur le budget à long terme de l’UE ).

« Les chefs d'Etat ou de gouvernement ont souligné qu'en même temps que le renforcement de la discipline fiscale dans l'Union, il était nécessaire que le budget de l'UE et celui de l'avenir [le budget sur le long terme] reflète les efforts de consolidations entrepris par les Etats membres », peut-on lire dans les conclusions du sommet (cf. Conclusions Conseil europen 28 29oct10-117509 Conclusions Conseil europen 28 29oct10-117509 ).

Néanmoins, la Commission européenne peut compter le Parlement parmi ses puissants alliés. Ce dernier négociera le budget 2014-2020 avec les Etats membres.

L'eurodéputé Joseph Daul, à la tête du Parti populaire européen de centre-droit, le plus grand groupe au Parlement, a souligné que les gouvernements pourraient « même faire des économies et diminuer leurs contributions au budget de la Communauté s'ils acceptent que l'Europe change le système financier, aujourd'hui obsolète, et qu'elle bénéficie de ses propres ressources ».

 En tout état de cause, les décisions concernant d'éventuelles nouvelles natures  de ressources propres n'interviendront qu'au cours de l'année 20123, c'est à dire après des élections importantes en France et en Allemagne.

 Source : http://www.euractiv.com/

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 07:47

Les tractations à propos du plan de dépenses de l’Union européenne pour 2014-2020 ont débuté lors d’un sommet européen qui s'est tenu les 28 et 29 octobre 2010, la Grande-Bretagne obtenant un soutien considérable pour un budget allégé.

Dans ses conclusions (cf. Conclusions Conseil europen 28 29oct10-117509 Conclusions Conseil europen 28 29oct10-117509 ), le Conseil européen stipule :

" Les chefs d'État ou de gouvernement ont souligné que, parallèlement au renforcement de la discipline budgétaire au sein de l'Union européenne, il est essentiel que le budget de l'Union européenne et le prochain cadre financier pluriannuel tiennent compte des efforts d'assainissement déployés par les États membres pour ramener le déficit et la dette à un niveau plus viable. Tout en respectant le rôle des différentes institutions et la nécessité d'atteindre les objectifs poursuivis par l'Europe, le Conseil européen examinera, lors de sa prochaine réunion, comment faire en sorte que les dépenses au niveau européen contribuent de manière appropriée à ce processus. "

Le principal point inscrit à l'ordre du jour de ce Conseil européen portait sur la gouvernance économique. Sur ce sujet, la Grande Bretagne et les autres Etats membres ont soutenu les demandes franco-allemandes pour des réglementations plus strictes dans la zone euro, se mettant d'accord sur des modification "limitées" du principal traité de l'UE en échange d'un plafond budgétaire (sur la base de l'article 48 de la section 6 du Traité de Lisbonne). Les dirigeants se sont mis d'accord sur le fait qu'il fallait des changements pour créer un système permanent afin de gérer les problèmes de dette souveraine et ils ont approuvé des réglementations de discipline budgétaire plus strictes, y compris des sanctions à l'encontre des Etats qui ne maîtriseraient pas leurs déficits et leurs dettes.

NB : L'article 48 permet aux Etats membres d'adopter à l'unanimité une décision amendant tous ou une partie des éléments principaux du Traité sur le fonctionnement de l'UE (TFUE) qui régit la manière dont l'Union réalise son travail. Cette procédure permettrait d'éviter d'avoir recours à une convention constitutionnelle, ont expliqué les experts. De plus, le Parlement européen ne serait que "consulté" plutôt que de disposer du droit de vote qu'il exerce dans la procédure de codécision habituelle.

Les modifications du traité devraient être établies d'ici mi-2013, avant l'expiration de l'actuel fonds d'urgence adopté plus tôt cette année pour gérer les crises telles que celle qui a frappé la Grèce. L'objectif est de remplacer ce fonds par un mécanisme permanent. La procédure de modification simplifiée du traité n'entrera pas en vigueur tant qu'elle ne sera pas approuvée par les Etats membres en accord avec leurs constitutions. La plupart des pays européens pensent ratifier la décision via une procédure simplifiée dans leurs parlements. Pour l'Irlande, la question de savoir si cette modification requière un autre référendum ou pas n'est toujours pas réglée.

En s'accordant pour plafonner le budget, les dirigeants de l'UE se sont mis en position d'affrontement avec le Parlement européen qui a le pouvoir d'approuver ou de rejeter la proposition de budget.  

" Si M. Cameron est prêt à abandonner le rabais accordé à son pays […] alors nous sommes prêts à discuter d'une réduction du budget ", a déclaré Martin Schulz, leader du groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen, s'adressant à EUX.TV, la chaîne d'information sur les affaires européennes. " Le budget européen  ne doit pas être comparé aux budgets nationaux ", a déclaré M. Schulz. " Il n'y a pas de ressources propres. Nous ne disposons pas de taxes européennes. Nous n'avons pas de l'argent qui nous est propre. Il s'agit d'argent qui provient des Etats membres. Nous ne pouvons pas avoir de dettes. Le budget britannique doit être réduit car il y a une dette énorme. L'Europe n'a pas de dette ", a-t-il dit.

Ces positions respectives donnent une parfaite illustration des enjeux et des tensions qui sont attachés à la longue et difficile négociation qui vient de commencer sur le prochain cadre financier pluriannuel, plusieurs mois avant ce qui était prévu, avant que la Commission européenne n'ait produit sa communication sur le sujet (laquelle est attendue au terme du premier semestre 2011), mais seulement quelques jours après la parution de sa communication sur le réexamen budgétaire (cf. Réexamen budgétaire : Tirer les leçons aujourd'hui pour le budget de demain (Commission européenne) ).

 

Pour en savoir plus sur les termes du débat, voir l'article suivant publié sur le site www.euractiv.com/fr/ :

http://www.euractiv.com/fr/priorites/le-sommet-ouvre-les-hostilites-sur-le-budget-a-long-terme-de-l-ue-news-499318

 

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 06:06

Sur les marchés, la réaction aux mesures annoncées par la Réserve fédérale américaine (Fed) a été ... nulle. A Wall Street, le Dow Jones a fait du surplace mercredi 3 novembre, clôturant à + 0,24 %.

Le programme lancé par l'autorité monétaire est pourtant spectaculaire : elle va injecter l'équivalent de 600 milliards de dollars (423 milliards d'euros) dans le système financier en rachetant des emprunts d'Etat par tranches mensuelles d'ici à juin 2011 pour éviter la déflation. Mais " il n'y avait pas de surprise. la Fed avait déjà tout expliqué ", indique Jean-Louis Mourier, analyste chez Aurel BGC quand bien même les experts tablaient sur 400 à 500 milliards.

Début septembre, la banque centrale américaine avait laissé entendre qu'elle était prête à agir, vite et fort, pour muscler une reprise économique trop fragile.

Depuis, la Bourse de Wall Street a engrangé près de 10 % et la Fed savait qu'elle était attendue au tournant. Attentive à ne pas décevoir ni inquiéter les investisseurs, elle a annoncé un programme d'une ampleur conforme à leurs anticipations.

Sur le marché des changes, la réaction a été légèrement plus marquée : le dollar a continuer de baisser face à toutes les grandes devises. Il est repassé sous le seuil de 1,41 dollars pour un euro pour la première fois depuis fin janvier. En deux mois, le billet vert s'est déprécié de près de 10 % face à la monnaie unique.

De fait, le dispositif de la Fed, censé soutenir l'économie, consiste peu ou prou à " imprimer de la monnaie " , donc à affaiblir la devise américaine. Il pousse les investisseurs à délaisser le dollar au profit de devises offrant de meilleurs rendements, comme celles de pays émergents.

Quant à la défaite de Barack Obama aux élections de mi-mandat, elle était largement attendue des marchés. Dans l'immédiat, le raz-de-marée des républicains à la Chambre des représentants est perçu comme une bonne nouvelle par les milieux d'affaires. Wall Street espère ainsi voir freiner les vélléités de réformes réglementaires et fiscales de M. Obama. La refonte du système de santé a notamment été perçu comme une mesure " antibusiness ". Sera-t-elle remise en question ? A Wall Street, on s'interroge. Il en est de même pour de futures hausses d'impôts évoquées par la Maison Blanche, et redoutées par les investisseurs.

Sur les marchés, certains voient toutefois un peu plus loin. Selon eux, la déroute électorale de M. Obama pourrait affecter la reprise. Sans majorité claire au Congrès, aucune mesure d'ampleur ne pourra être adoptée. " Il y aura un problème si l'économie a besoin d'être stimulée ", observe Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert à New York. 

Le patron de la Fed, Ben Bernanke, pourrait aussi voir sa marge de manoeuvre réduite. Décrié par l'aile dure des républicains, l'efficacité de son action est mise en doute.

Cette stratégie n'est pas sans risque pour les autres grandes monnaies et les économies qui y sont associées.

Alors que la France s'apprête à exercer la présidence du G20 et reçoit en visite d'Etat le président chinois, le président Nicolas Sarkozy pourrait être tenté de s'allier avec Pékin afin d'ouvrir un front contre les Etats-Unis. " Nicolas Sarkozy se dit qu'il y a un terrain d'entente avec les Chinois pour demander aux Américains d'arrêter d'inonder le monde de liquidités. Il est convaincu comme eux que cette création monétaire incontrôlée est un problème majeur ", explique Patrick Artus, directeur de recherche chez Natixis et coauteur d'un rapport du Conseil d'analyse économique sur les relations Europe-Chine.

Les grands amis d'hier peuvent parfois devenir, au moins un temps, les cibles de ses feux les plus vifs. Et réciproquement !

 

NB : Le présent article reprend et complète les termes de l'article de Claire Gatinois et Marie de Vergès publiés dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 5 novembre.

 

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 00:16

L'avocat d'affaires Olivier Lefébure, ancien vice-président de la chambre de commerce et d'industrie française en Chine, revient sur les relations actuelles entre Paris et Pékin, alors que le président Hu Jintao effectue depuis jeudi une visite de trois jours dans l'Hexagone. Jeudi, Paris et Pékin ont signé une série de contrats.

, qui pourraient atteindre un total de 14 milliards d'euros, selon Pékin.

La venue d'Hu Jintao en France ouvre-t-elle une nouveau chapitre dans les relations franco-chinoises ?

De manière très claire, elle symbolise la fin d'une période de querelle diplomatique. Au-delà des contrats signés entre les grandes entreprises – généralement acquis et négociés depuis plusieurs mois et qui sont un outil efficace de communication politique –, l'attention portée sur l'économie montre qu'on ne veut plus parler des sujets qui fâchent.

Il faut dire que ça ne pouvait que se réchauffer, tant le comportement de Nicolas Sarkozy en 2008, au sujet des Jeux olympiques et du Tibet, a été mal vu par les Chinois. Ils ont trouvé notre président maladroit, inconsistant, et nous l'ont fait ensuite payer assez cher. Nos diplomates sur place se sont sentis "en quarantaine", la politique de visas à l'égard des Français a été plus sévère, tandis que les dirigeants chinois ont soigneusement évité notre pays lors des voyages européens.

Tout cela est semble-t-il terminé, sans être toutefois revenu à l'excellence des relations d'avant 2008. Mais la réconciliation n'est pas due à une quelconque inflexion de Pékin : c'est surtout l'évolution du discours de la France et la fin des prises de position de Nicolas Sarkozy sur la politique intérieure chinoise qui ont joué.

Lors de cette visite, l'accent est mis sur le nombre de contrats signés entre les deux pays. Ces dernières années, les échanges économiques ont-ils souffert de l'agitation diplomatique ?

La Chine ne mélange pas les genres. La politique extérieure est une chose, le business en est une autre. Ses relations avec le Japon et Taïwan sont diplomatiquement exécrables, mais ces pays restent les premiers partenaires commerciaux des Chinois.

Les relations commerciales franco-chinoises et les chiffres de l'import-export n'ont pas fondamentalement évolué depuis 2008 : la structure des échanges pèse dans ce domaine bien plus que la diplomatie. On peut s'en réjouir, mais aussi le déplorer, car la France est encore loin de pouvoir jouer un rôle important en Chine. La part de marché de la France dans le pays n'est que de 1,2 % ou 1,3 % : c'est très en deçà de ce que l'on représente au niveau mondial (environ 5 %).

Nos exportations se concentrent majoritairement sur les projets industriels de grands groupes. Or, en ce moment, le marché intérieur chinois se modifie avec l'émergence d'une nouvelle classe moyenne et l'apparition d'habitudes dont les entreprises françaises pourraient profiter. Je pense à des biens de consommation sophistiqués où la France a traditionnellement une bonne image (luxe, vins...), mais aussi à d'autres marchés, comme celui de l'automobile, qui sont poussés par ces transformations intérieures.

Mais la concurrence dans ces domaines est rude. Les autres pays européens, les Nord-Américains, les Indiens, les Australiens et bien d'autres sont sur le coup, et les Chinois évitent généralement de mettre tous leurs œufs dans le même panier.

Que penser de la déclaration d'Hu Jintao, qui entend créer un partenariat "d'égal à égal" entre la France et la Chine, pour "assurer (...) un développement sain et régulier des relations, et élargir les échanges commerciaux" ?

Il s'agit d'une marque de courtoisie chinoise, facile à faire lorsqu'on est la locomotive mondiale. La France, pour la Chine, est un partenaire, mais est loin d'être considérée comme une puissance "égale". Surtout lorsque notre situation des finances publiques est calamiteuse et que notre déficit commercial envers la Chine est si élevé [20 milliards d'euros en 2009 selon les douanes françaises].

Dans ce cadre, la France est perçue comme le reste des pays occidentaux, qui cherchent à conserver leur rôle de leaders mondiaux sans en avoir les moyens. La Chine, tout en ayant conscience de sa force de frappe économique, se considère toujours comme un "pays pauvre", au PIB par habitant dix fois moins important que ceux de l'Europe et des Etats-Unis.

Pour elle, donc, la priorité reste de dynamiser la croissance et de conquérir de nouveaux marchés. Et force est de constater que les Chinois attaquent très intelligemment, en appuyant là où ça fait mal. Ils proposent ainsi sans complexe une aide financière à la Grèce et au Portugal, alors que l'Union européenne a mis des mois à se coordonner pour proposer un plan d'aide pour lutter contre la crise de la dette. En contrepartie, les Chinois remportent des marchés stratégiques dans ces pays, par exemple ceux de l'industrie navale en Grèce. "L'égal à égal", dans ce contexte, reste une fois de plus de l'affichage diplomatique.

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 17:04

Pour la première partie de cet article, voir : Coup de projecteur sur quelques enjeux de la réforme en cours de l'Alliance atlantique passés sous silence - première partie -

.../...

La question de l'intégration éventuelle de la France au groupe des plans nucléaires (GPN) :
Je me limiterai ici à l'examen de l'éventualité d'une telle intégration en ne cherchant pas à statuer sur sa pertinence.
L'évolution du paysage international en matière d'accès à et/ou de maîtrise de la capacité nucléaire militaire et la multiplication des phénomènes de prolifération soulèvent la question complexe de l'évolution des politiques de dissuasion en même temps que celle de l'évolution de l'arsenal juridique international qui est dédié au contrôle et à la maîtrise des armements.

La réforme de l'Alliance ne saurait évacuer une telle question dont l'un des corrollaires porte sur l'avenir du GPN, et dans l'hypothèse où il serait maintenu, sur la possible intégration en son sein de la France.
La collision qui est intervenue en février 2009 entre deux sous-marins des forces océaniques stratégiques françaises et britanniques armés chacun de 16 missiles nucléaires balistisques à têtes multiples - le sous-marin lanceur d'engins français de nouvelle génération Le Triomphant et le HMS Vanguard - a révélé la très grande vulnérabilité de cette composante principale des systèmes de force de dissuasion nucléaire des seuls Etats européens dotés de la capacité de dissuasion nucléaire, la nécessaire permanence à la mer d'un sous-marin, voire parfois de 2, sur les 4 dont sont censés disposer chaque Etat se trouvant de facto mise en défaut au moment où la France n'en dispose que de 3 qui soient véritablement opérationnels.
Dès lors, le dossier gelé relatif au recours à une fonction de dissuasion concertée en Europe retrouve un certain intérêt au moment où les USA, notamment, pourraient trouver prétexte dans cette vulnérabilité objectivée par une telle collision, aussi improbable ait-elle été du point de vue de la recherche opérationnelle, pour inviter la France à rejoindre le GPN, ce qui n'a jamais été officiellement envisagé, jusqu'ici en tout cas !
Se poserait alors très probablement des questions de même nature que celles qui se posèrent à la France, et au Général de Gaulle, lorsqu'il décida de retirer la France des structures militaires intégrées de l'Alliance ! D'autant plus d'ailleurs que le contentieux qui oppose aujourd'hui sur le registre nucléaire - certes civil ! - non seulement Areva à Siemens, mais bien la France à l'Allemagne, crée une situation analogue, à front renversé, de celle qui justifia le choix du Général, l'Allemagne se rapprochant de la Russie au moment même où la France se rapproche des britanniques et des américains (cf. en particulier à cet égard les stratégies et livre blanc respectifs relatifs à la sécurité nationale - voir Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Commission du Livre blanc) ainsi que le nouvelle 'entente cordiale' franco-britannique - voir infra -).
Qui est en mesure de garantir que la réforme de l'Alliance atlantique n'apportera pas à de telles interrogations et à de telles exigences des réponses contraires non seulement aux nobles intentions affichées ici ou là mais bien davantage aux intérêts de souveraineté des Etats-nations alors même que, chez ceux qui ne jurent désormais plus que par cette Alliance, la tentation est forte de justifier sa réforme comme constituant une occasion historique de sa transformation en une"Alliance des démocraties au service de la sécurité collective et de la défense de la liberté", une "sacrosainte" Alliance ?
Quand bien même la messe atlantiste serait définitivement dite comme l'assure Laurent Zecchini, le ministre français de la défense renvoyant à leurs chères études ceux qui réfutent l'hypothèse avancée officiellement du maintien de la capacité de la France de garantir son autonomie lorsque des décisions politiques et stratégiques devront être prises au sein de l'Alliance, puisqu' "ils n'ont rien compris", avec cette désinvolture qui ajoute au propos cette dose de cynisme et de mépris qui inspire les plus grandes inquiétudes, ne doit-on pas pour autant en appeler à la responsabilité du Président de la République devant les Français pour qu'il leur apporte les réponses qu'il leur doit en vertu des dispositions de la Constitution française de la Vème République ?
L'intervention qu'a prononcée le Président N. Sarkozy, le 11 mars 2008, lors de la conférence sur le thème " La France, la défense européenne et l'OTAN au XXIème siècleest-elle de nature à convaincre les Français du bienfondé de sa décision en regard de tels enjeux ?

S'il en acceptait effectivement le principe, sur la base de quelles analyses pourrait-il engager sa responsabilité devant les Français ? Des analyses conduites par qui ? Sous quelles influences ? A quelles fins ? Sur quel mécanisme de contrôle du respect de ses engagements au sein de l'Alliance pourrait-il alors asseoir sa crédibilité ? Sur le processus de décision - à l'unanimité - qui prévaut en son sein aujourd'hui : Un Etat, une Voix ?
A-t-on procédé à un vote lorsqu'il s'est agi de décider de l'engagement militaire de l'Alliance en Afghanistan au nom de la lutte contre le terrorisme en recourant aux instruments militaires de la guerre alors même qu'au sein de l'Union européenne, les mêmes Etats européens affirmaient renoncer à s'engager dans quelque guerre que ce soit contre le terrorisme, lui préférant une lutte efficace, multidimensionnelle et encadrée par le droit ?

Quand aux orientations que sera conduite à adopter - et à promouvoir - l'Union européenne dans les différentes enceintes de l'Alliance où elle sera amenée à sièger dans l'hypothèse où le Traité de Lisbonne serait effectivement mis en oeuvre dans toutes ses dimensions, peut-on être rassuré à la lecture de la déclaration superficielle de Javier Solana, Haut Représentant pour la PESC, prononcée lors de la conférence évoquée supra ?

Les réponses se trouvent bien évidemment dans les questions ! Et dans les actes posés !

S'agissant des actes posés, nous sommes servis !

Quand bien même leur teneur - dans ce qu'il en ressort de manière publique - pourrait conduire un observateur 'distrait' à penser que leur objet ne porte que sur les seuls registres politique, technique et programmatique (cf. notamment l'analyse proposée sur le blog Bruxelles2.eu) : Les 13 points de l’accord franco-britannique sur la défense (Bruxelles2.eu) ) et que, " au plan de la dissuasion nucléaire et de ses outils, cela ne change rien du tout, ni pour les Français, ni pour les Britanniques. Chacun reste maître chez soi. " (cf. Bruno Tertrais in http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/l-accord-franco-britannique-beneficiera-aussi-a-l-europe-de-la-defense-03-11-2010-1257972_53.php) puisque, s'agissant de leur volet nucléaire, ils se limitent à renforcer la sûreté et la fiabilité des charges nucléaires,  les tout nouveaux traités signés entre la France et le Royaume-Uni sur les registres de la sécurité et de la défense (cf. France/Royaume-Uni : Déclaration sur la coopération de défense et de sécurité (Londres - Mardi 2 novembre 2010 )) modifient de facto en profondeur la posture française à l'égard de la coopération stratégique dans le domaine du nucléaire militaire, et, partant, la donne concernant la position de la France à l'égard du Groupe des Plans nucléaires de l'OTAN.

Tout simplement parce que, dans de tels domaines, aucun accord 'technique' d'une telle portée n'est possible sans des contre-parties stratégiques qui apportent une véritable rupture (participation des deux nations au volet "territorial" du bouclier anti-missile américain, cette "ligne maginot électronique" - cf. Anti-Missiles : Hervé Morin dénonce une nouvelle « ligne Maginot » (Bruxelles2.eu) -, accroissement du niveau de crédibilité de la participation des deux nations à une intervention militaire commune en Iran y compris dans l'hypothèse où les Etats-Unis y renonceraient, etc.). 

" L’art du politique est de faire en sorte qu’il soit de l’intérêt de chacun d’être vertueux " (Helvetius).

NB : Cet article a été publié une première fois sur ce blog, dans une version légèrement différente, le 12 mars 2009.

 

Voir également à cet égard l'ensemble des articles de la rubrique Le partenariat transatlantique dans tous ses états et plus précisément ceux ayant trait à la réforme du concept stratégique de l'OTAN.

 

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 17:00

Comme le souligne Laurent Zecchini dans son article publié dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 11 mars 2009, "la messe atlantiste est dite".
Pour autant, le processus de réforme de l'Alliance atlantique qu'a inauguré, sur un plan formel, sous les feux de la rampe, le très important sommet de Strasbourg-Kehl qui a commémoré, les 3 et 4 avril 2000,  le 60ème anniversaire de l'Alliance, emporte de très nombreux enjeux de caractère géopolitique, macroéconomique, géostratégique qui ont été occultés dans le débat public qui s'est progressivement instauré sur cette question ; un débat qui s'est malheureusement focalisé, au cours des premières semaines de l'année 2009, sur la question de la réintégration par la France dans les structures militaires intégrées de l'OTAN !

Cet article - en deux parties - a pour objet de mettre en lumière ces enjeux. Il résulte d'une analyse transversale, conduite en toute indépendance d'esprit, des réflexions les plus diverses et les plus contrastées qui sont présentées sur ce blog.

A moins de 2 semaines du sommet de Lisbonne qui va consacré le nouveau concept stratégique de l'Otan, et alors que la France et le Royaume Uni viennent de signer deux traités importants sur les registres de la sécurité et de la défense, manifestant leur volonté commune de modifier en leur faveur les rapports de force au sein de l'Otan comme au sein de l'Union européenne, en même temps que la donne stratégique attachée à la dimension nucléaire militaire, il m'est paru important de remettre un coup de projecteur sur quelques enjeux de la réforme en cours de l'Alliance atlantique passés sous silence.

L'analyse qu'il présente se limite aux quatre grands enjeux suivants :
  - ceux qui sont attachés à la révision du concept stratégique de l'Alliance,
  - ceux qui sont attachés à la densification de son architecture institutionnelle et à sa restructuration organique,
  - ceux qui sont attachés à la question de l'intégration éventuelle de la France aux deux groupes auxquels elle ne participe pas aujourd'hui, et notamment au groupe des plans nucléaires,
  - enfin, ceux qui sont attachés à la responsabilité politique et démocratique du Président de la République sur un sujet qui relève de la souveraineté nationale.
La révision du concept stratégique de 1999 :
La convergence des objectifs stratégiques et de sécurité attachés aux nouvelles stratégies de "sécurité nationale" américaiine, britannique et française, ou à la nouvelle stratégie de "sécurité" allemande, dont la politique de défense ne constitue qu'un élément parmi d'autres, et qui élargissent la sécurité à de nouveaux registres dans une démarche qui vise à consacrer dans une réponse globale le constat d'interconnexion des différents facteurs d'insécurité qui mettent en péril la sécurité nationale, 
intervient alors même que l'Otan prête de plus en plus d'intérêt à une approche globale de la gestion des crises (« total approach ») sur les théâtres où elle est engagée ou envisage d'être engagée ; notamment depuis qu'elle est en proie à de profondes difficultés en Afghanistan, et que le niveau d'insécurité s'accroît sensiblement dans ses zones d'intérêts stratégiques (multiplication et durcissement, dans le Caucase notamment, des menaces pour la sécurité d'approvisionnement énergétique de ses membres, multiplication des Etats faillis et des risques et meances qui en résultent, réémergence de conflits gelés, prolifération multiforme des techonoligies sensibles et des armes de destruction massive, etc.).
Elle trouve dans le document révisé de la stratégie européenne de sécurité, et dans l'introduction de clauses opportunes dans le traité de Lisbonne des leviers appropriés pour une convergence rapide des autres partenaires européens de l'Alliance sur ce même cap qui rendrait alors possible la conclusion d'arrangements entre l'Otan et l'UE qui autorisent l'Alliance à recourir aux moyens civils de l'Union ("Berlin plus « inversé »"), en réciprocité aux arrangements dits de "Berlin plus" qui autorisent l'UE à recourir aux capacités de planification militaire de l'Otan pour mener une opération autonome, sous la contrainte du respect des trois critères qui, du point de vue des États-Unis, doivent conditionner la validité de la démarche européenne sur le registre de la sécurité - y inclus la PESD - (non duplication, non discrimination, non decoupling), et plus encore de ceux qui s'y sont substitués en 1999 après la révision du concept stratégique de l'Organisation (improvement, inclusiveness, indivisibility) ; contrainte qui participe à entamer les marges d'initiative et d'autonomie des Européens en faveur de l'émergence d'une sécurité européenne commune appréhendée dans sa forme la plus extensive, dans le respect le plus strict des aspirations souveraines des peuples européens à être protégés sans que soit porté atteinte ni à leur droit inaliénable de libre arbitre en toute circonstance, ni aux valeurs et aux principes qui constituent le socle de leur identité collective et de leur modèle de civilisation).
Cette situation nouvelle crée des conditions favorables à une refondation du concept stratégique de l'Alliance, articulé jusqu'ici sur un objectif de défense collective, sur la base d'un élargissement du mandat assigné à l'Alliance à l'ensemble des enjeux attachés cette fois à sa sécurité collective pour en faire un système de sécurité paré de toutes les vertus ; une sécurité collective articulée à la fois sur la reconnaissance d'un « continuum » entre sécurité nationale et défense et sur une solidarité mutuelle des Etats - et Union - parties qui s'exprime sur le plan opérationnel au moyen de formes appropriées de coopération et de coordination des services des Etats membres compétents en matière de sécurité nationale et de défense (cf. notamment à cet égard l'article Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Commission du Livre blanc) suivant ainsi que les documents et articles auxquels il renvoie).

A condition bien sûr que le Canada, l'Islande, la Norvège et la Turquie souscrivent à une telle évolution !
Or, la reconnaissance de l'existence d'un « continuum » entre sécurité nationale et défense appelle à s'interroger sur l'existence ou non d'une possibilité pour les protagonistes nationaux de la sécurité nationale de trouver dans un recours au cadre militaire le moyen d'agir (connaître et anticiper, prévenir, dissuader, protéger, intervenir) en s'exonérant le cas échéant des exigences démocratiques et juridiques attachées à la subordination des activités de sécurité au respect des codes de droit et de procédures judiciaires et/ou à leur contrôle parlementaire et juridictionnel, à l'instar des dispositions dérogatoires introduites dans le traité de Lisbonne relatives aux compétences de la Cour de Justice dans des matières ayant de très fortes implications en matière de sécurité nationale (cf. notamment l'article de Christian Girard intitulé « La tentation sécuritaire » paru dans la revue DEFENSE et SECURITE COLLECTIVE, n°131, pp. 51-53).
Dès lors, la clarification des environnements constitutionnel et juridique des stratégies et des architectures qui sont dédiées à la sécurité nationale est une pressante obligation autant pour l'Union européenne en tant que telle que pour ses États membres, l'une comme les autres devant veiller au respect le plus strict des principes démocratiques, de l'état de droit, ainsi que des droits et des libertés fondamentaux. Aussi doivent-ils s'attacher à éviter toute appropriation de principes de droit et de modes d'actions (doctrine d'emploi, règles d'engagement) inspirés par d'autres modèles de sociétés et d'autres objectifs de sécurité que ceux visés par le processus d'intégration politique européenne depuis son origine.
La densification de l'architecture institutionnelle et la restructuration organique de l'organisation : l'objectif de rationalisation des structures de cette organisation qui a été réaffirmé à plusieurs reprises, dès lors qu'il est envisagé dans le contexte de tensions extrêmement fortes sur les budgets de défense avec le double souci d'une non duplication et/ou d'une interopérabilité des moyens, tend à favoriser la recherche de formules de mutualisation entre l'OTAN et l'Union européenne, y compris en termes de doctrines d'emploi, de capacités d'analyse de situation, de capacités opérationnelles, voire même, de capacités industrielles ! Sur ce dernier point, le renforcement en cours du partenariat économique transatlantique est de nature à favoriser la création des conditions favorables à la levée des obstacles de toute nature (tarifaires, non tarifaires) à un accès des groupes industriels reconfigurés sur une base transatlantique à des capitaux non domestiques, à des technologies sensibles dont les transferts deviendraient possibles ainsi qu'à des marchés captifs élargis à l'ensemble des Pays parties à l'Alliance. Dans la limite toutefois de ce qu'autorisent les dynamiques de marché comme les contraintes structurelles et macroéconomiques, notamment dans les domaines monétaire et financier (Pacte de stabilité et de croissance, Taux de change, Balance commerciale, etc.)..
Sur le plan institutionnel, de nombreuses requêtes appellent à l'apparition de nouveaux organes (Conseil politique et de Sécurité de l'Alliance, sur le modèle du COPS européen, etc.) qui participe à modifier la nature de l'alliance pour en faire une sorte d'Union occidentale sur le modèle de l'Union européenne. La multiplication des organisations internationales et des institutions et organes qui les accompagnent, dans un contexte où le traité de Lisbonne dote l'Union européenne de la personnalité juridique, favorise le recours à une représentation extérieure « unifiée » de l'Union au sein des organisations internationales (comme c'est le cas au sein de l'OMC) qui rend illusoire, au nom du principe d'efficacité et en vertu, en particulier, des dispositions des articles 24, 28, 32, 34 , 37 et 38 du nouveau traité sur l'Union européenne, le respect dans les faits des dispositions de la Déclaration n° 30 annexée au traité qui stipule que « La Conférence souligne que les dispositions du traité sur l'Union européenne portant sur la PESC, y compris la création de la fonction de HRAEPS et la mise en place d'un service pour l'action extérieure, ne portent pas atteinte aux responsabilités des ÉM, telles qu'elles existent actuellement, pour l'élaboration et la conduite de leur politique étrangère ni à leur représentation nationale dans les pays tiers et au sein des organisations internationales. [...] ».
Une telle évolution comporte le risque d'une certaine émancipation politique de cette organisation internationale, sous un contrôle politique particulièrement complaisant de ses grands Etats, dès lors que lui aurait été confié un mandat de véritable « gendarme polyvalent du monde » - option portée par le secrétaire général en personne - peu après que Alain Le Roy, le SGA de l'Onu en charge des opérations de maintien de la paix, affirme que son organisation n'est désormais plus en mesure de mener toutes les opérations nécessitées par la multiplication des crises, fragilisant du même coup l'affirmation, prudente mais révélatrice des enjeux, contenue dans ladite déclaration n°30 selon laquelle « la Conférence souligne que l'UE et ses États membres demeureront liés par les dispositions de la Charte des Nations unies et, en particulier, par la responsabilité principale incombant au Conseil de sécurité et à ses États Membres s'agissant du maintien de la paix et de la sécurité internationales »).
Au nom de la solidarité transatlantique et des engagements contraignants qui en résultent, intervenir militairement là où l'Alliance le jugerait nécessaire, sur l'injonction des plus puissants en son sein, deviendrait dès lors plus aisé, aucun contre-pouvoir politique et démocratique (notamment parlementaire) ne pouvant s'y opposer le cas échéant ; l'Union européenne, des plus docile, lui fournissant alors les ressources nécessaires sur les registres où elle dispose d'une capacité d'intervention autonome.
Le meilleur exemple pour illustrer ce schéma est offert par la guerre en Afghanistan dont rien ne garantit qu'elle ne s'étendra pas très vite ailleurs puisqu'elle a d'ores et déjà franchie les frontières avec le Pakistan, à la faveur d'une fuite en avant incontrôlée des forces "occidentales" en présence, pour faire finalement courir le risque d'un embrasement généralisé à l'Asie centrale, d'abord, puis à toute l'Asie, la Chine, l'Inde, et d'autres encore pouvant considérer que cet entrisme « occidental » dans cette région du monde distante de plusieurs milliers de km de l'Atlantique justifie une évacuation hors zone des plus musclée des forces occidentales en présence ! Tout simplement parce que la réponse à la démesure relève rarement de la mesure !

Dès lors, le rapprochement de l'Alliance avec la Russie n'en est que plus stratégique, pour la première comme pour la seconde (cf. à et égard les deux articles suivants : NATO’s budding partnership with Russia has global implications, by Anders Fogh Rasmussen (Europesworld.org) ainsi que Why NATO and Russia need each other, by Adam Daniel Rotfeld (Europesworld.org) )
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Pour la seconde partie de cet article, voir : Coup de projecteur sur quelques enjeux de la réforme en cours de l'Alliance atlantique passés sous silence - seconde partie -

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 15:58

 

Ce matin, ce sont les sujets environnementaux qui préoccupent les médias européens. Ceux-ci reviennent sur les nombreuses initiatives de la Commission annoncées ces derniers jours en faveur des énergies renouvelables, de la biodiversité, de la réduction de la pollution ou encore de la sécurisation des déchets nucléaires.
La Commission souhaite d'abord verdir sa politique de transports, notamment par le biais de taxes : outre la continuation et le durcissement du projet Eurovignette qui permet aux Etats de taxer les poids lourds utilisant les réseaux autoroutiers, elle devrait préconiser une taxe sur la teneur en CO2 du carburant. La pollution issue des transports est en forte croissance depuis 20 ans, alors qu'elle devrait diminuer de 45 à 60 %, en dessous des niveaux de 1990 si l'UE veut respecter ses objectifs climatiques [Euractiv.fr].
La Commission européenne a également adopté hier une proposition visant à donner 4 milliards d’euros de financement pour les technologies climatiques de pointe telles les énergies renouvelables et le captage et stockage du CO2. Elle s'est également penchée sur le problème de la conciliation de deux objectifs environnementaux (l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et la protection de la biodiversité) en présentant un plan visant à protéger les oiseaux et chauve-souris susceptibles de se blesser dans les pales des éoliennes [Euractiv.com].
En outre, le Commissaire à l'énergie M. Oettinger a "annoncé son intention d'obliger les pays membres à enfouir les déchets nucléaires en profondeur". Un enjeu de sécurité, puisqu'actuellement les centres de stockage sont "pour la plupart situés en surface et à ce titre vulnérables en cas de catastrophe ou d'accident" [AFP].
C'est enfin pour améliorer l'application du droit de l'environnement, actuellement très aléatoire, que la Commission compte agir, notamment en conduisant "des inspections plus strictes sur le terrain" et en prévoyant "un rôle plus important pour les juges nationaux dans la promotion du respect de ces règles". Euractiv.fr rappelle à ce propos l'existence d'une "directive européenne sur le crime environnemental" qui devrait être transposée par les Etats avant la fin de l'année.
Seule ombre au tableau de ces nombreux engagements, la dénonciation par l'ONG "Les amis de la terre" de la stratégie OGM de la Commission : celle-ci souhaiterait "autoriser l'importation d'aliments contenant des traces d'organismes génétiquement modifiés pour l'alimentation animale et humaine" dans le marché européen. "Bruxelles applique pour l’instant le principe de la tolérance zéro pour l’importation d’OGM non autorisés", rappelle Euractiv.fr. Or elle devrait revenir là-dessus par le biais d'une proposition le 15 novembre 2010, selon l'ONG, qui permettrait à des plantes transgéniques "qui n'ont été ni autorisées, ni testées pour leur innocuité dans aucun pays au monde" de se retrouver sur notre marché.

Pour en savoir plus, voir : http://www.touteleurope.eu/

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 14:58

L'économie française a  enregistré une croissance de 0,6% au deuxième trimestre 2010, a annoncé vendredi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, tout en jugeant qu'une " révision éventuelle " des prévisions pour 2011 (+2,5%) n'était "pas d'actualité".

" +0,6%, c'est-à-dire trois fois mieux qu'au premier trimestre puisque l'Insee (l'institut national de la statistique) a légèrement révisé la croissance du premier trimestre " à 0,2%, après 0,1% annoncé auparavant, s'est réjouie Mme Lagarde sur les ondes de la radio Europe 1.

" D'une part nous avons un redressement au niveau de la consommation des ménages et puis surtout (...) la reprise de l'investissement des entreprises ", a-t-elle expliqué, avant même la publication officielle des chiffres par l'Insee.

L'Insee a confirmé dans un communiqué les chiffres donnés par la ministre.

Si la France n'enregistrait que 0,2% de croissance par trimestre aux 3ème et 4ème trimestres, la prévision de croissance du gouvernement pour l'ensemble de 2010 (+1,4%) se réaliserait, a précisé la ministre.

Quant à la prévision de croissance française pour 2011 de 2,5%, jugée trop optimiste par de nombreux économistes et institutions internationales, ce n'est " pas l'actualité du jour ", a dit Mme Lagarde, précisant qu'une révision éventuelle pourrait se faire dans le cadre du budget 2011.

Le produit intérieur brut (PIB) allemand a de son côté signé au deuxième trimestre une croissance de 2,2% par rapport au premier, la plus forte depuis la Réunification en 1990 et nettement au dessus des chiffres des autres pays européens, selon des chiffres publiés vendredi qui confirment l'éclatante santé de la première économie européenne.

 

Le chiffre de la croissance du premier trimestre a en outre été révisé en nette hausse, à 0,5%, contre un précédent chiffre de 0,2%. " Il n'y a jamais eu une telle croissance dans l'Allemagne réunifiée ", c'est-à-dire depuis 20 ans, commente l'Office fédéral des statistiques, qui publie ces chiffres.

La croissance allemande est sans commune mesure avec les chiffres publiés par les autres grands pays européens ces derniers jours: en France le PIB a crû de 0,6% au deuxième trimestre, en Italie de 0,4%, en Espagne de 0,2%.

L'Allemagne est " structurellement en bien meilleure posture que beaucoup d'autres pays industrialisés ", relève Carsten Brzeski d'ING, qui juge " impressionnant, mais pas surprenant " le chiffre du deuxième trimestre.

En glissement annuel, la croissance entre avril et juin s'affiche à 4,1% en Allemagne, précise l'Office.

Les chiffres des six premiers mois de l'année " rend possible une croissance de bien plus de 2% " cette année en Allemagne, a commenté le ministre de l'Economie Rainer Brüderle, et ce même si le rythme ralentit au deuxième semestre comme le prédisent la plupart des économistes.

Berlin a pour le moment une prévision de 1,4% de croissance en 2010, mais instituts et banques ont toutes relevé ces derniers temps leurs pronostics. La Bundesbank table sur 1,9%, la fédération des chambres de commerce sur 2,3%.

" La reprise de l'économie allemande s'est avérée nettement plus robuste que beaucoup ne le pensaient possible ", selon M. Brüderle, pour qui " on ne peut pas parler de miracle de la croissance ", mais de " reprise en format XL ".

La machine économique allemande, fortement grippée l'an dernier sur fond de crise, a recommencé à tourner à plein régime, dopée par les exportations. Mais pour une fois " même la consommation, privée et publique, a contribué à la croissance du PIB ", explique l'Office dans son communiqué.

Les chiffres détaillés du PIB seront publiés le 24 août.

 

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