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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:18
La Syrie au menu de la diplomatie du pape François

Le pape François prononce lundi 13 janvier ses premiers vœux au corps diplomatique, tandis que le Vatican organise un séminaire d’experts sur la Syrie.

Son implication en Syrie marque une affirmation de la diplomatie vaticane, à l’influence discutée.

 

Le pape François peut-il arrêter la guerre en Syrie ? Le Saint-Siège est persuadé qu’il doit au moins y contribuer et s’en donne des moyens nouveaux.

Aux vœux du pape au corps diplomatique, prévus lundi 13 janvier au matin au Vatican, traditionnelle occasion d’un tour d’horizon des grandes questions internationales du moment, s’est ajouté, en même temps et sur demande du pape argentin, un séminaire international de travail sur la Syrie au titre voulant provoquer les consciences : « Avec 126000 morts et 300000 enfants orphelins en 36 mois de conflit, peut-on rester indifférent ? » La date choisie n’a rien de fortuit puisque cette journée de réflexion se tient moins de dix jours avant la conférence de paix prévue pour le 22 janvier, dite « Genève 2 ».

« Définir des pistes concrètes »

« Le Vatican n’est pas en train d’organiser une sorte de “Genève 3”. Il n’est pas directement impliqué dans une médiation à huis clos entre le régime de Bachar Al Assad et l’opposition, qui relève des Nations unies », prévient toutefois Mauro Garofalo, de Sant’Egidio, communauté chrétienne de médiation pour la paix proche du Saint-Siège. « C’est d’abord un séminaire d’experts de haut niveau pour permettre au Vatican de mieux se rendre compte de la situation », estime un diplomate y prenant part. « Il s’agit de définir des pistes concrètes pour encourager des actions d’urgence que seraient un arrêt des combats et un accès sécurisé à l’aide humanitaire auprès des réfugiés », poursuit un autre diplomate participant.

Organisée par un proche compatriote du pape, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, la journée se tient à l’Académie pontificale des sciences, à laquelle le pape argentin avait déjà confié début novembre un travail sur le trafic d’êtres humains, son autre grand sujet international de préoccupation.

Parmi les invités cette fois figurent l’évêque d’Alep, Mgr Antoine Audo, Joseph Maïla, professeur de géopolitique à l’Essec et ancien recteur de l’Institut catholique de Paris, Mohamed El Baradei, prix Nobel de la paix 2005, Romano Prodi, ancien président du Conseil italien, Jeffrey Sachs, des Nations unies, ou encore Thierry de Montbrial, fondateur du centre de recherche géostratégique Ifri, et un grand diplomate russe (Tony Blair a décliné au final l’invitation). Le pape jésuite devrait venir les rencontrer directement.

« François est déterminé à jouer une part active »

« Plus qu’aucun pape dans la période récente, François est déterminé à jouer une part active dans la quête pour résoudre les pires conflits du monde », observe sir Ivor Roberts (Oxford) dans l’hebdomadaire catholique britannique, The Tablet. De fait, l’initiative de ce jour pour la Syrie s’ajoute à celle remarquée, début septembre, contre une intervention militaire occidentale alors imminente, couplant veillée de prière pour la paix, convocation du corps diplomatique près le Saint-Siège et envoi d’une lettre du pape au G20 se tenant au même moment à Saint-Pétersbourg.

Cette mobilisation concertée de la diplomatie vaticane est-elle prise au sérieux ? « La visite au Vatican de Vladimir Poutine, dans une moindre mesure celle de Benyamin Netanyahou et celle de deux émissaires d’Assad après Noël apportant un message du président syrien, montrent que le Saint-Siège est considéré un acteur, mais avec une volonté de l’instrumentaliser pour tirer profit de son autorité morale », observe une source diplomatique. « Le pape François a évité le piège de s’ériger en défenseur des seuls chrétiens comme les Russes et Assad l’y poussent pour justifier la guerre », ajoute une autre, appréciant la façon dont « la diplomatie vaticane s’active sans s’impliquer ».

Priorité au dialogue interreligieux

Dans l’immédiat, c’est le dialogue interreligieux en Syrie que le Saint-Siège cherche à nourrir. « Il n’y a pas de paix possible en Syrie sans paix entre les religions », résume Mgr Sorondo. C’est l’autre objectif de la présente journée ouverte justement par le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Jean-Louis Tauran, et qui donnera lieu à un communiqué final.

« La présence chrétienne est en effet essentielle pour atténuer les tensions entre chiites et sunnites », souligne Oliver McTernan, dirigeant de l’ONG britannique de médiation internationale, Forward Thinking. « Mais pour influer, il doit rester clair que le pape recherche honnêtement à servir la paix et n’est pas soupçonné de défendre les intérêts de l’Église », met-il en garde, alors que le pape François prévoit de se rendre fin mai en Terre sainte et en Jordanie, où il doit rencontrer des réfugiés syriens. Il regrette que le Saint-Siège n’ait pu s’affirmer davantage au début du conflit syrien.

« Lorsque les archives du Vatican deviendront accessibles, on mesurera combien le Saint-Siège a soutenu le régime de Bachar Al Assad quand il était contré par une rébellion encore modérée. C’est toute l’ambiguïté aujourd’hui de l’action diplomatique du Vatican dans ce conflit, où il se retrouve sur la défensive face aux chrétiens d’Orient », analyse Dominique Moïsi, conseiller spécial à l’Ifri.

« Ce nouveau pape, de par son expérience, est plus à l’aise et sera plus influent sur la mondialisation et la critique du capitalisme que sur la crise syrienne. En ce sens, il sera plus entendu en Asie qu’au Proche-Orient. »

Source : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/La-Syrie-au-menu-de-la-diplomatie-du-pape-Francois-2014-01-13-1088470

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:09

Passée inaperçue lors de son adoption le 20 août 2010, en pleine pause estivale, la communication de la Commission européenne intitulée " Le PIB et au-delà - mesurer le progrès économique dans un monde en mutation " a été présentée publiquement par Stavros Dimas, Commissaire européen à l'Environnement, le 8 septembre 2010, lors d'une conférence à Bruxelles (voir la communication : Le PIB et au-delà - Mesurer le progrès dans un monde en mutation). Une occasion pour le Commissaire d'expliquer à toutes les parties intéressées l'enjeu de la démarche - compléter le produit intérieur brut par d'autres indicateurs permettant de mesurer le bien-être économique, environnemental et social, au-delà de la seule croissance - et d'énoncer les cinq mesures envisagées pour ce faire : l'ajout au PIB d'indicateurs environnementaux et sociaux, une actualisation plus fréquente des données environnementales et sociales pour guider l'action des décideurs politiques, la précision accrue des rapports sur la distribution et les inégalités, l'élaboration d'un tableau de bord européen du développement durable dont une version pilote serait présenté dès 2009, et, à moyen terme, l'extension des comptes nationaux aux thématiques environnementales et sociales (voir les détails dans l'article de ce blog intitulé La Commission européenne propose 5 actions pour compléter le PIB par d'autres indicateurs pertinents ).
Cette initiative de la Commission fait la synthèse de la conférence "Au-delà du PIB " qu'elle avait organisée en 2007 (en partenariat avec le Parlement européen, le Club de Rome, le WWF et l'OCDE), et s'inscrit dans le débat international en cours depuis unequinzaine d'années en vue de remédier aux insuffisances du PIB qui ne mesure pas la durabilité environnementale ou l'intégration sociale.
Mais comment mesurer pareilles notions ? Pour Stavros Dimas, " il faut assigner une valeur monétaire à des biens et services qui ne sont pas sur le marché, à la pauvreté, à la pollution, aux mauvais soins de santé ". La chose n'est pas aise ; il en convient.

L'indice pilote de pression environnementale couvrira notamment les émissions de gaz à effet de serre, la destruction des paysages naturels, la pollution atmosphérique, l'utilisation de l'eau et la génération de déchets. le tableau de bord du développement durable permettra l'identification des tendances environnementales et le benchmarking des meilleures pratiques, a précisé le Commissaire.
Les cinq premières mesures à court et moyen termes que prône la Commission représentent des étapes vers un PIB qui soit plus à même d'aider les décideurs à s'attaquer aux défi du XXème siècle, marqué par la crise économique et financière, les changements climatiques, les changements démographiques et la globalisation. Mais Stavros Dimas ne cache pas qu'à long terme, c'est à davantage qu'il aspire. " Je voudrais qu'un indicateur de durabilité environnementale soit publié en même temps que les chiffres du PIB. Ce serait un indice national de durabilité aussi simple, aussi fiable et aussi communément accepté que le PIB, un indice dont les populations pourraient s'enorgueillir des résultats positifs, un catalyseur du changement ". Pour cela, il faudra attendre encore plusieurs années, a concédé le Commissaire.
La Commission européenne a collaboré avec l'OCDE, en amont de sa communication, ainsi qu'avec la commission Stiglitz (du nom du président de la commission de haut niveau sur la mesure de la performance économique et du progrès social) établie par le président français Nicolas Sarkozy (voir ci-dessous la note de problématique préalable ainsi que les 12 recommandations de la commission). Elisabet Falemo, secrétaire d'Etat suédoise à l'Environnement, a assuré la Commission du soutien de la Présidence suédoise à ce train de mesures " particulièrement opportunes " pour aider l'UE à s'orienter vers une économie éco-performante. C'est là une priorité de la Présidence, à laquelle les ministres de l'Environnement des 27 ont souscrit lors de leur réunion informelle à Are, a-t-elle souligné. Et d'ajouter : " Il faut parvenir à des indicateurs consolidés et fiables pour une économie éco-efficace. La Présidence insistera sur la nécessité de bons indices lors du Conseil Environnement du 21 octobre et lors de la révision de la stratégie de développement durable ".
Le WWF, quant à lui, se dit déçu que la Commission fasse " si peu de cas de l'empreinte écologique, alors que c'est une solution pou mesurer la durabilité environnementale ". (Source : BQE n° 9972 en date du 9 septembre 2009).

Source : Agence Europe

Note de problématique préalable établie par la commission Stiglitz : Issues_paper_VF.pdf Issues_paper_VF.pdf

Les douze recommandations de la commission Stiglitz pour mieux mesurer les performances économiques et le progrès social (présentées le 14 septembre 2009).
" Nous sommes tombés d'accord sur le fait qu'un chiffre unique ne pouvait tout synthétiser ", a averti l'économiste américain, mettant en avant que certains indicateurs existent déjà mais ont besoin de plus de visibilité, tandis que d'autres nécessitent encore un important travail statistique.
1 - Pour mesurer le bien-être, regarder les revenus et la consommation

Le PIB mesure essentiellement la production marchande, ce qui fait un indicateur utile, mais il est souvent utilisé comme un indicateur de "bien-être économique", or les revenus peuvent décroître quand la production croit, et inversement.
2 - Refléter la réalité "vue des ménages"
Il faut prendre en compte les impôts, les intérêts d'emprunts mais aussi la valeur des services en nature fournis par l'Etat (éducation, santé...).
3 - Refléter le patrimoine d'un pays
Faire en sorte que les pays disposent, à l'image des entreprises, d'un "bilan" (avec actif et passif), en plus de leur " compte de résultat ".
4 - Analyser comment sont répartis les revenus
S'éloigner de la référence au revenu moyen et lui préférer celle de revenu médian (celui de la personne au milieu si l'on sépare une population en deux groupes égaux)
5 - Prendre en compte les activités non marchandes (garde des enfants par exemple) et ne pas se limiter à celles qui font l'objet d'une rémunération
6 - Affiner les mesures chiffrées de la santé, de l'éducation, des activités personnelles

7 - Analyser en profondeur les inégalités et leur évolution

Evaluer les inégalités entre catégories socio-économiques, mais aussi en entre sexes ou entre générations
8 - Qualité de la vie: qu'est-ce qui influe sur quoi ?

Mettre en exergue les interactions entre les différents aspects de la vie grâce à des enquêtes d'opinion
9 - Proposer des indices statistiques chiffrés permettant de refléter les différentes dimensions de la qualité de vie

10 - Intégrer la dimension subjective dans les statistiques
Intégrer dans les statistiques des données reflétant l'évaluation que chacun fait de sa vie, de ses expériences, de ses priorités
11 - Intégrer la "soutenabilité" du bien-être

Cette recommandation doit permettre de répondre à la question: le niveau actuel de "bien-être" pourra-t-il être augmenté, ou au moins maintenu, pour les générations à venir ?
12 - Développer un ensemble d'indicateurs environnementaux

Ils doivent en particulier permettre d'indiquer clairement dans quelle mesure nous nous approchons de seuils dangereux (hausse des températures de la planète ou épuisement des ressources mondiales de poissons par exemple).

 

Voir également : Evaluer la performance économique, le bien-être et la soutenabilité (Conseil d'analyse économique & Conseil allemand des experts en économie)




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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:08

 "Les écarts de compétitivité entre les pays sont à l'origine de la crise. Si on ne règle pas ce problème, on ne pourra stimuler ni la croissance ni l'emploi", a récemment déclaré un responsable allemand auquel on demandait quelles étaient les chances de succès du Conseil européen des 13 et 14 décembre 2012.

Cette affirmation péremptoire, qui rencontre l'adhésion la plus absolue des milieux de la finance et des institutions européennes, a quelquechose de gênant en soi quand on sait que l'essentiel des échanges commerciaux des Etats membres de l'Union se font au sein du marché intérieur, et que la compétition entre les économies nationales a toujours été perçue en Europe comme le ressort de la compétitivité de l'économie européenne appréciée de manière globale ! 

Est-il vraiment possible, et si oui, comment peut-on envisager d'améliorer la compétitivité des économies des pays dits du 'club méditerranée' sans trop entamer celle des économies des pays 'vertueux' du nord de l'Europe ?

Quand les personnels qualifiés sont obligés de quitter l'Espagne, la Grêce ou le Portugal pour rejoindre les sites économiques allemands où le dynamisme du marché du travail leur offre un emploi, favorise-t-on vraiment le redressement de la compétitivité l'économie nationale de ces pays en souffrance ? Sans parler des risques de dégradation des droits sociaux des intéressés eu égard au fait, qu'en l'état actuel de l'Union, la mobilité des personnes au-delà des frontières reste confrontée à certains obstacles structurels que ne parvient pas à surmonter l'Union européenne telle qu'elle fonctionne aujourd'hui : les droits à la retraite ne sont par exemple que difficilement transférables d’un pays à un autre.

En astreignant, comme le demande aujourd'hui l'Allemagne, mais aussi, de manière moins appuyée, et en dehors des feux de la rampe, la Banque centrale européenne et la Commission européenne ou encore l'OCDE (Policy Priorities for International Trade and Jobs (OECD - 2012)) et le FMI, les nations les plus fragiles à une amère cure d'austérité et en proposant que les Etats se lient par des engagements contractuels contraignants à la Commission, est-on vraiment certain que le but réellement recherché est de créer les conditions d'un sursaut de compétitivité salutaire pour ceux qui y sont soumis ?  

Bien sûr, tout économiste affirmera avec la plus belle des assurances que réhausser le niveau de compétitivité de tous est possible en créant les conditions d'une compétitivité plus forte à l'égard des marchés extérieurs - non européens - (ce que fait d'ailleurs déjà l'Allemagne - cf. Le miracle économique allemand touche-t-il à sa fin ? entretien avec Manuel Maleki et Gérard Thoris (Atlantico.fr)) y compris en recourant aux transferts de technologies (cf. à cet égard Du pari des transferts de technologies face au risque de désindustrialisation ! - nouvelle édition - ) ; mais en omettant de préciser que les conditions inéquitables de production et de la compétitivité "coûts', l'agressivité et l'agilité commerciales et financières des compétiteurs et les obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce international y mettent à mal le contenu social et écologique de cette économie de marché toujours sous le coup des spéculations financières les plus socialement et économiquement irresponsables !

En Europe, le personnel politique, dans sa très grande majorité, partage cette affirmation et plaide en sa faveur auprès de qui veut l'entendre ! Tout en appelant  à la mise en place d'un nouvel ordre international articulé sur un système institutionnel mis plus délibérement qu'il ne l'est aujourd'hui au service d'une gouvernance mondiale salvatrice  (cf. Global Governance is a challenge for democracy (but an EU opportunity), by Pascal Lamy (WTO) ) !    

Cette ambition n'en est plus au stade de la simple utopie ! Des cercles internationaux influents agissent sans parvenir à modifier en profondeur les structures de gouvernance qui perturbent les dynamiques de globalisation à l'oeuvre dans le monde !

Car cette volonté de repenser le monde autrement se heurte encore aux obstacles inhérents au fait que les logiques d'intérêts et de puissance continuent de régir les relations internationales ! La difficulté de réformer le système des Nations Unies - et en premier lieu le Conseil de sécurité - et la difficulté de mettre en oeuvre les différents plans d'action du G20 suffisent à elles-seules pour le comprendre ! 

Ce qui conduit le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz à s'interroger sur les motivations réelles de ceux qui sont aujourd'hui aux manettes de cette gouvernance mondiale en panne (cf. La gouvernance mondiale est-elle au service de l’intérêt général global ? par Joseph Stiglitz - nouvelle édition - ). 

Dans son dernier ouvrage, Joseph Stiglitz affirme - et démontre - que le capitalisme contemporain est inefficace, instable et injuste. Après avoir traité de l'instabilité dans son précédent ouvrage, il s'attaque cette fois-ci à l'injustice. La montée des inégalités sociales n'étant désormais plus contestable, surtout aux Etats-Unis, l'ouvrage s'attache d'abord à en déterminer les causes. La mondialisation y a une lourde part. Elle donne en effet du pouvoir au capital au détriment du travail et accroît les risques d'instabilité : ceux qui y perdent leur travail peuvent ne jamais en retrouver et les gagnants refusent toujours de redistribuer une partie de ce qu'ils gagnent aux perdants, au nom de la compétitivité ("des impôts, vous n'y pensez pas dans ce monde concurrentiel !").

D'autres facteurs sont également à l'oeuvre : la moindre force des syndicats, une gouvernance d'entreprise qui accepte des salaires démesurés, des politiques fiscales en faveur des riches. Et tout cela se combine : ce sont les sociétés les plus égalitaires qui font le plus pour préserver l'équité, les politiques publiques des pays inégalitaires perpétuant la situation.

Or, la montée des inégalités a un coût. Elle nourrit l'instabilité économique : les riches épargnant davantage, quand ils accroissent trop leur part du gâteau, la demande manque ou ne survit qu'au prix d'un endettement déstabilisant ; les riches poussent aux politiques de déréglementation ; ils refusent les investissements publics nécessaires à l'efficacité économique de long terme ; ils bénéficient de rentes qui nuisent à l'efficacité globale.

Mais le coût est aussi politique, avec le recul de la participation électorale, surtout chez les moins bien lotis, la montée du poids de l'argent dans la politique et la capacité des riches à mener une bataille idéologique pour faire passer leurs intérêts particuliers pour l'intérêt général.  (cf. Le prix de l'inégalité, de Joseph Stiglitz )

La Confédération européenne des syndicats, qui réclame l’inclusion d’un protocole de progrès social dans tout Traité révisé, a tenu a souligner à la veille du Conseil européen de décembre 2011, que le projet de l’Union européenne n'unira les Européens que s’il dispose des objectifs et des moyens pour représenter un outil de progrès social. Cela inclut le respect et la promotion des droits sociaux fondamentaux, notamment des droits syndicaux et de l’autonomie de la négociation. L’Europe sociale doit se développer et aller de pair avec l’intégration économique. (cf. Message de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) au Conseil européen(Bruxelles, 8 décembre 2011) )

La situation est à ce point sérieuse que la Confédération internationale des syndicats a jugé indispensable de lancer un véritable audit de l'impact de toutes ces réformes structurelles sur les emplois précaires ! (cf. La Confédération syndicale internationale lance une enquête sur les différentes formes de dérégulation du marché de l'emploi et des droits des travailleurs, notamment en Europe )

Vouloir confier à la Commission européenne, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'a pas su et/ou n'a pas voulu anticiper les différentes crises qui s'annonçaient probablement plus par dogmatisme idéologique que par incompétence au fond, à la Banque centrale européenne et, en dernier ressort, à la Cour de justice européenne lorsque les procédures prévues par les textes seront menées à leur terme, la responsabilité de superviser les réformes structurelles - dont on nous dit qu'elles sont si indispensables au choc de compétitivité de l'économie européenne - et les choix budgétaires nationaux ne témoigne en rien de cette volonté pourtant n+1 fois réaffirmée à grand bruit médiatique de renforcer le processus de démocratisation d'une Union qui pêche encore cruellement sur ce registre fondamental à la faveur des efforts de redressement de la performance de l'économie sociale de marché européenne !

L'absence - relative - de la Commission européenne, en dehors de son soutien à un projet de R&D qui, de facto, n'engage que le moyen-long terme à condition qu'un véritable avenir ait été donné à la filière "acier" en Europe, dans le traitement stratégique du dossier plus que symbolique de l'avenir des sites lorrains (et belges) d'Arcelor-Mittal montre son incapacité à penser une politique industrielle européenne de l'amont à l'aval des filières les plus stratégiques pour l'avenir même de l'économie européenne, quand bien même le partenariat européen d'innovation pour les matières premières (EIP) qu'elle vient de lancer vise à permettre à l'Union européenne de devenir un leader mondial, d'ici 2020, dans l'explorateur, l'extraction, le traitement, le recyclage et la substitution de matières premières.

Son attitude particulièrement laxiste, avec la complicité du Conseil et du Parlement européen, dans la gestion des différents processus d'association et d'élargissement au cours des dix dernières années, sans oublier sa responsabilité dans l'accession de la Grêce et de bien d'autres Etats membres à la troisième phase de l'Union économique et monétaire, a de quoi inquiéter les plus ardents défenseurs de la méthode communautaire ! Qu'a-t-elle fait des conditionnalités qui rendaient acceptables l'association à l'Union de Pays que rien n'autorisait alors à prétendre jouir d'un tel privilège (cf. Retour sur image : de la conditionnalité dans la mise au point d'une stratégie cohérente de l'UE applicable aux relations avec les pays de l'Europe du Sud-Est (1999) ) ?

Sa posture doctrinale à l'égard des aides d'Etat comme l'absence d'instrument de réciprocité efficace en matière de politique commerciale extérieure témoignent de son aveuglement passé devant les atteintes récurrentes aux intérêts économiques et sociaux supérieurs de l'Union européenne et de ses Etats membres !

Plus que jamais, à l'occasion de la révision de ses régimes d'aides d'Etat (Aides d'État : la Commission propose de réformer les procédures en matière d'aides d'État et d'exempter certaines catégories d'aides de l'obligation de notification préalable) et des négociations attachées aux actions et politiques qu'elle entend mener en matière de recherche, d'éducation et d'innovation, elle doit faire la preuve de sa capacité à tirer tous les enseignements de ces crises au travers desquelles les tenants du libéralisme économique le plus cynique poursuivent toujours leur dessein de rendre impuissante toute forme de la puissance publique devant les marchés !

Un juste équilibre doit pouvoir être trouvé entre austérité et croissance ! La dépense publique, quand elle revêt la forme d'investissements productifs ou immatériels, ne doit plus être pointée du doigt comme étant la source de tous les problèmes alors même que la crise de la dette souveraine au sein de la zone Euro procède aussi, pour une part significative depuis 2008, des effets systémiques de la crise de la dette privée et de la spéculation financière (cf. notamment à cet égard L'innovation, un concept qui participe d'une logique économique et financière qui relègue l'intervention publique à un rôle secondaire ) !

Le Parlement européen ne s'y est pas trompé (cf. Le Parlement européen formule des propositions très concrètes en faveur d'un équilibre effectif entre austérité et croissance)

Quant aux sommets européens, ils doivent ne plus faillir à leur mission ! La chose est possible ! Elle semble même bien engagée !

Les analyses expertes et les propositions d'action sont là ! Reste à prendre les bonnes décisions ! En temps et en heure !

Il y a va  non seulement de l'avenir de la cohésion politique et de la solidarité entre les Etats et nations européennes, mais de l'avenir du projet européen lui-même dans ce qu'il a de fédérateur et d'inspirateur pour les générations futures !

Car, in fine, rien n'interdit à un Etat membre de prendre en toute souveraineté la décision de se retirer de l'Union si la nation qu'il sert le juge indispensable à son essor ( Tout sauf les institutions ! Voilà le statut idéal pour les Etats membres de l'Union européenne qui souhaiteraient se dégager des contraintes et dérives d'une Union en crise ! ) !

Les conclusions de la première session du Conseil européen des 13 et 14 décembre 2012 sont rassurantes à maints égards ! Le message semble avoir été entendu !

Pour preuve : " 12. In order for the EMU to ensure economic growth, competitiveness in the global context and employment in the EU and in particular in the euro area, a number of other important issues related to the coordination of economic policies and economic policy guidelines of the euro area will need to be further examined, including measures to preserve the integrity of the Single Market. To this end, the President of the European Council, in close cooperation with the President of the Commission, after a process of consultations with the Member States, will present to the June 2013 European Council possible measures and a time-bound roadmap on the following issues:

a) coordination of national reforms: the participating Member States will be invited to ensure, in line with Article 11 of the TSCG, that all major economic policy reforms that they plan to undertake will be discussed ex ante and, where appropriate, coordinated among themselves.

Such coordination shall involve the institutions of the EU as required by EU law to this end.

The Commission has announced its intention to make a proposal for a framework for ex ante coordination of major economic policy reforms in the context of the European Semester;

b) the social dimension of the EMU, including social dialogue;

c) the feasibility and modalities of mutually agreed contracts for competitiveness and growth: individual arrangements of a contractual nature with EU institutions could enhance ownership and effectiveness. Such arrangements should be differentiated depending on Member States' specific situations. This would engage all euro area Member States, but non euro Member States may also choose to enter into similar arrangements;

d) solidarity mechanisms that can enhance the efforts made by the Member States that enter into such contractual arrangements for competitiveness and growth."

Dont acte ! 

« Que les Européens réalisent que la crise leur offre une occasion formidable et qu’ils s’en emparent avec l’audace voulue, et ils auront toutes les raisons d’être optimistes. »

La lucidité n'interdit pas l'optimisme !       

Voir également :

 * Europe, vers le rebond ?

 * Osons l'Europe ! Mais en empruntant une voie réellement pragmatique et utile ! Une voie qui redonne à l'homme la place qu'il a perdue !  

 * De l'urgence de restaurer l'autorité de compétence et la légitimité de la Commission européenne au sein de l'Union européenne  

 * Tant que les Etats européens s'opposeront par services interposés, l'Union politique demeurera un projet illusoire !

NB : cet article a été publié une première fois sur blog au début de l'année 2013 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 15:33

Face aux différents maux qui affectent aujourd’hui la France comme un grand nombre d’autres pays de la zone euro et la France, la stratégie mise en avant par les instances européennes est double :

Redresser la compétitivité par des réformes structurelles renforçant la flexibilité de l’économie, augmentant la productivité et baissant le coût du travail (par la compression des salaires et le basculement de la pression fiscale des entreprises vers les ménages) ;

Redresser les finances publiques en mettant fin aux déficits excessifs selon les délais prévus par la gouvernance européenne, ce qui passe également ici par des réformes structurelles sur les administrations publiques et la protection sociale pour maîtriser la hausse tendancielle des dépenses publiques.

A l’appui de cette stratégie, la politique monétaire ultra accommodante de la BCE avec un taux directeur (0,25% depuis le mois dernier) proche de zéro, des banques noyées sous les refinancements, et la promesse de « faire tout ce qu’il faut » en cas de nouvelle crise grave sur les marchés menaçant la survie de l’euro. Le coût des dettes publiques se trouve ainsi maintenu à des niveaux soutenables le temps que les pays aient achevé leur ajustement budgétaire; les banques ont suffisamment de fonds pour continuer de prêter à l’économie.

Mais la politique monétaire semble largement impuissante face aux deux écueils qui risquent de faire dérailler cette stratégie de sortie de crise.

La surévaluation de l’euro. Le taux de change contre dollar atteint 1,36 aujourd’hui alors qu’il était de 1,17 au moment de l’entrée dans l’Union Monétaire en 1999. Cette surévaluation accroît les phénomènes de délocalisation et empêche les pays membre soumis à l’austérité budgétaire de compenser par une hausse de leurs exportations la baisse de la demande intérieure. A chaque conférence de presse, Mario Draghi rappelle rituellement que le taux de change ne constitue pas un objectif de la politique monétaire et, au demeurant, les mesures récentes de la BCE n’ont absolument eu aucun impact sur l’évolution du taux de change. Le vrai moyen pour obtenir une dépréciation de l’euro serait que la zone accumule des déficits extérieurs croissants : hors c’est tout le contraire qui se produit aujourd’hui sous l’effet des excédents commerciaux qu’accumule l’Allemagne vis-à-vis du reste du monde. La balance des transactions courantes de la zone euro devrait ainsi afficher un excédent de 3% du PIB alors qu’elle était tout juste équilibrée avant le début de la crise.

L’absence d’inflation dans la zone, qui est aussi le résultat de la surévaluation de l’euro mais pas seulement, pose le problème du redressement de la compétitivité des pays membre vis-à-vis de l’Allemagne. Pour cela, ils ont besoin d’avoir des coûts de production qui augmentent durablement moins vite ce qui suppose donc une inflation plus basse qu’en Allemagne. Ceci est bien le cas aujourd’hui mais les niveaux très bas d’inflation constatés partout dans la zone euro font que le différentiel d’inflation entre les pays membre est trop faible pour obtenir rapidement des gains de compétitivité significatifs. Au rythme actuel, et sauf à ce que les pays d’Europe du sud entrent en déflation ce qui poserait d’autres problèmes, il faudrait des dizaines d’années pour que le handicap de compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne accumulé depuis le début de l’Union monétaire puisse être résorbé

Comme on le voit, les problèmes actuels de la zone euro ne sont pas liés au Monetary stance qui est allé jusqu’au bout de ses possibilités mais à la divergence qui s’est créé entre l’Allemagne d’une part, le reste de la zone euro d’autre part. Pour corriger cette divergence, il n’y a que deux options théoriquement possibles : soit une politique reflationniste en Allemagne, soit une politique déflationniste dans le reste de la zone euro. C’est la seconde option qui a jusqu’ici été poursuivie mais qui rencontre les limites décrites plus haut. La première option se heurte pour sa part au refus absolu des allemands de générer chez eux plus d’inflation et plus de déficit public – refus qui tient à la fois à leur histoire et à l’état de leur démographie. Dans ces conditions, le débat autour de la politique économique à mener pour sortir de la crise en zone euro n’est pas près de se terminer.

Billet du blog des auteurs de l’ouvrage les politiques budgétaires dans la crise

Source : http://www.sauvonsleurope.eu/les-deux-verrous-qui-bloquent-la-sortie-de-crise-en-zone-euro-la-surevaluation-de-leuro-et-labsence-dinflation/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-deux-verrous-qui-bloquent-la-sortie-de-crise-en-zone-euro-la-surevaluation-de-leuro-et-labsence-dinflation

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 15:09

Une véritable réforme structurante

Entré en vigueur le 1er janvier 2013, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés et équivaut à une baisse de leurs charges sociales.
Le CICE n'est pas -encore - imputable sur les charges sociales  MAIS doit être imputé sur l'impôt sur le revenu ou l'impôt sur les sociétés dû au titre de l'année au cours de laquelle les rémunérations prises en compte pour le calcul du CICE ont été versées.
Le coût budgetaire sera de 13.5 MME pour 2013 et pres de 20 MM€ POUR 2014

Voir la suite de cet article sur le site de l'auteur : http://www.etudes-fiscales-internationales.com/archive/2013/12/23/credit-d-impot-pour-l-emploi-23561.html

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 11:40

Monsieur le président,

Vous avez été assez aimable pour m’adresser une lettre ouverte publiée par Causeur.

D’abord, et ce n’est pas si fréquent en ces temps agités, j’ai été sensible à la courtoisie de votre ton, à la délicatesse de votre forme. Rien qu’elles m’auraient déjà donné l’envie de vous répondre.

Pour le fond, vous devinez bien que j’ai quelques objections à faire valoir même si, pour ne rien vous cacher, j’ai hésité quelques secondes avant d’écrire ce que vous me reprochez, ce qui montre que j’avais conscience de la difficulté du sujet mais que le besoin d’analyse et la volonté de sincérité ont été les plus forts.

Lâche, je pourrais m’abriter derrière la rançon inévitable d’une subjectivité libre dans le cadre d’un blog où je n’ai pas fait que vous critiquer, loin de là. J’ai pu constater en effet que sur certains plans nous n’étions pas en désaccord même si très modestement j’ai eu du mal à accepter qu’un homme intelligent comme vous continue à pactiser avec un ex-président qui avait tout de même trahi la droite de rêve promise en 2007 et fait perdre son camp en 2012.

Mais je ne veux pas fuir le cœur de votre dénonciation.

Vous me blâmez parce que j’ai écrit, dans un post long où seule une phrase vous était consacrée, que vous étiez “en l’occurrence, plus attaché au communautarisme qu’à l’état de droit” puisque “vous aviez approuvé sans l’ombre d’une réserve la démarche de Manuel Valls”.

D’une part, je n’ai pas perçu – et je ne m’en repens pas – à quel point il serait choquant de formuler une telle appréciation qui, au demeurant, ne vous visait que pour cette hystérie gouvernementale liée aux spectacles de Dieudonné. L’enfermement douloureux dans la mémoire de l’Holocauste et, au nom de celle-ci, la sous-estimation démocratique de la liberté d’expression, après tout, sont trop fréquents à mon sens pour que je puisse bêtement en faire un procès à votre seule charge. Quasiment toute la communauté juive est souvent, pour des motifs que je peux comprendre et que j’ai expliqués ailleurs, plus soucieuse de sa défense exclusive que des atteintes éventuelles, quand elle est concernée, à l’état de droit. Pour ne prendre que l’exemple d’un intellectuel emblématique et remarquable, quoi qu’on en pense, Bernard-Henri Lévy n’a jamais fait que trancher sans cesse en faveur de cette seule sauvegarde sans jamais s’interroger sur son dépassement démocratique même si récemment le nouveau président du CRIF a su faire preuve d’une mesure et d’une sagesse rares auxquelles j’ai rendu hommage.

J’ajoute que ce risque m’est d’autant plus familier qu’à plusieurs reprises j’ai eu beaucoup de mal, certes sur un registre infiniment moins accablant, devant des spectacles vulgaires ou indécents et face à des profanations de toutes sortes offensant et dégradant le pape et le christianisme, à me dégager de mes croyances pour ne pas tomber dans une surenchère peu conforme au respect des libertés publiques.

Le constat unique que j’ai opéré à votre sujet me paraît aisément admissible dans la mesure où il traitait d’une atteinte exceptionnelle à l’Etat de droit, quasiment jamais vue, émanant d’un pouvoir de gauche donnant souvent des leçons de morale sur ce plan mais n’ayant pas hésité, contre notre tradition, à prohiber administrativement des représentations au lieu de les laisser éventuellement sous le joug judiciaire, donc a posteriori. De votre part – et vous vous trompez sur moi : il est des personnalités qui n’exigent pas qu’on soit toujours d’accord avec elles pour qu’on les considère -, une telle adhésion sans réserve à la posture moralisatrice et de diversion politique m’est apparue suffisamment grave et surprenante pour que j’y voie pour une fois une entorse à vos principes. Ce n’était pas honteux de le croire et de vous l’imputer. Mais si, même pour ce scandale républicain, votre soutien n’était motivé que par votre esprit civique et une autre conception de l’état de droit que la mienne, je reconnais mon erreur et fais amende honorable.

Vous m’avez déçu sur un seul point. Votre allusion à mon père et à sa condamnation injuste manque de classe. Il est vrai que vous avez pour conseiller et ami, si j’en crois la rumeur, l’avocat Szpiner qui s’est illustré après le procès Fofana en me traitant de “traître génétique”. Il n’a même pas eu le courage d’assumer cette ignominie verbale et je ne vous ai pas entendu la dénoncer. Pour cet avocat, la sanction disciplinaire qui lui a été infligée par la cour d’appel de Lyon n’a sans doute pas affaibli sa navrante estime de soi.

Je ne veux pas terminer sur cette note amère.

Je vous remercie de nous avoir permis, grâce à votre initiative, d’apporter modestement au débat public une contribution qui a du sens.

Source : http://www.causeur.fr/nous-risquons-tous,25787

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 10:28

La classe politique a unanimement condamné l'intrusion dans la vie privée du président de la République. Mais entre les affaires d'écoutes de la NSA, des services secrets français et la création d'un fichier des contrats d'assurance-vie, la vie privée des Français, elle, n'est à l'abri de rien.

Atlantico : L’année 2013 a notamment été marquée par le scandale, entre autres, des « grandes oreilles de la NSA ». Des mesures ont-elles prises depuis pour renforcer la protection de la vie privée en France, et si oui lesquelles ? Sinon, comment l’expliquer ?

Fabrice Epelboin : Non seulement aucune mesure n’a été prise en faveur de la vie privée depuis les révélations d’Edward Snowden sur la NSA, mais la situation de la protection de la vie privée s’est très largement dégradée. Il y a un peu plus d’un mois, l’Assemblée nationale, grâce aux voix socialistes et à la bienveillance du groupe communiste, a passé - au sein de la loi de programmation militaire - un article permettant à l’exécutif d’obtenir une totale transparence de la vie de tous les citoyens. Il n’existe plus, à proprement parler, de vie privée en France.

Pour comprendre ce déclin de la vie privée des Français fait dans la foulée des révélations sur la NSA, il faut prendre en compte les accords Lustre, révélés par la presse allemande sur les bases de documents fournis par Edward Snowden, qui montrent que la France collabore activement avec la NSA et les services anglais depuis 2010, et échangent régulièrement des informations issus de leurs systèmes de surveillance respectifs.

Le “coup” de Closer qui révèle ce que la plupart des rédactions parisienne savaient depuis 6 mois - au point de faire des “private joke” à l’antenne de Canal+ un mois plus tôt - tombe donc a pic. On sait que le magazine était en possession de ces informations touchant à la vie privée du président depuis six mois, mais ils ont attendu le moment propice pour les publier. Le faire peu de temps après que les politiques aient supprimé tout droit à une vie privée en France pousse ces politiques à un réflexe de classe bien compréhensible par ailleurs - qui a envie de voir sa vie privée violée ? -, mais qui les isole encore un peu plus du grand public et les montre en train d’affirmer un droit dont ils viennent de priver les citoyens.

La dimension législative - vie privée du citoyen vis à vis de l’État et droit à l’image - est évidemment plus complexe, mais nul doute que beaucoup de citoyens verront là une énième différence de traitement entre politique et citoyen ordinaire : selon que vous soyez riche et puissant… L’affaire de la non levée de l’immunité parlementaire de Serge Dassault renforce encore un peu plus cette perception très négative de la classe politique par le citoyen ordinaire.

Même s’il est permis de douter de l’intention initiale de Closer, ils ont fait là un acte journalistique,il appartient au corps journalistique de rebondir dessus pour lancer un véritable débat sur la surveillance et son impact sur la démocratie - j’ai peu d’espoir cependant. A ce jour, aucun débat n’existe sur la compatibilité entre une surveillance de plus en plus forte des citoyens et la persistance d’un sentiment de démocratie au sein de la population, indispensable au ‘vivre ensemble’.

Michel Nesterenko : La présence de l'informatique, à tous les niveaux et dans tous les rouages de la vie sociale, fragilise à l'extrême toute protection de la vie privée. La NSA et les mafias sont en chasse tous azimuts pour collecter nos informations les plus sensibles, y compris le dossier médical, les dernières pour en faire le commerce. Pour les mafias il s'agit d'un très grand marché qui s'ouvre à eux avec des risques judiciaires pratiquement nuls. Les Français comme les autres Européens et Américains sont des cibles de choix.

Aux USA, la préoccupation des entreprises va crescendo et elles durcissent les défenses des réseaux informatiques. Les politiques outre-atlantique comme les politiques français sont en sommeil. Les entreprises françaises préfèrent ne pas savoir, aucune loi ne les y obligeant.

Dans le domaine de la vie politique, les élus étaient bien contents du battage médiatique électoral et du gain de productivité d'utilisation des réseaux sociaux sur internet, pour un coût quasi nul. Mais une fois élu, c'est circulez, il n'y a rien à voir, laissez nous fonctionner dans l'opacité. Les élus comme tous les citoyens sont confrontés à une évolution sociétal inéluctable, qui dévoilera toujours plus les activités de la sphère privée.

La vie privée est-elle en France une liberté menacée ? Entreprises, Etat, services secrets : qui sont ceux qui la menacent le plus et dans quelle mesure cela est-il nécessaire ?

Michel Nesterenko : La vie privée en France succombe à la collecte d'informations des entreprises et aux attaques et piratages de l'État sous couvert du secret défense ou du secret policier et judiciaire, et des services secrets français et services étrangers parfois aidés par les services français. Il est certain que la collecte d'information par la police et la gendarmerie dans le cas bien ciblé d'enquêtes criminelles est indispensable au bon fonctionnement de la société. Mais, le secret qui entoure certaines enquêtes à connotation politique ouvre la porte à tous les scandales. Dans un futur très proche et inéluctable, ce seront les piratages et chantages des mafias qui prendront le devant de la scène.

Fabrice Epelboin : La vie privée n’est pas à proprement parler une liberté, par ailleurs, l’article 20 de la loi de programmation militaire nie toute possibilité de vie privée pour le citoyen ordinaire vis à vis de l’État. Les entreprises telles que Google, Amazon et consort vivent, elles, en tout ou partie de l’exploitation de données privées, mais contrairement à l’État, on peut tout à fait se passer de leurs services et décider de les boycotter. A ce titre, je les perçois comme bien moins dangereuses pour la démocratie que la surveillance de masse mise en place dans des pays comme la France ou les États-Unis.

Un fichier des assurances-vie a été inclus à la loi de finance rectificative 2013. Celui-ci en plus de lister les contrats souscrits par les citoyens au-dessus d’une certaine somme, comprendra toutes les informations personnelles du détenteur. Faut-il s’inquiéter d’une telle mesure ? Qu’implique-t-elle pour les libertés individuelles ?

Fabrice Epelboin : Il est très difficile d’anticiper les conséquences que pourront avoir tel ou tel aspect du fichage des citoyens sur les libertés fondamentale et la démocratie. Il existe par ailleurs plusieurs centaines de listes référençant des citoyens français, celle des assurances-vies n’en est qu’une parmi d’autres.

A lire aussi - Assurance vie : la petite disposition du projet de loi de finances rectificative qui réussit à générer deux méga scandales pour le prix d’un

Pour comprendre en quoi les conséquences sont difficiles à anticiper, faisons un peu d’histoire : en 1930, le gouvernement hollandais, qui finançait les lieux de culte, a réalisé un recensement de sa population qui incluait les pratiques religieuses, avec une intention tout à fait pacifique. Pour faire cela, ils ont utilisé un ancêtre de la base de donnée et de l’informatique : la mécanographie. Dix ans plus tard, l’armée du IIIe Reich entrait en Hollande, se saisissait des fichiers et s’en servait pour arrêter et déporter la population juive du pays. C’est un exemple classique et déjà ancien qui permet de montrer comment un usage peut être facilement détourné. On peut aisément le transcrire dans le monde courant.

Un peu de politique fiction permet dès lors de saisir l’ampleur du problème : en 2013, le gouvernement socialiste faisait passer une loi permettant à l’exécutif de surveiller la totalité des Français, sans supervision de la justice et sans le moindre garde-fou. Imaginons qu’en 2017, Marine Le Pen, à la suite d’une série de scandales affaiblissant considérablement les partis de gouvernement (on ne sait jamais, ça peut arriver), se retrouve à la tête de l’Etat. Pensez-vous qu’il lui serait difficile d’utiliser cette loi pour décimer tous ses adversaires politiques en trouvant dans leur vie privée une multitude de scandales qui feraient les choux gras de la presse à scandale ?

Pensez vous que si nous n’assistions qu’à une alternance vers une droite "dure" en 2017, nous serions à l’abri d’une telle dérive ? Pensez-vous que le Parti socialiste actuellement au pouvoir ai tiré les leçon de l’affaire des écoutes de l’Élysée qui date pourtant de plusieurs décennie ? Non, nous n’avons pas tiré la moindre leçon du passé, nous avons ouvert une boite de Pandore qu’il nous sera impossible de refermer, et qui aura des conséquences très lourdes.

Michel Nesterenko : La grande question du croisement des banque de données représente la plus grande menace en ce qui concerne les dérives anti-démocratique. Dans ce domaine, l'État possède un avantage écrasant et incontestable. Les entreprises et les mafias peineront toujours a accéder à ce niveau de qualité de l'information, sauf à pirater les réseaux gouvernementaux, ce qui est déjà le cas aux USA. La NSA et le FBI procèdent déjà à un croisement d'un nombre incalculable de banques de données, dans le seul but de coincer les petits criminels. Les terroristes eux sont pratiquement invisibles car ils ont appris, dés le début, à se prémunir contre de telles invasions.

Le problème avec un croisement tout azimut, secret et incontrôlé, des informations privées réside dans l'interprétation, souvent hors contexte, d'informations imprécises et d'apparence contradictoires. En fin de compte ont peut prouver tout et son contraire comme avec les statistiques.

Quels sont aujourd’hui les moyens de lutte pour la protection privée en France ? La CNIL peut-elle assurer seule cette mission ?

Michel Nesterenko : La CNIL est un effort institutionnel français très louable et tout a fait approprié. Mais sans autorité, moyens financiers et informatiques, pour diligenter des enquêtes avec le pouvoir judiciaire, l’efficacité sera rarement au rendez-vous. Certaines des plus grandes entreprises françaises ont recoupé des informations confidentielles collectées de diverses sources, sans déclaration à la CNIL, cela depuis longtemps déjà. Pour une entreprise globalisée rien n'est plus facile en se jouant des frontières. On peut douter de l'autorité de la CNIL de mettre en cause certaines administrations de l'État. Quid de la transmission des données à la NSA ou aux services britanniques pour obtenir en retour le résultat du croisement des données ?

La vraie solution est de former les adolescents par des cours appropriés dans les écoles, lycées et collèges. L'État a trouvé les moyens pour mettre les ordinateurs dans la majorité des salles de classe. Maintenant, il faut définir le curriculum du bon utilisateur tant dans le domaine de la sécurité que celui de la protection de la sphère privée.

Fabrice Epelboin : La CNIL n’est pas au dessus de la loi, et la loi est très claire : il n’existe aucun droit à la vie privée pour les citoyen français, qui sont tous désormais sous surveillance, et ce - depuis peu - de façon parfaitement légale. Il reste quelques lois, telles que le droit à l’image, qui peuvent encore protéger les citoyens de certaines dérives, mais qui ne protègent pas la vie privée en tant que telle.

La seule et unique façon de la protéger repose sur les capacité technique de chacun d’entre nous de le faire, c’est désormais le seul recours. Il appartient à chacun d’entre nous de comprendre comment nous dispersons des données personnelles, de limiter leur dispersion, et de prendre toutes les précautions nécessaire quand vous réaliser des actions dont vous souhaitez qu’elles restent de l’ordre du privée. Face à cette nouvelle donne, nous allons voir apparaitre une classe particulière de citoyens, qui comprennent et maitrisent ces enjeux technologiques, et qui seront les seuls à pouvoir disposer à l’avenir d’une vie privée.

Dans quelle mesure les citoyens se sentent-ils vraiment concernés par la protection de leur privée ? Encourage-t-il, consciemment ou inconsciemment, ce basculement de la société par leur usage d’internet et des réseaux sociaux ? Peut-on seulement faire machine arrière ?

Fabrice Epelboin : Les dernières études d’opinion montrent que moins d’un tiers des citoyens français est préoccupé par la disparition de la vie privée. On peut expliquer cela par des spécificités culturelles - les Allemands sont bien plus sensibles sur ce sujet, la Stasi est encore dans les mémoires - mais je pense que le fond du problème est illettrisme technologique en France. Les Français ne sont pas conscient de ce qui est en train de se passer, et n’ont pas les connaissances nécessaires pour anticiper les conséquences à moyen et long terme de la disparition de la vie privée numérique. L’éducation civique a quasiment disparu - on n’enseigne pas, par exemple, que le contrat de base démocratique repose sur l’isoloir, et la parfaite confidentialité de l’action citoyenne qui s’y déroule - et que la vie privée est devenue la base de la démocratie depuis la révolution industrielle.

Il n’est pas possible de faire marche arrière, en tout cas pas dans le système politique dans lequel nous sommes installés. La légitimité sans cesse décroissante des politiques les pousse fort naturellement à préparer un “après”, à mettre en place les briques d’une société de la surveillance où les politiques seront en conflit ouvert avec les populations, ce qui est le propre de tout régime autoritaire, et qui devrait, avec de telles technologies de surveillance, pouvoir se faire avec un minimum de violence.

On pourrait soupçonner l’agitation actuelle comme une manœuvre de diversion destinée à créer de façon plus ou moins artificielle des lignes de fractures au sein de la population, mais il faudrait prêter une intention tactique à Manuel Valls. Je serais très enclin à le faire mais ce serait un procès d’intention, et il ne faudrait pas écarter l’hypothèse de la bêtise et d’un ministre qui ne comprend pas les conséquences sur le virtuel de ce qu’il fait dans l’espace public. Ceci dit, si Valls souhaitait déclencher des émeutes généralisées en France de façon à justifier d’une censure totale de l’internet et d’une surveillance accrue, il ne ferait pas mieux. Gageons que c’est un homme intelligent, fort bien conseillé, et qu’il sais ce qu’il fait. Ou pas.

Michel Nesterenko : Les citoyens et consommateurs américains commencent à peine à se sentir concernés car les effets commencent à se faire sentir par l'utilisation criminelle des données privée. En France, la prise de conscience n'est pas au rendez-vous pour l'instant. Les ados eux sont complètement insouciants en se faisant plaisir avec des informations osées ou grivoises postées sur un mur électronique visible par toute la planète. Ces informations hélas ne pourront jamais être effacées. Plusieurs années plus tard, le chef du personnel, lors d'un entretien d'embauche, pourra voir le jeune futur cadre, sur l'écran de l'ordinateur du bureau, dans le costume d'Adam ou d'Eve. La machine arrière passe par une formation continue au niveau de l'école en commençant très tôt.

L’Amérique est sous le choc du piratage de plus de 100 millions de cartes de crédits. La France est-elle soumise aux mêmes risques ?

Michel Nesterenko : Nous sommes au seuil d'une nouvelle ère. Le phénomène du piratage date d'une dizaine d'années. Les cartes de crédit comme VISA, Master Card, Amex, Diners et autres payent, depuis des années, une taxe mafieuse de plus de 10%. Personne n'a bougé ni les entreprises qui payent, ni la police à qui les politiques n'ont pas donné les moyens de traque et d'arrestation efficaces. Le problème est aggravé par la nature globalisée du phénomène, certains pays refusant de coopérer efficacement. Le taux de cette taxe mafieuse est en train de décoller avoisinant les 20% dans certains cas. Le seuil de tolérance est atteint. 

La réaction institutionnelle et politique américaine ne saurait tarder. En France, la prise de conscience est encore à la traîne.

Fabrice Epelboin : Bien sûr, la France peut parfaitement être touchée par une affaire similaire. Le fait que seuls des citoyens américains aient été touchés dans cette affaire est dû au fait que le magasin qui s’est fait piller soit américain. En 2011, quand le Sony Playstation Network s’est fait pirater, des millions de numéros de carte de crédit - dont beaucoup de françaises - se sont retrouvés dans la nature.

Il convient cependant d’insister sur le fait qu’il n’y a pas pour les consommateurs beaucoup de risques. Au pire, des désagréments. Votre carte de crédit vous est vendue avec une assurance obligatoire qui inclue ce genre de chose, et si quelqu’un utilise votre carte pour un achat, vous serez assuré. Heureusement d’ailleurs, car la dernière génération de cartes de crédit RFID - identifiables par un petit logo similaire à celui attribué au Wifi - émet à distance tout un tas d’information personnelles qu’un hacker peut parfaitement récupérer. Mais rassurez-vous, en cas d’abus par un criminel de ces informations personnelles, votre assurance vous couvrira. En cas d’abus par un État, c’est une autre affaire par contre, et pour ce qui est d’une entreprise, c’est moins évident. Techniquement, si vous avez dans votre poche une telle carte de crédit, récupérer vos dix derniers achats à distance est parfaitement réalisable. On peut ainsi imaginer de la publicité ciblée en affichage - dans le métro, par exemple, ou en magasin, ou des traquer les consommateurs en magasin, et analyser leur parcours à des fins marketing. C’est assez simple a réaliser techniquement, et d’un point de vue conceptuel, c’est très proche du tracking des utilisateurs sur un site e-commerce. Certes, c’est une atteinte à votre vie privée, une de plus...

 Propos recueillis par Jean-Baptiste Bonaventure

Michel Nesterenko est directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

Spécialiste du cyberterrorisme et de la sécurité aérienne. Après une carrière passée dans plusieurs grandes entreprises du transport aérien, il devient consultant et expert dans le domaine des infrastructures et de la sécurité.

Fabrice Epelboin est enseignant à Sciences Po et entrepreneur.

A lire aussi - Les risques que fait courir la loi de programmation militaire en prévoyant de confier au privé la surveillance des citoyens français

Source :  http://www.atlantico.fr/decryptage/atteintes-vie-privee-pourquoi-francois-hollande-et-classe-politique-devraient-autant-se-preoccuper-closer-que-celles-qui-affecte-951913.html#cxQEiHtgMIb7S9RX.99 

 

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 21:00

De quoi parle-ton ?

Les définitions

Pour agir efficacement il faut savoir tout d’abord de quoi on parle, de qui on parle, se mettre d’accord sur les mots.

Pour bien comprendre la réalité des situations des personnes, et pour trouver des solutions appropriées, il faut disposer de définitions simples et claires, cesser de confondre illettrisme analphabétisme, apprentissage du français langue étrangère.

Illettrisme

On parle d’illettrisme pour des personnes qui, après avoir été scolarisées en France, n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul, des compétences de base, pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. Il s’agit pour elles de réapprendre, de renouer avec la culture de l’écrit, avec les formations de base, dans le cadre de la politique de lutte contre l’illettrisme.

Analphabétisme

On parle d’analphabétisme pour désigner des personnes qui n’ont jamais été scolarisées. Il s’agit pour elles d’entrer dans un premier niveau d’apprentissage.

Français Langue Etrangère (FLE)

Pour les nouveaux arrivants dans notre pays, dont ils ne parlent pas la langue, on parle de FLE. Il s’agit pour eux d’apprendre la langue du pays où ils résident.

Ces mots définissent donc des situations bien différentes.

Etre illettré, c’est donc ne pas disposer, après avoir pourtant été scolarisé, des compétences de base (lecture, écriture, calcul) suffisantes pour faire face de manière autonome à des situations courantes de la vie quotidienne : écrire une liste de courses, lire une notice de médicament ou une consigne de sécurité, rédiger un chèque, utiliser un appareil, lire le carnet scolaire de son enfant, entrer dans la lecture d’un livre…

Origines du terme « illettrisme » 

Le mot illettrisme est un néologisme créé en 1981 par ATD Quart Monde afin de désigner les personnes ayant une connaissance insuffisante de l'écrit, bien qu’ayant été scolarisées dans notre pays. Auparavant, la définition de l'UNESCO de l'analphabétisme ne permettait pas de faire cette distinction.

860 millions d’hommes et de femmes sont, dans le monde, confrontés à l’incapacité de lire et d’écrire, privés des plus simples compétences de base. Les pays industrialisés, où la scolarité est obligatoire, ne sont pas épargnés.

Pour qualifier cette situation, qui touche tous les âges de la vie, et la distinguer de celle de personnes qui ne sont jamais allés à l’école, la France a donc choisi le terme d’illettrisme. Un mot dur, qui suscite la réaction, l’indignation, mais qui est encore aujourd’hui nécessaire pour que ceux qui y sont confrontés ne soient pas oubliés, car ils ont pour caractéristique de chercher à cacher une situation trop souvent synonyme d’échec. Pourtant faire face aux situations de la vie quotidienne sans avoir recours à l’écrit exige beaucoup de courage et de volonté, et la mise en place d’habiles stratégies de contournement.

Pour en finir avec les idées reçues

Être illettré c’est ne pas disposer, après avoir été pourtant scolarisé, des compétences de base (lecture, écriture, calcul) suffisantes pour faire face de manière autonome à des situations courantes de la vie quotidienne : faire une liste de courses, lire une notice de médicament ou une consigne de sécurité, rédiger un chèque, utiliser un appareil, lire le carnet scolaire de son enfant, entrer dans la lecture d’un livre, retirer de l’argent à un distributeur automatique, faire un calcul simple, lire un trajet de métro ou de bus,…

On a beaucoup trop d’idées reçues sur les personnes en situation d’illettrisme, dans une société où la reconnaissance se fonde trop souvent sur la seule réussite scolaire et sans tenir compte des compétences acquises tout au long de la vie. Il ne faut pas stigmatiser ceux qui sont confrontés à cette situation, mais trouver le moyen de leur redonner confiance en s’appuyant sur les compétences qu’ils ont su constituer sans avoir recours à l’écrit, pour qu’ils osent prendre le risque de réapprendre.

Si les personnes en situation d'illettrisme cachent leurs difficultés, si elles en ont honte c’est aussi parce que souvent les regards que nous portons sur elles se révèlent être encore trop stigmatisants....

Quelques exemples d’idées reçues : 

Qui est concerné par l’illettrisme ?

Beaucoup d’idées reçues limitent ce phénomène aux classes d’âge les plus jeunes.

Or, l’illettrisme touche tous les domaines, tous les âges, tous les espaces de vie.

  • La moitié des personnes en situation d’illettrisme a plus de 45 ans.
  • Le taux d’illettrisme est plus fort pour les groupes d’âge les plus élevés :

                 - 5% des 18-65 ans

                 - près de 15% au-delà de 50 ans

  • Plus de la moitié exerce une activité professionnelle. La lutte contre l’illettrisme touche donc de très près le monde du travail et de l’entreprise.

Pour en savoir plus sur les personnes concernées par l’illettrisme et disposer des chiffres officiels de l’INSEE, cliquez ici

Quelles sont les causes de l’illettrisme ?

Beaucoup d’idées reçues font penser que l’illettrisme est dû à l’environnement (zones sensibles), au milieu social, au cadre familial, à la langue maternelle, etc.

Or, l’expérience des acteurs de terrain a permis de relever une multiplicité de causes qui souvent se combinent entre elles :

  • Un passé scolaire douloureux, des situations de rupture, des difficultés familiales, professionnelles, sociales, des situations de travail où le recours à l’écrit n’est pas nécessaire.
  • Un effritement des compétences de base lorsqu’elles ne sont pas utilisées, pratiquées, des problèmes de santé…

L’illettrisme est invisible mais ce n’est pas un phénomène marginal

Les personnes qui y sont confrontées font tout pour cacher leurs problèmes, contourner leurs difficultés et passer inaperçues.

L’illettrisme n’est pas le problème exclusif des quartiers urbains

Il est présent sur tous les territoires dans les zones rurales comme dans les villes.

L’illettrisme ne concerne pas que les exclus

Plus de la moitié des personnes concernées sont dans l’emploi.

L’illettrisme ne signifie pas incompétence, illettrisme ne signifie pas inintelligence

Des hommes et des femmes se sont constitués un capital de compétences sans avoir recours à l’écrit même si ce capital est très fragile.

L’illettrisme et l’immigration ne se confondent pas

La lutte contre l’illettrisme ne doit pas être confondue avec la politique linguistique en faveur des migrants

Sans être nécessairement synonyme d'exclusion, l’illettrisme peut isoler et freiner l’insertion sociale, l’accès à l’emploi et la mobilité professionnelle de ceux qui y sont confrontés. Mais c’est une situation dont on peut sortir.

Des hommes et les femmes de tous les âges et qui vivent dans des contextes très différents y sont confrontés ; les situations de rupture (échec scolaire, travail, santé, famille…) peuvent contribuer à cet effritement des connaissances, mais des solutions appropriées pour remettre en route les processus d’apprentissage existent.

Des chiffres pour éclairer les décisions

7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme, soit 2 500 000 personnes en métropole.

Qui sont-elles ?

Sur ces 2 500 000 personnes en situation d’illettrisme :

  • La moitié a plus de 45 ans. Attention aux idées reçues qui limitent ce phénomène aux classes d’âge les plus jeunes alors que les difficultés augmentent avec l’âge.
  • Plus de la moitié exerce une activité professionnelle. La lutte contre l’illettrisme touche donc de très près le monde du travail, de l'entreprise.
  • 71 % d’entre elles parlaient uniquement le français à la maison à l’âge de 5 ans. Attention aux idées reçues qui assimilent illettrisme et immigration.

Où vivent-elles ?

  • La moitié des personnes concernées en situation d’illettrisme,vivent dans des zones rurales ou faiblement peuplées, ce qui signifie que la politique doit s’organiser sur tout le territoire.
  • 10 % vivent dans les Zones Urbaines Sensibles (ZUS). 

Cliquez pour télécharger la plaquette chiffres éditée en janvier 2013 

Cliquez pour télécharger la note INSEE parue le 18 décembre 2012

Source : http://www.anlci.gouv.fr/Illettrisme/Les-chiffres/Niveau-national

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:18

Une cinquantaine de personnes ont été blessées, dimanche 12 janvier, dans des heurts entre policiers palestiniens et habitants d'un camp de réfugiés qui manifestaient leur colère à l'encontre des conséquences de la grève des employés de l'UNRWA, ont déclaré des policiers et les services ambulanciers.

La manifestation qui a eu lieu dans le camp de Djalazoun en Cisjordanie occupée est la plus violente d'une série de protestations survenues cette semaine contre la grève, en cours depuis plus d'un mois, des employés de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés).

 

L'UNRWA emploie plus de 5.000 Palestiniens dans ses 19 camps, pour 730.000 réfugiés en Cisjordanie. L'agence onusienne a été contrainte de fermer des écoles et des cliniques et de suspendre la collecte des ordures depuis le commencement de la grève, lancée à l'appui de revendications salariales.

Au moins 40 policiers ont été blessés par des pierres lancées par des manifestants, a déclaré un porte-parole de la police. Les agents ont riposté en lançant des cailloux en direction de la foule et en tirant des gaz lacrymogènes, ou encore par des tirs de sommation, qui ont fait au total plus de 10 blessés, ont déclaré les services ambulanciers.

"La situation dans les camps est intolérable: pas d'écoles, pas de cliniques, et les ordures qui s'entassent partout", a témoigné un habitant de Djalazoun, Mohammed Nadjar.

Au cours des manifestations, les protestataires ont également bloqué des routes et brûlé des pneus.

Pour Adnan Al Dmairi, porte-parole des forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie, les autorités sont de tout coeur aux côtés des habitants des camps de réfugiés touchés par la grève, mais elles ne toléreront pas pour autant le désordre.

Source : Reuters

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 12:17

Atlantico : Détesté par les Palestiniens et adoré par de nombreux Israéliens, Ariel Sharon, qui était dans le coma depuis 8 ans, a, au-delà de toutes considérations idéologiques, été un leader israélien très important. Sa mort marque-t-elle la fin d’une génération de leaders pouvant rassembler Israël ?

Frédéric Encel : Par définition, pour des raisons biologiques évidentes, il n’y a plus de gens dotés d’une épée, considérés comme efficaces et héroïques par les Israéliens. Cela pour une raison simple, les grands généraux des guerres d’Israël sont tous très âgés ou morts d'une part et d'autres part, il n'y a plus de grands conflits épiques depuis 1973, où Sharon s’est particulièrement illustré pendant la guerre du Kippour. Ainsi, les Israéliens ne poursuivront pas quelqu’un sur la base de cette confiance-là, militaire. Cela ne veut pas dire pour autant que personne n’obtiendra le prestige nécessaire pour parvenir à impulser un grand pas pour la paix. Il faut de toute façon l’espérer sans quoi ce serait se résoudre à l’idée que ce conflit sera sans fin.

Il faut ajouter d’ailleurs que Shimon Peres, aux cotés de Rabin lui-même grand général, a impulsé les accord d'Oslo et a donc été suivi par une partie de la population sans bénéficier de cette crédibilité militaire.

Par quels moyens, quels faits d’armes, politiques ceux-là, un homme ou une femme politique israélien pourrait-il se forger une carrure digne d’un Yitzhak Rabin ou d’un Menahem Begin ? Qu’en est-il de Tzipi Livni en qui beaucoup ont fondé des espoirs ?

Votre question renvoie à l’image peu flatteuse de la classe politique isréalienne qui s’explique par des affaires de mœurs, de corruption, de clientélisme révélées ces dernières années. Affaires existant à droite comme à gauche, chez les religieux comme chez les laics… Et pendant ce temps, le processus de paix piétine et piétine toujours. Ainsi si la question s’impose, la réponse est délicate à apporter.

On pourrait imaginer comme « fait d’arme politique » un mouvement politique d’ouverture, d’un camps politique vers un autre pouvant fédérer et s’accompagnant de talent d’orateur. Ainsi, Tzipi Livni étant le parangon du nationalisme israélien, de tradition historique, mais a à un certain moment basculé vers le centre gauche. Elle par ailleurs intelligente et bonne oratrice, ainsi peut-on voir là une candidate. Il est aussi intéressant d’évoquer quelqu’un comme Dan Meridor au Likoud. Toutefois, je conclurais que Eoud Barak s’étant retiré, il y a effectivement un manque de leadership.

Cela dit, on peut aussi espérer que le processus de paix puisse avancer sans un leader ainsi héroïsé. Sans avoir besoin de ces grands drames autour de Bégin à Camp David ou de Rabin avec Oslo.

Les réguliers rebondissements autour de la mort de Yasser Arafat révèlent-ils que comme les Israéliens, les Palestiniens ne trouvent plus de grand leader qui puisse unifier leur cause ?

Si Yasser Arafat était détesté par de nombreux Palestiniens, il leur permettait toutefois, par sa longévité politique, sa combativité et la création de l’Organisation de libération de la Palestine, de se réunir derrière quelqu’un. Même le Hamas tenait ses critiques vis-à-vis de lui tant il représentait une figure tutélaire.


Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/israel-sans-perspectives-ere-grands-hommes-begin-rabin-et-sharon-est-elle-revolue-frederic-encel-951326.html#Ob1kvGdKI9QK6VSe.99

Un héros pour Israël, un criminel pour la Palestine ; Ariel Sharon n'en était pas moins un leader d'envergure, capable de pragmatisme et de rompre avec son parti quand il l'a jugé nécessaire et capable toutefois de réunir. Avec sa mort, et celle de Yasser Arafat, il y a plusieurs années déjà, un déficit de leadership pèse sur le conflit israélo-palestinien. 

 
Atlantico : Détesté par les Palestiniens et adoré par de nombreux Israéliens, Ariel Sharon, qui était dans le coma depuis 8 ans, a, au-delà de toutes considérations idéologiques, été un leader israélien très important. Sa mort marque-t-elle la fin d’une génération de leaders pouvant rassembler Israël ?

Frédéric Encel : Par définition, pour des raisons biologiques évidentes, il n’y a plus de gens dotés d’une épée, considérés comme efficaces et héroïques par les Israéliens. Cela pour une raison simple, les grands généraux des guerres d’Israël sont tous très âgés ou morts d'une part et d'autres part, il n'y a plus de grands conflits épiques depuis 1973, où Sharon s’est particulièrement illustré pendant la guerre du Kippour. Ainsi, les Israéliens ne poursuivront pas quelqu’un sur la base de cette confiance-là, militaire. Cela ne veut pas dire pour autant que personne n’obtiendra le prestige nécessaire pour parvenir à impulser un grand pas pour la paix. Il faut de toute façon l’espérer sans quoi ce serait se résoudre à l’idée que ce conflit sera sans fin.

Il faut ajouter d’ailleurs que Shimon Peres, aux cotés de Rabin lui-même grand général, a impulsé les accord d'Oslo et a donc été suivi par une partie de la population sans bénéficier de cette crédibilité militaire.

Par quels moyens, quels faits d’armes, politiques ceux-là, un homme ou une femme politique israélien pourrait-il se forger une carrure digne d’un Yitzhak Rabin ou d’un Menahem Begin ? Qu’en est-il de Tzipi Livni en qui beaucoup ont fondé des espoirs ?

Votre question renvoie à l’image peu flatteuse de la classe politique isréalienne qui s’explique par des affaires de mœurs, de corruption, de clientélisme révélées ces dernières années. Affaires existant à droite comme à gauche, chez les religieux comme chez les laics… Et pendant ce temps, le processus de paix piétine et piétine toujours. Ainsi si la question s’impose, la réponse est délicate à apporter.

On pourrait imaginer comme « fait d’arme politique » un mouvement politique d’ouverture, d’un camps politique vers un autre pouvant fédérer et s’accompagnant de talent d’orateur. Ainsi, Tzipi Livni étant le parangon du nationalisme israélien, de tradition historique, mais a à un certain moment basculé vers le centre gauche. Elle par ailleurs intelligente et bonne oratrice, ainsi peut-on voir là une candidate. Il est aussi intéressant d’évoquer quelqu’un comme Dan Meridor au Likoud. Toutefois, je conclurais que Eoud Barak s’étant retiré, il y a effectivement un manque de leadership.

Cela dit, on peut aussi espérer que le processus de paix puisse avancer sans un leader ainsi héroïsé. Sans avoir besoin de ces grands drames autour de Bégin à Camp David ou de Rabin avec Oslo.

Les réguliers rebondissements autour de la mort de Yasser Arafat révèlent-ils que comme les Israéliens, les Palestiniens ne trouvent plus de grand leader qui puisse unifier leur cause ?

Si Yasser Arafat était détesté par de nombreux Palestiniens, il leur permettait toutefois, par sa longévité politique, sa combativité et la création de l’Organisation de libération de la Palestine, de se réunir derrière quelqu’un. Même le Hamas tenait ses critiques vis-à-vis de lui tant il représentait une figure tutélaire.

Après sa mort, c’est donc Mahmoud Abbas qui est propulsé sur le devant de la scène. Si les Palestiniens ne reconnaissent qu’à demi-mots qu’il est grand leader, il est toutefois là depuis dix ans et n’a jamais été dépassé en termes de leadership. De plus, en face de lui, il y a le Hamas à la tête duquel il n’y a pas de grands leaders. Personne ne fait l’unanimité de ce côté-là du spectre politique palestinien non plus.

En conclusion, je dirais que d’un côté comme de l’autre de ce conflit, apparait un manque clair de grands leaders.

Quelles sont les conséquences de ce  double constat ? Le conflit israélo-palestinien est-il plus que jamais embourbé par ce manque d’hommes et de femmes capables de provoquer de grandes avancées du processus de paix ?

Le conflit israélo-palestinien est dans une impasse, depuis dix ans maintenant, de basse intensité. Il est d’ailleurs passé au second rang des préoccupations du Moyen-Orient. Les Printemps arabes, les déchirures inter-arabes et les différents conflits civils en ont fait aux yeux des grandes puissances, un simple contentieux. Mais ce n’est pas un manque de leader qui veut ça, ce sont les tendances lourdes de la « grande » géopolitique.

Quels sont aujourd’hui ceux qui pourraient endosser ce rôle du côté palestinien ?

On voyait fut un temps émerger la personnalité de Mohammed Dahlan, ancien chef des Forces de Sécurité préventive de la Bande de Gaza. Toutefois, ce fringant quarantenaire s’est échappé et a disparu au moment du putsch du Hamas, provoquant une vive déception dans la jeunesse palestinienne. Mais celui qui apparait comme pouvait vraiment endosser ce rôle aujourd’hui, c’est Marouane Barghouti. Toutefois, s’il est à ce point populaire, c’est notamment parce qu’il est emprisonné en Israël. Il a par ailleurs combattu les armes à la main et pourrait faire le pont entre le Fatah historique et les modérés du Hamas. Et ça les Israéliens le savent très bien, en tout cas dans les sphères du pouvoir. Je pense d’ailleurs que la justice israélienne, si le processus de paix avance, trouvera un moyen de le « rendre » aux Palestiniens afin de pouvoir négocier avec lui.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Bonaventure

 

Frédéric Encel est professeur de relations internationales à l’ESG Management School et maître de conférences à Sciences-Po Paris. Il assure la chronique internationale quotidienne sur France Inter durant l’été. Il vient tout juste de publier son dernier ouvrage, De quelques idées reçues sur le monde contemporain (éditions Autrement).
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Frédéric Encel est professeur de relations internationales à l’ESG Management School et maître de conférences à Sciences-Po Paris. Il assure la chronique internationale quotidienne sur France Inter durant l’été. Il vient tout juste de publier son dernier ouvrage, De quelques idées reçues sur le monde contemporain (éditions Autrement).


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