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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 14:34

Le 27 mai, au cours de l'émission Ce soir ou jamais qu'il anime avec talent, Frédéric Taddeï a interrogé six penseurs sur les grandes révolutions de notre époque : révolutions sociale, démographique, écologique et numérique .... en prenant appui sur des évènements de l'actualité de la semaine.

 

Marcel Gauchet
Philosophe
Marcel Gauchet est directeur d’études à l’École des hautes études en
sciences sociales et au Centre de recherches politiques Raymond Aron. Philosophe de la modernité, il s’interroge sur la démocratie en avouant avoir
été influencé sur ce point par le travail de Claude Lefort. Il est, par ailleurs,
l’auteur de nombreux livres, parmi lesquels « Le Désenchantement du monde », « La Révolution des droits de l’homme », « La Condition politique » ou encore « L’Avènement de la démocratie ». Enfin, il est rédacteur en chef, depuis sa fondation en 1980, de la revue Le Débat qui fête aujourd’hui ses 30 ans. A cette occasion, il publie un numéro spécial sur le thème « Continuer le débat » ainsi qu’un un ouvrage collectif qu’il a codirigé avec Pierre Nora, « De Quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? Enquêtes, 1980, 2010 » (Gallimard, 2010), thème d’une enquête qu’il avait lancée dès le premier numéro du Débat, à laquelle une nouvelle génération de penseurs répond également.

Pierre Nora

Historien
Pierre Nora est historien, membre de l’Académie française, il étudie notamment la mémoire collective contemporaine dans le cadre d’une histoire du présent. Il est, par ailleurs, président de l’association française luttant contre les lois mémorielles, « Liberté pour L’histoire ». Directeur littéraire chez Gallimard depuis 1965, il y a fondé en 1980 la revue Le Débat, qui fête aujourd’hui ses 30 ans. A cette occasion, il publie un numéro spécial sur le thème « Continuer le
débat » ainsi qu’un un ouvrage collectif qu’il a codirigé avec Marcel Gauchet, « De Quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? Enquêtes, 1980, 2010  » (Gallimard, 2010), thème d’une enquête qu’il avait lancée dès le premier numéro du Débat, à laquelle une nouvelle génération de penseurs répond également.

Luc Ferry
Philosophe
Luc Ferry est philosophe. Il a été Ministre de la Jeunesse, de l’Éducation et de la Recherche de mai 2002 à mars 2004 sous le gouvernement Raffarin. Il est l’auteur de nombreux livres, parmi lesquels « La Pensée 68  » (coécrit avec Alain Renaut), « Pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens », « Vaincre les peurs », ou « Combattre l’illettrisme ». Dans son dernier ouvrage, « La sagesse des mythes » (Plon 2008), il se penche sur les leçons à tirer de la mythologie
grecque.

Emmanuel Todd
Politologue et démographe
Emmanuel Todd est politologue, démographe, historien et sociologue. Il a publié de nombreux essais dans lesquels il analyse le fonctionnement et les évolutions de nos sociétés : le prophétique « La chute finale » sur la fin programmée de l’URSS, publié en 1976, « L’Illusion économique. Essai sur la stagnation des sociétés développées » (1998), ou encore « Après l’empire »« Après la démocratie » (2002), sur la décomposition du système américain. Le dernier (Gallimard, 2008) se penche sur le cas français, en interpellant notamment les élites économiques et politiques.

Paul Ariès
Politologue
Paul Ariès est politologue, directeur du journal Le Sarkophage,
journal d’analyse critique « contre tous les sarkozysmes », rédacteur au mensuel La Décroissance et organisateur du « contre-Grenelle de l’environnement ». Il est considéré à la fois par ses contradicteurs et ses défenseurs comme « l’intellectuel de référence » du courant de la décroissance. Auteur d’une trentaine d’essais, il vient de publier « La simplicité volontaire contre le mythe de l’abondance » (La découverte, 2010).

Véronique Bergen
Philosophe
Véronique Bergen est philosophe, originaire de Bruxelles. Auteur d’une
œuvre romanesque et poétique importante, elle a également publié plusieurs
essais : « Jean Genet, entre mythe et réalité  » (1993) et « L’Ontologie de Gilles Deleuze » (2001). Le dernier, « Résistances philosophiques » (PUF, 2009), entend se tenir « au carrefour des résistances de pensées et des pensées de la résistance ».

Voir la vidéo de l'émission : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1076

 

 

 

 

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 11:18

La France s'est félicitée samedi du premier accord depuis 10 ans auquel est parvenu vendredi à New York la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) mais aurait souhaité des textes "plus incisifs" sur la crise iranienne.

" La France se félicite de l'adoption, par la conférence, d'un document final comportant une feuille de route ambitieuse, apte à relancer la dynamique de ce Traité essentiel qu'est le TNP ", déclare dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

" Les plans d'action agréés permettent aux Etats parties au TNP de disposer d'une approche ambitieuse, concrète, et équilibrée, pour les prochaines années ", poursuit le ministre tout en émettant ensuite quelques réserves.

" Les textes auraient certes pu, selon nous, être plus incisifs sur les crises de prolifération, en particulier la crise iranienne qui est au coeur des préoccupations de la communauté internationale ", estime le chef de la diplomatie française.

" Ils sont cependant le résultat d'un compromis entre les positions des délégations, et représentent globalement un résultat positif, y compris sur la perspective d'une conférence sur le Moyen-Orient, qui permet d'affirmer une volonté politique forte de la communauté internationale, celle de rechercher un monde plus sûr ", ajoute-t-il.

La conférence de suivi du TNP a adopté par consensus vendredi une déclaration finale sur les différents aspects du Traité et prévoit l'organisation en 2012 d'une conférence internationale pour un Moyen-Orient dénucléarisé, " à laquelle tous les Etats de la région sont censés participer ", ce qui implique la présence d'Israël et de l'Iran.

Le document singularise l'Etat hébreu, affirmant qu'¨il importe qu'Israël adhère au traité et place toutes ses installations nucléaires sous les garanties globales de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), alors que les Israéliens n'ont jamais reconnu disposer de l'arme atomique.

En revanche l'Iran n'est pas mentionné nommément, alors que les Occidentaux souhaitaient qu'il soit montré du doigt pour être en violation de résolutions de l'ONU exigeant qu'il suspende ses activités nucléaires sensibles et prouve le caractère civil de son programme nucléaire.

 

Source : AFP

 

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 10:20

OBJECTIF :

L'actuel Plan d’Action conclu entre Union européenne (UE) et le Maroc dans le cadre de la Politique européenne de voisinage en juillet 2005, arrive à son échéance en 2010.

Le Royaume du Maroc et l'UE élaboreront en 2010 un nouveau Plan d'Action afin de définir pour une période de 4 à 5 ans les objectifs de réformes au Maroc qu'entend appuyer l'UE afin de permettre un rapprochement entre les partenaires sur base de valeurs partagées.

Ce nouveau Plan d'Action visera à mettre à jour les objectifs encore à réaliser de l’ancien Plan d’action et d'intégrer les nouvelles ambitions ouvertes par le document conjoint sur le Statut avancé agréé en 2008. Le nouveau Plan d'Action sera ainsi une feuille de route opérationnelle pour le Statut Avancé.

Afin de recueillir les contributions de la société civile sur ce que devraient être les priorités du nouveau Plan d'Action UE-Maroc, la Délégation de l'Union européenne au Maroc lance un exercice de consultation par internet.

Le document de l'actuel Plan d'Action ainsi que la feuille de route du Statut Avancé , en annexe serviront de référence pour cette consultation.

 

PARTICIPER ?

Les acteurs de la société civile sont invités à transmettre leurs contributions au plus tard le 04 juin 2010.
La taille des contributions ne devraient pas dépasser 1 page par champ d'intervention et devraient être articulées sur les points suivants :

  •  - Recommandations sur les objectifs (sur base des 85 objectifs de l'actuel PA et du document sur le Statut avancé) ;
  •  - Propositions de résultats/indicateurs opérationnels à atteindre sur la période de 4-5 ans (maximum 5 indicateurs pas objectif) ;
  • - Eventuellement suggestion de sources d'évaluation des engagements pris dans le PA.

Afin de permettre une bonne analyse des recommandations, nous vous invitons à respecter les règles suivantes :

  • Identifier votre organisation et son champ d'intervention ;
  • Articuler clairement votre intervention autour des 3 points cités ci-dessus ;
  • Etre synthétique et concis.

 

OU ENVOYER VOTRE CONTRIBUTION ?

Vos contributions doivent être envoyées à l'adresse électronique suivante : delegation-morocco-PIN2011-13@ec.europa.eu

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 17:30

Il s'agit de la première décision rendue par le Conseil constitutionnel saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) : dans un dossier hautement symbolique, il a décidé de censurer a posteriori des dispositions législatives. Instaurée lors de la révision constitutionnelle de juillet 2008, la QPC, entrée en vigueur depuis le 1er mars, permet à tout justiciable de soulever devant un juge la constitutionnalité de la loi applicable dans l'affaire où il est partie. Le Conseil constitutionnel avait été saisi, le 14 avril, des trois premiers dossiers transmis par le Conseil d'Etat.

Sa décision sur la question soulevée par Khedidja et Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil a censuré les dispositions inscrites dans la loi de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions des ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.

Cette décision met fin à une injustice manifeste qui perpétuait une différence de traitement entre ressortissants français et étrangers titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite et résidant dans le même pays.

Lors de l'audition publique qui s'est tenue mardi 25 mai devant les onze membres du Conseil constitutionnel réunis, Maitre Arnaud Lyon-Caen, avocat de Khedidja et Moktar Labanne, avait cité l'exemple d'un ancien sergent marocain touchant 612 euros de retraite annuelle alors que, pour un sergent français ayant servi dans les mêmes conditions et versé les mêmes cotisations, elle s'élève à 7 512 euros.

Le Conseil ne conteste pas que les pensions puissent être affectées de coefficients différents en fonction des disparités de pouvoir d'achat et de coût de la vie dans les pays concernés.

En revanche, il estime que, dans un même pays de résidence, il ne doit pas y avoir de différence de traitement entre un ressortissant français et un ressortissant étranger présentant les mêmes droits.


... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr
 

Source : Reuters

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 15:15

La Grèce va devoir réussir les douze travaux d'Hercule. Son plan d'austérité prévoit une baisse du déficit public de 10 points de produit intérieur brut (PIB) sur trois ans ! Il doit être approuvé par les ministres européens des finances le 15 février, comme les mesures prises pour mettre fin à l'irrégularité des statistiques grecques, dont la révélation a accentué la crise. Mercredi 3 février, la Commission européenne a donné son feu vert au plan grec, tout en le soumettant à un strict contrôle. La Banque centrale européenne (BCE) l'a approuvé le lendemain. Son président, Jean-Claude Trichet, a jugé "d'une importance capitale" que tous les pays de la zone euro mettent en place des stratégies pour revenir dans les normes budgétaires.

Les tensions sur les marchés financiers s'accroissent aussi au Portugal et en Espagne, déjà sous pression, comme l'Irlande, depuis 2009. Ces quatre pays, rebaptisés les "PIGS" ("cochons", S pour Spain), devraient rester en récession en 2010 alors que le chômage explose. Une politique de rigueur leur permettra-t-elle de sortir de l'ornière ? Certains experts mettent en garde contre le risque de dépression sévère, comme en Irlande. Pour l'économiste Michel Santi, "les mesures d'austérité en Grèce y provoqueront vraisemblablement une spirale déflationniste".

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a d'ailleurs suggéré aux pays de la zone euro, jeudi 4 février, "d'aider d'une façon ou d'une autre" la Grèce. Et il a offert l'assistance du FMI.

La crise grecque est ainsi déjà celle de la zone euro, soulignant ses limites institutionnelles et politiques et les failles de ses règles ou de sa politique monétaire.

Cette crise comprend aussi des dimensions géopolitiques. De même que l'éclatement de la bulle financière et immobilière a révélé les fragilités de l'Irlande ou de l'Italie, le krach des matières premières a mis fin à l'afflux de capitaux d'origine russe - liés à l'envol antérieur du prix du pétrole - dont disposait la Grèce, au titre de la solidarité "orthodoxe" dans la région, comme Chypre ou la Bulgarie.

Par ailleurs, pour l'économiste Jacques Delpla, membre du Conseil d'analyse économique (CAE), la résolution de la crise grecque devrait passer - outre les mesures classiques de rigueur - par un accord de paix à Chypre : "Les Grecs doivent terminer cette "guerre de Troie" qui les oppose aux Turcs depuis si longtemps." Citant des données de la CIA, l'agence de renseignement américaine, M. Delpla estime les dépenses militaires en Grèce à environ 4,3 % du PIB, contre moins de 1,5 % pour les pays comparables de l'Union. "Si le gouvernement grec ramène son budget dans la moyenne européenne, il pourra récupérer l'équivalent de 3 points de PIB, soit un tiers de l'ajustement", dit-il. Mais rien n'est moins sûr. A ce stade, la baisse des dépenses militaires prévues est limitée à 0,2 point de PIB...

La mauvaise gestion grecque est souvent mise en avant comme une bonne raison de la "punir" en la contraignant à une rigueur exemplaire. L'argument est savoureux, au moment où tous les grands Etats viennent massivement de voler au secours de leurs banques en difficulté. De surcroît, Athènes avait déjà dû reconnaître, en 2004, avoir embelli ses statistiques de déficit public pour entrer dans l'euro trois ans plus tard, sans que beaucoup de leçons en soient tirées par ses partenaires.

Les Européens ne peuvent pas perdre de vue qu'une faillite de la Grèce risquerait de faire vite tache d'huile : "L'Allemagne était sans doute initialement démangée par l'idée de punir le mauvais élève. Mais elle doit faire attention au risque de contagion. A mesure que la crise grecque se prolonge et s'accentue, d'autres pays se trouvent attaqués à leur tour : le Portugal aujourd'hui, demain l'Espagne et l'Irlande. Après-demain, ce peut même être le tour de l'Italie", prévoit l'économiste Antoine Brunet, président d'AB Marchés. Pour M. Santi, l'Espagne est "le prochain gros domino, car une "configuration astrale" très défavorable s'y met en place, avec un déficit budgétaire de 11,4 % du PIB, un endettement global public et privé de 300 % du PIB - nettement plus grave qu'en Grèce, un chômage également plus important, à 20 % (4,5 millions de chômeurs) et, surtout, un système bancaire excessivement fragilisé !"

"Les analystes tendent à enfermer la Grèce dans une alternative", souligne M. Brunet. Ou bien respecter ses engagements et "faire du thatchérisme" en s'exposant à l'explosion sociale. Ou bien échouer, voire renoncer, et prêter le flanc "à des taux d'intérêt durablement extrêmes et à une crise financière patente. Mais une troisième option risque en réalité de tenter les autorités grecques : sortir de la zone euro et rétablir une drachme très sous-évaluée contre l'euro et contre les monnaies méditerranéennes. Cela lui redonnerait de la compétitivité - en particulier dans le secteur du tourisme - et stimulerait donc sa croissance, même si la Grèce serait alors obligée de renégocier une dette extérieure qui, exprimée en drachmes, serait encore plus insupportable", analyse M. Brunet. Cette hypothèse est généralement écartée par les experts, qui la jugent impossible. Mais la crise argentine n'avait pas non plus prévenu : le lien fixe entre le peso argentin et le dollar a pourtant été bel et bien abandonné quand l'Argentine a estimé que "c'était encore la moins mauvaise solution pour elle", explique M. Brunet.

Pour éviter une déflagration majeure et son extension rapide, les Européens pourraient donc avoir à intervenir, sauf à imaginer que le FMI ne sauve seul un Etat membre de l'Union !

Ils pourraient par exemple garantir la dette des pays attaqués.

Certes, Berlin a longtemps traité avec morgue les pays du Sud ou l'Irlande, les jugeant seuls bénéficiaires de l'euro car ils émettaient de la dette à faible taux grâce à leur arrimage à la crédibilité germanique. Mais l'Allemagne bénéficie aussi de forts excédents commerciaux au sein de la zone, où la France, l'Italie ou l'Espagne ont perdu toute capacité de déprécier leurs monnaies, contrairement au Royaume-Uni, qui a accéléré en 2009 la chute de la livre sterling afin d'amortir le choc de la crise : la Banque d'Angleterre a notamment créé de la monnaie pour acheter de la dette publique... En revanche, la compétitivité des "PIGS" a beaucoup souffert de la surévaluation de l'euro : même atteint par la crise grecque, il se négocie encore bien au-dessus de sa "valeur d'équilibre" de 1,15 à 1,20 dollar calculée par les économistes.

Poussant l'euro à la hausse, la BCE a continué à augmenter ses taux d'intérêt directeurs jusqu'en juillet 2008 et a attendu le 8 octobre de la même année, trois semaines après la faillite de Lehman Brothers, pour entamer un mouvement de baisse, qu'elle n'a pas poursuivi aussi loin que ses homologues britannique, japonaise, américaine ou suisse. Les Etats européens ont, de leur côté, abandonné de facto la politique de change à la BCE depuis 2000, même si le traité de Maastricht prévoit qu'ils en fixent les objectifs. Mais, trop divisés sur ceux-ci, ils ont délégué à la BCE les décisions d'intervention sur le marché...

De même, les Etats ont échoué à se mettre d'accord sur un plan de relance commun ou sur la création d'une agence européenne de la dette publique, qui auraient été les prémices d'une solidarité budgétaire. Dans une note, publiée mardi 2 février, intitulée "Que coûterait le fédéralisme fiscal à la zone euro ?", les économistes de Natixis Sylvain Broyer et Costa Brunner rappellent que "prise dans son ensemble, la zone euro ne souffre pas de déficit d'épargne" : la crise de la dette grecque n'aurait pas eu lieu si un mécanisme de péréquation fiscale avait existé. Ils proposent de transposer aux Etats de la zone euro le modèle de solidarité existant entre les régions allemandes, soit un transfert équivalent à 2,1 % du PIB de la zone (soit 200 milliards d'euros). "Deux conditions sont nécessaires : l'harmonisation des taux d'imposition et la déclaration politique d'égalité des niveaux de vie au sein de l'Union économique et monétaire. Les bénéfices sont potentiellement immenses (taux d'intérêt similaires, croissance potentielle plus forte, convergence des prix)", écrivent-ils. Il faut espérer qu'ils seront entendus.


NB : Ce dossier a été réalisé pour le quotidien Le Monde par Adrien de Tricornot et Marie de Vergès, et est paru dans l'édition datée du 9 février 2010.

PS : Cet article a été publié une premire fois sur e blog le 9 février 2010 ! Si le lecteur veut en savoir plus sur les fondements (principes, objectifs), les résultats et les questions actuelles autour de la politique monétaire européenne, il peut consulter par exemple soit l'intervention de Jean-Claude Trichet, président de la BCE, prononcée en 2006 sur le thème : La politique monétaire européenne : principes, résultats et questions actuelles, par Jean-Claude Trichet, soit l'ouvrage suivant : La politique monétaire européenne.










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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 12:25

Il s'agit de la première décision rendue par le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Instaurée lors de la révision constitutionnelle de juillet 2008, la QPC, entrée en vigueur depuis le 1er mars 2010, permet à tout justiciable de soulever devant un juge la constitutionnalité de la loi applicable dans l'affaire dont il est partie. Le Conseil constitutionnel avait été saisi, le 14 avril, des trois premiers dossiers transmis par le Conseil d'Etat.

Sa décision sur la question soulevée par les deux requérants, Mme Kheddidja Labanne et son fils, Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions inscrites dans les lois de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions applicables aux ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française et, notamment, aux ressortissants algériens. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.

Cette décision met fin à une injustice manifeste, perpétuant une différence de traitement entre ressortissants français et étrangers titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite et résidant dans le même pays. Lors de l'audition publique qui s'est tenue mardi 25 mai devant les onze membres du Conseil constitutionnel réunis, Me Arnaud Lyon-Caen, avocat de Mme Khedidja L. et de M. Moktar L., avait cité l'exemple d'un ancien sergent marocain touchant 612 euros de retraite annuelle alors que, pour un sergent français ayant servi dans les mêmes conditions et versé les mêmes cotisations, elle s'élève à 7512 euros.

Le Conseil ne conteste pas que les pensions puissent être affectées de coefficients différents en fonction des disparités de pouvoir d'achat et de coût de la vie dans les pays concernés. En revanche, il estime que, dans un même pays de résidence, il ne doit pas y avoir de différence de traitement entre un ressortissant français et un ressortissant étranger présentant les mêmes droits.


... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 11:15

Monsieur le Ministre, cher Stephan Toscani Monsieur le Secrétaire général (Hans Stark) Monsieur le Directeur (Jörg Wolff), Mesdames et Messieurs, Chers amis,

 Je souhaite tout d’abord saluer Stephan Toscani, qui est devenu, au cours des derniers mois, l’un de mes interlocuteurs les plus fidèles en Allemagne car nous avons beaucoup travaillé ensemble sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur et qui concerne 10 millions de nos concitoyens, à savoir les relations transfrontalières. Stephan Toscani a notamment représenté la Sarre et l’Allemagne au colloque que j’ai organisé sur cette question au Quai d’Orsay en février et j’ai inauguré avec lui, il y a trois semaines, le « GECT SaarMoselle » qui réunit les agglomérations de Sarrebruck et de Sarreguemines. On l’oublie trop souvent mais le transfrontalier, c’est une dimension capitale du franco-allemand, comme le sont les milliers de jumelages qui unissent depuis plus d’un demi siècle des communes françaises et allemandes : car l’intimité franco-allemande ce n’est pas seulement celle des Chefs d’Etat depuis Charles de Gaulle et Konrad Adenauer mais aussi celle de nos peuples.

 Je souhaite remercier l’IFRI et la Fondation Konrad Adenauer, deux organisations avec lesquelles je travaille depuis longtemps, pour avoir organisé ce colloque au moment même où l’Europe vit une phase décisive pour son avenir, pour sa monnaie, pour son économie.

 Il y a des coïncidences qui n’en sont pas : c’est le week-end du 7-9 mai dernier, au cours duquel nous avons célébré le 60ème anniversaire de la Déclaration Schuman, que l’Europe était confrontée à l’un des tests les plus graves de son histoire depuis sa fondation. Le 9 mai 1950, la Déclaration Schuman : c’était le début de la construction européenne. Le 9 mai 2010 : l’Europe avait rendez-vous avec son destin.

 Ne nous y trompons pas : les attaques répétées contre la zone Euro depuis cinq mois sont un moment de vérité pour l’Europe et bien entendu pour le couple franco-allemand qui la sous-tend.

 Ce matin, mon propos n’est pas de revenir devant vous sur le détail de la contribution de la France et de l’Allemagne à la construction européenne, tout au long de ces six dernières décennies : elle est considérable.

Sans la France et l’Allemagne, il n’y aurait pas eu de CECA, pas de marché unique, pas de SME, en un mot pas de construction européenne. Sans l’accord Kohl-Mitterrand, il n’y aurait pas eu d’accord sur la ligne Oder-Neisse, pas de réunification dans l’UE et l’OTAN, pas de traité de Maastricht, pas d’élargissement.

De cette histoire, je retiens deux leçons qui s’appliquent pleinement aujourd’hui et au moins une réalité nouvelle.

Première leçon :

-  Sans accord entre la France et l’Allemagne, il ne se passe rien en Europe, ou alors l’Histoire se fait sans elle : les exemples sont là pour le prouver : C’est le désaccord sur le réarmement de l’Allemagne et l’échec de la CED en 1954 qui sonnent le glas de la « défense européenne » et expliquent aujourd’hui l’absence d’industrie d’armement européenne et donc de sous-marin européen, d’avion de combat commun. Sans accord franco-allemand c’est une Europe sans SME, sans monnaie unique, sans traité de Lisbonne. De même, lorsque l’Allemagne et la France ne convergent pas, c’est le divorce Siemens-Areva, TKNS-DCNS.

-  En revanche lorsqu’il y a un accord, cela donne Airbus, Ariane, EADS, l’ESA, le marché unique, le Traité de Lisbonne et bien sûr l’Euro.

Deuxième leçon :

Il n’est jamais facile de parvenir à un accord. Nos pays sont différents. Un Etat fédéral d’un côté, un régime centralisé de l’autre, une coalition aux règles complexes d’un côté, un système, longtemps quelque peu monarchique, aujourd’hui présidentiel, de l’autre. Sans parler des conceptions industrielles ou bancaires, qui ne sont pas les mêmes en France et en Allemagne.

La réalité nouvelle est la suivante :

Ayons le courage de le dire, depuis 1989, ce n’est plus la « même » Allemagne que nous avons en face de nous.

Longtemps, l’idée même d’intérêts nationaux allemands était un tabou : l’intérêt de l’Allemagne n’existait que pour autant qu’il se confondait avec celui, supérieur, de l’Europe, et, au plan de la politique de défense, aux intérêts de l’Alliance.

« Premier de la classe » européenne, « premier de la classe » atlantique : comme s’il fallait à tout prix exorciser le démon du nationalisme du siècle précédent.

La fin de la guerre froide et des blocs, la réunification, l’arrivée de nouvelles générations qui s’estiment libérées de la faute des pères, mais aussi le défi de la mondialisation sur une nation en déclin démographique mais plus que jamais soudée autour de son modèle industriel et social : tout cela a profondément modifié l’équation allemande.

A présent, l’Allemagne est réunifiée, elle veut à juste titre être traitée à égalité de droit, elle aspire « comme tout le monde », si j’ose dire, à défendre son modèle économique et social. L’Allemagne ne craint plus, comme l’a souligné tout récemment Thomas de Maizière, Ministre fédéral de l’Intérieur, d’affirmer clairement ses intérêts.

Comment tout cela s’applique-t-il dans la réalité de la gestion de la grande crise actuelle, la plus importante depuis 80 ans ?

J’ai lu, bien sûr, comme chacun de vous, plusieurs déclarations sur les tensions franco-allemandes dans les journaux ces derniers temps, avec des titres parfois sensationnalistes : on parle de « divorce », de « torchon qui brûle »...

Mesurons ensemble le chemin parcouru. En commençant, d’abord, par prendre la mesure de la crise.

-  La crise que nous traversons est systémique et globale : elle a commencé en 2007 aux Etats-Unis avec la crise des sub-primes ; en 2008, nous sommes passés tout près de l’effondrement total du système bancaire, toujours à partir des Etats-Unis ; depuis le début de cette année 2010, nous sommes confrontés à la crise de l’Euro et cette fois, c’est l’Europe qui est prise pour cible.

-  Cette spéculation est alimentée par la défiance des investisseurs devant le niveau excessif des dettes publiques et privées et des déficits publics dans le monde occidental : les Etats-Unis (où tout a commencé) l’Union européenne mais aussi le Japon (ou le déficit dépasse 200% du PIB).

Face à cette crise, je rappelle tout de même, qu’en 2008, c’est grâce à un accord franco-allemand, que, sous Présidence française de l’Union européenne, trois décisions fondamentales ont pu être adoptées :

1) la coordination des plans de relance nationaux ; 2) l’intervention massive de l’Europe pour sauver le système bancaire ; 3) l’invention du G20 pour réguler le système financier international.

Certes, ces décisions n’ont pas été prises instantanément. Il a fallu discuter, batailler parfois, mais les réponses ont été trouvées entre Français et Allemands. Ainsi, je rappelle que le Président Sarkozy a pu réunir, au cœur de la crise de l’automne 2008, pour la première fois, l’Eurogroupe au niveau des Chefs d’Etat et de Gouvernement, avec en prime si j’ose dire, la présence du Premier ministre britannique ; ceci n’était inscrit nulle part dans les Traités !

Tout ceci a été possible, car la France et l’Allemagne ont agi ensemble, ce qui n’allait pas de soi.

Dans la crise actuelle, qu’avons-nous fait ?

Les attaques contre la zone Euro ont commencé au début de l’année. Elles ont donné lieu, sur initiative de la France et de l’Allemagne, à la première réunion du Conseil européen sous la présidence de Herman Van Rompuy, le 11 février dernier. Le Traité de Lisbonne venait à peine d’entrer en vigueur et Herman Van Rompuy d’entrer en fonctions.

Dès le début de cette crise, la France, la première, a cherché à promouvoir un premier principe, le principe de solidarité. Il s’agissait en effet :

-  de la défense de notre propre monnaie,
-  de comprendre que la faillite d’un Etat membre serait mortelle pour la zone Euro, et de construire en conséquence une barrière pour protéger un pays qui serait la cible d’attaques. C’est finalement ce que nous avons fait pour la Grèce, avec l’adoption d’un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros, dont 80 milliards pour les Européens - plus de la moitié de cette somme étant apportée, et votée, par la France et l’Allemagne.

Logiquement, l’Allemagne, mais également la France, ont souhaité que ces prêts soient assortis de conditions. C’est l’application du deuxième principe, celui de la responsabilité : ensemble nous avons conditionné ces prêts à un programme de remise en ordre des finances publiques grecques, un programme très dur, que le gouvernement de M. Papandréou, s’est engagé à mener à bien.

On a beaucoup dit, surtout en France, que ce plan grec avait tardé, beaucoup trop tardé, que l’Allemagne avait hésité des semaines durant, qu’elle avait été trop dure dans ses critiques de la Grèce, menaçant même de l’exclure de la zone Euro, avant de se résoudre à l’aider.

Bref, que tout cela avait été trop long, et à l’arrivée trop cher, tout en donnant une impression de flottement européen que par la suite les marchés s’empressèrent d’utiliser contre d’autres cibles dans la zone Euro, l’Espagne et le Portugal au cours de la 1ère semaine de mai notamment.

A chacun son métier :
-  aux commentateurs de commenter,
-  aux spéculateurs de se nourrir de ces spéculations intellectuelles pour multiplier leurs gains,
-  mais aux acteurs politiques, dont je fais partie à ma modeste place, il appartient cependant de faire face à la tempête ensemble, tout en respectant des contraintes politiques, de temps démocratique de l’autre.

En tant que Ministre de l’Europe, je suis aussi le coordonnateur des relations franco-allemandes. Mon rôle n’est pas de m’ériger en donneur de leçons, mais d’agir, à ma place, en décryptant pour le Gouvernement la manière de voir de l’Allemagne.

De ce point de vue, une citation d’un homme d’Etat qui n’est ni Français ni Allemand, mais qui connaissait bien nos deux peuples n’est pas sans utilité pour guider notre analyse. Winston Churchill a écrit : « En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit ».

Dois-je rappeler que le plan de soutien à la Grèce n’a pas été facile à obtenir, d’abord parce qu’il dérogeait au Traité de Lisbonne, en particulier à son article 125 et au principe du « no bail out » ?

Le principe de solidarité n’a pas posé de problème en France, où s’est manifestée une remarquable unité républicaine, gauche et droite confondues. Naturellement, ou presque, pour la France, la règle de l’article 125 devait s’effacer devant l’urgence et l’exigence de solidarité politique.

Mais en revanche, en Allemagne, il en va bien sûr tout autrement. Pour le comprendre, il faut revenir aux origines de Maastricht. Lorsque l’Allemagne réunifiée consentit, sous le leadership d’Helmut Kohl, de consacrer son ancrage à l’Europe en abandonnant son DM pour l’Euro (en même temps qu’elle reconnaissant la ligne Oder-Neisse), elle le fit en exigeant dans le Traité de Maastricht des règles « allemandes » :
-  indépendance de la BCE ;
-  responsabilité de chacun pour ses comptes et ses dettes ;
-  critères de convergence ou de bonne gestion applicable à tous, et susceptibles de sanctions : les fameux 3% et 60%.

L’obsession allemande pour la vertu budgétaire ne vient pas seulement du souci de bonne gestion comptable comme on le caricature trop souvent chez nous.

Cette obsession est profondément ancrée dans l’Histoire.

Le DM était le symbole de la réussite, de l’espoir allemand de l’après guerre, le contre modèle de l’hyper-inflation et de la déstabilisation économique qui avaient contribué à l’élection d’Hitler en 1933.

Ajoutons l’Histoire récente :

- Face au premier choc pétrolier en 1973, face à la crise et à la mondialisation en 1999, la préférence allemande va à la compétitivité plutôt qu’à la consommation. Et ce sont deux gouvernements de gauche qui ont imposé des mesures de stabilité et de rigueur : Helmut Schmidt, en 1974, et Gerhard Schröder à partir de 1998 avec les plans Hartz.

- On peut comprendre dès lors que l’Allemagne ne se sente pas vocation à servir indéfiniment de « vache à lait » pour l’Europe. Surtout que cette Allemagne a fait des efforts sans équivalent depuis 10 ans : augmentation de la durée du travail, réduction des allocations chômage, report de l’âge de la retraite à 67 ans, réduction des coûts salariaux conduisant à un écart de 20 points dans les évolutions depuis 10 ans entre la France et l’Allemagne : depuis 1996, le coût du travail a augmenté de 5% en Allemagne, de 30% en France. De 2005 à 2010, le taux de chômage en Allemagne a baissé de 10,7 % à 7,5%, en France, il a augmenté de 9,3% à 9,5%.

Alors oui, nous, Français, nous sommes miraculeusement mis d’accord pour soutenir la Grèce, mais quid alors des réformes indispensables en France pour modérer nos dépenses, financer nos retraites, améliorer notre compétitivité en termes de coûts du travail ? Dois-je rappeler que, pendant que Gerhard Schröder augmentait la durée du travail, le Gouvernement français de l’époque sous Lionel Jospin, Martine Aubry et Dominique Strauss Kahn instaurait les 35 heures ? Dois-je rappeler que c’est François Mitterrand qui a fait passer la retraite de 65 à 60 ans juste avant le fameux tournant de la rigueur ? Nous étions le 1er avril (ça ne s’invente pas ! ) 1983... Dois-je rappeler enfin que cela fait plus de 30 ans qu’en France, aucun budget n’a été voté en équilibre ?

Alors oui, après les efforts consentis, le processus consistant à changer les règles est plus difficile en Allemagne, et pourtant il a été fait.

Dans les semaines qui ont suivi l’attaque financière contre la Grèce, les marchés ont ciblé l’Espagne et le Portugal, créant un risque de crise systémique immédiate, qui a conduit le Président de la République à proposer la tenue d’une réunion extraordinaire des 16 chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro dans la nuit du 7 mai et l’adoption d’un plan massif de sauvetage avant l’ouverture des bourses asiatiques le 10 mai au matin.

Là encore, ceci n’a été rendu possible que grâce à l’accord personnel entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Un accord d’autant plus spectaculaire qu’il est à la fois sans précédent sur le plan quantitatif (500 milliards d’euros mis sur la table par l’Europe complété par 250 milliards d’euros du FMI) et révolutionnaire sur le plan de l’intégration de la zone euro.

-  La tranche de 440 milliards d’euros de garantie qui a été inventée, c’est, en quelque sorte, « l’article 5 » de l’OTAN appliqué à la monnaie unique, tous les Etats de la zone Euro venant au secours de l’un des leurs en cas d’attaque Elle n’est fondée sur aucune disposition du Traité de Lisbonne.
-  La BCE a également décidé d’intervenir en achetant sur le marché secondaire des obligations de dettes souveraines, ce qu’elle s’était jusque là religieusement interdit.
-  Les règles de Maastricht qui existaient depuis 20 ans, ont été changées en un week-end !

A ceux qui parlent un peu vite de « divorce » et de « torchon qui brûle » je veux rappeler cela. Et leur demander de nous dire ce qui se serait passé sans cet accord franco-allemand !

Pour autant, nous ne sommes pas sortis de la crise. La crédibilité du système financier est un édifice qui reste à construire ensemble. Il sera doté de 3 étages :

1/ Premier étage : pour que les garanties ne soient pas appelées, les budgets doivent être mieux gérés : avec transparence, et avec le souci de réduction des dépenses publiques. Ce régime de surveillance mutuelle, c’est le corollaire de la garantie mutuelle apportée par chacun d’entre nous.
-  en 2009, l’Allemagne a introduit un mécanisme de limitation des déficits dans sa "Loi fondamentale" qui oblige l’Etat fédéral à réduire progressivement son déficit structurel, puisqu’en 2016 le seuil d’endettement toléré sera de 0,35 % du PIB.
-  lors de la dernière conférence des déficits, la semaine dernière, le Président de la République a souhaité qu’une nouvelle gouvernance en matière de finances publiques soit inscrite dans notre Constitution.

Cette réforme prévoit que, à partir de 2012, chaque Gouvernement issu des urnes s’engage juridiquement, pour la durée de la législature, sur une trajectoire, ainsi que sur la date à laquelle l’équilibre doit être atteint. C’est une procédure qui respecte les droits fondamentaux du Parlement.

Par ces mesures, la France et l’Allemagne montrent l’exemple à l’ensemble de la zone Euro et envoient un signal fort aux marchés sur leur engagement à réduire les déficits. La France et l’Allemagne ont ainsi créé un système d’auto-surveillance, dont les autres pays pourraient s’inspirer.

Quant à la mécanique de notre surveillance des budgets nationaux, plusieurs voies ont été proposées par la Commission et les Etats, c’est la mission du groupe des Ministres des finances présidé par Herman Van Rompuy. Il ne m’appartient pas de trancher à ce stade. Vous le comprendrez.

2/ Le deuxième étage de cette maison monétaire commune, c’est la convergence des politiques économiques, donc un minimum d’harmonisation fiscale et sociale, et le renforcement de notre compétitivité.

Pour ma part, je rappelle :
-  Le Gouvernement a réussi à contourner les 35 heures, nous avons supprimé 100.000 postes de fonctionnaires, nous allons réformer le système de retraites.
-  Nous avons décidé le gel en volume des dépenses de l’Etat et des collectivités locales pour 3 ans. Mais il faut aller au delà :
-  Le principe du gouvernement économique, que la France appelle de ses vœux. : c’est en effet qu’il n’y ait pas trop d’écart entre les économies peu compétitives et les économies très compétitives. Je rappelle que l’Allemagne réalise 70 % de ses exportations dans la zone euro.
-  Nous souhaitons également mettre en place avec l’Allemagne et nos autres partenaires une véritable politique industrielle et énergétique, qui ne doit pas seulement être fondée sur l’amélioration de l’environnement des entreprises, mais aussi sur des projets concrets dans les secteurs stratégiques pour l’Europe de demain, que ce soit en matière d’espace, d’énergie, de transport, ou encore d’agenda numérique.

Un exemple : l’espace. J’ai réuni la semaine dernière tous les acteurs français et européens du secteur spatial au Quai d’Orsay. Au cœur du spatial européen, il y a le franco-allemand. Le Conseil des ministres franco-allemand du 4 février a permis de rappeler la nécessité de poursuivre notre coopération dans le domaine spatial pour garantir l’accès de l’Europe à l’espace, avec la construction conjointe d’un satellite de détection du méthane - l’un des principaux gaz à effet de serre - qui doit être lancée en 2013-2014.

Or, à l’heure où nos concitoyens sont essentiellement préoccupés par le maintien de leur emploi, et attendent de l’Europe des mesures fortes et des projets concrets en faveur de la croissance, je note que la stratégie « Europe 2020 » est insuffisante sur le fond et peu lisible sur la forme, avec pas moins de 5 objectifs, 7 initiatives, 10 lignes directrices intégrées, dont la lecture est absconse. Il faut enfin développer volet international de la stratégie, la loyauté dans les échanges internationaux, la réciprocité dans les marchés publics. C’est une dimension que la Commission doit davantage prendre en compte.

3/ Le troisième étage de cette maison, c’est la régulation financière internationale.

Là encore, elle ne peut pas être que franco-allemande et européenne. L’Europe ne peut pas taxer seule les transactions financières, comme elle ne peut pas seule interdire les ventes à découvert sur les obligations souveraines. On ne peut pas légiférer seuls sur les hedge funds. Les Etats-Unis viennent d’adopter une loi historique sur la régulation du secteur financier, l’Europe doit faire de même, dans un contexte où la France présidera le G20 à partir de la fin 2010.

Je souhaite vous faire part de ma confiance dans le couple franco-allemand.

Je sais que c’est difficile. C’est à tort que l’on croit que la relation franco-allemande est un lit de roses. Lorsque l’on vante la relation franco-allemande, on oublie les efforts quotidiens que cela représente. C’est toujours difficile de gouverner un pays. C’est encore plus difficile de coordonner l’action de deux pays démocratiques différents. Par nature, le débat public, surtout s’il est anxiogène -c’est le cas de la crise- et s’il est donc très médiatisé, tend à voir s’affronter des slogans toujours réducteurs :
-  attendre de l’Allemagne qu’elle doive « payer », encore et toujours ;
-  ou à l’inverse, imposer, comme vertu cardinale une potion si amère qu’elle paralysera le malade au lieu de le guérir. Lorsque Angela Merkel dit que l’on ne saurait réduire la construction européenne à « une Union faite de transferts financiers », elle a raison. Et quand Nicolas Sarkozy dit vouloir résorber nos déficits et améliorer notre compétitivité sans alourdir nos impôts qui sont parmi les plus élevés en Europe, il a raison aussi. La vérité, c’est que la France et l’Allemagne ne sortiront de la crise qu’ensemble, main dans la main. Et je leur fais confiance.

Je vous remercie.

Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/allemagne_157/france-allemagne_1298/couple-franco-allemand_845/ouverture-du-colloque-couple-franco-allemand-europe-face-crise-25.05.10_82602.html

 

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Published by Patrice Cardot - dans La France et ses partenaires
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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 08:51

Le Collège interarmées de défense (CID), l’École nationale d’administration (ENA) et l’École des hautes études commerciales (HEC) se sont associés pour conduire une réflexion commune le 26 mai 2010 à  l'Ecole militaire (www.quellestrategiedactionpourlafrance.fr).

La Revue Défense nationale publie dans son numéro 05-2010 une série d'articles réalisés par des auditeurs et de ces établissements sur les thèmes abordés au cours de cette réflexion (cf. http://www.defnat.com/pdf/CID.pdf). En voici la teneur :

INTRODUCTION

Qu’il s’agisse de la politique de « pré carré » de Louis XIV ou de cette « certaine idée de la France » qu’a défendue le général de Gaulle, l’histoire de la nation française est marquée par des choix stratégiques majeurs qui lui ont permis de se construire une assise internationale de premier ordre. Alors même qu’elle possède, aujourd’hui, les attributs économiques et démographiques d’une puissance moyenne, la France n’a pas renoncé à cette ambition. Dans un monde qui a quitté le XXe siècle sans que l’on ne sache encore vraiment ce qui caractérisera le XXIe siècle, la France, comme d’autres acteurs de la scène stratégique, s’interroge sur sa stratégie d’action.

L’émergence de nouvelles puissances régionales voire mondiales, l’apparition de nouveaux acteurs — organisations internationales, organisations non gouvernementales, firmes multinationales, mais aussi opinions publiques transnationales et marchés — et de nouveaux enjeux souvent appréhendés au niveau mondial — développement durable, extension de la sphère du droit — confrontent la France et l’Union européenne à la compétition et à l’incertitude.

Dans un monde à la fois plus complexe, plus mobile et plus incertain, la France doit ainsi s’interroger sur les moyens dont elle dispose et sur la place qu’elle souhaite prendre sur la scène internationale, pour adapter ses objectifs et ses structures d’action. Les récents Livres blancs sur la défense et la sécurité ainsi que sur la politique étrangère et européenne de la France témoignent de cet effort.

Les futurs décideurs des armées, de l’administration et des entreprises — stagiaires du Collège interarmées de défense (CID), élèves de l’École des hautes études commerciales (HEC) et de l’École nationale d’administration (ENA) — ont souhaité participer à cette entreprise en conduisant une réflexion commune. Notre conviction est en effet que la stratégie d’action d’une nation ne saurait être conçue dans un cadre compartimenté. La compétitivité stratégique de la France dépendra notamment de la capacité de ses élites à réfléchir, débattre, décider et travailler ensemble.

Cette recherche d’efficacité géostratégique, ici qualifiée de compétitive, ne se réduit pas en effet au seul domaine économique et financier, mais elle a vocation à balayer tout l’éventail des occasions et des confrontations stratégiques modernes, notamment l’enjeu du développement durable.

Pour que la France conserve sa capacité d’influence à l’échelle du monde, sa stratégie doit reposer sur une analyse lucide de ses moyens. Son riche héritage historique, « civilisationnel » et ses savoir-faire uniques, fondent un rayonnement moral et culturel renouvelé par les nouveaux enjeux de notre époque. Il s’agit néanmoins de déterminer si ses capacités actuelles lui permettront de conserver sa posture universaliste afin de continuer à développer son attractivité dans tous ses champs de compétence, ou si elle devra, au contraire, se concentrer sur des domaines d’excellence et se focaliser sur certaines « niches » stratégiques.

 Comme le rappelle le président de la République dans la préface du dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, « le clivage traditionnel entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure s’est encore davantage effacé ». La problématique du rayonnement et de l’efficacité ne peut plus être dissociée de celle de la défense des intérêts des citoyens, tant sur le territoire national qu’en dehors de  ses frontières. La défense nationale se repositionne donc naturellement au coeur des problématiques stratégiques de la France.

 Il faut également mutualiser les compétences et les moyens du pays pour s’assurer que cette ambition permettra de construire une stratégie durable de gestion des enjeux de puissance. La cohésion de la société reste fondamentale pour s’assurer de sa résilience face à l’adversité. Elle s’accompagne d’une réflexion approfondie sur le rôle de l’État et des institutions face aux acteurs non-gouvernementaux dans un univers globalisé, influencé par de multiples réseaux transcendant les frontières traditionnelles.

Les avantages comparatifs de la France ainsi identifiés permettront de formuler les bases d’un projet géostratégique, qui se déclinera dans les domaines des valeurs qu’elle défend, des intérêts qu’elle protège et des responsabilités qui lui

incombent.  

NATION FRANÇAISE ET DÉFIS STRATÉGIQUES : L’APPEL DU LARGE ?

Renaud RONDET (CID) et Guillaume RAUFFET (ENA)

« Une nation mal dans sa peau ». Lorsque M. Hubert Védrine parle ainsi de la France, il suscite un sentiment ambivalent d’approbation et d’incompréhension.

Approbation, car il illustre bien le déclin qui semble affecter le pays et que chaque Français peut ressentir au quotidien. Incompréhension, car il ne correspond pas à ce sentiment typiquement national qui voudrait que la France ait quelque chose de spécifique à apporter au monde.

Le monde a changé. Celui de la première moitié du XX e siècle avait encore besoin de la France. Celui de ce début du XXIe siècle ne l’attend plus dans la même mesure. C’est le monde qui lui fait défaut. Dorénavant, c’est l’Hexagone qui a besoin du monde. La France ne doit pas avoir peur du siècle à venir. Elle doit s’y adapter car elle aura besoin de lui si elle veut continuer à rayonner, à y diffuser ses valeurs et à y défendre ses intérêts. Ce malaise provient sans doute du décalage qui

existe entre une ambition française et la réalité de sa stratégie aujourd’hui.

L’ambition est claire : « rester dans le peloton des nations qui font l’histoire parce qu’elles ont refusé de la subir ». Par-delà les époques, la France s’est voulue universelle. Universelle lorsque les cours d’Europe parlaient sa langue, universelle lorsque ses valeurs se diffusaient partout dans le monde, universelle lorsque l’empire français s’étendait sur quatre continents. Par-delà les partis politiques, le pays s’est toujours voulu autonome par le nucléaire, les départements d’outre-mer ou encore par son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Aujourd’hui, la réalité de cette stratégie est plus difficile à percevoir. Dépassée par de nouveaux grands pays, concurrencée par l’émergence de nouveaux acteurs, la France peine à relever les défis d’une mondialisation qu’elle a davantage subie que souhaitée. Il semble que, le plus souvent, elle ne puisse plus peser seule : elle a besoin de l’Union européenne pour peser économiquement, elle a besoin de l’Otan pour peser militairement, elle a besoin de l’ONU pour peser diplomatiquement. Dans un contexte multilatéral, la France n’a plus depuis longtemps le monopole de l’universalisme et sa position est menacée de dilution. Pourtant elle persiste à vouloir apporter sa contribution à la plupart des sujets d’ordre international.

Dès lors, faut-il continuer à vouloir agir partout au risque de ne peser nulle part ? Ne faudrait-il pas repenser la stratégie du pays pour la mettre en adéquation avec ses moyens ? Ne faudrait-il pas renoncer à une stratégie globale et universelle pour se recentrer sur un leadership spécialisé et régional ? Mais concentrer ses efforts sur des pôles d’excellence comme le nucléaire, l’eau ou l’espace, c’est aussi renoncer à être une puissance globale. C’est accepter la dépendance. La France serait-elle finalement condamnée à choisir entre le déni de la réalité et le sentiment de trahir son destin, ou la poursuite de son ambition universelle sous de nouvelles formes et à travers de nouveaux relais ?  

Le poids de la société française dans la définition de la stratégie d’ensemble pourrait être appelé à se renforcer. Il faudra en tenir compte en dépit de ses paradoxes et de ses contradictions. Les Français ont en effet le sentiment que leur pays doit jouer un rôle particulier dans le monde. Du choc des Croisades à la diffusion des idées révolutionnaires, ils estiment à la suite du général de Gaulle que leur pays a « une destinée éminente et exceptionnelle ».

Pourtant, à l’instar des autres peuples, ils demeurent plus sensibles à leur sécurité immédiate qu’aux engagements lointains. Ils comprennent mal la justification et la signification des opérations extérieures. Et les engagements militaires et humanitaires sont d’autant mieux compris qu’ils sont proches des Français.

Proximité géographique lorsqu’ils visent à améliorer la sécurité ou à porter secours sur le territoire national, proximité émotionnelle lorsqu’ils visent à soulager les maux de peuples frappés par des catastrophes naturelles.

L’adhésion des citoyens aux grands choix du pays constitue un élément déterminant de la compétitivité stratégique française. L’accès instantané et sans intermédiaire à l’information, possible grâce aux nouvelles technologies, a renforcé le poids de l’opinion publique dans la vie des démocraties occidentales. Sans le soutien de l’opinion, il ne peut plus y avoir d’engagement dans la durée et donc de stratégie à même d’influer sur le cours des événements.

Il n’y aura pas de grande stratégie française sans le soutien et l’adhésion de la nation. Comment trouver les voies et les moyens de concilier cette aspiration casanière, même si elle est légitime, à s’occuper d’abord du territoire métropolitain tout en répondant à cet appel du lointain, à cette aspiration à une grande destinée ?

Avec la diminution de son poids relatif, le XXe siècle a vu la France passer du rang de principale puissance mondiale au rang de puissance mondiale moyenne. Si le pays ne peut plus être aux premiers rangs, sa voix doit continuer à compter sur l’ensemble des sujets internationaux. Elle ne peut pas se contenter, comme l’exprime Nicolas Baverez, d’user « des mots de la puissance sans les moyens de la puissance ».

Elle doit dépasser ses doutes existentiels pour repenser sa compétitivité stratégique.

Une politique rénovée doit être menée sans arrogance mais avec détermination pour se muer en force de projet. Fort de l’adhésion du pays, l’exécutif sera, dès lors, susceptible de fédérer, d’agréger des forces autour de ses propositions et de son action.  

REPENSER LES ENJEUX, RENOUVELER LA PUISSANCE ?

CBA Arnaud GOUJON (CID) et Gabriel FERRIOL (ENA)

Le mot « stratégie » ferait-il peur, qu’on ne le voit plus guère employé qu’appliqué à l’entreprise ou aux politiques sociales de l’État ? On peine en effet à trouver le terme dans nos Livres blancs sur la défense et la sécurité ou la lutte contre le terrorisme ; cette situation paradoxale est révélatrice de la difficile assimilation de cette discipline et de ses concepts par les décideurs politiques. Il existe en effet des désaccords profonds sur la manière de caractériser le système international qui émerge, et sur la nouveauté ou non de son articulation : aggravées par la perte de sens due aux effets de mode dans le discours public (soft power, multilatéralisme, environnement, désindustrialisation), ces divergences masquent de fortes incertitudes quant à une possible évolution des piliers traditionnels de la puissance.

Vouloir préciser les enjeux et les fondements de la puissance de la France au XXIe siècle implique donc de répondre aux deux questions que soulève cette situation. Les bouleversements géopolitiques, économiques et environnementaux en cours remettent-ils en question les fondamentaux de la puissance stratégique ?

Sans préjuger de la reconfiguration de l’ordre international, sera-t-il fondé sur de nouveaux critères de puissance ou confirmera-t-il le retour des fondements traditionnels de la puissance stratégique et politique ?

Analyser, sous l’angle de la stratégie, les bouleversements en cours

Il s’agit tout d’abord de dégager les conséquences des bouleversements économiques et politiques de la première décennie du XXIe siècle. La redistribution de la puissance et la possible évolution, à l’avenir, de l’ordre international, crée en effet une triple incertitude.

Incertitude, tout d’abord, sur les fins de la stratégie, son périmètre et sa place dans les relations internationales qui ne font pas consensus, malgré la fin des illusions du « nouvel ordre mondial » des années 90. Incertitude sur les moyens, ensuite, en raison du coût exponentiel de l’action militaire classique et de la difficulté à définir la menace, dont procède la définition des outils de la stratégie. Incertitude sur les voies, enfin, en raison de plusieurs évolutions profondes qui remettent en question la liberté d’action des acteurs : interdépendances multiples existant aujourd’hui à l’échelle mondiale, limitation des moyens qui contraint l’action en coalition, freins juridiques et médiatiques à la liberté d’action face aux acteurs non-étatiques.

Quid novi sub sole ?

Il semble difficile de distinguer les évolutions réelles des critères et fondements de la puissance, tant le prisme économique et financier devient dominant.

Il masque en effet les mouvements plus profonds, et donc moins visibles, des sociétés et de leurs conflictualités.

Il faut tout d’abord constater l’élargissement du champ de la stratégie qui, s’il n’est pas totalement une nouveauté, trouve actuellement un véritable aboutissement. Outre son développement spatial, avec son extension à l’Internet, elle implique un nombre croissant d’acteurs jusqu’ici étrangers à sa pratique. Il en résulte des dépendances et des vulnérabilités nouvelles qui doivent être prises en considération, qu’elles recouvrent des enjeux immatériels, comme la propriété intellectuelle ; ou physiques, comme l’apparition de nouvelles ressources stratégiques liées aux nouvelles industries ou l’ouverture de nouvelles routes commerciales suite au réchauffement climatique.

Ces nouveautés provenant de ruptures technologiques ou environnementales, la tentation est forte de vouloir considérer qu’une nouvelle approche stratégique est possible, sinon nécessaire. C’est le fondement de la tentation technologique qui a conduit aux excès de la RMA (Revolution in military affairs) des années 1990-2000, tentation dont la vanité a été mise en lumière par les échecs militaires successifs de la technologie à réduire des adversaires irréguliers : sans doute faut-il voir une vraie nouveauté dans cette prise de conscience de la nécessité de rompre avec les stratégies de moyens développées depuis la révolution industrielle, pour revenir à des stratégies de voies, plus en rapport avec les capacités à déployer par nos sociétés développées.

Réinventer la roue ?

Face aux incertitudes décrites plus haut et dans le contexte spécifique des difficultés afghanes, la question fondamentale qui se pose est donc de savoir si, dans leur course à la puissance, nos sociétés font face à un problème totalement nouveau ou si nous retournons à des critères et des rapports de puissances classiques et simplement habillés de neuf.

Pour distinguer le conjoncturel du structurel dans ce qui fonde la puissance stratégique moderne, il faut donc s’attacher à relever les facteurs de vraie nouveauté.

Également, identifier les fragilités nouvelles des sociétés développées, vulnérabilités à la fois technologiques et sociales que l’existence d’un dialogue politique désormais permanent et d’échelle mondiale peine à compenser. Il convient cependant de se dégager de l’histoire immédiate et des effets de mode pour mettre en lumière la persistance de vérités anciennes : fondements structurels de la puissance, dialectique des géopolitiques continentales et océaniques…

Le programme du colloque : CID-PGM CID-PGM 

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 06:00

" Monsieur le Secrétaire d’Etat,
Le projet de Constitution européenne proposait dans son article I-8 la liste des cinq "Symboles de l'Union" : le drapeau, l'hymne, la devise, la monnaie et la journée de l'Europe . Seule la devise  ("Unie dans la diversité") constituait une nouveauté , les quatre autres symboles ayant déjà une existence officielle .
Cet article n'a pas été repris dans le traité de Lisbonne suite aux échecs du referendum français et néerlandais. Il a cependant fait l'objet d'une déclaration N° 52 annexée au traité et signée par seize Etats membres  - dont l'Allemagne et l’Italie.
Les signataires déclarent que ces symboles " continueront d’être, pour eux, les symboles de l'appartenance commune des citoyens à l'Union européenne et de leur lien avec celle-ci " .
Lors de la ratification du traité de Lisbonne par le Parlement français, de nombreuses voix (dont celle du Président Giscard d’Estaing) ont invité le Gouvernement à se joindre à cette déclaration commune. Le refus du gouvernement de l'époque avait été motivé par la crainte de " ré-ouvrir les polémiques engendrées par la campagne référendaire " de 2005.
L'UEF FRANCE vous demande de bien vouloir proposer à l'actuel Gouvernement de reconsidérer cette décision en cette année du 60ème anniversaire de la déclaration Schuman. Dans les circonstances difficiles que traverse actuellement l'Union européenne, un tel geste - par essence symbolique - aurait pour effet de démontrer à l'opinion publique française et à nos partenaires européens que notre pays demeure attaché, à travers la reconnaissance de ces symboles, aux valeurs constitutives de l’Union.
Votre réponse sera portée à la connaissance de l'assemblée générale de notre mouvement qui se tiendra le 12 juin prochain à Toulouse.
Je vous prie d'agréer , Monsieur le secrétaire d'Etat , l'expression de nos sentiments dévoués et européens . " 


(signé Jean-Guy GIRAUD / Président / Union Européenne des fédéralistes - France )

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 21:36

Le retour de la France dans les structures militaires de l'Otan lui a permis d'y "décupler" sa capacité d'influence, a estimé jeudi le général français Stéphane Abrial, qui pilote la réforme de l'Alliance atlantique.

L'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air française a pris le 10 septembre 2009 le "Commandement suprême allié transformation" (Sact) de Norfolk (Etats-Unis), poste stratégique qui était occupé par un général américain depuis la création de l'organisation de défense collective en 1949.

Cette révolution est due à la décision prise par Nicolas Sarkozy de rompre avec la politique du général de Gaulle, qui avait retiré la France de la structure intégrée en 1966, pour peser au sein de l'Otan et développer la défense européenne.

Pour Stéphane Abrial, le pari est gagnant après neuf mois.

" Etre à l'intérieur d'une organisation permet d'être beaucoup plus utile, efficace et influent qu'être à l'extérieur ", a-t-il déclaré lors d'une intervention devant le Centre d'accueil de la presse étrangère à Paris.

" J'ai connu les deux ", a-t-il expliqué en précisant qu'avant son retour dans la structure militaire de l'Otan, la France ne pouvait que réagir à des projets déjà ficelés sans elle et auxquels elle était parfois vivement opposée.

" Du bon côté du stylo "

Pendant plus de 40 ans, la France a en effet eu une image d'enfant terrible de l'Alliance atlantique et n'a eu de cesse de vouloir bâtir une défense européenne concurrente de l'Otan dont ne voulaient ni les Britanniques, ni les Allemands.

Pendant l'intervention de l'Otan contre la Serbie en 1999 pour arrêter le nettoyage ethnique au Kosovo, la France s'est également battue souvent en vain contre les cibles choisies.

" Aujourd'hui la situation est totalement différente, nous contribuons à l'élaboration des projets ", a dit Stéphane Abrial. " Nous sommes donc du bon côté du stylo, je dirais, et de ce fait (...) notre influence est décuplée ".

" Je peux témoigner que déjà maintenant, au bout de neuf mois, la stratégie d'influence fonctionne et le fait d'être à l'intérieur de la structure nous permet de partager nos idées dès le stade d'élaboration. C'est un pas énorme " a-t-il ajouté.

Le pari de Nicolas Sarkozy de développer une défense européenne non plus concurrente mais complémentaire de l'Otan, 21 pays de l'UE faisant aussi partie de l'Alliance atlantique, serait lui aussi en bonne voie d'être gagné, les Etats-Unis ne voyant plus cette idée comme une menace pour l'Alliance.

" J'ai vraiment le sentiment que l'idée qui était à la base de cette décision se matérialise, à savoir que l'on peut montrer que l'on peut être membre des deux institutions de manière pleine et entière, que les deux se complètent et que les progrès de l'une profitent aux deux ", a-t-il déclaré.

" Je fais avec l'existant "

Désormais, les quelque 600 officiers et sous-officiers français membres de la structure intégrée - dont 94 au Sact dans quelques mois - apportent selon lui " leur expérience, leur vision des choses " sans perdre leur " liberté d'expression ".

A Norfolk, Stéphane Abrial a ainsi participé à l'élaboration du nouveau "concept stratégique" de l'Otan censé lui permettre de répondre aux nouveaux défis et que les alliés doivent adopter lors de leur sommet de Lisbonne en novembre prochain.

Cette liberté d'expression semble également s'appliquer à l'épineux sujet des dépenses militaires des pays de l'Otan.

Alors que le secrétaire général de l'organisation, Anders Fogh Rasmussen, ne cesse de demander aux 28 pays membres d'arrêter de réduire leurs budgets militaires sous peine de miner l'efficacité et la cohésion de l'Alliance, Stéphane Abrial se montre pragmatique en raison de la crise économique.

" Je fais avec l'existant ", a dit le général français à propos de la transformation de l'Otan, rappelant que chaque pays est souverain sur le niveau de ses dépenses. " Tout ceci se fait à budget soit constant, soit diminuant. "

Il estime que la mise en réseau des capacités nationales, la formation en commun ou encore l'identification des lacunes pour éviter la duplication peuvent permettre d'économiser des moyens alors que le ministère français de la Défense a confirmé jeudi étudier des scénarios pour réduire ses dépenses.

" Il faut capitaliser sur ce qui existe, surtout en période de crise ", a conclu le général français.

 

Source : Reuters

 

 

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