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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 09:03

L'émissaire américain George Mitchell est arrivé lundi à Tel Aviv en prévision de discussions indirectes israélo-palestiniennes, à propos desquelles Israël se dit sceptique et vante au contraire les négociations directes.

Quelques heures avant l'arrivée de l'émissaire de Barack Obama, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président égyptien Hosni Moubarak se sont entretenus dans la station balnéaire de Charm el Cheikh, en Egypte, des négociations à venir sous l'égide des Etats-Unis.

Netanyahu s'est par ailleurs entretenu par téléphone pendant une vingtaine de minutes avec le président américain de la manière "de tirer le meilleur parti des discussions de proximité (...) et de les transformer le plus tôt possible en négociations directes", a dit Robert Gibbs, porte-parole de la Maison blanche.

Il a ajouté que les deux hommes avaient discuté des défis posés dans la région. Le président américain, a-t-il dit, a "réaffirmé son attachement inébranlable" à la sécurité d'Israël.

Les pays arabes ont approuvé samedi la tenue de quatre mois de "discussions de proximité" dont l'ouverture, initialement prévue en mars, a été reportée après l'annonce par Israël d'un projet de construction de logements pour colons juifs en territoire occupé, près de Jérusalem.

Amos Gilad, stratège au ministère israélien de la Défense, a déclaré à la radio israélienne que les négociations indirectes débuteraient mercredi.

"Tester la sincérité"

Le comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, pour sa part, doit se réunir samedi pour donner le feu vert à ces discussions et on ignore quand George Mitchell rencontrera la partie palestinienne.

Le vice-Premier ministre israélien Dan Meridor a jugé "étranges" ces discussions indirectes, après seize ans de pourparlers directs.

"Je pense qu'il est clair pour tout le monde que de véritables discussions sont des discussions directes, et je ne pense pas qu'il y ait une chance de percée significative avant l'ouverture de négociations directes", a-t-il dit.

Il n'y a pas eu de discussions directes ces 18 derniers mois, une période durant laquelle Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza et un gouvernement de droite a été élu dans l'Etat juif.

Nabil Abou Rdainah, porte-parole d'Abbas, a déclaré que les négociations montreraient dans quelle mesure le gouvernement israélien veut vraiment la paix et qu'elles "testeraient la sincérité" de l'administration Obama quant à sa volonté de parvenir à l'établissement d'un Etat palestinien.

Gibbs s'est refusé à dire si le président palestinien Mahmoud Abbas rencontrerait Obama à Washington ce mois-ci.

Dans une interview publiée dimanche par le journal palestinien Al Ayyam, Abbas disait que le chef de l'exécutif américain l'avait invité ce mois-ci à Washington.

 

Source: Reuters

 

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 08:31
 
Le droit du Parlement d'accorder - ou non - la décharge au futur Service d'action extérieure pour sa gestion financière est essentiel et doit être garanti par écrit, ont déclaré les députés du contrôle budgétaire, ce lundi. Les membres de la commission des budgets ont souligné, mardi, la nécessité de traiter toutes les propositions connexes en un seul un paquet et ont exprimé des doutes au sujet de la neutralité budgétaire de ce service.

Entamant cette semaine une série de débats sur le futur Service d'action extérieure (SEAE), les membres de la commission du contrôle budgétaire ont demandé des garanties écrites stipulant que le Parlement aura le même droit d'accorder la décharge pour le budget de ce nouveau service que pour le budget de la Commission.


Le rapporteur de la commission du contrôle budgétaire chargé de la modification du règlement financier de l'UE en vue de mettre en place le SEAE, Crescenzio Rivellini (PPE, IT), a proposé de modifier l'article 145, en vertu duquel le Parlement donne décharge "à la Commission" pour l'exécution du budget de l'UE. Si le SEAE venait à être mis en place en dehors de la Commission, une option soutenue par le Conseil, le droit du Parlement d'octroyer la décharge au SEAE devrait être clairement énoncé à l'article 145, a-t-il indiqué.


En ce qui concerne les effectifs du service, il est nécessaire de délimiter clairement les responsabilités des agents recrutés dans les États membres, selon Ivaïlo Kalfin (S&D, BG): "Ce sera assez difficile de tracer une ligne de démarcation entre la responsabilité de la Commission et celle du Service d'action extérieure, a-t-il précisé.


Ingeborg Grässle (PPE, DE) a demandé des règles claires précisant ce qui pourrait arriver dans le cas où le Parlement rejetterait la décharge du SEAE: " Si ce service prend des décisions financières, il doit en être responsable. "


Pas de neutralité budgétaire


Au cours du débat de mardi à la commission des budgets, Roberto Gualtieri (S&D, IT) a souligné que le Service d'action extérieure " ne peut pas être neutre pour le budget ", comme le Conseil le propose, s'il est à la hauteur de ses ambitions.


Le président de cette commission, Alain Lamassoure (PPE, FR), a déclaré que, même s'il n'est pas neutre pour le budget dans sa première phase, ce service devra réaliser des économies sur le long terme. Il ne devrait pas être perçu comme un 28ème service diplomatique, s'ajoutant aux services des États membres :


" Notre objectif doit être de remplacer les 27 autres services pour, d'ici 20-30 ans, n'avoir qu'un seul service extérieur. Si nous prenons au sérieux les contribuables, nous devons leur dire qu'il y aura des économies lorsque le SEAE remplacera le travail des États membres .


Franziska Brantner (Verts/ALE, DE) a également rejeté l'idée que le SEAE puisse être neutre sur le plan budgétaire - du moins si les États membres veulent qu'un tiers du personnel provienne de leurs administrations nationales au cours des deux prochaines années: " Soit le service ne doit pas coûter quoi que ce soit et le recrutement prendrait beaucoup plus de temps, soit nous pourrons procéder à un recrutement plus rapide, mais qui coûtera plus cher. Nous avons besoin d'une stratégie de recrutement claire , a-t-elle insisté.


Les membres de la commission des budgets ont également demandé que le nouvel accord interinstitutionnel fasse partie du paquet SEAE.


La semaine prochaine, la commission des affaires constitutionnelles poursuit le débat lundi 3 mai, suivie par la commission des affaires étrangères, le mardi 4 mai.


Sous la présidence de :

Luigi De Magistris (ADLE, IT) - commission du contrôle budgétaire -26.04.2010

Alain Lamassoure (PPE, FR) - commission des budgets - 27.04.2010


Source : www.europarl.europa.eu/
 
 
 
 
 
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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 06:22


 

The European Security and Defence College (ESDC) was established with the adoption of Council Joint Action 2008/550/CFSP of 23 June 2008.

 

The Council adopted a joint action establishing a European Security and Defence College (ESDC) and repealing joint action 2005/575/CFSP (10145/08).

 

On 21 December 2007, pursuant to Article 13 of Joint Action 2005/575/CFSP, the Steering Committee presented a report on the activities and perspectives of the ESDC with a view to a revision of the Joint Action.

 

The Council noted, notably, that the Council Secretariat will for the time being continue to act as the ESDC Secretariat.

 

The ESDC is organised as a network between national institutes, colleges, academies and institutions within the EU dealing with security and defence policy issues and the the EU Institute for Security Studies (EU ISS).

 

The ESDC's mission and objectives are to provide training in the field of the European Security and Defence Policy (ESDP) at the strategic level in order to:

  •  - develop and promote a common understanding of ESDP among civilian and military personnel;
  •  - identify and disseminate, through its training activities, best practice in relation to various ESDP issues;
  •   - further enhance the European security culture within ESDP;
  •   - provide EU instances, Member States' administrations and staff with knowledgeable personnel familiar with EU policies, institutions and procedures; and
  •   - help promote professional relations and contacts among training participants.

 

 

In brief, the ESDC is a key training actor providing training in the field of ESDP with a special focus on ESDP training courses at strategic level. As such, it is an active partner in the overall EU training management.

 

A three-tier structure has been established to carry out the tasks of the ESDC.

  1. a Steering Committee, composed of one representative of each Member State and chaired by the Member State holding the Presidency. Basically, this body is responsible for the overall coordination and guidance including the establishment of the annual academic programme of the College.
  2. an Executive Academic Board, composed of senior representatives from the EU ISS and the national institutes actively engaged in the conduct of the training activities;
  3. a Permanent Secretariat which in particular assists the Steering Committee and the Executive Board.

 

 

Source : http://www.consilium.europa.eu/

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 11:32

Les ministres des Finances de la zone Euro ont déclenché dimanche 2 mai un mécanisme d'aide sans précédent à la Grèce, qui s'est de son côté engagée à un nouveau plan d'austérité drastique dans le cadre de ses négociations avec le FMI et les institutions européennes.

Au terme de plus de trois heures de réunion et après trois mois d'hésitations, les pays de la monnaie unique ont décidé de mettre à disposition d'Athènes une enveloppe de 110 milliards d'euros sur trois ans en réponse aux 30 milliards d'euros d'économies supplémentaires annoncées par le gouvernement grec.

" Nous avons décidé aujourd'hui d'approuver l'activation du mécanisme, sur la base d'un rapport de la Banque centrale européenne et de la Commission, qui confirme que la stabilité financière de la zone euro est menacée ", a déclaré à la presse le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

" L'assistance financière à la Grèce sera de 110 milliards d'euros sur trois ans (...) Les Etats membres de la zone euro contribueront 80 milliards d'euros dont 30 milliards seront déboursés en 2010 ", a-t-il ajouté, précisant que ces montants seront suffisants pour couvrir les besoins de financement grecs jusqu'en 2012.

Le FMI ajoutera les 30 milliards d'euros restants, une contribution qui devrait être entérinée dans la semaine selon son directeur général Dominique Strauss-Kahn .

Jean-Claude Juncker a précisé que ce "paquet" financier contenait également une "réserve de contingence" pour mettre en place un fonds de stabilisation du secteur financier grec, pour un montant total de 10 milliards d'euros.

Un sommet des dirigeants de la zone euro est convoqué le vendredi 7 mai afin d'avaliser le déblocage des prêts bilatéraux mais "qui ne reviendra pas sur les décisions que nous avons prises", a dit Jean-Claude Juncker.

 

Mesures drastiques en Grèce

Dimanche matin, la Grèce, au bord du gouffre financier, avait annoncé un nouveau plan d'austérité prévoyant une réduction supplémentaire de son déficit budgétaire de 30 milliards d'euros sur trois ans en échange de cette aide.

" Il s'agit d'un soutien sans précédent pour un effort sans précédent du peuple grec ", a dit, l'air grave, le Premier ministre grec George Papandréou. Son ministre des Finances, George Papaconstantinou, a dit s'attendre à des réactions de protestation : " Les gens exprimeront leur colère. "

Parmi les mesures annoncées figurent une hausse de la TVA, qui passera de 21% à 23%, une augmentation de 10% des taxes sur les carburants, l'alcool et le tabac, un gel des salaires et retraites du secteur public et un relèvement de l'âge minimum de départ à la retraite à 60 ans.

Selon l'accord conclu, la Grèce prévoit de ramener le déficit budgétaire à 8,1% du PIB en 2010, contre 13,6% l'an dernier, à 7,6% du PIB en 2011 et à 6,5% en 2012.

Elle obtient un délai supplémentaire de deux ans pour revenir dans les clous du pacte de stabilité (déficit sous les 3% du PIB) soit jusqu'en 2014, date à laquelle la dette devrait commencer à refluer après un pic à près de 150% du PIB en 2013.

Dans ce contexte d'austérité qui devrait peser sur l'activité et la consommation, le gouvernement grec prévoit désormais une contraction du PIB de 4% en 2010, de 2,6% en 2011. Le retour à la croissance (1,1%) n'est pas prévu avant 2012.

 

Échéances d'ici vendredi 7 mais

Plusieurs échéances importantes se présenteront d'ici le sommet de vendredi, à commencer par la réaction des marchés à ces annonces dès lundi matin.

Ils s'étaient détendus vendredi face à la perspective d'un accord et l'écart de rendement entre les emprunts grecs et allemands à 10 ans, qui représente la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette émise par Athènes, s'était resserrée à 650 points de base, contre un record à plus de 1.000 pdb mercredi.

Ensuite, les prêts bilatéraux à la Grèce, fournis à un taux de 5% environ, devront être rendus disponibles dans le courant de la semaine, même si certains pays auront besoin de plus de temps pour mettre la dernière main à leurs mécanismes.

La chancelière allemande Angela Merkel a dit espérer un vote au Parlement vendredi sur la contribution allemande qui sera de 22 milliards d'euros, selon son ministre des Finances Wolfgang Schaüble.

En France, la loi sera présentée dès lundi à l'Assemblée, a déclaré la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui s'est félicitée de cet accord sur un " programme lourd, massif ".

La contribution française sera d'environ 16,8 milliards d'euros sur les trois ans et, a précisé la ministre, les pays de la zone euro feront un examen trimestriel de l'avancée des mesures grecques "afin de valider que le programme est respecté et que les fonds peuvent continuer à être débloqués".

Elle a par ailleurs indiqué qu'un dialogue serait engagé avec les banques de la zone euro sur l'opportunité de les voir contribuer de manière volontaire à ce plan, " en maintenant par exemple leur exposition en Grèce ", une idée chère à l'Allemagne.

Enfin, le 5 mai, la Commission européenne doit publier ses prévisions économiques de printemps avec des anticipations de croissance et de déficit actualisées.

Le même jour, un appel à la grève a été lancé en Grèce où les principaux syndicats considèrent que les nouvelles mesures sont sévères et injustes. Ils ont promis de continuer et d'intensifier la lutte.

 

Source : Reuters

 

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 09:35

Le projet de « super ministère » européen des affaires étrangères pourrait donner plus de cohérence à l’aide apportée par l’UE aux pays en développement. Au sein de la commission "Développement" qu’elle préside au sein du Parlement européen, l’eurodéputée d'Europe Ecologie Eva Joly reste vigilante. Interview.

  

Le service européen d’action extérieure (SEAE) pourrait enfin permettre de mettre en place des instruments pour une meilleure coopération au développement. Quels sont les changements attendus ?

Jusqu’à présent, un distinguo clair était fait entre les pays ACP (Afrique - Caraïbes - Pacifique), majoritairement constitués des anciennes colonies des empires européens, et les autres pays en développement. Le Fonds européen de développement est utilisé pour les premiers ; et l’Instrument de Coopération au développement, pour les seconds. Deux outils mis sous la responsabilité de deux personnes, le Commissaire au développement et celui chargé des relations extérieures.

Les négociations du SEAE en cours font état d’une fusion de ces outils au profit du Commissaire au développement. Cette évolution permettrait une véritable cohérence dans la définition et la programmation entre les différentes aides au développement allouées par l’Union européenne. Et cela mettrait fin à la distinction archaïque et néo-coloniale faite entre les anciennes colonies et plus largement les pays en voie de développement.

 

Comment la politique de développement de l’UE peut-elle s’intégrer à une nouvel organe de politique étrangère ?

La politique de développement est indéniablement une politique extérieure de l’Union (cela pourrait être aussi le cas de la politique commerciale européenne : son intégration au SEAE n’a même pas été soulevée ! C’est dire sa toute puissance). L’Union européenne, avec les apports de chaque Etat-membre, est le plus gros donateur au niveau mondial. Ses fonds représentent environ 50 milliards d’euros, dont 9 milliards sont strictement communautaires. Intégrer cette politique de coopération au développement dans une structure à vocation diplomatique représente un risque non négligeable…

 

Que peut-on craindre ?

Si la proposition de Catherine Ashton - qui semble rencontrer des échos favorables auprès des Etats membres - venait à être appliquée, les phases de planification stratégique et de programmation des outils de développement seraient décidées au sein du SEAE. Quelles garanties aurons-nous alors pour que la politique de développement ne devienne pas, entre les mains de Catherine Ashton et de ses services, un simple instrument de politique étrangère ? Comment être certains que les fonds voués à éradiquer la pauvreté dans les pays en développement ne seront pas utilisés pour s’assurer l’accès à des ressources naturelles et stratégiques ? Comment éviter la confusion des genres lorsque les décisions concernant l’allocation de fonds visant à permettre le développement du Nigeria et les négociations pour s’approprier ses ressources en uranium seront prises au sein des mêmes instances ?

 

Quelle est votre position sur ce point ?

Le groupe des Verts au Parlement ne cesse de pousser pour une délimitation claire des responsabilités dans le domaine du développement. Le Commissaire au développement et ses services devraient non seulement établir les programmes stratégiques mais également avoir le dernier mot en cas de désaccords avec Lady Ashton. Si l’on s’en tient strictement aux textes, la politique de coopération au développement de l’Union n’a qu’un seul et unique but, celui d’éradiquer la pauvreté – et toutes les politiques extérieures menées par l’Union européenne (pêche, commerce, affaires étrangères…) se doivent d’être cohérentes avec cet objectif.

 

Source : www.europe-ecologie.fr/

 

Voir également sur ce blog :

  * La gouvernance mondiale est-elle au service de l’intérêt général global ? par Joseph Stiglitz - nouvelle édition -

  * Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ?

  * Une taxe sur les opérations financières pour aider les pays les plus pauvres, par Gordon Brown

  * Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 08:46
 
Entretien de M. Bruno Joubert, ambassadeur de France au Maroc, avec Le Matin du Sahara et du Maghreb

«La France souhaite accompagner les grandes réformes structurelles engagées par le Royaume du Maroc»

La France est le premier investisseur étranger au Maroc, le premier créancier public du Royaume et le premier bailleur de fonds bilatéral du pays au titre de l'Aide publique au développement.


LE MATIN : Les relations entre le Royaume du Maroc et la République française sont la conséquence naturelle et logique des liens d'amitié persistant, à travers l'histoire, entre les deux pays et entre les deux nations. Comment comptez-vous Suvrer à leur renforcement ? Quels seront vos dossiers prioritaires ?

BRUNO JOUBERT : Vous avez raison de souligner que la relation franco-marocaine est fondée sur des liens d'amitié anciens entre nos deux nations comme entre nos deux peuples. C'est une relation forte, modelée, notamment, par une histoire commune, mais aussi par une imbrication sans pareil de nos populations respectives.
Plus que des priorités, je vous dirai d'abord que ce qui guidera mon action, dans le cadre de la mission que le Président de la République m'a confiée, sera la certitude que cette relation, exceptionnelle par sa densité, doit être mise au service de l'ambition du développement qui caractérise la politique conduite par votre pays, sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi. En effet, la France souhaite accompagner les grandes réformes structurelles engagées par le Royaume du Maroc. A titre d'exemple, j'ai assisté le 15 février dernier aux côtés de Mme Anne-Marie Idrac, la secrétaire d'Etat au commerce extérieur, à la cérémonie de signature d'une convention de financement d'un montant de 225 millions d'euros de l'Etat français au profit du projet de tramway à Casablanca. Ce prêt est le troisième du genre sur les deux dernières années, portant le financement français dans le domaine des transports à un milliard d'euros depuis 2008. La France est également présente auprès du Maroc pour le financement du « Plan Vert » dans le domaine de l'agriculture ou encore du « Plan d'urgence » dans le domaine de l'éducation. Ce sont là des projets importants pour le développement du Royaume. Ce sont des projets tournés vers l'avenir du Maroc et la population marocaine. Les priorités de mon action seront donc en grande partie celles du Maroc. Ce n'est pas là un choix de facilité mais la traduction d'une conviction française que les réformes engagées par notre partenaire marocain sont importantes pour le développement de ce pays. Cette volonté d'accompagner ces réformes sera d'autant plus ferme qu'en cette période d'après-crise il est important que le « couple franco-marocain » se montre à la hauteur des défis économiques et sociaux qui l'attendent.

Avec un total de 6,1 milliards d'euros d'échanges commerciaux, la France est le premier partenaire commercial du Maroc.
Que faudra-t-il entreprendre, à votre sens, pour faire plus et mieux dans un contexte international moins porteur et plus concurrentiel ?


En 2009, sans surprise, le niveau des échanges commerciaux entre le Maroc et la France n'a pas échappé au ralentissement du rythme du commerce mondial. Ces échanges ont reculé de 16% par rapport à 2008. Mais dans ce contexte international que vous décrivez fort justement comme peu porteur et plus concurrentiel, la France reste le premier partenaire commercial du Maroc.

Pour autant, comment faire «plus» et «mieux» ?

Je souhaiterais vous donner un exemple concret : la France est aujourd'hui le premier client du Maroc. Elle absorbe le quart des exportations du Royaume. Ces exportations marocaines vers la France sont concentrées sur quelques secteurs : les produits textiles, les composants électriques et électroniques et les produits agroalimentaires.
Pour élargir la gamme de ses ventes, le Maroc a mis en place en 2009 un plan dénommé «Maroc Export plus» dont l'objectif est de doubler les exportations d'ici 2018. L'Agence française pour le développement international des entreprises, UBIFRANCE, appuie ce plan de développement des exportations marocaines. Une convention a été signée dans ce cadre entre Maroc Export et UBIFRANCE le 13 mars 2009 qui vise à renforcer le dispositif marocain d'appui aux exportations, développer un partenariat pour accompagner les entreprises marocaines dans la création et la promotion de leurs marques et soutenir la formation au commerce international. Cet exemple illustre bien, à mon sens, ce que l'on peut faire de plus pour maintenir, voire améliorer le niveau des échanges. D'autres pistes doivent bien entendu être explorées, l'idée étant d'augmenter ces échanges et de les diversifier.

Du point de vue financier, la France est le premier investisseur étranger au Maroc, le premier créancier public du Royaume et le premier bailleur de fonds bilatéral du Maroc au titre de l'Aide publique au développement.
Quels seront les grands axes de l'effort financier français en 2010 ? Et plus particulièrement en ces temps d'incertitude économique ?


Sur la période 2000-2008, les flux d'investissement directs d'origine française se sont élevés en moyenne à 900 millions d'euros par an, soit près de la moitié du total des investissements directs étrangers reçus par le Maroc. Les entreprises françaises comptent plus de 700 filiales au Maroc et fournissent de l'emploi à 100 000 personnes.
Par ailleurs, le Maroc est, et vous avez raison, premier bénéficiaire de l'Aide publique au développement française en 2008 dans la zone Afrique du Nord. Il fait partie des pays pouvant bénéficier de l'ensemble des instruments de financement français d'aide.
Prenons les engagements de l'Agence française de développement au Maroc. Ils ont dépassé 715 millions d'euros sur la période 2007-2009. Rien que pour 2009, ces engagements approchent les 400 millions d'euros, illustrant la volonté de notre coopération d'aider le Maroc à franchir cette période de crise internationale dans les meilleures conditions.
Cette implication se poursuivra avec détermination en 2010 afin d'appuyer les efforts du Royaume à faire face aux enjeux majeurs qui sont posés en termes d'éducation, de santé et de développement des infrastructures notamment. Le soutien au Plan Maroc vert, au projet marocain de l'énergie solaire et à la réduction de la fracture numérique dans le cadre du plan « Maroc Numeric 2013 » feront également partie des axes forts d'intervention de la France en 2010.

Les diplômés marocains des universités et des écoles supérieures françaises affrontent des difficultés pour s'intégrer dans le marché de l'emploi marocain, à cause de ce fameux problème de l'équivalence ?

Soyons précis. Quels sont les diplômes français dont on parle ? Quels diplômés sont effectivement concernés par la problématique de l'insertion professionnelle qui est au cSur de votre interrogation ? Cette question est importante.
C'est en déterminant précisément la population concernée que l'on est capable d'apporter des réponses concrètes et efficaces.
En fait, la très grande majorité des diplômés de l'enseignement supérieur français sont peu touchés par le problème que vous soulevez. En effet, la majorité des diplômés marocains du système supérieur français sont issus soit des Grandes Ecoles, soit des Universités. Dans le premier cas, la question de l'insertion ne se pose pratiquement pas, dans le second cas l'adoption du LMD (Licence, Master, Doctorat) par le Maroc devrait permettre de résoudre d'éventuelles difficultés transitoires.

Qui donc est concerné ?

Concrètement, deux catégories particulières de jeunes diplômés : d'une part, ceux qui sont diplômés d'un établissement d'enseignement supérieur français privé non reconnu par l'Etat. D'autre part, ceux qui ont obtenu au Maroc ce que l'on appelle un « diplôme délocalisé », qui est en fait un diplôme délivré par un établissement français, dans le cadre d'un partenariat avec un établissement marocain. Dans ces deux cas, il est vrai que l'absence d'équivalence avec un diplôme d'Etat marocain peut poser de réelles difficultés.

Quels moyens sont mis à la disposition de ces étudiants pour mieux faire valoir leurs compétences ?

A cet égard, nous pensons que la qualité du diplôme délivré est un point essentiel.
S'agissant du premier cas, celui des études en France, les étudiants doivent s'assurer de la qualité de l'enseignement dans lequel ils s'engagent. Campus-France, service de l'ambassade et point de passage obligé pour accéder à des études en France, est à la disposition des étudiants. Il les informe sur les établissements d'accueil, sur le type d'établissement, sur la nature du diplôme délivré. Campus-France aide donc ces étudiants à choisir des établissements qui délivrent un diplôme de qualité.
Dans le second cas (diplôme délocalisé), la situation est plus complexe et nous devons, en tant qu'ambassade, travailler à ce que les diplômes « délocalisés » délivrés au Maroc soient de qualité. Nous sommes à cet égard en train de renforcer le «contrôle de qualité», nous assurant en particulier du respect d'une « Charte des délocalisations». Dans un cas comme dans l'autre, vous l'aurez compris, la qualité de la formation est la question centrale. Mais s'assurer de la qualité du diplôme n'est pas tout : au Maroc comme en France, la véritable validation d'un diplôme reste l'accueil que lui fait le marché du travail. Ces étudiants peuvent et doivent faire valoir leurs avantages comparatifs : un enseignement selon les normes rigoureuses de l'enseignement supérieur français ; une forte connexion avec le monde de l'entreprise (stages par exemple) ; parfois un séjour en France et la confrontation à un autre environnement, académique, professionnel et socioculturel. Et ces atouts peuvent bien valoir une équivalence, en tout cas pour le secteur privé et les employeurs qui ne s'y trompent pas.

La reconduite à la frontière française passe aujourd'hui au-devant de la scène après l'expulsion d'un certain nombre de ressortissants marocains de la France. Quel traitement sera dorénavant accordé à la question des flux d'immigration provenant du Maroc ?

Vous évoquez la reconduite à la frontière de personnes en situation irrégulière. Je souhaiterais d'abord souligner que le Maroc, pays de transit mais aussi aujourd'hui de destination, est, comme la France, confronté à ce problème. Il est dans l'intérêt partagé des autorités de nos deux pays de continuer à coopérer très bien ensemble comme nous l'avons toujours fait.
Plus généralement, la question des flux migratoires est un enjeu pour nos deux pays. C'est une réalité. Je voudrais éclairer mon propos par quelques chiffres: la France accueille la plus forte communauté de Marocains résidant à l'étranger (près de 800 000 personnes). Près de 30 000 étudiants marocains font leurs études en France. Ils forment la plus grande communauté d'étudiants étrangers dans mon pays. Plus de 155 000 visas par an sont délivrés par les 6 consulats généraux de France au Maroc et je tiens à souligner que près de 90% des demandes reçoivent une réponse positive. Le Maroc accueille pour sa part la plus forte communauté française installée au sud de la Méditerranée : près de 40 000 immatriculés, probablement près de 70 000 résidents en permanence, sans compter près d'un million et demi de touristes français qui apprécient de se rendre chaque année dans votre pays.
La réalité de notre relation n'est pas la distance, mais, au contraire, l'imbrication des flux et des communautés humaines et l'existence de liens personnels entre la France et le Maroc. Cela nous impose d'avoir un dialogue confiant et ouvert sur toutes les dimensions de la problématique migratoire. Ces dimensions, la conférence euro-africaine de Rabat sur les migrations et le développement, organisée à l'initiative du Maroc en juillet 2006, les a identifiées avec pertinence. Il y a notre lutte conjointe et déterminée contre les migrations irrégulières.
Mais il y a l'inverse, les migrations légales et circulaires que la France encourage et qui permettent à de nombreuses catégories de personnes d'aller et venir régulièrement entre les deux pays. Je tiens, à cet égard, à souligner le travail très important que joue, auprès de l'ambassade, le service de l'Office français pour l'immigration et l'intégration, à Casablanca. Il favorise d'une part les demandes des personnes désireuses d'acquérir une expérience professionnelle en France dans des secteurs d'activité variés (agricole, informatique, automobile...). Il accompagne, d'autre part, l'immigration familiale au travers de la formation linguistique et des valeurs de la République française.
S'agissant du co-développement et du développement solidaire, la France, à travers l'Agence française de développement (AFD), a initié des projets originaux au Maroc visant à mobiliser plus efficacement l'épargne des migrants sur des projets participant au développement du pays. Cette action s'inscrit bien sûr dans le cadre plus général de ce que fait la France au Maroc et de l'ensemble des moyens (plus de 200 millions d'euros) que nous mobilisons chaque année pour accompagner la modernisation de ce pays, sans oublier aussi l'effort considérable de l'Union européenne. Nous sommes conscients que c'est aussi en créant un espace de prospérité et de stabilité des deux côtés de la Méditerranée que nous devons tous insérer cette problématique migratoire. C'est l'objectif de l'Union pour la Méditerranée.
Tous ces sujets font l'objet d'une écoute et d'un dialogue constant entre nos deux pays.

La proposition marocaine d'un statut d'autonomie élargie au Sahara a été très bien accueillie et saluée par la communauté internationale.
La France a, à maintes reprises, exprimé son soutien au projet. Quelle sera la contribution française pour faire avancer ce dossier ?


La France estime que le plan d'autonomie proposé par le Maroc en 2007 représente un pas en avant important vers le règlement de ce contentieux. Elle constate que le Maroc a fait des efforts sérieux et crédibles et l'encourage à persévérer dans cette voie.
A cet égard, elle a noté avec intérêt la tenue en février de pourparlers informels entre le Maroc et le polisario. Organisés pour la deuxième reprise à l'initiative de l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, ces contacts sont une tentative de promouvoir la confiance et de nouer un contact entre les parties dans la perspective de négociations à venir.
C'est en effet dans le cadre des Nations unies qu'une solution juste et équitable pourra être trouvée.
Membre permanent du Conseil de sécurité, la France continuera d'oeuvrer en faveur d'une solution politique, seule apte à offrir une issue à la situation actuelle. Elle ne négligera aucune piste permettant d'aller de l'avant, considérant que l'initiative marocaine offre un cadre et des perspectives sérieuses.

De part et d'autre, l'on s'accorde à dire que le Maroc et la France entendent jouer pleinement leur rôle au service de l'espace euro-méditerranéen. Où en est le projet d'Union pour la Méditerranée ?

Ensemble, la France et le Maroc peuvent faire beaucoup pour conforter les relations euro-méditerranéennes.
C'est le message qu'a souhaité transmettre, il y a une dizaine de jours, Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, lors de son voyage au Maroc.
Il s'appuie sur un constat simple et sur une conviction solide. Le constat, c'est que le Maroc a fait le choix d'un ancrage stratégique à l'Europe. Et la conviction est que la France et le Maroc partagent une relation exceptionnellement dense. Fort de ce partenariat, nos deux pays sont en mesure de contribuer efficacement au développement de l'espace euro-méditerranéen.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été le premier Chef d'Etat à soutenir l'initiative du président de la République de lancer l'UPM en juillet 2008. C'est à Tanger que Nicolas Sarkozy a dévoilé en octobre 2007 les contours de l'UPM. Et c'est à Marrakech que les réunions ministérielles ont pu reprendre après les événements dramatiques de Gaza.
Malgré les obstacles, l'Union pour la Méditerranée reste un projet porteur de sens, qui doit contribuer à faire de l'espace euro-méditerranéen un espace de paix, de stabilité et de prospérité pour les peuples des deux rives.
En ce sens, la France accueille avec espoir la désignation du secrétaire général, Ahmed Massadeh, le 12 janvier dernier. La mise en place prochaine du Secrétariat et avec elle le développement de projets concrets entre partenaires du Nord et du Sud de la Méditerranée est une chance pour l'ensemble de la Méditerranée. Il importe aujourd'hui de ne pas la laisser passer.

 

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 14:26

Créée en novembre 2009, la CMPD (Direction de la planification et de la gestion de crises - Crisis management and planification directorate) est notamment responsable de la planification au niveau politique et stratégique.

 

Destinée à appartenir au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), cette structure permanente, basée à Bruxelles sous l’autorité de la HR/VP, Mme Catherine Ashton, se structure en trois grandes unités (planification stratégique intégrée, entraînement et capacités civiles, partenariats et capacités militaires).

 

Dirigée actuellement par une Française, Mme Claude-France Arnould, la CMPD planifie au niveau stratégique les opérations civiles et militaires de la PSDC. A ce titre, elle produit notamment le concept de gestion de crise, document fondateur pour toute opération. Ce document valide les objectifs stratégiques de l’UE pour une crise donnée et définit le cadre militaire et/ou civil de l’éventuelle action de l’UE.

 

De manière à assurer la continuité avec le niveau opérationnel et selon le besoin, la CMPD est responsable de la mise en place d’une capacité transverse (Deployable augmentee cadre – DAC) composée de planificateurs de sa direction, de l’EMUE, du CPCC et de l’OHQ dès qu’il est désigné. Le DAC, véritable capacité à géométrie variable, doit garantir ainsi la cohérence et la fluidité du processus de décision.

 

La CMPD poursuit sa montée en puissance. Une fois pleinement opérationnelle, elle constituera un des outils dotant la PSDC d’une véritable capacité de planification stratégique coordonnée pour répondre aux ambitions de l’UE en matière d’approche globale.

 

Source : La Lettre de la RMF UE - NEWSLETTER N° XV - AVRIL 2010 

 

 

 

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 12:38

Interpellé par l'opposition, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a affirmé devant le Sénat, le 23 mars 2010, que la France avait résisté à une " injonction très ferme " sur l'envoi de renforts en Afghanistan, réclamés fin 2009 par Washington et l'OTAN.

Il a affirmé par ailleurs que " ce n'est pas parce que nous avons repris notre place dans l'OTAN, sauf dans le comité des plans nucléaires, que nous avons perdu toute autonomie et capacité d'initiative sur la sécurité européenne, bien au contraire. "

 

Source : EUROPE, DIPLOMATIE & DEFENSE

 

Voir également à cet égard l'article intitulé : La France, après le retour de l'OTAN

 

 

 

 

 

 

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 09:34

Lors de l'édition 2010 du Forum de Paris dont le thème avait pour intitulé : " Les Etats-Unis, l'Europe et la Méditerranée " (pour en savoir plus : http://www.forumdeparis.org/presse/3/), Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République et chef de la mission UpM a dressé un état des lieux devant la presse de l'Union pour la Méditerranée.

Voici le résumé de cette intervention tel que le propose Nedra CHERIF (Sciences Po) sur le site du Forum de Paris :

" Près de deux ans après le sommet de juillet 2008 qui fonde l’Union pour la Méditerranée, Henri Guaino, conseiller spécial du Président de la République et concepteur de l’UpM fait le bilan du projet.

L’année passée, H. Guaino regrettait les doutes et les incertitudes de ceux qui refusaient de croire à ce projet. Un an après, tous les problèmes n’ont certes pas été résolus, ni les sceptiques entièrement convaincus, mais le projet se maintient, ce qui est déjà une réussite en soi compte tenu des difficultés rencontrées au cours de l’année passée. En effet, malgré la situation plus tendue que jamais au Proche-Orient, des réalisations ont vu le jour, dont la plus importante est l’établissement du Secrétariat général qui sera prochainement mis en place à Barcelone. Si le contexte actuel n’est pas le plus propice au dialogue, les projets se poursuivent malgré tout et même la crise de Gaza – durant laquelle aucun membre n’a demandé à quitter l’Union – a été surmontée, car tous les Méditerranéens sont convaincus, au-delà de la difficulté de ce projet, de l’intérêt qu’il représente pour chacun d’entre eux.

De même, la crise économique – qui pouvait représenter une opportunité pour l’UpM – n’a torpillé aucun projet et a au contraire révélé toute la pertinence de l’Union dans le monde de l’après-crise. En effet, alors que jusqu’à présent le monde était dominé par des visions à court terme, la situation actuelle exige de penser dans la durée. Or l’UpM représente un énorme potentiel de projets à long terme.

Certains de ces projets peuvent d’ailleurs être très longs, et pour cette raison l’UpM doit donc être pensée sur une durée de 5, 10 voire 20 ans. Parmi ces projets, celui qui avance le plus rapidement et a sans doute le plus de pertinence à la fois pour les rives nord et sud de la Méditerranée, est le projet solaire méditerranéen. Certes, tous les projets n’impliquent pas nécessairement les entreprises, mais requièrent en revanche l’investissement des États : c’est le cas notamment du projet de dépollution de la Méditerranée ou encore de la stratégie de l’eau, et peut-être bientôt également de la politique alimentaire (avec la volonté d’allier à la réforme de la PAC un projet de marché agricole méditerranéen).

Guaino regrette toutefois le manque d’intérêt des journalistes – et donc également la connaissance limitée du grand public – pour ces projets, malgré ses tentatives répétées pour les y intéresser, et alors que le projet solaire méditerranéen représente, par exemple, plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Finalement, malgré les nombreux acquis en l’espace de deux ans, il reste encore beaucoup à faire.

D’autant plus que l’UpM est confrontée à une difficulté propre à toute organisation régionale, à savoir que plus les États membres sont nombreux et interdépendants, plus la construction de l’Union et la réalisation des projets est difficile. En outre, le poids du conflit proche-oriental continue de peser sur l’Union, empêchant toute rencontre des ministres des Affaires étrangères. L’essentiel du projet est donc porté par les chefs d’État et de gouvernement, qui se réunissent tous les deux ans. D’où l’importance du prochain sommet de Barcelone prévu en juin et la nécessité de la participation de tous les chefs d’État et de gouvernement. En effet, si certains font le choix de ne pas venir – ce qui, dans le contexte actuel est tout à fait possible – on ne redonnera pas d’impulsion politique au processus et « il ne se passera

rien, on ne décidera de rien ».

 

 

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 08:34

« On lui a chanté sur tous les tons. Si avec cela elle n'a pas compris ». Guy Verhofstadt, l'ancien Premier ministre belge, et leader des Libéraux & Démocrates au Parlement européen n'a pas caché sa joie juste après l'audition de Cathy Ashton, la diplomate en chef de l'UE, qui était au Parlement, mardi, pour dialoguer avec les eurodéputés sur les contours du futur Service européen d'action extérieure. Et, effectivement, groupe après groupe, les eurodéputés ont répété une anthième quasi identique. Chacun l'entonnant avec des nuances. Rédigé par l'Allemand Elmar Brok (PPE) et le Guy Verhofstadt, le "non-paper" (qui est en fait un rapport quasi-officiel du Parlement) et l'organigramme qui y est joint, sont ainsi partagés, peu ou prou, par la plupart des groupes: PPE, Socialistes et démocrates du S&D, Libéraux et démocrates de l'ALDE, Verts (avec une réserve sur la gestion de crise militaire). Trois volontés se dégagent ainsi.

 

Le Parlement veut affirmer sa compétence, d'abord, au niveau budgétaire, qui ressort de sa prime compétence. « Nous devrions avoir une ligne budgétaire par mission » explique Franziska Brantner (Verts, Allemagne). Le PE veut avoir, aussi tôt que possible, une proposition sur le futur statut du personnel. Il veut enfin pouvoir entendre les représentants spéciaux et les chefs de délégation avant la nomination.

 

Cathy Asthon a assuré le Parlement européen qu'il « pourra jouer un rôle complet » notamment qu'il aura un « plein contrôle financier » sur le budget du Service. Quant aux nominations, elle a précisé que chaque personne nommée, au moins pour les principaux postes, aurait un « entretien informel » avec les membres de la Commission. Un gentleman agreement a été passé, en ce sens, avec les responsables du Parlement. Le représentant spécial en Afghanistan, le Lituanien Usackas a inauguré cette formule fin mars Il devrait être suivi par le nouvel ambassadeur de l'UE à Washington, Joao Vale de Almeida, dont la nomination avait été contestée.

 

Le Service d'action extérieur doit être aussi large et aussi proche de la Commission que possible. Ainsi il doit couvrir le développement comme la politique de voisinage (compétences normalement des commissaires européens Georgieva et Füle). Il doit être le plus connecté possible à la Commission européenne, aux niveaux administratif et budgétaire pour éviter les doublons. « Soit nous avons un petit service très indépendant de la Commission, de la taille qu'avait le service de Solana ; soit un grand service qui s'occupe des politiques importantes » justifie G. Verhofstadt. « Mais il faut éviter d'avoir deux administrations distinctes » a-t-il ajouté.

 

« Le service n'est pas attaché à la Commission. Il lui est lié. » a répondu C. Ashton. « Nous irons dans le sens du Parlement. Nous aurons une approche globale. Parfois, dans certains pays, il faudra insister sur le commerce ; dans d'autres ce sera le climat. Dans certains, on englogera le militaire, comme en Somalie. » « L'important est de montrer que l'UE est en action » a-t-elle ajouté. « Les prérogatives des (autres) commissaires doivent être préservées ».

 

Des adjoints politiques à la Haute représentante. Les Eurodéputés ne sont pas d'accord avec le principe d'un secrétariat général qui ferait "écran" entre les services et la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Ils préfèrent la formule trouvée par la Convention, celle d'adjoints. « Nous pensons à des responsables politiques, non des fonctionnaires » a tonné Elmar Brok. Des responsables qui pourront remplacer au besoin la diplomate en chef de l'UE dans certaines fonctions et venir s'expliquer devant le Parlement européen. Ils estiment également que le système de mandater des ministres des Etats membres comme envoyés spéciaux est négatif. « Cette idée de Ministres comme envoyés spéciaux va atomiser la position européenne » considère Kristian Vigenin (S&D, Bulgarie).

 

Plus généralement, la question des nominations des responsables du service, le nécessaire équilibre hommes-femmes et surtout géographique ont été largement évoqué snotamment par les députés venus de l'Est de l'Europe (qui ne disposent pourtant pas d'un important corps diplomatique).

 

Concernant un adjoint politique, Cathy Ashton a assuré « J'ai bien compris le message. (...) Je vais y réfléchir. (...) J'essaierai d'être présente aussi souvent que possible. Mais il faut trouver un système quand je ne pourrai pas l'être. (...) Il faut continuer la discussion ». Répondant indirectement à l'hypothèse de nomination du Français Pierre Vimont au poste de secrétaire général, elle a lâché laconique : « Qui sait quelle sera sa nationalité ? ». Elle s'est montré très ouverte à la nomination de femmes. « J'ai dans mon bureau une photo avec tous les chefs de délégation. C'est dominé par des hommes. Il faut changer cela. Le déséquilibre des genres doit être réglé. » Concernant l'équilibre géographique, elle a été moins directe. C'est vrai, a-t-elle reconnu, « Il y a peu de représentants de pays du sud ou de l'Est. Il faut faire le possible pour corriger cela ». Mais ce ne pourra être fait tout de suite. « Il faudra des années. C'est la même chose dans la Commission ». Elle a ainsi « refusé tout quota géographique, l'important est d'avoir les bonnes personnes ». Sur le fait de ne plus nommer comme envoyés spéciaux des Ministres, elle a été plus réticente. « Les Ministres sont très utiles - explique-t-elle - Bien souvent, ils me disent où ils vont, et peuvent ainsi faire passer un message à nos interlocuteurs. Ils peuvent faire un discours en mon nom et me remplacer. »

 

Source : Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles2)

 

 

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