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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 09:52

L’Allemagne, qui creuse son endettement, n’est pas un modèle à suivre. Une cure d’austérité à la grecque s’imposera à Berlin comme à Paris.

 

Le Finlandais Olli Rehn est conscient de son pouvoir. Il suffirait d’une phrase du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires pour qu’augmente la pression sur l’euro. Autant dire que ses déclarations étaient jusqu’à présent pondérées.

La sévérité de ses critiques à l’égard de la politique budgétaire de plusieurs Etats membres de l’Union, à l’issue d’une table ronde de routine des commissaires européens, le 17 mars, en est d’autant plus surprenante : “Les principaux risques qui pèsent sur l’assainissement budgétaire découlent d’hypothèses macroéconomiques très optimistes et de l’absence de mesures spécifiques d’assainissement.” En disant cela, Olli Rehn ne visait pas la Grèce, l’Italie ou l’Irlande. Cette déclaration s’adressait à l’Allemagne, à la France et aux Pays-Bas. Car les pays du Sud ne sont pas les seuls à avoir péché par excès d’optimisme pendant la crise. L’endettement de l’Allemagne se chiffrait fin 2009 à plus de 72 % du produit intérieur brut. Soit 12 points de plus que ce à quoi l’autorisent les critères de Maastricht. Il faudra des années avant que le pays ne redescende sous la barre des 60 %. Et comment le gouvernement allemand réagit-il ? En tablant sur une croissance économique vigoureuse, censée augmenter mécaniquement les recettes fiscales dans les caisses de l’Etat, des Länder et des communes. Mais la Commission juge le calcul trop risqué. Les résultats budgétaires pourraient “se révéler moins bons que prévu”, avertissent les fonctionnaires de Bruxelles, qui reprochent entre autres au gouvernement fédéral de ne pas avoir annoncé de plan de rigueur concret pour l’après-2010. L’Allemagne doit concilier les coupes budgétaires avec les allégements fiscaux annoncés.

L’exemple allemand montre bien que les responsables politiques persistent à se reposer aveuglément sur les rentrées futures au lieu de réduire les dépenses du jour. Avant les élections au Parlement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie [le 9 mai], un tel raisonnement peut sembler opportun. Mais il est fallacieux. La baisse de la TVA dans ­l’hôtellerie – pour ne citer que le motif de grogne numéro un ces dernières semaines – est à la fois contraire à la décence et à l’endettement record du pays. Le contrôle des dépenses est inscrit non seulement dans le droit européen, mais aussi dans la législation allemande. La Commission exige à juste titre des “mesures concrètes” afin que le “frein à l’endettement” récemment adopté soit respecté dans les faits. D’autant que l’Allemagne est le pays qui devrait avoir le moins de mal à revenir dans les limites du pacte de stabilité, et donc à contenir le déficit budgétaire en deçà des 3 points de pourcentage. Le gouvernement fédéral prévoit un déficit à 5,5 % en 2010.

Le commissaire Olli Rehn doit prendre des mesures drastiques

De fait, en 2009, la situation était autrement plus inquiétante en Espagne (avec un déficit à 11,2 % du PIB), en France (plus de 8 %) et en Grande-Bretagne (12,1 %). Certes, cette dernière n’est pas encore membre de la zone euro, mais elle lui est toutefois étroitement liée. Dans chacun de ces pays, les mesures cosmétiques ne suffiront pas. Une réforme du système social, la réduction des avantages fiscaux et l’augmentation des impôts pour les prestations de l’Etat sont inévitables. C’est une version allégée du plan d’assainissement budgétaire grec qui attend l’ensemble de la zone euro.

Si la Commission européenne veut rester crédible, Olli Rehn doit prendre des mesures drastiques. Au cours des derniers mois, le débat s’est focalisé sur la Grèce. Ce à quoi les autres pays membres ne trouvaient rien à redire. Mais, aujourd’hui, Athènes est devenu un exemple. Les efforts consentis par le pays peuvent inspirer la France et l’Espagne, mais aussi l’Allemagne. Si ces pays ne suivent pas ce modèle, Olli Rehn aura le choix entre une multitude de moyens de pression. Dont, en dernier ressort, une amende infligée aux pays réfractaires. Mais, s’il fait montre de la même fermeté que dans le dossier grec, il ne sera nullement nécessaire d’en arriver là. Olli Rehn n’a qu’à rester fidèle à lui-même.

 
Tous concernés

 

 

D’ici peu, d’autres pays que la Grèce pourraient avoir des difficultés à trouver des fonds sur les marchés internationaux. C’est ce qu’indique l’agence de notation Moody’s dans un rapport publié le 15 mars. Même les mieux notés, qui affichent un AAA (la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la France et l’Allemagne), sont sur la sellette, à cause du poidscroissant de leur dette.

 

 

 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 23:57

Notre Europe publishes its report on the future of the European Energy Policy

In order to develop Jacques Delors' proposal to relaunch the European project by creating a European Energy Community, the think tank Notre Europe* publishes its report " Towards a European Energy Community : A Policy Proposal ". This report is the harvest of the work of the Task Force of high-level European experts established by Notre Europe to study the feasibility of a European Energy Community.

Elaborated by Marc van der Woude and Leigh Hancher as co-chairs and Sami Andoura as rapporteur, the report gives an overview and assessment of the policies developed at European level so far and examines whether the existing European energy policy is capable of pursuing its three key objectives of 'affordable access to energy'; 'sustainable development' of energy production, transport, and consumption; and 'security-of-supply' in a consistent and credible manner.

Relying on the conclusions that the existing European energy policy is suboptimal, the report puts forward a policy proposal for a genuine 'European Energy Community'. It explains why and what type of action is required to develop such Energy Community, identifying both the substantial elements which it should ideally cover and the legal and institutional policy instruments at the EU's disposal for developing it. The report finally examines how this model could be best achieved and develops several recommendations to that effect. 

The report can be downloaded free of charge on Notre Europe's site:
http://www.notre-europe.eu/en/axes/competition-cooperation-solidarity/projects/projet/energieen/ 
 
All comments on our proposal and recommendations are welcomed.
 

For any further information on the project, you can contact Sami Andoura (
sandoura@notre-europe.eu) or Csilla Végh (cvegh@notre-europe.eu) at Notre Europe.

*Notre Europe is a European think tank established in France, founded by Jacques Delors and dedicated to "thinking a united Europe"

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 11:02

Les Israéliens attendaient le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, lundi 15 mars, à Jérusalem, avec un mélange de sympathie, un peu de condescendance et pas mal d'agacement. Ils sont sensibles à cette visite du représentant du pays le plus influent d'Amérique latine, premier chef d'Etat brésilien à se rendre dans la région depuis la visite du dernier empereur du Brésil, Dom Pedro II, en... 1876. Il s'agissait alors de la Palestine.


Pays émergent de l'économie globalisée, le Brésil souhaite désormais jouer un rôle diplomatique à sa mesure, notamment au Proche-Orient. Les Israéliens ont noté que le président Lula se considère lui-même, grâce à son passé syndical, comme un négociateur-né, un homme de dialogue capable de résoudre bien des conflits, mais ils doutent un peu de sa capacité à résoudre celui du Proche-Orient, qui a détruit les illusions de moult hommes d'Etat chevronnés.


Dans un entretien publié par le quotidien Haaretz, le président Lula définit ainsi sa "feuille de route" pour le Proche-Orient : "Les parties prenantes au conflit et les gens impliqués dans le processus sont depuis longtemps désabusés. Il est temps d'introduire dans le jeu de nouveaux acteurs qui seront capables d'avancer de nouvelles idées. Ces acteurs doivent avoir accès à tous les niveaux du conflit : en Israël, en Palestine, en Iran, en Syrie, en Jordanie et dans bien d'autres pays."


C'est à ce propos que le gouvernement du premier ministre israélien,
Benyamin Nétanyahou, trouve les idées de Lula moins amicales. Car le très populaire président brésilien, qui jouit d'un a priori favorable sur la scène internationale, entend jouer les intermédiaires entre l'Iran et Israël. Il l'a prouvé en accueillant, le 23 novembre 2009 à Brasilia, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.


Certes, cette visite officielle avait lieu quelques jours après celle du président israélien
Shimon Pérès, mais, depuis, le Brésil n'a pas adopté une attitude très favorable à Israël, estime-t-on à Jérusalem. En novembre, lors de la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Brésil, comme la Turquie, s'était abstenu de voter une résolution condamnant Téhéran. En recevant la semaine dernière la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, Lula avait réaffirmé son hostilité à de nouvelles sanctions contre l'Iran, parce que, avait-il expliqué, "il ne faut pas mettre l'Iran, dos au mur".


Position singulière


Dans Haaretz, il persiste : "Ma thèse est que nous ne devons pas permettre qu'il arrive à l'Iran ce qui s'est produit en Irak. Donc, avant toutes sanctions, il faut tout faire pour favoriser la paix au Proche-Orient", insiste le président brésilien, qui a prévu de se rendre en Iran en mai. La position singulière du Brésil risque d'être peu appréciée à Jérusalem au moment où Israël s'inquiète des atermoiements de la communauté internationale pour adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran.


Le président Lula assure qu'il a exhorté son homologue iranien à cesser de demander la destruction d'Israël et de nier l'Holocauste, mais il ajoute : "Quiconque compare Ahmadinejad et l'Iran moderne à Hitler et aux nazis fait preuve du même radicalisme dont il accuse l'Iran." La comparaison ne sera pas du goût des autorités israéliennes, mais elles ne devraient pas prendre ombrage de la "préoccupation" de M. Lula à propos de la poursuite de la colonisation juive à Jérusalem-Est, tant celle-ci a fait l'objet de condamnations tous azimuts.

NB : Cet article a été publié dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 16 mars 2010.






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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 06:03

Un vent nouveau de volontarisme souffle dans les couloirs de l'Autorité palestinienne à Ramallah. Enhardi par les éloges de la communauté internationale à l'égard de son projet de jeter les bases d'un Etat palestinien dans les deux ans à venir, le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Son nouvel objectif : les zones palestiniennes contrôlées exclusivement par Israël (zones dites C) et qui couvrent 60 % de la Cisjordanie. Aux pays donateurs, aux organisations non gouvernementales (ONG) internationales comme aux agences de l'ONU, il répète sur le même ton : " Il faut construire en zone C, les limitations imposées par Israël sont archaïques et dépassées. " 

 

Produit du découpage des territoires palestiniens institué par les accords d'Oslo II (1995), ces secteurs sont placés sous la tutelle exclusive d'Israël, par opposition aux zones A et B où l'Autorité palestinienne peut opérer. Il s'agit de zones rurales, faiblement peuplées, mais riches en ressources naturelles, situées à proximité de colonies juives, de bases militaires et surtout le long de la vallée du Jourdain, une étendue stratégique pour l'Etat juif car contiguë de la Jordanie. 

 

La bureaucratie militaire israélienne y règne en maître. Elle ne délivre des permis de construire qu'au compte-gouttes et n'hésite pas à faire raser la moindre cahute dépourvue d'autorisation, si bien que ces terres sont maintenues dans un état de sous-développement souvent alarmant. " Allez construire des écoles ou des cliniques en zone C, a déclaré Jamal Zakout, un conseiller de Salam Fayyad, lors d'une réunion en présence d'ONG internationales. Et si les Israéliens les démolissent, nous montrerons au monde ce qu'ils font. "

 

Le premier ministre palestinien veut montrer l'exemple. Sensible aux critiques de la société civile qui l'accuse de s'adapter à l'occupation israélienne et non de la défier, il a pris soin d'inclure plusieurs villages en zone C dans les mini-projets de construction qu'il inaugure au pas de charge. Dans la plupart des cas, ses déplacements dans ces zones sont soigneusement coordonnés avec l'armée israélienne, qui a accordé au préalable le permis requis. Mais pas toujours. Dans la vallée du Jourdain et près de Naplouse, ses services affirment avoir reconstruit des infrastructures démolies par les bulldozers israéliens. " On ne nous dissuadera plus de travailler en zone C, affirmait Salam Fayyad à la mi-février, lors d'un entretien accordé à un groupe de médias français. Il ne s'agit pas d'un territoire disputé, mais d'une partie intégrale des territoires occupés en 1967 sur lesquels nous voulons construire notre Etat."

 

Ce mot d'ordre a été intégré à la direction du Fonds d'investissement palestinien, la holding "souveraine" qui gère le portefeuille du "peuple palestinien". Eparpillée du temps de Yasser Arafat sur des comptes occultes ou des entreprises étrangères, cette manne a été rapatriée dans les territoires occupés, sur des projets immobiliers dont certains sont situés en zone C. Parmi ceux-ci, la construction de deux cents appartements près de Qalqiliya et, surtout, l'aménagement d'un complexe de luxe sur les rives de la mer Morte, avec balnéothérapie, centre de conférence et palaces cinq étoiles. 

 

" Il y a un vrai changement d'attitude chez nos dirigeants, dit un expert palestinien. Dans le domaine économique au moins, ils veulent prendre l'initiative et défier le système d'occupation. Si les Israéliens tentent d'entraver leurs efforts, ils sont prêts à se bagarrer. "

 

L'offensive de l'Autorité palestinienne sur les zones C suscite un agacement certain côté israélien. Dans un récent article, Alex Fishman, le correspondant militaire du Yediot Aharonot, rapportait que l'activisme de Salam Fayyad et sa stature grandissante bousculaient la routine des officiers affectés en Cisjordanie. " Il commence à nous ennuyer sérieusement ", écrivait-il. Plus diplomatique, Ygal Palmor, le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, met en garde contre toute "révocation unilatérale" des arrangements d'Oslo qui " ne ferait que semer la confusion ". 

 

Du côté des agences des Nations unies et des ONG, la gêne est palpable. La plupart d'entre elles ont pour règle d'avancer en zone C sur la pointe des pieds. Du fait de l'extrême difficulté à obtenir un permis, du flou qui entoure la procédure et du peu de scrupules des autorités israéliennes à envoyer les bulldozers. Selon un rapport des Nations unies, en douze ans, 2 450 structures "illégales" ont été rasées dans ces secteurs : habitations en dur mais aussi tentes, citernes, étals de fruits ou cabanes en tôle.

 

" On comprend le souci politique de Salam Fayyad, dit Martha Myers, la directrice de l'association AIDA qui regroupe une centaine d'ONG présentes dans les territoires occupés. C'est vrai que la population des zones C mérite notre soutien. Mais il n'est pas réaliste d'aller construire des écoles en zone C qui risquent d'être démolies aussitôt finies. "

 

Cette tiédeur pose un vrai dilemme au premier ministre palestinien. A eux seuls, ses mini-projets ne suffiront pas à sortir les zones C du marasme. Sans un regain d'audace des bailleurs de fonds, Salam Fayyad ne parviendra pas à desserrer le carcan de l'occupation. " C'est aux pays donateurs d'agir, dit Sami Khader, patron de l'ONG palestinienne Ma'an. Cela fait plus de dix ans que les zones C auraient dû passer sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. Plutôt que de s'inquiéter de leurs contribuables, les pays donateurs devraient aller demander des comptes à Israël. "

 
NB : Cet article de Benjamin Barthe a été publié sur le site LeMonde.fr le 1er avril 2010.
 
 
 
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 15:55

 

Les élections régionales ont mis en avant le besoin de fonder puis suivre collectivement une stratégie pour affronter les défis de la crise financière, de la crise monétaire, de la crise climatique, écologique et énergétique, de la crise de la mondialisation, de la crise migratoire, géopolitique et donc identitaire.

Energie-Intelligence ne prend pas partie dans les élections régionales donc n'en commentera les résultats. Par contre, en ce qui concerne la taxe carbone, nous ne pouvons rester silencieux. Nous soutenons le principe d'une écologisation de la fiscalité. La fiscalité ne doit plus être assise uniquement sur le capital et le travail mais aussi sur les ressources rares et renouvelables ainsi que sur la consommation.

Repenser la fiscalité est donc nécessaire. Bien évidemment, le niveau de prélèvement étant très et trop élevé en France, cela doit être pensé à prélèvements diminuant, dans le cadre d'un ralentissement des dépenses notamment locales. Il ne faut par ailleurs, ni entamer les revenus disponibles des ménages ni porter atteinte à la compétitivité des acteurs économiques comme les entreprises, les agriculteurs, ou  les pêcheurs. En parallèle, aucun angélisme, ne doit nous faire oublier que des pays de la planète nous concurrencent d'abord par le biais du dumping monétaire, social et environnemental

La taxe carbone telle que sortie du Conseil constitutionnel saisi par le socialistes ne vérifiait plus ces principes de bon sens. Il faut donc remettre le système à plat. Energie-Intelligence depuis 2006 plaide pour le Tarif Extérieur Carbone (ou TEC). Nous ne pouvons donc qu'approuver le Président de la République et le gouvernement lorsqu'ils plaident pour lier Taxe Carbone et Tarif Extérieur Carbone. Nous ne pouvons que souhaiter que les instances européennes qui se sont saisies de ce sujet soient particulièrement offensives dans ce sens.

La décision des autorités est donc bien la bonne. Nous trouvons ridicule à l'opposé, le comportement des acteurs qui sortent du Grenelle en faisant croire que l'écologie est sortie de l'esprit des pouvoirs publics français. Espérons que le vote du Grenelle II et de ses 277 engagements vont permettre de calmer toutes ses émotions. 

 

Et donc non, Nicolas Sarkozy, n'est pas fâché avec l'écologie !

 

Paris, le 30 mars 2010.

 

Le Bureau d'Energie-Intelligence.

 

 

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Published by Le Bureau d'Energie-Intelligence. - dans La France en mouvement et en débat
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 12:54

Même si la Russie rejoint les Etats-Unis dans leur volonté d’infliger de sévères sanctions à l’Iran, cela ne veut pas dire que la Chine doive leur ­emboîter le pas de peur d’être isolée. Les décisions ­chinoises ne se prennent pas – et ne doivent pas se prendre – ailleurs qu’à Pékin ! Renforcer les sanctions infligées à l’Iran et même les maintenir à leur état actuel est discutable d’un point de vue moral. Le ronron des centri­fugeuses en fonctionnement à Natanz ­constitue-t-il un acte de prolifération nucléaire contraire à la sécurité de la région, ou est-il le symbole du droit au nucléaire pour protéger son indépendance et son autonomie ? Les positions de Tel-Aviv et de Damas d’une part, de Riyad et de Téhéran d’autre part sont bien différentes sur ce point, sans parler de celles de Washington et de Moscou.

Pourquoi la détention de l’arme nucléaire par Israël (à titre non officiel) et par l’Inde (à titre officiel) n’est-elle pas considérée comme mauvaise, alors que l’Iran est stigmatisé simplement parce qu’il possède une force nucléaire civile (pour l’instant du moins, et rien ne prouve que ce ne sera pas aussi le cas à l’avenir) ? En prenant beaucoup de recul, demandons-nous pourquoi l’Iran ne pourrait-il pas posséder l’arme nucléaire ? En définitive, est-ce la monopolisation du nucléaire ou la prolifération du nucléaire qui garantit qu’une guerre froide restera “froide” et n’évoluera pas vers un conflit nucléaire ? Où est la limite entre une “bonne” prolifération nucléaire et une “mauvaise” prolifération ? L’arme nucléaire est-elle plus sympathique lorsqu’elle est détenue par des pays hindouistes et juifs que lorsqu’elle est entre les mains de pays musulmans ? Difficile à dire !

Par-delà les considérations éthiques aux limites floues, intéressons-nous à une autre question peu débattue par les Américains : le renforcement des sanctions infligées à l’Iran peut-il amener Téhéran à renoncer à ses projets nucléaires ? La logique de fond des sanctions est la suivante : conduire le pays visé à abandonner la poursuite de certains objectifs en lui imposant une situation qui lui cause davantage de préjudices que les bénéfices qu’il pourrait escompter s’il atteignait ses objectifs. Quels sont les bénéfices escomptés dans le cas du programme nucléaire iranien ? La sécurité et la dignité du pays. Alors que les Iraniens vivent depuis des milliers d’années ­entourés de forces hostiles, la possession de l’arme nucléaire améliorerait de façon notable la sécurité du territoire iranien de la Méditerranée à la mer d’Oman, de la Caspienne à la mer Rouge, et permettrait à la religion chiite de devenir un phare de l’islam mondial. Selon leur étendue, les dispositions prises contre l’Iran peuvent simplement avoir pour effet d’empêcher les Iraniennes d’acheter du parfum ou au pays de vendre son pétrole. Or qui aurait l’audace d’évoquer un embargo sur les exportations de pétrole iranien ? Les Iraniens attachent de l’importance à l’honneur de leur pays, alors que les étrangers veulent parler argent avec Téhéran. Cette affaire nous montre avec force que notre compréhension du problème repose sur des malentendus.

Certes, même si le renforcement des sanctions est contestable d’un point de vue moral et leur efficacité incertaine, la Chine n’agira pas nécessairement sans concertation avec les autres et ne cherchera pas forcément à se mettre en avant, si elle peut en tirer une contrepartie sur le plan diplomatique. A propos de contrepartie, si la Chine acceptait de renforcer les sanctions infligées à l’Iran, elle perdrait une source d’approvisionnement en pétrole et serait accusée de courtiser les Etats-Unis par tous les pays antiaméricains. Qu’obtiendrait donc la Chine en définitive ? Le titre provisoire d’enfant sage et responsable, et rien d’autre ! Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Ye Hailin  est Chercheur à l’Institut du Pacifique de l’Académie des sciences sociales de Chine.


Cet article a été publié dans l'édition de l'hebdomadaire Courrier International en date du 18 au 24 mars 2010.



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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:42

Friends of Europe is pleased to announce the publication of its most recent Development Policy Forum (DPF) 'Future World' summary of debate of 9 March 2010 : Human security in the Arab world: Defining a role for Europe, organised by Friends of Europe, in partnership with the World Bank, the UN, France's Agence Française de Développement (AFD), the UK's Department for International Development (DFID), the Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) with the support of the Friedrich-Ebert-Stiftung and the International Monetary Fund (IMF) and in association with the European Commission Directorate General for Development and Relations with ACP States.

Amat Al Alim Alsoswa, Assistant Secretary-General of the UNDP insisted that "I believe that we in the Arab world and the EU have to learn from each other and a lot to offer each other. There has been a lot of work done and we are working every day to accomplish more. We are winning this battle and are ready to continue working together to develop human security in the region." The other panellists supported her, agreeing that the promotion of human security needs to be treated with greater significance within the region, and that the EU has an important role to play as well.

Click here to download the summary of debate :  <
http://www.friendsofeurope.org/Portals/6/download/DPF_FW_09-03-2010/DPF_Human_security_Arab_world_SoD.pdf>  

Detailed information about these events is available at www.friendsofeurope.org <
http://www.friendsofeurope.org/> . Should you need any additional information, please do not hesitate to contact us.

 

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Published by The Friends of Europe team - dans Lire et comprendre un monde en mouvement
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 08:54
Le FOREX, ou marché des changes, est le plus grand marché de la planète : 3 100 milliards de dollars de transactions par jour -- soit une fois et demie le PIB de la France... et 30 fois plus que tout le marché boursier américain.
Mais c'est aussi en majorité un marché de professionnels entouré de préjugés et d'idées fausses. La plupart des investisseurs n'en savent pas beaucoup à son sujet, ni comment s'y positionner.
Trente fois plus de transactions effectuées que sur les marchés actions, faites pour la plupart par des professionnels de la finance, investisseurs institutionnels, grandes banques d'investissement, etc.
Les initiés ne s'y sont pas trompés : c'est là - et non sur le CAC 40, le Dow Jones et autres indices boursiers - qu'ils font la majeure partie de leurs transactions... et de leurs gains colossaux !
Mais le connaissez-vous vraiment ?

Cette fiche sur le marché des changes est issue d'une conférence donnée en février 2006 à l'Université Saint Esprit de Kaslik au Liban par Rodolphe Vialles, l'un des fondateurs d'ABC bourse  (site : http://www.abcbourse.com/).
Ce cycle de conférences internationales, organisé par Reuters a permis notamment de former les professionnels du système financier local aux nouvelles techniques de marché.

Comment fonctionne la cotation de devises ?
On ne donne jamais la cotation d'une devise unique comme par exemple : quel est le cours du dollar ou quel est le cours du yen ? Cela n'a de sens que si on compare une devise avec une autre. En l'occurrence les devises sont cotées par paires. Ainsi on parlera de la cotation de l'euro contre le dollar (EUR/USD) ou de la livre sterling contre le yen (GBP/JPY) par exemple. On utilise toujours les codes internationaux pour nommer les devises sur le Forex.
Il faut également noter que les devises étant des petites quantités et leurs variations étant faibles, leur cotation est affichée sur quatre décimales. Exemple d'une cotation de la paire euro/dollar : 1,2055.

Dans le langage des cambistes (le nom donné aux investisseurs sur le marché des changes), le plus petit échelon de cotation est appelé un " pip ". Ainsi, quand l'euro/dollar passe de 1,2040 à 1,2043 on dit que la variation est de 3 pips.

Exemple sur les frais de transaction
Soit la cotation suivante sur l'euro/dollar :

Achat : 1,2052 / Vente : 1,2050

Cela signifie qu'à cet instant, vous pouvez acheter l'EUR/USD à 1,2052 et le vendre à 1,2050. La différence de 2  pips entre l'achat et la vente est le spread, c'est la commission du courtier. Dans cet exemple, les frais de transaction sont donc de 0,0002 / 1,2050 = 0,017 % soit au moins 10 fois plus faible que les frais de transaction facturés pour l'acquisition d'actions sur le marché.


A la lumière de cet exemple on comprend aisément l'attirance de ce marché pour les " day traders " qui peuvent ainsi faire de nombreux allers/retours sans être pénalisés par les frais de transaction qui sont marginaux.


Récapitulatif : spécificités du marché des changes par rapport aux actions

 

  Forex Actions
Liquidité Très forte Très forte à très faible
Volatilité Forte Forte à faible
Effet de levier Jusqu'à 400 Environ 5
Ouverture 24/24 h Environ 8h par jour
Instrument Quelques dizaines Plusieurs milliers
Frais de transaction Très faibles Moyen à élevé

 

Conclusion : un marché parfait ?
Liquidité parfaite, frais réduits, ouverture 24/24h, volatilité, etc. le Forex est un marché qui paraît idéal pour les investisseurs actifs.

Attention cependant car il recèle de nombreux pièges souvent induits par ses qualités. Un de ses plus gros dangers et sa volatilité dans un cadre de fort effet de levier. Un point essentiel à soigner si on veut intervenir sur ce marché est de maîtriser parfaitement son " money management " en se fixant de solides règles que l'on prendra soin de ne pas violer sous peine de ne pas faire de vieux os.
Exemple d'une transaction :
Prenons l'hypothèse d'un cours de 1,2000 pour la paire euro/dollar. Si l'investisseur pense que le cours de cette paire va monter, il va alors acheter l'euro/dollar, ce qui se décompose de la manière suivante : il achète des euros et vend des dollars.

Cette opération est toutefois complètement transparente pour l'utilisateur puisqu'il joue directement sur la paire. C'est le courtier qui réalise cela pour lui dans ses opérations de " back office ".
Les taux d'intérêts : une spécificité du Forex

A la différence des actions, détenir des devises ne donne pas lieu au versement d'un dividende mais à la perception d'un taux d'intérêt. En effet, la détention d'une devise offre une rémunération à son propriétaire, la rémunération versée est directement liée au taux d'intérêt monétaire du pays ou de la zone économique d'émission de la devise.

Les taux directeurs sont fixés dans chaque zone économique par l'institut monétaire local : Réserve Fédérale (Fed) aux Etats-Unis, Banque Centrale Européenne (BCE) pour la zone euro, Banque du Japon, Banque d'Angleterre, etc.
Ces taux ne sont pas gravés dans le marbre mais évoluent à la hausse ou à la baisse en fonction de la santé économique des différents pays. Le tableau ci-dessous indique les taux directeurs de quelques devises, dont les principales :

Taux d'intérêts mondiaux en avril 2006

Pays / zone économique Devise (code abrégé) Taux directeur fixé par la banque centrale
Etats-Unis  Dollar (USD) 4,50%
Zone euro Euro (EUR) 2,50%
Royaume Uni Livre sterling (GBP) 4,50%
Japon Yen (JPY) 0,00%
Suisse Franc suisse (CHF) 1,00%
Australie Dollar australien (AUD) 5,50%
Nouvelle Zélande Dollar néo-zélandais 7,25%
Hongrie Forint (HUF) 5,75%
Mexique Peso (MXN) 7,80%
Canada Dollar canadien (CAD) 3,50%
Afrique du Sud Rand (ZAR) 7,00%

 
Comme nous le voyons ci-dessus la politique monétaire est loin d'être uniforme à travers la planète, avec des taux à plus de 7% d'un côté (Nouvelle-Zélande) et à 0% de l'autre côté (cas du Japon avec sa politique ultra accommodante).
Quel impact sur les transactions ?

Comme nous l'avons indiqué plus haut, le fait de détenir une devise entraîne le versement d'un intérêt à son détenteur. Ainsi, si vous détenez 10000 USD, votre courtier vous versera quotidiennement un intérêt au taux annuel de 4,50%, soit 450 $ par an.

Néanmoins quand on achète une devise on le fait à l'aide d'une autre devise (principe des paires) ce qui fait que l'on ne touche pas l'intégralité de l'intérêt mais le différentiel entre les taux d'intérêts de 2 devises. Prenons un exemple pour mieux comprendre.

Exemple :
L'hypothèse est que vous passez " long " (acheteur) de 10 000 USD/CHF. Si on décompose la transaction, vous achetez 10 000 $ en vendant des francs suisses (ce qui revient à les emprunter).

Vous êtes " long " en USD et touchez un intérêt de 4,50% annuel sur cette position. De l'autre côté vous payez un intérêt de 1% pour la vente des francs suisses. Dans ce cas, votre position vous rapporte 4,50% - 1% soit 3,50%.

Une position longue sur l'USD/CHF vous rapporte donc 3,50% par an en théorie. En pratique c'est un peu moins car les intermédiaires prennent une petite marge sur les taux versés et vous toucherez effectivement environ 3% par an.

Notez que si vous aviez pris la position inverse (une vente d'USD/CHF) vous auriez payé un intérêt de 3% par an !

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 22:12

In a Written Ministerial Statement Foreign Office Minister Chris Bryant gives notice that the UK intends to withdraw from the Western European Union.

 
The Parliamentary Under-Secretary of State for Foreign and Commonwealth Affairs (Chris Bryant):  The Western European Union (WEU) has, in the past, played a valuable role in discussion on European security. It embedded the principle of mutual defence in post-war Europe, promoted consultation and cooperation on defence and security matters in Western Europe and has conducted operations in a number of vital theatres, including the Persian Gulf and the Adriatic.  But its mutual defence role was essentially symbolic as soon as NATO was established and successive UK governments have made clear, as the Lisbon Treaty does, that NATO is the forum and the foundation for collective defence of the Allies.

Moreover, the operational role of the WEU has been succeeded by the EU, following the UK/French initiative to create security and defence policy capacity in the EU. With this development, which NATO and the US specifically have welcomed, it is clear that the Western European Union is no longer relevant to today's European security architecture. While the UK recognises the role the WEU Assembly has played in engaging the views of national parliamentarians from across Europe on European defence, we do not believe this justifies the cost of over €2 million a year to the UK alone.

 

For that reason, the UK intends to withdraw from the Western European Union.  In accordance with the Modified Brussels Treaty, we will formally inform the Belgian government of our decision in April 2010. A twelve month notice period will then follow, during which the UK will remain a member of the WEU, giving an opportunity for discussion on how to develop cross-European parliamentary scrutiny of European defence issues. Given the inter-governmental nature of CSDP, we believe, however, that this remains fundamentally a matter for national parliaments. There is no reason and no case for the European Parliament to expand its competence in this area.

 

We are in discussion with other WEU Member States on this issue. Many of them also believe that the time has come to radically reform or close the organisation.  Following this announcement, we will continue to engage our European partners on this issue and on future cross- European parliamentary scrutiny of European defence.  

 

We will also seek to use this opportunity to improve the exchange of information and engagement between the EU and NATO, including the involvement of non-EU NATO European Allies in European defence.

 

Source : http://www.fco.gov.uk/en/news/latest-news/?view=PressS&id=21976547

 

 

 

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 21:22

Regards-Citoyens est heureux de vous informer du lancement du blog Ultima Ratio, auquel contribuent notamment plusieurs chercheurs du Centre des études de sécurité de l'Ifri.

 

Ce blog a pour ambition de diffuser des analyses sur les questions de défense et de sécurité.

 

Plusieurs posts sont déjà en ligne à l'adresse suivante : http://www.ultimaratio-blog.org

 

 

 

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