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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 11:27

Pour la première partie de ce dossier, voir : Que peuvent les Etats contre la spéculation ? Adrien de Tricornot - 1- (Dossier - Le Monde Economie)

L'institut d'émission a ainsi rendu intéressante la pratique du portage ("carry trade") d'emprunts d'Etat par les banques. De plus, elle a procédé à un assouplissement temporaire des critères sur lesquels elle sélectionne les titres, comme les dettes publiques, qu'elle prend en garantie. "C'est ainsi qu'au moins jusqu'à la fin de l'année, et malgré l'abaissement de sa notation de crédit, la dette grecque peut toujours être prise en pension auprès de la BCE", explique
Sylvain Broyer, économiste en chef adjoint de Natixis.


Enfin, la BCE a lancé un programme d'achat de 60 milliards d'euros d'obligations bancaires dites "sécurisées", ce qui a aidé les banques grecques, renforçant leurs capacités à absorber les émissions de l'Etat. Cependant, souligne M. Broyer, "la BCE pourrait faire encore plus si elle prolongeait à la fois l'abaissement des critères d'éligibilité et son programme d'achats d'obligations sécurisées ".


L'avant-dernière arme à la disposition des Etats est la politique économique. Typiquement, dans les crises de change - lorsqu'une monnaie est attaquée -, la banque centrale remonte ses taux d'intérêt pour la soutenir. Ce n'est pas le problème de la zone euro puisque la monnaie unique, même à 1,35 dollar, reste surévaluée.


Sa valeur d'équilibre est estimée entre 1,15 et 1,20 dollar. En l'espèce, la crise est donc bien celle de la dette de certains pays, née du doute sur sa capacité à être soutenue. "Des mesures de politique économique ont été prises par la Grèce, en particulier les plans d'austérité budgétaire", note M. Vesperini.


"Enfin,
souligne-t-il, la réglementation peut être une arme efficace face aux spéculateurs. Dans le cas de la crise budgétaire grecque, la réglementation des CDS, pourvu qu'elle soit faite avec discernement pour ne pas être contre-productive, peut apporter une aide à la Grèce."


Car les CDS servent aussi d'instruments de couverture de risque, et ont donc un effet paradoxal. Comme de nombreux produits dérivés - mais aussi comme les obligations ou les devises -, les CDS s'échangent de gré à gré, "over the counter" (OTC), directement entre les banques et leurs clients. Bien qu'ils aient été mis en cause pour leur rôle dans la crise des subprimes ou la bulle pétrolière, ces marchés OTC ne sont pas réglementés, supervisés et garantis comme des marchés organisés.


"La spéculation financière naît de possibilités d'arbitrages, donc d'une organisation incomplète des marchés, que le régulateur peut pallier s'il a une connaissance profonde du marché, et surtout s'il a le temps de le faire. Dans l'urgence, c'est loin d'être évident"
, explique M. Broyer. En Europe, la multiplicité des compétences ne facilite pas le processus. Et les places financières devraient renoncer à certains de leurs avantages. "Ce n'est pas parce qu'on l'a annoncé qu'on peut le faire. Cela dépendra de la capacité des différents gouvernements à travers le monde à imposer des mesures qui diminuent un peu les rentabilités ou le profil de certains acteurs", analyse M. Ugeux.


Affronter la spéculation a donc un coût : politique, économique, social et financier. Les Etats doivent choisir entre ce coût, et celui de laisser le mouvement spéculatif l'emporter. Ce choix implique tous les partenaires. Si la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie ramenaient leur déficit dans les normes européennes (3 % du PIB), ces pays devraient baisser leurs dépenses de près de 120 milliards d'euros, souligne Eric Le Coz, membre du comité d'investissement de
Carmignac Gestion. "Exiger cela à brève échéance, au-delà du désordre social que cela entraînerait, créerait une très sévère récession dans ces pays, réduisant à peau de chagrin leur demande extérieure", explique-t-il.


L'Allemagne exportatrice subirait de plein fouet cet effondrement. Et si les populations jugeaient la pression insupportable, la rue pourrait être l'arbitre du face-à-face Etats-marchés.


Voir également sur ce même sujet :
 *
http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/03/16/1992-les-speculateurs-mettent-en-peril-le-systeme-monetaire-europeen_1319915_3234.html
 * L'idée de créer un Fonds monétaire européen pour secourir un pays de la zone euro fait débat 
 * La boîte à idées planétaire de Dominique Strauss-Kahn 
 * De la manière dont l'Union européenne garantit, entend garantir et doit garantir la sécurité 
 * A quel moment va-t-on renforcer la sécurité monétaire de l'euro et la sécurité économique et financière de la zone euro ? 
 * Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) 
 * Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2) 


  

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 11:03

Le soutien à la Grèce était encore au menu de la réunion des ministres des finances de la zone euro, lundi 15 mars à Bruxelles, ainsi que la mise au point d'un mécanisme d'aide en cas de défaillance financière. Différentes idées ont été lancées récemment pour apporter à plus longue échéance des réponses de fond à la crise. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a proposé de créer un Fonds monétaire européen (FME) capable de secourir les pays de l'Union. Le premier ministre belge, Yves Leterme, a avancé un projet de Trésor commun, émettant la nouvelle dette des pays de la zone euro. Le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, s'est prononcé pour la création d'une agence de notation européenne pour la dette des Etats.


Parallèlement, la volonté de réglementer certains instruments de spéculation - comme les contrats d'échange sur les risques de défauts de paiement (credit default swaps, CDS), ces produits dérivés qui permettent de parier sur les difficultés de remboursement d'un emprunteur -, progresse. "La Commission va examiner de près l'opportunité d'interdire les opérations purement spéculatives sur des CDS liés à de la dette souveraine", a indiqué
José Manuel Barroso, le mardi 9 mars.


Le lendemain, la France, l'Allemagne, la Grèce et le président de l'Eurogroupe demandaient, dans une lettre commune à la Commission européenne et au gouvernement espagnol, qui préside l'Union, d'enquêter sur "le rôle et l'impact de la spéculation sur CDS sur les obligations des Etats européens" afin de la présenter lors du conseil des ministres des finances du mardi 16 mars, et de décider d'éventuelles mesures. Les chefs d'Etat et de gouvernement demandaient d'intensifier les initiatives "en faveur d'une plus grande transparence du marché des produits dérivés conformément aux décisions du G20".


Comme le résume
Jean-Pierre Vesperini, membre du Conseil d'analyse économique (CAE), "les pouvoirs publics disposent de quatre leviers face aux mouvements spéculatifs des marchés : le discours, la mobilisation de capitaux, les mesures de politique économique et, enfin, la réglementation".


"La première arme face à la spéculation est psychologique et vise à la calmer. Les déclarations de solidarité des dirigeants européens semblent ainsi avoir été efficaces puisque la Grèce a pu placer avec succès ses dernières émissions obligataires"
, poursuit Jean-Pierre Vesperini, également professeur à l'université de Rouen. Même si la construction européenne pèche par son inachèvement - pour avoir exclu jusqu'ici la solidarité budgétaire ou un gouvernement économique commun -, les dirigeants du
Vieux Continent n'ont pas mâché leurs mots pour mettre en garde la spéculation contre la dette des Etats fragilisés comme la Grèce, le Portugal, l'Espagne ou l'Irlande, ce qui a changé quelque peu le climat sur les marchés.


PDG du cabinet de conseil financier new-yorkais
Galileo Global Advisors, Georges Ugeux estime cependant que ces déclarations, peu coordonnées, ont brouillé les cartes. "Personne ne croit que la création d'un fonds monétaire européen puisse se faire avant plusieurs années. Cela renvoie à la vieille habitude des politiques européens de toujours créer une institution ou de faire un sommet. On a mis la charrue avant les boeufs en ne définissant pas d'abord les objectifs, explique cet ancien responsable international de la Bourse de New York. Les annonces de réformes ont été mauvaises. On a besoin de savoir qu'il y a un pilote dans l'avion, et ce qui a été organisé, c'est une cacophonie. Nos Excellences devraient parfois se dire qu'en matière financière, le silence est d'or."


Pendant les crises, les pouvoirs publics peuvent aussi tester leurs rapports de forces avec les acteurs des marchés et leur envoyer des messages fermes. Ainsi
Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et professeur à Sciences Po critique, dans un entretien au journal portugais Diario Economico du 18 février, le rôle des agences de notation (rating) dans le déclenchement de la tempête des subprimes comme dans la spéculation sur les Etats européens fragilisés. "Le problème est que les agences de rating n'ont pas eu à payer pour leurs responsabilités dans la crise et qu'elles essaient maintenant de se refaire un chiffre d'affaires en surveillant les Etats. Je trouve que, sauf à abandonner toute notion de souveraineté, les Etats devraient réformer dans l'urgence les agences de rating et en tout cas les faire taire, si ce n'est les poursuivre en justice", dit-il.


Les Etats-Unis ont donné un coup de semonce : selon le Wall Street Journal du mercredi 3 mars, le ministère américain de la justice enquête pour déterminer si plusieurs grands fonds spéculatifs ont agi de concert pour spéculer à la baisse sur l'euro, profitant de la crise de la dette publique grecque. La demande des autorités américaines serait datée du 26 février, coïncidant avec la publication d'un article du Wall Street Journal décrivant une rencontre entre plusieurs gérants de fonds, où la question de l'euro avait été évoquée.


Mais il faut aussi de l'argent pour contrer la spéculation. "La deuxième arme est la mobilisation des capitaux : si l'Europe allait plus loin que les discours et mettait ses actes en accord avec ses paroles, elle se mobiliserait pour souscrire la dette grecque. C'est ce qui a été annoncé à travers l'idée de la création d'un fonds monétaire européen, mais cela peut être fait aussi à travers les banques publiques comme la KfW allemande ou la Caisse des dépôts française ", poursuit M. Vesperini.


Jusqu'ici, la Banque centrale européenne (BCE) a donné un coup de main discret et indirect aux pays les plus fragiles. Même si elle a été moins audacieuse que ses consoeurs américaine ou britannique, elle a fortement baissé ses taux d'intérêt, permettant aux banques privées d'emprunter des liquidités à faible coût pour les placer ensuite en emprunts d'Etat, mieux rémunérés.
.../...

Pour la suite de cet article : Que peuvent les Etats contre la spéculation ? par Adrien de Tricornot - 2- (Dossier - Le Monde Economie)


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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:34

L'Etat d'Israël s'isole de plus en plus dangereusement ! Pour lui d'abord, pour le monde ensuite !

La radicalisation de ses positions témoigne à la fois de la détermination de ses dirigeants actuels à ne rien lâcher des exigences d'un projet sioniste intransigeant, et d'une nervosité extrême de ces mêmes dirigeants devant l'inflexibilité d'une administration américaine soucieuse de mettre un terme à des gesticulations israéliennes contre-productives par rapport à sa volonté de mener le processus de paix jusqu'à son terme.  

Cette radicalisation s'exprime à l'égard de tous les dossiers stratégiques qui le concernent, qu'il s'agisse des colonisations en cours (Israël ne bougera pas sur les constructions à Jérusalem ou encore L'Autorité palestinienne s'attaque à la mainmise israélienne en Cisjordanie), du dossier nucléaire iranien où intérêts géopolitiques, stratégiques, économiques et financiers complexifient les jeux d'acteurs, du processus de paix dont l'évolution chaotique participe à remobiliser les Etats membres de la Ligue arabe en faveur de solutions ne ménageant plus avec la même détermination les objectifs stratégiques et intérêts essentiels de sécurité de l'Etat d'Israël, des relations avec l'ONU encore plus complexe depuis la parution du rapport Goldstone (cf. L'ONU réclame des enquêtes "crédibles" sur les crimes commis à Gaza (Le Monde.fr)), ou enfin des relations avec le président Obama qui trouve au Pentagone des appuis impensables il y a quelques mois encore, en raison des atteintes portées par cette situation à la sécurité nationale des Etats-Unis dans cette région du Proche-Orient !

 

L'épisode irakien - et son issue improbable - a marqué profondément les esprits, même les plus rétifs !

Bien sûr, cette radicalisation israélienne trouve quelques appuis en Europe au sein d'une partie de la diaspora, notamment en France, à Londres, à Rome et à Bruxelles ;  des appuis 'par défaut' qui procèdent d'un mutisme complice autant que de l'absence de volonté d'y mettre un terme, et des appuis 'par excès' qui tiennent à une très forte empathie pour la position du gouvernement israélien quelle qu'elle soit, au nom d'une solidarité idéologique aux décisions des dirigeants de l'Etat d'Israël auxquelles tout peut - et doit - être sacrifié !

Elle trouve même parfois sa propre justification dans des mobiles économiques " exempts de tous soupçons " (cf. Les colonies israéliennes reflèteraient un choix économique) et prend appui sur la montée d'un courant hostile à l'Islam et aux musulmans, sans discernement aucun (cf. La nouvelle droite populiste européenne prospère sur la dénonciation de l'islam).

La faiblesse du Quartet (cf. Proche-Orient : La réunion du 'quartet' montre une nouvelle fois ses limites ! Il faut en finir avec ce simulacre de médiation !), celle du multilatéralisme (cf. Pour un multilatéralisme efficace, par Chris Patten), l'inconsistance et le manque d'unité de l'Union européenne (cf. Bon courage, Madame le Haut Représentant ! (nouvelle édition)), comme celle de la Communauté internationale, plus globalement (cf. Dossier iranien vu du Brésil : Le président brésilien Lula veut jouer les médiateurs entre Iraniens et Israéliens, par Laurent Zecchini et Annie Gasnier (Le Monde)) favorisent l'ouverture d'un espace à une telle radicalisation.

Pour autant, cette radicalisation ne fait l'unanimité ni au sein de la population israélienne (cf. Proche-Orient : éclats d’obtus, par Ilan Greilsammer) ni au sein des diasporas qui n'y voient rien d'autre que l'expression de l'aveuglement cynique de gouvernants jusqu'au-boutistes qui mettent gravement en péril le projet sioniste autant que les intérêts et la sécurité de la Communauté juive dans le monde !

Cette situation provoque une crise profonde au sein même de la communauté juive où s'opposent frontalement les tenants d'une ligne dure (cf. Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir) et ceux d'une option articulée sur le dialogue, la compréhension mutuelle, le partage de destins communs, et le refus de la violence.

Des voix juives s'élèvent, en Europe notamment, pour exprimer un profond désarroi face à cette situation dramatique (cf. Eli Barnavi, Esther Benbassa : deux voix dissonantes qui traduisent le même désarroi face à la même machine infernale ; « Pour l'avenir, il y a un roman national à réécrire », par Esther Benbassa (L'Humanité))

Une situation d''autant plus dramatique que le spectacle de la catastropique opération " Plomb durcie " est resté présent dans toutes les mémoires (Juifs, musulmans : nous portons tous les cicatrices de Gaza, par Esther Benbassa) ! Une opération qui avait soulevé déjà de nombreuses interrogations sur les motivations réelles de Tsahal (cf. Poursuite des combats par Tsahal : 5 hypothèses passées au crible de l'analyse (1) ainsi que Poursuite des combats par Tsahal au Proche Orient : 5 hypothèses soumises au crible de l'analyse (2)) et qui connait des prolongements épisodiques hasardeux (cf. Sept raids aériens israéliens sur la bande de Gaza).

Alors que cherche vraiment le soldat " Israël " en radicalisant ses postures ? 

 

Peut-on accepter encore longtemps qu'il mette en péril la paix du monde au nom d'une idéologie intransigeante ?

Au moment où les Etats démocratiques montrent leur impuissance à l'égard d'une globalisation déshumanisée qui s'affranchit des valeurs et libertés fondamentales et des principes démocratiques, la légitimité politique d'un Etat d'Israël si mal en point aux yeux des Peuples et des Nations serait réhaussée s'ils cessaient de laisser dériver les postures de ceux d'entre eux qui, comme Israël, ne se plient jamais aux sanctions prises en vertu du droit international et jouent d'un chantage à la terreur nucléaire pour imposer leur dessein au monde !

Il faut sauver le soldat " Israël " ! PLus encore, il faut sauver l'Etat d'Israël et le projet sioniste dont la légitimité contestée ne peut s'accommoder ni des erreurs fatales ni des fautes récurrentes de son bras armé !

Comment ?

L'heure est venue de recommander fermement aux dirigeants de l'Etat d'Israël comme à l'Autorité palestinienne et aux dirigeants du Hamas de ne pas servir un dessein funeste qui prônerait le retour au sacrifice ultime en cas d'échec d'ambitions qu'ils considèrent non négociables ! Et de revenir à la table des négociations avec des intentions réellement conformes à aux intérêts vitaux de l'Etat, du Peuple et de la Nation qu'ils servent avec loyauté !

Toutes les positions exprimées jusqu'ici contournent cette réalité irréductible ! Entretenant ainsi le ferment d'une instabilité et d'une insécurité qui paralysent tout effort en faveur de la paix !

L'Union européenne, très ambiguë jusqu'ici, doit se resaisir en prenant l'initiative de convoquer une conférence internationale sous l'égide des Nations Unies pour décider du statut international de cette ville sainte, laquelle ne saurait être la capitale d'aucun des Etats parties au conflit en vertu d'un principe de précaution politique qui s'impose de lui-même !

Simultanément, elle doit oeuvrer pour amener les Etats parties au conflit à réenvisager les termes mêmes des négociations de manière à concrétiser dans une solution territoriale cohérente et réaliste les objectifs stratégiques assignés à ces négociations que constituent d'une part, la garantie de sécurité de l'Etat d'Israël, d'autre part, la viabilité économique des deux Etats (si tant est que cette formule des deux Etats indépendants s'avérait toujours pertinente) - ce qui passe nécessairement à la fois par une continuité territoriale et par l'établissement d'un cadre de développement durable desdits Etats, lesquels ne sont toujours pas offerts aux Palestiniens  -, et, enfin, la fixation de frontières pérennes et incontestables entre ces deux Etats et les Etats voisins.

Elle doit également proposer à Israël de garantir sa sécurité en lieu et place de Tsahal là où les circonstances l'exigent, notamment au nord de la bande de Gaza d'où sont tirées les roquettes meurtrières tout en proposant aux Palestiniens de concrétiser ses engagements économiques en faveur des territoires de la bande de Gaza (cf.
 Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien ) !

Enfin, l'Union européenne, en prenant appui sur une Union pour la Méditerranéenne revitalisée, doit offrir à l'ensemble des Pays de la Région un cadre propice à ouvrir de nouvelles marges de manoeuvre par rapport à une globalisation qui impose ses diktats à chacun d'entre eux sans discrimination (cf  Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ?). En particulier, elle doit oser proposer que soit défini en commun un cadre stratégique pour une politique de cohésion économique, sociale et territoriale sur le modèle de ce qu'elle a su développer en son sein en la matière. En dépassant ainsi les limites actuelles de sa politique de voisinage pour aborder de manière ambitieuse un tel enjeu structurel, elle ferait ainsi la démonstration qu'elle est effectivement autrechose qu'une puissance normative " molle ", et qu'elle dispose des atouts nécessaires à la concrétisation dans cette région de sa conception globale de la sécurité.

Nous ne pouvons ignorer qu'Israël refusera ces propositions " venues d'ailleurs " ! Mais pourrait finir par s'y résoudre si les cartes des négociations étaient effectivement redistribuées sur des bases plus réalistes !

Mais peut-être le salut viendra-t-il de l'Orient ! De la Chine ou de l'Inde !

A moins que ce ne soit du Brésil ou de Russie ! 

Autant de pays qui n'ont jamais été jusqu'ici en proie à des compromissions avec les thèses les plus conservatrices à l'égard du conflit israélo-palestinien, et dont les économies présentent des facteurs favorables pour entreprendre le sauvetage sur le long terme d'une Région qui pâtit de son trop fort ancrage à des économies occidentales malades d'un capitalisme spéculatif qui les conduit à leur propre faillite et d'une profonde crise de confiance dans la capacité de la politique, et des politiques, à mettre de la rigueur, de la règle et de la stabilité là où c'est impératif sans briser les pactes sociaux et culturels qui lient les Etats aux Nations !

On ne prête qu'aux riches ! C'est bien connu !

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:05

Jean-Pierre Jouyet, patron de l’Autorité des marchés financiers (AMF), dénonce le manque de contrôle des acteurs boursiers.

Après la crise des subprimes et la crise grecque, l’Europe et les Etats-Unis divergent de plus en plus sur les moyens de réguler la planète finance. Rencontre avec Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme français de la Bourse.


Vous revenez d’une tournée à New York. Le climat a-t-il changé un an et demi après la chute de Lehman Brothers ?

On est plus optimiste en Europe sur la reprise américaine qu’aux Etats-Unis. Là-bas, le chômage inquiète et la sortie de crise est perçue comme incertaine. Deux éléments ont vraiment changé. D’abord, le contrôle des risques bancaires, hier secondaire, est devenu primordial. Par ailleurs, les opérateurs américains examinent désormais de très près la solidité des établissements financiers, c’est-à-dire le niveau de fonds propres nécessaire pour couvrir leur risque. Mais politiquement, le fait majeur, c’est qu’aucune des grandes réformes envisagées par le gouvernement Obama pour réguler la finance américaine n’a été adoptée par le Congrès. Il y a eu beaucoup de paroles, mais pas d’actes.


Pourtant, avec le plan Volcker, Obama a lancé un projet de régulation de Wall Street ambitieux…

A mon sens, il y a peu de chance que ce plan [dont une des propositions phare est de séparer les activités commerciales des banques de leurs activités d’investissement, ndlr] soit suivi d’effet. Les opérateurs ne veulent pas en entendre parler. Et la Federal Reserve [ou Fed, la banque centrale américaine] ne manifeste pas un fort soutien. Autre chose : les divergences entre Européens et Américains, au lieu de s’atténuer, se creusent, comme sur la question des normes comptables.


Etes-vous favorable, comme le préconise le plan Volcker, à l’interdiction faite aux banques de financer des hedge funds et de spéculer pour leur propre compte ?

Ça va plutôt dans le bon sens. Mais là encore, les conceptions divergent. Les Américains ont une approche de séparation des activités des banques alors que les Européens plaident pour que la spéculation devienne plus coûteuse. En renforçant les exigences de fonds propres ou par le biais de la fiscalité.


Y a-t-il aux Etats-Unis un début de remise en cause du tout financier ?

J’ai constaté chez plusieurs banquiers une profonde interrogation sur les mérites d’une trop grande sophistication des techniques de leur métier. La finance a multiplié ces dernières années des investissements très lourds pour se doter d’outils informatiques de plus en plus puissants et sophistiqués sans que l’on sache très bien mesurer leurs effets. La Fed a calculé que cette sophistication de la finance ne nous a pas apporté beaucoup plus de croissance ces dernières années. Si c’est le cas, on peut se demander si c’était bien la peine de se creuser autant les méninges…


Vous avez rencontré les responsables de Goldman Sachs ?

Oui. La banque a conscience qu’elle doit fournir un gros effort de communication en Europe et particulièrement en France, à cause de la crise grecque. Leur défense, néanmoins, est audible : ils avancent que les instruments qu’ils ont recommandés au gouvernement grec pour restructurer leur dette au début des années 2000 étaient connus d’Eurostat et des institutions européennes.


Mais comment ont-ils justifié de conseiller le gouvernement grec et spéculer contre lui ?

La banque fait valoir qu’elle était sollicitée, notamment par les entreprises grecques qui souhaitaient se protéger contre un défaut de paiement de leur Etat. Je ne vous dis pas que c’est moral, mais ça se retrouve ailleurs : les banques sont souvent confrontées à de possibles conflits d’intérêt entre leurs différents métiers. La vraie question, c’est l’étanchéité des murailles de Chine censées exister entre les départements des banques. C’est d’ailleurs ce qui motive l’ouverture par la Fed d’une enquête sur Golman Sachs.


Le fameux marché des CDS (credit default swaps, des produits financiers censés se garantir de la défaillance des Etats) mis en lumière par la crise grecque n’est-il pas l’exemple d’innovation financière qui ne sert à rien ?

J’ai évolué sur la question. Je pense que ce type d’outils a une certaine utilité. Comme tout instrument de couverture, il permet au détenteur d’une obligation émise par un Etat de s’assurer contre un risque de perte lié à l’évolution défavorable des taux d’intérêts. En revanche, la leçon à tirer de cette crise, c’est qu’il faut inclure les CDS dans le champ de la régulation. C’est une vraie boîte noire. On devrait au minimum savoir ce qui s’y passe. Aujourd’hui, nous ne sommes pas face à de la spéculation mais face à de véritables manipulations de marchés souverains.


Sur la régulation, on n’a pas l’impression que l’Europe a beaucoup avancé non plus…

C’est vrai. Au-delà des questions symboliques de rémunération des traders, on n’a pas avancé, sachant que la nouvelle Commission est tout juste en place. Le processus de décision européen est très lent. Néanmoins, le Conseil de l’Europe, qui se réunit dans la deuxième quinzaine de mars, devrait faire des propositions. Il est par exemple urgent que l’Europe rattrape son retard sur les Etats-Unis pour l’encadrement des ventes à découvert [le fait de prendre des positions sur un actif que l’on ne détient pas, ndlr] afin d’éviter des pratiques de marchés très déstabilisatrices. Nous devons aussi nous doter d’un gendarme des marchés financiers au-dessus des régulateurs nationaux. Car que révèlent les attaques contre l’euro ? Les marchés considèrent que l’UE manque de réactivité et de solidarité entre ses membres. Donc il ne faut pas s’étonner si la spéculation s’infiltre dans les failles de notre gouvernance financière et économique.


La crise grecque restera sans suite ?

Le risque de contagion est pour l’heure derrière nous. Mais si, dans six mois, l’UE n’a pas bougé, il y aura à nouveau des risques de dérapages. Juste un chiffre : la place des produits financiers dérivés en circulation dans le monde est aujourd’hui plus importante qu’au moment de la chute de Lehman Brothers… Plus largement, je suis convaincu que l’Union va sortir renforcée de cette crise. Ce n’est pas là une opinion unanimement partagée. Beaucoup pensent que l’euro ne résistera pas aux efforts de rigueur demandés aux populations. Ce risque d’embrasement social est réel et c’est pour l’éviter que l’Europe doit marquer sa volonté de mettre en place des mécanismes garantissant une meilleure gouvernance.


La création d’un fonds monétaire européen va-t-elle dans le bon sens ?

Je soutiens d’autant plus cette idée que j’ai été l’un des premiers à en avoir parlé. A défaut de recourir au FMI, il faut que l’Union ait la possibilité de garantir les dettes souveraines de ses membres et d’emprunter en son nom. Cessons les querelles sur les moyens. L’important est que l’Europe se dote d’outils efficaces.


Vous avez appelé à un contrôle plus strict des hedge funds, ça veut dire quoi ?

Au moins trois choses. D’abord leur imposer de s’enregistrer auprès d’un régulateur pour que celui-ci puisse connaître les gérants de ces fonds, même s’ils sont situés dans des centres off-shore. Ensuite, rendre ces fonds spéculatifs plus transparents sur les risques systémiques qu’ils peuvent présenter. Enfin, leur imposer des règles de conduites professionnelles. Le projet initial de directive européenne était très timide. Mais le Parlement européen et le Conseil européen sont en train d’améliorer le texte, rédigé un peu trop rapidement. On va voir jusqu’où il va l’amender.


Vous avez qualifié la double casquette d’Henri Proglio chez EDF et Veolia de «baroque». Les entreprises ont-elles fait des progrès en matière de gouvernance de leur conseil d’administration ?

Il faut dépasser le cas Proglio qui ne doit pas être un bouc émissaire. Ces conseils demeurent assez endogames. Le vivier des administrateurs des entreprises françaises est trop étroit, il y a trop d’intérêts croisés. Et un peu d’hypocrisie : en France, on peut détenir jusqu’à cinq mandats d’administrateurs, mais ce nombre ne tient pas compte des mandats occupés dans des firmes internationales. Il y a un travail de transparence à accomplir.


Dans une affaire comme Vivendi, n’est-il pas curieux qu’un petit actionnaire français soit obligé de demander réparation auprès de la justice américaine ?

C’est en effet paradoxal. Au sein de l’AMF, nous réfléchissons aux moyens de favoriser l’indemnisation des actionnaires. Une class action très encadrée en France est une piste parmi d’autres. Une douzaine de pays en Europe disposent d’un tel système. Je pense qu’il vaudrait mieux avoir notre propre solution plutôt que de se voir imposer un texte européen pas forcément adapté.


Sur Vivendi, est-il normal que le groupe, et non ses dirigeants, ait été condamné ?

C’est l’effet pervers de la class action à l’américaine, destinée à maximiser les dommages et intérêts. Et c’est vrai qu’en France notre système d’indemnisation est très faible. Mais la class action n’épuise pas la moralisation de la vie des affaires puisque la responsabilité des dirigeants des entreprises n’est pas recherchée. Je suis donc d’avis d’améliorer le système d’indemnisation tout en conservant une sanction pénale et administrative des délits boursiers.

Cet entretien, réalisé par Grégoire Biseau et Nathalie Raulin, a été publié dans l'édition du quotidien Libération en date du 11 mars 2010.




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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 00:34

Une quarantaine de Palestiniens ont été blessés à Jérusalem-Est mardi, décrété " jour de colère " par le Hamas à la suite de la réouverture la veille dans la vieille ville occupée depuis 1967 d'une synagogue détruite durant le conflit de 1948.


Les affrontements ont opposé en divers points de la partie orientale de Jérusalem des dizaines de lanceurs de pierres aux policiers, qui ont riposté à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Quinze policiers ont été blessés, dont l'un touché à la main par une balle, et il y a eu une soixantaine d'interpellations.


Cet accès de tension complique encore les efforts des Etats-Unis pour raviver un processus de paix en panne depuis quinze mois, mis à rude épreuve par la décision israélienne de construire 1.600 nouveaux logements pour les Juifs dans un secteur de Cisjordanie occupée annexé au Grand Jérusalem.


L'émissaire du président Barack Obama au Proche-Orient, George Mitchell, a différé son retour prévu dans la région à la suite de propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a déclaré lundi qu'il n'avait pas l'intention de freiner la colonisation de Jérusalem.


Mitchell verra des responsables israéliens et palestiniens " dès que possible ", mais pas avant la tenue d'une réunion du "quartet" des médiateurs pour le Proche-Orient jeudi et vendredi à Moscou, comme il comptait le faire auparavant, a déclaré P.J. Crowley, porte-parole du département d'Etat.


La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui a jugé l'attitude israélienne " insultante ", a sommé l'Etat juif de faire preuve de son sérieux quant à son désir de paix avec les Palestiniens et dit attendre toujours sa réponse.


" Nous attendons la réponse israélienne sous peu ", a dit Crowley à la presse.


Hillary Clinton a tenu néanmoins à réaffirmer le lien " étroit et inébranlable " entre Israël et les Etats-Unis et a redit l'attachement de Washington à la sécurité de l'Etat juif.


"C'est une situation explosive. La politique de Netanyahu revient à jeter de l'huile sur le feu", a estimé pour sa part le négociateur palestinien Saëb Erekat.


Réunion du Quartet vendredi à Moscou


Selon le Hamas, la réouverture après restauration de la synagogue de Hurva, détruite par les forces jordaniennes lors du conflit de 1948, s'inscrit dans le cadre d'un complot pour démolir à terme la mosquée d'Al Aksa, située à 400 mètres.


Israël a démenti cette accusation et le département d'Etat a exprimé sa préoccupation devant ce qu'il considère comme une réaction disproportionnée des Palestiniens à la réouverture d'un lieu de culte datant XVIIIe siècle dans le quartier juif de la vieille ville.


Israël a pris le contrôle de la partie orientale de Jérusalem durant le conflit de 1967 et l'a annexée en décrétant que la ville réunifiée serait à jamais sa capitale indivisible. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur Etat indépendant.


A l'annonce de la construction de nouveaux logements dans le Grand Jérusalem, le président palestinien Mahmoud Abbas est revenu la semaine dernière sur son acceptation de pourparlers indirects avec Israël sous l'égide de Mitchell.


Selon la presse israélienne, Hillary Clinton aurait, comme Abbas, demandé à Israël de revenir sur cette initiative, mais Netanyahu s'est gardé de la désavouer, tout en jugeant inapproprié son " timing ", durant une visite du vice-président américain Joe Biden à Jérusalem.


Du coup, les pourparlers indirects qu'espérait lancer cette semaine George Mitchell lors d'une nouvelle tournée dans la région ont pris du plomb dans l'aile et l'ancien sénateur démocrate pourrait se rendre directement à Moscou vendredi pour une réunion du "quartet" des médiateurs pour le Proche-Orient.


Celui-ci regroupe, outre les Etats-Unis, la Russie, l'Onu et l'Union européenne, dont le nouveau chef de la diplomatie, Catherine Ashton, a dénoncé lundi le projet de nouvelles colonies israéliennes comme préjudiciable aux efforts de paix.

Source :
Reuters


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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:26

Une fois encore, l'Union européenne consacre l'essentiel de ses ressources à l'établissement d'un instrument, et quel instrument s'agissant du service européen d'action extérieure (SEAE), sans se soucier vraiment des orientations et des contenus des politiques auxquelles il est destiné, qu'il s'agisse de la politique étrangère ou de la politique de sécurité de l'Union !
En tout état de cause, c'est l'impression que donnent tous ces loupés et échanges de mots d'oiseaux qui fusent à un rythme que l'atonie - et l'anorexie - générale en Europe ne laissait pas présager !
Au profond changement de culture que cet établissement impose (cf. à cet égard l'excellent article de Nicolas Gros-Verheyde : http://bruxelles2.over-blog.com/article-ashton-a-interet-46061935.html) il sera nécessaire et urgent de combiner un profond changement de méthode pour parvenir à réhausser et à élargir les ambitions portées par la stratégie européenne de sécurité (voir à cet égard l'article Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) et les suivants) autant que par celle que l'Union aura vocation à établir pour sa politique étrangère (cf. notamment à cet égard Interrogations préalables à l'établissement d'un ‘concept stratégique global’ pour la politique de Sécurité de l'Union européenne ) !
La tâche est d'autant plus complexe que les citoyens européens sont de plus en plus vigilants, ayant le sentiment, amer, d'avoir été dupés plus d'une fois depuis quelques années sur l'un et l'autre de ces registres !
La politique étrangère et la politique de sécurité sont des sujets bien trop sérieux pour n'être confiés qu'aux seuls experts, fonctionnaires, diplomates, militaires et policiers ! L'URSS comme les Etats-Unis l'ont compris à leurs dépends autant qu'à ceux du monde entier (De la démocratie dans la stratégie de sécurité des Etats Unis).
Si le Conseil et le Conseil européen l'ont parfaitement saisi comme en attestent notamment les déclarations attachées aux conclusions du Conseil européen de décembre 2008 (cf. Decl-Conseil europeen-renforcement capacites-dec2008 Decl-Conseil europeen-renforcement capacites-dec2008), il est heureux que les nouveaux parlementaires européens aient manifesté dès leur premier rapport leurs exigences en pareilles matières (cf. Le Parlement européen appelle à une nouvelle ambition pour la PSDC).






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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 21:59

Institution officielle, pouvoirs reconnus. La transformation du Conseil européen qui est entrain de se faire sous nos yeux s'annonce plus radicale et innovatrice que tout ce que l'on pouvait prévoir. Les personnalités politiques et les commentateurs qui ont déjà décidé que la réforme institutionnelle inscrite dans le Traité de Lisbonne est un échec, devraient lire ou relire les intentions d'Herman Van Rompuy à propos du rôle et du fonctionnement de cet organisme (devenue une véritable institution - voir ci-après) dont il est le président stable depuis quelques semaines pour une durée de deux ans et demi renouvelables (qui deviendront sans doute cinq).
Il faut rappeler que le Conseil européen n'était pas prévu par les premiers traités européens et qu'à sa naissance (en 1974, à l'initiative de Valéry Giscard d'Estaing), il n'avait aucun caractère officiel. Jusqu'en 1986, il n'était dans aucun traité. Même après avoir acquis le droit à l'existence, il n'était habilité à prendre aucune décision. Il se réunissait assez rarement pour des échanges de vues dont la teneur n'était pas toujours claire. Il avait pris progressivement du poids, mais de manière informelle et fluctuante. Pendant certaines périodes, il avait donné l'impression de guider, à sa manière, la construction européenne (c'était l'époque Kohl-Mitterand, avec Jacques Delors à la présidence de la Commission) ; dans d'autres, il agissait dans le brouillard et ses résultats n'étaient pas toujours évidents. Au moment de la crise tchèque, son rôle effectif était instable et ses conclusions n'étaient pas toujours explicites, même pas pour les institutions qui devaient les concrétiser. La Présidence changeait tous les six mois, et le président en exercice gardait en même temps ses fonctions nationales de Premier ministre (ou président de la République dans le cas de la France).
Le Traité de Lisbonne a enfin attribué au Conseil européen le rang d'institution communautaire, lui attribuant des compétences bien définies et le dotant d'un président stable, dont c'est la fonction unique. Non seulement il peut prendre des décisions, mais encore, dans plusieurs cas importants, il le fait à la majorité, notamment pour les nominations de son président, du président de la Commission européenne, du Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et du président de la Banque centrale européenne.

Rôle d'initiative et de décision politique. Sur le plan juridique, tout a donc changé et M. Van Rompuy entend en tirer les conséquences politiques et opérationnelles. En prévoyant que le Conseil européen se réunisse presque tous les mois, M. Van Rompuy vise à en faire une sorte de gouvernement européen ayant une tâche comparable à celle des gouvernements nationaux dans les Etats membres, avec un rôle d'initiative, de réflexion et de décision politique. Les chefs d'Etat et de gouvernement assumeraient en commun la responsabilité de tracer les orientations essentielles de l'activité de l'Union et de prendre les décisions qui y sont liées. Tous les chefs de gouvernement, en se réunissant chaque mois (ou presque), suivraient et comprendraient les questions européennes beaucoup mieux et directement, et ils auraient eux-mêmes intérêt à les expliquer dans leurs pays.
Finie donc l'époque des longs textes préparés à l'avance par les Conseils sectoriels ou par les ambassadeurs. Le Conseil européen assuemerait, entre autres, la tâche qui était exercée autrefois par le Conseil " Affaires générales " ; mais à un niveau plus élevé et avec l'autorité qui en résulte. Le Conseil " Affaires générales " resterait indispensable, en reprenant le rôle de coordination qu'il avait en fait largement perdu en route, ainsi que la responsabilité de donner suite aux décisions du Sommet. Le brouillard sur les résultats de certains Conseils européens seraient dissipés, car M. Van Rompuy lui-même en rendrait compte aussi bien aux autres institutions (le Parlement européen en tête) qu'à l'opinion publique. La transformation serait radicale.

Respecter l'équilibre institutionnel, éviter le piège minimaliste. je suis conscient des perplexité, voir même des méfiances qu'une telle révolution pourrait susciter dans les autres institutions. Elles peuvent se demander : quid alors du " droit exclusif  " de la Commission européenne à présenter des propositions ? Et quid du partage du pouvoir législatif entre le Parlement et le Conseil sur un pied d'égalité (cf. Le processus législatif dans l'Union européenne ) ? Il est évident que l'équilibre institutionnel doit être respecté et que les responsabilités de chaque institution soivent être sauvegardées. le risque implicite dans un rôle prédominant du Conseil européen résiderait dans la recherche de compromis unanimes qui réduiraient les ambitions européennes en se fondant sur le plus petit dénominateur commun.
Il revient au président Van Rompuy, à l'ambition des chefs d'Etat et surtout aux autres institutions, d'éviter ce piège.

PS : Cet article a été préalablement publié comme éditorial du n° 10086 du Bulletin Quotidien Europe en date du 26 février 2010

Voir également sur ce blog les articles suivants :
 * Du rôle politique du CAG dans la préparation et le suivi des travaux du Conseil européen 
 * Programme de travail des trois prochaines présidences semestrielles de l'UE couvrant la période du 1er janvier 2010 au 30 juin 2011 
 * M. Van Rompuy a les idées claires sur le fonctionnement du Conseil européen en tant qu'institution de l'Union européenne 
 * Conseil européen : Herman van Rompuy souhaite un retour à des sommets européens moins formels qui donnent une orientation politique à l'UE 
 * La Commission doit sauvegarder ses prérogatives face au Conseil européen 
 * Rôle essentiel du Parlement européen pour le respect de l'équilibre institutionnel face à l'évolution du Conseil européen 
 * La majorité qualifiée au sein du Conseil européen et du Conseil de l’Union avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne 
 * Le Président du Conseil européen et la Présidence semestrielle du Conseil de l'UE inaugurent une nouvelle ère de coopération 'très étroite' 
 * Le droit d'initiative de la Commission européenne 






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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 16:59

The Lisbon Treaty strengthens the EU as it stands today but with no further objectives.

The way it has embedded unanimity in key areas will put huge pressure on the European Council.

Pierre Defraigne argues that the coming decade will be marked by greater intergovernmentalism.

This speech claims that only the collective leadership of Heads of State and Governments and the President of the Commission under President Van Rompuy’s chairmanship can break the deadlock over the EU’s economic governance and defence.

The entire speech : prd - 14 jan 2010 - through an intergovernmental decade - a prd - 14 jan 2010 - through an intergovernmental decade - a

Pierre Defraigne is Executive Director, Madariaga – College of Europe Foundation


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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:57

Le commissaire européen au commerce Karel De Gucht a inauguré aujourd'hui une conférence consacrée à la politique commerciale de l'Union européenne vis-à-vis des pays en développement. L'objectif est de lancer un débat public sur la façon de maintenir l'efficacité du système de préférences généralisées (SPG) mis en place par l'UE pour la promotion du développement, de tirer le meilleur parti des accords d'échanges régionaux et d'encourager le développement durable. Le commissaire De Gucht a également annoncé le lancement d'une consultation publique en vue d'étayer le réexamen du SPG qui aura lieu le mois prochain.

«
Dans la formulation de sa politique commerciale envers les pays en développement, l'UE doit tenir compte des récents changements dans le paysage économique mondial et notamment du rôle croissant joué par les économies émergentes. Cependant, les pays en développement les plus vulnérables doivent encore trouver les moyens d'exploiter tout le potentiel du commerce. En fin de compte, les retombées commerciales devraient profiter à tous les habitants de la planète. Nous avons cinq ans pour traduire les bonnes intentions dans de bons résultats» a déclaré le commissaire De Gucht.


Les pays en développement n'avancent pas tous au même rythme sur les marchés mondiaux. C'est pour cette raison que la conférence d'aujourd'hui réunit un large éventail d'acteurs, afin d'apporter le plus grand nombre d'éclairages possible dans la discussion. Parmi les participants figurent des représentants de la Présidence espagnole et du Parlement européen, des théoriciens du développement et des économistes, mais aussi des praticiens du commerce et du développement ainsi que des représentants de la société civile.

Les résultats du débat alimenteront la réflexion sur l'orientation future de la politique commerciale de l'UE pour ce qui est de sa contribution au développement.

Un autre volet important de la conférence est le lancement d'une consultation publique sur le réexamen du SPG en vertu duquel l'Union accorde des préférences tarifaires aux pays en développement. Les résultats de cette consultation seront pris en compte dans la future proposition de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur un règlement SPG mis à jour. Toutes les parties intéressées sont encouragées à participer. La consultation sera accessible prochainement sur le site Internet de la Direction générale du commerce.

Contexte

Si le commerce ne mène pas toujours les pays en développement à la croissance économique, il est évident que les échanges et l'ouverture à l'économie mondiale jouent un rôle important dans la création d'emplois et la prospérité à l'échelon mondial.

Pour que le commerce serve le développement, les pays doivent rester maîtres de leur agenda politique. Il n'existe pas de modèle unique pour le commerce et le développement. Les besoins de chaque économie en développement doivent être évalués avec soin et les politiques doivent être taillées à la mesure des atouts et des points faibles de chaque pays.

Par sa politique commerciale, l'UE cherche à garantir que les pays en développement puissent bénéficier du libre accès à ses propres marchés et de l'ouverture de l'économie mondiale. Elle considère l'ouverture progressive au commerce comme le pilier d'une stratégie de développement qui a déjà sorti de la pauvreté des centaines de millions d'habitants de pays en développement et pourrait en faire de même pour quelques autres centaines de millions.

Pour de plus amples informations

Sur le système de préférences généralisées de l'Union:

http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2008/july/tradoc_139988.pdf

Sur la conférence « La politique commerciale de l'UE vis-à-vis des pays en développement »:

http://trade.ec.europa.eu/doclib/press/index.cfm?id=512

Source : Service de presse de la Commission européenne



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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 07:38

Regards-citoyens a le plaisir de vous annoncer la parution de la Note du Cerfa n°72, rédigée par Helmut Becker, directeur de l'Institut d'Analyse économique et de Communication (Institut für Wirtschaftsanalyse und Kommunikation) de Munich : Crises et défis de l'industrie automobile allemande ( "http://ifri.org/index.php?page=detail-contribution&id=5926&id_provenance=106" )

 

Secteur clé de l'économie allemande, l'industrie automobile paie des erreurs stratégiques d'investissements, des charges sociales élevées et un manque de flexibilité, conséquence de l'automatisation de la production.

La baisse de la demande, l'augmentation des prix de l'énergie et des matières premières, la priorité environnementale et l'évolution du concept de la mobilité représentent autant de défis que l'industrie automobile allemande doit relever.

Les erreurs d'appréciation et d'anticipation du marché semblent néanmoins appartenir au passé. Les constructeurs allemands s'efforcent de retrouver leur compétitivité en adaptant leur gamme de modèles et en investissant massivement dans la recherche et le développement.

 

Vous pouvez également consulter cette note du CERFA sur le site de l'IFRI : http://www.ifri.org/ ( "file:///C:/Users/DORDOGNE/Documents/Sarbacane%203/Campaigns/NdC%2071/Html/Cache/http___www.ifri.org_" ).

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