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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 10:58

Les révélations sur les pratiques de la NSA, le contexte social et la probable candidature de Dilma à sa réélection ont pesé lourd dans son choix de l’avion de chasse Gripen, au détriment du F18 américain et du Rafale français.

Une nouvelle fois, les médias français ont raillé l’incapacité de Dassault à vendre à l’export son «bijou technologique», ont recompté sadiquement le nombre de ses échecs dans la dernière ligne droite, non sans s’alarmer des conséquences de ce nouveau raté sur la loi de programmation militaire.

Pourtant, l’annonce mercredi dernier par le Brésil de son choix de l'avion de chasse Gripen NG du suédois Saab aux dépens du Rafale français  et du F/A-18 Super Hornet américain n’a surpris personne en France, ni dans les milieux politiques ni dans ceux de la Défense. Même si, «tant que le chèque d'acompte n'est pas arrivé, le contrat n'est pas entériné», comme l’a répété obstinément Olivier Dassault.

En fait, cela fait près de trois ans que le Rafale de Dassault avait été mis hors course de ce méga contrat de 36 avions de combat, en gestation depuis plus de 12 ans et finalement remporté par Saab pour 4,5 milliards de dollars.

L’avionneur français avait pourtant de bonnes raisons d’y croire en 2009, lors de la visite d’Etat euphorique du président Nicolas Sarkozy à Brasilia (accompagné d’une forte équipe Dassault), au cours de laquelle Lula, affichant sa proximité avec son homologue français, s’était  prononcé en faveur du Rafale, permettant l’ouverture de négociations. 

Certes, l’Elysée a crié victoire un peu trop vite. Les négociations n’étaient pas exclusives et la prise de position très francophile de Lula —qui ne l’engageait guère—  allait à l’encontre des souhaits de l’armée brésilienne, qui préférait déjà le Gripen suédois.

Les discussions ont piétiné. En outre, au printemps 2010, la crise du nucléaire iranien a considérablement refroidi l’idylle franco-brésilienne: soutenu par les Occidentaux, Lula engage (avec la Turquie) une médiation avec le président iranien pour tenter d’éviter de nouvelles sanctions et obtient la signature d’un accord à Téhéran.

Mais le contenu du texte est jugé insuffisant par le Conseil de sécurité de l’ONU qui adopte en juin une nouvelle série de sanctions contre l’Iran grâce aux votes de Washington, Moscou, Pékin et, bien sûr, Paris.

Furieux, Lula, qui avait mis tout son poids (et son orgueil) diplomatique dans le dossier, vote contre (comme la Turquie). Bien qu’isolé, on peut supposer qu’il a alors estimé ne pas avoir obtenu le renvoi d’ascenseur qu’il attendait de son engagement en faveur du Rafale. En tout cas, il annonce peu après qu’aucune décision ne serait prise avant l’élection présidentielle d’octobre 2010, officiellement pour ne pas forcer la main à sa dauphine Dilma Rousseff.

Celle ci fut élue et, dès son arrivée au 1er janvier 2011 au Planalto, elle gela le processus et remit les compteurs à zéro. A ce moment-là, même si, officiellement, le jeu restait ouvert, les chances du Rafale s’étaient quasi évanouies.

Des raisons de bon sens

D’abord parce que les challengers Saab et, surtout, Boeing, sont revenus à la charge auprès de la nouvelle équipe gouvernementale. Mais aussi pour une série d’arguments techniques et économiques nullement déshonorants pour l’avion français, mais qui relèvent plutôt du bon sens du point de vue du cahier des charges du Brésil.

Comme l’a annoncé mercredi son ministre de la Défense Celso Amorim, «le choix s'est  fondé sur l'équilibre entre trois points: le transfert de technologie, le prix de l'avion et le coût de son entretien». Les transferts de technologie concédés par Dassault étaient certes proches de 100%, mais le Rafale était aussi le plus cher des trois (et le Gripen le moins cher).

L’ancien ministre de la Défense français Hervé Morin comparait cet avion «multi-missions» et ultrasophistiqué à une «Ferrari», et l’avion suédois, monomoteur et plus léger, à une «Volvo». Souvent reprise depuis avec un brin d’autosatisfaction par divers responsables français, cette image n’est sans doute pas fausse mais explique précisément le bien-fondé du choix brésilien: pays sans ennemis, le Brésil n’a guère besoin du nec plus ultra des avions de chasse pour surveiller ses frontières.

D’autre part, Saab avait intelligemment préparé le terrain, en développant des liens avec Embraer et en investissant sur le pôle aéronautique de São José dos Campos, situé dans une banlieue ouvrière de São Paulo, fief de l’ancien président Lula.

Or Embraer, devenu le troisième constructeur aéronautique mondial et l’étendard de l’industrie brésilienne, sera le partenaire local de Saab, très impliqué dans ce contrat et dans ses suites, les transferts de technologie étant là aussi quasi totaux.

Enfin, la première économie latino-américaine n’est plus dans le même état d’optimisme, voire de triomphalisme, qu’en 2010, avec une croissance qui se traine autour de 2% et des pressions inflationnistes. «La situation est nettement plus mauvaise que prévu, estime Pierre Salama, économiste spécialiste de l’Amérique latine, en termes de croissance mais aussi de capacité du pays à contenir ses dépenses publiques. Les mouvements sociaux de juin ont révélé l’état catastrophique des infrastructures  de transport. En outre, le coût faramineux de la préparation de la Coupe du Monde de Football et les retards accumulés sur tous les chantiers ont fait littéralement éclater la bulle de corruption dans le pays et ont cristallisé les mécontentements».

Les manifestations se sont calmées depuis mais le climat reste tendu et, dans ce contexte, il eut été difficile à Dilma Rousseff d’assumer le choix d’un avion militaire prestigieux mais très cher.

Le message à Washington

En revanche, le moment qu’a choisi la présidente brésilienne pour rendre publique sa décision a surpris: les tensions économiques et sociales actuelles auraient pu l’inciter à continuer de temporiser, malgré l’insistance de son lobby militaire.

Après tout, cet appel d’offres lancé il y a 12 ans du temps du président Fernando Henrique Cardoso, a déjà été maintes fois reporté, au gré des coupes budgétaires et des échéances électorales. Certes, les Mirage 2000 achetés d’occasion à la France (qui constituent l’essentiel de la défense aérienne du Brésil) sont aujourd’hui en bout de course mais il était néanmoins possible de laisser passer les échéances du Mondial et surtout de l’élection présidentielle de 2014 (où Dilma devrait être de nouveau candidate). Les négociations exclusives avec Saab vont de toute façon prendre des mois (le contrat devrait être signé fin 2014) et le premier Gripen ne sera pas livré avant  2018.

En outre, relève Pierre Salama, les scandales de corruption qui se succèdent obsèdent tellement l’opinion que cette annonce soudaine a aussitôt soulevé des soupçons dans la presse, du côté par exemple de la mairie de São José dos Campos (où se trouve le pôle aéronautique).

On peut par ailleurs remarquer qu’annoncer le choix de l’avion suédois quatre jours après la visite d’Etat de François Hollande manque singulièrement d’élégance vis-à-vis de ce «partenaire stratégique» qu’est la France (le PDG de Dassault était du voyage, attestant du fait que Paris tentait encore d’y croire).

L’explication de ce timing bizarre tient en 3 lettres: NSA. On le sait, le lobbying intense et permanent de Washington depuis 2011, a été très efficace auprès de l’équipe de Dilma Rousseff, elle-même nettement moins distante vis-à-vis des Etats-Unis que ne l’était son prédécesseur.

Au printemps dernier, le F-18 apparaissait comme le grand favori, certains médias brésiliens prédisant une décision rapide en sa faveur.  Jusqu’à ce que le scandale des écoutes américaines n’éclate. Comme l’a déclaré dès mercredi à l’agence Reuters un proche du gouvernement brésilien, «le problème de la NSA a ruiné (les chances) des Américains».

Les révélations de l’ancien consultant de l’agence de renseignement, Edward Snowden font en effet état de la surveillance des mails, appels et SMS de l’entourage présidentiel et de la présidente brésilienne elle-même. «Ni la présidence ni les Brésiliens n’ont aimé découvrir cela. Cette affaire a réveillé l’antiaméricanisme latent dans le pays, explique Pierre Salama. Dilma Rousseff n’avait donc d’autre choix que de riposter en rejetant l’option Boeing. Mais il était important qu’elle le fasse vite, sans attendre que l’indignation ne retombe, pour s’affranchir de toute nouvelle pression américaine. Un an ou deux plus tard, cela n’aurait plus été possible».

Autrement dit, Dilma devait profiter d’un rapport de force en sa faveur, face à une administration américaine sous le coup de l’opprobre internationale. Une attitude en outre payante pour la quasi candidate à sa propre succession qu’elle est déjà.

Quant à son comportement cavalier à l’égard de  François Hollande, «la France a perdu beaucoup d’influence en Amérique latine, et notamment au Brésil, lors de ces dernières décennies: elle est devenue une puissance de second rang, lui déplaire n’est pas bien grave», ajoute Pierre Salama, désabusé.

Non sans reconnaitre que le partenariat stratégique entre les deux pays a de l’avenir (avec notamment un contrat d’1 milliard de dollars pour Areva, des accords dans le satellite et le pétrole off shore, sans parler du méga-contrat d’armement en cours depuis 4 ans avec DCNS dans les sous marins).

Et c’est ainsi que l’avion militaire suédois Gripen NG, option jugée économiquement sage et pragmatique, a été choisi par défaut, pour des raisons hautement politiques.

Source : http://www.slate.fr/story/81493/rafale-bresil

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 13:58

Satyajit Das est un financier mondialement connu, spécialiste du risque bancaire. Avec "Extreme Money" (Editions Le Jardin des Livres), il raconte comment la crise a été vécue au sein de Wall Street par les traders et pourquoi leurs réactions et leurs actions ont été "surréalistes". Extrait (2/2).

À l'ère du capital, une économie plus grande apparaît, en fait deux boîtes empilées l'une sur l'autre – l'économie réelle et l'économie de l'argent extrême, avec sa dette et sa spéculation excessives. Dans la crise financière mondiale, la boîte de l'argent extrême disparaît, ne laissant plus que la petite boîte de l'économie réelle, une fois de plus.

 Le monde possède désormais moins de richesse, plus de dette et risque de connaître une croissance plus faible. L'amélioration des niveaux de vie, que l'on considérait comme un fait acquis, est susceptible de ralentir. Pour certains pays ou couches sociales, qui ont vécu au-dessus de leurs moyens, le niveau de vie va certainement baisser, sans doute fortement.

Dans un monde à l'inégalité croissante, un petit groupe deviendra encore plus riche, transformant des compétences rares en une part accrue du gâteau économique. Beaucoup de gens seront marginalisés, entraînés dans une existence précaire et incertaine, au sein d'un monde infernal où régneront l'insécurité de l'emploi et des revenus stagnants. Comme l'avait prédit le journaliste Peter Gosselin : « Quelques rares élus disposeront d'une grande richesse pratiquement sans risque, alors que la majorité devra accepter la possibilité qu'un retour en arrière – de leur propre fait ou de celui d'un autre – pourra détruire ce qu'ils auront mis toute une vie à rassembler. » (833) Dans un monde économiquement fragile, les gens ordinaires considèrent le futur pour eux-mêmes et pour leur enfants avec anxiété. Face à des perspectives de carrière incertaines, même des jeunes gens munis d'une solide formation pourront se sentir désespérés et de plus en plus privés de droits. « J'ai tous les diplômes possibles et imaginables, sauf le diplôme de mort. »

Les entreprises se mettent en quatre financièrement pour survivre et maintenir leur rentabilité. À court terme, elles gagnent de l'argent, serrant les coûts, réduisant le personnel et les avantages. Elles ne créent des emplois que dans des pays où le coût du travail est faible et où les perspectives de croissance sont meilleures. Mais à la fin, la faible croissance économique les rattrape, érodant les profits. Le pari héroïque selon lequel la croissance et l'inflation sauveraient le monde en résolvant le problème des niveaux excessifs de dette a peu de chance d'aboutir. L'emprunt public ne peut pas se substituer complètement et indéfiniment à la demande privée, et les gouvernements seront en fin de compte contraints de réduire la dette. En 1939, Henry Morgenthau, secrétaire d'État américain au Trésor, l'admettait déjà : « Nous avons essayé de dépenser de l'argent. Nous dépensons plus que nous ne l'avons jamais fait et cela ne marche pas. » (835)

Anticipant une plus grande exigence des investisseurs à la suite de la crise continue de la dette européenne, tous les gouvernements essayent d'améliorer l'état des finances publiques. Ils réduisent les dépenses de sécurité sociale. L'allongement de la durée du travail contraint la plupart des salariés à travailler quasiment jusqu'à la tombe, car leurs retraite sont insuffisantes. Les gouvernements ajoutent des impôts ; cela donne du travail à une flopée de comptables, avocats et banquiers privés, qui permettent à ceux qui peuvent se payer leurs honoraires de ne payer qu'un minimum d'impôts.

Les leaders mondiaux passent d'un sommet à un autre, corroborant le conseil de John Holbo (« deux pas de futilité ») pour faire face aux médias : « Dites quelque chose d'ambigu après quelque chose de tellement fort qu'il semblerait absurde et idiot de le mentionner. Si vous êtes attaqué, sautez d'un pied sur l'autre autant que nécessaire, en conservant un visage sérieux. » (836) Le niveau du débat politique s'élève rarement au-dessus de l'économie qu'on enseigne au lycée. Malgré ses prétentions mathématiques, la discussion est « menée en des termes qui seraient tout à fait familiers à des économistes des années 1920 et 1930, soulignant ainsi le manque de progrès de nos connaissances en 80 ans ».(837) Il n'existe aucune solution simple et sans douleur.

Le monde doit réduire sa dette, restreindre la part financière de l'économie et changer les structures incitatives destructrices de la finance. Les individus des pays développés doivent épargner plus et dépenser moins. Les entreprises doivent retrouver le coeur de leur activité. Les gouvernements doivent mieux équilibrer leur comptes. La banque doit devenir un mécanisme pour rapprocher épargnants et emprunteurs, pour financer des choses réelles. Les banques ne peuvent pas être plus grandes que des nations, des États dans l'État. Les pays ne peuvent compter sur la dette et la spéculation pour financer la prospérité. Le monde doit vivre selon ses moyens.

Réformer l'économie, tenir l'argent extrême en laisse, n'est pas difficile, mais implique des coûts élevés à court terme, ainsi qu'une croissance et des niveaux de vie plus faibles à moyen terme. Des compromis impopulaires et politiquement intenables signifient que les politiciens choisissent une voie avec moins de résistance, engageant plus d'argent pour restaurer le statu quo ante, en utilisant de la dette publique pour entretenir le système, absorber les pertes privées et ralentir la réduction de la dette. Le ministre allemand des finances, Peer Steinbruck s'est interrogé sur la pertinence de cette approche : « Quand je les interroge sur les origines de cette crise, les économistes que je respecte me disent que c'est le crédit qui a financé la croissance des dernières décennies. N'est-ce pas la même erreur que tout le monde est en train de commettre ? » (838) Le monde cherche désespérément à croire que la crise est passée, que les bons moments sont de retour. Gatsby, lui aussi, s'est construit une illusion avec laquelle vivre. Pendant un moment, ses rêves semblaient si proches qu'ils étaient presque accessibles. Mais il ne savait pas qu'ils étaient déjà derrière lui. (839)

833 P. Gosselin High Wire: The Precarious Financial Lives of American Families, Basic Books: 234. 834 R. Donadio "Europe"s young grow agitated over future prospects" 1 jan 2011 New York Times.
835 http://en.wikipedia.org/wiki/New_Deal
836 http://crookedtimber.org/2007/04/11/when-i-hear-the-word-culture-aw-hell-with-it
837 G. Clark "Dismal scientists: how the crash is reshaping economics" 16 fev 2009 Atlantic Monthly.838 Newsweek (15 décembre 2008).
839 F. Scott Fitzgerald (1973) The Great Gatsby (Gatsby Le Magnifique), Penguin Books, London: 188.

Voir l'article dans sa totalité : http://www.atlantico.fr/decryptage/cinq-ans-apres-t-on-reussi-sortir-modele-financier-qui-provoqua-crise-2008-satyajit-das-932027.html#SqQH6TuSCp0UPj9E.99

"Extreme Money", Satyajit Das (Editions Le Jardin des Livres), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.    

http://www.atlantico.fr/sites/default/files/u39253/2013/12/money.jpg

     

 

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 12:29

Une tribune de Nabil Bayahya, executive partner en charge de la practice consulting au sein d'un cabinet international d'audit et de conseil.

Le concept d'émergence est apparu dans les années 1990 pour désigner une mise à niveau économique rapide dans une période d'ouvertures tous azimuts. Il a été marqué par le triomphe idéologique du libéralisme sur le socialisme, à coups de « thérapies de choc », dont les instances internationales ont fait le modèle de la gouvernance.

Le Maroc n'a pas été épargné par cette évolution où le politique, l'économique, et le social sont étroitement liés. Mais à l'heure du bilan, alors que la crise mondiale vient remettre en cause le modèle occidental, et que les révolutions arabes ont eu raison des régimes autoritaires, le royaume conserve une étonnante stabilité, malgré trois décennies de réformes et de contestations. Longtemps regardé avec circonspection pour ses choix peu orthodoxes, le compromis chérifien intrigue désormais par son modèle de transition démocratique et de décollage économique.

Le poids de la dépense publique

Le Maroc n'a pas attendu la fin de la Guerre froide pour lancer les réformes libérales. Confronté à une faiblesse structurelle de son équilibre budgétaire, le Maroc a fait appel dans les années 1980 à l'aide du FMI, qui a répondu par son Plan d'Ajustement Structurel (PAS), lequel fut le point de départ d'une longue série de réformes.

Dans le collimateur du FMI figure avant tout, la dépense publique sous toutes ses formes. Or, comme dans de nombreux pays à l'économie dirigiste, l'emploi public a été longtemps utilisé comme un système social en tant que tel, agissant aux côtés de l'informel comme une variable d'ajustement d'un taux de chômage resté relativement bas.

Dans une société caractérisée par un taux de pauvreté parmi les plus élevés au monde, ces restructurations douloureuses ont révélé la fragilité du lien social. Les décennies 1980 et 1990 ont ainsi été marquées par des émeutes violentes et récurrentes, durement réprimées, maintenant le Maroc, à l'instar de ses voisins, dans un état de tension permanente. Aujourd'hui encore, la caisse de compensation, qui assure un accès à bas coût aux produits de base, reste politiquement trop sensible pour être réformée, à moins d'être remplacée par un système de protection sociale universel, sur le modèle de l'AMO et du RAMED qui préfigure un Etat providence à l'européenne. 

In fine, les réformes structurelles n'ont pas eu raison d'un système social certes archaïque mais puissant. Loin de se désengager, l'Etat est resté l'acteur public majeur, et a concentré sur sa propre gouvernance le poids des réformes.

L'émergence démocratique

Face au FMI centré sur les réformes budgétaires, la Banque mondiale publie en 1992 un rapport célèbre intitulé « Gouvernance et développement », dans lequel elle défend l'équivalence entre démocratie et émergence économique. Cette théorie va se vérifier au Maroc, où les réformes économiques des deux dernières décennies ont été largement le fruit d'une transition démocratique voulue et assumée par la monarchie elle-même.

Tout au long des années 1990 le roi Hassan II avait entamé un rapprochement avec les partis de l'opposition, en vue de préparer une alternance qui fut effective en 1999. Entre temps, le rôle du Parlement avait été renforcé, et l'administration territoriale avait gagné un échelon régional en vue d'une future décentralisation. Le roi Mohammed VI a hérité d'une série de réformes qu'il s'est attaché à poursuivre de manière spectaculaire, en particulier sur la liberté d'expression, le respect de la diversité culturelle au Maroc, ou la défense des droits de l'homme en général et le droit des femmes en particulier.

Même si beaucoup reste à faire, la Constitution du 1er juillet 2011 a été l'aboutissement de ce mouvement de fond, qui associe à un pouvoir exécutif démocratiquement élu, des principes de bonne gouvernance désormais gravés dans le marbre : l'universalité et la continuité des  services publics, la transparence, la reddition des comptes, et la responsabilisation des agents, la lutte contre la corruption, la liberté de concurrence...

En route vers la bonne gouvernance

Si les privatisations ont été peu nombreuses au Maroc, critiquées pour leur propension à attirer des investisseurs étrangers peu intéressés par la politique industrielle, la nouvelle gestion publique a néanmoins mis en avant l'autonomie de gestion à travers d'innombrables établissements publics, agences, ou groupements d'intérêt publics, aux côtés des entreprises publiques restées dans le giron de l'Etat. Malgré des résultats contrastés et une persistance des lourdeurs administratives, l'action de l'Etat y a gagné en efficacité.

Surtout, le Maroc a innové dans les nouveaux modes de planification à travers les stratégies sectorielles, qui ont permis de structurer l'intervention de l'Etat en définissant des objectifs clairs, des chantiers structurants, et de plans d'actions concrets, dotés de moyens en rapport avec les ambitions. Ces plans Maroc Vert, Emergence, ou Azur, affichent des succès certains, et inspirent des nouveaux modèles de développement à travers toute l'Afrique notamment. Elaborés avec l'appui de cabinets de conseil internationaux, ils ont été pensés sans  partis pris idéologiques, pour privilégier des montages optimisés à coup de partenariats publics-privés.

Enfin, l'application littérale des principes de décentralisation et de participation ont permis l'apparition d'un nouveau mode de gestion de l'action publique à travers l'Initiative Nationale de Développement Humain. L'INDH est fondée sur un appel à projets au niveau local à partir d'objectifs nationaux, pilotée grâce à un système sophistiqué de suivi et d'évaluation autour d'indicateurs sociaux. Elle apparaît aujourd'hui comme un véritable laboratoire de la bonne gouvernance.

Loin d'avoir été délaissée ou dégraissée, l'action publique a surtout été reprise en main pour former un modèle de développement original, basé sur une synthèse entre gestion rigoureuse, et gouvernance participative associant société civile, acteurs économiques, administration, et élus.    

Transition démocratique, décollage économique, ouverture à la fois sur l'Europe et l'Afrique, font aujourd'hui du Maroc un modèle à part à condition de maîtriser les disparités et les inégalités, qui constituent la source principale de tensions sociales, et de poursuivre dans la voie des réformes économiques majeures pour une croissance économique durable.

Nabil Bayahya est diplômé de Sciences Po Paris. Il est actuellement Executive Partner en charge de la practice Consulting au sein d’un cabinet international d’Audit et de Conseil. Il intervient  régulièrement dans les colonnes du premier quotidien économique du Maroc, L'Economiste (www.leconomiste.com)   notamment sur des thématiques culturelles ou politiques 
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Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/quelles-lecons-tirer-exemple-marocain-nabil-bayahya-933381.html

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 11:02

Pour les première et deuxième parties de cet article, voir :

 * La place centrale de " l'action d'ensemble " dans l'oeuvre du Général Lyautey au Maroc : une leçon utile à tirer de l'Histoire ! - Première partie - 

ainsi que 

 * La place centrale de " l'action d'ensemble " dans l'oeuvre du Général Lyautey au Maroc : une leçon utile à tirer de l'Histoire ! - Deuxième partie - !
... / ...                                                      
L'un des permiers actes de l'occupation fut de tracer tout autour des villes de larges routes bien empierrées. Routes stratégiques, routes économiques et pistes provisoires, sortirent du même coup sous la pioche des services du génie. le but était de relier par un réseau deplus en plus serré les centres d'échanges et de multiplier le va-et-vient de la zone commerçante, en la reliant aux zones militaires.
De Rabat à Fez et à Marrakech, la piste d'abord, puis le petit rail stratégique à voie étroite, qui précède la voie ferrée définitive, la route ensuite. Tout cela se suit ou se superpose, et l'indigène marocain prouve une fois de plus ses facultés d'adaptation en se hâtant d'adopter, chaque fois qu'il le rencontre, le dernier perfectionnement.
A peine la route établie, il quitte la piste, et défile lentement sur la voie nouvelle avec ses chameaux et ses ânes. Dès que les wagonnets crculent, il n'hésite pas à faire voyager ses produits par le rail auquel il confie également sa famille et lui-même.
Rien ne l'étonne, ou du moins, rien ne lui arrache un geste d'étonnement. Sa passion pour l'auto fut immédiate. Homme des villes et des plaines, agriculteur ou commerçant, d'habitudes pacifiques, il ne s'effraie pas aisément. le goût du danger subsiste encore en lui car, comme le dit l'adage arabe : " Le Tunisien est une femme, l'Algérien est un homme, le Marocain est un guerrier ". 
Il est aussi un incorrigible curieux, de compréhension rapide, capable de soutenir l'effort prolongé du travail et, même s'il se trouve être de souche plébéienne et paisible, il garde encore en lui un peu de l'âme du conquérant. Tout ceci forme, dans son ensemble, une population très spéciale, très vivante, à cent lieues de l'éternelle lassitude qui anémie les gens de l'Orient méditerranéen et le fellah d'Egypte ; ceux-ci ne se résignent qu'au minimum de l'effort ; le Marocain a des muscles plus solides et son activité est intense.
Ce qui reste des populations décimées par une hygiène si longtemps insouciante et par les razzias périodiques forme un noyau d'hommes solides, résistants, duts à la peine, économes de leurs deniers, fort prévoyants. Pour les contenir, il fallait leur montrer du même geste la force prête à sévir maisprête aussi à protéger.
Ces laborieux à la fois audacieux et prudents, réfléchis et impulsifs, suivent attentivement la leçon des faits. Immédiatement ils comprirent les raisons d'être de la route et du dispensaire et mirent à profit ce que le maître du moment leur accordait. Tout les intéressa, ils pressèrent à la consultation médicale aussi bien qu'au marché, et ce sens si précis de l'occasion fugitive qui les porte à la saisir, avant qu'elle ne s'échappe, devint pour le Protectorat un très grand argument.
Ils n'ont pas de fanatisme sincère ; âprement jaloux de leurs coutumes et de leurs traditions, passionnément attachés à leur vie locale, ils admettront que le maître étranger relève de leurs villes, répare leurs enceintes et fasse de l'ordre dans leur désordre, mais un geste maladroit suffit à déchainer l'émeute qui, de suite, crée de l'irréparable ; la grande force du général Lyautey fut d'arrêter ce geste.
La ligne Fez, Meknès, Rabat, Casablanca, Marrakech, au long de laquelle l'oeuvre et s'enchaine, sera toujours l'armature centrale d'une construction qui s'étend déjà bien au-delà des limites de la première heure. Mais, lors même que le Maroc actuel se trouverait deux fois élargi, cette armature demeurera le centre vital de l'empire, sa grande région de richesse et d'influence. Les trois millions et demi d'indigènes qui peuplent le Maroc français sont répartis, aux trois quarts, sur ce grand foyer d'influence. Dès les premiers mois, le Protectorat concentra là son effort économique. Il y obtint ses premiers résultats, opérant par des bonds progressifs vivement menés.
A Rabat, centre des services, le Bureau des Etudes Economiques élargissait rapidement les baraquements des premières heures, le public s'y pressait de plus en plus nombreux ; tout un personnel spécial était formé sur place pour organiser dans chacun des grands centres marocains un bureau semblable qui devait centraliser les questions économiques particulières à la région. Toutes ces décisions urgentes qui s'imposaient entrainaient une série d'études : ouverture d'un port sur le Sebou, rendement commercial des ports de Rabat et de Casablanca, utilisation de Fedalah comme port de débarquement ; cette mise au point des questions économiques appelait une réorganisation administrative et financière immédiate ; la révision des domaines, des biens maghzen ne pouvait plus être différée. Il s'agissait de répartir à nouveau et de consolider un tiers du Maroc pacifié. Les biens habous, ces fondations pieuses si nombreuses sur terre islamique, étaient également en détresse ; il fallait en surveiller la gérance, tout en sauvegardant les intentions des donateurs. Ces divers contrôles entrainaient un remaniement complet du cadastre, une réforme profonde de la justice indigène.
Avant tout, il importait d'organiser la justice française, ce qui seul pouvait permettre la suppression des capitulations et des juridictions consulaires dont les fréquents abus étaient intolérables. Les " protégés ", ces parasites des consultats et des légations, se recrutaient dans les pires éléments des populations citadines, parmi ces bandes d' " outlaws " que les régimes en décadence laissent se former autour d'eux. La plupart des clients de ces juridictions consulaires avaient un lourd passé, des appétits énormes. L'Allemagne recrutait dans leurs rangs ses partisans et ses intermédiaires les plus résolus. Neutraliser leurs intrigue était fort difficile ; la confusion de luttes diplomatiques les abritant toujours en temps voulu. Il fallait opposer à ces éléments flottants une juridiction française qui devait s'adapter au pays, se plier à ses exigences et s'assouplir aux nécessités des différentes régions tout en gardant sa claire ordonnance.
Cette organisation judiciaire apparaissait, dès la première accalmie, comme une part essentielle de l'action protectrice, peut-être la plus pressante. L'accord franco-allemand de 1911 admettait la suppression des juridictions consulaires, mais sous cette réserve que le Protectorat fût en état dde les remplacer par des tribunaux assurant aux étrangers toutes les garanties nécessaires.
Le Résident Général se trouvait aux prises avec les difficultés d'une triple législation : capitulations, Protectorat, autorités chérifiennes, chacune ayant son code particulier. Un pareil état de fait ne pouvait se prolonger sans interrompre à tout moment la marche de l'organisation. L'antinomie intolérable entre le régime des capitulations et celui du Protectorat s'aggravait à mesure que l'essor économique s'amplifiait. Un statut judiciaire, applicable à tous, pouvait seul amener les puisances à renoncer aux droits de juridiction qui étaient la négation même du Protectorat qu'elles avaient accepté.
Il s'agissait encore d'organiser les tribunaux de telle daçon que les étrangers fussent désireux d'en devenir justiciables.
Le code Napoléon, légèrement modifié et adpaté, fut mis en pratique avec une procédure relativement simplifiée. Il devint ainsi, dirent les jurisconsultes français et étrangrs, un modèle de clarté et de législation rapide. Sous cette forme renouvelée, il apparaissait comme le plus souple et le plus moderne des instruments de juridiction. Des juges de paix à pouvoirs très étendus, doublés de secrétaires-greffiers, supprimaient les notaires, les huissiers et toute la coûteuse procédure des tribunaux européens. La grande réduction des frais judiciaires fut appréciée de tous, bientôt les juridictions consulaires tombèrent d'elles-mêmes.
Ce monument historique, très hardi, contenait une série de codes établis par les premier juristes de France, sur des traditions essentiellement françaises mais tenant compte, dans la plus large mesure, des progrès accomplis à l'étranger et des conditions particulières du Maroc.
Ces codes étaient d'une netteté, d'une équité indiscutables, les solutions se rapprochaient presque toujours des dernières formules adoptées par la Convention internationale de la Haye.
Le Maroc français, sitôt doté de sa législation nouvelle, mit à létude le remaniement complet de la justice indigène, question des plus délicates pour laquelle tout le tact et la science des spécialiste en droit mulsuman n'était pas de trop
. Le vieux Maroc cruel et fermé s'adaptait cependant avec une docilité inattendue (cf. Dépêche marocaine, 22 mai 1913). Son excellente mémoire enregistrait les leçons reçues, il n'en gardait pas rancune. Les tribus rudement châtiées la veille venaient le lendemain participer à la vie courante. Nous avions éveillé ce grands corps engourdi, il acceptait le présent et ses bénéfices.
On lui avait murmuré : " vous serez comme le fellah réduit en esclavage ", mais les évènements démentaient ces fâcheux propos ; l'indigène marocain ne croit guère qu'aux faits palpables. Il voyait, autour de lui, chaque maître de ses profits, et le mouvement laborieux dont il était l'un des rouages convenait à son esprit pratique. Il profitait des travaux municipaux activement conduits dans les villes, de l'outillage agricole, et s'intéressait aux expériences tentées dans les jardins d'essais ; rien ne lui échappait dans cette mise nen valeur méthodique du pays.
Se serait-il désintéressé de l'effort, lui opposant son hostilité, que la conception du Protectorat s'effondrait comme tant d'autres tentatives. Le mot du Général au début des grands travaux : " J'aime les guerres coloniales parce qu'elles ne sont pas destructives mais constructives "acquérait déjà sa signification complète. L'oeuvre pacifique se propageait à travers tout l'empire.
Le Protectorat entrait en possesssion de outes ses directions : travaux militaires, travaux urbains, postes et télégraphes, voies ferrées, transports automobiles sillonnaient le Maroc. Jamais de promesses, des réalisations.
[...]









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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 10:58

Pour la première partie de cet article, voir La place centrale de " l'action d'ensemble " dans l'oeuvre du Général Lyautey au Maroc : une leçon utile à tirer de l'Histoire ! - Première partie - 
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Le projet d'emprunt marocain admis par le gouvernement, - le vote allait en êtr retardé par une longue sériue d'interruptions malencontreuses, - s'élevait à 230 millions.
Les dettes du Makhzen étaient de 25 millions, la créance du gouvernement français atteignait 70 millions ; ceci formait pour le passif seul du Makhzen un total de 95 millions.
C'était un gros chiffre, mais la liquidation de ce lourd passé s'imposait.
Les 135 millions restants se répartissaient ainsi :
 - 10 millions d'indemnité pour les victimes des évènements de Fez et de Marrakech ;
 - 50 millions pour les travaux du port de Casablanca déjà bien avant d'adjudication ;
 - 26 millions 250 000 francs pour les routes, ce chapitre essentiel de la pénétration marocaine.
 - 15 millions pour les services publics, chiffre modeste qui devait être forcément dépassé, mais nul ne pouvait alors prévoir l'extension si rapide de l'action protectrice ;
 - 10 millions pour les hôpitaux et les dispensaires. L'énergie et le dévouement du corps médical allaient exploiter ces ressources à l'extrême, et l'un des arguments principaux de notre présence au Maroc allait être l'assitance médicale aux indigènes ;
 - Il fallait encore compter 10 millions pour les écoles et les collèges ;
 - 5 millions pour les postes, télégraphes et téléphones ;
 - 2 millions pour les forêts ;
 - 800 000 francs pour les irrigations et les champs d'essai ;
 - 50 000 francs pour la carte du Maroc ;
 - 2 500 000 francs pour le cadastre ;
 - 3 250 000 pour les travaux des villes.
Cette répartition des 230 millions de l'emprunt, énumérée ainsi, ne paraît qu'une sèche nomenclature du budget administratif. Elle contenait cependant de quoi faire rêver tous ceux que le Maroc avait déjà conquis par sa forte emprise, et si, à notre époque, tout se résume par le chiffre, ce chiffre-là semblait plus qu'une promesse : il était un programme en plaine réalisation. Devant toute cette activité, le " mektoub " musulman, l'inéluctable " c'était écrit ", contemplait avec intérêt l'allant français. Celui-ci ne cherchait pas à le contraindre et se bornait à entraîner par la contagion de l'exemple et les avantages du travail à deux. Le fatalisme indigène trouvait aussi chez le nouveau maître deux vertus qu'il admire : le brio et le sentiment des réalités. Conquis pas ces deux facteurs, il consentait à s'émouvoir et donnait un effort sans lequel la protection ne pouvait agir.
La répartition du Maroc en régions administratives distinctes, pourvues chacune d'une large autonomie, favorisa dès les premiers mois les effets de l'association. A Fez, Meknès, Rabat, Casablanca, Marrakech, surces cinq territoire aussi résolument acquis aux bénéfices de la tranquillité que les banlieuses de Paris ou de Londres, des populations que rien ne rapprochait encore conservaient leurs coutumes et leurs juridictions locales. Tout se passait à l'opposé de nos méthodes algériennes : " Les résultats obtenu permirent, en 1913, c'est-à-dire après moins d'une année de Protectorat, d'envisager l'installation d'une administration civile, en Chaouïa et dans le Gharb, ainsi que dans la banlieue Rabat ". (cf. L'histoire et l'organisation du Protectorat, par M. Henri Gaillard. Conférences franco-marocaines, tome 1er).
Il était déjà loin, ce passé qui datait d'hier, lorsque le Sultan et son Makhzen, suivis du coffre aux archives, se promenaient entre les différentes capitales chérifiennes, à la tête d'une harka qui razziait tout sur son passage. Aujourd'hui les cinq grandes croisées de routes des plaines marocaines, ces carrefours où viennent aboutir les échanges, se trouvaient sillonnées par les premières voies de pénétration, le rail allait les unir, chacune recevait, dans une répartition à peu près égale, les organismes nécessaires à toute vie civilisée. On créait ainsi, peu à peu, un Maroc homogène, englobant les grandes régions agricoles et forestières, le pays makhzen, ses villes et ses richesses. Le système vital de l'empire, actionné pour la première fois par une seule impulsion, trouvait enfin ce qui lui avait toujours manqué jusqu'ici : un noyau central protégé contre l'invasion.
Le Sultan et le Makhzen apprenaient à vivre et, si leurscasses se remplissaient moins vite qu'auparavant, elles acquéraient par contre cette faculté inattendue de conserver quelques réserves.
Les cinq grandes régions chérifiennes : Fez, Meknès, Rabat, Casablanca, Marrakech, étaient organisées simultanément, ce qui privait la résistance de son procédé le plus familier : le désordre reprenant ses droits sitôt que le vainqueur se tourne vers un nouvel obstacke. La simultanéité, l'impulsion pareille, partout à la fois, allaient éviter ce perpétuel reflux de la guerre. En accordant ainsi, d'un même coup, au pays pacifié les mêmes privilèges, le Protectorat s'assurait un nombre considérable de partisans qui lui épargnaient le sort de toutes les occupations précédentes, rejetées à la côté après une résistance plus ou moins longue.
Les rivalités chroniques des grands centres cédaient devant la force du régime protecteur. Ainsi pour les gens de Rabat-Salé, de Fez ou de Meknès il n'y avait plus de honte à s'entendre. Une force supérieure les y contraignait, l'honneur était sauf.
A Paris, tous ces mots : " pacification, chemins de fer, ports, voies de pénétration, politique indigène " que prodiguaient, très fiers de leur science nouvelle, les touristes arrivant de Rabat ou de Casablanca, semblaient dénués de signification. L'oeuvre semblait inconnue de ceux qui ne s'en étaient pas approchés.
L'action marocaine ne s'entrevoyait que vaguement, à travers les dépêches parlant d'opérations militaires ou relatant la marche des colonnes, leurs pertes, leurs combats : le reste semblait l'inévitable redite de toute oeuvre coloniale. Mais le Maroc eut l'heureux destin de s'attirer l'appui de quelques personnalités qui s'attachèrent à lui et plaidèrent pour lui devant le Parlement, avec une conviction ardente, aux moments les plus critiques. Ce fut sa chance
.
C'est qu'il suffisait d'aller sur place, de le voir au travail pour devenir son meilleur partisan, et si le Protectorat fut, à ses débuts, méconnu par la foule, ses quelques amis et les pionniers de la première heure le soutinrent ardemment. Indifférent aux blâmes et aux éloges, emporté par sa propre impulsion, il se hâtait dans sa progression rapide, sachant qu'il fallait, avant tout, doubler les étapes.
Le budget enfin à peu près établi, le rail militaire lancé provisoirement comme agent de liaison entre les différents centre, il devenait possible de vivre et de respirer, mais sans perdre la vitesse acquise.
Chaque fois qu'une menace troublait le ciel marocain, Fez était, pour le Résident Général, le baromètre enregistreur de son entente avec le monde musulman, et c'est sur Fez que se portait toute sa vigilance. Les efforts des premiers instants étaient continués. La municipalité indigène, le Medjless, tenait ses premières promesses et s'adaptaient aux innovations qui lui étaient imposées. Les notables indigènes discutaient avec les officiers européens sur pied d'égalité. Ceux-ci avaient pour consigne de ne pas ordonner, mais de persuader. Fez apprenait les principes sanitaires dont elle ignorait jusque-là les premiers rudiments, et s amétamorphose surprenait tous ses habitués.
On cessa d'y mourir à toute occasion, les hôpitaux et les dispensaires luttèrent contre les maux affreux qui décimaient une population résignée à tout, sauf à construire ailleurs que sur des collines d'immondices. Les épidémies qui, sans raison apparente, la ravageaient d'un bout à l'autre de l'année, furent enrayées. L'oeuvre médicale de notre domination à Fez occupa certainement, dans la conquête marocaine, l'une des premières places; Il en fut ainsi dans toutes ces grandes cités de la plaine, dont le nom revient forcément à chaque page de l'histoire du Protectorat. Raconter l'une, c'est raconter l'autre. Si leurs physionomies diffèrent, si leurs façons d'être ne se ressemblent pas, le lien français qui les unit a sur chacun posé sa marque. C'est lui quileur donne ce même trait si frappant qui partout apparaît au premier abord, ainsi que cette netteté, cette ferme élégance d'une maison parfaitement ordonnée.

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Pour la troisième partie de cet article, voir : La place centrale de " l'action d'ensemble " dans l'oeuvre du Général Lyautey au Maroc : une leçon utile à tirer de l'Histoire ! - Troisième partie -






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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 10:50

Considérant que son contenu présente un réel intérêt à l'heure où les "épopées" militaires connaissent toutes, sans exception, des issues des plus improbables quand elles ne s'avèrent pas tout simplement dramatiques pour les populations indigènes autant que pour les forces d'occupation / pacification / libération ..., je propose ici la reprise fidèle d'un chapitre (le chapitre III intitulé : L'action d'ensemble) de l'édition de 1919 du livre de Berthe Georges-Gaulis intitulé : La France au Maroc - L'oeuvre du Général Lyautey publié chez Armand Colin.

                                                                                              ******************

" Pacifier et organiser, tout à la fois, mener d'un seul trait cette double direction, la faire une et la poursuivre d'après une même méthode, voilà l'idée maîtresse qui dirigea la pénétration marocaine et provoqua ses résultats rapides.
Jusqu'alrs, tous les conquérants s'étaient heurtés contre le mur berbère. Rome, les dynasties arabes, les premiers Chérifs, le Makhzen avaient usé leurs forces contre ce bloc qu'ils ne pouvaient désagréger. La conquête s'étendait sans laisser aucune trace durable, elle détruisait, elle passait.
L'histoire du vieux Maroc est une longue redite, le vainqueur eut toujours tort et se volatilisa, on ne sait trop comment, sous les rayons brûlants du soleil africain. Cette fois encore, si la formule coloniale courante avait été mise en oeuvre comme elle le fut en Algérie, cinquante ans d'efforts et de combats auraient certainement laissé les clans montagnards en possession paisible de leurs repaires. L'action d'ensemble dissémina la résistance par son double effet.
Conduire d'un même geste l'effort économique et politique, c'était décupler le prestige des armes et lui permettre enfin d'avoir un lendemain. Pour saisir la hardiesse de ce plan, adapté à des circonstances si complexes, il fut feuilleter la grnde presse de 1913, y surprendre l'ironique bienveillance des amis, la haine triomphante des ennemis, et retrouver, chez les uns comme chez les autres, cette conviction, que l'effort possible à mener sur un terrain limité : Haut-Tonkin, Madagascar, confins algéro-marocains, allait se heurter, devant un aussi gros morceau, à toutes les vicissitudes. Cependant, cette audace si vivement attaquée allait venir à bout du plus fameux des nids de guêpes que le vieux monde eût légués à sa descendance.
L'infiltration méthodique procéda par une série d'actes à la fois mesurés et rapides, amorcés d'après un plan nettement défini, accomplis d'un seul trait. Jamais il n'y a d'ébauche, la ligne jetée sur le papier est définitive. - L'action civile et l'action militaire vont du même pas alerte et sûr. Elles ont pour lien la simultanéité.
Conquête militaire et action politique gardent cetet vive allure, ces coups directs et adroits qui tous portent juste et ce même principe plus ou moins apparent : ne jamais tenter ce que l'on n'est pas certain d'accomplir. Préparer soigneusement l'investissement, mais, une fois l'assaut donné, aboutir. Quel que soit le terrain d'influence ou de combat, l'indigène ne doit jamais se sentir le plus fort.
Vaincu par les armes, apprivoisé par la persuasion, ses éléments indécis se rallieront les premiers, le prestige du succès séduira les autres, enfin l'appât de l'association fructueuse en bénéfices tangibles dissipera les dernières résistances.
La conquête s'attachera ainsi, peu à peu, les têtes de clans, l'élite directrice : oulémas de Fez, grands caïds du Sud, chefs des tribus de l'Atlas. Elle créera partout le marché, le contact entre proteteurs et protégés, par l'échange commercial et par le dispensaire indigène. Elle posera ces foyers d'entente jusqu'aux entrées de la dissidence ; mais quelle conviction, quelle énergie pour s'engager à fond sur ce bled incertain où tant d'autres s'étaient égarés après quelques victoires éphémères !
Dès ses premiers pas, l'action conquérante se posait en pacificatrice : ce fut son grand argument contre les remous de la rébellion. Elle organisait sans retard ce qu'elle venait d'acquérir et montrait aux insoumis la zone nouvellement déblayée comme un exemple de ce que peuvent obtenir l'ordre et le travail solidement protégés. Tout ceci est fort bien, à condition que le conquérant s'impose à lui-même une impitoyable discipline et n'ofre aucune prise aux remarques du plus observateur, du plus ironiste et du plus subtil des primitifs. Le Berbère a le sens critique remarquablement aiguisé.
La méthode appliquée au Maroc, méthode si simple et si claire pour laquelle tout gain de terrain est définitif et déclenche, sans retard, le jeu de l'organisation, unit deux formules contradictoires. Elle les amalgame tout en prenant à chacune la hardiesse ou l'habileté qui les caractérisent. L'action militaire devient politique et, par là, souple et prudente, l'action politique acquiert la force et le prestige de l'action militaire. Ce ne sont plus deux rivales qui cherchent à se nuire, mais deux associées travaillant en véritable accord. Dès 1912, ce fut la grande originalité de l'oeuvre. Une seule tactique, une seule stratégie civile et militaire, voilà ce que l'on retrouve à chaque tournant difficile de ces premières années de Protectorat.
Que de protestations accueillirent cette manière toute nouvelle d'organiser !
C'est que " l'esprit des hommes de gouvernement, à son degré supérieur de puissance et de clarté, est le génie des ensembles. Leur force est là, et, pour ceux qui sont grands, leurs lacunes mêmes, souvent à demi volontaires, viennent de là. Ce qu'on croit qu'ils méconnaissent n'est souvent que ce qu'ils négligent comme contrariant leur vue générale, mais trop secondaire ou trop accidentel, à leurs yeux, pour que la vérité de leur vue d'ensemble en soit altérée (Cf. Etudes et portraits littéraires du XVIIème siècle, par Emile Faguet). "
Le général Lyautey quitta Paris, le 20 janvier 1913, après une grande bataille parlementaire. Il venait d'obtenir le principe de l'emprunt qui devait " liquider le passé tout en préservant l'avenir " et rentrait au Maroc avec des pouvoirs encore plus étendus. C'était la certitude de pouvoir agir dans une indépendance relative. Il venait d'obtenir du pays, fort anxieux déjà de ses destinées immédiates, tout ce que celui-ci pouvait encore donner aux efforts extérieurs. Les promesses de l'emprunt permettaient d'agrandir le programme des grands travaux ; la second phase commençait.
Une importante nouvelle militaire l'accueillit à Casablanca : la prise de la Kasbah du caïd Anflous, dont la défection avait un instant compromis tout l'équilibre du front Sud. la culbute du nid d'aigle réputé imprenable effaçait le récent échec du détachement Massoutier. Celui-ci était resté à peu près seul, au moment critique, en face des dissidents, les contingents indigènes ayant tourné bride.
Aussi, dorénavant, les forces locales ne seront-elles plus utilisées ; les troupes sénégalaises combleront, dans le Sud, l'extrêe pénurie des effectifs métropolitains. Le commandement de la zone frontière était confié au général Brulard. Le partisan mahdiste El Hiba, le vaincu de Marrakech, " l'homme bleu ", l'agent toujours fidèle de l'Allemagne et grand meneur de guerre sainte, se réfugiait à Taroudant, sur le versant Sud de l'Atlas, et le général Lyautey réitérait une fois de plus ses directives : " Quand on devra agir, ce sera toujours par mesures irrésistibles, en ne dispersant pas les efforts, en évitant tout risque, en négligeant les affaires de détail afin de se réserver pour les buts qui en valent la peine, en ne se laissant pas entrainer par des appels intéressés et divergents, en ne perdant jamais de vue les situations générales du Maroc et du pays, en sachant limiter et sérier l'effort. "
Toutes les zones indécises, toutes ces marches frontières, placées sur les premières ondulations des grands contreforts de l'Atlas, continuaient à vivre sous la progression lente et mesurée de la conquête militaire. Le général Brulard montrait aux populations flottantes du Sous les troupes d'occupation. Il promenait ses colones d'un bout à l'autre de son secteur, ce léger rideau de figurants tenait en respect les masses hostiles, le prestige des armes françaises étant considérable.
De temps à autre, les Glaoua, nos grands vassaux du Sud, lançaient leur harkas contre les harkas d'El Hiba. En 1913, comme en 1918, il ne pouvait être question, pour nous, d'en finir d'un seul coup, nos ressources étant strictement limitées. Temporiser, maintenir à notre profit une situation indécise, élargir progressivement " la tâche d'huile " et poursuivre adroitement la marche, telles étaient les règles du jeu.
Au Tadla, toute l'action se bornait à maintenir la couverture protectrice de la Chaouïa ; derrière l'échelonnement du frêle cordon militaire, la grande zone des cultures prenait son plein essor.
Dans la région de Meknès, l'agitation chronique se reformait et deux tribus très belliqueuses qui sont aujourd'hui nos meilleurs auxiliaires, les Beni M'Guild et les Beni M'Tir, nous harcelaient sans répit. Un cercle d'investissement s'organisait contre leurs attaques ; le colonel Henrys - l'un des officiers les plus experts en politique indigène - allait obtenir l'apisemen d'un centre en perpétuel bouillonnement et rallier au Protectorat des partisans de choix.
Sur la Moulouya, jusqu'aux avancées orientales, toujours ardemment disputées, le réseau des postes tressait des mailles nouvelles. C'était bien là le noeud de la pacification marocaine, le trait d'union entre deux fragments d'un même territoire qu'avait autrefois sectionné un partage maladroit. Il fallait avoir combattu longuement sur les confins oranais pour connaître les données du problème. Le général Lyautey le connaissait sous son double aspect, et son plan de pacification marocaine tenait compte de toutes ses modalités.
La progression des armes partout assurée, le principe de l'emprunt admis, il devenait possible d'attaquer de front l'oeuvre économique. Tous l'attendaient, tous la réclamaient, les services du Protectorat fonctionnaient, l'heure de l'éclosion complète était venue.
Celà signifiait-il que Paris arrêtait ses attaques ? Non, très certainement.
[...]
Dans toutes nos actions militaires, c'est l'oeuvre individuelle qui toujours apparait, c'est elle que l'on retrouve avec sa ferme empreinte, son indéfinissable originalité, ses résultats durables. Oeuvre individuelle et désintéressée, qui fera bon marché du profit immédiat, voilà ce qui partout la caractérise.
Au Maroc, les questions vitales se posaient toutes à la fois, il était imposssible d'en écarter aucune. L'organisation esquissée dès les premiers instants avait assumé de lourdes charges en promettant d'agir sans retard. Cet engagement liait le Protectorat et, déjà, l'échéance était là.
Les entraves des traités s'aplanissaient quelque peu, le gouvernement allemand venait d'adhérer aux conventions internationales du 30 mars 1912, qui plaçaient le Maroc sous la tutelle française. Le texte du traité franco-espagnol était mis sous les yeux de la Commission des Affaires étrangères et le rapporteur du traité, M. Noulens, faisait l'historique de nos relations avec l'Espagne depuis 1900 (cf. Bulletin de l'Afrique française, février 1913). Il rappelait les accords de 1902 et 1904 conclus entre la France et l'Espagne, la convention de 1904 signée avec l'Angleterre, convention qui réglait les litiges soulevés par les questions égyptiennes et marocaines. Le rapporteur, résumant l'ensemble des évènements survenus au Maroc depuis 1904, en montrait toutes les répercussions possibles sur nos rapports avec l'Espagne.
M. Jonnart, alors ministre des Affaires étrangères, exposait à son tour la situation si spéciale du Haut Résident français qui, bien qu'investi de la représentation diplomatique du Sultan, pour tout ce qui concernait l'empire chérifien, devait cependant traiter, en chaque circonstance, d'égal à égal avec le résident espagnol. Celui-ci était - théoriquement - seul maître dans sa zone d'influence et d'action. En réalité, c'est à peine s'il arrivait tout juste à s'y maintenir, en ne se hasardant pas au-delà des limites de quelques postes tenus par ses soldats.
Cette anomalie du Maroc, réparti en deux sphères d'influence de dimension et d'activité si disproportionnées, apparaissait, vue de Paris, un cs à peu près insoluble ; les discussions parlementaires n'y pouvaient rien changer. Par contre, sur place, devant la logique des faits, ces débats oratoires semblaient tout académiques et sans rapport direct avec la réalité. Entre la politique coloniale et la politique métropolitaine, mille interprétations opposées s'interposent et l'optique diffère totalement. Pour agir au loin, il est indispensable de s'abstraire des jugements hâtifs ou contradictoires qui s'abattent en fule sur chaque oeuvre, à peine est-elle commencée.
Pour s'organiser en grand et relier - quels que soient l'époque et le lieu - ce qui fut à ce qui doit être, ne faut-il pas oublier les discussions extérieures, se créer une ambiance spéciale, favorable à l'action, seule riposte effective à toutes les attaques ? C'est la rapidité même de cette action qui permit d'obtenir du Maroc, dans un délai si court, la mise en mouvement de l'ensemble.
Le général Lyautey avait dit en quittant Paris : " Les cinq premiers mois du Protectorat ont été consacrés au déblaiement, nous avons déblayé très loin. de Fez à Marrakech, la paix française, base du développement matériel et social du Maroc, s'impose par la victoire à qui ne l'accepte pas. A présent, il faut construire. "

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Pour la deuxième partie de cet article : La place centrale de " l'action d'ensemble " dans l'oeuvre du Général Lyautey au Maroc : une leçon utile à tirer de l'Histoire ! - Deuxième partie -







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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:38

Europe-In-Our-Hands : Qu'est ce que c'est ?

Et si l'Europe se réveillait de sa torpeur ?
Et si les citoyens de l'Europe, conscients de l'enjeu historique que constitue leur union, décidaient de prendre leur destin en main ?
Et si des millions de citoyens européens décidaient de se donner la main pour affirmer haut et fort leur destin commun, leur solidarité indéfectible, et leur aspiration à voir se poursuivre et s'approfondir le projet européen?
Et si ces millions de citoyens européens exigeaient que leur parole soit enfin entendue et vienne guider les prochaines étapes du projet européen ?
Et si cette mobilisation spectaculaire se traduisait dans les urnes le 25 mai 2014 ?

Et si c'était possible…?

Telle est en tout cas la folle ambition du projet Europe-In-Our-Hands, initié par un citoyen français, Antoine Baron, adhérent lyonnais du Mouvement Européen-France.

Soutenue par le Parlement européen ainsi que par les plus grandes associations pro-européennes, cette initiative citoyenne et apolitique se donne ainsi pour objectif de réaliser la plus longue chaîne humaine de l'histoire pour dire OUI à l'Europe.

Concrètement, dès le 1er janvier et jusqu'aux élections européennes du 25 mai 2014, il sera possible de prendre part à la chaîne en se connectant sur la plateforme internet Europe-In-Our-Hands et en donnant virtuellement la main à un autre Européen. S'appuyant notamment sur l'extraordinaire capacité de diffusion des réseaux sociaux, le projet ambitionne de réunir plus de 3.000.000 personnes dans une immense chaîne humaine qui, virtuellement et symboliquement, reliera le Sud au Nord de l'Europe.

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Retrouvez l'initiative et aidez-la à prendre vie en cliquant ici !

La Page Facebook

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Contact projet
Antoine BARON
antoine.baron75[at]gmail.com
06 07 14 08 63

Mouvement Européen-France
2, rue de Choiseul, 75002 Paris
tel: 01.45.49.93.93 || e-mail: contact[at]mouvement-europeen.eu
www.mouvement-europeen.eu
 
 
 

 
 
 
 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:37

Alors que le Conseil Européen a à nouveau repoussé toute perspective d'approfondissement de l'"Union politique" en soutien de l'union économique et monétaire, le texte suivant - signé "Publius" - propose que le Parlement européen prenne l'initiative d'une révision des Traités via la convocation d'une Convention .    

[Publius]
Avant-projet de Résolution du Parlement européen relatif à la révision des Traités

LE PARLEMENT EUROPÉEN

A . CONSIDÉRANT LA NÉCESSITÉ DE POURSUIVRE LE RENFORCEMENT DE L'UNION EUROPÉENNE, SOCLE DE L'UNITÉ ET DE LA SOLIDARITÉ DES PEUPLES EUROPÉENS ET ÉLÉMENT INDISPENSABLE DE L'ÉQUILIBRE D'UN MONDE GLOBALISÉ

B . CONSIDÉRANT QUE LE TRAITÉ DE LISBONNE N'A PAS SUFFISAMMENT CONSOLIDÉ LES BASES CONSTITUTIONNELLES ET INSTITUTIONNELLES D'UNE UNION TOUJOURS EN CONSTRUCTION ET DONT L'ÉLARGISSEMENT N'EST PAS PARVENU À SON TERME

C . CONSIDÉRANT EN PARTICULIER L'INACHÈVEMENT ET LA FRAGILITÉ DES BASES CONSTITUTIONNELLES DE L'UNION ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE (INCHANGÉES DEPUIS MAASTRICHT EN 1993) DONT LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE ACTUELLE DÉMONTRE LA FRAGILITÉ ET L'INSUFFISANCE

D . CONSIDÉRANT QUE CES CARENCES MINENT LA CONFIANCE DE L'OPINION PUBLIQUE DANS LA CAPACITÉ DE L'UNION EUROPÉENNE À ASSURER LE DESTIN DÉSORMAIS PARTAGÉ DE SES PEUPLES

E - CONSIDÉRANT LE BESOIN, DIX ANS APRÈS L'OEUVRE INACHEVÉE DE LA CONSTITUTION EUROPÉENNE, D'OUVRIR UN NOUVEAU DÉBAT PUBLIC SUR LA POURSUITE DE L'INTÉGRATION POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE AU SEIN DE L'EUROPE

F . CONSIDÉRANT QUE LA PROCHAINE ÉCHÉANCE DE 2014 - LORS DE LAQUELLE LES PEUPLES DE L'EUROPE SERONT APPELÉS À DÉSIGNER LEURS NOUVEAUXREPRÉSENTANTS AU SEIN DU PE ET, PAR LÀ MÊME, AU SEIN DE LA COMMISSION - DOIT ÊTRE L'OCCASION DE LA NÉCESSAIRE RELANCE DE CETTE INTÉGRATION

E - CONSIDÉRANT QUE - SELON LA NOUVELLE PROCÉDURE PRÉVUE PAR LE TRAITÉ DE LISBONNE - CE PROCESSUS CONSTITUTIONNEL PEUT ÊTRE OUVERT À LA DEMANDE DU PARLEMENT EUROPÉEN, DE LA COMMISSION ET/OU D'UN OU PLUSIEURS ÉTATS MEMBRES, MOYENNANT L'ACCORD D'UN MAJORITÉ SIMPLE DE CES ÉTATS (SOIT 15 SUR 28).

1 . DEMANDE - EN APPLICATION DE L'ARTICLE 48 § 2 DU TRAITÉ DE LISBONNE (1) - LA CONVOCATION D'UNE CONVENTION CHARGÉE D'ÉLABORER UN PROJET DE RÉVISION CONSTITUTIONNELLE
2 . INVITE LA COMMISSION ET LES ETATS MEMBRES QUI LE SOUHAITENT À SE JOINDRE À CETTE DÉMARCHE

3 . ESTIME QUE CETTE CONVENTION DEVRA SE RÉUNIR DANS LES MEILLEURS DÉLAIS APRÈS LA RECOMPOSITION DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DE LA COMMISSION, EN TENANT COMPTE DU DÉBAT PRÉ-ÉLECTORAL ET DE L'EXPRESSION DE LA VOLONTÉ POPULAIRE TELLE QU'EXPRIMÉE PAR LE SCRUTIN DE MAI 2014

4 . PROPOSE QUE LES TRAVAUX DE LA CONVENTION SE CONCENTRENT NOTAMMENT SUR LES THÈMES SUIVANTS: 

- UN MEILLEUR ÉQUILIBRE DÉMOCRATIQUE DU PROCESSUS DE DÉCISION ET DU RÔLE DES DIFFÉRENTES INSTITUTIONS

- UN RENFORCEMENT DES COMPÉTENCES DE L'UNION EUROPÉENNE DANS LES DOMAINES PRIORITAIRES TELS QUE L'UNION ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE, LA POLITIQUE SOCIALE, LA POLITIQUE DE L'ÉNERGIE, LA POLITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT, LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET DE DÉFENSE - ET LA CAPACITÉ BUDGÉTAIRE DE L'UNION

- UNE PLUS GRANDE POSSIBILITÉ DE DIFFÉRENCIATION ENTRE LES ÉTATS MEMBRES POUR LA CONDUITE DES POLITIQUES COMMUNES DE L'UNION

5 . INVITE DÈS À PRÉSENT LA COMMISSION ET LE CONSEIL À SE JOINDRE AU PARLEMENT POUR INSTRUIRE ENSEMBLE LE DÉBAT SUR LE FUTUR DE L'UNION QUI DOIT PRÉCÉDER LA CAMPAGNE PRÉ-ÉLECTORALE DE MAI 2014 .

(1) ARTICLE 48 § 2 DU TRAITÉ SUR L' UNION EUROPÉENNE :"2. LE GOUVERNEMENT DE TOUT ÉTAT MEMBRE, LE PARLEMENT EUROPÉEN OU LA COMMISSION PEUT SOUMETTRE AU CONSEIL DES PROJETS TENDANT À LA RÉVISION DES TRAITÉS."

 
EXPOSÉ DES MOTIFS

La crise internationale - financière puis économique - a démontré la fragilité et l'insuffisance des outils institutionnels dont dispose l'UE, de par les traités actuels, pour prévenir ou faire face à de telles crises et protéger les citoyens de leurs effets. En conséquence, elle met en péril tout l'édifice de l'UEM et, par là même, l'unité et la solidarité des États et des peuples de l'UE. Les mesures prises dans l'urgence par voie intergouvernementale - la méthode communautaire étant paralysée - ont souffert de l'absence de légitimité démocratique et constitutionnelle. Leur empilement - au fur et à mesure des évènements - ne peut suffire à consolider durablement l'UEM ni à rétablir la confiance des opérateurs économiques et de l'opinion publique. Ces carences constitutionnelles étaient reconnues depuis la signature du Traité de Maastricht mais, en vingt années, aucun renforcement n'a été sérieusement tenté - pas même lors des négociations sur le projet de Constitution européenne puis sur le Traité de Lisbonne. À présent, cette question ne peut plus être éludée.

Parallèlement, de graves lacunes ou insuffisances constitutionnelles - consenties par le Traité de Lisbonne - ont affecté le développement de plusieurs politiques communes essentielles telles que la politique sociale, la politique de l'énergie, la politique de l'environnement, la politique étrangère et de défense; de même, la capacité budgétaire de l'UE est restée entravée par les dispositions restrictives des traités. Les principales sources de blocage résident à la fois dans la limitation des compétences attribuées à l'Union dans ces domaines - et dans la défaillance des mécanismes institutionnels : incapacité décisionnelle du Conseil (par le maintien de la règle de l'unanimité sur les décisions de base), insuffisance de légitimité démocratique (par la limitation du pouvoir de co-décision du PE), faiblesse du pouvoir exécutif (par les restrictions affectant la capacité gouvernementale de la Commission). Il est temps d'y remédier.

3. L'hétérogénéité des stades de développement des États membres au sein de l'UE demande une plus grande souplesse dans la mise en oeuvre des politiques communes. Les dispositions prévues par les traités (cf. coopération renforcée) s'avèrent à cet égard inopérantes ou insuffisantes - ce qui risque de creuser un peu plus l'écart entre les différentes catégories d'États membres ou d'inciter certains d'entre eux à coopérer en dehors du cadre de l'UE. Les procédures existantes doivent donc être assouplies ou de nouveaux mécanismes mis en place pour permettre des rythmes différenciés de progression qui n'affectent pas les principes d'unité et de solidarité des États ni celui de l'unicité du cadre communautaire. La poursuite de l'élargissement de l'UE rend cette réforme particulièrement urgente.

4. Le Traité de Lisbonne (article 48 § 2) a sensiblement modifié la procédure de révision des traités. Celle-ci peut à présent s'ouvrir à la demande du Parlement européen, de la Commission ou d'un État membre. Il suffit d'une majorité simple d'États membres (soit 15 sur 28) pour que soit convoquée une Convention chargée d'élaborer un projet de révision en bonne et due forme ; ainsi que l'a montré par anticipation la Convention européenne de 2002, ce projet peut prendre la forme d'un traité constitutionnel. L'article 48 préserve certes le droit de veto de chacun des 27 États membres tant sur l'adoption finale du projet que sur sa ratification ; l'opportunité de maintenir cette règle hétérodoxe d'unanimité sera probablement examinée par la future Convention. En tout état de cause, son existence ne saurait justifier le renoncement a priori à toute entreprise de révision substantielle des traités et, par conséquent, à tout renforcement constitutionnel de l'Union ; si une très large majorité d'États membres se rallient in fine à cette réforme, sa légitimité politique finira par emporter la décision.

5. Faute d'avoir été initiée plus tôt, cette réforme ne pourra désormais pas avoir lieu avant l'échéance de 2014 qui verra notamment le recomposition du Parlement européen et de la Commission, lesquels désigneront leurs représentants, nouvellement légitimés, au sein de la Convention. Il importe toutefois que cette réforme soit précédée d'un débat public sanctionné par un vote démocratique : la campagne politique et le scrutin de 2014 en seront l'occasion. Ainsi, cette perspective de réforme donnera une dimension européenne au débat et suscitera une participation accrue des électeurs. La demande officielle d'ouverture de la procédure de révision doit donc se situer bien en amont de l'ouverture de la campagne électorale de 2014. Si ce rendez-vous était manqué, les perspectives de l'UEM et de l'Union tout entière seraient encore assombries.

6. Il est conforme à l'histoire constitutionnelle européenne qu'une telle initiative soit prise par l'Assemblée devenue Parlement européen. Il serait toutefois politiquement opportun que la Commission - comme son Président l'a annoncé devant le Parlement - se joigne à lui dans cette entreprise dès son origine. Plusieurs États membres - anciens et nouveaux - pourraient également s'y rallier; ceci aurait pour effet d'amplifier le débat préalable, de faciliter le vote majoritaire du Conseil pour la convocation de la Convention et de permettre à celle-ci d'ouvrir ses travaux sur des bases plus larges.
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 10:48

Les dernières révélations publiées, vendredi 20 décembre, par le New York Times, le Guardian et le Spiegel sur le scandale d'espionnage révélé par Edward Snowden sont notamment très embarrassantes pour le Royaume-Uni.

Si le quotidien américain titre son article sur la NSA, l'agence américaine de surveillance des communications, c'est en effet le GCHQ britannique qui en est le coeur en raison de son «travail en lien étroit avec la NSA», qui aurait permis de surveiller un grand nombre de cibles: «Entreprises privées, agences des Nations unies, organisations non gouvernementales, hommes politiques de premier plan», détaille Le Monde, dont Thalès, Total, Médecins du monde, «un ambassadeur français», le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia ou l'ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert.

La liste complète des cibles se trouve d'ailleurs dans un document du GCHQ, mais il n'est pas systématiquement précisé quelle agence a demandé leur surveillance. Le quotidien américain explique par ailleurs que «les espions ont une marge de manoeuvre plus grande en ce qui concerne l'espionnage économique en Grande-Bretagne».

Le Spiegel, qui s'intéresse lui particulièrement à l'espionnage de cibles allemandes via des câbles sous-marins reliant la côte des Cornouailles aux côtes allemandes, estime que «les Britanniques vont maintenant faire face à un débat inconfortable sur leurs activités, qui semblent directement dirigées contre leurs partenaires au sein de l'Union européenne et les leaders de ces pays».

Le magazine allemand livre une anecdote instructive: fin octobre, lors d'un dîner organisé à l'occasion d'un sommet européen peu après des révélations sur l'espionnage du mobile d'Angela Merkel, François Hollande a demandé l'établissement d'un code de conduite pour les agences de renseignement, tandis que «David Cameron est resté étrangement silencieux durant la discussion». Conclusion:

«S'il est confirmé que les Britanniques ont ciblé les téléphones de dirigeants allemands et d'Almunia, Cameron va avoir des problèmes.»

Concerné au premier chef, le Guardian estime lui dans un éditorial que «la Grande-Bretagne doit imiter la réponse américaine» en lançant, comme l'a fait Barack Obama aux Etats-Unis, une enquête sur l'activité de leurs services de renseignement. «De telles actions endommagent directement le standing de la Grande-Bretagne dans le monde entier. [...] Le gouvernement doit nommer un panel d'experts indépendants sur le modèle américain», conclut le quotidien. A noter que les écoutes en question ont été réalisées sur la période 2008-2011, soit sous le gouvernement Labour de Gordon Brown puis sous la coalition conservateurs/libéraux-démocrates de Cameron.

Source : http://www.slate.fr/monde/81463/snowden-revelations-genantes-londres

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 10:33

Après le passage aux pièces et billets en euros (2002), l'Europe franchit une nouvelle étape décisive en se dotant d'un espace unique de paiement en euro. Ceci implique que l'ensemble des prélèvements et virements effectués en Europe respectent de nouvelles normes dites SEPA (Single Euro Payments Area).    

La date butoir de remplacement des prélèvements et virements français par les prélèvements et virements SEPA est fixée au 1er février 2014 par le droit européen.    

A partir de cette date, dans les 33 pays européens de la zone SEPA, tous les virements et prélèvements devront être effectués selon ces normes SEPA, qu'il s'agisse de paiements nationaux (virement au profit d'un de vos fournisseurs français ou prélèvement sur le compte d'un de vos clients français, par exemple) ou transfrontaliers.    

Si vos logiciels n'ont pas été adaptés d'ici là pour émettre des fichiers de virements et de prélèvements SEPA, ceux-ci ne pourront plus être traités par votre banque, ni celle de vos fournisseurs et clients. Dans cette hypothèse, votre entreprise verrait ses paiements bloqués (trésorerie, salaires, paiements fournisseurs, encaissements clients).    

Si ce n'est pas déjà fait, il vous est conseillé de contacter rapidement :
1) votre fournisseur de logiciel et/ou votre expert comptable (ou Centre de gestion agréé) pour vérifier la compatibilité de vos outils de gestion (référentiel client, logiciel de gestion, logiciel de paie…) avec les virements et prélèvements SEPA ;
2) votre banque pour convenir du format de vos échanges informatiques avec elle (fichiers de virements et de prélèvements issus de vos logiciels). L’émission de prélèvement SEPA s’effectue selon des conditions préalablement convenues avec votre banque. Si vous émettez déjà des prélèvements nationaux, une mise à jour de votre contrat avec votre banque peut être requise. Votre banque se chargera de demander en votre nom à la Banque de France l’attribution d’un identifiant créancier SEPA (ICS). Cet identifiant vous sera nécessaire lors de l’émission de vos futurs ordres de prélèvement SEPA. Elle pourra aussi vous informer sur les modalités nouvelles de gestion des prélèvements SEPA.  


Attention appelée : cette substitution est sans incidence sur le télérèglement de vos impôts professionnels 
: elle concerne uniquement l'émission de vos virements ou prélèvements dans le cadre de vos relations avec votre banque, vos fournisseurs ou vos clients. Vous n'avez aucune démarche nouvelle à effectuer pour télérégler vos impôts professionnels dont les modalités demeurent inchangées.    

Pour en savoir plus, consultez les documents suivants en ligne sur internet :    

> Site urgence-sepa de la banque de France
>
Réussir votre migration à SEPA : Mode d'emploi à destination des entreprises (site de la Banque de France)
>
SEPA est une obligation : comment préparer votre migration ? (Site du comité national SEPA)
> Site
www.banques-sepa.fr

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