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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 06:13

Pas une position officielle, mais ... La Belgique a-t-elle l'intention de jouer un rôle moteur dans la relance de l'intégration européenne ? Quelques éléments significatifs l'indiquent. Et ce ne sont pas des phrases vagues ou des expressions génériques de bonne volonté, mais des intentions précises n'excluant pas l'éventualité, si nécessaire, d'envisager ce qu'on appelait autrefois l'Europe à deux vitesses. Je me réfère à une interview, publiée au début du mois de juillet dans le journal  Le Soir, d'Olivier Chastel, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères chargé de préparr la Présidence belge du Conseil de l'UE (qui interviendra au cours du 2nd semestre 2010). Il ne s'agit pas d'un document écrit ni d'une prise de position officielle ; mais il est difficile d'imaginer que M. Chastel ne reflète pas certaines vues et orientations du gouvernement dont il fait partie.

Une année est encore nécessaire avant que la Belgique assume cette présidence, mais la préparation est déjà active en raison du renforcement de la " méthode du trio ", c'est à dire la préparation coordonnée de trois présidences successives. Ce principe est déjà plus ou moins efficacement appliqué ; mais le Traité de Lisbonne va lui donner un caractère formel, et les trois pays d'abord concernés - l'Espagne, dès le premier janvier prochain, la Belgique et ensuite la Hongrie - ont décidé d'en anticiper la pleine application : entre eux, ce n'est plus simplement un échange d'informations sur les intentions respectives mais la définition de priorités et d'un programme commun couvrant, en principe, une année et demie. Cet exercice, effectué dans la mesure où il est possible de prévoir l'avenir, laisse ouverte la possibilité pour chacune des trois présidences de mettre l'accent sur l'un ou l'autre aspect et d'indiquer une orientation politique générale. Et dans cet aspect, les déclarations de M. Chastel prennent toute leur signification.


Respecter la méthode communautaire. Le titre donné à l'interview est déjà significatif en lui-même : " La Belgique, gardienne de l'utopie ". Le responsable belge insiste d'abord sur le respect de la méthode communautaire. Les innovations institutionnelles introduites par le Traité de Lisbonne ne doivent pas entraîner une nouvelle dérive en direction de la méthode intergouvernementale. Le redressement par rapport à certaines tendances passe notamment, selon M. Chastel, par le rétablissement du rôle central du Conseil " Affaires générales " (CAG) qui " doit devenir le lien entre toutes les formations du Conseil et entre les institutions. C'est lui qui devra dicter l'agenda, pas le futur président stable du Conseil européen ". C'est une position affirmée depuis toujours par Jacques Delors.

NDLR Regards citoyens : cette proposition est également présente dans d'autres articles de ce blog ayant trait au Traité de Lisbonne - cf. la rubrique Le traité de Lisbonne dans tous ses états .

La Belgique invite à étudier la possibilité que chaque Etat membre nomme un vice-premier ministre ayant une responsabilité générale sur les affaires européennes : il lui reviendrait de participer aux sessions du CAG (position déjà formulée par des Parlementaires européens comme par exemple Alain Lamassoure). La Belgique confirme en même temps, c'est logique, qu'elle est favorable à une Commission européenne forte.

Avancer " à quelques-uns ", si nécessaire. Nous voici au point fort de l'interview. M. Chastel a la sensation que certains Etats membres n'ont pas entièrement assimilé " le projet européen ". Il est indispensable, à son avis, de le définir " territorialement et conceptuellement ". Il ajoute : " La manière avec laquelle nous avons voulu l'Union s'est effilochée ". Faut-il alors envisager une rupture avec ceux qui ne seraient pas d'accord ? Voici sa réponse : " Aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'elle soit souhaitable. mais elle pourrait le devenir. Ce n'est pas impossible qu'il faille, à un moment donné, à quelques-uns, donner une nouvelle impulsion à l'Union ".

La deuxième vie de Guy Verhofstadt. L'autre " cas belge " est celui de M. Verhofstadt. Dès qu'il a été élu deputé européen, il a déclaré : " C'est la deuxième partie de ma vie politique qui commence ". Et il entend s'y consacrer entièrement, à partir des fonctions de président de son groupe politique (démocrates et libéraux - ADLE -, troisième force poltique du Parlement européen avec 84 membres) lui a confiées, et qu'il considère comme un emploi à plein temps. S

es orientations et intentions européennes, il les avait déjà montrées en tant que Premier ministre de son pays : la Déclaration de Laeken, c'était déjà lui (*) ; dans la dernière campagne électorale, il avit négligé les querelles nationales pour mettre l'accent sur les enjeux européens, et les électeurs  l'ont amplement suivi.

" Je n'ai pas d'agenda caché, je suis là pour les cinq années de la législature ", a-t-il affirmé, en indiquant deux objectifs : 
  a) constituer " une large coalition des forces politiques qui ont un engagement pro-européen ";
  b) établir " une stratégie, face à la crise conomique et financière, qui soit spécifique à l'Union européenne et ne se limite pas à coordonner vingt-sept plans de relance nationaux ".

Ses orientations générales pour l'Europe, il les avait développées dans son livre - prix du livre européen en 2006 -dont le tire est en lui-même clair : " Les Etats-Unis d'Europe ". Son nouvel ouvrage a un double titre : " Sortir de la crise - Comment l'Europe peut sauver le monde ".

Excessif l'un et l'autre, ces titres ? C'est possible ; mais éloquents.

(*) La déclaration de Laeken sur l'avenir de l'Europe

En décembre 2001, un an après le traité de Nice, le Conseil européen a adopté une déclaration sur l'avenir de l'Union européenne, engageant l'Union à devenir plus démocratique, plus transparente et plus efficace.

Cette "déclaration de Laeken" a présenté la perspective d'une Constitution pour l'Europe et a créé une Convention rassemblant les représentants des gouvernements et des parlements à travers l'Europe, ainsi que les institutions de l'UE. La Convention représentait un accord sur le projet de Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ceci servait de base au texte adopté en octobre 2004, signé à Rome par les chefs d'État et de gouvernement de tous les États membres.

Pour prendre connaissance du texte officiel de cette déclaration : http://www.erm.lu/epm/id439.htm

(Cet article a été publié dans l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9936 daté du 7 juillet 2009)




 

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 19:25

Ouvrir le débat sur la conscription comme moyen de développer la défense européenne, c'est ce que propose de bien belle manière Alyson Bailes dans un récent article paru dans " Europe's World ". L'idée peut paraître saugrenue dans une Europe où la tendance est à l'abandon de la conscription et à la professionnalisation des forces armées. Elle prend tout son sens si on fait l'effort d'y réfléchir.

Je suis personnellement attaché au lien Armée-Nation, qui demeure vivant notamment en Allemagne, y compris au travers de la qualification d'armée parlementaire de la Bundeswehr, et à la fonction sociale et éducative du service militaire, dont l'importance ne peut être ignorée. Bien entendu, je connais et je comprends les arguments qui plaident en faveur de la professionnalisation : niveau d'entraînement et compétences technologiques requises pour les missions d'aujourd'hui, capacité d'emploi réduite de conscrits dans des opérations comportant des risques élevés ... Mais, comme l'explique très justement Alyson Bailes, la conscription pourrait contribuer à constituer des réserves dont l'Europe manque cruellement et servir de creuset à la citoyenneté européenne.

" L'impact social et politique de soldats de toutes les nations ayant pour tâche première de servi l'Europe donnerait un puissant coup d'accélérateur à la conscience européenne au plan interne et ferait respecter l'Union à l'étranger ", écrit l'ancienne directrice du SIPRI qui ajoute " qu'un service militaire direc universel " ne serait que la transposition dans le secteur de la défense de la méthode communautaire qui a prévalu depuis la communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), jusqu'à l'euro, en passat par le marché unique. La constitution d'une telle armée de conscription contribuerait aussi à standardiser l'entrainement et l'équipement, à harmonier les règles d'engagement et le droits sociaux des militaires. Cela répondrait à une préoccupation souvent évoquée par les commandants d'opérations multinationales et par les associations représentant les militaires réunis au sein d'EUROMIL. Une préoccupation qui a aussi conduit le président sortant du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, à proposer le projet SAFE (Synchronised Armed Forces Europe).

Réaliste, Alyson Bailes n'ignore pas les objections à l'introduction d'une conscription à l'échelle européenne. Elle rappelle qu'en Irlande, une partie du non au Traité de Lisbonne provenait du refus de la construction d'une armée européenne que ce Traité ne prévoit pas. Elle évoque aussi le problème de la langue et les difficultés qui jalonnent en Europe tout processus d'intégration et d'harmonisation. Elle rappelle enfin qu'un sondage " Transatlantic Trends " de 2007 a montré que 79 % des personnes interrogées souhaitent l'envoi de forces européennes pour un travail humanitaire au Darfour, 66 % pour garantir le cessez-le-feu au Liban, mais seulement 31 % pour combattre les taliban.

Il va sans dire que la perception de ce que doit faire l'Union européenne varie encore considérablement en fonction de cultures nationales dont le degré d'interventionnisme diffère fortement. Alors pourquoi ne pas laisser pour l'instant les opérations extérieures, qui nécessitent un niveau élevé d'entrainement et d'équipement, aux Etats-membres ; ceux-ci intervenant, selon leurs capacités, seuls, en coalition, ou dans le cadre d'opération de l'UE, de l'OTAN ou de l'ONU. Les forces issues d'une conscription européenne seraient alors employées pour des missions de solidarité intérieure (réponse aux catastrophes et protection civile) et extérieure (appui à l'action humanitaire), ainsi que comme force de réserve pour la défense du territoire européen. Il faut avoir le courage d'en débattre.


Cet article a été publié dans l'éditorial de EUROPE DIPLOMATIE & DEFENSE  n° 240 daté du 7 juillet 2009.

Autres articles publiés sur ce blog qui entretiennent un rapport étroit avec celui-ci :

* L’action de L’Union répond-elle aux attentes des citoyens ? par Renaud Dehousse

* Les limites actuelles de la dynamique de l'Union européenne relative à la Sécurité (1)

* Les limites actuelles de la dynamique de l'Union européenne relative à la Sécurité (2)

* L'avenir du projet européen passe par le développement d'une Union politique et citoyenne autonome (1)

*
 L'avenir du projet européen passe par le développement d'une Union politique et citoyenne autonome (2) 

 *A propos de la place de la gestion civile des crises dans la PESC et la PSDC

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 12:21

Selon un rapport de la Banque Centrale Européenne (BCE) sur le rôle international de l'Euro publié le 8 juillet 2009, l'équilibre entre les grandes monnaies mondiales est globalement resté le même en 2008.

" Malgré les turbulences financières, le paysage mondial des devises internationales, et donc la part de l'euro, est demeuré stable ", souligne la BCE.

Le dollar est restée la monnaie de réserve favorite avec 64 % du total mondial fin 2008 contre 65,4 % fin 2007.

Avec 26,5 % (contre 25,3 % fin 2007), l'Euro progresse légèrement et conforte ainsi sa deuxièle place, devant le yen japonais qui suit loin derrière avec 3,3 %.

Les changements observés entre la fin 2007 et la fin 2008 sont " en ligne " avec les fluctuations constatées par le passé. La BCE note en particulier un poids accru de l'Euro dans les pays de l'Europe de l'Est, qu'ils soient membres de l'UE ou pays candidats à l'adhésion, non eulement pour l'achat de biens mais aussi pour les dépôts ou crédits bancaires.

Pour en savoir plus : euro-international-role200907en.pdf euro-international-role200907en.pdf


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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 09:47

The joint Polish-Swedish initiative for strengthening the EU’s ties with Armenia, Azerbaijan, Belarus, Georgia, Moldova and Ukraine is taking shape, says Radoslaw Sikorski, Poland’s Foreign Minister. He explains why it will also be crucial to improving the European Union’s relations with Russia


A fundamental tenet of Polish foreign policy is to support eastern European countries' democratisation and economic transformation. States based on liberal democratic political systems and on modern market economies are going to be more credible EU candidates and also become more attractive partners. That’s why Poland has repeatedly tabled initiatives designed to strengthen the EU policies towards eastern Europe.

The European Council’s December 2007 conclusions were the cue for Poland and Sweden to draft a concept paper for deepening cooperation with six eastern European and south Caucasus states (Armenia, Azerbaijan, Belarus, Georgia, Moldova and Ukraine). It was presented to EU foreign ministers in May 2008 and endorsed a month later by the European Council. This Polish-Swedish Eastern Partnership (EaP) initiative was reflected in a Communication of the European Commission last December. It laid down a new structure for tightening cooperation with these eastern partners, and added a missing dimension to the emerging architecture of the EU’s relations with neighbouring regions and states, that until then had consisted of the Union for the Mediterranean, the Strategic Partnership with Russia, Black Sea Synergy and the EU’s strategy on Central Asia.

The concept of active engagement in advancing the democratic transformation of eastern Europe and the south Caucasus is based on a conviction that stability and prosperity there in these post-Soviet times is fundamental to the security and economic future of the whole European continent. Five years ago, when the EU’s ‘Big Bang’ enlargement brought in the central European and Baltic states, the Union’s eastern border shifted to new neighbouring countries with either short or shaky traditions of statehood, all of which were also struggling with serious economic and social problems.

The EU’s new European neighbours to the east do not only belong in Europe in a geographic sense, as their citizens also consider themselves European by virtue of common experience and culture, not least because of their mainly Christian roots. But what distinguishes these states from EU countries is their democratic deficits, their weak and inefficient legal institutions, their under-developed civil societies and their low levels of economic development. We should not forget that these countries have been independent states for a mere 18 years, during which time – following the demise of communism – they had simultaneously to design a new economic system, confront all the problems created by the disintegration of cooperative ties within the former USSR, and at the same time build the foundations of their own statehoods.

It should be the common concern of EU countries and the whole of Europe to narrow the economic and social gaps between the Union and its eastern neighbours. Otherwise the risk is that they may generate negative political and social forces that inevitably would affect the West. The joint Polish and Swedish initiative is an open offer of closer cooperation, and has the aim of supporting transformation by stimulating their economic development and strengthening democracy, freedom and civil societies by enhancing legal and administrative capacities enough to approach EU standards.

Implementation of the EaP will bring benefits to these eastern European nations. Although EU membership for EaP states is not yet on the agenda, we in Poland feel that the prospect of accession should be kept open. The alluring prospect of joining the European Union is one of the main sources of EU influence and ‘soft power’ and constitutes – as the example of central European states like Poland so clearly shows – a powerful incentive for deep reforms.

The EaP countries have great geographic, demographic and economic potential. The advantages of establishing a free-trade zone with this area of almost a million square kilometres with a consumer market of almost 80m people may seem fairly limited right now, but they are growing fast and promise future benefits once the introduction of EU-based rules has been achieved. The new free-trade zone would give the European economy a boost and the new eastern partners would gain access to the EU’s single market.

The countries of eastern Europe and the south Caucasus are strategically situated between the EU and the rich natural resources region of the Caspian Sea, Central Asia and Russia. Important energy transit routes to the EU go through Ukraine, Belarus and Georgia, and Azerbaijan is itself a major oil producer. The gradual integration of these countries into the EU economy would strengthen Europe’s energy security, and that would be further enhanced if we bought gas on the Russian border and invested in new transmission infrastructure in those states that lie between the EU and Russia.

The principles of differentiation and joint ownership are to get high priority in the EaP‘s development, so it will allow partner countries to approximate EU standards at whatever pace they choose. Joint ownership will ensure that partner countries have a real influence on deciding EaP goals, and multilateral cooperation will create flexibility and within the EaP framework. It is also being designed to strengthen bilateral links between the EU and partner countries. The EaP initiative is to be managed by the European Commission, which over the last 20 years has had vast experience of managing of similar initiatives and projects.

That said, it would be worthwhile for the EU to think about setting up inside the Commission’s structure an Eastern Partnership Special Coordinator who would be tasked with coordinating all actions covered by the initiative. The EaP’s institutional structure spans meetings at the level of heads of state and government, foreign and other key ministers as well as lower-ranking senior officials, so a Coordinator could play a significant role in giving the whole initiative the political impulse needed to expand and launch ambitious new projects.

The EaP also has an important political aspect: it shows partner countries attractive development prospects and offers them the opportunity to make the strategic choice of adopting a pro-European orientation. The EaP highlights the empowerment of these countries by treating them as independent entities and not pawns that are organically linked to Russia.

Russia remains a strategic partner of the EU and one of the essential pillars of the European political architecture. Hopefully, we will in the foreseeable future manage to negotiate a new Partnership and Cooperation Agreement with Russia that will be a realistic foundation for a future European-Russian alliance. Changed and constantly changing Russia is still seeking its own partnership formula with Europe and with other leading international actors, while at the same time trying to define its place in today’s dynamically developing world. As part of that search, our Russian partners at times resort to instruments and formulas from the past, although doing so tends to reflect their helplessness and their problems with adapting to new realities. Although we in the EU may refuse to accept certain Russian actions, we should, nevertheless judge them in the context of Russia’s ambitions and against the traumatic background of recent Russian history. Most important of all, we should look at them in the context of a not so distant future in which would be hard to imagine a Russia that is not in Europe and of Europe.

If we see Russia’s future as being in partnership with the European Union, we cannot deny the same prospect to the people of the countries that make up the joint neighbourhoods of both. It would be a poor solution for the EU and Russia to be separated by a region whose contacts with Europe are less substantial than those it has with Russia. That is why I am convinced that the faster we integrate the states of eastern Europe and the south Caucasus with the EU, the more likely it will be that Russia itself adopts a pro-European orientation. Russia has vast potential, but we learned during last August’s conflict in South Ossetia and the gas crisis in January, it is a potential that can be used to the detriment of Europe’s economic stability and its security. The Eastern Partnership, with Russia encouraged to participate in its multilateral projects on a case-by-case basis, would open the way to the gradual convergence of the western and eastern parts of Europe.

(Article paru sur le site www.europesworld.org :
http://www.europesworld.org/NewEnglish/Home/Article/tabid/191/ArticleType/ArticleView/ArticleID/21413/language/en-US/TheEUsEasternPartnershipwithformerSovietstatesholdsthekeytorelationswithRussia.aspx)
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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 09:35

" We have written this letter because, as Central and Eastern European (CEE) intellectuals and former policymakers, we care deeply about the future of the transatlantic relationship as well as the future quality of relations between the United States and the countries of our region. We write in our personal capacity as individuals who are friends and allies of the United States as well as committed Europeans.

Our nations are deeply indebted to the United States. Many of us know firsthand how important your support for our freedom and independence was during the dark Cold War years. U.S. engagement and support was essential for the success of our democratic transitions after the Iron Curtain fell twenty years ago. Without Washington's vision and leadership, it is doubtful that we would be in NATO and even the EU today.

 We have worked to reciprocate and make this relationship a two-way street. We are Atlanticist voices within NATO and the EU. Our nations have been engaged alongside the United States in the Balkans, Iraq, and today in Afghanistan. While our contribution may at times seem modest compared to your own, it is significant when measured as a percentage of our population and GDP. Having benefited from your support for liberal democracy and liberal values in the past, we have been among your strongest supporters when it comes to promoting democracy and human rights around the world.

Twenty years after the end of the Cold War, however, we see that Central and Eastern European countries are no longer at the heart of American foreign policy. As the new Obama Administration sets its foreign-policy priorities, our region is one part of the world that Americans have largely stopped worrying about. Indeed, at times we have the impression that U.S. policy was so successful that many American officials have now concluded that our region is fixed once and for all and that they could "check the box" and move on to other more pressing strategic issues. Relations have been so close that many on both sides assume that the region's transatlantic orientation, as well as its stability and prosperity, would last forever.

That view is premature. All is not well either in our region or in the transatlantic relationship. Central and Eastern Europe is at a political crossroads and today there is a growing sense of nervousness in the region. The global economic crisis is impacting on our region and, as elsewhere, runs the risk that our societies will look inward and be less engaged with the outside world. At the same time, storm clouds are starting to gather on the foreign policy horizon. Like you, we await the results of the EU Commission's investigation on the origins of the Russo-Georgian war. But the political impact of that war on the region has already been felt. Many countries were deeply disturbed to see the Atlantic alliance stand by as Russia violated the core principles of the Helsinki Final Act, the Charter of Paris, and the territorial integrity of a country that was a member of NATO's Partnership for Peace and the Euroatlantic Partnership Council -all in the name of defending a sphere of influence on its borders.

Despite the efforts and significant contribution of the new members, NATO today seems weaker than when we joined. In many of our countries it is perceived as less and less relevant - and we feel it. Although we are full members, people question whether NATO would be willing and able to come to our defense in some future crises. Europe's dependence on Russian energy also creates concern about the cohesion of the Alliance. President Obama's remark at the recent NATO summit on the need to provide credible defense plans for all Alliance members was welcome, but not sufficient to allay fears about the Alliance´s defense readiness. Our ability to continue to sustain public support at home for our contributions to Alliance missions abroad also depends on us being able to show that our own security concerns are being addressed in NATO and close cooperation with the United States

We must also recognize that America's popularity and influence have fallen in many of our countries as well. Public opinions polls, including the German Marshall Fund's own Transatlantic Trends survey, show that our region has not been immune to the wave of criticism and anti-Americanism that has swept Europe in recent years and which led to a collapse in sympathy and support for the United States during the Bush years. Some leaders in the region have paid a political price for their support of the unpopular war in Iraq. In the future they may be more careful in taking political risks to support the United States. We believe that the onset of a new Administration has created a new opening to reverse this trend but it will take time and work on both sides to make up for what we have lost.

In many ways the EU has become the major factor and institution in our lives. To many people it seems more relevant and important today than the link to the United States. To some degree it is a logical outcome of the integration of Central and Eastern Europe into the EU. Our leaders and officials spend much more time in EU meetings than in consultations with Washington, where they often struggle to attract attention or make our voices heard. The region's deeper integration in the EU is of course welcome and should not necessarily lead to a weakening of the transatlantic relationship. The hope was that integration of Central and Eastern Europe into the EU would actually strengthen the strategic cooperation between Europe and America.

However, there is a danger that instead of being a pro-Atlantic voice in the EU, support for a more global partnership with Washington in the region might wane over time. The region does not have the tradition of assuming a more global role. Some items on the transatlantic agenda, such as climate change, do not resonate in the Central and Eastern European publics to the same extent as they do in Western Europe.

Leadership change is also coming in Central and Eastern Europe. Next to those, there are fewer and fewer leaders who emerged from the revolutions of 1989 who experienced Washington's key role in securing our democratic transition and anchoring our countries in NATO and EU. A new generation of leaders is emerging who do not have these memories and follow a more "realistic" policy. At the same time, the former Communist elites, whose insistence on political and economic power significantly contributed to the crises in many CEE countries, gradually disappear from the political scene. The current political and economic turmoil and the fallout from the global economic crisis provide additional opportunities for the forces of nationalism, extremism, populism, and anti-Semitism across the continent but also in some our countries.

This means that the United States is likely to lose many of its traditional interlocutors in the region. The new elites replacing them may not share the idealism - or have the same relationship to the United States - as the generation who led the democratic transition. They may be more calculating in their support of the United States as well as more parochial in their world view. And in Washington a similar transition is taking place as many of the leaders and personalities we have worked with and relied on are also leaving politics.

And then there is the issue of how to deal with Russia. Our hopes that relations with Russia would improve and that Moscow would finally fully accept our complete sovereignty and independence after joining NATO and the EU have not been fulfilled. Instead, Russia is back as a revisionist power pursuing a 19th-century agenda with 21st-century tactics and methods. At a global level, Russia has become, on most issues, a status-quo power. But at a regional level and vis-a-vis our nations, it increasingly acts as a revisionist one. It challenges our claims to our own historical experiences. It asserts a privileged position in determining our security choices. It uses overt and covert means of economic warfare, ranging from energy blockades and politically motivated investments to bribery and media manipulation in order to advance its interests and to challenge the transatlantic orientation of Central and Eastern Europe.

We welcome the "reset" of the American-Russian relations. As the countries living closest to Russia, obviously nobody has a greater interest in the development of the democracy in Russia and better relations between Moscow and the West than we do. But there is also nervousness in our capitals. We want to ensure that too narrow an understanding of Western interests does not lead to the wrong concessions to Russia. Today the concern is, for example, that the United States and the major European powers might embrace the Medvedev plan for a "Concert of Powers" to replace the continent's existing, value-based security structure. The danger is that Russia's creeping intimidation and influence-peddling in the region could over time lead to a de facto neutralization of the region. There are differing views within the region when it comes to Moscow's new policies. But there is a shared view that the full engagement of the United States is needed.

Many in the region are looking with hope to the Obama Administration to restore the Atlantic relationship as a moral compass for their domestic as well as foreign policies. A strong commitment to common liberal democratic values is essential to our countries. We know from our own historical experience the difference between when the United States stood up for its liberal democratic values and when it did not. Our region suffered when the United States succumbed to "realism" at Yalta. And it benefited when the United States used its power to fight for principle. That was critical during the Cold War and in opening the doors of NATO. Had a "realist" view prevailed in the early 1990s, we would not be in NATO today and the idea of a Europe whole, free, and at peace would be a distant dream.

We understand the heavy demands on your Administration and on U.S. foreign policy. It is not our intent to add to the list of problems you face. Rather, we want to help by being strong Atlanticist allies in a U.S.-European partnership that is a powerful force for good around the world. But we are not certain where our region will be in five or ten years time given the domestic and foreign policy uncertainties we face. We need to take the right steps now to ensure the strong relationship between the United States and Central and Eastern Europe over the past twenty years will endure.

We believe this is a time both the United States and Europe need to reinvest in the transatlantic relationship. We also believe this is a time when the United States and Central and Eastern Europe must reconnect around a new and forward-looking agenda. While recognizing what has been achieved in the twenty years since the fall of the Iron Curtain, it is time to set a new agenda for close cooperation for the next twenty years across the Atlantic.

Therefore, we propose the following steps:

First, we are convinced that America needs Europe and that Europe needs the United States as much today as in the past. The United States should reaffirm its vocation as a European power and make clear that it plans to stay fully engaged on the continent even while it faces the pressing challenges in Afghanistan and Pakistan, the wider Middle East, and Asia. For our part we must work at home in our own countries and in Europe more generally to convince our leaders and societies to adopt a more global perspective and be prepared to shoulder more responsibility in partnership with the United States.

Second, we need a renaissance of NATO as the most important security link between the United States and Europe. It is the only credible hard power security guarantee we have. NATO must reconfirm its core function of collective defense even while we adapt to the new threats of the 21st century. A key factor in our ability to participate in NATO's expeditionary missions overseas is the belief that we are secure at home. We must therefore correct some self-inflicted wounds from the past. It was a mistake not to commence with proper Article 5 defense planning for new members after NATO was enlarged. NATO needs to make the Alliance's commitments credible and provide strategic reassurance to all members. This should include contingency planning, prepositioning of forces, equipment, and supplies for reinforcement in our region in case of crisis as originally envisioned in the NATO-Russia Founding Act.

We should also re-think the working of the NATO-Russia Council and return to the practice where NATO member countries enter into dialogue with Moscow with a coordinated position. When it comes to Russia, our experience has been that a more determined and principled policy toward Moscow will not only strengthen the West's security but will ultimately lead Moscow to follow a more cooperative policy as well. Furthermore, the more secure we feel inside NATO, the easier it will also be for our countries to reach out to engage Moscow on issues of common interest. That is the dual track approach we need and which should be reflected in the new NATO strategic concept.

Third, the thorniest issue may well be America's planned missile-defense installations. Here too, there are different views in the region, including among our publics which are divided. Regardless of the military merits of this scheme and what Washington eventually decides to do, the issue has nevertheless also become -- at least in some countries -- a symbol of America's credibility and commitment to the region. How it is handled could have a significant impact on their future transatlantic orientation. The small number of missiles involved cannot be a threat to Russia's strategic capabilities, and the Kremlin knows this. We should decide the future of the program as allies and based on the strategic plusses and minuses of the different technical and political configurations. The Alliance should not allow the issue to be determined by unfounded Russian opposition. Abandoning the program entirely or involving Russia too deeply in it without consulting Poland or the Czech Republic can undermine the credibility of the United States across the whole region.

Fourth, we know that NATO alone is not enough. We also want and need more Europe and a better and more strategic U.S.-EU relationship as well. Increasingly our foreign policies are carried out through the European Union - and we support that. We also want a common European foreign and defense policy that is open to close cooperation with the United States. We are the advocates of such a line in the EU. But we need the United States to rethink its attitude toward the EU and engage it much more seriously as a strategic partner. We need to bring NATO and the EU closer together and make them work in tandem. We need common NATO and EU strategies not only toward Russia but on a range of other new strategic challenges.

Fifth is energy security. The threat to energy supplies can exert an immediate influence on our nations' political sovereignty also as allies contributing to common decisions in NATO. That is why it must also become a transatlantic priority. Although most of the responsibility for energy security lies within the realm of the EU, the United States also has a role to play. Absent American support, the Baku-Tbilisi-Ceyhan pipeline would never have been built. Energy security must become an integral part of U.S.-European strategic cooperation. Central and Eastern European countries should lobby harder (and with more unity) inside Europe for diversification of the energy mix, suppliers, and transit routes, as well as for tough legal scrutiny of Russia's abuse of its monopoly and cartel-like power inside the EU. But American political support on this will play a crucial role. Similarly, the United States can play an important role in solidifying further its support for the Nabucco pipeline, particularly in using its security relationship with the main transit country, Turkey, as well as the North-South interconnector of Central Europe and LNG terminals in our region.

Sixth, we must not neglect the human factor. Our next generations need to get to know each other, too. We have to cherish and protect the multitude of educational, professional, and other networks and friendships that underpin our friendship and alliance. The U.S. visa regime remains an obstacle in this regard. It is absurd that Poland and Romania -- arguably the two biggest and most pro-American states in the CEE region, which are making substantial contributions in Iraq and Afghanistan -- have not yet been brought into the visa waiver program. It is incomprehensible that a critic like the French anti-globalization activist Jose Bove does not require a visa for the United States but former Solidarity activist and Nobel Peace prizewinner Lech Walesa does. This issue will be resolved only if it is made a political priority by the President of the United States.

The steps we made together since 1989 are not minor in history. The common successes are the proper foundation for the transatlantic renaissance we need today. This is why we believe that we should also consider the creation of a Legacy Fellowship for young leaders. Twenty years have passed since the revolutions of 1989. That is a whole generation. We need a new generation to renew the transatlantic partnership. A new program should be launched to identify those young leaders on both sides of the Atlantic who can carry forward the transatlantic project we have spent the last two decades building in Central and Eastern Europe.

In conclusion, the onset of a new Administration in the United States has raised great hopes in our countries for a transatlantic renewal. It is an opportunity we dare not miss. We, the authors of this letter, know firsthand how important the relationship with the United States has been. In the 1990s, a large part of getting Europe right was about getting Central and Eastern Europe right. The engagement of the United States was critical to locking in peace and stability from the Baltics to the Black Sea. Today the goal must be to keep Central and Eastern Europe right as a stable, activist, and Atlanticist part of our broader community.

That is the key to our success in bringing about the renaissance in the Alliance the Obama Administration has committed itself to work for and which we support. That will require both sides recommitting to and investing in this relationship. But if we do it right, the pay off down the road can be very real. By taking the right steps now, we can put it on new and solid footing for the future. "

Open Letter to the Obama Administration from Central and Eastern Europe,
by Valdas Adamkus, Martin Butora, Emil Constantinescu, Pavol Demes, Lubos Dobrovsky, Matyas Eorsi, Istvan Gyarmati, Vaclav Havel, Rastislav Kacer, Sandra Kalniete, Karel Schwarzenberg, Michal Kovac, Ivan Krastev, Alexander Kwasniewski, Mart Laar, Kadri Liik, Janos Martonyi. Janusz Onyszkiewicz, Adam Rotfeld, Vaira Vike-Freiberga, Alexandr Vondra, Lech Walesa.

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 23:02

Le 16 janvier 2008, la Présidence slovène du Conseil de l'Union européenne a adressé aux délégations nationales des Etats membres une note appelant à engager au cours de l'année 2008 un exercice visant à examiner une série de 33 points nécessitant des initiatives institutionnelles avant ou lors de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne (objet de l'annexe I). La question dans certains cas se pose de savoir si un acte existant est suffisant pour répondre aux dispositions du traité ou si, au contraire, une nouvelle acte est nécessaire.

Par ailleurs, l'entrée en vigueur de ce nouveau traité et du nouveau système institutionnel qui en découle soulève d'autres questionnements qui ont trait : à l'avenir du Conseil " Affaires générales " ; aux structures de soutien du Président du Conseil européen ; aux activités de programmation ; à la transition de la procédure de consultation du Parlement européen à celle de la co-décison (que faire avec les propositions qui s'y rapportent) ; et à l'établissement des accords détaillés relatifs à la nouvelle procédure budgétaire.

Une nouvelle réflexion relative aux méthodes de travail au sein des structures du Conseil s'avère également nécessaire.


Afin qu'il puisse apprécier l'ensemble des enjeux attachés à un tel exercice, en vertu du principe de sécurité juridique, 
Regards-citoyens met ci-après à la disposition de ses lecteurs le texte de cette note qu'ils peuvent consulter à l'adresse suivante :  http://openeurope.org.uk/research/sloveniannote.pdf

Le 13 juin 2008, la Présidence transmettait une nouvelle note faisant un premier point des travaux conduits à cet égard et précisant le calendrier des travaux restant à réaliser. Le lecteur peut en prendre connaissance à l'adresse suivante : http://www.statewatch.org/news/2008/jun/eu-council-lisbon-preparations.pdf .

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 12:02

La BEI s'est engagée à prêter 200 millions d'Euros au Maroc pour l'aider à financer un ambitieux programme de modernisation d'écoles en vue d'améliorer l'accès à l'éducation pour les enfants de 6 à 15 ans.
Le contrat de prêt a été signé le 7 juillet 2009 par Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, et Salaheddine Mezouar, ministre marocain de l'Economie et des Finances, en marge d'une réunion de la réunion des ministres de l'Economie et des Finances euroméditerranéens qui s'est tenue le même jour à Bruxelles pour examiner les activités de la Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat  (FEMIP) dont la BEI assure la gestion.
Le coût total du programme scolaire quadriennal (2009 - 2012) est estimé à 3,1 milliards d'Euros, somme dont le Maràc prévoit de financer l'essentiel (2,6 milliards d'Euros). Le prêt de la BEI couvrira environ 40 % des besoins de financement externe. La Commission européenne (dont le prochain délégué permanent à Rabat n'est autre que Eneke Landaburu, l'ancien directeur général des politiques régionales puis des relations extérieures de la Commission), l'Agence française de développement - AFD - et la Banque africaine de développement  - BAD - cofinanceront également ce programme qui a plusieurs objectifs :
  - surmonter les barrières matérielles de l'enseignement obligatoire pour les enfants de 6 à 15 ans par la construction de plus de 2500 classes, principalement dans les campagnes ;
  - augmenter la disponibilité de places préscolaires pour les enfants de 4 à 5 ans ;
  - construire plus de 300 nouveaux lycées ;
  - améliorer la formation des enseignants.
Il bénéficiera également d'une aide non remboursable de 15 millions d'Euros sur les ressources de la Facilité d'Investissement du Voisinage (FIV) mis en place dans le cadre de la politique de voisinage de l'Union européenne.


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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 09:57

Au-delà des quelques initiatives récentes des mois de juin et juillet dont a rendu compte Regards-citoyens, force est de constater - et de déplorer - que l'embrouillamini qui affecte la mise en place des structures et du cadre de travail de l'UpM pèse sur la dynamique euroméditerranéenne, quelqu'en soit le vecteur.

 

Pour autant, en dépit de quelques appels, plus ou moins directs, à en revoir l'architecture (venant du Maroc, notamment), la nouvelle " organisation régionale " euroméditerranéenne serait pleinement sur les rails, même si chacun des pays participants paraît lui donner un contenu et une finalité différents.

Les lignes de partage ne sont pas nettes et elles traversent aussi bien le côté européen qu'arabe comme l'ensemble des pays tiers méditerranéens (la Turquie notamment, qui est à la fois soucieuse de ne favoriser aucune option qui puisse faire de l'UpM une alternative à son adhésion à l'UE, tout en veillant à ne pas être absente des rouages nouveaux qui se dessinent au titre du secrétariat, en replaçant le tout dans le contexte des rapports avec Chypre).

Des avis sont même émis hors de la zne, come celui du président Abdulaye Wade pour qui l'UpM ne servira qu'à " couper " les Nords-Africains de l'Afrique subsaharienne. Un point de vue similaire à celui exprimé par le " guide " lybien M. Khadafi. Ce souci africain - qui plaide pour une approche " continentale " medafricaine - n'est pas pris à la légère ni à la Commission européenne ni à Paris puisqu'un des anciens ministres français à la Coopération, Olivier Stirn, a été chargé, au sein de l'équipe qui gère l'UpM à Paris, d'imaginer un schéma permettant de " jeter des passerelles " entre les politiques euroafricaines et euroméditerranéennes.

" Le bébé est né mais nous ne cessons de débattre de sa conception et des caractéristiques à lui donner ", " Vous n'avez pas compris ? Alors, nous sommes deux ! " entend-on ici ou là.

On s'est interrogé jusqu'au voyage du Président Sarkozy à Stockholm, début juillet, sur  l'attitude de la Présidence suédoise qui, comme la Belgique lorsque viendra son tour d'exercer la présidence du Conseil de l'Union au cours du second semestre 2010, a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas abondonner ses prérogatives à la tête de l'UpM à d'autres, contrairement à la République tchèque et à ce qu'envisage l'Espagne pour le prochain semestre (de mon point, plus tactiquement que sincèrement eu égard au calendrier européen qui verra très certainement le traité de Lisbonne entrer en vigueur lorsqu'elle assumera la responsabilité de la présidence du Conseil de l'UE ...). Car cette forte détermination se heurte à une double réalité : la ferme volonté de la France de demeurer co-présidente de l'UpM envers et contre tout et d'achever un mandat de 2 ans en dérogeant à la régle de rotation en usage dans l'UE, ainsi que la crainte de la Suède de disperser ses faibles " ressources humaines " toutes mobilisées dans l'accomplissement de son mandat europeéen. Une solution équilibrée a été trouvée sous la forme d'une sorte de " co-coprésidence " (situation qui anticipe celle qui résultera de la mise en oeuvre des dispositions idoines du traité de Lisbonne si aucun arrangement politique formel n'intervient d'ici là). La Suède coprésidera les réunions à caractère politique (notamment les rencontres organisées au niveau des haut fonctionnaires), la France co-présidant le reste, en particulier les réunions sectorielles et techniques comme celle qui a eu lieu fin juin à Paris autour des projets de développement durable, considérée comme un " succès " mais dont nul ne s'aventure à tirer des conclusions politiques sur la relance du dialogue, quand bien même un ministre israélien y a côtoyé des ministres arabes - maghrébins, jordaniens, syriens, etc. -; sauf à Paris où une intense campagne médiatique - dont les Français sont désormais coutumiers - a fait de cette rencontre le point d'orgue de la fin des blocages politiques entre Israël et le monde arabe qui entravait le bon fonctionnement de l'UpM.

Pour les pays arabes, rien ne serait encore joué alors qu'existe une décision de la Ligue arabe de ne participer qu'aux réunions de caractère technique en s'abstenant d'être présente à toute rencontre politique. Mais d'une Ambassade à une autre, les lectures de cette décision ne sont pas identiques comme en a témoigné la présence à la réunion des ministres de l'Economie et des Finances de la région euroméditerranéenne qui s'est tenue à Bruxelles le 7 juillet (cf. l'article qui lui est consacré sur ce blog Réunion des ministres de l'économie et des finances de l'espace euro-méditerranéen ).

Du côté européen, faute d'avoir à décider qui est aux commandes - alors que la Commission européenne est, en vertu des traités, la " gardienne " de ces derniers - la lettre d'invitation aux ministres de l'Economie et des Finances a été signée par uen multitude de protagonistes : la Suède - au titre de la présidence en exercice du Conseil de l'UE -, la France et l'Egypte - au titre des deux coprésidences en exercice de l'UpM -, la Commission européenne (en l'occurrence le Commissaire Joaquin Almunia) - au titre de la compétence dont elle dispose pour représenter la Communauté européenne dans les instances où se négocient des questions ayant trait au Commerce international - et le président de la BEI.

Le " jeu français ", ou plutôt le jeu " hispano-français ", intrigue . Des sources concordantes, au sein des institutions européennes, ne comprennent pas les motivations qui poussent Paris et Madrid à se liguer pour une mainmise sur la conduit de l'UpM. " Il n'y a pas de partage possible entre deux Etats membres seuls ", c'est au 27 dans leur ensemble de dire ce qu'il en est, fait-on observer. D'autant plus que ce  jeu ( ou ce double jeu à défaut de parler de " double je ") n'aurait plus de sens dès l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisque, s'agissant des questions politiques, ce sera le Président permanent du Conseil européen qui représentera l'Union dans les instances internationales, au niveau des Chefs d'Etat et de gouvernement, et le Vice-Président de la Commission également Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE, au niveau ministériel. Pour les questions autres que politiques, les choses seront plus complexes, les présidences tournantes demeurant juridiquement fondées à exercer la représentation de l'Union dans les instances internationales, à l'exclusion des - rares - domaines où cette responsabilité incombera à la Commission européenne (Commerce international).

A moins que cette manoeuvre des deux capitales (l'Italie, autre Etat membre riverain important ne serait plus impliquée dans cette stratégie) ne soit conçue que pour favoriser l'émergence d'une Union euroméditerranéenne de nature intergouvernementale, ce qu'aurait tendance à corrober le peu d'intérêt que ces capitales manifestent à la dimension parlementaire du dossier, et à l'Assemblée parlementaire euroméditerranéenne - APEM - qui constitue indubitablement l'institution parlementaire la plus légitime à représenter à la fois les Peuples et les Etats de la région dans ce paysage.

Cette option apparaît en toile de fond des débats qui ont lieu autour de la mise en place du futur secrétarait général de l'UpM qui doit être installé à Barcelone.

Demeurant non réglées, les question sur son rôle et ses attributions, les compétences du Secrétaire général et des 5 ou 6 Secrétaires généraux adjoints (la Turquie se serait émue de contater que la promesse d'un 6ème poste faite par le ministre français des affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, lors de la réunion ministérielle qui s'est tenue à Marseille en novembre 2008 s'est dissipée ; elle insist pour que l'engagement soit respecté, provoquant une demande similaire de la part de Chypre).

Dans ce " montage ", il restera - et c'est ce qui ramène au débat que la conception institutionnelle de l'UpM - à définir le rôle des institutions européennes, et notamment de la Commission européenne, mais pas uniquement, la Banque Centrale européenne, la Cour des Comptes européenne, etc., étant appelées à y exercer des responsabilités d'autant plus importantes que les questions monétaires et les questions budgétaires qui ne manqueront pas d'intervenir, bon gré mal gré, dans les travaux futurs de l'UpM, les réintroduiront inéluctablement dans le cercle au même titre que le Conseil, le Parlement européen (les deux branches de l'autorité budgétaire de l'Union) et l'APEM (comme évoqué ci-dessus)  ! Sans oublier une fois encore les présidences tournantes du Conseil. Une année est encore nécessaire avant que la Belgique assume cette présidence, mais la préparation est déjà active en raison du renforcement de la " méthode du trio ", c'est à dire la préparation coordonnée de trois présidences successives. Ce principe est déjà plus ou moins efficacement appliqué ; mais le Traité de Lisbonne va lui donner un carctère formel, et les trois pays d'abord concernés - l'Espagne, dès le premier janvier prochain, la Belgique et ensuite la Hongrie - ont décidé d'en anticiper la pleine application : entre eux, ce n'est plus simplement un échange d'informations sur les intentions respectives mais la définition de priorités et d'un programme commun couvrant, en principe, une année et demie. Cet exercice, effectué dans la mesure où il est possible de prévoir l'avenir, laisse ouverte la possibilité pour chacune des trois présidences de mettre l'accent sur l'un ou l'autre aspect et d'indiquer une orientation politique générale. Les choses ne sont donc pas aussi simples qu'on le croit, qu'on feint de le croire et/ou qu'on le souhaite à Paris (et, aux réserves exprimées supra près,  à Madrid).

Sur le plan politique, faut-il rappeler que le droit international que contituent à la fois la combinaison irréductible du droit primaire (les traités) et du droit dérivé de l'Union ne peut être délibérement contourné par des Etats - dits de droit - qui s'y sont soumis de leur pleine volonté en tant que signataire desdits traités, codécideurs  et colégislateurs au travers du Conseil et du Parlement européen, et qui, par ailleurs, ont choisi de manière tout aussi volontaire et délibérée d'adhérer à la Charte des Nations Unies, et partant, de se soumettre à toutes les obligations du droit international qui les lient, sauf à courir le risque d'une condamnation devant la Cour de Justice internationale ?

(Cet article a été réalisé à partir des éléments de celui que Fathi B' Chir signe dans le BQE n° 9935 du 4 juillet 2009)

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 08:09

La Banque européenne d'investissement (BEI), le réseau d'appui aux entrepriss ANIMA Investment Network et la Commission européenne ont produit une brochure intitulée " Réussir en Méditerranée " qui rassemble des témoignages d'entrepreneurs des rives nord et sud de la Méditerranée dont les projets ont réussi malgré les difficultés politiques qui freinent le plein développement du dialogue économique et social entre l'Union européen et les pays du pourtour méditerranéen.

Le but visé par cette démarche est d'apporter la preuve que " la coopération dans la région est déjà une réalité économique, sociale et humaine " et de " démontrer les avantages mutuels du processus d'intégration lancé en 1995 à Barcelone ".

La BEI et la Commission eurpéenne soulignent qu' " en cette période d'incertitude économique, la coopération entre l'Europe et la Méditerranée est plus importante que jamais. ort de quelque 750 millions d'habitants, le marché euro-méditerranéen pourrait aider les deux rives de la Méditerranée à faire face à la concurrence d'autres régions du monde, mais les échanges commerciaux et les investissements doivent pour cela être encouragés. "

Cette brochure, qui a été présentée aux ministres de l'Economie et des Finances de l'espace euroméditerranéen réunis à Bruxelles le même jour (cf. Réunion des ministres de l'économie et des finances de l'espace euro-méditerranéen ), peut être obtenue sur demande auprès de la Commission européenne ou de la BEI.

" Med Alliance ", un consortium d'agences de promotion de l'investissement, des organisations professionnelles et des chambres de commerce européennes et méditerranéennes, a identifié plusieurs secteurs susceptibles d'intéresser aussi bien des grandes entreprises que des PME désireuses d'investir dans la région. Ces secteurs sont ceux de la distribution, de la logistique, de la construction (y compris le logement), du développement urbain et des dervice connexes en matière d'énergie et d'environnement.



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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 07:33

Le 7 juillet 2009, la BEI a signé avec le FEMISE (réseau euro-méditerranéen des instituts de recherche en sciences économiques) une convention destinée à renforcer leur partenariat amorcé formellement en 2006. La première expression de renforcement consiste dans le lancement d'une étude portant sur les conditions de " sortie de crise " pour les pays de l'espace EuroMed, dont les conclusions seront connues durant le premier semestre 2010.
Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, précise que l'étude " établira en premier lieu les canaux de transmission de la crise et la quantification des effets constatés ou prévus au niveau macro-économique. Elle comportera une dimension prévisionnelle couvrant les trois prochaines années ".
La crise sur la rive sud, dont les effets seront perceptibles avec 3 ans de retard sur l'Europe, donnera son plein effet au moment où l'Europe et les économies occidentales en général commenceront à s'ajuster, affirme Philippe de Fontaine Vive. " Aider ces pays à faire face à la crise d'abord et à en sortir ensuite est un devoir pour l'Union européenne ", estime Jean-Louis Reiffers, président du Conseil scientifique du FEMISE. " Ils n'ont aucune responsabilité financière dans le déclenchement de la crise ", d'autant qu'ils ont fait des efforts pour moderniser leurs économies . " Les bons élèves seront les plus affectés ", a-t-il souligné et le risque est de compromettre 20 ans d'ajustements soutenus par l'UE.
Le FEMISE, créé dès le lancement du processus de Barcelone, et qui regroupe 80 instituts des deux rives de la Méditerranée, a déjà un avis sur la crise prévisible dans cette région. La situation ne sera pas la même d'un pays à l'autre en fonction des caractéristiques de son économie et de sa capacité à faire front à l'impact d'une crise dont les canaux de transmission sont, précise M. Reiffers, le déficit commercial en augmentation, la baisse des transferts financiers des migrants, la réduction des recettes du tourisme et, en particulier, la baisse des réserves financières. Celles-si serait générale sauf en Algérie don les recettes d'origine énergétique s'améliorent dès le dépassement des 40 dollars pour le prix du baril.
" Paradoxalement, souligne M. Reiffers, ce sont les pays qui ont ouvert leurs économies qui seront les plus touchés : la Turquie d'abord, ensuite le Maroc et puis l'Egypte seront les premiers affectés ". La Tunisie, pays également ouvert, le sera moins car elle a, selon lui, pratiqué une politique prudente et pu ouverte financièrement, demeurant ainsi à l'abri des soubresaus du marché mondial.
L'étude que ménera le FEMISE sera focalisée sur les scenarios de sortie de crise, à commencer par le besoin d'assainissement bancaire et pour ramener des monnaies " surévaluées " à des niveaux plus proches de la réalité. M. Reiffers souligne déjà le devoir de l'UE d'aider ses partenaires sur ces registres. " On ne peut pas comprendre qu'elle ne mette pas de l'argent, sinon qui va le faire ? " dit-il. Le risque serait " de compromettre des efforts d'ajustement d'économies très liées à celle de l'UE et dans des pays quasiment intégrés dans son espace économique ".
M. de Fontaine Vive a souligné le rôle de la BEI et de l'Instrument financier qu'elle gère, la FEMIP. La Banque espère obtenir l'accord des Etats membres pour la mobilisation de 2 milliards d'euros en réserve pour préserver la santé économique d'une zone de lus en plusattractive pour les entreprises européennes. Cette option est mise à l'étude dans le cadre de la mission sur la réorientation des mandats extérieurs de la BEI confiée à l'ancien Directeur général du FMI, Michel Camdessus.


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