Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:40

The European Security and Defence Policy (ESDP) was established at the 1999 Cologne European Council summit. Four years later the EU embarked on its first operation - the EU Police Mission in Bosnia and Herzegovina (EUPM). To date, the EU has launched both military and civilian crisis management operations, such as police, border control, rule-of-law training and peace-monitoring missions.

This policy brief will give a short description of each ESDP operation and then, if possible, analyse whether the operation succeeded and why the EU became involved in the country. In this brief, the missions are grouped in geographical zones : Europe (Western Balkans, South Caucasus and Moldova / Ukraine), and Asia (South East Asia, Asia and Middle East) and Africa (East, West and Central Africa).


Pour lire la suite de cet article : http://www.fedtrust.co.uk/admin/uploads/Crisis_Management_Policy_Brief.pdf

Source : europesworld.org

Repost 0
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 13:01

Ancien correspondant du journal Le Monde en Algérie, Paul Balta est directeur honoraire du Centre d’études de l’Orient contemporain à la Sorbonne. Il vient de publier un livre Islam et Islamisme, gare aux amalgames, coécrit avec sa compagne Claudine Rulleau, écrivaine et journaliste. Ensemble, ils ont coécrit plusieurs ouvrages sur le monde arabe et la Méditerranée. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il nous livre son analyse sur les évolutions géopolitiques et la nouvelle menace d’Al-Qaïda qui trouve en Afrique une zone privilégiée pour se ramifier et se fortifier. Il estime s’agissant du conflit au Proche-Orient que les intérêts stratégiques de l’Europe sont menacés par ce conflit et qu’elle devrait exiger qu’Israël applique les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’évacuation des territoires occupées.

Le Soir d’Algérie : Dans votre dernier livre Islam et islamisme, gare aux amalgames, coécrit avec Mme Claudine Rulleau, votre épouse, vous faites le distinguo entre la religion musulmane et son instrumentalisation à des fins politiques. Pourquoi une telle mise au point ?

Paul Balta : Sur environ 1,5 milliard de musulmans dans le monde, les intégristes, en particulier les partisans d’Oussama Ben Laden, ne sont qu’une infime minorité, mais par leurs clameurs et leurs violences, ils font du tort à la majorité. C’est pourquoi, nous parlons dans notre livre de l’islamisme contre l’islam. Ils déclarent la guerre aux juifs et aux croisés, mais très souvent, leurs principales victimes sont les musulmans. La plupart des non-musulmans ne connaissant pas cette religion font l’amalgame : pour eux les deux termes sont souvent synonymes. Ils rejettent donc en bloc tout ce qui concerne de près ou de loin l’islam, voire le monde arabe. Alors qu’il y a des Arabes chrétiens, beaucoup posent même l’équation : arabe = musulman = islamiste = terroriste. Les attentats du 11 septembre 2001 ont déclenché l’islamophobie dans de nombreux pays occidentaux et l’ont intensifiée là où elle se manifestait déjà. En outre, les islamistes affirment défendre le vrai Islam, or dans presque tous les domaines leurs actions sont contraires au Coran, comme nous le démontrons.

Le Soir d’Algérie : Vous évoquez tout au début de votre livre les attentats du 11 septembre 2001, qu’est-ce qui a réellement changé dans le monde après ce triste événement ?

Paul Balta : Avant de répondre, je rappelle qu’en 2001 les Etats-Unis ont été victimes d’un tragique retournement de l’histoire mais qu’ils y ont contribué sans s’en rendre compte. En effet, au XXe siècle leurs gouvernements successifs ont
soutenu les Frères musulmans, matrice des mouvements islamistes dans le monde. Ils l’ont fait pour des raisons politiques et économiques car ils reprochaient aux chefs d’Etat et aux dirigeants nationalistes arabes d’être laïcisants et de procéder à des nationalisations contraires aux intérêts du capitalisme américain. Leurs analyses erronées de la situation géopolitique du monde musulman se sont poursuivies. Les troupes soviétiques envahissent l’Afghanistan en 1979. Les Etats-Unis apportent un important soutien, y compris financier, à Ben Laden. L’islamisme leur paraissait moins dangereux que le communisme et l’URSS. Leurs services secrets l’ont même aidé à gagner l’Afghanistan. Ayant renforcé la formation des talibans puis créé Al-Qaïda en 1988, il a obligé l’Armée rouge à se retirer en 1989. Washington a alors suspendu ses subventions et Ben Laden s’est vengé. Les attentats du 11 septembre sont l’attaque la plus violente jamais subie par les américains sur leur propre territoire (3 039 morts et des dégâts considérables). Ce qui a réellement changé, c’est que, hélas,
islamisme et islamophobie se sont depuis répandus.

Le Soir d’Algérie : Vous distinguez entre l’Islam en Iran et celui du Maghreb, en quoi sont-ils différents ?

Paul Balta : En Iran (1 648 200 km2) environ 90% des 70 millions d’habitants, en 2008, sont chiites de rite imamite. A ce titre, ils sont dénoncés par Ben Laden. La République islamique, malgré les excès de certains de ses dirigeants, est contre Al-Qaïda qui n’a pas réussi à y infiltrer des talibans ou des terroristes et elle lutte contre eux en Afghanistan et au Pakistan. Au Maghreb, les habitants sont sunnites et dans leur très grande majorité de rite malékite. Beaucoup de membres des mouvements islamistes maghrébins qui se sont développés dans les années 1980 sont allés se former et combattre en Afghanistan. Des négociations en 2006 entre compagnons de Ben Laden et ces mouvements ont abouti à la formation de l’AQMI, « Al Qaïda au Maghreb islamique ».

Le Soir d’Algérie : Ne pensez-vous pas que l’islamophobie exacerbée par les attentats du 11 septembre n’est qu’un prétexte pour justifier les actions militaires comme l’invasion de l’Irak, qui est pourtant un pays laïque ?

Paul Balta : C’est effectivement un prétexte. Il a servi aussi à masquer les graves erreurs stratégiques commises par le président George W. Bush, au cours de ses deux mandats de 2001 à 2009. C’est en particulier le cas pour l’Irak. Certes Saddam Hussein était un dictateur mais il avait fait de l’Irak, où dominait l’analphabétisme, le pays arabe le plus alphabétisé avec le plus d’universitaires. Il avait défendu la laïcité et les droits des femmes, protégé les chrétiens, développé l’agriculture et l’industrie, restauré des vestiges de la période babylonienne. Le 19 mars 2003, les Etats- Unis ont déclenché la guerre contre Saddam Hussein, accusé à tort de posséder « des armes de destruction massive » et d’être un partisan de Ben Laden alors qu’il en était l’ennemi. En 5 ans, ce conflit a favorisé l’introduction de groupes d’Al-Qaïda, a déstructuré le pays et fait plus d’un million de morts sur 26 millions d’Irakiens alors que 300 000 chiites et 170 000 Kurdes avaient été éliminés par Saddam en 20 ans. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, soutient que le coût de la guerre dépassait les 3 000 milliards de dollars à la fin 2007. Plus que la Seconde Guerre mondiale.

Le Soir d’Algérie : Votre connaissance du monde arabe vous donne une bonne longueur d’avance sur les hommes politiques occidentaux qui cultivent une méfiance due à leur méconnaissance de ce monde, faut-il repenser la politique extérieure de l’Europe et des Etats-Unis qui s’avère être une politique d’échec ?

Paul Balta : J’ajoute les journalistes occidentaux qui, trop souvent, connaissant mal l’islam et ne contribuent guère à éviter les amalgames entre islam et islamisme. Pour l’Europe, la Méditerranée a une importance stratégique. Pour la France aussi dont la relation avec les Ottomans remonte à François I. C’est le général de Gaulle qui a défini la politique arabe de la France en 1967. A part Pompidou, ses successeurs n’y sont pas très fidèles. En 1995, le Processus de Barcelone avait posé les bases d’un dialogue, en particulier avec les Arabes, mais il a été en parti bloqué par le conflit israélo-arabe. Il est grand
temps que l’UE repense sa politique avec le monde arabe si elle veut que l’UPM réussisse. La politique des Etats-Unis a été à l’évidence un échec depuis le milieu du XXe siècle. Toutefois, Barack Obama a déjà donné des preuves de sa volonté d’innover et d’établir de nouveaux rapports avec le monde arabe et les musulmans. Il a tendu une main à l’Iran et s’est montré plus ferme à l’égard d’Israël.  On parle souvent de terrorisme international mais on occulte le terrorisme d’Etat.

Le Soir d’Algérie : On parle de celui exercé par Israël sur les civils palestiniens avec la bénédiction des Etats-Unis, les bombardements de Ghaza en sont la preuve irréfutable, ne pensez-vous pas que le paternalisme de l’Occident envers Israël
conforte Ben Laden dans son entreprise meurtrière car il se positionne comme le sauveur des opprimés, ne faut-il pas rectifier le tir ?

Paul Balta : Comme les Etats-Unis avec Al-Qaïda, Israël a connu un retournement de l’histoire avec le Hamas. Les services secrets israéliens l’avaient encouragé à se créer pour faire concurrence à l’Organisation de libération de la Palestine de Yasser Arafat. Puis ils lui ont apporté leur soutien dans les années 1970-1980 pour affaiblir l’OLP. Ils n’avaient pas prévu que le Hamas s’implanterait aussi fortement à Ghaza et que, le 26 janvier 2006, il remporterait démocratiquement les élections législatives avec 56% des suffrages. Ces rudes revers ont conduit Israël à déclencher la terrible opération « Plomb durci » contre Ghaza. Vous avez raison, le paternalisme occidental à l’égard d’Israël conforte Ben Laden aux yeux de beaucoup d’Arabes et de musulmans, qui pourtant le critiquent sur d’autres points. Les intérêts stratégiques de l’Europe sont menacés par ce conflit et elle devrait exiger qu’Israël applique les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’évacuation des territoires occupés depuis 1948 en échange de la paix. Le président Barack Obama a une politique différente de celle de Bush : il a demandé à Netanyahu d’accepter un Etat palestinien et de ne pas attaquer l’Iran.

Le Soir d’Algérie : Vous faites un constat fort pertinent en disant qu’Al-Qaïda développe ses réseaux dans les pays musulmans qui sont déstabilisés et vous citez l’Irak ; la même chose pour l’Afghanistan, le Pakistan est confronté à la menace des talibans, l’Iran, eu égard aux manoeuvres d’Israël dans la région, risque d’être attaqué, on imagine aisément un scénario catastrophe dans cette zone sensible où le nucléaire est un enjeu capital. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?

Paul Balta : Effectivement, pour expliquer la stratégie et les objectifs d’Al-Qaïda, nous montrons dans notre livre quand et comment elle s’est implantée dans nombre de pays musulmans. Pour ce qui est de l’Iran, je signale que depuis près de trois siècles, il a été engagé dans plusieurs guerres, mais n’a jamais attaqué le premier. Personnellement, j’estime aussi qu’il a le droit de produire de l’énergie nucléaire pour prendre la relève du pétrole quand il sera épuisé. Quant à la possibilité qu’il se dote de l’arme nucléaire, cela mérite réflexion. N’oublions pas que trois de ses voisins la possèdent : l’Inde, le Pakistan et Israël, lequel n’a pas signé le Traité de non-prolifération.

Le Soir d’Algérie : Comment réagirait l’ONU si l’Iran proposait, lui, de le signer ?

Paul Balta : Une attaque d’Israël contre l’Iran serait effectivement une catastrophe, mais il me paraît peu probable que Netanyahu prenne le risque de défier le président Obama. Autre sujet d’inquiétude : que les talibans s’emparent des armes nucléaires au Pakistan.

Le Soir d’Algérie : Le Sahel est devenu la plaque tournante du terrorisme international mais c’est l’Afrique entière qui est menacée de déstabilisation. On assiste même à l’émergence de la piraterie, quel est votre commentaire ?

Paul Balta : Oui, l’Afrique entière est menacée ! Continent de plus de 30 millions de kilomètres carrés, aux 54 Etats, aux milliers de langues, aux frontières coupées au cordeau par les colonisateurs et tenant rarement compte des frontières humaines et géographiques naturelles, l’Afrique présente un intérêt stratégique pour Al-Qaïda. Quant au Sahel, appelé « Arc intégriste du Sahara », il sert de base arrière au réseau d’Al-Qaïda, dont 500 à 600 vétérans venus d'Afghanistan. Elle présente pour eux de multiples avantages. Aride, immense et peu peuplée, cette zone comprend, du Sénégal au Soudan, des régions de six pays : Mauritanie, Mali, Burkina, Bénin, Niger, Tchad. Les frontières n’étant ni matérialisées ni contrôlées, cela favorise les conflits locaux, les déplacements de populations et les trafics illicites (armes, cocaïne, cigarettes, réseaux de prostitution et d’adoption d’enfants) qui rapportent beaucoup d’argent aux groupes mafieux qui les contrôlent. Les terroristes islamistes se ravitaillent en coopérant avec les rebelles et les trafiquants. Ces comportements ne sont pas conformes au Coran, mais les islamistes bénéficient d’une certaine bienveillance auprès des populations pauvres du Sahel, grâce aux soins médicaux et aux aides alimentaires qu’ils leur donnent. C’est aussi avec le soutien d’Al-Qaïda que les islamistes radicaux de Somalie empêchent toute solution pacifique au détriment de la population. La misère a aussi favorisé la piraterie. Pour tenter de redresser la situation, il faudrait remédier à l’échec des programmes nationaux et internationaux de développement. L’Union africaine devrait être plus volontariste de même que les organisations internationales. Trafic de drogue, blanchiment d’argent, racket, rançonnage sont les moyens de financement du terrorisme.

Le Soir d’Algérie : Des experts pensent qu’il faut attaquer ces fléaux à la source pour affaiblir le terrorisme à commencer par bannir les paradis fiscaux. Qu’en pensez-vous ?

Paul Balta : Tout à fait d’accord avec vous sur le bannissement des paradis fiscaux. Je tiens aussi à souligner que les pratiques dont vous parlez sont en totale contradiction avec l’enseignement du Saint Coran ! De même les talibans interdisent aux filles d’aller à l’école alors que de très nombreux versets recommandent au croyant et à la croyante « d’acquérir la connaissance et le savoir ». En Afghanistan, les talibans ont encouragé la culture de la drogue et fait du pays son premier exportateur mondial, car ils bénéficient de ce trafic pour acquérir des armes. La lutte contre ces fléaux n’est pas aisée, mais elle doit se situer à plusieurs niveaux. Il faudrait tout d’abord que les grandes institutions religieuses musulmanes et les autorités théologiques les condamnent de façon plus vigoureuse et plus audible. De même l’Organisation de la Conférence islamique et la Ligue arabe devraient se doter des moyens de combattre ces fléaux pour affaiblir le terrorisme.

Le Soir d’Algérie : Croyez-vous à la thèse du choc des civilisations ou pensez-vous, comme certains philosophes et penseurs, que cette thèse est pernicieuse et ne sert qu’à agrandir le fossé entre les différents peuples et qu’il n’y a en réalité qu’une lutte d’intérêts et de pouvoir puisqu’il arrive que des pays ayant la même religion et la même culture entrent en conflit armé ? Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Paul Balta : Victimes du 11 septembre, les Etats-Unis ont alors dénoncé « l’axe du mal », souscrit à la thèse du « choc des civilisations » de Samuel Huntington et déclaré la guerre à Al-Qaïda. Je rappelle que la Méditerranée est le berceau des trois religions monothéistes révélées, judaïsme, christianisme, islam. Malgré les guerres, le flambeau de la civilisation a toujours circulé d’une rive à l’autre. Dans plusieurs de mes livres dont La Méditerranée, berceau de l’avenir (Éditions Milan), je critique la thèse pernicieuse du choc des civilisations et défends la pratique du dialogue des civilisations qui a généralement prévalu en Méditerranée. Les conflits entre des peuples qui ont la même religion relèvent, en effet, d’une lutte d’intérêts et de pouvoir. La thèse d’Huntington a été utilisée par George W. Bush pour servir ses intérêts et justifier ses interventions en Irak, en Afghanistan, au Pakistan et sa condamnation de l’Iran. C’est aussi la raison pour laquelle il affirmait que le Grand Moyen-Orient allait du Maroc à l’Afghanistan. C’est absurde et irréaliste.

Le Soir d’Algérie : Comment peut-on encourager l’ijtihad ou la recherche face au radicalisme religieux ?

Paul Balta : Je voudrais d’abord rappeler une réalité historique occultée en Europe et trop souvent ignorée par les Arabes et les musulmans. Du VIIIe au XIIIe siècle et même au XVe si on pense à Ibn Khaldoun, la civilisation arabo-islamique a été à la pointe de la modernité. Ses savants ont exploré tous les domaines du savoir : mathématiques, astronomie, physique, chimie, médecine, philosophie, géographie, architecture, botanique, histoire. Sans leurs apports, la Renaissance européenne n’aurait pas été ce qu’elle fut. C’était la grande période de l’ijtihad. Puis il y eut le déclin et il s’est poursuivi malgré la Nahda (Renaissance) au XIXe siècle. Réalisé par des intellectuels arabes de haut niveau, le rapport du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) consacré au monde arabe (2002-2006) relève les nombreux retards et les graves défaillances qui vont du fort pourcentage de l’analphabétisme au statut des femmes. Il donne des directives pour assurer le redressement et conclut en soulignant que c’est en renouant avec leur âge d’or que les Arabes redeviendront innovants. Il conviendrait aussi de prendre en compte les propositions des « nouveaux penseurs de l’islam » qui souhaitent une mise à jour de la religion face au conservatisme, au fondamentalisme et au radicalisme. Comme je l’ai écrit dans plusieurs de mes livres, « l’islam a besoin de réaliser un renouveau comme les catholiques l’ont fait lors du concile Vatican II ».

Le Soir d’Algérie : Vous dites dans votre livre que la piste qui conduirait à une véritable entente entre l’Orient et l’Occident est le dialogue mais que ce dernier a besoin d’un cadre organisé et de volonté politique de part et d’autre. L’Union pour la Méditerranée (UPM) peut-elle constituer une structure ou faut-il penser à un autre mécanisme qui impliquerait davantage l’élément humain ?

Paul Balta : L’UPM lancée par Nicolas Sarkozy me paraît une bonne idée. Toutefois, elle comporte des lacunes qu’il convient de combler. La plus grave est l’absence d’un volet culture. Au départ, l’UPM estimait que ce secteur était celui de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures. Néanmoins, outre que son budget est insuffisant, elle n’a pas de lien avec l’UPM. Face aux critiques, un Conseil culturel vient d’être mis en place pour faire des propositions. L’UPM pourrait être un cadre favorisant le dialogue culturel et humain entre l’Orient et l’Occident, à condition de s’en donner les moyens.

Le Soir d’Algérie : Les médias doivent-ils jouer un rôle dans l’instauration de ce dialogue ?

Paul Balta : Cela me paraît indispensable dans tous les pays riverains de la Méditerranée. De 1985 à 1998, j’avais animé le Séminaire Islam et monde arabe au Centre de formation des journalistes de la rue du Louvre à Paris. J’avais constaté que mes étudiants, bac + 4 ou 5, ignoraient tout de ces thèmes. Hélas, cela n’a guère changé depuis. Les dirigeants responsables de ce secteur ont le devoir de prendre des dispositions pour y remédier. Les journalistes des pays arabes devraient aussi faire
un effort. La Copeam dont la présidence était assurée par l’Algérie en 2008, joue un rôle important en favorisant une meilleure connaissance réciproque des Méditerranéens. Télés, radios et presse écrite devraient s’impliquer plus pour favoriser ce dialogue.

Le Soir d’Algérie : Vous êtes revenu à Alger au mois de mars dernier, l’Algérie d’après vous est-elle sortie d’affaire après les affres du terrorisme qu’elle a vécues ou est-elle encore menacée ? Et qu’est-ce qu’elle a de particulier par rapport aux pays qui souffrent de l’avancée de l’islamisme ?

Paul Balta : Vous le savez, mais je le rappelle. Voitures piégées, sabotages, bombes dans les lieux publics, attaques de domiciles, prises d’otages, viols de femmes, massacres collectifs, caractérisent la « décennie noire » qui a provoqué, selon les estimations, entre 150 000 et 200 000 morts, dont environ 90% de civils, et un million de victimes. L’Algérie est un des pays qui a été le plus atteint. Depuis neuf ans, la situation a bien évolué. L’armée a quasiment démantelé les réseaux. Des groupuscules se sont alors unifiés dans le GSPC. Abdelaziz Bouteflika a proposé une Charte de réconciliation nationale pour restaurer la paix civile par « l’extinction des poursuites à l’encontre de tous les individus qui mettent fin à leur activité armée et remettent les armes en leur possession ». Elle ne s’applique pas aux individus impliqués dans des crimes de sang, viols, etc. Depuis son adoption par référendum en septembre 2005, 6 000 hommes environ se sont rendus, les «repentis». Je sais que cette charte a donné lieu à des contestations mais elle me paraît positive par rapport à la situation qui prévaut dans d’autres pays. A titre d’exemple, je signale dans le livre que le Canadien Eric Margolis, un des meilleurs experts de l’Asie, écrit à propos de l’Afghanistan et du Pakistan : « Il ne peut y avoir de solution militaire […]. Il faut donc sortir du piège en donnant une représentation politique et même en ouvrant une négociation avec les ennemis, les talibans. » D’autres spécialistes occidentaux estiment aussi qu’il faudrait tenter de négocier avec les talibans modérés pour isoler les chefs d’Al-Qaïda. Certains affirment qu’il n’y a pas de talibans modérés, mais ils sont très minoritaires.

Le Soir d’Algérie : Quand vous revenez à Alger, quels sont les endroits que vous aimez visiter ?

Paul Balta : J’aime plusieurs quartiers. La Casbah, évidemment, d’autant plus que j’avais rédigé nombre d’articles pour rendre compte des problèmes concernant sa restauration que j’ai suivie de près. La Corniche aussi est superbe de même que l’Amirauté. C’est aussi un plaisir de partir de la Grande-Poste pour remonter vers la Tour Diar-el-Kef où nous habitions. Correspondant du Monde, j’ai sillonné l’Algérie en tous sens. J’avais, au cours de ma carrière, parcouru tous les déserts de la Mauritanie à l’Arabie saoudite. Le désert algérien est le plus beau par la diversité de ses sables, de ses roches et de leurs couleurs. Sans oublier ses superbes fresques préhistoriques !

Entretien réalisé par Fatma Haouari, et paru dans l'édition du quotidien Le Soir d’Algérie en date du lundi 8 juin 2009

Repost 0
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 11:44
Les médias et le Proche-Orient : témoins ou acteurs ?
Par Denis Sieffert, directeur de la rédaction de Politis et auteur de « la nouvelle guerre médiatique israélienne » -

Voir : http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article1428

       
Repost 0
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 10:51

On June 4th, Obama will deliver his long-anticipated speech in Cairo, which is expected to convey a reconciliatory message to Arabs and Muslims across the world. As both the US and the EU are trying to reset their policies in the Middle East, the challenge of how to deal with the most important emerging actors in the region – Islamists – remains a matter of great controversy.

In this book, Arab and European authors ask whether the EU's current policies are contributing to the radicalisation of Islamist movements in the Middle East and North Africa, and argue in favour of an EU policy based on inclusion.

Pour lire la suite de cette étude :
http://www.europesworld.org/NewEnglish/Home/PartnerPosts/tabid/671/PostID/491/IslamistRadicalisationTheChallengeforEuroMediterraneanRelations.aspx

Source : europesworld.org

Repost 0
14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 05:35

Connaissez-vous le Règlement (CE) n° 864/2007 du Parlement européen et du Conseil du 11 juillet 2007 sur la loi applicable aux obligations non contractuelles («Rome II»)
- http://europa.eu/legislation_summaries/justice_freedom_security/judicial_cooperation_in_civil_matters/l16027_fr.htm - ?

Pourtant, cet acte du Parlement et du Conseil apporte des réponses juridiques et techniques fondamentales aux défis posés par les entraves à la reconnaissance mutuelle des décisions émanant des autorités judiciaires en matière civile et commerciale ainsi qu'à la libre circulation des jugements qui résultent de l'absence de règles de conflit de lois et de compétence en ce qui concerne les obligations non contractuelles, règles qui favorisent la prévisibilité de l’issue des litiges, la sécurité quant au droit applicable et la libre circulation des jugements, en désignant la même loi nationale applicable, quel que soit le pays dans lequel l’action est introduite.

Il a fallu attendre 2007 pour que la Communauté européenne parvienne à l'établir et à l'adopter.

Afin d'en comprendre les motivations, les enjeux et la portée, je propose au lecteur de prendre connaissance des considérants ainsi que de ses articles les plus significatifs.

Il sera dès lors en capacité d'en saisir tout l'intérêt.


Pourquoi ne pas s'en inspirer ainsi que du règlement (CE) n° 44/2001 du Conseil du 22 décembre 2000 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale ("Bruxelles I") et les instruments relatifs à la loi applicable aux obligations contractuelles
http://europa.eu/legislation_summaries/justice_freedom_security/judicial_cooperation_in_civil_matters/l33054_fr.htm)
pour créer les conditions techniques les plus favorables à l'établissement des réponses de même nature aux nombreuses préoccupations juridiques qui ont motivé l'établissement de tels actes, lesquelles sont en partie à l'origine des difficultés structurelles que rencontre l'espace euro-méditerranéen dans sa quête de développement durable, équitable et solidaire.


Le programme stratégique " Justice et droit, développement des entreprises, commerce "  du processus UpM n'en offre-t-il pas le cadre requis ?

Repost 0
13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 09:00
Le Maghreb est confronté à des défis colossaux : pauvreté, terrorisme, migration, corruption, violation des droits de l'homme. Les réformes nécessaires pour résoudre ces problèmes exigent un engagement des États avec le soutien de leur société civile : elles échoueront si elles ne sont pas portées par des dirigeants politiques légitimes, démocratiquement élus. Comme l'analyse Luís Martinez, la démocratisation au Maghreb doit devenir une priorité de la politique européenne en Méditerranée ...
 
 
http://www.iss.europa.eu/uploads/media/A4web.pdf
   
Repost 0
12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 07:29

NEW YORK, Nations unies - Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter vendredi [12 juin 2009] un projet de résolution aggravant les sanctions en vigueur contre la Corée du Nord après son essai nucléaire du 25 mai.

 

Le Conseil a prévu de se réunir à 11H00 (15H00 GMT).

 

Le texte prévoit notamment la mise en place d'un système renforcé d'inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord, y compris en haute mer, un élargissement de l'embargo sur les armes et un alourdissement des sanctions financières à l'encontre de Pyongyang.

 

Il vise ainsi, selon l'ambassadrice des Etats-Unis Susan Rice, à empêcher les activités nucléaires et balistiques du régime stalinien et à assécher les revenus qu'il tire de ses ventes d'armes et de technologie.

 

Le projet prévoit aussi d'allonger la liste des entités nord-coréennes frappées d'un gel de leurs avoirs financiers à l'étranger pour leurs liens avec les activités prohibées du pays et d'y inclure également des individus.

 

Pyongyang est déjà sous le coup de sanctions du Conseil de sécurité prévues par la résolution 1718, adoptée en octobre 2006 après son premier essai nucléaire.

 

Le projet a été rédigé par les Etats-Unis et négocié âprement pendant 15 jours avec les quatre autres membres permanents du Conseil dotés du droit de veto (Chine, France, Grande-Bretagne, Russie), le Japon et la Corée du Sud. Il a été présenté mercredi aux autres membres du Conseil, qui l'ont transmis à leurs capitales pour instructions de vote.

 

Selon les diplomates, les Occidentaux auraient souhaité un système obligatoire d'inspections en haute mer des cargos suspects mais se sont heurtés à la réticence de la Chine et de la Russie.

 

Aux termes d'un compromis, le texte "appelle" les Etats à procéder à ces inspections.

 

Il exige que Pyongyang "suspende toutes ses activités liées à la technologie des missiles balistiques (...), revienne sur son annonce de retrait du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP)" et réintègre celui-ci "le plus tôt possible".

 

Il exige également que la Corée du Nord "abandonne tous ses programmes d'armement nucléaire de manière complète, vérifiable et irréversible" et rejoigne au plus tôt le Traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT).

 

Il appelle également Pyongyang à revenir aux pourparlers à six (avec la Corée du Sud, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Russie) visant à dénucléariser la péninsule coréenne.

 

Article paru sur l'Express.fr : http://www.lexpress.fr/actualites/1/nucleaire-l-onu-s-apprete-a-alourdir-ses-sanctions-contre-la-coree-du-nord_767066.html

Repost 0
12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 07:24

1989 : des photos satellite américaines dévoilent l'existence d'un centre nucléaire à Yongbyon, au nord de Pyongyang.

1993 : après s'être soumise à plusieurs inspections de l'AIEA, la Corée du Nord refuse que soient visitées des bases secrètes, et menace de quitter le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

1994 : accord avec les Etats-Unis (sous la présidence de Bill Clinton). Pyongyang s'engage à geler son programme nucléaire militaire en échange de réacteurs civils à eau légère et de la fourniture de pétrole. Le projet de centrale à eau légère n'aboutira pas.

1998 : la Corée du Nord procède à un essai de missile longue portée qui survole le Japon.

1999 : Moratoire nord-coréen sur les essais de missiles. Washington allège ses sanctions.

2002
Janvier 
: discours de George Bush sur l'«Axe du mal» dans lequel il inclut la Corée du Nord, aux côtés de l'Irak et de l'Iran.
Octobre : visite de l'émissaire américain James Kelly en Corée du Nord. A son retour, il déclare que le régime nord-coréen a admis ?existence d'un programme d'enrichissement d'uranium. Washington déclare caduc l'accord de 1994.
Novembre  : les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne suspendent leurs livraisons de pétrole.
Décembre : la Corée du Nord annonce la reprise de son programme nucléaire.

2003
Janvier 
: la Corée du Nord annonce son retrait du Traité de non prolifération nucléaire.
Février : saisine de l'ONU par l'AIEA.
Avril : réunion de l'ONU. Les Etats-Unis souhaitent voir la Corée du Nord condamnée mais la Chine et la Russie s'y opposent, considérant le dossier strictement américano-nord-coréen. Aucune mesure concrète n'est prise à l'issue de la réunion.
Août : première réunion à six sur la dénucléarisation de la Corée du Nord réunissant la Corée du Nord, la Corée du Sud, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie. La Corée du Nord menace d'effectuer un essai nucléaire et se déclare puissance atomique.

2004
Février : le père de la bombe pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, reconnaît avoir fourni à la Corée du nord des tranferts de technologie nucléaire.

2005
Février
: la Corée du Nord annonce la suspension pour une période indéfinie de sa participation aux négociations multilatérales.
Septembre : le 19, à l'issue d'une quatrième série de négociations, Pyongyang s'engage à abandonner son armement nucléaire en échange de la possibilité d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins civiles. Elle s'engage également à rejoindre le TNP. Mais le lendemain, Pyongyang pose de nouveau comme condition préalable au démantèlement de son programme la livraison des réacteurs à eau légère.

2006
5 juillet
: la Corée du Nord procède à sept tirs d'essai de missiles, qui s'abîment en mer du Japon. Le Japon saisit le Conseil de sécurité de l'ONU.
15 juillet : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution comportant des mesures «contraignantes» pour Pyongyang, exigeant la suspension des activités liées au programme de missiles balistiques.
3 octobre : Pyongyang annonce un prochain essai nucléaire pour renforcer son autodéfense face à l'hostilité des Etats-Unis.
9 octobre : la Corée du Nord annonce avoir procédé, avec succès, à son premier essai nucléaire.
14 octobre : le Conseil de sécurité de l'ONU décrète un embargo sur les armes, les matériels liés à la technologie nucléaire ou à celle des missiles, ainsi que sur les produits de luxe à destination de la Corée du Nord.
31 octobre : la Corée du Nord accepte de reprendre les pourparlers à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Japon, Russie).
18 décembre : les "discussions à six" reprennent à Pékin. Elles s'achèvent cinq jours plus tard sans résultat, la Corée du Nord exigeant la levée des sanctions financières qui lui ont été imposées sous la pression américaine.


2007

13 février : dans le cadre des négociations à Six, la Corée du Nord accepte de « désactiver » son programme nucléaire en échange de la fourniture d'énergie et de garanties de sécurité par les Etats-Unis.
19 mars : Washington annonce le déblocage des fonds de Pyongyang gelés à Macao,
levant un sérieux obstacle au démantèlement nucléaire en échange d'une aide énergétique.
15 juillet :
Pyongyang annonce avoir fermé le complexe de Yongbyon, première étape d'un processus de dénucléarisation.
3 octobre : la Corée du Nord accepte de fournir la liste complète de ses programmes nucléaires et de démanteler son site de Yongbyon.
1er novembre : neuf experts américains arrivent avec pour mission de rendre inutilisables les installations de Yongbyon.
31 décembre : la République populaire démocratique ne respecte pas son engagement de révéler ses activités nucléaires avant cette date.

2008

10 mai


2009

24 février : la Corée du Nord annonce le lancement imminent d'une fusée Unha-2 munie d'un satellite de communication.
2 avril : l'armée nord-coréenne menace de représailles, notamment contre le Japon, en cas d'interception de la fusée controversée.
5 avril : la Corée du Nord
lance une fusée longue portée censée transporter un satellite de télécommunications. Les Etats-Unis et leurs alliés asiatiques soupçonnaient que ce lancement ne masque un tir expérimental de missile longue portée Taepodong-2.
25 avril : Pyongyang annonce avoir repris le
retraitement de combustible nucléaire, au lendemain de sanctions de l'ONU contre des entreprises nord-coréennes après le lancement de fusée du 5 avril.
25 mai : la Corée du Nord annonce avoir effectué "avec succès" un
nouvel essai nucléaire.

Article paru dans l'Express.fr : http://www.lexpress.fr/actualites/1/nucleaire-l-onu-s-apprete-a-alourdir-ses-sanctions-contre-la-coree-du-nord_767066.html

: Pyongyang fournit 18 000 pages de documentation sur son programme nucléaire aux Américains.
27 juin : Pyongyang a détruit une tour de refroidissement de son réacteur nucléaire de Yongbyon.
12 juillet : Pyongyang autorise des inspecteurs étrangers à venir vérifier que ses installations nucléaires ont bien été démantelées.
26 août : Pyongyang suspend sa dénucléarisation, accusant George Bush de ne pas tenir sa promesse de rayer la RPDC de la liste des pays soutenant le terrorisme.
Septembre : Pyongyang demande le retrait des équipements de surveillance de l'AIEA et
annonce son intention de remettre en marche son réacteur.
11 octobre : Washington retire la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme, après un accord sur la vérification du programme nucléaire nord-coréen.
Repost 0
11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 09:48

Fausse interprétation. Le pourcentage des votants pour l'élection du Parlement européen est demeuré faible ; dans quelques États membres, il a légèrement augmenté, dans d'autres il a encore diminué. C'est regrettable. Mais je rejette la thèse selon laquelle cette attitude des opinions publiques signifierait un désamour à l'égard de la construction européenne. Cette interprétation appartient surtout aux forces politiques auxquelles les électeurs ont fait manquer l'appui qu'elles attendaient. J'estime qu'elle est fausse.


Les sondages sur l'appui à la construction européenne en elle-même avaient indiqué au contraire un soutien croissant, dépassant largement le taux de 60% et parfois de 80%, au point que même les mouvements les plus explicitement eurosceptiques s'étaient précipités à préciser qu'ils ne s'opposaient pas à l'unité de l'Europe, mais qu'ils contestaient sa forme. En même temps, tout autour des frontières actuelles de l'UE les pays en attente n'ont qu'une aspiration: y être admis. L'UE est entourée de peuples qui ne rêvent que d'adhésion, même lorsque la géographie laisse des doutes sur leur appartenance à l'Europe. Il n'y a pas de crise de l'idée de l'unité européenne ; elle n'a jamais été aussi vive. La « fatigue d'Europe » est une invention, sauf pour quelques franges de population qui ont évidemment le droit de s'exprimer et dont il est maintenant possible d'évaluer l'ampleur et, le cas échéant, de les inviter à réaliser leur souhait d'éloignement.


Discrédit excessif.
Pourquoi alors la participation a-t-elle été aussi modeste ? J'y vois essentiellement deux raisons. La première est le discrédit que la campagne électorale a largement répandu sur les défauts des institutions communautaires, sur l'inefficacité de la Commission européenne, sur la lourdeur de la bureaucratie communautaire, sur les défauts du Parlement lui-même. Le discrédit n'a pas entaché l'idée européenne mais en partie ceux qui la représentent, avec en tête cette abstraction habituellement définie par le terme « Bruxelles », entité abstraite et malfaisante, alors qu'en réalité, les initiatives et la gestion de l'UE sont de plus en plus le résultat d'une dialectique institutionnelle complexe, certes imparfaite mais souvent vive, contradictoire (dans le sens que toutes les tendances s'expriment) et assez efficace.


Incompréhension.
La deuxième raison du silence d'une très large partie de la population européenne est évidente: ni la classe politique ni les moyens d'information n'ont réussi à faire comprendre aux citoyens le poids du Parlement européen sur leur avenir et sur leur vie de tous les jours. La constatation que ce Parlement est déjà et deviendra de plus en plus l'auteur des lois et réglementations qui régissent l'UE comme ensemble, et donc chaque État membre en particulier, n'a pas suffisamment fait son chemin. Les exemples évidents qui existent ne sont pas connus, ou sont mal expliqués, ou ne sont pas compris. Le cas le plus spectaculaire est celui de la « directive Bolkestein »: le Parlement l'a radicalement transformée, a éliminé les aspects qui avaient suscité craintes et préoccupations ; mais encore aujourd'hui certaines forces politiques, souvent de mauvaise foi, mettent à la charge du Parlement le texte qui n'a plus rien à voir avec le projet initial, au lieu de l'en féliciter. Une grande partie du mérite pour quelques autres succès européens revient au PE: la réglementation des produits chimiques (même si, logiquement, elle ne peut pas être considérée comme satisfaisante par tous), la position européenne sur le climat (qui devrait avoir un poids déterminant au niveau mondial). Et la position du PE sera décisive en vue d'autres choix essentiels pour l'avenir de l'humanité, avec en tête l'ensemble agriculture/sauvegarde de la nature/risque alimentaire.


À chacun son choix.
Pour expliquer l'absentéisme, M. Herzog a déclaré dimanche soir que les citoyens ont voulu dire: « L'Europe actuelle n'est pas celle qui nous plaît ». Eh bien, en leur donnant la possibilité de décider eux-mêmes la composition du Parlement européen, les élections les invitaient justement à décider quelle Europe ils souhaitent. Ceux qui ont voté l'ont fait, les autres n'ont pas compris.


Il est encourageant de constater que les citoyens qui ont décidé de répondre à cette invitation se sont largement prononcés en faveur de forces politiques favorables à l'approfondissement de la construction européenne, engagées au sein des institutions et du Parlement lui-même à travailler dans cette direction. Ceux qui ont vu dans les élections européennes une simple préparation à leurs ambitions nationales futures ont été le plus souvent pénalisés. Et si, dans tel ou tel État membre, les eurosceptiques ont progressé, ce résultat doit être accepté en toute sérénité ; chacun est libre de son choix, le pays concerné aura la possibilité de rester en marge de l'approfondissement de la construction européenne, mais sans bloquer les autres.


PS : Ces éléments d'analyse ont été publiés dans l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9916 en date du 9 juin 2009.

Repost 0
10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 14:36

Les élections européennes ont mis en avant le besoin de mettre en place au niveau de l'Union européenne une stratégie politique commune beaucoup plus proactive, plus offensive, davantage anticipatrice en même temps que plus protectrice des intérêts européens comme des intérêts nationaux des Pays membres qui sont partageables entre quelques uns, que celle qui a structuré l'action de l'Union, et notamment de la Commission, au cours des dernières années, pour affronter avec  l'efficacité et l'efficience attendues les défis financiers, monétaires, économiques, sociaux, climatiques, écologiques, énergétiques, démocratiques et sociaux dans un contexte de défiance à l'égard de la politique, des systèmes bancaire, boursier et financier, de la mondialisation et du système international de régulation dans son ensemble, y compris le système des Nations Unies.

Les solutions sont complémentaires : 

 * favoriser le renouveau de l'offre politique en Europe et dans le monde en construisant des projets qui intégrent et articulent des réponses aux défis qui se posent tant au niveau du 'village global' (expression chère à Jacques Delors), qu'aux niveaux régional, national et local.

* poursuivre l'édification d'une Europe-Union qui innove, qui ose, qui entreprenne, tout en construisant un ensemble cohérent et efficient de garanties de sécurité, de mesures de confiance et les mesures de réassurance qui protègent, qui rassurent, qui encadrent, selon une conception à la fois extensive, systémique et patrimoniale de la sécurité allant jusqu'à l'avènement d'une dynamique globale d'anticipation, de prévention, de dissuasion, de protection et d'intervention déclinée sur chacun des registres de l'activité humaine qui le nécessitent (de la monnaie aux valeurs, droits et principes qui régissent notre conception européenne de la démocratie libérale et de l'économie sociale de marché, en passant par la santé, les ressources vitales, les patrimoines culturels, les frontières, les finances, y inclus les finances publiques, les institutions démocratiques, etc.), 

* corrolaire de la solution précédente, permettre un "juste retour" de l'État dans sa fonction régulatrice tout en articulant ce mouvement avec un autre mouvement tout aussi dynamique d''approfondissement de l'intégration politique européenne, 

 * construire les conditions d'une sortie de crise autour d'un objectif stratégique d'une croissance verte soutenue par des investissements publics et des investissements internationaux appropriés, et guidée par une stratégie économique, technologique et industrielles commune sur laquelle l'ensemble des instruments de solidarité (y comrpis les instruments structurels de l'Union) devront prendre appui dans la définition de leur cahier des charges,

 * rénover les systèmes nationaux de prélèvements obligatoires, tout en établissant les conditions (lignes directrices communes) d'une harmonisation progressive  au niveau de l'Union (TVA sociale, taxe environnementale, ...).

Regards-citoyens souhaite participer aux débats autour de la mobilisation de ces différents éléments d'une véritable stratégique politique européenne commune pour forger les stratégies qui pourront servir de point de départ des projets et des programmes qui nourriront les débats politiques tout au long de la nouvelle législature européenne, et, à un terme beaucoup plus court, ceux qui accompagneront les prochaines grandes échéances électorales en Europe.
 

Ce blog proposera dans cette perspective une série d'articles aux contenus aussi novateurs et raffraichissants que possible dont les auteurs seront diversifiés !

Repost 0

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories