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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 20:56

C’est aujourd’hui un lieu commun que de reconnaître que « la guerre technologique » constitue une dimension importante des conflits modernes ! Au point d’avoir fortement inspiré les réformes qui ont été engagées au cours des années 90 et poursuivies jusque vers la moitié de la décennie 2000 au sein des Etats comme au sein de l’Otan sur les registres conceptuel, doctrinal, scientifique, technologique, administratif, militaire, industriel, économique, budgétaire et financier sur lesquels s’articule l’ « art de la guerre ».

Au sein de l’Otan, cette évolution s’est matérialisée au cours des années 90 dans la « Révolution dans les Affaires Militaires » (RAM), puis dans la « Transformation » au service d’une guerre «  réseau centrée » (« net centric warfare » : ncw et « net centric opérations » : nco), ainsi que dans la réalisation du concept ancien de « tout aérien » (frappes à distance zéro mort) par l’arme aérienne, l’arme technicienne par excellence, le bras armé des guerres technologiques de haute intensité, de haute précision et de haute destruction, par l’utilisation des armes « intelligentes », la robotisation militaire (drones,..), la guerre et la furtivité électroniques, la numérisation de l’espace de bataille, … Autant de doctrines et de concepts destinés à souligner les atouts sur le plan militaire que procure la modernité technicienne occidentale, notamment la « foudroyance technologique » censée assurer la supériorité opérationnelle sur les théâtres d’opérations.

Or, par voie de conséquence, ces réformes se sont concrétisées au sein des Etats qui sont membres de l’Otan, à la fois par une convergence très forte, voire davantage, des doctrines militaires sur celles de l’Otan, y compris en France, et par une traduction budgétaire dans les lois de programmation militaires.

Les conflits récents, en Irak et en Afghanistan, ont fait apparaître que tout cela n’est pas adapté aux guerres asymétriques, aux guerres au sein des populations, aux guerres de 4ème génération qui font réapparaître la place essentielle de l’humain dans les conflits modernes, sous les formes du « combattant-militaire », de « l’insurgé innovant », du « terroriste technologiquement agile et furtif » ainsi que des réseaux sociaux qui peuvent y être attachés, et leur stratégie de contournement des doctrines et instruments qui prévalent dans la préparation et la conduite de la guerre «  réseau centrée », stratégie parfois soigneusement articulée sur les quatre principes de base de la cyberguerre énoncés par le Dr Lani Kass du Cyberspace Task Force (US Air Force), à savoir : le cyberespace fournit d'emblée un point d'appui à des attaques physiques parasitant/retardant/entravant votre réaction ; tout ce que vous pouvez faire dans le cyberespace peut également vous être infligé beaucoup plus vite et pour beaucoup moins cher ; les vulnérabilités sont disponibles à ciel ouvert, n'importe où et à n'importe qui ayant la capacité et l'intention de les exploiter ; le cyberespace procure les voies et moyens à des attaques distantes organisées contre votre infrastructure à la vitesse de la lumière.

Les budgets de la défense et de la sécurité nationale des Etats-Unis de ces dernières années traduisent ces évolutions au rythme de la réorientation doctrinale que l’on observe vers la guerre culturo-centrée et le « Human Terrain Système » (HTS) : annulation de plusieurs programmes à forte « charge »  technologique, « retour » vers un modèle d’armée plus conventionnelle pour être efficace et gagner les conflits asymétriques ; « poussées » technologiques davantage centrées sur la cyberdéfense, sur le combattant sur le terrain, les armes « rustiques » jugées plus performantes que les armes « intelligentes » de la guerre de haute technologie.

Sur le plan théorique, deux voies sont possibles pour entreprendre cette nouvelle réforme des ressorts et déterminants de la guerre technologique dans le cadre du (ou des) système(s) de sécurité existant (s) – niveau national, niveau Otan, niveau Union européenne - :

1° soit renouveler les ressorts et déterminants actuels de la RAM et de la guerre « réseau centrée » tout en les prolongeant (émergence d’une « 3è » RAM intégrant certaines techniques avancées ; construction d’un spectre global des moyens d’action assurant la victoire dans les « nouvelles guerres totales localisées » ; adaptation de la doctrine du combat aéro-terrestre ; recours systématique aux « opérations basées sur les effets », etc.) ;

2° soit dépasser la RAM et la guerre « réseau centrée » (passage du « network centric warfare » au « cultural centric warfare » - cf. par exemple aux Etats-Unis la Directive 3000-07 - ; opérer une certaine « humanisation » de la rénovation technologique dans la recherche du contrôle des différents milieux).

Une troisième voie est possible, sinon nécessaire, qui consiste à reconnaître la nécessité de faire face aux difficultés considérables qui résultent d’une incapacité à intégrer dans ce(s) système(s) de sécurité toutes les conséquences, en termes de doctrines, de concepts, de moyens, etc., de l’obligation de répondre de manière systémique aux défis globaux et locaux que font peser sur les nations la superposition en même temps que l’articulation étroite des enjeux de sécurité nationale et des enjeux de défense stricto sensu.

Charles Bwele, consultant en technologies de l'information et des télécommunications, analyste en technostratégie, a publié à cet égard un article très intéressant qui présente un état des lieux des différentes natures de problèmes que soulèvent aux Etats-Unis les enjeux de planification, d'organisation, de mise en oeuvre, d'évaluation et de contrôle dans le domaine de la cybersécurité nationale (cf. http://electrosphere.blogspot.com/2009/03/nebuleuse-et-dangereuse-cybersecurite.html ).

Il y relève notamment que de 2007 à 2008, les réseaux informatiques gouvernementaux et industriels des États-Unis ont été victimes respectivement de 38 000 à 72 000 incidents : attaques, intrusions, pertes, vols et piratages de données. Dans son évaluation des niveaux de sécurité et de résilience des systèmes informatiques pour l'année fiscale 2007, le Congrès avait attribué un « C » à l'ensemble des administrations fédérales, « F » à l'Office de Régulation Nucléaire et au Département du Trésor, « D » au Pentagone, « A » au Département de la Justice.

D'où un plan de cybersécurité nationale - initié par l'ex-président George W Bush et renforcé par son successeur Barack Obama - portant sur cinq grands axes : la R&D orientée cybersécurité imbriquant secteur informatique, industrie militaire et laboratoires universitaires ; la protection et la résilience des infrastructures réseautiques vitales (administrations fédérales, électricité, transports, information & médias, finance, etc.) ; le contre-espionnage industriel en réseaux ; le développement de stratégies anti-cybercriminelles globales ; l'élaboration de standards pour la protection physique et numérique des données personnelles, administratives et industrielles).

Il constate que, selon le cabinet de prévisions INPUT, les investissements cumulés de l'état fédéral dans ce masterplan cybersécuritaire passeront de 7,4 milliards en 2008 à 10,7 milliards de dollars en 2013 (+44%). Des acteurs traditionnels de la cybersécurité comme McAfee et Symantec sont désormais confrontés aux grands noms de l'industrie militaire : Boeing (Cyber Solutions), Lockheed Martin (Information Systems & Global Services), Raytheon (Information Security Solutions) et L3 Communications (Cybersecurity Units), pour ne citer qu'eux. BAE Systems, General Dynamics, l'Université John Hopkins, Lockheed Martin, Northrop Grumman, Science Application International et Sparta - tous généreusement subventionnés - rivaliseront chacun d'imagination par cycles semestriels au sein du Cyber Range Startup, laboratoire cybersécuritaire et incubateur d'innovations créé et supervisé par le DARPA, le fameux centre de recherches du Pentagone.

Il remarque également que l'administration Obama, le Pentagone, les milieux académiques et les opérateurs industriels ont été fortement séduits et convaincus par les recommandations pertinentes du Center for Strategic and International Studies dans Securing Cyberspace for the 44th Presidency, document empreint d'une profondeur, voire d'une vision « cyberstratégique ».

Quelque soit la voie retenue, il est indispensable d’anticiper, d’initier, d’accompagner - et de réguler au tant que faire se peut (cf. à cet égard Nouvelles sciences et technologies : enjeux de sécurité et problématique de responsabilité internationale , Du besoin de gouvernance des activités bio et nanotechnologiques convergentes, L'évaluation des risques nanotechnologiques / Assessing the risks in nanotechnology ) - les mutations et les ruptures technologiques les plus décisives de demain (nanotechnologies, technologies convergentes nano-bio-TIC, …) afin :

1° d’identifier les potentialités comme les risques et les menaces de toutes natures qui y sont associées, leurs effets probables ou avérés ainsi que l’ensemble des vulnérabilités qui y sont attachées ;

2° de configurer l’ensemble des ressorts et des déterminants du (des) système(s) de sécurité (qui englobe la défense) le(s) mieux approprié(s) pour y faire face et/ou en tirer parti en termes de garanties – positives et négatives – de sécurité, de mesures de confiance et de mesures de réassurance appropriées, de toutes natures qu’elles puissent être (organisationnelle, conceptuelle, doctrinale, capacitaire, opérationnelle, technologique, juridique, …) (cf. Essai de caractérisation conceptuelle et fonctionnelle de tout système de sécurité ) ;

3° puis, dans le cadre de ce(s) système(s) de sécurité (s) et de ce paysage industriel, économique et technologique, d’imaginer, de concevoir, de développer, d’expérimenter – notamment dans de vastes « laboratoires technico-opérationnels » -, de produire, de mettre en œuvre, de maintenir en condition opérationnelle (et partant, d’en financer les investissements, les coûts d’accès, d’usage et de possession) la gamme de capacités et d’équipements la plus complète, la plus adaptée, en juste suffisance en regard des objectifs de sécurité retenus, ainsi que les doctrines, les concepts d’emploi, les formations et les règles d’engagement qui y sont attachés, et ce, pour tous les domaines (conventionnel, nucléaire) et pour tous les types de conflit, en mariant au mieux l’approche globale « système de système » du combat aéro-terrestre, ou, plus généralement, de la cyberdéfense et les impératifs – « low.tech » - de la guerre au milieu des populations.

4° en cohérence avec les éléments constitutifs de ce(s) système(s) de sécurité, de se doter d’un outil efficace qui précise le « paysage » industriel, économique et technologique souhaité à moyen – long terme sur la base d’une clarification en responsabilité du positionnement retenu pour les technologies, capacités et équipements cibles en sériant : les technologies et capacités de production dont on estime devoir garder la maîtrise au niveau national ; celles pour lesquelles on peut envisager une coopération avec des partenaires européens ou internationaux  ; et celles qu’on estime accessibles auprès de fournisseurs tiers sur le marché mondial des équipements de sécurité et de défense ; ne serait-ce que pour déterminer au mieux, et de manière aussi robuste que possible, la « feuille de route de la ‘Base Industrielle et Technologique de Sécurité (BITS)’ » que l’on souhaite rendre à la fois autonome et compétitive, en articulant aussi harmonieusement que possible la politique scientifique et technologique, la politique industrielle et la politique d’armement dans leur triple dimension nationale, européenne et internationale.

Aux Etats-Unis, la prochaine « Quadrennial Defense Review» (QDR) qui fixera les priorités du Pentagone et orientera la préparation des prochains budgets sera à cet égard particulièrement éclairante. L’Annual Industrial Capabilities Report to Congress paru en mars 2009 en offre une première illustration (cf. http://www.acq.osd.mil/ip/docs/annual_ind_cap_rpt_to_congress-2009.pdf )

En France, comme dans les autres Etats membres de l’Otan et/ou de l’Union européenne, cela doit se traduire matériellement (budgétairement) dans les prochaines revues de programmes ainsi que dans les prochaines lois d’orientation et de programmation concernées (militaire, sécurité intérieure, voire même sécurité nationale, …).

Au niveau de l’Union européenne, cela pourrait / devrait se concrétiser dans l’établissement d’un Livre blanc de l’union européenne pour la sécurité et la défense, puis dans la programmation des activités de l’Agence européenne de défense, et des moyens qui seront mis à la disposition de la PESC (notamment, mais pas seulement, de la PSDC).

C’est de l’ensemble de ces questions qu’ont été appelés à débattre les intervenants et les publics qui ont pris part au colloque que Pierre Pascallon, président du Club ‘Participations et Progrès’, a organisé à l’Ecole militaire les 4 et 5 mai 2009 (cf. La guerre technologique en débat(s) - Paris, 4 et 5 mai 2009 ).

 

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 13:38

 "Jamais France et Etats-Unis n'ont été aussi proches"  

L'entretien en tête-à-tête de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy était prévu pour durer vingt petites minutes. Un agenda extrêmement serré pour aborder des sujets aussi nombreux et difficiles que la situation du Moyen-Orient, le nucléaire iranien, le cas nord-coréen, les relations avec la Russie, mais aussi la crise économique et les moyens de la combattre, et bien sûr les relations franco-américaines... Les vingt minutes, au final, ont été largement dépassées et même doublées. Et en réapparaissant devant les journalistes pour une conférence de presse commune, les deux présidents ont tenu à afficher leurs convergences de vues sur la plupart des grands dossiers.

Nicolas Sarkozy accordait une importance particulière à cette rencontre en Normandie, symbole de l'amitié franco-américaine, alors qu'affleurent des doutes sur la qualité de sa relation personnelle avec son homologue américain. "Rarement la diplomatie française et la diplomatie américaine ont été autant à l'unisson sur l'ensemble des dossiers", avait-il dit récemment. Il l'a répété presque mot pour mot lors de sa déclaration face aux journalistes en ce 6 juin 2009, affirmant la volonté française "d'aider" les Etats-Unis, et ponctuant son intervention d'un "Barack, bienvenue". Hommage appuyé également du président américain au "dynamisme" de son homologue français, et au rôle nécessaire de la France. Cette volonté d'apparaître sur une même ligne s'est à peine fissurée lors de la séance des réponses aux questions des journalistes sur les grands dossiers en cours :

  - nucléaire iranien : Nicolas Sarkozy a déclaré que "la France et les Etats-Unis sont main dans la main" pour refuser que Téhéran se dote de l'arme nucléaire militaire. "L'Iran est un grand pays, une grande civilisation. Nous voulons la paix, le dialogue" avec l'Iran, "nous voulons l'aider à se développer", mais "nous ne voulons pas de la dissémination de l'arme nucléaire", a-t-il souligné. Par ailleurs, le président Ahmadinejad ayant plusieurs fois nié la réalité de la Shoah, affirmant de nouveau le 3 juin qu'elle était une "grosse tromperie", Nicolas Sarkozy a fustigé ces dernières déclarations : "Nous ne pouvons pas accepter les déclarations insensées du président Ahmadinejad" sur la Shoah ; sur cette question, "l'Europe, la France et les Etats-Unis sont totalement solidaires".

  - relations Orient-Occident : Nicolas Sarkozy s'est déclaré vendredi à Caen "totalement d'accord" avec le discours que son homologue américain a prononcé au Caire - "un discours remarquable", a souligné le chef de l'Etat français. "Il y a bien longtemps que nous attendions que les Etats-Unis, première puissance mondiale, prennent toutes leurs responsabilités pour éviter un choc des cultures entre l'Occident et l'Orient", a-t-il souligné. "Je suis totalement d'accord avec le discours" de Barack Obama en Egypte, "y compris sur la question du voile islamique", qui, selon Nicolas Sarkozy, "n'est pas un problème à condition" qu'il résulte "d'une décision émanant d'un libre choix".

  - Turquie et UE : "Nous avons une différence de modalités, pas d'objectifs, sur la Turquie", a tenu à souligner Nicolas Sarkozy

Source : http://tf1.lci.fr/infos/monde/europe/0,,4435823,00-demonstration-d-unite-entre-obama-et-sarkozy-.html

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Published by Patrice Cardot - dans La France et ses partenaires
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 11:50
Cherchant à proposer une variété de points de vue et d'analyses sur des sujets qui entrent dans son champ d'investigation, Regards-citoyens signale la parution d'un article de Ruben Zaïoti qui est paru dans la Revue Cultures & Conflits sous l'intitulé :  La propagation de la sécurité : l’Europe et la schengenisation de la Politique de voisinage - Spreading security : Europe and the Schengenisation of the Neighbourhood Policy !

Résumé :


L’objectif de la PEV est de créer une « communauté de sécurité » dans laquelle l’UE et ses voisins pourraient bénéficier de « relations proches, pacifiques et coopératives ». En dépit des objectifs affichés, le rôle de la sécurité est bien plus important dans la PEV que ce que laissent entendre ses défenseurs. Au lieu d’inciter les voisins à y participer, les mesures sécuritaires de cette politique portent atteinte à la promesse d’obtenir un meilleur accès au marché commun européen. La PEV semble refléter une vision euro-centrée de la sécurité régionale, remettant en cause l’idée d’un partenariat entre l’UE et ses voisins. Nous suggérons une analyse sociologique fondée sur la notion de « culture Schengen de la sécurité ». Il semble que la tendance sécuritaire de la PEV soit le résultat de la consolidation des hypothèses et des pratiques sous-jacentes de cette culture et de leur diffusion au sein de l’UE et dans l’attitude de celle-ci envers ses voisins.


Source : http://www.conflits.org/index2471.html
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 13:28

Les ministres compétents pour les questions spatiales et la compétitivité se sont retrouvés à Bruxelles, le 29 mai 2009, lors d'un Conseil essentiellement consacré à l'innovation et aux applications spatiales.

La première partie de la réunion leur a offert l'occasion de réfléchir aux apports des activités spatiales à la relance de l'économie européenne, dans le droit fil des conclusions du Conseil européen de décembre 2008 qui invitait à développer les technologies spatiales innovantes et les services qui en découlent. Leur tour de table les a conduit à souligner la nécessité de prendre l'espace en compte dans le plan de relance économique en Europe et à identifier les marchés porteurs (à fort potentiel de développement économique). Une note de réflexion soumise aux ministres constate que, dans le domaine de la technologie spatiale, trois secteurs disposent d'un fort potentiel d'innovation : la science et l'exploration de l'espace ; les technologies indispensables à la " non dépendance stratégique " ; le registre espace & sécurité (observation, télécommunications, navigation).

Ensuite, les ministres sont revenus sur les applications du système européen de surveillance mondiale pour l'environnement et la sécurité GMES/Kopernikus. La principale question est de savoir comment aider les entreprises européennes à tirer profit des opportunités de ce système pour développer des applications, l'un des enjeux associés étant d'éviter que des entreprises de pays tiers plus innovantes ou plus agiles profitent davantage que leurs concurrentes européennes des infrastructures créées avec l'argent du contribuable européen.

Le sixième Conseil Espace a adopté une résolution qui couvre l'ensemble de ces aspects en insistant sur la nécessité d'engager rapidement la planification financière à long terme pour GMES, de développer la coopération entre la Commission européenne, l'Agence spatiale européenne (ESA) et EUMETSAT. Le Conseil a également salué les derniers résultats enregistrés en matière de surveillance de l'espace et l'implication de l'Agence européenne de défense qui s'est récemment vu confier une partie du projet MUSIS (constellation de satellites d'observation de nouvelle génération) sous la forme d'un projet de catégorie B.

Par ailleurs, il est utile de rappeler que la Commission européenne a adopté, le 20 mai 2009, une proposition de règlement qui établit :

 - un programme GMES (surveillance terrestre, gestion des situations d'urgence, sécurité, surveillance de l'environnement marin, surveillance de l'atmosphère, adaptation au changement climatique),

 - les sources de financement (il s'agit en particulier de prévoir un financement intérimaire 2011 - 2013, en attendant l'adoption des nouvelles perspectives financières ; une enveloppe de 107 millions d'euros est prévue pour la mise en oeuvre du règlement proprement dit ; il s'agit du coût de fonctionnement de GMES pendant la phase opérationnelle initiale, auquel il faut ajouter 43 millions d'euros pour les activités de recherche financées à partir du 7ème programme-cadre ; des crédits de 215 millions d'euros pour le développement des services et de 460 millions pour le développement des infrastructures spatiales cofinancées par l'ESA sont également prévus par le programme-cadre),

 - le partage des données GMES,

 - et la politique en matière d'information.
 

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 11:55

Le 7 juin 2009, 500 millions de citoyens vont s'exprimer. A cette occasion, le président français et la chancelière allemande affichent une ambition commune : changer les règles de l'Europe. Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel dévoilent leur vision de l'Union européenne. Les deux chefs d'Etat disent vouloir une "Europe forte et unie".
Aujourd'hui, plus que jamais, l'heure est à l'action. Le monde connaît une crise financière et économique internationale sans précédent depuis des décennies. Nous avons besoin de nouvelles règles financières, économiques et sociales. Les Européens doivent s'engager résolument s'ils veulent que le monde qui se construit corresponde à leurs valeurs de liberté, de solidarité et de justice. C'est ce que nous voulons. C'est ce que nous proposons à nos partenaires.
1. Nous voulons une Europe forte qui nous protège. Une Europe forte ne signifie pas nécessairement toujours plus de compétences pour l'Union européenne, toujours plus de législation européenne ou toujours plus de moyens financiers. Nous refusons une Europe bureaucratique qui applique mécaniquement des règles tatillonnes et qui se méfie du changement. Nous voulons une Union européenne qui soit à l'écoute des citoyens, qui innove, qui dynamise. Nous voulons une Union européenne qui soit ferme et unie dans le monde tout en respectant la diversité de ses États membres. Nous voulons une Union européenne qui apporte des réponses courageuses aux questions de notre temps et qui assure ainsi notre prospérité. Nous voulons une Union européenne qui favorise la recherche et l'innovation grâce à une stratégie de Lisbonne rénovée, qui encourage la coordination économique, qui développe de véritables politiques de l'immigration, de l'énergie, de la défense, et qui renforce et modernise ses politiques communes - en particulier sa Politique agricole.
2. Face aux défis les plus urgents auxquels nous sommes confrontés du fait de la crise financière et économique mondiale, l'Union européenne doit apporter des réponses immédiates. Nous avons travaillé étroitement ensemble face à la crise bancaire de l'automne. Nous avons défini une réponse européenne à la crise économique ; ensemble, nous avons obtenu gain de cause sur la réforme des marchés financiers internationaux à l'occasion du Sommet du G20 à Londres en avril.
Face à la crise, il ne s'agit pas de régler des questions techniques mais de répondre à une question fondamentale: quel modèle économique voulons-nous ? Le libéralisme sans règle a échoué. Cet échec a conduit à la crise que nous affrontons aujourd'hui. Le modèle que nous voulons, c'est celui de l'économie de marché responsable, qui privilégie l'entrepreneur et le salarié sur le spéculateur, l'investissement de long terme sur le profit immédiat. Dans le Traité de Lisbonne, l'Union s'engage expressément en faveur d'"une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social". Nous sommes déterminés à nous battre ensemble pour honorer cet engagement.
3. Nous appelons l'Union européenne à prendre dès le mois de juin les premières décisions pour assurer une véritable régulation européenne dans le secteur financier fondée sur la coordination et la coopération des régulateurs. Sur les fonds spéculatifs, les paradis fiscaux, la rémunération des dirigeants et des opérateurs financiers, nous voulons une Europe exemplaire. Il faut établir un espace financier performant pour nos entreprises et sûr pour nos épargnants.
4. Nous n'accepterons pas que, durant cette crise financière, les exigences en capitaux et les normes comptables réduisent de manière injustifiée la capacité des banques européennes à prêter de l'argent. La question de l'offre suffisante de crédit est centrale dans notre économie. Nous appelons donc à la modification des règles comptables, qui sont si importantes pour la reprise de notre économie: les instances normatives compétentes devront donc agir. Sur tous ces sujets économiques et financiers, nous sommes déterminés à agir pour que l'Union européenne prenne les décisions nécessaires, notamment lors du prochain Conseil européen, en juin.
5. Sous les présidences allemande et française, l'Union européenne s'est engagée résolument dans la lutte contre le changement climatique. Avec le paquet climat, l'Union européenne est la première et seule région au monde à avoir adopté un ensemble de règles ambitieuses et juridiquement contraignantes afin de se conformer aux objectifs internationaux permettant d'éviter une hausse de plus de 2 degrés de la température du globe. Il nous appartient maintenant de convaincre nos amis et nos partenaires de s'engager eux aussi pour parvenir, en décembre prochain à Copenhague, à un accord mondial à la hauteur de l'enjeu. Notre plus proche allié, les États-Unis, mais aussi les autres grands pays industrialisés doivent s'engager avec la même force que les Européens. C'est la seule façon de persuader les pays émergents d'apporter aussi leur juste part.
6. La croissance verte est une chance pour le monde et une opportunité de création d'emplois tournés vers l'avenir. C'est pourquoi l'Europe doit se positionner en leader. Dans le même temps, nous devons veiller à ce que nos entreprises restent compétitives dans le monde. Nous veillerons à ce que les engagements européens ambitieux sur le climat ne conduisent pas à une situation où l'industrie européenne serait victime d'une concurrence déloyale. Protection du climat et compétitivité doivent aller de pair. Si nos partenaires internationaux refusent de s'associer à nos efforts, nous sommes déterminés à prendre des mesures pour protéger l'industrie européenne.
7. Nous voulons un commerce mondial loyal et fondé sur la réciprocité, ainsi qu'un aboutissement rapide du Cycle de Doha. Nous devons prévoir un dispositif efficace de surveillance des aides publiques au niveau de l'OMC qui empêche des pays tiers d'accorder des subventions excessives à leurs entreprises, créant ainsi une concurrence déloyale. Tant que ce dispositif international ne sera pas en place, nous devrons envisager des solutions européennes provisoires. L'Europe doit être plus ambitieuse pour son industrie, pour ses entreprises. Elle doit favoriser l'émergence d'entreprises européennes puissantes à l'échelle mondiale ; et nos politiques de renforcement de la compétitivité de l'industrie européenne doivent y contribuer.
8. Nous sommes profondément convaincus que la dette publique actuelle est un fardeau trop lourd pour être laissé aux générations futures. Nous devons retrouver la voie de finances publiques soutenables dès que nous aurons franchi le cap décisif dans cette crise.
9. L'Europe doit jouer un rôle de premier plan dans le monde. Pour cela, elle doit être dotée d'institutions efficaces. C'est pourquoi nous avons besoin du Traité de Lisbonne. Il rendra l'Europe plus forte. Les 27 États Membres ont décidé en décembre dernier que le traité devait entrer en vigueur avant la fin de l'année. Nous nous réjouissons du vote positif du Sénat tchèque, qui clôt la procédure parlementaire dans un 26e Etat membre, et nous appelons les responsables politiques à parachever le processus de ratification le plus tôt possible. Nous travaillerons à l'adoption d'un accord politique sur des garanties pour l'Irlande pour le Conseil européen de juin. Nous faisons confiance aux Irlandais pour faire le choix de l'Europe. Pour pouvoir agir, l'UE a besoin de frontières. Un élargissement illimité n'est pas possible.
10. Pour être forte, l'Europe doit assumer aussi ses valeurs et son identité. Nous continuerons à nous battre pour le respect des droits de l'Homme comme un élément central de nos politiques étrangères. Ils sont à la base de notre engagement pour un développement pacifique à travers le monde. À cette fin, nous renforcerons notre politique commune de défense et de sécurité.
Nous voulons une Union européenne forte qui montre la voie en donnant l'exemple dans tous les domaines importants. L'Europe peut jouer un rôle premier plan dans le monde. Nous devons compter pour cela sur la détermination des 27 États membres.
Nous sommes prêts à apporter notre contribution pour mobiliser l'Union vers la réalisation de ces objectifs avec nos partenaires de l'UE. Pour réussir, nous avons besoin de la mobilisation de tous, à commencer par les citoyens eux-mêmes. C'est pour cela que le rendez-vous du 7 juin est si important. Nous appelons tous les Européens à voter aux élections européennes. Il n'y a pas de meilleur moyen de soutenir l'objectif d'une Union plus forte dans un monde plus sûr. Nous en sommes convaincus: si l'Europe le veut, l'Europe le peut.

 

 

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Published by Patrice Cardot - dans La France et ses partenaires
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 10:45

Les ministres européens chargés de la compétitivité ont adopté, jeudi 28 mai 2009, des conclusions relatives à une politique industrielle intégrée dans l'Union européenne dans un contexte marqué par la crise économique et financière.
Ils plaident en faveur du maintien d'une base industrielle forte en Europe à travers la définition d'un cadre de référence stable et prévisible pour la production, la simplification des réglementations et l'augmentation des investissements dans le domaine de la recherche et du développement. Soulignant la responsabilité première de l'industrie en cas de restructuration, le Conseil Compétitivité convient de la nécessité de faciliter les restructurations tout en encourageant l'industrie à mener celles-ci d'une manière " socialement responsable ".
Les ministres soutiennent l'intention de la Commission de lancer une stratégie intégrée axée sur les matières premières et lui demandent d'agir sur les points suivants :
 - l'établissement avant fin 2009 d'une liste des matières premières non énergétiques essentielles ;
 - l'amélioration  des conditions d'extraction des matières premières dans l'UE ;
 - le renforcement de l'utilisation rationnelle des ressources.
Les conclusions adoptées contiennent des dispositions visant spécifiquement l'industrie chimique (ex : mise en oeuvre du règlement " REACH " sur les produits chimiques), l'industrie électrique et électronique et l'industrie automobile (ex : gravité de la situation économique actuelle, initiative CARS 21).
Enfin, le Conseil Compétitivité réitère son opposition à toute forme de protectionnisme. Il plaide pour des règles du jeu équitables et le retour à des conditions normales de crédit à destination des entreprises.

Le texte de la communication de la Commission relative à une stratégie industrielle intégrée : communication on industrial policy en communication on industrial policy en

 

 

 

 

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 08:07



Prof. Johan Galtung ( Connaissez-vous Johan Galtung ?   ) invites you to explore a new series of important books on peace and development published by TRANSCEND University Press, TUP ( www.transcend.org/tup ) :

Book 1: " 50 Years: 100 Peace and Conflict Perspectives " by Johan Galtung.
Peace proposals for 100 conflicts that he has mediated worldwide, some of which he helped resolve. This book marked the 50 years since he founded Peace Studies as an academic discipline back in 1958.

Book 2 : " Democracy - Peace - Development " by Johan Galtung and Paul D. Scott. Extends the concept of democracy to the work place, the school and the family, with ten case studies.

Book 3 : "50 Years: 25 Intellectual Landscapes Explored " by Johan Galtung.
Gives an overview of the strengths and weaknesses of 25 social sciences, indicating what is still missing.

Book 4 : " Globalizing God : Religion, Spirituality and Peace " by Johan Galtung and Graeme MacQueen. Draws together the best ideas from the major world religions.

Tables of content and sample chapters of books published by the TRANSCEND University Press are available at www.transcend.org/tup where they can also be ordered online.

The books published by the TRANSCEND University Press are used as textbooks for many of the courses of the TRANSCEND Peace University, TPU ( www.transcend.org/tpu ).

Books published by the TRANSCEND University Press are often the outcome of research done at the TRANSCEND Research Institute, TRI ( www.transcend.org/tri ).

TUP's goal is to become a leading publisher of advanced peace literature.

The next six books to be published in 2009 are :

Book 5 : " The Fall of the US Empire - And Then What? " by Johan Galtung (cf. " The fall of the US Empire - And Then What ? Successors, Regionalization or Globalization ? US Fascism or US Blossoming ?", by Johan Galtung (2009)  )

Book 6 : " Peace Business: Humans and Nature Above Markets and Capital "
by Jack Santa Barbara, Fred Dubee and Johan Galtung

Book 7: " A Theory of Conflict " by Johan Galtung

Book 8: " A Theory of Development " by Johan Galtung

Book 9: " A Theory of Civilizations " by Johan Galtung

Book 10: " A Theory of Peace " by Johan Galtung

For any questions please write to Antonio Rosa at tup@transcend.org.

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Source : http://www.internationalpeaceandconflict.org/profiles/blogs/transcend-university-press
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 23:26

" Israël a espéré jeudi une réconciliation avec le monde arabo-musulman après le discours de Barack Obama, tout en affirmant qu'il donnera priorité à sa sécurité dans le cadre d'un éventuel accord de paix.


"Le gouvernement israélien exprime son espoir que le discours important du président Obama au Caire conduira de facto à une nouvelle réconciliation entre le monde arabo-musulman et Israël", a indiqué un communiqué de la présidence du Conseil.


"Israël veut la paix et fera tout ce qui est en son pouvoir pour élargir le cercle de la paix tout en prenant en considération son intérêt national et en premier lieu sa sécurité", a poursuivi le communiqué.


M. Obama a soutenu dans son discours la quête des Palestiniens pour leur Etat et jugé la situation des Palestiniens "intolérable".


Il a aussi appelé Israël à cesser la colonisation dans les territoires palestiniens tout en soulignant "le lien inébranlable" entre l'Etat hébreu et les Etats-Unis.


Les relations entre les Etats-Unis et Israël traversent une phase très délicate en raison du refus du gouvernement de Benjamin Netanyahu de geler la colonisation et du principe de l'Etat palestinien.


Le président israélien Shimon Peres a son côté émis l'espoir que le discours de M. Obama permettra de relancer les efforts de paix au Proche-Orient.


"Je me félicite de ce discours visionnaire et courageux qui exige de toutes les parties qu'elles accomplissent un travail difficile pour promouvoir le processus de paix au Proche-Orient", a affirmé M. Peres dans un communiqué.


"L'idée de la paix est née au Proche-Orient. Elle constitue l'essence des trois monothéismes, le christianisme, le judaïsme, et les fils d'Abraham doivent relever le défi: la paix au Proche-Orient est possible", a-t-il ajouté.


Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a estimé de son côté que ce discours encourageait les éléments modérés dans le monde islamique, selon un communiqué de son bureau.


"Cette adresse directe, sérieuse et courageuse du président Obama au monde islamique constitue un encouragement aux éléments modérés qui aspirent à la paix".


"Il s'agit d'un appel contre le terrorisme et la violence des radicaux qui menacent la stabilité de la région et du monde tout entier, et nous remercions le président américain pour son engagement à assurer l'existence et la sécurité d'Israël", a-t-il ajouté.


"Nous espérons que le monde arabe va approuver l'appel du président Obama et mettre fin au terrorisme et à la violence afin d'établir des relations de paix avec Israël", a encore indiqué ce texte.


"Israël va coordonner son action avec les Etats-Unis pour promouvoir la paix, en mettant l'accent sur ses impératifs de sécurité", a-t-il conclu.


M. Barak effectue actuellement une visite à Washington où il doit faire le point sur l'accord de coopération stratégique liant Israël et les Etats-Unis.


Enfin, le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman a souligné l'importance que M. Obama confère à la 'feuille de route', un plan international de paix lancé en 2003.


"Le fait que le président Obama considère la +feuille de route et sa première phase exigeant la fin des violences comme une étape nécessaire sur la voie d'un accord avec les Palestiniens est très important", a indiqué M. Lieberman dans un communiqué.


"Comme le président l'a lui-même souligné, l'alliance des Etats-Unis et d'Israël est forte et inébranlable, même lorsqu'il y a parfois des désaccords légitimes", a-t-il encore dit.


Source : AFP - La-Croix.fr (http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090604152805.fwwpjp7t.htm)

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 23:02

Je vous remercie. Bonjour à tous. C'est pour moi un honneur de me trouver dans cette ville intemporelle qu'est le Caire et d'être reçu par deux institutions remarquables. Depuis plus de mille ans, Al-Azhar est un haut lieu de transmission du savoir dans le monde musulman et, depuis plus d'un siècle, l'université du Caire est une source de progrès pour l'Égypte. Ensemble, vous représentez l'harmonie entre la tradition et le progrès. Je vous suis reconnaissant de votre hospitalité et de celle du peuple égyptien. Je suis fier aussi de vous transmettre la bonne volonté du peuple américain et une salutation de paix de la part des communautés musulmanes de mon pays : « Salamm aleïkoum ». (Applaudissements)
Notre rencontre survient à un moment de grande tension entre les États-Unis et les musulmans du monde entier - tension ancrée dans des forces historiques qui dépassent le cadre des débats actuels de politique générale. Les relations entre l'islam et l'Occident se caractérisent par des siècles de coexistence et de coopération, mais aussi par des conflits et des guerres de religion. Dans un passé relativement plus récent, les tensions ont été nourries par le colonialisme qui a privé beaucoup de musulmans de droits et de chances de réussir, ainsi que par une guerre froide qui s'est trop souvent déroulée par acteurs interposés, dans des pays à majorité musulmane et au mépris de leurs propres aspirations. En outre, les mutations de grande envergure qui sont nées de la modernité et de la mondialisation ont poussé beaucoup de musulmans à voir dans l'Occident un élément hostile aux traditions de l'islam.
Des extrémistes violents ont exploité ces tensions auprès d'une minorité de musulmans, qui pour être réduite n'en est pas moins puissante. Les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l'islam inévitablement hostile non seulement à l'Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l'homme. La peur et la méfiance se sont ainsi accentuées.
Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé.
Je suis venu ici au Caire en quête d'un nouveau départ pour les États-Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, et reposant sur la proposition vraie que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas et qu'ils n'ont pas lieu de se faire concurrence. Bien au contraire, l'Amérique et l'islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.
Ce faisant, je reconnais que le changement ne se produira pas du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de publicité à propos de mon discours, mais aucun discours ne peut éradiquer des années de méfiance, et dans l'espace de cet après-midi, je n'ai pas la réponse non plus aux questions complexes qui nous ont menés au point où nous sommes maintenant. Mais je suis convaincu que pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre cœur et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis clos. Nous devons consentir un effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ; de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (Applaudissements) C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui - de dire la vérité de mon mieux, rendu humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons parce que nous sommes des êtres humains sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.
Cette conviction s'enracine en partie dans mon vécu. Je suis chrétien, mais mon père était issu d'une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j'ai passé plusieurs années en Indonésie où j'ai entendu l'appel à la prière (azan) à l'aube et au crépuscule. Jeune homme, j'ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j'ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane.
Féru d'histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l'islam. C'est l'islam - dans des lieux tels qu'Al-Azhar -, qui a brandi le flambeau du savoir pendant de nombreux siècles et ouvert la voie à la Renaissance et au Siècle des Lumières en Europe. C'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes (Applaudissements) - c'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l'élan des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité de la poésie et l'inspiration de la musique, l'élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et tout au long de l'histoire, l'islam a donné la preuve, en mots et en actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale. (Applaudissements)
Je sais aussi que l'islam a de tout temps fait partie de l'histoire de l'Amérique. C'est le Maroc qui fut le premier pays à reconnaître mon pays. En signant le traité de Tripoli en 1796, notre deuxième président, John Adams, nota ceci : « Les États-Unis n'ont aucun caractère hostile aux lois, à la religion ou la tranquillité des musulmans. »
Depuis notre fondation, les musulmans américains enrichissent les États-Unis. Ils ont combattu dans nos guerres, servi le gouvernement, pris la défense des droits civils, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, brillé dans le domaine des sports, remporté des prix Nobel, construit notre plus haut immeuble et allumé le flambeau olympique. Et, récemment, le premier Américain musulman qui a été élu au Congrès a fait le serment de défendre notre Constitution sur le Coran que l'un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle. (Applaudissements)
J'ai donc connu l'islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé pour la première fois. Cette expérience guide ma conviction que le partenariat entre l'Amérique et l'islam doit se fonder sur ce qu'est l'islam, et non sur ce qu'il n'est pas, et j'estime qu'il est de mon devoir de président des États-Unis de combattre les stéréotypes négatifs de l'islam où qu'ils se manifestent. (Applaudissements)
Or ce même principe doit s'appliquer à la façon dont l'Amérique est perçue par les musulmans. Tout comme les musulmans ne se résument pas à un stéréotype grossier, l'Amérique n'est pas le stéréotype grossier d'un empire qui n'a d'autre intérêt que le sien. Les États-Unis représentent l'une des plus grandes sources de progrès que le monde ait connues. Nous sommes nés d'une révolution contre un empire ; nous sommes fondés sur l'idéal de l'égalité de tous et nous avons versé de notre sang et combattu pendant des siècles pour donner un sens à ces mots - sur notre territoire et à travers le monde. Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul ».
Eh bien, qu'un Américain d'origine africaine et ayant pour nom Barack Hussein Obama ait pu être élu président a fait couler beaucoup d'encre. (Applaudissements)
Mais mon parcours n'est pas unique. Le rêve des chances de réussir ne s'est pas concrétisé pour tous en Amérique, mais cette promesse demeure pour tous ceux qui débarquent sur nos rivages - y compris les près de sept millions de musulmans américains qui vivent aujourd'hui dans notre pays et dont le revenu et le niveau d'éducation, disons-le, sont supérieurs à la moyenne. (Applaudissements)
En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. C'est pour cette raison que chaque État de notre union compte au moins une mosquée et qu'on en dénombre plus de mille deux cents sur notre territoire. C'est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. (Applaudissements)
Le doute n'est pas permis : l'islam fait bel et bien partie de l'Amérique. Et je suis convaincu que l'Amérique contient en elle la proposition vraie qu'indépendamment de notre race, de notre religion ou de notre condition sociale nous aspirons tous à la même chose - vivre dans la paix et la sécurité ; faire des études et travailler dans la dignité ; aimer notre famille, notre communauté et notre Dieu. C'est cela que nous avons en commun. C'est l'espoir de l'humanité tout entière.
Certes, notre tâche commence seulement quand nous avons pris conscience de notre humanité commune. Ce n'est pas par des paroles que nous pouvons répondre aux besoins de nos peuples. Nous ne pourrons les satisfaire qu'à condition d'agir avec audace dans les années à venir et de comprendre que nous nous heurtons à des défis communs et qu'en nous abstenant d'y faire face c'est à nous tous que nous faisons tort.
Car nous en avons fait récemment l'expérience : quand le système financier d'un pays particulier s'affaiblit, la prospérité est mise à mal partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain, nous courons tous un risque. Quand un pays particulier tente de se doter d'une arme nucléaire, le risque d'attaque nucléaire augmente dans toutes les nations. Quand des extrémistes violents sévissent dans une certaine région de montagnes, les populations situées par-delà l'océan sont mises en danger. Et quand des innocents en Bosnie et au Darfour sont massacrés, c'est notre conscience collective qui est souillée. (Applaudissements)
Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C'est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu'êtres humains.
C'est une responsabilité difficile à assumer. Car l'histoire de l'humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le, de religions - qui s'asservissent en visant leur propre intérêt. Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est autodestructrice. Au vu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui élève un pays ou un groupe d'individus au détriment d'un autre est inévitablement voué à l'échec. Quelle que soit notre opinion du passé, nous ne devons pas en être prisonniers. Nous devons régler nos problèmes par le biais du partenariat et partager nos progrès. (Applaudissements)
Il ne faut pas en conclure que nous devrions faire sembler d'ignorer les sources de tension. C'est l'inverse qui nous est suggéré : nous devons affronter carrément ces tensions. Dans cet esprit, permettez-moi de m'exprimer aussi clairement et aussi simplement que possible sur certaines questions précises auxquelles nous devons maintenant faire face ensemble.
La première est celle de l'extrémisme violent sous toutes ses formes.
À Ankara, j'ai fait clairement savoir que l'Amérique n'est pas - et ne sera jamais - en guerre contre l'islam. (Applaudissements)
En revanche, nous affronterons inlassablement les extrémistes violents qui font peser une menace grave sur notre sécurité. Parce que nous rejetons ce que rejettent les gens de toutes confessions : le meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Et il m'incombe d'abord, en tant que président, de protéger le peuple américain.
La situation qui prévaut en Afghanistan illustre les objectifs de l'Amérique et la nécessité de collaborer tous ensemble. Voilà maintenant plus de sept ans, forts d'un large appui de la communauté internationale, les États-Unis ont donné la chasse à al-Qaïda et aux talibans. Nous avons agi de la sorte non par choix, mais par nécessité. Je suis conscient que d'aucuns mettent encore en question ou même justifient les événements du 11 Septembre. Mais soyons clairs : Al-Qaïda a tué près de trois mille personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants innocents, venus d'Amérique et de beaucoup d'autres pays, et qui n'avaient rien fait à personne. Mais al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd'hui encore sa détermination à commettre d'autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d'élargir son rayon d'action. Il ne s'agit pas là d'opinions à débattre - ce sont des faits à combattre.
Eh bien, ne vous y trompez pas : nous ne voulons pas laisser nos soldats en Afghanistan. Nous ne cherchons pas - nous ne cherchons pas à y établir des bases militaires. Il nous est douloureux pour l'Amérique de perdre ses jeunes gens et ses jeunes femmes. La poursuite de ce conflit s'avère coûteuse et politiquement difficile. Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu'au dernier, si nous avions l'assurance que l'Afghanistan et maintenant le Pakistan n'abritaient pas d'éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d'Américains. Mais ce n'est pas encore le cas.
C'est pourquoi nous œuvrons en partenariat avec une coalition de 46 pays. Malgré les couts en cause, la volonté de l'Amérique ne va pas fléchir. Assurément, aucun d'entre nous ne doit tolérer ces éléments extrémistes. Ils ont fait des morts dans beaucoup de pays. Ils ont tué des gens de toutes religions - et surtout des musulmans. Leurs actions sont irréconciliables avec les droits de l'homme, le progrès des nations et l'islam. Le Saint Coran nous enseigne que quiconque tue un innocent tue l'humanité tout entière, (Applaudissements) et que quiconque sauve quelqu'un, sauve l'humanité tout entière. (Applaudissements) La foi enracinée de plus d'un milliard d'habitants de la planète est tellement plus vaste que la haine étroite de quelques-uns. Quand il s'agit de combattre l'extrémisme violent, l'islam ne fait pas partie du problème - il constitue une partie importante de la marche vers la paix.
Nous savons en outre que la puissance militaire ne va pas à elle seule résoudre les problèmes qui se posent en Afghanistan et au Pakistan. C'est pour cette raison que nous comptons investir 1,5 milliard de dollars par an, au cours des cinq prochaines années, dans la construction d'écoles et d'hôpitaux, de routes et d'entreprises, en partenariat avec les Pakistanais, ainsi que des centaines de millions de dollars pour venir en aide aux personnes déplacées. C'est pour cette raison encore que nous fournissons plus de 2,8 milliards de dollars aux Afghans afin de les aider à développer leur économie et à prodiguer les services dont la population a besoin.
Je voudrais aussi aborder le dossier de l'Irak. Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d'un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l'Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c'est possible. (Applaudissements) De fait, nous avons en mémoire les propos de Thomas Jefferson, qui disait ceci : « J'espère que notre sagesse grandira avec notre puissance et qu'elle nous enseignera que moins nous utiliserons cette dernière, plus elle fera de l'effet. »
Aujourd'hui, l'Amérique possède une double responsabilité : aider l'Irak à se forger un avenir meilleur et laisser l'Irak aux Irakiens. J'ai fait clairement savoir au peuple irakien (Applaudissements) que nous ne cherchons nullement à établir des bases en Irak ni à revendiquer son territoire ou ses ressources. La souveraineté de l'Irak appartient à l'Irak. C'est pour cette raison que j'ai ordonné le retrait de nos brigades de combat d'ici au mois d'août de l'année prochaine. C'est pour cette raison que nous allons honorer l'accord que nous avons conclu avec le gouvernement irakien, élu démocratiquement, concernant le retrait de nos troupes de combat des villes irakiennes d'ici au mois de juillet et de toutes nos troupes du territoire irakien d'ici à 2012. (Applaudissements) Nous aiderons l'Irak à former ses forces de sécurité et à développer son économie. Mais c'est en tant que partenaires, et jamais en tant que protecteurs, que nous apporterons notre appui à un Irak sécurisé et uni.
Enfin, tout comme l'Amérique ne tolérera jamais la violence des extrémistes, elle ne doit jamais altérer ni oublier ses principes. Les événements du 11 Septembre ont infligé un traumatisme considérable à notre pays. La peur et la colère qu'ils ont provoquées sont compréhensibles, mais dans certains cas ces sentiments nous ont conduits à agir de manière contraire à nos traditions et à nos idéaux. Nous prenons maintenant des mesures concrètes pour rectifier cette situation. J'ai interdit sans équivoque l'usage de la torture par les États-Unis et j'ai ordonné la fermeture de la prison à Guantanamo Bay d'ici au début de l'année prochaine. (Applaudissements)
L'Amérique va donc se défendre, dans le respect de la souveraineté des nations et de la primauté du droit. Et nous agirons en ce sens en partenariat avec les communautés musulmanes qui sont elles aussi menacées. Plus vite les extrémistes seront isolés et malvenus dans les communautés musulmanes, plus vite nous connaîtrons tous une sécurité accrue.
La deuxième grande source de tension que nous devons aborder concerne la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe.
Les liens solides qui unissent l'Amérique à Israël sont bien connus. Cette relation est immuable. Elle se fonde sur des liens culturels et historiques et sur la reconnaissance du fait que l'aspiration à un territoire juif est ancré dans un passé tragique indéniable.
À travers le monde, le peuple juif a été persécuté pendant des siècles et l'antisémitisme en Europe a atteint son paroxysme avec un holocauste sans précédent. Demain, je me rendrai à Buchenwald, qui faisait partie d'un réseau de camps où des Juifs étaient réduits à l'esclavage, torturés, abattus et envoyés aux chambres à gaz par le Troisième Reich. Six millions de Juifs ont été tués - soit un nombre supérieur à celui de toute la population juive d'Israël aujourd'hui. Il est injustifié, ignorant et odieux de nier ce fait. Il est profondément injuste de menacer Israël de destruction, ou répéter de vils stéréotypes sur les Juifs et cela ne sert qu'à évoquer dans l'esprit des Israéliens cette page la plus douloureuse de leur passé et à empêcher de prendre racine la paix à laquelle ont droit les habitants de cette région.
Ceci dit, il est également indéniable que le peuple palestinien, qui regroupe des musulmans et des chrétiens, a souffert en quête d'un territoire. Depuis plus de soixante ans, il connaît la douleur de la dislocation. Beaucoup attendent dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans des terres voisines de connaître une vie de paix et de sécurité à laquelle ils n'ont jamais eu le droit de goûter. Ils subissent au quotidien les humiliations - grandes et petites - qui accompagnent l'occupation. Il n'est pas permis d'en douter : la situation du peuple palestinien est intolérable. L'Amérique ne tournera pas le dos à l'aspiration légitime du peuple palestinien à la dignité, aux chances de réussir et à un État à lui. (Applaudissements)
Depuis des dizaines d'années, une impasse persiste : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun marqué par un passé douloureux qui rend un compromis insaisissable. Il est aisé de pointer un doigt accusateur : les Palestiniens peuvent attirer l'attention sur la dislocation consécutive à la fondation d'Israël, et les Israéliens peuvent dénoncer l'hostilité et les attaques dont le pays a de tout temps fait l'objet à l'intérieur même de ses frontières et par-delà. Mais si nous examinons ce conflit à travers le prisme de l'une ou de l'autre partie, nos œillères nous cacheront la vérité : la seule résolution consiste à répondre aux aspirations des uns et des autres en créant deux États, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun dans la paix et la sécurité. C'est dans l'intérêt d'Israël, dans l'intérêt de la Palestine, dans l'intérêt de l'Amérique, dans l'intérêt du monde. C'est pourquoi je compte personnellement poursuivre un tel aboutissement avec toute la patience et le dévouement qu'exige cette tâche. (Applaudissements) Les obligations qu'ont acceptées les parties en vertu de la Feuille de route sont claires. Pour que règne la paix, il est temps que les parties - et que nous tous -se montrent à la hauteur de leurs responsabilités.
Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n'aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l'humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d'obtenir l'égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l'Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l'Afrique du sud à l'Asie du sud ; de l'Europe de l'est à l'Indonésie. C'est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n'est pas un signe de courage ni de force. Ce n'est pas de cette manière que l'on revendique l'autorité morale ; c'est ainsi qu'on l'abdique.
Le moment est maintenant venu pour les Palestiniens de se concentrer sur ce qu'ils peuvent bâtir. L'Autorité palestinienne doit développer ses capacités de gouverner avec des institutions qui répondent aux besoins de son peuple. Hamas jouit du soutien de certains Palestiniens, mais il doit aussi reconnaitre ses responsabilités. Il doit jouer un rôle pour réaliser les aspirations des Palestiniens et unir le peuple palestinien. Hamas doit mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître le droit à l'existence d'Israël.
En même temps, Israël doit reconnaître que tout comme le droit à l'existence d'Israël ne peut être nié, il en est de même pour la Palestine. Les États-Unis n'acceptent pas la légitimité de la continuation des colonies israéliennes. (Applaudissements) Ces constructions constituent une violation des accords passés et portent préjudice aux efforts de paix. Le moment est venu pour que ces colonies cessent. (Applaudissements)
Israël doit aussi honorer ses obligations et assurer que les Palestiniens puissent vivre, travailler et développer leur société. Tout comme elle ravage les familles palestiniennes, la continuation de la crise humanitaire à Gaza ne sert pas à promouvoir la sécurité d'Israël, l'absence persistante de chances de réussite en Cisjordanie non plus. Des améliorations dans la vie de tous les jours du peuple palestinien doivent constituer une partie cruciale de la feuille de route pour la paix.
Enfin, les États arabes doivent reconnaître que l'initiative arabe de paix a été un début important, mais non la fin de leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne devrait plus être utilisé pour distraire les populations des États arabes des autres problèmes. Il doit au contraire servir de raison pour aider les populations palestiniennes à développer les institutions qui permettront d'asseoir leur État ; à reconnaître la légitimité d'Israël ; et à opter pour le progrès au lieu de se polariser de manière autodestructive sur le passé.
L'Amérique alignera ses politiques avec ceux qui veulent la paix. Nous dirons en public ce que nous dirons en privé aux Israéliens, aux Palestiniens et aux Arabes. (Applaudissements) Nous ne pouvons pas imposer la paix. Mais en privé, de nombreux Musulmans reconnaissent qu'Israël ne disparaitra pas ; de même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d'un État palestinien. Le moment est venu de prendre une initiative, sur ce que tous savent être vrai.
Trop de larmes ont coulé. Trop de sang a été versé. Nous avons tous la responsabilité d'œuvrer pour le jour où les mères d'Israéliens et de Palestiniens pourront voir leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte de trois grandes religions sera ce lieu de paix que Dieu avait voulu ; où Jérusalem sera un lieu de résidence sur et permanent pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans et un lieu où tous les enfants d'Abraham pourront se côtoyer dans la paix comme dans l'histoire d'Israh, (Applaudissements), - comme dans l'histoire d'Israh, de Moïse, de Jésus et de Mohammed (que la paix soit avec eux) unis dans la prière. (Applaudissements)
La troisième source de tension est nos intérêts en commun à l'égard des droits et des responsabilités des États concernant les armes nucléaires.
Cette question a constitué une source de tension entre les États-Unis et la République islamique d'Iran. Pendant de nombreuses années, l'Iran s'est défini en partie par son opposition à mon pays et il existe en effet un passé tumultueux entre nos deux pays. En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution islamique, l'Iran a joué un rôle dans la prise d'otages et dans des actes de violence à l'encontre des troupes et des civils américains. Cette histoire est bien connue. Plutôt que de rester emprisonné par le passé, j'ai dit clairement au peuple et aux dirigeants iraniens que mon pays est prêt à aller de l'avant. La question qui se pose maintenant n'est pas de savoir à quoi l'Iran s'oppose, mais plutôt quel est l'avenir qu'il souhaite bâtir.
Je comprends qu'il sera difficile de surmonter des décennies de méfiance, mais nous allons procéder avec courage, rectitude et fermeté. Il y aura de nombreux problèmes à examiner entre nos deux pays et nous sommes disposés à aller de l'avant sans conditions préalables, sur la base d'un respect mutuel. Mais il est clair pour tous ceux préoccupés par les armes nucléaires que nous sommes arrivés à un tournant décisif. Ce n'est pas simplement dans l'intérêt des États-Unis, c'est pour empêcher une course aux armes nucléaires susceptible d'entraîner cette région sur une voie extrêmement dangereuse .
Je comprends ceux qui protestent contre le fait que certains pays possèdent des armes que d'autres ne possèdent pas. Aucun État ne devrait décider et choisir qui sont les pays à avoir des armes nucléaires. C'est pourquoi je réaffirme fermement l'engagement de l'Amérique à vouloir un monde dans lequel aucun pays ne possède d'armes nucléaires. (Applaudissements) Et chaque pays, y compris l'Iran, devrait avoir le droit d'avoir accès à l'énergie nucléaire pacifique s'il respecte ses engagements dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. Cet engagement est au cœur du Traité et il doit être pris par tous ceux qui y souscrivent pleinement. J'espère que tous les pays de la région pourront partager cet objectif.
Le quatrième point je vais aborder est la démocratie. (Applaudissements)
Je sais - je sais qu'il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu'une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre.
Toutefois, cela ne diminue pas mon engagement à l'égard des gouvernements qui reflètent la volonté du peuple. Chaque nation donne naissance à ce principe de sa propre manière, en fonction des traditions de son propre peuple. L'Amérique ne prétend pas savoir ce qui est le mieux pour tout et chacun, tout comme nous ne voudrions pas prétendre décider des résultats d'une élection pacifique. Mais j'ai la ferme conviction que tous les peuples aspirent à certaines choses : la possibilité de s'exprimer et d'avoir une voix dans la façon dont ils sont gouvernés ; la confiance en l'État de droit et l'application équitable de la justice ; un gouvernement qui est transparent et qui ne vole pas ce qui appartient à son peuple ; la liberté de vivre selon leur choix. Il ne s'agit pas simplement d'idéaux américains, il s'agit des droits de l'homme et c'est pourquoi nous les encouragerons dans le monde entier. (Applaudissements)
C'est vrai, il n'y a pas de route directe pour honorer cette promesse. Mais une chose est claire, les gouvernements qui défendent ces droits sont à terme plus stables, meilleurs et plus en sécurité. La suppression des idées ne réussit jamais à les éliminer. L'Amérique respecte la liberté d'expression de tous ceux, dans le monde entier, qui sont pacifiques et respectueux de la loi, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Nous accueillerons tous les gouvernements élus pacifiques - à condition qu'ils gouvernent en respectant toutes leurs populations.
Ce point est important car il y a ceux qui encouragent la démocratie uniquement lorsqu'ils ne sont pas au pouvoir ; et une fois au pouvoir ils sont sans scrupules dans la suppression des droits d'autrui. (Applaudissements) Quel que soit là où il prend forme, le gouvernement du peuple et par le peuple est le seul étalon par lequel on mesure tous ceux qui sont au pouvoir : il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition ; il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis ; il faut mettre les intérêts du peuple et le déroulement légitime du processus politique avant ceux de son parti. Sans ces ingrédients, les élections ne créent pas une vraie démocratie à elles seules.
Un membre du public : Barack Obama, on vous aime !
Le président Obama : Je vous remercie. (Applaudissements) Le cinquième point que nous allons aborder ensemble est celui de la liberté de religion.
L'Islam a une tradition de tolérance dont il est fier. Nous le constatons dans l'histoire de l'Andalousie et de Cordoue pendant l'Inquisition. Je l'ai constaté de première main pendant mon enfance en Indonésie, où des Chrétiens dévots pratiquaient ouvertement leur religion dans un pays à prépondérance musulmane. C'est cet esprit qu'il nous faut aujourd'hui. Les habitants de tous les pays doivent être libres de choisir et de vivre leur religion d'après leur conviction d'esprit, de cœur et d'âme. Cette tolérance est essentielle pour que la religion puisse s'épanouir, or elle est assaillie de plusieurs façons différentes.
Parmi certains musulmans, on constate que certains ont malheureusement tendance à mesurer leur propre croyance à l'aune du rejet des croyances d'autrui. Il faut soutenir la richesse de la diversité religieuse, que ce soit pour les Maronites au Liban ou les Coptes en Égypte. (Applaudissements) Et pour être francs, il faut aussi mettre fin aux divergences entre les musulmans, car les divisions entre les sunnites et les chiites ont provoqué des violences tragiques, tout particulièrement en Irak.
La liberté de religion joue un rôle crucial pour permettre aux gens de vivre en harmonie. Nous devons toujours examiner les façons dont nous la protégeons. Aux États-Unis, par exemple, les musulmans ont plus de mal à s'acquitter de l'obligation religieuse de la zakat étant donné les règles relatives aux dons de bienfaisance. C'est pour cette raison que je suis résolu à œuvrer avec les musulmans américains pour leur permettre de s'acquitter de la zakat.
De même, il importe que les pays occidentaux évitent d'empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu'une musulmane devrait porter. En un mot, nous ne pouvons pas déguiser l'hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme.
De fait, la foi devrait nous unir. C'est pour cette raison que nous sommes en train de créer de nouveaux programmes de service communautaire en Amérique qui réunissent des chrétiens, des musulmans et des juifs. C'est également pour cette raison que nous nous réjouissons des initiatives telles que le dialogue interreligieux du roi Abdallah d'Arabie Saoudite et le leadership de la Turquie dans l'Alliance des civilisations. À travers le monde, nous pouvons transformer le dialogue en un service interreligieux de sorte que les ponts entre les êtres humains mènent à des actions en faveur de notre humanité commune, que ce soit pour lutter contre le paludisme en Afrique ou pour fournir des secours après une catastrophe naturelle.
La sixième question - la sixième question dont je veux parler porte sur les droits des femmes.
(Applaudissements) Je sais - je sais, et vous pouvez le voir d'après ce public - que cette question suscite un sain débat. Je rejette l'opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d'une façon ou d'une autre moins égale, mais j'ai la conviction qu'une femme que l'on prive d'éducation est privée d'égalité. (Applaudissements) Et ce n'est pas une coïncidence si les pays dans lesquels les femmes reçoivent une bonne éducation connaissent bien plus probablement la prospérité.
Je tiens à préciser une chose : les questions relatives à l'égalité des femmes ne sont absolument pas un sujet qui concerne uniquement l'Islam. En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l'égalité des femmes continue dans beaucoup d'aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier.
Je suis convaincu que nos filles peuvent offrir une contribution à la société tout aussi importante que nos fils (Applaudissements)et que notre prospérité commune sera favorisée si nous utilisons les talents de toute l'humanité, hommes et femmes. Je ne crois pas que les femmes doivent faire les mêmes choix que les hommes pour assurer leur égalité, et je respecte celles qui choisissent de suivre un rôle traditionnel. Mais cela devrait être leur choix. C'est pour cela que les États-Unis œuvreront en partenariat avec tout pays à majorité musulmane pour améliorer l'alphabétisation des filles. Nous aiderons aussi les jeunes femmes à faire la transition de l'école au monde du travail par l'intermédiaire du microfinancement qui permet aux gens de réaliser leurs rêves. (Applaudissements)
Finalement, je veux parler de notre intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques.
Je sais que pour beaucoup, la mondialisation présente des aspects contradictoires. Internet et la télévision peuvent transmettre dans les foyers des connaissances et des informations, mais également une sexualité vulgaire et une violence gratuite. Le commerce peut s'accompagner de nouvelles richesses et opportunités, mais aussi de grands bouleversements et de changements au niveau communautaire. Dans tous les pays, y compris en Amérique, ce changement provoque la peur. La peur que la modernité signifie la perte du contrôle de nos choix économiques, de nos décisions politiques et, il s'agit d'un élément encore plus important, de notre identité, c'est-à-dire des choses qui nous attachent à notre communauté, notre famille et notre foi.
Mais je sais aussi qu'on ne peut pas empêcher le progrès humain. Le développement et la tradition ne sont pas nécessairement contradictoires. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont connu une prodigieuse croissance économique tout en conservant leur culture distincte. Il en va de même pour les progrès remarquables au sein de pays à majorité musulmane, de Kuala Lumpur à Dubaï. Par le passé et de nos jours, les communautés musulmanes ont été à la pointe de l'innovation et de l'éducation.
Ceci est important car aucune stratégie de développement ne peut se fonder uniquement sur ce que produit la terre et elle ne peut être durable si les jeunes n'ont pas de travail. De nombreux pays du Golfe se sont énormément enrichis grâce au pétrole et certains commencent à concentrer leurs ressources sur le développement plus large. Mais nous devons tous garder à l'esprit que l'éducation et l'innovation seront la monnaie d'échange du 21e siècle. (Applaudissements) Dans trop de communautés musulmanes, le sous-investissement en ces domaines persiste. J'attire l'attention sur cette réalité dans mon propre pays. Et à la différence du passé pendant lequel l'Amérique se concentrait sur le pétrole et le gaz, s'agissant de cette partie du monde, nous chercherons désormais à agir dans des domaines plus variés.
Dans le domaine de l'éducation, nous allons élargir les programmes d'échange et augmenter les bourses, comme celle qui a permis à mon père de venir en Amérique, (Applaudissements) tout en encourageant davantage d'Américains à étudier dans des communautés musulmanes. Nous offrirons à des étudiants musulmans prometteurs des stages aux États-Unis ; nous investirons dans l'enseignement en ligne destiné aux enseignants et aux enfants à travers le monde ; et nous créerons un nouveau réseau informatique qui permettra à un jeune du Kansas de communiquer instantanément avec un jeune du Caire.
Dans le domaine du développement économique, nous créerons un nouveau corps de volontaires des milieux d'affaires qui formeront des partenariats avec des homologues de pays à majorité musulmane. Je vais aussi accueillir un Sommet sur l'entrepreneuriat cette année pour trouver les moyens d'approfondir les liens entre les leaders du monde des affaires, les fondations et les entrepreneurs sociaux des États-Unis et des communautés musulmanes à travers le monde.
Dans le domaine des sciences et des technologies, nous établirons un nouveau fonds pour appuyer le développement technologique dans les pays à majorité musulmane et pour aider à concrétiser commercialement des idées pour qu'elles créent des emplois. Nous ouvrirons des centres d'excellence scientifiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, et nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d'énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l'eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j'annonce aujourd'hui une nouvelle initiative avec l'Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile.
Tout cela doit être accompli en partenariat. Les Américains sont prêts à se joindre aux citoyens et gouvernements, aux organisations communautaires, aux dirigeants religieux et aux entreprises dans les communautés musulmanes du monde entier afin d'aider nos populations à améliorer leur vie.
Il ne sera pas facile de régler les questions dont je viens de parler. Mais nous avons la responsabilité de nous unir pour réaliser le monde auquel nous aspirons, un monde où les extrémistes ne menacent plus notre pays et où les soldats américains sont rentrés chez eux, un monde où les Palestiniens et les Israéliens vivent chacun en sécurité dans un État qui leur est propre et où l'énergie nucléaire est utilisée à des fins pacifiques, un monde où les gouvernements servent les intérêts de leurs citoyens et où les droits de tous les enfants de Dieu sont respectés. Tel est le monde auquel nous aspirons et nous n'y parviendrons qu'ensemble.
Je sais qu'un grand nombre de gens - musulmans et non musulmans - se demandent si nous arriverons vraiment à prendre ce nouveau départ. Certains veulent attiser les flammes de la division et entraver le progrès. Certains suggèrent que ça ne vaut pas la peine ; ils avancent qu'il y aura fatalement des désaccords et que les civilisations finissent toujours par s'affronter. Beaucoup plus ont tout simplement des doutes. Il y a tellement de peur, tellement de méfiance qui se sont accumulées avec les ans. Mais si nous choisissons de nous laisser enchaîner par le passé, nous n'irons jamais de l'avant. Je veux particulièrement le déclarer aux jeunes de toutes les fois et de tous les pays, plus que quiconque, vous avez la possibilité de ré-imaginer le monde, de refaire le monde.
Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu'il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.
Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blâmer autrui que de s'examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités. Cette vérité transcende les nations et les peuples. C'est une croyance qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le cœur de milliards d'êtres humains. C'est la foi dans autrui et c'est ce qui m'a mené ici aujourd'hui.
Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit.
Le Saint Coran nous dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »
Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »
La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »
Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous. Je vous remercie. Je vous remercie. (Applaudissements)


(Traduction française du Bureau des services linguistiques du département d'État)


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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 22:46

... / ... (cf. Tour d'horizon sur la réalité complexe des relations entre l'UE et la Russie (1) )

Du côté russe, c'est la doctrine de l'encerclement qui explique la méfiance et les susceptibilités. Les Etats-Unis étaient considérés comme les responsables principaux de cette tentative ; une évolution semble amorcée à Washington, mais il est difficile d'en anticiper l'ampleur. L'UE est considérée, en partie du moins, comme coresponsable ; son initiative du partenariat oriental a été perçue à Moscou comme une expression de l'encerclement. Les deux parties se sont expliqués lors du Sommet évoqué plus avant. La Russie affirme qu'elle ne prétend pas pratiquer une politique des zones d'influence ; l'UE a expliqué que son partenariat oriental (réunissant, on le sait, Ukraine, Géorgie, Moldova, Arménie, Azerbaïdjan et Bélarus) n'est aucunement dirigé contre la Russie ; au contraire, en visant à renforcer la stabilité et la prospérité dans les zones proches aussi bien de la Russie que de l'UE, ce partenariat serait favorable aussi aux intérêts de la Russie elle-même. Le cas de l'Ukraine a été explicitement coté (voir infra).

Est-il besoin de dire que les quelques phrases apaisantes sur la bonne foi et les bonnes intentions réciproques, échangées lors du Sommet, n'ont pas apaisé la méfiance ? La réalité est bien plus complexe que les déclarations officielles ; les éléments problématiques sont nombreux et parfois très épineux, concernant non seulement les zones de la Géorgie dont Moscou a proclamé l'indépendance, mais aussi notamment la Crimée : qui serait en mesure d'anticiper quelle sera l'évolution dans cette région, à l'expiration des compromis actuellement en vigueur ? Et jusqu'à quel point l'affaire de la Tchéchénie est-elle à considérer comme réglée ? En marge de ces divergences de nature essentiellement politique, la méfiance et la rivalité s'expriment dans de comprotements concrets, dont les quelques exemples sont évoqués ci-dessous.

5. Divergences et fausses notes. Officiellement, la Russie se montre ouverte à coopérer aux projets de l'UE visant à développer le Corridor Sud pour ses approvisionnements énergétiques, c'est à dire essentiellement les gazoducs qui évitent le territoire russe ; Vladimir Poutine l'a affirmé à plusieurs reprises (cf. l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9906). Le fait que trois pays de l'ex-URSS, tout en aynat participé au Sommet du 8 mai à Prague sur le Corridor Sud, ont refusé de signer la déclaration finale de ce Sommet. Il s'agit de l'Ouzbekistan, du Kazakhstan et du Turkménistan (cf. Bulletin Quotidien Europe n° 9908), trois pays riches en hydrocarbures et appelés à alimenbter, avec d'autres sources, les trois projets du Corridor Sud : Nabucco, ITGI et South Stream. La déclaration de Prague a été signée par l'UE, la Turquie, la Géorgie, l'Egypte et l'Azerbaïdjan ; à l'exception de ce dernier, ce sont des pays de transit davantage que de production.

Le refus des trois pays cités n'a pas fait l'objet d'explications officielles, et les signataires au nom de l'UE - José Manuel Barroso et Mirek Topolànek - ont évité de dramatiser cette attitude non prévue. Les observateurs estiment que les incertitudes sur le statur juridique de la mer Caspienne ont joué un rôle. Le vice-ministre russe de l'Energie, Anatoli Yanovski, qui avait assisté à la réunion, a avalisé cette explication juridique. Qui serait en mesure de dire jusqu'à quel point Moscou a influencé la décision des trois ?

A propos de l'Ukraine, deux points de l'attitude de Moscou sont ouvertement proclamés : a) protestation officielle très vive contre le projet européen de modernisation du transit gazier par l'Ukraine sans participation de la Russie (voir notamment Bulletin Quotidien Europe n° 9871) ; b) indication du risque de nouvelles interruptions des fournitures de gaz russe via l'Ukraine, si ce pays ne fait pas face à ses engagements financiers vis-à-vis de Moscou. La Russie dit qu'elle sera compréhensive face à Kiev, mais elle estime que l'UE devrait assurer une partie significative de ce travail. A Bruxelles, on répond que le partenariat oriental de l'UE facilitera la stabilité économique et politique de l'Ukraine ; c'est pourquoi Moscou aurait intérêt à soutenir ce partenariat (voir Bulletin Quotidien Europe n° 9907).

Autres coopérations. Les péripéties du Corridor Sud sont actuellement au centre de l'attention, mais, en même temps, le projet du Nord-Stream progresse ; la consultation publique des pays riverains sur la sécurité écologique du pipe-line sous-marin est en cours et elle devrait s'achever le mois prochain ; après quoi, les travaux de construction commenceraient en 2010 et les premières fournitures de gaz russe seraient déjà prévues en 2011.

Le secteur de l'énergie est celui dont on parle le plus, mais les liens économiques entre l'UE et la Russie vont bien au-delà. La presse allemande a indiqué que la Russie est directement impliquée dans le dossier du constructeur automobile Opel, car un tiers d'un repreneur possible - la firme austro-canadienne Magna - appartient à la banque ruse Sberbank, et que le partenarait prévu entre Opel et une firme russe rendrait possible l'écoulement d'un million de voitures Opel par an sur le marché russe.

[...].

(Ces différents élements ont été publiés dans l'éditorial du Bulletin Quotidien Europe n° 9909 daté du 28 mai 2009)

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