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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 11:11

Les « Amis » du blog Regards-Citoyens trouveront ci-après des données très utiles en réponse aux nombreuses questions que peuvent se poser les citoyens européens sur le fonctionnement interne du Parlement européen :

  http://www.europarl.europa.eu/eplive/expert/multimedia/20090514MLT55824/media_20090514MLT55824.pdf

 

 

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 09:57

Deux sortants évincés des listes de leur parti : Jacques Toubon (UMP) et Gilles Savary (PS) vont quitter contre leur gré le Parlement européen après le 7 juin. Cette expérience, dont ils témoignent sans les contraintes d'un candidat en quête de suffrages, a "bouleversé" leur façon de percevoir l'Europe. Jacques Toubon a effectué un mandat au Parlement européen ; Gilles Savary boucle son deuxième. Tous deux ont fait partie des élus qui comptent parmi les 78 eurodéputés français : M. Savary en tant que vice-président de la commission du transport et du tourisme ; M. Toubon comme membre de la commission du marché intérieur. Longtemps proche de Jacques Chirac, M. Toubon, 68 ans, a été ministre de la culture de 1993 à 1995, puis de la justice entre 1995 et 1997. Il a été député de Paris de 1981 à 1993. M. Savary, 54 ans, est vice-président du conseil général de la Gironde.


Après vos mandats, pouvez-vous dire qu'un eurodéputé sert à quelque chose ?
Jacques Toubon : Oui. Le Parlement est une institution efficace dans la mesure où, dans l'Europe à 27, la Commission et le Conseil ont davantage de difficultés pour prendre des décisions. Le Parlement, lui, est capable de surmonter la panne, de faire avancer cette organisation complexe qu'est l'Europe. Il est en mesure de faire prendre des décisions à cette union d'Etats en forgeant des majorités sur des compromis.

Gilles Savary : Le Conseil d'Etat a établi que 70 % de notre environnement législatif et réglementaire national est l'application d'actes européens. Pour le meilleur ou pour le pire, chaque Français est environné par le Parlement européen, qu'il s'agisse de la qualité de l'eau, du pourcentage de graisse végétale dans le chocolat, des réfrigérants obligatoires pour les charcutiers sur les marchés, des pots catalytiques... Le Parlement est monté en puissance depuis dix ans. Les politiques ne s'en sont pas aperçus. La société civile, si : les syndicats, les associations, les entreprises françaises sont de plus en plus présentes à Bruxelles.

A partir de 2005 et la panne du traité, le Parlement a bénéficié du trouble du Conseil et du naufrage de la voie communautaire, théorisé par José Manuel Barroso. Celui-ci a dit : "Je serai le président de la Commission du moindre embarras pour les gouvernements", c'est-à-dire du droit de veto pour chacun. Le Parlement est la seule instance internationale qui tende une main démocratique, avec l'élection au suffrage universel. Il est une réponse aux altermondialistes qui disent que tous les problèmes mondiaux sont gérés depuis le FMI ou l'OMC, par-dessus les peuples.


Sur quel dossier pensez-vous avoir le plus pesé ?

J. T. : La directive "Bolkestein" sur le marché intérieur des services. Elle est devenue un texte du Parlement, fruit d'un compromis entre les socialistes et le Parti populaire européen, avec la participation forte de la société civile, en particulier des syndicats : les eurodéputés ont écarté le principe du pays d'origine au profit de la libre prestation de services. A force d'amendements, de réunions, soit un an et demi de travail, vous êtes capables de faire passer vos convictions personnelles à l'état de propositions, d'abord minoritaires, puis prises au sérieux, et enfin, majoritaires. Ce texte prouve que nous ne sommes pas dans notre bulle : le tocsin a été sonné en 2005 à l'occasion de la campagne du référendum. Nous avons été les ingénieurs et les mécaniciens qui ont mis en oeuvre une volonté populaire.

G. S. : A l'Assemblée nationale, la majorité est le prolongement du gouvernement, et la minorité, impuissante. Au Parlement européen, quand on n'est pas majoritaire, on a un état d'esprit syndical : quand on peut gratter quelque chose, le coup vaut d'être joué. La directive services a été un grand moment politique. Une rapporteure socialiste allemande a su mobiliser une dizaine de personnes, dont Jacques Toubon. Dans ces cas, six types tiennent la majorité des 785 députés. On est arrivés à un compromis très honorable. Je n'ai pas voté contre, contrairement aux socialistes français. La directive offre la protection du droit social du pays d'accueil pour tous les services qu'elle couvre. Quand le Parlement peut s'appuyer sur un mouvement social, les choses bougent. Mon regret est d'avoir échoué à imposer une directive-cadre sur les services publics.


On dit que les Allemands sont les plus influents. A quoi cela tient-il ?

G. S. : C'est parce que Jacques Chirac s'est fait rouler à Nice en 2000. En refusant de leur donner plus de voix au Conseil, il a figé leur surreprésentation au Parlement européen. Avec 99 députés, ils sont les seuls représentants dont le nombre n'a pas diminué avec l'élargissement.

J. T. : L'explication va bien au-delà. Au fond, la France n'a jamais cru dans l'institution parlementaire européenne. Elle a toujours misé sur la Commission et sur le Conseil, où elle était capable de tenir la dragée haute. Les Allemands ont trouvé dans le Parlement, qui fonctionne souvent comme le Bundestag, le lieu où exercer leur influence.

Nous n'avons jamais accordé à la désignation des parlementaires le même soin que les Allemands ou même les Britanniques, tout eurosceptiques soient-ils. Ils sélectionnent dans leur parti des parlementaires chevronnés ou en devenir. Ils prennent des fonctions- clés, notamment celles de coordonnateurs dans les commissions, qui sont les faiseurs de textes. Dans le Parlement sortant, les Français n'en ont, en tout, que trois, alors que les seuls conservateurs britanniques en ont sept !

G. S. : La France pense toujours qu'en mettant les colts sur la table du Conseil cela suffit. Cela allait à peu près dans l'Europe des Six, mais cela ne va plus du tout aujourd'hui. Les députés allemands sont des référentiels dans toute l'Europe : ce sont les mêmes personnes depuis quinze ans. Alors que les Français passent.

 

Cette surinfluence pose-t-elle problème ?
G. S. : Il y a aujourd'hui un problème allemand. Ils considèrent qu'à l'intérieur de la boutique ils exercent un leadership doux. Quand les intérêts de l'Allemagne sont en jeu, ils sifflent la fin de la récréation. Ils ne sont pas soupçonnables de ne plus être européens. Mais ils refusent de dépenser davantage et invoquent la subsidiarité sur tous les dossiers, c'est-à-dire : "Moins on fait d'Europe, mieux ça vaut." En 1992, le président Richard von Weizsäcker avait dit : "Il ne faut pas penser que l'Allemagne va éternellement rester plus petite qu'elle ne l'est."

Les Allemands considèrent, par ailleurs, que les Français ne sont plus un partenaire fiable. Le non à la Constitution en 2005 a eu un effet tellurique, tout comme nos déficits chroniques et nos contestations permanentes du pacte de stabilité et du rôle de la Banque centrale européenne.

J. T. : L'influence allemande ne me pose aucun problème particulier. Mais il faut être conscient qu'il y a une nouvelle attitude, qui consiste à défendre les intérêts allemands, éventuellement au détriment de l'intérêt européen. C'est particulièrement vrai chaque fois qu'il s'agit de l'industrie. Dans la future mandature, il faudra toujours bien peser ce qui est un enjeu national pour l'Allemagne. On ne peut plus dire : l'Allemagne a choisi un destin européen, elle va de toute façon s'y soumettre.

Vous êtes considérés comme des députés efficaces, et vos partis ne vous ont pas réinvestis ; êtes-vous déçus ?
G. S. :
Rien n'est plus injuste que la vie politique ; j'ai l'habitude de la glorieuse ingratitude de ce sport. Mais j'en tire le sentiment d'un gâchis et d'une impuissance à pouvoir le surmonter. Les collègues savaient que je pouvais peser lourd, là où j'étais : je fais partie de ces cinq ou six personnes, Jacques Toubon aussi, qui, dans leur commission, faisaient une majorité sur un texte décisif. Mon parti se prive de ça. Ce n'est pas un problème personnel.

J. T. : Je réponds exactement la même chose. C'est un problème d'efficacité pour le pays.

 

A l'avenir, le pouvoir politique européen sera décisif. Or l'Europe et le Parlement sont méconnus. Il faut faire comprendre que l'Europe est quelque chose qui existe en dehors du fait de changer d'opérateur téléphonique en passant d'un pays à l'autre. Le corps enseignant, historiquement partisan de l'Europe, est peu à peu devenu contestataire. C'est la traduction que nous sommes incapables de sortir de l'idée que la France est autosuffisante et capable de tout faire "toute seule". Nous regardons la construction européenne positivement dans la mesure où elle nous ressemble - or, aujourd'hui, c'est un miroir brisé, dont il faut en chaque circonstance essayer de rétablir la cohérence.

G. S. : Les clivages au Parlement sont simples : ils opposent les proeuropéens et les antieuropéens. Regardez combien de fois le Parti communiste vote avec l'extrême droite : en permanence. M. Mélenchon et M. Besancenot vont commencer à voter avec l'extrême droite. En réalité, ce sont deux nationalistes. Quand un collègue de droite propose d'imposer une double coque aux pétroliers, je ne me demande pas si je suis socialiste, je vote avec lui. Mais Jacques Toubon n'a pas voté les mêmes textes que moi sur les services publics, sur la libéralisation de la poste ou des marchés de l'électricité et du gaz. Sur ces sujets, il y a une droite et une gauche.

J. T. : Au Parlement européen, les situations ne sont pas données d'avance. Exemple, sur le temps de travail : selon l'arithmétique de groupes, le texte du Conseil aurait dû avoir une majorité au Parlement. Or il a voté contre, car la majorité s'est faite autour d'une gauche très unie et d'une partie de la droite qui se sont opposées à la position commune des Etats.

 

G. S. : Au début de mon mandat, j'ai été confronté à un règlement sur la longueur des bus. Renault a poussé ma porte et m'a dit de ne pas le voter, car il promouvait la norme allemande. A ce moment, j'ai pensé à l'ouvrier français.

Les lobbies les plus redoutables sont les invisibles, ceux des alcôves de fin de soirée des restaurants parisiens, à l'Assemblée nationale, ou ceux de la Commission. Au Parlement européen, c'est clair : une liste des lobbyistes est établie, et il règne un grand pluralisme. Les syndicats en font partie, comme les ONG, qui sont les organisations les plus puissantes et agissent jusqu'à la porte de l'hémicycle.


Il n'y a aucune critique à formuler contre ce Parlement ?

J. T. : Il est parfois pris d'une facilité démagogique. On se laisse prendre à des modes. Par exemple, l'idée qu'il faudrait sanctuariser Internet et ne pas lui appliquer les règles de droit du monde réel. De temps en temps, ce Parlement est un forum qui prend des postures.

G. S. : C'est un Parlement des bons sentiments, pacifiste en diable, du fait, sans doute, de la présence des Scandinaves. Il est heureux que, face à un tel Parlement, il existe des gouvernements !

Le rôle des lobbies est-il trop important ?
J. T. : Ce n'est pas un sujet. On en parle parce qu'ils existent, qu'ils sont visibles et qu'on le sait, alors que dans les parlements nationaux, ils existent tout autant mais ils sont invisibles. Notre travail porte sur des sujets tels que nous devons être entourés de gens qui représentent la société, les entreprises, les universités, et nous donnent des éléments de décision... Quelquefois, nous apprenons aussi grâce à eux ce qui se prépare à la Commission ! En outre, le Parlement n'est plus aussi faible en matière d'expertise. Depuis 2005, nous avons pu financer nos propres études et ainsi contester celles de la Commission.On reproche aux socialistes de voter 95 % des textes avec la droite, et vice versa. Est-ce fondé ?
J. T. : Certains font campagne en disant qu'il faudrait réintroduire la "castagne" entre la droite et la gauche et dénoncent la "connivence". C'est ridicule. Cela ne marche pas comme cela. Exemple : un des textes les plus spectaculaires que nous ayons votés en 2008 portait sur la sécurité des jouets. La question était d'établir les catégories de produits dangereux, notamment cancérigènes, pas celle d'une bataille gauche-droite.
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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 10:28


Créée par la loi constitutionnelle du 23 mai 1949 et proclamée 2 jours plus tard, la République fédérale d'Allemagne (RFA) fête cette année ses 60 ans. A la fois espoir de paix après des décennies de conflits et symbole de l'antagonisme naissant entre Occidentaux et Soviétiques, la RFA va devenir l'un des moteurs économiques de l'Europe ainsi qu'un fer de lance de la construction européenne.

Après sa capitulation, le 8 mai 1945, l'Allemagne est un pays ruiné, détruit, dont le régime vaincu est à l'origine d'affreuses atrocités. La conférence de Potsdam marque la séparation du pays en quatre zones distinctes, une sous surveillance soviétique et les autres sous surveillance occidentale (Etats-Unis, Royaume-Uni, France). Afin d'éviter que le pays ne sombre dans la pauvreté extrême et le désordre économique les puissances occupantes vont mettre en place une réforme économique dans leurs zones (réforme qui aboutit à la création de la Deutsche Mark).

Les autorités américaines et britanniques décident le 1er janvier 1947 de faire fusionner leurs deux zones afin de favoriser le développement économique. Cette bizone devient une trizone pendant la Conférence de Londres au printemps 1948, avec l'adjonction de la zone d'occupation française. Les Etats occidentaux participant à la Conférence de Londres commencent alors à évoquer l'idée d'un gouvernement démocratique en Allemagne. En représailles, l'Union Soviétique se retire, le 20 mars 1948, du Conseil de contrôle allié, ce qui marque la fin du quadripartisme.

Staline interprète la mise en place de la Deutsche Mark comme une violation du principe de souveraineté collective entériné lors de la conférence de Postdam et une tentative occidentale de déstabilisation de l'URSS. Le blocus de Berlin-Ouest, réaction soviétique à la réforme engagée par les Occidentaux, ne sera levé qu'un an plus tard et symbolise la première crise de la Guerre Froide et la division de l'Allemagne.

L'aboutissement de la réforme économique occidentale est la création de la RFA en 1949. L'URSS transformera sa zone d'occupation en un pays indépendant quelques mois plus tard : la République Démocratique d'Allemagne (RDA). Economiquement on parle du « miracle allemand » (Wirtschaftswunder) tant la croissance économique des années 1950 et 1960 est forte en RFA. D'un point de vue politique, la loi constitutionnelle instaure un équilibre des pouvoirs entre les Länder et le Bund, comme entre l'exécutif et le législatif. Deux partis animent la vie politique: le SPD (Parti social-démocrate d'Allemagne), qui abandonne la référence marxiste en 1959, et la CDU (Union chrétienne-démocrate), organisation de cadres et de notables.

Majorités CDU et SPD alternent au Parlement jusqu'à la réunification avec une percée notable des écologistes à partir du début des années 1980.

RFA et Guerre Froide ne peuvent être dissociés. M. Konrad Adenauer, premier chancelier de la RFA décide d'intégrer l'Allemagne de l'Ouest à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en 1954 lors des accords de Paris. La RFA occupe désormais une place sur la scène internationale. C'est en tant qu'Etat souverain que la RFA signe en 1957 le Traité de Rome fondant le Marché commun et mettant en marche le processus d'intégration européenne. La construction du Mur de Berlin en 1961, qui séparera la ville en deux jusqu'en 1989 symbolise à nouveau le fossé se creusant entre les deux Allemagnes. L'ère Adenauer (1949-1963) sera marquée par la réconciliation avec la France et la création de liens diplomatiques forts avec Israël mais aussi par un éloignement de plus en plus concret avec la RDA. Par la suite, le chancelier social-démocrate Willy Brandt (ancien maire de Berlin-Ouest) inaugure une politique de rapprochement avec l'Est, marqué symboliquement par l'hommage rendu au mémorial du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1970. Il lance l'Ostpolitik : la RFA reconnaît la RDA après 22 années de doctrine Hallstein (la RFA revendiquait le droit à elle seule de représenter l'Allemagne et rompait toute relation diplomatique avec les pays qui reconnaissaient la RDA). Les deux Allemagnes entrent à l'ONU en 1973.

L'ouverture du «rideau de fer» en Hongrie au printemps 1989, dans le contexte de la perestroïka, provoque la ruée de milliers d'Allemands de l'Est hors de leur pays. Le régime communiste finit par céder face à l'ampleur des manifestations populaires. La chute du Mur de Berlin marque la fin de la séparation et est suivi par la réunification.

Le 3 octobre 1990, un traité d'union met fin à la division et, en décembre, les premières élections de l'Allemagne unie sont remportées par le chancelier M. Helmut Kohl et la coalition Union-FDP qu'il représente. Des traités sont signés avec l'URSS, la Pologne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, reconnaissant les frontières nées de la Seconde Guerre mondiale.

De nombreuses manifestations sont prévues à l'occasion de l'anniversaire de la création de la RFA. L'un des événements les plus médiatisés est l'exposition à Berlin de soixante œuvres d'art retraçant l'évolution artistique de la RFA. Plus qu'une ode à l'esthétique ouest-allemande, cette exposition se veut être un hommage appuyé à la loi constitutionnelle du 23 mai 1949, qui, dans son article 5, paragraphe 3 proclamait et garantissait la liberté de l'art et de la science après des années de soumission au totalitarisme nazi. La chancelière Mme. Angela Merkel a salué cette initiative et a évoqué, lors de l'inauguration, l'espoir que représentait la liberté artistique en RFA pour les Allemands de RDA, assujettis alors à l'idéologie communiste.


Source :  Guillaume Pinta (Journal interparlementaire, n°5, 29 mai 2009)

http://jip2009.blogspot.com/
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 15:47


 
Ifri's Security Studies Center is pleased to inform you of the publication of :
 

Focus stratégique n° 9 bis

 
"Candide in Congo :
The Expected Failure of Security Sector Reform (SSR)"

by Sébastien Melmot


The English full version of this document is available on Ifri's website : 

http://www.ifri.org/files/Securite_defense/Focus_strategique_9bis_Melmot_RSS.pdf     

Resolving today's security problems requires an integrated approach. Analysis must be cross-cutting and consider the regional and global dimensions of problems, their technological and military aspects, as well as their media linkages and broader human consequences. It must also strive to understand the far reaching and complex dynamics of both international terrorism and post-conflict stabilization. Through the collection " Focus stratégique " Ifri's Security Studies Center aims to do so, offering new perspectives on the major international security issues in the world today.

More about Focus stratégique

Bringing together researchers from the Security Studies Center and outside experts, the "Focus stratégique" alternates general works with the more specialized analysis carried out by the team of the Defense Research Unit (LRD or Laboratoire de Recherche sur la Défense ).


" Candide au Congo :
  
L'échec annoncé de la réforme du secteur de sécurité (RSS) "


par Sébastien Melmot (septembre 2008)


peut être téléchargé en version pdf sur notre site  :

http://www.ifri.org/files/Securite_defense/Focus_Candide_Congo.pdf

 

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:30

The suspicion persists that even without an EU constitution some plan exists to informally implement its core institutional innovations – especially in foreign policy. Philippe Moreau-Defarges says it’s untrue, and explains why such an undemocratic agenda would be doomed to fail

 


Ever since the EU’s ill-fated constitutional treaty was laid to rest in 2005, the notion has persisted in some circles that there is some form of Plan B. It’s a view that is especially popular amongst eurosceptics, for to them those who work to build a united Europe possess many ingenious methods of misleading and manipulating the citizens of Europe in their quest to create a European super state.

Given this mindset, it is perhaps inevitable that the Lisbon treaty has come to be seen by them as just such an agenda. To them, it looks compellingly like the agenda that could breathe life back into the constitutional monster that was so convincingly rejected in 2005.

There is of course no such agenda. In fact, and in strict accordance with international law, this treaty was negotiated and then signed by the EU’s member states. The ratification process was scrupulously democratic – each of the 27 member states was required to ratify the treaty through its own democratic institutions and it could only be adopted once the treaty had been ratified by all. But that hasn’t satisfied the eurosceptics. Many of them argue that even if the treaty wasn’t ratified, national governments will still find some informal way of implementing it – or at least its core institutional innovations.

But despite the near practical impossibility of pursuing such an informal agenda – given that each and every government action faces intense media scrutiny these days – it is nonetheless interesting to consider how this approach could be implemented. At a foreign policy level in particular, it’s possible to imagine two very different approaches. The first could involve a European foreign policy based exclusively around the oldest member states such as France, Germany and Italy. This group could perhaps also include the UK because as a major power it plays a key role in many international operations and global fora. In essence, this would leave European foreign policy in the hands of those who count for most in the world and who have helped bolster the EU’s status in the global arena.

But it’s not clear whether such a foreign policy would take a truly European form, or whether it would merely reflect the priorities of the major European states. There is also the problem of how the left would react. And it is unclear whether the UK and Germany would even be willing to contemplate the creation of such a core policymaking structure when it would be largely divorced from their smaller neighbours. Quite possibly, the existence of a European diplomatic approach that’s dominated by Europe’s great powers might only be tolerated by Europe’s smaller nations if it remained virtually invisible and focused exclusively on the most pragmatic issues.

The second possibility could involve the creation of an EU diplomatic body that developed into Europe’s only creator of foreign policy. And it’s true to say that the senior officials behind the Common Foreign and Security Policy have already become significant personalities on the international stage and often lead negotiations – usually under the watchful eye of Europe’s larger member states. The problem is that the creation of such a body could leave some national governments fearful that something of a coup d’état had taken place on the foreign policy front – effectively denying individual nations their freedom of action in foreign affairs.

The existence of some secret plan to push forward the European constitutional agenda is of course one of those ideas beloved by conspiracy theorists. Perhaps that’s not surprising given that European negotiations are usually in the hands of unelected bureaucrats, whether they be Eurocrats or from a national bureaucracy. But in reality progress on the road towards European integration has only ever been achieved democratically. And regardless of the issue – whether it was Maastricht, the constitutional treaty or the treaty of Lisbon – there has always been plenty of debate. The development of an EU-wide foreign policy must therefore be conducted in the same way, and must reflect the foreign policy objectives of the member states.

It also has to be recognised that an EU foreign policy must be subject to the same limitations, and meet the same requirements, as the foreign policy of any individual member state. Over past centuries, each nation has developed its own unique foreign policy approach influenced by events ranging from war to the economic needs of a country’s people. What’s more, a foreign policy approach cannot simply be dictated – it must express the objectives of an entire nation. So the development of foreign policy becomes subject to the same legal and political processes, including the media influence and public opinion, as any other policy area.

The most complete and decisive example of a European-wide foreign policy to date is the Common Commercial Policy (CCP), and it has helped to rank the EU amongst the world’s heavyweights. It would be wrong to perceive the CCP as somehow separate from the single market – it is its external manifestation, guiding the EU’s commercial relations with the rest of the world. The creation of the euro has similarly led to a single monetary policy, and therefore a single eurozone approach to monetary matters. The point here is that progress on integration within Europe is directly linked to the development of the EU’s external policy – the two are inter-linked and cannot develop independently of one another.

Enlargement of the European Union has in recent years been the main tool that has driven its foreign policy initiatives. It has been the means for bringing those on the outside of the European construct into the club. The process of enlargement is, though, time-consuming, typically lasting for several years. The negotiations involved are complex, demanding the ratification of treaties and even requiring some form of democratic approval by the citizens of the countries involved. One can only guess at what agenda the eurosceptic conspiracy theorists imagine might exist in this arena – perhaps it includes the transformation of Turkey, or the former Yugoslav states, into EU members by the waving of some form of magic diplomatic wand.

In traditional foreign affairs terms – essentially inter-state discussions or international crisis management – policymaking is still in the hands of the nation states. Virtually all of the EU’s member states, and especially major powers like France, Germany and the UK – jealously guard their sovereignty in this area. France and the UK aren’t prepared to give up their seats as permanent members of the UN Security Council, and their stance reflects the perception amongst many ordinary citizens that enough sovereignty has already been lost to the EU.

But, should despite all these obstacles a truly European foreign policy materialise, then it certainly won’t be the result of some sinister hidden agenda. It’s more likely to come about as a result of international events that individual nations have little control over. That could leave some of Europe’s main powers with less global influence than they currently enjoy – in such circumstances the international weight of, say, the UK’s Foreign Commonwealth Office or France’s Quai d’Orsay, might be much diminished. The attitude of states like China, India or Brazil – for whom only a united Europe really counts – might also prove significant. And the growing importance of diplomacy in tackling such technical issues as climate change could also become influential. Ultimately, whether individual nations like it or not, developments like globalisation increasingly leave them as cogs in a larger machine where their legal and political structures are influenced and re-shaped by proliferating international legislation.

There cannot therefore be a hidden agenda capable of directing the EU’s future course. Such a notion would require the existence of some secret group capable of manipulating the opinions of entire populations. Indeed, one of the greatest challenges facing the EU is to establish its own democratic legitimacy. It’s becoming increasingly urgent to convince Europeans to accept as positive a Europe that has been built by technocrats. The task is complicated by the lack of clarity in the minds of ordinary people about who actually represents them within the European framework – especially when both national governments and the European Parliament seldom miss an opportunity to blame the European Commission for any decisions that aren’t popular.

If the EU is to continue making progress – especially in foreign policy – then the people of Europe need to develop a degree of European political consciousness. It’s a lengthy process that cannot possibly succeed if pursued through an elitist and undemocratic agenda.

Article paru dans Europe's World - Newsletter #16
http://www.europesworld.org/NewEnglish/Home/Article/tabid/191/ArticleType/ArticleView/ArticleID/21312/language/en-US/WithnoconstitutiondoesEuropehaveaforeignpolicyPlanB.aspx

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:02

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé la semaine dernière le lancement réussi d'un nouveau missile balistique à deux étages Sejil-2 d'une portée de 2000 km, ravivant la discussion sur la menace balistique et nucléaire iranienne, ainsi qu'un sujet qui y est étroitement lié: le déploiement du système américain de défense antimissile.


La portée du nouveau missile permet à Téhéran d'atteindre des cibles situées sur le territoire d'Israël, en Asie mineure et dans les Balkans. Cependant, la nouveauté de ce missile fait planer des doutes: de l'avis des experts, la télévision iranienne a montré le lancement d'un missile similaire, Shahab-3, dérivé du missile nord-coréen Nodong et créé au début des années 2000.


Quel que soit le missile montré par la télévision iranienne, cela ne change pas le fond de la discussion qui se réduit essentiellement à ceci: d'une part, le degré de menace d'un tir de missile par l'Iran et, de l'autre, le niveau des forces et des moyens nécessaire afin de parer à une attaque éventuelle.


Pour l'Iran, l'importance du programme balistique excède sa composante strictement militaire. La conception de nouveaux missiles fournit à Téhéran des atouts dans son marchandage politique avec les pays occidentaux. En effet, plus importantes seront les capacités de l'Iran en matière de construction de missiles, plus élevées seront les concessions susceptibles d'être réalisées par la partie adverse.


Cette tactique ne suppose pas une menace réelle d'utilisation de ces missiles. L'attaque iranienne (si elle devient réalité) entraînerait la destruction pratiquement garantie du potentiel balistique iranien et de lourdes pertes pour le pays et l'ensemble de son économie, ce qui ne justifie pas le préjudice insignifiant que subiraient les adversaires de la République islamique. Par conséquent, il convient plutôt d'interpréter l'annonce des tests de missiles et leurs performances comme un "coup de pub" visant à majorer les mises iraniennes dans le jeu politique global.


La menace balistique iranienne prendra toutefois un tout autre tour si Téhéran parvient à créer des charges nucléaires destinées à équiper les missiles. Une telle augmentation des mises entraînerait presque inévitablement une flambée de tension militaire autour de l'Iran et exclurait pratiquement la possibilité de mener des négociations normales sur d'autres problèmes Nous sommes actuellement confrontés à une situation de ce type avec la Corée du Nord, qui a effectué un deuxième test nucléaire et s'est retrouvée isolée sur la scène internationale.


Qui plus est, la situation est aggravée par les rapports extrêmement tendus qu'entretient l'Iran avec un autre pays-clé de la région, Israël, qui est capable de porter en cas de nécessité une attaque contre les sites nucléaires iraniens. Nul ne sait où se trouve la "ligne rouge" au-delà de laquelle Israël décidera de lancer sa propre opération militaire en faisant fi de l'opinion de la communauté mondiale.


Pour contrer une attaque de missiles iraniens, les Etats-Unis déploient leur système de défense antimissile qui constitue une pomme de discorde entre les Etats-Unis et la Russie. Certains experts russes estiment non sans fondement que le déploiement du système de défense antimissile tel qu'il est conçu aujourd'hui n'est pas destiné à parer à une attaque de missiles iraniens, mais qu'il peut être utilisé pour intercepter les missiles russes.


En tant qu'alternative au bouclier antimissile en Europe, la Russie a maintes fois proposé d'examiner une alternative consistant à déployer des missiles intercepteurs à proximité des frontières iraniennes: en Turquie, au Koweït, en Irak peut-être, ce qui faciliterait l'interception de missiles lancés depuis le territoire de l'Iran et dans le même temps ne représenterait pas une menace pour le potentiel nucléaire de la Russie.


Par ailleurs, en cas de déploiement de bases de défense antimissile près des frontières de l'Iran pour intercepter les missiles dès leur départ, il ne serait pas nécessaire d'utiliser des missiles aussi onéreux que les GBI qui nécessitent des silos de lancement. Ils pourraient être remplacés par des systèmes de type de THAAD, de PAC 3, par des missiles israéliens Hetz et d'autres systèmes mobiles, y compris maritimes.


La volonté des Etats-Unis de changer ou non la conception de leur bouclier antimissile, montrera s'ils considèrent la menace balistique iranienne comme réelle, ou s'ils ont uniquement l'intention de s'en servir comme d'un prétexte afin de déployer des systèmes de défense antimissile dirigés contre la Russie.


Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Source : http://fr.rian.ru/analysis/20090527/121764380.html

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 08:42

 Tel Candide, j’ai l’habitude d’écouter attentivement. Mais Candide qui «avait le jugement assez droit, avec l’esprit le plus simple » avait sur moi l’immense avantage de pouvoir « croire innocemment » que tout était au mieux dans le meilleur des mondes. C’est ce que veulent nous faire croire ministres, généraux et industriels lorsqu’ils évoquent la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE). Je vois, au contraire, quatre raisons majeures de s’inquiéter de l’avenir de nos compétences technologiques et de notre industrie de défense.


Le sous-investissement chronique dans la recherche.
Pangloss, qui « prouvait admirablement qu’il n’y avait pas d’effet sans cause », serait sans aucun doute le premier à reconnaître que la recherche et l’innovation sont indispensables à la survie de toute industrie. Pourtant, en dépit d’engagements réitérés dans de nombreux textes de conclusions du Conseil, la part du PIB consacrée à la défense reste largement en-dessous de 2% et les investissements dans la recherche sont ridiculement bas, comme le montrent les données collectées par l’Agence européenne de défense (AED). Les données de 2007 soulignent un recul de 1,3% sur un an de l’effort global de R&D à 9,5 milliards d’euros pour les 26 États participant à l’AED. On en arrive aujourd’hui à prier pour que nos alliés américains veuillent bien s’intéresser à notre futur hélicoptère de transport, de peur de ne pas être à même d’en financer le développement. Pour autant que les États-Unis confirment leur intérêt, ils voudront y mettre une part de technologies américaines et en attendront légitimement des retombées industrielles. On peut aussi s’interroger sur la manière dont certains États membres (on peut citer les plus grands) ont développé des coopérations dans le domaine de la recherche avec les États-Unis ou Israël, plutôt que de le faire avec leurs partenaires européens.


Les acquisitions en urgence.
Curieusement, il ne semble pas exister d’étude détaillée - je n’en ai pas trouvée - sur les effets des acquisitions en urgence dont l’efficacité nous est régulièrement vantée par nos ministères de la défense (c’était encore le cas tout récemment au Royaume-Uni). Ne disposant pas de statistiques fiables pour les Vingt-sept, je me contenterai d’observer que les principales acquisitions sur étagères opérées par les États de l’Union pour les théâtres afghan et irakien concernaient des matériels américains, neufs, voire d’occasion, lorsque l’armée américaine disposait d’une capacité excédentaire.


Les investissements imposés par la puissance américaine.
Lors d’un colloque, mardi 28 avril à Paris, le chef d’état-major de l’armée de l’air française, le général Stéphane Abrial, saluait le fait que les avions français en Afghanistan seraient équipés dès septembre prochain du ROVER (Remotely operated video enhanced receiver). Tant mieux, pourrait-on dire, si ce système vidéo interactif en temps réel (il permet à quelqu’un au sol de visionner une zone donnée en temps réel et d’orienter le capteur de l’avion selon ses besoins) améliore l’efficacité des opérations et la sécurité des troupes. Mais ce serait omettre, d’une part, qu’il existait un projet français, reposant sur un autre modèle technologique, qui ne verra sans doute pas le jour et, d’autre part, que l’acquisition de ce matériel a été imposé par les États-Unis. Ces derniers se servent en effet des opérations en coalition ou de l’OTAN dont ils sont le principal acteur pour pousser, selon un intérêt national bien compris, à une normalisation américaine. On se souvient ainsi que les Rafales français avaient une première fois dû quitter le théâtre d’opérations parce qu’ils n’étaient pas équipés de la liaison de données 16 (link 16).


L’ingénuité avec laquelle on veut nous faire croire que la BITDE peut se construire à l’OTAN.
Lors du même colloque, le général Vinchon, représentant militaire de la France à l’OTAN, avait dit que le développement de la BITDE passe par « une présence forte » au commandement transformation (ACT) de l’Alliance, condition qui sera remplie avec l’arrivée d’un général français. Peut-on vraiment croire, avec tout ce qui précède, que c’est à Norfolk (Virginie) que l’on renforcera la base industrielle et technologique de l’Europe ? C’est vouloir conclure avec Pangloss que « 
ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise : il fallait dire que tout est au mieux ». 


Article paru le 28 mai 2009 dans le numéro 229 de EDD (Europe Diplomatie & Defense)   
 
                                                                                                             

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 07:42

Un petit nouveau dans le 7ème programme cadre de recherche européenne, la thématique « Sécurité » fait son entrée au côté du classique panel allant de la santé aux nanosciences, en passant par les biotechnologies ou l'énergie. L'Europe s'engage dans ce secteur sur un budget de 1,4 milliards d'euros sur 7 ans, soit près de 5 % du total de son budget " recherche ".
Les « technologies de sécurité » font l'objet d'un réel engouement et sont devenues une priorité de la recherche européenne. Pour comprendre cette « mobilisation » et ses raisons, il faut remonter à 2003. Sans doute poussés par les événements du 11 septembre, les commissaires européens publient, à l'époque, un communiqué (http://www.consilium.europa.eu/ueDocs/cms_Data/docs/pressData/en/reports/78367.pdf) identifiant les principales menaces pesant sur l'Union : terrorisme, crime organisé, radicalisation de groupes sociaux, extrémismes, prolifération d'armes, conflits régionaux et faiblesse de certains Etats, accès inégaux aux ressources naturelles, désastres environnementaux, ou accidents industriels en sont les principales. Si ces risques demandent à être sérieusement considérés, la Commission précise toutefois qu'« étendre des pratiques de bonne gouvernance, soutenir des réformes sociales et politiques, gérer la corruption et les abus de pouvoir, établir des Etats de droit et protéger les droits de l'homme sont les meilleurs moyens de renforcer l'ordre international ». L'objectif est donc de s'appuyer sur la diplomatie, l'action politique et sociale ou éventuellement l'action militaire pour éviter le pire, en préconisant un « engagement préventif afin d'éviter une aggravation future de ces problèmes ».
Du risque à la menace
Un an plus tard les risques évoqués deviennent des menaces nécessitant le développement d'un arsenal technologique pour se protéger. Un rapport publié en 2004 (http://ec.europa.eu/enterprise/security/doc/gop_en.pdf) par un comité consultatif de 25 membres (le Group of Personnalities - GoP), dont 8 directement liés aux grandes industries européennes de l'armement (BAe, EADS, Thales, Finmeccanica&) reprend l'analyse et les inquiétudes de la Commission, mais préconise de garantir la sécurité en Europe en « s'appuyant sur la puissance de la technologie européenne ». Le groupe constitué sous l'aile de la Commission insiste sur la nécessité d'établir un véritable programme de recherche en matière de sécurité pour, non seulement « améliorer la sécurité », mais aussi « accroître la compétitivité des industries », « renforcer la recherche européenne » et « soutenir la politique européenne pour la croissance et la compétitivité inscrite dans les traités de Lisbonne et de Barcelone ».
De la menace au marché
Le GoP demande alors un budget annuel d'un milliard d'euros pour la recherche, s'étalonnant sur les dépenses des Etats-Unis en matière de technologies de la sécurité (1,2 milliards de dollars). Une observation plus attentive de la situation outre-Atlantique explique largement cet investissement. Si un marché de la sécurité existe, c'est bien aux Etats-Unis qu'il se concentre. Le marché américain représente au minimum la moitié du marché mondial, lequel est estimé entre 100 et 300 milliards d'euros. Le Department of Homeland Security, en charge de la sécurité intérieure du pays, affiche un budget de 46 milliards de dollars pour 2008, sans compter l'ensemble des fonds qu'il coordonne, un montant évalué à 100 milliards de dollars en 2004 par le GoP. Malheureusement, l'Europe reste un poids léger dans ce secteur car la pluralité des clients (les services de sécurité des différents pays membres), leur manque d'homogénéité, ainsi que les infrastructures et les législations différentes entre pays ne favorisent pas la création d'un marché structuré susceptible de séduire les investisseurs et de fournir des débouchés aux industriels.
Du marché au marché
Reste à débroussailler ce marché pour définir une orientation claire des recherches à mener sur ces technologies de la sécurité. La troisième conférence sur les recherches sur la sécurité européenne (SRC 08 : http://www.src08.fr/jahia/Jahia/site/confsrc08) qui s'est tenue à Paris en octobre 2008 apporte quelques éclaircissements. « Plus de sécurité », « triplement du nombre de caméras
de surveillance sur la voie publique dans les deux prochaines années », « techniques de biométrie permettant un accroissement significatif des taux d'élucidation des crimes » ou « extension de ces moyens au service de la délinquance de masse », les propos tenus par Michelle Alliot-Marie dès l'ouverture de la séance sont applaudis par les nombreux représentant de l'industrie et de la Direction générale Entreprises et industries de la Commission.

Si le respect des libertés et la protection de la vie privée sont évoqués, l'essentiel des interventions porte sur :

 * l'amélioration des partenariats public/privé, la définition de normes et de standards européens en matières d'équipements et d'organisation ; certains avancent même la création d'un « label européen de la sécurité » pour asseoir le marché en Europe et donner une image de marque aux technologies européennes pour l'exportation ;

 * l'implication des utilisateurs finaux en amont des programmes de recherche ou les collaboration possible entre secteurs de la défense et de la sécurité. Ce dernier point est d'ailleurs relevé par Paul Weissenberg, en charge de la Direction " industrie aérospatiale, sécurité et défense " de la Commission européenne, qui pose la question de l'existence en Europe d'un marché de la sécurité distinct de celui de la défense, renvoyant aux industriels la responsabilité de le définir et de le convaincre de l'utilité des sommes investies par l'Union pour ces recherches sur la sécurité.
La machine industrielle
Comment interpréter cette focalisation sur le marché pour une thématique de recherche, même s'il s'agit de concevoir des produits technologiques ? En retraçant son histoire au sein de la Commission, l'implication de l'industrie devient évidente. Si le travail du GoP en 2004 ouvre la voie à ce marché de la sécurité, le Conseil consultatif européen pour la recherche dans le domaine de la sécurité (ESRAB) en charge de définir la stratégie de 2004 à 2007, se donne entre autre comme objectif principal « d'accroître la compétitivité globale des fournisseurs européens de technologies » (http://ec.europa.eu/enterprise/security/doc/esrab_report_en.pdf). Plus d'un quart de ses membres sont des représentant de l'industrie (les mêmes que ceux présent dans le GoP) et la thématique « Sécurité » du 7ème programme cadre de recherche et de développement technologique et de démonstration (7ème PCRD) est pilotée par la Direction générale " Entreprise " de la Commission, alors que c'est communément le rôle de la DG " Recherche"  d'encadrer ces programmes de recherche.
S'il paraît normal que l'industrie soit impliquée dans la recherche, Frank Gregory, professeur de sécurité européenne à Université de Southampton et membre du comité d'experts du projet européen Securint, invite néanmoins les services de police et de sécurité publics « à se montrer attentifs et capables de gérer une pression commerciale de plus en plus forte » (http://eprints.soton.ac.uk/55707/). Dans un article publié en septembre 2007, il consacre un chapitre entier intitulé « Les pressions industrielles » pour souligner l'implication des différents syndicats de l'industrie dans ces orientations de la recherche européenne, n'hésitant pas à qualifier ces actions de « lobbying ».
La machine est en marche et, même si le dernier rapport en date réalisé par le Forum européen pour la recherche et l'innovation sur la sécurité (ESRIF) pour la Commission en 2007 (http://www.esrif.eu/) insiste sur la nécessité de l'acceptation par les citoyens de ces technologies, il ne permet aucunement de revenir à une vision plus politique et diplomatique de la prévention des risques en amont, telle que celle avancée par la Commission en 2003. Néanmoins, mettant en avant un nouveau pan de recherche s'intéressant à la capacité des sociétés à se remettre d'une crise, la résilience, l'ESRIF semble plus à même de promouvoir une nouvelle vision de la sécurité. L'approche traditionnelle basée sur la surveillance, la détection, la protection et la répression va-t-elle céder du terrain pour laisser se mettre en place une vision basée sur l'acceptation des risques et le développement d'outils et d'organisations capables de résister et de se remettre aussi vite que possible en cas de crises ? Rien n'est moins sûr. Alors qu'en France la polémique fait rage sur les fichiers informatisés des services de renseignement, que des détecteurs de mensonges ou de « culpabilité » (www.alphagalileo.org/index.cfm ?fuseaction=readrelease&releaseid=532622) sont en cours de développement dans différents pays européens, ou qu'aujourd'hui, le nombre de caméras de surveillance des espaces publics est de un pour moins de 15 citoyens au Royaume-Uni, les technologies de la sécurité donnent plutôt une image orwellienne de nos sociétés.

Date de mise en ligne sur le site http://www.vivagora.org : jeudi 27 novembre 2008

 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 06:48

Alors que les volumes d’échanges mondiaux devraient baisser de 13 % par rapport à 2008, l’OCDE exhorte les pays à s’abstenir de prendre des mesures protectionnistes et à maintenir l’ouverture des marchés afin que les économies puissent profiter de la reprise lorsqu’elle se produira.

 

Intervenant lors d’une réunion à Bruxelles à l’occasion de la présentation d’une nouvelle publication de l’OCDE consacrée à la politique commerciale : Le commerce international : libre, équitable et ouvert ?, Ken Ash, Chef de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE, a prévenu que les actions engagées par les États en vue d’opérer une discrimination contre les biens, services, entreprises ou travailleurs étrangers « pourraient avoir un effet dévastateur en prolongeant et en aggravant la récession. »


  • Les consommateurs seraient touchés par des prix plus élevés et un choix restreint.

  • Les industries nationales subiraient un renchérissement de leurs intrants, car les biens et services intermédiaires constituent une grande partie des échanges actuels.

  • Les exportateurs seraient doublement pénalisés : par une augmentation des coûts et des mesures de représailles de la part d’autres pays. L’effet net sur l’économie serait des destructions d’emplois encore plus nombreuses.

 

Catherine Ashton, la commissaire européenne chargée du commerce, a souligné lors de cette même réunion la nécessité d’aider les citoyens à mieux comprendre le rôle du commerce dans la croissance économique et la création d’emplois.

 

Cette nouvelle publication de l’OCDE, Le commerce international : libre, équitable et ouvert ?, poursuit cet objectif. Cet ouvrage de la collection « Les essentiels de l’OCDE » s’adresse à un large public ; il explique que l’ouverture des marchés est une condition nécessaire à la croissance et à la prospérité, mais ne suffit pas à garantir des résultats positifs. La politique commerciale doit s’accompagner d’autres mesures pour que les avantages potentiels se concrétisent et que l’on puisse limiter les effets négatifs de la libéralisation sur les individus et les secteurs vulnérables. « Aujourd’hui, des politiques du marché du travail efficaces sont requises afin d’aider ceux qui doivent s’adapter », a déclaré M. Ash.

 

Pour de plus amples informations sur les échanges, voir :  www.oecd.org/echanges

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 11:20

Objet de l'association :
L'association « Le Cercle Polaire » a pour objet d'élaborer et de promouvoir une authentique culture scientifique des zones arctique et antarctique, d'œuvrer en faveur de la préservation de l'environnement des régions polaires et d'engager toute activité ayant un lien direct ou indirect avec ces enjeux. Elle entend notamment participer activement à la manifestation scientifique et culturelle de l'Année Polaire Internationale (API) 2007-2008. (Déclaration à la préfecture de police de Paris le 21 juillet 2006 ; publication au Journal Officiel du 19 août 2006, 138 e année, n°33, 1140) .


Les régions polaires sont des régions-clés dans la compréhension de la dynamique du climat global et partant du réchauffement climatique de la Terre. L'association entend contribuer, par delà les divergences d'interprétations et compte tenu de la complexité des phénomènes en jeu, à communiquer un diagnostic représentant un consensus autour de la question du réchauffemment de l'Arctique et de l'Antarctique dont on sait qu'ils sont à l'avant-poste du réchauffement climatique de notre planète.

 

Ses quatre objectifs :

 1/ Elaboration d'un outil de connaissances pour l'Année Polaire Internationale sous la forme d'une encyclopédie des régions polaires réalisée sous le conseil scientifique de l'Institut Polaire Français Paul-Emile Victor en coédition avec le Centre de Recherche et de Documentation Pédagogique de Paris.

2/ Lancement de la première édition du Festival Polaire qui se tiendra en Bretagne les 21-22-23 juillet 2007. Cette manifestation scientifique et culturelle réunira des scientifiques de haut-niveau, des artistes, des écrivains, des photographes et des grands voyageurs.

3/ Animation d'un site Web bilingue (français, anglais) destiné à assurer une veille des travaux, analyses, campagnes et résultats de la recherche polaire à l'attention du citoyen non spécialiste.

4/ Création d'un comité scientifique chargé d'élaborer par delà les divergences d'interprétations et compte tenu de la complexité des phénomènes en jeu, un diagnostic représentant un consensus autour de la question du réchauffement de l'Arctique et de l'Antarctique dont on saît qu'ils sont à l'avant-poste du réchauffement climatique de notre pla
nète
.


Les experts :

Dans le cadre de ses activités, l'association s'appuie sur un comité d'experts élus par le conseil d'administration et sollicités pour surveiller la qualité scientifique des documents produits par l'association. Il est composé de :


 - Thierry Aubin , directeur de recherches au CNRS, Laboratoire de Neurobiologie de l'Apprentissage, de la Mémoire et de la Communication à l'Université Paris XI Orsay.
 - Guy Bordin , Membre du Centre d'Etude et de Recherches sur les Littératures et les Oralités dans le Monde (CERLOM) à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et membre du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative de Université Paris X, Nanterre.
 - Vincent Coudé du Foresto , astronome adjoint à l'Observatoire de Paris-Meudon (LESIA).
 - Yvon Csonka , Président du International Arctic Social Sciences Association (IASSA), professeur à l'Université de Greenland, Greenland.
 - Igor Dmitrenko , University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, Alaska, USA.
 - Christophe Ferrari , Professeur des Universités, Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement, membre de l'Institut Universitaire de France.
 - Yves Frenot , Directeur-adjoint de l'Institut Polaire Français Paul-Emile Victor.
 - Jean-Claude Gascard , directeur de recherche au Laboratoire d'Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN) de l'université PIerre et Marie Curie, coordinateur du programme européen Damocles.
 - Christophe Guinet , Chargé de Recherches au CNRS, Coordinateur français du programme SEaOS, responsable du programme ANR 2007 IPSOS-SEAL.
 - Marie-Noëlle Houssais , Chargée de recherches au CNRS, au Laboratoire d'océanographie dynamique et de climatologie de l'université Paris 6 Pierre et Marie Curie, membre du comité d'experts du Cercle Polaire.
 - Pierre Jouventin , Directeur de Recherche au CNRS, responsable de l'équipe « Ecologie Comportementale ».
 - Jean Jouzel , directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace, vice-président du groupe I du GIEC.
 - Marc Lachièze-Rey , Directeur de recherches au CNRS.
 - Frédéric Lasserre , Professeur à l'université de Laval (Québec), directeur de l'Observatoire de Recherches Internationales sur l'Eau (ORIE), chercheur à l'Institut québécois des Hautes Etudes internationales (IQHEI), chercheur associé à la Chaire Raoul Dandurand en Etudes Stratégiques et diplomatiques (UQAM) et à l'Observatoire européen de géopolitique (OEG).
 - Claude Lorius , Médaille d'or du CNRS, Président du comité de l'Académie des sciences pour l'Année Polaire Internationale
 - Peter Minnett , Professor at the University of Miami, Meteorology and Physical Oceanography, Rosenstiel School of Marine Atmospheric Science.
 - Jean-Robert Petit , ingénieur de recherches au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement, responsable du programme ANR 2007 LAC VOSTOK.
 - Vladimir Randa , Directeur de recherche au CNRS au Laboratoire de Langues et Civilisations à Tradition orale (LACITO) et chargé de cours à l'INALCO.
 - Pierre Taverniers , prévisionniste à Meteo France, diplomé de l'INALCO en langues et cultures de l'Arctique.
 - Michèle Thérrien , Professeur des universités à l'Institut National des Langues Orientales (INALCO) à Paris.
 - Paul Tréguer , Directeur de l'Institut universitaire européen de la Mer, professeur émérite à l'Université de Bretagne Occidentale, directeur scientifique du réseau européen d'excellence Eur-océans.
 - Jérôme Weiss , Directeur de Recherches au CNRS, membre du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (LGGE) à Grenoble.


Pour plus d'information : http://www.lecerclepolaire.com/
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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
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(Voltaire)

 

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(Léon Blum)

 

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(Pierre Mendès France)  

 

 

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