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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 18:21

Dans l'édition datée du mercredi 27 mai 2009 du quotidien Le Figaro, Alain-Gérard Slama signe une très belle chronique intitulée : " L'avenir européen passe par la Défense " dont Regards-citoyens.com conseille la lecture !

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 15:33

Des fonds souverains du Golfe Persique pourraient entrer au capital d’Areva, de Porsche ou d’Opel : doit-on s’en réjouir ou le redouter ? L’un des fonds souverains de Singapour, qui avait renfloué Merill Lynch avant son rachat par Bank of America, vient de vendre sa participation : que faut-il en penser ? Flash sur ces investisseurs particuliers, sous forme de réponses aux questions que vous vous posez.


Quelle est la taille des fonds souverains ?
Elle est très difficile à connaître, pour plusieurs raisons. D’abord, ces véhicules d’investissement étatiques ne recouvrent pas une catégorie d’investisseurs bien définie présentant tous les mêmes caractéristiques. Selon certains, la notion recouvre tous les actifs possédés ou contrôlés par les Etats. Pour d’autres, il convient d’en exclure les fonds de pension, les entreprises publiques, les fonds exclusivement investis en actifs domestiques, ceux qui sont financés par emprunts ou qui ne sont pas juridiquement distincts des banques centrales, etc.

Ce qui est sûr, c’est que ces investisseurs sont extrêmement divers, dans leurs ressources, leurs objectifs, leur stratégie, leur portefeuille, leur cadre institutionnel et leur taille. Ceci dit, selon la définition que j’en donne dans mon ouvrage, il est possible d’estimer leurs actifs sous gestion à un montant global compris entre 3000 et 4000 milliards de dollars en 2008, probablement réduit à 2500-3500 milliards de dollars du fait de la crise.


Les fonds sont-ils utilisés pour recycler l’argent sale ?
Aucun élément ne vient étayer cette crainte. Les ressources des fonds souverains proviennent des excédents commerciaux ou budgétaires de leurs Etats d’origine. L’on peut distinguer deux grandes familles de fonds : d’une part, les fonds que j’appelle de « rente minière », dont les richesses proviennent des exportations de matières premières, pétrole notamment : ce sont les fonds du Moyen-Orient, de Russie et d’Amérique Latine ; d’autre part, les fonds de « rente monétaire », appartenant à des pays où le taux d’épargne est élevé : ce sont les fonds de Chine et d’Asie du Sud-Est.


Y a-t-il des fonds souverains dans les pays développés ?
On ne le sait pas toujours, mais les Etats-Unis, le Canada et la Norvège possèdent des fonds souverains, alimentés par les revenus du pétrole de ces pays ; l’Australie et la Nouvelle-Zélande en sont également dotées. La France quant à elle a un moment envisagé de faire de la Caisse des Dépôts une sorte de fonds souverain ; mais le Fonds Stratégique d’Investissement –FSI– qui est né de cette réflexion présente peu de points communs avec eux ; l’on peut en revanche s’interroger sur la question de savoir si le Fonds de Réserve pour les Retraites –FRR– n’en est pas un.


Quand sont apparus les fonds souverains ?
Certains fonds importants existent depuis longtemps, tels que celui du Koweït établi en 1953 ou le fonds Temasek de Singapour créé en 1974. Mais la plupart se sont développés plus récemment, en conséquence d’un double phénomène.

Dans les Etats de rente minière, les chocs pétroliers et le tarissement des réserves d’hydrocarbures ont montré la nécessité tout à la fois de se prémunir contre la volatilité des prix et de faire profiter les générations futures d’une source de richesse ; tels sont les principaux objectifs assignés aux fonds souverains de ces Etats. Dans les pays asiatiques, c’est la crise économique et financière de 1997-1998 qui les a conduits à un renforcement de leur politique budgétaire et à un développement fondé sur les exportations ; leurs fonds souverains sont chargés de faire fructifier les réserves en devises considérables qu’ils ont accumulées en conséquence.


Quels sont les liens entre fonds souverains et finance islamique ?

 La finance islamique désigne un ensemble d’instruments financiers conformes à la charia. Elle s’est développée en même temps et à la faveur des mêmes phénomènes que les fonds souverains. Là s’arrête toutefois l’analogie. Même les fonds originaires de pays musulmans n’ont pas ou peu recours aux produits de finance islamique et ne s’interdisent pas d’investir dans des secteurs prohibés par celle-ci, tels que celui des jeux.         


Les fonds souverains cherchent-ils à prendre le contrôle de nos entreprises stratégiques ?

L’étude des faits montre que les fonds souverains investissent principalement en titres à revenu fixe et en actions cotées. Lorsqu’ils investissent dans des entreprises, ils prennent le plus souvent des participations minoritaires et se comportent comme des investisseurs stables et passifs. En outre, les pays dans lesquels ces fonds investissent ont des législations qui leur permettent de contrôler les opérations de ces derniers qui porteraient atteinte à la sécurité ou à l’intérêt national.

Les fonds souverains peuvent-ils aider l’Occident à sortir de la crise ?
Les fonds souverains, de par le montant significatif de leurs liquidités et leur horizon d’investissement à long terme, peuvent investir en période de tension financière. De fait, ils participent au recyclage des capitaux et contribuent au financement de l’économie mondiale en réallouant les excédents de leurs Etats vers les pays déficitaires. En outre, ils ont massivement investi dans le secteur bancaire en difficulté lors de la crise des subprimes. Mais, depuis que celle-ci s’est muée en crise économique et planétaire, les pays émergents ont eux aussi été contaminés et ont sollicité leurs fonds souverains pour renflouer l’économie de leur région d’origine.


Les fonds souverains sont-ils des investisseurs comme les autres ?

Les fonds souverains sont contrôlés par des Etats qui disposent des moyens de puissance publique et ne sont pas tous démocratiques. Lorsque le prix du baril de pétrole remontera et que les exportations de biens asiatiques repartiront, les fonds souverains retrouveront leur puissance de frappe. Il ne peut être exclu que ces fonds, tout comme les entreprises publiques, ne soient utilisés à des fins stratégiques ou géopolitiques, par exemple pour sécuriser les approvisionnements énergétiques de leur pays d’origine ou acquérir les technologies et le savoir-faire qui manquent à ces pays.

Il faut donc demeurer vigilant. A cet égard, le secret souvent conservé par les fonds souverains sur leurs moyens et leurs aspirations entretient la méfiance. Le code de bonne conduite adopté sous l’égide du FMI fin 2008 par de nombreux fonds, en ce qu’il entend améliorer leur niveau de transparence et la qualité de leur gouvernance, va dans le bon sens. Tout dépend maintenant de l’application que les fonds en feront.

C. Bertin Delacour est avocat d'affaires au sein du cabinet August & Debouzy

       


 

Publié sur Easybourse.com le 26 Mai 2009

Copyright © 2009 

 




 

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 10:55
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Notre-Europe.eu : cliquer ici pour aller au site
 
Elections européennes : le rendez-vous à ne pas manquer
Cela fait trente ans cette année que les citoyens de l'Union sont appelés à voter pour leurs représentants au sein des institutions européennes. Le Parlement européen est aujourd'hui une assemblée mûre, puissante et passionnante si l'on veut s'y intéresser. Les documents que le lecteur trouvera dans nos pages consacrées aux élections européennes devraient donner des clés pour comprendre les enjeux que recouvrent cette élection et décrypter les alternatives politiques qui se dessinent au niveau européen.  
 
 
Elections européennes 2009 : acteurs, enjeux et alternatives
Bref par Gaëtane Ricard-Nihoul. L'auteur revient sur le paradoxe de la diminution de la participation aux élections du Parlement européen, alors que ce dernier n'a cessé d'accroître ces pouvoirs au fil du temps, et souligne l'importance des acteurs, enjeux et alternatives politiques de l'élection 2009.  (20/05/2009)  
 
 
Des "partis politiques au niveau européen" ? Etat des lieux à la veille des élections européennes de juin 2009
Étude par Francisco Roa Bastos. A quelques jours des élections européennes, cette étude se penche sur des organisations politiques encore mal connues : les « partis politiques au niveau européen ». Souvent confondus avec les groupes politiques du Parlement européen, ces « europartis » n'ont été reconnus que très récemment, par le Traité de Maastricht et deux règlements communautaires qui leur ont conféré un statut et un financement propres depuis 2003. Le but est ici de faire le point sur ces organisations, leur développement et les enjeux qui les entourent. (20/05/2009)  
 
 
L'action de l'Union répond-elle aux préférences des citoyens ?
Bref par Renaud Dehousse. A en croire les sondages, à quelques semaines du scrutin, seul un tiers des électeurs seraient disposés à se rendre aux urnes aux prochaines élections européennes. A dire vrai, ce résultat dérangeant est à l'enseigne de la continuité, puisque le taux de participation tend à baisser à chaque scrutin.  (17/05/2009)  
 
 
Un comparatif des manifestes des partis politiques européens
par Notre Europe. Ce document recense les différentes propositions avancées dans les programmes électoraux de sept partis européens transnationaux : le Parti Populaire européen (PPE, conservateurs et chrétiens-démocrates); le Parti Socialiste européen (PSE, travaillistes, socialistes et sociaux-démocrates); le Parti des libéraux, démocrates et conservateurs (ELDR, libéraux); le Parti Démocrate Européen (PDE, centristes); les Verts européens (écologistes); la Gauche européenne (socialistes et communistes); l'Alliance libre européenne (régionalistes). (20/05/2009)  
 
 
Version française : La démocratie au sein de l'UE et le rôle du Parlement européen
Étude par Federal Trust, Institut für Europäische Politik, Centro Studi sul Federalismo, Istituto Affari Internazionali, Notre Europe. A l'initiative de l'Istituto Affari Internazionali, Notre Europe et trois autres think tanks européens se sont réunis pour réfléchir aux moyens de renforcer les liens entre les citoyens et les institutions européennes. Dans la perspective des élections de juin 2009, cette étude porte une attention particulière au rôle du Parlement et des partis politiques européens dans ce processus.  (12/03/2009)  
 
 
Les élections européennes
Notre actualité.  Du 4 au 7 juin prochains, les électeurs européens seront appelés aux urnes pour renouveler leurs représentants au sein du Parlement européen. Ce rendez-vous essentiel pour la démocratie européenne a lieu tous les cinq ans, et ce depuis trente ans. Ainsi, depuis 1979, ces élections confèrent au Parlement européen une grande légitimité démocratique, puisqu'il est le seul organe communautaire directement élu par les citoyens. C'est d'ailleurs cette légitimité démocratique qui a servi de moteur à la montée en puissance progressive de cette institution.  (20/05/2009)  
 
 
Votons l'Europe
Notre actualité.  A l'occasion des élections européennes, un certain nombre d'associations et d'organisations issues de la société civile ont décidé de créer la plateforme « Votons l'Europe ». Cette plateforme, si elle se revendique militante n'est pourtant pas partisane : son but est d'abord et avant tout de mobiliser les électeurs, en montrant que l'Europe agit dans de nombreux domaines qui intéressent et préoccupent les citoyens. L'action de « Votons l'Europe » se déroule principalement sur internet, à travers le site mis en place pour l'occasion (www.votonsleurope.eu ).  (20/05/2009)  
 
 
Agenda
  • Partis européens : le débat
    Notre Europe, Europanova, le Mouvement européen France, France 24, RFI et les partenaires du projet Votons l'Europe vous invitent le 3 juin à venir débattre avec des représentants des partis européens. (03/06/2009) 
 
 
A venir
  • La législation nationale d'origine communautaire : au-delà du mythe des 80%
    Bref par Yves Bertoncini
  • Les interventions de l'UE au niveau national : quel impact?
    Étude par Yves Bertoncini
 
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 23:16

L'Europe, forte et influente dans de multiples domaines politiques et économiques, est en passe de devenir une jungle de la finance. Tel est le jugement sévère que je porte aujourd'hui : il y a un véritable hiatus entre l'intégration monétaire - vive l'euro ! - et la balkanisation financière. La libre circulation des capitaux et des services financiers a été engrangée. Mais cette liberté aurait dû avoir pour corollaire la protection effective et homogène des épargnants européens. Or ce n'est pas le cas. C'est comme si nous avions fait Schengen sans l'harmonisation des visas, sans l'échange d'informations et sans les contrôles aux frontières extérieures.

Qu'on en juge :

 - Une part très substantielle des marchés financiers n'est, de fait, pas réellement contrôlée ou opère en toute opacité. Celle-ci s'accroît chaque jour, qu'il s'agisse des produits dérivés échangés sur les marchés de gré à gré ou de la multiplication de plates-formes alternatives de négociation sur lesquelles des actions font l'objet de transactions sans réelle transparence.

 - Il n'y a eu ces dernières années aucun réel progrès dans la lutte contre la spéculation. Ainsi, les ventes à découvert ne sont toujours pas encadrées. On ne sait donc pas, à l'échelle européenne, qui achète, quoi, quand, combien de temps et avec quel argent. On ne vous demande pas d'avoir de l'argent pour spéculer ou d'être propriétaire de titres pour les vendre. Aucun délai harmonisé n'est encore fixé pour livrer ces titres.

 - Les récentes propositions de la Commission sur la régulation des fonds alternatifs (hedge funds) appellent des réserves, notamment en ce qui concerne l'homologation des fonds situés dans les centres off shore. Près de la moitié y sont enregistrés, dont 67 % aux îles Caïmans. Les vingt-sept Etats membres ne parviennent pas à un consensus a minima pour les contrôler.

 - En dépit des conclusions du G20, les Européens sont les seuls à respecter des normes comptables dites internationales dont les Etats-Unis ne veulent pas entendre parler. On peut les comprendre, car ces normes, décidées par une organisation irresponsable politiquement, pénalisent et la reprise du crédit et le redressement du bilan des banques, sans offrir la garantie de transparence attendue. C'est bien la compétitivité financière européenne qui est en jeu, ici.

 - Et quand on arrive à se mettre d'accord sur des règles, modestes, leur application effective diffère d'un Etat à l'autre. L'information communiquée aux épargnants, qui devrait être la même dans tous les pays européens, pour un même produit, reste très hétérogène. Les produits d'épargne circulent sans entrave d'un pays à l'autre, sans harmonisation du niveau de sécurité juridique. L'affaire Madoff l'a montré. Or le premier devoir des régulateurs et des responsables européens est de protéger les petits épargnants et d'assurer la sécurité des investisseurs. Sans protection, pas de sécurité. Sans sécurité, pas de confiance. Sans confiance, pas de reprise.


La seule véritable avancée des derniers mois, nous la devons, sur une initiative de la Commission, au volontarisme du Parlement européen. Aiguillonné par
Pervenche Berès et Jean-Paul Gauzès, il a adopté un texte sur les agences de notation.


Arrêtons là et demandons-nous si l'Europe peut se payer le luxe d'une telle pusillanimité dans la régulation financière. Il est vrai que l'Europe n'a pas moins de soixante-sept régulateurs financiers. Pouvons-nous nous en satisfaire ? Evidemment non. Il y va de notre capacité à sortir de la crise et de notre influence. Redresser l'économie européenne suppose un financement sain et à long terme des entreprises et des ménages. Sans marchés organisés, sans transparence des prix, pas de financement de long terme, pas de redressement. Ce n'est pas l'Europe du marché qui entrave la reprise, c'est l'absence de marché régulé et transparent.


Nous nous affaiblissons par rapport aux Etats-Unis, qui réorganisent à marche forcée leur régulation, sans éluder les sujets sensibles. A preuve leur intention déclarée de réguler les marchés des produits dérivés. C'est un leurre d'opposer une Amérique opaque et sans régulation à une Europe qui serait tout son contraire. Au train où nous allons, c'est Washington qui mettra d'accord les Européens.


Que peut faire l'Europe ? Le rapport sur la supervision financière en Europe, remis par
Jacques de Larosière à la Commission européenne le 25 février, est mieux qu'un début de réponse. L'ensemble de ses recommandations doit être mis en oeuvre, en peu de temps, qu'il s'agisse de la surveillance des risques systémiques, de la création d'une chambre de compensation européenne pour les dérivés de crédit, de l'harmonisation du corpus des règles et pratiques sur les marchés financiers européens ou de la création "d'autorités européennes de supervision". La Commission a d'ailleurs compris qu'il fallait aller vite.


Mais le rapport n'a pas pu aller aussi loin qu'il le faudrait sur la question de l'architecture de la supervision européenne : le système de supervision reposerait toujours, in fine, sur les autorités nationales. Or les régulateurs ne renonceront pas d'eux-mêmes à leurs prérogatives. Plutôt que d'harmoniser leurs pratiques, certains seront toujours tentés par une course au moins-disant réglementaire pour capter l'activité sur leurs places. Cela ne fera pas progresser l'intégration de l'Europe financière, ni la protection des épargnants. Tous les Européens convaincus attendent de la Commission des propositions audacieuses et une réactivité à la mesure du retard pris. Elle doit consolider les progrès accomplis. C'est au coeur du renouvellement de l'institution.


De même, les responsables politiques, lors du Conseil européen, doivent proposer une architecture de la supervision plus ambitieuse, où la Commission européennes aurait un rôle accru en matière de coordination, d'arbitrage et de sanction de ceux qui n'appliquent pas la règle. En effet, tous ces enjeux sont politiques et ne doivent pas rester soumis à la bonne volonté des régulateurs. A terme, il nous faudra des agences européennes dotées de pouvoirs étendus, pour que la même règle soit appliquée de la même façon par tous.


Cessons d'opposer "finance" et "économie" dans le débat public. L'Europe doit se doter d'une armature financière solide et implacable à l'égard des dérives possibles du système et des abus de marché. C'est indissociable d'une Europe plus intégrée, plus solidaire, plus politique. Par là, nous bâtirons une Europe de la confiance, au coeur des choix que les électeurs auront à faire le 7 juin.


 

Jean-Pierre Jouyet est président de l'Autorité des marchés financiers et ancien secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes.

 

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 23:12
Ignoré par certains, craint par d’autres, l’élargissement aux pays d’Europe centrale, ex-communistes, n’a pas été l’apocalypse annoncé. Au contraire …

Certes dans ces pays, les niveaux de vie restent encore différents. Et les risques d’un certain « dumping » fiscal ou social existent. Mais l’évolution économique est rapide. Et l’effet de rattrapage est visible. En cinq ans, l’écart entre les niveaux de vie de l’Ouest et l’Est tend à diminuer. Le nombre de délocalisations de l’Ouest vers l’Est s’est limité.  Et le mouvement d’immigration subit un mouvement de balancier. Les « plombiers » Polonais et « médecins » Slovaques rentrent au pays, suivant un même processus que leurs homologues espagnols ou portugais vingt ans plus tôt. Dire que ces pays menacent l’équilibre communautaire est donc exagéré.

Certes la question du nombre et de la traduction reste un casse-tête permanent. Passer de 11 à 23 langues officielles n’est pas une sinécure. De même, tenir des réunions à 27 fait perdre beaucoup de convivialité. A raison de quelques minutes par personne, un simple tour de table prend une heure et demie ! Mais politiquement, l’Europe n’a pas ralenti son rythme d’intégration. Le délai pour adopter un texte européen  n’a pas augmenté. Au contraire, le nombre impliquant une discipline plus grande, les experts ont pu noter que le nombre d’accords en « première lecture » a augmenté. Bref l’Europe ne fonctionne pas plus mal.

Au niveau politique, les dix nouveaux États membres se sont fondus dans le paysage. Peu à peu, ils ont découvert les subtilités et arcanes du jeu communautaire. Et, comme tous les autres États, plus anciens, ils savent que pour défendre leurs intérêts, il faut avoir des alliés, de préférence de « Grands ». Il n’y a ainsi plus un bloc aussi compact des « Nouveaux » face aux « Anciens ». Mais des positionnements qui obéissent à une position géographique et u une situation économique. La Slovénie est très proche de l‘Autriche dans sa préoccupation environnementale ; la Pologne et la Roumanie défendent la politique agricole commune comme la France ; les Tchèques se montrent d’ardents libéralisateurs du marché, comme les Britanniques, tandis que les Hongrois sont proches d’un modèle social démocrate. Et presque tous luttent pour qu’on ne touche pas aux financements européens, à l’image des Espagnols ou des Grecs.

Sur certains sujets, l’élargissement a même été un élément de renforcement de l’Europe. Ainsi, face à la Russie, les États ex-communistes apportent une réelle valeur ajoutée car ils connaissent mieux que quiconque le double jeu russe. Et sans leur présence, nul doute que l’Europe n’aurait pas pu trouver un positionnement aussi ferme. En outre, leur insistance à sécuriser l’approvisionnement énergétique a été un élément moteur du « paquet climat »., Même en matière militaire, leur présence devient primordiale. Sans la participation des Polonais, au Tchad, l’opération de l’Europe de la Défense des camps de réfugiés n’aurait pas ainsi été possible. A vrai dire, vu les réticences nombreuses des Britanniques, des Néerlandais ou même... des Allemands à la construction européenne, il est plus sûr de compter sur les "nouveaux" Etats membres pour faire l'Europe de la Défense, que sur des "anciens".

Dire que l’Europe fonctionne moins bien du fait de l’élargissement relève donc davantage d’un postulat politicien que de la réalité. Si l’Europe paraît en panne aujourd’hui ce n’est pas la faute des dix nouveaux mais plutôt des anciens qui se chamaillent et n’arrivent plus à faire les pas et les concessions nécessaires. Les sources de blocages sont davantage à chercher à Berlin, La Haye, Londres… ou Paris qu’à Varsovie ou Bucarest.

(article publié le 25 mai 2009 sur le blog bruxelles2.over-blog.com ainsi que sur le site de ouest-france.fr)
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 15:15
Le 11ème Conseil des Ministres franco-allemand s’est tenu le 12 mars 2009 à Berlin dans un format restreint. Il était consacré à la crise économique et financière. Parallèlement, les différents ministères continuent à illustrer le fructueux travail de coopération bilatérale avec de nombreux projets dans d’autres domaines :
  •  * pour les ministères des affaires étrangères : l’ouverture d’un centre culturel commun à Bischkek et le projet de centre culturel commun à Moscou ; la coopération entre nos ambassades de Moscou, Bakou, Alger et Rabat avec la rédaction de rapports conjoints sur les questions de politique énergétique d’actualité ; l’intensification de la coopération transfrontalière par un dialogue accru avec les acteurs locaux et le projet de réforme de l’eurodistrict Strasbourg-Ortenau.
  •  

  •  * pour le plénipotentiaire chargé des relations culturelles franco-allemandes et le ministère français de l’Education nationale : le lancement, à l’occasion de la dernière journée franco-allemande, du slogan „Bringt Französisch ins Spiel !/ Mettez l´allemand dans votre jeu !“ qui constitue une nouvelle étape dans la promotion de la langue du partenaire et la préparation du troisième tome du manuel d’histoire franco-allemand.

     

  •  * pour les ministères de la justice, la signature prochaine d’un accord sur un régime matrimonial commun qui facilitera la gestion patrimoniale des couples.

     

  •  * pour les ministères en charge de la santé : les accords de coopération transfrontalière en matière de services de secours entre régions et Länder ; l’organisation du sommet M8 (Evolution of Medicine Summit) à Berlin en octobre 2009 (avec les ministères en charge de la recherche).

     

  •  * pour les ministères en charge des affaires sociales : la coopération en matière d’égalité salariale Hommes/Femmes.

     

  •  * pour les ministères en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche : la célébration du 10ème anniversaire de l’Université Franco-Allemande en mai 2009 ; la coopération en matière de recherche sur la maladie d’Alzheimer et sur le cerveau (avec les ministères en charge de la santé et, depuis 2005, avec d’autres partenaires européens).

     

  •  * pour les ministères en charge des questions de coopération et de développement : la coopération dans le cadre d’un bureau franco-allemand d’appui à la Commission des Forêts d’Afrique Centrale.

     

  •  * pour les ministères en charge de la culture : la coopération sur l’éducation artistique et culturelle avec l’organisation le 9 juin 2009, à l’initiative du Délégué du gouvernement fédéral pour la culture et les médias et en présence de la Ministre de la Culture et de la Communication, d’un séminaire rassemblant des experts des deux pays ; la numérisation des manuscrits parisiens de Heinrich Heine dans le cadre de la mise en place d’Europeana, la bibliothèque numérique européenne.

     

  •  * pour les ministères en charge de l’immigration et de l’intégration : la Charte de la diversité qui a été signée dans les deux pays par près de 500 entreprises et employeurs du service public et touche plus de 4 millions de salariés.

     

  •  * pour les ministères de l’intérieur : le manuel sur la radicalisation islamique en milieu carcéral (projet franco-germano-autrichien) présenté sous PFUE et mis à disposition de nos partenaires de l’Union européenne.

     

  •  * pour les ministères de la défense : la formation commune des militaires, le stationnement d’une unité allemande en France dans le cadre de la Brigade franco-allemande et la signature d’un accord bilatéral de sûreté aérienne en vue de la sécurité du Sommet de l’OTAN organisé conjointement par la France et l’Allemagne, les projets d’envergure de l’Agence Européenne de Défense (hélicoptère de transport lourd notamment) fondés sur un noyau franco-allemand.
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 15:08
Bruno Le Maire, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes et secrétaire général pour la coopération franco-allemande, se rend à Berlin le 26 mai 2009, à l’occasion du 10ème anniversaire de l’Université franco-allemande (UFA).
Il interviendra en ouverture de l’assemblée des établissements membres de l’UFA aux côtés du Président de la Freie Universität Berlin, hôte de l’événement, du président de l’UFA, le professeur Pierre Monnet, et de Peter Ammon, secrétaire d’Etat allemand chargé des affaires étrangères.

Initié en 1997 au sommet franco-allemand de Weimar, le projet d’université franco-allemande a vu le jour en 1999. Cette institution qui favorise la mobilité franco-allemande est en développement constant et joue un rôle structurant essentiel dans le cadre de la coopération universitaire entre nos deux pays. Pour l’année universitaire 2008/2009, 4 600 étudiants sont inscrits dans 145 cursus intégrés avec double ou triple diplômes en 2008/2009, avec la participation de 25 collèges doctoraux et de 169 établissements partenaires.

En permettant le suivi de cursus franco-allemands et l’obtention de doubles diplômes, particulièrement demandés sur le marché du travail en Europe en cette période de crise et de bouleversement économiques, l’Université franco-allemande apparaît comme l’expérience de coopération éducative la plus intégrée en Europe. En témoigne le succès croissant de son « Forum franco-allemand », salon de l’étudiant européen dont la dixième édition a eu lieu à Strasbourg en novembre dernier.
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 08:24

A l’occasion de la Journée de l’Afrique (25 mai 2009), la Commission européenne réitère son attachement à l’Afrique.

La Journée de l’Afrique commémore chaque année l’anniversaire de la création de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) le 25 mai 1963. En fondant l’OUA, les dirigeants des pays d’Afrique indépendants à ce moment là ont fait l’histoire en donnant une impulsion collective significative pour l’accès à l’indépendance du continent africain dans sa totalité. Bien que le nom et la structure de l’organisation aient changé plusieurs fois, – aujourd’hui on parle de l’Union Africaine -, le nom et la date de la Journée Mondiale de l’Afrique ont été perpétués pour célébrer l’Unité africaine.

La Journée de l’Afrique est une occasion pour rappeler aux Européens et aux Africains que 2009, du fait de la crise économique et financière, est une année difficile dans l’histoire mondiale, mais aussi une opportunité unique pour les citoyens des deux continents de joindre leurs efforts. Dans ce cadre, le partenariat EU-Afrique et plus particulièrement le Premier Plan d’Action Stratégique pour la période 2008-2010 sont des instruments-clés puisqu’ils proposent des stratégies communes dans 8 domaines, dont la paix et la sécurité, l’immigration, le changement climatique et le commerce.

Olli Rehn, Commissaire européen en exercice pour le Développement et l’Aide Humanitaire, déclare : " Les peuples d’Afrique et les peuples d’Europe partagent les mêmes espoirs, les mêmes valeurs et les mêmes intérêts. Ensemble, nous pouvons relever les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui comme la crise économique, la pauvreté, le changement climatique ou l’immigration clandestine. Les continents d’Afrique et d’Europe, en travaillant ensemble, peuvent apporter à leurs peuples le développement et le progrès. Nous avons élaboré une stratégie, il nous faut maintenant créer des plateformes de dialogue et agir ".

Les citoyens d’Europe et d’Afrique pourront aussi partager leurs espoirs et leurs opinions lors de la 4ème édition des Journées Européennes du Développement à Stockholm du 22 au 24 octobre 2009.

Pour plus d’informations sur le Partenariat UE-Afrique :

 <
http://africa-eu-partnership.org/> http://africa-eu-partnership.org

Pour plus d’informations sur les Journées Européennes du Développement 2009 :

 <
http://www.eudevdays.eu/> http://www.eudevdays.eu

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 07:04


Les contrastes entre ces trois groupes de pays sont donc saisissants ! Non seulement, ils montrent que la zone euro rassemble des pays dont les performances sont en divergence accélérée, mais la crise va affecter ces pays de façon très différente. Surtout, le rebond éventuel après la sortie de crise, qui pourrait intervenir à partir de 2010, sera d’une nature très différente. (Pour une discussion des points techniques, voir le livre que je viens de publier : La fin de l’euro, qui montre ce qui pourrait arriver si on ne met pas en place un gouvernement économique de la zone euro)


Pour reconstruire l’euro sur des bases saines, il faut un gouvernement économique de la zone, au service d’une politique stratégique autonome de l’Europe, qui coordonne le policy mix de l’ensemble de la zone et instaure un minimum de fédéralisme fiscal au sein de la zone en contrepartie de la mise en place de règles fiscales et sociales minimales. Ces éléments de règles fiscales et sociales minimales constituent le socle du Contrat social européen qu’il faut construire et qui favoriserait la mobilité des travailleurs au sein de la zone euro.


Qui va enfin aborder ces questions dans la campagne pour les élections européennes ?


Christian Saint Etienne est économiste (http://www.christiansaint-etienne.com/presse.html)

(Article paru le 8 mai 2009 : http://crise-europe.blog.lemonde.fr/2009/05/08/quelle-gouvernance-pour-la-zone-euro/)

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:53

Le parti ultranationaliste Israël Beiteinou du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a déposé un projet de loi pour imposer aux Israéliens de prêter serment à l'Etat hébreu, un texte qui vise la minorité arabe du pays. Le projet doit être débattu dimanche prochain en commission parlementaire, a indiqué David Rotem, député du parti. S'il est approuvé, il sera alors présenté à la Knesset, le Parlement israélien, où il fera l'objet de trois votes avant d'avoir force de loi. Le texte stipule que les citoyens israéliens devront "jurer loyauté à l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif, sioniste et démocratique, à ses symboles et valeurs, à servir l'Etat" notamment dans le cadre du service militaire. Il vise les citoyens arabes israéliens, qui forment 20% de la population de l'Etat hébreu, mais également la communauté ultra-orthodoxe juive qui est dispensée de service militaire, par ailleurs obligatoire en Israël. Israël Beiteinou, troisième parti du pays avec 15 sièges sur 120, en avait fait une promesse électorale lors de la campagne pour les législatives du 10 février. L'un de ses slogans était " Pas de citoyenneté sans loyauté ". Israël compte 1,2 million d'arabes, pour un total de 7 millions d'habitants. Ils sont les descendants des 160.000 Palestiniens restés dans le pays lors de la fondation de l'Etat hébreu en 1948. Ils disposent du droit de vote et leurs conditions de vie sont meilleures que les Palestiniens de Cisjordanie ou de la bande de Gaza, mais ils sont victimes de discrimination en Israël. Dimanche, le cabinet israélien a entériné un projet de loi visant à interdire toute commémoration de la Nakba, la "catastrophe" que fut pour les Arabes d'Israël la création de l'Etat hébreu.

Article de AFP publié par Mondialisation.ca le 25 mai 2009

 
 
 
 
 
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