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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 11:25

Confrontations Europe - www.confrontations.org - présente dans le n° 85 de Confrontations Europe la Revue ses propositions pour un agenda de sortie de crise pour l'Union européenne (http://www.confrontations.org/spip.php?article535). C’est une synthèse de deux ans de travail collectif que présente, dans un document de  8 pages, Philippe Herzog, alors président de Confrontations Europe.



Il est difficile de prévoir les développements d’une crise dont on découvre progressivement la complexité, mais ses mécanismes généraux sont relativement bien connus. Les études macroéconomiques et financières convergent en la comparant aux plus graves crises précédentes et permettent de comprendre pourquoi elle risque d’être de longue durée. Elles démontrent que des interventions publiques massives et coordonnées sont nécessaires pour y faire face et créer les conditions d’une reprise qui n’a rien de spontané.


Membre actif de Confrontations Europe, je propose au lecteur de prendre connaissance ci-après de ces propositions.

" Nous demandons que les institutions qui seront renouvelées en 2009 s'engagent collectivement sur un agenda politique clair et attractif pour tous les citoyens, ce qui serait en soi un changement significatif.

Sans attendre la mise en place du Traité de Lisbonne fin 2009, s'il est ratifié, la Commission, le Conseil et l'Eurogroupe au plus haut niveau, doivent préparer une politique européenne effective et ambitieuse. Un Sommet exceptionnel axé sur l'emploi et l'investissement doit être réuni avant l'été.

Au lieu d'adopter de façon technocratique une continuation de la Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi, comme c'est actuellement prévu, les institutions qui vont être renouvelées doivent changer de méthode : associer les citoyens et les acteurs économiques et sociaux à l'élaboration de nouveaux axes stratégiques ; engager début 2010 un processus interactif entre les nations et l'Europe ; aboutir ainsi à des objectifs qui fassent sens pour tous les Européens. De nouveaux moteurs de croissance seront désignés et feront l'objet d'engagements précis : politiques de recherche et d'éducation ; investissement social ; politiques industrielles, énergétiques et de lutte contre les changements climatiques. Ils pourraient faire l'objet d'un nouvel Acte unique européen.

D'ores et déjà, il est clair que les fondations de l'Union économique et monétaire devront être consolidées pour que l'Europe retrouve une croissance soutenue, forge sa solidarité, et joue un rôle global. Il faut donc doter l'Union d'un véritable budget et préparer une réforme en profondeur de l'UEM

   
Elaborer et mettre en oeuvre une politique de relance européenne coordonnée et ambitieuse

1° Un plan de relance communautaire doit être axé sur la formation et l'emploi. Il faut des programmes massifs de requalification des salariés, de qualification des non qualifiés, et de formation professionnelle des jeunes ; et des mécanismes facilitant la transition des salariés vers de meilleurs emplois. Une campagne de promotion de la responsabilité sociétale des entreprises, un cadre public d'anticipation et de gestion des restructurations, une refonte des fonds européens (FSE, FEAM) sont nécessaires.

2° Un deuxième axe du plan de relance doit être l'investissement durable. Il faut accélérer la mise en oeuvre des objectifs du paquet Climat (habitat, énergie, infrastructures).

3° Une coordination du soutien et de l'assainissement des banques doit être mise en place, en particulier pour aider les pays d'Europe centrale et orientale en difficulté. Pour cela, la création d'un fonds de solidarité financière est nécessaire. Placé auprès de la BEI, il serait financé par des obligations de cette banque, et garantie par les Etats-membres qui mutualiseront les coûts.

4° La coordination des politiques nationales de relance nécessite aussi des coopérations et une mutualisation des aides pour l'industrie, dans des secteurs d'importance systémique comme l'automobile, et pour inciter aux changements de stratégie des firmes vers un développement durable. Pour accélérer le financement des investissements d'infrastructures de services d'intérêt général européen, des groupements d'investisseurs de long terme doivent être réunis.

                       Préparer la réforme de l'UEM et du capitalisme en Europe

5° Il faut adopter et mettre en oeuvre le plus tôt possible le rapport de Jacques de Larosière créant des institutions pour une supervision financière européenne. Corrélativement, l'Union devra lancer un nouveau plan communautaire de régulation des établissements et des marchés. [cf. notamment le dossier ouvert sur ce blog sur ce thème].

La BCE a d'ores et déjà ajusté sa politique monétaire pour combattre la crise. Elle doit assumer de nouvelles missions notamment pour la supervision. Le dialogue de la BCE avec les institutions politiques est une nécessité pour une cohérence avec la politique budgétaire, et pour faire face aux énormes enjeux monétaires globaux en perspective. [cf. notamment le dossier ouvert sur ce blog sur ce thème].

L'Eurogroupe doit, avec la BCE, définir une stratégie pour la politique monétaire externe. L'UEM doit parler d'une seule voix à l'extérieur et unifier sa représentation au sein des institutions internationales.

L'accélération du processus d'entrée des pays d'Europe centrale et orientale dans la zone euro est nécessaire, comme le souligne le FMI. Il faut ajuster les critères en ce sens et dans l'immédiat, face à l'urgence, développer des mécanismes de solidarité monétaire et financière.

L'Union doit se doter d'un véritable budget : ceux des politiques qui sont de vrais européens doivent position dès 2009. Il faut en finir avec le principe de " juste retour ".

10° Le Pacte de Stabilité, enfoncé par le crise, ne peut rester à l'identique. Les coûts de celle-ci vont longtemps grever les budgets publics nationaux. Il faut préparer un plan de gestion coordonnée pour cette période difficile : utiliser un indicateur global pour la dette publique et privée, endiguer la hausse des taux d'intérêt à long terme, renforcer l'exigence d'efficacité de la dépense publique.

11° L'objectif d'achèvement du marché intérieur doit être réaffirmé mais accompagné d'engagements pour la formation de biens publics communs et pour redéfinir la politique commerciale et d'investissement extérieur (réciprocité et partenariats).
Confrontations Europe a en effet, consacré un séminaire et un colloque international à l’anticipation des nouvelles politiques publiques qui sont souhaitables, sinon nécessaires, pour que l’Union européenne assume ses responsabilités. Elle doit effectivement faire face à des défis nouveaux et exceptionnels : devenir un acteur global et sortir de la plus grande crise du capitalisme des soixante dernières années.

C’est un texte manifeste, qui veut souligner d’abord les conditions réelles d’une sortie de crise – et d’un changement du modèle de croissance –, dont la réalisation appelle une prise de conscience collective. Il propose ensuite un agenda communautaire, avec au coeur la préparation d’une réforme économique et monétaire. Bien conscient des tabous et des obstacles, et du fait que les États gardent pour l’instant l’essentiel du pouvoir d’intervention publique, Philippe Herzog plaide pour un effort de transcendance afin de répondre à la nécessité d’une véritable politique économique et sociale commune.
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 10:36

Le groupe « crise » de Confrontations Europe, monté à l’initiative de Philippe Herzog, rassemble des personnalités reconnues pour leur compétence : Michel Aglietta, Edmond Alphandéry, Joachim Bitterlich, Anton Brender, Jacky Fayolle, Bernard Gazier, Jean Lemierre, Olivier Lacoste, Augustin de Romanet, Alain Turc, Nicolas Véron.


C’est une cellule de réflexion pour mieux comprendre la crise actuelle, et surtout pour élaborer les conditions d’une « sortie de crise ». Il ne se contente donc pas d’un diagnostic sur les événements récents ou les politiques actuelles, mais il tente d’anticiper et de structurer une vision de moyen-long terme sur différents sujets qui appelleront des décisions nouvelles notamment pour les finances publiques, les banques centrales, et la régulation financière globale.


Le groupe se focalise sur les enjeux et responsabilités de l’Europe. Cette crise met en lumière les limites du compromis qui a été au fondement de l’UEM (Union économique et monétaire) et la nécessité de réformer celle-ci. Les règles en vigueur (le Pacte de Stabilité et de Croissance, l’interdiction faite à la BCE de financer des déficits budgétaires, etc…) ne résistent pas à l’épreuve de la crise, et la faiblesse de la coordination actuelle des politiques économiques ne masque pas l’incohérence des solutions nationales. L’Union va devoir se doter de nouveaux mécanismes de solidarité et de croissance et pour cela d’un pilotage politique à la mesure des défis.


Le groupe se réunit cinq fois dans l’année avec un programme d’études des évolutions de la crise, de la pertinence des mesures anti-crise et des réformes à envisager sur plusieurs terrains essentiels : les politiques sociales ; le financement du long terme ; la transformation du capitalisme ; les réformes de l’UEM.

Les compte rendus des premières réunions relatives aux thèmes " Pertinence des politiques anti-crise " et " Les politiques de l’emploi en temps de crise et le rôle de l’Europe dans le traitement des crises bancaires " sont disponibles à l'adresse suivante : http://www.confrontations.org/spip.php?article568

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 10:22

Inconscient ou délibéré, un travail de sape est à l'œuvre sous nos yeux. En dépit de beaux discours affirmant que, dans la crise, l'union est indispensable, la plupart des gouvernements de l'UE galvaudent l'élection du Parlement européen. Non seulement ils ne cherchent guère à mobiliser les électeurs, mais, en coulisse, ils veillent à s'assurer que le huis clos diplomatique l'emportera encore une fois sur la démocratie au grand jour. Aux questions les plus simples des électeurs, aucune réponse claire n'est apportée. La France ne fait pas exception.

Pourquoi vote-t-on ? Nul ne l'explique. Aucune campagne civique de grande ampleur sur la date du scrutin, ses modalités et les compétences du Parlement n'a été lancée. L'Europe, qui a la chance d'être dotée du seul Parlement supranational élu au suffrage universel direct au monde, ne souffre pas de "déficit démocratique".

Un travail législatif concret y est mené, visant, par exemple, à renforcer la protection contre les produits chimiques nocifs ou à limiter la durée du travail. Mais l'ignorance est entretenue par une Commission distante et une classe politique nationale, dont l'horizon, à de rares exceptions, n'est pas européen.

Alors nos dirigeants font diversion, agitant de nouveau le spectre de l'insécurité ou jouant au petit jeu des excuses mutuelles. Tout est bon pour détourner l'attention des sujets qui sont au cœur des enjeux européens : emploi, environnement, relations avec le reste du monde, développement de la planète.

Pour qui vote-t-on ? Le choix des candidats, souvent opaque, est rarement objectif. Dans les entreprises, les ateliers, les facultés, chacun est censé se former pour prétendre occuper une fonction. Rien de tel pour aller au Parlement européen, qui reste un moyen idéal de recycler les figures déchues ou de récompenser ses petits amis.

A quarante jours du vote, l'UMP n'a pas encore daigné faire connaître ses listes aux électeurs. Après Olivier Duhamel, en 2004, le PS a évincé cette année Gilles Savary, l'un de ses meilleurs députés européens. Qu'un député ait été présent, travailleur, qu'il ait acquis l'expérience qui aurait permis à la France d'obtenir une présidence de commission parlementaire, peu importe.

Sans parler des souverainistes, qui prétendent défendre l'intérêt national mais désertent les lieux où il se joue. Leur acharnement sur des sujets mineurs (comme l'intendance du Parlement) n'a d'égal que leur manque d'implication sur les dossiers lourds. C'est assez pitoyable.
Pour changer quoi ? C'est sur ce point que les dernières manigances des gouvernements, avec la complicité de responsables du Parlement sortant, sont les plus désastreuses. Les électeurs seront motivés pour aller voter quand leur choix entraînera un changement de cap politique, incarné par de nouveaux responsables.

DÉNI DE DÉMOCRATIE

Les gouvernements européens semblaient l'avoir compris, qui, dans le traité de Lisbonne, ont décidé à l'unanimité que le Parlement élirait le président de la Commission. Même si ce texte n'est pas encore ratifié, rien n'aurait empêché d'en appliquer l'esprit, plus démocratique.
Le mandat de la Commission Barroso expire fin 2009. Laissons les députés élus en juin décider s'il doit être reconduit, en évaluant son projet publiquement, par rapport à celui d'autres candidats. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas à être d'anciens membres du club des chefs d'Etat et de gouvernement !

Cette condition non écrite - qui nous aurait privés de Jacques Delors - n'a été ajoutée par les intéressés que pour mieux verrouiller la cooptation. Or les deux partis qui dominent l'échiquier européen le PPE (auquel appartient l'UMP) et le PSE (dont fait partie le PS), cherchent à reconduire M. Barroso sans débat, dès le mois de juin. C'est purement et simplement un déni de démocratie.

La présidence française a entretenu une illusion : celle d'un intérêt et d'un respect nouveaux pour l'Europe. L'intérêt a été de courte durée, tant que les projecteurs étaient tournés vers Paris. Quant au respect des électeurs et des partenaires européens, on le cherche en vain dans ces décisions peu responsables.

Vis-à-vis des générations qui nous ont légué l'Europe unie, comme vis-à-vis de nos enfants, nous devons considérer l'élection du Parlement européen comme le moment-clé de la vie démocratique européenne et y envoyer des candidats sérieux.

Paru dans le quotidien Le Monde en date du 30 avril 2009

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 08:42

Le blog bruxelles2.over-blog.com publie un article proposant un extrait des principaux échanges qu'a eu son auteur avec André Flahaut, ancien ministre belge de la défense http://bruxelles2.over-blog.com/article-31008804.htm.

Eu égard à l'intérêt que présente le point de vue d'un ancien ministre ayant pris une part active à la mise en place de la PESD, Regards-citoyens a décidé de le faire connaître à ses lecteurs en le reproduisant ci-dessous :

" Rencontrer des anciens ministres de la Défense est toujours intéressant. Car ils ont souvent l'expérience, le recul nécessaire, et la parole un peu plus libre que les Ministres en exercice. Quand celui-ci est belge, et qu'il a officié plus de 8 ans dans ce ministère, qui plus est auprès de Guy Verhofstadt, c'est encore plus captivant. Aussi le déjeuner en tête-en-tête que nous avons pu improviser avec André Flahaut (début avril) n'a pas manqué d'attrait. Celui-ci a été un des artisans du « sommet des Pralines », qui avait pour but d'accélérer l'Europe de la Défense, même s'il n'exerce plus d'activité gouvernementale, garde toute sa sagacité, et son mordant, sur les évolutions en cours, qu'il s'agisse de la réintégration de la France à l'OTAN, des dépenses militaires, de l'avenir de l'Airbus A400M, de l'Europe de la Défense ou des opérations en cours, par exemple en Afghanistan...


La France a réintégré l'OTAN en avril. Y voyez-vous un progrès pour l'Europe de la Défense ?
Je ne suis pas sûr. Cette réintégration ne va pas nécessairement aider la politique européenne de défense. Dans l'OTAN que j'ai connue, la France jouait souvent le rôle de chef de file des pays qui revendiquaient une autre approche. Pour les petits Etats (comme la Belgique), ça les rend orphelins d'une garantie d'autonomie par rapport aux grands pays. Dans tous les cas l'Europe de la défense reçoit un coup. Je crains un ralentissement.


Cela assainit cependant les relations au sein de l'Alliance ?
Je crois surtout que le moment est venu de redéfinir - ou confirmer - les principes de base de l'Alliance. Celle-ci est, avant tout, une Alliance politique et doit le rester. Il ne faut pas laisser les militaires agir seuls. L'OTAN doit ainsi continuer de décider par consensus ; il ne faut pas recourir à cette procédure de silence qui supprime le débat. Ensuite, elle doit agir dans le strict cadre de l'ONU et en limitant ses interventions dans certaines zones. Enfin, il doit y avoir un financement prévisionnel et des stratégies de sortie pour chaque opération afin d'éviter tout dérapage.


Vous estimez donc que l'OTAN doit voir sa zone d'intervention limitée ?
Oui. Je ne trouve pas souhaitable que l'OTAN ait vocation à intervenir partout. En Afrique, en Méditerranée, c'est l'Europe qui doit agir. Ainsi l'intervention de l'OTAN au Tchad - certains y pensaient à un moment - n'est pas possible. De même, les relations avec la Turquie, l'Ukraine, la Géorgie, cela concerne aussi l'Union européenne, ces pays sont sur le territoire européen.


A vous écouter, on sent comme une concurrence entre l'Otan et l'UE ?
Il ne faut pas le nier. Il y a une concurrence entre l'OTAN et l'UE, même si ce n'est pas dit. Par exemple, les battlegroups de l'UE ont été conçus avant la NRF. Mais l'OTAN a été la plus rapide, car il faut bien le reconnaître... il y a moins de démocratie. Résultat les deux organisations ont mis en place deux structures différentes qui reposent - on l'oublie toujours - sur les mêmes moyens des Etats membres. Et, aujourd'hui, la NRF n'est même pas disponible.


Les Battlegroups ne sont pas vraiment non plus opérationnels ?
Ecoutez. Tout le monde nous bassine avec ces Battlegroups. Mais, avec l'Eurocorps, on a déjà cette force de réaction rapide. Pourquoi tout simplement ne pas se reposer sur lui et le mettre en œuvre si on a besoin.


Il faut supprimer une organisation alors ?
Mais non. Les deux organisations ont des avantages. Il faudrait simplement injecter un peu de démocratie politique dans l'Otan et un peu plus d'efficacité militaire dans l'UE. Il est clair que l'OTAN a un rôle à jouer sur l'interopérabilité des matériels, des personnels. (...) Côté européen, il serait nécessaire d'avoir davantage d'engagement de certains pays - Les Britanniques freinent toujours, pinaillent jusqu'au dernier cent pour engager une assistante à l'Agence européenne de défense - et un peu plus de réalisme également. On n'arrive pas à avancer également car on veut faire certaines choses trop en grand.


Peu d'Etats atteignent l'objectif fixé de consacrer 2% de leurs dépenses aux affaires militaires. Que faut-il faire ?
Ce seuil de 2% est une aberration. Je ne sais pas vraiment où ces gens ont la tête. En pleine crise économique, c'est de la folie. Quand vous dites qu'il faut un budget de défense de 2% alors qu'on n'a même pas atteint l'objectif de consacrer 0,7% du PIB aux politiques de développement, vous ne passez pas la rampe de l'opinion publique. Il y a, et il y aura, des économies à faire avec la crise. Et dans la défense, certains gains de rentabilité existent.


Gagner en rentabilité dans la défense, vraiment ?
Tout est question de volonté. Je suis assez à l'aise sur ce point. Quand j'étais au gouvernement, sans augmenter le budget, on a pu moderniser la défense, en supprimant les différents états-majors et en créant une structure unique. Cela a permis d'en finir avec certaines commandes faites un peu en désordre. Nous avons pu aussi générer des coopérations avec nos voisins français et néerlandais. Ainsi notre marine est compatible avec celle des Pays-Bas. Tandis que la formation des pilotes d'avions se fait avec la France. Il faut pousser cette réflexion dans d'autres pays. Une structure unique de l'armée, avec une gestion moderne, décloisonnée, a beaucoup d'avantages. Et on notre coopération au niveau européen peut être optimisée. Travailler en commun ensemble est possible avec l'Agence européenne de défense.


Sur quels sujets peut-on optimiser notre coopération ?
Je crois que travailler sur un programme industriel d'équipement, qui puisse voir le jour rapidement, du matériel de terrain pratique (comme l'énergie ou l'alimentation en eau...) serait intéressant. Il faut également renforcer la formation, arriver à une véritable Académie militaire européenne.


Justement, l'Airbus 400M semble avoir quelque difficulté à tenir ses promesses. Faut-il abandonner ce programme ?
Surtout pas. Renoncer à l'A400M serait la plus grosse erreur que nous pourrions faire. Ce n'est pas un retard de quelques années qui doit nous faire hésiter. Cet avion stratégique et tactique est nécessaire pour nos armées. Nous sommes très demandeurs. La Belgique est d'ailleurs candidate pour accueillir l'État-major de la force aéronautique européenne à Beauvechain (tel qu'envisagé au dernier conseil des Ministres de la Défense).


Dernière question: vous êtes un Européen convaincu. Qui voyez-vous dans les 5 prochaines années à la tête de la Commission ?
Poul Nyrup Rasmussen bien évidemment. Il faut en finir avec Barroso.


Au niveau européen, une coalition est toujours nécessaire. A défaut d'un socialiste, qui d'autre ?
Guy Verhofstadt est certainement l'homme qui a le plus à coeur de défendre l'intégration européenne.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 23:03

La Commission européenne a adopté le 29 avril 2009 une série de projets, d'un montant total de 394 millions €, pour soutenir l'agriculture et améliorer la sécurité alimentaire dans les pays en développement. Il s'agit de la deuxième décision de financement arrêtée dans le cadre de la « facilité alimentaire » d'1 milliard € adoptée à la fin de l'an dernier pour faire face aux problèmes de sécurité alimentaire de plus en plus graves rencontrés par de nombreux pays en développement.

Louis Michel, membre de la Commission chargé du développement et de l’aide humanitaire, s'est exprimé en ces termes : « Cette série de projets témoigne de la détermination de l'Europe à aider les pays en développement à remettre leur agriculture sur pied et à aider les populations défavorisées à améliorer leur sécurité alimentaire. En cette période de difficultés économiques mondiales, l'agriculture peut offrir de bonnes perspectives de croissance aux nations en développement et contribuer à la relance de leurs économies, raisons pour laquelle l'aide de l'Europe dans ce secteur est aussi cruciale. »

Contexte:

Le 18 décembre 2008, le Parlement européen et le Conseil ont adopté un règlement instituant une «facilité alimentaire» d'1 milliard €, principale réaction de l’UE à l’aggravation de la situation alimentaire mondiale enregistrée en 2007/2008. La décision de financement arrêtée ce jour a été approuvée par le Parlement européen et les États membres de l'UE.

À mi-chemin entre l’aide d’urgence et la coopération au développement à moyen et à long terme, la «facilité alimentaire» est prévue pour une durée de trois ans (2009-2011) et soutiendra les trois types d'activités suivants :

 - des mesures visant à améliorer l'accès aux intrants (engrais et semences) et services (soins vétérinaires, conseils) agricoles ;

 - d'autres mesures à petite échelle visant à accroître la production agricole, telles que le microcrédit, les infrastructures rurales ou encore la formation et le soutien aux catégories professionnelles du secteur agricole; ainsi que :

 - des mesures de type «filet de sécurité» permettant des transferts sociaux en faveur des groupes de population vulnérables, souvent sous la forme de travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre (routes, projets d'irrigation, etc.).

La décision de financement adoptée ce jour par la Commission soutient, à concurrence de 194 millions €, des projets et des programmes en faveur de 23 pays en développement : Bénin, Bolivie, Burundi, Cambodge, Guatemala, Jamaïque, Kenya, République kirghize, Laos, Lesotho, Madagascar, Mozambique, Népal, Nicaragua, Niger, territoires palestiniens, Philippines, Sénégal, Somalie, Sri Lanka, Togo, Yémen et Zambie.

Cinq de ces pays - le Kenya, le Burundi, les territoires palestiniens, les Philippines et le Mozambique - sont déjà couverts par la première décision de financement
(<
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/490&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en> IP/09/490 première décision).
 
Les fonds transiteront par des organisations internationales: l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Programme alimentaire mondial (PAM), la Banque mondiale, l'UNICEF et des agences spécialisées telles que le Bureau international des ressources animales (IBAR, pour le bétail en Somalie) et l'UNRWA (dans les territoires palestiniens).

Une deuxième partie de l'enveloppe globale de 394 millions € - d'un montant de 200 millions € - transitera par des acteurs non étatiques, tels que des ONG et le secteur privé. En mai, la Commission les invitera officiellement à présenter les propositions financières relatives à leurs projets. Trente-cinq pays en développement peuvent bénéficier de projets dans le cadre de cette deuxième tranche.

Le 30 mars 2009, la Commission a adopté sa première décision de financement au titre de la «facilité alimentaire» portant sur le financement de projets d'un montant total de 314 millions € en faveur de 23 (autres) pays en développement d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine
(<
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/490&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en> IP/09/490 première décision).

La décision de la Commission souligne le rôle important joué par l'Union européenne en tant que premier partenaire mondial dans l'amélioration de la sécurité alimentaire à travers le globe. Les projets qui seront financés amélioreront les conditions de vie de millions de personnes, parmi les plus pauvres, en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Pour plus d'informations:

Communiqué de presse IP/09/490 - :
<
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/09/490&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en>

Mémo – Facilité alimentaire – Aperçu de la programmation MEMO/09/138 :
 <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/138&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en>

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 22:28

Dans ses rapports annuels de suivi, la Commission européenne dresse le bilan des réformes concrètes mises en œuvre par les pays dans le cadre de la politique européenne de voisinage (PEV) en 2008 et elle recense les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires doivent être accomplis. Dans un document de stratégie sur la mise en œuvre de la PEV présenté aujourd’hui, la Commission fournit un aperçu des développements enregistrés dans 12 pays relevant de la PEV. Elle met aussi en lumière l’incidence de la crise financière sur ces pays et formule différentes propositions quant à la façon dont l’UE pourrait contribuer au processus de redressement. Malgré un contexte difficile en 2008, caractérisé par des défis politiques et économiques ainsi que par un ralentissement général du rythme des réformes, en particulier dans le domaine de la gouvernance, les pays partenaires ont enregistré de nombreuses avancées dans des domaines importants de coopération. Ainsi, les contacts politiques se sont considérablement renforcés, les échanges se sont accrus, la coopération en matière de recherche et d'innovation s'est approfondie, la mobilité des jeunes s’est accentuée, etc. Les liens se sont aussi sensiblement consolidés grâce à deux nouveaux cadres régionaux qui complètent les relations bilatérales différenciées: l’Union pour la Méditerranée et le partenariat oriental. Les rapports établis pour chaque pays, assortis d'un plan d'action PEV <file:///C:/-%20Newsletter-/news_015/#_ftn1> [1] et d'un rapport sectoriel, sont joints au document de stratégie.

Benita Ferrero-Waldner, commissaire chargée des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, a fait la déclaration suivante : « L’année 2008 a clairement démontré l’importance stratégique que revêt la politique européenne de voisinage. Tant la crise économique et financière que les conflits violents à nos frontières et l'instabilité politique ont des conséquences sur la sécurité et la prospérité des citoyens de l’UE. Il reste donc essentiel que l’UE apporte à nos voisins une aide concrète, ciblée et crédible de nature à générer une sécurité et une prospérité mutuelles. »

Malgré un contexte globalement défavorable (crise économique et financière mondiale, conflit entre la Russie et la Géorgie en août 2008, intervention d’Israël à Gaza en décembre 2008/janvier 2009), les relations entre l’UE et ses voisins se sont encore intensifiées en 2008. Grâce à leurs efforts de modernisation, les partenaires de l’Europe ont progressé sur la voie de la réforme de leurs économies et des perspectives offertes à leurs sociétés.

Et Benita Ferrero-Waldner d'ajouter: «Malgré le contexte international défavorable en 2008, la PEV a continué à donner des résultats et elle s'est encore renforcée grâce à deux nouvelles initiatives: l’Union pour la Méditerranée et le partenariat oriental. Bien que nos partenaires aient accompli des progrès considérables dans des domaines essentiels tels que le commerce, la fiscalité et la création d’un environnement plus propice aux entreprises, il leur reste toutefois beaucoup à faire dans d’autres secteurs, notamment les réformes politiques, la bonne gouvernance et les droits de l’homme. La PEV restera donc l’instrument utilisé par l’UE pour encourager les réformes dans son voisinage immédiat.»

Renforcement de la coopération politique :

    · Comme ils y étaient invités, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, et l’Ukraine, se sont alignés sur la grande majorité des déclarations en matière de politique étrangère et de sécurité commune et parlent d’une seule voix avec l’UE sur la scène internationale.

    · La Commission européenne a coprésidé une conférence des donateurs pour les Palestiniens (où elle a annoncé une aide de 440 millions € en 2008) et soutient les efforts de stabilisation politique et de réconciliation nationale (réforme électorale) au Liban.

     · L’UE a joué un rôle crucial dans l’obtention d’un cessez-le-feu en Géorgie lors du conflit armé avec la Russie, elle a plaidé en faveur de l’intégrité territoriale, a rapidement dépêché des observateurs de l’UE sur le terrain, a fourni une aide humanitaire immédiate aux personnes déplacées à l’intérieur du pays et a soutenu les pourparlers de Genève en faveur d’une résolution du conflit. La Commission européenne a coprésidé une conférence internationale des donateurs pour la Géorgie et a annoncé le versement d’une aide pouvant atteindre 500 millions € pour la période 2008-2010.

Accélération de l’intégration économique et des échanges commerciaux :

    · L’Ukraine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce et négocie actuellement avec l’UE un accord sur une zone de libre-échange renforcée et globale dans le cadre du nouvel accord d’association (le premier du genre avec les voisins orientaux).

    · Des études examinant la possibilité de conclure à l’avenir des accords sur une zone de libre-échange renforcée et globale avec la Géorgie et l'Arménie ont été finalisées.

    · Des négociations commerciales sur les produits agricoles et de la pêche ont été conclues avec l’Égypte, Israël et sont en cours avec le Maroc et la Tunisie. Des négociations sur la libéralisation des services et le droit d’établissement ont été entamées avec l'Égypte, le Maroc et la Tunisie.

    · L’UE est le principal partenaire commercial des pays de la PEV. En 2008, les exportations vers l’UE ont connu une progression à deux chiffres dans le cas de l'Égypte, de la Jordanie, du Liban et de l’Ukraine.

Assouplissement des formalités de délivrance des visas et lutte contre l'immigration clandestine :

    · Des accords relatifs à la réadmission et à l'assouplissement des formalités de délivrance des visas avec l’Ukraine et la Moldavie sont entrés en vigueur le 1er janvier 2008.

    · En octobre 2008, un dialogue sur les visas a été lancé avec l’Ukraine afin de déboucher, à long terme, sur la mise en place d'un régime de dispense de visa. Un similaire a été renforcé avec la Géorgie afin de conclure des accords relatifs à la réadmission et à l'assouplissement des formalités de délivrance des visas et de lancer un partenariat pour la mobilité pour favoriser l’immigration légale tout en luttant contre l’immigration clandestine. Un tel partenariat pour la mobilité a été lancé avec la Moldavie à la mi-2008.

    · Le dialogue politique et la coopération en matière de sécurité dans la lutte contre l’immigration clandestine ont été approfondis avec le Maroc.

     · Bien que la Tunisie ait modernisé ses équipements et ses infrastructures pour renforcer le contrôle aux frontières et ait adopté de nouveaux passeports biométriques, l’immigration clandestine d’origine tunisienne a sensiblement augmenté en 2008.

Coopération en matière de justice :

    · Les conditions de formation des juges et procureurs palestiniens se sont améliorées grâce à la création de l’Institut palestinien de formation des magistrats, qui est financé par la Commission européenne. Une formation spécialisée destinée aux magistrats, avocats et greffiers est en préparation au Liban.

   · La Commission a fourni des véhicules à la police civile palestinienne, ce qui améliore considérablement son efficacité. 

   · La Géorgie a enregistré des progrès significatifs en matière de lutte contre la corruption, d’amélioration des conditions de détention et d’éradication de la torture et des mauvais traitements.

   · L’Arménie a adopté une nouvelle législation sur les réfugiés et le droit d'asile qui vise à se rapprocher des normes communautaires et internationales.

Une nouvelle ère pour la coopération en matière énergétique :

   · Des négociations sur l’adhésion de la Moldavie et de l’Ukraine au traité instituant la communauté de l’énergie ont été lancées, elles incluent des engagements en vue d’une convergence graduelle avec les règles communautaires du marché intérieur de l'énergie.

   · Le financement communautaire est crucial pour assurer la sécurité de l'Ukraine en matière d’énergie nucléaire en modernisant les réacteurs de type soviétique. La Commission européenne continue d’aider l’Arménie financièrement en garantissant des normes de sécurité minimale dans la centrale nucléaire de Medzamor.

   · L’UE a signé un protocole d’accord sur la coopération énergétique avec l'Égypte – important producteur d'énergie. L’Azerbaïdjan est un partenaire stratégique de l’UE en matière de ressources pétrolières et gazières originaires de la mer Caspienne, à la fois comme pays producteur et comme pays de transit.

   · Israël, l’Autorité palestinienne et la Commission européenne ont relancé la coopération énergétique trilatérale «Énergie solaire pour la paix» alors que l’Autorité palestinienne a élaboré des plans en vue d’une centrale solaire à Jéricho.

   · Le sommet de l’Union pour la Méditerranée du 13 juillet 2008 a approuvé le plan solaire méditerranéen en tant qu’initiative prioritaire pour l’Union pour la Méditerranée: processus de Barcelone.

Renforcement des liaisons de transport :

   · L’accord conclu avec le Maroc en matière de transport aérien en 2007 a entraîné une augmentation du trafic de 17 % et a permis la création de 52 nouvelles lignes et l’entrée sur le marché de 12 nouvelles compagnies aériennes. Il réduit les tarifs et élargit le choix pour les touristes, tout en contribuant au développement de l'industrie touristique et à la création d'emplois. Des négociations sur un accord similaire ont été engagées avec l'Ukraine et sont prévues avec la Géorgie.

   · Des accords horizontaux en matière de transport aérien ont été signés avec l’Arménie, Israël et la Jordanie et des négociations portant sur des accords euro-méditerranéens dans le domaine de l’aviation ont été ouvertes avec ces deux derniers pays.

   · Dans le Caucase du Sud, la remise en état de la ligne ferroviaire Erevan-Tbilissi (Arménie-Géorgie) a débuté.

   · Les contributions financières de la facilité d'investissement en faveur de la politique de voisinage soutiennent notamment les projets suivants: un tramway à Rabat et la construction de routes en milieu rural au Maroc, la modernisation de l’aéroport de Chinisau et la remise en état des routes en Moldavie.

Et d'autres domaines encore

   · La Commission européenne apporte un soutien financier aux ONG et aux pouvoirs locaux en Égypte, en Géorgie, en Jordanie, dans le Territoire palestinien occupé, en Tunisie et en Ukraine.

   · L'aide financière apportée à la réforme du système éducatif au Maroc vise à réduire l'analphabétisme (qui touche 38 % de la population, en majorité des femmes).

   · La situation des femmes et la protection de leurs droits se sont encore améliorées en Jordanie, en Tunisie et en Égypte.

   · Le soutien de l’UE a permis l’instauration de l’assurance-maladie obligatoire au Maroc et constitue un facteur essentiel de la réforme du secteur de la santé en Moldavie.

   · L’amélioration de la distribution d’eau en Jordanie financée par l’UE répond aux besoins des réfugiés iraquiens dans la région de Zarqa.

   · Le mécanisme communautaire de protection civile a été mobilisé en 2008 pour aider la Géorgie après la guerre contre la Russie et pour aider l’Ukraine et la Moldavie à faire face aux inondations dramatiques.

   · Israël (en sa qualité de membre associé), l'Égypte, la Jordanie et le Maroc, en particulier, ont participé avec succès aux premiers appels à propositions au titre du 7e programme-cadre de recherche.

   · Le nombre de jeunes originaires des pays de la PEV qui ont participé à des actions de service volontaire au titre du programme communautaire «Jeunesse en action» a sensiblement augmenté (+ 87,5 %) et les échanges de jeunes et de jeunes travailleurs ont également connu une hausse marquée (+ 23 %).

En s’appuyant sur le processus de Barcelone, l’Union pour la Méditerranée a donné un nouvel élan à la relation qu’entretient l’Europe avec ses voisins du Sud. La Commission européenne a également proposé un partenariat oriental ambitieux avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, offrant un programme vaste et ambitieux visant à renforcer les liens entre l’UE et ces pays.

L'aide de l'Union européenne aux pays partenaires de la PEV s'est également accrue en 2008: 1,71 milliard € a été engagé contre 1,67 milliard € en 2007.

Documents disponibles :

La communication de la Commission au Parlement et au Conseil intitulée «Mise en œuvre de la politique européenne de voisinage en 2008 (Bruxelles, le 23 avril 2009), les rapports établis pour chaque pays (Arménie, Azerbaïdjan, Égypte, Géorgie, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Moldavie, Territoire palestinien occupé, Tunisie et Ukraine) et le rapport de suivi sectoriel sont disponibles à l’adresse suivante :

 <
http://ec.europa.eu/world/enp/documents_fr.htm> http://ec.europa.eu/world/enp/documents_fr.htm

Des mémos résumant la situation de chaque pays sont disponibles à l'adresse suivante:

Arménie       <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/182&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/182

Azerbaïdjan  <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/183&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/183

Égypte         <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/179&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/179

Géorgie       <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/184&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/184

Israël           
<
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/185&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/185

Jordanie
<
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/186&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/186

Liban           <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/187&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/187

Maroc          <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/188&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/188

Moldavie      <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/180&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/180

Territoire palestinien occupé  <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/181&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/181

Tunisie    <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/178&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/178

Ukraine  <
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/09/189&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en> MEMO/09/189

Pour en savoir plus sur la PEV:

 <
http://ec.europa.eu/world/enp/index_fr.htm> http://ec.europa.eu/world/enp/index_fr.htm


  _____ 

 <
file:///C:/-%20Newsletter-/news_015/#_ftnref1> [1] Arménie, Azerbaïdjan, Égypte, Géorgie, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Moldavie, Territoire palestinien occupé, Tunisie et Ukraine.

 
  
 
    

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 18:01
La Commission de la défense de l'Assemblée nationale a établi deux familles de textes relatifs au projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 :




1 - Rapport sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014
   et portant diverses dispositions concernant la défense (n°1216), n° 1615 annexe 0,
  Texte de la commission : 
  <http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r1615-a0.asp>
 
  2 - Rapport législatif en deux tomes :

  * Rapport sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 et portant diverses   dispositions concernant la défense (n°1216), n° 1615 tome 1,
  Tome 1: 
  <http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r1615-t1.asp>

  * Rapport sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la défense (n°1216), n° 1615 tome 2,
  Tome 2 :
  <http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r1615-t2.asp>
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 16:42

Cécile Fontaine, alors Conseillère chargée de la défense (et désormais Conseillère chargée de la défense, des finances publiques et de la réforme de l'Etat) auprès du Président de la République, et Olivier Debouzy, Avocat aux barreaux de Paris et de Bruxelles, ancien membre de la Commission du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale, ont publié dans le numéro 2009/02 de février 2009 de la revue Défense nationale et Sécurité collective un article intitulé " La loi de programmation militaire et la nouvelle politique française de défense et de sécurité "dont la teneur, par le caractère exhaustif du propos et la clarté du message, justifie que Regards-citoyens en souligne le grand intérêt pour ceux de ses lecteurs qui s'intéressent à un titre ou à une autre à ces questions.

Il se limitera cependant qu'à n'en reproduire ici que le résumé succinct proposé par ses auteurs.

" Une réforme de grande ampleur de la défense de la France a été engagée depuis 2007. Dans un premier temps, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, adopté en juin 2008, a permis de redéfinir la stratégie de défense et de sécurité de la France, de l'adapter aux nouveaux enjeux mondiaux, et de construire une armée qui soit à la fois cohérente avec les besoins de sécurité des Français et crédible dans son financement. Le projet de loi de programmation militaire adopté au Conseil des ministres du 29 octobre 2008, et qui va être prochainement soumis à l'examen du Parlement, constitue une étape majeure dans la mise en oeuvre des orientations du Livre blanc. En parallèle à son vote, les réformes de l'organisation du ministère de la Défense se mettent actuellement en place. Ces chantires forment un tout cohérent qui va permettre de consolider et de moderniser notre défense pour les décennies à venir. "

                                                                                                                       "Nous devons non pas conserver l'armée de nos habitudes,
                                                                                                                                                    mais construire l'armée de nos besoins
"
                                                                                                                                                                            Charles de Gaulle (1959)

                                                                                                      "
The truth of the matter is that you always know the right thing to do.
                                                                                                                                                                         The hard part is doing it
"
                                                                                                                                                              Gal. Norman Scwartzkopf (1993)

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 10:32

Jean-Luc Sauron, membre du Bureau du ME-F et Président de l’Association des Juristes Européens, vient de publier un nouveau livre sur le fonctionnement du Parlement européen.


"Après le succès de ses deux précédents ouvrages consacrés à la Constitution européenne (2005) et au Traité de Lisbonne (2008), Jean-Luc Sauron poursuit avec ce nouveau livre son oeuvre d’explication sur l’Union européenne, ses institutions, son fonctionnement.


Dans la perspective des élections de juin 2009, il se consacre aujourd’hui au Parlement européen.


Loin des grands shows médiatiques auxquelles donnent lieu les Conseils européens des chefs d’Etat et de gouvernement ou de l’identification commune entre l’Union européenne et la Commission, le Parlement européen est toujours, pour les Français, l’acteur méconnu des affaires communautaires.


Qui sait en effet que les grands choix opérés par la majorité du Parlement européen pèsent et pèseront sur nos propres lois internes dont près de 80% ont une origine communautaire ? Et demain, le Traité de Lisbonne achèvera de placer le Parlement européen au centre du pouvoir communautaire à totale égalité avec les gouvernement nationaux représentés au sein du Conseil de ministres et du Conseil européen.


Qui mieux que Jean-Luc Sauron, praticien des affaires communautaires, pouvait, dans un style clair et précis, présenter le Parlement européen, le mode de désignation de ses députés, ses pouvoirs au travers de 30 questions qui recouvrent celles que tout le monde se pose sur cette institution démocratique européenne.


Avec ce livre, Jean-Luc Sauron nous permet de nous prononcer en connaissance de cause lors des élections de nos députés au Parlement européen et d’exercer notre influence sur les choix politiques, économiques et sociaux qui seront décidés demain à Bruxelles et à Strasbourg, choix qui conditionneront notre vie quotidienne."

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 08:05

Discours de M. le Président de la République - Réunion républicaine sur le thème de la France et l’Europe (Nîmes – Mardi 5 mai 2009)


(Seul le prononcé fait foi)

Françaises, Français,
Mes Chers Amis,
Je ne suis pas venu ce soir vous parler de bilan. Le moment viendra au terme des cinq années du mandat que vous m'avez confié de juger ce qui aura été accompli. Aujourd'hui l'heure n'est pas aux bilans. L'heure est à l'action.
Alors que la crise économique est en train de changer le monde.
Alors que des difficultés de toutes sortes rendent la vie de chacun plus dure, alors que le présent est si lourd, nous devons nous tourner vers l'avenir.
Nous avons le choix d'être le jouet des évènements ou d'être les acteurs de notre propre histoire. Ou nous nous battons pour les valeurs qui sont les nôtres, pour le modèle de société que nous voulons, pour la croissance dont nous avons besoin ; ou ce sont les autres qui nous imposeront leurs valeurs, leur modèle de société, leurs choix économiques.
Se tourner vers l'avenir ce n'est pas attendre les bras croisés que la crise s'arrête et que la croissance reparte toute seule. On sait que la crise s'achèvera un jour. Mais nul ne peut prévoir à partir de quand les choses iront mieux. Nul ne peut prévoir quand l'économie se remettra à créer des emplois, quand les bilans bancaires seront assainis, quand la confiance reviendra.
Le travail des responsables politiques n'est pas de prévoir ce que tous les experts du monde ne savent pas prévoir.
Le travail des responsables politiques n'est pas de prévoir le calendrier de la reprise. Ce n'est pas ce que les Français attendent d'eux.
Le travail des responsables politiques c'est d'agir pour que les effets de la crise soient les moins douloureux possibles, pour que les sacrifices soient le plus équitablement répartis, pour que la reprise intervienne le plus tôt possible, qu'elle soit la plus forte possible, pour que la France soit en position de tirer le meilleur profit de la reprise mondiale lorsqu'elle interviendra. Le rôle des responsables politiques c'est de travailler jour après jour à lever tous les obstacles à la croissance, à corriger tous les défauts qui empêchent notre pays de tirer le meilleur parti de ses ressources, du courage et de l'intelligence des Français.
Voilà ce que l'on attend des responsables politiques.
La crise est là.
Il faut combattre les angoisses et les peines qu'elle engendre.
Il faut atténuer les souffrances des plus fragiles, des plus démunis, qui payent les conséquences d'une crise dont ils ne sont absolument pas responsables.
La crise a sa part de psychologie.
Nous n'en sortirons pas si le plus grand nombre n'arrive pas à se persuader que demain sera meilleur qu'aujourd'hui et, que l'avenir ne doit pas être vécu comme une menace.
Nous nous en sortirons si nous rendons l'espoir à tous ceux qui l'on perdu.
                                                                                                        *
                                                                                                      *  *
Je me souviens qu'il y a trois ans je suis venu ici, à Nîmes, parler de la France, de son génie, de ses valeurs, de ce qu'elle avait accompli au cours de son histoire, de ce qu'elle était capable encore d'accomplir. J'avais parlé de la nécessité de retrouver la fierté d'être Français parce que c'est en puisant dans cette fierté que le peuple français trouvera la force et le courage d'étonner une fois encore le monde.
Depuis deux ans la France a eu le courage de se réformer. Elle a bousculé les conservatismes qui en la paralysant la condamnait à un déclin irrémédiable.
Face à toutes les crises auxquelles elle a été confrontée, elle a pris le parti de l'action contre celui du renoncement.
Si la Géorgie n'a pas été rayée de la carte, si un cessez-le-feu a pu intervenir à Gaza, si l'Europe n'a pas cédé au sauve qui peut et au chacun pour soi quand le système bancaire a menacé de s'effondrer, c'est parce que la France, alors qu'elle exerçait la Présidence de l'Union européenne, a pris ses responsabilité pour permettre à l'Europe d'agir Si la moralisation du capitalisme a été inscrite à l'ordre du jour des grandes négociations internationales, si le G20 s'est réuni à Washington, puis à Londres, c'est parce que la France l'a demandé au nom des 27 Européens unis.
La France qui se bat pour la paix ;
La France qui se bat contre le fanatisme, contre le terrorisme ;
La France qui se bat contre l'injustice ;
La France qui se bat contre les dérives du capitalisme financier ;
La France qui veut que les grands pays émergents participent à la gouvernance mondiale parce que l'on ne peut pas prétendre régler les affaires du monde sans la Chine, l'Inde, l'Afrique et l'Amérique latine;
La France qui construit l'Union pour la Méditerranée ;
La France qui fait adopter l'accord européen sur le climat pendant sa présidence ;
La France du Grenelle de l'Environnement ;
La France du Grand Paris qui imagine la ville durable du XXIème siècle ;
La France qui réhabilite la valeur travail ;
La France qui veut jeter les bases d'un nouveau modèle de croissance ;
La France qui est fidèle à ses amis mais qui n'est inféodée à personne ;
C'est la France qui est fidèle à elle-même, la France dont les Français peuvent être fiers, la France que partout dans le monde on respecte parce qu'elle est utile.
Cette France que nous essayons de construire ensemble, cette France qui nous unit, dont l'idée est plus forte que nos divisions, cette France nous avons le devoir de la laisser à nos enfants plus belle, plus grande, plus forte que nous l'ont léguée les générations passées.
Nous n'y parviendrons pas sans l'Europe.
Longtemps nous n'avons pas eu de véritable ambition pour l'Europe.
Parce que nous n'avions plus assez d'ambition pour la France.
Parce que nous n'avions plus assez d'ambition pour nous-mêmes.
Longtemps s'agissant de l'Europe nous n'avons pas mis nos actes en conformité avec nos paroles.
Longtemps nous n'avons pas pris l'Europe assez au sérieux.
Longtemps nous nous sommes contentés d'une Europe de l'impuissance.
L'Europe de l'impuissance, c'est l'Europe qui ne veut rien, l'Europe qui renonce à peser dans les affaires du monde, qui renonce à défendre ses valeurs, à défendre ses intérêts, qui n'exprime aucune volonté, qui ne fait pas de politique et qui, par conséquent, sert de variable d'ajustement à toutes les politiques du monde.
C'est l'Europe qui subit.
L'Europe des pères fondateurs, c'était l'Europe qui avait décidé de ne plus se faire la guerre à elle-même, de ne plus s'autodétruire, c'était l'Europe qui avait décidé de ne plus assassiner sa jeunesse dans la boue répugnante des tranchées, l'Europe qui avait tiré les leçons d'une histoire tragique.
C'était l'Europe de De Gaulle et d'Adenauer où les peuples, sans rien oublier des malheurs du passé, avaient décidé de regarder ensemble vers l'avenir, vers cet avenir qui n'était pas écrit d'avance, qui cessait d'être le fruit d'une fatalité dès lors que s'exprimait une volonté humaine.
L'Europe des pères fondateurs c'est l'Europe qui a cherché son salut dans l'action, l'Europe qui a fait le pari insensé, et qui l'a gagné, qu'après les deux guerres les plus meurtrières de l'Histoire, en travaillant ensemble les peuples qui se haïssaient apprendraient à mieux se comprendre, à mieux se respecter et, peut-être, à s'aimer.
L'Europe des pères fondateurs, c'était l'Europe des politiques communes.
L'Europe du charbon et de l'acier.
L'Europe de l'atome.
L'Europe de la politique agricole commune.
C'était l'Europe qui agissait parce qu'elle ne voulait pas subir.
L'Europe des pères fondateurs, c'était l'Europe qui protégeait, l'Europe de la préférence communautaire, l'Europe ouverte mais qui n'était pas naïve.
C'est l'esprit de cette Europe qu'il nous faut retrouver.
L'Europe qui ne fait plus de politique ;
L'Europe qui veut dépolitiser la démocratie, qui veut dépolitiser l'économie, qui veut dépolitiser la société ;
L'Europe qui se gouverne par des règles automatiques qui s'appliquent aveuglément quelles que soient les
circonstances ;
L'Europe qui n'a pas le courage d'assumer une politique économique, pas le courage d'assumer une politique de change, pas le courage de conduire une politique industrielle parce qu'elle ne croit qu'au marché ;
L'Europe qui ne veut pas décider, qui ne veut pas prendre ses responsabilités ;
Cette Europe là est un reniement de l'idéal européen.
Cette Europe là n'est définitivement pas celle que nous voulons.
L'Europe devrait unir tous les Français parce qu'elle est l'expression d'un avenir commun.
Au lieu d'unir les Français l'Europe les a divisés.
Cette division entre la France du "oui" et la France du "non", nous ne devons pas faire semblant de l'ignorer. Nous devons la regarder en face.
On ne peut pas faire avancer la cause de l'Europe, en opposant une moitié des Français à l'autre moitié.
Ce soir je veux parler à tous les Français, je veux parler à la France du OUI, je veux parler à la France du NON.
On ne peut pas ne pas chercher à comprendre pourquoi pour un nombre de plus en plus grand de Français, l'Europe est devenue l'alibi de tous les renoncements au lieu d'être l'expression même de la volonté politique.
Si nous voulons réconcilier la France du "oui" et celle du "non", si nous voulons que l'Europe parle au coeur et à la raison de tous les Français, de tous les Européens, si nous voulons que tant de Français, tant d'Européens cessent de se sentir étrangers à la construction européenne, cessent d'avoir le sentiment qu'elle se fait sans eux et parfois contre eux, alors il faut changer l'Europe. C'est possible, nous l'avons fait pendant la Présidence française.
                                                                                                    *
                                                                                                  *  *
Nous vivons la première grande crise de la mondialisation.
Un système de pensée, un système de valeurs, un système financier arrivent à bout de souffle.
Un système où personne ne payait plus le vrai prix du risque, ni celui de la rareté.
Un système où le spéculateur comptait plus que l'entrepreneur et le travailleur.
Un système où la quête frénétique du rendement à court terme disqualifiait l'investissement à long terme.
Un système où l'industrie n'avait plus sa place, où la production devait disparaître avec ses usines et ses ouvriers.
Une course de vitesse s'était engagée entre le gonflement d'une économie virtuelle et le rétrécissement de l'économie réelle.
Course suicidaire parce que l'économie virtuelle ne peut se suffire à elle-même. Course suicidaire parce qu'entre le temps très court de l'économie de l'information, de la finance globale, de la communication et le temps long de la production, de l'industrie, des grandes infrastructures, de l'éducation, de la formation, de la recherche, du développement durable, la contradiction devenait insupportable, ingérable.
Comment financer un grand projet industriel quand le marché exige 15% de rendement tout de suite ?
Comment faire prudemment son métier de banquier qui est de prêter l'argent des épargnants en analysant
rigoureusement la capacité de remboursement de l'emprunteur quand les marchés exigent la même rentabilité pour la banque de dépôt que pour le fonds spéculatif ?
Comment préserver l'avenir à long terme de la planète, gérer ses ressources non renouvelables, quand seul le présent compte et que le futur ne vaut rien ?
Derrière la crise économique, financière, sociale, il y a une profonde crise intellectuelle et morale, qui remet en cause nos représentations, nos repères, nos critères de jugement.
La réponse à cette crise intellectuelle et morale, c'est l'Europe qui peut l'apporter.
Depuis trois décennies, intellectuellement, moralement, idéologiquement, l'Europe suit le mouvement. La crise change la donne.
Le besoin d'État, la demande de protection sociale, l'exigence d'une régulation de la finance globale et de la mondialisation, la nécessité de construire un nouvel ordre économique et monétaire mondial, l'exigence de justice, tout cela ramène les idées, les valeurs de l'Europe au premier plan. Encore faut-il qu'elle l'assume.
A la question qui depuis si longtemps accompagne le déclin de l'Europe : Qu'est-ce que l'Europe peut faire ? La France répond par une autre question : Qu'est-ce que l'Europe veut faire ?
Quand on ne veut rien on ne peut rien.
                                                                                                            *
                                                                                                          *  *
Pour que l'Europe veuille, il faut qu'elle cesse de se diluer dans un élargissement sans fin. Il faut que l'Europe ait des frontières. Il faut que l'Europe ait des limites. Il y a des pays comme la Turquie qui partagent avec l'Europe une part de destinée commune, qui ont vocation à construire ave l'Europe une relation privilégiée, qui ont vocation à être associé le plus étroitement possible à l'Europe mais qui n'ont pas vocation à devenir membre de l'Union européenne.
La France entretient depuis des siècles une relation d'amitié avec la Turquie et c'est au nom de cette amitié qui unit nos deux pays, c'est au nom du respect que l'on doit à ses amis que je veux dire la vérité à la Turquie. Ce n'est pas respecter ses amis que de leur mentir. Ce n'est pas respecter ses amis que de leur faire des promesses que l'on ne tiendra jamais.
Nous serions mieux inspirés d'engager dès maintenant avec la Turquie des négociations pour créer un espace économique et de sécurité commun. Cette grande ambition, nous pouvons la proposer aussi à la Russie qui ne doit pas être considérée comme un adversaire de l'Europe mais comme un partenaire. Ainsi serait créé un grand espace de plus de 800 millions d'habitants qui partageraient la même sécurité, la même prospérité.
Je ne souhaite pas que l'Europe soit une forteresse. Je ne souhaite pas que l'Europe se replie sur elle-même. Ce serait nier la nature même de l'Europe. L'Europe est un foyer, l'Europe est une source, l'Europe entretient avec une partie du monde des liens d'une intensité et d'une intimité particulières qui viennent de l'histoire, de la culture, de la langue. L'Europe est l'Europe parce qu'il y a l'Angleterre avec le Commonwealth, l'Espagne avec le monde hispanophone, le Portugal avec le monde lusophone, la France avec la francophonie, parce que l'Amérique est une enfant de l'Europe, parce qu'il y a la Méditerranée, parce qu'il y a l'héritage universel de la Grèce et de Rome, parce qu'il y a l'héritage de la chrétienté, parce que tous ces héritages, toutes ces solidarités dépassent les frontières, dépassent les nationalités.
C'est pourquoi la France a voulu avec tant de force l'Union pour la Méditerranée. C'est pourquoi elle a voulu que l'Europe reconnaisse qu'en se tournant vers la Méditerranée elle se tournait vers son avenir. C'est pourquoi elle a voulu que les relations entre les deux rives de la Méditerranée ne soient plus de simples relations de voisinage mais qu'elles expriment une destinée commune, une responsabilité partagée.
Cette diversité, cette ouverture sont des richesses à la condition qu'elles ne minent pas la cohésion de l'Europe, qu'elles n'affaiblissent pas son unité. Ces dernières années l'Europe a été faible parce qu'elle n'a pas été assez unie.
Ainsi ce fut une erreur d'accepter à l'intérieur même de l'Europe des dumpings monétaires, fiscaux, sociaux qui ont ouvert la porte à une concurrence déloyale. Ainsi ce fut une faiblesse pour l'Europe d'être divisés entre ceux qui ne voulaient faire confiance qu'au marché et ceux qui s'en méfiaient.
Pour que l'Europe veuille quelque chose, il faut aussi qu'elle puisse être gouvernée. Il faut que ses procédures, que ses institutions ne la réduisent pas à l'impuissance. C'est pourquoi la France a voulu sortir de la crise ouverte par le rejet de la Constitution Européenne. Il fallait débloquer l'Europe.
J'ai pris mes responsabilités. J'ai proposé dès avant l'élection présidentielle que soit négocié un traité simplifié qui ne serait pas une Constitution mais qui règlerait les problèmes institutionnels les plus urgents afin que nous puissions de nouveau discuter ensemble et décider ensemble. Avec l'Allemagne nous avons convaincu tous les Chefs d'État et de Gouvernement, même ceux qui avaient fait approuver la Constitution par référendum.
Le Traité de Lisbonne a déjà été ratifié par 25 pays sur 27. Si tous les États membres le ratifient, ce que je souhaite, ce que j'espère, ce que j'attends, son entrée en vigueur mettra pour un temps un terme au débat institutionnel et permettra que l'Europe s'interroge davantage sur ses finalités que sur ses procédures.
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Si le Traité de Lisbonne entre en vigueur, l'Europe aura un président stable du Conseil européen, un Parlement exerçant pleinement ses prérogatives, un Conseil européen assumant toutes ses responsabilités, fixant une ligne politique commune et une Commission qui, à sa place, sous le contrôle du Parlement et du Conseil, exprimera au quotidien l'intérêt général de l'Union. En même temps, l'Europe sera délivrée de la règle de l'unanimité qui oblige toujours à s'aligner non sur la plus grande ambition mais sur le plus petit dénominateur commun.
L'adoption du traité de Lisbonne est un rendez-vous politique incontournable pour l'Europe.
Nous ne pouvons pas accepter le statu quo !
Je voudrais dire un mot sur les grand pays. Ils n'ont pas plus de droits que les petits pays mais ils ont plus de devoirs. Au cours des dernières années l'une des grandes faiblesses de l'Europe est venue de ce que les grands pays n'ont pas assumé suffisamment la part de devoir qui était la leur. Nous devons en tirer les leçons pour l'avenir.
Le plus important c'est la capacité d'initiative, c'est la capacité à faire de la politique, c'est que chacun prenne ses responsabilités. Ce qui est catastrophique c'est que l'initiative soit paralysée, ce qui est catastrophique c'est le refus de la politique, c'est la dilution des responsabilités.
L'Europe qui agit, l'Europe qui existe, l'Europe qui est capable de se faire entendre, de faire valoir son point de vue, c'est celle qui a été capable de réunir tous les Chefs d'État et de Gouvernement de la zone Euro avec le Président de la Commission européenne et le Président de la Banque Centrale européenne, de les faire débattre ensemble, travailler ensemble, décider ensemble alors que cela ne s'était jamais fait, alors que cela n'était pas dans les habitudes, n'était pas dans les procédures.
L'Europe qui agit, l'Europe qui existe, qui se hisse à la hauteur de l'idéal européen, c'est l'Europe qui n'est pas prisonnière d'une religion, qui n'est pas prisonnière d'un dogme mais qui décide à partir des réalités, qui sait faire face à l'urgence. C'est l'Europe qui a sauvé ses banques quand elles étaient menacées d'effondrement. C'est l'Europe qui a sauvé son industrie automobile quand elle était menacée de disparaître. C'est l'Europe qui n'ouvre pas la porte aux prédateurs du monde entier en empêchant deux grandes entreprises européennes de s'unir sous le prétexte qu'elles détiendraient ensemble une part trop grande du marché. C'est l'Europe qui regarde la concurrence
à l'échelle du monde entier et pas seulement de son marché intérieur.
La crise nous impose des remises en cause qui paraissaient impensables avant. Elle les rend possibles et elle les rend nécessaires au regard de ce qui se passe dans le monde.
Le principe même de l'Europe c'est le refus du chacun pour soi.
Il y a deux façons d'y parvenir.
La première c'est de condamner chacun à l'impuissance.
La seconde c'est de décider ensemble. C'est ce que veut la France.
Il y a deux façons d'être attaché à la concurrence.
La première c'est de la regarder comme une fin en soi.
La seconde c'est de la regarder comme un moyen. C'est ce que veut la France.
Il y a deux façons de rechercher la stabilité économique. La première c'est de faire en sorte qu'il n'y ait aucune politique économique. La deuxième c'est que les politiques économiques soient concertées. C'est ce que veut la France.
Dans le monde tel qu'il est, l'Europe ne peut pas se passer d'une politique économique. Il n'est pas raisonnable que des pays dont les économies sont si étroitement liées et qui partagent la même monnaie n'aient pas une politique économique concertée qui ne peut pas se réduire à un objectif d'inflation et au respect des critères du pacte de stabilité.
La crise bancaire a montré à quel point le dialogue entre la Banque Centrale et les États-membres était utile sans qu'à aucun moment l'indépendance de la Banque Centrale Européenne ait été le moins du monde remise en cause.
Elle a montré que l'on ne pouvait pas gouverner l'économie européenne seulement avec des critères comptables.
La crise a creusé les déficits parce qu'elle a diminué les recettes et augmenté les dépenses et parce que, face à la récession, augmenter les impôts aurait été une folie.
La crise ne nous oblige pas seulement à faire le constat d'une situation exceptionnelle. Elle nous donne l'occasion et elle nous oblige à aller plus loin dans la réflexion sur la politique économique comme sur la politique de la concurrence.
L'Europe pour préparer l'avenir a besoin d'investir. On ne peut pas indéfiniment emprunter pour consommer sans courir droit à la faillite. Mais on peut raisonnablement emprunter pour investir ou pour acheter des actifs quand leur prix est au plus bas.
Quand l'État prête des fonds propres aux banques pour qu'elles puissent à leur tour distribuer davantage de crédit, l'État gagne de l'argent. Quand l'État prête aux constructeurs automobiles pour qu'ils puissent faire face à leurs besoins de trésorerie, l'État gagne de l'argent.
Quand l'État investit dans le Fonds d'Investissement Stratégique pour permettre à nos entreprises de se développer et pour les mettre à l'abri des prédateurs, l'État peut espérer gagner de l'argent.
Quand l'État emprunte pour investir dans la Recherche ou dans les infrastructures, il peut espérer rembourser sa dette grâce à des recettes supplémentaires.
Quand l'État investit dans la réforme qui permettra de dépenser moins dans l'avenir, il gage le remboursement de sa dette sur les économies futures.
Quand on fait le choix de la relance par l'investissement on creuse le déficit mais on prépare l'avenir.
On ne peut pas regarder le montant du déficit sans regarder ce qu'il finance. On ne peut pas se contenter d'une approche comptable sans regarder la politique économique. L'assainissement des finances publiques passe par des économies sur les dépenses inutiles. Il passe aussi par l'amélioration de la productivité, par la compétitivité, par la réhabilitation du travail, par l'encouragement de l'esprit d'entreprise ...
C'est en taxant moins le travail, c'est en investissant massivement dans un nouveau modèle de croissance, c'est en investissant massivement dans les technologies propres, dans de nouvelles sources d'énergie, c'est en investissant massivement dans la recherche, dans l'éducation, dans la santé que l'Europe pourra se payer demain la protection sociale, les services publics, la qualité de vie auxquels elle aspire sans creuser ses déficits.
On ne peut pas vivre indéfiniment à crédit. Mais on rembourse ses dettes en travaillant plus et en produisant plus, non en investissant moins.
Je le dis aux Français, après la crise on remboursera les déficits parce que l'on aura investi davantage, parce que l'on aura fait les réformes qui rendront la France plus compétitive.
Je le dis aux Français, nous ne pouvons pas espérer demain, quand la crise sera finie, avoir plus de croissance, plus d'emplois, plus de pouvoir d'achat, si le travail est plus taxé en France que partout ailleurs en Europe, si nos ménages et nos entreprises payent plus d'impôts, plus de charges qu'ils n'en payent dans les autres pays européens.
On ne peut pas vouloir faire l'Europe, faire circuler librement les capitaux, les hommes, les marchandises et en même temps augmenter les impôts. On ne peut pas vouloir faire l'Europe et refuser le bouclier fiscal que l'Allemagne a inscrit dans sa Constitution. Quand on est en Europe, quand on a le niveau de prélèvement que nous avons atteint, on n'augmente pas les impôts, on les baisse !
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La France se battra aux côtés de ses 26 partenaires européens pour obtenir un accord mondial ambitieux pour lutter contre le changement climatique. Mais je le dis solennellement, il n'est pas question d'imposer à nos entreprises des règles très contraignantes en matière d'environnement et d'importer en Europe des produits de pays qui ne respectent pas ces règles. Face aux pays qui refuseraient de jouer le jeu, la France se battra pour l'instauration d'une taxe carbone qui permettra à l'Europe de faire face au dumping écologique.
La France se battra pour mettre tous les acquis de la construction européenne, pour mettre le marché unique, pour mettre l'Euro au service de la croissance, au service de l'emploi.
Il nous faut des débats sur la politique monétaire.
Il nous faut des débats sur la politique budgétaire.
Il nous faut des débats sur la politique de la concurrence.
Il nous faut des débats sur la fiscalité. Je conteste la règle de l'unanimité pour baisser la TVA. Je conteste de ne pas avoir le droit de baisser la TVA sur les disques, sur les vidéos ou sur les produits propres. Aujourd'hui une voiture propre vaut plus chères qu'une voiture polluante, est-ce que c'est normal ?
Il nous faut des débats sur la préférence communautaire.
Il nous faut un débat sur les négociations commerciales. Comment elles sont menées ? Qui les mène ? Qui engage les Etats-membres ?
Ces débats sont utiles. Ces débats sont salutaires, ces débats sont nécessaires.
Il faut en finir avec cette pratique de l'Europe qui voudrait que l'on ne parle que des sujets sur lesquels nous sommes d'accord.
Il faut en finir avec cette pensée unique qui a peur de la discussion, qui a peur de la confrontation des idées.
On a eu des débats sur le traité simplifié. Ils ont été vifs et on est arrivé à un accord !
On a eu des débats sur l'Union pour la Méditerranée. Ils ont été vifs et on est arrivé à un accord !
On a eu des débats sur le plan de sauvetage bancaire. Ils ont été vifs et on est arrivé à un accord !
On a eu des débats sur le plan automobile. Ils ont été vifs et on est arrivé à un accord !
Et la Géorgie, vous croyez que ça a été simple entre 27 pays qui ont des histoires si différentes et dont certains ont encore en mémoire le souvenir douloureux d'une longue servitude ? Eh bien on y est arrivé quand même !
Et la préparation du G20 vous croyez que ça a été facile ? Eh bien on est parvenu à une position commune !
Et le paquet climat-énergie, vous croyez que ça s'est passé sans qu'il y ait des oppositions, des confrontations ? Eh bien on a fini par trouver un consensus sans réduire l'ambition.
Si nous sommes parvenus à surmonter nos divisions, c'est parce que nous avions de grandes ambitions. Il est plus facile de se mettre d'accord à 27 sur des grands projets que sur de petits, car ce n'est que pour bâtir quelque chose
de grand que chacun est prêt à renoncer à ses égoïsmes. C'est pour cela que l'Europe se doit d'être ambitieuse. Il n'y a pas d'Europe possible sans de grandes ambitions pour l'Europe.
Je vais vous dire : il n'y aurait pas eu de débat, on aurait discuté de rien, on aurait écarté d'emblée tous les sujets qui étaient susceptibles de susciter des oppositions fortes, eh bien on n'aurait rien fait, on n'aurait rien décidé.
L'Europe ne peut pas prétendre à être une démocratie vivante si elle refuse le débat.
L'unité de l'Europe ne peut pas se construire sur la pensée unique.
Il ne faut pas craindre d'exprimer une opinion différente, il ne faut pas craindre d'être isolé parce qu'on aurait mis sur la table une idée neuve, parce que l'on aurait pris le risque de bousculer les habitudes.
C'est ça la politique : exprimer une conviction, même quand on est minoritaire, même quand on est le seul à y croire et puis s'efforcer de la faire partager, s'efforcer de convaincre. C'est de cela dont l'Europe a besoin.
Je continuerai de défendre la nécessité d'une gouvernance économique de l'Europe parce que c'est vital pour l'Europe si elle ne veut pas subir.
Je ne cèderai pas sur la nécessité d'une politique industrielle parce que si les usines s'en vont, si les ouvriers disparaissent, tout le reste s'en ira aussi, parce que ce serait la perte irrémédiable d'une culture, d'un savoir-faire, d'un système de valeurs.
Je ne reculerai pas sur la nécessité de conduire une vraie politique de l'énergie qui ne soit pas seulement une politique de la concurrence. Je veux porter l'idée d'une centrale européenne d'achat du gaz pour que l'Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs. C'est comme cela que l'Europe peut être véritablement utile.
C'est à cela que l'Europe doit servir.
Je me battrai de toutes mes forces sur la nécessité de conserver une politique agricole commune ambitieuse parce que la sécurité alimentaire et l'autosuffisance alimentaire sont des objectifs vitaux pour l'Europe, parce qu'ils ne peuvent pas être atteints par le simple jeu de l'offre et de la demande. Je veux que dans le monde de demain il y ait encore une agriculture européenne, qu'il y ait encore une agriculture française, qu'il y ait encore des agriculteurs en Europe et en France et qu'ils puissent vivre du fruit de leur travail.
Quand 1 milliard de personnes dans le monde meurt de faim, renoncer à une ambition agricole pour l'Europe serait tout simplement une folie !
Je veux que l'Europe soit exemplaire sur la régulation financière, sur la réglementation des fonds spéculatifs, sur les paradis fiscaux, sur les rémunérations des dirigeants et des opérateurs financiers, sur le partage de la valeur parce que si sur ces sujets l'Europe n'est pas capable de donner l'exemple, si elle n'est pas capable de s'exprimer d'une seule voix et d'une voix forte dans les négociations internationales, alors à quoi sert-elle ? La France veut que l'Europe se dote d'un comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction. L'Europe doit donner l'exemple.
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Je voudrais vous faire partager cette conviction profonde : la France d'après la crise, l'Europe d'après la crise, le monde d'après la crise, c'est pour nous, Français, un seul et même problème, un seul et même combat.
La société dans laquelle nous voulons vivre.
Le modèle de croissance que nous voulons promouvoir.
Les valeurs que nous voulons faire prévaloir, c'est un seul et même projet c'est une seule et même politique.
C'est une politique pour la France.
C'est une politique pour l'Europe.
C'est une politique pour le monde.
C'est une politique dont le succès ne se décide pas qu'à l'intérieur de nos frontières. Il se décide aussi à Bruxelles. Il se décide aussi en Méditerranée. Il se décide aussi au G20. La politique européenne n'est pas une politique étrangère, l'Union pour la Méditerranée et la moralisation du capitalisme non plus.
Faire de la politique c'est toujours une façon de vouloir refaire le monde.
Nous ne referons pas le monde tout seul. Nous le referons avec tous ceux qui dans le monde partagent le même dessein et d'abord avec nos partenaires de l'Union Européenne.
Mais il nous faut changer l'Europe. La Présidence française de l'Union Européenne en a apporté la preuve : une autre Europe est possible, une autre Europe est souhaitable et cette Europe là peut peser dans les destinées du monde.
Le veut-elle ?
La réponse ne dépend que des Européens eux-mêmes.
La réponse ne dépend que de chacun d'entre nous.
Nous devons cesser de parler de l'Europe comme de quelque chose d'extérieur à nous-mêmes.
L'Europe ce n'est pas « eux ».
L'Europe c'est nous.
Si nous ne nous battons pas pour la changer elle ne changera pas toute seule.
En balayant toutes les vieilles idées, toutes les vieilles habitudes, toutes les vieilles certitudes, la crise nous rend de nouveau libres d'imaginer, libres de penser, libres d'inventer notre avenir.
Nous avons commencé, continuons.





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Published by Patrice Cardot - dans La France et ses partenaires
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