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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 14:15

LA HAYE (AFP) - La communauté internationale a embrassé mardi à La Haye la stratégie du président américain Barack Obama pour stabiliser l'Afghanistan, en affichant sa volonté de rectifier le tir pour vaincre la rébellion des talibans, qui gagne du terrain depuis deux ans.

L'ensemble des représentants internationaux ont souligné que l'Afghanistan ne pourrait être stabilisé sans l'aide de ses voisins, dont l'Iran, qui a à cette occasion esquissé un début de dégel avec les Etats-Unis.

La rencontre de la Haye faisait figure de préambule au sommet de l'Otan de vendredi et samedi à la frontière franco-allemande, dont l'Afghanistan sera l'un des thèmes centraux.

Dans leur communiqué final, les 80 pays et organisations internationales réunis à La Haye ont souligné la nécessité de "consacrer urgemment davantage d'énergie" à l'Afghanistan et de donner une "direction claire" à leur engagement pour "soutenir le peuple afghan de manière plus efficace".

"Il s'agit d'une année critique", a estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en soulignant "échouer serait trahir le peuple afghan".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton y a présenté la "nouvelle stratégie" afghane dévoilée vendredi dernier par le président Obama, appuyant notamment le principe d'une amnistie pour les talibans qui renonceraient à la violence et rompraient avec Al-Qaïda.

Cette proposition, avancée dès 2005 par le président afghan Hamid Karzai, figure dans le communiqué final de la conférence, pour la première fois dans l'histoire des réunions internationales sur l'Afghanistan après l'intervention militaire américaine de 2001.

Le communiqué reprend un autre axe de la stratégie de M. Obama contre les talibans en soulignant la nécessité "d'éliminer les sanctuaires d'Al-Qaïda et d'autres réseaux terroristes, où qu'ils soient".

L'expression de "sanctuaires du terrorisme" est souvent employée par Washington à propos des zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan, régulièrement bombardées par des drones présumés américains.

Outre la nécessité de venir à bout du terrorisme et d'Al-Qaïda, première priorité de M. Obama, le texte appelle à intensifier les programmes civils, notamment pour renforcer les institutions afghanes.

Mme Clinton a sans surprise affirmé que "les efforts de la communauté internationale" depuis 2001 avaient été "insuffisants en termes d'hommes, de ressources et de financement" et qu'"il fallait en finir" avec ces lacunes.

Les participants ont ainsi pris acte de la dégradation de la sécurité dans le pays malgré sept ans d'engagement international, des milliards de dollars d'aide et la présence de plus de 70.000 soldats étrangers.

Notant les progrès accomplis en matière de santé et d'éducation notamment, la conférence a souligné que "les programmes de développement civils sont aussi nécessaires que les renforts militaires".

Elle s'est engagée à agir pour "générer de la croissance économique", en particulier par le développement rural, notamment par les programmes de lutte contre la culture de l'opium, dont l'Afghanistan est de loin le premier producteur mondial, à "améliorer l'efficacité de l'aide" et à soutenir "la bonne gouvernance", c'est-à-dire la lutte contre la corruption.

Elle a également insisté sur le fait que l'élection présidentielle d'août devait être "transparente, équitable et crédible".
En matière de sécurité, l'ensemble des participants ont souhaité accélérer l'"afghanisation" des forces de sécurité en renforçant la formation de la police et de l'armée afghanes.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a indiqué que le président Nicolas Sarkozy devrait annoncer au sommet de l'Otan samedi l'envoi de 150 gendarmes français en Afghanistan dans le cadre de la force de gendarmerie européenne, en espérant que l'Italie, l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas envoient environ 300 autres gendarmes.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 13:51

Le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), M. Jean-Claude Trichet, a participé le 30 mars 2009 à sa 21ème et dernière audition (avant les élections) devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Lors de cette audition, il a notamment évoqué la question de la supervision financière et la création envisagée d'un Conseil européen du risque systémique (voir http://paris.adagio4.eu/ressource/static/files/breves_2009/221.pdf et  http://paris.adagio4.eu/ressource/static/files/breves_2009/223.pdf) qui pourrait selon lui constituer « une contribution majeure à la stabilité financière dans l'UE ».

Le placement de ce Conseil sous les auspices de la BCE (et du SEBC, Système européen des Banques centrales, qui réunit les 27 États membres) lui permettrait de bénéficier de l'expérience et des moyens techniques de ces organes.

Toutefois M. Trichet a relevé que, pour accomplir efficacement cette tâche de supervision, la BCE devrait avoir accès - de la part des responsables nationaux de supervision bancaire - à toutes les informations micro-prudentielles nécessaires (en clair toutes les informations relatives à la situation financière réelle des établissements).

De même il faudra que les avertissements de ce nouveau Conseil soient dûment pris en compte et traduits en mesures concrètes par les autorités nationales.

Il a enfin rappelé que les décisions institutionnelles et juridiques nécessaires pour la création de ce Conseil pouvaient être prises sur la base de l'article 105 § 6 des traités actuels.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 13:49

Les Ministres des Affaires étrangères ont évoqué les perspectives d'élargissement aux six pays des Balkans occidentaux lors de leur réunion des 28/29 mars 2009.

Tant les ministres français qu'allemand ont rappelé la position de leurs gouvernements : « Il n'y aura pas d'élargissement s'il n'y a pas de traité de Lisbonne ».

Le commissaire chargé de l'élargissement a considéré pour sa part qu'il ne fallait pas « faire de l'élargissement le bouc émissaire de certains maux dont il n'est pas responsable » et il a ajouté : « Je ne peux pas imaginer que l'élargissement puisse être blâmé pour la crise économique. Ne reprochons pas aux travailleurs croates les erreurs du capitalisme financier ».

Ce qui aurait amené le Ministre luxembourgeois des Affaires étrangères à rappeler qu'« il ne faut pas donner l'impression que l'élargissement coule de source » - et à ajouter :
« Le commissaire parle de l'instabilité des Balkans mais ne songe pas à l'instabilité de nos pays et au glissement de l'opinion publique (...). Dans plusieurs pays de l'« ancienne Europe », l'élargissement est un mot que l'opinion publique ne peut plus entendre ».

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 13:42

Selon la procédure et le calendrier actuellement envisagés, le Conseil européen devrait désigner le futur Président de la Commission le 20 juin 2009 et le PE devrait l'approuver le 15 juillet
(voir http://paris.adagio4.eu/ressource/static/files/breves_2009/226.pdf ).

Le Conseil disposerait d'un délai d'une dizaine de jours (après les élections européennes du 7 juin) pour consulter les nouveaux « responsables » du PE (en clair les nouveaux présidents des groupes politiques) sur le choix de ce candidat.

Pour être approuvé par le PE, il devra recueillir la majorité des suffrages exprimés (en cas d'échec, le règlement du PE prévoit que le Président du PE invite le Conseil à désigner un nouveau candidat).

Tant la brièveté du délai de consultation que les incertitudes relatives à la future composition du PE rendent cet exercice assez périlleux.

L'alternative « plus raisonnable » suggérée par le Président français serait, pour le Conseil européen, de prendre une décision politique sur le choix de ce candidat en juin - mais d'attendre l'automne et la finalisation du processus de ratification du traité de Lisbonne à l'automne (en clair les décisions irlandaise et tchèque) pour procéder à la désignation formelle du Président de la Commission puis au vote d'approbation du PE.

Si la ratification était acquise à ce moment, les autres nominations (membres de la Commission, Président permanent du Conseil européen et Haut Représentant) pourraient être liées à celle du Président de la Commission et décidées selon les modalités prévues par le nouveau traité.

Ajoutons seulement que le report de la nomination du successeur de M. Barroso permettrait aussi de prendre en compte plus dignement la responsabilité de la décision finale qui incombera à l'ensemble des futurs élus du PE.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 21:32

Dans un article intitulé "Russian Subs To Have Nuke Cruise Missiles" (cf. infra), Alexey Komarov (kom@ato.ru) analyse les nouvelles capacités d'armement nucléaire dont la stratégie navale russe semble bénéficier.

" The Russian Navy is planning in two years to receive its first multipurpose nuclear-powered submarines with long-range cruise missiles, a move that could follow with arming them with low-capacity nuclear warheads, a Russian defense ministry source told the official Itar-Tass news agency there March 27.

The new Severodvinsk attack submarine - Project 855 Yasen, also known as Graney - is expected to be commissioned in 2011. At least six such subs of the class will be built, the ministry said. The Sevmash shipyard could complete deliveries of the entire group by 2017.

Manufacturing of the Severodvinsk was initiated at the end of 1993 and was practically frozen for more than a decade due to luck of adequate financing.

The Severodvinsk's long-range cruise missiles could be equipped with low-capacity nuclear warheads and intended to attack aircraft carrier strike groups, as well as a coastal targets, the ministry said. The missile could maneuver at a hypersonic speed at its terminal phase of flight.

New weapon capabilities could influence Russian Navy strategy. "Probably, tactical nuclear weapons [on submarines] will play a key role in the future," Vice Adm. Oleg Burtsev, deputy head of the Navy General Staff, told the Ria Novosti state news agency. "Their range and precision are gradually increasing."

"There is no longer any need to equip missiles with powerful nuclear warheads. We can install low-capacity warheads on existing cruise missiles," he said.

Nevertheless, the Navy is planning to boost and upgrade its fleet of strategic submarines, carrying larger nuclear ballistic missiles. "We will build at least six Borey-class [Project 955] strategic submarines to serve in the Northern and the Pacific fleets," Burtsev said.

The Yury Dolgoruky, the Borey-class flagship, already is built and is undergoing trials. The sub will carry up to 16 Bulava-M (SS-NX-30) solid-propellant rocket engine ballistic missiles, which are still in development.

Ten Bulava test launches have been conducted since 2003, with only five officially recognized as successful. Nevertheless, Deputy Defense Minister Vladimir Popovkin said the ministry expects to complete trials by the end of this year. Consequently, more than four missiles will be built and tested this year.

Ria Novosti reported a year ago that Russian officials had predicted wrapping up tests in 2008.

The Russian Navy is believed to operate a fleet of about 60 subs, including 10 nuclear-powered strategic boats and more than 30 nuclear-powered attack sub
. "

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 18:24

Alain De Neve publie sur le site alliancegéostratégique.org un excellent article intitulé "La difficile réécriture du Concept stratégique" (cf. http://www.alliancegeostrategique.org/2009/03/28/la-difficile-reecriture-du-concept-strategique) dont l'analyse éclaire le lecteur sur les difficultés de l'exercice en même temps qu'elle établit un état des lieux des plus utile.
En voici la teneur.
" Le prochain Sommet de l'OTAN réuni à Strasbourg-Kehl des 3 et 4 avril prochains et qui consacrera le 60ème anniversaire de l'Organisation s'inscrira-t-il en rupture de ses précédentes éditions ? Surtout, sera-t-il employé en vue de projeter l'Alliance atlantique dans le « système monde » de demain ? Parviendra-t-il à dépasser les revers militaires (Afghanistan) et les controverses de l'immédiat (BMD) pour procéder à une réécriture des objectifs de long terme de l'Organisation ?
La teneur des débats qui précèdent la tenue de ce sommet ne suscite pas une réelle confiance dans la capacité des chefs d'État et de gouvernement qui se réuniront à cette occasion à approcher les défis sécuritaires et militaires des temps à venir. La réintégration de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN est, ainsi, présentée comme LE dossier du Sommet. Ce sujet permettra surtout à l'OTAN d'afficher un succès sur le plan diplomatique, succès qui viendra à point nommé pour contrebalancer l'aggravation de la situation militaire en Afghanistan tandis que la stabilité du Pakistan voisin n'a jamais été aussi précaire. Au vrai, le « retour » de la France dans les structures militaires intégrées de l'OTAN ne devrait pas générer de modifications profondes des rapports entre l'Hexagone et l'Alliance, ni même impacter sur le caractère déjà fortement inséré des forces armées françaises dans l'enceinte transatlantique.
Nul doute que ces dossiers occulteront pour une large part le projet de réécriture du Concept stratégique dont l'amorce des travaux devrait officiellement intervenir lors du prochain sommet. Le projet remonte, à dire vrai, au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Sans doute, fut-il déposé prématurément au vu des tergiversations dont il fut l'objet. Si l'ensemble des dirigeants des États membres de l'Alliance acceptent aujourd'hui l'amorce d'un travail de réflexion sur la substance d'un Concept nouveau pour le XXIe siècle, il est utile de rappeler que ce projet arrive au terme de nombre de péripéties à propos de la formulation d'une posture stratégique nouvelle. Revenons donc, plus en détails, sur les débats qui ont marqué les années 2001 à 2009.
La proposition prématurée du Groupe de Varsovie
Proposée par le Groupe de réflexion de Varsovie (GRV), l'idée d'une réécriture radicale du Concept stratégique de l'Alliance atlantique avait, à l'époque, reçu un accueil pour le moins réservé à son annonce. La philosophie se situant à la base de cette proposition consistait à souligner que l'OTAN, dans l'état actuel de l'environnement sécuritaire, opérait en dehors de toute assise conceptuelle et doctrinale en phase avec les nouvelles menaces. En d'autres termes, l'OTAN était accusée d'actionner ses instruments « sans filet ». Cette situation ne pouvait alors apparaître que comme une solution provisoire. Sa persistance dans le long terme risquait en effet d'affecter, aux yeux du Groupe de réflexion, la pertinence de l'organisation en matière opérationnelle.
Plusieurs questions stratégiques, en effet, exigeaient des réponses appropriées qui ne pouvaient se satisfaire des postures politico-militaires ayant prévalu avant le 11 septembre 2001. Parmi ces interrogations figuraient les questions de la position de l'Alliance atlantique face à la montée en puissance de la Chine ou celle des rapports de la communauté atlantique avec les populations musulmanes d'Europe et d'ailleurs, etc. Le rapport du GRV évoquait, à l'appui de ses arguments, les changements paradigmatiques intervenus tant dans le contexte sécuritaire contemporain que dans les moyens de l'exercice de la force. Ses rédacteurs évoquaient parmi d'autres éléments : les effets de la globalisation, la montée de l'extrémisme islamiste, le terrorisme, la menace posée par les armes de destruction massive (particulièrement accrue du fait du risque de voir un groupe terroriste détenir de tels moyens), le danger représenté par les États faillis ou fragilisés, l'émergence de puissances nouvelles (dont la Chine ou une Russie résurgente), etc.
Bien qu'une telle initiative ait pu paraître constituer un exercice des plus intéressants, l'idée d'une réécriture du Concept stratégique posait des difficultés majeures. N'y avait-il pas lieu, en effet, de penser qu'une telle solution équivaudrait à ouvrir une « boîte de Pandore » ? L'état critique dans lequel se trouvait le débat transatlantique au lendemain de l'intervention militaire américaine et coalisée en Irak (de mars à mai 2003) laissait en effet présager qu'un consensus sur ces questions ne pouvait intervenir. Or, jeter les germes d'une crise institutionnelle dans le contexte d'une crise politique internationale s'avérait trop risqué pour une organisation déjà fragilisée. Des voix s'étaient ainsi élevées pour défendre, à défaut d'un « atlantisme ambitieux », le principe d'un « attentisme prudent ».
Le débat initié par le GRV laissait apparaître au grand jour un paradoxe pour le moins dérangeant puisqu'il pointait justement le doigt sur le fait que, même imparfait, le Concept stratégique de 1999 n'avait en rien empêché l'Alliance d'étendre ses missions et de relever, à son niveau - et compte tenu de ses moyens d'action -, les défis générés par le terrorisme international (ISAF) et l'instabilité chronique de certaines régions (Macédoine, Kosovo, Darfour). En d'autres termes, l'adaptation des instruments de l'Alliance semblait pouvoir être opérée par le biais de solutions organiques et incrémentales. Si certains avaient pu trouver dans cette situation des arguments témoignant de l'étonnante actualité du Concept stratégique de 1999, d'autres voix faisaient remarquer que l'importance d'un tel Concept se révélait très relative.
Un rapport Harmel bis?
Certains esprits éclairés, prenant acte des difficultés inhérentes à la refonte du Concept stratégique, avaient alors émis l'idée d'une rédaction d'un nouveau rapport Harmel, le coût institutionnel d'une telle solution s'avérant nettement « moins élevé ». On se souvient que, en 1967, le rapport Harmel, qui portait sur les tâches futures de l'Alliance, avait suscité un grand enthousiasme parmi les instances atlantiques. L'aura que connaît encore, près de quarante années après sa parution, le rapport Harmel pouvait - pensait-on - être employé au service d'un réalignement des approches politiques et stratégiques de l'Alliance atlantique. Cette solution appellait, toutefois, à deux réserves majeures. La première relèvait de la différence existant entre le contexte stratégique des années 1960/1970 et celui de l'après-11 septembre. Ensuite, un rapport Harmel bis n'aurait en rien permis d'éluder les risques susceptibles de découler d'un débat politique sur son contenu au niveau du Conseil de l'Atlantique Nord - du moins, si un tel débat avait du être posé. Les discussions qui auraient été conduites à l'endroit du débat de fond suscité par le rapport auraient pu se révéler tout aussi destructurantes qu'une refonte pure et simple du Concept stratégique de l'Alliance. Mais il fallait aussi tenir compte de la place désormais moins centrale qu'occupait l'Alliance atlantique dans le contexte stratégique contemporain.
Le choix des Directives Politiques Globales (DPG)
C'est finalement en direction du principe de la rédaction de DPG (aussi désignées Comprehensive Political Guidance [CPG], en anglais) qu'ont convergé les États de l'Alliance. Solution consensuelle au vu des divergences intervenues entre les Alliés depuis la guerre d'Irak de 2003, les DPG ont été formellement inscrites dans le programme de l'Alliance à la suite de la réunion au sommet du Conseil de l'Atlantique Nord tenue à Istanbul en date du 28 juin 2004. Le paragraphe 21 du Communiqué des chefs d'États participant à la réunion annonce avoir « chargé le Conseil en session permanente d'élaborer, [...], des directives politiques globales à l'appui du Concept stratégique pour l'ensemble des questions de capacités, disciplines de planification et activités de renseignement de l'Alliance, qui répondent aux besoins de l'Alliance, y compris en forces interopérables et déployables, capables de mener des opérations majeures tout comme des opérations de moindre envergure, concomitamment, si nécessaire, et d'opérer conjointement dans un environnement de sécurité complexe. »
L'importance de cette déclaration mérite que nous nous arrêtions un instant sur les circonstances et la portée de sa formulation. Il convient, tout d'abord, d'indiquer que le communiqué du Sommet d'Istanbul atteste du choix, opéré par les États membres de l'Alliance atlantique, d'établir des DPG. Ces DPG étaient donc appelées à constituer un document destiné à appuyer et non à remplacer l'actuel Concept stratégique de 1999. Le choix des DPG était, en quelque sorte, une solution de compromis reposant sur le plus petit dénominateur commun existant entre les diverses postures doctrinales et politiques des États de l'Alliance. En conséquence, les DPG ne constitueront pas un texte politiquement contraignant. Pourtant, les objectifs qui leur ont été assignés par les États à l'occasion du Sommet d'Istanbul étaient de nature à engager non seulement la structure même de l'Alliance mais, plus encore, ses modalités opératoires futures. C'était là, pour le moins, un paradoxe de voir les États membres de l'Alliance placer dans un exercice réflexif informel (en seul appui du Concept stratégique) des objectifs politiques et opératoires à ce point ambitieux qu'ils risquaient d'altérer jusqu'à l'essence même de l'organisation. Il est utile, en effet, d'énumérer les matières particulièrement complexes traitées par les DPG :
  - les activités de planification des activités de même que les modalités de développement des futures capacités ;
  - les instruments de planification de la défense ;
  - les consultations dans le domaine des armements ;
  - les moyens de commandement et de contrôle ;
  - la logistique ;
  - les ressources ;
  - la question nucléaire ;
  - les planifications d'urgence civile.
Au-delà de ces aspects, les DPG auront eu pour tâche de définir les voies d'adaptation de capacités critiques comme la défense antiaérienne ou encore d'établir des normes nouvelles en matière de standardisation. Toutefois, la résistance opérée par certains États en vue de réduire la « portée et la signification politique » des DPG - afin que celles-ci n'altèrent en rien les dispositions contenues au sein du Concept stratégique - fut révélateur des crispations que pouvait susciter la question de l'adaptation des tâches et missions de l'Alliance pour le futur. Elle témoignait aussi d'une certaine volonté de dilution de l'Alliance, la faisant migrer du statut d'organe politico-militaire à finalité opératoire vers le rôle de plate-forme politique globale.
Une redéfinition du Concept stratégique est-elle possible?
La réponse à cette interrogation appelle un constat préliminaire : le Sommet de Strasbourg-Kehl aurait pu être l'occasion de présenter le texte d'un Concept stratégique nouveau. Toutefois, lors du Sommet de Bucarest de 2008, les chefs d'État et de gouvernement n'avaient pu s'entendre sur le principe de la refonte du CS. En effet, le texte de la Déclaration du Sommet de Bucarest se contentait de demander « au Conseil en session permanente d'élaborer, en vue de son adoption à ce sommet (Sommet de Strasbourg-Kehl), une déclaration sur la sécurité de l'Alliance définissant plus avant le contexte dans lequel s'inscrira cette tâche importante. » Il est, par ailleurs, symptomatique de constater qu'en nul endroit de la Déclaration de Bucarest ne figurait une quelconque référence au Concept stratégique de 1999 ! Or, à l'exception du Sommet de Bruxelles de 2005 (qui aboutit à une Déclaration des plus brèves) et de Rome (du 28 mai 2002) portant sur la création du Conseil OTAN-Russie, chaque Déclaration issue d'un Sommet de l'OTAN opère une référence explicite au CS.
Il est dès lors prématuré d'indiquer, à propos des travaux qui seront engagés, selon toute vraisemblance, à partir du prochain Sommet, qu'ils aboutiront inéluctablement sur la rédaction d'un nouveau Concept stratégique.
Bien sûr, des raisons d'espérer existent. Le récent rapprochement de la France et de l'Allemagne autorisent à penser qu'une relative communion de vue puisse apparaître entre les deux pays qui puisse, à terme, faciliter le processus d'élaboration de ce nouveau Concept. La Chancelière allemande, Mme Merkel, a pu récemment préciser, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, ses attentes en la matière. Mais il n'est pas sûr qu'ils remportent l'adhésion de l'ensemble de la communauté euro-atlantique. Si la nécessité d'une approche globale de la sécurité se comprend à l'aune de l'évolution du contexte sécuritaire international, elle risque de générer l'opprobre de ceux qui entendent ne pas diluer les compétences de l'OTAN dans une trop grande variété de missions. Bien que le développement d'une approche régionale des conflits réponde au souci de mieux appréhender certains théâtres de crises complexes comme l'Afghanistan, quelques partenaires souligneront le souci d'éviter que l'OTAN ne soit aux prises avec un trop grand nombre de fronts (on pense au Pakistan) ; perspective qui ne ferait qu'accroître les effets néfastes de la « surextension stratégique » de l'OTAN, déjà avérée au demeurant.
Viendra ensuite la délicate question du Traité FCE. Objet d'un moratoire russe depuis 2007 (cf. mes précédents billets sur la question), le Traité portant la réduction des forces conventionnelles en Europe, dont le premier document fut signé en 1990, est foncièrement inadapté aux transformations stratégiques ainsi qu'aux mutations technologiques des armements conventionnels contemporains. Sa révision (qui avait pourtant été au coeur des négociations de 1999 en marge du Sommet de l'OSCE à Istanbul) se révélera plus complexe que jamais dans la mesure où elle devrait appeler les « partenaires » à s'entendre non seulement sur les types de matériels visé par le Traité et les plafonds mais aussi - et surtout ! - sur la répartition des forces armées des États européens (en ce compris, évidemment, la Russie) sur le continent. Inutile d'ajouter que l'intervention militaire russe en Géorgie rendra les négociations particulièrement ardues.
Enfin, les incertitudes entourant l'avenir du projet d'installation d'éléments du bouclier antimissile américain en Europe (intercepteurs en Pologne et radar en bande-X en République tchèque) constitueront l'un des principaux paramètres du débat transatlantique dont l'issue impactera sur l'attitude de Moscou sur nombre de dossiers. Nombre de spéculations entourent, il est vrai, les perspectives d'implantation de ces éléments. Elles concernent, tout d'abord, la capacité des États-Unis à attribuer un financement structurant au projet durant les prochaines années dans un contexte de crise financière et de ralentissement économique sans précédent. Or, la défense antimissile est avant tout un « système des systèmes ». Toute altération portée à l'un des composants du projet entraînera des conséquences sur le développement de l'ensemble du programme. Les spéculations portent ensuite sur la stabilité politique de la République tchèque (dont la majorité gouvernementale vient d'être l'objet d'une motion de censure) et de la Pologne.
À la lecture des événements politiques et militaires récents, nous pouvons légitimement nous demander si l'Alliance n'a pas manqué l'opportunité qui lui était donnée au printemps 2008 de modifier quelques-uns des éléments les plus critiques d'une équation de sécurité paneuropéenne hautement complexe. "
 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 17:43

Regards-citoyens s'emploie à apporter à ses lecteurs des éléments d'analyse qui ont vocation à leur donner une capacité supplémentaire pour exercer pleinement leur citoyenneté sur tous les registres qui alimentent le débat démocratique et requièrent une implication de l'Etat.

Parmi ces registres, la course aux armements nucléaires, la dissuasion et la prolifération nucléaires occupent une place singulière.

Plusieurs articles disponibles sur ce blog y consacrent des analyses spécifiques ; notamment les articles intitulés : "Dissuasion et prolifération nucléaires, où en sommes nous ?" (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-28747573.html), "Gordon Brown est favorable à une réduction de l'arsenal nucléaire dans le cadre d'une négociation sur le désarmement" (cf.  http://www.regards-citoyens.com/article-29179304.html), "La dissuasion demeure au centre de la sécurité nationale des Etats Unis comme au temps de la Guerre froide" (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-29251847.html), ou encore "Les armes nucléaires, un sujet de débat pour la démocratie ? Le point de vue de Michel Rocard" (cf. http://www.regards-citoyens.com/article-29511255.html).

Dans un article publié dans l'édition du quotidien Le Monde en date du 1er avril sous le titre « Le réveil du désarmement nucléaire et l' "option zéro" », Laurent Zecchini propose une analyse critique d'une idée longtemps passée pour utopique : celle de l' "option zéro" dans le domaine nucléaire militaire.

Regards-citoyens voulant servir de caisse de résonnance à de telles analyses, il propose au lecteur d'en prendre connaissance ci-après.
 
" L' "option zéro", un monde sans armes nucléaires, est-ce possible ? Loin d'être une utopie pour pacifistes, l'idée a été défendue par Barack Obama pendant la campagne présidentielle américaine. Elle figurera en toile de fond des discussions que le chef de la Maison Blanche aura avec le président russe Dmitri Medvedev, mercredi 1er avril, à Londres, qui marqueront la reprise des négociations sur les armements nucléaires.
 
Il est temps : la planète est arrivée à un dangereux tournant de la prolifération nucléaire, les négociations russo-américaines sur le désarmement ont été laissées en jachère, et la Conférence sur le désarmement est en léthargie depuis treize ans. Les pays proliférants (Iran, Corée du Nord) n'ont pas tort de dénoncer l'hypocrisie des puissances nucléaires historiques (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), qui n'ont pas fait mine de respecter leur promesse du traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), dont l'article 6 prévoit que les parties signataires oeuvreront en faveur d'un "traité de désarmement général et complet".
 
Certes, les appels de l'Iran en faveur de l' "option zéro" seraient plus crédibles, si la République islamique n'était pas suspectée de mener un programme secret pour produire de l'uranium hautement enrichi, une matière fissile permettant de mettre au point une arme nucléaire. Mais Gordon Brown, le premier ministre britannique, se pose lui aussi en défenseur d'un monde sans armes nucléaires, sans pour autant renoncer au renouvellement de sa flotte de sous-marins nucléaires dotés du missile Trident...
 
C'est bien la difficulté : l'élimination totale de l'arme atomique est la meilleure garantie de sa non-utilisation, mais comment désarmer collectivement ? La démocrate Ellen Tauscher, appelée à prendre en charge le dossier du contrôle des armements dans l'administration Obama, ainsi qu'Ivo Daalder, qui va devenir le prochain ambassadeur américain auprès de l'OTAN, sont des partisans de "Global zéro", du nom de la campagne mondiale qui a été lancée en janvier 2008.
 
L'intention de M. Obama de faire du désarmement nucléaire "l'élément central" de la politique nucléaire américaine a été bien accueillie par Moscou. D'autant que l'élargissement de l'Alliance atlantique aux marches de la Russie - qui cherche à se recréer une sphère d'influence -, la guerre de Géorgie d'août 2008, le projet américain d'installer un site de défense antimissile en Pologne et en République tchèque ont gravement hypothéqué les relations bilatérales.
 
Pendant huit ans, l'administration de George Bush s'est largement désintéressée du dossier du désarmement, sauf pour dénoncer unilatéralement le traité ABM (antimissile) de 1972, afin d'avoir les coudées franches pour se lancer dans un programme de défense antimissile dispendieux et à l'efficacité aléatoire.
 
Or le compte à rebours a commencé. Dans huit mois, le 5 décembre, le traité Start sur les armes stratégiques, qui a permis de réduire les arsenaux de chacune des deux grandes puissances de 10 000 à environ 6 000 têtes nucléaires, arrive à échéance. Au-delà, c'est l'inconnu. Le traité SORT de 2002 prévoit certes de ramener d'ici à 2012 les deux arsenaux à 1700-2 200 têtes nucléaires chacun, mais il expire à la même date.
 
Les discussions entre M. Obama et M. Medvedev ne peuvent déboucher sur l' "option zéro", mais nombre d'experts estiment que la Russie et les Etats-Unis pourraient ramener leurs arsenaux respectifs à 1 000 têtes nucléaires, sans nuire à la crédibilité de leur dissuasion.
 
M. Obama dispose d'une panoplie d'autres moyens pour étayer ses intentions en matière de désarmement nucléaire. Outre que le nombre d'armes atomiques en alerte pourrait être fortement réduit, le chef de la Maison Blanche s'est engagé à faire ratifier le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) par le Congrès. Au-delà, la relance des négociations en faveur d'un traité d'interdiction de la production des matières fissiles accroîtrait l'autorité de Washington vis-à-vis des Etats proliférants.
 
Enfin, l'administration Obama, qui n'est pas convaincue de la nécessité de la défense antimissile en Europe, serait prête à y renoncer si Moscou réussissait à convaincre Téhéran d'abandonner son programme nucléaire militaire.
 
Un cercle nucléaire vertueux pourrait donc être engagé à la faveur de la reprise des négociations russo-américaines sur le désarmement nucléaire. Si elles sont fécondes, l'échec annoncé de la Conférence sur le désarmement de 2010 pourra être conjuré. Lors d'étapes ultérieures, les autres puissances reconnues, la Chine, la Grande-Bretagne et la France, devront elles aussi réduire leur arsenal, ne serait-ce que pour donner l'exemple aux puissances "de fait" (Inde, Pakistan et Israël), et couper court à l'aventurisme nucléaire de l'Iran et de la Corée du Nord.
 
Si une telle perspective semble encore relever de l'utopie nucléaire, l'alternative est connue : une "cascade" de proliférations, la mort définitive du régime de non-prolifération, une hausse de la probabilité d'emploi de l'arme nucléaire, et la renucléarisation des relations internationales. Ce n'est une option pour aucun pays. "

Comme le souligne en filigrane Laurent Zecchini, l'activité sous-marine a encore un très bel avenir devant elle. Y compris dans le domaine très fermé de la dissuasion nucléaire et dans celui plus ouvert de la propulsion nucléaire. Et les marchés d'armement dans ce domaine semblent prospérer comme jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale.


PS : Que le lecteur de ce blog ne s'aventure surtout à penser que la parution d'un tel article le 1er avril en réduit la portée à celle d'une simple galéjade ! L'article comme le sujet sont beaucoup trop sérieux pour qu'un quotidien aussi sérieux et aussi lu que Le Monde et qu'un journaliste d'aussi grande qualité que Laurent Zecchini s'y soient eux-mêmes aventurés.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 10:01

A l'instar de ce que propose l'Union européenne dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité commune (PESC), la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan inclura une intégration sans précédent des activités civiles et militaires.
C'est ce que dévoilent le Général d'Armée 
David H. Petraeus, commandant du U.S. Central Command, et l'Ambassadeur Richard Holbrooke, envoyé spécial en Afghanistan et au Pakistan, à CNN dans le cadre de spn programme intitulé "l'Etat de l'Union".
Regards-citoyens propose à ses lecteurs d'en apprécier la teneur au travers de l'article que diffuse le service de presse des Forces américaines.
" Holbrooke said that in the wake of a full review of Afghanistan policy ordered by President Barack Obama, he and Petraeus plan to meet soon to work on details for the way forward.
"Dave Petraeus and I are now going to sit down and plot the most serious integration of civilian and military activities ... we have had in our time," he said. "We're going to integrate the policy like it's never been done before."
On the civilian side of the equation, Holbrooke said, deliberations during the review focused on Afghanistan's agricultural sector and creating jobs.
Militarily, about 30,000 more U.S. forces will deploy to Afghanistan, doubling the number of Americans on the ground in the country, Petraeus said. "They'll all be on the ground by the end of the summer and the early fall," he said.
Holbrooke noted that the enemy in Afghanistan and contemporaries operating from the federally administered tribal areas in Pakistan present a danger to America.
"The people we are fighting in Afghanistan and the people they are sheltering in western Pakistan pose a direct threat [to the United States]," Holbrooke said. "Those are the men of 9/11, the people who killed [former Pakistani Prime Minister] Benazir Bhutto. And you can be sure that as we sit here today, they are planning further attacks on the United States and our allies."
The effort in Afghanistan and Pakistan is comprehensive, Petraeus said, employing all elements of government to deal with the Afghans and Pakistanis. Much of this is building trust and cooperation between the two nations, he said.
Asked by King whether sending more troops into Afghanistan is like sending the fire department there while the fires are in Pakistan, Petraeus said the troops are needed in Afghanistan, and that Pakistani officials are working on matters on their side of the border.
"Let me just say that it's very important that the fire department address the fires that have sprung up in the eastern and southern parts of Afghanistan without question," the general said. "And then it's critically important that the fire department, if you will, in Pakistan, do the same thing in the federally administered tribal areas."
The Pakistanis have been working on their side of the border to eliminate the safe havens -- most notably with offensives in Bajour and Mohmand. But they have to control all areas and establish government control throughout the country, Petraeus added.
"We've had ups and downs between our countries over the years," he acknowledged. "We've now got to get on an up and stay on an up with them."
In his March 27 speech announcing the plan, Obama said Pakistan must demonstrate "its commitment to rooting out al-Qaida and the violent extremists within its borders. And we will insist that action be taken, one way or another, when we have intelligence about high-level terrorist targets."
Petraeus said that doesn't mean U.S. ground forces would operate in Pakistan.
"There is no intention for us to be conducting operations in there, certainly on the ground, and there is every intention by the Pakistani military and their other forces to conduct those operations," he said. "[Pakistan] is a very proud country. It has existing institutions. Our job is to enable those institutions, to help them develop the kinds of counterinsurgency capabilities that are needed and to help their entire government at large to conduct the kind of comprehensive effort that is necessary well beyond just the military effort, but one that then looks after displaced citizens, that tries to foster local economic development, and there was some of that in the president's speech as well."" 


Source : 
Petraeus, Holbrooke Describe Afghanistan Strategy , par
Jim Garamone - American Forces Press Service -
< http://www.defenselink.mil/graphics/afisna_2.gif >


Biographies :
Army Gen. David H. Petraeus
< http://www.defenselink.mil/bios/biographydetail.aspx?biographyid=166 >

Sites associés :

White Paper on Afghan-Pakistan Strategy
< http://www.whitehouse.gov/assets/documents/Afghanistan-Pakistan_White_Paper.pdf >

Articles associés :

New Afghan-Pakistan Strategy Refocuses Military Efforts, Obama Says
< http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=53692 >
President
Unveils Afghan-Pakistan Strategy Review
< http://www.defenselink.mil/news/newsarticle.aspx?id=53677 >

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 09:35

L'Union européenne participe aujourd'hui à 9 missions de gestion de crise, et déploie environ 2400 personnes qui opèrent dans des zones dans des environnements souvent encore hostiles.

La taille actuelle et la complexité des missions civiles engagées au titre de la PESD dépassent ce qui était initialement envisagé.

Nul n'ignore les problèmes auxquels se heurte en pratique l'UE : des ressources humaines limitées et soumises à la pression budgétaire, des procédures financières inadaptées, des capacités en matière de formation et des capacités techniques largement insuffisantes ... . Une impulsion politique est nécessaire pour s'assurer que les solutions techniques présentées soient à la hauteur des ambitions.

Ce problème est également celui de l'ONU (cf. l'article de ce blog intitulé : "2009, une année cruciale pour les opérations de maintien de la paix de l'ONU" - http://www.regards-citoyens.com/article-28767771.html). Depuis l'adoption, il y a 10 ans, du rapport Brahimi qui a établi le socle des opérations de maintien de la paix, les effectifs des opérations de maintien de la paix sont passés de moins de 14.000 personnes à près de 112.000 personnes en 2009, réparties dans 18 missions, avec un budget de plus de 7 milliards de dollars. Alors que le rapport Brahimi envisageait un Département des opérations de maintien de la paix capable de créer une nouvelle opération de maintien de la paix par an, ce rythme a été largement dépassé, a-t-il fait observer. Les opérations de maintien de la paix sont victimes de leur succès. Parmi les difficultés actuelles le nombre considérable des demandes et « l'écart immense » entre la demande et l'offre de personnel qualifié. « Ne serait-il pas plus prudent de limiter les mandats des opérations de maintien de la paix qui deviennent trop étendus et inclusifs, comme le recommandait le rapport Brahimi », s'est interrogé le Secrétaire général adjoint en charge de ce dossier à l'ONU, M. Alain Le Roy, lequel considère que la communauté internationale devrait examiner la possibilité de recourir à d'autres outils, notamment diplomatiques et militaires, quand il y a peu ou pas de paix à garantir.

Lorque les 27 ministres des Affaires étrangères se sont réunis les 27 et 28 mars 2009, à Hluboká nad Vltavou (le chateau des Schwarzenberg) pour la traditionnelle réunion informelle semestrielle dite de Gymnich), ils ont trouvé dans leur sacoche de travail un "non paper" de la présidence tchèque du Conseil qui présente les diverses voies à empunter afin d'améliorer la gestion civile de crises, document établi avec l'appui des services compétents du Secrétariat général du Conseil et de la Commission européenne, ainsi qu'avec celui des autorités françaises (présidence précédente) et suédoises (présidence suivante) compétentes en matière de gestion de crise.

Le document présenté lors de la réunion du Conseil informel formule plusieurs propositions aux Ministres parmi lesquelles figurent en bonne place les suivantes
:

1. Dégager des ressources budgétaires supplémentaires. « Plus de missions avec moins de ressources est la recette infaillible de l'échec ». La ligne budgétaire sur les mesures préparatoires - qui ne permet pas aujourd'hui de financer l'achat de matériels, services et recrutement de personnel nécessaire pour la mission principale - doit avoir une utilisation plus « flexible et globale » pour permettre un déploiement rapide (proposition qui trouvera dans le traité de Lisbonne des dispositions appropriées pour offir une base légale à de ce type de dépenses). Les règles de marchés publics doivent être revues afin de permettre la mise à disposition rapide des équipements nécessaires à la réalisation des missions, dès le début des opérations et pendant leur exécution(comme pour les actions humanitaires entreprises dans le cadre d'Echo). Enfin, la capacité de gestion financière des missions doit être améliorée.

2. Trouver les personnes qualifiées en un temps record, surtout quand les missions sont à haut risque, reste toujours une prouesse. Les « nouvelles missions dans les zones dangereuses feront face à des problèmes de recrutement ». L'idée est donc de renforcer la coopération entre les processus des 1er et 3e pilier de l'Union afin de permettre de trouver les ressources nécessaires pour stimuler les candidatures et assurer les formations indispensables, notamment en matière de police et de justice. La constitution d'une base de données d'experts ainsi que le profilage des ressources nécessaires est une autre piste.

3. Disposer du matériel nécessaire (communications, équipement de sécurité, services médicaux) dans un temps record, et, en particulier, dans la première phase d'opération, constitue un véritable défi. La solution passe par la conclusion de "contrats-cadres" couvrant les équipements essentiels. Deux contrats sont déjà disponibles. Et une série d'autres est en préparation. L'objectif est d'avoir une palette complète de contrats prêts à la mi 2010. D'autres solutions alternatives complètent cette démarche capacitaire comme la constitution de stocks, centralisés ou virtuels, et une rationalisation de l'exploitation des matériels dans les missions en cours.

Ce document arrive à point nommé. En effet, l'Union européenne doit confirmer officiellement dans les prochains jours la prolongation de sa mission civile en Irak chargée de former les policiers, juges et gardiens de prison jusqu’à juin 2010. Depuis sa mise en place, il y a quatre ans, presque 2000 personnes ont été formées, essentiellement par des stages et démonstrations pratiques qui se déroulent dans les pays membres de l’Union européenne. Cette mission civile avait scellé l’unité des 27 sur la nécessité ou pas d’intervenir en Irak. Elle pourrait trouver un nouveau souffle d’ici quelques mois après le départ annoncé des Américains (nb : le renforcement de ses effectifs ainsi que l’extension de ses tâches est d'ores et déjà à l’étude).  

L'agenda européen concourt à faire de la gestion, notamment civile, des crises une de ses priorités pour les mois à venir. En effet, la gestion de crises constitue avec la "défense européenne" une priorité de la présidence suédoise du Conseil de l'Union européenne qui s'étalera du 1er juillet au 31 décembre 2009. Cecilia Malmström, la ministre suédoise des Affaires européennes, l'a récemment affirmé devant le collège suédois de Défense. "
Protéger les citoyens contre les risques majeurs est au coeur des tâches européennes. [...]. Quel type de sécurité l'UE peut offrir aujourd'hui et que pourrait-on attendre de l'Union dans le futur ? On pourrait y répondre que (cette sécurité) couvre un large éventail : des attaques de pirates sur les côtes somaliennes ou de la mission judiciaire en Irak à un système de prévention précoce pour détecter des alimentations nuisibles dans un restaurant à Stockholm ou un restaurant à Madrid. Qu'il s'agisse d'une attaque terroriste à Mumbaï, d'un cyclone important dans le sud de la Suède, d'une cyberattaque en Estonie ou de la crise de gaz affectant la population slovaque ou bulgare, l'UE doit être capable d'agir ". 

L'exemple de l'intervention en Géorgie le montre, l'UE est capable de "gérer" effectivement les crises importantes. Mais "les moyens avec lesquels nous gérons ces crises sont encore de type ad hoc" souligne-t-elle. "Ce dont nous manquons, c'est d'une approche holistique et d'une prévisibilité. Chacun sait combien il est dangereux de travailler sur un système basé sur des solutions ad hoc, où chacun agit étroitement dans son secteur."

Pour la ministre suédoise, développer une approche globale (et non sectorielle) de prévention des crises est une nécessité absolue ; une approche qui croise les objectifs et les instruments attachés à la gestion civile de crises au sens de la PESD et ceux qui sont attachés à la sécurité civile.

L'exemple des attentats de Mumbaï le montre, « Quand bien même on ne l'aurait pas perçu ainsi à Bruxelles, sur place, on l'a bien vu, la coordination a été insuffisante » entre les Etats membres, et entre ces Etats et le niveau européen. C'est pourquoi la Suède veut développer les structures de coordination de l'UE face aux risques majeurs. Elle propose de doter le prochain collège des Commissaires d'un membre chargé explicitement de la gestion de crises. Elle entend également renforcer le MIC (mécanisme de coordination de sécurité civile, actuellement une petite unité de quelques personnes implantée au sein de la DG Environnement) en lui donnant « plus de ressources, des pouvoirs et des compétences adéquates ».

Et la Suède montre l'exemple. Afin de pouvoir gérer les crises possibles pendant qu'elle assurera la présidence du Conseil de l'Union, la Suède s'est d'ores et déjà dotée de deux structures dédiées : une cellule de gestion de crise a été créée au cabinet du Premier ministre et une nouvelle agence a été créée en début d'année, le "Swedish Civil Contingencies Agency" ces Agency", qui aura à sa disposition des personnels prêts à partir en cas d'urgence. L'expérimentation de cette double structure politique et opérationnelle permettra à l'Union européenne d'apprécier l'intérêt ou non de la reproduire au niveau européen.

Pour autant, cette appétence particulière pour la gestion civile des crises n'empêche pas la Suède et ses voisins nordiques (Finlandais, Norvégiens, Irlandais et Estoniens ) de prendre plus au sérieux que d'autres la préparation et l'entraînement des battlegroups (la force de réaction rapide légère de l'UE). Sur un effectif global de plus de 2100 personnes, environ 1.600 Suédois prendront place dans le battlegroup nordique. Une équipe d'une dizaine de personnes travaille déjà au FHQ, dont le siège est à Stockholm. Les effectifs monteront à environ 70 personnes après l'été pour être progressivement augmentés jusqu'à 109 personnes. (
Source : le blog bruxelles2.over-blog.com).

Cette implication particulièrement forte de la Suède dans un domaine où sa compétence est reconnue, et qui singularise la politique de Sécurité de l'Union européenne par rapport à l'ensemble des autres acteurs multilatéraux de la sécurité collective, et notamment de l'OTAN, participe indubitablement à renforcer les chances de Carl Bild d'accéder au poste tant convoité de Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'Union, également Vice-Président de la Commission européenne (lequel pourrait alors se voir confier le porte-feuille de la gestion "globale" des crises) institué par le traité de Lisbonne.

Mais ces fonctions parmi les plus importantes de l'Union pourraient également être exercées avec brio par les français Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier.

Il y aurait alors parfaite cohérence entre la personnalité retenue et l'ensemble des compétences attachées à la fonction : ce dont l'Union ne peut pas faire l'économie dans une période où les crises de toute nature et de grande ampleur vont au mieux se succéder et/ou, le plus probable, hélas, se superposer.

 

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 21:02

The Hague Centre for Strategic Studies, think tank néerlandais, vient de publier un rapport intitulé "Finding a path away from NATO de-solidarisation" (www.natonewhorizons.org/NewHorizons-DigitalEdition.pdf) qu'analyse le magazine en ligne EUobserver.com dans un article en ligne intitulé "European NATO members at odds over strategic priorities" qui a été publié le 27 mars 2009.

Eu égard à la qualité de cette analyse dont je partage les grandes lignes, je propose au lecteur d'en prendre connaissance ci-après.

"NATO is increasingly lacking solidarity and unity of vision over future strategic options, such as its relation with Russia and enlargement, a study issued by the Hague Centre for Strategic Studies, a Dutch think-tank, shows.

Issued just a week ahead of NATO's 60th anniversary summit, the study, Finding a path away from NATO de-solidarisation is aimed at feeding into the drafting of the alliance's new strategic concept, which dates back to 1999. The 26 NATO heads of state and government are set to start work on a new concept at the summit.

Challenged by new problems such as the economic crisis, the race for Arctic resources, and a resurgent Russia and China, NATO is facing the "strategic necessity" of reconciling its traditional role – providing for the security of its members – with that of coping with these new challenges, the report highlighted.

Carried out amongst 300 experts and students on transatlantic security, the study was launched on Thursday (27 March) at the Security and Defence Agenda, a Brussels-based think-tank that focuses on EU-NATO issues.

As is the case with the EU, NATO is found to be divided over relations with Russia because some members see the eastern neighbour as a security threat, especially after the gas crisis and the Georgian war, while others consider it a necessary partner, the study found.

Members are also at odds over the issue of NATO enlargement, which is seen as both inevitable but undesirable. The biggest thorn in NATO-Russian relations, enlargement to Georgia and Ukraine, has been put off for now, yet allies have committed to their membership at some point in the future.

Speaking at the event, Hungarian ambassador to NATO Zoltan Martinusz pleaded in favour of NATO's enlargement policy, which saw his country join after the fall of the Iron Curtain.

"NATO has a strong role in promoting transformation and change, and the political transformation of Eastern Europe was one of the historic successes of NATO, done a hundred percent by political, not military means," Mr Martinusz said.

The Hungarian diplomat dismissed the idea that eastern European members refused to transform their forces to be more expeditionary and deployable abroad, but preferred to keep more "static" troops which could defend them from a classical terrestrial invasion, alluding to the one Georgia faced last summer when after Tbilisi's attack on South Ossetia, the Russian army invaded its territory with tanks.

"We don't have static forces anymore. Hungary only borders allies, and from hundreds of tanks, we only have six now, for training purposes," he said.

German revolution

Meanwhile, on Thursday, German Chancellor Angela Merkel called for a "revolutionary" transformation of NATO, ahead of the summit that she is to co-host with the French president in Strasbourg and Kehl.

Ms Merkel stressed that the military alliance needs to co-operate closely with civil organisations such as the European Union and the United Nations.

"I don't see a global NATO. The alliance is and remains focused on the collective security of north-Atlantic partners," she said.

Eurozone security risks

Meanwhile, the security aspects of the current economic crisis also featured at the event.

A potential break-up of the eurozone, a topic of speculation in financial circles, could have a significant impact on European security and defence, the head of the Dutch think-tank said at the event.

"We don't know yet what the outcome of the financial and economic crisis would be. If the eurozone breaks up - there is this possibility - then it will surely affect defence and security in Europe. But the crisis could also lead to more integration. It could go both ways," said Rob de Wijk, the director of the Hague Centre.

Mr de Wijk later told EUobserver that talk about a eurozone breakup was "no longer as taboo as [it was] two to three months ago" and is being debated in the financial world. Such fears mainly revolve around the troubles that Ireland and southern members of the single currency – Portugal, Spain, Italy and Greece, have in selling bonds and stabilising their growing deficits.

The Dutch think-tank is closely following the security impact of the financial crisis, particularly in terms of a power shift from the West to the East, notably due to China's rising financial power, he explained
."

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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

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" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

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