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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 18:56

Les crises font - en définitive - progresser le processus d'intégration politique européenne. Ce phénomène, maintes fois constaté dans la brève histoire de l'UE, va-t-il se reproduire à l'occasion de la crise financière actuelle ?

Telle est du moins l'opinion développée par certaines sources, y compris réputées « eurosceptiques », comme l'Economist.

Dans deux éditoriaux successifs « Charlemagne » (J. Rennye) relève que la crise oblige les États à une coordination de plus en plus étroite de leurs réactions à la crise - et que seule l'UE peut protéger les Européens dans ces circonstances :

  a - dans son édition du 7 février 2009, « Charlemagne » considère que, pour protéger la zone Euro, les institutions et les États membres sont amenés non seulement à coordonner plus étroitement que jamais leurs opérations de sauvetages financiers - voire industriels - mais également à concevoir de nouvelles initiatives non expressément prévues par les Traités et jusqu'ici sur la seule compétence de ces États membres.

Ces initiatives reviendraient - de facto - à mettre en œuvre certains éléments d'une politique économique commune (par exemple, une coordination des politiques budgétaires nationales) permettant à l'Union monétaire de traverser la tempête financière actuelle.

La théorie « fonctionnaliste » du développement de l'intégration européenne (l'intégration acquise dans un secteur entraînant nécessairement celle d'autres secteurs liés au premier) et de son accélération à l'occasion des crises (économiques ou politiques) serait ainsi une nouvelle fois démontrée...

  b - dans son éditorial du 5 mars 2009, « Charlemagne » énumère les raisons pour lesquelles l'existence même de l'UE rend improbable un renouvellement du scénario des années 30 :

         1 - « La bonne santé de la démocratie libérale et multipartite. » 
 
       2 - « Les liens qui unissent les politiques nationaux autour du modèle libéral, libre-échangiste et internationaliste. » 

         3 - « Le consensus sur la nécessité de défendre les droits fondamentaux » et la possibilité de « traduire en justice ou de menacer de suspension » les États violant ces droits.

         4  - « L'UE prône la solidarité internationale et l'interdépendance. »

         5 - « L'UE est un compromis permanent entre des intérêts opposés et constitue un rempart contre l'extrémisme. »

« Charlemagne » ajoute : « Cela ne rend pas toujours Bruxelles populaire auprès des électeurs. Mais cela nous rend reconnaissants que l'UE existe. »

Simultanément, dans un article du Financial Times du 3 mars 2009, Gedeon Rachman (ancien « Charlemagne » de l'Economist) déclare : « I am ready to retire as a Eurosceptic. » L'article est intitulé : « L'euroscepticisme est une croyance du passé. »

L'auteur rappelle les raisons qui ont jusqu'ici motivé son euroscepticisme notoire mais déclare que la crise économique (et le changement climatique) l'ont amené à prendre conscience de l'importance de l'acquis communautaire, de la nécessité de préserver notamment le marché unique contre les tendances protectionnistes des États membres.

Il considère que l'UE est le « meilleur exemple de gouvernance internationale » et qu'il revient à « une Commission affaiblie de maintenir le cap face aux gouvernements nationaux pris de panique. » Il conclut en reconnaissant qu'il ressent « une certaine affection protectrice vis-à-vis des eurocrates assiégés dans leurs bastions bruxellois » et que, finalement, « I love Big Brother. »

Il y a décidément quelque chose de changé au royaume de la presse britannique (hors la presse « populaire » bien sûr) dont l'influence sur les dirigeants n'est pas négligeable.

Acceptons l'augure de cette évolution - tardive - qui sera sans doute une contribution notable aux réflexions des responsables européens dans les prochaines semaines lorsqu'ils devront définir - à l'échelle européenne et mondiale - les mesures destinées à faire face à la crise d'abord et à consolider les outils et les structures européennes ensuite.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:27

Alors que le Président Medvedev a formulé en juin 2008 à Berlin l'idée d'un traité de sécurité en Europe dont les piliers sont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, le non-recours à la force armée, le contrôle des armements et le principe selon lequel aucune organisation internationale n'a le droit exclusif d'assurer la sécurité en Europe, Javier Solana, le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, s'est déclaré sceptique sur la possible création de nouvelles structures de sécurité en Europe en remplacement des mécanismes existants.

"Arrêter le fonctionnement des structures de sécurité existantes n'est pas nécessaire", a-t-il affirmé.

Selon M. Solana, les institutions existantes fonctionnent bien, et en cas d'apparition de menaces sérieuses on pourrait y trouver une réponse efficace, y compris dans le cadre du Conseil Russie-OTAN.

Les spécialistes des questions de sécurité ne peuvent que s'interroger sur le sens de telles affirmations à la veille du Sommet de Strasbourg-Kehl ; affirmations qui ne sont pas de nature à rassurer les citoyens européens sur la volonté de ce haut représentant de la politique étrangère et de sécurité commune d'une Union européenne qui n'est pas partie à l'Alliance atlantique et dont l'une des vocations est de permettre l'émergence progressive d'une Union politique réellement autonome et capable d'appréhender l'ensemble des dimensions d'une Sécurité véritable, tant pour elle même que pour son voisinage et pour le monde dont elle entend devenir un acteur global.

Avec de telles postures, on comprend mieux pourquoi elle n'en prend pas le chemin ! D'autant moins d'ailleurs que sa stratégie de sécurité ne constitue en rien la matrice porteuse d'un vréitable concept stratégique pour sa propre politique de Sécurité ; un concept stratégique à la fois autonome et compatible avec celui de l'OTAN.

En s'exprimant ainsi, Javier Solana apporte un éclairage utile quant aux réponses qui doivent être apportées aux questionnements soulevés par certaines dispoitions ambiguës du Traité de Lisbonne, ainsi que par l'absence dans le texte de mentions ou de références explicites à des notions aussi fondamentales que : Union politique, identité de l'Union, souveraineté de l'Union, autonomie de l'Union, partenaire stratégique de l'Union, concept stratégique de l'Union, enjeux globaux de sécurité pour l'Union, système de sécurité de l'Union, objectifs de sécurité de l'Union, garanties de sécurité de l'Union, mesures de confiance, sécurité européenne, .... ainsi que, "the last but not the least", stratégie européenne de sécurité !

Les citoyens européens disposent  désormais d'un nouvel élément pour comprendre les motivations des représentants des gouvernements à la Conférence intergouvernementale chargée de finaliser la rédaction du Traité de Lisbonne, lorsqu'ils ont unaniment décidé d'introduire, dans le Titre V relatif à l'espace européen de liberté, de sécurité et de justice du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, une disposition offrant la possibilité aux Etats-membres "d’organiser entre eux et sous leur responsabilité des formes de coopération et de coordination qu’ils jugent appropriées entre les services compétents de leurs administrations chargées d’assurer la sécurité nationale".





 

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:34

L'Union pour la Méditerranée (UPM), qui a été lancée de façon spectaculaire en juillet 2008, est depuis le mois de janvier "institutionnellement suspendue".

Comme le processus euro-méditerranéen de Barcelone, né en 1995, que l'UPM était censé relancer et intensifier, le projet de Nicolas Sarkozy a violemment buté, six mois après son lancement, sur de lourds problèmes politiques.

La suspension de l'UPM a été demandée formellement par l'Egypte, dans un souci de se montrer à l'écoute des récriminations formulées contre Israël par l'ensemble de l'opinion arabe, après le début des opérations militaires contre Gaza, le 27 décembre 2008.

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Le Sommet de lancement du « Processus de Barcelone : Union pour la méditerranée » s'est tenu au Grand Palais, à Paris, le 13 juillet 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Président en exercice du Conseil européen.

Grâce, en particulier, à la mobilisation des partenaires européens et des institutions européennes, il a permis, pour la première fois dans l'histoire du partenariat euro-méditerranéen, d'instaurer le principe d'une co-présidence du processus entre l'UE et un pays partenaire méditerranéen et d'élargir le processus de Barcelone à 4 nouveaux pays (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Monaco), pour rassembler autour de mêmes ambitions 43 pays partenaires représentant 750 millions de personnes.

Ce Sommet a donné lieu à l'adoption d'une déclaration qui prévoit : 

  - un partenariat renforcé, avec une impulsion politique donnée au plus haut niveau. Des sommets se tiendront tous les deux ans. Le format a été élargi à l'ensemble des pays riverains de la Méditerranée. La nouvelle forme de gouvernance doit renforcer la co-appropriation du processus par le Sud. Elle permettra le lancement de projets concrets à caractère régional ;

  - la définition et la mise en œuvre de projets pour relever des défis communs autour de six thématiques : dépollution de la Méditerranée ; autoroutes de la mer et autoroutes terrestres ; protection civile ; énergie de substitution : plan solaire méditerranée ; enseignement supérieur et recherche, université euro-méditerranéenne ; initiative méditerranéenne de développement des entreprises.

Il ne s'agit plus dorénavant de simplement « aider le sud », mais bien de travailler ensemble sur des projets d'intérêt commun, menant à plus long terme à une transformation de « la Méditerranée en un espace de paix, de démocratie, de coopération et de prospérité » .

Les questions de substance sur le mode de fonctionnement et le siège du futur Secrétariat, ainsi que la gouvernance de la coprésidence et les critères de sélection des projets avaient été renvoyés à la conférence des Ministres des affaires étrangères de Marseille (3-4 novembre).

Moins de quatre mois après le Sommet de Paris, la réunion ministérielle du « Processus de Barcelone : Union pour la méditerranée » s'est tenue au Palais du Pharo à Marseille les 3 et 4 novembre. La grande majorité des pays invités étaient représentés au niveau ministériel à cette conférence, qui a débouché sur l'adoption par consensus d'une déclaration ambitieuse dont on peut dégager les quelques éléments suivants sur le registre politique :

  a - Les Ministres ont décidé que la Ligue des Etats arabes participerait désormais à toutes les réunions à tous les niveaux. En contrepartie, Israël avait obtenu, ainsi que l'Autorité palestinienne, l'un des multiples postes de secrétaire général adjoint. Perçue comme une concession d'ordre politique faite à l'Etat juif, cette décision avait, avant-même le conflit de Gaza, suscité un fort mécontentement côté arabe.

  b - Un texte politique fort, sans précédent dans une enceinte Euromed concernant le Moyen-Orient a pu être adopté. ''L'importance'' de l'Initiative arabe de paix a pu être évoquée dans un texte accepté par Israël pour la première fois depuis 2005. Par ailleurs, le texte adopté souligne le soutien apporté par les Etats de l'UPM au processus d'Annapolis, et appelle au respect de la Feuille de Route ''sans prendre de mesures unilatérales qui compromettent les négociations ''.
Sur les autres questions relatives au Proche-Orient, la déclaration de Marseille salue les discussions indirectes israélo-syriennes ainsi que l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie.

  c -
La déclaration adoptée mardi 4 novembre indique que ''les Ministres proposent qu'à compter de la réunion de Marseille, le "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée" s'appelle "Union pour la Méditerranée"''.

"Avec le sommet de Paris et la réunion de Marseille, nous sommes en condition de mettre l’UPM en marche", a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, le 26 novembre 2008 lors de l’ouverture, à Tanger, de la première édition du forum MEDays dont l'objectif est de débattre des processus politiques et économiques en cours dans la région méditerranéenne.

"N’attendons pas demain, on est déjà en retard. On va le faire, on va réussir", a ajouté M. Moratinos, évoquant la nécessité de l’intégration maghrébine "mais aussi ce Proche-Orient qui nous interpelle et doit aboutir à une paix définitive".

"L’UPM est en marche et plus rien ne l’arrêtera", a ensuite affirmé le chef de la diplomatie marocaine Taïeb Fassi-Fihri, lançant un "appel pressant aux maghrébins, aux hommes politiques, aux spécialistes de l’économie pour voir l’Union du Maghreb arabe se réaliser, avancer et progresser".

"Sans cela l’UPM restera handicapée par cette absence et cette division symbolisée par une frontière fermée entre deux pays frères", a-t-il ajouté en allusion à la frontière algéro-marocaine fermée depuis 1994.

"Le +non-Maghreb+ a un coût, c’est une opportunité ratée pour le développement des cinq pays de la région, et c’est un gâchis pour l’UPM", a encore souligné M. Fassi-Fihri.

Le 3 décembre 2008, la Commission européenne approuve, en l’état des informations dont elle dispose, qu'elle transmet au Conseil pour approbation, 

Le 9 décembre 2008, le Conseil que préside Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères et européennes, approuve l'octroi à Israël d'un nouveau cadre de coopération privilégié au moyen d'un accord qui prévoit notamment que, dès 2009, Israël aura accès à des domaines de coopération avec l'UE jusque-là réservés à ses seuls membres. Cet accord prévoit trois rencontres annuelles entre leurs ministres des Affaires étrangères, des consultations et un dialogue permanent sur les questions stratégiques, diplomatiques et sécuritaires, la possibilité pour Israël de participer à des missions internationales communes avec l'UE, un appui de l'UE à Israël pour sa pleine intégration au sein de l'ONU,  ainsi qu'un réhaussement et une intensification du partenariat sur tous les autres chapitres de coopération classique. 

Il approuve également que le texte de l’accord entre Israël et l’Union européenne négocié par la présidence de l’Union assistée du Haut représentant pour la PESC et avec la pleine participation de la Commission, sur la sécurité des échanges d’informations classifiées (le Parlement européen n'ayant eu à examiner, comme le lui confèrent ses statuts, qu'un avis sur la conformité (consultation) sur les décisions du Conseil et de la Commission européens).

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni qualifie cette annonce de « succès significatif pour la diplomatie israélienne, qui ouvre une nouvelle page » dans les relations avec l’UE, alors que les Palestiniens manifestent leur « profonde inquiétude ». « L’UE est un groupement fondé sur des valeurs et des idéaux incompatibles avec les violations du droit international et des droits humains commis par Israël  » a déclaré Salam Fayyad qui interroge : « Le processus politique dans lequel l’UE souhaite être un acteur clef a pour objectif la création d’un Etat palestinien. Comment un tel Etat peut-il voir le jour avec la poursuite de la colonisation ? »

Lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre 2008, les Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne entérine les décisions du Conseil.

Le 27 décembre 2008, Tsahal est autorisée par le gouvernement israélien à lancer l'opération "Plomb durci".

Depuis l'arrêt des combats, l'Union pour la Méditerranée "est congelée".

Comme le soulignent Florence Beaugé et Natalie Nougayrède dans un article paru le 1er mars 2009 dans le Monde.fr : aucun dégel n'est attendu avant la tenue du sommet de la Ligue arabe prévu fin mars à Doha, au Qatar.

"Nous marquons une pause", commente-t-on côté français, "pour préserver les institutions" de l'UPM. Car toute réunion, si elle se tenait, donnerait lieu à un étalage de divisions profondes. Les Français s'efforcent de minimiser la crise et préfèrent souligner que l'Union est un projet au long cours qui ne devrait pas succomber à une suspension de "quelques mois".

La déconvenue vient cependant illustrer à quel point il est difficile pour ce vaste ensemble de s'affranchir des contingences liées au dossier israélo-palestinien. "Les Egyptiens sont dans une position compliquée au sein du groupe arabe, car d'autres pays les dépassent dans la surenchère de la défense de la cause palestinienne", commente-t-on côté français. "Il faut protéger l'Egypte", qui s'efforce de jouer un rôle de médiation au Proche-Orient.

Déjà prégnante lors des tractations qui avaient précédé le lancement de l'UPM, la crainte, dans le monde arabe, de voir l'Union se transformer en véhicule d'une normalisation des relations avec Israël sans contreparties, est ravivée.

Un pays comme l'Algérie, qui s'était rallié sans grand enthousiasme au projet de M. Sarkozy en juillet 2008, se montre maintenant franchement hostile. "Nous sommes dans l'UPM mais le constat est que cette Union n'avance pas", a déclaré le 25 février le ministre algérien des affaires étrangères devant des journalistes. La presse algérienne est très virulente, parlant de l'UPM comme d'une "chimère" et d'un "vide sidéral".

La Syrie et le Liban ont plaidé en faveur de la suspension. La Libye a été la plus cinglante, en déclarant fin janvier que l'UPM avait été "tuée par les bombes israéliennes". Le Maroc, soucieux de préserver ses relations privilégiées avec l'Union européenne qui lui a accordé en 2008 le "statut avancé", était en revanche disposé à laisser se poursuivre les réunions de l'UPM .

Dans un tel contexte, l'avenir du processus apparaît très incertain. Le règlement des questions en suspens, comme celle de la désignation d'un secrétaire général de l'UPM, apparaît encore plus compliqué.

Pouvons-nous nous permettre de laisser se tarir cette source d'espoir pour tant de peuples de cette Région ?

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 20:01

Le président américain Barack Obama a pris l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens et leur a offert de surmonter trente années de conflit, dans un message diffusé pour le nouvel an iranien dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Je voudrais parler directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d'Iran", dit M. Obama, dans un geste dont le retentissement s'annonce considérable.

M. Obama a en effet rompu avec l'ancienne pratique officielle d'adresser des félicitations au peuple iranien à l'occasion de la grande fête de Norouz, et a associé le régime islamique dans les destinataires de son message pour offrir la perspective d'un "avenir où les anciennes dissensions sont surmontées", alors qu'elles ont souvent fait craindre la guerre.

Cependant, M. Obama dit dans cette vidéo sous-titrée en farsi (la langue iranienne) que, si son administration est déterminée à "rechercher un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel", le régime iranien a un "choix" à faire lui aussi.

Sans parler explicitement du soutien au terrorisme ou de la recherche de l'arme nucléaire dont les Etats-Unis accusent l'Iran depuis des années, M. Obama dit que la République islamique ne prendra pas le rang international qui lui revient, "par le terrorisme ni par les armes".

Les propos de M. Obama n'en constituent pas moins la reconnaissance du régime islamique comme un interlocuteur possible pour le gouvernement américain alors que les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, que l'intervention militaire est une option que les présidents américains se réservent pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire et que les intérêts américains et iraniens se sont heurtés frontalement au cours des dernières années au Proche-Orient ou au Conseil de sécurité des Nations unies.

En promettant une "diplomatie qui traite la totalité des problèmes", M. Obama tient l'une de ses grandes promesses, celle de donner sa chance au dialogue avec les adversaires des Etats-Unis, l'Iran au premier rang d'entre eux, et de rompre avec la diplomatie de son prédécesseur George W. Bush, qui avait classé l'Iran parmi les pays de "l'axe du mal".

Le message de M. Obama, qui avait promis peu après son investiture de tendre la main si les dirigeants iraniens voulaient "desserrer le poing", fait écho à distance au message que lui avait adressé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad après sa victoire à la présidentielle américaine en novembre. M. Ahmadinejad avait félicité M. Obama, mais lui avait demandé un changement radical de la politique américaine.

L'équipe Obama cherchait depuis des mois une ouverture avec l'Iran. Elle a donc saisi l'occasion de Norouz, la grande fête annuelle et familiale en Iran. "En cette saison qui est celle des nouveaux commencements, je voudrais parler clairement aux dirigeants iraniens", dit M. Obama.

"Nous avons de graves divergences et elles se sont amplifiées avec le temps. Mon administration est désormais résolue à pratiquer une diplomatie qui traite la totalité des problèmes que nous avons devant nous, et à chercher à établir des relations constructives entre les Etats-Unis, l'Iran et la communauté internationale. Ce processus ne progressera pas par la menace. Nous cherchons au contraire un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel", dit-il.

M. Obama offre aux dirigeants iraniens un "avenir où les anciennes dissensions ont été surmontées, où vous et tous vos voisins et le monde en général vivent dans une sécurité et une paix plus grande".

Il fait miroiter "de plus grandes chances de partenariat et de commerce".

"Vous aussi, vous avez un choix à faire", dit-il cependant aux dirigeants iraniens, sans jamais distinguer aucun d'entre eux, l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême, ou M. Ahmadinejad ou d'autres.

"Les Etats-Unis veulent que la République islamique d'Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations", mais "on ne peut obtenir cette place par la terreur ni par les armes, mais par les agissements pacifiques qui démontrent la véritable grandeur du peuple et de la civilisation iranienne", dit-il.

L'Iran accueille favorablement le message du président américain Barack Obama à l'occasion du nouvel an iranien mais demande des actes concrets pour réparer les erreurs passées, a déclaré à l'AFP Ali Akbar Javanfekr, le conseiller de presse du président Mahmoud Ahmadinejad.

Mais quelle sera la réaction du grand allié israélien des Etats-Unis qui se considère comme la cible première de l'Iran ?.


Source : Laurent Lozano, correspondant de l'Agence France-Presse à Washington.

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 16:27

Au moment où le Président Dmitri Medvedev annonce "un réarmement à grande échelle" de son pays, une commission américaine bipartisane présidée par les sénateurs Chuck Hagel, républicain, et Gary Hart, démocrate (retraité), vient de transmettre un rapport au vice-président Joe Biden et au conseiller à la Sécurité nationale James L. Jones qui invite à apaiser d'urgence la relation avec Moscou et à la doter de "nouveaux mécanismes institutionnels".

Créée au mois d'août 2008, en pleine guerre russo-géorgienne, et sponsorisée par le Nixon Center et le Belfer Center d'Harvard, cette commission considère que renforcer les relations russo-américaines est d'autant plus critique que les "intérêts vitaux" [et] de sécurité des USA ne pourront être défendus avec succès sans la Russie, convaincue que le coût d'une Russie devenant le sponsor d'un Iran nucléarisé serait colossal pour les Etats-Unis.

Plaidant en faveur d'une politique d'apaisement avec la Russie malgré le durcissement des politiques intérieure et étrangère russe, son rapport juge indispensable que les Etats-Unis distinguent entre ses "intérêts absolument vitaux" (non prolifération nucléaire, lutte contre le terrorisme stratégique, reconstruction de l'économie globale, sécurité énergétique, etc.) et les autres enjeux.

Dès lors,  et bien qu'elle considère important que l'Alliance atlantique établisse une relation spéciale avec ces Etats, elle affirme que l'adhésion de l'Ukraine et la Géorgie à l'OTAN, qui participerait à réduire la sécurité de l'Europe au lieu de l'accroître, ne saurait constituer une priorité en soi, surtout au moment où l'OTAN doit faire face à d'autres défis critiques sur d'autres théâtres.

La commission Hart-Hagel invite également l'administration Obama à regarder avec des yeux neufs la question de la défense antimissile en Europe et à y associer la Russie, et plaide pour un "dialogue sérieux sur le contrôle des armements" et une accélération de l'ahésion de ce pays à l'OMC.

Soucieuse de prévenir toute critique pouvant émaner de la part de ceux qui jugent que l'agressivité actuelle de la Russie est le résultat de la dynamique interne au régime actuel plutôt que le boomerang des erreurs de Washington, cette commission souligne que la Russie sera "au mieux un partenaire difficile", tout en n'excluant pas que Moscou puisse choisir de prendre "une direction inacceptable". Si les efforts russes pour rétablir une zone d'influence doivent être combattus, les Etats-Unis doivent toutefois "éviter de se mettre en concurrence" avec Moscou dans son voisinage immédiat. "Nous ne devons pas devenir l'instrument des pays de la région, dont les intérêts ne coîncident pas toujours avec les notres." 

Enfin, cette commission n'a pas jugé utile d'introduire dans son rapport des éléments d'analyse ayant trait à l'apparition dans le paysage stratégique dans lequel se joue la défense des intérêts "absolument vitaux" des Etats-Unis et de la Russie, de nouveaux acteurs stratégiques clés tels que l'Organisation de coopération de Shangaï, d'une part, et l'Union européenne (qui s'emploie à apparaître comme un nouvel acteur global dans le monde), d'autre part. Or ces nouveaux acteurs internationaux entretiennent des rapports étroits avec les précédents, et possèdent des dynamiques propres - internes et externes - qui sont susceptibles d'interférer avec la nouvelle dynamique d'apaisement que la commission appelle de ses voeux. Sans oublier l'Alliance atlantique dont la réforme en cours ouvre de réelles perspectives d'apaisement  qui devraient se concrétiser dans les actes lorsque les doutes seront définitivement levés quant à sa véritable finalité.

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 11:35

Dans son édition du 21 mars, le quotidien Le Monde publie un article de Hugo Dixon qui analyse pour le compte de l'agence économique et financière Breakingviews.com (www.breakingviews.com) le rapport qui présente le programme en 24 points établi par les 20 Etats du G20 dans la perspective du sommet de Londres du 2 avril prochain.

Les termes de cet article tels qu'ils figurent dans Le Monde sont repris ci-après.

" Pour Wall Street et la City, les années folles sont bel et bien révolues... et elles ne sont pas près de revenir. Lorsque l'économie mondiale sera sortie du marasme, les Etats auront entre-temps institué une réglementation tellement stricte, qu'il sera impossible à la finance de retrouver son opulence flamboyante.

Les bases de ces nouvelles règles du jeu ont déjà été jetées dans un document de travail élaboré en vue du sommet du G20 qui se tiendra le 2 avril. Le projet recueillera l'approbation quasi générale, exception faite des financiers.

En parvenant à un accord sur ce programme en 24 points, dont l'agence économique et financière Breakingviews.com a réussi à se procurer une copie, les vingt nations participantes marquent d'une pierre blanche l'histoire de la coopération internationale. Cette crise est mondiale. Elle a suscité une réaction tout aussi mondiale.


Le schéma d'ensemble du plan semble tenir franchement la route. Premièrement, les autorités sont déterminées à détecter l'émergence de bulles sur les marchés du crédit ou des différentes familles d'actifs.


Deuxièmement, elles ont mis au point des outils nouveaux pour faire éclater les bulles avant qu'elles n'aient pris trop d'ampleur.


Troisièmement, elles tiennent à ce que les banques renforcent tant leur capital que leurs réserves de liquidités dès que la crise sera terminée, afin qu'elles n'en soient pas réduites à faire faillite, ni à demander du secours, la prochaine fois qu'une tempête sévira.


Quatrièmement, elles attendent du secteur bancaire qu'il gère le risque plus efficacement, et elles le contraindront à modifier ses pratiques en matière de rémunération, de sorte que les dirigeants ne soient plus incités à se comporter comme des flambeurs de casino.


HAUTE SURVEILLANCE


En résumé, les Etats sont décidés à mettre la finance sous haute surveillance réglementaire.


Un tel programme de réformes constitue une quasi révolution. Pas une révolution complète : par exemple il n'est pas question d'un texte équivalent au Glass-Steagall Act, la loi américaine qui avait décrété la séparation étanche entre banque de détail et banque d'affaires, à l'époque de la Grande Dépression.


Ces mesures n'en vont pas moins modifier profondément la physionomie du monde de la finance. Si elles doivent faire plus de réserves, les banques seront moins rentables. Elles ne pourront pas simplement se contenter de prendre des précautions et de s'en remettre à la providence.


Même chose en ce qui concerne l'obligation qu'elles auraient de détenir un minimum d'actifs liquides. Il ne sera vraiment pas évident pour elles de jouer à se procurer des ressources de court terme et bon marché, pour les investir à long terme dans des actifs non liquides. Les dispositions adoptées pour maîtriser la prise de risque grignoteront elles aussi les bénéfices, du moins en période faste.
"

Une fois que les mesures destinées à asseoir les primes sur les performances à long terme auront pris effet, Wall Street et la City ne seront plus des voies royales garantissant un enrichissement rapide et facile. Les jeunes diplômés les plus brillants seront plus nombreux à s'intéresser aux carrières dans l'industrie ou dans les professions libérales.


Le monde d'après la crise sera plus sûr, mais aussi plus terne, ce qui nous fera le plus grand bien.

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 07:09

Le BRIC, qui comprend le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, a fait connaître les exigences communes de ces Etats parties au G20 par un communiqué en date du 14 mars 2009 dont voici la teneur : 

" Issuing their first-ever communique at a G20 finance ministers' meeting, Brazil, China, Russia and India have called for a bigger voice on international bodies -- signalling their growing political resolve to influence global affairs.

1. We, the Finance Ministers and their representatives of Brazil, Russia, India and China held our meeting in Horsham, the United Kingdom, on the eve of the G-20 Finance Ministers and Central Bank Governors Meeting. We reverted once again to the current situation in the global economy and its latest trends, as well as fiscal and monetary policy responses in BRIC countries. We also discussed the forthcoming G20 Leaders' Summit agenda and the expected outcomes. We consider that the G2O's position as the focal point to coordinate with global economic and financial challenges and to lead international efforts responding to the current crisis should be consolidated. We exchanged views on the reform of international financial institutions. As a result of our deliberation we deem it necessary to focus the further international efforts in the following areas.

2. We agreed that the stabilization of international financial system through recapitalization, liquidity support and cleaning of bank balance sheets with such governmental action as may be necessary is a priority. These measures are vital to rebuild confidence, maintain and support credit flow to help restore growth.

3. Presently, as many other countries, BRICs are taking measures to promote domestic demand in their national economies and will continue to do so, as necessary. While recognizing the need of such anti-crisis measures we consider it necessary to ensure that they are implemented in such a way that they would not hamper efforts needed to ensure mid-term and long-term macroeconomic sustainability according to the particular conditions of each country.

4. We realize that protectionism is an increasingly real threat to the global economy. We should avoid protectionism of all kinds and not allow it to act as a disruptive force to the global economy. Failure to do so creates risks repeating the mistakes of the past which lead to the Great Depression. World leaders must commit to work towards a prompt and successful conclusion of the Doha round, with an ambitious, comprehensive and balanced result.

5. We stress that major reserve currency issuing economies should step up information sharing and policy coordination and work to ensure that the macroeconomic policy is more balanced, proactive, coordinated and countercyclical with a view to promoting global economic recovery. We also urge developed economies and development institutions to strengthen their support for the hardest hit developing countries to ensure the achievement of the MDGs.

6. As regards the current G20 policy agenda we realize the need to reduce the gap between the global nature of financial markets and the national character of regulation. In this context we call for achieving greater consistency in the regulatory principles that would apply to similar markets and institutions performing similar activities and strengthening cooperation between national regulators. It seems expedient that activities of such regulators should aim to reduce information asymmetries which have grown due to increasing complexity of financial markets. On the whole we share plans to reduce the procyclical character of existing regulatory practices which may induce the behavior of the financial institutions that amplify the magnitude of economic cycles.

7. We consider that all financial activities - especially those of systemic importance - must be subject to adequate regulation and supervision, including institutions which are in the "shadow banking system". Internationally important financial institutions that are systemically relevant should be effectively supervised. We therefore firmly support the suggestion broadly discussed within the G20 working groups to intensify supervision of hedge funds, and private pools of capital which have made a significant impact on global markets but for a long time had been in a shadow of international regulatory system. Rating agencies should be also subject to adequate regulation and supervision.

8. We note that the crisis has led to a massive withdrawal of private capital in 2009 and this is likely to continue in 2010. It is imperative that multilateral financial institutions should expand their lending to offset the massive decline.

9. We draw our special attention to the reform of international financial institutions. We stand for reviewing the IMF role and mandate so as to adapt it to a new global monetary and financial architecture. We emphasize the importance of a strong commitment to governance reform with a clear timetable and roadmap.
  - We consider that IMF resources are clearly inadequate and should be very significantly increased through various channels. Borrowing should be a temporary bridge to a permanent quota increase as the Fund is a quota-based institution. Hence we call for the completion of the next general review of quotas by January 2011.
  - We also call for a substantial SDR allocation.
  - We deem it necessary to develop new credit facilities that could assist countries facing financial problems. Those new facilities would bear new and more flexible approaches to the issue of conditionality and have a precautionary dimension.
  - The crisis has demonstrated that the Fund must strengthen its surveillance capability. To achieve this goal, we emphasize the importance of better-focused even-handed surveillance across all IMF members, especially in respect to advanced economies with major international financial centers and large cross-border capital flows.
  - We call for urgent action with regard to voice and representation in the IMF, in order that they better reflect their real economic weights. In the Fund, a significant realignment of quota should be completed not later than January 2011. This is necessary to enable members more equitable and fuller participation in the Fund's efforts to play its mandate role. A rebalancing of representation on the Executive Board and DVIFC would lead to a more equitable representation of the membership.
  - We call for the study of developments in the international monetary system, including the role of reserve currencies. This would help clarify the role of the Fund in the international economy in light of lessons drawn from the crisis.
  - We also call for the swift activation of the IMF's new income model, including the speeding up of the process required for the sale of a portion of the Fund's gold.

10. We also ask for the speeding up of the second phase of voice and representation reform in the World Bank Group, which should be completed by April 2010. This process should ensure they fully reflect changes in the world economy and in this respect developing countries and emerging economies should have greater voice and representation. This process should be also aimed at equitable representation between advanced and emerging/developing countries without dilution of any individual developing members. Moreover, to fulfil a countercyclical role in the present circumstances, the World Bank should raise substantive resources from the global capital markets in order to enhance its lending capacity, including in support to trade finance. It will also need to relax the present single borrower limit and provide new funding for infrastructure projects in low and middle income countries. It also imperative that the next heads of the IMF and the World Bank be selected through open merit-based processes, irrespective of nationality or regional considerations.

11. We welcome the decision to broaden the membership of the Financial Stability Forum (FSF) and invite as new members the G20 countries that are not currently in the FSF. We also welcome the expansion of the Basle Committee on Banking Supervision announced today. The International Accounting Standards Board and other standard setting bodies also need to become more representative, reinforcing the presence of emerging market economies.

12. We had a fruitful discussion on other actual international financial issues and decided to enhance our collaboration, including through greater exchange of information, in light of deepening of the global crisis. We also agreed to hold our next meeting in Istanbul prior to the 2009 Annual IMF and World Bank Meetings. " 

Ainsi formulées, de telles positions, qui sont très proches de celles qu'a fait connaître l'Union européenne, illustrent l'intensité autant que la densité des relations qui se sont nouées entre les différentes parties au G20 pour répondre collectivement aux défis de la crise financière systémique et de ses corrollaires monétaire, économique et social.

Le G20, qui a vocation à favoriser la recherche d'équilibres coopératifs dans un jeu global "à somme quasiment nulle", parviendra-t-il à élaborer des mesures susceptibles de satisfaire l'ensemble des protagonistes ?

La réponse est d'ores et déjà connue ! Elle est affirmative comme en atteste la publication du rapport qui présente lr programme en 24 points auxquels sont parvenus les représentants des 20 Etats parties au G20 au terme des négociations préalables à la tenue du sommet du 2 avril.

Pour autant, force est de constater qu'un tel accord crucial ne lève en aucune manière les hypothèques de protectionnisme, y compris sur le registre monétaire, que pointe un autre rapport établi par la Banque mondiale.
 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:35

"La dissuasion demeure au centre de la sécurité nationale des Etats Unis comme au temps de la Guerre froide", affirme Kevin P. Chilton, officier général de l'U.S. Strategic Command, devant la Commission sénatoriale compétente, selon Samantha L. Quigley du Servive de presse des Forces américaines.
"Our unique global perspective has given us a good platform for advocating for the nation's needs for missile defense; information operations; intelligence, surveillance and reconnaissance capabilities; and the things we need to both enhance our information operations and our planning for combating weapons of mass destruction," Air Force Gen. Kevin P. Chilton told the senators. "Your support is critical to enabling successful execution across the command's assigned missions."
Part of that mission is a strategic deterrence plan, which Defense Secretary Robert M. Gates approved last year, Chilton said. The plan depends on many pieces, including a safe, secure, reliable and sustainable nuclear enterprise, command and control systems, ISR platforms and people.
Since the end of the Cold War, the United States has substantially reduced its deployed nuclear weapons, dismantled production capability and ceased nuclear testing, he said. Despite the nation's steps to reduce its nuclear arsenal, other states still seek nuclear weapons.
"Many of our closest allies continue to rely on the U.S. nuclear umbrella," he added. "This reliance should be considered as we look forward to address nuclear proliferation issues."
The most urgent issues surrounding the country's nuclear enterprise lie with the aging stockpile, infrastructure and human capital, Chilton said. Relieving the growing uncertainty about the stockpile's reliability and sustainability is critical in the upcoming year.
Space-based capabilities also are a concern for Stratcom, but the command has made progress on this front in regard to its mission of deterrence.
"Space-based capabilities provide our nation and our forces essential, but often unnoticed, abilities to act and operate," Chilton said. "The satellite constellations that carry these capabilities, however, require more careful attention to eliminate delays that can leave us just one launch failure away from an unacceptable gap in coverage in the future."
Computer network communications has emerged as a key warfighting domain as well, and it's one on which all other domains in the warfighting environment depend, he said.
"We remain concerned about growing threats in cyberspace, and are pressing changes in the department's fundamental network, culture, conduct and capabilities to address this mission area and share our best practices," Chilton said. "Still, the adequate positioning of the cyber mission ... remains our greatest need."

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:04

Dans l'édition du CongressDaily en date du 16 mars 2009, George C. Wilson signe un article intitulé : Forward Observer: Obama's Iran Strategy qui propose un éclairage lucide et précis de ce que pourrait être la stratégie du Président B. H. Obama à l'égard du dossier nucléaire iranien.

" President Obama, the country's chief basketball enthusiast, has opted for a full-court diplomatic press on Iran to freeze its nuclear weapons development rather than use any of the Pentagon's Strangelovian, bottom-drawer schemes, such as bombing Iran's nuclear facilities.Secretary of State Hillary Clinton and Joint Chiefs of Staff Chairman Mike Mullen agree the administration is better off taking Winston Churchill's advice: "To jaw-jaw is always better than to war-war." And Director of National Intelligence Dennis Blair says the administration has a bit of breathing room because Iran has not resumed its pursuit of The Bomb.

If diplomacy fails and Iran develops a deliverable nuke, Senate Armed Services Chairman Carl Levin believes Russia might be scared into joining the United States in deploying a defense to stop Iranian nuclear-tipped missiles. The wild card is Israel, which has bombed Iraq and Syria to slow their development of The Big One.

Reasoned Levin at his panel's hearing on Iran last week: "A nuclear-armed Iran with ballistic missiles would be a common threat to which Russia cannot be indifferent. U.S.-Russia cooperation on missile defense would send a powerful signal to Iran, perhaps helping dissuade Iran from continuing to violate United Nations resolutions."

As for those Strangelovian Pentagon plans, I was covering the military during the coldest days of the Cold War when one Air Force scheme, Operation Switchblade, was to send a high-altitude plane over China's Lop Nor nuclear facilities, drop a nuclear bomb and then tell the world there had been an accident at the complex.

U.S. government documents recently declassified testify to the fact Obama is just the latest president to anguish over what to do about Iran's nuclear reach. In 1974, when the Shah ruled Iran, a then-classified document warned Secretary of State Henry Kissinger that if the Shah was toppled, "domestic dissidents or foreign terrorists might easily be able to seize any special nuclear material stored in Iran for use in bombs."

Just last Wednesday night, Mullen told the Young Professionals in Foreign Policy organization that "I believe Iran is on a path to develop nuclear weapons." The day before he spoke, apprehensive Armed Services senators wrung what they could out of Blair on just how close Iran is to getting nukes.

Levin: "It's my understanding that uranium for civil nuclear power production has to be enriched from 2 to 4 percent, but that highly enriched uranium, which is necessary for a nuclear bomb or warhead, needs to be enriched to about 90 percent. Does the intelligence community believe that as of this time Iran has any highly enriched uranium?"

Blair: "We assess now that Iran does not have any highly enriched uranium."

Levin: "Now, does the intelligence community assess that Iran currently has made the decision to produce highly enriched uranium for a warhead or a bomb?"

Blair: "We assess that Iran has not yet made that decision."

Levin: "And in 2007, that national intelligence estimate on Iran said that, quote: 'The intelligence community judges with high confidence that in the fall of 2003 Tehran halted its nuclear weapons program.' Is the position of the intelligence community the same as it was back in October of 2007? Has that changed?"

Blair: "The current position of the community is the same, that Iran stopped its nuclear design and weaponization activities in 2003 and has not started them again, at least as of mid-2007."

Levin: "And in 2007, that national intelligence estimate said the following: 'We judge with moderate confidence that the earliest possible date that Iran would be technically capable of producing enough highly enriched uranium for a weapon is late 2009. But that is very unlikely.' Now, if your position is the same as it was in 2007, does the 2009 now become 2011?"

Blair: "Our current estimate is that the minimum time at which Iran could technically produce the amount of highly enriched uranium for a single weapon is 2010-15."

Sen. Lindsey Graham, R-S.C.: "A nuclear-armed Iran in terms of destabilizing the Mideast and making the world a more dangerous place, if that event occurred, how would you rate it: 1 being not so much and 10 being very destabilizing?"

Blair: "It'd be up on the 8-to-10 scale."

Graham: "And potentially terrorist organizations might benefit more from that technology? Would that be a concern?"

Blair: "The more nuclear weapons technology around, the greater the chances of it getting into the wrong hands."

Looking through Obama's end of the telescope at Iran's worrisome nuclear technology strides, the options other than diplomacy appear unattractive.

Invading Iran -- like his predecessor invaded Iraq to rid the world of nukes that apparently did not exist -- risks getting our military into another quagmire and spending billions of dollars in the process.

Bombing Iran's nuclear facilities risks poisoning the Earth for decades.

Allowing Iran to pursue The Bomb would likely push Israel into an attack, further inflaming the region.

Talking, bribing or otherwise pressuring Iran out of pursuing nukes thus becomes the least of the unattractive options. And just think, he really wanted this job. "

Parmi les enseignements que l'on peut tirer de cet article, il en est un qui mérite d'être souligné :

Au moment où certains médias occidentaux, aux Etats-Unis et en Europe, se plaisent à trouver dans la transformation du système de défense de la Russie des motifs d'inquiétude pour une OTAN qui éprouve quelques difficultés à analyser et à apporter des corrections à ses propres erreurs, l'évocation d'une alliance de facto entre les Etats-Unis et la Russie dans la recherche d'une solution efficace à la crise induite par la stratégie nucléaire iranienne tend à en atténuer la portée.

Car comme le souligne un spécialiste russe des questions stratégiques (cf. l'édition du Figaro en date du 18 mars) : "L'OTAN ne représente plus l'ennemi numéro un de la Russie depuis la chute de l'URSS".

Et si c'était là que se situait la fameuse "surprise stratégique" qu'évoquent nombre de documents de stratégie de sécurité nationale des Etats occidentaux ???

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 23:04

The efforts of world leaders to find solutions to the economic crisis are intensifying. The last preparatory meeting before the leaders' summit on 2 April 2009 shows what needs to be done, says Katinka Barysch for openDemocracy (www.openDemocracy.net).

 

"The summit of finance ministers and central bankers from the Group of Twenty (G20) countries took place in the southern English town of Horsham on 13-14 March 2009. It was the last major gathering before the global economic summit in London on 2 April, concluded with a declamation that does not quite conceal the lack of substance within:

"We agreed further action to restore global growth and support lending, and reforms to strengthen the global financial system," the statement says. "We have taken decisive, coordinated and comprehensive action to boost demand and jobs, and are prepared to take whatever action is necessary until growth is restored. We commit to fight all forms of protectionism and maintain open trade and investment [...]. We reaffirm our commitment to take all necessary actions to ensure the soundness of systemically important institutions."

The meeting's agenda - which included such issues as clamping down on tax-havens, regulating hedge-funds and cutting bankers' bonuses - is all very well. But the sheer scale of the current recession makes them look more of a diversion than a strategy for restoring financial stability, improving global economic governance, and creating the conditions for revival.


There is not much time for world leaders to get their act together if the London summit is to be a success. In light of the finance ministers' meeting, the G20 heads of state and government must now focus on two things: how best to work together to prevent an even deeper global recession; and how to avoid future crises of such magnitude.


The Political Test


The first issue is as divisive as it is urgent. The US is pushing for more fiscal spending, the Europeans are reluctant, and most emerging powers are keeping quiet. Many countries (Germany, for example) are loath to commit to more spending before they know whether and how their existing emergency packages are working.


The second issue is both longer term and fiendishly complicated. An unwieldy group of around 25 leaders (since the attendees will include representatives of international institutions as well as governments, making the term "G20" a misnomer) cannot be expected to discuss - far less agree on - the minutiae of capital-adequacy ratios or cross-border supervision. But this also underlines the fact that the G20 (as used to be said of the search for peace in Ireland) is a process not an event, and that its summits are political exercises not technical ones.


In this light, what the 2 April meeting is really about is maintaining faith in multilateral solutions at a time when the temptation to embrace go-it-alone and self-defeatingly selfish policies is growing. If leaning on Liechtenstein or forcing disclosure onto hedge-funds helps this cause then so be it. But if the aims of collaborating to avoid a deeper recession and avoiding a repeat of such crises are to be met, two themes appear paramount: the role of the International Monetary Fund (IMF) and governments' commitment to avoid protectionism.


The Emerging Task


The IMF has since the near-meltdown of September 2008 lent over US$50 billion to a range of countries from Pakistan to Ukraine. It is in desperate need of more cash. The US and EU member-states are supporting a doubling of the fund's resources to US$500 billion; in the event the Horsham summit only agreed on the "urgent need to increase IMF resources very substantially." These countries have appeared less willing to redress their own over-representation in international financial institutions, though again the summit agreed to end the informal rule guaranteeing American and European leadership of (respectively) the World Bank and IMF.


This would be a precondition for emerging powers (such as China and other of the "Bric" countries [Brazil, Russia, India] to contribute significantly to an increase in IMF resources, and - perhaps even more importantly - accept its legitimacy at the heart of the global financial system (see Krzysztof Rybinski, "A new world order," 4 December 2008).


In this respect, the results of the Horsham meeting clearly reflect the pressures exerted on the established powers; the communiqué says that "(emerging) and developing economies, including the poorest, should have greater voice and representation and the next review of IMF quotas should be concluded by January 2011." Indeed, the IMF needs the enhanced legitimacy that would come from reform as well as more money in order to fulfil two other functions that will be equally essential for future financial stability.


First, the world needs better surveillance of national macroeconomic and exchange-rate policies to address the kind of global imbalances that have contributed to the current crisis. The IMF already has such mechanisms in place but they need to be strengthened. Second, the fund needs to expand its new, conditionality-light lending facility (with US$100 billion available in the short term) for emerging markets that are well run. It could also encourage the healthier recipients of such loans to pool their foreign exchange reserves to make them available for emergency lending.


If emerging markets do not have easy access to available emergency finance, they will conclude that the best insurance against future pain is to accumulate more reserves. They will do this by keeping the value of their currencies low and running big external surpluses. This kind of policy, as practiced by China, has already caused lots of friction. In an environment where global trade is shrinking, its continuation would fuel a nasty protectionist backlash in the west. That is why the G20 summit needs to produce a firm commitment to increasing the IMF's role and resources, while setting in train a thorough reform of its governance structures.


The Bigger Think


There are already some signs that protectionism is rising. World Bank economists have counted 47 new trade restrictions since late 2008 alone. More than a third have been put in place by the G20 countries that pledged to such measures at the inaugural summit of heads of state and government in Washington on 14-15 November 2008.


The real risk, however, is less a return to a 1930s-style tariff war but what two analysts from the Centre for Economic Policy Research (CEPR) call "murky protectionism": industrial subsidies, requests that banks lend to only local companies, or the use of environmental arguments to discriminate against foreign goods and services (see Richard Baldwin & Simon J Evenett, "The collapse of global trade, murky protectionism, and the crisis: Recommendations for the G20", VoxEU, 5 March 2009).


There are many current examples, from the "buy American" provisions in the US stimulus programme to Nicolas Sarkozy's idea that French motor companies should make cars only in France. These instances provoked a degree of international outrage, and the governments in question backtracked. But the dangers remain high.


The best response would be for the G20 leaders to broaden the "no protectionism" pledge agreed in Washington to cover non-tariff measures. They could also task international organisations such as the Organisation for Economic Cooperation and Development (OECD) and the World Trade Organisation (WTO) with alerting the world to national measures that could be harmful for that country's trading partners.


The finance-ministers' meeting has revealed how much remains to be done. There is still time for the G20 to think big and agree to implement measures that will make a real difference in addressing this huge, complex crisis.
"

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