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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 14:37
Depuis des années, le chef d'orchestre et pianiste Daniel Barenboim oeuvre pour la réconciliation entre Arabes et Israéliens. Partant du principe que "La musique est le langage de la paix", il créé en 1999, avec l'écrivain Edward Saïd, le West Eastern Divan Orchestra, une formation composée de jeunes musiciens âgés de 13 à 26 ans venant d'Israël, de Palestine, de Syrie, de Jordanie, du Liban, de Tunisie, d'Egypte et d'Espagne, qui se forme en 1999 à Weimar à l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de Goethe : le nom de l'orchestre vient d'ailleurs du recueil West-östlicher Divan (Divan occidental-oriental) du poète allemand.

D'abord basé à Weimar pendant les deux premières années, il obtient en 2001 le soutien de l'Orchestre symphonique de Chicago dont Daniel Baremboim était le directeur musical. Depuis 2002, c'est le gouvernement autonome d'Andalousie et différents mécènes espagnols qui en assurent le financement. Depuis cette date, l'orchestre s'assemble chaque été en Espagne, à Séville où il répète pendant le mois de juillet avant d'entreprendre en août une tournée mondiale (Europe, Amérique du Sud, ...) sous la baguette de Daniel Barenboïm.

Un événement hautement symbolique a eu lieu en août 2005 : le premier concert à Ramallah, en Cisjordanie. Cette manifestation a été soutenue par les ambassades d'Allemagne, de France et surtout d'Espagne, laquelle a fourni un passeport diplomatique espagnol à tous les musiciens. L'orchestre a interprété la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, basson et cor en mi bémol majeur de Mozart et la Symphonie n° 5 de Beethoven. Le concert a été retransmis en direct par la chaîne de télévision franco-allemande Arte et sur France Inter. Il a également fait l'objet d'une parution en CD et DVD (The Ramallah Concert).

Un an auparavant, un de leurs concerts à Genève avait également été enregistré. Le programme en était le suivant :
   • Verdi, ouverture de La Force du destin ;
   • Sibelius, Valse triste ;
   • Tchaïkovski, Symphonie n° 5 en mi majeur op. 64.


Le 20 août 2006, l'orchestre s'est produit à l'Alhambra de Grenade. Le programme était le suivant :
   • Ludwig van Beethoven, ouverture Leonore III ;
  • Giovanni Bottesini, La Fantasia pour deux contrebasses sur un thème de Rossini (jouée par une contrebasse et un violoncelle) ;
   • Johannes Brahms, Symphonie n° 1 en do mineur ;
   • Richard Wagner, Prélude de Tristan et Isolde (donné en bis).


À l'été 2008, l'orchestre aurait dû se produire à Amman mais, à cause d'un attentat mi-juillet, la prestation retransmise en direct sur Arte le 11 août 2008 s'est tenue à Ravello sur la Côte amalfitaine, en Italie du Sud.
L'ensemble du programme était consacré à Richard Wagner, avec le renfort des chanteurs Waltraud Meier, John Tomlinson et Simon O'Neill. Le détail en était le suivant:
   • Ouverture des Maîtres Chanteurs de Nuremberg ;
   • Prélude et Mort d'Isolde de Tristan et Isolde, avec Waltraud Meier ;
  • Premier acte de La Walkyrie, avec Simon O'Neill, Waltraud Meier, John Tomlinson dans les rôles respectifs de Siegmund, Sieglinde et Hunding.


Nota : Les éléments ci-dessus sont empruntés à Wikipedia 
         (cf.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Orchestre_Divan_occidental-oriental)

Bien avant que Daniel Barenboïm et Edward Saïd soient parvenus à donner corps à leur projet exemplaire, d'autres personnalités de l'univers orchestral se sont employés à faire la démonstration que ce conflit était dépourvu de sens, sans pour autant être nés en Palestine et sans appartenir à l'une ou l'autre des communautés parties audit conflit.

Parmi elle, Sir John Eliot Gardiner, considéré comme l'un des grands spécialistes du renouveau de la musique ancienne, même si ses choix, à la scène et au disque, reflètent un éclétisme musical sans doute unique aujourd'hui. J. E. Gardiner s'est penché depuis près de quarante ans sur cinq siècles de musique symphonique, lyrique ou chorale : Bach, Mozart, Beethoven, Haendel, Gluck, Rameau, Berlioz, et bien sûr, Monteverdi.

L'article que le magazine Le monde de la musique (www.lemondedelamusique.fr, cf. le numéro 339 de février 2009) consacre à Sir J. E. Gardiner souligne à quel point sa vie comme son oeuvre témoignent de l'engagement de ce musicien au service de la renaissance de ce souffle qui a inspiré les plus beaux esprits (poètes, musiciens et savants) pendant des siècles et dont il a tiré la puissance et la couleur de ses interprétations orchestrales.

Chez J. E. Gardiner, " la musique 
vient de loin. Par son arrière-grand père maternel, comédien et violoniste à l'Opéra de Vienne. Par son grand-père paternel, l'égyptologue Alan Gardiner, membre de l'équipe d'Howard Carter qui découvrit la tombe de Toutânkhamon en 1922. Violoniste à ses heures perdues, celui-ci achète chez Sotheby's un instrument du XVIIè siècle de Giovanni Battista Rogeri qu'utilisent encore aujourd'hui les musiciens de The English Baroque Soloists, l'orchestre créé par J.E. Gardiner en 1977 à partir du Monteverdi Orchestra qu'il fonda en 1968, à l'âge de 25 ans. C'est aussi avec ce violon que le jeune John Eliot commence la musique et qu'il se produira, à dix huit ans, aux côtés de la célèbre chanteuse libanaise Fairouz, dans un casino au nord de Beyrouth. La musique n'est encore qu'une passion, pas encore un avenir pour ce futur étudiant en histoire fasciné, comme ses parents, par un Moyen-Orient où il passera six mois à travailler autant sur des fouilles archéologiques à Pétra qu'à reconstruire une église luthérienne à Béthléem ou à rédiger le script d'un documentaire sur les conditions de vie des réfugiés palestiniens. 

" J'étais alors alors en compagnie de mon parrain, Christopher Scaife, professeur d'anglais à l'Université américaine de Beyrouth. Au début des années 1960, cette région jouissait d'une remarquable tranquillité  et réussissait à faire cohabiter pacifiquement des populations et des religions très diverses. Je n'y voyais pas qu'un dépaysement exotique ; j'ai vite compris les apports de la civilisation orientale à la culture occidentale : la philosophie grecque, les mathématiques, les instruments de musique tels l'oud (ancêtre du luth) et le rebec (violon primitif). Nous avons une énorme dette ! Malheureusement, le conflit actuel embrase cette zone et tue les civils des deux camps. Le désir légitime des juifs de disposer d'une patrie doit-il se réaliser au détriment des Palestiniens ? "

Monteverdi accompagne Gardiner depuis toujours. En 1964, à Cambridge, John Eliot Gardiner fonde un choeur pour pouvoir chanter ses fameuses Vêpres et le baptise du nom du compositeur. Quarante cinq ans après sa création, sans cesse renouvelé au gré des générations, le Monteverdi Choir reste une référence absolue, un modèle de virtuosité, d'équilibre, de vitalité.  " En poste à Mantoue, Monteverdi a accompagné le Duc de Gonzague en Hongrie. Sans doute a-t-il pu entendre des musiciens arabes. Plus tard, maître de chapelle de Saint Marc de Venise, il a également dû écouter des musiciens turcs de passage grâce aux relations de Venise et Constantinople. Les vocalises de certaines de ses oeuvres me semblent faire directement écho aux appels d'un imam. Mon rêve serait de pouvoir donner les Vêpres de la Vierge de Monteverdi à la basilique Sainte Sophie d'Istanbul. "


Ces parcours et ces engagements exceptionnels d'hommes qui ne revendiquent rien d'autre que de voir un jour prochain ce souffle de civilisation qui les habite après avoir  habité et inspiré les plus grands maitres de la musique symphonique, lyrique ou chorale, habiter et inspirer aussi ceux qui ont la responsabilité et le pouvoir de négocier, de décider et d'agir pour que la paix, une paix véritable, redevienne possible au Proche Orient.

Alors, et seulement alors, rien n'interdira plus que d'autres Monteverdi, qu'ils soient juifs, chrétiens, mulsulmans, athées, agnostiques ou autre chose, puissent à nouveau composer demain des vocalises qui sembleront faire directement écho aux appels d'un imam, et que Sir J. E. Gardiner  puisse donner les Vêpres de la Vierge de Monteverdi à la basilique Sainte Sophie d'Istanbul.

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 08:56

Le présent artice présente le texte intégral de l'intervention prononcée le 7 février 2009 par le Président N. Sarkozy lors de la Conférence de Sécurité de Münich.

" Madame la Chancelière, Chère Angela,
Cher Donald,
Monsieur le Président,


Je suis très heureux d'être ici pour évoquer toutes ces questions de défense, d'amitié avec les Etats-Unis, de solidarité entre nous, pour essayer d'en parler le plus franchement possible, et avec le moins de langue de bois possible.

D'abord, nous sommes au 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin.
Certains avaient cru que nous étions entrés dans un « monde unipolaire ». Nous sommes dans un monde de « puissances relatives ». Cela, c'est le premier raisonnement autour duquel on doit organiser toutes nos stratégies. Comme l'a dit Angela, comme l'a dit Donald, une seule puissance ne peut pas régler les grands conflits du monde. Le XXIe siècle voit l'émergence de grandes puissances, qui disent : nous aussi on veut donner notre avis, nous aussi on compte, nous aussi on a des intérêts à défendre. D'ailleurs, nous avons besoin de ces nouvelles grandes puissances pour faire pression sur les belligérants et obtenir la paix.

Si l'on veut bien considérer que nous sommes rentrés dans le monde des « puissances relatives », cela veut dire que la première conséquence, c'est la nécessité de la solidarité, Donald, et de la coopération.

Quand il n'y a qu'une seule grande puissance, il n'y a pas besoin de coopération, il y en a un qui décide et les autres qui suivent. Quand il y a « des puissances relatives », alors il faut la solidarité et la coopération. Le XXIe siècle sera le siècle de la coopération et de la solidarité. C'est pourquoi, d'ailleurs, je suis tellement attaché à l'amitié avec les Etats-Unis d'Amérique. L'amitié en alliés indépendants et respectueux chacun de ses valeurs.

L'histoire nous a appris quoi ? Qu'aucun Empire, fût-il le plus important, ne peut gagner contre l'aspiration à la liberté. Tous, nous nous sommes, dans notre histoire, trouvés confrontés à cette douloureuse réalité. Tous, il n'y a pas simplement le XXe siècle, avec les mécomptes de l'URSS, mais dans notre histoire, quand nous nous retournons les uns et les autres, tous nous avons cru un moment être un empire qui pouvait faire fi de l'aspiration à la liberté des autres. L'aspiration à la liberté, elle n'est pas simplement en Europe, elle est dans toutes les régions du monde. Tous, nous avons eu à faire - et la France comme les autres dans son histoire - à de grandes désillusions quand nous avons oublié que la liberté, elle était faite pour tout le monde.

Par ailleurs, nous sommes tous confrontés aux mêmes risques : le terrorisme, la prolifération, les attaques contre le système informatique, les risques climatiques, la compétition pour les matières premières, la compétition pour l'eau, comme on le voit au Darfour.


Alors il y a famille, appelons-la occidentale, l'Europe et l'Amérique, nous avons des valeurs communes, nous devons les défendre ensemble, mais pas pour les imposer aux autres, pour les convaincre.

L'Europe a fait le choix de la construction européenne et de l'Alliance atlantique, l'Europe a construit sa paix autour de ces deux piliers. Ces deux piliers la France y est profondément attachée. Mais devenir membre de l'Union européenne ou devenir membre de l'OTAN, ce n'est pas un droit. Parce que si c'est un droit, cela veut dire qu'il n'y a pas de condition, qu'il suffirait de frapper à la porte pour rentrer. Avec ce système là, on détruirait l'Europe et on détruirait l'OTAN. Pour rentrer dans l'Union européenne et pour rentrer dans l'OTAN, il faut partager des valeurs. Donald, tu n'as pas trop parlé des valeurs, c'est la clef, les valeurs. Si l'on ne partage pas les valeurs, on n'est pas membre de la famille. Il faut avoir la capacité, pour rentrer dans l'Union européenne et dans l'OTAN, la capacité à contribuer à l'oeuvre commune, à prendre des engagements lourds et à les assumer. Dans l'UE, il faut être prêt à partager sa souveraineté, dans l'OTAN, il faut être prêt à porter assistance à un allié agressé. C'est cela la famille. Si l'on ne fait pas respecter cela, il n'y a plus de famille. Parce que si cela est un droit de rentrer, et si une fois que l'on rentre on n'a aucun devoir, alors il n'y a plus de famille. Pourquoi l'Union européenne a fait rêver ? Parce qu'elle était fondée sur la solidarité, j'y reviendrai.

Pourquoi l'OTAN a été vécu comme une protection pour un certain nombre de peuples de l'Est qui se sont sentis, disons les mots, abandonnés par l'Europe de l'Ouest ? Parce qu'il y avait des règles, parce qu'il y avait l'article 5 et parce que quand on rentre dans l'OTAN, on assume sa part de responsabilités. Je voulais dire cela, parce que je crois à l'Europe et je crois à l'OTAN, mais ce n'est pas une auberge dont la porte est ouverte à tout vent et rentre celui qui a envie parce qu'il y a vu de la lumière. Rentre celui qui prêt à partager nos valeurs, à les défendre et à se soumettre lui-même à des obligations internes : la démocratie, régler ses problèmes internes avec ses minorités, et la vision qu'il a de l'avenir. J'ajoute : le partage du fardeau, chacun a du prorata. Je partage ce qui a été dit s'agissant de l'Ukraine et de la Géorgie. Nous avions avec Angela au Sommet de Bucarest, partagé la même conviction et dit les mêmes choses. Je ne me sens pas moins ami de l'Ukraine ou de la Géorgie en ayant dit cela. Je dis simplement que l'OTAN et l'Europe, c'est tellement important pour la stabilité du monde que l'on doit rappeler les règles qui sont celles de la famille. Dans un colloque souvent on a tendance à rappeler les droits affairant à la famille, et moins les devoirs affairant à la famille.

Un mot sur la Russie. Il y a eu la crise du gaz, il y a eu la crise avec la Géorgie. Disons les choses comme elles sont : il y a une méfiance croissante entre l'Union européenne et la Russie. D'un côté, certains de nos membres ont une crainte vis-à-vis de la Russie. De l'autre, la Russie a la crainte historique de l'encerclement. Il faut restaurer la confiance. Je veux prendre mes responsabilités, je les prends. Je ne crois pas que la Russie d'aujourd'hui soit une menace militaire pour l'Union européenne et pour l'OTAN. Je sais que cela ne se fait pas, quand on est chef de l'Etat, d'affirmer une conviction et pourtant je choisis de le faire. Je ne crois pas que le premier risque de l'OTAN et de l'Union européenne, ce soit celui d'une agression militaire de la Russie. Je n'y crois pas. Je n'y crois pas pour un certain nombre de raisons et la première d'entre elles c'est que la Russie a tant de fantastiques défis intérieurs à relever que je ne la vois pas comme une menace directe sur l'OTAN et sur l'Europe. D'ailleurs, un pays qui a tant de problèmes avec sa démographie n'est pas un pays qui spontanément, et l'histoire nous le montre sur tous les continents, est porté à une agressivité militaire avec ses voisins.

J'ajoute qu'il serait quand même invraisemblable, avec tous les problèmes que porte le monde, que d'organiser une confrontation entre la Russie et l'Europe, alors même que nous avons la technologie et les capitaux, et que la Russie a l'énergie. Pour que les choses soient claires, la France est certainement le pays en Europe qui dépend le moins du gaz russe, puisque la France, grâce au nucléaire, est indépendante en matière d'énergie. Ce que je dis là ne peut donc pas être taxé de faiblesse, ni de crainte, ni d'intérêt. Mais simplement une lecture de la situation.

J'en tire d'ailleurs la conclusion qu'il faut appeler les uns et les autres à beaucoup de calme. On n'a jamais vu un fournisseur qui se fâche avec ses clients. On parle beaucoup de la dépendance de l'Europe, je n'ai jamais vu, dans le système qui est le nôtre, que ce soit le client qui doive remercier le fournisseur. Donc, il est urgent de restaurer la confiance entre la Russie et l'Union européenne. Urgent. On doit le faire d'abord en souhaitant que les États-Unis et la Russie concluent dès cette année un accord « post Start » sur la réduction de leurs arsenaux nucléaires.

La Russie doit poursuivre sa coopération avec l'Union européenne, et je prends mes responsabilités une nouvelle fois : je pense qu'un objectif serait qu'un jour, entre l'Union européenne et la Russie, nous construisions un espace économique et humain commun. Mais comment nous avons arrêté de nous faire la guerre - nous, les Français, les Allemands - si ce n'est en construisant un espace économique et humain commun. Pourquoi ce qui a été vrai entre les Allemands et les Français, et ce qui marche, ne le serait pas entre la Russie et l'Union européenne ? Un espace économique et humain commun, une perspective, ensemble. Naturellement, il faut refuser la dialectique, la menace. Dans la crise du gaz dont parlait Donald, il n'y a eu que des perdants. Que des perdants ! La Russie qui a perdu une partie de sa crédibilité. Pardon, je ne suis pas sûr que l'Ukraine soit sortie renforcée de tout ceci. Nous-mêmes, les Européens, je ne pense pas que nous en soyons également sortis renforcés. Une stratégie qui ne fait que des perdants, c'est une stratégie qui doit être abandonnée.

Puis, nous avons un autre dossier : l'Arctique. Le réchauffement climatique conduit à quoi ? L'ouverture de la route du Nord. On ne va pas faire de l'Arctique le nouveau territoire d'un conflit entre les Etats-Unis, la Russie et l'Union européenne, cela n'aurait absolument aucun sens. Je pense d'ailleurs qu'il faut prendre le Président MEDVEDEV au mot. Lui demander ce qu'il entend dans son concept de sécurité paneuropéenne et en discuter ensemble. Car, après tout, la Russie comme l'Union européenne, comme les Etats-Unis, nous pourrions un jour être sous la menace des missiles d'un Etat terroriste. Nous avons tout intérêt à construire ensemble, après l'espace économique et l'espace humain, un espace de sécurité.


Un mot sur la politique de défense de la France. Le monde change. La France change. Dès mon élection, j'ai lancé une vaste rénovation de notre politique de défense et de sécurité. On maintient notre effort. Je tiens à vous le dire, d'ici 2020, nous allons consacrer 377 Mds d'euros à nos armées. Nous garderons notre puissance nucléaire de dissuasion aux côtés des Anglais, avec qui nous voulons d'ailleurs travailler main dans la main. Comment imaginer que les deux seules puissances nucléaires militaires d'Europe ne travaillent pas ensemble ? J'étais très heureux de la décision courageuse du gouvernement anglais et de Gordon BROWN de réfléchir et de travailler sur une politique de défense. Comment imaginer faire l'Europe et que les deux puissances nucléaires militaires ne se parlent pas, ne travaillent pas ensemble. Cela posera d'ailleurs, dans l'avenir, la question de la complémentarité entre ces puissances nucléaires, forcément indépendantes, et la sécurité de l'Europe dans son ensemble. La France donc restera une puissance militaire nucléaire.

Et puis il y a l'Europe de la Défense. Parlons clair là aussi. L'Europe de la Défense est une priorité. Nous avons, avec Angela MERKEL, écrit un article ensemble. Nous voulons travailler avec les Allemands pour en faire une priorité militaire et une priorité politique. Je le dis à tous les Européens, c'est un test. C'est un test pour l'Europe. L'Europe veut-elle la paix ou veut-elle qu'on la laisse en paix ? Je souhaite que vous réfléchissiez là-dessus. Voulez-vous la paix ou voulez-vous que l'on vous laisse en paix ? Ce n'est pas la même politique, ce n'est pas la même stratégie, ce ne sont pas les mêmes conséquences. Si vous voulez la paix, vous devez vous donner les moyens d'exister comme une puissance économique, financière, politique, militaire. Si vous voulez qu'on vous laisse en paix, faites-vous tout petit, restez dans vos coins, cachez-vous les yeux, bouchez-vous les oreilles, ne parlez pas trop fort et pendant un temps, on vous laissera en paix. Jusqu'au moment où l'on découvrira que vous n'avez pas les moyens d'assurer vous-mêmes votre défense. Mais à ce moment là, il sera trop tard. Tout le monde a intérêt à une Europe de la Défense. Tout le monde, Donald. Vous les Européens de l'Est, enfin revenus dans la famille, qui devez apporter votre contribution, pour assurer notre sécurité. Franchement c'était quand même une bonne nouvelle pour l'Europe qu'au moment du conflit entre la Géorgie, qu'il fallait aider et qu'il fallait sauver, et la Russie, que ce soit l'Europe qui se soit portée en première ligne, en accord, Monsieur le Vice-président BIDEN, avec les Etats-Unis d'Amérique.

L'Europe a fait son travail mieux qu'à l'époque de la Bosnie. L'Europe a existé et l'Europe a pu agir. C'est rassurant pour tous les pays de cette Europe de l'Est de se dire : l'Europe existe, l'Europe se donne les moyens de se défendre et de mettre sa puissance au service d'une politique. Mais c'est également l'intérêt des Etats-Unis d'Amérique. Qui pourrait dire que les Etats-Unis d'Amérique n'ont pas besoin d'un allié fort, d'un allié puissant ? Croyez-vous que les Etats-Unis d'Amérique n'ont pas besoin d'une Europe forte ? Note intérêt c'est que les Etats-Unis soient forts. L'intérêt des Etats-Unis c'est que l'Europe soit forte. Avec Javier Solana, nous avons décidé, sous présidence française, une politique de défense cohérente. Je remercie Gordon BROWN des initiatives qu'il a prises, mais c'est un test, il ne faut pas se tromper. Dans mon esprit l'Europe ce n'est pas simplement un marché, ce n'est pas simplement de l'économie, Donald l'a dit tout à l'heure, c'est aussi des valeurs. Alors connaissez-vous une région du monde qui peut être riche sans assurer sa défense ? Connaissez-vous une organisation du monde qui peut porter des valeurs et demander aux autres de les défendre ? Dans mon esprit les choses sont claires : c'est l'Europe de la Défense et l'Otan, pas l'Europe de la Défense ou l'OTAN. Les deux ensemble. C'est parce que l'on renforcera l'Europe de la Défense qu'il faudra renforcer l'OTAN. Ce fût une grande erreur que d'affaiblir l'un en pensant renforcer l'autre. J'assume ce choix politique qui n'est pas un choix si facile en France jusqu'à présent.

Je dois d'ailleurs dire que cela va de pair pour moi avec un approfondissement de la relation avec l'Allemagne, notre alliée, notre amie. La « brigade franco-allemande » avait été créée par François MITTERRAND et Helmut KOHL. Angela MERKEL et moi, nous souhaitons qu'il n'y ait plus de tabou, nous souhaitons l'évolution. La France serait donc heureuse d'accueillir sur son territoire un bataillon de l'armée allemande. Je pense qu'au XXIe siècle, il est vraiment temps de tourner la page. Mes chers amis, l'amitié entre la France et l'Allemagne, je le dis ici, ce n'est pas que la France mette des soldats en Allemagne, c'est que la France soit honorée d'avoir des soldats allemands sur le territoire de la République française. C'est cela l'amitié entre la France et l'Allemagne. C'est cela la nouvelle étape, la construction d'un nouveau contexte. C'est un acte historique, chère Angela. Je suis très fier que le Sommet de l'OTAN, on l'organise ensemble. Quel plus beau symbole de la réussite de ce qu'on fait ceux qui nous ont précédés ?


L'OTAN, pour en terminer. L'OTAN a beaucoup changé. Mais ce qui ne change pas, c'est le pacte fondamental qui nous unit depuis le Traité de Washington. Franchement, je n'aurais jamais pensé que l'article 5 soit utilisé par tous les Alliés au service des Etats-Unis d'Amérique. Quant les Etats-Unis ont été attaqués, c'est tout l'OTAN qui s'est retrouvée aux côtés des Etats-Unis. Franchement, qui aurait dit avant 2001 que la première fois que l'article 5 serait mis en vigueur, ce serait pour défendre les Etats-Unis d'Amérique ? Nous continuerons dans ce sens là. Je veux d'ailleurs vous dire, pour en terminer que la France a souvent été soupçonnée de vouloir affaiblir l'OTAN. C'est injuste, mais c'était ainsi. C'était d'autant plus ridicule qu'en même temps que la France était soupçonnée de vouloir affaiblir l'OTAN, la France y prenait de plus en plus de place. Plus on disait qu'on n'était pas dedans, plus on y était ! En France, on faisait croire que l'OTAN était une menace pour notre indépendance. Et personne ne se demandait pourquoi nous étions les seuls à nous poser la question. Moi, je ne ferai jamais rien qui mette en cause l'indépendance de mon pays. Jamais ! Mais l'alliance avec les Etats-Unis et l'alliance avec l'Europe ne mettent pas en cause l'indépendance de mon pays, elles renforcent l'indépendance de mon pays. Voilà ce que j'expliquerai aux Français le moment venu. Ce moment approche. Ma conviction, c'est que la France peut rénover ses relations avec l'OTAN en étant un allié indépendant, un partenaire libre des Etats-Unis. Je voudrais d'ailleurs dire que l'on a été tous très heureux, Monsieur le Vice-président, de voir les décisions qu'a prises le Président OBAMA sur Guantanamo. Nous partageons ces valeurs et l'Amérique que nous aimons, c'est l'Amérique qui défend ses valeurs, qui défend et pratique les droits de l'Homme. Je puis vous dire que tous les Européens ont été soulagés de la décision qu'a prise le Président OBAMA à la suite de cette question de Guantanamo.

Alors j'aurai l'occasion, puisque je sais ce que va dire le Vice-président BIDEN, qui m'a envoyé son discours avant, et j'ai eu l'occasion d'en parler avec le Président OBAMA, comme eux je pense que la rénovation des relations entre la France et l'OTAN sera bénéfique pour l'Alliance, pour l'Europe et pour la France. Ecoutez, quand on veut bien s'organiser, il vaut mieux savoir ce que l'on va dire ! Franchement, je ne peux pas reprocher aux Etats-Unis d'Amérique de dire : voilà ce que l'on va dire, et ils savaient à peu près ce que j'allais dire aussi.. L'organisation fait partie de la bonne gestion.

D'ici au Sommet de Strasbourg/Kehl, nous aurons un débat en France. C'est un débat que je conduirai, comme toujours, avec l'esprit de franchise et de droiture vis-à-vis du peuple français. Nous avons des amis, nous avons des alliés, je connais ma famille, je sais où sont les valeurs que nous devons défendre, fidèles à l'idéal de la République française. Il est sans doute temps de revoir la stratégie de l'OTAN et pour la France et l'Allemagne d'en tirer un certain nombre de conséquences. Croyez-bien que d'ici au mois d'avril, nous essayerons d'être au rendez-vous d'une grande ambition pour la famille qui est la nôtre.

Je vous remercie.
"

La teneur de cette intervention présidentielle requiert un examen approfondi qui fera l'objet de plusieurs articles sur ce blog, de façon à alimenter le débat national annoncé par le Président Sarkozy.

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 18:15

C'est un lieu commun que de reconnaître à la France un statut à part dans cette partie de la Méditerranée que l'on a pour habitude d'appeler le 'Proche Orient' (à l'est et proche de qui, sinon de l'Europe et de la Méditerranée).

Il en est un autre que de reconnaïtre également que ce statut ne lui est pas accordé uniquement en raison de son rôle central, aux côtés et en appui des diasporas juives engagées dans la démarche sioniste, dans l'aventure historique de l'Exodus et dans la création de l'Etat d'Israël, ni-même en raison des responsabilités et mandats internationaux particuliers qu'elle a eu à exercer in situ, tant au Liban et en Syrie, qu'un peu plus plus loin, au Maghreb  dont sont issus de nombreux isréaliens, mais bien avant, notamment à la faveur des épisodes les plus divers qui ont marqué l'expédition d'Egypte initiée par un Directoire rêvant d'apporter les Lumières modernes aux peuples de cette terre des Lumières antiques tout en cherchant à en chasser le principal ennemi de la Révolution française : la Grande Bretagne, autre Pays qui bénéficie également d'un statut à part dans cette région.

Fait suffisamment singulier pour être relevé comme il se doit, ce statut  lui a été accordé tout à la fois par les différentes générations de dirigeants politiques et d'élites de toutes sortes et par les populations de l'ensemble des Pays du Proche Orient, et ce,  quelles que soient les époques et les aléas de l'histoire.

Et si la France jouit toujours aujourd'hui d'un tel statut - comme de la confiance et du prestige qui lui sont associés -, elle le doit sans aucun doute aux nombreux héritages, notamment culturels et politiques, qu'elle a su léguer à ces Pays, au point que la plupart des Pays de cette sous-région ont cherché à devenir et sont devenus membres de l'association des Pays francophones.

Elle le doit tout autant à la rigueur, à la permanence - et, partant, à la prévisibilité - et à la modération de ses positions - et postures - diplomatiques vis-à-vis des crises et des conflits locaux et sous-régionaux comme des différents protagonistes impliqués dans ces mêmes crises et conflits ; en attestent par exemple la (relative) sagesse de sa 'politique arabe' dans cette zone où les passions les plus irrationnelles l'emportent si souvent sur la raison, ou encore sa position traditionnellement "non hostile", voire "favorable", vis-à-vis de la 'cause palestinienne', autant que l'assistance humanitaire et politique qu'elle a su (oser) apporter à son leader charimatique et historique, Abou Ammar (Yasser Arafat,de son vrai nom : Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini) ; caractéristique que la France partage avec d'autres Etats européens tels que l'Allemagne.

Elle le doit naturellement aussi aux relations extrêmement denses qu'entretiennent les membres des différentes composantes de sa propre communauté juive avec l'ensemble des Pays du pourtour méditerranéen, au-delà même d'Israêl.

Elle le doit indubitablement également à son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, un membre qui a fait, à plusieurs reprises, la preuve de son libre arbitre chaque fois qu'il a jugé nécessaire de ne pas manifester sa solidarité à tel ou tel protagoniste d'une crise ou d'un conflit objet d'une résolution dudit Conseil.

Elle le doit enfin au rôle central qu'elle a joué - et joue encore - dans la création des conditions requises pour permettre à l'Etat d'Israêl de garantir sa propre sécurité en toute autonomie.

Aussi, forte de cette relation historique sans équivalent avec l'ensemble des parties à la crise, la France ne pouvait-elle que se trouver en tête du peloton des Etats qui ont choisi la voie de la responsabilité et de l'initiative lorsqu'à éclater ce que les observateurs, redevenus prudents, appellent désormais "la crise de Gaza".

Dès le début du conflit, la France s'est mobilisée. Au titre de la Présidence française du Conseil de l'Union euroépenne, elle a condamné dès le 27 décembre les tirs de roquettes contre le sud d'Israël et le refus par le Hamas de reconduire la trêve. Parallèlement, la France a condamné l'usage disproportionné de la force par Israël, rappelant qu'il n'y avait pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien. Le 30 décembre, le Ministre des affaires étrangères a convoqué ses homologues à Paris pour une réunion informelle extraordinaire sur Gaza.


Une coopération étroite s'est établie avec la nouvelle présidence tchèque, dont la France appuie pleinement les efforts (cf. par exemple la participation à la mission européenne conduite par M. Schwarzenberg, en Égypte, en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie).

Lors de son déplacement au Proche-Orient (les 5 et 6 janvier), le Président de la République s'est entretenu avec l'ensemble des parties. Le 06 janvier, les Présidents français et égyptien ont présenté une initiative de paix pour la sortie de crise. Parallèlement, le Conseil de sécurité, présidé par le Ministre français des affaires étrangères, a adopté le 08 janvier la résolution 1860 par 14 voix sur 15 (abstention des Etats-Unis) par laquelle il « appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes à Gaza. ».

La France est restée en contact au plus haut niveau avec tous les acteurs concernés pour appuyer les discussions entre l'Egypte et le Hamas, d'une part, et entre l'Egypte et Israël, d'autre part.

Le Ministre des affaires étrangères a présidé le 15 janvier un dîner de suivi de la conférence de Paris avec les trois co-présidents (MM. Blair et Stoere, Mme Ferrero-Waldner), pour évoquer la situation à Gaza.

Le Président de la République, qui a co-présidé avec le Président Moubarak le sommet de Charm al Cheikh (18 janvier) auquel participaient notamment le Président M. Abbas, la chancelière A. Merckel, le Premier ministre G. Brown, a annoncé la disponibilité de la France à participer à des mesures concrètes pour lutter contre le trafic d'armes vers Gaza (envoi d'une frégate au large de Gaza dans les eaux internationales le 24 janvier) et la nécessité de relancer immédiatement la dynamique des négociations pour aboutir à la création d'un Etat palestinien.

A Bruxelles, sous l'impulsion de la France, les conclusions du Conseil Affaires générales et Relations extérieures (CAGRE) du 26 janvier mentionnent le « plan de travail de l'Union Européenne pour un cessez-le-feu durable à Gaza » que nous avons élaboré avec nos partenaires du Quint (EU Work Plan).


La France appelle à la consolidation du cessez-le-feu qui passe en priorité par la fin de la contrebande d'armes, la réouverture des points de passage, la reconstruction de Gaza et la réconciliation palestinienne. Il ne peut y avoir de solution militaire à Gaza.

La France a condamné avec la plus grande fermeté les bombardements par l'armée israélienne d'hôpitaux palestiniens et de bâtiments de l'UNRWA, dont des écoles. La France a condamné de la manière la plus ferme les tirs de roquettes. Comme nous l'avions dit au Conseil des droits de l'homme à Genève, nous étions disposés à la création d'une commission d'enquête de l'ONU sur les violations du droit international humanitaire commises par toutes les parties. Les autorités israéliennes et les Nations unies ont annoncé l'ouverture d'enquêtes, dont nous attendons les résultats.

La France soutient l'initiative égyptienne d'organiser rapidement au Caire une conférence (début mars) pour identifier les besoins urgents à Gaza (humanitaires et de reconstruction) et mobiliser l'ensemble des pays donateurs, aux côtés de l'Autorité palestinienne, qui doit assurer la maîtrise et la supervision de toute l'entreprise de reconstruction. Reconstruire Gaza, c'est d'abord s'assurer que le blocus sera levé. S'assurer que les biens, services, investissements, équipements, pourront rentrer dans ce territoire de manière pérenne et sûre.

Lors du dîner de suivi de la conférence de Paris, le 15 janvier, le ministre a confirmé la poursuite de la mobilisation des donateurs afin de répondre aux besoins prioritaires énoncés par l'Autorité palestinienne et accompagner le plan de réforme et de développement présenté par Salam Fayyad lors de la conférence de Paris (17 décembre 2007).

La France, en relation avec l'Egypte et Israël, va contribuer, aux côtés d'autres pays européens, à la lutte contre les trafics d'armes à destination de Gaza (déploiement d'une frégate porte-hélicoptères, actions complémentaires contre la contrebande des armes par voie maritime et terrestre).

La France et l'Union européenne sont disposées à prendre toutes leurs responsabilités. L'Europe a toujours dit, à nouveau le 26 janvier lors du CAGRE, qu'elle était disposée à reprendre sa mission à Rafah (EUBAM) et, au besoin, à l'étendre aux autres points de passage si la sécurité était assurée.

La France soutient de longue date les efforts de médiation égyptiens en faveur d'une réconciliation inter-palestinienne (les conclusions du CAG du 26 janvier encouragent cette réconciliation).

Pour la France, cette réconciliation passe notamment " par la constitution d'un gouvernement d'entente nationale qui sera chargé de préparer les élections présidentielle et législatives. Il n'y a pas d'autre voie pour restaurer la nécessaire unité du peuple palestinien. Nécessaire, car il n'y aura pas d'accord de paix avec une partie seulement du peuple palestinien, ni d'Etat palestinien viable sans Gaza. La France se dit prête à travailler avec un tel gouvernement qui respectera les principes du processus de paix et s'engagera dans les négociations avec Israël pour aboutir à la création d'un Etat palestinien vivant aux côtés d'Israël dans la paix et la sécurité ".

S'agissant des contacts à proprement parler avec le Hamas, le Président de la République a redit que " la France n'entretenait pour l'instant aucun dialogue avec ce mouvement, qui figure sur la liste européenne des organisations terroristes ". Il appelle le Hamas " à choisir la voie politique et à respecter les principes fondamentaux du processus de paix, au premier chef la renonciation à la violence ". " A cette condition ", comme l'a souligné le Ministre des affaires étrangères, " la France pourra discuter avec lui ".

Pour la France, enfin, " une sortie durable de la crise passe par la relance du processus de paix. Il n'y a pas d'alternative à la reprise des négociations en vue de la création d'un Etat palestinien viable, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d'Israël dans des frontières sûres et reconnues. La résolution 1850 du CSNU a rappelé le caractère irréversible de ce processus. Cette paix doit être fondée sur le principe de l'échange de la terre contre la paix, sur les résolutions du Conseil de sécurité et sur l'initiative arabe de paix, base essentielle d'un règlement global et durable au Proche-Orient ".

Comme le Président de la République l'a indiqué à Charm al Cheikh le 18 janvier, " une conférence internationale de paix doit rapidement permettre de concrétiser cette ambition en 2009 ".

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 15:54

Parmi les grands dossiers qui figurent à l'agenda international du nouveau¨Président des Etats-Unis, Barack Obama, et des dirigeants européens figure en bonne place les réponses qu'ils sont dans l'obligation d'apporter sans délai au défi d'une Russie qui a choisi de manifester avec force sa détermination à occuper une place prépondérante sur l'échiquier international, et pas uniquement à la faveur de son siège de membre permanent du Conseil de Sécurité, de membre de l'OSCE, du Conseil de l'Europe, du Partenariat pour la Paix de l'Otan, de son engagement dans l'organisation de coopération de Shangaï ou encore, de sa place singulière au sein du Quartette qui a été mis en place par la Communauté internationale pour favoriser la conclusion d'un accord de paix global au Proche Orient.

"Cela fait 19 ans que se pose une question de stratégie que l'Ouest (l'Amérique et l'Europe) laisse sans réponse et qui est pourtant de première importance: quel statut la Russie post-soviétique a-t-elle face au monde et à l'ordre européen ? Celui de partenaire difficile ou d'adversaire stratégique ? Comment s'y prendre avec elle ?

Toute la gravité de cette indécision est apparue particulièrement à l'occasion de la courte guerre de la Russie contre la Géorgie l'été dernier, et même à ce moment-là l'Ouest ne s'est pas prononcé clairement. A en croire la plupart des Européens de l'Est, le Royaume-Uni et l'administration Bush, il s'agirait d'un "adversaire stratégique."

Mais la plupart des Européens de l'Ouest préfèrent le voir comme un "partenaire difficile." Aucune de ces deux conceptions, apparemment inconciliables, n'a fait l'objet d'un examen approfondi."

Ces propos sont ceux de Joschka Fischer, chef de file des Verts en Allemagne durant presque 20 ans, qui a été ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier allemand de 1998 à 2005 (le texte complet de son intervention sur ce thème est accessible sur le lien correspondant de ce blog).

Ils méritent toute notre attention ! D'autant plus que, n'étant toujours pas parvenue à établir les termes de référence de l'accord de partenariat stratégique qu'ils ambitionnent pourtant de conclure avec la Russie, l'Union européenne semble encore hésiter à la posture stratégique qu'elle doit adopter vis-à-vis de cet Etat ; une Union européenne qui semble embarrassée par la proposition de refondation de la sécurité européenne  que lui a adressée la Russie au cours du dernier semestre 2008 et à laquelle le Président Nicolas Sarkozy a souhaité apporter la réponse suivante :

"En tant que Président du Conseil européen, je propose qu’à la mi-2009, nous nous réunissions dans un cadre qui pourrait être l’OSCE pour poser les bases de ce que pourrait être la future sécurité européenne. Nous avons tous intérêt à cette sécurité sur le continent et un peu plus loin que le continent car ceci associerait les Russes, les Américains et les Européens, dans le cadre de l’OSCE à la mi-2009. (...) Il va de soi que c’est une proposition pour laquelle nous nous concerterons avec nos alliés américains. Il se trouve qu’il y aura un sommet de l’OTAN en avril, que ce sommet de l’OTAN se tiendra à Kehl et à Strasbourg, que ce sera une parfaite occasion pour préparer ce qui pourrait être un sommet de l’OSCE sur ces questions-là, par exemple en juin ou en juillet"

Ce à quoi le Président Medvedev a répondu : "Les négociations de cette période ont démontré que les mécanismes de sécurité en Europe ne sont pas parfaits. Voilà pourquoi nous sommes revenus à cette idée de Traité global. Je vois que cette idée commence à plaire à un nombre croissant d’élus de l’Union européenne. En ce qui concerne la participation de toutes les parties à cet espace paneuropéen de sécurité, ce serait le principe de travail pour l’avenir, des règles pour l’avenir. (...) Il faut que l’OTAN et l’Union européenne, la CEI et les autres organisations puissent se réunir et discuter de toutes ces questions. Dans ce contexte, je suis absolument d’accord avec le fait qu’avant la signature d’un accord spécial global sur la sécurité, nous devons nous abstenir tous de mesures unilatérales qui influenceraient cette sécurité. La Russie n’a jamais pris des décisions unilatérales. Toutes les décisions que nous avons préparées, y compris les décisions dont je parlais récemment, c’est la réaction sur les mesures de quelques Etats européens qui, sans consulter personne, se sont mis d’accord pour déployer des moyens dans leur territoire. Mais si vous êtes prêts à coopérer, alors il faut le faire. Et l’Union européenne peut jouer un rôle coordinateur très constructif."

Sur quels éléments d'analyse et de doctrine, l'Union européenne peut-elle envisager de dégager une position stratégique claire à cet égard ? Sur ceux de sa stratégie européenne de sécurité ? Sur les éléments de diagnostic, d'analyse et de propositions qui sont à l'origine ou qui figurent dans le rapport sur la mise en oeuvre de la stratégie européenne de sécurité (cf. le lien correspondant sur ce blog) qui a été entériné par le Conseil européen en décembre 2008 ? Sur ceux qui sont à l'origine ou qui figurent dans le rapport de l'Assemblée européenne de sécurité et de défense - Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale dédié à la révision de cette même stratégie européenne de sécurité ? Ou sur les éléments d'analyse qui figurent dans le rapport intitulé "The EU and the world in 2009 - European perspectives on the new American foreign policy agenda" que l'Institut européen de Sécurité a publié en janvier 2009 (cf. le lien correspondant sur ce blog).

Alors que la stratégie européenne de sécurité reconnait que l'Europe a des intérêts en matière de sécurité qui vont au-delà de son voisinage immédiat, et invite celle-ci à oeuvrer en faveur d'un ordre multilatéral plus efficace dans le monde, en renforçant ses partenariats, le rapport sur la mise en oeuvre de  la stratégie européenne de sécurité invite à adapter cette dernière aux évolutions actuelles ou à venir d'un monde en mutation rapide, "les menaces évoluant et les centres de pouvoirs se déplaçant".

Si  ces deux documents formels de l'Union affirment de manière particulièrement appuyéeque, dans ces domaines, les Etats-Unis sont le partenaire principal de l'Europe (et non l'ONU, l'Otan, les organisations multilatérales ou régionales), ils reconnaissent que la Russie demeure un partenaire important sur les questions mondiales ainsi que sur la stabilité du voisinage de l'Union :  "Afin que son voisinage soit durablement stable, l'UE devra déployer des efforts soutenus, en collaboration avec les Nations unies, l'OSCE, les États-Unis et la Russie." ... "Le partenariat oriental prévoit un net changement dans les relations avec nos voisins orientaux sous la forme d'un renforcement notable des relations politiques, économiques et commerciales. L'objectif est de renforcer la prospérité et la stabilité des pays concernés et, par conséquent, la sécurité de l'UE. Les propositions portent sur un grand nombre de domaines de coopération bilatérale et multilatérale, notamment la sécurité énergétique et la mobilité des personnes."
 
Par contre, ils restent étrangement silencieux sur le rôle que les Européens souhaiteraient effectivement voir  jouer par la Russie sur le registre de la sécurité européenne, le rapport sur la mise en oeuvre de la stratégie européenne de sécurité se contentant de souligner  : "Nos relations avec la Russie se sont détériorées lors du conflit avec la Géorgie. L'UE attend de la Russie qu'elle respecte ses engagements, de sorte que la confiance nécessaire soit rétablie. Notre partenariat devrait reposer sur le respect de valeurs communes, notamment les droits de l'homme, la démocratie, l'État de droit et les principes de l'économie de marché ainsi que sur des intérêts et des objectifs communs.".

Le rapport de l'Institut européen de Sécurité évoqué ci-dessus n'apporte aucun élément complémentaire qui soit véritablement de nature à permettre de donner pleinement satisfaction à Joschka Fischer en réponse à sa demande de clarification ; demande que ne peut que partager tout citoyen européen.

Une telle situation est d'autant plus inquiétante que, sans son rapport évoqué supra en date du 3 juin 2008, par la voie de M. Daniel Ducarme, au nom de sa commission politique, l'Assemblée européenne de sécurité et de défense - Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale recommande au Conseil (de l'UEO) d'inviter les Etats de l'UEO, en tant que membres de l'UE et de l'Otan, à :

" 1. Donner un caractère doctrinal au Traité de Lisbonne pour la politique européenne de sécurité et de défense en se référant à l'article 21 du Traité en vue de donner une signification claire à la politique extérieure, de sécurité et de défense de l'Union européenne. Afin d'assurer sa pleine lisibilité et la compréhension des peuples européens et de la communauté internationale, la politique européenne de sécurité et de défense et la Stratégie européenne de sécurité ont besoin d'une ligne claire qui précise la portée de leur intervention. Les travaux futurs de l'Union doivent être articulés sur cette base en rappelant que la doctrine extérieure, de sécurité et de défense de l'Union est établie sur des principes fondamentaux [...] " ;

" 2. Concilier, dans la mise en oeuvre concrète et progressive de la PESD et de la Stratégie européenne de Sécurité, les dispositions d'« assistance mutuelle » du Traité de Lisbonne et la clause de « défense mutuelle » du Traité de Bruxelles modifié en donnant la primauté à la « défense mutuelle ». " ;  

     [...].

" 4. Définir un partenariat clair entre l'UE et l'OTAN. Au moment où l'OTAN doit déterminer le contenu de son nouveau Concept stratégique, et compte tenu de la double appartenance de la majorité de ses membres, un contenu clair doit être donné à ce partenariat essentiel et l'Union européenne doit :
 
    4.1. Préciser la part d'autonomie, de liberté et de charges propres qu'elle entend assumer pour assurer sa sécurité et sa défense ;

    4.2. Mettre en oeuvre une chaîne de commandement européenne disposant de l'ensemble des moyens permettant l'acquisition et la maîtrise de l'information et du renseignement afin de mesurer et d'apprécier librement et indépendamment toutes les situations de sécurité et de défense ;

    4.3. Etablir un dialogue régulier et direct avec la nouvelle administration des Etats-Unis sur le développement futur de la PESD et la coopération avec l'OTAN, les problèmes sécuritaires actuels et les obstacles empêchant l'UE et l'OTAN de se saisir d'autres questions que celles qui ont trait aux opérations en cours au titre des Accords Berlin Plus ;

   4.4. Chercher à approfondir la coopération avec la Russie sur les opérations de PESD en tenant compte des aspects spécifiques de la dimension Nord de sa politique de voisinage ;

     [...].
"

L'ensemble de ces documents restent donc étrangement muets sur un dossier aussi important que celui des objectifs et des intérêts stratégiques et de sécurité que l'Union européenne et la Russie pourraient vouloir examiner ensemble dans le cadre où devront être posées les bases de ce que pourrait être la future sécurité européenne.

Le risque d'alignement systématique de la politique extérieure de l'Union européenne sur celle des Etats-Unis que j'analyse dans un autre article de ce blog constitue dès lors un thème crucial des débats qui devront rapidement s'ouvrir en Europe afin que l'Union puisse enfin disposer d'une position aussi claire que prévisible vis-à-vis du rôle qu'elle souhaite vopir jouer par la Russie sur le registre de la sécurité européenne dans les nombreuses négociations qui s'annoncent ; et notamment celles qui ont trait à la conclusion du partenariat stratégique UE-Russie ou à la refondation du concept stratégique de l'Otan.

Décidément, l'année 2009 sera bien l'année de toutes les vérifications pour l'avenir de l'Union européenne, avec ou sans le traité de Lisbonne !

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 11:14

Alors que l'élection à la Présidence des Etats-Unis de Barack H. Obama est présentée par la quasi totalité des observateurs et commentateurs internationaux comme la source d'un véritable renouveau de la politique américaine, une certaine circonspection me semble être néanmoins de mise !

Ne devons-nous pas nous interroger aujourd'hui en dehors de toute passion et de tout angélisme de mauvais aloi sur les chances de succès de ce nouveau Président et de son programme électoral ?

Cette élection ne constituerait-elle pas quelquepart une élection « trompe l'œil » ?

Combien de temps durera sa période de grâce ?

Bien que sa victoire soit éclatante si l'on en juge au nombre de grands électeurs qui se sont rangés derrière lui, il n'en est pas de même en regard du pourcentage d'électeurs américains qui ont accordé leur confiance à cet homme providentiel et à son programme électoral ; une telle situation pourrait participer à rendre moins systématique et moins spontanée qu'on le dit ici ou là l'adhésion du peuple américain à ce que décidera le nouveau Président au cours de son mandat, malgré l'union nationale à laquelle a appelé, de manière on ne peut plus digne, le Sénateur Mac Caïn.

En matière de politique étrangère, s'il est indubitable qu'il incarne avec force les espoirs de voir les Etats-Unis modifier sa posture d'hyperpuissance arrogante et insensible aux appels à la modération et à la coopération de la communauté internationale, d'une part, et, d'autre part, renoncer à priviligier le recours à des initiatives unilatérales pour inscrire de manière plus systématique leur action internationale en cohérence avec les processus de coopération et de coordination internationaux et multilatéraux, Barack Obama en aura-t-il vraiment la volonté et la capacité ? 

Que connait-on vraiment de son programme en matière de politique étrangère ?

Les nominations aux postes clé de la nouvelle administration américaine suscitent déjà des doutes tant elles participent à accréditer la crainte de la persistance d'une volonté extrêmement forte de maintenir une ligne de "dominance" et/ou de "leadership" américains sans partage sur la scène internationale. Et ce quand bien même les Etats-Unis semblent éprouver de réelles difficultés à exercer un tel leadership qui exige de celui qui y prétend de disposer, à défaut de toutes, de la plus grande part des cartes maîtresses du jeu ;ce qui semble illusoire dans le nouveau contexte international où l'accumulation de fortes tensions et de crises a participé à fortement entamer les atouts américains. 

Après l'euphorie de ces dernières semaines, bien compréhensible, ne faut-il pas faire preuve de lucidité avant de nous engouffrer bouche bée dans des rapprochements hâtifs avec un Etat qui ne peut prétendre être véritablement étranger aux désordres internationaux sur la plupart des registres crisogènes (notamment sur la plupart de ceux qui ont été identifiés par les deux derniers rapports de Davos sur les risques globaux) ?

Car cet homme si remarquable à maints égards arrive à la tête des USA au pire des moments !

La situation des Etats Unis est dramatique à plus d'un titre, tant sur un plan intérieur que sur un plan plus global !

Comme l'ancien Président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, l'a compris et le souhaite, l'heure est venue de tendre une main européenne, amicale mais ferme et résolue, à la nouvelle administration afin qu'elle accepte de recourir de manière plus systématique au multilatéralisme, seul cadre possible pour tenter de faire face aux chocs, tensions, risques et autres crises systémiques auxquelles ni la superpuissance en panne de ressorts ni le reste du monde semblent ne désormais ne plus pouvoir échapper !

Avec l'appui du Conseil européen, y inclus le Président de la Commission européenne et le Président de l'Eurogroupe, ainsi que du Président de la Banque Centrale européenne, d'une part, et des dirigeants en exercice des institutions de Bretton Woods, d'autre part, le Président N. Sarkozy a obtenu de l'ancienne administration américaine qu'elle accepte enfin de s'engager en faveur d'une réforme du fonctionnement du système multilatéral dédié au registre financier !

La nouvelle administration mise en place à l'occasion de cette élection fait actuellement l'objet de sollicitations extrêmement fortes pour que ce retour dans les processus de coopération internationale et multilatérale s'étende à d'autres secteurs d'activités ! Comme en témoignent les analyses et les préconisations tout à fait symptomatiques contenues dans un document de premier plan intitulé : " Beyond "Fortess America" - National Security Controls on Science and Technolgy in a globalized World " (http://books.nap.edu/openbook.php?record_id=12567&page=R1)

Est-ce faire preuve d'un pessimisme excessif que de dire notre inquiétude quant à la réorientation de la polique étrangère des Etats Unis qui résulterait indubitablement de son échec dans les négociations internationales et multilatérales en regard des objectifs et intérêts nationaux "bien compris" par ceux qui font et défont les Présidents aux Etats-Unis, notamment sur les registres monétaire, économique et commercial ?

Pourtant, s'il ne produit pas très rapidement des résultats réellement significatifs pour l'économie américaine, ce qui serait alors perçu comme un véritable échec, un tel retour pourrait participer à mettre en péril la pérennité, la sincérité et la force de l'engagement multilatéral de ce nouveau président américain dans la mesure où les puissants lobbies et groupes d'intérêt exigeraient alors de l'administration américaine qu'elle n'agisse plus au niveau international sans accorder une primauté totale aux objectifs et intérêts nationaux, fut-ce au détriment de tout ou partie des objectifs et intérêts collectifs planétaires ou d'objectifs et intérêts collectifs régionaux ou nationaux d'autres parties du monde !

C'est pourquoi je considère qu'une certaine rigidification, sinon radicalisation, de la nouvelle posture américaine dans les enceintes multilatérales est non seulement possible mais probable dès les premiers mois du mandat de B. Obama afin d'assurer à la nouvelle administration les succès qui lui sont nécessaires pour maintenir l'indispensable confiance dans sa politique autant que dans la personne du Président.

Au terme de ce mandat, un retour vers un unilatéralisme repensé sur un mode plus défensif pourrait alors être la tentation la plus grande ; une tentation qui pourrait conduire à l'élection d'un Républicain invité expressément à remettre de l'ordre dans le paysage international sous l'empire d'un chantage que seul permet un financement gigantesque des campagnes électorales par des fonds privés !

Aussi, l'engouement européen pour un rapprochement UE-USA aussi accéléré qu'approfondi dans le cadre du "dialogue transatlantique rénové" pourrait conduire l'Europe, comme le reste du monde, y compris au Proche Orient, dans le Caucase et en Afrique, à des lendemains qui déchantent cruellement ! Et ce quand bien même un tel rapprochement pourrait apparaître légitime aux yeux des citoyens européens majoritairement obamaniaques.

Les véritables démocrates et libéraux européens ne doivent pas s'y résigner  à n'importe quel prix !

Après l'euphorie, puissent les Européens savoir raison garder !

Ils ne doivent pas se contenter de regarder passer les trains de décisions à l'emporte pièce !

Les électeurs européens devront veiller à ne pas (ré)installer à la tête de leur Etat des thuriféraires d'un capitalisme débridé désormais révolu qui ont montré parfois une aptitude à la compromission avec les protagonistes d'aventures guerrières dont les fruits attendus, bien qu'interdits par la morale onusienne, n'ont pu être, et ne seront plus jamais, à la hauteur de leurs espoirs fous, interdépendance mondiale oblige !

Ils doivent militer activement pour que le traité de Lisbonne entre en vigueur afin d'offrir à l'Union un cadre politique et institutionnel propice à la manifestation d'une véritable résilience européenne sans laquelle le projet politique européen rejoindra le cimetière des illusions perdues ! Avant que le rejoigne à son tour celui d'Union des démocraties si cher à tant de "républicains" (au sens américain du terme) de part et d'autre de l'Atlantique !

Leurs responsables politiques, nationaux et européens, devront avoir une vision commune claire et étayée par des analyses communes sans équivoques des principes et modalités d'une réforme des institutions, des organes et des instruments dédiés à la gouvernance multilatérale, et oeuvrer à une évolution aussi significative que possible des postures respectives des "forces" en présence à l'égard des grandes questions internationales.

Comme nous y invite le philosophe aujourd'hui disparu Michel Foucaud : "Ayons le courage de la vérité" ! Une vérité faite de courage et de convictions !

Il ne s'agit pas seulement de nommer des personnalités, aussi compétentes puissent-elles être, à la tête des institutions internationales en charge des grands équilibres mondiaux, mais plutôt de modifier les comportements des blocs de puissance de manière à ce que leurs engagements pris dans ces enceintes se concrétisent dans les faits sans y sacrifier pour autant leurs intérêts nationaux ou de bloc.

D'où l'extrême complexité de l'exercice !

Parmi les pistes qui pourraient être envisagées pour permettre une telle évolution, celle qui consiste à chercher à amener les Etats qui participent pleinement aux activités des institutions multilatérales à redéfinir leurs intérêts nationaux, et notamment leurs intérêts stratégiques et de sécurité nationale, sur des bases nouvelles qui rendent possibles des formes de coopération et de coordination entre les Etats y compris sur les sujets qui impactent la croissance économique, les échanges commerciaux, le progrès scientifique et économique, le partage du travail et le développement des pays défavorisés, me semble présenter un intérêt tout particulier !

La sécurité - et plus particulièrement la sécurité nationale - constituant toujours le motif (ou le prétexte) invoqué pour justifier des postures les plus conservatrices, voire les plus radicales, c'est bien sur un tel registre qu'il importe désormais d'agir !

L'évolution des rapport de forces en faveur d'un véritable renforcement du dialogue politique au sein des institutions multilatérales, qui est l'une des conditions sine qua non de leur efficacité, me semble devoir passer par cette exigence première !

L'agenda international particulièrement chargé de l'année 2009 nous dira si c'est bien la voie qu'emprunteront les Etats-Unis et leurs principaux partenaires multilatéraux, régionaux et nationaux !

L'édition 2009 du Forum économique mondial qui vient de s'ouvrir à Davos (cf. à cet égard le lien correspondant sur ce blog sous l'intitulé "Global Risks 2009") nous offre une première occasion pour apprécier les intentions de la nouvelle administration américaine vis-à-vis du "jeu" multilatéral, dans ses manifestations formelles ou informelles.

The game is over !

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 08:35

Barack Obama vient d'être investi Président des Etats-Unis !

Avant que nous puissions dire : Quel Président !
He has been able to prove to the entire world that he could do it !
qui pourrait résister en ce jour historique à la tentation d'affirmer :

Quelle intelligence !

Quelle vision du monde !

Quel Homme politique !

Quel démocrate !

Quel orateur !

Quel courage !

Quelle force morale !

Quelle dignité !

 

Quelle humanité !

Et finalement : Quel Homme  ?

Mais de quelle sorte d'Etat vient-il de devenir le 44ème Président ?

D'un Etat en manque de puissance qui n'en a pas encore fini ni avec sa conception messianique de son rôle dans le monde, ni avec ses vieux démons qui rodent encore dans les coulisses du pouvoir d'une Maison Blanche en quête d'une nouvelle virginité !

Mais qu'il est courageux, et dangereux, d'avoir une telle vision prophétique du passé des Etats-Unis et de savoir redonner tant d''espoir à une Nation qui veut à ce point redevenir ce qu'elle a été quand on sait comme il le sait que l'Histoire du monde a basculé à jamais, et qu'elle ne revient ni ne regarde jamais en arrière ! 

Et pourtant, nous avons tous envie, en ces premiers jours si singuliers de son mandat présidentiel où se jouent la confiance et l'espoir, d'affirmer avec force, en conscience, et du fond du coeur :

Yes, we trust in Barack !

God bless Obama !

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 11:26

La signature de l'accord sur le fonds fiduciaire FIPV (facilité d'investissement dans le cadre de la politique de voisinage) en marge du Conseil Affaires générales et relations extérieures du 26 janvier 2009 permet aux États membres de l'UE de fournir des fonds supplémentaires à la facilité d'investissement dans le cadre de la politique de voisinage (PEV), qui est un levier essentiel de la politique européenne de voisinage.
Ce fonds fiduciaire a été constitué par la Banque européenne d'investissement afin de percevoir les contributions bilatérales des États membres au financement de projets d'infrastructure prévus dans les pays voisins du sud et de l'est de l'Union,  et ce, plus particulièrement dans les secteurs du Transport, de l'Energie, de l'Environnement (par exemple, la dépollution) et du secteur Social (par exemple, la construction d'écoles ou d'hôpitaux). Cette Facilité apportera également un soutien au secteur privé, via notamment des opérations de capital à risque pour les PME-PMI.
En encourageant de tels projets d'envergure, l'Union Européenne concrétise son soutien aux priorités des pays partenaires de la PEV et les aide à entreprendre les investissements qui leur sont nécessaires pour le futur.
Etant donné que les montants en jeu pour ces projets d'infrastructures sont considérables, le FIPV a été conçu pour créer un véritable "partenariat" rassemblant autour d'un même projet les subventions en provenance des budgets de la Commission Européenne et des Etats Membres de l'UE, les prêts des institutions financières publiques européennes, ainsi que aussi les contributions propres de la politique de voisinage (PEV).
À partir de 2009, les ressources de ce fonds fiduciaire s'ajouteront aux fonds du budget européen pour le financement de projets.

Karel Schwarzenberg, ministre des affaires étrangères de la République tchèque, qui occupe actuellement la présidence du Conseil de l'UE, a déclaré: « Grâce à la constitution du fonds fiduciaire FIPV, les contributions directes des États membres renforceront l'effort de la Communauté et augmenteront les fonds de soutien mis à la disposition de projets d'infrastructure dans le voisinage de l'UE. Pour nos partenaires de la PEV, ces contributions constituent un signal positif qui montre que cette nouvelle facilité communautaire est largement soutenue par les pays de l'UE ».
Mme Benita Ferrero-Waldner, membre de la Commission européenne chargée des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage (PEV), a souligné l'importance de la FIPV: « Je me félicite du large soutien des États membres à la FIPV, qui a été mise sur pied il y a un an seulement. Cette facilité d'investissement joue un rôle essentiel dans le financement de projets majeurs bénéficiant d'une grande visibilité auprès des citoyens des pays voisins tout en étant un outil concret de coordination de tous les acteurs européens pour maximiser les possibilités de financement de projets d'une telle ampleur. Cela montre que nous prenons au sérieux le rapprochement proposé à nos partenaires ».
En rendant possibles ces opérations financières conjointes, la FIPV joue un rôle clé dans la mise en œuvre concrète de dossiers qui reequièrent à la fois une coordination des donateurs, une division du travail et une harmonisation des procédures, contribuant ainsi à augmenter l'efficacité et l'efficience de la coopération extérieure européenne tout en améliorant sa visibilité.
Cette décision avait néanmoins besoin de dispositions complémentaires offrant les garanties requises pour créer la confiance indispensable à tout projet d'investissement, surtout en cette période de crises.
Celle-ci, attendue, est venue de la Commission européenne qui a proposé,  mi-janvier, au Parlement européen et au Conseil une proposition de décision visant à renouveler la garantie communautaire dont bénéficie la BEI en cas de pertes résultant de prêts et de garanties de prêts en faveur de projets réalisés en dehors de l'Union européenne (voir le lien correspondant sur ce blog).
Si elle est adoptée, ladite garantie communautaire, qui est limitée à 65% du montant total des crédits déboursés et des garanties accordées au titre des opérations de financement de la BEI, diminué des montants remboursés et majoré de toutes les sommes connexes, couvrira des opérations signées pendant la période 2007-2013 ; le plafond maximum prévu pour les opérations de financement de la BEI tout au long de cette période, diminué des montants annulés, ne pouvant dépasser 27 800 millions d'euros.
Ce plafond maximal comporte deux parties :  
  (a) un plafond de base d'un montant maximum fixe de 25 800 millions d'euros, assorti d'une répartition régionale ;
  (b) un mandat optionnel de 2 000 millions d'euros.

L'activation totale ou partielle de ce montant optionnel et sa répartition régionale seront décidées par le Parlement européen et le Conseil se prononçant sur la base d'un examen à mi-parcours à effectuer en 2010.
Le plafond de base proposé par la Commission est divisé entre les plafonds régionaux contraignants suivants :
   - (a) pays en phase de préadhésion : 8 700 millions d'euros ;
   - (b) pays couverts par la politique de voisinage et de partenariat : 12 400 millions d'euros ventilés sur la base des sous-plafonds indicatifs suivants :
    (i) pays méditerranéens : 8 700 millions d'euros ;
    (ii) Europe orientale, Caucase du Sud et Russie : 3 700 millions d'euros ;

   - (c) Asie et Amérique latine : 3 800 millions d'euros ventilés sur la base des sous-plafonds indicatifs suivants :
    (i) Amérique latine : 2 800 millions d'euros ;
    (ii) Asie (y compris l'Asie centrale) : 1 000 millions d'euros ;

   - (d) République d'Afrique du Sud : 900 millions d'euros.

Enfin, la Commission propose que, dans le cadre des plafonds régionaux, les organes de gestion de la BEI puissent décider de réallouer un montant représentant jusqu'à 10 % du plafond régional entre les sous-plafonds.
De telles décisions arrivent à point nommé ! Notamment parce qu'elles concourent à lever en grande partie des craintes qui se sont progressivement développées, ici et là  quant à la disponibilité effective, à l'origine, à la nature et au volume des ressources financières d'origine publique qui sont indispensables au financement des investissements annoncés dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée.
Enfin, sur le plan politique, ces nouveaux "produits financiers" procurent à l'Union pour la Méditerranée et à l'Union européenne les instruments qui leur sont indispensables pour pouvoir jouer leur rôle dans les processus multilatéraux et régionaux qui sont et seront dédiés à cette Région méditerranéenne en souffrance !

 

 

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 09:17

My fellow citizens:

I stand here today humbled by the task before us, grateful for the trust you have bestowed, mindful of the sacrifices borne by our ancestors. I thank President Bush for his service to our nation, as well as the generosity and cooperation he has shown throughout this transition.

Forty-four Americans have now taken the presidential oath. The words have been spoken during rising tides of prosperity and the still waters of peace. Yet, every so often the oath is taken amidst gathering clouds and raging storms. At these moments, America has carried on not simply because of the skill or vision of those in high office, but because we the people have remained faithful to the ideals of our forbearers, and true to our founding documents. So it has been. So it must be with this generation of Americans.

That we are in the midst of crisis is now well understood. Our nation is at war, against a far-reaching network of violence and hatred. Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some, but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age. Homes have been lost; jobs shed; businesses shuttered. Our health care is too costly; our schools fail too many; and each day brings further evidence that the ways we use energy strengthen our adversaries and threaten our planet.

These are the indicators of crisis, subject to data and statistics. Less measurable but no less profound is a sapping of confidence across our land - a nagging fear that America's decline is inevitable, and that the next generation must lower its sights.

Today I say to you that the challenges we face are real. They are serious and they are many. They will not be met easily or in a short span of time. But know this, America - they will be met.

On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord. On this day, we come to proclaim an end to the petty grievances and false promises, the recriminations and worn out dogmas, that for far too long have strangled our politics.

We remain a young nation, but in the words of Scripture, the time has come to set aside childish things. The time has come to reaffirm our enduring spirit; to choose our better history; to carry forward that precious gift, that noble idea, passed on from generation to generation: the God-given promise that all are equal, all are free, and all deserve a chance to pursue their full measure of happiness.

In reaffirming the greatness of our nation, we understand that greatness is never a given. It must be earned. Our journey has never been one of short cuts or settling for less. It has not been the path for the faint-hearted - for those who prefer leisure over work, or seek only the pleasures of riches and fame. Rather, it has been the risk-takers, the doers, the makers of things - some celebrated but more often men and women obscure in their labor, who have carried us up the long, rugged path towards prosperity and freedom.

For us, they packed up their few worldly possessions and traveled across oceans in search of a new life.

For us, they toiled in sweatshops and settled the West; endured the lash of the whip and plowed the hard earth. For us, they fought and died, in places like Concord and Gettysburg; Normandy and Khe Sahn.

Time and again these men and women struggled and sacrificed and worked till their hands were raw so that we might live a better life. They saw America as bigger than the sum of our individual ambitions; greater than all the differences of birth or wealth or faction.

This is the journey we continue today. We remain the most prosperous, powerful nation on Earth. Our workers are no less productive than when this crisis began. Our minds are no less inventive, our goods and services no less needed than they were last week or last month or last year. Our capacity remains undiminished. But our time of standing pat, of protecting narrow interests and putting off unpleasant decisions - that time has surely passed. Starting today, we must pick ourselves up, dust ourselves off, and begin again the work of remaking America.

For everywhere we look, there is work to be done. The state of the economy calls for action, bold and swift, and we will act - not only to create new jobs, but to lay a new foundation for growth. We will build the roads and bridges, the electric grids and digital lines that feed our commerce and bind us together. We will restore science to its rightful place, and wield technology's wonders to raise health care's quality and lower its cost. We will harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories. And we will transform our schools and colleges and universities to meet the demands of a new age. All this we can do. And all this we will do.

Now, there are some who question the scale of our ambitions - who suggest that our system cannot tolerate too many big plans. Their memories are short. For they have forgotten what this country has already done; what free men and women can achieve when imagination is joined to common purpose, and necessity to courage.
What the cynics fail to understand is that the ground has shifted beneath them - that the stale political arguments that have consumed us for so long no longer apply. The question we ask today is not whether our government is too big or too small, but whether it works - whether it helps families find jobs at a decent wage, care they can afford, a retirement that is dignified.

Where the answer is yes, we intend to move forward. Where the answer is no, programs will end. And those of us who manage the public's dollars will be held to account - to spend wisely, reform bad habits, and do our business in the light of day - because only then can we restore the vital trust between a people and their government.

Nor is the question before us whether the market is a force for good or ill. Its power to generate wealth and expand freedom is unmatched, but this crisis has reminded us that without a watchful eye, the market can spin out of control - and that a nation cannot prosper long when it favors only the prosperous. The success of our economy has always depended not just on the size of our Gross Domestic Product, but on the reach of our prosperity; on our ability to extend opportunity to every willing heart - not out of charity, but because it is the surest route to our common good.

As for our common defense, we reject as false the choice between our safety and our ideals. Our Founding Fathers, faced with perils we can scarcely imagine, drafted a charter to assure the rule of law and the rights of man, a charter expanded by the blood of generations. Those ideals still light the world, and we will not give them up for expedience's sake. And so to all other peoples and governments who are watching today, from the grandest capitals to the small village where my father was born: know that America is a friend of each nation and every man, woman, and child who seeks a future of peace and dignity, and that we are ready to lead once more.
Recall that earlier generations faced down fascism and communism not just with missiles and tanks, but with sturdy alliances and enduring convictions. They understood that our power alone cannot protect us, nor does it entitle us to do as we please. Instead, they knew that our power grows through its prudent use; our security emanates from the justness of our cause, the force of our example, the tempering qualities of humility and restraint.

We are the keepers of this legacy. Guided by these principles once more, we can meet those new threats that demand even greater effort - even greater cooperation and understanding between nations. We will begin to responsibly leave Iraq to its people, and forge a hard-earned peace in Afghanistan. With old friends and former foes, we will work tirelessly to lessen the nuclear threat, and roll back the specter of a warming planet. We will not apologize for our way of life, nor will we waver in its defense, and for those who seek to advance their aims by inducing terror and slaughtering innocents, we say to you now that our spirit is stronger and cannot be broken; you cannot outlast us, and we will defeat you.

For we know that our patchwork heritage is a strength, not a weakness. We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus - and non-believers. We are shaped by every language and culture, drawn from every end of this Earth; and because we have tasted the bitter swill of civil war and segregation, and emerged from that dark chapter stronger and more united, we cannot help but believe that the old hatreds shall someday pass; that the lines of tribe shall soon dissolve; that as the world grows smaller, our common humanity shall reveal itself; and that America must play its role in ushering in a new era of peace.

To the Muslim world, we seek a new way forward, based on mutual interest and mutual respect. To those leaders around the globe who seek to sow conflict, or blame their society's ills on the West - know that your people will judge you on what you can build, not what you destroy. To those who cling to power through corruption and deceit and the silencing of dissent, know that you are on the wrong side of history; but that we will extend a hand if you are willing to unclench your fist.

To the people of poor nations, we pledge to work alongside you to make your farms flourish and let clean waters flow; to nourish starved bodies and feed hungry minds. And to those nations like ours that enjoy relative plenty, we say we can no longer afford indifference to suffering outside our borders; nor can we consume the world's resources without regard to effect. For the world has changed, and we must change with it.

As we consider the road that unfolds before us, we remember with humble gratitude those brave Americans who, at this very hour, patrol far-off deserts and distant mountains. They have something to tell us today, just as the fallen heroes who lie in Arlington whisper through the ages. We honor them not only because they are guardians of our liberty, but because they embody the spirit of service; a willingness to find meaning in something greater than themselves. And yet, at this moment - a moment that will define a generation - it is precisely this spirit that must inhabit us all.

For as much as government can do and must do, it is ultimately the faith and determination of the American people upon which this nation relies. It is the kindness to take in a stranger when the levees break, the selflessness of workers who would rather cut their hours than see a friend lose their job which sees us through our darkest hours. It is the firefighter's courage to storm a stairway filled with smoke, but also a parent's willingness to nurture a child, that finally decides our fate.

Our challenges may be new. The instruments with which we meet them may be new. But those values upon which our success depends - hard work and honesty, courage and fair play, tolerance and curiosity, loyalty and patriotism - these things are old. These things are true. They have been the quiet force of progress throughout our history. What is demanded then is a return to these truths. What is required of us now is a new era of responsibility - a recognition, on the part of every American, that we have duties to ourselves, our nation, and the world, duties that we do not grudgingly accept but rather seize gladly, firm in the knowledge that there is nothing so satisfying to the spirit, so defining of our character, than giving our all to a difficult task.

This is the price and the promise of citizenship. This is the source of our confidence - the knowledge that God calls on us to shape an uncertain destiny.

This is the meaning of our liberty and our creed - why men and women and children of every race and every faith can join in celebration across this magnificent mall, and why a man whose father less than sixty years ago might not have been served at a local restaurant can now stand before you to take a most sacred oath.

So let us mark this day with remembrance, of who we are and how far we have traveled. In the year of America's birth, in the coldest of months, a small band of patriots huddled by dying campfires on the shores of an icy river. The capital was abandoned. The enemy was advancing. The snow was stained with blood. At a moment when the outcome of our revolution was most in doubt, the father of our nation ordered these words be read to the people:

"Let it be told to the future world...that in the depth of winter, when nothing but hope and virtue could survive...that the city and the country, alarmed at one common danger, came forth to meet [it]."

America. In the face of our common dangers, in this winter of our hardship, let us remember these timeless words. With hope and virtue, let us brave once more the icy currents, and endure what storms may come. Let it be said by our children's children that when we were tested we refused to let this journey end, that we did not turn back nor did we falter; and with eyes fixed on the horizon and God's grace upon us, we carried forth that great gift of freedom and delivered it safely to future generations.

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 14:46

Le présent article est le second élément d'un dossier en deux parties sur la nécessité de faire émerger en Europe une Union politique et citoyenne autonome, sauf à accepter que le projet politique porté par le processus de construction européenne depuis la fin de la 2ème guerre mondiale s'avanouisse dans les brouillards des aléas de l'Histoire.

Il présente les premières recommandations relatives aux finalités qui devraient être attachées à l'instauration de l'Union politique et citoyenne (UPC).

Afin que l'instauration de l'UPC permette effectivement :


  - de fixer un cap politique et stratégique propre à l'Union sur le registre de la Sécurité,


  - et d'accroître la légitimité démocratique, l'effectivité et l'efficacité des politiques qui concourent à la poursuite de ce cap, en élaborant une politique de Sécurité comme « policy mix for security mix », afin d'apporter des réponses européennes aussi solidaires qu'efficaces aux attentes des citoyens de l'Union en regard des nouveaux défis posés à la Paix, à la Sécurité et à la Stabilité à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières, en cohérence avec les politiques de Sécurité nationales de ses membres,


   il apparaît souhaitable qu'elle favorise la juxtaposition (et l'articulation) de 4 dynamiques distinctes comportant chacune un volet interne (en regard d'intérêts communs de Sécurité vis-à-vis d'enjeux internes aux frontières de l'Union) et un volet externe (en regard d'intérêts communs de Sécurité vis-à-vis d'enjeux externes).


Une première dynamique, de nature et de portée horizontales, doit avoir pour objet :


  - la mise en place - puis, si nécessaire, dans une seconde étape, l'ajustement - du cadre d'analyse et d'ingénierie au sein duquel seront formulées non seulement les exigences politiques, institutionnelles, organisationnelles, budgétaires et démocratiques qu'emportent non seulement la mise en place de l'UPC en regard des d'impératifs sécuritaires et stratégiques communs, mais également les préconisations d'ordre politique, stratégique et sécuritaire que l'UPC adressera à l'UE, à l'UEM (ainsi qu'aux autres cadres d'action qui pourraient émerger à l'avenir) sur l'ensemble des questions de même nature qui requièrent également des réponses appropriées dans leur propre champ d'action ;


  - la construction progressive des socles opérationnels de coordination, de convergence, de spécialisation, de mutualisation et d'intégration à partir desquels les institutions compétentes de l'UPC édifieront non seulement le modèle mais également les différentes composantes du système européen global de Sécurité (y inclus notamment les objectifs et principes directeurs communs qui présideront à l'établissement des garanties de Sécurité, positives et négatives, ceux des mesures de confiance et des mesures de réassurance que l'UPC entend mettre en œuvre au travers de ses différents processus, ainsi que leur typologie) en mobilisant les mécanismes et instruments politiques et institutionnels prévus à cet effet ;


  - ainsi que la constitution des éléments destinés à renforcer la citoyenneté de l'Union en regard des exigences politiques, démocratiques et sécuritaires évoquées supra.


C'est à travers elle que doivent être pensés et conçus :


  - les processus de coordination, de convergence et de mutualisation (en termes d'analyses, de conceptualisation et de définition de doctrines) indispensables à l'instauration d'un véritable système européen global de Sécurité, et partant ceux indispensables :


   • à la définition d'une conception européenne, commune et unique, de la Sécurité ;

   • à l'établissement d'un ensemble cohérent de garanties, positives et négatives, et de mesures de confiance d'essence politique, institutionnelle et juridique (telles que : la détermination des frontières définitives de l'UE, les instruments permettant de garantir la rationalisation la cohérence des décisions de ses propres institutions comme des législations, des réglementations, des principes d'action, des doctrines et des procédures communautaires, intergouvernementales et/ou nationales vis-à-vis à la fois de son Droit interne mais également des dispositions du Droit international auxquels elle a choisi de souscrire) qui ont vocation à asseoir de manière irréversible et contraignante la cohésion, la cohérence et la solidarité politiques des Etats membres, afin que l'UPC ne se trouve jamais placée devant des défis graves pour la Paix, la Stabilité et la Sécurité à l'intérieur de ses frontières, ainsi que les conditions et les modalités concrètes de leur mise en œuvre et de leur évaluation ;

   • à l'instauration progressive d'une Justice européenne commune (notamment sur le registre pénal) sans laquelle aucune ‘Sécurité commune' ne peut être véritablement garantie de manière juste, équitable et proportionnée ;

   • à l'édification d'un Concept européen de ‘Sécurité intérieure' (cette notion de ‘Sécurité intérieure' recouvre ici l'ensemble des enjeux internes de Sécurité, bien au-delà des enjeux attachés au niveau d'un Etat à la sécurité intérieure), préalable à l'instauration d'une politique européenne commune de ‘Sécurité intérieure' ;

   • à l'approfondissement de la PESC, dans le cadre de la politique extérieure de l'UPC, ainsi qu'à un rapprochement des systèmes diplomatiques nationaux (notamment leurs composantes codificatrices en charge de la préparation et/ou de la négociation des textes internationaux, ainsi que leurs composantes consulaires ) ;

   • à l'élargissement du spectre des missions que l'UPC entend assigner à la PESD dans la perspective de la définition progressive d'une politique européenne de Défense commune ;

   • à l'édification d'un Concept stratégique global pour la politique de Sécurité de l'UPC ; ainsi que ceux indispensables à l'édification de l'architecture de Sécurité propre à l'UPC ;

   • à l'édification d'une véritable politique de communication de l'UPC en situation de crise, que cette crise soit interne ou externe ;

   • aux coordinations et mutualisations budgétaires qui sont appelées à se développer dans la cadre de l'UPC, notamment au travers de ‘lois cadres' et ‘lois' européennes d'orientation et de programmation qui requièrent à la fois la définition commune des ‘intérêts', des ‘objectifs' et des ‘indicateurs' attachés à chacune des missions cibles ainsi que de la définition des ‘agrégats budgétaires' correspondants ;


  - les objectifs, conditions et modalités de l'intégration dans l'UPC des instruments de coopération transnationale (organes, processus) développés en dehors de l'Union, ou à défaut de la reprise de leurs acquis, dès lors qu'ils apparaissent susceptibles de concourir à la consolidation de l'architecture de Sécurité ;


  - le socle minimal des exigences et des conditionnalités de nature ou de portée politique, stratégique et/ou sécuritaire qui devront figurer dans tout acte politiquement et/ou juridiquement contraignant auquel l'UPC entend souscrire au niveau international (y compris pour son propre élargissement et pour celui de l'OTAN) ;


  - les objectifs, conditions et modalités de l'institution de droits et d'obligations européens pour le citoyen et les institutions de l'UPC comme pour les Etats membres qui y sont parties sur les registres politiques, civiques et/ou civils (y compris celles relatives à l'établissement d'un ‘droit de pétition') ; ainsi que les instruments institutionnels et juridiques destinés à apporter les garanties nécessaires afin que tout manquement d'un Etat partie, d'un citoyen ou d'une Institution de l'UPC au respect des dispositions du traité en pareilles matières puisse faire l'objet d'un avis, d'un jugement et d'une sanction appropriée prononcés par la Cour de Justice de l'Union européenne.


Une deuxième dynamique doit avoir pour objet l'élaboration :


  - d'un système cohérent de garanties européennes communes de Sécurité, positives et négatives, de mesures de confiance et de mesures de réassurance d'essence politique, juridique et éthique qui ont vocation à étayer les corpus juridiques et doctrinaux de l'UPC dans les domaines judiciaire (police et justice) et diplomatique (qu'ils soit développés et mis en œuvre au niveau de l'UE ou au sein des Etats membres), tant en regard d'enjeux intérieurs que d'enjeux internationaux de Sécurité ;


  - ainsi que des conditions et modalités de leur mise en œuvre de manière solidaire à l'intérieur des frontières de l'UPC,

  - en vertu des dispositions de la clause de solidarité adoptée par les chefs d'Etats et de Gouvernement réunis en Conseil européen -, que ces enjeux aient ou non des implications en matière de Défense.

C'est à travers elle que doivent être pensés et conçus :


  - l'ensemble des garanties et mesures évoquées ci-avant ainsi que les conditions et les modalités concrètes de leur mise en œuvre et de leur évaluation ;


  - ainsi que les conditions et modalités concrètes :

 
  • de la reprise par l'UPC de l'acquis du processus Schengen, conformément aux dispositions du Protocole correspondant qui est associé au traité constitutionnel, ainsi que de l'élargissement du groupe d'Etats parties à ce processus, ainsi que des dispositions pertinentes du Traité de Prüm,

   • de la mise en œuvre de la clause de solidarité,

  • de l'instauration d'un Service civil européen destiné à permettre à chaque jeune Européen qui le souhaite de s'engager dans un projet de solidarité permettant de donner corps à sa citoyenneté européenne dans différents registres de la Sécurité dans un autre pays membres de l'Union que le sien,

   • et d'une assistance consulaire commune des citoyens de l'UPC résidant dans - ou transitant par - un Pays tiers.

Une troisième dynamique doit avoir pour objet de créer les conditions les plus favorables à la sauvegarde des « intérêts » qui auront été définis en commun dans le cadre de l'UPC en regard des enjeux croisés de Stabilité et de Sécurité, que ces enjeux aient ou non des implications militaires ou en matière de Défense ; notamment en favorisant le développement pérenne d'une solidarité européenne concrète sur les registres de la Sécurité et de l'Intelligence économiques, en lien étroit avec les dynamiques propres à l'UEM.


Car les Européens qui auront choisi d'adhérer à l'UPC doivent pouvoir disposer, à chaque fois qu'ils sont engagés dans des processus de coopération et de compétition internationales (notamment lorsque l'Union arrête ses positions dans la perspective de négociations internationales ou qu'elle ouvre l'accès à ses programmes et à ses instruments à des tiers non membres de l'Union), des instruments (garanties de sécurité, positives et négatives, mesures de confiance et mesures de réassurance ) de nature juridique, commerciale, financière, monétaire, économique et comptable qui leur sont indispensables pour permettre à l'Union de maintenir sa compétitivité, d'améliorer le fonctionnement et assurer la protection de son marché intérieur, et de créer les conditions d'un développement durable sur son territoire.


C'est au travers une telle dynamique que doivent être créées les conditions et modalités de la concrétisation effective d'une telle solidarité ; laquelle doit se manifester :


  - dans les processus internationaux, européens ou nationaux dédiés à la codification ou à la normalisation dans les domaines économique, monétaire, comptable, financier, environnemental et technique ;


  - dans les processus internes à l'UPC qui visent à y déployer les différentes composantes d'une ‘fonction armement' élargie à la prise en compte des enjeux de gouvernance publique et de partenariats public-privé attachés à la mise en oeuvre de la conception européenne commune de la Sécurité décrite supra, en articulation étroite avec les instruments qui pourraient être déployés par ailleurs dans le cadre de l'UEM qui participent à la préservation des intérêts de Sécurité de l'Union ;


  - dans les processus dédiés à la protection des infrastructures européennes critiques établies sur le territoire de l'UPC ou ayant vocation à étayer ses performances (par exemple, le système Galiléo), ainsi que du patrimoine économique, monétaire, financier, commercial (marques, ...), scientifique et technique (découvertes, brevets, inventions, etc.) qui revêt un caractère sensible, avéré ou potentiel, en regard des mêmes intérêts que ceux évoqués supra ;


  - comme dans les processus débouchant sur la conclusion d'accords internationaux dans le cadre de la Politique extérieure de l'Union, que ces accords aient ou non des implications militaires ou en matière de Défense ( y compris ceux qui pourraient être conclus dans la perspective de l'établissement d'un ‘marché transatlantique').


Une quatrième dynamique doit avoir pour objet la définition et la mise en œuvre d'un ensemble cohérent d'instruments de nature militaire et civilo-militaire, en conformité avec les dispositions du Droit applicables en situation de guerre ou dans le cadre de régimes d'exception requérant un recours à la force armée pour assurer des missions de prévention, de protection/sauvegarde, de dissuasion, de répression et/ou de coercition, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur des frontières de l'UPC.


Il s'agit ici :


  - d'une part, de poursuivre et de consolider l'ensemble des dynamiques (capacitaires, doctrinales, ...) attachées à l'édification de la Politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD),


  - et, d'autre part, de créer un cadre propice à son approfondissement sur les registres militaire et politico-militaire en vue de la mise en œuvre opérationnelle de la clause de garantie d'assistance mutuelle en cas d‘agression sur une base comparable à celle offerte par les dispositions inscrites au traité instituant une Constitution pour l'Europe, composante fondamentale d'une véritable politique européenne de Défense commune.


La cohérence d'ensemble des objectifs, des politiques et des instruments dédiés à chacune des quatre dynamiques décrites ci-dessus devra être assurée au moyen d'une ‘Stratégie commune' préparée et adoptée selon des mécanismes qui restent à imaginer. Nb : sur le plan comitologique, l'UPC pourrait tirer avantage d'une adaptation à chacun de ses processus de la méthode Lamfalussy en vigueur dans d'autres domaines politiques revêtant également une dimension stratégique.


Par ailleurs, ces dynamiques doivent se développer en interaction étroite avec celles propres aux autres formes d'Union d'ores et déjà instaurées (telles que l'UEM et l'Union douanière) ou qui pourraient être instaurées (sur le plan social, par exemple).


Quant au support institutionnel de l'UPC, il devra inclure nécessairement le Conseil européen, la Commission européenne, le Parlement européen, la Cour de Justice de l'UE ainsi que d'autres institutions de l'Union compétentes (Cour des Comptes, ...). Il devra faire apparaître de nouvelles institutions à même d'offrir les garanties nécessaires au succès de l'approche systémique qui doit guider le fonctionnement de l'UPC. Il devra notamment permettre aux Parlements nationaux d'y prendre toute leur place à travers un mécanisme approprié en tenant compte de l'expérience offerte par la COSAC (cf. à cet égard les dispositions idoines du traité de Lisbonne consolidé, notamment l'article 10 du protocole n°1 sur le rôle des Parlements nationaux dans l'Union européenne qui définit les modalités et les limites attachées au recours à une « conférence des organes parlementaires spécialisés dans les affaires de l'Union » « dont les contributions ne lient pas les parlements nationaux et ne préjugent pas de leur position »).


Il devra également faire apparaître une Autorité européenne de Sûreté / Sécurité dotée des compétences nécessaires pour exercer les responsabilités incombant au Secrétariat général permanent du Comité européen réunissant les Autorités nationales de Sûreté / Sécurité (organe dont la création doit être décidée par le Conseil européen), ainsi que d'un mécanisme robuste permettant notamment à cette Autorité :


  - en amont de toute décision du Conseil européen, de vérifier avec l'appui dudit comité la cohérence d'ensemble et la pertinence des dispositions et propositions de toute nature qui seront soumises à l'approbation de ce dernier du seul point de vue des considérations stratégiques, internationales et sécuritaires,


  - d'établir le tableau de bord général de la mise en œuvre des décisions du Conseil européen relatives aux questions stratégiques, sécuritaires et internationales, et de coordonner les travaux de la Présidence visant à assurer la coordination politique et la concrétisation des diverses formes de solidarité requises par ces décisions,


  - en amont de toute négociation avec des tiers entreprise par l'une ou l'autre des Institutions de l'Union, de vérifier la cohérence d'ensemble et la pertinence des dispositions et propositions de toute nature qui seront formulées au nom de l'UE, du seul point de vue des considérations de Sécurité (y inclus des considérations juridiques : respect des dispositions du Droit interne et du Droit international) ; aux termes de ces négociations, de vérifier la cohérence d'ensemble et la pertinence des dispositions et propositions de toute nature auront été arrêtées au nom de l'UE, du seul point de vue des considérations de Sécurité.
 

Bien que de telles recommandations ne revêtent bien évidemment aucun caractère exhaustif, elles offrent néanmoins un éclairage utile sur ce que devrait apporter à l'Union européenne l'instauration de l'UPC en regard de la variété des enjeux politiques et des défis stratégiques et sécuritaires auxquels les Européens doivent faire face.


Le moment venu, l'Union devra s'attacher à traduire l'ensemble de ces innovations conceptuelles et politiques dans le traité, de manière appropriée (par étape, si nécessaire).

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 14:43

Le présent article est le premier élément d'un dossier en deux parties sur la nécessité de faire émerger en Europe une Union politique et citoyenne autonome, sauf à accepter que le projet politique porté par le processus de construction européenne depuis la fin de la 2ème guerre mondiale s'avanouisse dans les brouillards des aléas de l'Histoire.
L'Union européenne doit consolider son identité et sa citoyenneté par la voie de la construction politique et du débat démocratique.
Au-delà des nécessaires projets et initiatives propres à assurer une nouvelle visibilité et une valeur ajoutée immédiate au projet européen, il est indispensable de donner un nouvel horizon au processus d'intégration de façon à :

  - mieux caractériser et mieux affirmer ce qu'est, en termes de contenus, d'héritages, de valeurs, d'aspirations, de promesses, de volontés et d'exigences, l'identité européenne (cf. la définition au terme du présent article) ;

  - remobiliser les énergies, les expertises et les volontés qui entendent poursuivre le processus d'approfondissement politique de l'Union autour de priorités politiques incontestables ;

  - et remettre le citoyen de l'Union en son cœur, à la fois comme sujet, acteur, passeur et investisseur, et comme objet et finalité première de l'action politique (Cf. à cet égard le rapport IESUE-SEM(07)02 du 22 janvier 2007 réalisé par Giovanni Grévi, chercheur à l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'Union européenne, à la suite du séminaire réalisé par son institut sur le thème « Reforming the Union : questions, options and visions » ).
Or le Préambule du traité instituant une Constitution pour l'Europe ainsi que du traité de Lisbonne, celui de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et les grandes orientations politiques et stratégiques de l'action menée par l'Union sur l'initiative de la Commission européenne, institution garante par essence, et de jure, du respect des traités et de l'acquis communautaire, révèlent à la fois :

  - combien la force, la vitalité, la légitimité, la crédibilité et la « durabilité » du projet politique européen tiennent pour une bonne part au lien extrêmement fort que doit nouer la ‘citoyenneté de l'Union' entre les citoyens et l'Union elle-même, dans la mesure où elle favorise l'identification des citoyens à l'Union en même temps qu'elle favorise le développement d'une ‘identité européenne' et d'une ‘opinion publique européenne',

  - et combien la Liberté, la Sécurité, le Droit, la Justice et l'Ethique doivent occuper une place particulière dans l'édification de cette identité et de cette citoyenneté européennes comme dans la réalisation concrète de cette identification.
L'adhésion du citoyen au contenu sécuritaire du projet politique européen sera d'autant plus forte qu'il jouira d'une citoyenneté européenne lui conférant un statut d'acteur européen responsable de la Sécurité ; et notamment de la Sécurité qu'il attend que l'Union garantisse au sein de son territoire comme en dehors de ses frontières. Une citoyenneté qui transcende les limites qu'impose aujourd'hui une conception bâtie exclusivement sur la nationalité en étant apte à faire de chaque citoyen le dépositaire spontané et conscient d'une pluri-identité (européenne / nationale / locale) porteuse d'un sentiment d'appartenance commune à une communauté de valeurs, de projets et de destins autant que d'un sentiment de « co-ownership » d'un patrimoine commun à protéger.

Une citoyenneté qui lui garantisse le respect le plus scrupuleux des droits et obligations attachés au développement, à la préservation autant qu'au plein exercice, en responsabilité, des libertés à la fois collectives et individuelles dont il entend jouir sur les registres politique, économique, social, culturel et juridique (liberté d'opinion, liberté d'expression, liberté d'entreprendre, liberté de choix (de son mode de vie, de son culte, de son engagement politique, de son mode de consommation, de son lieu de résidence, de son système de défense dans le cadre d'une procédure judiciaire, etc.), liberté de s'associer, liberté de s'établir, liberté de se syndiquer, liberté de proposer, de contester, de dénoncer individuellement ou par la voie de la pétition collective, etc.), comme cela doit être impérativement le cas dans toute société démocratique comme dans toute économie sociale de marché régies à la fois par la règle libérale et par la solidarité.

La mise en place d'un service civil européen articulé sur des objectifs de solidarité européenne, de cohésion et de mixité sociales, de formation civique et professionnelle, de développement durable, et/ou de Sécurité et de Défense civiles, concourrait de toute évidence à imprimer une dynamique vertueuse en la matière au profit des citoyens les plus jeunes de l'Union (cf. l'appel lancé à cet égard par le Mouvement européen ).

 

Une Union politique et citoyenne doit être instaurée selon un processus comparable à celui qui a prévalu lors de l'instauration de l'UEM et qui permette à la fois de consolider l'identité et la citoyenneté de l'Union par la voie de la construction politique et du débat démocratique, et d'édifier le système européen de Sécurité selon les orientations précédentes


Pour répondre à l'ensemble des défis identifiés dans ce rapport, les formes d''autonomie' et d'intégration qui permettront d'asseoir l'Union comme acteur politique global de la Sécurité doivent être adossées sur une structure objective d''indépendance' qui consacre non pas « simplement » l'UESD évoquée à la fois par le Conseil franco-allemnad pour la défense et la sécurité (cf. sa déclaration commune en date du 18 septembre 2003) et par le Parlement européen (cf. sa résolution adoptée le 16 novembre 2006 sur la base du rapport sur la mise en œuvre de la Stratégie européenne de Sécurité dans le contexte de la PESD établi par Karl Von Wogau, au titre de la Commission des Affaires étrangères du PE – Rapport A6-0366/2006 Final en date du 18 octobre 2006)  mais un cadre d'action en même temps qu'une méthode à même de consolider et d'affirmer l''identité européenne' dans l'ensemble de ses ressorts et déterminants politiques, stratégiques, sécuritaires, démocratiques et juridiques ; l'UE ne pouvant demeurer « un acteur stratégique malgré lui » qui limiterait son action aux missions que lui confierait l'ONU en sa qualité d'« organisation régionale » au sens du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.


Ce nouveau cadre d'action se doit d'être à la fois propre et interne à l'Union européenne.


Il doit être régi selon une méthode permettant à la fois :


  - la prise en compte explicite et concrète des attentes exprimées par les citoyens de l'Union vis-à-vis de l'Union face aux risques et menaces qui font peser sur les personnes, leurs biens et leurs activités comme sur leurs projets une insécurité globale,


  - et la définition, la validation, l'appropriation politiques, la concrétisation en termes de capacités, un usage, une évaluation et un contrôle appropriés de ‘garanties de Sécurité', positives et négatives, ainsi que de ‘mesures de confiance' et de ‘mesures de réassurance' (cf. à cet égard l'article de ce blog intitulé : « essai de caractérisation conceptuelle et fonctionnelle de tout système de sécurité ») qui reflètent l'identité européenne, et qui permettent à l'Union de constituer un acteur ‘global' à même de penser, de mettre en œuvre et de promouvoir, tant à des fins intérieures qu'à des fins plus universelles, des réponses européennes, efficaces et solidaires face aux risques globaux qui affectent non seulement la Sécurité mais également la Prospérité et la Stabilité.


C'est l'avenir de l'identité européenne comme du modèle européen de Société qui est en jeu.


Car si la Sécurité constitue un droit fondamental, un principe fondateur, un service et une fonction politique qui garantissent la Liberté au sein d'une collectivité, elle constitue également ce point d'équilibre instable entre Autorité, Liberté, Ethique et Justice qui révèle la nature précise de la relation de cette collectivité à sa propre identité.
Comme « la Paix constitue cette ligne fragile entre la Justice et la Stabilité » (Cf. Shlomo Ben Ami, ancien ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires étrangères de l'Etat d'Israël lors de l'intervention qu'il a prononcée à Paris, le 1er septembre 2006, lors des Universités d'été de la revue Passages).

Il y va également de la réappropriation du projet européen par le citoyen en tant que projet politique refondateur d'une perspective nouvelle pour son épanouissement, fédérateur des consciences et des aspirations aussi bien collectives qu'individuelles autour d'une même ambition, et remobilisateur des énergies, des expertises et des volontés autour des objectifs, des valeurs, des principes fondamentaux qui font sens à ses yeux autant que pour les peuples qui aspirent à voir émerger une Union européenne responsable sur l'échiquier international.


La condition sine qua non du succès d'une telle entreprise réside dans la conclusion d'un véritable pacte politique et démocratique autour de telles ambitions qui permette - et qui garantisse - l'engagement collectif des Etats membres, des institutions et des citoyens parties au Pacte à souscrire aux principes et obligations qui en résultent ; ce qui requiert corrélativement la définition, l'adoption et la mise en œuvre effective des garanties nécessaires au respect d'un tel engagement.


Le processus visant à l'établissement d'une Constitution européenne devait permettre de sceller un tel pacte entre les Européens dans la perspective où la mise en œuvre effective de celle-ci devait apporter une nouvelle fois la preuve que les citoyens européens sont déterminés à progresser vers une interdépendance voulue, décidée et organisée y compris sur le double registre stratégique et sécuritaire.


Il offrait une occasion unique pour traduire les évolutions attendues dans les faits, à la fois dans les esprits, dans les textes, dans les procédures et dans les instruments attachés à la PESC, à la PESD, ainsi qu'à l'espace de liberté, de sécurité et justice.


Or, l'esprit qui a présidé à l'élaboration des amendements apportés au traité instituant une Constitution pour l'Europe par les représentants des Etats membres à la Conférence intergouvernementale chargée de rédiger le Traité de Lisbonne rend compte d'un recul de la volonté politique commune de doter l'Union d'une Constitution. Comme l'a souligné la Commission européenne dans les conclusions d'un document de travail de ses services sur le « coût de l'absence de Constitution européenne », "sans Traité constitutionnel, l'Union est freinée dans sa détermination à agir de façon simple, démocratique et efficace » (Cf. l'intervention à cet égard de Mme Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, prononcée le 22 novembre 2006 devant les membres de la Commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen).


C'est pourquoi l'heure semble venue de répéter l'opération historique de Messine : aller plus loin que ce qui a été rejeté pour permettre à l'Union non seulement de sortir d'une crise grave qui concourt à accroître très sa vulnérabilité, mais surtout, de penser, de décider et de mettre en œuvre ses propres réponses face aux défis globaux posés à la Sécurité. Pour l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, « sortir de la crise constitutionnelle non pas en enlevant ceci ou cela au projet que tous les gouvernements ont signé, mais au contraire, en y ajoutant ce qui manque ».


Face aux défis que posent de tels risques à une Union pensée et conçue pour répondre à des enjeux d'une toute autre nature, et en l'état d'impuissance actuel du système international, l'instauration d'une Union politique et citoyenne (ci-après désignée par « UPC ») dotée d'une organisation politique, institutionnelle et fonctionnelle est des plus indispensable et des plus urgente, la mise en oeuvre du traité de Lisbonne ne pouvant apporter l'ensemble des innovations nécessaires, et le recours à un nouveau traité ne sachant suffire en soi, bien qu'il soit indispensable pour sceller dans le cadre juridique de l'Union, le moment venu, les principes, objectifs et modalités d'adhésion à un tel cadre.


C'est nécessairement un double mouvement en sens opposé qui devra s'imposer : d'une part, admettre un degré d'engagement variant suivant les capacités et les volontés des Etats et des Peuples, et, d'autre part, compenser cet élément d'incohérence dans un schéma d'approfondissement de l'intégration politique articulé sur une cohésion plus forte au niveau des institutions et des instruments d'action sur les plans intérieur et extérieur.


Ce qui exige d'entreprendre l'instauration de l'UPC au moyen d'une démarche graduelle (un processus) qui doit permettre à certains Etats membres d'amorcer une dynamique d'intégration plus étroite à l'intérieur de son cadre institutionnel sans en être empêchés par quiconque, tout en conduisant l'ensemble des Etats membres de l'Union à y souscrire sans pour autant être tenus d'en accepter toutes les règles et les contraintes au même rythme (comme ce fut le cas pour l'UEM).


Une telle démarche doit permettre, le moment venu, la conclusion d'un véritable Pacte de Sécurité, de Stabilité et de Citoyenneté à l'instar du Pacte de Stabilité et de Croissance conclu dans le cadre de l'UEM. Elle devrait également favoriser la constitution d'un noyau central (premier cercle) d'Etats membres ayant choisi de s'engager dans la voie d'une coopération plus étroite, à l'instar de l'Eurogroupe.


Ses critères devront être établis non seulement sur la base d'objectifs et de critères quantifiés (ayant trait par exemple à la convergence des lois d'orientation et de programmation nationales ainsi que des budgets qui en découleront), mais également sur la base d'objectifs et de critères qualitatifs (ayant trait par exemple à la convergence des doctrines, ou encore à la simplification et, donc, partant, à la meilleure appropriabilité des dispositions du Droit dans les matières relevant de la compétence de l'UPC).


Mais quand bien même l'instauration de l'UPC aura été décidée et enclenchée, il importera de ne pas s'en satisfaire comme l'a souligné Jean Claude Trichet, Président en exercice de la BCE , devant l'Académie des Sciences morales et politiques, à Paris, le 24 mai 2004, à propos de la politique monétaire, autre attribut essentiel de la souveraineté de l'Union européenne : « Il faut prendre toute la mesure de la tâche .... Il ne [s'agit] pas seulement d'optimiser les choix institutionnels, la détermination du concept stratégique de la politique monétaire ou la doctrine d'emploi de cette stratégie. Toutes les Banques centrales sont appelées en permanence à s'interroger sur l'optimalité de ces choix au regard des progrès de la science économique et de la théorie monétaire en particulier, et en tenant compte de l'expérience et de la sagesse accumulées chez elles et dans le reste du monde ».

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Sont présentés  ci-après quelques éléments de clarification de certaines notions clés qui figurent dans le présent article.


Identité
(Cf. Alain Joxe, Président du CIRPES, dans « La globalisation stratégique - Causes, représentations, conséquences économiques, politiques, militaires de la globalisation », ouvrage de stratégie théorique paru aux éditions CIRPES, in Cahiers d'Etudes Stratégiques 40-41, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris, 2006)

« [L'identité est] le code d'un groupe d'individus ou de collectivités conscients de leur relation commune d'appartenance. Une identité s'accompagne d'un « sentiment d'appartenance à une collectivité ». Ce sentiment conscient n'est pas une stratégie individuelle rationnelle, c'est une « passion » qui va jusqu'à la capacité des individus de sacrifier leur vie individuelle à la survie du groupe. Cette définition n'est pas liée à une présence de l'Etat. [....]

Qu'elle soit tribale ou religieuse, l'identité est politique, dès que le pouvoir dans un rapport de forces devient l'enjeu spécifique de l'identité, dès que le leadership devient symbole de l'identité. [....]

L'identité n'est identité politique d'Etat que dans le cas particulier où apparaît l'Etat, qui comme dit Alain Badiou, « ne se fonde pas sur le lien social qu'il exprimerait, mais sur la déliaison qu'il interdit » et il s'interdit cette déliaison par la force ou par la raison [...].

L'Etat n'est qu'une des représentations de la violence légitime, celle qui prétend au monopole et qui, par là, se donne les moyens d'interdire par la violence la décomposition de l'identité étatique en sous entités violentes.

L'Identité d'Etat peut mettre en œuvre une stratégie impériale, c'est-à-dire orienter la violence légitime vers la conquête et non seulement la défense. L'Empire se compose alors, toujours, d'un noyau conquérant et de marches dont l'identité réapparaît en cas de décomposition, mais sous une forme modifiée par le moment de l'appartenance à un Empire. »


Identité européenne

Telle qu'elle se dégage des principaux textes communautaires, l'Identité européenne revêt trois formes dont l'usage a varié au cours des 50 dernières années et qui, prises dans leur globalité, sont porteuses de trois attributs majeurs (Cf. le rapport intitulé « Pour une autonomie responsable et solidaire » fait au Premier ministre de la République française par Jean-Baptiste de Foucaud, inspecteur général des finances, ancien Commissaire général au Plan, à l'occasion des débats nationaux relatifs à l'autonomie des jeunes et au rôle de la puissance publique en la matière), ceux d''individualisation', d'‘autonomie' et d''indépendance' (voir infra) :

  - la première a une visée essentiellement externe,

  - la deuxième correspond à l'expression du projet commun et/ou de l'acquis communautaire,

  - la troisième tente de refléter l'existence d'une communauté culturelle et citoyenne.
(Cf. Marjorie Jouen et Nadège Chambon in « L'identité européenne dans les textes et les politiques communautaires », cahiers de Notre Europe - Paris, 2006)


S'agissant de sa dimension externe, « La politique étrangère est une façon d'exprimer notre identité. Mais agir ensemble sur la scène internationale permet aussi, progressivement, de construire et de renforcer notre identité commune [...] Et plus nous agirons ensemble, plus nous partagerons des succès et, à l'occasion, des échecs, plus nos réflexes convergeront, plus cette identité européenne sera solide et moins virtuelle. » (Cf. Javier Solana, Secrétaire général du Conseil de l'UE, Haut Représentant pour la PESC, ancien Secrétaire général de l'OTAN, lors de la conférence annuelle de l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'UE - Paris, le 6 octobre 2006)


Individualisation

L'individualisation est un phénomène visant à singulariser, au sein d'un espace social, une entité socio-culturo-politique aspirant à affirmer son propre soi, c'est-à-dire à pouvoir orienter soi-même sa propre existence (liberté ontologique de délibérer, de juger, de choisir et de négocier), et animée par un besoin de sécurité ontologique ; s'agissant d'un espace socio-politique, l'individualisation se manifeste au travers d'une nouvelle régulation sociale, organisée et institutionnalisée de manière à anticiper et à se prémunir contre les menaces que font peser sur elle les phénomènes de désincrustation et de détraditionalisation (voir infra).

Il existe deux dimensions distinctes du processus d'individualisation : l'autonomie et l'indépendance.

Pour devenir une entité individualisée, il faut avoir les moyens d'adosser les formes de l'autonomie sur une structure objective d'indépendance, notamment économique.


Autonomie

Concept fondateur de la liberté politique, l'autonomie est une notion contemporaine de l'individualisation des rapports sociaux ; l'autonomie est la maîtrise du monde dans lequel cette entité existe, monde défini par des règles qui lui sont propres ainsi que par des règles construites dans la négociation à plusieurs ; lorsque ces deux dimensions sont réunies, indépendance et autonomie, alors l'entité a le sentiment d'être libre ; les aspirations à l'autonomie s'inscrivent dans un contexte où le « privé » devient « politique ».

L'autonomie est, in fine, l'aboutissement du processus de construction de soi. Elle s'acquiert par la médiation d'un autrui significatif.


Indépendance

L'indépendance est la manière dont l'entité peut, grâce à ses ressources personnelles tirées de son patrimoine et de son activité, moins dépendre de son environnement social.


Désincrustation

La désincrustation consiste dans la disjonction qui s'opère entre les espaces relationnels et les espaces fonctionnels des organisations ; entre les espaces dans lesquels se déroulent les relations primaires (face à face) et les espaces multiples d'interrelations secondaires (basées sur l'anonymat, voire virtuelles). Cette disjonction ébranle le rôle des institutions classiques de diffusion des savoirs et des savoir-faire.


Détraditionalisation

La détraditionalisation est le processus enclenché par la fragmentation ou la désintégration - lente ou rapide - des formes traditionnelles de la vie sociale, ce qui réduit inévitablement l'efficacité des formes conventionnelles de socialisation et de contrôle social. Un monde en détraditionalisation se caractérise par la perte de sens et de légitimité d'une foule de coutumes, de traditions, d'institutions considérées comme dépassées, de même que de normes et valeurs qualifiées d'archaïques.


Citoyenneté européenne

Instituée par le traité de Maastricht et complétée par le traité d'Amsterdam, la citoyenneté de l'Union complète mais ne remplace pas la citoyenneté nationale : « Est citoyen de l'Union toute personne ayant la nationalité d'un Etat membre ». Le traité de Lisbonne consolidé reprend cette définition sans la modifier.

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