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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 11:51

« Nous ne craignons pas tant notre incompétence que notre puissance.

C’est la luminosité de notre âme, et non ses ténèbres, qui nous effraie le plus.

Nous nous demandons : “Pourquoi serais-je, moi, un être brillant, magnifique, talentueux, formidable ?”

En réalité, pourquoi ne le seriez-vous pas ?

Votre manque de grandeur ne sert pas le Monde.

Il n’y a aucune noblesse à rester médiocre pour rassurer les autres.

La grandeur n’est pas l’apanage de quelques élus, elle est présente en chacun de nous.

Lorsque nous laissons notre âme répandre sa lumière, nous permettons inconsciemment aux autres de révéler la leur.

Lorsque nous nous affranchissons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres. »

Nelson  Mandela    (1918-2013)

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 14:32

A l'occasion de l'exposition Marcel Proust, Gallica propose un dossier consacré au dernier volume de A la Recherche du temps perdu : Le Temps retrouvé.

Extrait du fonds Proust de la BnF, le manuscrit du Temps retrouvé permet au lecteur d'entrer au coeur de la "fabrique" de l'oeuvre. Dernier stade de maturation de la Recherche, ces six cahiers d'écoliers - nommés cahiers de mise au net - offrent de nombreuses illustrations de la composition atypique de cette somme romanesque. Si l'étude des notes marginales, paperoles et renvois, a ouvert de nouvelles perspectives sur la genèse d'une oeuvre fondatrice de la littérature moderne, cette mise en ligne reste aussi l'occasion pour un plus large public de la découvrir.

Aussi trouvera-t-on sur ce serveur une chronologie et des pages décrivant l'univers de Marcel Proust: la mémoire, les lieux, les personnages. Afin que la navigation du lecteur soit facilitée, on pourra constamment se reporter au texte de l'édition originale de 1927 mis à la disposition de Gallica par les éditions Honoré Champion.

Du manuscrit au texte imprimé, le lecteur percevra ainsi plus intimement et presque mentalement le projet proustien à travers une oeuvre qui n'est pas sans évoquer parfois les hypertextes d'aujourd'hui.

Ce site a été réalisé par Florence Callu, directeur du Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

Source : http://gallica.bnf.fr/dossiers/html/dossiers/Proust/

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 13:27

Albert Camus, dont l'intelligence de coeur n'a eu d'égale que celle de son esprit, dont la plume comme les engagements dans la vie ont su si bien rendre compte de l'éclat de son âme autant que des questionnements qui l'ont habité sans aucune pause, a lancé à ses proches et amis, à ses collègues, à ses rivaux, au monde des phrases et des formules qui toutes, sans exception, méritent qu'on s'y attarde un instant !

Regards-citoyens.com en propose ici quelques unes, pour mémoire, puisées dans le document qu'y consacre le site : http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=49 ,

" Le monde change, et avec lui les hommes et la France elle-même. Seul l'enseignement français n'a pas encore changé. Cela revient à dire qu'on apprend aux enfants de ce pays à vivre et à penser dans un monde déjà disparu. "

" Le désespoir, comme l'absurde, juge et désire tout, en général et rien, en particulier. "

" Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit. "

" Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? "

" Rien n'est vrai qui force à exclure !  "


" On a déclaré qu'il fallait d'abord la justice et que, pour la liberté, on verrait après ; comme si des esclaves pouvaient jamais espérer obtenir la justice. " 

" Lorsque nous serons tous coupables, ce sera la démocratie véritable. "

" L'homme n'est pas entièrement coupable : il n'a pas commencé l'histoire ; ni tout à fait innocent puisqu'il la continue. "

"
Le grand courage, c'est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort. "

"
Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t'enlever ta liberté pour assurer ton pain ? "

"
Il n'y a pas longtemps, c'étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées, aujourd'hui ce sont les bonnes. "

" Penser, ce n'est pas unifier, rendre familière l'apparence sous le visage d'un grand principe. Penser, c'est réapprendre à voir, diriger sa conscience, faire de chaque image un lieu privilégié. "

" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. "




 

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 09:41

Le lecteur trouvera ci-après le lien du site de l'Association Jean Monnet où figurent des extraits des discours de ce personnage clé de la construction européenne.

http://www.ajmonnet.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=4&Itemid=18&lang=fr&65bfd7f0b44a4b273ffcd21c9195cf7b=efad2b1ddcd2a5ae749d5e65339632ca 

 

Quelques extraits

"
 Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes. "
Discours, Washington, 30 avril 1952.

" Cette union européenne ne peut pas se fonder seulement sur les bonnes volontés. Des règles sont nécessaires. Les événements tragiques que nous avons vécus, ceux auxquels nous assistons, nous ont peut-être rendus plus sages. Mais les hommes passent, d’autres viendront qui nous remplaceront. Ce que nous pourrons leur laisser, ce ne sera pas notre expérience personnelle, qui disparaîtra avec nous ; ce que nous pouvons leur laisser, ce sont les institutions. La vie des institutions est plus longue que celle des hommes et les institutions peuvent ainsi, si elle se sont bien construites, accumuler et transmettre la sagesse des générations successives. "
Discours, Strasbourg, 11 septembre 1952.

" Au cours du voyage que nous venons de faire aux Etats-Unis un journaliste m’a demandé : 'cette Europe que vous êtes en train de faire, elle résulte de la pression soviétique ! ' J’ai dit : 'Non, l’Europe que nous sommes en train de faire n’est pas le fruit de la crainte. Elle est le résultat de la confiance que nous avons en nous-mêmes et de la certitude que si, enfin, les Européens comprennent ce qu’il y a chez nous de qualités communes et de capacité, nous établirons un monde occidental qui apportera à la civilisation tout entière, à la paix, à l’Amérique, à la Russie une sécurité qui ne pourrait pas être obtenue d’une autre manière'. "
Discours, Strasbourg, 15 juin 1953.

" Notre Communauté n’est pas fermée, elle est au contraire ouverte de toutes manières. Nous ne sommes pas autarciques [ …] et nous ne sommes pas fermés du point de vue de l’objectif final à poursuivre. Cet objectif final a été indiqué dès le premier jour lorsque M. Schuman a fait sa déclaration du 9 mai 1950 et lorsque le traité [de la CECA] a été signé en 1952. L’objet final est d’éliminer les barrières entre les peuples d’Europe ; il est de réunir ces peuples en une même communauté. "
Discours, Strasbourg, 15 juin 1953.

" Quand on regarde un peu en arrière et que l’on voit le désastre extraordinaire que les Européens se sont causés à eux-mêmes, [ …] on est littéralement effrayé. Cependant, la raison en est simple, c’est que chacun, au cours de ce siècle, a poursuivi sa destinée, en appliquant ses propres règles. "
Conférence, Bruxelles, 30 juin 1953. 

" Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir. "
Discours, Strasbourg, 12 mai 1954.
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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 13:54

Stéphane HESSEL, Edgar MORIN - Le chemin de l'espérance

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 10:01

1. JAMES BOSWELL À MÔTIERS.

Empruntons l’identité de James Boswell pour observer les deux « monstres sacrés » du XVIIIe siècle : Rousseau et Voltaire. Boswell, fils d’un gentilhomme écossais, n’avait alors que 24 ans et, bien que balbutiant le français, il avait une espérance : celle d’être reçu par l’auteur de La Profession de foi du vicaire savoyard. Rousseau, condamné pour ses ouvrages et expulsé de Genève, s’était réfugié à Môtiers, dans le Val-de-Travers. Il avait, quand Boswell lui rendit visite en décembre 1764, 52 ans, souffrait d’un rétrécissement de l’urètre qui exigeait de pénibles sondages et vivait avec sa concubine, Thérèse Le Vasseur. Il jouissait de la nature alpestre, se promenait vêtu d’un éternel cafetan arménien et fuyait les importuns. Grâce à Boswell, qui notait toute conversation dès son retour à l’auberge, nous possédons une image très intime de Rousseau. Ce qui avait plaidé en sa faveur, c’était qu’il fût gentilhomme écossais. « Monsieur, lui dit Rousseau, votre pays est fait pour la liberté. J’aime vos coutumes.

[...]

Voir la suite de cet article : http://www.causeur.fr/dans-lintimite-de-rousseau-et-de-voltaire,26447

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 16:39

Regards-citoyens.com recommande très fortement à ses lecteurs intéressés par la place de Charles de Gaulle et de Jean Monnet dans le processus de construction européenne la lecture de ce mémoire passionnant réalisé en 1989 par un étudiant en sciences politiques, Aloys Rigaut !

Au moment où tout le monde s'interroge sur le projet européen et son éventuelle réorientation, ils découvriront ce qui opposait comme ce qui rapprochait ces deux grandes personnalités politiques françaises à l'égard du projet de construction européenne !

En voici l'introduction :

" Il pourrait sembler quelque peu provocateur de mettre sur un pied d'égalité le général de Gaulle & Jean Monnet face à "l'Europe", tellement le culte européen du second éclipse l'oeuvre du premier, c'est-à-dire de considérer comme comparables leurs contributions respectives à la "construction européenne" ; pourtant, il n'en est rien : De Gaulle & Monnet furent, chacun à leur manière, deux grands Européens, deux visionnaires, deux "constructeurs". Il faut cependant bien entendu noter que la postérité leur a donc réservé un sort très différent, Monnet ayant été "panthéonisé" comme le "Père de l'Europe" alors qu'une image d'anti-européen colle avec obstination à la figure de De Gaulle, ce qui est historiquement éminemment dommageable étant donné le sincère "européanisme" de ce dernier. Certes, les rapports tendus entre les deux personnages accentuent encore plus la difficulté de toute tentative de rapprochement entre les deux, mais il faut, d'une part, noter que cette rivalité, qui a amené de Gaulle, un jour de colère, à surnommer Monnet "l'Inspirateur", n'excluait ni un respect mutuel ni des moments de coopération, et d'autre part, qu'elle trouvait sa source autant en une différence de caractère qu'en une différence de vision de l'Europe, fondée sur une perception différente de la force du sentiment national.

Quoi qu'il en soit, les chemins de De Gaulle et de Jean Monnet, aussi grand soit le contraste qui les éloigne, ne cessèrent de se croiser au cours de leur long chemin vers cet horizon qu'était "l'Europe" : s'étant connus à Alger, en pleine seconde guerre mondiale, et destinés à jouer un rôle primordial dans l'après-guerre, ces deux "Pères de l'Europe" avaient en effet profondément conscience de la nécessité d'élever cette Europe, "fille de la seconde guerre mondiale", tout en s'opposant sur la manière. Ce sont ces deux héritages qu'il s'agira ainsi de démêler tout en se demandant quels furent les apports respectifs de De Gaulle et de Jean Monnet face à l'édification de "l'Europe".

En liant de façon abrupte les deux hommes par la conjonction de coordination "et", avec le contraste provocateur que l'on a souligné, le sujet invite en effet clairement à une analyse comparative de leur oeuvre européenne respective, c'est-à-dire par conséquent aussi à se demander s'il faut les opposer ou au contraire montrer leur complémentarité. L'un était-il plus "européen" que l'autre ? Quelle était leur vision respective de l'Europe ? Etaient-elle contradictoires ? En outre, l'expression "face à l'Europe" implique, d'une part, l'idée d'une relative indépendance conceptuelle de l'Europe (si bien que l'on peut se demander si finalement De Gaulle et Monnet n'avaient pas un même "horizon" tout en divergeant sur la "méthode", étymologiquement le "chemin vers"), et, d'autre part, l'idée d'une certaine conscience mutuelle de la nécessité de la "construction européenne" (le chemin, justement, vers "l'Europe", l'idée européenne), comme s'il s'agissait d'un phénomène qui les dépassait amplement mais qu'ils tentaient de diriger dans le sens de leur vision anticipatrice. Ces deux "prophètes" ont ainsi donné à l'Europe en construction deux héritages bien distincts qu'il s'agira de mettre en lumière : l'Europe est-elle ainsi aujourd'hui plus la "fille" de Monnet ou de De Gaulle ? Si Monnet fut le Père & l'Inspirateur de l'Europe, de Gaulle n'en fut-il pas au moins le Tuteur ?

On le voit, il est urgent, en ces temps d'accélération de la construction européenne, de réévaluer les contributions respectives de ces "deux Français éminents" (J.-B. Duroselle). Pour cela, il s'agira tout d'abord de briser le double mythe qui les entoure (l'internationaliste apatride, l'homme des Américains, d'un côté, le général nationaliste & anti-européen, de l'autre) & de les relégitimer en tant que deux européens "visionnaires" (I), avant de montrer que, bien que prônant deux "méthodes" différentes & /donc rivales, de Gaulle & Monnet avaient finalement en vue un horizon sensiblement identique (II), et d'étudier enfin les raisons d'un si grand contraste dans le jugement historique de leur contribution respective à "l'Europe" ainsi que les enjeux de ce double héritage pour une Europe fragilisée par les évolutions internationales récentes & désormais orpheline de ses deux "prophètes" (III). "

Eclairant quand bien même, comme l'affirmat jadis John Fitzgerald Kennedy :

 "Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé "  

Voir le mémoire : http://aloys.rigaut.free.fr/pdf/dgjm.PDF

 

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:30

simone weil enracinement

Alain, qui fût son maître, l’appelait la « martienne », ses camarades de Normale « la vierge rouge », la philosophe Marie-Madeleine Davy la qualifie de « prophète ». Quant à Simone de Beauvoir, elle dit d’elle dans ses Mémoires « J’enviais un cœur capable de battre à travers l’univers entier ». Syndicaliste, chrétienne, mystique, pour tous ses contemporains, Simone Weil demeure un être à part, « archangélique » et mystérieux, sorte de cerveau monté directement sur cœur, d’une capacité intellectuelle hors du commun, dénuée de tout cynisme et vouée sans conditions à un seule cause : la vérité.

L’Enracinement, son œuvre la plus achevée, essai politique d’une lucidité vertigineuse, est republié chez Gallimard, dans le cadre d’une parution des œuvres complètes entamée en 1988. Terminé en 1943, quelques semaines avant sa mort, on le considère comme son « testament spirituel ». C’est aussi un des écrits politiques les plus saisissants du XXème siècle, dimension que s’attache à mettre en valeur l’édition admirablement annotée par Patrice Rolland et Robert Chenavier.

Dans cet essai écrit dans une langue lumineuse, illustré par un art de la métaphore limpide, Simone Weil met le doigt dans la plaie de notre époque : le déracinement, cause principale selon elle, de la débâcle de 40. Mais, n’en déplaise aux néo-barrésiens adeptes de théories remplacistes, ici les racines ne sont pas celles de l’arbre de Monsieur Taine, où se mélangent la terre et le sang, mais plutôt des racines spirituelles et culturelles. Et le déracinement est moins dû à des logiques de métissage qu’à la technicisation progressive du monde et la bureaucratisation jacobine du « monstre froid » étatique.

L’histoire pour Simone Weil, loin d’être linéaire, est plutôt un océan de mensonges écrits par les vainqueurs où surnagent de temps à autres des « ilots de vérités », trésors égarés de l’âme humaine qu’il s’agit de retrouver.

Guérie du patriotisme par le Traité de Versailles (« les humiliations infligées par mon pays me sont plus douloureuses que celles qu’il peut subir »), Simone Weil y sera ramené par le danger et se rangera de tout son cœur du coté du « pouvoir spirituel » de la France libre.

Dès lors, pas question de jeter le bébé du patriotisme avec l’eau sale du pétainisme. La défaite nous oblige à « changer notre manière d’aimer la patrie ». Il ne s’agira plus d’un amour nationaliste, maurrassien, pour une France éternelle fondée sur une fausse grandeur, mais d’un « sentiment de tendresse pour une chose belle, fragile et périssable ». Il faut aimer la France, non pas avec le goût nostalgique des splendeurs révolues, mais avec la tendre sollicitude qu’on a pour ce qui est en danger.

La patrie, loin d’être un absolu fantasmé, est une chose temporelle et terrestre, un moyen parmi d’autres (le syndicat, la corporation, la région) qui permet d’atteindre ce  « besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine » qu’est l’enracinement.

Chez cette penseuse systémique, la critique politique ne fait qu’un avec la critique sociale. Ainsi, si l’enracinement passe par l’attachement à la patrie, c’est le travail qui sera le lieu fondamental de notre participation au monde.  Dans sa critique d’un cycle travailler-manger, propre aux temps modernes où l’accroissement est la seule finalité reconnue par le libéralisme, Simone Weil veut redonner toute sa valeur au travail et pense que la grande vocation de notre époque, et son unique rédemption, doit être « la constitution d’une civilisation fondée sur la spiritualité du travail ».

Chrétienne refusant l’Eglise, syndicaliste opposée à la révolution, antimoderne sans être réactionnaire, Simone Weil est une véritable funambule de la pensée, qui nous déroute et nous émerveille à chaque ligne. Une pensée intransigeante et fulgurante qui doit transpercer notre modernité comme un glaive plongé dans un cadavre vérifie s’il est bien mort, pour préparer sa résurrection. Camus lui-même écrivait: « Il paraît impossible d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies ».

Comme le décrit subtilement Robert Chenavier dans l’avant-propos qu’il consacre à l’ouvrage, L’Enracinement est le Timée de notre temps, le « livre du philosophe qui retourne dans la caverne », et vient distribuer le pain de la vérité aux mortels. On connaît le sort qu’il advint au philosophe qui est retourné parler aux hommes dans le mythe de Platon « ceux-ci, incapables d’imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ? ». Simone Weil, elle, mourra- ou se laissera mourir- de cette indifférence des hommes à la vérité. On peut lire dans son dernier cahier ses derniers mots poignants, pleine d’une amère lucidité dont seul sont capables les authentiques génies : « Silence de la petite fille dans Grimm qui sauve les 7 cygnes ses frères. Silence du juste d’Isaïe « Injurié, maltraité, il n’ouvrait pas la bouche ».  Silence du Christ. Une sorte de convention divine, un pacte de Dieu avec lui-même condamne ici bas la vérité au silence ».

Nul n’est prophète en son pays.

Simone Weil, Oeuvres complètes tome V, vol.2, L’Enracinement, Gallimard, décembre 2013.

Source : http://www.causeur.fr/simone-weil-prophete-pour-notre-temps,26164#

À lire aussi : Simone Weil, Chantal Delsol (dir.), Cerf, 2009.

Voir également : Connaissez-vous Simone Weil ?

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 11:59

Service offert par L’Osservatore Romano et la Radio Vatican : http://www.news.va/fr/sites/homelies

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 12:32
Un homme politique considère la prochaine élection ! Un homme d'état considère la prochaine génération !
(Winston Churchill)
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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
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 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

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