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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 20:44

Le constructeur aéronautique Airbus se prépare à défier son concurrent Boeing sur son terrain en ouvrant une chaîne d'assemblage aux Etats-Unis, ont indiqué jeudi plusieurs sources chez l'avionneur européen.

D'après le site internet du journal local Press-Register, le patron d'Airbus, Fabrice Brégier, doit annoncer lundi dans une conférence de presse à Mobile (Alabama, sud du pays) l'implantation dans cette ville d'une chaîne d'assemblage de monocouloirs A320, les best-seller de l'avionneur.

"Il est vrai que Fabrice Brégier sera à Mobile lundi", a confirmé une source chez Airbus. "Les choses s'accélèrent. Cette conférence de presse n'était pas prévue il y a 48 heures", a-t-elle ajouté.

"Aucune décision finale n'a été prise", avait toutefois insisté quelques heures plus tôt Tom Enders, directeur exécutif de la maison mère d'Airbus, le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS.

"Il y a un certain nombre de conditions qui ne sont pas encore réunies", a précisé Marwan Lahoud, patron de la stratégie d'EADS, évoquant la possibilité que Fabrice Brégier ne prenne pas l'avion pour Mobile à la dernière minute. Mais "on planifie le succès", a-t-il déclaré à l'AFP.

Tout indique cependant que les dés sont jetés chez le constructeur européen: il veut ouvrir aux Etats-Unis une quatrième chaîne d'assemblage après celles de Toulouse, Hambourg et Tianjin, en Chine.

L'implantation aux Etats-Unis ne présente que des avantages pour Airbus, à en croire des responsables de l'entreprise.

Le marché est immense: les compagnies aériennes américaines vont devoir renouveler quelque 4.000 appareils en fin de vie dans les 20 prochaines années, selon les estimations de l'avionneur.

Réduire les risques de change

Airbus, qui s'est emparé de la moitié du marché mondial des monocouloirs avec sa gamme d'A320, n'a encore que 20% du marché américain et ne veut pas s'en contenter, a expliqué un responsable qui a requis l'anonymat.

Selon lui, l'ouverture d'une usine serait amortie même si Airbus ne conquérait que 10% supplémentaires du marché.

Produire aux Etats-Unis permet aussi de réduire les risques de changes: Airbus supporte actuellement la plupart de ses coûts de production en euros mais vend ses appareils en dollars et souffre de la faiblesse du billet vert.

Produire aux Etats-Unis permettrait également de séduire des compagnies aériennes qui préfèrent "acheter américain". "L'option chaîne d'assemblage aux Etats-Unis ouvre des perspectives de marché", a expliqué M. Lahoud.

"Nous pensons que le fait de produire des avions qui sortent de chaîne aux Etats-Unis crée un climat favorable et c'est la raison pour laquelle on va dans cette direction: prendre une carte d'identité américaine".

Airbus veut ainsi exploiter l'avantage qu'il a pris sur Boeing en lançant son A320 Neo, remotorisé pour réduire la consommation de kérosène, qui sortira en 2015, deux ans avant son rival le 737 MAX.

"Nous n'avons jamais caché que notre stratégie était d'accroître notre implantation industrielle (...) aux Etats-Unis, qui représentent le plus grand marché au monde pour l'aéronautique et la défense et le resteront pendant de longues années", a souligné M. Enders.

Airbus avait prévu d'ouvrir une usine à Mobile pour y produire des avions ravitailleurs pour l'armée de l'air américaine, un contrat de 35 milliards de dollars que Boeing lui a arraché in extremis en 2011.

"Nous y avons acquis beaucoup d'expérience et nous nous y sommes fait des appuis solides", a déclaré le patron d'EADS, qui dirigeait à l'époque Airbus.

L'avionneur réfute d'avance le reproche qui pourrait lui être fait de mettre en danger des emplois en Europe en s'implantant en Amérique.

L'assemblage final d'un avion ne représente que 5% de sa valeur et entraîne mécaniquement du travail additionnel en Europe, a souligné un porte-parole (NDLR : qui omet naturellement d'évoquer les très nombreuses délocalisations hors zone euros de nombreux emplois de la sous-traitance (y compris dans le domaine de pointe des bureaux d'études qui assure la supériorité technologique sans laquelle Airbus ne serait pas devenu le champion 'européen' qu'il est devenu).

Ainsi, depuis qu'Airbus a ouvert sa chaîne d'assemblage en Chine en 2006, ses effectifs dans le monde ont progressé de 7%, ses livraisons d'avions de 10%, et son chiffre d'affaires de 20%. En dix ans, il a créé 15.000 emplois en Europe et prévoit 4.000 nouvelles embauches cette année, a-t-il rappelé.

Source : http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/airbus-se-prepare-a-defier-boeing-sur-son-terrain-en-produisant-americain_1131861.html

Voir également :

 * EADS : une normalisation européenne, entre intérêts nationaux et mondialisation, par Kai Behrens et Louis-Marie Clouet (CERFA)   

 * Retour sur images : audition, en date du 3 février 2009, de Louis Gallois, président exécutif de EADS, sur les enjeux civils et militaires de l'évolution de l'industrie aérospatiale européenne

 * Du pari des transferts de technologie ! - nouvelle édition - 

 *  Secteurs stratégiques : la nécessité d’une définition dans le futur "Livre blanc sur la Défense et Sécurité nationale", par Pascal Dupeyrat - nouvelle édition -     

 * Vouloir dévaluer l'euro par rapport au seul dollar est une ineptie ! - nouvelle édition -    

 * Retour sur quelques décisions adoptées lors du sommet du G20 de Los Cabos les 18 et 19 juin 2012

 * New Transatlantic Agenda

 * Les prochaines étapes du partenariat transatlantique

 * Sustaining U.S. Global Leadership: Priorities for 21st Century Defense (DoD - January 2012)     

 

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 08:55

Le "New York Times" a révélé que les Etats-Unis avaient lancé des attaques informatiques contre l’Iran.

Depuis l’irruption des nouvelles technologies dans notre vie de tous les jours, notamment l’informatique et ses dérivés, le piratage est lui aussi devenu monnaie courante. Ce dernier concerne, pour l’essentiel, des hackers brillants ou des malfrats – les deux allant souvent de pair – qui s’ingénient le plus souvent à dérober des données personnelles sur Internet, notamment les numéros de cartes bancaires. Dans un champ plus stratégique, les intrusions informatiques deviennent, elles aussi, de plus en plus fréquentes et représentent un risque majeur puisque les attaques subies visent à tester, parfois à perturber, la viabilité et la sécurité de sites officiels, civils autant que militaires.

On a encore en tête la mise en déroute informatique de la petite Estonie en 2007 qui avait fait prendre conscience, à l’échelle planétaire, de l’existence de la fragilité des systèmes informatiques et des failles associées en matière de sécurité et de protection des intérêts vitaux. Cette première cyberattaque avait alors été imputée à la Russie, sans que l’on puisse toutefois le prouver. Plus proches de nous, les nombreuses attaques globales qu’ont subies divers sites sensibles, essentiellement américains, liés à la défense nationale. Là, ce sont les hackers chinois et, derrière eux, vraisemblablement le pouvoir central chinois, qui sont soupçonnés mais, une fois encore, impossible à prouver.

Car, et c’est là la caractéristique essentielle de ce type d’agression, il est bien difficile d’identifier l’initiateur d’une cyberattaque. Cette règle de l’anonymat, valable jusqu’à il y a quelques jours encore, et au demeurant bien confortable pour toutes les parties, vient pourtant de voter en éclats, avec des conséquences non négligeables. Le New York Times a en effet révélé, il y a tout juste quelques jours, sans que la Maison Blanche ne le démente, que les Etats-Unis avaient lancé des attaques informatiques contre l’Iran. L’objectif ? Freiner le programme nucléaire iranien en rendant inopérant le système informatique qui le porte grâce à un ver informatique introduit discrètement dans ledit système.

Ce ver au nom de code "Jeux olympiques" semble avoir donné pleine satisfaction. En conduisant à la destruction de plus d’un millier de centrifugeuses, en désorganisant le site névralgique de Natanz mais aussi en semant le doute chez les ingénieurs et dirigeants iraniens qui ne comprenaient pas les raisons des dysfonctionnements observés, l’Amérique a gagné une à deux années. Et par là même réussi à dissuader Israël de lancer une attaque militaire contre l’Iran, aux conséquences incertaines sur les équilibres stratégiques régionaux. Mais ce n’est pas tant la réalité que les conséquences de la révélation des attaques qui doit retenir notre attention.

En reconnaissant ces cyberattaques, l’Amérique est-elle de fait en guerre contre l’Iran ? Ces attaques doivent-elles oui ou non être reconnues comme des "actes de guerre" ? Ce qui devrait en bonne logique être le cas puisqu’elles portent directement atteinte à la souveraineté d’un Etat, en l’occurrence l’Iran, et contreviennent aux lois internationales. La gêne est aujourd’hui palpable à Washington car, si guerre il y a, l’Iran serait naturellement légitime à réagir pour se protéger. Au-delà, la confirmation de l’organisation de cyberattaques par l’exécutif américain, décidées à son plus haut niveau, ouvre la voie à tous les scénarios possibles.

Notamment celui de cyberguerres où l’on ne recourrait ni à la bombe atomique, ni à des frappes militaires pour vaincre mais où seraient mobilisés toutes les ressources humaines et les talents informatiques d’une nation pour, sans coup férir et idéalement par surprise, installer le chaos chez l’adversaire grâce à la désorganisation totale de ses infrastructures critiques (réseaux d’eau, oléoducs et gazoducs, usines chimiques, centrales nucléaires, blackout électrique, interruption des networks de télécommunication, etc.). Une guerre finalement accessible à tous puisque, pour être gagnée, elle ne nécessite pas de gros bataillons. Demain, priorité aux guerres cybernétiques ?

Voir également :

 * Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique           

 * Vouloir bâtir une Europe politique comporte des exigences irréductibles ! (nouvelle édition)

 * Combler le vide stratégique ! par Christian Harbulot (Infoguerre)

 

Secteurs stratégiques : la nécessité d’une définition dans le futur "Livre blanc sur la Défense et Sécurité nationale", par Pascal Dupeyrat - nouvelle édition -

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 00:06

Stuxnet. Duqu. Et maintenant Flame. Ces virus relancent le débat sur le déploiement des cyberattaques.

Le virus informatique Flame existait depuis quatre ans, mais il n'a été identifié que fin mai par le fabricant russe d'antivirus Kaspersky Lab. Après que la firme russe a rendu publique l'existence de ce virus, Flame serait en train de se désinstaller des ordinateurs infectés. Ce spécialiste informatique avait noté que la sophistication de ce virus, au potentiel destructeur inégalé utilisé à des fins de "cyberespionnage", était telle qu'il supposait le concours d'un État. Cette "cyberarme" visait à dérober des documents en Iran.

"Ce n'est pas une cyberguerre, c'est du cyberterrorisme" (Kaspersky)

Cela confirme les nombreuses craintes d'assister à une nouvelle étape dans la cyberguerre. "Ce n'est pas une cyberguerre, c'est du cyberterrorisme et je crains que le jeu ne fasse que commencer", indique M. Kaspersky. Ces attaques, engagées sous la présidence de George W. Bush sous le nom de code "Olympic Games", sont cependant les premières de cette envergure à être lancées par les États-Unis, affirmait la semaine dernière le New York Times.

De telles inquiétudes ne sont pas nouvelles en somme. L'implication des États-Unis et d'Israël a longtemps été suspectée par de nombreux experts. En se désinstallant, Flame effacerait toute trace de son existence. Il deviendrait alors quasiment impossible de l'analyser et de remonter à sa source.

Les cyberattaques : une priorité américaine

Mais cette origine ne fait guère mystère. Le ministre israélien des Affaires stratégiques avait déjà justifié le recours à de puissants virus informatiques afin de contrer la menace nucléaire iranienne, alimentant les spéculations sur une possible implication d'Israël dans ce programme informatique.

Puis nouveau rebondissement : un porte-parole du Pentagone a indiqué lors d'une conférence de presse officielle que le président Obama avait fait des cyberattaques une priorité. "Elles constituent un domaine que nous devons surveiller et réévaluer constamment, de même que nous devons tenter d'améliorer l'éventail des options dont nous disposons dans le cyberespace", explique le porte-parole.

Ces révélations semblent donc confirmer que Washington, avec l'aide d'Israël, était derrière le virus Stuxnet, ainsi qu'à l'origine du virus Flame. Cela, à cinq mois de la présidentielle américaine.

Un moment qui ne doit rien au hasard. Ces dernières semaines, le candidat républicain, Mitt Romney, a essayé de dépeindre l'administration d'Obama comme faible et indécise dans la politique étrangère, par exemple, récemment sur la crise en Syrie. Ces déclarations de la Maison-Blanche sont là pour contrecarrer ces accusations.

De nombreuses répercussions

Ni bombe atomique ni frappes militaires. La cyberguerre ne fait pas de victimes humaines. C'est en tout cas l'image que tente de relayer l'administration démocrate. Mais cette apparente absence de risque peut inciter de nombreux pays à en faire usage. Le génie peut alors facilement s'échapper de sa boîte et se retourner contre son inventeur.

L'ennemi n'est pas toujours connu, il change d'identité, et il est très difficile de savoir si une attaque provient d'un pays, d'un groupe ou d'un individu. Une prolifération est donc hasardeuse. "En cas de conflit, tous les belligérants subiraient des conséquences dramatiques", notait le secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, qui dépend des Nations unies.

De nombreuses entreprises ont, elles aussi, été confrontées à des attaques ponctuelles. Dernièrement, Google a mis en garde les internautes contre de possibles cyberattaques commanditées par des États, les incitant à protéger leurs données personnelles. "Nous surveillons constamment les activités suspectes ayant lieu dans nos systèmes", a écrit Eric Grosse, l'un des vice-présidents de Google chargé de la sécurité. Les informations obtenues par Google "laissent fortement suggérer l'implication d'États ou de groupes commandités par des États".

Source : http://www.lepoint.fr/monde/ou-s-arretera-la-cyberguerre-11-06-2012-1471968_24.php

Voir également : USA Patriot Act : un risque majeur pour la confidentialité des données dans le Cloud, par Jamal Labed (Le Monde)

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 14:12

Une formalité ! C'est jeudi 31 mai à 15 heures, à l'occasion du conseil d'administration d'EADS, que le patron d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, a succédé, pour cinq ans, au Français Louis Gallois comme président exécutif d'EADS, maison mère de l'avionneur européen. Un mouvement attendu alors que le pacte d'actionnaires d'EADS prévoit une alternance entre Français et Allemands à la présidence du groupe européen d'aérospatial et de défense.
  
Après cinq années à la tête d'Airbus, M. Enders hérite d'un groupe dont tous les indicateurs, ou presque, sont au vert. Les carnets de commandes des différentes entités d'EADS sont remplis. Collectivement, les Cassidian, Astrium, Eurocopter, ATR et surtout Airbus ont engrangé, à fin décembre 2011, pour 540 milliards d'euros de commandes. Le groupe est à l'aise avec 11,6 milliards d'euros de cash, qui pourraient lui permettre de faire des acquisitions.
 
PRINCIPE DE LA PRÉSIDENCE TOURNANTE
 
Il n'empêche, cette succession ouvre une nouvelle ère pour EADS. Le groupe pourrait souffrir à nouveau d'une certaine instabilité. Les actionnaires français et allemands vont devoir renégocier le pacte qui les lie pour prendre en compte l'entrée au capital d'EADS de la banque allemande KFW. Cette dernière, qui agit pour le compte de l'Etat allemand, doit prendre 7,5 % du capital d'EADS en lieu et place de Daimler qui souhaite se désengager.
 
Le pacte d'actionnaires prévoit principalement le principe de la présidence tournante. Il fixe aussi les droits de vote et le nombre des administrateurs. Ce mouvement capitalistique ne devrait être qu'une première étape. Lagardère, qui détient 7,5 % d'EADS aux côtés de l'Etat, a déjà annoncé son intention de céder sa participation. Selon le calendrier indiqué par Arnaud Lagardère, par ailleurs nommé président du conseil d'administration d'EADS, cette sortie pourrait intervenir lors de la livraison de l'A350 prévue au premier semestre 2014.
 
A l'intérieur du groupe, les premiers pas de M. Enders seront scrutés avec attention. Notamment ses relations avec Fabrice Brégier, promu président exécutif d'Airbus. Certains cadres redoutent que l'entente entre les deux hommes, qui n'a pas toujours été acquise et qui a largement contribué à l'essor d'Airbus, soit mise à mal par la nouvelle organisation hiérarchique.
 
La réflexion autour de l'implantation aux Etats-Unis d'une usine d'assemblage de l'A320neo, le blockbuster d'Airbus, a été l'occasion d'un premier couac avant l'heure entre eux. M. Brégier y serait plutôt favorable tandis que M. Enders y est pour l'instant opposé. Mais ces dissonances pourraient en rester là, tempère un cadre : "Si un Allemand, Thomas Enders, est le patron ; c'est un Français, Fabrice Brégier, qui est l'homme fort d'Airbus." Et l'avionneur européen pèse lourd. En 2011, Airbus a compté pour 33 des 49,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'EADS.
 
RÉPUTATION D'ENTREPRENEUR
 
En prenant les commandes d'EADS, M. Enders prend en main la stratégie du groupe, fait-on remarquer au sein de l'avionneur. Précédé d'une réputation d'entrepreneur moins politique que son prédécesseur, M. Enders pourrait, sur le modèle de Boeing, donner le coup d'envoi d'une simplification des structures au prix d'une fusion entre EADS et Airbus. Si elle devait voir le jour, la nouvelle entité pourrait d'ailleurs prendre le nom d'Airbus.
 
En pratique, le successeur de M. Gallois devra aussi gérer la délicate mise en oeuvre des programmes de son futur A350 et surtout de son très gros-porteur l'A380, capable de transporter jusqu'à 500 passagers. Depuis janvier, l'avionneur n'a enregistré aucune commande ferme de ce dernier appareil. Un coup de frein commercial qui fait suite à la découverte de microfissures dans les ailes de l'A380. Airbus est venu à bout de ce problème technique. Mais la facture, qui devrait atteindre près de 260 millions d'euros, est salée.
 
La filiale se veut toujours confiante dans la réussite commerciale de l'A380. Lors des journées de l'innovation d'Airbus, organisées du 22 au 24 mai à Toulouse, John Leahy, le directeur commercial de l'avionneur européen, a indiqué : "Mon but est d'en vendre 30 cette année, ça va être dur mais nous ferons les comptes à la fin 2012." Un optimisme fondé sur la croissance du trafic aérien, qui devrait doubler dans les quinze prochaines années. "Ce sera impossible d'y arriver avec toujours plus d'avions. Nous allons le faire avec de plus gros appareils", a ajouté M. Leahy.
 
Pour l'heure, Airbus a déjà engrangé 253 commandes fermes d'A380 auprès de 19 compagnies aériennes. Chaque exemplaire est facturé 390 millions de dollars prix catalogue (environ 312,6 millions d'euros).
 
M. Enders jouera aussi une partie délicate à l'occasion du futur regroupement d'une grande partie des personnels des sièges de Munich et de Paris sur un seul site à Toulouse. Quelque 600 salariés sont concernés sur les 134 000 recensés en mars 2012. Tous ne devraient pas suivre ces déménagements. En interne, on estime qu'à chaque déménagement 25 % des salariés concernés n'ont pas souhaité suivre le mouvement.
 
M. Enders pourrait donner des indications sur le futur regroupement à Toulouse, lundi 4 juin, lorsque le nouveau patron d'EADS s'adressera aux salariés du groupe.

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 14:17

Une équipe de scientifiques qui avaient annoncé en 2011 que les neutrinos étaient plus rapides que la lumière, ont admis vendredi 8 juin qu'Einstein avait raison et que sa théorie de la relativité s'appliquait aussi à ces particules élémentaires.
Les chercheurs, qui travaillent au CERN (Centre européen de recherches nucléaires) de Genève, avaient mis en émoi la communauté scientifique en publiant en septembre 2011 le résultat de l'expérience Opera qui révélait une vitesse des neutrinos supérieure à celle de la lumière, en contradiction avec la théorie de la relativité établie par Einstein en 1905 qui en fait une limite infranchissable.
 
60 NANOSECONDES D'AVANCE
Selon les mesures d'Opera, sur une distance de 730 km entre les installations du CERN et le laboratoire souterrain du Gran Sasso, les neutrinos projetés à travers l'écorce terrestre arrivaient avec près de 20 mètres (ou 60 nanosecondes) d'avance sur la lumière. Mais vendredi, lors d'une conférence internationale sur la physique des neutrinos et sur l'astrophysique organisée à Kyoto, l'ancienne capitale impériale nippone, l'équipe d'Opera a admis que ses résultats étaient erronés.
"Les premières données mesurées jusqu'en 2011 avec le faisceau de neutrinos entre le CERN et Gran Sasso ont été révisées en prenant en compte des effets d'instruments attestés", a expliqué l'équipe. "Une image cohérente a émergé grâce à la fois aux données antérieures et à de nouvelles mesures qui aboutissent à une vitesse des neutrinos cohérente par rapport à la vitesse de la lumière."
 
CONNEXION DÉFAILLANTE
En février 2012, des physiciens qui avaient étudié le fonctionnement d'Opera avaient émis l'hypothèse que ses résultats avaient été faussés par une mauvaise connexion entre un GPS et un ordinateur servant à la mesure.
Les vérifications entreprises par l'équipe d'Opera ont confirmé cette connexion défaillante, qui raccourcissait le temps de parcours des neutrinos de 74 nanosecondes par rapport à la réalité. Par ailleurs, l'horloge de haute précision utilisée par Opera était elle-même légèrement faussée, ajoutant quinze nanosecondes au temps de parcours, ont expliqué les membres d'Opera à Kyoto. Une fois corrigées ces deux erreurs, les neutrinos mesurés entre le CERN et Gran Sasso affichaient effectivement une vitesse "cohérente" avec la théorie d'Einstein.
En mars, le physicien italien coordinateur de l'expérience Opera, Antonio Ereditato, avait démissionné. Le journal italien Corriere della Sera l'avait surnommé sur son site "le physicien du flop".

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 12:21

Mercredi 28 mars 2012, le collège des Commissaires européens a adopté la proposition de Cecilia Malmström, Commissaire aux Affaires intérieures, sur la création d'un centre de lutte contre le cyber-crime.

Ce dernier devrait fournir de l'aide lors des investigations et des poursuites juridiques dans les Etats membres, participer à l'entraînement d'experts nationaux et maintenir des bases de données en ligne sur les cyber-criminels.

Il devrait se concentrer sur trois principaux domaines : les cyber-crimes orchestrés par des groupes organisés ; ceux qui causent des dommages graves à leurs victimes ; et les attaques contre des infrastructures d'informations sensibles en Europe.

Le centre devrait travailler de concert avec la European Network and Information Security Agency (ENISA) ainsi qu'avec les Centres nationaux de Réponse et de Traitement des Attaques Informatiques (CERT), sous l'égide d'Europol, l'agence de coopération policière de l'Union européenne.

Voir également sur ce blog :

 * La stratégie de sécurité intérieure de l'Union européenne : "Vers un modèle européen de sécurité"

 * Le Comité permanent de coopération opérationnelle en matière de sécurité intérieure (COSI)

 * L'Union européenne progresse dans la mise en place d'un plan européen de sécurité intérieure - nouvelle édition -

 * De la Sécurité nationale dans le Traité de Lisbonne - première partie - (nouvelle édition)

 * De la Sécurité nationale dans le Traité de Lisbonne - deuxième partie - (nouvelle édition)

 * Digital Agenda for Europe

Voir également :

 *  Les Cahiers de la sécurité (INESJ)       

 *  Une autre regard sur la sécurité intérieure : securiteinterieure.fr     

 

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:59


How Economics Shapes Science
 
 




 

The beauty of science may be pure and eternal, but the practice of science costs money...

 

At a time when science is seen as an engine of economic growth, Paula Stephan brings a keen understanding of the ongoing cost-benefit calculations made by individuals and institutions as they compete for resources and reputation. With funding tight, investigators pursue safe projects rather than less fundable ones with uncertain but potentially path-breaking outcomes. Career prospects in science are increasingly dismal for the young because of ever-lengthening apprenticeships, scarcity of permanent academic positions, and the difficulty of getting funded.


Vivid, thorough, and bold, How Economics Shapes Science highlights the growing gap between the haves and have-nots—especially the vast imbalance between the biomedical sciences and physics/engineering—and offers a persuasive vision of a more productive, more creative research system that would lead and benefit the world.

 

STEPHAN Paula. How Economics Shapes Science.

Harvard University Press, January 2012, 384 p.

 

 

 

Paula STEPHAN is Professor of Economics at Georgia State University and Research Associate at the National Bureau of Economic Research (NBER). She has served on the Board on Higher Education and Workforce at the NRC, the National Institute of General Medical Sciences Council, and the Social, Behavioral, and Economics Advisory Committee at the NSF.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:58

Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises au-delà de 40 ans d'exploitation semble inévitable sauf à accepter des investissements difficilement réalisables ou une baisse de la consommation d'électricité, selon un rapport de la Cour des comptes publié mardi 31 janvier.

Vingt-deux des 58 réacteurs français, représentant environ 30% de la puissance nette du parc, atteindront leur quarantième année de fonctionnement d'ici à la fin 2022, a rappelé la Cour.

"Par conséquent", a-t-elle résumé dans un communiqué, "dans l'hypothèse d'une durée de vie de 40 ans et d'un maintien de la production électronucléaire à son niveau actuel, il faudrait un effort très considérable d'investissement équivalent à la construction de 11 (réacteurs de type) EPR d'ici la fin de 2022".

"La mise en oeuvre d'un tel programme d'investissement à court terme paraît très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles."

La Cour des comptes a en outre souligné que, quels que soient les choix futurs, des investissements massifs seraient nécessaires pour maintenir la production actuelle d'électricité.

Elle a également précisé que son rapport avait "pour seule ambition de mesurer des coûts sans porter de jugement sur leur niveau" et ne se penchait pas sur l'impact des investissements à venir sur les tarifs.

"PAS D'OUBLI" CONSTATÉ

"Le recensement des différents types de coûts à la charge des exploitants ont bien tous été identifiés et figurent dans leurs comptes", a déclaré lors d'une conférence de presse le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud. "La Cour n'a pas constaté d'oubli."

"Les évaluations des coûts futurs sont encore très incertaines et cette incertitude ne peut être levée pour le moment faute d'avoir vécu l'expérience concrète du démantèlement ou de la mise en oeuvre du stockage profond (des déchets)", a-t-il cependant ajouté.

La Cour a également précisé que le doublement des investissements annuels de maintenance d'EDF attendu entre 2011 et 2025 entraînerait en revanche un renchérissement de ces coûts de l'ordre de 10%. (voir )

Ces investissements de maintenance pourraient atteindre 3,7 milliards d'euros par an sur la période en incluant les travaux imposés par l'Autorité de sûreté nucléaire après la catastrophe de Fukushima, qu'EDF estime aujourd'hui à 10 milliards d'euros au maximum.

La publication du rapport de la Cour des comptes intervient alors que l'opportunité de fermer certaines centrales ou de prolonger leur durée de vie s'est imposée comme un sujet majeur du débat de la campagne électorale pour la présidentielle après la catastrophe nucléaire japonaise de Fukushima, survenue en mars 2011.

LA COUR VEUT DES ORIENTATIONS CLAIRES

Le gouvernement a fait savoir qu'il entendait poursuivre l'exploitation du nucléaire français. Le candidat socialiste François Hollande s'est engagé à ne fermer que la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin) au cours du prochain quinquennat s'il est élu président de la République.

François Hollande, qui a ainsi pris ses distances avec un accord électoral difficilement conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts prévoyant de fermer 24 des 58 réacteurs français d'ici à 2025, souhaite en outre ramener la part de l'électricité nucléaire en France de 75% à 50% à l'horizon 2025.

Il s'est également engagé à achever le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche) mais ne lancera pas celui de Penly (Seine-Maritime), programmé par le gouvernement actuel.

La Cour des comptes rappelle que la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production d'électricité pour 2009-2012 privilégie "un scénario central de prolongation au-delà de 40 ans du parc nucléaire".

Mais elle réclame "des orientations de la politique énergétique à moyen terme, publiquement connues et utilisables par tous les acteurs du secteur".

"En effet (...), ne pas prendre de décision revient à faire un choix, celui de faire durer le parc actuel au-delà de 40 ans", ajoute-t-elle.

Le Premier ministre François Fillon a réagi en indiquant dans un communiqué que "les choix sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ou la construction de nouveaux réacteurs revêtant un caractère stratégique et déterminant sur les coûts de la filière, ils (seraient) précisés dans le cadre de la PPI élaborée à partir de l'été 2012".

L'association de consommateurs UFC Que Choisir a de son côté demandé aux pouvoirs publics de "lancer sans attendre un débat transparent, basé sur des données objectives, sur l'avenir de la politique énergétique française, notamment sur la construction des prix de l'électricité et sur les éventuels arbitrages technologiques à réaliser".

 

Source : Reuters

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 06:32

Prédire les effets secondaires d'un futur médicament serait possible avec un modèle mathématique exploitant les énormes bases données existantes affirment des chercheurs de l’hôpital pour enfants de Boston. Un outil supplémentaire pour éviter des scandales sanitaires ?

Un médicament n’est pas un produit comme les autres. Avant son autorisation de mise sur le marché, il doit d’abord franchir de nombreux obstacles, à commencer par des tests de son efficacité et de sa non-toxicité chez différents modèles animaux, avant une longue phase de tests cliniques sur des cobayes humains volontaires.

Une fois ces étapes validées, les autorités sanitaires, comme l’Afssaps en France ou la FDA aux États-Unis, autorisent à la vente la molécule. Seuls 10 % des médicaments parviennent jusqu'à ce stade. Malgré tous les tests effectués, on détecte parfois des effets indésirables imprévus aux conséquences parfois lourdes, obligeant les plus hautes instances à revoir leur position et parfois à retirer le produit du marché.

Des chercheurs américains de l’hôpital pour enfants de Boston présentent dans la revue Science Translational Medicine un modèle mathématique capable d’évaluer plus précisément les associations médicaments-effets indésirables qui risqueraient de se manifester dans les mois ou les années à venir.

Une base de données pour traquer les effets secondaires

Étant donné le recul dont on dispose avec toutes les molécules mises sur le marché, ainsi que tous les retours qui sont parvenus, les médecins ont envisagé de se servir de cette immense base de données pour établir un lien entre les différents principes actifs et les potentiels effets secondaires qu’ils déclenchent.

Pour tester leur modèle, les auteurs se sont servis des informations contenues dans une base de données de sécurité des médicaments datant de 2005 comportant toutes les informations nécessaires sur la chimie des médicaments. À partir de 809 molécules et de leurs 852 effets indésirables associés, ils se sont projetés sur les médicaments susceptibles d’entraîner des symptômes similaires. Ils ont alors comparé leurs résultats avec des données datant de 2010.

Jusqu’à 42 % des effets indésirables révélés

Bilan ? Les mathématiques ont pu prévoir des relations médicaments-effets secondaires alors inconnues en 2005 mais documentées en 2010, attestant de la capacité du modèle à anticiper des effets jusque-là jamais constatés. Ce modèle a également pu identifier 42 % des effets indésirables révélés entre 2006 et 2010. Enfin, il a confirmé l'absence d'effets secondaires pour 95 % des médicaments.

Si la méthode n’est pas entièrement fiable, elle permet de pointer du doigt les produits ayant une forte probabilité d’engendrer leur lot de symptômes non souhaités et donc de permettre une réévaluation ou un renforcement des contrôles par les autorités sanitaires. Aujourd’hui, il faut attendre que des patients se plaignent et souffrent pour reconsidérer l’intérêt d’un médicament. Un tel outil, même s’il reste perfectible, pourrait ainsi prédire certains scandales sanitaires avant qu’ils ne se produisent.

 

Source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/on-peut-mieux-predire-les-effets-secondaires-des-medicaments_35670/

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 01:38

La Commission Mondiale d'Ethique des Connaissances Scientifiques et des Technologies de l'UNESCO a publié en juin 2009 son Rapport sur l'Ethique des Sciences sous la référence SHS/EST/COMEST/Pub3.1FR.
Le lecteur de Regards-Citoyens.com peut en prendre connaissance ci-après unesco-Pub3.1_Ethique-de-Science-FR.pdf unesco-Pub3.1_Ethique-de-Science-FR.pdf



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