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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:28
 


 

FutuRIS a le plaisir de vous présenter les actes du colloque du 4 mars 2011 sur le devenir de l'espace européen de la recherche

 

actes

 

Objet du colloque

Dans un contexte politique et budgétaire difficile, l'Union européenne élabore actuellement sa politique de recherche et d'innovation pour la période 2013-2020 et, parallèlement, prépare le futur 8e programme-cadre. La politique européenne de recherche et d'innovation ne pourra se réduire à ses dimensions les plus visibles telles que la création d'un brevet européen, d'un marché européen du capital-risque ou encore le développement d'un indicateur de l'innovation. Elle devra selon les parties prenantes et les experts associés, répondre au défi majeur de la coordination européenne des politiques nationales de recherche et d'innovation. L'association aux politiques communautaires, directe et matérielle, des États, de leurs agences et des entreprises, au besoin suivant des géométries variables, est considérée comme un objectif essentiel dont dépendront pour beaucoup l'efficacité et la pertinence des orientations qui seront énoncées.

Comment les acteurs de la recherche et de l'innovation se positionnent-ils en France face à ces mutations ? Quels sont leurs besoins concrets, à l'aune desquels ils jugeront de l'utilité des déclarations ? Quels sont les points de blocage qui les empêchent aujourd'hui de se mouvoir dans un espace unifié de la recherche et de l'innovation ? Des stratégies partenariales sont-elles à l'œuvre ?

Contact ANRT FutuRIS
41 boulevard des Capucines - 75002 Paris
tél : +33 (0)1 55 35 25 50 +33 (0)1 55 35 25 50
www.anrt.asso.fr 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 09:42

Découvrez Futura-Sciences, le magazine de l'innovation, de la science et de la découverte :

 

http://www.futura-sciences.com/fr/high-tech/

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 10:03

Si la catastrophe de Fukushima conduit à un réexamen approfondi de la place du nucléaire en France et dans le monde dans le mix énergétique, il est économiquement, socialement, écologiquement et pour finir politiquement inacceptable de cantonner le débat sur l'énergie aux seules questions de la date de sortie du nucléaire et aux trajectoires pour y arriver.

L'énergie est au cœur de nos modes de vie et de notre quotidien. L'électricité ne représente que 25 % de l'énergie finale que nous consommons en France. Nous avons besoin de pétrole pour nous déplacer et transporter biens et marchandises ; de gaz pour nous chauffer et dans l'industrie. Or toutes nos sources d'énergie posent des problèmes : écologiques et sanitaires avec les émissions de CO2, les autres pollutions engendrées et les risques d'accidents, économiques, avec la croissance du coût de la facture pour le consommateur et pour le producteur, géopolitiques du fait de la dépendance de la France et de l'Europe en matière d'approvisionnement. C'est donc bien l'ensemble de la question énergétique et les arbitrages difficiles à réaliser qui doivent être exposés à nos concitoyens.

Le premier enjeu à leurs yeux est sans doute celui du prix des énergies. Elles vont toutes voir leur coût augmenter. Pour les fossiles du fait des tensions futures d'approvisionnement et du recours de plus en plus massif à des sources plus difficiles à aller chercher. Du fait également de la nécessité de mettre un prix au carbone pour limiter la dérive climatique. Pour l'électricité c'est une conséquence mécanique – même si elle peut paraître paradoxale – des décisions de libéralisation européenne du secteur. Le prix de l'électricité devrait augmenter de 5 % par an pour s'aligner sur le tarif européen moyen. C'est aussi nécessaire si nous voulons que nos opérateurs investissent dans l'appareil de production sans sacrifier à la sécurité et dans les réseaux de transport et de distribution, une nécessité incontournable si l'on veut mieux gérer la pointe de l'électricité et la part croissante d'électricité issue de renouvelables (l'éolien et le solaire) intermittentes. Cette hausse des prix des énergies doit à l'évidence être accompagnée au plan social puisque 3 à 4 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique ou de confort thermique insuffisant.

Le deuxième enjeu d'une politique énergétique est de s'atteler au défi de la maîtrise de la demande, levier clef pour la résorption de ces problèmes. Défi économique et financier : les moyens à engager sont considérables et sur une durée longue, sans doute de l'ordre de 500 à 1 000 milliards d'euros dans les décennnies à venir. Défi industriel : dans le domaine du logement les filières ne sont pas encore suffisamment bien organisées, les consommateurs ne savent pas à quel saint se vouer. Dans le domaine du transport, de gros efforts de recherche et développement sont nécessaires pour sortir des véhicules consommant moins de 2 litres au cent kilomètres. Défi social : ce sont des centaines de milliers d'emplois à la clef.

Le troisième enjeu est celui de la gouvernance de l'ensemble. L'eurolibéralisme, appliqué en France avec difficulté sur nos services publics, nous a conduit à une architecture shadok où des monopoles naturels comme le réseau de transport, publics par essence, sont détenus par des entreprises en cours de privatisation. Comment peuvent se faire les arbitrages d'investissement quand certains (ceux du réseau) dépendent d'un prix administré (le Turpe), d'autres d'un prix réglementé, dans une entreprise qui doit rendre compte à des actionnaires privés ? La récente loi NOME a évité de lourdes pénalités à la France mais ne sécurise pas la production nucléaire, qui dans tous les scénarios réalistes va durer encore plusieurs décennies.

Le quatrième enjeu est notre capacité à développer des énergies renouvelables à un coût raisonnable et, pour l'électricité, de manière à ce que leur intermittence soit gérée sans créer de baisse de qualité auprès des usagers et sans recourir massivement au gaz, ce qui nous conduirait à une augmentation du contenu CO2 du kWh, inacceptable du point de vue de la lutte contre le changement climatique.

Enfin, nous devons, dans le cadre de cette lutte, anticiper de probables reports de sources d'énergie. Le développement de transports en commun suppose, dans la majorité des cas, un recours croissant à l'électricité. Les énergies fossiles peuvent aussi être remplacées par l'électricité dans l'industrie.

Pour aucune de ces grandes questions les réponses ne sont faciles. Personne ne peut prétendre savoir aujourd'hui quelle sera notre performance collective en matière de réduction d'énergie, ni ce que sera la vitesse de pénétration des renouvelables. Donnons-nous les moyens d'ouvrir nos marges de manœuvre, de pouvoir décider en toute connaissance de cause la vitesse d'évolution de notre mix électrique. Mais ne confisquons pas ce débat démocratique majeur par des positions symboliques qui n'ont aucun sens quand il est question d'énergie, c'est-à-dire de l'un des cœurs de notre vie commune.

 

Alain Grandjean est économiste.

 

Voir également le volet énergétique du Livre blanc des Ingénieurs et Scientifiques de France : Livre Blanc des Ingénieurs et Scientifiques de France



 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 20:58

Depuis Fukushima, la quasi-totalité du parc nucléaire japonais est à l'arrêt. Si la tendance ne s'inverse pas, Tokyo aura de facto suspendu l'usage de l'atome en juin prochain.

Le Japon, pays totalement dépourvu de ressources naturelles et dépendant de l'étranger pour son approvisionnement énergétique, compte un parc de 54 réacteurs nucléaires, qu'il considérait comme sûrs et dont il était bigrement fier... jusqu'à un certain 11 mars 2011. Depuis la catastrophe de Fukushima, scénario catastrophe impensable provoqué par un séisme et un tsunami dont la puissance a dépassé l'imagination des ingénieurs, l'archipel a peur. Volens nolens, il apprend peu à peu à se passer de ses centrales atomiques. Sur les cinquante-quatre réacteurs, tous situés en bord de mer, une quinzaine, dont les six de Fukushima-Daiichi et les quatre de Fukushima-Daini, ont été stoppés. Plusieurs autres étaient en maintenance régulière de trois mois quand la catastrophe de mars est survenue. Ils n'ont pas redémarré depuis. Deux unités, à Hamaoka, ont pour leur part été arrêtées sur ordre du gouvernement en mai à cause d'un risque sismique extrêmement élevé. D'autres, enfin, avaient subi un arrêt brutal à Kashiwazaki-Kariwa, au sud de Tokyo, en juillet 2007 à la suite du tremblement de terre de Niigata.

Bilan, seulement 11 tranches sont encore en service, soit moins de 20 % de la capacité de production nucléaire mesurée en kilowatts-heures. Résultat, la quantité d'électricité issue des réacteurs nippons a chuté de près de 75 % par rapport à celle produite avant l'accident de Fukushima. In fine, à l'heure actuelle, moins de 10 % des besoins en électricité sont fournis par les centrales atomiques, contre 66 % pour les unités thermiques au gaz ou au charbon. Cette proportion va encore chuter considérablement dans les semaines à venir, puisque d'ici à la fin de l'année cinq autres réacteurs doivent être arrêtés pour entretien régulier, une opération obligatoire pour

... lire la suite sur Le Point.

 

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 13:33
Regards-citoyens.com est heureux de vous informer du lancement de l’appel à participation, à projet et à sponsoring de la cinquième édition des 24h de l’innovation qui aura lieu les 28 et 29 octobre 2011 à l’école d’ingénieurs ESTIA (Biarritz/Bidart).

Suite au succès des premières éditions en France et à l’étranger avec la participation de plus de 1000 personnes, 70 entreprises, 50 écoles et universités de France, d’Angleterre, du Canada, d’Espagne, de Finlande, d’Italie, des Etats-Unis, du Sénégal…, venez tenter l’aventure et rejoignez la communauté des 24h composée de créatifs, créateurs, artistes, inventeurs, entrepreneurs, innovateurs…

Quoi
Une rencontre en 24 heures chrono dont le but est de développer des concepts et des productions créatives et innovantes (produits, logiciels, services, créations artistiques, marketing, …) Des animations (artistiques, musicales, sportives…) sont également prévues pendant et après les 24h afin que les participants puissent profiter des atouts du pays basque et d’une ambiance créative!

Qui
Les équipes, composées d’étudiants de différentes écoles et universités en France et à l’étranger ainsi que de professionnels, salariés, freelance, consultants, d’artistes… se forment librement à l’heure H pour travailler sur des thèmes et des sujets proposés par des entreprises, des laboratoires, des créateurs…

Quand
Vendredi 28 octobre 2011 à 14h : cérémonie d’ouverture et de présentation des sujets. Le lendemain à partir de 14h, chaque équipe présente ses résultats lors d’un show de 3mn effectué en public et devant un jury. Les meilleures équipes sont primées et reçoivent des prix offerts par les sponsors des 24h de l’innovation.

Comment
La participation est gratuite pour tous les participants et les entreprises et les frais de repas sont couverts par l’organisation dans la limite de 300 places et sous réserve d’inscription sur le site web : www.24h.estia.fr

Découvrez la présentation et le teaser de la saison 5 des 24h de l’innovation sur le site web : http://www.24h.estia.fr

La participation sur place est gratuite (limitée à 300 personnes), mais également il est possible de participer par visioconférence (avec
traduction en simultanée).

Egalement, nous proposons à d’autres institutions d’organiser ultérieurement leur propre édition sous la licence «The 24h of innovation » dans d’autres pays (pour plus d’informations : http://www.erima.estia.fr/24h).

Appel à sujets - Développez rapidement et gratuitement vos projets créatifs et innovants en 24h chrono !

Vous êtes une entreprise, une université, une association, un créateur, un inventeur… Vous avez une idée ou un sujet à proposer, un thème, un cahier des charges, un besoin… Vous n’avez pas le temps ou de ressource disponible pour travailler sur ce sujet ? Vous cherchez des compétences complémentaires, une équipe pluridisciplinaire composée d’une dizaine de créatifs environ et dont
certains sont prêts à travailler 24h non stop ?

Soumettez gratuitement votre proposition sur le site internet des 24h de l’innovation, elle sera étudiée avec discrétion et retravaillée par le comité d’organisation avec votre collaboration avant de la dévoiler aux participants sous forme d’un titre, d’une phrase de description et d’une illustration lors de la cérémonie d’ouverture des 24h de l’innovation. Pour consulter la liste des sujets et des porteurs des éditions précédentes : http://www.24h.estia.fr/projets_precedents.pdf

Vous pouvez choisir de participer en présentiel ou à distance (téléphone, vidéoconférence…), selon vos disponibilités ou bien choisir de recevoir les résultats produits par votre équipe après les 24h de l’innovation. Tout au long des 24h de l’innovation, nous serons à l’écoute de vos souhaits concernant les aspects de propriétés intellectuelles et d’exploitations. A votre demande, plusieurs modalités d’accompagnement par l’ESTIA et les partenaires des 24h de l’innovation peuvent également être proposées pour donner des suites aux projets les plus prometteurs après la manifestation.
Pour les particuliers, les meilleurs projets retenus, s'ils sont lauréats des "24h de l'innovation", seront primés sous forme de prestations d’incubation de 6 mois, accompagnement de projets et conseilsformations, accompagnement à la recherche de financement et au concours national de création d'entreprises innovantes (équivalent à 4000€ de prestations)

Appel à participations - Participez à des rencontres créatives en 24h chrono !

Créatifs, artistes, consultants, étudiants, salariés, professionnels, professeurs, inscrivez vous et participez aux 24h de l’innovation en tant qu’inventeur, développeur, créateur, chef de projet, coach, consultant, sponsor, journaliste, observateur, jury, bénévole… Les 10 meilleures équipes seront primées et recevront des prix offerts par les sponsors des 24h de l’innovation.
Programme : Top départ pour 24h chrono de développement à l’annonce des sujets et lors de la constitution libre des équipes le vendredi 28 octobre à 14h.
Repas offerts, café à volonté et ambiance créative assurée jusqu’au lendemain pour la présentation en équipe sous forme de show en 3mn chrono auprès du jury le samedi 29 de 14 à 17h. Clôture et remise des prix jusqu’à 18h.

Appel à sponsors - Communiquez à l’occasion d’un événement de créativité en 24h chrono unique en France et à l’étranger !

Votre entreprise, institution, organisation,… souhaite s’associer à cet événement. Vous voulez sponsoriser ou diffuser les 24h de l’innovation en proposant une dotation financière, vos services, ou fournir simplement des lots pour les gagnants… Contactez-nous pour recevoir notre dossier de sponsoring et imaginer les modalités possibles de partenariat pour cette nouvelle saison.
Vous trouverez également sur le site web un aperçu des partenaires, des sujets,
des palmarès, des retombées médias ainsi que des photos des saisons précédentes. Pour voir une présentation synthétique et voir le film de présentation des 24h de l’innovation : www.24h.estia.fr

Pour plus d'informations
Jérémy Legardeur
05.59.43.84.86
j.legardeur@estia.fr

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 09:14

Constatant l'échec du consumérisme, le philosophe Bernard Stiegler soutient que seule l'intelligence collective permettra une économie innovante.

C'est la bonne nouvelle de ces temps de crise, l'innovation innove ! Quelque chose semble mourir : le système capitaliste consumériste qui, à force d'avoir détourné le désir et la création en pulsions d'achat, a fabriqué des sociétés démotivées, autodestructrices. Mais quelque chose d'autre est en train de naître : une innovation non plus conçue par le haut, par des ingénieurs et du marketing, mais émergeant de réseaux, d'échanges de savoirs, d'amateurs passionnés. En quelques années, les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont renversé le modèle de l'innovation. Infatigable penseur du monde moderne, le philosophe Bernard Stiegler est au cœur de la construction de cette « économie de la contribution » (il publie ces jours-ci Pour une critique de l'économie politique). Avec l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), qu'il a fondé au centre Pompidou, à Paris, il réfléchit aux industries culturelles de demain. Dans l'association Ars Industrialis, il a réuni un réseau international de compétences (intellectuels, artistes, scientifiques, ingénieurs, banquiers...) pour penser une « politique internationale des technologies de l'esprit ». Pour lui, une seule voie pour l'innovation : l'intelligence collective.

L'innovation a une histoire, liée à celle de l'entreprise, de l'industrie, des technologies de pointe. Quand l'innovation a-t-elle été... inventée ?
J'aime situer sa naissance vers 1780. Cette année-là, en Angleterre, deux personnages se rencontrent : l'ingénieur James Watt, qui a donné son nom à l'unité de mesure de la puissance et mis au point la première machine à vapeur exploitable, et l'entrepreneur Matthew Boulton. De la rencontre entre l'ingénieur et l'entrepreneur va naître l'économie industrielle. En effet, ils créent ensemble une entreprise où ils développent ce qui va devenir les machines-outils. Boulton a très vite compris que l'industrie allait connaître avec le machinisme de perpétuelles transformations. L'économiste Joseph Schumpeter (1883-1950) théorisera les lois du changement économique cent trente ans plus tard. Mais c'est dès la fin du XVIIIe siècle que commence l'ère industrielle de l'innovation permanente. L'innovation caractérise en cela la société moderne et elle est rendue possible par l'apparition de la technologie.

Qu'est-ce qui distingue invention et innovation ?
Il n'y a pas d'innovation sans invention, mais il existe beaucoup d'inventions qui ne produisent aucune innovation. L'innovation consiste à socialiser des inventions technologiques, elles-mêmes issues de découvertes scientifiques. Innover, c'est produire du nouveau (méthodes, objets, services) pour l'installer sur un marché. Et la guerre économique se livre sur ce terrain de l'innovation. France Télécom a largement contribué à établir la norme GSM (en téléphonie mobile), mais c'est Nokia qui l'a socialisée, donc qui a été innovante. Le Cnet (Centre national d'études des télécommunications), ancêtre d'Orange Labs, était un des meilleurs laboratoires de recherche au monde. Mais en France, où il y a d'excellents chercheurs, le management ne sait pas valoriser la recherche - le nez collé sur le court terme, il accuse d'autant plus les chercheurs de conservatisme qu'il manque de vision de l'avenir et refuse de prendre des risques.

Quels sont les risques de l'innovation ?
Selon Jeremy Rifkin, dans la seule année 1995, Sony a produit cinq mille produits nouveaux. La plupart ont disparu très vite. Pour innover industriellement, c'est-à-dire sur des marchés mondiaux, il faut être capable de risquer dans la recherche et le développement beaucoup d'argent, et souvent à perte. Mais lorsqu'il y a des gains, ils constituent l'avantage concurrentiel - c'est-à-dire le nerf de la guerre économique.

Mais ce modèle d'innovation n'est-il pas à bout de souffle, à force de courir après une technologie qui change de plus en plus vite ?
Il l'est pour plusieurs raisons. La première, en effet, est l'accélération exponentielle du changement technologique - c'est aujourd'hui le plus rapide qui gagne le marché. Cette accélération tend à fragiliser la société, qui n'a plus le temps de faire de cette innovation technologique un apprentissage social, c'est-à-dire un nouveau savoir-vivre.

En plus, si Sony est en train de mettre au point un nouveau procédé, il y a toutes les chances pour qu'en Californie ou ailleurs quelqu'un travaille sur un sujet proche. C'est alors le marketing qui fait la différence en imposant une nouvelle pratique sociale sous le nom d'une marque et par un véritable matraquage psychologique. Cette concurrence effrénée est le signe d'un autre essoufflement, que Karl Marx avait en partie anticipé, en disant que la compétition économique conduisait à la baisse tendancielle du taux de profit et que le capitalisme n'y survivrait pas. Il n'avait pas prévu cependant qu'après le modèle productiviste du XIXe siècle d'autres modèles de production et de socialisation de l'innovation seraient inventés, en particulier par Henry Ford aux Etats-Unis, et qui allaient conduire au consumérisme.

 En quoi le fordisme a-t-il résolu les problèmes du capitalisme ?
Ce modèle industriel, en inventant la figure du consommateur, permet de résoudre - très provisoirement - le problème du chômage par une production de masse profitant à tout le monde, y compris aux travailleurs. Dans le modèle du XIXe siècle, celui qu'illustrent les romans de Dickens, les prolétaires n'avaient aucun pouvoir d'achat. Ils avaient seulement, comme disait Marx, la possibilité de renouveler leur force de travail : à peu près de quoi se nourrir très mal dans leurs taudis et y faire des enfants qui, lorsqu'ils survivaient, fournissaient la nouvelle main-d'oeuvre. Avec Ford, les Etats-Unis ont inventé le fameux « mode de vie américain », qui repose sur une nouvelle organisation de l'innovation : il ne s'agit plus seulement de mettre au point de nouveaux produits, mais de nouvelles manières de les vendre à tous, et dans le monde entier. Autrement dit, le marketing est consubstantiel à cet âge de l'innovation. Le marketing a d'abord été pensé par Edward Bernays, un neveu de Freud, inventeur des public relations. Avec les théories de son oncle, Bernays a pu conceptualiser en économie la différence entre le besoin et le désir. Si, en 1992, vous demandez à la population française si elle est prête à acheter un téléphone portable et à s'abonner au service qu'il requiert, elle répond négativement : cela ne correspond à rien dans son mode de vie. Les populations sont structurées par des systèmes sociaux qui tentent de résister aux changements. Edward Bernays, qui l'avait compris, savait aussi qu'on ne transforme pas le comportement des individus en s'adressant à leur raison ou à leur conscience pour des « besoins » qu'ils n'ont pas, mais en captant leur attention pour détourner leur désir - ce que Freud appelle leur « énergie libidinale » - vers les marchandises. L'innovation associée au marketing pour capter le désir constitue dès lors l'économie libidinale capitaliste.

Vous en êtes un critique virulent, puisque, selon vous, le consumérisme a finalement détruit tous nos repères sociaux...
Pour innover, il faut sans cesse conquérir des marchés, si bien que tout devient marché. Or, généralement, ce qui fait la valeur de la vie (aimer quelqu'un, admirer une oeuvre, défendre une idée...) n'a pas de prix : les objets du désir sont par structure infinis, c'est-à-dire incalculables. En les soumettant au marché, on détruit le désir, qui est réduit à un calcul. Cela produit une société démotivée, qui a perdu toute confiance en elle, où il n'y a plus de relations sociales, et où triomphe le contraire du désir, à savoir la pulsion : la guerre de tous contre tous, une société policière, comme tend à le devenir la société sarkozyenne. Une société très dangereuse.

N'est-ce pas la consommation elle-même qui fait problème aujourd'hui ?
En effet, le modèle économique de cette innovation n'est plus viable puisque la consommation y est soutenue par des moyens toxiques : le surendettement organisé fabrique des consommateurs irresponsables, accros et honteux de l'être. Nous savons que le consumérisme détruit notre santé et la planète. Nous rejetons des déchets polluants qui compromettent l'avenir de nos enfants tout en lésant les milliards de gens qui crèvent de faim dans le monde... Le temps est bien fini du rêve américain, qui promettait progrès et bonheur pour tous par le marché : tout cela aboutit à la crise de 2008. Cent ans après le succès de la Ford T, le fordisme est épuisé, et le consumérisme apparaît pour ce qu'il est : une mécroissance.

.../...

Pour la suite de cet article, voir : http://www.telerama.fr/techno/bernard-stiegler-il-existe-beaucoup-d-inventions-qui-ne-produisent-aucune-innovation,43551.php

 

Voir également sur ce blog :

 * Retour sur images : Relancer et financer la recherche stratégique (Revue Défense nationale, octobre 2003)

 * L'innovation de rupture exige la coopération, par Armand Hatchuel (Le Monde)

 * Union européenne : programme IDEES, recherche exploratoire et Conseil européen de la Recherche

 * JRC Strategy 2010-2020 : Summary

 * Adoption de conclusions du Conseil sur l'Initiative phare Europe 2020 : "Une Union de l'innovation"

 * "Union de l'innovation" : la Commission présente son initiative phare

 * L'UE consacrera 6,4 milliards d'euros à la recherche et à l'innovation en 2011

 * Stratégie nationale de recherche et d’innovation - Rapport général 2009

 * Suivre l'actualité des innovations majeures dans le monde

 

 

 

 

 

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 11:49

Une équipe de chirurgiens vient d'effectuer avec succès la première greffe mondiale d'une trachée-artère artificielle recouverte de cellules souches, a indiqué hier l'hôpital suédois où a eu lieu l'intervention.

Le 9 juin, un patient de 36 ans atteint d'un cancer a reçu une trachée-artère synthétique recouverte de ses propres cellules souches, a indiqué dans un communiqué l'hôpital universitaire Karolinska de Huddinge, dans la banlieue de Stockholm en Suède. Réalisée avec succès, cette première mondiale pourrait, selon l'hôpital, révolutionner le champ des greffes de trachées, les rendant nettement plus accessibles.

" Les greffes de trachées-artères conçues avec une structure synthétique combinée aux cellules souches du patient, élevées au rang de procédé standard, signifient que les patients n'auront plus à attendre un donneur d'organe compatible", précise le communiqué. Cette médecine régénérative pourrait profiter tout particulièrement aux enfants "étant donné que les trachées de donneurs sont moins nombreuses que pour les patients adultes ". De plus, une intervention rapide offrirait aux patients de meilleures chances de guérison, comme le précise l'AFP. 

L'équipe internationale de chirurgiens était menée par les professeurs Paolo Macciarini de Karolinska et Alexander Seifalian, de l'University College de Londres. C'est ce dernier qui a conçu et fabriqué la trachée-artère artificielle. En parallèle, des chercheurs de Harvard ont mis au point un bioréacteur destiné à implanter les cellules souches du patient sur la structure. Les cellules se sont ainsi développées sur la trachée-artère synthétique pendant deux jours avant que celle-ci ne soit greffée au patient.

Moins de risques de rejet

" Comme les cellules utilisées pour régénérer la trachée étaient celles du patient, il n'y a pas eu de rejet du greffon et le patient ne prend pas de médicaments immunosuppresseurs ", a indiqué (...)

Lire la suite sur maxisciences.com

 

 

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 09:24

Il y a quelques semaines, le président Barack Obama a autorisé l'utilisation de drones armés sur le théâtre libyen, en complément des frappes réalisées par les avions. Dérivés de drones initialement dévolus aux fonctions non offensives de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ceux-ci se sont vus ensuite dotés de missiles et de bombes. Alliant réduction de risque (absence de pilote à bord) et capacité à rester longtemps au-dessus du théâtre, ces drones armés peuvent en plus "traiter" les objectifs ainsi détectés.

Pourtant, une interrogation prend d'autant plus de prégnance que leur nombre ne cesse de croître : l'utilisation de ces drones armés, souvent pilotés à des milliers de kilomètres, est-elle réellement morale ? Ainsi, l'opérateur, loin du théâtre, ne perd-il pas le sens de la réalité du conflit, lui qui ne le vit qu'au travers de caméras, avec le risque de confondre cette réalité et une forme de jeu vidéo ? Par ailleurs, l'opérateur de drone armé peut-il être encore considéré comme un combattant, alors même qu'il ne met pas sa vie en danger tout en ayant la possibilité de donner la mort ? Enfin, quel avenir peut-on imaginer pour ces drones armés ?

Loin du théâtre, loin de sa réalité ?

Ainsi, l'appréhension de la réalité du théâtre au travers d'écrans, loin de l'endroit où vole physiquement le drone et, surtout, où tombent les bombes et les missiles, n'amène-t-elle pas à un certain détachement de l'opérateur du drone armé ? Rappelons que cet opérateur est un détenteur de l'usage légitime de la force en tant que membre de l'armée qui l'emploie.

Les opérateurs de drones armés américains, assis sur de confortables fauteuils dans des salles de contrôle basées aux Etats-Unis, peuvent parfois laisser l'impression d'être plus des video gamers que de réels combattants. D'ailleurs, l'US Air Force elle-même avoue cibler ces populations pour contribuer à l'important effort de recrutement auquel elle doit faire face. Certes, leurs compétences techniques (notamment une capacité à jongler avec de multiples informations numériques durant des heures) les rendent aptes à tirer le meilleur parti des performances de ces systèmes d'armes, mais il ne faut pas oublier qu'au sol, ce sont de vraies bombes qui tombent, conçues pour détruire.


... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 10:18

Les causes du défaut d'une boîte de transmission de l'A400M, qui a cloué au sol l'avion de transport militaire d'Airbus alors qu'il devait participer au programme aérien du salon aéronautique du Bourget, ne sont toujours pas connues, a déclaré mercredi le président d'Europrop International (EPI).

"Nous sommes en train d'étudier le problème, nous ne connaissons pas encore les vraies causes. Mais cela ne remet pas en cause la sécurité de l'avion ni le programme dans son ensemble", a dit à des journalistes Simon Henley.

Europrop International est le consortium, emmené par Rolls-Royce et Safran, chargé du développement et de la fabrication des moteurs TP400-D6 qui équipent l'A400M.

L'un des responsables du programme A400M a souligné la veille, sous couvert d'anonymat, que le fait que la boîte de transmission soit défectueuse est lié à un défaut de fabrication et non de conception.

La boîte est fabriquée par l'italien Avio pour Europrop. Elle a été envoyée chez Rolls-Royce en Grande-Bretagne afin d'être analysée.

Une série de problèmes sur les turbopropulseurs se sont traduits pas un retard et des surcoûts de l'A400L, le plus important programme militaire européen.

 

Source : Reuters

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 10:00

La décision de la chancelière allemande de faire sortir son pays du nucléaire d'ici 2022 a été présentée en France comme à la fois électoraliste (il s'agirait de séduire les électeurs tentés par le vote vert) et hypocrite (l'Allemagne devra importer de l'énergie nucléaire française). En réalité, ces deux arguments résistent mal à une analyse rationnelle et dynamique.

La première critique pourrait être retournée en compliment, surtout par opposition à la France où l'on a du mal à ouvrir un débat au niveau gouvernemental, alors même que l'opinion publique, suite aux événements japonais, évolue. Surtout, on peut montrer qu'au-delà de la logique électorale, il y a sans doute des arguments économiques à la diminution de la part du nucléaire. Ainsi, on nous dit, à juste titre, que la prédominance de l'énergie nucléaire en France nous permet de bénéficier de prix de l'électricité réduits.

Mais, comme très souvent dans le débat public, on présente un avantage sans mettre le coût en balance. Et le coût, c'est évidemment celui d'un accident nucléaire. On entend que celui-ci est de probabilité extrêmement faible, en ajoutant que "le risque 0 n'existe pas". Il n'y a rien de moins scientifique que cette assertion. En effet la question n'est pas celle de la simple probabilité d'occurrence d'un risque, mais de la probabilité pondérée par la gravité du risque. Or, en matière nucléaire, cette gravité est incommensurable puisqu'elle concerne un très grand nombre de personnes susceptibles d'être irradiées.

C'est la grande différence avec, par exemple, un accident d'avion, dont les conséquences ne concernent que quelques dizaines ou quelques centaines de personnes. En outre, une catastrophe nucléaire a une temporalité très longue (des territoires sont désertés pendant des décennies). Là encore, on saisit bien la différence avec un accident aérien. Ajoutons qu'un risque, même extrêmement faible, a vocation à se réaliser.

Ainsi, on peut affirmer qu'un accident nucléaire se réalisera un jour. Mais il est possible que ce soit dans deux siècles. Finalement, l'Allemagne réagit comme une société libérale ouverte au sens de Karl Popper, c'est-à-dire une société où l'on tâtonne, où l'on peut revenir sur des décisions en fonction des événements, pour améliorer son fonctionnement. A l'inverse, ce processus d'essais/erreurs est entravé en France, par des institutions politiques très centralisées, qui ont fait du nucléaire une source d'énergie prédominante, dont il est en effet, en pratique, difficile de sortir.


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