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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 19:04

Mise en œuvre de la politique européenne de voisinage au Maroc 
Progrès réalisés en 2013 et actions à mettre en œuvre 

accompagnant le document: 
COMMUNICATION CONJOINTE AU PARLEMENT EUROPEEN, AU CONSEIL, AU COMITE ECONOMIQUE ET SOCIAL ET AU COMITE DES REGIONS 
Le voisinage à la croisée des chemins: 
Mise en oeuvre de la politique européenne de voisinage 

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ÉVALUATION D’ENSEMBLE ET RECOMMANDATIONS

Le présent rapport offre une vue d’ensemble des progrès effectués dans la mise en œuvre du plan d’action de la politique européenne de voisinage (PEV) entre le 1er janvier et le 31 décembre 2013. Toutefois, des événements survenus en dehors de cette période ont également été pris en compte lorsqu’ils ont été considérés comme importants. Les négociations sur le nouveau plan d’action 2013-2017, qui inclut une matrice d’actions prioritaires, ont été conclues en novembre 2012 et le plan a été adopté par le Conseil d'association en décembre 2013. Néanmoins, ce plan d'action est entré en application le 1er janvier sur une base provisoire jusqu'à son adoption. Le présent rapport examine la mise en œuvre de ce nouveau plan d'action.

Le Maroc entretient des relations privilégiées avec l'UE. Les relations bilatérales entre le Maroc et l'UE ont été particulièrement dynamiques en 2013. La signature de la déclaration conjointe établissant un partenariat de mobilité entre le Maroc et l’Union européenne, le 7 juin 2013, constitue une première pour un pays du sud de la Méditerranée. Elle a permis l’adoption par le Conseil des ministres de l’UE d’un mandat de négociation pour un accord de facilitation des visas, qui sera négocié en parallèle avec l’accord de réadmission. Le Maroc a également entamé des négociations pour un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Deux sessions de négociation ont eu lieu en 2013. L'objectif principal de cette négociation est l'intégration progressive de l'économie marocaine dans le marché intérieur de l'UE, ce qui donnera de nouvelles possibilités de développement et de modernisation pour le Maroc. Le nouveau protocole à l’accord de pêche a été signé en novembre 2013 et adopté par le Parlement européen en décembre 2013. 

Le gouvernement de coalition issu des élections de janvier 2012, mené par le parti de la justice et du développement (PJD), a été remanié en octobre 2013 après le retrait du parti Istiqlal début juillet. Une nouvelle coalition a pu être formée par le Premier ministre Benkirane, secrétaire général du PJD, avec l'appui du rassemblement national des indépendants (RNI). Dans ce contexte difficile, les sujets de fond n'ayant pas été résolus, ce nouveau gouvernement doit faire face à des défis importants. Il s’agit, notamment, de mettre en œuvre effectivement la nouvelle constitution. 

En 2013, le Maroc a poursuivi son processus de réforme, avec toutefois des différences dans le rythme de leur mise en œuvre. Au niveau des réformes politiques, des décisions importantes ont été prises par le gouvernement en matière de justice, avec notamment la publication de la charte nationale pour la réforme et la préparation de deux nouvelles lois organiques relatives à la justice. À la suite des recommandations du Conseil national des droits de l'homme publiées en septembre dernier, les autorités ont défini une nouvelle politique migratoire et d'asile, respectueuse des droits de l'homme. Un certain nombre de réformes inscrites dans la Constitution de 2011 n'ont toutefois pas encore vu le jour, ou ont connu du retard. 

Sur le plan des principes démocratiques et des droits de l'homme, le Maroc a pris des initiatives, dans le domaine de la justice notamment. Cependant, les efforts devront être renforcés pour mettre en œuvre pleinement ses engagements et assurer la mise en place des garanties nécessaires pour assurer l'indépendance des institutions chargées de leur respect. Des actions devraient aussi être conduites pour assurer la promotion du renforcement du rôle de la société civile, l’égalité des hommes et des femmes et la non-discrimination dans tous les domaines, ainsi que l'approfondissement des libertés d'association, de rassemblement, d'expression ainsi que de la presse

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:07

Ayant eu l'honneur, le privilège et la très grand plaisir d'avoir exercé comme responsable français d'un important projet de coopération franco-marocaine de formation scientifique et technique à l'EMI il y a une vingtaine d'années, je souhaite faire connaître cette très grande école d'ingénieurs marocaine, qui a été la première en Afrique !

Mot du directeur :

L’EMI fut créée en 1959 par Feu Sa majesté Mohamed V qui, en grand roi visionnaire, a voulu, très vite, 3 ans seulement après l’indépendance, doter le Maroc d ‘une école d’ingénieurs de haut niveau afin de fournir au tissu économique marocain naissant des cadres techniques capables d’en conduire le développement.

Depuis la sortie de sa première promotion en 1964, l’Ecole a produit, jusqu'en 2012, près de 7 400 ingénieurs essaimés sur toute la mosaique de l’économie marocaine y jouant un rôle déterminant  et y occupant de hauts postes de management. Ces ingénieurs ont su, au fil des années, à coups de réalisations et grâce à leur indéniable compétence imposer le label qualité EMI face sur la scène de la formation d'ingénieur sur les plans national et international. Il est important de souligner que grâce à son corps enseignants étoffé et de haut niveau scientifique et technique et aussi grâce à ses étudiants brillants, l’EMI a innové et joué le rôle de locomotive du système de l’enseignement supérieur marocain particulièrement dans son pan scientifique et technique.

L’EMI, école de référence, soucieuse, comme elle l'a toujours été depuis sa création, d’accompagner voire d’anticiper le développement économique du Maroc, s’est engagée depuis 2007 avec détermination et abnégation dans le grand effort national en relevant, avec un succès indéniable, trois grands défis:

  • L'augmentation des effectifs des élèves ingénieurs: en portant le nombre de lauréats à près de 500 par an.
  • Réforme de la formation d’ingénieur: en développant fortement la dimension de formation en management et  communication tout en gardant forte la dimension scientifique et technique qui a fait la renommée de l'Ecole. La formation par projets a été renforcée aussi afin de doter les élèves de l'EMI de capacités d'autoapprentissage donc de mobilité et d'adaptation en plus d'aptitudes de travail en groupe.
  • La restructuration de la recherche: l'Ecole dispose d'un centre des Etudes Doctorales composé de 29 équipes et 8 laboratoires dans le quel oeuvrent, avec une bonne productivité, plus de 500 doctorants sur différentes thématiques de l'ingénierie.

Force est de constater qu’en relevant les défis, l’EMI s’est engagée résolument dans une spirale vertueuse. La formation d’ingénieurs s’améliore et se diversifie pour mieux répondre aux besoins du milieu socioéconomique. La Recherche se restructure et se place dans une nouvelle dynamique très performante en matière de production scientifique et technique. Les activités scientifiques et culturelles se multiplient sans cesse consacrant le rayonnement toujours fort de l’Ecole et le grand dynamisme de ses différentes composantes. Plus de 30 clubs des élèves s'impliquent avec entoussiasme, professionnalisme et créativité dans différentes activités sociales, scientifique, culturelles et spotives. L’ouverture sur le milieu socioéconomique s’accroît et se présente sous un spectre large et diversifié particulièrement par les cycles de formation continue. L’EMI renforce ainsi davantage son statut d’Ecole-Référence locomotive du développement du secteur de la formation d’ingénieurs et symbole du Label Maroc dans le domaine de l’ingénierie.

 
Pour en savoir plus : http://www.emi.ac.ma/ 
 
Voir également : http://www.enssup.gov.ma/index.php/textes-juridiques-/regimes-des-etudes/268-emi
 
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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 16:25
CGEM ET GOUVERNEMENT EN POURPARLERS AVEC LA BANQUE ISLAMIQUE DE DÉVELOPPEMENT
LA CHARTE DE L’INVESTISSEMENT ATTENDUE POUR PÉRENNISER LES PROJETS
L’ASSOUPLISSEMENT DES PROCÉDURES ADMINISTRATIVES, REVENDIQUÉ PAR LES OPÉRATEURS
     
Investissements Le Maroc négocie 10 milliards de dollars
L’intérêt porté par la Banque islamique de développement s’explique par la stabilité politique et la dynamique des secteurs économiques porteurs comme l’automobile

L’engouement du Maroc pour  les produits financiers islamiques n’est plus à démontrer. Ce type de financement lui permettra de couvrir ses dépenses, mais aussi d’attirer de nouveaux investisseurs étrangers. La Banque islamique de développement (BID) soutient cette démarche du gouvernement. Après l’octroi de deux prêts de 2 et 4 milliards de DH en janvier dernier, cette institution veut promouvoir les opportunités d’investissement offertes par le pays.  Elle a d’ailleurs organisé une conférence internationale sur l’environnement des investissements au Maroc, hier à Skhirat. Cet évènement consacre la stratégie de la BID, dont l’un des objectifs majeurs est de soutenir les pays en voie de développement dans leur processus de modernisation économique. D’ailleurs, «le but du groupe de la BID est d’appuyer le Maroc dans sa démarche de quête d’IDE, notamment ceux en provenance des pays du G8», a souligné son président, Ahmed Mohamed Ali. Pour lui, le Maroc est une plateforme propice à l’investissement. Il a d’ailleurs fait valoir les réformes structurelles engagées afin de favoriser un environnement économique attractif. Et d’ajouter que l’économie nationale a résisté au contexte mondial. «Grace à ses politiques économiques, le Royaume a enregistré une croissance moyenne du PIB de près de 5% lors des 10 dernières années», a-t-il rappelé. Idriss El Azami, ministre chargé du Budget, abonde dans le même sens: «En dépit de la conjoncture internationale, le volume des IDE a augmenté de 25% au Maroc en 2013». En effet, l’année écoulée s’est caractérisée par un flux entrant de recettes d’IDE record de 40 milliards de DH. Son collègue chargé des Petites entreprises et de l’intégration du secteur formel n’a pas manqué de rappeler les mesures déployées pour maintenir ce niveau. Il a cité notamment la mise en place de stratégies sectorielles qui ont favorisé des IDE dans des secteurs créateurs de richesses et d’emploi tels que l’aéronautique et l’automobile. Il rappelle d’ailleurs les implantations de Renault à Tanger et de Bombardier à Casablanca. Selon lui, «ces stratégies apportent de la visibilité aux investisseurs en fixant des objectifs clairs et quantifiables à atteindre ainsi qu’une offre nationale précise en termes de formation et de foncier industriel».
Si le Maroc a gagné 41 places dans le classement Doing Business en l’espace de 5 ans, il a encore du chemin à faire pour préserver son attractivité. Salaheddine Kadmiri, vice-président de la CGEM, a attiré l’attention sur le retard pris dans l’adoption de la nouvelle Charte d’investissement. Il s’agit d’un texte qui devrait libérer davantage le secteur à travers un régime conventionnel transversal et un traitement spécifique pour les projets d’envergure. Pour le patronat, il est nécessaire d’accélérer le circuit législatif pour fournir un cadre juridique transparent permettant de pérenniser les investissements. Parallèlement, «il faudra réduire la part de l’informel pour donner aux potentiels investisseurs une plus grande visibilité de l’environnement économique», a insisté Kadmiri. Et ce n’est pas tout. Le patronat réclame aussi l’assouplissement des procédures administratives et la formation de compétences aux technologies de pointe.
Quoi qu’il en soit, la CGEM garde l’espoir, notamment grâce au lancement de négociations avec la Société islamique de développement du secteur privé (SID). Cette filiale de la BID s’engage à financer les investissements du secteur privé pour un montant global de 10 milliards de dollars. Son PDG, Khaled Al Aboodi, a souligné que cette enveloppe permettra aux entreprises marocaines d’investir le marché des pays africains.

Convention

LA filiale de la SID veut accélérer la cadence du partenariat avec le Maroc. Elle a signé, lors de la conférence sur les opportunités d’investissement au Maroc, un protocole d’accord avec Al Ajial Funds qui est spécialisé dans l’investissement dans des actifs à fort potentiel. En fait, les nouveaux partenaires s’engagent à co-investir dans différents projets. L’objectif étant de soutenir le secteur privé.

 

- See more at: http://www.leconomiste.com/article/919421-investissementsle-maroc-n-gocie-10-milliards-de-dollars#sthash.aJDkNiVE.dpuf

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 18:10

Vous êtes dirigeant, vous réfléchissez à votre développement au Maroc ? En quoi le Maroc peut être une première expérience au Maghreb et en Afrique ?  

Rencontrez les 200 entreprises High Tech du Technopark de Casablanca

FCM et son réseau d'experts confiance, en partenariat avec ANIMA Investment Network, vous donnent rendez-vous les 22 et 23 janvier 2014 à Casablanca

En 2013, la croissance du Maroc s’affiche à 5,1 % selon le FMI, une opportunité pour votre développement !

Casablanca, capitale économique du pays réunit les centres de décision business, des grandes écoles, des manufactures et des industries de pointe, une technopole le Technopark,qui héberge près de 200 start-up innovantes.

Cette missions Maroc concerne :

* Le service aux entreprises
* La formation, l’ingénierie, la maintenance
* L’environnement, l’énergie
* Les TIC, l’aéronautique.
* Le textile - habillement, la logistique     

Participation aux frais de la mission 1 000,00 euros (Transport, hôtel, repas,,rendez-vous sur-mesure et séminaire).

Une mission 100 % efficace avec FCM 

Une mission partenariale FCM est différente. Dense, intense, active, elle réunit en moins de 48 heures, cinq atouts :

Les experts confiance. FCM a, depuis 2008, identifié des professionnels du droit, de l’expertise comptable, du conseil et de la finance qui connaissent parfaitement les règles et les arcanes de leur pays, qui ont la pratique des PME européennes, qui sont ouverts à des collaborations gagnant-gagnant avec un partenaire français. Ce sont vos premiers appuis, ceux qui vont sécuriser votre démarche.
Le séminaire FCM : en une journée, nous réunissons les meilleurs intervenants qui, sans langue de bois, vont donner les clefs juridiques, fiscales, bancaires du pays. Cette journée permet d’appréhender très vite les bases solides d’un développement immédiat des affaires dans le pays.
Le réseau FCM. Finances & conseil Méditerranée vous ouvre les portes des décideurs publics comme privés, institutionnels comme économiques. Depuis 1990, notre réseau a tissé des liens durables qui permettent de rendre accessibles les plus hautes autorités, les plus grands décideurs pour les PME de PACA que nous accompagnons.
Le suivi. FCM assure votre mission en amont à l’écoute de vos besoins, en préparant votre mission de façon personnalisée, en organisant les rendez-vous B2B qui vous concernent, et en sécurisant, en aval, avec ses partenaires la suite de votre action.
Des visites et des rencontres de terrain. Dans chaque mission, nous nous rendons sur place, dans les entreprises, dans les équipements, pour que chacun se fasse une opinion sur le réel, rencontre les professionnels dans leur univers quotidien et construise son projet en connaissance de cause.

Pour en savoir plus et programmer votre mission, contactez-nous.

Pour s'inscrire aux rencontres à Casablanca, cliquez-ici

Contact : Sameh Ben Dhia , 04 91 39 33 54 

sameh.bendhia@financesmediterranee.com 

Prides "Finances et Conseil Méditerranée"
Immeuble CMCI / 2 rue Henri Barbusse - 13001 Marseille
Tél : 04 91 39 33 54 - Fax : 04 91 39 33 62

www.financesmediterranee.com

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 12:29

Une tribune de Nabil Bayahya, executive partner en charge de la practice consulting au sein d'un cabinet international d'audit et de conseil.

Le concept d'émergence est apparu dans les années 1990 pour désigner une mise à niveau économique rapide dans une période d'ouvertures tous azimuts. Il a été marqué par le triomphe idéologique du libéralisme sur le socialisme, à coups de « thérapies de choc », dont les instances internationales ont fait le modèle de la gouvernance.

Le Maroc n'a pas été épargné par cette évolution où le politique, l'économique, et le social sont étroitement liés. Mais à l'heure du bilan, alors que la crise mondiale vient remettre en cause le modèle occidental, et que les révolutions arabes ont eu raison des régimes autoritaires, le royaume conserve une étonnante stabilité, malgré trois décennies de réformes et de contestations. Longtemps regardé avec circonspection pour ses choix peu orthodoxes, le compromis chérifien intrigue désormais par son modèle de transition démocratique et de décollage économique.

Le poids de la dépense publique

Le Maroc n'a pas attendu la fin de la Guerre froide pour lancer les réformes libérales. Confronté à une faiblesse structurelle de son équilibre budgétaire, le Maroc a fait appel dans les années 1980 à l'aide du FMI, qui a répondu par son Plan d'Ajustement Structurel (PAS), lequel fut le point de départ d'une longue série de réformes.

Dans le collimateur du FMI figure avant tout, la dépense publique sous toutes ses formes. Or, comme dans de nombreux pays à l'économie dirigiste, l'emploi public a été longtemps utilisé comme un système social en tant que tel, agissant aux côtés de l'informel comme une variable d'ajustement d'un taux de chômage resté relativement bas.

Dans une société caractérisée par un taux de pauvreté parmi les plus élevés au monde, ces restructurations douloureuses ont révélé la fragilité du lien social. Les décennies 1980 et 1990 ont ainsi été marquées par des émeutes violentes et récurrentes, durement réprimées, maintenant le Maroc, à l'instar de ses voisins, dans un état de tension permanente. Aujourd'hui encore, la caisse de compensation, qui assure un accès à bas coût aux produits de base, reste politiquement trop sensible pour être réformée, à moins d'être remplacée par un système de protection sociale universel, sur le modèle de l'AMO et du RAMED qui préfigure un Etat providence à l'européenne. 

In fine, les réformes structurelles n'ont pas eu raison d'un système social certes archaïque mais puissant. Loin de se désengager, l'Etat est resté l'acteur public majeur, et a concentré sur sa propre gouvernance le poids des réformes.

L'émergence démocratique

Face au FMI centré sur les réformes budgétaires, la Banque mondiale publie en 1992 un rapport célèbre intitulé « Gouvernance et développement », dans lequel elle défend l'équivalence entre démocratie et émergence économique. Cette théorie va se vérifier au Maroc, où les réformes économiques des deux dernières décennies ont été largement le fruit d'une transition démocratique voulue et assumée par la monarchie elle-même.

Tout au long des années 1990 le roi Hassan II avait entamé un rapprochement avec les partis de l'opposition, en vue de préparer une alternance qui fut effective en 1999. Entre temps, le rôle du Parlement avait été renforcé, et l'administration territoriale avait gagné un échelon régional en vue d'une future décentralisation. Le roi Mohammed VI a hérité d'une série de réformes qu'il s'est attaché à poursuivre de manière spectaculaire, en particulier sur la liberté d'expression, le respect de la diversité culturelle au Maroc, ou la défense des droits de l'homme en général et le droit des femmes en particulier.

Même si beaucoup reste à faire, la Constitution du 1er juillet 2011 a été l'aboutissement de ce mouvement de fond, qui associe à un pouvoir exécutif démocratiquement élu, des principes de bonne gouvernance désormais gravés dans le marbre : l'universalité et la continuité des  services publics, la transparence, la reddition des comptes, et la responsabilisation des agents, la lutte contre la corruption, la liberté de concurrence...

En route vers la bonne gouvernance

Si les privatisations ont été peu nombreuses au Maroc, critiquées pour leur propension à attirer des investisseurs étrangers peu intéressés par la politique industrielle, la nouvelle gestion publique a néanmoins mis en avant l'autonomie de gestion à travers d'innombrables établissements publics, agences, ou groupements d'intérêt publics, aux côtés des entreprises publiques restées dans le giron de l'Etat. Malgré des résultats contrastés et une persistance des lourdeurs administratives, l'action de l'Etat y a gagné en efficacité.

Surtout, le Maroc a innové dans les nouveaux modes de planification à travers les stratégies sectorielles, qui ont permis de structurer l'intervention de l'Etat en définissant des objectifs clairs, des chantiers structurants, et de plans d'actions concrets, dotés de moyens en rapport avec les ambitions. Ces plans Maroc Vert, Emergence, ou Azur, affichent des succès certains, et inspirent des nouveaux modèles de développement à travers toute l'Afrique notamment. Elaborés avec l'appui de cabinets de conseil internationaux, ils ont été pensés sans  partis pris idéologiques, pour privilégier des montages optimisés à coup de partenariats publics-privés.

Enfin, l'application littérale des principes de décentralisation et de participation ont permis l'apparition d'un nouveau mode de gestion de l'action publique à travers l'Initiative Nationale de Développement Humain. L'INDH est fondée sur un appel à projets au niveau local à partir d'objectifs nationaux, pilotée grâce à un système sophistiqué de suivi et d'évaluation autour d'indicateurs sociaux. Elle apparaît aujourd'hui comme un véritable laboratoire de la bonne gouvernance.

Loin d'avoir été délaissée ou dégraissée, l'action publique a surtout été reprise en main pour former un modèle de développement original, basé sur une synthèse entre gestion rigoureuse, et gouvernance participative associant société civile, acteurs économiques, administration, et élus.    

Transition démocratique, décollage économique, ouverture à la fois sur l'Europe et l'Afrique, font aujourd'hui du Maroc un modèle à part à condition de maîtriser les disparités et les inégalités, qui constituent la source principale de tensions sociales, et de poursuivre dans la voie des réformes économiques majeures pour une croissance économique durable.

Nabil Bayahya est diplômé de Sciences Po Paris. Il est actuellement Executive Partner en charge de la practice Consulting au sein d’un cabinet international d’Audit et de Conseil. Il intervient  régulièrement dans les colonnes du premier quotidien économique du Maroc, L'Economiste (www.leconomiste.com)   notamment sur des thématiques culturelles ou politiques 
Read more at http://www.atlantico.fr/users/nabil-bayahya#Me1Lz7ThoAseWORB.99

 

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Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/quelles-lecons-tirer-exemple-marocain-nabil-bayahya-933381.html

 

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 07:47

A la croisée de la science politique, de la sociologie et des sciences de l'information et de la communication, cette étude de cas décrypte les mécanismes de la mobilisation d'un capital symbolique par un Etat, pour la préservation de son image de marque à l'international : Etat musulman, le Maroc est communément considéré comme un pays religieusement ouvert, modéré, tolérant ; cette image est le fruit d'un travail politique concrétisé par sa diplomatie publique.


rectoverso

Ismaïl Régragui, est actuellement doctorant en Science politique, spécialité Relations internationales, rattaché au CERI. Sa thèse dirigée par Guillaume Devin, Professeur à Sciences Po, a pour thème "La communication du "système onusien" : le symbole et la réputation comme moyens d'action".

Ismaïl Régragui est également le fondateur et rédacteur en chef de Perspectives Internationales, publication en ligne des étudiants en relations internationales.

http://www.sciencespo.fr/content/11650/ismaïl-régragui-doctorant

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 11:29

 - "DERRIERE LA MOSQUEE"

Le message est apparu sur un vieil écran d'ordinateur poussiéreux, fièrement exhibé par le vendeur au coin de la rue, près de notre riad, dans la Medina. Nous demandions notre chemin dans un français approximatif et le jeune homme, âgé d'à peine 16 ans, se mit rapidement à rentrer l'information dans Google Translate. Son sourire, lorsqu'il eut une réponse, s'étirait d'une oreille à l'autre.

Nous allions trouver le café wi-fi, finalement...

Comment Bernanke et ses amis surdiplômés classeraient-ils notre aimable informateur, ici, à Marrakech ? Le fait que ce jeune homme s'occupe d'un magasin (sans doute celui de son père ou d'un oncle) attirerait-il les foudres des lois américaines sur le travail des mineurs ? Il ne nous a certes pas demandé de l'argent contre ses services, pas plus que consigné son travail dans un livre de comptes, même si nous lui avons offert quelques dirhams pour son aide (qu'il a poliment refusés). En outre, nous doutons que son travail, qui, autant que nous pouvons en juger, consiste à réparer de vieux ordinateurs et claviers, fait l'objet de déclarations sur ses bénéfices aux "autorités compétentes".

Dans quelle catégorie classeraient-ils alors ce jeune homme ? Est-il "actif occasionnel"... "en sous-emploi"... "découragé"... ou entre-t-il dans une autre définition créative du jargon politique ?


- Une économie plus riche qu'il n'y paraît

 
Certes, on n'a rien à envier à l'économie marocaine. Le pays s'est classé à une lamentable 130ème place au classement établi par les Nations unies en 2011 sur le développement humain. Près de 40% de la population est analphabète et les signes d'une extrême pauvreté sont omniprésents. Les ânes font encore office de taxis dans beaucoup d'endroits et, dans la chaleur accablante de la mi-journée, même les vendeurs d'épices sur la grand'place s'affalent par terre pour quelques heures d'une précieuse sieste. En fait, peu de choses sont accomplies durant la journée. Les souks ne reviennent à la vie qu'avec la fraîcheur du soir.


Nous ne voulons pas signifier que le gouvernement des Etats-Unis devrait se mettre à imiter le gouvernement marocain... même si, lorsqu'on compare la richesse des ressources qui restent verrouillées par le gouvernement américain, ce ne serait pas entièrement une mauvaise chose...

 

Depuis 1993, l'économie marocaine, la cinquième d'Afrique, connaît une vague de privatisations d'industries auparavant sous le contrôle du gouvernement : les transports aériens, les télécommunications, un grand nombre de grands projets industriels et le secteur du tourisme, de plus en plus important. En outre, le gouvernement prévoit de vendre des terres agricoles actuellement gérées par des fermes d'Etat, ce qui impactera environ 40% à 45% de la population active marocaine. Le taux de croissance (pour autant qu'on puisse se fier aux chiffres officiels... des deux côtés de l'Atlantique) est aujourd'hui environ deux fois et demi celui des Etats-Unis. Ces dernières années, le déficit budgétaire et la dette globale ont beaucoup baissé en pourcentage du PIB.

Il existe également d'autres indicateurs clés. Comme l'a montré notre jeune ami, le pays possède la plus forte croissance d'utilisation de l'internet du continent. Un meilleur accès à l'information signifie une sorte de "libéralisation sociale". Ainsi, il n'est pas rare de voir des jeunes femmes marcher main dans la main dans les rues, l'une vêtue de façon traditionnelle et l'autre "à l'occidentale"... ce qui aurait été inimaginable il n'y a pas si longtemps.

- Une matière première intéressante

 
Ceci étant dit, beaucoup de défis restent encore à relever. Le Maroc est le plus grand exportateur mondial et le troisième producteur mondial de phosphore, un composant essentiel des engrais. Sa production jouant un rôle clé dans l'économie nationale, les fluctuations des prix du minéral sur le marché international influencent fortement la vitalité économique du pays. Avec d'autres matières premières, le phosphore a fortement chuté fin 2008, passant de plus de 430 $ la tonne -- son plus haut -- à seulement 90 $ la tonne mi-2009. Depuis, la tonne est remontée à 180 $ mais on est encore loin des prix records atteints il y a quatre ans.


C'est pourquoi, comme on peut l'imaginer, les principaux indices boursiers du Maroc ont suivi la même direction. Le MASI (Moroccan All Shares Index) est en baisse de près de 33% depuis son plus haut enregistré en 2008... et n'est pas loin d'atteindre son plus bas depuis six ans.

Ne savons vraiment pas si cela représente une valeur intéressante dans laquelle investir ou juste une idée originale... ou quelque chose entre les deux. Par conséquent, pour paraphraser notre éditeur en chef Eric Fry, nous conclurons simplement que, même si le Maroc n'est peut-être pas encore un "achat", il n'est sans doute plus tout à fait "à vendre".

Dans l'espoir d'être plus convaincus de l'opportunité d'investir dans le phosphate (ou dans le marché boursier marocain), nous avons demandé à Chris Mayer son avis sur le sujet. Chris est l'éditeur du Mayer's Special Situations et le seul homme que nous connaissons qui puisse fournir un aperçu immédiat de tout ce qui existe, des transports ferroviaires birmans au phosphate marocain.

"Je viens de visiter une mine de phosphate la semaine dernière à Toronto", a-t-il répondu d'une manière qui laissait penser qu'il n'attendait que cette question. "Tout le monde dans le business a les yeux rivés sur le Maroc, parce que le pays possède 70% des réserves mondiales de phosphate. C'est le plus grand producteur mondial et c'est lui qui essentiellement en fixe les prix. Le marché du phosphate devrait rester tendu tant que les Marocains n'inondent pas le marché. Jusqu'ici, tout montre qu'ils veulent faire un bon rendement sur leurs actifs".

"Si cela est vrai", continue Chris, "alors nous pourrions avoir un marché du phosphate tendu au cours des prochaines années, en particulier en Amérique du Nord. C'est toujours la même histoire, les meilleures mines vieillissent et doivent être remplacées. Il n'y a pas beaucoup de nouvelles réserves mais la demande croît rapidement. Le prix de la roche oscille encore entre 180 et 200 $ la tonne, un bon prix et il a tendance à suivre l'indice FAO des prix des produits alimentaires. Le prix du blé restera sans doute élevé du fait des récentes sécheresses, ce qui est une bonne nouvelle pour le phosphate".


 


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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 19:54

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient, dimanche 27 mai, à Casablanca, la plus grande ville du Maroc où les tensions sociales sont exacerbées par la sécheresse et par un chômage en hausse.
 
Cette manifestation, qui a surpris par son ampleur est la plus importante contre le gouvernement dirigé depuis janvier dernier par un islamiste, Abdelilah Benkirane. Les élections de novembre 2011 avaient été marquées par une nette victoire de sa formation, le Parti justice et développement (PJD). Elle se déroule à l'appel de deux syndicats proches de l'Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition parlementaire).
 
"Il y a plus de 50 000 personnes [près la moitié selon un responsable de la police] qui manifestent pour appeler le gouvernement à ouvrir un dialogue véritable face à la tension sociale de notre pays", a indiqué Hassan Tariq, un député de l'USFP présent à la manifestation.
 
Depuis plusieurs jours, alors que le chômage ne cesse d'augmenter, les responsables syndicaux lançaient au gouvernement des appels au dialogue à propos de la hausse des salaires et de l'amélioration des conditions sociales des salariés. Près de 30 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont au chômage, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) rendu public le 14 mai à Rabat. Sur les 32 millions d'habitants que compte le Maroc dont près de 11 millions sont âgés de 15 à 35 ans.
 
Du rond-point de Dakar à celui de Mers Sultan, au coeur de la capitale économique, des milliers de manifestants ont sillonné les grandes artères de la ville, en scandant des slogans hostiles au gouvernement. "Benkirane et Fouad Ali El Himma [un très proche conseiller du roi Mohammed VI], deux faces d'une même monnaie", criaient les contestataires sous la présence discrète des forces de l'ordre. Des centaines de jeunes du Mouvement du 20 février, né dans le tumulte du Printemps arabe et appelant à des réformes profondes de la monarchie, ont également participé à cette manifestation, où les islamistes étaient quasiment absents.

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 16:04

Annonce solennelle d'une charte halal pour l'audiovisuel. Volonté implicite de délivrer des permis de reconstruire les écoles coraniques, peu ébruitée. Mise en place dans les quartiers de milices des moeurs, sur fond de populisme. Mise à l'index de Marrakech comme "un lieu de dépravation". Banalisation suspecte du suicide d'une jeune fille violée et mariée de force à son agresseur. Depuis peu, remontent à la surface de la société marocaine des clivages majeurs sur le statut de l'individu, de la femme, du service public, de l'étranger, des minorités, jusque-là imperceptibles, peu garantis, traités négligemment par la législation ou relégués au second plan dans le débat public, quand il a lieu.
Une partie de l'élite, longtemps sceptique sur l'effectivité de la démocratie naissante, observe éberluée le parti islamiste Justice et développement (PJD), à la tête du gouvernement, et une partie de la population, encouragée par son élan fondamentaliste, mettre à nu la schizophrénie sociale ambiante. Certains ne sont pas loin de regretter le despotisme bienveillant du makhzen (système des institutions royales). Pour eux, la lame de fond qui doit prévaloir est l'attente de réactions d'en haut pour brider les égarements d'en bas. Nous ne sommes qu'une minorité, disent-ils, alors vivons cachés à l'ombre du sultan.
Il est certes rassurant de savoir que le roi Mohammed VI est "plutôt moderniste", mais il ne faut pas oublier que les "deux corps" de tout roi l'amènent à être tantôt dans la modernité, tantôt dans la tradition, tantôt séculier, tantôt religieux, et que de ce dandinement dépend sa double mission : préserver un vieil héritage dynastique et faire prospérer un règne à transmettre.
Hormis le bénéfice qu'en tirent les courtisans et autres privilégiés qui gravitent autour, ces considérations ne suffisent pas dans une démocratie. La construction citoyenne exige un espace public ouvert, où les acteurs politiques choisissent de se positionner à partir d'un ensemble de valeurs, et un corps de l'Etat, sans biais dogmatique, qui permet à cette diversité d'interagir librement. Le roi, in fine, devient le garant de cette impartialité, non un acteur devant prendre parti.
A vrai dire, dans une monarchie multiséculaire, sans ruptures majeures, comme celle du Maroc, la société de cour a eu le temps de se consolider en cercles concentriques. Aussi cette large élite qui s'accroche à un modèle de gouvernance semi-autocratique, piloté par intervention divine, a juste envie que ça continue à fonctionner, sans qu'elle ait à se mouiller. Elle ne fait confiance qu'à l'Etat arbitraire qui, telle une centrifugeuse, tente de mettre tout le monde d'accord, pour préserver le noyau conformiste qui en assure l'équilibre précaire.
Derrière cet a priori, un large spectre de sujets, démissionnaires, cyniques ou affairistes, qui ne veulent pas regarder en face le paradoxe menaçant la multitude sociale à terme. Ils ont du mal à reconnaître que les structures mises en place par l'Etat, pour encadrer la société de masse (par les lois, l'école, les médias audiovisuels, les mosquées, etc.) favorisent l'ordre moral par le biais d'une duplicité suspecte (mixité en public pénalisée, islamisation massive des contenus pédagogiques, etc.). Et que ce même Etat ne pourra pas compter sur une minorité libérale cooptée, pour se porter garante de l'autre face, soi-disant "moderne", du régime, à chaque fois que des excès de religiosité viendraient le mettre à mal.
C'est simple. Si le passage à la démocratie est irréversible, le dogme de l'Etat ne peut demeurer religieux. Car le rôle d'un Etat impartial est de permettre à tous les acteurs de concourir à chances égales pour gérer les affaires publiques.
Or le marqueur "islamique" confère à un acteur majoritaire au référentiel religieux, même implicite ou modéré tel le JPD (il peut être demain plus radical), une suprématie non seulement représentative, mais symbolique. Dans cette configuration, la démocratie risque d'être interprétée (c'est déjà le cas) dans la vulgate populaire comme un "diktat de la majorité". Et les minorités, les expressions marginales, des postures illégitimes voire à bannir. Normal alors que l'inévitable querelle entre liberté et moralité se joue à découvert, dans un déséquilibre intenable. Mais qu'est-ce qui autorise un tel déséquilibre ?
La Loi fondamentale du pays. Méditons ce qui s'est passé dans les coulisses de la Constitution 2012. La première mouture mettait en avant le caractère islamique et pluriel de la société (pas de l'Etat) et élargissait les libertés pour y inclure celle de la conscience. Quand l'islamité de l'Etat a été réintroduite, dans la version remaniée du texte, sur pression des partis conservateurs et des bigots proches du Palais, il y a eu très peu de voix pour s'en offusquer publiquement.
Quelques membres de la commission mise en place à cet effet par le roi ont rejeté ce tripatouillage mais, en tant que techniciens en service commandé, n'ont trouvé aucun contrepoids, dans l'espace public, pour contrer les zélotes. A la fin, ces derniers ont eu gain de cause, truffant la Constitution d'expressions vaseuses, telles que "constantes (immuables) de la nation", avec une mise en avant du dogme comme instrument de censure morale déguisée, par le biais des oulémas (docteurs de la loi musulmane à la botte du régime), dorénavant invités à trancher dans le débat public.
Le noeud du problème réside ainsi dans le caractère dogmatique de l'Etat, nonobstant le parti au pouvoir. Les ministres du PJD, habiles rhéteurs, parlent d'ailleurs au nom de "la norme constitutionnelle" et des "valeurs (sous-entendu religieuses) du peuple marocain", consacrées par cette même Constitution. Rusés, populistes ? Peut-être mais légalistes, aussi. Or que retrouve-t-on en face ? Des partis dits libéraux enserrés dans un corset identitaire étroit. Ils sont certes sans étiquette religieuse affichée, mais il leur est déjà arrivé, à leur tour, de protester contre un art "malpropre", une école "résolument plurielle", une association "libertaire" ou des médias "non consensuels".
Et quand l'attaque provient de partis islamistes, ils observent souvent une neutralité passive et coupable. Aucun acteur ou formation charismatique ne défend une option de sécularisation repensée à l'aune des réalités. Aussi, par leur retenue idéologique ou leur incapacité à se démarquer sur les questions de liberté et de pluralité, toutes ces formations, tout comme les services publics, servent aux fondamentalistes sur un plateau d'or des sujets religieusement conditionnés. Tous piégés par la Constitution !
Au milieu de ce magma, la société marocaine est prise au piège du monolithisme imposé. Dans leurs pratiques au quotidien, les Marocains sont certes plus divers et pluriels que le laissent croire les discours dominants. L'étude sur L'Islam au quotidien (éd. Prologues, 2007) montre à quel point les Marocains bricolent leurs pratiques et ne sont pas dans le mimétisme absolu. Certes, quelques membres hyperactifs d'ONG et des militants ayant assez de courage se démarquent par des prises de position et des initiatives hors du conformisme ambiant. Citons, dans ce sens, le mémorandum préparé par le Collectif démocratie et modernité en faveur de la liberté de conscience ou encore le mouvement Libre Culture, qui soutient la liberté de création.
Mais celles et ceux capables de tenir publiquement un discours alternatif n'ont pas encore assez de relais, associatifs, scolaires, culturels, territoriaux, syndicaux, parlementaires, pour peser dans la balance.
Le Mouvement du 20 février, né dans le sillage du "printemps arabe", a promis, à sa genèse, de favoriser l'éclosion de nouveaux affluents de liberté. Mais pris dans la tourmente de la réaction micropolitique, ce dernier a erré et n'a pas connu la densification nécessaire pour peser dans l'espace public et aider à réorienter les choix stratégiques. Or, pour produire un socle de valeurs plus ouvert et moins ambigu que celui qui prévaut, au nom de la spécificité marocaine, il faut repenser la pluralité en vue de dépasser les notions condescendantes de tolérance et les réflexes équivoques qui hiérarchisent les cultures.
Comment faire alors que, le passif 2011 aidant, le panislamisme est béni par les Américains avec trois arguments de vente : l'influence médiatique du Qatar, le modèle consumériste hypermoderne de Dubaï et l'horizon enchanteur de la Turquie ? Le Maroc n'a qu'à repenser son positionnement comme pays musulman, sans complexe et sans censure morale, ouvert sur toutes les influences externes (européennes, africaines, atlantiques, orientales), et pluriel, favorisant tous ses affluents internes. Cela est déjà un peu le cas, dans les faits et même dans les textes, mais loin d'être reconnu comme un atout gagnant. Le triptyque de valeurs, implicites dans ces engagements tous azimuts, "liberté, pluralité, citoyenneté", n'est qu'un slogan abstrait dans l'esprit des gens, un argument de vente à l'extérieur plus qu'un atout de développement en interne.
Il est temps de se battre pour réformer l'Etat et assumer ce pluralisme. Cela veut dire mettre la liberté, l'échange, l'ouverture d'esprit et la créativité au coeur des structures culturelles publiques (l'école, les maisons de jeunes, l'université, les médias audiovisuels). Toiletter les normes qui encadrent la société (les lois et les règlements) des scories pouvant être exploitées à satiété par les conservateurs.
Et multiplier les lieux de débat et de création libre (théâtres, bibliothèques, espaces de répétition, laboratoires de création Internet) avec un ancrage territorial et une ritualisation temporelle qui conteste aux lieux de culte le monopole de production de la norme sociale. Sans ce chambardement socioculturel, je le crains, le Maroc ne pourra pas sortir de l'impasse de l'Etat islamique.
 
Né à Casablanca en 1968, Driss Ksikes est journaliste, écrivain et dramaturge, auteur de plusieurs pièces de théâtre - la plus récente s'intitule "Il" (Marsam, 2011) -, d'un roman, "Ma boîte noire" (Le Grand Souffle éd., 2006), et de plusieurs nouvelles. Ancien rédacteur en chef de "Tel Quel" et directeur littéraire de la compagnie Dabateatr,
 
il dirige également le centre de recherche de HEM et est cofondateur des Rencontres Ibn Rochd, à Rabat.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 09:16

UE/Maroc : Eneko Landaburu, Chef de la Délégation de l'Union européenne au Maroc a salué, mardi 10 avril 2012, le lancement par S.M. le Roi Mohammed VI, du Régime d'assistance médicale (RAMED).

Pour lui, le RAMED "permettra une extension de la couverture médicale de base et l'amélioration de l'accès aux services de base à près de 8.5 millions de citoyens parmi les plus défavorisés" soit environ 28% de la population.

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