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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 14:21
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 14:14

François Hollande a rencontré mardi, à l’Elysée, Peter Hartz, le père des réformes du marché du travail en Allemagne il y a dix ans. Alors que le chef de l’Etat a perdu son pari d’inverser la courbe du chômage, voilà que le modèle allemand refait surface.    

Entretien avec Guillaume Duval, rédacteur en chef du magazine Alternatives Economiques, auteur de Made in Germany : le modèle allemand au-delà des mythes, paru aux éditions du Seuil, en 2013.  

Article initialement publié sur le site de RFI.

RFI : Peter Hartz est le père de la réforme du marché du travail en Allemagne. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’il a fait pour l’économie allemande ? 

Guillaume Duval : Peter Hartz était le chef du personnel de Volkswagen. Il a réalisé un rapport qui proposait un certain nombre de réformes sur le marché du travail allemand. Et donc c’est lui qui est à l’origine des quatre lois qui ont suivi en 2003 et en 2004 en Allemagne. Ces lois portaient sur l’introduction de l’intérim qui n’existait pas du tout en Allemagne à ce stade-là, le développement de ce qu’on appelle les « mini-jobs », c’est-à-dire les boulots où les gens gagnent moins de 400 euros par mois et ne sont pas soumis à cotisations sociales, et surtout celle qui a le plus marqué, c’est celle qui a réduit la durée d’indemnisation du chômage et soumis les chômeurs à un régime très strict pour les obliger à prendre du boulot. En gros, c’est ce qu’on appelle la loi « Hartz 4 ». 

Des réformes qui ont aussi et surtout permis à l’économie allemande de se redresser… 

Absolument pas. Elles ont beaucoup creusé les inégalités en Allemagne, elles ont développé la pauvreté en Allemagne. L’Allemagne, c’est un pays qui a été géré par les conservateurs quasiment tout le temps. Tant qu’il était géré par les conservateurs, il y avait moins de pauvreté et moins d’inégalité qu’en France. Il y en a plus aujourd’hui et surtout ce sont des réformes aussi qui ont affaibli notablement la négociation sociale en Allemagne. Il n’y a plus qu’une grosse moitié des salariés allemands qui sont couverts par des conventions collectives. Et c’est d’ailleurs parce que c’est très embêtant pour les Allemands que quasiment tout ce qui s’est disputé dans le contexte de la dernière élection législative et du nouveau contrat de coalition entre madame Merkel et l’USPD consistait à justement comment revenir sur les réformes Hartz et les inconvénients très graves qu’elles ont causés à la société et à l’économie allemande. C’est pour cela que pendant que nous, on veut copier les réformes Hartz, les Allemands, eux, introduisent un Smic, comme la France, et ils sont en train d’adopter le système qui existe en France, le système d’extension des conventions collectives. Ils sont en train aussi de remettre en cause les « mini-jobs ». Il y a cinq millions de personnes qui gagnent moins de 400 euros par mois et qui n’ont pas cotisé pour la retraite pendant dix ans. C’est une bombe sociale qui est préparée par ces réformes. Donc ils sont en train d’obliger ces gens-là à cotiser maintenant pour les retraites. Donc pendant que nous, on admire ces réformes, c'est le paradoxe, les Allemands cherchent à en sortir. 

C'est une bombe sociale, dites-vous, mais pourtant la recette a tout de même fonctionné sur la baisse du chômage… 

Les Allemands ont créé depuis vingt-cinq ans deux fois moins d’emplois que la France. Et même depuis 1999, ils en ont créé moins, mais c’est vrai que sur la dernière période, il y a eu plus d’emplois créés en Allemagne qu’en France. Simplement il y a moins de chômage, parce que l’Allemagne c’est un pays qui est en déclin démographique, c’est un pays qui a perdu 400 000 habitants depuis le début des années 2 000. La France est un pays qui en a gagné 4,9 millions. C’est vrai que ça ne facilite pas les choses.

Sur quel point, la France aurait intérêt à se tourner vers l’Allemagne, à prendre modèle de l’Allemagne ?

Il y a beaucoup de choses intéressantes en Allemagne, mais ce ne sont pas les réformes Hartz. C’est en particulier la gouvernance d’entreprise. Ce qui fait que ça marche bien du point de vue industriel en Allemagne, c’est notamment que les comités d’entreprise en Allemagne ne sont pas consultés pour avis. Ils ont un droit de veto sur beaucoup de décisions managériales importantes. Et d’autre part dans les conseils d’administration des grandes entreprises allemandes, vous avez une moitié de représentants des salariés à côté d’une moitié de représentants des actionnaires. C’est pour cela que les entreprises allemandes ont des politiques « longtermistes » et ne cèdent pas simplement à la dictature du profit pour le prochain trimestre. Les patrons allemands sont obligés de négocier avec leurs salariés et c’est pour cela que c’est solide. 

Peter Hartz, nommé conseiller auprès de François Hollande, comme on l’a vu dans la presse. Bien évidemment, vous n’y croyez absolument pas ?

Non. François Hollande a rencontré Peter Hartz et il est certain que les réformes Schröder animent le débat public en France et y compris au plus haut niveau. Mais non, c’est une information qui a été démentie par l’Elysée, je ne pense pas que ça se passe comme ça. Et il n’y a pas besoin que ça se passe comme ça d’ailleurs même y compris pour copier ces réformes.

Politiquement, qu’est-ce que pourrait engendrer un rapprochement profond avec les méthodes allemandes ? On l’a entendu ce mercredi matin sur notre antenne, Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, parle d’un Hollande dans « les jupons de Merkel ». Qu'en pensez-vous ? 

Le rapprochement avec l’Allemagne est fait depuis 2012, depuis l’élection. Simplement le problème, c’est que c’est une dynamique qui risque d’emmener l’ensemble de la zone euro dans la déflation, puisque le gouvernement allemand maintient sa politique qui veut que les autres pays d’Europe aient des politiques très restrictives sans que l’Allemagne elle-même desserre vraiment sa ceinture et relance sa consommation intérieure. C’est ce qui a causé déjà la récession de 2013 dans la zone euro. C’est ce qui empêche de sortir réellement de la récession avec une croissance suffisante pour recréer des emplois. Donc le gros risque, c’est que la zone euro s’enfonce maintenant dans la déflation, une période qui peut être très longue, ça a duré vingt ans au Japon avant qu’il commence tout juste maintenant à s’en sortir. Mais le problème, c’est qu’on aura sans doute pas vingt ans sur le plan politique, ça risque de péter beaucoup plus vite que ça sur le plan social et politique. On risque de le voir notamment au niveau des élections européennes avec les scores qui sont annoncés pour l’extrême droite, non seulement en France, mais aussi dans le reste de l’Europe.

Propos recueillis par Alexandra Cagnard

Voir également :

 * De l'Allemagne et de son économie, par Patrick Allard (IFRI - Note du Cerfa n°108)       

 * http://www.alternatives-economiques.fr/l-allemagne-ecorne-les-annees-schroder_fr_art_1281_66900.html

 * Hollande fait-il le bon choix ?(Alternatives Economiques, février 2014)

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 14:05

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution de la Note du Cerfa n°108 rédigée par Patrick Allard, consultant auprès du Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des Affaires étrangères.

De l'Allemagne et de son économie

Les performances de l'économie allemande suscitent en France à la fois de l'agacement et de l'inquiétude. Pourtant, la crainte d'un décrochage n'est confirmée ni par l'analyse des performances de l'économie allemande au cours des dix dernières années ni par l'examen de la dynamique comparée de l'économie allemande et de l'économie française sur le long terme.

La comparaison de ces deux économies met néanmoins en évidence la nécessité pour la France de mettre en oeuvre, sans précipitation mais avec persévérance, l'agenda de réformes qui s'impose à elle, si possible en coopération avec l'Allemagne.

En outre, aujourd'hui, les deux États doivent faire face à des perspectives de croissance tendancielle médiocres, qui pèsent sur l'emploi, la compétitivité, le niveau de vie et les finances publiques. Bien que l'Allemagne ait par le passé mis en oeuvre un programme de réformes adaptées à sa situation, elle est confrontée à des défis de long terme comparables à ceux de la France. Les réformes à entreprendre se recoupent largement pour les deux pays et portent aussi bien sur les marchés de biens et de services, que sur le marché du travail ou sur le niveau et la qualité de l'éducation.

Télécharger le document


Vous pouvez également consulter cette note sur le site de l'IFRI : http://ifri.org  

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:34

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Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution de la Note du Cerfa n°107 rédigée par Ulrich Eith, professeur à l'université de Fribourg.

L'Allemagne après les élections fédérales du 22 septembre 2013 :
Entre continuité politique et changements structurels


Alors que la CDU/CSU et le SPD viennent de former une nouvelle grande coalition conduite par la chancelière Angela Merkel réélue pour un troisième mandat, les élections fédérales du 22 septembre 2013 ont mis en évidence des changements structurels importants pour les partis et le système politique allemand. Elles ont en effet marqué une nette césure dans les rapports de force entre les partis.

Pour la première fois depuis 50 ans, les deux grands partis populaires ont tous deux gagné des voix, alors que les partis de moindre importance ont vu leur électorat diminuer. En définitive, le schéma classique d'opposition entre deux camps (CDU/CSU et FDP d'un côté, SPD et Verts de l'autre) correspond de moins en moins à l'actuelle répartition des forces en Allemagne.

Par ailleurs, les grands partis populaires doivent également faire face à une importante transformation de leurs électorats traditionnels, annonciatrice de dissensions internes profondes. Au sein de la CSU/CDU comme du SPD, l'opposition entre réformistes et défenseurs de la tradition limite la marge de manoeuvre des deux partis. Dans ce contexte, les deux partenaires de coalition devraient mettre à profit leur position dominante pour affirmer leur vision commune dans certains domaines clés et engager des réformes structurelles majeures.

Vous pouvez consulter cette note sur le site de l'IFRI : http://ifri.org

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:01
 

 

Andreas MEHLER et Christian VON SOEST

La politique africaine de l'Allemagne : quelles convergences avec la France ?

Note du Cerfa n°92, janvier 2012

Télécharger le document (FR)

Beitrag lesen (DE)

 

Si la concertation entre la France et l’Allemagne constitue une priorité en matière de politique étrangère, la politique africaine, en revanche, échappe largement à cette règle : dans ce domaine, l’Allemagne et la France ont en effet plutôt eu tendance à s’éloigner l’une de l’autre.

La politique africaine de l’Allemagne a changé ces cinq dernières années : la nouvelle stratégie pour l’Afrique du gouvernement fédéral met l’accent sur les aspects économiques de la collaboration avec l’Afrique et doit favoriser une attitude plus cohérente du gouvernement fédéral sur ce continent. Toutefois, la politique africaine de l’Allemagne s’inscrit toujours dans une tradition clairement identifiable : poids déterminant des forums internationaux et choix résolu du multilatéralisme, portefeuille très large et multitude d’acteurs engagés dans la coopération au développement, ce qui semble démesuré au regard de l’importance politique toujours minime du continent voisin dans les relations extérieures.

Les tensions dans les relations avec la France, déjà très perceptibles il y a quelques années, sont devenues encore plus fortes. La France donne l’image d’un pays enfermé dans une politique de grande puissance dépassée, toujours prêt à intervenir militairement et incapable de mettre fin aux relations douteuses qu’entretient sa classe politique avec les dirigeants africains, si bien que son attractivité en tant que partenaire tend aujourd’hui à être à peu près nulle en Allemagne. La capacité d’action militaire et diplomatique de la France est cependant unanimement saluée.
                                                                       
Les événements qui ont marqué le début de l’année 2011, en particulier l’intervention en Libye (les avis divergent concernant la Côte-d’Ivoire), ont convaincu que le contenu des politiques française et allemande, de même que les méthodes communément utilisées pour les imposer, étaient très difficilement compatibles.

Andreas Mehler est directeur de l’Institut d’études africaines de Hambourg qui fait partie du German Institute of Global and Area Studies (GIGA). Christian von Soest est chercheur à l’Institut d’études africaines (GIGA).

Source : http://www.ifri.org/?page=detail-contribution&id=6987

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 18:30

L’accord de coalition tend à montrer que les deux partis traditionnels ont conscience des attentes élevées des États membres vis-à-vis du nouveau gouvernement allemand. Cependant, le chapitre consacré à l'UE est submergé par les questions intérieures. Un article d'EurActiv Allemagne.

L'Europe n'est pas une priorité dans le texte d'accord de la nouvelle coalition, dévoilé le 27 novembre par les conservateurs d'Angela Merkel et les sociaux-démocrates (SPD).

Les politiques nationales dominent le chapitre consacré à l'Europe, intitulé « une Europe forte ». Les retraites, le salaire minimum, le travail temporaire, les investissements dans les infrastructures, le péage pour les véhicules particuliers, l'enseignement ou le droit d'adoption pour les couples homosexuels font partie des thèmes abordés.

Le message émanant du document de 185 pages est clair : la politique européenne de la chancelière allemande restera largement inchangée et ne comportera que très peu de modifications notables.

La coalition CDU/CSU-SPD est évidemment consciente des responsabilités de Berlin à la lumière des défis économiques, sociaux et institutionnels de l'Union européenne et de la zone euro. En tant que plus grande économie de l'Union et ancre de stabilité, l'Allemagne sait qu'elle assume une énorme responsabilité et que les partenaires européens attendent beaucoup du nouveau gouvernement allemand.

L'accord de la nouvelle coalition laisse penser que le gouvernement allemand sera en mesure de satisfaire ces attentes. Le rôle des États membres est également important, le document rappelle qu'ils ont également la responsabilité de surmonter la crise.

Les institutions européennes doivent aussi prendre la question à bras-le-corps, indique le document. Alors que les politiques européennes ont de plus en plus d'impact sur la vie des citoyens, les décisions de l'UE doivent être mieux expliquées, sinon la population perdra confiance. En d'autres termes, les partenaires de coalition souhaitent renforcer la légitimité démocratique de l'UE.

L'Allemagne campe toujours sur certaines positions : elle refuse de mutualiser la dette publique. Les socialistes européens l'avaient pourtant voulu. Chaque État membre reste responsable de son propre budget et de ses déficits, malgré la coordination économique renforcée convenue au cours de la crise de la dette de la zone euro.

Dans une critique voilée à l’encontre des États-Unis, l'accord gouvernement souligne la nécessité d'un nouveau cadre réglementaire international sur la gestion des données à caractère personnel. Le document fait référence au scandale d'espionnage américain. « Nous nous attendons à un engagement clair sur ce dossier et des mesures parallèles du gouvernement américain. » Les règles entre les partenaires doivent être clairement définies en vue de mettre sur pied des accords transparents pour protéger la vie privée des citoyens.

L'accord de coalition aborde très brièvement la relation particulière franco-allemande : « Le partenariat franco-allemand est unique dans sa diversité », malgré les faiblesses économiques et politiques actuelles de Paris.

Le passage consacré à la Turquie ressemble à un compromis entre la CDU/CSU et le SPD. Le texte indique que le processus d'adhésion à l'UE doit rester ouvert. Tant que l'UE n'est pas en mesure d'accepter la Turquie ou que le pays ne peut pas respecter ses obligations, sa « relation particulière » avec l'UE et l'Allemagne se poursuivra.

En matière de politique étrangère, la coalition appelle à un renforcement du rôle qui incombe au bureau de Catherine Ashton, le Service européen pour l'action extérieure (SEAE). Selon une demande claire adressée à Bruxelles, l'accord établit que « les questions de politique étrangère, la politique commerciale et la coopération au développement doivent être mieux associées et coordonnées. »                

 
Source : EurActiv Allemagne - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
http://www.euractiv.fr/elections/accord-de-coalition-allemande-un-news-532016
Liens externes

Partis politiques

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 14:31

Mardi 17 décembre, la conservatrice Angela Merkel a été officiellement réélue Chancelière pour un troisième mandat de quatre ans, par les 631 députés du Bundestag.

Bien que son nom ait été connu dès la victoire de la CDU en septembre dernier, il manquait à Mme Merkel une coalition pour s'assurer de la majorité nécessaire pour être désignée.

Cette grande coalition a été largement validée par les membres du Parti social-démocrate (SPD), qui ont voté le "oui" à 76%. Depuis dimanche dernier, les noms des Ministres du gouvernement Merkel III sont également connus.

Ainsi, du côté de la CDU, Ursula von der Leyen devient Ministre de la Défense, Thomas de Maizière redevient Ministre de l'Intérieur et Wolfgang Schäuble reste au ministère des Finances.

Par ailleurs, Aydan Özoguz (SPD) sera Ministre déléguée chargée des Migrations, des Réfugiés et de l'Intégration, devenant ainsi la première Allemande d'origine turque à entrer au gouvernement.

La Chancelière estime que cette grande coalition CDU/SPD est faite "pour de grandes tâches".

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 14:47

L’accord de coalition entre les sociaux-démocrates et les conservateurs résulte de nombreux compromis. Fort de l’expérience de la grande coalition de 2005-2009, le SPD a cependant réussi à imposer des points importants de son programme de campagne.          

Marché du travail

Adoption d'un salaire minimum national de 8,50 euros bruts par heure, à partir de 2015, sauf exceptions concernant les accords salariaux par branche valides jusqu'à la fin 2016.

Le « SMIC » allemand sera obligatoire dans toute l'Allemagne à partir de 2017.

Les contrats à durée déterminée seront limités à une période de 18 mois. Après 9 mois, ils devront être rémunérés au même niveau que les salariés en CDI effectuant la même tâche.

Les salariés ayant travaillé pendant 45 ans pourront prendre leur retraite à l'âge de 63 ans, quatre ans avant l'âge légal toujours fixé à 67 ans, sans subir de pénalités. Les pensions seront augmentées pour les mères ayant eu des enfants avant 1992.

Investissements

Les trois partis de la coalition (CDU, CSU et SPD) ont convenu de dépenser 23 milliards d'euros supplémentaires au cours des quatre prochaines années et d'allouer 3 % du produit intérieur brut à la recherche, selon des sources de la CDU et du SPD.

Des responsables du Parti social-démocrate ajoutent que six milliards d'euros seront investis dans les écoles et les garderies.

Les investissements dans les infrastructures de transport seront « substantiellement augmentés » au cours de la législature, qui seront financés par une extension d'une taxe sur les poids lourds et l'introduction d'un péage pour les véhicules immatriculés à l'étranger.

Europe

Les partis se sont mis d'accord pour que la responsabilité en première instance du sauvetage des banques en difficulté repose sur les épaules des États membres de la zone euro, plaçant des obstacles majeurs à l'utilisation des fonds des mécanismes communs de sauvetage.

Ils soutiennent la création d'un organisme européen de résolution de crise pour les banques systémiques et transfrontalières, ainsi qu'un fonds de résolution financé par les banques.

Mais jusqu'à ce que ce fonds ait constitué des réserves suffisantes, le document précise clairement que les États membres doivent assumer individuellement la responsabilité de leurs banques qui pourraient se trouver en défaut.

L'accord spécifie que le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne peut être utilisé pour recapitaliser directement des banques que lorsque tous les autres recours auront été épuisés. Les fonds disponibles à cet effet seront en outre limités à 60 milliards d'euros, selon les termes de cet accord.

Le texte soutient également la mise en place par l'UE d'une taxe sur les transactions financières (TTF) et rejette toute forme de mutualisation de la dette dans la zone euro.

Régulation financière

Le régulateur financier allemand (Bafin) devra s'assurer que les spécificités du secteur bancaire allemand seront respectées lorsque la Banque centrale européenne (BCE) prendra en charge la supervision de l'ensemble des banques de la zone euro à partir de l'an prochain.

Il y a consensus sur le durcissement du ratio de solvabilité des banques et sur la séparation des activités risquées et des activités traditionnelles de crédit à l'échelon européen, ainsi que sur la limitation de la spéculation sur les marchés des matières premières.

L'Allemagne pourrait adopter une loi destinée à lutter contre l'évasion fiscale par les sociétés multinationales.

Les banques qui violeront les règles fiscales pourront être sanctionnées, y compris en se voyant retirer leur licence.

Énergie

Les trois partis ont convenu de porter la part des énergies renouvelables dans la production totale d'électricité à 40-45 % d'ici à 2025 puis à 55-60 % d'ici à 2035.

Ils se sont mis d'accord pour réduire le surcoût imposé aux consommateurs pour financer la transition vers des énergies vertes. La loi sur les énergies renouvelables sera modifiée avant l'été 2014.

La coalition réduira les avantages fiscaux pour l'installation d'éoliennes dans les régions où elles sont déjà nombreuses, mais maintiendra des subventions pour l'énergie photovoltaïque. Pour les éoliennes en mer (offshore), le mécanisme permettant aux opérateurs de bénéficier d'aides financières plus rapidement pendant les premières années de développement d'un parc éolien va être prolongé jusqu'en 2019.

Le moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique sera maintenu.

Politique étrangère

Les partis admettent que la Turquie ne pourra peut-être pas entrer dans l'UE, mais plaident pour le développement d'une « relation privilégiée » avec Ankara.

Ils considèrent que l'accord de libre-échange en cours de discussion avec les États-Unis est un « projet vital ».

Ils souhaitent que la Chine joue un rôle plus important dans la résolution des conflits internationaux, dans le cadre des Nations unies.

Loyers et transports

Plafonnement de la hausse des loyers lors des changements de locataires pour lutter contre la flambée des loyers dans les grandes villes.

La taxe sur les poids lourds, actuellement appliquée aux autoroutes, sera étendue à toutes les routes du réseau national, ce qui pourrait rapporter 2,3 milliards d'euros supplémentaires par an.

Un péage sera instauré dès 2014 sur les voitures immatriculées à l'étranger.

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 17:51

Les militants du SPD ont validé l'accord passé avec la CDU-CSU pour former une "grande coalition".

Les conservateurs d'Angela Merkel et les sociaux-démocrates du SPD vont gouverner ensemble en Allemagne. Les militants de ce dernier ont validé, samedi 14 décembre, l'accord passé avec la CDU-CSU de la chancelière allemande pour former une "grande coalition".

La direction du SPD a annoncé une victoire du "oui" avec près de 76% des voix, dans le vote par correspondance organisé auprès de ses quelque 470 000 adhérents. Pourquoi cette coalition ? Que contient l'accord de gouvernement ? Explications.

Pourqoi sont-ils obligés de gouverner ensemble ?

Le parti d'Angela Merkel, la CDU-CSU, est arrivé largement en tête lors des élections du 22 septembre, avec 41,5% des voix. Mais la défaillance de son allié libéral, le FDP, éjecté du parlement, l'a obligé à trouver un autre partenaire pour gouverner. Ce sera le SPD, arrivé deuxième avec 25,7% des voix.

Que contient l'accord ?

Fruit de long mois de tractations, le texte, qui ne comporte aucune nouvelle taxe ou dette, prévoit notamment l'amélioration des petites retraites et la possibilité de partir à 63 ans, au lieu de 67, pour les salariés ayant cotisé quarante-cinq ans.

Il comporte surtout l'instauration d'un salaire minimum, cheval de bataille du SPD pendant la campagne. Appliqué à partir de 2017, ce smic allemand serait de 8,50 euros et concernerait 17% des salariés, selon l'institut économique DIW. "Je n'y crois pas, mais je vais le faire quand même", a déclaré, pragmatique, la chancelière allemande.

Qui sera dans le gouvernement ?

Cet accord ouvre la voie à la réélection, mardi au Bundestag, pour un troisième mandat d'Angela Merkel à la tête de l'Allemagne. Le nouveau gouvernement de "grande coalition" sera lui annoncé officiellement dimanche. Neuf postes seront attribués aux conservateurs (CDU/CSU), six aux sociaux démocrates.

Mais la plupart des nominations ont déjà fuité dans la presse. Wolfgang Schäuble, 71 ans, vieux routier de la politique allemande et fidèle lieutenant de Mme Merkel, conserverait le ministère des Finances, fort d'une solide réputation forgée durant la crise de l'euro. Le cacique du SPD Frank-Walter Steinmeier, 57 ans, reviendrait aux Affaires étrangères, comme lors de la première "grande coalition" de Merkel (2005-2009).

Le président du SPD, Sigmar Gabriel, dirigerait un grand ministère de l'Économie, chapeautant aussi la transition énergétique, projet phare de l'Allemagne pour les prochaines années.

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 12:15

 

Pour en savoir plus sur l’art à Berlin, rendez-vous sur le site de

peplum.com

Quelle destination pour votre prochain week-end en Europe ? Berlin, capitale européenne de l'art contemporain, pour un voyage riche de culture et de découvertes.

S'il existait un prix consacrant la ville la plus artistique d'Europe, il reviendrait sûrement à Berlin. Cela fait quelques années déjà que la capitale allemande passe pour le nouveau bastion de l'art contemporain. Entre la célèbre « Museumsinsel », classée au patrimoine mondial de l'Unesco, la constellation de galeries qui animent le centre, le street art qui tempère le dénuement des périphéries urbaines, les installations qui se profilent à chaque coin de rue, on finit par parcourir la ville tel un musée. Les yeux grand ouverts, toujours à l'affût d'une nouvelle découverte, le pas lent, freinant devant la moindre curiosité, la bouche bée, quand les mots lui manquent. L'art est partout à Berlin. Fusionné à l'histoire, la politique, ou la géographie, il donne corps à un parcours unique au sein d'une des capitales culturelles les plus riches d'Europe. 

Il y a deux façons de visiter Berlin : soit en préparant son itinéraire en amont, de peur de manquer l'incontournable ; soit en circulant au gré du vent, sûr de tomber sur quelques merveilles architecturales. En effet, il y a tant à voir, que l'on sait rarement par où commencer. Un conseil : partir du connu pour glisser progressivement vers l'inconnu. Point de départ, donc, l'île aux musées (Museuminsel) partagée en cinq monuments, dont l'extérieur vaut déjà le détour. Plongé dans les eaux de la Spree, le musée Bode - du nom de son tout premier conservateur - se distingue par sa collection de sculptures et de joyaux byzantins, quoique l'on n'ait déjà le souffle coupé par la statue équestre de Frédérique II de Prusse trônant dans le hall d'entrée. L'illusion de mouvement est telle que l'on croirait le cheval prêt à sauter à l'étage par-delà la rampe de l'escalier principal.

On pénètre le musée de Pergame. Quel rapport entre l'archéologie du Proche Orient et Berlin, franchement ? On arrête pourtant de rechigner face au grand arche bleu orné d'animaux ocres. C'est la porte d'Ishtar. On pourrait rester des heures devant cet édifice qui subjugue tant par sa grandeur que son détail ; car là est le tour de force du musée de Pergame, dans l'exposition de pièces grandeur nature qui lui confèrent l'allure d'un véritable temple sacré.

On quitte l'Antiquité pour rafraîchir la mémoire proche. On ne peut dissocier l'art berlinois de l'histoire allemande. À cette prise de conscience participe la vision d'un édifice évoquant une étoile de David brisée. Il s'agit du Musée juif, dont l'exposition permanente retrace, à travers livres, lettres et photos, entre autres documents, les deux millénaires de la communauté juive à Berlin. Avec pour pièce maîtresse, soit unique, le chandelier de Hanouka, œuvre du maître berlinois Georg Wihlm Magraff. Non loin de là, le Mémorial de l'holocauste, inauguré en 2005, impressionne par la quantité de stèles qui le constitue. Au total, 2 711 monolithes de béton anthracite, répartis à intervalles réguliers sur 1 073 m². Des millions de questions découlent de cette funèbre exploration. Des questions auxquelles répond en partie le centre de documentation voisin/ad hoc. Troisième lieu de mémoire : la Synagogue, considérée comme le monument religieux le plus beau de Berlin avant de tomber en ruines durant la Nuit de cristal, le 9 novembre 1938. On n'y va pas pour prier, mais pour s'initier à la culture juive. Restaurée après la chute du mur, elle se pose aujourd'hui comme musée de la communauté sémite à Berlin.

Sonné par le poids de ce lourd passé, on part se perdre dans les méandres du centre-ville (Auguststraße) ; car Berlin, c'est avant tout un labyrinthe de galeries. Des galeries le plus souvent cachées là où on ne les attend pas. La façade très classique du KW Institute for Contemporary Art, par exemple, ressemble à celle d'un institut culturel ou bien d'une ambassade, alors qu'il s'agit en réalité d'un des principaux carrefours avant-gardistes de Berlin. Un véritable tremplin pour les jeunes talents. Pour les célébrités, rendez-vous à la Galerie Kicken, qui renferme, entre autres clichés, des œuvres de Diane Arbus et Andy Warhol. Son décor noir et blanc évoque l'art de la photographie. Petit plus : la cour intérieure, dont on regrette qu'elle n'abrite pas un café.

 

Dire que le moderne efface le classique, à Berlin ; c'est passer à côté de l'une de ses institutions. Fondée en 1696 sur le modèle des académies française et romaine, l'Akademie der Künste oscille pourtant aujourd'hui entre le classicisme de ses collections permanentes et le modernisme de son aile contemporaine. Pareille alliance ne surprend plus tant elle se pratique dans le monde. Que ce soit à Vienne, Londres ou Montréal, les beaux-arts flirtent désormais avec des disciplines a priori moins nobles. A priori seulement, c'est ce que montre actuellement l'exposition « Arte Postale », un large fonds de lettres et cartes postales confectionnées par des noms célèbres de Joseph Beuys, à George Grosz en passant par Else Lasker-Schüler, par exemple. L'occasion d'apprécier ces morceaux de papiers souvent dépréciés en tant qu'œuvres d'art, si ce n’est en tant que bouclier politique, puisque que les missives dénonçant picturalement le totalitarisme échappaient pour la plupart à la censure. Plus de 700 exposants, donc, à découvrir dans l’un des foyers les plus riches de l'art européen.

 

Source : http://www.atlantico.fr/rdv/atlantico-grand-large/berlin-prisme-art-quentin-desurmont-912837.html#ehb6BQ8BC7sqfJSQ.99

 

Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens. Quentin contribue aussi à l’émergence du tourisme de luxe en Europe, il est membre de Traveller Made.

Pour en savoir plus sur l’art à Berlin, rendez-vous sur le site de peplum.com

 

 

 

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Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

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