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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 09:50

Au début de ce mois d'août 2015, soit moins de 80 mois après sa création (en décembre 2008), le blog Regards-citoyens.com a dépassé le million de pages vues et près de 750 000 visiteurs uniques ont consulté ses publications !

Qu'ils en soient toutes et tous très sincèrement remerciés !

Ils peuvent poursuivre leur démarche d'information en consultant désormais mon nouveau blog : Le Journal d'Erasme  : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/

Erasme

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 14:45

Art_de_gouverner_France-Patrice_Cardot-31decembre2014.pdf

Résumé

Les phénomènes de transformation du monde à l’œuvre au XXIème siècle participent à « éroder tous les Etats-nations » (Alain Joxe), au point que leur gouvernementalité ne peut dès lors plus s’envisager sur les mêmes bases que lors du siècle précédent.
« Les explications les plus courantes renvoient généralement à la « crise » de l’Etat du bien-être ou Etat social (Welfare State) et à celle de l’Etat-nation. Elles sont cependant insuffisantes pour comprendre les mécanismes d’auto-dépossession de la puissance publique mis en oeuvre par les dirigeants de la plupart des pays. » (Riccardo Petrella). Mais, pour autant, « en dernier ressort, l’État a des responsabilités qu’il ne peut déléguer à personne. » (Rolf Alter)

La présente communication s’attache à identifier les modifications substantielles qui ont été apportées au cours des 25 dernières années à l’art de gouverner la France, notamment dans la manière d’élaborer et de mettre en œuvre les politiques publiques, et d’entreprendre des réformes présentées comme inéluctables, pour affronter les défis de ce siècle.

L’émergence d’une plus grande empreinte que jadis de l’économie, à la fois globalisée, et sans cesse plus financiarisée, plus dérégulée et plus dématérialisée, et de la technologie numérique, omniprésente, sur les processus politiques et technocratiques participant à une certaine dépossession de l’Etat, l’adaptation de ce dernier à cette nouvelle donne est devenue inévitable.

Cette adaptation s’est opérée en premier lieu au travers d’un vaste programme de révision/modernisation de l’action publique et des politiques publiques (y inclus les politiques régaliennes), de la mise en œuvre de scénarios de réformes structurelles, d’une nouvelle étape de décentralisation visant à la fois à une efficacité renforcée de l'action publique et à une meilleure organisation des compétences entre l'État et les collectivités territoriales, et, enfin, d’une meilleure intégration des processus participatifs des citoyens dans l’élaboration des politiques.

Ensuite, force est de constater que le processus d’intégration européenne, par les délégations, transferts et partages de compétences qui le caractérisent, participe pleinement, lui aussi, à cette refondation, en nourrissant également des mécanismes d’auto-dépossession de l’Etat. Il a conduit l’Etat français à procéder à de profondes modifications de la Constitution de la Vème République, ainsi qu’à celles du cadre d’établissement du budget de la nation de manière à tenir compte à la fois de la modification du Pacte de stabilité et de croissance, de l’adoption du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire, de l’introduction des mécanismes relatifs au semestre européen, et des différentes dispositions communautaires y associées ayant trait à la supervision communautaire ou encore à la gouvernance économique de la zone Euro. Ce qui n’alla pas sans soulever quelques inquiétudes autant au sein de l’appareil d’Etat qu’au sein de la société civile ! En effet, comment ne pas voir effectivement dans cette nouvelle donne juridique et institutionnelle une remise en cause de l’indivisibilité comme de l’imprescribilité de la souveraineté nationale ?

Enfin, l’Etat français a saisi l’opportunité offerte par l’élaboration progressive d’un système de régulation internationale et de gouvernance mondiale pour poursuivre la transformation en profondeur de son rôle dans le fonctionnement des ‘affaires du monde’ en même temps que pour moderniser son propre arsenal en matière de technologies du pouvoir ; un pouvoir en partie délégué à ces instances de régulation internationales ou multilatérales en même temps qu’un pouvoir dilué et diffus dont le contrôle démocratique paraît illusoire. 

L’absence de résultats positifs tangibles de cette transformation de l’art de gouverner la France sur la situation économique et sociale du pays pose in fine la question de la confiance de la société dans son ensemble dans l’aptitude des dirigeants à gouverner ; cette confiance sans laquelle ni les processus démocratiques conventionnels, ni les mécanismes orthodoxes de l’économie (sociale ou non) de marché, ni les nouveaux instruments de l’économie néolibérale, ni les nouvelles formes de technologies du pouvoir ne peuvent produire leurs meilleurs effets. 

La bonne gouvernance européenne devait se traduire par un rapprochement entre l’Union et les citoyens européens afin de combler le déficit démocratique des institutions européennes. Or, la mise en œuvre du Traité de Lisbonne n’a pas concouru à instaurer cette bonne gouvernance européenne dans la mesure où les citoyens européens déplorent toujours le profond déficit démocratique des institutions européennes en même temps que leur propre perte de souveraineté ; une souveraineté dont ils se sentent les seuls détenteurs légitimes quand bien même ils la délèguent par la voie du suffrage électoral. 

Les engagements contractés par les chefs d’Etat et de gouvernement participant aux sommets du G20 n’ont pas non plus produit tous les effets attendus sur la stabilité financière et la croissance économique.

Pour autant, il est difficile de souscrire à l’affirmation de Jürgen Habermas qui considère que "le joli mot de "gouvernance" n'est qu'un euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique" sans y apporter de fortes nuances, la réforme en cours de l’architecture de gouvernance mondiale ouvrant indubitablement des opportunités exceptionnelles pour une réforme réellement positive ; opportunités qui étaient encore insoupçonnées dans les dernières années du XXème siècle. 

S’il n’échappe à personne que moderniser l’art de gouverner un Etat-nation comme la France constitue un exercice d’autant plus complexe que les niveaux d’éducation, de conscience politique et d’exigence démocratique des Français en font des observateurs/acteurs particulièrement ‘intraitables’, le statu quo était impensable. Faut-il pour autant y voir là un processus de transformation qui aurait valeur d’exemple pour d’autres Etats-nations ? 

C’est possible, mais pas sur tous les registres de cette transformation, la France constituant indubitablement un modèle très à part dans le concert des Nations ; sa place singulière au sein de l’Union européenne comme au sein du système de gouvernance mondiale la plaçant dans une position plus favorable que beaucoup d’autres pour ne pas se trouver prise en otage par les jeux et enjeux de leur propre transformation.

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 11:20

Considérant qu'aucun Etat-nation de la taille des Etats-nations européens, et notamment la France aujourd'hui, n'est aujourd'hui plus en capacité de faire face de manière isolée aux grands défis du XXIème siècle, j'ai récemment appelé dans un article publié sur ce blog à oeuvrer sans attendre à l'édification d'une nouvelle union d'Etats-nation et de Peuples au sud de l'Europe (cf. http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/12/oeuvrons-sans-attendre-a-l-edification-d-une-nouvelle-union-d-etats-nations-et-de-peuples-au-sud-de-notre-europe.html).

Plusieurs options sont naturellement possibles s'agissant de la configuration géopolitique de cette nouvelle union.

Je propose d'en clarifier une première afin d'engager le débat sur la base d'une proposition concrète.

Comme contour géopolitique de cette première option, je propose de ne retenir que les Etats-nations européens suivants :

- La France,

- L'Italie,

- L'Espagne,

- Le Portugal,

c'est à dire 4 des 5 Pays qui ont fait le choix de s'engager dès 1990 dans un dialogue structuré multisectoriel baptisé 'dialogue 5+5" (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialogue_5%2B5)

ainsi que :

- la Grèce,

- Chypre,

- la Croatie,

- Malte.

Autant de Pays ayant en commun l'appartenance à l'espace euroméditerranéen.

Pourraient également s'y joindre la République de San Marin et la Principauté de Monaco, eu égard à la nature juridique retenue pour cette union d'un nouveau type (cf. l'article évoqué ci-dessus).

Cet ensemble de pays réunit plus de 200 millions d'habitants (soit 40 % de la population actuelle de l'Union européenne, 250 % de la population de l'Allemagne, 150 % de la population de la Russie), et un PIB consolidé supérieur à 5000 milliards d'euros (soit 60 % du PIB de la Chine, 110 % du PIB du Japon, 180 % du PIB de l'Allemagne).

Ces Etats membres se constitueraient en Confédération d'Etats autonomes partageant une Constitution fédérale sur le modèle helvétique (question clé à débattre, naturellement).

Cette Confédération pourrait alors prendre pour appellation MedEuropa (ou toute autre appellation permettant de souligner la singularité de cette Union).

Par la voie de la Constitution fédérale, ses Etats membres institueraient des institutions fédérales disposant de compétences strictes décrites précisément et de ressources appropriées tenant compte des responsabilités particulières incombant aux Etats-membres en matière de dépenses, ainsi qu'une Cour constitutionnelle chargée de vérifier le respect de la Constitution fédérale par les parties, et notamment le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité (ainsi que du principe d'additionnalité si celui-ci était retenu).

Ils attribueraient à cette Confédération la personnalité juridique.

Ils établiraient ensemble les règles relatives aux processus décisionnels en vigueur au sein des institutions fédérales.

Une Assemblée fédérale bicamérale serait ainsi instituée, qui réunirait un Conseil fédéral, à vocation exécutive, institué sur le modèle du Conseil national helvétique, ainsi qu'un Conseil des Etats, l'un et l'autre disposant d'un pouvoir décsionnel identique.

Ils fixeraient ensemble les buts et objectifs de cette Confédération ( y compris les buts et objectifs sociaux), et notamment ses objectifs et intérêts stratégiques.

Ils s'engageraient à adopter une monnaie à la fois commune et unique (point clé à débattre), le Medeuro, et à établir une union économique et monétaire sur des bases voisines de l'UEM actuelle en apportant les modifications qui s'imposent en regard des défaillances strcuturelles actuelles de l'UEM. Une banque centrale serait alors créée avec un statut approprié pour lui permettre de se constituer 'prêteur en dernier ressort' et de disposer de compétences analogues aux autres grandes banques centrales attachées aux devises internationales. Le Medeuro serait évalué sur la base initiale d'un Medeuro = un Euro avant de se stabiliser sur une valeur ajustée en fonction du poids économique réel des Etats parties à son système monétaire.

Ils s'engageraient à veiller scrupuleusement à coordonner leurs politiques économiques et sociales, ainsi que leurs politiques régaliennes, en recherchant les harmonisations et convergences nécessaires, sans pour autant avoir à apporter à leur constitution ou loi fondamentale nationale des modifications démocratiquement inacceptables par leurs citoyens.

Ils autoriseraient et, mieux encore, inciteraient cette Confédération à adhérer aux grandes Conventions européennes et internationales (telles que la Convention européenne des droits de l'homme) et à adopter des chartes fondamentales (telles que la Charte européenne des droits fondamentaux), et à contracter des accords internationaux comme par exemple un accord d'association et de partenariat avec l'Union européenne reconfigurée ou d'autres unions de même type.

Cette Confédération pourrait sièger en lieu et place de ses Etats-membres au sein de l'Union pour la Méditerranée, ou au sein du Conseil de l'Europe, et le cas échéant, au sein des grandes organisations internationales et multilatérales (Institutions de Bretton Woods, OMC, OMS, FAO, OIT, G7/8, G20, notamment). (question à débattre)

Une telle option peut sembler très utopique à ceux qui ne croient plus dans les vertus d'une Union d'Etats et de Peuples régie par une Constitution fédérale, à ceux qui pensent que l'Union européenne est la seule solution possible ou à ceux qui considéreraient que l'absence de l'Allemagne condamnerait une telle union à jouer un rôle secondaire sur le territoire européen comme ailleurs dans le monde.

Elle me parait au contraire on ne peut plus réaliste au égard à l'ampleur de la dépossession actuelle des Etats-nations européens dont la gouvernementalité (l'art de gouverner) appelle encore des ajustements considérables qui trouveraient dans ce projet de Confédération un cap à la fois stratégique et politique (au sens premier du terme) des plus clair sans lequel les entreprises de modernisation des Etats semblent parfois manquer de cohérence d'ensemble et d'efficacité.

Naturellement, d'autres options sont envisageables ! Encore faudrait-il qu'elles émergent et qu'elles puissent être portées dans le débat public par des gens sérieux.

A suivre !

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 10:57

Dans un précédent article publié sur le blog 'Le Journal d'Erasme', (cf. http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/12/faut-il-que-la-france-reste-membre-d-une-union-europeenne-qui-met-de-plus-en-plus-frequemment-en-peril-ses-interets-strategiques-et), j'ai soulevé la question du maintien de la France comme membre de l'Union européenne actuelle.

Au terme de ce même article, j'affirmais ma conviction selon laquelle : "Oui, il faut oser l'Europe ! Mais une autre Europe ! Une Europe respectueuse des Nations, des Peuples, des Citoyens, et de leurs apsirations les plus profondes et de leurs intérêts les plus cruciaux ! Une Europe souveraine, pas une Europe servile, inféodée à la finance internationale et à des intérêts étrangers à ceux des Européens  !

Aimons l'Europe ! Mais une autre Europe ! une Europe respectueuse des Hommes et des Femmes qu'elle n'a pas d'autres missions que de servir !

Etre résolument européen, appeler à oser encore l'Europe, croire en un destin commun des nations européennes, ne signifie pas pour autant qu'il faille se prosterner devant un édifice politique et institutionnel inepte qui met en péril chaque année davantage les intérêts stratégiques et économiques d'un Etat-nation aussi essentiel à sa propre existence que peut l'être la France !

L'heure n'est plus aux circonvolutions pour rechercher des circonstances atténuantes à cette Union à la dérive !

L'heure est au courage et au plein exercice de nos responsabilités devant l'Histoire, en conscience !

Sachons dire : çà suffit ! Tout en préparant dès à présent un projet politique européen à la mesure de nos ambitions et aspirations les mieux partagées !

Un projet d'union non nécessairement fédérale et dont la géographie pourrait être différente de cette Union qui, tel un empire, n'a jamais décidé de ses frontières définitives au point d'y perdre à chaque élargissement un pue plus de son identité et de sa cohérence ! "

Pourquoi attendrions-nous pour élaborer un tel projet politique ?

La France doit y travailler de conserve avec ses plus proches partenaires et amis européens !

Faut-il pour autant n'envisager qu'un scenari à la Giscard d'Estaing où un noyau dur d'une douzaine d'Etats-nations articulé autour du couple franco-allemand poursuivrait son intégration au sein même de l'UE actuelle ? Ou faut-il envisager un scenario externe ? Avec quels partenaires ?

En première appréciation, on peut légitimement penser que les Etats membres les plus insatisfaits - parce que les plus pénalisés - des comportements et des performances de l'Union actuelle peuvent envisager eux aussi de passer à autrechose !

De qui s'agirait-il alors ?

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent l'impuissance des institutions européennes à gérer de manière efficace et efficiente, y compris sur le plan social, les crises de nature systémique qui affectent l'Union !

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent l'abandon progressif de ce qui a fait et fait encore la singularité du modèle social et sociétal de la France et de nombreux autres Etats-nations européens 

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent aussi que le nord de l'Union européenne, Allemagne incluse, éprouve toujours de grandes difficultés à comprendre l'importance de la solidarité européenne à l'égard des pays en difficultés du sud (les 'pays du club Med') !

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent que la Banque centrale européenne se trouve muselée par les autorités allemandes, situation qui parlyse l'Union européenne dans la défense de son euro en crise !

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent que le budget européen pâtit chaque année un peu plus du non respect par les Etats membres de leurs engagements budgétaires à l'égard de l'Union .... 

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent l'absence de consensus sur les objectifs et les moyens d'action de la politique étrangère et de sécurité commune, et plus largement sur de nombreux dossiers ayant trait aux affaires étrangères, le Royaume-Uni constituant souvent le point bloquant en pareilles matières.  

Ceux qui, comme la France, constatent et déplorent l'opacité constante et résolue de la Commission européenne à l'égard des négociations commerciales capitales qui engagent l'avenir du modèle social et civilisationnel de l'Europe !

Ceux qui, comme la France, refusent le droit à quelque institution supranationale que ce soit de porter atteinte à l'esprit aussi bien qu'à la lettre des dispositions constitutionnelles des Etats-nations, et exigent qu'elles se plient aux injonctions majoritaires des citoyens de l'Union lorsque ceux utilisent un droit de pétition approprié pour faire connaître leurs aspirations, requêtes, craintes ou refus !

Ceux qui, comme la France, ont encore chevillé au corps le désir de coopérer en respectant leurs partenaires et sans pour autant sacrifier leurs intérêts, principes, valeurs et objectifs les plus essentiels dès lors qu'ils ne seraient pas déjà en partage.

Ceux qui, comme la France (ou encore le Royaume-Uni), veulent retrouver une part de leur souveraineté perdue dans les domaines politiques où l'Union a failli.

Ceux qui, comme la France, veulent définir et mettre en oeuvre des solutions réellement efficaces face aux grandes questions d'intérêt commun qui les concernent au premier chef. En effet, traiter d'immigration de masse, de protection des frontières au sud de l'Europe, de sécurité maritime, des problèmes monétaires liés à une monnaie unique commune, de coopération au développement, de sécurité nationale, de défense, ou de projets méditerranéens (dépollution, autoroutes de la mer, etc.) avec des Etats-membres qui n'y trouvent aucun intérêt majeur ne sert aucunement la cause de ceux pour qui ces questions figurent au coeur des préoccupations de leurs citoyens. Il est temps d'y mettre bon ordre !

Ceux qui, comme la France, considèrent qu'une union d'Etats et de Peuples souverains peut apporter à ces derniers les leviers de puissance, d'efficacité et d'influence sans lesquels il leur sera plus difficle d'affronter les défis du XXIème siècle.

Ne faudrait-il pas alors envisager un scenario d'une toute autre nature que le projet 'Giscard', par essence en dehors de l'UE, et sans la présence d'une Allemagne dont les objectifs comme les intérêts nationaux semblent peu à peu diverger de ceux des Etats-nations du sud de l'Europe au rythme de sa propre affirmation politique sur l'échiquier international ?

C'est à ce dernier scenario que j'appelle les bonnes volontés européistes déçues par l'Union actuelle à travailler afin qu'une nouvelle union d'Etats-nations et de Peuples voit le jour sur un mode confédéral plutôt que fédéral, sur le modèle de la confédération helvétique .... sans pour autant se référer à Dieu et à la Création, ne serait-ce qu'eu égard à la nature résolument laïque des Etats-nations susceptibles d'y appartenir. 

Une nouvelle union plus aiusément 'gouvernable' que l'UE28+ aujourd'hui, dont l'influence dans le monde sera à la mesure de celles, combinées, de l'Espagne et du Portugal (principalement au travers de leur rayonnement culturel et linguistique respectif, noatmment en Amérique latine et en Amérique centrale), de l'talie et de la Grèce (principalement au travers de leur rayonnement culturel et de leur positionnement diplomatique à l'égard de la Russie et du Proche Orient), et enfin, de la France (principalement au travers de son rayonnement culturel, linguistique, économique, diplomatique et de sa position déterminante comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies).

Naturellement, l'existence même de cette nouvelle union devra être scellée soit par la voie d'un traité international, soit par la voie d'une constitution fédérale sur le modèle helvétique (solution qui a ma préférence mais qui est très délicate à mettre en oeuvre dans le contexte actuel d'une très forte poussée en Europe des replis identitaires et souverainistes), définissant la nature juridique de cette union (personnalité juiridique ou non), ses buts et objectifs, ses principes fondateurs (d'attibution, de subsidiarité, de proportionnalité, d'additionnalité), la nature et les prérogatives institutionnelles et nationales relatives aux différentes catégories de compétences attribuées, les institutions spécifiques et leur domiciliation, les clauses d'entrée, de sortie et de suspension provisoire de l'appartenance à cette union, ainsi que les clauses de révision et de modification du traité, les clauses de solidarité et de coopération au sein de cette union, les clauses de flexibilité permettant de dépasser d'éventuels blocages institutionnels lorsque les circonstances l'exigeraient, les ressources et modalités budgétaires, le rôle des institutions nationales, ses limites géographiques à un horizon déterminé afin de laisser le temps à d'autres Etats-nations que les Etats-nations fondateurs d'y appartenir avant cet horizon, etc.

Nous ne partons pas de rien puisque nous avons à notre disposition à la fois les textes des traités de l'Union, les déclarations et protocoles qui y sont associés, les évaluations des insuffisances, excès, défauts, erreurs qu'ils contiennent et/ou qu'ils ont induits dans les décisions adoptées par les institutions européennes depuis leur entrée en vigueur, ainsi que le texte de la Constitution fédérale de la confédération helvétique (cf. http://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/201405180000/101.pdf).

Quant à l'Union européenne, il s'agirait alors pour les Etats membres de cette nouvelle union 'réduite' d'en sortir de manière formelle en recourant aux dispositions du Traité de Lisbonne qui le permettent.

L'Union s'en trouverait alors probablement très fragilisé, surtout si le Royaume Uni suivait également l'exemple de la France.

Quant à l'Allemagne qui deviendrait alors la grande 'nation pilote' de l'Union (si celle-ci résistait à la sortie de la France, de l'Italie et d'autres Etats-nations du sud de l'Europe, elle retrouverait alors toutes les marges de manoeuvre et le leadership politique qu'elle recherche pour asseoir sa conception si singulière de la politique économique et monétaire de l'Union, plus favorable à un enchérissement de l'euro, et réorienter cette Union dans le sens des intérêts communs des Etats-membres du nord de l'Europe.

A suivre !

Voir notamment : Une première option pour une nouvelle union d'Etats-nations et de Peuples au sud de notre Europe !

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 18:01

L'incapacité à apporter des anticipations et des réponses appropriées aux effets systémiques des défis multiples auxquels le monde entier est désormais confronté condamne sans appel les différentes instances multilatérales de régulation à une réforme en profondeur (cf. notamment à cet égard l'excellent document des Nations unies (qui date de 2008) intitulé "les Problèmes systémiques internationaux : déséquilibres et réformes" - http://www.un.org/esa/ffd/doha/press/french/Backgrounder_Systemics_FR.pdf ).

Pour autant, leur surdité - avérée par les faits - aux signaux multiples, faibles et moins faibles, qui les avertissaient depuis plusieurs années des dérives et des manquements des politiques qu'elles ont déployées tous azimuts fortes des certitudes établies à l'aune de leurs modèles économiques, économétriques et statistiques des plus approximatifs, comme le modus operandi de leur système de gouvernance et les aléas et sources de blocages que présuppose par nature le choix d'un modèle intergouvernemental rigide, ne sauraient exonérer de leurs responsabilités, voire même parfois, de leur culpabilité, ni les différents agents monétaires, économiques et financiers concernés, ni les autorités politiques et de régulation nationales dans la montée aussi rapide que brutale des tensions et des chocs qui paralysent les dynamiques de production et d'échanges si indispensables à la prospérité économique, à la justice sociale et au développement, et mettent en péril la stabilité stratégique en même temps que la sécurité internationale. 

Car en prenant le parti d'un recours à des conflits régionaux motivés par des objectifs qui s'avèrent relativement dérisoires (lutter contre le terrorisme et/ou contre la prolifération des armes de destruction massive, en sacrifiant au passage des centaines de milliers de victimes) en regard des effets bien plus dramatiques et structurels des défis planétaires auxquels la collectivité internationale doit apporter des réponses urgentes, ainsi qu'à des partenariats stratégiques présentés ici ou là comme constitutifs du cadre de nouveaux modes de régulation multilatérale, plus globaux, ils plongent le monde, de facto, dans une fuite en avant profondément préjuciable aux objectifs qu'ils affirment servir en occultant les obstacles à de tels paris qu'oppose la robustesse du système international à l'oeuvre, ne serait-ce qu'eu égard au caractère irréversible des interdépendances planétaires (notamment sur les registres monétaires, financiers et commerciaux) qui constituent aujourd'hui les ressorts les plus essentiels des dynamiques de croissance économique (tant au niveau national qu'aux niveaux régional et international) et des systèmes de garanties qui y sont attachés.
 

Comment le monde parviendra-t-il à ne pas réitérer sans cesse les erreurs et les fautes du passé sans qu'une pensée et une action politique renouvelées émergent au niveau international ?

Les instances 'paritaires' d'envergure mondiale telles que la Commission Trilatérale (http://www.trilateral.org/), le Forum économique mondial de Davos (http://www.weforum.org/en/index.htm), le Forum social mondial de Porto-Allègre, le Groupe de Bilderberg (cf. à leur égard l'article intitulé Controlling the Global Economy: Bilderberg, the Trilateral Commission and the Federal Reserve / Global Power and Global Government : Part 3, by Andrew Gavin Marshall ainsi que Global Governance is a challenge for democracy (but an EU opportunity), by Pascal Lamy (WTO) ) ou encore les différents fora qui se sont constitués autour des différents objectifs du cycle de Doha, sont convoqués par l'Histoire plus encore qu'ils ne l'ont jamais été, pour dégager, dans leur sagesse, les analyses qui permettront d'esquisser les voies nouvelles dont pourront débattre ensuite au sein des instances formelles de régulation multilatérale les autorités compétentes démocratiquement élues.

Contrairement à ce que pensent les opposants les plus farouches à tout projet de gouvernance mondiale (cf. par exemple à cet égard le philosophe politique allemand Jürgen Habermas : "Le joli mot de "gouvernance" n'est qu'un euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique" par Jürgen Habermas (Le Monde) dont les inquiétudes méritent néanmoins qu'on s'y attarde !), ce n'est ni comploter ni conspirer que de recourir à des fora d'échanges internationaux afin de rechercher les voies que l'ensemble des dirigeants politiques, économiques et financiers de la planète Terre doivent emprunter pour gouverner avec sagesse 7 milliards d'individus.

Vouloir agir de manière collective au service d'une vision partagée de l'avenir du monde n'est-il pas le seul remède aux souffrances que connaissent les peuples et les individus les plus fragiles en même temps que la seule voie de salut pour les idéaux universels que font vaciller tant de chocs et de tensions dont les effets annonciateurs n'ont pas mobilisé l'intelligence coillective autant que la situation internationale l'exigeait !

Un tel constat ne doit en rien occulter la nécessité de revisiter les fondamentaux idéologiques qui ont jusqu'ici animé ces différents cercles (cf. à cet égard certains discours du Président Sarkozy, notamment les suivants : Discours de Nicolas Sarkozy lors de la Conférence internationale de présentation des conclusions du rapport de la Commission de mesure de la performance économique et du progrès social  ainsi que Discours du Président N. Sarkozy lors de la 98ème session de la Conférence Internationale du Travail (Genève, 15 Juin 2009)) !

Il y va de la paix, de la prospérité, de la sécurité internationale et de la stabilité stratégique.

Les travaux que la Commission Trilatérale a consacrés en 2008 au dossier iranien (Engaging Iran and Building Peace in the Persian Gulf Region) sont particulièrement rassurants à cet égard.

Ceux que le Groupe de Bilderberg a consacrés à la refondation de l'économie politique globale mondiale le sont tout autant.

Quant à ceux du G20, pour utiles qu'ils soient, il est encore trop tôt pour en apprécier et la portée réelle et l'efficacité sur le système financier international à long terme.

Pour autant, il manque encore dans le paysage des institutions internationales et multilatérales une ou des enceintes réellement en mesure de repenser les questions de sécurité en des termes à la fois systémiques et globaux sur le modèle de ce que propose le Global Risks Network, en préalable à la tenue des fora économiques mondiaux de Davos, et de créer les conditions les plus favorables pour que cette nouvelle approche englobante de la sécurité soit mise au service du développement et de la stabilité internationale (cf. à cet égard Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) - première partie - ainsi que Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) - seconde partie -).

Il y a là un chantier essentiel à inscrire à l'agenda international.

La France s'y emploie sans relâche, par étapes successives, comme en  a attesté l'inscription dans l'agenda de Doha, sur son initiative, des questions systémiques ou encore la variété des sujets abordés alors des travaux entrepris sous sa présidence du G20. 

Cet article a été publié une première fois sur ce blog le 27 octobre 2009 sous une version quelquepeu différente.    

Voir également sur ce blog :

 * La gouvernance mondiale est-elle au service de l’intérêt général global ? par Joseph Stiglitz - nouvelle édition -

 * "Le joli mot de "gouvernance" n'est qu'un euphémisme pour désigner une forme dure de domination politique" par Jürgen Habermas (Le Monde) - nouvelle édition -

 * Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique - nouvelle édition -  

 * Europe is failing to shape the global governance debate, by Pedro Solbes & Richard Youngs (europesworld.org)

 * Controlling the Global Economy: Bilderberg, the Trilateral Commission and the Federal Reserve / Global Power and Global Government : Part 3, by Andrew Gavin Marshall  

 * The G8 Summit in Lough Eron (UK) on 17-18 June 2013 : The European Union's Role and Actions

 * BCE-FMI-UE : La troïka censée sauver l’Europe de la crise a-t-elle en fait surtout organisé un énorme hold-up des contribuables européens ? par François Lenglet et Olivier Demeulenaere   

 *  De l’importance du dialogue direct entre les Etats membres et la Commission  

 * "De toute façon, les politiques n'ont plus le pouvoir avec l'Europe et la mondialisation" : les angoisses françaises entre fantasmes et réalité (Atlantico.fr)        

 * De l'économie de l'insécurité ! 

 * De l'impuissance ! (nouvelle édition) - première partie -

 * De l'impuissance ! (nouvelle édition) - seconde partie -

 * Repenser la souveraineté, par Richard N. Haass

 * Retour sur image : Vaclav Havel plaide pour une Constitution européenne et une souveraineté partagée à chaque niveau     



 



 
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 11:08

Alors que l'appel à une nouvelle phase d'intégration européenne se fait chaque jour plus pressant et que le rejet du projet européen se double de celui du personnel politique et de la technostructure européenne (cf. notamment à cet égard La défiance à l'égard de l'Union européenne bat des records en France, par Aline Robert (Euractiv.fr) ; La guerre est déclarée entre Arnaud Montebourg et Joaquin Almunia, par Aline Robert (Euractiv.fr) ou encore L’Europe a besoin d’une pause - La solidarité européenne n’est plus qu’un souvenir (Causeur.fr)), les institutions européennes comme les Etats membres semblent rester inactifs, à l'exception du plus exigeant, du plus habile, du plus eurosceptique d'entre eux, le Royaume-Uni !

En lançant l'exercice UK Fresh Start Project -  "FRESH START PROJECT"  -, le Premier ministre britannique "a pris le taureau par les cornes" en répondant de manière on ne peut plus pragmatique aux revendications de plus en plus bruyantes du camp eurosceptique en même temps qu'aux initiatives et autres vélléités d'intégration européenne engagés sans le Royaume-Uni, de son seul fait, par ses principaux partenaires européens dans le cadre du processus de consolidation de l'Union économique et monétaire. (voir à cet égard, notamment Herman Van Rompuy présentera, en juin 2013, un calendrier d'actions visant à approfondir l'union économique et monétaire et les articles auxquels il renvoie).

Un premier rapport public a été publié en 2012 - Manifesto for change - A new vision for the UK in Europe (UK Fresh Start Report) - qui reflète parfaitement l'esprit de la démarche engagée par David Cameron sous la pression d'évènements internes et externes.

Mieux encore, dans un discours refondateur, David Cameron a livré au monde la conception britannique officielle telle qu'elle vient d'être arrêtée à l'issue de cette première phase de l'exercice Fresh Start (cf. 2013 Cameron EU Speech at Bloomberg (23 January 2013))

Ne nous y trompons pas, le gouvernement britannique sait mieux que quiconque les avantages que tirent le Royaume-Uni de son statut privilégié au sein de l'Union européenne (cf. Ne nous y trompons pas ! Le Royaume-Uni n'a aucune intention de quitter l'Union européenne ! ) sans pour autant jouir de ce statut biuen plus avantageux encore qui a été réservé à l'Etat d'Israël (cf. Tout sauf les institutions ! Voilà le statut idéal pour les Etats membres de l'Union européenne qui souhaiteraient se dégager des contraintes et dérives d'une Union en crise ! ). 

Prenant acte de l'accélération de l'intégration de la zone euro, François Hollande a plaidé, mardi 10 juillet 2012 à Londres, pour une Europe à plusieurs vitesses dans laquelle le Royaume-Uni aurait toute sa place même sans adhésion à la monnaie unique.

Pour sa première visite officielle à Londres, le chef de l'Etat français a expliqué que la France et le Royaume-Uni avaient tous deux intérêt à ce que les futures réformes du Traité européen permettent des niveaux d'intégration différents.

" Nous devons concevoir l'Europe à plusieurs vitesses, chacun venant à son rythme, prenant ce qu'il veut dans l'Union, dans le respect des autres pays ", a proposé François Hollande au cours d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre David Cameron.

Telle est probablement le sens de l'initiative franco-allemande en faveur d'une plus grande intégration de la zone Euro.

Dès lors, la France doit imiter le gouvernement britannique lorsque ce dernier lance un large audit permettant l'évaluation  des effets de l'exercice des compétences européennes (cf.  Répartition des compétences au sein de l’Union européenne ) sur les objectifs et intérêts nationaux britanniques (ce qui nécessitera aussi d'évaluer les effets de la comitologie en vigueur sur ces mêmes objectifs et intérêts nationaux) ! (voir à ce sujet les articles suivants : De l'intérêt généralDe la définition et de la défense des intérêts nationaux (première partie) ainsi que De la définition et de la défense des intérêts nationaux (seconde partie)

Elle doit entreprendre un exercice d'audit identique en l'élargissant à une évaluation aussi exhaustive que possible des effets de l'exercice de ces compétences et des règles comitologiques en vigeur sur une conception aussi partagée que possible des objectifs et intérêts de l'Union européenne, bien au-delà de ce que précise le Traité de Lisbonne.

Il ne s'agit pas de revoir - pour la limiter - la liste des compétences de l'UE, mais plutôt de voir la manière d'appliquer de façon plus exigeante les principes de proportionnalité et de subsidiarité (TUE art. 5§ 3 et 5§4) en en appréhendant de manière aussi objective que possible les impacts sur ces différentes natures d'objectifs et d'intérêts.

Quand bien même la sagesse eût voulu qu'elle l'ait conduit avant d'entrer dans la négociation sur le prochain cadre financier pluriannuel de l'Union, ce qu'elle n'a pas fait (sic !), elle doit s'y préparer avec méthode afin de le conduire avec le doigté nécessaire pour pouvoir diposer, le moment venu, des éléments d'analyse qui lui seront indispensables pour défendre sa vision de l'avenir de l'Union autant que sa conception de ses propres intérêts nationaux et européens (cf. à cet égard Quatre pays pour une Europe plus forte dans le monde ) !

Nous verrons alors si les politiques et actions que mène l'Union sont toujours conformes aux intérêts nationaux autant qu'aux intérêts de l'Union ! Ce dont doutent de nombreux citoyens européens, à tort ou à raison ! Raison de plus pour ne pas pratiquer une politique de l'autruche qui ne peut que produire le contraire des effets qu'elle chercherait à atteindre ! (cf.  Vouloir bâtir une Europe politique comporte des exigences irréductibles ! (nouvelle édition))

Nous pourrions alors mieux saisir les raisons de la situation économique et sociale dramatique que traverse l'Union économique et monétaire ainsi que celles qui ont conduit l'Union à ne plus être une puissance normative aussi crédible qu'elle le prétend (cf. L'Union européenne est-elle encore une puissance normative crédible ? ainsi que L'Union européenne confrontée à sa perte de crédibilité).

Nous verrions également en quoi, le cas échéant, les coopérations spécialisées (renforcées, structurées, etc.) peuvent apporter aux Etats et aux citoyens en quête de davantage d'intégration, d'une plus grande solidarité et d'une meilleure efficacité européennes (cf. à cet égard Les coopérations " spécialisées " : une voie de progrès pour la construction européenne (1) ainsi que Les coopérations " spécialisées " : une voie de progrès pour la construction européenne (2)).

Nous comprendrions enfin comment la France, en tant qu'Etat-nation, pourrait envisager de se positionner à l'égard des procédures de transfert et de partage de souveraineté à venir, en même temps que des processus nationaux d'évaluation et de contrôle des décisions et actes pris par les institutions européennes qui restent à construire (cf. Les Etats-nations doivent pouvoir contrôler ex ante les actes des institutions européennes, surtout si le saut fédéral espéré intervient ! ainsi que La sécurité juridique : un principe démocratique au service des citoyens ! Plaidoyer en faveur de sa bonne application au niveau européen ! )

Dans l'hypothèse où les autorités gouvernementales et parlementaires françaises décideraient in fine de ne pas l'entreprendre pour des motifs étrangers au simple bon sens, il reviendrait alors aux nombreux associations et think tanks impliqués dans les dossiers européens, au premier rang desquels figure naturellement le Mouvement-européen France, de mettre en place une procédure aussi démocratique que possible pour mener à bien un tel audit.      

Voir également :

 * Royaume-Uni : le coût de la non-Europe

 *  Le Royaume-Uni lance un ultimatum à l'UE (Euractiv.fr)

 * L'Europe à la carte

 * Union politique / La réforme de 2014 - Catalogue pour un débat

 * Le "pacte budgétaire" européen : objectif ou point de départ ? par António Vitorino (Notre Europe)

 *  Parachever l'euro - Feuille de route vers une union budgétaire en Europe (Groupe Tommaso Padoa-Schioppa - Notre Europe)

 * L'agenda des réformes de l'Union européenne est inadapté ! Le débat sur le fédéralisme est urgent ! Il ne s'agit plus de le refuser mais de définir sa forme optimale pour l'Europe !

 * Un vrai budget pour l'Europe ? par Alain Lamassoure - nouvelle édition -

 * Trois évolutions - parmi d'autres - de l'UEM qu'il aurait fallu opérer !    

 *  Traité de Lisbonne : Les possibilités de révision et d’adaptation des traités

 *  Traité de Lisbonne : La clause de flexibilité

 * Union politique : ne rêvons pas ! Nous en sommes encore très loin ! 

  * Les trois principaux défis qui se présentent à l'Union européenne pour qu'elle devienne une authentique Union politique, selon Jean-Louis Quermonne

 * La ligne droite vers l'intégration européenne (Chronique de la pensée multiple par Valéry Giscard d'Estaing - Le Point)

 * 2014 - Amorcer la réforme de l'Union - Catalogue pour un débat  

 *  Les dirigeants européens pourraient-ils enfin cesser de céder à toutes les exigences d'un gouvernement britannique des plus eurosceptique ?

Cet article a été préalablement publié sur ce blog en mars 2013.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 17:25

Bon nombre de partisans du schéma institutionnel européen en vigueur mettent en avant l'argument selon lequel la démocratie progressera à l'issue du scrutin électoral européen de la fin mai 2014, au prétexte que les citoyens européens pourront 'choisir' le futur président de la Commission européenne, sous-entendant pas là qu'ils pourront dès lors choisir 'la' politique européenne de leur choix !

Sans les accuser de malveillance et d'insincérité à l'égard des électeurs européens, il importe quand même de remettre les choses en perspective !

Tout d'abord, comment est désigné le Président de la Commission européenne avec le Traité de Lisbonne ?  

Le Traité de Lisbonne modifie le mode de désignation du président de la Commission, en renforçant le poids du Parlement européen dans le processus.

Les chefs d'Etat et de gouvernement proposeront au Parlement européen, un candidat à la présidence de la Commission, "en tenant compte des élections au Parlement européen" (cf. à cet égard Réunion des chefs d’État européens prévue dans la foulée des élections européennes, par Laurens Cerulus (Euractiv.fr)). Le candidat devra ensuite être élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent (soit 376 députés sur 751).

C'est cet extrait qui constitue la véritable nouveauté du Traité. Selon plusieurs observateurs, il impliquerait que, désormais, le Président de l'exécutif bruxellois devrait être de la même couleur politique que le parti arrivé en tête des élections européennes. Une procédure qui se rapproche de celle existant dans les régimes parlementaires, comme le note Alain Lamassoure, député européen du groupe PPE.

Le Conseil européen garde la possibilité juridique de proposer un candidat indépendamment du résultat des élections, mais il est très probable que le Parlement le refuse.

Cette référence renforce l'enjeu politique lié au scrutin européen, traditionnellement marqué par une forte abstention (près de 57 % en 2009).

Le candidat du parti remportant les élections européennes sera-t-il automatiquement désigné Président de la Commission?

Selon M. Lamassoure, "oui, si la victoire est suffisamment nette".

Le Parlement européen ne pourra toutefois pas prendre l'initiative de proposer aux chefs d'Etat et de gouvernement un candidat à la Présidence de la Commission ; son rôle se limite à un droit de véto qu'il peut exercer sur le candidat proposé par le Conseil européen (réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement). Dans ce cas, le Conseil européen est tenu de proposer un nouveau candidat dans le délai d'un mois.

Mais en pratique, l'influence du Parlement sera d'autant plus grande que les partis politiques européens (et notamment le groupe majoritaire au sein de l'hémicycle) sauront s'organiser pour suggérer au Conseil européen le nom d'un candidat à la présidence de la Commission.    

"Les partis politiques européens l'ont bien compris", explique M. Lamassoure, "chacun s'organise pour annoncer à l'avance le nom de son candidat, si bien que le vainqueur sera désigné en fait par le corps électoral lui-même".

Le Parti socialiste européen (PSE) a déjà désigné son candidat, le 6 novembre, en la personne de Martin Schulz, l'actuel président du Parlement européen.

Le Parti populaire européen (PPE) a choisi de désigner Jean-Claude Junker plutôt que l'excellent Commissaire Michel Barnier.

Europe Ecologie Les Verts a annoncé le nom de ses deux candidats, le Français José Bové et l'Allemande Ska Keller, à l'issue des primaires en ligne le 29 janvier et l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) a désigné le Belge Guy Verhofstadt le 1er février, lors de son Congrès électoral à Bruxelles. Le parti populaire européen (PPE) désignera quant à lui, son candidat lors de son Congrès à Dublin les 6 et 7 mars.

La chancelière allemande Angela Merkel estime en revanche qu'il n'existe aucun "lien automatique" entre le parti qui remporte les élections européennes et le prochain président de la Commission européenne.

Le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, s'est lui aussi prononcé contre la "politisation" de la désignation du président de la Commission, estimant qu'elle serait source de déception, sauf à renforcer les pouvoirs de la Commission vis-à-vis des Etats membres. (voir à cet égard http://www.euractiv.fr/sections/elections-2014/juncker-et-schulz-tombent-bras-raccourcis-sur-van-rompuy-301725?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=6200ec3c38-newsletter_derni%C3%A8res_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-6200ec3c38-55414033)

Cette politisation a-t-elle d'ailleurs un sens quand J-C Junker et M. Schulz affirment lors de leur premier débat qu'ils ne voient guère de différence entre leurs programmes ...

Extrait : " Avec l'eurosceptique Grande-Bretagne et d'autres pays opposés aux deux principaux candidats considérés comme fédéralistes européens, rien n'est dit que l'un d’eux deviendra président de l'exécutif européen. Lors du débat, l'un des présentateurs a posé la question suivante aux candidats : « Qu'est-ce qui vous distingue ? » Après un instant d'hésitation, Martin Schulz a répondu : « Je ne sais pas ce qui nous distingue [...] Le candidat du PPE [Jean-Claude Juncker] est assez proche de mon programme, mais savoir si le PPE est très proche de Jean-Claude Juncker, c'est une autre question. »." cf. http://www.euractiv.fr/sections/elections-2014/juncker-et-schulz-debattent-sans-passion-de-leurope-301487?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=7c8db100e1-newsletter_derni%C3%A8res_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-7c8db100e1-55414033
La désignation du président de la Commission européenne signifie-t-elle que les promesses électorales du parti politique dont il est issu auront les plus grandes chances d'être suivies d'effets ?

La réponse à cette question clé ne peut être apportée qu'à l'aune des pratiques concrètes observées au cours des dernières périodes !

Qu'observe-t-on ?

La composition du collège des Commissaires n'est tout d'abord pas le seul fait du président de la Commission ! Les capitales européennes et, dans une moindre mesure, le Parlement européen jouant un rôle déterminant dans ce processus ! Ensuite, elle donne lieu à un savant équilibre entre les différentes forces politiques qui jouent un rôle majeur au sein de l'Union.

Ensuite, en raison de l'accroissement des domaines politiques qui requièrent la co-décision Conseil - Parlement européen, et bien qu'elle dispose d'un pouvoir d'initiative et de proposition de moins en moins exclusif depuis la mise en oeuvre du Traité de Lisbonne, avoir un collège de Commissaires dont la couleur politique serait majoritairement d'un bord de l'échiquier politique européen ne garantit en rien l'issue des processus décisionnels européens.

Celà vaut encore davantage s'agissant des domaines politiques qui confèrent au Conseil, au Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'Union et/ou au Service européen d'action extérieure, un pouvoir d'inititiative, de proposition, de décision et d'action bien plus important que celui dont dispose la Commission européenne et le Parlement européen.

Enfin, "the last but not the least", comme le souligne fort honnêtement le président permanent actuel du Conseil européen, Herman Van Rompuy, la "politisation" de la désignation du président de la Commission participerait à renforcer les pouvoirs de la Commission vis-à-vis des Etats membres, et donc à la fois du Conseil des ministres et du Conseil européen, ce qui ne correspond pas à la tendance que l'on observe depuis plusieurs années, qu'on le déplore ou non !

La désignation du Président permanent du Conseil européen, du Président de la Banque centrale européenne (le moment venu), du Haut Représentant et des autres membres du Collège des Commissaires constituent des actes politiques tout aussi essentiels, sinon davantage, que la seule désignation du président de la Commission européenne !

Dès lors, aucun parti ne peut garantir à ses électeurs que son programme électoral sera appliqué s'il parvient à réunir une majorité au Parlement européen.

On voit donc que la désignation du président de la Commission européenne ne résume certainement à elle seule la voie qu'empruntera l'Union lors de la prochaine législature européenne !

Ne leurrons donc pas les citoyens européens avec des promesses qui ne seront pas nécessairement tenues !

Et exigeons que leur soient clarifiés les enjeux des nominations clés à venir !

La démocratie européenne y gagnera en qualité et en crédibilité !

Il y va de l'avenir même de l'adhésion des peuples européens à ce beau mais complexe projet politique européen tant décrié en ces temps difficiles !

L'Union européenne jouant un rôle de plus en plus déterminant dans le concert international, et considérant l'ensemble des éléments ci-dessus qui me conduisent à penser qu'à l'exclusion du volet social du projet européen aucun changement politique et économique majeur n'étant à attendre de cette élection, je voterai personnellement pour la liste du parti politique qui m'apportera des réponses claires aux questions fondamentales qui tournent autour de sa vision de la place de l'Union dans le monde, des voies et moyens à y consacrer, d'une part, et de la réforme qui doit être entreprise pour mettre en phase les institutions avec cette vision ! (cf. également à cet égard UE 2014 - Une question qui ne sera pas posée : celle de l'avenir de l'Europe ; Refaire l’Europe : Esquisse d’une politique - Par Pierre de Boissieu, Antonio Vitorino, Tom de Bruijn et Stephen Wall ainsi que 2014 - Amorcer la réforme de l'Union - Catalogue pour un débat

Pour le moment, c'est le néant le plus total sur ce registre pourtant si fondamental !

A bon entendeur, salut !

Voir également :

 * Tous les dirigeants de l'Europe vont être renouvelés cette année, par Anne Bauer (Les Echos)

 * Le choix du président de la Commission européenne doit être transparent

 * Quelques questions clés auxquelles doivent répondre les partis politiques présentant des listes aux élections européennes - première partie -

 * Quelques questions clés auxquelles doivent répondre les partis politiques présentant des listes aux élections européennes - seconde partie -

 * INFOGRAPHIE : l'équilibre des pouvoirs dans les gouvernements européens (Euractiv.fr)

 

 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 07:59

Pour les deux premières parties de cet article :

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - première partie - (nouvelle édition)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - deuxième partie - (nouvelle édition)

.../...

L'Union européenne, ou plus précisément, les principaux responsables de ses institutions, est consciente de ses responsabilités sur la scène internationale (cf. L'Union européenne face à ses responsabilités internationales en matière de sécurité et de développement : un point de vue important du Parlement européen).

Elle s'emploie à devenir un acteur véritablement global capable d'apporter ses propres réponses aux défis globaux et régionaux pour la stabilité et la sécurité, et de formuler des propositions nourries dans les enceintes internationales ou multilatérales qui oeuvrent sur ces registres (cf. l'article et les suivants).

Force est de constater que la version 2008 de la stratégie européenne de sécurité (cf. le rapport du Conseil sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité intitulé « Assurer la sécurité dans un monde en mutation » SES 104632 SES 104632) et la toute nouvelle stratégie de sécurité intérieure de l'Union européenne (cf. La stratégie de sécurité intérieure de l'Union européenne : "Vers un modèle européen de sécurité") et les plans qui y sont attachés (cf. en particulier L'Union européenne progresse dans la mise en place d'un plan européen de sécurité intérieure) participent à esquisser les grandes lignes de ce corps de doctrine tant attendu, quand bien même ce dernier ne couvre pas encore la totalité des défis pour la sécurité et la stabilité auxquels les européens doivent apporter leurs propres réponses à l'intérieur de leurs frontières selon une conception de la sécurité qui soit pleinement compatible avec le modèle de civilisation si singulier qu'ils veulent préserver, développer et promouvoir (cf. à cet égard l'article intitulé A la recherche d'une pensée et d'une action politiques à la hauteur des défis globaux ! (Nouvelle édition) ainsi que les deux séries d'articles intitulées Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1) et Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie - et suivants).

S'agissant des questions de non prolifération et de sécurité, l'Union européenne agit conformément à ses principes démocratiques (cf. Peu à peu la doctrine globale de l'UE en matière de sécurité s'esquisse ! - nouvelle édition - ainsi que Lutte contre le terrorisme et protection du droit au respect de la vie privée : le point de vue du Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe) ainsi qu'à ses engagements internationaux en la matière, qu'il s'agisse de non prolifération, de sécurité et de sûreté nucléaire (cf. L'UE est particulièrement active dans son soutien à l’AEIA en matière de sécurité et de vérification nucléaires et les articles auxquels il renvoie) ou de contrôle des transferts et commerces de produits, de technologies et d'équipements présentant un caractère critique du point de la sécurité (cf. Evolutions récentes du cadre juridique européen en matière de transferts et d'exportations de produits, technologies et équipements critiques du point de vue de la sécurité ) dans la Région.

Elle dispose par ailleurs d'un certain nombre d'instruments dont l'intérêt se confirme quotidiennement, comme par exemple son instrument de stabilité (cf. Deux instruments centraux de l'action extérieure de l'Union au service de la stabilité et de la sécurité ).

L''Union européenne, en montrant sa détermination et sa capacité à prendre toute sa part à la recherche de solutions aux conflits régionaux et aux défis globaux, y compris en usant de moyens politiques et militaires, apparaît aujourd'hui comme un acteur global incontournable comme en témoigne ses nombreuses interventions extérieures, y compris au Proche Orient (pour en savoir plus, voir l'article publié dans La Lettre de la RMF UE - NEWSLETTER N° XIII - FEVRIER 2010) ; un acteur global qui présente cette particularité unique au monde d'avoir choisi de ne pas fixer ses frontières définitives, ce qui présente évidemment une caractéristique qui fait particulièrement sens dans le contexte du conflit israélo-palestinien !
Cette nouvelle donne favorise incontestablement des rapprochements stratégiques ou circonstanciels encore improbables il y a peu entre divers acteurs réellement influents dans la région qui se concrétise dans des positions communes extrêmement fermes à l'égard des différentes parties dès lors qu'elles se comportent en dehors du cadre admissible !
Forte de tels atouts, l'Union européenne doit et peut penser pour agir dans cette région avec l'efficacité attendue par tous (cf. Penser pour agir dans l'espace euroméditerranéen avec l'efficacité attendue sans insulter l'avenir - nouvelle édition - ).
Elle doit cesser de tergiverser en faisant preuve concrètement, par des actions à la mesure des enjeux, de sa capacité à agir pour offrir une véritable perspective au Proche Orient (Agissons pour offrir enfin une véritable perspective au Proche Orient). Telle est, semble-t-il la volonté de Mme Ashton qui, lors de sa première étape au Caire, a rappelé les paramètres d'une négociation véritable pour l'UE : «Une solution avec 2 Etats avec Israël et Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Notre objectif est un Etat viable de Palestine en Cisjordanie, incluant Jérusalem Est et la bande de Gaza, sur la base des lignes de 1967. Si (nous voulons) une paix réelle, une solution doit être trouvée pour résoudre le statut de Jérusalem comme future capitale d'Israël et de Palestine. Et nous avons besoin d'une solution juste sur la question des réfugiés. » En ajoutant : « L'UE est prête à s'investir dans 4 domaines », a-t-elle précisé : 1° Soutenir les parties dans leur négociation. 2° augmenter l'ensemble de son assistance. Un tel engagement ne peut cependant être sans fin. Nous attendons de voir d'urgence des progrès vers la création d'un Etat palestinien (...). 3° fournir des garanties politiques, financières et de sécurité pour faciliter le processus de paix. 4° L'UE veut développer un partenariat étroit avec (les partenaires) clés des discussions, les Etats-Unis et un Quartet "revigoré". »
A cette occasion, elle a fait part de l'analyse de l'UE relative à la situation actuelle et au jeu dangereux d'Israël : « La récente décision d'Israël de construire de nouveaux logements à Jérusalem Est a gravement mis en danger et miné la tentative d'accord pour commencer rapidement des négociations ». « La position de l'UE est claire » a répété Cathy Ashton. « Les constructions sont illégales. Elles constituent un obstacle à la paix et menacent de rendre la solution de deux Etats impossible. » De même, « la décision de classer, comme israéliens, des sites religieux et culturels, situés dans les territoires palestiniens occupés, est contre-productive ». « Le blocus de Gaza est inacceptable. Il a créé d'énormes souffrances humaines et nuit aux possibles pas en avant. » a-t-elle ajouté.
Elle doit agir sans délai avec une détermination encore accrue pour qu'émerge enfin la solution politique et territoriale tant attendue (cf. Proche Orient : Et si malgré les provocations et les violences quotidiennes, nous étions proches de la solution politique et territoriale tant attendue ! - nouvelle édition -. ainsi que Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons ! - nouvelle édition)
Cathy Ashton a répété la disponibilité de l'UE à continuer de soutenir à la fois la construction des institutions palestiniennes et l'effort de paix. « L'UE continuera de soutenir la construction des institutions palestiniennes. Mais ce ne doit pas être aux dépens du processus de paix. La construction d'institutions doit faciliter le processus de paix. Pas le remplacer...  ».
A la place qui est désormais la sienne au sein de l'Union européenne, Catherine Ashton est mieux que quiconque en position de mettre enfin la sécurité au service d'un véritable développement solidaire dans cette région (cf. Paix et sécurité : au cœur de la politique européenne de développement ; Mettre la sécurité au service du développement en la repensant de manière systémique (nouvelle édition) ; Security Reform in Jordan : Where to Start ? by Sufian Obaidat (Arab Reform Brief) ou encore De la sécurité durable au Maghreb : un autre regard ! - nouvelle édition - ).

Bonne chance, Mme Ashton !
Ou plutôt ... BONNE CHANCE à nos amis, frères, cousins, rivaux et/ou partenaires Israéliens et Palestiniens ! Car c'est bien d'eux, de leur sécurité, de leurs espoirs et de leur avenir dont il s'agit ici ! et non pas seulement de quelques ambitions politiques européennes ou américaines à satisfaire !
SHALOM ! 
SALAM !
QUE LA PAIX SOIT - ENFIN - POUR VOUS !

Voir également :

 * Israël-Palestine : les enjeux d'un conflit (sous la direction d'Esther Benbassa - CNRS Editions 2010)

 * « Que peut faire l'Europe au Proche-Orient ? », avec Joseph Maïla (Les entretiens d'Europartenaires- ENA Paris - 24 janvier 2011

Cette série d'articles a été publiées à plusieurs reprises depuis le début de l'année 2012

 

 

 

 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 09:58

Nous sommes au printemps 2015.

L’exaspération générale est à son comble (L'UE non, l'euro oui ! Les opinions publiques européennes face à la crise (2007-2012), par Daniel Debomy (Notre Europe – Institut Jacques Delors)). Y compris au sein des nations qui ont porté le projet européen sur les fonds baptismaux.

Une nouvelle tentative de conciliation vient d’échouer entre le Conseil européen, la Commission européenne et le Parlement européen.

L’Union européenne ne parvient toujours pas à arrêter son programme stratégique pour la nouvelle législature européenne.

Cet échec ajoute aux effets catastrophiques sur les opinions publiques des nombreuses crises politiques, budgétaires, financières, économiques et sociales qui n’ont cessé de paralyser les économies nationales, d'accroître les inégalités sociales et de susciter un peu partout en Europe des replis nationalistes et identitaires, au point d'avoir favoriser l'entrée au Parlement européen d'un nombre important de membres de partis eurosceptiques ou plus globalement, UEsceptiques.

La gouvernance chaotique de l'Eurozone et, plus globalement, de l'Union économique et monétaire, a produit des décisions dont les effets n'ont pas été ceux qui en étaient attendus au point de voir les institutions européennes revenir sur une partie d'entre elles (cf. Bruxelles mise sur la titrisation et le crowdfunding (Euractiv.fr) : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/bruxelles-mise-sur-la-titrisation-et-le-crowdfunding-euractiv-fr.html) !

La gestion catastophique de la crise chypriote (voir notamment à cet égard Oui, la décision prise par l'eurogroupe à l'égard de Chypre était bien inique et irresponsable ! Jugez-en vous-même ! ) a définitivement scellé une rupture entre des dirigeants européens égarés dans des dérives technocratiques, sous les coups de boutoir récurrent d'une Banque Centrale européenne qui semble avoir pris le pouvoir politique et économique au sein de l'UEM  sans pour autant remplir réellement sa mission en tirant un parti optimal de son mandat (cf. Et si la BCE respectait son mandat ! par Christophe Blot (Euractiv.fr) : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/et-si-la-bce-respectait-son-mandat-par-christophe-blot-euractiv-fr.html) ! 

La Commission européenne, malgré quelques initiatives d'envergure telles que l'Acte II du marché unique ou celles ayant trait à l'introduction de mécanismes de supervision et de régulation dans les domaines financiers, budgétaires et bancaires, semble tétanisée autant par l'installation en son sein d'un doute profond quant à la pertinence de sa doctrine néolibérale dont les résultats économiques et sociaux sont de plus en plus dramatiques (cf. Emploi et situation sociale dans l’Union européenne: la crise sociale s’aggrave ) face aux errements chaotiques des marchés .... et de ses acteurs (cf. à cet égard les articles suivants : De l'économie de l'insécurité ! (nouvelle édition) ainsi que 'Le nouveau capitalisme criminel - Entretien avec Jean-François Gayraud (Diploweb.com)' : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/le-nouveau-capitalisme-criminel-entretien-avec-jean-francois-gayraud.html), par l'échec de la négociation relative au règlement des différents du traité transtlantique sur la commerce et les investissements (cf. à cet égard les articles suivants : Transatlantic consumer dialogue : Resolution on Investor-State Dispute Resolution in the Transatlantic Trade and Investment Partnership : http://www.consumersinternational.org/media/1398522/tacd-ttip-resolution-on-investor-state-dispute-resolution.pdf ainsi que Accord transatlantique : l’arbitrage des différends Etats-entreprises remis en question (Contexte) : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/accord-transatlantique-l-arbitrage-des-differends-etats-entreprises-remis-en-question-contexte.html) que par le retour des attitudes 'égoïstes' et 'frileuses' des Etats membres pour qui le Conseil européen est devenu le forum de tous les marchandages les plus destructeurs du point de vue du contrat politique de solidarité acté dans les traités de Rome (cf. Retour sur images : le 25 mars 1957 étaient signés les Traités de Rome  ainsi que Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier, traité CECA ).

Les alternances politiques qui se sont déroulées depuis 2008 dans les nations membres n’y ont rien fait (cf. Les limites démocratiques de ces alternances politiques forcées par la dictature de crises systémiques dévastatrices !) !

D’autant moins d’ailleurs que nombre des leaders de gauche et de droite ont eux aussi franchi le Rubicon en rejoignant dans leur grande majorité le camp des nombreux eurodéçus après avoir franchi le cap de l'euroscepticisme lors de la phase de ratification du traité instituant une Constitution pour l'Europe (*).

Après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et bien d'autres pays membres de l'Union, la France comme l'Allemagne ont été soumises à des plans d’austérité excessivement traumatisants sur le plan social.

Le mécanisme européen de stabilisation financière comme le pacte de l'Euro + et le pacte budgétaire dont la règle d'or n'a pas trouvé sa concrétisation pleine et entière dans les corpus constitutionnels des Etats membres n’ont pas permis de mettre un terme définitif à la crise de leur dette souveraine alors même que plusieurs centaines de milliards d’euros ont été engloutis pour leur sauvetage.

La France et le Royaume-Uni ont vu leur note fortement dégradée après les choix économiques de relance par la politique budgétaire arrêtés par leurs nouveaux gouvernements malgré les modifications substantielles du corps de doctrine économique et budgétaire de l'Union économique et monétaire.

Malgré des accords politiques de surface motivés davantage par des enjeux électoraux de court terme que par le souci de renforcer les institutions européennes afin qu'elles soient pleinement en capacité d'exercer les pouvoirs qui leur ont été attribués par les nations, en France comme en Allemagne, la montée des mouvements antieuropéens, sous l’effet à la fois d'une lecture de plus divergente des deux côtés du Rhin de l'intérêt général européen autant que des intérêts et nationaux respectifs, des arguments populistes antieuropéens développés par les mouvements antimondialistes et altermondialites, des discours mensongers d'une part importante des élites médiatisées sur les latitudes juridiques offertes aux nations parties à l'eurozone pour abandonner l'euro (cf.  Cinq arguments anti-euro au banc d'essai, par Anne Rodier et Adrien de Tricornot (Le Monde) ainsi que Il est temps de mettre un terme à ces débats stériles autour de l'abandon de l'euro !) et des thèses souverainistes et xénophobes d’acteurs importants de la vie politique interne de ces deux nations pourtant fondatrices du projet européen, a puisé dans l’aggravation de la crise de la dette souveraine au sein de l’eurozone  le terreau le plus fertile pour forcer ces décisions, malgré les cataplasmes européens élaborés dans l’urgence (cf. La colère de Jacques Delors : l'ancien président de la Commission européenne est indigné de l'absence de prise de décision face à la crise en Europe (Le Point)).

Ils se sont notamment traduits par la non exécution quasi systématique par les institutions de l'Union comme par une multitude de gouvernements nationaux des engagements contractés par les chefs d'Etat et de gouvernement lors des Conseils européens consacrés aux questions stratégiques et économiques, ainsi que par la mise en quarantaine des recommandations politiques les plus exigentes portées par le Parlement européen au travers de ses résolutions. L'exemple le plus frappant est celui portant sur la démocratie européenne : les appels du Parlement européen sous l'impulsion de l'eurodéputé britannique Andrew Duff (cf. Rapport DUFF : l'avenir de la démocratie européenne) ont connu un échec cinglant témoignant ainsi d''une manifestation collective d'un dédain à leur égard.

Pourtant tout avait été tenté, même le pire : donner les clés de l’Union au Royaume-Uni en nommant à la plupart des postes clés des institutions européennes soit des britanniques soit des personnalités particulièrement sensibles aux appels réitérés de la sirène anglo-saxone. Un Royaume-Uni qui n’a toujours pas adopté l’euro comme monnaie nationale alors même qu’il s’y était engagé lors de son adhésion à l’Union économique et monétaire.

La machine à décricoter l’Union de l’intérieur est alors à l’œuvre, avec la complicité des principaux dirigeants européens (cf. Le démontage de l'Europe a commencé ! ) !

Après celui qui a mis un terme à la proposition de relance de la politique étrangère et de sécurité commune initiée par le couple franco-allemand, les échecs des tentatives démocratiques aux marches méridionales de l’Europe a rendu la situation géopolitique intenable.

Les objectifs et intérêts stratégiques de l'Union sont opaques au point que les citoyens s'interrogent sur leur existence même (cf. De l'épineuse question des objectifs stratégiques de l'Union européenne  

Pis encore : force est de reconnaître, impuissant, que Le projet transatlantique des dirigeants européens a définitivement supplanté le projet d’Union politique autonome !

L’inconsistance diplomatique et stratégique de l’Union face à cette situation oblige à agir ! Et vite !

La persistance de ces attitudes politiquement castratrices a profondément entamé la confiance de leurs citoyens autant que celle de leurs principaux agents économiques dans un projet européen enfermé dans une vision étriquée des grands mouvements du monde qui modifient en profondeur les paradigmes économiques, sociaux, écologiques et stratégiques.

Lassés à la fois par les tergiversations diplomatiques au sein des institutions de l’Union à l’égard des grandes orientations politiques, stratégiques et budgétaires et par les refus récurrents de certains de leurs partenaires européens à la fois d’entreprendre les réformes en profondeur de leurs propres systèmes politique et économique, et de progresser collectivement sur la voie d’une intégration politique européenne à la mesure des défis internes et globaux qui rendent cette intégration indispensable (cf. notamment l'appel de Jacques Delors en ce sens : Pour un renouveau de l’Europe, par Jacques Delors (Président fondateur de Notre Europe)), la France, dans un premier mouvement de rupture, puis, quelques jours plus tard, l’Allemagne, préparée à une telle ‘surprise stratégique’ sur le territoire même de l’Union et placée elle-même sous l’effet de la répétition des injonctions de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe appelant au respect le plus strict du droit primaire, tantôt constitutionnel(Grundgesetz), tantôt européen (Traité de Lisbonne), saisissent l’opportunité juridique que leur offre les articles … et .. du Traité sur l’Union européenne pour sortir de cette Union moribonde, après avoir dûment informé l’ensemble de leurs partenaires de leur intention commune d’agir de la sorte (cf. L'article 49-A du Traité de Lisbonne permet à un Etat membre de sortir de l'Union européenne ).

Intervenant peu de temps après la commémoration du 60 ème anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée (Traité de l'Elysée (22 janvier 1963)), ces décisions à la fois audacieuses et périlleuses tombent sous le sens.

Mais elles ne peuvent suffire à elles-seules pour relancer la France et l’Allemagne dans la compétition internationale. Bien au contraire ! Hélas !

A suivre !  

(*) Il est intéressant de relever que le feuilleton d’été de l'année 2012 du journal Le Monde a été intitulé «Terminus pour l’euro» et qu’il envisage le scénario d'une sortie de l'euro par l'Allemagne, a minima en refusant l'euro comme monnaie unique sinon comme monnaie commune, sous forme de fiction. Comme quoi cette perspective travaille bien les esprits de gauche les moins systématiquement eurosceptiques.    

Voir également : Retour sur image : Retrouver une « mystique européenne », par Pierre Moscovici (Forum Libération)

Nb : cet article a été publié plusieurs fois sur ce blog au cours de l'année 2012. 

 

 

 

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 16:28

A la faveur des crises en série qui s’y succèdent en multipliant les traumatismes de toutes sortes (économiques, sociaux, humains, politiques), on assiste aujourd’hui à la manifestation quotidienne d’une une défiance généralisée à l’égard et entre les différents agents impliqués dans le fonctionnement de l’économie sociale de marché dans l’espace transatlantique.

La situation catastrophique créée d’abord par l’échec dramatique de l’aventure anglo-américaine en Irak a tout d’abord été porteuse d’angoisses particulièrement fortes à l’égard de la capacité de l’ONU, d’une part, et de l’hyperpuissance, d’autre part, lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies se montre défaillant, à « régenter » les questions de sécurité internationale de manière acceptable, c'est-à-dire non structurellement traumatisante, pour les différentes parties. Avec elle, c’est la confiance dans la capacité de régulation stratégique des Etats les plus puissants militairement qui s’est soudainement effondrée.

Ensuite, la situation tout aussi catastrophique issue de la crise systémique financière initiée par de surprenantes « défaillances » du système économique et financier anglo-saxon a mis à mal la confiance des marchés autant que des peuples dans la capacité d’autorégulation d’une économie financiarisée qui se veut non seulement libérale, mais créatrice de richesses, et partant, porteuse de progrès.

L’incapacité de la puissance publique internationale incarnée dans des fora de régulation multilatéraux (G-8, G20, Union européenne, etc.) et internationaux (Institutions financières internationales) de produire un sursaut salvateur à même de pallier le défaut d’autorégulation des marchés financiers et des opérateurs bancaires par des mesures prudentielles et assurantielles appropriées autant que la défaillance des analystes et prévisionnistes de tous poils a participé à amplifier la défiance des agents économiques et sociaux à l’égard des gouvernants autant que de l’expertise technique sur laquelle les premiers tendent à appuyer leurs décisions.

La crise, désormais systémique, de la dette souveraine, en provoquant des tensions extrêmement traumatisantes sur les devises autant que sur les marchés monétaires et obligataires, a aggravé la défiance des populations à l’égard non seulement des technostructures en charge d’épauler les gouvernements démocratiquement élus, mais des monnaies elles-mêmes, portant du même coup atteinte à leur souveraineté.

Au risque de défaut généralisé de paiement des dettes publiques de nature budgétaire de la plupart des pays membres de l’OCDE, et non des moindres, s’ajoute désormais un risque de défaut généralisé d’intervention des amortisseurs sociaux que nos démocraties politiques socio-libérales avaient pourtant su générer, ces derniers se trouvant également placés face à une crise grave de liquidités.

Comment ne pas souligner, tout en la déplorant, la perte de confiance des citoyens-consommateurs dans des institutions publiques qui ne parviennent même plus à garantir de manière spontanée et automatique le respect des principes et des valeurs qui fondent le contrat politique et social que consacrent les lois fondamentales ; une défiance qui puise chaque jour davantage sa substance dans des scandales qui traduisent publiquement leur incapacité à garantir la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire pour tous.

La défiance des citoyens aussi impatients qu’incrédules à l’égard des partis politiques, qu’ils jugent, pour une majorité d’entre eux, dévoyés et incapables de traduire en programmes crédibles leurs espoirs, ne cesse de croître comme en attestent les taux croissants d’abstention aux différentes élections démocratiques.

Comme si cela ne suffisait pas au tableau, la perte de vitesse du système productif de ces mêmes pays dans la compétition internationale favorisée par une mondialisation et une globalisation qui ne font aucune place aux tergiversations improductives et aux replis sur soi impulsifs, ajoute encore à la morosité sociale et aux angoisses collectives de populations meurtries auxquelles les leaders politiques de tous bords avaient pourtant promis de tirer, à leur profit aussi, le meilleur parti du libre échange économique, de la dérégulation, de la réglementation, et de l’ouverture de nouveaux marchés internationaux mieux à même d’absorber leurs propres productions.

Quant à la technologie, bien qu’elle soit pourtant quelquefois érigée en dieu des temps modernes (celle grâce à laquelle tout serait désormais possible), les fractures sociales et générationnelles qu’elle engendre comme les bulles financières qu’elle favorise et les traumatismes qui en résultent ne la qualifie plus pour redonner cette confiance perdue dans l’économie sociale de marché telle qu’elle est aujourd’hui à l’œuvre dans des démocraties libérales de plus en plus vacillantes !

Quant à la culture, et à l’espoir si grand que chacun tend à placer dans ce qu’elle peut produire de fécond et d’universel, sa marchandisation rampante et sa politisation à quatre sous participent à lui retirer une bonne part de la confiance qu’une société doit lui accorder sauf à créer les conditions d’un déclin inéluctable ! Comme le déplore Stiegler, la médiacratie désormais à l'oeuvre participe à la désintégration et à déshumanisation de notre corpus socio-culturel !

Même la belle utopie portée par les projets politique et culturel européens en lieu et place d’un rêve américain quelquepeu émoussé n’a plus ce pouvoir d’entraînement et de fascination qui en fit pourtant pendant plusieurs décennies l’un des ressorts d’une espérance dans un avenir meilleur et plus juste, et dans l’Homme ; une espérance partagée par tous : hommes et femmes, jeunes, moins jeunes, personnes âgées, sympathisants de gauche, de droite, du centre, actifs, retraités, individus sans emploi, malades, bien portants, handicapés, croyants, athées, agnostiques ; une espérance qui permet de faire ‘société des Hommes’ une société multiculturelle qui se construit, dans la sérénité de processus apaisés, un destin, des projets, et un avenir collectif fondés sur une confiance mutuelle, un dynamisme fécond et une solidarité de fait.

On le voit bien : la perte de confiance mutuelle à l’oeuvre entre ses différents agents rend improbable une reprise vertueuse de l’économie sociale de marché dans l’espace transatlantique en même temps qu’elle porte atteinte au modèle actuel de démocratie libérale.

En face d’un tel constat particulièrement débilitant d’une défiance généralisée de chacun de ces agents individuels et collectifs envers l’autre, il n’est pas étonnant de voir se multiplier les discours et les programmes populistes les plus ravageurs autant que les adhésions d’individus libres en souffrance à des sectes ou mouvements sectaires tout aussi ravageurs !

L’heure est venue d’un sursaut collectif salvateur !

Une nouvelle 'nuit du 4 âoût' est indispensable, sous une forme ou sous une autre mais aussi pacifique que déterminante !

A chacun de prendre, en toute liberté, en responsabilité et en conscience, sa part de la tâche qui lui revient pour qu’il en soit ainsi !

Voir également : 

 * Reconstruire la confiance dans la capacité des Etats à honorer leurs engagements, notamment politiques et financiers

 * Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - nouvelle édition -

 * La social-démocratie, naufragée de la dette ? Réhabiliter d'urgence la solidarité budgétaire ! par Frédéric Ménager (Le Monde)

 * L’UE dans la crise du capitalisme occidental - Du marché comme fondement de l’intégration économique au modèle social

 * Crises mondiales : il est urgent de redonner confiance à ceux qui l'ont perdue (nouvelle édition)

 * Jacques Attali : "Les Etats se comportent comme Bernard Madoff" (Le Monde)

 * Le 4 août 1789, premier des "grands soirs" (Jérôme Gautheret et Thomas Wieder, Le Monde.fr) - nouvelle édition -

 * "La vérité si j'mens" : un programme qui ne fait recette nulle part !

 * Contre la dictature financière, la révolte nécessaire, par Edwy Plenel (Mediapart) 

 * "Nous vivons une crise non pas de la zone euro mais de l'endettement public", par Herman Van Rompuy, président du Conseil européen (Le Monde) 

 * Retour sur images : Les Européens ont voté pour que la crise continue, par Michel Rocard 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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