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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:32

Qu'est devenu le kamikaze qui a fait exploser sa bombe devant une église d'Alexandrie ? Selon une source bien informée, il s'est aussitôt présenté à l'entrée du paradis. Sans doute s'attendait-il à y être accueilli par Allah en personne, mais, quand il a frappé à la porte, c'est le regard grave d'un ange qui est apparu par le judas.

" Je suis le martyr d'Alexandrie ", a lancé triomphalement le candidat aux félicités.

- " Imbécile ! ", a murmuré une voix.

Etait-ce à lui qu'on s'adressait ? Il devait y avoir erreur.

" C'est moi qui ai tué vingt et un mécréants - des hommes, des femmes, des enfants - et blessé affreusement une centaine d'autres ! "

- " Le paradis est interdit aux imbéciles ", a répondu la voix.

Le kamikaze s'est mis à trembler de colère, puis de peur :

"Mais alors ? C'est l'enfer ? "

- " Non. L'enfer est réservé aux pervers qui t'ont fait croire à une guerre sainte avant de te conduire à l'abattoir. "

Et le judas s'est refermé, doucement. Selon des sources concordantes, l'ange pleurait.

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 07:01

L'Espagne a remporté la première Coupe du monde de son histoire en battant les Pays-Bas (1-0 a.p.), au terme d'un match vicié par les fautes et un certain refus de jouer. Iniesta a libéré son équipe (117e) peu après l'expulsion d'Heitinga (109e).

Ce doublé Euro-Mondial est un chef-d'oeuvre.

Du toit de l'Europe à celui du monde, il y a une sacrée marche. L'Espagne l'a franchie en deux ans. Championne d'Europe 2008, la Roja a remis le couvert lors du premier Mondial disputé en Afrique pour imiter l'Allemagne, la seule nation avant elle à avoir doublé Euro-Mondial (1972-1974). La France l'avait réalisé dans l'autre sens, Mondial-Euro (1998-2000). Grâce à leur victoire contre les Pays-Bas, sur un nouveau 1 à 0, après prolongation cette fois, - leur quatrième consécutif depuis les huitièmes de finale -, les Espagnols avec leur génération dorée sont devenus les premiers Européens sacrés hors du Vieux continent, huitièmes champions du monde de l'histoire. Si les Pays-Bas, comme en 1974 et en 1978, doivent encore une fois se contenter du deuxième rang, c'est une juste récompense pour une formation espagnole qui régale le monde du ballon rond avec son jeu à une passe, ce toque si brillant et si efficace, depuis plusieurs années maintenant.

 

Pour la suite de l'article, voir :

http://free.eurosport.fr/football/coupe-du-monde/2010/campeones-forcement_sto2395229/story.shtml

 

Voir également la revue de presse proposée sur ce thème par Toutel'europe.fr :

 http://lettres.touteleurope.fr/rdp120710.cfm?WL=25887&WS=48415_1934984&WA=2575

 

 

 

 

 

 

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 05:42

AfficheFRfinaleA4.jpg

  

Un petit livret d'explications des éléments du poster est disponible :  

http://quarks.lal.in2p3.fr/afficheComposants/Images/livretweb.pdf

 

 

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 08:47

Roland Gori est ce psychanalyste qui a initié l’Appel des appels et qui dénonce la logique de la rentabilité appliquée aux soins et au social.

Lamarckiz sortit à cinq heures. Le troisième sarkosium avait lieu dans un mois, et en tant que chef du Bureau de la Norme, il en supervisait toutes les commissions, ce qui exigeait un contrôle sans relâche. Ce matin, il devait rencontrer les spécialistes de la section Médecine, demain ceux de la Justice, puis ce serait l’Enseignement, la Recherche, etc. Comme il était en avance, il passa d’abord à la Sous-section du Vocabulaire, où il s’assura que les dernières corrections avaient été validées : la présence sur les lieux d’un accident s’appelait maintenant un stress post-traumatique, la mauvaise humeur avant les règles, une dysphorie prémenstruelle et l’impuissance, un trouble de la fonction érectile. Mais surtout, la dépression nerveuse, dont l’OMS prévoyait qu’en 2020 elle occuperait la deuxième place derrière les maladies cardio-vasculaires, la dépression nerveuse venait de voir sa définition officiellement modifiée : elle désignerait désormais «toute tristesse de plus de quinze jours». Lamarckiz eut un sourire : cela incluait donc le chagrin d’amour, ce qui ouvrait un énorme marché potentiel. Il allait pouvoir annoncer la bonne nouvelle aux grands laboratoires pharmaceutiques avec lesquels il travaillait en étroite collaboration. Les résultats promettaient d’être encore meilleurs qu’avec l’hyperactivité des enfants, triomphe de la ritaline.


Non, ceci n’est pas un roman d’anticipation, mais bel et bien l’image de notre réalité présente, si inquiétante pour l’humanité que Roland Gori a décidé, il y a un peu plus d’un an, avec Stefan Chedri, de donner l’alerte. Partant du constat que tous les métiers étaient menacés par les mêmes tentatives de démolition à travers une idéologie de la standardisation, de la réification et de la performance, ils ont appelé « les professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice de l’information et de la culture », à se rassembler pour faire barrage aux technocrates : cet Appel des appels, « pour une insurrection des consciences », lancé le 22 décembre 2008 à « tous ceux qui refusent la fatalité », a propulsé Roland Gori sur le devant de la scène.


Ce psychanalyste, professeur de psychopathologie à l’Université d’Aix-Marseille, n’avait cependant pas attendu la vaste coordination nationale qui allait suivre pour dénoncer les dérives du scientisme et le rabotage, le sabotage de l’être humain. Avec Marie-José Del Volgo, son épouse, médecin, il avait ainsi publié en 2005 la Santé totalitaire, et début 2008, Exilés de l’intime. Il y montrait notamment comment le nouvel ordre économique tente d’asservir la médecine en la réduisant à « une maintenance hygiénico-sociale » et la psychiatrie à une sorte d’expertise générale des comportements à fins préventives : pour ce disciple de Michel Foucault, le pouvoir cherche non à soigner mais à gérer, à contrôler les « anormaux » tout en instrumentalisant l’homme et en supprimant insidieusement l’individu singulier.


Singulier, Roland Gori l’est de naissance. Fils unique d’un père d’origine toscane « hyperdoué », chef des services techniques sur le port de Marseille et communiste militant, et d’une mère catholique dont le cœur penche à droite, il grandit entre crucifix et volonté d’apprendre, heureux et choyé sous l’ombre portée de la guerre, dans une atmosphère à la Cavanna des Ritals - vie de quartier, liens de voisinage autour des potagers, aristocratie ouvrière, tendresse, Pif le chien, romarin, huile de foie de morue. Ses parents sont pourtant tous deux marqués par le deuil, l’un ayant perdu son père à l’âge de neuf ans, l’autre sa sœur jumelle. Leur tristesse laisse sur lui une empreinte qu’il estime bienfaisante : « Le problème fondamental de nos sociétés, c’est la façon dont elles traitent la perte ; elles veulent liquider la dimension tragique de l’homme. Mais c’est dans la mélancolie qu’on est au plus près de la vérité », dit-il. Après une enfance de rêve, les choses se gâtent à l’entrée au lycée où son «étrangeté» de fils du peuple s’affronte aux moqueries de la bourgeoisie. Lisant Stendhal, il s’identifiera à Julien Sorel, condamné « pour s’être élevé au-dessus de sa condition ».


Sauf que Roland, lui, s’en sort en fréquentant des petites bandes de quartier qui renforcent son goût du collectif. Contre son père, qui le rêve ingénieur, il abandonne la filière scientifique et passe un bac philo. Puis il enchaîne les petits boulots, fait des remplacements d’instituteur. A dix-huit ans, il a son studio, sa voiture, et découvre la psycho, s’affranchissant ainsi de l’admiration qu’il voue à son père : celui-ci, en bon matérialiste, déteste les sciences de l’âme !


Monté à Paris avec ses premiers diplômes, il se marie, a une fille, exerce différentes fonctions à Sainte-Anne puis à l’hôpital de Châteauroux. En première année de thèse avec Didier Anzieu, il assiste à Nanterre aux événements de Mai 68, qu’il comprend mal : « l’éloge du non-savoir » agace ce jaurésien convaincu, de même que la tyrannie du discours lacanien. C’est pourtant à cette époque que, psychothérapeute, il entreprend une psychanalyse afin de mieux comprendre ses patients. « La psychanalyse me passionne, dit-il aujourd’hui, mais les écrits psychanalytiques m’emmerdent. » Sauf Freud, Winnicott et «le premier Lacan», précise-t-il.


De retour dans le Sud, il enseigne comme assistant puis maître-assistant à Aix et Montpellier où, après son divorce, il vit avec ses deux filles. En 1980, il commence une longue carrière d’expert universitaire, pendant laquelle il assiste à la mise au pas insidieuse des chercheurs et à l’agonie des humanités. Claude Allègre est alors sa bête noire. Dès 1990, il s’alarme de la « philosophie de la rentabilité » qui, au nom des valeurs perdues, prône l’Evaluation et défigure la science, préparant la descente aux enfers de la psychanalyse. Avec Pierre Fédida et Elisabeth Roudinesco, il organise la riposte et sera très actif lors de l’amendement Accoyer, comme dans le mouvement « Pas de zéro de conduite », contre la détection précoce des futurs délinquants parmi les enfants en souffrance.


En 1996, il publie un traité d’épistémologie de la psychanalyse, la Preuve par la parole, et en 2002, Logique des passions, son livre le plus personnel, «la livre de chair» de son parcours existentiel, sans doute induit par sa rencontre avec Marie-José Del Volgo et l’amour. Avec elle, il se sent des ailes pour mener le combat contre «un capitalisme sans vertu»et une «civilisation d’usuriers» où les plus faibles sont amenés hypocritement à accepter leur propre exclusion.


La carrière politique ne le fascine pas - approché par le PS, invité par le PCF et les Verts, il a toujours refusé de se présenter aux élections -, et s’ il a pleuré d’émotion en 1981 lors de l’élection de Mitterrand, il vient de voter pour le Front de gauche aux dernières régionales. Sa question fondamentale, toujours, partout : « Comment faire quelque chose tout en restant vrai ? » L’Appel des appels, né de cette interrogation, en constitue aussi la réponse.

 

Roland Gori en 6 dates

22 novembre 1943: Naissance.

1969: Thèse de doctorat en psychopathologie.

1976: Thèse d’état en sciences humaines, «l’Acte de parole».

1996: Epouse Marie-José Del Volgo

1996: Naissance de son petit-fils Tom.

22 décembre 2008: L’Appel des appels, 78 000 signataires.

Janvier 2010: L’Appel des appels (Mille et une nuits).


NB  Ce portrait a été également publié dans l'édition du quotidien Libération en date du 25 mars 2010.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 12:35

Enfants de résistants, ou plutôt de maquisards, le très beau chant des Partisans nous a toujours émus. Nous en connaissions les paroles et la mélodie par coeur : (http://www.youtube.com/watch?v=fcdoaNsaQos) !

Il nous a été enseigné à l'Ecole primaire en même temps que la Marseillaise, à une époque où la France était gouvernée par le Général de Gaulle, véritable incarnation de son souffle puissant.

L'idée et l’ébauche de la mélodie
du Chant des Partisans sont de la chanteuse et compositrice Anna Marly qui le reprit en 1943 à Londres, car celui-ci existait déjà au moment des périodes de soulèvements bolchéviques en Russie. Ainsi donc, elle composa la musique et les paroles originales dans sa langue maternelle, le russe. Puis Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, tous deux auteurs ayant quitté la France pour rejoindre l’Angleterre et les Forces françaises libres du Général de Gaulle, et futurs académiciens, récrivirent les paroles, ayant proposé la variante française du texte le 30 mai.

Devenu l’indicatif de l’émission de la radio britannique BBC
"Honneur et Patrie", puis comme signe de reconnaissance dans les maquis, Le Chant des Partisans était devenu un succès mondial. On avait choisi de siffler ce chant, car la mélodie sifflée restait audible malgré le brouillage de la BBC effectué par les Allemands.
C'est la sœur de Jean Sablon
, Germaine, qui l'amena à sa forme finale et en fit un succès.

Largué par la Royal Air Force
sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce succès se répandit immédiatement tant en France qu'ailleurs dans les milieux de la Résistance et des Forces françaises de l'Intérieur. Il se prolongea dans de nombreuses interprétations ultérieures, dont celle d'Yves Montand est la plus célèbre.

Armand Mestral, Marc Ogeret, Jean Ferrat, Léo Ferré, Jean-Louis Murat, Philippe Léotard et René Binamé ont également interprété cette chanson ; le groupe Zebda l'a adaptée sous le titre Motivés.

Créée par la même équipe, la Complainte du partisan a connu un succès populaire en France dans les années 50
 mais s’effaça devant le Chant des Partisans, relancé par André Malraux lors de la cérémonie d’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon de Paris.

Le manuscrit
original du Chant des partisans a été classé monument historique par le ministère de la Culture en décembre 2006.  (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chant_des_partisans)

Ce  chant ne se contentait pas d'être un appel à la résistance face à l'ennemi d'alors, intérieur et extérieur, il était un cri  pour la vie ! un cri d'espoir en la Nation !

Ceux qui le fredonnaient, comme ceux à qui il était destiné, nourrissait un espoir ! un espoir non seulement en partage, mais un espoir vivifiant ! un espoir libérateur ! un espoir salvateur ! celui que procure le cri que l'on lance et dont on sait qu'il sera entendu ! car l'espérance était vivante, dans ce monde désenchanté qu'était celui de la guerre et de son cortèges de vilénies, d'injures à l'humanité des hommes, de crimes et d'horreurs au nom d'une idéologie !

L'Etat s'était couché devant l'insupportable, préfets et polices en tête, sacrifiant la Nation à l'inféodation à l'ordre nouveau érigé en ordre divin ! A l'exception de quelques Hommes d'exception tels Jean Moulin au nom duquel est à jamais associé le message du Chant des Partisans !

A quoi sert un Etat qui divorce à ce point de la Nation dont il tire sa légitimité et ses pouvoirs ?

Albert Einstein affirma un jour que ce ne sont pas les gens qui sont au service de l'Etat, mais l'Etat qui est au service des gens : "Der Staat ist für die Menschen und nicht die Menschen für den Staat" (pensée qui figure aujourd'hui sur la façade Nord de la Chancellerie de la République fédérale d'Allemagne, à Berlin) !

L'Etat n'a de raison d'être que dans l'"exécution" la plus rigoureuse de ce que veulent et décident le Peuple et ses représentants !

Dans toute démocratie qui se respecte, l'Etat doit penser, décider et agir en s'attachant à honorer scrupuleusement, et en toutes circonstances, cette exigence démocratique la plus fondamentale !


Il doit dès lors entendre le cri de désespérance des enfants de la Nation dont l'écho retentit dans chaque coin et recoin du pays, dépassant par sa force tous les cris de désespoir lancés jadis par leurs aïeux !!

Si ou tann, ou pé kompwann ! (Diction créole qui signifie : Entendre, c'est comprendre)

S'il est incapable non seulement de comprendre, mais de répondre, dans la dignité, à cette désespérance, alors, de grâce, qu'il cesse de chercher à faire croire au prix de contorsions indignes qu'il possède la réponse à toute chose, y compris au mal être et au mal vivre, au risque de creuser encore plus profondément le lit de la désespérance !

Nous sommes de ceux qui sont convaincus que l'Etat est par essence incapable d'y répondre ! Tout simplement parce que ce n'est pas dans la lettre de la Loi que ce situe le message attendu mais bien plutôt dans la force de l'Esprit dont il est si souvent dépourvu !

C'est justement le Chant des Partisans qui nous l'a fait comprendre !

A nos enfants, un seul message ! Croyez en la vie ! Croyez en la fraternité ! Croyez en la liberté ! Croyez en l'égalité !

Elles vous ont été données à la naissance dans ce si beau pays qui s'appelle France ! Tout simplement, parce qu'elles vous sont dues !

Que l'Etat vous les garantisse ou non !

La Nation vous les offre !

A bon entendeur, salut !




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Published by ERASME, ALMONIDE & AVERROES - dans Rêveries - émotions et autres fantaisies
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 12:16

Le cinéaste de Perceval le Gallois et de Pauline à la plage s'est éteint à l'âge de 89 ans. Au fil de quelque vingt-cinq films, il a bâti une œuvre où se mêlent les contes moraux, les comédies et proverbes et les contes de saison.


Le schéma est vieux comme le monde : un homme rencontre une femme, ils se croisent, se trouvent sans se chercher, se séparent sans se quitter ou s'ignorent sans cesser de s'aimer. Banale et exceptionnelle comme l'est toute histoire d'amour, unique et démultipliée. C'est avec ce postulat absurde et nécessaire qu'Éric ­Rohmer s'est placé pendant des années derrière une caméra pour construire patiemment, obstinément, une œuvre linéaire et cohérente comme un écrivain aurait écrit un roman divisé en chapitres. Au milieu de plus de vingt-cinq longs-métrages, on peut ainsi dénombrer, comme des pépites ordonnées dans un écrin, six contes moraux, six comédies et proverbes et quatre contes de saison.


D'abord critique aux Cahiers du cinéma et réalisateur de séries pédagogiques pour la télévision, cet intellectuel discret jusqu'à la timidité (il cachera son vrai nom, Maurice Schérer, sous un pseudonyme) abordera le cinéma au début des années 1960 d'une façon résolument personnelle. Après avoir participé à un court-métrage signé de son ami Jean-Luc Godard, Tous les garçons s'appellent Patrick, en 1958, il se lance dans un premier long-métrage, en 1959, avec Le Signe du lion, un film avec l'acteur américain Jess Hahn qui tourne avec humour autour des pièges du hasard. Puis, il réalise plusieurs courts-métrages dont deux, La Boulangère de Monceau et La Carrière de Suzanne, seront l'amorce d'une série. En 1962, il décide de filmer à la suite ces six contes moraux qui abordent chaque fois le même thème avec plusieurs variations : un homme pense à une femme, en rencontre une autre, mais reste toujours fidèle à la première malgré la tentation.


On ne touche pas à la chair


Avec une intrigue aussi épurée et des personnages clés aussi classiques (le narrateur, l'élue, la séductrice plus ou moins accidentelle et des comparses), Rohmer redessine les contours torturés de la carte du Tendre en simplifiant et en expliquant les aléas et les entrelacs du sentiment. Mais surtout, cet écrivain et cinéaste filme chaque fois une chanson de geste miniature où le ­sentiment sert de tendre épopée, illustre la vertu et pose une morale à l'épreuve du hasard et des coups de cœur.


Quand, en 1967, le cinéaste réalise La Collection­neuse, toujours méthodique et précis, il lui attribue le numéro quatre dans l'ordre établi de ses contes moraux. À l'époque, deux ont vu le jour avec ses deux premiers courts-métrages, et le troisième, Ma nuit chez Maud, ne sortira qu'en 1969 et finira de consacrer Rohmer auprès du grand public. Chaque fois, le ton peut y paraître désuet parce que pudique, agaçant parce que bavard, et les héros, très contemporains, ont toujours quelque chose d'intemporel sans tomber dans la stylisation. C'est tout l'art de Rohmer qui analyse un état en décrivant une situation et s'inscrit dans une époque qui les embrasse toutes en échappant à ses clichés. L'analyste, esthète du sentiment, et le littéraire amoureux des mots est aussi un entomologiste qui continuera à regarder au plus près ses personnages en quête d'histoire qui ne deviennent des héros que pour raconter la leur. Ainsi, Le Genou de Claire et L'Amour l'après-midi cloront ses contes moraux.


Ensuite, il s'offre une parenthèse littéraire en faisant une adaptation de Kleist, avec La Marquise d'O, et de Chrétien de Troyes, avec Perceval le Gallois, où on reconnaît deux débutants, Arielle Dombasle et Fabrice Luchini, traversant à cheval des décors stylisés en studio reproduisant la maladresse de perspective des miniatures médiévales. « J'aime bien me situer dans l'anodin, et, à l'intérieur, j'aime introduire une situation assez tendue qui évolue dans le comique plutôt que dans le tragique », explique le cinéaste, qui se lance dans une nouvelle série, avec ses comédies et proverbes, ouverte par La Femme de l'aviateur et refermée par L'Ami de mon amie.


Ici encore, des couples se croisent, se frôlent sans se réunir, se découvrent sans se connaître autour d'une phrase. Pour Pauline à la plage, par exemple, où apparaissent Arielle Dombasle en sirène babillant et la saine ingénue Amanda Langlet, il pose trois femmes à l'opposé face à trois hommes, un adolescent qui joue involontairement les amoureux prétextes, un ex-fiancé toujours épris et un séducteur désabusé. Mais, dans l'arithmétique du sentiment, trois et trois ne font pas forcément six. De même, Rohmer n'a pas son pareil pour percevoir le souffle des autres. Il saura le rendre dans la légèreté de 4 Aventures de Reinette et Mirabelle ou la gravité imperceptible des Nuits de la pleine lune. Et comme ce pédagogue déguisé en moraliste a toujours besoin d'ordre ou au moins d'un fil rouge qui traverse son œuvre pour la relier dans une cohérence intime, il s'attaque avec la même obstination à quatre contes de saison après avoir réalisé un téléfilm en forme de marivaudage ludique, Les Jeux de société. Si, en hiver, il filme calmement l'amour fou et l'hésitation d'une femme qui vacille entre deux hommes, l'intello et le pragmatique, il poursuit toujours une vérité morale avec une amoureuse en attente qui tente de réinstaller ses sentiments dans le désir des autres. En revanche, en été, il inverse les rôles. Sur la plage de Dinard, il accompagne la nonchalance policée de Melvil Poupaud, presque étranger aux élans qu'il suscite chez trois filles, Margot, la tendre amie qui console, Solène, l'allumeuse égoïste, ou Léna, la femme de rêve qui va et vient.


Même s'il y a des corps dénudés, des mains qui se frôlent, des bouches qui s'esquivent, des corps qui s'enlacent furtivement, on ne touche pas à la chair chez Rohmer. Mieux, on en parle, on l'effleure, on titille le cœur, on taquine l'esprit ou on froisse la morale. En ce sens, le moraliste est aussi un esthète, et l'es­thète, parfois, peut faire preuve de perversité. En 1981, l'auteur se tourne vers tout autre chose quand il réalise L'Anglaise et le Duc. Côté technique, à l'instar de ce qu'il avait fait pour Perceval, il reproduit le décor du XVIIIe siècle, cette fois avec des effets numériques qui intègrent ses personnages dans des tableaux reproduisant des paysages et monuments d'époque. Côté histoire, il ose confronter une Écossaise monarchique à un duc d'Orléans gagné aux idées révolutionnaires, ce qui fera grincer des dents une certaine critique qui l'accusera d'être réactionnaire. À 80 ans passés, Rohmer, pédagogue, historien et perfectionniste, réalise encore un film rare, intelligent et précis. Trois ans plus tard, avec un sujet et un style radicalement différents, il ­signe Triple Agent, un film sur l'espionnage inspiré d'un fait authentique : un ­général russe blanc avait fait enlever par les Soviétiques le général Miller, en septembre 1937. Et là encore, il tente de retrouver les incidences d'un conte moral.

Enfin, sorti en septembre 2007, Les Amours d'Astrée et de Céladon, d'après le roman d'Honoré d'Urfé, œuvre à la fois désuète et lointaine, est à part dans l'œuvre de Rohmer. Dans une Gaule réimaginée par le XVIIe siècle, il transpose et ressuscite un texte et un auteur oubliés. Une fois encore, comme il l'avait fait dans Perceval le Gallois, le cinéaste a osé se rester fidèle à lui-même en l'étant au sujet sur lequel il pose son regard. Une manière de testament.

PS : le présent article a été publié sur le site LeFigaro.fr le 12 janvier 2010. Pour les vidéos qui y sont introduites, voir http://www.lefigaro.fr/cinema/2010/01/11/03002-20100111ARTFIG00603-eric-rohmer-un-grand-nom-du-cinema-francais-s-eteint-.php




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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 15:53

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Published by Denise Monnet-Grosrichard - dans Rêveries - émotions et autres fantaisies
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 08:42

Peu à peu, elle s'isole !

Non pas qu'elle le souhaite, ni qu'elle s'en félicite, mais son isolement est patent !

Et pourtant, elle est partout, tel l'oeil qui regardait le monde !

Elle veut agir partout, telle la main tendue qui offre à la fois l'espoir, l'amitié, l'eau et le pain !

Elle cherche à prendre un nouvel envol !

Elle a entendu " les paroles de Martin LUTHER KING, des paroles d’amour, des paroles de dignité, des paroles de justice ".

Elle veut " être un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre " de l' " Amérique ".

Elle redéfinit sa politique étrangère, s'engage militairement en Afghanistan dans la lutte pour la liberté et pour la sécurité du monde, redonne de l'espoir aux peuples de la Méditerranée, tout en désarmant sa défense et sa diplomatie ...

Elle ouvre son coeur et ses frontières à ceux qui ont vu en elle cet Eldorado de l'espoir !

Elle aime son outre-mer !

Elle veut " refonder le capitalisme " !

Elle sauve ses banques et veut sauver les emplois !

Elle lutte contre la piraterie, le terrorisme, les armes de drestruction massive, la pauvreté, ... !

Elle " revient " au Proche Orient en " amis " de tous les camps ! Plus ami que moi, tu meurs !

Elle se félicite des succès du couple franco-allemand !

Elle aime l'Afrique et les africains !

Et pourtant, elle est de plus en plus seule !

Saura-t-elle savourer cette élévation autant que ce bonheur que procure l'isolement ?

Saura-t-elle capter cette lumière dans lequel plonge le recueillement carcéral ?

A moins, qu'elle lui préfère les saveurs, encore plus enivrantes, d'un recueillement monacal ! .... dans une prison dorée !

Une cellule valant bien une autre puisque tout est pareil au même, rive droite comme rive gauche de la Seine !

                                                             Recueillement.

 

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile, 
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci, 
Va cueillir des remords dans la fête servile, 
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années, 
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche, 
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient, 
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche
.

 
Baudelaire, Les fleurs du mal 


Qui est donc cette muse dont on chante la complainte ? L'Amour ? La liberté ? L'Europe ? Non, il s'agit de la France ! La fille ainée de l'Eglise !


Mais est-ce vraiment d'elle dont il s'agit ici, ou d'une usurpatrice arrogante, donneuse de leçons qui dénigre publiquement ceux qu'elle avait encensés la veille, ce malade loin d'être imaginaire incapable de s'appliquer à lui-même les remèdes qu'il prescrit au monde, ce convive prêt à quitter la table à laquelle il a été convié si la composition du menu lui échappe, ce sauveur présumé du monde qui laisse au bord du chemin ceux qui lui savait jusqu'alors gré de faire valoir sa différence en toutes circonstances ?

Si erreur de casting ou usurpation d'identité, il y a, dénoncez-la et remédiez y !

Et surtout, restez vigilant : une erreur peut en cacher une ou deux autres !

Il pourrait bien que le (présumé) coupable persiffle encore longtemps !

Comme le train qui siffle 3 fois en envoyant la vapeur pour brouiller les cartes et embrumer les esprits !!

Même si les trains ne sont plus ce qu'ils étaient !

Même les vaches à lait ne se contentent plus de les regarder passer ! Elles pourraient bien finir par faire la grève du zèle !

Et leurs veaux pourraient bien finir par prendre la poudre d'escampette avant de passer par la case "casserole" !

Parce que la solitude et le recueillement ne peuvent pas constituer un programme de gouvernement !

Même pour les veaux auxquels les Françaises et Françaises sont parfois assimilés dans la tête de quelques écervelés de basse cour !

 

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Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

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