Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 09:32

Regards-citoyens.com reprend ici l'article que le magazine Marianne a publié dans son numéro 891 sous l'intitulé : "José Barroso, adepte du 'consensus de Bruxelles".

***

Une expression nouvelle, certainement destinée à faire florès, le "consensus de Bruxelles", vient d'être inventée par la fondation Terra Nova, dans une note au vitriol qui trace un parallèle éclairant entre la politique économique imposée par les élites gouvernementales et les technocrates européens et le "consensus de Wahington" élaboré en 1989 par les institutions financières internationales 'FMI, Banque mondiale), appliqué fermement aux pays en voie de développement. 

Selon Terra Nova, qui, faut-il le rappeler, est aussi proeuropéenne que social-démocrate, le consensus de Bruxelles est, comme son oncle d'Amérique, composé d'un cocktail de privatisations, de "réformes structurelles" visant en premier lieu à faire baisser les salaires, et de réduction forcée des déficits. Simplement, l'Europe met davantage l'accent sur les "réformes" que sur les déficits.

Selon le président sortant de la Commission, José Manuel Barroso, cette orientation serait "fondamentalement bonne", même si elle manque "du minimum de soutien politique et social". Bref, les technos sont incompris ... par les populations, voire les gouvernements.

Pas de quoi convaincre les auteurs de la note. Qui rappellent, au contraire, les dégâts considérables engendrés par l'aveuglement économique qui a frappé de Berlin à Paris, en passant par Bruxelles : "La trajectoire suivie par la zone euro est pire que celle connue par les pays européens lors de la Grande Dépression. [... La Grèce a subi un cataclysme qui ne peut être se comparer qu'à la chute de moitié du PIB de la Russie qui a suivi la chute de l'Union soviétique".

Au niveau de l'Union, les résultats sont pitoyables : à partir de 2010, les salaires réels ont baissés dans 18 Etats sur 27, alors que dans la seule zone euro on compte 18,9 millions de chômeurs, dont 3,5 millions sont directement imputables à l'application de la doctrine bruxelloise.

Contrairement au "récit" des multiples think tanks néolibéraux adeptes de l'adage "no pain, no gain" ("pas d'efforts, pas de gain"), "la souffrance des Européens n'était ni nécessaire ni vertueuse. Elle était évitable et néfaste". 

Le FMI a renié dès 2010 le consensus de Washington ... Quand la Commission fera-t-elle son aggiornamento ?

 

Repost 0
12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 10:49

Source : UNICEF_Innocenti_Mesurer-la-pauvrete-des-enfants_2012%25281%2529.pdf 

 
 
Voir également : http://www.secours-catholique.org/actualite-dossiers/pauvrete-des-enfants-en-europe/ 
 
Repost 0
11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 14:16

L’Union européenne vient de rendre public en février 2014 son rapport sur la corruption, un comportement qui coûte 120 milliards d’euros par an aux Vingt-Huit.

Le Diploweb propose sa contre-enquête sur un sujet que nous présentons de manière transversale depuis... 2008. Cet article utilise les ressources de l’ONG Transparency International qui publie chaque année un classement des pays par Indice de Perception de la Corruption, ainsi qu’un baromètre de la corruption dans le monde. Diploweb.com publie ici deux cartes de la perception de la corruption dans les États membres de l’Union européenne et les candidats, ainsi qu’une analyse et une mise en perspective de ces résultats.

Qu’est-ce que l’Indice de Perception de la Corruption ?

L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) est un outil permettant de mesurer le degré de corruption tel qu’il est perçu par la population d’un pays, en se concentrant sur le secteur public et la classe politique. Allant de 0 (pays considéré comme très corrompu) à 100 (pays perçu comme très sain), il permet d’établir un classement mondial de la perception de la corruption.

Les cartes suivantes [1] présentent l’IPC pour les pays de l’UE-28 et les candidats [2] en 2013 et posent la question de la perception de la corruption des secteurs publics nationaux.

UE et corruption : les preuves
Cartes de la corruption dans l’UE-28
Cliquer sur la vignette pour voir les cartes
PDF - 1.5 Mo
Cartes de la corruption dans l’UE-28
Cliquer pour ouvrir le pdf

Où en est la perception de la corruption au sein de l’Union européenne ?

Le graphique qui suit présente l’Indice de Perception de la Corruption de chacun des États membres.

La corruption dans les pays membres de l'UE-28

La grande disparité des situations des États membres est frappante. La carte 1 permet de distinguer 5 groupes de pays au sein de l’UE en fonction de leur IPC.

Les plus corrompus : Croatie, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie, République tchèque, Italie, Grèce.

. Pays ayant un IPC inférieur à 50.
6 de ces 8 pays sont entrés dans l’UE récemment : 2013 pour la Croatie, 2007 pour la Bulgarie et la Roumanie, 2004 pour la Slovaquie et la République tchèque. On trouve également un pays fondateur, l’Italie, ainsi que la Grèce (1981).

Concernant cette dernière, on peut expliquer son indice bas par l’importance de la fonction publique dans le salariat grec [3] ; puisque la corruption est liée pour Transparency International au secteur public [4], il n’est pas étonnant qu’elle apparaisse dans les pays perçus comme les plus corrompus de l’Union.
Roumanie, Bulgarie, République tchèque et Slovaquie sont quant à elle des anciennes « démocraties populaires », où les administrations publiques avaient également un poids important : cet héritage peut expliquer le haut niveau de perception de corruption.

. États membres présentant un IPC compris entre 50 et 59.
Dans ce groupe de 6 pays membres, 5 sont issus de l’élargissement de 2004 : Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte et Slovénie ; on y trouve également l’Espagne. Bien qu’ils soient sous la moyenne de l’UE, ces pays font toutefois partie du tiers des 177 pays du monde ayant un indice supérieur à 50 [5].

. Pays dont l’IPC se situe entre 60 et 69.
5 pays composent cette classe : Autriche, Chypre, Estonie, Portugal et Pologne. Ce sont des membres issus de trois élargissements successifs (1986, 1995 et 2004), 2 anciens régimes communistes et 3 pays « de l’Ouest », situés aux quatre coins de l’Europe. Il apparaît ainsi difficile de trouver une cohérence dans ce groupe.

. États de l’UE avec un IPC entre 70 et 79.
Ces pays avec un IPC assez haut présentent des caractéristiques communes : France, Belgique, Allemagne, Irlande et Royaume-Uni sont les membres les plus anciens de l’UE, qu’ils soient fondateurs ou issus du premier élargissement de 1973. Ce sont des pays d’Europe occidentale, n’ayant pas été satellisés par l’URSS (à l’exception de la RDA, ce qui n’empêche pas l’Allemagne d’avoir l’IPC le plus élevé du groupe) ; enfin 4 sur 5 sont membres de la zone euro.

. Les États membres perçus comme les moins corrompus : IPC supérieur à 80.

Les moins corrompus : Danemark, Finlande, Suède, Pays-Bas et le Luxembourg.

Ces 5 États membres, premiers au niveau de l’UE, sont également très bien classés au niveau mondial : le Danemark occupe la 1re place, la Finlande se classe 3ème, suivie par la Suède au 4ème rang. Les Pays-Bas et le Luxembourg sont quant à eux respectivement 8ème et 11ème mondiaux [6].

Notons le cas de l’Italie et de l’Espagne, perçues comme très corrompues, et où l’on a pourtant demandé aussi souvent aux sondés de payer un pot-de-vin qu’en Finlande [7] : ceci rappelle bien que l’IPC mesure la perception seulement, et qu’il n’offre pas forcément une photographie de toute la complexité de la réalité.

Quelles dynamiques ces écarts de perception font-ils ressortir ?

. Des contrastes importants divisent l’UE
Même s’il existe des exceptions, on peut néanmoins avancer l’hypothèse qu’il existe une corrélation entre perception de la corruption élevée et entrée dans l’UE récente : 11 pays sur 12 ayant un IPC supérieur à la moyenne de l’UE sont membres avant 2004 ; 12 pays sur 16 ayant un IPC inférieur à cette moyenne sont membres depuis 2004 ou après.

Les 4 pays faisant exception à la tendance relative à la proximité de l’adhésion présentent toutefois une caractéristique commune : avoir beaucoup fait parler d’eux suite aux crises économique et de la dette souveraine. Ainsi, le Portugal et la Grèce ont sollicité l’aide de l’UE et/ou du FMI ; l’Espagne a fait l’objet de plan de sauvetage de la part de l’UE ; l’Italie quant à elle était censée également recevoir des aides (qu’elle n’a finalement pas perçues du fait de sa mise sous tutelle par le FMI et la Commission européenne en 2011, puisqu’elle ne mettait pas en œuvre les mesures censées être prises pour recevoir les fonds).
Sur les 16 pays dont l’IPC se situe sous la moyenne de l’UE, 8 sont des anciens régimes communistes de l’Est de l’Europe, avec un poids important de l’administration publique.

On peut donc dégager trois dynamiques liées aux pays avec une forte perception de la corruption : caractère récent de l’adhésion, localisation à l’Est du « Rideau de fer », et grandes difficultés économiques et financières.

On constate que les pays au Nord (Finlande, Danemark, Luxembourg...) d’un gradient Nord-Sud ont tendance à être perçus comme moins corrompus que ceux au Sud. De même, un gradient Est-Ouest laisse apparaître une Europe de l’Ouest (France, Irlande...) perçue comme moins corrompue que l’Europe orientale, exception faite de l’Italie. Cette division géographique de l’Europe suivant le critère de la perception de la corruption était déjà notable en 2009 [8] : quatre ans après, elle apparaît toujours d’actualité.
Il reste à savoir si avec le temps –permettant éventuellement de combler l’écart de développement entre nouveaux et anciens membres et de résorber les effets de la crise– l’écart entre ces pays et le reste de l’Union européenne en termes de perception de la corruption se réduira, ou si la corruption dans ces pays est liée à d’autres facteurs [9].

. La zone euro
Concernant une corrélation entre perception de la corruption et zone euro, la réponse apparaît sans appel : 9 de ses membres sont situés sous la moyenne de l’UE, et les 9 autres au-dessus. De même que les prévisions de croissance du PIB sont hétérogènes au sein de la zone euro, il ne semble donc pas possible de dégager une tendance propre aux pays membres de la communauté monétaire.

. Et les candidats ?
Le graphique suivant présente l’Indice de Perception de la Corruption dans les 8 pays candidats.

La corruption dans les pays candidats à l'UE-28

Hormis l’Islande et son IPC à 78, les candidats officiels sont perçus comme très corrompus, puisque leurs IPC sont compris entre 44 et 50, bien loin de la moyenne de l’UE.
Ensuite, ceux que la Commission européenne désigne comme candidats « potentiels » [10] sont parmi les pays perçus comme les plus corrompus d’Europe : l’Albanie se classe au même niveau que le Népal et le Vietnam avec un indice de 31 ; le Kosovo est 111ème mondial avec un IPC à 33 ; enfin, la Bosnie-Herzégovine est 72ème mondiale avec son IPC de 42.
Il existe donc une fracture très nette dans la perception de corruption entre les États membres de l’UE et ceux qui souhaitent la rejoindre.

Comment a évolué le niveau de perception de la corruption ces deux dernières années ?
C’est l’un des douze questions posées dans le Baromètre de la corruption de Transparency International [11], dans 28 États membres et candidats de l’UE [12]. Là encore, une tendance claire se dégage.

En effet, seuls les sondés de Belgique et de Serbie pensent majoritairement que le niveau de corruption a baissé.
Dans 5 États (Bulgarie, Croatie, Danemark, Finlande et Lettonie), la majorité des sondés pense que le niveau n’a pas changé.
Enfin, dans les 21 autres pays, l’opinion qui prévaut est celle que la corruption a augmenté.
Même si ces chiffres sont à prendre avec précaution (l’opinion majoritaire n’est pas forcément l’opinion de la majorité : dans des pays tels que le Luxembourg ou l’Estonie, l’opinion qui rassemble le plus de voix n’atteint pas 50 % du total des réponses), il n’en reste pas moins que la tendance est au pessimisme à travers l’UE.

A présent que l’on a brossé le tableau de la perception de la corruption au sein de l’Union européenne et des candidats, il faut se poser la question de savoir plus précisément qui est corrompu, et quels problèmes cela peut poser.

Perception de la corruption dans les institutions nationales et le secteur public

.../...

Voir la suite de cet article : http://www.diploweb.com/UE-et-corruption-les-preuves.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NEWSLETTER_12__11022014&utm_medium=email

Repost 0
7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 14:26

C'est avec émotion qu'au nom de l'Union européenne je me trouve parmi vous dans cette Assemblée, pour vous rendre hommage. Avec émotion, car l'Europe, ce continent voisin qui a connu toutes les tragédies, qui a connu dans son histoire l'émergence lente de la démocratie, est pleinement consciente et valorise comme aucun autre le pas vraiment historique que nous célébrons ici, maintenant. Les Européens, et européennes, vous saluent de tout coeur, et saluent le dialogue inclusif qui a permis à la Tunisie d'obtenir ce résultat.    

Voilà trois ans, le peuple Tunisien, se soulevait pacifiquement pour la liberté et la démocratie. En partant de la Tunisie, un vent nouveau s'est répandu sur toute la région. Et aujourd'hui, ensemble, ce sont ces valeurs, que l'on applaudit.    

Ici même, dans cette Assemblée, vous avez, Mesdames et Messieurs les Députés, définitivement démontré que la voie de la violence n'apporte guère des solutions et doit être résolument écartée. On pense aujourd'hui à ceux et à celles qui ont perdu leurs vies, qui ont été assassinés en Tunisie dans cette quête pour la liberté et la démocratie.    

Lorsque certains cherchent les confrontations et polarisations, cherchent à diviser le peuple tunisien, à l'éloigner des aspirations de la révolution de 2011, le seul vrai courage politique, réellement au service du peuple, c'est l'écoute, le respect, le dialogue et le compromis, tout en promouvant les valeurs essentielles. 

Vous avez poursuivi, de façon déterminée, la recherche du compromis entre toutes les composantes de la société, et je salue ici particulièrement le rôle du Quartet. En effet, seuls l'engagement et le compromis permettent. d'assurer un projet politique et social à long terme, dans la paix. Comme Président du Conseil européen, je rends hommage à cette démarche et à cette réussite. 

Vous avez adopté une Constitution résolument moderne, porteuse de valeurs essentielles et universelles comme les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, mais aussi de droits nouveaux tels que la sauvegarde de l'environnement. La Constitutions garantit aux citoyennes et aux citoyens, l'égalité en droits et en devoirs.    

Elle est fondée, comme le rappelle son préambule, sur les acquis universels de la civilisation humaine. Elle est ancrée tant dans le XXIème siècle comme dans son noble héritage culturel et son identité arabo-musulmane. 

Cette Constitution que nous célébrons aujourd'hui a sans conteste valeur d'espoir et d'exemple pour d'autres pays. Elle est le socle d'une République tunisienne, démocratique, au service de son peuple.  

En ce jour de célébration je vous encourage à persévérer dans la voie que vous avez empruntée, une voie qui désormais devrait inspirer les transformations démocratiques dans la région et bien au-delà. En effet, cette démarche requiert une vigilance constante. L'Etat ne peut en être le seul garant. La démocratie est l'oeuvre quotidienne de tous les citoyens, à travers les générations. 

Nelson Mandela a dit: "Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres". Grâce à la détermination de tous les tunisiens et tunisiennes, la liberté est en marche en Tunisie.    

Et alors que vous préparerez les prochaines élections libres, transparentes et inclusives, sachez que vous pourrez toujours compter sur votre voisin, votre partenaire, votre allié, l'Union européenne. Ensemble, nous continuerons à renforcer nos liens fraternels et notre coopération. L'Union européenne est et restera toujours à vos côtés. Je vous remercie.

 

 

Repost 0
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:42

DRAFT REPORT on the US NSA surveillance programme, surveillance bodies in various Member States and their impact on EU citizens’ fundamental rights and on transatlantic cooperation in Justice and Home Affairs (Reference : LIBE_PR(2014)526085 PE 526.085v02-00 / Rapporteur : Claude MORAES)

Voir également :                     

Documents in dossier LIBE/7/13778

COM(2013)  46   Communication from the Commission to the European Parliament and the Council: Rebuilding Trust in EU-US Data Flows en
COM (2013)     847    Communication from the Commission to the European Parliament and the Council on the Functioning of the Safe Harbour from the Perspective of EU Citizens and Companies Established in the EU en
                         Resolution 1954(2013) (provisional version) National security and access to information                         en
Repost 0
10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 15:27

Il y a un sujet essentiel qui pose encore questionnement et fait toujours débat : celui de la place de la Laïcité dans l'Union européenne !

Derrière ce questionnement et ce débat se posent un questionnement et un débat plus larges encore : ceux de la place de la restriction - légitime - des droits et des libertés dans le corpus juridique de l'Union européenne.
 

Regards-citoyens a consacré plusieurs articles à ce sujet en l'abordant :
 - a) sous l'angle des états d'urgence et d'exception dans le cadre national (cf. Etats d'urgence, l'Etat et la Loi (1) ; Etats d'urgence, l'Etat et la Loi (2) et Etats d'urgence, l'Etat et la Loi (3) ) ;
 - b) sous l'angle de la protection du droit au respect de la vie privée, de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité nationale dans le cadre de l'Union européenne (cf. Des valeurs, des droits et de l'état de droit dans l'Union européenne : rappel de quelques éléments du Traité de Lisbonne - nouvelle édition - ; Lutte contre le terrorisme et protection du droit au respect de la vie privée : le point de vue du Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe ; De la Securité nationale dans le Traité de Lisbonne ; Terrorisme, catastrophes naturelles ou d'origine humaine, clause de solidarité, et protection civile dans le Traité de Lisbonne ; Union européenne : les dix nouvelles priorités en faveur de la lutte contre le terrorisme ).

Le présent article l'aborde, sans toutefois en épuiser l'analyse, sous l'angle de la limitation de l'exercice des droits et libertés reconnus par la Charte des Droits Fondamentaux - CDF - (cf. La Charte européenne des droits fondamentaux ).
En premier lieu, il importe de relever que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), dans son article 29 alinéa 2, autorise les Etats à voter, dans un cadre démocratique, des restrictions aux droits donnés par la DUDH : " Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. "
 

Dans le cadre Républicain, les " justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien être général " sont décidées par la délibération collective et l'arbitrage des institutions républicaines qui sont garantes de l'intérêt général, c'est à dire notamment que ses membres statuent, non pas en réfléchissant à ce qui est bon pour eux, mais ce qui est bon pour tous.

La question qui est posée dans le présent article est de savoir si le dispositif de la DUDH qui permet aux Etats de restreindre par la loi les droits de la Déclaration est reconduit dans la Charte des Droits Fondamentaux.
Cette dernière stipule que " Toute limitation de l'exercice des droits et libertés reconnus par la présente Charte doit être prévue par la loi et respecter le contenu essentiel des dits droits et libertés. Dans le respect du principe de proportionnalité, des limitations ne peuvent être apportées que si elles sont nécessaires et répondent effectivement à des objectifs d'intérêt général reconnus par l'Union ou au besoin de protection des droits et libertés d'autrui. " 

L'alinéa 3 de l'article 52 de la CDF indique de même : " Dans la mesure où la présente Charte contient des droits correspondant à des droits garantis par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, leur sens et leur portée sont les mêmes que ceux que leur confère ladite Convention. Cette disposition ne fait pas obstacle à ce que le droit de l'Union accorde une protection plus étendue. "

Pour autant, l'alinéa 4 de l'article 52 indique que les droits reconnus dans la CDF doivent l'être en harmonie avec les traditions constitutionnelles communes aux Etats membres, traditions communes dans lesquelles, par exemple, la Laïcité ne se trouve pas. Notons simultanément que la Cour de Justice de l'Union européenne ne dispose pas de la compétence requise pour contourner cette exigence d'ordre constitutionnel.

Une telle situation permet d'affirmer notamment qu'en l'état actuel des traditions constitutionnelles des Etats membres :
 - a) la Laïcité est au mieux ignorée du Traité de Lisbonne, et au pire menacée par lui ;

 - b) et que, dès lors que l'on souhaite disposer des garanties juridiques européennes nécessaires à la protection de l'exercice des droits et libertés qui sont attachés au principe de Laïcité, on est par conséquent tenu de plaider en faveur d'une modification aussi harmonieuse que possible, sinon harmonisée, des traditions constitutionnelles des Etats membres qui place ce principe comme un principe général européen répondant aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

Ce qui confime bien le besoin de réforme des Constitutions et/ou lois fondamentales nationales identifié par ailleurs sur ce même blog (cf. La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (1) et La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (2) ) !    

NB : parmi les sources de cet article figure l'article suivant : http://blog.chabanis.eu/post/2008/05/12/Traite-de-Lisbonne-et-Laicite





Repost 0
10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 10:55

This year marks the 20th anniversary of the 1993 World Conference on Human Rights in Vienna. The Vienna Declaration and Programme of Action confirmed the universality of all human rights and led to historic advances in their promotion and protection. It continues to be a source of inspiration for the EU, which has human rights among its founding principles. Today also marks the creation of the Office of the UN High Commissioner for Human Rights 20 years ago. We congratulate High Commissioner Navi Pillay for her personal commitment and for the tremendous work done by her office to safeguard human rights throughout the world.

One year ago, the EU adopted its Strategic Framework and Action Plan on Human Rights and Democracy, and appointed our first Special Representative for Human Rights, Stavros Lambrinidis. Since then, we have focused on ensuring that human rights and democracy are mainstreamed throughout the EU's external action. We have adopted new EU Guidelines on freedom of religion or belief and on the enjoyment of human rights by lesbian, gay, bisexual, transgender and intersex (LGBTI) persons. We have continued our long-standing campaign to ban capital punishment throughout the world.

The EU remains determined to promote the respect for and protection of all human rights of all persons around the world. We are concerned by the increasing level of intimidation, violence and censorship that the media and human rights defenders face in many countries.

Our thoughts go out today to all those who are subject to persecution because they defend human rights. The EU will continue to offer unwavering support for human rights and democracy, and those who defend them.

 

Version française: Déclaration de la haute représentante, Mme Catherine Ashton, au nom de l'Union européenne, à l'occasion de la Journée des droits de l'homme du 10 décembre 2013 :
http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/FR/foraff/140013.pdf (FR) 

Repost 0
29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 13:33

Lobbyistes, eurocrates, parlementaires, avocats : ils se retrouvent en première classe du TGV qui relie Paris à la capitale européenne. Un concentré des couloirs de Bruxelles, où il est aussi facile de faire passer des messages que d'être victime d'oreilles indiscrètes.

Le lobbying a ses règles. Quand une nouvelle recrue débarque à Bruxelles, Pierre lui donne deux méthodes infaillibles pour rencontrer sans rendez-vous, au débotté, un officiel européen. Après presque dix ans passés dans la capitale des Vingt-Huit à représenter les intérêts d'un grand groupe industriel, ce quinquagénaire souriant connaît toutes les ficelles du métier.

Pour tomber sur un eurocrate, il y a donc la méthode la moins coûteuse : faire les cent pas autour du rond-point Schuman – point névralgique du quartier européen, à la croisée du siège de la Commission et du Conseil – à l'heure du déjeuner, quand chacun cherche un sandwich ou un restaurant. Et il y a la plus coûteuse : acheter un billet de première classe du Thalys entre la capitale belge et Paris, dans un de ces trains qui vous permettent d'arriver à temps à la première réunion du matin.

Bruxelles est un tout petit monde, et le Thalys en est un concentré. L'oeil inexpérimenté n'y verra peut-être que du feu. Et, de fait, ils n'ont pas au cou l'une de ces accréditations qui leur permettent d'entrer sans encombre au Parlement européen, à la Commission ou dans le hideux siège du Conseil. Mais ils se côtoient si souvent qu'un regard sur le quai, un petit geste adressé depuis un des confortables sièges de la première classe leur suffit pour se reconnaître entre eux. Ils sont fonctionnaires, parlementaires, avocats, dirigeants ou lobbyistes du monde économique, et ils participent chacun, d'une manière ou d'une autre, à la grande machine à fabriquer des directives communautaires.

Chasse à l’eurocrate

Tout ce que Bruxelles et Paris comptent d'élites européennes francophones est forcément amené à prendre à un moment ou à un autre ce TGV qui relie les deux capitales en à peine une heure vingt – du moins quand il n'a pas de retard. On peut y croiser parfois José Manuel Barroso. Comme ce 26 novembre 2010, où le président de la Commission européenne, de retour de Paris, resta pendu à son téléphone portable pendant tout le trajet.

Plié contre la tablette de son siège, la main devant son combiné, le dirigeant portugais tente alors de ficeler discrètement les contours du plan de sauvetage de l'Irlande, en pleine tourmente financière. A l'autre bout du fil, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Trichet, notamment. Si ses voisins de Thalys avaient su... Ces chuchotements forcés déboucheront en tout cas deux jours plus tard sur un plan définitif pour Dublin.

Le tout est de faire passer un message et de se faire remarquer

Enfermé pendant une heure vingt dans un espace réduit, ce petit monde parle. Souvent, il n'y a pas besoin de plus d'une minute. Un petit clin d'oeil, une phrase glissée au-dessus du siège ou sur une des plates-formes du train. Le tout est de faire passer un message et de se faire remarquer, un point important dans une sphère saturée d'informations.

Dans la décennie précédente, une directive sur le secteur du transport a ainsi connu quelques petites retouches après un voyage dans le Thalys de Jacques Barrot. Celui qui était alors commissaire européen chargé du secteur s'était retrouvé face à un lobbyiste d'un grand groupe européen. La discussion avait rapidement roulé sur la fameuse législation en préparation, dont un point mineur posait problème à cette société. Hasard ou coïncidence, ce point épineux a finalement été mis de côté après cette brève conversation en TGV, qui avait été suivie d'un intense échange de mails…

Bien sûr, pour faire les bonnes rencontres, il ne faut pas se tromper de train. Certes, à onze heures du matin, la probabilité de tomber sur une huile européenne n'est pas nulle. Mais, à ce moment de la journée, il y a tout autant de chances de se retrouver à côté d'un exilé fiscal, héritier d'une grande famille industrielle française, hurlant au téléphone dans tout le wagon qu'il "faut penser à sortir trois perdrix et le Château Latour" en vue de la chasse du week-end. Son voisin de train s'en amuse encore.

Non, si chasse à l'eurocrate il y a, alors mieux vaut arpenter les Thalys Bruxelles-Paris du vendredi soir, après 17 heures, quand de nombreux Français de la Commission rentrent chez eux. Même phénomène le dimanche soir, dans l'autre sens. Mais l'idéal est d'attraper un train dès potron-minet en semaine. "Le 7h13 ou le 7h37 entre Bruxelles et Paris, ce sont de loin les plus courus", tranche un habitué.

Sudoku et diligence

José Manuel Barroso réserve, lui, quasi systématiquement le petit salon privatif de fin de rame.

Voir réuni dans un tel périmètre un concentré de Bruxelles a donc ses avantages. Mais ce n'est pas sans présenter quelques dangers. Qu'un bandit de grand chemin prenne le wagon d'assaut comme les diligences d'autrefois, et il repartirait les bras chargés de tous les petits secrets économiques du continent. "Je garde toujours mes affaires prudemment contre ma jambe", assure un avocat. "Pour moi, le Thalys, c'est sudoku et mots croisés, j'ai trop peur de me faire espionner", affirme un lobbyiste. José Manuel Barroso réserve, lui, quasi systématiquement le petit salon privatif de fin de rame pour pouvoir préparer discrètement ses rendez-vous parisiens – sauf quand il s'agit de sauver l'Irlande visiblement.

Les raisons objectives de s'inquiéter des oreilles ou des yeux indiscrets ne manquent pas. Il y a quelques années, un fonctionnaire européen n'avait rien trouvé de mieux que de travailler dans le Thalys sur un gros dossier de concurrence traité par la Commission. Il aurait alors mieux fait de se retourner et de constater qu'un journaliste était assis juste derrière lui. Le lendemain, quand ses chefs avaient vu une agence de presse anglo-saxonne faire ses gros titres sur les griefs de Bruxelles sur ce dossier de concurrence, le malheureux eurocrate avait failli perdre sa place.

"Je n'ai pas connaissances de règles spécifiques de notre direction de la sécurité pour les voyages en Thalys", avoue un officiel européen. C'est la preuve que l'option numéro deux de Pierre, le lobbyiste du groupe industriel, si elle est plus chère que la première, rapporte en tout cas beaucoup plus : on n'a jamais vu un eurocrate affamé divulguer des secrets en cherchant un sandwich.

 

Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4266821-lobbying-grande-vitesse

Repost 0
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 12:31

Selon un rapport du think tank britannique Demos, intitulé "La démocratie en Europe ne peut plus être tenue pour acquise" et publié le 26 septembre dernier, la démocratie au sein des pays membres de l'Union européenne (UE) est en recul.

Le rapport identifie cinq facteurs responsables : la montée de partis extrémistes comme en Grèce avec Aube dorée ; la corruption et le crime organisé, notamment en Italie et dans certains pays de l'Est, ou encore en Grèce ; le recul de l'indépendance des instances judiciaires, comme en Hongrie ; une presse de plus en plus bridée, et ce, un peu partout en Europe ; et enfin le recul des droits de l'Homme et l'intolérance envers les minorités, comme aux Pays-Bas, en France ou en Autriche.

A l'ensemble de ces facteurs s'ajoute une défiance vis-à-vis des politiques, qui a été exacerbée par la crise socio-économique. L'ensemble des pays membres de l'UE est concerné, avec toutefois un accent particulier sur le gouvernement hongrois.

Enfin, le rapport insiste sur la nécessité d'une collaboration accrue entre les institutions européennes et les Etats membres afin de renverser la tendance.

 

Voir également :     

 * Du contrat social (Jean-Jacques Rousseau)

 * Ouvrir une nouvelle ère de constitutionnalisation du projet politique européen exige de tirer les leçons du passé et de répondre aux aspirations participatives des citoyens ! 

 * Retour sur image : Les parlements nationaux, nouvel acteur européen, par Alain Lamassoure (Interface n° 72 - Janvier 2012 - Confrontations Europe)     

 * Le contrôle par l'Union européenne des actes d'un Etat-membre (Etudes fiscales internationales)   

 * Comment la politique peut-elle retrouver des marges de manoeuvre par rapport à la globalisation ? - nouvelle édition -

 * La démocratie européenne : cirque ou réalité ? par Yves Bertoncini et Valention Kreilinger (Notre Europe)

 * La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (1) - nouvelle édition -

 * La démocratie européenne ne résistera aux chocs de la globalisation qu'au prix de profondes réformes au sein même des Etats européens ! (2) - nouvelle édition -

 * Créons une Europe des citoyens ! par Ulrich Beck (Le Monde) - nouvelle édition -         

 * Les Etats-nations doivent pouvoir contrôler ex ante les actes des institutions européennes, surtout si le saut fédéral espéré intervient !

 * Connaissez-vous les 10 principes du Pacte Mondial pouvant contribuer à une économie plus viable et plus ouverte ?

 * Le Pacte civique / Rapport d'orientations stratégiques : Bilan et Perspectives 2013 - 2014  

ainsi que les articles des rubriques de ce blog intitulées : UE, gouvernance, démocratie et citoyenneté et UE, ses valeurs et ses pratiques  

Repost 0
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 09:20

A l’image du « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte, l’Union européenne persiste à ne pas nommer la prise de pouvoir par les militaires en Egypte « un coup d’Etat ».

Depuis la « déposition » du président égyptien Mohamed Morsi mercredi 3 juillet, aussi bien la Haute représentante Catherine Ashton que les Etats membres se refusent à qualifier le coup de force de l’armée.

Fin de non recevoir

Au briefing quotidien de la Commission, plusieurs journalistes ont tenté de savoir si oui ou non, ce qui c’était passé en Égypte était un coup d’Etat selon l’UE. Un vrai jeu du chat et de la souris. Le porte-parole de la Haute Représentante Michael Mann n’avait pas le rôle facile. Il a donc préféré botter en touche, indiquant ne pas souhaiter entrer « dans des considérations philosophiques. Je préfère répondre à des questions concrètes ». Il s’est simplement borné à rappeler la déclaration publiée, lundi 8 juillet au nom de la Haute Représentante, qui « appelle tous ceux aux responsabilités à agir le plus rapidement possible pour que le processus se déroule ». En off… les diplomates européens ne disent pas mieux et ne veulent pas entrer dans ce débat. (A suivre sur le Club ainsi que les explications détaillées, et sous-jacentes, de la position européenne).

Commentaire : Au-delà d’un simple débat sémantique, cela pose des réelles questions diplomatiques à savoir la position de l’UE vis-à-vis de la déposition d’un pouvoir civil par des militaires. Ne pas se positionner évite de créer un précédent qui pourrait se révéler embarrassant dans d’autres cas.

Voir cet article sur mon blog : http://www.bruxelles2.eu/zones/moyen-orient/egypte-ceci-nest-pas-un-coup-detat.html

Lire également :

Repost 0

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories